Chloroquine : Donald Trump bunkerisé offre deux millions de doses au Brésil de Bolsonaro

Bonjour

01/06/2020. Qui a dit que les populistes étaient allergiques à la solidarité ? La Maison Blanche a annoncé, le jour de Pentecôte, que les Etats-Unis venaient d’envoyer au Brésil de Jair Bolsonaro deux millions de doses d’hydroxychloroquine. «Les peuples américain et brésilien sont solidaires dans la lutte contre le coronavirus. Aujourd’hui, pour preuve de cette solidarité, nous annonçons que le gouvernement américain a livré deux millions de doses d’hydroxychloroquine au peuple du Brésil, a indiqué l’exécutif américain dans un communiqué. Elle sera utilisée de manière préventive pour aider à défendre les infirmières, les médecins et les professionnels de la santé contre le virus. Elle sera aussi utilisée comme traitement pour soigner les Brésiliens infectés. »

Le même jour le président brésilien Jair Bolsonaro participait à un rassemblement avec ses partisans à Brasilia, bravant une nouvelle fois les recommandations sanitaires. Le chef de l’Etat brésilien, ouvertement contre les mesures de confinement, s’est présenté devant le palais présidentiel, saluant des dizaines de sympathisants qui scandaient : « mythe ! mythe !mythe !». L’AFP rapporte que, tout en se gardant (cette fois) de toucher les mains de ses partisans, M. Bolsonaro, entouré de ses gardes du corps, a porté deux enfants sur ses épaules. Il est par la suite monté sur un cheval de la police.

C’est là le dernier exemple des mises en scène de Jair Bolsonaro qui s’oppose à tout confinement pour protéger l’économie et fait la promotion de l’usage de l’hydroxychloroquine en dépit des dernières recommandations de l’OMS. « Nous restons très calmes et sereins, et il n’y aura aucune modification » dans nos consignes, a déclaré il y a quelques jours Mayra Pinheiro, secrétaire à la gestion du travail et à l’éducation sanitaire, lors d’une conférence de presse à Brasilia, la capitale.

Sous la pression du président Jair Bolsonaro, le ministère de la Santé du Brésil a publié il y a peu un document qui étendait les recommandations d’utilisation de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine y compris aux cas bénins de Covid-19. Avec près de 500 000 cas et 30 000 morts, le Brésil (210 millions d’habitants) est le pays le plus touché par la pandémie en Amérique latine et le deuxième dans le monde derrière les Etats-Unis (1, 8 millions de cas ; plus de 100 000 morts).

Officiellement le président Trump est toujours sous hydroxychloroquine à visée préventive. Le 31 mai il a été brièvement conduit dans un bunker souterrain de la Maison-Blanche. Ce confinement a été décidé par le Secret Service, le service de protection du président et de personnalités alors qu’une manifestation (à la suite de la mort de George Floyd) se tenait devant le lieu de résidence du président américain. D’après CNN, le président a passé un peu moins d’une heure en ces lieux, avec sa femme Melania et leur fils Barron. 

A demain @jynau

Hydroxychloroquine : mais pourquoi diable le Christ s’est-il arrêté à Marseille ?

Bonjour

31/05/2020. Jour de Pentecôte. Questions : Comment lutter contre la promesse d’un traitement miraculeux ? Comment sortir du face-à-face entre un professeur au discours de gourou et des scientifiques aux airs de rats de laboratoires ? Elles sont posées, dans Libération par le Pr. Frédéric Adnet, chef de service des urgences de l’hôpital Avicenne, chef du SAMU 93. Edifiant.

Moins bien connu du plus grand nombre que le microbiologiste de Marseille, le Pr Adnet est néanmoins apparu, ces derniers temps, dans les médias télévisés, où il sait parler haut, clairement, et fort – comme après des propos inexcusables du préfet de police Lallement sur le confinement.

Aujourd’hui, dans Libération il s’attaque à une autre montagne. Il nous confie sa découverte, via une vidéo YouTube, du Pr Didier Raoult. « Dans un cours ‘’improvisé’’, celui-ci expliquait, doctement, les éléments d’un traitement miraculeux du Covid-19 : l’hydroxychloroquinen raconte-t-il. Devant nos yeux ébahis, nous assistions, dès l’administration de ces molécules, à l’effondrement des courbes de charges virales ! Étudiée de plus près, d’un point de vue rationnel et au regard de la rigueur scientifique, la démonstration était… catastrophique. De quoi jeter sa copie au nez d’un interne négligent. Peu importe ! Le ton était donné. D’un côté, l’intuition du professeur, étayé par une communication professionnelle et un sens aigu de la vulgarisation ; de l’autre, des scientifiques, à l’expression austère, prudente, et peu enclins à se faire mettre en pièces par les réseaux sociaux. En un mot, un discours de gourou face au murmure de rats de laboratoires. »

Comment lutter contre une réponse simple à une question complexe ? Comment, en ce jour de Pentecôte, lutter contre un miracle attesté « par une multitude de scientifiques autoproclamés, des professeurs retraités à la recherche d’une ultime heure de gloire, de politiciens flairant le bon coup, faux spécialistes mais vrais communicants, avides de s’associer à une des nombreuses découvertes fracassantes sur la prise en charge de la Covid-19. » ?

