Tour de France 2019 : Big Pharma US y hurlera. Aimeriez-vous savoir pourquoi ?

Bonjour

Du 8 au 28 juillet 2019 : le Tour de France cycliste et son indispensable « caravane » : onvoi de véhicules insolites et décorés à caractère publicitaire précédant le passage des coureurs ; distribution d’objets promotionnels et d’échantillons divers et variés dans un déluge sonore. Gros succès populaire.

Avec, cette année la présence de « Du Bruit contre l’Hépatite C» – une  campagne de l’AFEF (Association Française pour L’Étude Du Foie) et de SOS Hépatites.  Une campagne mise en place en octobre 2018 « dans le cadre de l’engagement français d’éliminer l’hépatite C d’ici 2025, soit cinq ans avant la date fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé ». Pitch officiel :

« Du 8 au 28 juillet 2019, elle va sillonner la France au gré des étapes du Tour de France pour aller à la rencontre de la population et la sensibiliser sur les évolutions et les risques de cette maladie quand elle n’est pas traitée. Au fil des kilomètres parcourus, les équipes dédiées informeront les français qu’aujourd’hui on guérit facilement de l’hépatite C et les encourageront à prendre RDV avec leur médecin pour se faire dépister. »

L’intendance suivra : une centaine de bénévoles impliqués sur tout le parcours (médecins, patients, membres des associations portant la campagne) ; deux chars équipés d’un sonomètre et d’un écran digital « qui affiche en temps réel le bruit fait contre l’hépatite C » ; des Tests Rapides d’Orientation Diagnostique (TROD) proposés aux personnes volontaires ; 100 000 « bracelets sécurité » portant le message « Aujourd’hui on guérit de l’hépatite C. Je ne réfléchis plus, je prends rendez-vous avec mon médecin » seront distribués sur le parcours ainsi que 10 000 sonnettes de vélo et 50 000 flyers mégaphone. 

Le coût de tout cela ? Il n’est pas connu. On sait seulement que l’opération est « soutenue » par les laboratoires pharmaceutiques américains AbbVie et Gilead (voir aussi AbbVie et Gilead). Pourquoi ? On peut l’imaginer. Et se demander où sont les chars et les flyers mégaphone de notre Assurance Maladie, elle qui prend silencieusement et intégralement en charge les médicaments efficaces contre l’hépatite C présents sur le marché français.

A demain

@jynau

Homéopathie déremboursée et vacances d’été : «Partez l’esprit léger avec les Laboratoires L…»


 
Bonjour

Le 16 mai dernier c’était un « communiqué de presse commun » signé par trois entreprises dans le champ industriel de l’homéopathie (Boiron – Lehning – Weleda). Un cri de colère contre la « fuite médiatique » (parfaitement orchestrée) de l’avis préliminaire de la Commission de la transparence de la Haute Autorité de Santé. Commission chargée d’évaluer le bénéfice médical rendu par les médicaments homéopathiques. Objectif annoncé : dérembourser ces médicaments. Ce qui (sauf surprise politique) devrait être acté par Agnès Buzyn avant l’été.  Associé au communiqué de presse: « Ensemble, mobilisons-nous pour le maintien du remboursement de l’homéopathie sur MonHomeoMonChoix.fr ».

Quinze jours ont passé, l’été approche. Les troupes syndicales et l’ensemble des salariés menaçants de Boiron viennent de quitter le Palais loué pour cinq ans à Emmanuel Macron. Et pendant la polémique les ventes continuent. Nouveau communiqué de presse, signé des seuls Laboratoires Lehning.

« C’est l’été ! L’heure des départs en vacances et du farniente au soleil. C’est aussi parfois quelques inconvénients : le mal des transports, des coups de soleil, une constipation occasionnelle… Mais c’est décidé, rien ne pourra venir gâcher nos vacances ! Alors l’été, on oublie tout, sauf sa trousse de soins des Laboratoires Lehning, pour parer à tous ces petits désagréments qui peuvent venir troubler un repos bien mérité.
 
