Tweeter ou ne pas tweeter pour qualifier l’inqualifiable série d’attentats au Sri Lanka ?

Bonjour

Tweeter ? Dimanche de Pâques. Au moins 158 personnes ont été tuées et plus de 400 ont été blessées, aujourd’hui, au Sri Lanka, dans une série d’attentats. Visés : trois hôtels de luxe et trois églises où les fidèles assistaient à la messe pascale. Aucune revendication n’a encore été faite pour cette vague d’attaques d’une violence que l’île n’avait pas connue depuis la fin de la guerre civile, il y a une décennie. Le bilan, communiqué par différentes sources policières, est provisoire et devrait encore évoluer – on dénombre des dizaines de blessés dans un état critique dans tous les lieux touchés.

Comment, aujourd’hui, les grands de ce monde pourraient-ils en parler en urgence sans tweeter ? Au Vatican, après sa bénédiction urbi et orbi au Vatican, le pape François s’est exprimé à l’ancienne :

« J’ai appris avec tristesse la nouvelle des graves attentats, qui précisément aujourd’hui, jour de Pâques, ont porté deuil et douleur dans plusieurs églises et autres lieux de réunion au Sri Lanka. Je désire exprimer ma proximité affectueuse à la communauté chrétienne, touchée pendant qu’elle était recueillie et en prière, et à toutes les victimes d’une si cruelle violence. Je confie au Seigneur ceux qui ont tragiquement disparu et je prie pour les blessés et tous ceux qui souffrent à cause de cet événement dramatique. »

En France le président Emmanuel Macron, a quant à lui fait part de sa « profonde tristesse ». « Nous condamnons fermement ces actes odieux, a écrit le chef de l’Etat sur Twitter.Toute notre solidarité avec le peuple sri lankais et nos pensées pour tous les proches des victimes en ce jour de Pâques. »

« Odieux » : qui suscite la haine, l’indignation, le dégoût.

Tweeter et la haine. Vaste sujet.

En plus d’un couvre-feu illimité sur l’ensemble de l’île, le gouvernement du Sri Lanka a aussitôt décrété le blocage temporaire « les plateformes de réseaux sociaux ». Officiellement, il s’agit « d’empêcher la propagation d’informations incorrectes et fausses. Ceci est seulement une mesure temporaire »a dit la présidence dans un communiqué.

Quelques heures après les attentats, Facebook et Whatsapp, tout comme Twitter, étaient bloqués ou ralentis. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement sri-lankais décide de bloquer l’accès à Facebook.  En mars 2018 des militants de ce pays ravagé par près de trois décennies de guerre civile avaient, en vain, alerté Facebook au sujet de plusieurs messages haineux contre la minorité musulmane, en vain.

« En 2012, Facebook avait déjà servi de véhicule à la propagation de la haine sur l’île, contribuant à des émeutes entre bouddhistes et musulmans qui avaient causé la mort, officiellement, de plus de deux cents personnes, rappelle l’AFP. La page Facebook du moine bouddhiste islamophobe (sic) Ashin Wirathua a été supprimée en février 2018 mais un certain nombre d’associations pointaient encore récemment l’instrumentalisation répétée du réseau social. Tweeter ?

A demain

@jynau

 

L’affaire du professeur réputé du CHU d’Angers poursuivi pour des «propositions appuyées»

Bonjour

En d’autres temps le presse régionale catholique aurait tu son nom avant le procès. Aurait ignoré, méprisé, les rumeurs de la ville. #Metoo ou pas, tel n’est plus le cas. L’affaire dépasse déjà la ville d’Angers. « Des dizaines de SMS, des propositions appuyées et des cadeaux déposés dans la boîte à lettres de sa victime – une jeune secrétaire du CHU d’Angers –, le Pr Abdel-Rahmene Azzouzi vient de recevoir une convocation à comparaître devant le tribunal correctionnel d’Angers le 14 juin » rapporte le correspondant du Monde, Yves Tréca-Durand, dans la cité du Roi René.