On lira la tonique tribune du Pr Adnet dans Libé : « Hydroxychloroquine : le Christ s’est arrêté à Marseille ». Extraits :

« Plus fort que l’absence de méthode scientifique, il y a la méthode de persuasion, toujours la même, l’appel à des bribes d’observations plus ou moins crédibles qu’un rapide raccourci transforme en un lien de causalité pour aboutir à une conclusion logique, mais fausse, et surtout jamais soumise à une expérimentation comparative. On pourrait appeler cela un sophisme rigoureusement scientifique. (…)

« Aller vite ! Cet argument a été invoqué par le Pr Didier Raoult lors de la présentation des 1 061 patients inclus dans une recherche observationnelle. Mais pourquoi ne pas avoir inclus un groupe de patients «contrôle» obtenu par tirage au sort (randomisation) ? La comparaison des deux groupes aurait pu donner une réponse définitive. Sa réponse ? L’intuition, toujours l’intuition, encore l’intuition, tellement forte qu’elle devient force de loi scientifique ! Ne restait plus qu’à trouver LE médicament miracle…

« En médecine, cela existe, comme on l’a vu lors de la découverte de la pénicilline, mélange de hasard et de rigueur scientifique, et non due à la seule intuition ! (…) Le problème, majeur, se pose quand la seule intuition, et une communication à grand spectacle veulent tenir lieu de preuve. Et que face à un quasi divin fondé sur la croyance – «je sens, je sais, donc tu dois croire» – la médecine officielle et ses contre-pouvoirs paniquent en réagissant d’une façon tout aussi maladroite. »

Et le Pr Adnet de revenir sur le dernier et spectaculaire épisode de la série :  la publication dans The Lancet, d’une étude observationnelle rétrospective associant surmortalité et traitement par l’hydroxychloroquine.  Les auteurs soulignaient qu’il s’agissait d’une étude à bas niveau de preuve (absence de lien de causalité) et concluaient que, seule, une étude randomisée prospective pourrait répondre au lien entre hydroxychloroquine et efficacité/dangerosité dans le traitement de la Covid-19.

« Bref, l’article donnait certes une piste importante, mais ne permettait pas de trancher… résume le Pr Adnet. Peu importe ! La réponse de nos tutelles OMS et ANSM, a été immédiate et radicale : interdiction des essais sur la chloroquine ! Une réponse couperet qui n’aura évidemment comme conséquence que d’éterniser le débat et d’enraciner des théories obscurantistes ou complotistes. Ainsi, on ne pourra plus démontrer que son protocole ne marche pas, voire qu’il peut être dangereux… Un beau cadeau à la médecine fondée sur la croyance. Quelle aberration ! C’est la victoire totale du Pr Didier Raoult. »

Ainsi donc le Christ a bien fait une halte à Marseille. « La grande victime de cette spectaculaire et brutale confrontation est donc bien au final la médecine conclut l’urgentiste. Pas celle de la croyance, grande gagnante de ce spectacle, mais bien l’autre médecine, la nôtre, celle fondée sur les preuves. » 

A demain @jynau

A lire également, sur ce thème : Essais cliniques au cours de la pandémie Covid-19 : Cibles thérapeutiques, exigences méthodologiques, impératifs éthiques Académie nationale française de médecine, 29 mai 2020

Mais pourquoi diable Olivier Véran nous parle-t-il de «brigades d’anges gardiens» ?

Bonjour

03/05/2020. Olivier Véran parle beaucoup dans les médias. Parle-t-il trop ? On le retrouve aujourd’hui à la une du Parisien : il menace les Français d’un prolongement du confinement en cas de relâchement des foules d’ici le 11 mai. Hier il développait le projet de loi de prolongation (de deux mois) de l’état d’urgence – projet qui venait d’être adopté en Conseil des ministres. Avec une série de nouvelles mesures – au premier rang desquelles le « contact tracing » (sic) : un « système d’information », une méthode qui vise à identifier les chaînes de contaminations virales. Ou plus précisément à « identifier toute personne susceptible de transmettre le virus » en « répertoriant les personnes malades et les personnes contacts des personnes malades ».

Dans un discours préalable, devant l’Assemblée nationale, Édouard Philippe avait insisté sur la nécessité de casser les chaînes de transmission, en identifiant au plus vite les personnes ayant été au contact des personnes infectées. On avait alors commencé à parler de « brigades sanitaires », fortes d’environ 20 000 à 30 000 personnes chargées d’établir ces listes des « cas contacts », pour les « inviter à se faire tester ».

