Biologie synthétisée : Dieu est peut-être encore un peu plus compliqué qu’imaginé

Bonjour

Comment le vivant est-il structuré ? Traduction : comment est-il né ? Deux questions au cœur des entreprises de la biologie synthétique, cette nouvelle frontière biologique, religieuse et symbolique : créer un vivant spontanément, ex nihilo – l’Homme dépassant le Créateur.

Il y a un an Bertrand Jordan rapportait, dans l’une de ses rafraîchissantes « Chroniques génomiques » de l’aride Médecine/Sciences 1 un très très joli travail. Celui, réalisé au département de chimie du Scripps Research Institute (La Jolla, Californie) associé à l’entreprise Synthorx de la  synthése de deux nouvelles bases analogues aux classiques C, T, A et G et qui pouvaient former dans l’ADN une nouvelle paire de bases. 

« Ces chercheurs avaient même réussi à faire répliquer cet ADN par une bactérie, à assurer (grâce à diverses manipulations de haute volée) sa transcription et sa traduction et ainsi à insérer dans une protéine un acide aminé anormal (ne faisant pas partie des vingt acides aminés classiques) ajoutait-il. Bien que très intéressant et novateur, ce travail comportait une limite : les deux bases artificielles ne forment pas de liaisons hydrogène au sein de la double hélice de l’ADN (comme le font G et C, d’une part, A et T, d’autre part) et leur association repose sur la compatibilité de leurs formes. »

Or voici que Bertrand Jordan récidive 2 :

« Un article récemment publié dans la revue Science par un ensemble de laboratoires et d’entreprises démontre, lui, la possibilité de concevoir des bases alternatives qui peuvent s’associer par des liaisons hydrogène et respectent ainsi la structure de la double hélice 3. Ces auteurs obtiennent ainsi un système baptisé « hachimoji » comprenant huit (« hachi » en japonais) lettres (« moji ») — les quatre habituelles plus quatre nouvelles — et montrent qu’il possède les propriétés minimales nécessaires à un système biologique capable de porter de l’information. »

Le Vatican

Comment, au-delà de la technique, ne pas être pris de vertige ? « Sur un plan plus philosophique ce travail confirme que les bases C, A, T et G utilisées par tous les organismes terrestres ne sont pas les seules possibles, prolonge Bertrand Jordan. Leur ubiquité dans notre monde vivant reflète simplement le fait que nous descendons tous du même organisme qui s’est trouvé fonctionner avec ces éléments : le hasard de la constitution du premier « réplicateur » s’est combiné avec la nécessité de la sélection naturelle pour aboutir aux organismes d’hier et d’aujourd’hui. »

Et cette mise en garde :

« Nous aurions bien tort, dans nos tentatives de découvrir des traces de vie sur Mars, sur le satellite Europe (une lune de Jupiter) et peut-être, plus tard, sur des planètes extrasolaires, de cibler trop précisément nos analyses sur des molécules semblables à celles que nous connaissons. Même si une vie apparue ailleurs est fondée sur la chimie du carbone, de l’oxygène et de l’azote, même si elle utilise une molécule d’ADN comme mémoire génétique, il n’y a aucune raison pour s’attendre à ce que les bases alignées le long de cette molécule soient nos habituels C, A, T ou G… »

Aucune raison de ne pas croire aux miracles nés de l’alignement des planètes. Aucune raison d’imaginer que le Vatican ne figure pas sur la liste des abonnés de Médecine/Sciences et de ses transcendantes « Chroniques génomiques ».

A demain

@jynau

  1. Jordan B.. Bases alternatives et organismes synthétiques. Med Sci (Paris). 2018 ; 34 : 179–182. [CrossRef] [EDP Sciences] [PubMed] [Google Scholar]
  2. Jordan B Extension du domaine du codage : l’ADN hachimoji Med Sci (Paris) 2019 ; 35 : 483–485
  3. Hoshika, Leal NA, Kim MJ, et al. Hachimoji DNA and RNA: a genetic system with eight building blocks. Science 2019; 363 : 884–7. [Google Scholar]

«Notre-Dame Mère de la Lumière» : compatible avec la médecine hospitalo-universitaire ?

