«Tuer le cancer, 500 euros»: pourquoi le célèbre test français n’est-il toujours pas remboursé ?

Bonjour

C’est une étrange affaire médicale qui, dans les médias, n’en finit pas. Celle d’un test de dépistage ultra-précoce du cancer – un test présenté depuis des années comme potentiellement miraculeux par son auteure mais qui demeure toujours en marge des procédés officiels et, à ce titre, non remboursé par l’assurance maladie. Nous avons, sur ce blog, consacré plusieurs textes à cette affaire qui semble ne jamais devoir trouver son épilogue.

Le dernier épisode en date était un « communiqué de presse » publié sur le site de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris : « Détection du cancer : Le Professeur Patrizia Paterlini-Bréchot nommée finaliste du Prix de l’inventeur Européen 2019 pour ses travaux ». Où l’on retrouvait sous une forme bien étrange, aux frontières du discours publicitaire, le discours tenu depuis des années :

« L’invention de Patrizia Paterlini-Bréchot permet aux médecins de détecter les cellules cancéreuses dans un échantillon de sang bien avant qu’une tumeur ne puisse être détectée grâce aux méthodes classiques d’imagerie médicale. Une détection qui intervient avant même que le patient ne développe des métastases, un stade de propagation où 90 % des patients perdent leur combat contre la maladie (…) ».

Le « prix de l’inventeur Européen 2019 » n’a toujours pas été attribué mais la finaliste était ce matin l’invitée de RTL (Elizabeth Martichoux) pour expliquer sa découverte : « Le fait de détecter ces cellules précocement permet d’agir avant que les  métastases se forment et donc d’empêcher les patients de mourir ».

Pourquoi ne pas avoir imaginé cette technique plus tôt  ?« Parce qu’il y avait des défis technologiques. Il fallait bien comprendre comment les métastases se forment (…) On a réalisé que ces cellules qui ont été décrites pour la première fois en 1869 et après recherchées par les chercheurs du monde entier, n’avaient pas été détectées parce qu’elles sont rarissimes (…) ».

 « A peu près 40 % des cancers sont diagnostiqués au stade métastatique donc quand la métastase est déjà formée. Ce sont ces cancers que l’on cible. (…) Plus on détecte précocement, plus on a de grandes chances d’éliminer la maladie (…) Parce que le cancer n’est vraiment un monstre que si on lui laisse le temps : il va envahir l’organisme mais aussi il va muter lui-même. Donc les cellules du cancer qui vont se répandre dans le corps sont toutes différentes. Quand on applique après ces traitements ciblés qui sont extrêmement coûteux, ces traitements vont cibler la majorité des cellules, mais pas toutes. Ce qui fait que le patient rentre en rémission mais après il y a des cellules qui ne sont pas mortes, qui recommencent à proliférer et on perd la bataille. »

Pipe-line

Comment comprendre, dès lors, que ce test (protégé par cinq brevets publics -Université Descartes, Inserm, AP-HP- pris entre 2005 et 2012) n’est-il toujours pas accessible au plus grand nombre ? « Parce que toute avancée de la médecine demande énormément d’études, et dans ce domaine en particulier où la méthode est valable pour tout type de cancer, il faut bien voir que pour avoir les avals réglementaires qui permettent ensuite d’avoir accès au remboursement, il faut faire des études cancer par cancer. C’est très long et coûteux. Mais on ne peut pas valider un test qui est valable pour tous les cancers. Il faut suivre la piste cancer par cancer. »

Précisément, où en est-on ? « Nous sommes en train d’activer toutes nos forces pour trouver les moyens de faire des essais de validation clinique de phase II/III (…) ». A quel horizon ce test sera-t-il accessible pour nous ? Cinq ans, dix ans, cinquante ans ?   « Je n’arrive pas à répondre car cela dépend des moyens qui sont investis.  (…) Il y a des milliards d’euros dans le secteur privé … le secteur public a quand même du mal à investir même des dizaines de centaines de millions. … Ce test intéresse mais il faut tout de même faire tout le travail pour que ces tests soient remboursés. … Pour les premiers trois cancers, c’est à l’horizon 4 à 5 ans … Les autres vont suivre rapidement .. D’abord les cancers du poumon et le cancer de la prostate, ensuite d’autres sont dans le pipe-line … ».