Ce médecin de réputation internationale (« un des experts internationaux des traitements focaux du cancer de la prostate localisé avec la plus grande expérience dans le domaine de la photothérapie dynamique. Il participe également activement à la mise en place de nouvelles méthodes permettant des biopsies ciblées pour le diagnostic du cancer de la prostate à un stade précoce» précise le CHU de la ville) est par ailleurs un ancien élu municipal d’Angers. Il est poursuivi pour harcèlement sexuel, avec circonstance aggravante : il aurait abusé de l’autorité que lui conférait sa fonction de médecin et de chef de service. Il devra également s’expliquer sur une accusation de détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel (en l’occurrence le dossier médical de la victime) – un délit passible selon le code pénal de cinq ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende.

La directrice du CHU d’Angers avait été alertée en juin 2018 par la victime qui réclamait une protection de l’établissement. Le procureur de la République de la ville avait alors ouvert une enquête conduisant rapidement à la garde à vue du médecin. Ce dernier avait reconnu l’envoi « de dizaines de SMS » et de cadeaux (« des chocolats, des bonbons et un DVD du film A bras ouverts » précise Le Monde), mais assuré qu’il n’avait « jamais eu de geste déplacé ni fait d’allusion sexuelle ».

Corticoïdes et abaissement des standards moraux

Mais le Pr Abdel-Rahmene Azzouzi avait aussi invoqué pour sa défense la prise d’un traitement à base de corticoïdes qui aurait altéré son discernement et « abaissé ses standards moraux » (sic). Il avait, par ailleurs, parlé de « cabale » ourdie par des collègues jaloux – allant jusqu’à dénoncer un racisme latent au sein du CHU.

L’affaire s’enrichit et se complique du fait que le Pr Azzouzi s’est déjà fait connaître pour ses prises de position en faveur de l’islam de France – notamment dans ses écrits publiées dans Le Monde des religions (voir Le Quotidien du Médecin). Il a aussi longtemps soutenu Tariq Ramadan, dit Le Monde, jusqu’à ce que ce dernier fasse l’objet d’accusations de viol par plusieurs jeunes femmes. L’urologue a d’ailleurs choisi pour le défendre Me Samim Bolaky, qui a lui aussi pris publiquement la défense de l’islamologue suisse :

« Ce dossier ne méritait pas d’aller en correctionnelle. Certains éléments de cette convocation sont scandaleux. M. Azzouzi a souligné la plastique exceptionnelle de la partie civile, lui a envoyé des SMS, s’est rendu à son domicile pour déposer des cadeaux dans sa boîte à lettres et lui a proposé de sortir. Le parquet entend démontrer le harcèlement sexuel mais ce n’est pas ça. C’est de la drague, maladroite peut-être, mais rien de plus, rien de moins. On est dans une ère où, à coups de lois, on essaie de crisper les relations hommes-femmes, de criminaliser le fait pour un homme de vouloir séduire une femme. L’intention de harceler sexuellement n’a jamais habité M. Azzouzi. »

La poursuite de la pratique de la médecine ? Le CHU d’Angers indique que le Pr Azzouzi « est toujours suspendu de sa chefferie de service par mesure conservatoire » mais qu’il « continue à assurer son activité médicale » tant que la justice ne s’est pas prononcée. Et ajoute « qu’il reviendra ensuite au Conseil de l’Ordre et au Centre national de gestion des carrières de décider des suites professionnelles éventuelles ».

A demain

@jynau

 

Non, Emmanuel Macron n’a toujours pas demandé à Agnès Buzyn de quitter le ministère de la Santé

Bonjour

Ainsi donc les leçons données par la maire Martine Aubry aux ministres de la Justice et de la Santé ont-elles porté. Et Gilles Le Gendre, patron des députés macroniens qui jugeait que la presse ne devait pas s’y intéresser n’aura guère été écouté. Plusieurs représentants du gouvernement ont pris la chose très au sérieux.