Bonjour

Nous avions parlé de lui en juillet 2018, soit le cas édifiant d’un médecin urgentiste par trop catholique. Ce médecin comparaissait mardi 21 mai devant le tribunal correctionnel de Caen (Calvados), pour « abus de faiblesse et sujétion psychologique » , rapporte Le Parisien (Louise Colcombet). Un médecin, qui exerce au CHU de Caen. Un médecin qui préside de l’association Notre-Dame Mère de la Lumière (NDML) – une jeune pousse du « renouveau charismatique », mouvement religieux apparu dans les années 1960 au sein des églises traditionnelles. Est-ce compatible ? Et la justice peut-elle, ici, se prononcer ?

« D’origine Libanaise, Alberto Maalouf est médecin urgentiste au CHU de Caen et travaille aussi au SAMU. Avec un groupe de jeunes catholiques, ils annoncent l’évangile et l’amour de Jésus à travers leur témoignage, l’aide aux plus pauvres (distribution de nourriture et de vêtements) et l’organisation de rassemblements de louange et de prières pour la guérison des malades. Alberto Maalouf témoigne partout dans la Francophonie de sa rencontre forte avec le Christ ! »  (Soirée Miracles et Guérisons. 17 novembre 2017 à 19:30)

L’urgentiste est soupçonné d’avoir fait de ce groupe religieux une communauté sectaire, au sein de laquelle vivent une vingtaine de personnes (hommes et femmes séparément) dans deux maisons, à proximité de Caen. Une dizaine d’entre elles serait dépendante psychologiquement du médecin et consacrerait leur existence et la moitié de leurs revenus à l’association.

Le Parisien : « Fils d’un ancien soldat libanais devenu prêtre, Alberto Maalouf raconte avoir trouvé Dieu en 2008, lors d’une visite à Medjugorje, le Lourdes bosniaque – pèlerinage marqué par sa guérison miraculeuse. La justice lui reproche ainsi d’avoir, lors de soirées marquées par des expériences mystiques intenses avec transes et convulsions, pratiqué l’exorcisme. Il organiserait également des « prières de guérison » avec apposition des mains et tiendrait des propos très durs, au-delà du rigorisme. »

Exaltations mystiques

La justice reproche notamment au médecin d’avoir pratiqué l’exorcisme lors de soirées avec « des expériences mystiques intenses ». L’urgentiste aurait également organisé des « prières de guérison » avec apposition des mains et tiendrait des propos « très durs ». Les membres de l’association seraient par ailleurs obligés de prier jusqu’à des heures tardives au point d’être épuisés, de jeûner deux jours par semaine ou de rompre avec leur famille.

« Les avocats du médecin ont balayé les accusations d’emprise sectaire, évoquant plutôt ‘’des louanges et des choses un peu exaltées’’, résume Le Quotidien du Médecin . La plupart des membres de l’association Notre-Dame Mère de la Lumière ne se considèrent pas comme victimes. NDML compterait jusqu’à 300 sympathisants.

Mais le mode de vie des membres « consacrés » a pourtant de quoi inquiéter, estime Me Rodolphe Bosselut, défenseur de deux anciennes adeptes – dont l’une sous curatelle renforcée, et de l’Unadfi, une association de lutte contre les dérives sectaires. « Sous des dehors fréquentables, on retrouve tous les signes de l’emprise sectaire avec perte d’identité progressive, souligne l’avocat. Les membres prient jusqu’à des heures tardives au point d’être épuisés, jeûnent deux jours par semaine, rompent avec leur famille. Tous ceux qui critiquent le mouvement sont diabolisés… ».

Le Parisien :  « Vivant en communauté dans deux maisons différentes – l’une pour les femmes, l’autre pour les hommes – les membres de NDML doivent être ‘’chastes’’. Vêtements moulants et jupes au-dessus des genoux sont proscrits pour les femmes et plusieurs couples ont été séparés par Maalouf et son bras droit, une certaine Marthe Q. qui, elle, prétend entendre la Vierge. »

L’urgentiste encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende, la peine maximale prévue par le Code pénal lorsque l’abus de faiblesse est commis par le dirigeant d’un groupement « qui poursuit des activités ayant pour effet de créer, de maintenir ou d’exploiter la sujétion psychologique ou physique ». Le conseil départemental de l’Ordre des médecins du Calvados s’est constitué partie civile.