« Pour cela, l’article 6 du projet de loi va créer une base de données pour ces enquêtes épidémiologiques, nous explique Dalloz (Pierre Januel). Ce fichier pourra contenir des données de santé et d’identification sur les personnes infectées et celles ayant été en contact avec elles, le cas échéant sans leur consentement. Il pourra également être nourri des données de Santé publique France, de l’Assurance maladie et des Agences régionales de santé (ARS). Les services de santé et les laboratoires autorisés à réaliser les tests pourront avoir accès aux données. »

Saisir le Conseil d’Etat

Le « contact tracing » sera ainsi mis en place autour des personnes atteintes du coronavirus et de leur entourage « pour une durée maximale d’un an ». Il se fera à cinq degrés différents, a précisé Olivier Véran. Tout d’abord, le recueil des résultats des tests, lorsqu’ils sont positifs, par les laboratoires. Ensuite, ce qu’on appelle le « tracing de niveau 1 », qui sera exercé par les médecins, les professionnels de santé de premier recours, pour définir le premier cercle des cas de contacts potentiels.

Puis le « tracing de niveau 2 », organisé par l’Assurance maladie : il visera à « enrichir la liste des contacts potentiels au-delà de ce premier cercle », de « vérifier qu’aucune personne potentiellement malade n’ait pu échapper aux premiers tracings » et « donner des consignes prophylactiques aux intéressés ». Enfin le « tracing de niveau 3 » organisé comme c’est le cas depuis le début de l’épidémie, par les ARS : il s’agit d’aller identifier des chaînes de contamination, des chaînes de transmission, des « clusters ». Les ARS seront aussi « chargées de faire respecter » les consignes sanitaires.

« Les données récoltées ne le seront pas aux fins d’une application (…) il s’agit juste de permettre à l’Assurance maladie, aux ARS, aux médecins hospitaliers et en ville de pouvoir s’enrichir, ce sont les fameuses brigades dont a parlé le Premier ministre, a précisé Olivier Véran. Des brigades d’anges gardiens, parce qu’elles vont venir au contact des malades, des personnes potentiellement malades, pour assurer leur propre protection. »

Des « brigades », passe encore. Des « brigades sanitaires » incluant entre 3000 et 4000 salariés de l’Assurance maladie et renforcées par des membres de la Croix-Rouge et des Centres communaux d’action sociale, s’il le faut. Mais des « brigades d’anges gardiens »…..  formule inventée et utilisée haut et fort par un ministre de la Vème République ? L’heure est-elle venue d’enseigner aux enfants des écoles déconfinées, après le concept de paradis, l’existence de l’ « ange gardien». Soit une forme d’esprit tutélaire, inscrit dans la tradition catholique : un ange assigné à la protection du salut d’un ou de plusieurs humains. Les athées ainsi identifiés, contaminés ou pas, apprécieront comme il se doit. Saisiront-ils le Conseil d’Etat ?

A demain @jynau

Le journaliste Henri Tincq, 74 ans, grand spécialiste des questions religieuses est mort

Notre confrère et ami Henri Tincq est mort du Covid-19, à l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges, le 29 mars. Il était âgé de 74 ans. Spécialiste reconnu des «informations religieuses», il avait d’abord travaillé à La Croix avant de rejoindre Le Monde où il exerça de 1985 à 2008, puis de rejoindre Slate.

Licencié en lettres modernes, diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille et de l’Institut d’études politiques de Paris, auteur de nombreux ouvrages de référence, c’était un fin connaisseur du catholicisme et des autres cultes. Il avait présidé, de 1994 à 1999, l’Association des journalistes de l’information religieuse. C’était, en résumé, comme le rappelle aujourd’hui La Croix, «une grande plume de l’information religieuse».

On lira, dans Le Monde, sous la plume de Robert Solé, ce qu’il en fut de son parcours, de ses convictions, de ses combat. « Je garderai de lui l’image d’un modèle de journalisme: se tenant toujours humblement au plus près des faits, et en même temps capable de se mettre à bonne distance des événements, des institutions, fussent-elles aussi puissantes que le Vatican, et des hommes, pour nous livrer sans forfanterie ni excès de mise en scène des analyses éclairantes pour décrypter l’histoire au présent » écrit Jean-Marie Colombani, directeur de Slate, ancien directeur du Monde.

On ajoutera ici, pour avoir, avec quelques confrères, appris à le connaître, depuis Le Monde de la rue des Italiens jusqu’à la rue Sainte-Anne de Slate, qu’Henri Tincq n’était pas que cet infatigable et incollable «rubricard religions» qu’il aimait tant montrer. Ce confrère était, en vérité, pleinement animé par la passion du journalisme intégral, la passion de la pédagogie, de la traduction, de la transmission. Voir de ses propres yeux, rapporter au mieux, partager toujours. Et ce qu’il s’agisse des vertus, indépassables à ses yeux, de son Racing Club de Lens natal, du football en général, de la vie et de l’œuvre de Jean-Marie Lustiger ou des impasses mortelles auxquelles conduisent, au nom de tel ou tel dieu, les nouvelles formes d’intégrismes et de radicalisations.

