Christophe Castaner : la gendarmerie française est désormais chargée de lutter contre la haine

Bonjour

Qui nous dira pourquoi les mots et le phrasé de Christophe Castaner, ministre français de l’Intérieur, nous font (parfois) songer à la novlangue de George Orwell ? On en connaît le mortel principe développé dans « 1984 » : une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées potentiellement subversives, à prévenir toute formulation de critique de l’Etat. Objectif ultime : éradiquer l’« idée » même de cette critique. On diminue le nombre de mots et de concepts, on élimine les finesses… et la mauvaise maîtrise de la langue transforme alors rapidement les citoyens éclairés en sujet stupides et dépendants, aisément manipulables par les médias de masse, puis auto-manipulés par les réseaux sociaux.

L’idée fondamentale est de supprimer toutes les nuances d’une langue afin de ne conserver que des dichotomies qui renforcent l’influence de l’État : « si tu n’es pas pour, tu es contre », « il n’y a pas de milieu ». Ce type de raisonnement binaire permet de favoriser les « raisonnements à l’affect », d’éliminer tout « débat », toute « discussion », et donc toute critique du pouvoir exécutif. Outre la suppression des nuances, le novlangue est une incarnation de la « double-pensée » : la double signification des mots survivants interdit bientôt toute pensée spéculative, tout germe de contestation. Le « Ministère de la Vérité » est en réalité celui de la propagande ? Et celui de la guerre est rebaptisé « Ministère de l’Amour ». Le tour est joué. Big Brother et ses écrans ont (presque) triomphé.

Nous n’en sommes pas là, bien évidemment, en France où le ministre de l’Intérieur a annoncé, mercredi 4 décembre, la création d’un « Office national de lutte contre la haine » logé au sein de la gendarmerie française. « Il sera chargé de coordonner pour la gendarmerie nationale, pour que tous les moyens soient mobilisés, l’ensemble des enquêtes sur les actes antisémites, antimusulmans, antichrétiens que nous connaissons sur notre territoire, a expliqué le ministre de l’Intérieur. Il sera chargé aussi d’accompagner l’ensemble des acteurs de tous les territoires et de faire le lien avec la police, la justice, pour que les auteurs de ces actes ignobles soient condamnés ».

« Lutter contre la haine » ? L’exécutif a-t-il choisi le bon terme ? « Haine » : Sentiment de profonde antipathie à l’égard de quelqu’un, conduisant parfois à souhaiter l’abaissement ou la mort de celui-ci. Synon. exécration, ressentiment; anton. amour. « .Je vais enfin dire ma manière de penser, exhaler mon ressentiment, vomir ma haine, expectorer mon fiel, éjaculer ma colère, déterger mon indignation (Flaub., Corresp.,1872, p. 57). Que fera, contre Flaubert, la gendarmerie française ?

A demain @jynau

Pédophilie : l’Eglise de France, son étrange échange en reconnaissance de la souffrance.

Bonjour

Quel bien étrange échange. Comment le comprendre ?  Les évêques français viennent de voter, à Lourdes, le principe d’une « somme forfaitaire » qui sera donnée aux victimes des actes de pédocriminalité. Pourquoi ? Cette somme est destinée à la « reconnaissance de la souffrance » a expliqué Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF). Quel montant ? Il n’a pas (encore) été fixé. Quelques milliers d’euros par cas, laisse-t-on entendre. Quelle origine ? Un appel aux dons semble-t-il.

Ce serait là « un geste qui se veut fort » à l’égard des victimes des prêtres pédophiles. Une reconnaissance de l’« agression subie » mais aussi, dans la foulée  le « silence, la négligence, l’indifférence, l’absence de réaction, de mauvaises décisions ou de dysfonctionnements au sein de l’Eglise ». Un mea culpa qui ne saurait être que sonnant et trébuchant ?

Les années 1950, 1960, 1970 …..

est désormais établi, via la « commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise »  (Ciase) que la « majorité des abus sexuels se sont produits dans les années 1950, 1960, 1970, beaucoup plus que dans les décennies ultérieures ». En cinq mois, « 2 800 signalements » ont été réalisés, par des appels téléphoniques, des e-mails et des courriers ; 800 personnes ont répondu à un questionnaire détaillé et une vingtaine de victimes ont été entendues.