Arnica Naturel Gel® : pour apaiser les bleus et bosses. Ce gel dispose d’une forte teneur en Arnica Montana, une plante vivace des pâturages de montagnes aux vertus apaisantes. Il permet de soulager tous les petits traumatismes tels que les bleus et les bosses, mais se révèle également rapidement efficace en cas de courbatures. PVC : 6,20 €

ClimaxolGel® : pour soulager les jambes lourdes. La chaleur, les trajets de longue durée, les journées d’excursions ainsi que les stations prolongées debout ou assises peuvent accentuer les problèmes de circulation qui donnent l’impression de « jambes lourdes ». ClimaxolGel aide à soulager cette sensation. Le marron d’Inde et l’hamamélis présents dans sa composition sont reconnus pour leurs effets décongestionnants et vasoconstricteurs. De plus, ils améliorent le tonus veineux. L’huile essentielle de menthe poivrée apporte une sensation immédiate de fraîcheur et de légèreté à l’application. La crème est agréable à appliquer, avec de l’aloe vera et de l’amande douce, qui laissent la peau douce et hydratée. PVC : 11,50 €

Calendula Naturel crème® : pour apaiser les irritations et traiter les brûlures légères. Calendula Naturel crème est utilisée pour aider la peau à cicatriser lorsqu’elle est mise à l’épreuve : par exemple après un coup de soleil ou une baignade dans la mer, en cas de sensation de tiraillements, à cause de coupures légères après avoir cueilli ou ramassé des trésors dans la nature… Avec 10 g de Calendula officinalis pour 100 g de crème, le produit est extrêmement concentré en actif antibactérien et cicatrisant, pour soulager la peau et l’aider à bien se réparer. PVC : 6,20 € ».

Aucune « fuite médiatique », ici. Aucun chantage au chômage. Pas de conflits d’intérêts. Simplement de la publicité. Avant l’été.

A demain

@jynau

Google en justice : quand un médecin est la cible de propos diffamatoires concernant sa pratique

Bonjour

Enfin ! Un médecin, psychiatre exerçant à Metz a décidé de passer à l’attaque en justice contre Google : il avait fait l’objet de commentaires publics « peu sympathiques » quant à sa pratique. L’affaire est révélée par L’Est Républicain, (Kevin Grethen) et relayée par Le Quotidien du Médecin (Marie Foult).

Ce a vu apparaître sur le net sa fiche « Google my business ». Il n’avait rien signé, rien autorisé. Et puis, il y découvre des avis désobligeants. « Des avis anonymes. On ignore s’il s’agit réellement de patients », observe l’avocat du praticien, Me  Xavier Iochum. « Impossible de dire s’il s’agit de personnes qui ont eu un différend personnel avec ce spécialiste, s’il s’agit d’un canular… » L’Est Républicain :

« Agacé, le praticien a décidé de réagir. Pour une question de principe, mais pas seulement. Ce système permet une cotation. Et il est mal noté. Il a vu une inflexion de la fréquentation de son cabinet. On pousse rarement la porte d’un restaurant mal noté. Pourquoi serait-ce différent pour un médecin ?

« Le praticien voudrait répondre, demander aux auteurs d’enlever les messages. Ils en ont le pouvoir en un clic. Mais demander à qui ? ‘’Voilà un outil qui permet de laisser des messages et de noter des spécialistes, et ceux-ci n’ont même pas la possibilité de répliquer.’’ Une demande d’effacement des messages a reçu une fin de non-recevoir du géant américain. Comme celle pour la levée de l’anonymat. »

Conduite à tenir

Face au praticien, l’avocat de Google France, Me Sébastien Proust: il se retranche derrière une jurisprudence : « Les avis qui se contentent d’exprimer le point de vue négatif d’un consommateur ou d’un patient sur un professionnel relèvent de la libre critique.  « Nous ne sommes pas d’accord avec le fait que des professionnels soient cloués ainsi au pilori, sur la place publique. Cela porte atteinte à leur exercice et à leur réputation, réplique Me  Iochum. Cet outil donne des possibilités de condamnation professionnelle sans moyen de se défendre. Cela pose un problème d’équité, de contradictoire, et pour tout dire, de comportement totalitaire. C’est dangereux pour la démocratie. »