La vérité, aussi, est que «Monseigneur» (l’un de ses surnoms de la rue des Italiens où l’on se moquait volontiers du «sabre et du goupillon») pouvait être un adorable camarade de reportage doublé d’un caractère parfois ombrageux. Pour avoir, avec lui, interviewé plusieurs hauts responsables religieux sur les questions relatives à l’éthique médicale, nous gardons le souvenir d’une rigueur sans faille, de colères rentrées, d’une volonté acharnée de débattre pour coûte que coûte, l’emporter sur le terrain de la foi et des idées.

Les nouvelles équations auxquelles sont aujourd’hui confrontées les religions

Et nous gardons aussi le souvenir d’un immense appétit: chercher sans cesse à comprendre ce qu’il ne maîtrisait pas. S’informer sur les avancées continuelles de la médecine quand cette dernière s’approche dangereusement de la religion –qu’il s’agisse de la conception in vitro des êtres humains ou de leur disparition. Nous gardons ainsi le souvenir de dizaines d’heures passées à débattre des responsabilités du Vatican dans le maintien de ses interdits définitifs sur l’usage du préservatif, alors même que progressait l’épidémie de sida.

D’innombrables échanges, encore, sur les avis les plus pointus du Comité national consultatif d’éthique, sur les conséquences de la procréation médicalement assistée et de son extension annoncée «à toutes les femmes», ou sur celle du développement de la pratique marchande de la «gestation pour autrui». Sur les insuffisances criantes des soins palliatifs en France ou sur la tragique affaire Vincent Lambert.

Il s’agissait alors, à ses yeux, de bien saisir tous les paramètres des nouvelles équations auxquelles sont aujourd’hui confrontées les religions –la catholique au tout premier chef. Puis il lui fallut, plus récemment, parvenir à prendre la pleine mesure, les raisons et les conséquences du séisme que traverse cette Église confrontée aux scandales de pédophilie.

On peut, pour prendre la mesure de ce qui fut pour lui, une forme de chemin de croix, relire l’attaque de son dernier papier pour Slate: «On a beau dérouler, comme je le fais en journaliste depuis vingt ans, le tapis malodorant des agressions sexuelles dans l’Église, je me disais, en apprenant la nouvelle ce samedi 22 février: pas lui, pas ça! Pas Jean Vanier, sanctifié de son vivant, enterré il y a moins d’un an dans les odeurs d’encens, célébré en France comme au Canada, dont le père fut gouverneur général à Paris.»

Un papier où ce grand pudique osait ainsi, publiquement, se confier sur ce douloureux affrontement avec une réalité insupportable trop longtemps et trop bien cachée. Nous garderons en mémoire, aussi, cette confidence.

A demain @jynau

Covid-19 : les soignants des Ehpad pourront-ils tous respecter leur «devoir d’humanité»?

Bonjour

28/03/2030. Voici un texte majeur qui dit l’urgence et la gravité croissante de la situation que nous traversons. Un texte qui interpelle pour mieux dire ce qui est peut-être, ici et là, une tragique réalité. Signé de l’Académie nationale de médecine, daté du 27 mars, il est intitulé « Permettre auxmédecins et aux soignants d’exercer leur mission en accord avec leur devoir d’humanité ». Comment faire autrement que de le publier :

« La fulgurance de la crise sanitaire due au Covid 19 a créé une rupture d’équilibre entre les besoins des patients et les ressources en personnels, produits et matériels disponibles. Le manque de moyens se fait ressentir avec une acuité particulière dans les structures qui accueillent les personnes âgées et dépendantes.  Dans les établissements qui les hébergent, ces personnes pâtissent d’un isolement accru, et les personnels de santé souffrent de ne pouvoir honorer les valeurs qui les animent, faute de bénéficier des conditions de soin requises. Pour les familles, l’annonce du décès d’un proche est d’autant plus traumatisante qu’elle s’accompagne de mesures d’hygiène sanitaire qui transgressent leur droit fondamental au recueillement. 

Face à ce constat très grave, l’Académie considère comme une urgence de pourvoir les établissements de personnes âgées en masques et en tests de dépistage, autant à destination des patients que des personnels et ce dès les premiers symptômes. 

La visite d’accompagnants devrait être autorisée lorsque le glissement rapide de l’état de santé du résident survient suite à la rupture relationnelle, à la condition du strict respect des mesures barrières.  

L’Académie en appelle à la création de lits dans les établissements de moyen séjour/soins de suites, permettant le transfert des résidents testés positifs. 
Les personnels en place devraient également bénéficier de moyens humains en renfort afin de pouvoir pratiquer des soins en accord avec les textes qui garantissent le respect du consentement éclairé des personnes et la procédure collégiale.  

Le sort d’une vie demande un instant de réflexion qui ne peut être le fait d’un seul. 

L’Académie rappelle par ailleurs qu’une décision médicale ne peut dépendre de la seule lecture de scores de prédiction dont l’application automatique serait inhumaine, voire arbitraire puisque variable en fonction de diverses spécialités. Les scores apportent un éclairage utile et nécessaire, mais qui ne saurait être exclusif sauf à substituer la froideur d’un protocole à l’analyse clinique et humaine de chaque situation.