A demain @jynau


Sur les vaccins et l’homéopathie, Yannick Jadot sème plus d’ivraie que de bon grain

Bonjour

France Inter a (parfois) des auditeurs formidables. Ainsi, ce matin : « Guy, du côté de Toulouse », vieux militant écolo qui cette fois n’a pas voté EELV à cause des « engagements maladif »s « anti-vaccins » et « pro-homéopathie-Boiron » de Michèle Rivasi, bras droit de Yannick Jadot (et numéro 2 de sa liste). Pour Guy c’était  « devenu impossible ».

Et l’invité de France Inter Yannick Jadot, 51 ans, fonça comme un jeune taureau piqué au vif. Il a, sans nuance aucune, précisé la ligne de son parti. Au risque d’être accusé d’approximations, de contradictions, voire de mensonges. Au risque d’être catalogué (comme, depuis peu, Laurent Wauquiez) de cette nouvelle plaie : l’« insincérité ». Quelques heures plus tard Le Monde et ses « Décodeurs » corrigeaient le tir et les mots du nouveau poids lourd médiatique du paysage politique français. Extraits :

1. Michèle Rivasi a bel et bien fait circuler de fausses informations

Yannick Jadot : « Sur les vaccins, la ligne du mouvement EELV comme celle de Michèle Rivasi est très claire : nous sommes pour la vaccination. Nous défendons la vaccination comme une responsabilité individuelle et aussi comme une responsabilité collective. Il n’y a pas simplement un choix individuel, par exemple on le voit en ce moment sur la rougeole : le fait de choisir pour soi engage l’ensemble de la société. Donc nous sommes pro vaccins. »

Selon lui, il est en revanche indispensable de faire la transparence sur « le poids des lobbys pharmaceutiques dans la décision publique. (…) C’est notre seul combat ».

Le Monde : « L’écologiste Michèle Rivasi est eurodéputée depuis 2009 et a été réélue. Sa présence en deuxième place sur la liste conduite par Yannick Jadot pour la campagne de 2019 a néanmoins suscité des critiques contre le parti, notamment à cause de ses prises de position sur la vaccination. Elle y a répondu dans un communiqué publié le 12 mars, intitulé « oui aux vaccins, non aux lobbys ».

« En cela, sa position pourrait coller à la ligne « pro vaccins » prônée par Yannick Jadot sur France Inter. Le problème, c’est qu’il ne s’agit pas du seul impair de Michèle Rivasi sur cette question. Elle a en effet diffusé, dans des entretiens à la presse et sur son blog, un certain nombre de contre-vérités sur la vaccination, bien loin du discours du chef de file de son mouvement. Elle a par exemple : contesté la vaccination des enfants contre l’hépatite B sous le prétexte qu’il s’agirait d’une maladie exclusivement « sexuellement transmissible » (ce qui n’est pas le cas) ; dénoncé la présence de « nanoparticules métalliques dans des vaccins courants », une conclusion réfutée par l’Agence européenne des médicaments ; affirmé que « si une femme allaite son enfant, elle lui transmet les anticorps » contre la rougeole, ce qui rendrait la vaccination contre cette pathologie inutile (une affirmation réfutée par les spécialistes) ; dénoncé la présence d’aluminium dans les adjuvants de nombreux vaccins, occultant que les études menées sur le sujet n’ont pas établi un lien entre ce composé et  des troubles sur la santé. »

Pour résumer Michèle Rivasi, bras droit de Yannick Jadot,  a bel et bien contribué à faire circuler des informations erronées émanant d’opposants à la vaccination et à semer le doute à tort au sein de la population – « ce qui peut légitimement être reproché à une personnalité politique de premier plan » observe Le Monde.