A demain

@jynau

Vincent Lambert : nouveaux combats, vidéo et «remontada»; funestes polémiques médiatiques

Bonjour

Jusqu’où ? La régression médiatique n’épargnera pas ce drame familial devenu affaire judiciaire. Bientôt les humoristes s’empareront de l’affaire Vincent Lambert. Déjà Les Grosses Têtes, sur RTL, offrent une croisière gratuite à un auditeur « s’il peut dire le nom de l’un des avocats des parents de Vincent Lambert » -celui qui a osé, hier, « être en liesse » en apprenant la décision de la Cour d’appel de Paris. Et qui a osé parler de « remontada » 1 Plus que funeste expression dont s’est aussitôt emparé le député (Mouvement Radical, Charente-maritime) Olivier Falorni gagant ainsi quelques minutes de célébrité médiatique dans l’hémicycle.

Où l’on voit aussi Laurent Joffrin, directeur de Libération, céder délibérément à la passion en dénonçant les fanatiques.

« Paroles des avocats des parents de Vincent Lambert, à l’annonce de la décision de la cour d’appel prescrivant la reprise des traitements, le tout dans une ambiance de fin de match : «On a gagné !», «c’est la remontada !». Déclaration de la mère de Vincent Lambert, avant ce nouveau délai, quand la fin des traitements a été annoncée : «C’est un crime, ce sont des nazis !» Laquelle a filmé une vidéo de son fils pour mettre le voyeurisme de son côté et exigé la «radiation» du médecin dont le «crime» a consisté à appliquer la loi. On voit de quel côté se situent la délicatesse, la décence, le sens de l’intimité et, pour tout dire, la charité chrétienne, dans cette affaire à tous égards tragique.

La vérité, c’est que les autorités médicales et judiciaires, jusqu’à la décision de la cour d’appel incluse, ont scrupuleusement respecté la lettre et l’esprit de la loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie médicalisée, votée à la quasi-unanimité par l’Assemblée nationale (une assemblée de «nazis»,sans doute…) et appliquée depuis dans des centaines de cas similaires. L’indécence est d’ailleurs contagieuse : plusieurs leaders de la droite ont pris le parti extrême des parents Lambert, en contradiction totale avec le texte qu’ils ont eux-mêmes voté.

Cette loi est claire, en effet : si la volonté du patient va dans ce sens et si famille et médecins sont d’accord, il est à la fois légal et humain de ne pas se livrer à un acharnement «déraisonnable» en faveur de personnes réduites l’état végétatif sans espoir d’amélioration. Il n’y a aucun «crime»,aucune «illégalité», et encore moins de «nazis» ou de « remontada ». L’usage de ce vocabulaire outrancier, agressif et vulgaire confirme ce qu’on sait depuis le début : les parents Lambert, membre d’une secte illuminée d’intégristes catholiques, la Fraternité Saint Pie X, avec laquelle Vincent Lambert avait rompu brutalement, ont instrumentalisé la souffrance de leur fils dans le but d’imposer leurs principes obscurantistes et de porter haut les dogmes dont ils sont les croisés enfiévrés.

La volonté de Vincent Lambert ? Son épouse Rachel, qui vit depuis dix ans un double calvaire, personnel et médiatique, en est l’interprète légitime : Vincent, dit-elle – sans que les beaux-parents puissent la contredire sur ce point – ne souhaitait en rien qu’un jour, en cas de malheur, on fasse preuve d’acharnement à son endroit. C’est l’obstination de sa mère et celle de son père, longtemps militant de l’association Laissez-les vivre, qui a bloqué le processus légal. Cette obstination aboutit maintenant à clouer au pilori le docteur Sanchez, honnête médecin qui s’est contenté d’agir dans les règles.