S’agissant de la décision de ne pas transférer dans un établissement de recours ou en réanimation, l’Académie souligne qu’elle doit être assortie des alternatives de soin et d’accompagnement, avec le soutien des équipes mobiles de gériatrie et de soins palliatifs et des acteurs associatifs.

Un temps d’accompagnement religieux ou spirituel doit être aménagé en cas de volonté exprimée par le patient ou ses proches. Un soutien psychologique par un professionnel peut s’avérer nécessaire, en complément de l’écoute empathique et des sentiments d’humanité que le médecin se doit de manifester auprès du patient et de ses proches. »

Nous sommes le 28 mars 2020. On annonce, dans la journée, une longue conférence de presse pédagogique du Premier ministre Edouard Philippe et d’Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé. Comment ne pas espérer que ces deux représentants du pouvoir exécutif abordent l’ensemble des questions soulevées ici par l’Académie nationale de médecine ?

A demain @jynau

NB En France, fin 2015, 728 000 personnes fréquentaient un établissement d’hébergement pour personnes âgées ou y vivaient, soit 10 % des personnes âgées de 75 ans ou plus et un tiers de celles âgées de 90 ans ou plus. Huit sur dix étaient accueillies en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Les résidents étaient de plus en plus âgés : la moitié avait plus de 87 ans et 5 mois, contre 86 ans et 5 mois fin 2011 (Source Insee)

Covid-19 : comment expliquer le cluster des huit religieuses du Jardin de la France ?

Bonjour

Que se passe-t-il « sur le terrain » ? C’est une information datée du vendredi 13 mars 2020 diffusée par La Nouvelle République (Vanina Le Gall). Le bilan des cas de contamination au coronavirus-Covid 19 ne cesse de progresser dans la région Centre-Val de Loire et le département d’Indre-et-Loire.  On compte désormais 13 cas  dans le département, trente dans la région.

Où l’on apprend que huit religieuses de la communauté des Soeurs de Marie Réconciliatrice, basée à Rochecorbon, non loin de Tours, sont contaminées par le Covid 19. Six  religieuses sont confinées et deux âgées de plus de 80 ans hospitalisées au CHRU de Tours confirme le diocèse de Tours. Le premier cas de contamination averée a été établi mercredi 11 mars. Le lendemain,  il en était en de même pour les sept autres religieuses qui vivent dans cette communauté. 

« On ne sait pas comment elles ont été contaminées. Mais visiblement, le virus est bien rentré indique l’Agence régionale de santé (ARS) qui précise qu’une enquête épidémiologique est en cours. « Comment s’organisent ces religieuses, pour la plupart « âgées et particulièrement vulnérables  » » Jointe par La Nouvelle République, la communauté installée à Rochecorbon n’a pas souhaité réagir – indiquant seulement  : « On vit, on se débrouille bien pour l’instant « . 

De quoi entraîner une chute de la fréquentation dans les églises ? La limitation des déplacements pourrait avoir un impact. Pas d’inquiètude cependant du côté du Diocèse qui dès la fin du mois de février avait diffusé des précautions à l’attention des prêtres des paroisses du diocèse. Dès lors, comment comprendre ?

A demain @jynau

L’Italie pourra-t-elle maintenir jusqu’au mois d’avril le confinement de l’ensemble du pays ?

Bonjour

10/03/2020. Le bilan mondial des décès dus au nouveau coronavirus a dépassé la barre des 4 000 et on recense désormais plus de 114 000 personnes dans plus de 100 pays et territoires. Toute l’Union européenne est désormais directement touchée, avec l’annonce de deux premiers cas à Chypre. L’Allemagne a annoncé ses deux premiers décès. L’Europe a passé lundi le cap des 15 000 cas et des 500 morts.

Dans ce contexte l’Italie (60 millions d’habitants, plus de 9 000 cas, 463 décès) vient de franchir une nouvelle étape. Le gouvernement italien a décidé le 9 mars, par voie de décret, d’étendre à l’ensemble du territoire les mesures exceptionnelles de confinement qui ne s’appliquaient jusqu’alors qu’au nord du pays. En pratique Rome a décidé de limiter strictement les déplacements de tous les Italiens, et d’interdire tout rassemblement. L’Italie, résume l’AFP, devient ainsi le premier pays dans le monde à généraliser des mesures aussi draconiennes. Mesures valables, pour l’heure, jusqu’au 3 avril.

« Il n’y a plus de temps à perdre », a déclaré Guiseppe Conte, Premier ministre italien. Il a appelé tous les habitants à « éviter les déplacements » sur le territoire national et ordonné une « interdiction de rassemblement ». « Je vais signer un décret que l’on peut résumer ainsi : “Je reste chez moi”. Il n’y aura plus de “zone rouge dans la Péninsule” (…). L’Italie tout entière deviendra une zone protégée », a-t-il affirmé, sur un ton grave selon les observateurs, lors d’un point presse au siège du gouvernement.