2. L’homéopathie, son efficacité et ses lobbies

Yannick Jadot : « Il y a aujourd’hui des millions de Français qui utilisent l’homéopathie. C’est un coût extrêmement faible, ça participe de soigner et je crois qu’on ne peut pas simplement analyser l’impact d’un médicament au regard de sa composition, c’est le résultat qui compte…. –Donc rembourser un placebo, s’il fonctionne, c’est bien  ? –L’enjeu, c’est de soigner. S’il est prouvé que l’homéopathie participe de soigner des personnes qui s’y retrouvent,  franchement, au regard du coût de l’homéopathie, c’est pas un sujet. »

Certes le coût des spécialités homéopathiques prescrites par des médecins est marginal : environ 0,3 % des remboursements de médicaments, en 2016  – soit environ 55 millions d’euros sur 18 milliards d’euros de prise en charge. Reste L’argumentaire de Yannick Jadot sur le fond du sujet est en revanche nettement plus surprenant : seul le « résultat » compterait. Un remboursement des médicaemnts associé à une obligation de résultats ? Rembourser dès lors que cela « participe de soigner » ? Oublier la somme des travaux qui concluent, au mieux à une efficacité équivaelnte à celle de l’effet placebo ?  

« Par ailleurs, la position de l’écologiste sur la question de l’homéopathie peut surprendre, tant elle entre en contradiction avec la ligne générale qu’il édictait quelques instants plus tôt, affirmant vouloir ‘’sortir les lobbys pharmaceutiques de la décision publique’’ » observe fort justement Le Monde.  Dans le cas de l’homéopathie, les Laboratoires Boiron sont, précisément un modèle-type de lobby pharmaceutique – défendant farouchement leurs intérêts  en remuant ciel et terre à la perspective d’un déremboursement.

« L’avis définitif de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur la question, qui devrait orienter le choix de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, est attendu pour juin » conclut Le Monde. Ce n’est pas tout à fait exact : Agnès Buzyn a publiquement expliqué qu’elle suivrait l’avis de la HAS – laissant étrangement en cela son pouvoir politique de décision (et celui du gouvernement) entre les mains de cette institution qu’elle présida. On conclura en rappelant que Mme Buzyn tenait peu ou prou, il y a un an, les mêmes propos que Yannick Jadot aujourd’hui.

C’était le 12 avril 2018. Invitée de la matinale sur RMC-BFM TV, Agnès Buzyn annonçait alors que les spécialités homéopathiques continueraient à être remboursées par l’Assurance-maladie, même si c’est «probablement un effet placebo». «Les Français y sont attachés. Si cela peut éviter le recours à des médicaments toxiques, je pense nous y gagnons collectivement. Voilà, ça ne fait pas de mal !».

C’est dire si l’on attend, avec un vif intérêt, la suite.

A demain

@jynau

 

Cigarette électronique soluble dans le capitalisme (à propos de British American Tobacco) ?

Bonjour

Morale et business. Faut-il avoir « honte » de travailler pour Big Tobacco au même titre qu’il faut, aujourd’hui, avoir « honte » de prendre l’avion 1 ? Ce n’est pas une nomination comme les autres. Elle survient chez British American Tobacco (BAT) 2 : l’annonce de la nomination, le jour même, de Mauricio Lara-Ferez au poste de Directeur Général France. Il occupait depuis 2016 les fonctions de Directeur Marketing de BAT France et Europe de l’Ouest.

« Diplômé du Monterrey Institute of Technology and Higher Education, Mauricio Lara-Ferez a commencé sa carrière professionnelle en 2000 au Mexique au sein du département Marketing du groupe Unilever. En 2009, il rejoint BAT Mexique en tant que Directeur du Développement Marketing puis Directeur de Marque. De 2013 à 2016, il occupait les fonctions de Directeur Régional du Planning Stratégique de BAT Europe de l’Ouest. Cette nomination fait suite au départ de Richard Bakker du poste de Directeur général de BAT France et Europe de l’Ouest et dont les nouvelles fonctions au sein de BAT seront annoncées prochainement. »

Mauricio Lara-Ferez a déclaré : «Je suis très honoré et enthousiaste à l’idée de relever de nouveaux défis en qualité de Directeur Général France. La filiale française du groupe BAT est engagée dans une dynamique très positive. Elle dispose de marques de cigarettes fortes et elle est récemment devenue n°1 de la cigarette électronique en France chez les buralistes grâce à sa marque VYPE. J’entends poursuivre la stratégie engagée par mon prédécesseur».