Google a été assigné devant le tribunal de grande instance de Metz après une procédure qui ressemble à un parcours du combattant. « Il a fallu aller les chercher dans l’État du Delaware puisque Google France n’est pas hébergeur et n’est responsable de rien. Il fallait aller jusqu’au bout pour mettre un frein à ce système. Et remettre de l’ordre. »

Le Quotidien précise que ce n’est pas la première fois que des médecins s’en prennent à la multinationale de Mountain View. Jusqu’à présent, les praticiens en colère ciblaient également les patients auteurs de ces commentaires. L’UFML-Syndicat conseille de porter plainte systématiquement pour les propos diffamatoires et de « durcir le ton ». Concrètement, l’organisation propose aux médecins d’ajouter le message suivant, en forme d’avertissement aux patients, sur leur profil « Google My Business » : 

« Il vous est possible de poster des commentaires sur mon activité et le vécu de votre consultation. Face aux dérives constatées dans l’exercice de ce service, il est à préciser que tout commentaire diffamatoire à mon égard, à celui de ma profession, ou portant atteinte à mon honneur ou à ma probité entraînera le dépôt d’une plainte auprès de la juridiction compétente et la saisie immédiate de l’avocat de mon syndicat professionnel et de Google »

A demain

@jynau

Vie moderne. Téléconsultation pour surveiller ses embryons. Telesemen pour congeler son sperme

Bonjour

Attention : jargon, publicité et auberge espagnole. La « Paris Healthcare Week » vient d’ouvrir ses portes avec pour « thème phare » la téléconsultation. « Alors qu’elle peine à se déployer en France, en Espagne, l’Institut Marquès 1, ‘’clinique de référence internationale en Gynécologie, Obstétrique et Médecine de la Reproduction’’ réalise depuis près de quinze ans, 80% des premières visites médiacles via Skype auprès de leurs patients »  vient de faire savoir cette entreprise. Et, pour « aller plus loin », elle a imaginé l’Embryomobile [sic], une application permettant aux parents de suivre, en tout temps, l’évolution de leurs embryons.

« La technologie est pleinement intégrée à la société et fait partie de tous les domaines de notre vie. C’est pourquoi l’Institut Marquès, centre de référence en procréation médicalement assistée, intègre dans ses centres les technologies les plus avancées et les plus surprenantes, dans le cadre de traitements permettant de réaliser le rêve d’avoir un bébé. En effet, 80% des premières visites médicales à l’Institut Marquès se font par Skype et durent en moyenne une heure, bien que le médecin réserve dans son agenda une marge plus grande, d’une heure et demie ».

Première visite gratuite

Lors de la première visite (« gratuite »), les patients sont assistés par un gynécologue spécialisé dans la procréation assistée. Avant la vidéoconférence, l’expert demande des examens préalables afin de leur proposer un diagnostic professionnel et personnalisé. Lors de la visite, le médecin peut prescrire des médicaments ou un test médical. Sous certaines conditions, les patientes peuvent prétendre à une une prise en charge sous certaines conditions de la Sécurité Sociale française grâce au « dossier d’entente préalable de prise en charge des soins à l’étranger ».

Nouveauté : « En plus de vidéoconférences, l’une des grandes innovations technologiques de l’Institut Marquès est l’Embryomobile, une application développée par le centre qui permet aux parents de suivre, en temps réel et de n’importe où, l’évolution de leurs embryons. »

Le meilleur embron et les autres

Cette application est connectée à l’Embryoscope, un incubateur avec caméra intégrée qui reproduit les images des embryons en développement, afin que les parents puissent effectuer un suivi détaillé de l’évolution de leurs embryons. En plus d’être un exemple de transparence extraordinaire, l’utilisation de l’Embryomobile apporte la tranquillité, réduit considérablement l’anxiété et le stress et favorise l’implantation.