Ne sont désormais possibles que les mouvements répondant à des « impératifs professionnels dûment vérifiés et à des situations d’urgence, pour des raisons de santé ». Les personnes présentant des symptômes d’affection respiratoire et de la fièvre « sont fortement incitées à rester chez elles et limiter au maximum tout contact social, y compris avec leur médecin traitant ». Dans ce contexte, et pour éviter les déplacements à caractère professionnel, les entreprises (publiques et privées) sont invitées à mettre leur personnel en congé. Reste les innombrables difficultés d’application d’une telle mesure – ainsi n’est-il pas prévu « de limiter les transports publics, afin de garantir la continuité » de l’activité économique « et de permettre aux gens d’aller travailler », a précisé le Premier ministre.

Les cérémonies religieuses (mariages, baptêmes, funérailles) sont interdites

« Les piscines, salles de sport, thermes, centres culturels et centres de bien-être doivent suspendre leurs activités. Le gouvernement avait déjà ordonné la fermeture des cinémas, des théâtres et des musées et les magasins et restaurants avaient reçu pour consigne de faire respecter une distance de sécurité d’au moins un mètre entre leurs clients. A compter de mardi, tous les restaurants et bars devront tirer le rideau à 18 heures, résume Le Monde, avec Reuters et l’AFP. Initialement prévue jusqu’au 15 mars, la fermeture des écoles et des universités restera en vigueur jusqu’au 3 avril, et tous les concours sont suspendus. Les lieux de culte restent ouverts, à condition de permettre le respect de la distance de sécurité d’au moins un mètre, mais les cérémonies religieuses (mariages, baptêmes, funérailles) sont interdites. »

Le décret gouvernemental précise également, décision sociétale majeure, que sont annulés tous les événements sportifs, « de tout niveau et toute discipline ». « Il n’y a pas de raison pour que se poursuivent les matchs et les manifestations sportives et je pense au championnat de football. Je suis désolé mais tous les tifosis doivent en prendre acte », a déclaré M. Conte. Seule clémence gouvernementale : le décret prévoit la possibilité d’organiser à huis clos des matchs dépendant d’instances internationales, ce qui est le cas de la Ligue des champions et de la Ligue Europa. Ainsi, le match de C1 Juventus-Lyon est-il (pour l’instant) toujours programmé le mardi 17 mars à Turin.

« Ni les statuts de la fédération ni ceux de la Ligue ne prévoient le cas d’un championnat interrompu en cours de saison et plusieurs observateurs et médias italiens imaginent un report ou une annulation de l’Euro-2020 comme seule possibilité de boucler la Serie A, résume Le Monde. Un championnat qui a résisté à tout, ou presque. En 1973, l’épidémie de choléra qui avait fait 227 morts dans le pays, dont plus de 170 à Naples, n’avait ainsi pas stoppé le Calcio. Seules les deux guerres mondiales l’avaient arrêté. »

C’est ainsi : le football, l’Italie et ses tifosis nous disent, aujourd’hui, dans quelle situation nous sommes. L’Italie est le premier pays démocratique à prendre des mesures aussi drastiques face à une menace épidémique. L’Italie tiendra-t-elle jusqu’au 3 avril ?

A demain @jynau

NB Lutaud B, « Coronavirus : pourquoi y a-t-il autant de cas et de décès en Italie ? » Le Figaro, 10 mars 2020

Coronavirus : pape François peut-il réduire les risques viraux en se montrant priant par vidéo ?

Bonjour

Savoir garder raison. Non, il n’apparaîtra pas, pour les fidèles, à la fenêtre qui surplombe la place Saint-Pierre. C’est officiel : le pape François  prononcera sa traditionnelle prière de l’Angélus enfermé adns sa bibliothèque, dimanche 8 mars. Elle sera retransmise en direct en vidéo, a annoncé samedi le Vatican. Objectif avoué : « éviter les risques de diffusion ». Communiqué :

« La prière de l’Angélus du Saint-Père aura lieu dans la bibliothèque du Palais apostolique et non sur la place Saint-Pierre depuis la fenêtre. La prière sera retransmise en vidéo en direct sur la chaîne Vatican News et sur des écrans sur la place Saint-Pierre de manière à permettre aux fidèles de participer. Cette décision a été rendue nécessaire pour éviter les risques de diffusion du Covid-19 liés à la formation de rassemblements au cours des contrôles pour l’accès à la place Saint-Pierre ».

Mêmes risques, mêmes effets : l’audience hebdomadaire papale de mercredi, « se déroulera dans les mêmes conditions ».

Le Sabre et le Goupillon

Rappelons que l’Angélus dominicale et l’audience du mercredi constituent une attraction de choix pour les pèlerins et touristes venant à Rome et désireux de voir le pape en chair et en os. La volonté papale de réduire les risques infectieux se fonde sur l’hypothèse d’une réduction des effectifs des fidèles. Mais alors, pourquoi des écrans sur la place Saint-Pierre ?