Au-delà de ses responsabilités en matière de développement commercial, Mauricio Lara-Ferez sera également chargé de mettre en avant la contribution de BAT sur d’importants sujets de débat public parmi lesquels : trajectoire fiscale sur les produits du tabac, lutte contre la contrebande, traçabilité, accompagnement des buralistes dans leurs projets de transformation, mise en place de mécanismes de lutte contre la pollution générée par les mégots de cigarettes, développement de la cigarette électronique en tant qu’alternative à la cigarette combustible dans une perspective de santé publique.

« Santé publique ». Un siècle plus tard Big Tobacco découvre que ce concept existe. Ce qui donne, chez lui : « Transforming Tobacco ». Où l’on peut lire ceci, en note du communiqué de nomination :

« Pour la première fois dans l’histoire, les innovations technologiques, les transformations sociétales et l’importance croissante des enjeux de santé publique convergent pour permettre à une opportunité unique de se concrétiser : proposer aux consommateurs des alternatives crédibles et efficaces au tabac combustible, avec un risque potentiellement réduit sur la santé (tabac à chauffer, vapotage, produits nicotiniques…). BAT est résolument engagée dans cette transformation historique. »

 Business as usual entrelardé de morale et de publicité. Pour un peu on applaudirait devant tant de plasticité incluant la cigarette électronique. Les avionneurs parviendront-ils à réaliser un tel exploit face au réchauffement climatique ?

A demain

@jynau

1 Dutheil G « Le mouvement ‘’la honte de prendre l’avion’’ inquiète le secteur aérien. Les compagnies, réunies ce week-end en Corée du Sud, s’inquiètent de l’« aviation bashing » et de l’instauration d’une taxe pour lutter contre le réchauffement climatique. » Le Monde du 3 juin 2019

2 La firme se présente ainsi : « British American Tobacco (BAT), entreprise fondée en 1902, est la seconde plus grande entreprise de tabac manufacturé au monde en parts de marché. Ses marques sont vendues dans plus de 200 pays. Sa filiale française, British American Tobacco France emploie près de 250 collaborateurs à travers le pays. Son activité comprend le soutien commercial, la vente et la distribution des produits du tabac du Groupe BAT sur le territoire national ainsi que ses gammes innovantes de produits de vapotage. » 

Idéologies tabagiques : l’aveuglement de l’OMS face au cynisme glaçant de Big Tobacco

Bonjour

Journée mondiale sans Tabac et cette sortie de  Philip Morris International (PMI- Marlboro° & C°, deuxième producteur mondial) : un communiqué d’une parfaite perversité : « World No Tobacco Day should be World No Smoking Day » – repris par le site des buralistes français :

« La Journée mondiale sans Tabac est destinée à rappeler les graves problèmes suscités par le fait de fumer et de consommer du tabac. Il apparait, cependant, que même si les risques très importants pour la santé représentés par le fait de fumer sont bien connus, beaucoup de gens continuent de fumer et continueront dans un futur proche.

« L’OMS prévoit plus d’un milliard de fumeurs pour 2025, soit le même niveau qu’aujourd’hui. Alors que la meilleure décision est d’arrêter, beaucoup de fumeurs vont continuer.

« Vers la fin des années 90, plusieurs de nos féroces critiques nous mettaient au défi de fabriquer des produits moins nocifs. On les a entendus et on a relevé le défi » déclare Jacek Olczak, PMI’s Chief Operating Officer « Cela nous a coûté l’embauche de centaines de scientifiques, la réalisation de milliers de tests et l’investissement de milliards de dollars pour une nouvelle catégorie de produits : des produits où il n’y a pas combustion de tabac et pour lesquels le fumeur adulte peut opter sans retourner aux cigarettes traditionnelles.