C’est d’abord Nicole Belloubet qui est revenue sur cette séquence de savoir-vivre républicain. Lundi 26 février la ministre de la Justice a indiqué qu’elle ne voulait «pas polémiquer» avec Martine Aubry. «J’ai trop de respect pour les élus, en particulier pour elle, au regard du travail qu’elle a fait pour notre pays», a-t-elle déclaré à BFM TV, en assurant que la maire de Lille avait été prévenue «et qu’elle avait même fait savoir qu’elle viendrait».

Puis, le même jour, Gabriel Attal, jeune secrétaire d’État à la Jeunesse. «On a le droit d’être un peu agacé si un mail est parti trop tard, mais je pense qu’il faut aussi être un peu mesuré de temps en temps», a-t-il déclaré sur Europe 1. Et, sans élégance, de regretter le «côté madame ronchonne et toujours à se plaindre» de Martine Aubry. Puis, non sans mesquinerie : «Est-ce qu’on l’a entendu se réjouir lorsque la mairie de Lille a vu sa dotation de l’Etat augmenter d’un million d’euros en 2018, d’un million d’euros en 2019 alors qu’elle n’a pas arrêté de baisser sous François Hollande?».

« Hijab de course » français

 Aujourd’hui c’est Agnès Buzyn qui, sur RTL (Elisabeth Martichoux), monte au front et dégaine :

« Nous avons vérifié. Evidemment elle avait été prévenue une semaine avant. Je suis triste que cet événement … enfin cet incident … n’ait pas permis de parler du sujet de la visite avec l’ouverture d’un centre de recherche dédié à la prise en charge des victimes de psycho-traumatismes, victimes d’attentats, victimes de violences sexuelles ou victime d’événements traumatiques. (…) »

Et , sur la-première-radio-de-France, la ministre des Solidarités et de la Santé d’être interrogée au-delà de son champ ministériel de compétence.

. Sur les prochaines élections européennes, va -t-on rejouer le duel Macron-Le Pen de la présidentielle de 2017 ? Réponse : « Possiblement mais les enjeux ne sont pas les mêmes. »

. Sur la firme Décathlon qui va commercialiser un « hijab de course » : « C’est légal mais c’est une vision de la femme que je ne partage pas. J’aurais préféré qu’une marque française ne promeuve pas le voile. »

. Sur son départ imminent du gouvernement pour participer comme tête de liste aux élections européennes : « Emmanuel Macron ne me l’a pas demandé. J’ai de très belles lois à porter. Les noms qui circulent dans la presse sont des spéculations. Je n’y réfléchis même pas. »

. Sur Marine Le Pen qui aurait ou non porté plainte contre elle après ses récentes déclarations :« Je ne veux pas polémiquer. Je ne pense pas que Mme Le Pen elle-même ait des choses à se reprocher sur l’antisémitisme, je ne le sais pas. En tout cas elle n’a jamais prononcé de mots, de dérapages, comme son père (…) J’avais en tête des photos. »

Oxygéner le monde hospitalier 

Enfin, retour dans le « champ de compétences » : « pour la première fois, nous allons augmenter les tarifs hospitaliers ». Une « décision historique ».  Ces tarifs vont augmenter de 0,5%. « Cela va aboutir à 250 millions d’euros supplémentaires pour l’activité de médecine de chirurgie et obstétrique et de 100 millions supplémentaires sur la psychiatrie. Au total, cette année l’hôpital verra son budget passer de 80 milliards d’euros à 82 milliards d’euros ».

Cette somme va « arrêter de mettre une pression sur les professionnels (…) Cet étau permanent sur l’hôpital va pouvoir être desserré cette année. C’est une façon de reconnaître les efforts qui ont été faits à l’hôpital pour améliorer la rentabilité et de commencer cette transformation du système de santé en réorganisant la médecine de ville et en permettant aux hôpitaux de se restructurer ».

De belles lois à porter. L’Europe ? Ne pas y penser.