Ces précisions chiffrées ont été apportées par Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d’Etat aujourd’hui à la tête de la Ciase qui  réunit une vingtaine de membres chargés de faire la lumière sur les crimes commis par des clercs ou des religieux depuis les années 1950. Elle doit rendre des préconisations début 2021. Dans l’attente, quel bien étrange marché que cette « somme forfaitaire » donnée en « reconnaissance de la souffrance ».

A demain @jynau

Veille de Toussaint: croisade monothéiste inédite contre l’euthanasie et le suicide assisté

Bonjour

Assistons-nous à une forme inédite de radicalisation ? A la veille de la Toussaint de très hauts représentants des trois religions monothéistes – christianisme, judaïsme et islam – viennent de remettre au pape François un document dans lequel ils se prononcent fermement contre l’euthanasie et le suicide assisté  – des pratiques qui, selon eux, « sont intrinsèquement et moralement répréhensibles». Des pratiques qui doivent être «interdites sans exception». De même que  «toute pression ou action sur des patients pour les inciter à mettre fin à leur propre vie ».

Le Document sur la fin de vie des « religions abrahamiques monothéistes» a été paraphé solennellement au Vatican par un représentant de chaque religion dont le rabbin David Rosen, directeur des affaires religieuses de l’American Jewish Committee, Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, un représentant du métropolite (orthodoxe) de Kiev, Hilarion, et le président du comité central de la Muhammadiyah indonésienne (association socio-culturelle musulmane), le Dr Samsul Anwar. L’idée de cette déclaration avait été proposée au pape par le rabbin Avraham Steinberg, co-président du Conseil national israélien de bioéthique.

Objection de conscience

Ce Document se prononce dans le même temps en faveur de l’objection de conscience pour le personnel sanitaire de tous les hôpitaux et cliniques :  «aucun opérateur sanitaire ne doit être contraint ou soumis à des pressions pour assister directement ou indirectement à la mort délibérée et intentionnelle d’un patient à travers le suicide assisté ou toute forme d’euthanasie». Ce droit qui doit être «universellement respecté», reste «valable même lorsque ce type d’actes ont été déclarés légaux au niveau local ou pour certaines catégories de personnes». L’Agence France Presse rappelle qu’en Italie, la Cour constitutionnelle a récemment dépénalisé le suicide assisté dans certaines conditions strictes tout en demandant au parlement de légiférer sur le vide juridique existant.

Les signataires du Document encouragent «une présence qualifiée et professionnelle dans les soins palliatifs, partout et accessible à tout le monde». «Même lorsque éloigner la mort est un poids difficile à supporter, nous sommes moralement et religieusement engagés à fournir un réconfort, un soulagement à la douleur, une proximité et une assistance spirituelle à la personne mourante et à sa famille», ajoutent les signataires.

Estimant que «la vie mérite d’être soutenue jusqu’à sa fin naturelle», les trois religions promettent de «soutenir les lois et politiques publiques qui protègent le droit et la dignité des patients en phase terminale pour éviter l’euthanasie et promouvoir les soins palliatifs». Elles s’engagent aussi à «utiliser la conscience et la recherche» pour fournir «un maximum d’informations et d’aide à ceux qui affrontent de graves maladies et la mort». Les trois religions prévoient de «sensibiliser l’opinion publique sur les soins palliatifs à travers une formation adéquate et la mise en œuvre de ressources pour le traitement de la souffrance et la mort». Elles promettent, enfin, outre «d’impliquer les autres religions et toutes les personnes de bonne volonté» dans ce combat.

Radicalisation ou simple rappel de l’essentiel ?

A demain @jynau

Policiers tués de Paris: rebondissement islamiste. Que restera-t-il, demain, du «coup de folie» ?