La Cité du Vatican, le plus petit Etat du monde, vient d’annoncer son premier cas de coronavirus. Il y a quelques jours encore, l’état de santé du pape François avait mis en émoi une partie de la communauté chrétienne, craignant une possible contamination. Il ne s’agissait en réalité, officiellement, que d’un rhume passager. « Le Vatican étant enclavé dans Rome l’annonce du premier cas a suscité de nouvelles craintes relatives à la propagation du virus dans la capitale, observe Slate.fr.  La plupart des employé·es du Vatican vivent à Rome, et la frontière est naturellement le lieu de nombreux allers-retours entre la Cité-État et la capitale italienne. »

Après le goupillon, le sabre. A Paris, quelques heures après la vidéo papale un nouveau Conseil de défense se tiendra autour du chef de l’État, chef des armées. «Il s’agit de faire un point de situation. Le président reste très concentré sur la gestion de la crise, a expliqué à l’AFP l’entourage d’Emmanuel Macron. Il faut rassurer et protéger, dans la transparence et toujours nourri de l’expertise de la Direction générale de la Santé. »  Transparence. Rassurer. Protéger.

A demain @jynau

Coronavirus à Bethléem : «L’Armée israélienne, en accord avec l’Autorité palestinienne (…)»

Bonjour

07/03/2020. Officiel : Ce samedi 7 mars 2020, d’après les dernières données validées, on dénombre, en France, 716 cas confirmés. Deux décès supplémentaires ont été confirmés, en Hauts-de-France et en Normandie, portant désormais à onze le nombre de personnes décédées.

Les fidèles, innombrables, de la théorie du complot en feront leur miel : il y eut ce prêtre revenu de Rome qui, contaminé, conduisit Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, a prendre des mesures drastiques au sein des Eglises et durant les offices. Fin du serrage des mains et bénitiers vidés d’autorité. Puis la France découvrit le « cluster de Mulhouse » centré sur une église évangélique dont les autorités sanitaires laïques mesurent jour après jour la puissance disséminatrice sur le territoire national.

Vint ensuite la première contamination au sein du Vatican et les interrogations récurrentes sur la santé de Pape François (lire « Le Coronavirus au Vatican » –Slate.fr). Comme une traînée de poudre remontant l’histoire voici, aujourd’hui Béthléem où depuis quelques heures « l’entrée et la sortie de touristes » est interdite. Bethléem, principale ville touristique dans les Territoires palestiniens qui souffre de la découverte de seize cas de coronavirus en Cisjordanie, où l’état d’urgence sanitaire a été déclaré.

Selon un journaliste de l’AFP présent sur place, une vingtaine de cars de touristes sont restés bloqués plusieurs heures au check-point à l’entrée de Bethléem, ville où se trouve la basilique de la Nativité et située à moins d’une dizaine de kilomètres de Jérusalem. D’autres touristes, présents dans la ville palestinienne et pris de court par l’interdiction d’entrée et de sortie, cherchaient à en sortir pour rejoindre Jérusalem en contournant le barrage militaire, ont rapporté des témoins.

« Je confirme que les bus de touristes ne peuvent plus entrer à Bethléem, a déclaré à l’AFP Micky Rosenfeld, porte-parole de la police israélienne, qui contrôle ce point d’entrée à l’entrée de Bethléem. A la suite de découverte de coronavirus à Bethléem, une décision a été prise hier par le ministère israélien de la Défense en coordination avec l’Autorité palestinienne pour empêcher tout mouvement vers (et depuis) cette ville par les touristes et les habitants. »

Selon le bilan dressé par la ministre de la Santé Mai al-Kaila et l’agence palestinienne Wafa, neuf des seize personnes qui ont contracté le nouveau coronavirus en Cisjordanie  sont localisées dans la ville de Bethléem. Les autorités palestiniennes avaient décrété l’état d’urgence sanitaire de 30 jours, la fermeture de la basilique de la Nativité et l’interdiction pendant deux semaines des séjours de touristes dans ce territoire occupé par Israël.

« Des personnes contaminées ont visité la basilique » de la Nativité, a indiqué à l’AFP le Père Asbed Balian, de l’Eglise arménienne, qui gère en partie cette église, l’une des plus vieilles et les plus connues au monde « érigée sur le lieu de naissance de Jésus selon la tradition chrétienne ».

L‘esplanade entourant la Kaaba, au coeur de la Grande mosquée de La Mecque, est vide

 Le virus ne connaissant ni les frontières ni les occupations de territoire, côté israélien, vingt-et-un cas du nouveau coronavirus ont à ce jour été confirmés – ce qui a conduit les autorités à interdire dès le 6 mars l’entrée dans le pays –sauf rares exceptions– aux voyageurs en provenance de nombreux pays asiatiques et européens, notamment la France et l’Allemagne. Dès la veille la compagnie aérienne allemande Lufthansa avait annoncé l’annulation de tous ses vols à destination d’Israël. Les vols de la compagnie israélienne El Al en provenance de Zurich, Barcelone et Berlin ont aussi été annulés, ainsi que les trois vols d’Air France en provenance de Paris, et les vols des compagnies américaines United Airlines et Delta au départ de France et d’Allemagne.