A demain

@jynau

1 Marine Le Pen a annoncé dimanche 17 février son intention de poursuivre Agnès Buzyn en justice après les propos de la ministre de la Santé à son encontre, qu’elle juge « injurieux ». Peu de temps avant, sur LCI, la ministre de la Santé avait indiqué : « Elle (Marine Le Pen) est contre l’antisémitisme, mais elle a plein de néo-nazis dans son entourage » et « dès qu’elle peut aller en Autriche ou à Bruxelles rejoindre les néo-nazis et mouvements d’extrême droite d’Europe et du monde entier, elle y court ». Et de conclure : « Elle mange à tous les râteliers. C’est ce que j’ai à dire aujourd’hui ».

Pédophilie au sein de l’Eglise : l’incompréhensible mea culpa prononcé par Mgr Pontier

Bonjour

La une et cinq pages : c’est en majesté que notre quotidien dominical traite de la pédophilie dans l’Eglise. Tout, il est vrai converge pour l’évoquer. Un film primé à Berlin et objet de polémique juridique (« Grâce à Dieu » de François Ozon). Un livre-enquête  choc à paraître, signé de notre confrère Frédéric Martel (« Sodoma Enquête au coeur du Vatican», Robert Laffont). Des affaires récurrentes jamais soldées. Et la prochaine réunion, au Vatican par le pape François, d’un « sommet mondial pour prévenir les abus sexuels » – une forme d’émergence d’un politique catholique des risques.

Et dans ce concert, page 3 du Journal du Dimanche, une « exclusivité » : un entretien avec Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France. Une voix plus qu’autorisée dont on n’imagine pas un seul instant qu’elle n’ait pas reçu la bénédiction des autorités suprêmes. Or que nous dit Mgr Georges Pontier, 75 ans, par ailleurs archevêque de Marseille après l’avoir été deDigne et de Saintes ? Mgr Pontier dont le magazine La Vie  nous assure qu’il incarnerait une ligne « foncièrement modérée » à l’opposé de la « ligne Lustiger » ainsi qu’une Église « accompagnatrice spirituelle plutôt qu’une donneuse de leçons ».

L’AFP a résumé le long propos de l’archevêque. Etrange propos plus qu’embarrassé. Douloureuse exégèses à venir. Où l’on entend que pour lui le silence fait autour des abus sexuels dans l’Eglise résulte d’un « péché collectif » et d’un système qui « néglige » la parole des victimes. « Nous devons travailler tous ensemble contre la pédophilie. La hiérarchie [religieuse]n’est pas la seule coupable. Dans certaines familles, des parents très chrétiens ont empêché leur enfant de parler, dit-il encore. C’est un péché collectif ».

« Grâce à Dieu »

Et ces phrases : « Il existe une vénération de l’Eglise qui est malsaine et peut empêcher la libération de la parole (…)  Il y a quelque chose de systémique dans la négligence, le poids et la défense des institutions par rapport aux personnes victimes (…) On ne peut plus rejeter la faute, dire que ce sont les médias ou le monde extérieur qui en voudraient à l’Eglise (…) Les victimes n’ont pas besoin de repentance permanente si les actes ne suivent pas ».

L’actualité ? Mrg Georges Pontier est favorable au report de la sortie du film Grâce à Dieu consacré au père Preynat, un prêtre lyonnais mis en examen pour agressions sexuelles sur mineur et qui n’a pas encore été jugé. Il s’en explique à sa façon :

 « Nous sommes dans un calendrier ahurissant, qui voudrait que l’on termine par la reconnaissance de culpabilité devant les tribunaux après avoir vu tant de choses sur ce père Preynat qui, cela ne fait pas de doute, a commis des faits répréhensibles. Il faut un respect minimum de la présomption d’innocence. »

Interrogé sur l’enquête pour agressions sexuelles visant à Paris l’ambassadeur du pape en France Mgr Ventura, le prélat se montre également prudent : « Si des actes ont été commis qui auraient traumatisé profondément quelqu’un, ce serait, bien sûr, choquant. Je connais bien Mgr Ventura et, pour le moment, je le présume innocent. »

Mais qui a bien pu accuser les médias d’en vouloir à l’Eglise ? Comment confesse-t-on un péché collectif et qui doit faire, alors, pénitence ? Mgt Pontier ne nous le dit pas.