La décision de la cour d’appel, surprenante, prolonge cette situation absurde. Ainsi le chemin de croix de son épouse et de ses proches pourra continuer pendant des mois, sous l’œil impudique des caméras, au milieu des cris discordants de zélotes fanatisés. »

Et maintenant ? Les parents de M. Lambert demandent, à nouveau, sa prise en charge dans un autre établissement de santé. « Ce n’est pas un sursis, c’est un nouveau départ. Le combat, à partir d’aujourd’hui, c’est le transfert de Vincent dans une unité spécialisée où il sera pris en charge de manière bienveillante par des spécialistes et non plus par ce CHU qui n’a fait de lui qu’un mort en sursis », a déclaré l’un des avocats des parents, Me Jérôme Triomphe, reprenant une position maintes fois affirmée. Et un transfert qui (pourquoi ?) n’avait jamais été autorisé. La mère, Viviane Lambert, s’était exprimée dans le même sens plus tôt dans la matinée en arrivant au CHU : « Vincent va bien. Nous demandons qu’il sorte de cet hôpital. Vincent n’est pas en fin de vie. Regardez les vidéos. Tout se passe dans le regard. Vincent n’a besoin que de boire, manger et d’amour. »

A l’opposé, Me Francis Fossier, l’avocat de Rachel Lambert, l’épouse et tutrice de Vincent Lambert, a annoncé sur Franceinfo qu’une plainte allait être déposée à la suite de la publication sur le site de l’hebdomadaire Valeurs actuelles d’une vidéo vraisemblablement tournée par les parents de M. Lambert montrant le patient allongé sur le côté tandis que sa mère lui parle. « On est dans l’intime d’un couple, d’une famille, a dénoncé Me Fossier. Diffuser de telles images, parler de “remontada” , vous vous rendez compte ? Comme dans un match de foot… C’est inqualifiable ».

On ne qualifiera pas

A demain

@jynau

1 « Remontada ». « Remontada in Spanish language means comeback. The word is often used when a team is behind on goals and needs to turn things around in order to win. They need a big comeback or remontada.

One of the most famous comebacks in history is when Liverpool overcame the first half 3-0 deficit to AC Milan in the 2005 Champions League final, to even the game up at 3-3 and eventually win the tournament via penalties.

The more recent ‘Remontada’ for the history books is the 2017 Barcelona win over Paris Saint-Germain in the Round of 16 of the Champions League. PSG won the first game in Paris 4-0 and Barcelona won the return match with the score of 6-1. Barca scored three times in the last few minutes of the game
. »

Quand Libération et Le Figaro éclairent de manière exemplaire l’affaire Vincent Lambert

Bonjour

21 mai 2019. Il y a la solennité tragique du sujet. L’émotion nationale et internationale (« Vincent Lambert: Life support must resume after court reverses ruling », BBC) qu’elle suscite. Les rebondissements spectaculaire dont elle est l’objet. L’affaire Vincent Lambert a pour effet de conduire les médias généralistes à dépasser les propos attendus, à élargir leurs colonnes. C’est le cas aujourd’hui de Libération et du Figaro.

Pour Libé nous venons de citer le remarquable « message aux Français » du Pr  Steven Laureys, spécialiste belge de neurologie, à la tête  Coma Science Group centre pionnier du  CHU de Liège et expert de renommée internationale (on trouvera ici sa biographie résumée). Extrait

« Mon deuxième message est d’inviter chaque citoyen à rédiger un testament de vie ou des directives anticipées, ou à choisir une personne qui saura dire votre souhait si vous n’êtes plus en état de l’exprimer. C’est essentiel que la personne soit entendue et que, par exemple, le choix de Vincent Lambert soit entendu. Mais pourquoi est-il si difficile d’avoir un débat démocratique sur ces sujets ? Les situations ne sont jamais ni toutes noires ni toutes blanches. Avec Vincent, l’histoire s’est tant polarisée qu’elle est devenue une affaire de lobbys. Et cela des deux côtés. On oublie la complexité, la réalité biologique.