Une étude menée sur l’utilisation de cette application indique que « des milliers de patients » utilisent déjà Embryomobile : 43% d’entre eux se connectent plus de cinq fois par jour pour voir leurs embryons ; 27%, entre 2 et 4 fois ; 23%, une fois. Elle révèle également que 51% des participantes ont été en mesure de choisir le « meilleur embryon » pour obtenir une grossesse et que, parmi elles, 74% ont « correctement choisi l’embryon » qui serait (éventuellement) transféré ou vitrifié.

A venir : le Télésemen, développé et breveté par l’Institut Marquès (mais pas encore disponible). Le patient pourra  « congeler son sperme de n’importe quel point de la planète » et « le faire parvenir à la clinique, sans avoir à se déplacer ». « C’est une solution très pratique et confortable pour éviter les déplacements ou pour raisons de vie privée » plaide l’Institut Marquès.

Vie privée ?

A demain

@jynau

1 L’Institut Marquès se présente ainsi : « Centre de référence international en matière de gynécologie, d’obstétrique et de procréation assistée, basé à Barcelone, Londres, Irlande (Dublin et Clane), Italie (Rome et Milan) et Koweït. En Italie, grâce à son siège à Milan et à la collaboration avec la clinique Villa Salaria à Rome, l’Institut Marquès offre une solution complète pour les personnes souffrant de problèmes de stérilité. Le centre, fort expérimenté dans des cas particulièrement difficiles, aide des personnes du monde entier à réaliser leur rêve de devenir parents. L’Institut Marquès offre les taux de réussite de grossesse les plus élevés, avec 89% par cycle de FIV avec don d’ovocytes. Leader en innovation, il développe un important axe de recherche sur les avantages de la musique en début de vie et de la stimulation foetale. www.institutmarques.com »

Publicité : des plantes injectées en sous-cutané et 149 euros pour ne plus jamais smoker®

Bonjour

C’est un message adressé aux médias : avec les trois premiers StopSmoking Centers® en France la StopSmokingTherapy® est désormais accessible en France. « Situées à Villepinte (Seine-Saint-Denis), Le Plateau d’Assy (Haute-Savoie) et Castelmaurou (Haute-Garonne), ces trois cliniques sont les premiers établissements médicaux français habilités à dispenser la StopSmokingTherapy®, « thérapie de sevrage tabagique par injection auriculaire sous-cutanée ».

Ecran publicitaire I :

« La StopSmokingTherapy® est une solution de sevrage tabagique contenant des substances actives à base de plantes, permettant un arrêt du tabac efficace, durable et sans effets secondaires. Sa formule a été inventée et brevetée par le Professeur Robert Aboudaram, professeur en chirurgie maxillo-faciale, addictologie et stomatologie, après trente ans de recherches

« La thérapie consiste en plusieurs injections intra-auriculaires sous-cutanées sur des points spécifiques liés à l’addiction, effectuées lors d’une seule et même séance. Ces injections sont exclusivement réalisées dans le cadre des StopSmoking Centers®, par du personnel médical formé spécifiquement à ce geste.

« Sur dix patients traités, neuf disent ne plus ressentir l’envie de fumer après une seule séance de StopSmokingTherapy®. Ayant acquis le brevet auprès du Professeur Robert Aboudaram, Edelweiss Laboratory S.A., société spécialisée notamment dans la recherche en addictologie 1 est désormais détentrice de cette formule. C’est dans ce cadre qu’elle œuvre au référencement de cliniques et médecins experts, qui, une fois formés, peuvent administrer le traitement en toute sécurité et le rendre accessible au plus grand nombre de Français.

Dans ce cadre Edelweiss Laboratory S.A. a formalisé des partenariats avec des cliniques spécialisées en addictologie. L’un d’eux, signé avec un groupe hospitalier européen de premier plan, a permis l’ouverture sur le territoire national des trois premiers StopSmoking Centers®. Les rendez-vous sont réalisés exclusivement au sein de ces cliniques partenaires, afin d’offrir aux fumeurs un accompagnement et un encadrement médical adaptés dans le cadre de leur sevrage tabagique. »

Ecran publicitaire II :  

« La StopSmokingTherapy®, comment ça marche ?