A demain

@jynau

 

Pédophilie au sein du clergé et célibat perpétuel des prêtres imposé par le pape François

Bonjour

Une nouvelle fois le pape passe à confesse entre Ciel et Terre. Dimanche 27 janvier, lors de la conférence de presse tenue dans l’avion qui le ramenait de Panama François a parlé. Et l’AFP était là. « A un mois de l’organisation de la réunion mondiale sur ’la protection des mineurs’’ au Vatican, le pape  s’est montré plutôt lucide sur son issu. Lucide ou fataliste ?  Il estime que cette réunion suscite des attentes « surdimensionnées » – et ce alors même que la pédophilie est « problème humain qui est partout ». Pour autant, heureusement, tout n’est pas perdu :

« Il faut redimensionner cette attente, parce que, je le dis, le problème des abus continuera.Il faut résoudre le problème dans l’Eglise, mais, en résolvant le problème dans l’Eglise par une prise de conscience, nous contribuerons à le résoudre dans la société, dans les familles, où la honte fait que l’on couvre tout. »

Officiellement, dans le jargon traditionnel, la réunion des présidents des conférences épiscopales convoquée fin février par le pape a pour ambition d’élaborer « des protocoles pour aller de l’avant », une sorte de « catéchèse » sur ce thème d’une particulière gravité et d’une grande ampleur. C’est que, confie le pape, « parfois les évêques ne savent pas quoi faire ». A eux de « prendre conscience du drame » car, assure par ailleurs le Souverain Pontife, « la souffrance est terrible ».

Une interdiction millénaire

Et puis l’immanquable corollaire. Interrogé sur un possible assouplissement des règles sur le célibat des prêtres, le pape François a clairement rejeté fermement toute remise en cause générale de cette pratique en vigueur dans le catholicisme romain. « Personnellement, je pense que le célibat est un don pour l’Eglise. Deuxièmement, je ne suis pas d’accord pour permettre que le célibat soit optionnel. Non », a déclaré le pape. Et puis, néanmoins, une brèche dans cette muraille théologique.  Il a, nous dit l’AFP, néanmoins envisagé « quelques possibilités pour des endroits très reculés » comme les îles du Pacifique ou l’Amazonie (sic), quand « il y a une nécessité pastorale ». « C’est une chose en discussion avec les théologiens, ce n’est pas ma décision ».

 On sait que le rite romain, observé par l’immense majorité des catholiques, rejette complètement cette possibilité depuis le XIe siècle (et ce alors même qu’auparavant les prêtres ont, pendant des siècles)  pu être mariés. « Les textes bibliques indiquent d’ailleurs que l’apôtre Pierre, dont le pape est officiellement le successeur, avait une belle-mère » observe l’AFP.

En mars 2017, le pape François avait publiquement annoncé « réfléchir » à la possibilité d’ordonner des  viri probati – des hommes mariés d’âge mûr impliqués dans l’Eglise –, excluant donc cette ouverture pour les jeunes hommes, et bien sûr les femmes. L’hypothèse de ces ordinations sera à l’ordre du jour du prochain synode en octobre dédié à l’Amazonie, immense territoire latino-américain souffrant d’un manque de prêtres autochtones.

Réduction des risques

Mais le pape argentin a, dans son avion, confirmé son rejet de la fin du célibat – et ce en citant une phrase de son prédécesseur Paul VI (« Je préfère donner ma vie que de changer la loi du célibat »). Il y a quelques mois, une proposition de l’épiscopat belge de permettre à certains jeunes hommes mariés de devenir prêtres n’a eu aucune suite. Quant à l’Eglise catholique allemande, elle prie pour une discussion en son sein sur le célibat – et ce non pas en raison de la crise des vocations, mais bien après la révélation d’agressions sexuelles sur des milliers d’enfants pendant des décennies.