Bonjour

L’heure devient d’une extrême gravité. On connaît désormais son nom : Mickaël Harpon, informaticien de 45 ans, travaillait depuis 2003 à la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP). A tué à l’arme blanche, le 3 octobre, quatre fonctionnaires de ses collègues sur son lieu de travail. D’emblée syndicats, autorités et médias ont évoqué « un coup de folie ». L’assaillant « n’avait jamais présenté de difficultés comportementales », avait aussitôt déclaré le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, ce que confirmaient plusieurs syndicats de police. Ni le ministre, ni les syndicats, ni les médias n’expliquaient ce que pouvait désigner la formule « coup de folie ». Mais, déjà, certains médias annonçaient que l’auteur de l’attaque s’était converti à l’islam depuis 18 mois – ajoutant aussitôt ne pas savoir s’il existait un lien entre sa conversion et ce « passage à l’acte ».

Quarante-huit heures plus tard, rebondissement aux conséquences policières et politiques que nul ne peut encore imaginer : l’assaillant «aurait adhéré à une vision radicale de l’islam» et était en contact avec des individus de la «mouvance islamiste salafiste», a indiqué samedi Jean-François Ricard, procureur antiterroriste, cité par l’AFP. Les premières investigations ont relevé son «approbation de certaines exactions commises au nom de cette religion», «son souhait de ne plus avoir certains contacts avec des femmes», «sa justification» des attentats de Charlie Hebdo en 2015, «son changement d’habitude vestimentaire depuis quelques mois», a déclaré le procureur antiterroriste lors d’une conférence de presse.

Procédure pour violences conjugales

Mickaël Harpon abandonnait «toute tenue occidentale au profit d’une tenue traditionnelle pour se rendre à la mosquée», a encore révélé le procureur. Les investigations ont aussi «permis de faire apparaître des contacts entre l’auteur des faits et plusieurs individus, susceptibles d’appartenir à la mouvance islamiste». Cet homme au casier judiciaire vierge mais qui avait fait l’objet d’une procédure pour violences conjugales en 2009 s’était converti à l’islam il y a «une dizaine d’années», a précisé le procureur Ricard, qui a décrit dans le détail le parcours du tueur jeudi, évoquant une scène «d’une extrême violence».

L’assaillant a acheté le matin même de l’attaque deux couteaux, un «couteau de cuisine métallique» de 33 centimètres, et «un couteau à huîtres», qu’il a dissimulés sur lui. C’est à l’aide de ces couteaux qu’il a attaqué, entre 12h53 et 13 heures, plusieurs de ses collègues, avant d’être abattu par un policier stagiaire dans la cour de la préfecture.

L’étude de la téléphonie de son épouse, dont la garde à vue, débutée jeudi, a de nouveau été prolongée samedi pour 48 heures, a révélé que le couple avait «échangé 33 SMS, le matin des faits entre 11h21 et 11h50». «Au cours de cette conversation, l’auteur des faits a tenu des propos à connotation exclusivement religieuse qui se sont terminés par ces deux expressions: « Allah akbar » puis « suis notre prophète bien aimé, Muhammad, et médite le Coran »», a relaté le procureur. Il aurait, selon les témoignages dans son entourage, tenu «des propos similaires dans la nuit».

Où l’on mesure, la somme des questions majeures désormais soulevées, aux confins de la religion et de la psychiatre, du pouvoir policier et du pouvoir politique.

A demain @jynau

Nouvelles lumières sur l’essai clinique sauvage de l’Abbaye de Sainte-Croix à Saint-Benoît

Bonjour

Faire la lumière. Nous sommes moins d’une semaine après l’étrange révélation, fortement médiatisée, de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Et plusieurs éléments nouveaux éclairent l’ « essai clinique sauvage » mené au sein de l’abbaye de Sainte-Croix à Saint-Benoît, près de Poitiers (Vienne). Grâce notamment au travail mené localement par FR3 Nouvelle Aquitaine (V.P. avec Antoine Morel et François Bombard).

Rappel : cet essai clinique mené sans autorisation de l’ANSM concernait des personnes souffrant de maladies de Parkinson ou d’Alzheimer (ou de « troubles du sommeil »). Il avait été organisé par une structure baptisée « Fonds Josefa » domiciliée à Poitiers.