« Ces nouveaux produits contiennent de la nicotine et ne sont pas exempts de risques. Mais la science montre qu’il s’agit d’un meilleur choix que de continuer à fumer. Nous partageons nos recherches et nos données avec les communautés scientifiques et médicales ainsi qu’avec les gouvernements du monde entier. Les anciennes polémiques idéologiques ne créent que de la confusion auprès des fumeurs et de leurs entourages (…) Les fumeurs adultes méritent d’avoir accès aux alternatives basées sur de solides recherches scientifiques. Ils méritent aussi d’être informés pour établir leur propre choix ».

Choisir le type de loup autorisé à entrer dans la bergerie ?

Une OMS en blanc et noir

« Plutôt que de répondre, sur le fond, aux arguments et propositions de Philip Morris International l’OMS a adopté la position facile consistant à dénoncer les efforts menés par le plus grand producteur de cigarettes du monde pour rebaptiser la journée annuelle dédiée aux dangers du tabac’’, comme l’a repris une dépêche AFP » commente le site des buralistes français.

En clair il ne s’agirait ici que d’une tentative d’OPA signée PMI, la stratégie du coucou : mener sa propre campagne de promotion de ses nouveaux produits « sans fumée », en les présentant comme une solution au fléau du tabac. « C’est la dernière tentative en date de PMI pour s’infiltrer dans le secteur de la santé publique sous de faux prétextes, et ses efforts pour s’emparer de cette Journée mondiale sont un manque de respect à l’égard des millions de personnes qui sont mortes ou vont mourir à cause des produits de PMI » a commenté, pour sa part, Michél Legendre de l’ONG Corporate Accountability.

« Nous considérons la campagne de PMI comme rien de plus qu’une tentative cynique par cette société de promouvoir ses produits mortels » a commenté, Vinayak Prasad, chef de l’Initiative Sans Tabac de l’OMS. Ce dernier souligne qu’il n’existe pas d’étude scientifique indépendante pour confirmer les résultats dont se prévaut PMI. Sans rappeler que l’organisation onusienne ne fait rien, en pratique, pour soutenir de telles études scientifiques.

Une OMS qui, en réalité, se satisfait pleinement du brouillard entretenu par PMI et Big Tobacco quant aux « nouveaux produits », laissant dans le même sac le « tabac chauffé » et la « cigarette électronique ». Une OMS suicidaire, en blanc et noir, qui se refuse, pour des raisons idéologiques autant que structurelles, à prendre en compte le concept de réduction des risques.

A demain

@jynau

Tour de France 2019 : Big Pharma US y hurlera. Aimeriez-vous savoir pourquoi ?

Bonjour

Du 8 au 28 juillet 2019 : le Tour de France cycliste et son indispensable « caravane » : onvoi de véhicules insolites et décorés à caractère publicitaire précédant le passage des coureurs ; distribution d’objets promotionnels et d’échantillons divers et variés dans un déluge sonore. Gros succès populaire.

Avec, cette année la présence de « Du Bruit contre l’Hépatite C» – une  campagne de l’AFEF (Association Française pour L’Étude Du Foie) et de SOS Hépatites.  Une campagne mise en place en octobre 2018 « dans le cadre de l’engagement français d’éliminer l’hépatite C d’ici 2025, soit cinq ans avant la date fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé ». Pitch officiel :

« Du 8 au 28 juillet 2019, elle va sillonner la France au gré des étapes du Tour de France pour aller à la rencontre de la population et la sensibiliser sur les évolutions et les risques de cette maladie quand elle n’est pas traitée. Au fil des kilomètres parcourus, les équipes dédiées informeront les français qu’aujourd’hui on guérit facilement de l’hépatite C et les encourageront à prendre RDV avec leur médecin pour se faire dépister. »

L’intendance suivra : une centaine de bénévoles impliqués sur tout le parcours (médecins, patients, membres des associations portant la campagne) ; deux chars équipés d’un sonomètre et d’un écran digital « qui affiche en temps réel le bruit fait contre l’hépatite C » ; des Tests Rapides d’Orientation Diagnostique (TROD) proposés aux personnes volontaires ; 100 000 « bracelets sécurité » portant le message « Aujourd’hui on guérit de l’hépatite C. Je ne réfléchis plus, je prends rendez-vous avec mon médecin » seront distribués sur le parcours ainsi que 10 000 sonnettes de vélo et 50 000 flyers mégaphone. 