« Il n’y a pas un droit à la vie ou la mort, mais un droit à la qualité de vie. En vingt ans, j’ai fait un cheminement, je ne juge plus. Qui suis-je pour dire le bon choix ? C’est triste que ce débat soit si difficile en France. Vous avez d’excellents hôpitaux, des soins intensifs remarquables, mais il y a des choses qui nous échappent. Là est le défi : avoir un débat serein.»Et en écho, dans Le Figaro un texte également remarquable : « Vincent Lambert, l’otage de nos peurs ». Il est signé de Laurence de Charrette. Extrait

«  Vincent Lambert est la victime de cette grande opération de dénégation qu’a entreprise l’homme moderne, qui croit vaincre la mort en la donnant lui-même, ou bien la nie en chassant les mourants des maisons comme autrefois on éloignait les lépreux dont on craignait la contagion. Il est l’exutoire d’une nouvelle poussée de cet hygiénisme hostile à toutes les formes de faiblesse, vues comme autant d’affronts au progrès et d’obstacles à l’épanouissement. Et, plus profondément, il est l’otage de nos peurs

« Dans cette conception manichéenne du monde amputée de transcendance, les ‘’gentils’’ sont ceux qui nous feraient la politesse de s’en aller proprement, vite fait bien fait, s’il vous plaît – «dignement», nous dit-on. Non parce qu’ils seraient forcément si las de cheminer sur la terre, même lorsqu’il leur faut emprunter des sentiers escarpés, mais bien parce que, nous, nous ne voulons pas voir sur leurs visages et dans leurs corps les signes des maladies ou du temps qui passe et nous attend, quelque part, à notre heure.

« Les ‘’méchants’’, quant à eux, chercheraient à imposer une vie monstrueuse à des êtres déchus pour lesquels l’existence serait une humiliation – à moins que ce ne soit l’inverse, et que ce ne soit eux que l’on juge humiliants pour le monde. Ces rustres seraient pleins de cruauté pour les plus faibles et de ridicule dans leur obstination à chercher la grandeur de l’humanité dans ses blessures. Sans doute Romain Gary, si merveilleux poète des fragilités dont on loue l’entrée dans la ‘’Pléiade’’, devrait-il aujourd’hui être classé du côté obscur de la Force…« Aveuglés par cette sorte de dolorisme masochiste – qu’on attribue aux catholiques notamment -, les ‘’méchants’’, toujours, issus d’une caste désuète et ignorante qui n’aurait pas été suffisamment éclairée par les lumières du progrès, nourriraient un appétit malsain pour la souffrance – surtout chez les autres. Peu importe, aux yeux de leurs accusateurs, que de grands établissements de soins palliatifs, comme l’institut Jeanne-Garnier, où Jean Vanier s’est éteint il a deux semaines, aient été au contraire fondés sous l’impulsion des chrétiens… (…)

« Il ne faut pas s’étonner que cette vision tronquée et cruellement privée de compassion de l’humanité conduise à glisser, un jour ou l’autre, du désir d’«accompagner la fin de vie sans faire obstacle à la mort» (soins palliatifs) à la volonté de provoquer la mort en faisant obstacle, cette fois, à la vie. L’euthanasie, qui est au cœur du débat que soulève l’affaire Vincent Lambert, sorte de raccourci magique qui permettrait de passer de vie à trépas en court-circuitant l’agonie, serait ainsi une assurance contre toutes souffrances, espèrent ses partisans. Ils en font ainsi une ‘’liberté’’ (fondamentale, forcément), se refusant à admettre que, par nature, la liberté ne peut déprendre d’un événement et qu’elle ne se conquiert que par la voie intérieure. »

21 mai 2019. Il n’est pas interdit de lire le plus vieux quotidien de France encore en vie et, en même temps, celui créé par Jean-Paul Sartre. Pas plus qu’il est interdit d’imaginer que le message à nous adressé par le Pr Steven Laureys n’est pas incompatible avec les convictions exprimées par Laurence de Charrette.

A demain

@jynau

Vincent Lambert : le Dr Michel Aupetit, archevêque de Paris, cite Michaël Schumacher

Bonjour

Jamais une affaire médicale avait, en aussi peu de temps, suscité autant de voix dans les sphères du pouvoir. A peine le président de la République s’était-il exprimé via son compte facebook que La Croix (Clémence Houdaille) révélait les propos de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris – qui fut médecin dans une autre vie.  « Alors que l’arrêt des soins de Vincent Lambert, patient en état pauci-relationnel, a débuté lundi 20 mai au CHU de Reims, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, a publié, le même jour dans la soirée, un communiqué titré ’Sommes-nous devenus de simples déchets ? ‘’ au sujet de ce ‘’cas si particulier est emblématique de la société dans laquelle nous voulons vivre’’ » résume le quotidien catholique.