« Cette structure, précise FR3, a été créée en 2015 avec pour objectif de financer des travaux de recherche de Jean-Bernard Fourtillan, pharmacien mais aussi ingénieur chimiste dont le cursus et les expertises sont détaillés sur le site du Fonds Josefa. Le conseil d’administration du Fonds Josefa est composé de neuf membres, dont les profils sont aussi mis en ligne. Ils sont pharmaciens, ingénieur, cancérologue, professeur émérite de la faculté de médecine, cardiologue , docteur en droit et avocat. »

Parmi eux, ajoute FR3, un ancien professeur du CHU de Poitiers et un médecin en exercice au CHU et à la Polyclinique que l’une de ses équipes a pu joindre par téléphone. Témoignage anonyme : «  Si ces produits apportent un plus et permettent de transformer un Parkinson qui est au fauteuil, qui se remet à marcher et à vivre à peu près correctement, si ça agit de façon bénéfique mais ça, on ne le sait pas encore dans l’Alzheimer, ce sont des travaux futurs qui seront menés dans les facultés. »

Interrogé sur l’organisation du Fonds Josefa, le CHU de Poitiers explique dans un courriel ignorer l’engagement de ce médecin et n’avoir aucun lien avec cette affaire. Selon le CHU la participation de ce professionnel au fonds mis en cause pour des essais cliniques, relève d’un engagement individuel.

La lettre ouverte à Agnès Buzyn

Il faut aussi compter avec la lettre ouverte du Pr Jean-Bernard Fourtillan – lettre adressée au Directeur général de l’ANSM et à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé :

« Les Professeurs Jean-Bernard FOURTILLAN et Henri JOYEUX (Professeur de Pharmacie, Professeur de Médecine) ont décidé en 2015 d’unir leurs efforts pour faire connaître au grand public, en même temps qu’aux Professionnels de santé et aux Chercheurs, une découverte essentielle et les médicaments en cours de préparation qui en découleront. La découverte concerne deux hormones physiologiques (naturelles) sécrétées par la glande pinéale située dans le cerveau : – La Valentonine (hormone du sommeil et de la nuit), découverte par JB Fourtillan en 1994 – Le 6-Méthoxy-Harmalan (hormone de la vigilance et du jour), découverte par W.M.Mac Isaac en 1961

« Ces deux hormones assurent la régulation totale des vies psychiques et végétatives de l’organisme pendant une journée de 24 heures. Cette découverte a permis de comprendre, pour la première fois, les mécanismes, totalement inconnus auparavant, des troubles du sommeil, des dépressions nerveuses et des maladies neurodégénératives de Parkinson et d’Alzheimer. Parce que ces affections sont dues à une insuffisance des sécrétions pinéales nocturnes de ces deux hormones régulatrices, leur administration par patchs transdermiques, pendant la nuit, permet de traiter efficacement ces maladies. C’est dans ce cadre que 402 personnes, dont les Professeurs Fourtillan et Joyeux, atteintes d’une de ces affections, ont librement décidé de se soigner. »

On ajoutera que la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a indiqué à l’AFP avoir reçu « trois signalements, entre novembre 2018 et février 2019 », ayant permis d’avertir les autorités concernées.  Selon ces signalements, « trois soirées, sur trois lieux différents » ont été organisées « pour des professionnels de santé » susceptibles d’avoir parmi leurs patients des personnes atteintes des maladies neurologiques concernées. Anne Josso, secrétaire générale de la Miviludes précise que pour ces malades « des patchs circulaient sous le manteau, vendus au prix de 1.500 euros ». L’objectif assumé était de « lever des fonds pour le financement d’un médicament en cours de développement » – et ce « pour le fonds Josefa ».

Er maintenant ?