Et l’AFP de signaler qu’un récent rapport commandé par l’Eglise allemande sur ces sévices sexuels commis par des membres du clergé (entre 1946 et 2014) a identifié le « célibat des prêtres » comme l’une des possibles causes (indirectes) de ces agressions. Où l’on regrette de ne pas connaître la bibliographie des travaux médicaux et scientifiques, épidémiologiques et théologiques qui, sans nul doute, ont, depuis un millénaire, dû être menés sur un sujet d’une telle gravité. Un sujet désormais indissociable d’une politique de réduction des risques.

A demain

@jynau

 

 

 

L’affaire Thill : où l’on voit les dangers, pour une députée macroniste, d’user de la métaphore 

Bonjour

Députée macroniste (Oise) Agnès Thill n’apprécie guère son collègue macronien Aurélien Taché (Val d’Oise). Au point de le qualifier de « Fouquier-Tinville d’opérette).  AntoineQuentin Fouquiet de Tinvill(1746-1995) célèbre accusateur public du Tribunal révolutionnaire qui vécut et mourut avant l’existence de l’opérette.

Le torchon brûle entre les deux députés depuis que la première a osé exprimer certains désacoords sur quelques questions éthiques sensibles – au premier rang desquelles l’ouverture à « toutes les femmes » de la « procréation médicalement assistée ». Oser parler de « mascarade de démocratie ».

Aurélien Taché n’est pas le seuls dans son cas. Il en va de même avec Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement a jugé « inacceptables et méprisantes » certaines des paroles d’Agnès Thill. Et de menacer. La veille, dans une interview vidéo à Oise Hebdoelle avait  comparé « la souffrance des femmes seules » qui souhaitent une PMA à celle des « drogués ». ». « Si un drogué souffre, on lui donne la drogue? Si la femme souffre, est-ce que je lui donne un enfant pour ne plus souffrir? Un enfant n’est pas un médicament ».

« Ça suffit », a tonné M. Griveaux, soulignant que « ces mots blessent des familles et viennent nourrir tous les préjugés ignobles ».

Comment traiter le « cas Agnès Thill » ? Une nouvelle fois, la question se pose à la majorité et embarrasse les dirigeants de La République en marche (LRM), tant le feuilleton semble récurrent. Opposée à l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, la députée macroniste de l’Oise multiplie, depuis plusieurs mois, les prises de positions polémiques pour exprimer son désaccord avec cette mesure soutenue par Emmanuel Macron durant la campagne. Au point de s’attirer les foudres de plusieurs députés LRM, qui exigent son exclusion du groupe majoritaire à l’Assemblée nationale, et de certains ministres.

Ponce Pilate et Gilles Le Gendre

Interrogée par Le Monde (Alexandre Lemarié) Agnès Thill ne se montre aucunement impressionnée par la condamnation du porte-parole du gouvernement. « Ce que j’ai fait est une métaphore. C’est courant. Tous ceux qui s’expriment ont eu des métaphores ou des propos maladroits, lui le premier », rétorque-t-elle, en s’étonnant de n’avoir eu« aucune réponse » sur le fond de ses propos. Avant d’affirmer : « Je défie quiconque de montrer que mes propos sont homophobes, islamophobes, xénophobes ou je ne sais quoi. Tout ce dont on m’accuse est faux. »

Gilles Le Gendre, patron du groupe macroniste à l’Assemblée nationale a annoncé que le « cas d’Agnès Thill » sera examiné jeudi 24 janvier par le bureau du groupe LRM à l’Assemblée. « Ses  propos m’horrifient et m’indignent autant que vous » a-t-il dit à ses collègues. Pour autant, le patron des députés macronistes n’entend pas trancher seul ce cas sensible. Ponce Pilate, en somme. « Toute décision sera prise en commun entre le mouvement et le groupe », a-t-il précisé. « Gilles Le Gendre ne veut pas pratiquer la police de la pensée, explique son entourage. Le fait de ne pas penser comme la majorité du groupe ne peut être un motif d’exclusion. En revanche, cela peut l’être si le groupe et le parti estiment de manière conjointe que la prise de position d’Agnès Thill est contraire aux valeurs du mouvement. »