« 1/ En quelques clics, le fumeur localise, via la plateforme internet (https ://www.stopsmokingtherapy.com/), le StopSmoking Center® le plus proche de son domicile, et réserve un rendez-vous au créneau de son choix.

2/ Il règle en ligne (paiement sécurisé) un forfait de 149 euros, comprenant : – Un entretien médical individuel, réalisé le jour J au sein du StopSmoking Center®. Celui-ci permet notamment de répondre à toutes les questions du patient. – Les injections intra-auriculaires sous-cutanées par le personnel médical spécifiquement formé à la StopSmokingTherapy®.

3/ Le jour J, le fumeur se rend au StopSmoking Center®. Sur place, il est pris en charge par l’équipe médicale.

 4/ Une fois les injections réalisées, quelques recommandations : – Il est interdit de conduire dans l’heure qui suit, aussi vaut-il mieux être accompagné sur place.  Pendant les dix jours suivants, le patient doit boire trois litres d’eau par jour, et s’abstenir de consommer du café, du thé et de l’alcool. »

On observera que rien n’est dit quant aux plantes à l’origine des « substances actives ». Rien non plus quant au nombre et à la localisation des points d’injections intra-auriculaires. On postulera que les autorités sanitaires françaises et la si sourcilleuse DGCCRF ont autorisé cette pratique et ces allégations. Comment, sérieusement, pourrait-il en être autrement ?

A demain

@jynau

1 La société se présente ainsi : Fondée en 1989, Edelweiss Laboratory S.A. est une société anonyme située à Sion, dans le Canton du Valais (Suisse). Elle est spécialisée notamment dans la recherche en addictologie, et est détentrice de différentes formules brevetées, dont celle de la StopSmokingTherapy®. Pour plus de précisions : http://www.edelweisslab.ch

#Prière de vous faire soigner ultérieurement #Plus de médicaments #Veuillez nous excuser

Bonjour

Voici, une nouvelle fois, une attaque lancée contre la muraille de Big Pharma. Et la dénonciation d’un système pharmaceutique et politique sur lequel tous ou presque se sont jusqu’ici cassé les dents. Cette fois c’est une association de lutte contre le sida et les hépatites en France et en Europe reconnue d’utilité publique (« AIDES »)  qui part à l’assaut.

La campagne, lancée aujourd’hui, est diffusée sur les réseaux sociaux. A travers trois visuels et une vidéo elle « interpelle sur les menaces qui pèsent sur l’accès universel aux médicaments, et avec lui sur notre système de santé solidaire ».

Pourquoi maintenant ? Parce qu’un Français-e sur quatre a déjà été confronté-e à une pénurie de médicaments, avec parfois des répercussions graves sur sa santé : augmentation des symptômes, hospitalisations etc. Parce que les nouveaux médicaments qui arrivent sur le marché atteignent des prix records – 300 000 euros annoncés pour des nouvelles thérapies contre le cancer – sans réelle justification. Parce que ces sommes fragilisent la pérennité de notre système de soins solidaire. Er parque que, de plus en plus fréquemment, aucun accord entre laboratoire pharmaceutique et Etat n’est trouvé.

Palais de l’Elysée

Comment en est-on arrivé là ? A cause d’un « système opaque et complexe » : Un système de brevets qui permet aux laboratoires de prolonger leurs monopoles de façon souvent injustifiée ; une  réglementation européenne qui allonge les périodes de monopole et retardent l’arrivée sur le marché de génériques plus abordables ; un Etat qui n’utilise pas tous les outils à sa disposition pour encadrer les pratiques de l’industrie ; le secret des affaires.

Et, dans la foulée, AIDES d’exhorter au « courage politique » pour mettre fin à ce « système délétère » et parvenir à « un système plus égalitaire et pérenne ». Obtenir notamment la transparence des laboratoires et de l’Etat sur les négociations de prix et les investissements en recherche et développement, afin de fixer des prix justes et abordables ; la  fin des monopoles abusifs en diversifiant et rendant plus rigoureux les critères de délivrance de brevets ; la révision des législations européennes qui obstruent l’accès aux médicaments et le  renforcement des obligations de l’industrie en matière de plan de pénuries pour garantir un accès continu aux médicaments essentiels.