Les fidèles de la théorie du complot doivent aussi savoir que, de même que les frontières, le virus ne fait guère de distinction entre les religions. Ainsi l’esplanade entourant la Kaaba, lieu le plus saint de l’islam situé au coeur de la Grande mosquée de La Mecque, est vide depuis le  jeudi 5 mars après avoir été désertée par les fidèles suite à la décision des autorités saoudiennes de la fermer «temporairement».   

Le royaume avait déjà décidé cette semaine de suspendre «temporairement» la Omra, le petit pèlerinage que les fidèles peuvent effectuer à tout moment de l’année, dans les villes saintes de La Mecque et Médine. Les fidèles étaient néanmoins toujours autorisés à s’y rendre pour leurs prières quotidiennes. Ces décisions sont intervenues dans le cadre des mesures prises dans les pays du Golfe, qui ont annulé plusieurs rassemblements, festivals ou événements sportifs. Les chaînes de télévision saoudiennes et des internautes ont diffusé des images d’un sol blanc immaculé autour de la Kaaba, structure cubique drapée dans une étoffe noire brodée d’or, un lieu généralement noir de fidèles.

Aujourd’hui 7 mars 2020  les autorités iraniennes ont fait état de vingt-et-un nouveaux décès dus au nouveau coronavirus et de 1076 cas d’infection détectés au cours des dernières 24 heures portant, officiellement, à 145 le nombre de morts et à 5823 celui des personnes contaminées dans le pays.

A demain @jynau

Coronavirus : l’Assemblée nationale est désormais directement touchée par l’épidémie

Bonjour

Emmanuel Macron le savait-il quand il a étrangement qualifié d’«inexorable » l’avancé, en en France, du nouveau coronavirus  ? Même question pour Christophe Castaner assurant qu’en l’état des informations dont il disposait les prochaines élections municipales ne seraient pas reportées ? Jamais on n’aurait pu imaginer, sauf pour une série télévisée, un tel scénario épidémique. Car voici que le sujet concerne directement l’assemblée nationale et, potentiellement, le gouvernement.

Jean-Luc Reitzer, 68 ans, député (LR, Haut-Rhin) est actuellement hospitalisé en réanimation à Mulhouse, souffrant de l’infection coranovirale. L’information a d’abord été donnée dans la soirée du Journal du Dimanche :  

« Son état est jugé « sérieux », assure au JDD un membre des Républicains. Un député LR d’Alsace, présentant des signes de contamination au coronavirus a été hospitalisé. Il est actuellement en réanimation et souffre de « difficultés respiratoires », ont indiqué des sources proches de la direction du parti et de l’Assemblée nationale. Les symptômes sont les mêmes que la maladie à coronavirus et cet élu a été en contact avec des personnes infectées à Mulhouse (Haut-Rhin). »

Dans un communiqué vers , Richard Ferrand, le président de l’Assemblée, a confirmé que l’élu était bien infecté. Par ailleurs, il explique qu’un salarié du Palais Bourbon travaillant à la célèbre buvette de l’Assemblée nationale est également contaminé et qu’un autre est soupçonné d’avoir contracté l’infection. « Le salarié infecté, travaillant à la buvette des députés, est confiné à domicile, précise Richard Ferrand. Le salarié en suspicion d’infection, travaillant au restaurant des députés est hospitalisé. L’ensemble des parlementaires et personnels ont été informés de la situation ce soir ainsi que de la conduite à tenir. La buvette des députés et le restaurant du 101 rue de l’Université seront fermés demain. »

Dans un message envoyé aux parlementaires et que l’Agence France-Presse a pu consulter Richard Ferrand explique que « les députés ou les personnels » avec lesquels le député « a été en contact rapproché à l’Assemblée nationale dans la semaine du 24 au 28 février en ont été prévenus dès ce jeudi soir ». Un bureau de l’Assemblée nationale exceptionnel, consacré au coronavirus et aux dispositions de prévention et de gestion de crise mises en œuvre au sein de l’institution, avait été convoqué par son président Richard Ferrand.

Se pose, dès aujourd’hui, la question des modalités (et de l’ampleur) de l’enquête sur les « chaînes de contamination ». Jusqu’où dépistera-t-on ? Et que se passera-t-il en cas de mise en isolement ? Jean-Luc Reitzer  était présent en séance ces derniers jours lors du débat sur la réforme des retraites et on le dit « très assidu » en commission. On sait aussi que soixante-quatorze cas de coronavirus ont été confirmés dans le Haut-Rhin et dix dans le Bas-Rhin jeudi. Le foyer de contamination est, lui, parfaitement localisé : le rassemblement d’une église évangélique de Mulhouse, « La Porte ouverte chrétienne ,  entre le 17 et le 24 février.

Où certains ne manqueront pas de percevoir une de connexion, virale, entre le religieux et le politique. Sans doute Emmanuel Macron le pressentait-il quand il a, étrangement, parlé de processus «inexorable » ?

A demain @jynau