Le coût de tout cela ? Il n’est pas connu. On sait seulement que l’opération est « soutenue » par les laboratoires pharmaceutiques américains AbbVie et Gilead (voir aussi AbbVie et Gilead). Pourquoi ? On peut l’imaginer. Et se demander où sont les chars et les flyers mégaphone de notre Assurance Maladie, elle qui prend silencieusement et intégralement en charge les médicaments efficaces contre l’hépatite C présents sur le marché français.

A demain

@jynau

Homéopathie déremboursée et vacances d’été : «Partez l’esprit léger avec les Laboratoires L…»


 
Bonjour

Le 16 mai dernier c’était un « communiqué de presse commun » signé par trois entreprises dans le champ industriel de l’homéopathie (Boiron – Lehning – Weleda). Un cri de colère contre la « fuite médiatique » (parfaitement orchestrée) de l’avis préliminaire de la Commission de la transparence de la Haute Autorité de Santé. Commission chargée d’évaluer le bénéfice médical rendu par les médicaments homéopathiques. Objectif annoncé : dérembourser ces médicaments. Ce qui (sauf surprise politique) devrait être acté par Agnès Buzyn avant l’été.  Associé au communiqué de presse: « Ensemble, mobilisons-nous pour le maintien du remboursement de l’homéopathie sur MonHomeoMonChoix.fr ».

Quinze jours ont passé, l’été approche. Les troupes syndicales et l’ensemble des salariés menaçants de Boiron viennent de quitter le Palais loué pour cinq ans à Emmanuel Macron. Et pendant la polémique les ventes continuent. Nouveau communiqué de presse, signé des seuls Laboratoires Lehning.

« C’est l’été ! L’heure des départs en vacances et du farniente au soleil. C’est aussi parfois quelques inconvénients : le mal des transports, des coups de soleil, une constipation occasionnelle… Mais c’est décidé, rien ne pourra venir gâcher nos vacances ! Alors l’été, on oublie tout, sauf sa trousse de soins des Laboratoires Lehning, pour parer à tous ces petits désagréments qui peuvent venir troubler un repos bien mérité.
 
Arnica Naturel Gel® : pour apaiser les bleus et bosses. Ce gel dispose d’une forte teneur en Arnica Montana, une plante vivace des pâturages de montagnes aux vertus apaisantes. Il permet de soulager tous les petits traumatismes tels que les bleus et les bosses, mais se révèle également rapidement efficace en cas de courbatures. PVC : 6,20 €

ClimaxolGel® : pour soulager les jambes lourdes. La chaleur, les trajets de longue durée, les journées d’excursions ainsi que les stations prolongées debout ou assises peuvent accentuer les problèmes de circulation qui donnent l’impression de « jambes lourdes ». ClimaxolGel aide à soulager cette sensation. Le marron d’Inde et l’hamamélis présents dans sa composition sont reconnus pour leurs effets décongestionnants et vasoconstricteurs. De plus, ils améliorent le tonus veineux. L’huile essentielle de menthe poivrée apporte une sensation immédiate de fraîcheur et de légèreté à l’application. La crème est agréable à appliquer, avec de l’aloe vera et de l’amande douce, qui laissent la peau douce et hydratée. PVC : 11,50 €

Calendula Naturel crème® : pour apaiser les irritations et traiter les brûlures légères. Calendula Naturel crème est utilisée pour aider la peau à cicatriser lorsqu’elle est mise à l’épreuve : par exemple après un coup de soleil ou une baignade dans la mer, en cas de sensation de tiraillements, à cause de coupures légères après avoir cueilli ou ramassé des trésors dans la nature… Avec 10 g de Calendula officinalis pour 100 g de crème, le produit est extrêmement concentré en actif antibactérien et cicatrisant, pour soulager la peau et l’aider à bien se réparer. PVC : 6,20 € ».