Où l’on en viendrait à regretter qu’AIDES ne soit pas présente à la première conférence de presse solennelle donnée aujourd’hui même, par le locataire du Palais de l’Elysée. Et que cette association reconnue d’utilité publique soit absente de la compétition pour les élections politiques européennes.

A demain

@jynau

 

Jeunes, alcools et vins: «La Revue du Praticien» en appelle à M. Blanquer et à Mme Buzyn

Bonjour

« Les enfants ne doivent pas être la cible du lobby viticole ! ». C’est le titre du vigoureux éditorial que signe, dans la dernière livraison de La Revue du Praticien, notre confrère Jean Deleuze, rédacteur en chef.  « Comment imaginer faire reculer significativement la mortalité (41 000 décès annuels), la morbidité et les violences engendrées par l’alcool alors que le lobby viticole, encouragé par la complaisance du président de la République, ne cesse de brouiller les messages de santé publique ? » demande-t-il. Et de dénoncer la propagande de Vin & Société, puissant lobby viticole, en direction des enfants est très choquante.

« La page «Éducation des plus jeunes » de son site ne cache pas ses intentions en vantant un apprentissage qui «dès le primaire, favorisera un comportement responsable chez ces adultes avertis de demain», écrit Jean Deleuze.  Le site propose films et supports éducatifs ciblés selon les tranches d’âge: 3-6 ans, 6-9 ans, 9-14 ans, plus de 14 ans. On y trouve même la promotion de mallettes pédagogiques du goût à l’usage des classes de maternelles et des cours préparatoires ! Toute cette pédagogie très subtile qui vante l’histoire, le terroir, la sociabilité, la convivialité avec force de petits personnages souriants n’a évidemment qu’un but: la banalisation de la consommation d’alcool pour recruter de futurs consommateurs. »

Des « numéros spéciaux » en ligne du Petit Quotidien (pour les 6-10 ans) et de Mon Quotidien (pour les 10-14 ans) enfoncent le clou: «Nous avons la chance en France d’avoir une bonne connaissance de la cuisine de qualité et de la façon de la déguster. La gastronomie française est en effet riche et variée : fromages, foie gras, truffes… le vin aussi en fait partie ! Le bon vin pour le bon plat. Cela fait partie de nos traditions », peut-on lire dans le second.

« Noyé dans ce contenu, on distingue un petit encadré intitulé ‘’Attention à l’abus d’alcool’’ qui indique: ‘’Les adultes boivent du vin en famille ou entre amis pour célébrer des moments importants ou accompagner un bon repas, peut-on lire adns cet éditorial. C’est l’occasion de faire la fête, de partager, de se retrouver. Mais attention aux excès… À cause de l’alcool qu’il contient, le vin bu en trop grande quantité et/ou trop vite peut avoir des effets sur le corps : vertiges, nausées, endormissement… Ces effets exposent la personne à des risques plus graves : accidents, violences…’’. »

Jean Deleuze : « Comment parents et enseignants peuvent-ils accepter cette intrusion aussi grossière du lobby viticole auprès des enfants ? Mme Buzyn et M. Blanquer, faites cesser ce scandale ! ». Il est fort peu probable que ces deux ministres oseront passer, ici, à l’action 1.

Et reste ici entière la grande question, celle de l’apprentissage des mille et une facettes des réalités alcooliques – une question qui dépasse de loin les seuls vins et la seule sphère scolaire. Pour le coup un véritable sujet de société, une belle question politique à laquelle personne ne semble, aujourd’hui en France, en mesure de s’attaquer.

A demain

@jynau

1 On attend toujours le résultat des interminables négociations entre le gouvernement et les représentants du lobby viticole quant à la forme et à la taille du futur logo « zéro alcool durant la grossesse » qui devrait remplacer l’actuel (microscopique) sur toutes les bouteilles de boissons alcooliques.