Interrogé à son sujet lundi sur France Inter, M. Le Gendre avait estimé qu’Agnès Thill avait « toujours sa place dans le groupe ». Qu’en sera-t-il jeudi ? « Dans les rangs macronistes, certains craignent que des élus LRM choisissent, par solidarité avec Agnès Thill, de quitter le groupe si celle-ci était poussée vers la sortie, observe Le Monde.  Un scénario catastrophe pour ce collectif de 307 membres, alors que six élus ont déjà quitté le groupe ces derniers mois : Jean-Michel Clément en avril 2018, Frédérique Dumas en septembre, Paul Molac et François-Michel Lambert en octobre. Sébastien Nadot a été exclu en décembre, après avoir voté contre le projet de budget 2019, tandis que Joachim Son-Forget est lui-même parti après avoir fait polémique sur les réseaux sociaux. »

Il y a quelques jours lors de l’Acte I du « Grand Débat » le chef de l’Etat a souhaité que la « PMA pour toutes »  soit « un sujet sur lequel la France ne se déchire pas ». Métaphore, humour ou euphémisme ?

A demain

@jynau

 

« La République en marche » va-t-elle bientôt excommunier la députée Agnès Thill ?

 

Bonjour

Aux frontières du Grand Débat, comme un parfum du bûcher. C’était à lire dans Le Journal du Dimanche : « Des députés En marche dénoncent les « théories complotistes » de leur collègue Agnès Thill » (Anne-Charlotte Dusseaulx). Nous avons déjà rapporté ce qu’il en était des convictions de cette ancienne députée socialiste devenue macroniste et opposée à la « PMA pour toutes » -une opposition radicale qui la conduit à faire d’étranges ellipses sur fond d’écoles coraniques. Agnès Thill, donc, députée de l’Oise, 54 ans, élevée dans une famille ouvrière chrétienne, ancienne institutrice et que l’on commence à entendre sur les radios périphériques.

La députée Agnès Thill bientôt excommuniée à la demande d’une vingtaine d’élus La République en marche (LREM) qui portent, la concernant, le diagnostic de complotisme ; très mauvais pronostic. Plusieurs cadres du parti, dont son patron Stanislas Guerini, 36 ans, ancien de l’Ecole alsacienne  et le chef de file des députés du groupe majoritaire Gilles Le Gendre, 60 ans, ancien du collège Sainte-Croix  avaient déjà pris leurs distances avec les propos de leur collègue l’élue, dénonçant des opinions « contraires » aux engagements de leur mouvement politique.

Insultes et complotisme

« Si nous connaissons tous l’opposition d’Agnès Thill à la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes, et nous respectons ses convictions, bien que nous ne les partagions pas, le débat politique ne doit en aucun cas être nourri d’insultes ni de théories complotistes » écrivent les vingt députés LREM à leur président comme d’autres le feraient au directeur du collège lors d’un conseil de discipline. Ils rappellent à Gilles Legendre qu’Agnès Thill avait déjà fait l’objet d’un avertissement « l’automne dernier » et attendent une « réponse de fermeté ».

« Nous ne pouvons tolérer les délires islamophobes, homophobes et paranoïaques d’Agnès Thill » écrivent-ils quand cette dernière appelle à « débattre sur le fond ».  Gilles Le Gendre et Stanislas Guérini ont d’ores et déjà pris leur distance (« Ce texte n’engage que son auteure » ; « nombre des opinions qu’il contient sont contraires aux engagements et aux idées portés par LREM et son groupe parlementaire ». Dans le même temps l’entourage de Gilles Le Gendre à fait savoir à Libération qu’ « exclure Agnès Thill serait la pire des décisions ». « On ne veut pas en faire une martyre ». Le groupe LREM compte actuellement 307 membres.

« L’affaire prend de l’ampleur. La dureté des réactions contre la députée LaREM Agnès Thill, hostile à l’extension de la PMA, traduit une volonté de la diaboliser en faisant l’économie du débat de fond qu’elle soulève » souligne Le Figaro (Guillaume Tabard). « Diaboliser » : tenir pour diabolique – un verbe du premier groupe que l’on tenait pour suranné.

A demain

@jynau