« L’essai de ces patchs, soutient le Pr Fourtillan dans Le Quotidien du Médecin (Damien Coulomb) n’est pas un essai clinique, au sens réglementaire du terme, qui doit être soumis à l’aval de l’ANSM parce qu’il n’est pas effectué avec un médicament. En témoigne l’emballage des patchs, fabriqués par la société allemande Gen-Plus qui comporte la mention « Technical sample. Not for human use », ce qui signifie« qu’il ne s’agit pas d’un « médicament » et que son utilisation est de l’unique responsabilité des 402 personnes. Ainsi les reproches formulés par l’ANSM dans sa décision sus-mentionnée sont sans fondement. Le test en question est effectué en toute légalité ».

Un argument jugé irrecevable par l’ANSM, contactée par Le Quotidien  : « au même titre que des patchs nicotiniques ou l’implant Mirena, ces patchs sont considérés comme des médicaments et doivent être traités comme tels d’un point de vue réglementaire ».

Le Pr Fourtillan paraît  déterminé à poursuivre son essai, comme semblent le confirmer les témoignages recueillis par le Pr Philippe Damier (CHU de Nantes), neurologue et vice-président du comité scientifique de l’association France Parkinson, qui a lancé l’alerte en mai dernier.  L’ANSM assure que si le Pr Fourtillan ne se plie pas à sa décision de justice sanitaire c’est le pôle santé du parquet de Paris (d’ores et déjà saisi)qui  prendra le relais. « L’Agence n’a pas de droit de perquisition, en dehors des inspections comme celle réalisée dans le laboratoire impliqué dans l’étude. Il nous est donc impossible d’inspecter l’abbaye de Sainte-Croix dans laquelle les patients ont été accueillis, et de saisir les listes de patients ou les patchs », explique l’ANSM.

Convoqué en juin dernier, le Pr Fourtillan ne s’est pas rendu dans les locaux de l’ANSM. Il sait que mener un essai clinique sans autorisation constitue une infraction, au titre de l’article L.1121-1 du code de santé publique, et est passible de 15 000 euros d’amende et d’un an de prison. Il sait aussi que l’Académie nationale de Pharmacie « s’est insurgée des propos fallacieux du Professeur Henri Joyeux sur France Inter faisant allusion à une « publication de ses recherches à l’Académie nationale de Pharmacie. » :

« Le Pr Fourtillan a effectivement présenté à l’Académie ses travaux sur ‘’la glande pinéale et le système veille-sommeil – applications thérapeutiques’’ le 2 décembre 2015 ; cependant, cette présentation a fait immédiatement l’objet d’une critique virulente des Académiciens présents dans l’auditoire, comme il est rapporté dans le compte rendu de la séance. L’Académie nationale de Pharmacie soutient totalement les actions de Madame la Ministre en charge de la Santé ainsi que de l’ANSM sur l’étude illégale menée sur des patients parkinsoniens et atteints de la maladie d’Alzheimer. »

Est-ce assez clair ?

A demain @jynau

PMA : Nouvelle agression méchamment confraternelle contre l’Académie de médecine

Bonjour

Qui veut ruiner une institution séculaire l’accuse d’être « datée ». Agnès Buzyn vient de le faire à propos de l’Académie nationale dé médecine coupable, à ses yeux, de ne pas soutenir la « PMA pour toutes » promise par le Président et voulue par le Gouvernement. Puis vint Laurent Joffrin et ses ‘’vieilles barbes burgraves’’. Dans le sillage ministériel et celui de Libération, aujourd’hui, le Pr Jean-Louis Touraine 1 co-rapporteur du projet de loi. L’ancien immunologiste socialiste devenu député (Rhône) macronien s’exprimait aujourd’hui 24 septembre 2019 sur les ondes de France Culture.

Extraits ciblés sur ses confrères de l’Académie qui voient là « une rupture anthropologique majeure » :

« L’Académie de médecine, très souvent, émet des avis très conservateurs. Elle était contre, en son temps, l’interruption volontaire de grossesse et contre les différentes avancées … Par contre ils font de très bons travaux, de très bonnes analyses, sur le plan médical. Quand ils s’égarent à donner des avis sur des sujets sociétaux, c’est plus incertain car ils ont de la peine à comprendre la société de notre temps (sic). Mais sur le plan médical, ils font des analyses formidables (re-sic).