Aucune « fuite médiatique », ici. Aucun chantage au chômage. Pas de conflits d’intérêts. Simplement de la publicité. Avant l’été.

A demain

@jynau

Google en justice : quand un médecin est la cible de propos diffamatoires concernant sa pratique

Bonjour

Enfin ! Un médecin, psychiatre exerçant à Metz a décidé de passer à l’attaque en justice contre Google : il avait fait l’objet de commentaires publics « peu sympathiques » quant à sa pratique. L’affaire est révélée par L’Est Républicain, (Kevin Grethen) et relayée par Le Quotidien du Médecin (Marie Foult).

Ce a vu apparaître sur le net sa fiche « Google my business ». Il n’avait rien signé, rien autorisé. Et puis, il y découvre des avis désobligeants. « Des avis anonymes. On ignore s’il s’agit réellement de patients », observe l’avocat du praticien, Me  Xavier Iochum. « Impossible de dire s’il s’agit de personnes qui ont eu un différend personnel avec ce spécialiste, s’il s’agit d’un canular… » L’Est Républicain :

« Agacé, le praticien a décidé de réagir. Pour une question de principe, mais pas seulement. Ce système permet une cotation. Et il est mal noté. Il a vu une inflexion de la fréquentation de son cabinet. On pousse rarement la porte d’un restaurant mal noté. Pourquoi serait-ce différent pour un médecin ?

« Le praticien voudrait répondre, demander aux auteurs d’enlever les messages. Ils en ont le pouvoir en un clic. Mais demander à qui ? ‘’Voilà un outil qui permet de laisser des messages et de noter des spécialistes, et ceux-ci n’ont même pas la possibilité de répliquer.’’ Une demande d’effacement des messages a reçu une fin de non-recevoir du géant américain. Comme celle pour la levée de l’anonymat. »

Conduite à tenir

Face au praticien, l’avocat de Google France, Me Sébastien Proust: il se retranche derrière une jurisprudence : « Les avis qui se contentent d’exprimer le point de vue négatif d’un consommateur ou d’un patient sur un professionnel relèvent de la libre critique.  « Nous ne sommes pas d’accord avec le fait que des professionnels soient cloués ainsi au pilori, sur la place publique. Cela porte atteinte à leur exercice et à leur réputation, réplique Me  Iochum. Cet outil donne des possibilités de condamnation professionnelle sans moyen de se défendre. Cela pose un problème d’équité, de contradictoire, et pour tout dire, de comportement totalitaire. C’est dangereux pour la démocratie. »

Google a été assigné devant le tribunal de grande instance de Metz après une procédure qui ressemble à un parcours du combattant. « Il a fallu aller les chercher dans l’État du Delaware puisque Google France n’est pas hébergeur et n’est responsable de rien. Il fallait aller jusqu’au bout pour mettre un frein à ce système. Et remettre de l’ordre. »

Le Quotidien précise que ce n’est pas la première fois que des médecins s’en prennent à la multinationale de Mountain View. Jusqu’à présent, les praticiens en colère ciblaient également les patients auteurs de ces commentaires. L’UFML-Syndicat conseille de porter plainte systématiquement pour les propos diffamatoires et de « durcir le ton ». Concrètement, l’organisation propose aux médecins d’ajouter le message suivant, en forme d’avertissement aux patients, sur leur profil « Google My Business » : 

« Il vous est possible de poster des commentaires sur mon activité et le vécu de votre consultation. Face aux dérives constatées dans l’exercice de ce service, il est à préciser que tout commentaire diffamatoire à mon égard, à celui de ma profession, ou portant atteinte à mon honneur ou à ma probité entraînera le dépôt d’une plainte auprès de la juridiction compétente et la saisie immédiate de l’avocat de mon syndicat professionnel et de Google »

A demain

@jynau