« Donc je les exhorte à faire le travail auquel il sont habitués, auquel ils sont rompus et pour lequel ils travaillent avec une dextérité remarquable. Là leur avis est simplement une exception parmi tous les autres, comme ceux du comité d’éthique, du Conseil d’Etat ou celui de l’Ordre des médecins qui n’est pas pourtant le plus progressiste des organismes … »  

Et le Pr Touraine de tenter de faire un peu d’anthropologie mineure. Puis de ranger l’Académie nationale de médecine dans la même catégorie que la Conférence des évêques de France. La question est désormais posée : le député macronien du Rhône sera poursuivi pour double manquement à la confraternité ?

A demain @jynau

1 A lire, dans Libération (Eric Favereau) son portrait ripoliné : « Jean-Louis Touraine, médicalement assistant ». Médecin, ce député LREM, rapporteur de la loi de bioéthique défend la PMA, mais plaide aussi pour la GPA «éthique» et la fin de vie

Descente de la police du médicament au sein de l’antique Abbaye Sainte-Croix de Poitiers

Bonjour

Croisement de deux mondes, sans précédent en France. Vertiges religieux, médicaux, éthiques, déontologiques. C’était un « essai clinique sauvage» d’une ampleur rare. Il a été interdit ce jeudi 19 septembre, par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Produit expérimenté : un patch mixte contenant deux hormones (valentonine et 6-méthoxy-Harmalan). Donneur d’ordre : le « Fonds Josefa » 1 et la société Sodeval. Cible : trois-cent cinquante patients. Site : l’antique Abbaye Sainte-Croix, à Poitiers. Aucune autorisation officielle.

Circonstance aggravante selon l’ANSM : cette « recherche interventionnelle » a été menée en dehors d’un lieu de soin « disposant de moyens humains, matériels et techniques adaptés ». Selon sœur Martina, sœur hôtelière du monastère (jointe par l’AFP), « l‘abbaye dispose d’une quinzaine de chambres et cela fait une année à peu près » qu’elles servent pour héberger les patients de cet essai clinique.

Ces derniers souffraient de diverses maladies neurologiques (Parkinson, Alzheimer, dépressions nerveuses, troubles du sommeil etc ). Les patches devaient être appliqués au coucher (les patients passaient une nuit à l’abbaye) puis retirés au matin après « prélèvement de sang pour dosage des hormones pinéales », selon les extraits du protocole 2 qui a été divulgué par l’ANSM.

Un an de prison

Quel effet recherché ? L’ANSM ne le dit pas, qui rappelle toutefois que ces molécules sont proches de la mélatonine, hormone fréquemment utilisée pour mieux dormir – en vente libre mais déconseillée dans certains cas en raison d’effets secondaires.

Deux organismes visés par la procédure d’interdiction et la plainte de l’ANSM : le Fonds Josefa fondé par le Pr Jean-Bernard Fourtillan, et dont le vice président est le célèbre Pr Henri Joyeux, et la société SOVEDAL, également présidée par le Pr Fourtillan. Conseil de l’ANSM aux participants : « ne plus utiliser ces patchs » ; « consulter rapidement leur médecin traitant pour l’informer de la situation, réaliser un bilan de santé et s’assurer que la prise en charge de leur maladie est adéquate ».

En France mener un essai clinique sans autorisation est passible de 15 000 euros d’amende et d’un an de prison. Que l’essai soit mené dans une antique abbaye, ou pas.

A demain @jynau

1 « Fonds Josefa » est un fonds de dotation (à but non lucratif) créé par les Professeurs Jean-Bernard Fourtillan et Henri Joyeux. Il se présente notamment, sur son site Internet comme ayant pour objectif « d’améliorer les traitements des maladies neurologiques à tous les âges et de transformer la vie des nombreuses personnes qui en sont victimes ».

2 Décision du 19/07/2019 portant interdiction d’une recherche impliquant la personne humaine, non autorisée par l’ANSM et mise en oeuvre par l’association Fonds Josefa et la société SODEVAL (19/09/2019)   (1980 ko)