« Mon cœur de prêtre me porte à prier pour lui, soumis à tant de pressions, et dont la vie ne peut dépendre que de décisions qui lui échappent », écrit l’archevêque de Paris, rappelant qu’il « y a quelques années, il a déjà subi un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation auquel il a survécu de manière étonnante ».

Le cas de cet homme de 42 ans, « traumatisé crânien lors d’un accident de la route est actuellement lourdement handicapé, tétraplégique et dépendant dans un lit au CHU de Reims » est « tout proche de celui de Michaël Schumacher, traumatisé crânien avec de lourdes lésions cérébrales et, lui aussi, en état pauci relationnel ». « Malgré la célébrité de ce champion de Formule 1, les médias ne se sont pas emparés de son cas médical et il peut jouir de soins spécialisés très attentifs en milieu privé », souligne Mgr Aupetit.

« Dans le cas précis de M. Vincent Lambert, on constate qu’il a les yeux ouverts, qu’il respire normalement, qu’il est dans un état stable, pas du tout en fin de vie », ajoute l’archevêque de Paris, ancien médecin, qui énumère les « soins de confort et de nutrition de base » nécessaires à Vincent Lambert

Le pape François prend la parole depuis Rome

La décision d’interrompre ces soins chez un patient handicapé s’oppose à la loi Claeys-Leonetti, selon Mgr Aupetit.

« Il n’est pas mentionné qu’il présente de souffrance insupportable qui nécessite une sédation profonde sauf évidemment dans le cas où l’arrêt de l’hydratation par les médecins entraînerait la douleur cruelle de mourir de soifIl ne s’agit pas d’une’obstination thérapeutique’puisque ce ne sont pas des soins curatifs d’une maladie incurable, mais simplement les soins corporels et nutritionnels de base que l’on doit aussi aux personnes âgées dépendantes, hémiplégiques, et aux bébés qui ne sont pas encore autonomes »

Mgr Aupetit évoque encore la Belgique ou les Pays-Bas, pays « moins-disant éthiques », où « il y a une anesthésie totale de la conscience » et où l’on « entend des enfants parler de manière naturelle de l’euthanasie de leurs parents comme s’il s’agissait d’une éventualité normale ». « Un membre du gouvernement belge, assise en face de moi lors d’une rencontre chez M. le président de la République, était très fière que son pays soit’en avance’, comme elle disait, raconte l’archevêque de Paris. Pourquoi ne cite-t-on jamais les pays qui ont une plus haute conscience éthique, comme l’Allemagne ou l’Italie ? »

Pour Mgr Aupetit, nous sommes aujourd’hui face à « un choix de civilisation très clair » :

«  Soit nous considérons les êtres humains comme des robots fonctionnels qui peuvent être éliminés ou envoyés à la casse lorsqu’ils ne servent plus à rien, soit nous considérons que le propre de l’humanité se fonde, non sur l’utilité d’une vie, mais sur la qualité des relations entre les personnes qui révèlent l’amour ». « N’est-ce pas ainsi que cela se passe lorsqu’une maman se penche de manière élective vers celui de ses enfants qui souffre ou qui est plus fragile ? C’est le choix devant lequel nous nous trouvons. Une fois de plus nous sommes confrontés à un choix décisif : la civilisation du déchet ou la civilisation de l’amour. »

Ce n’est pas tout. Paris est ici en résonance étroite avec Rome. « Prions pour ceux qui vivent dans un état de grave handicap. Protégeons toujours la vie, don de Dieu, du début à la fin naturelle. Ne cédons pas à la culture du déchet », a écrit ce même jour le pape François dans un message publié sur tous ses comptes Twitter de différentes langues. Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti, a été plus explicite en retweetant le message avec la mention en français : « Prions pour Vincent Lambert ».

A demain

@jynau

Vincent Lambert : la supplique des évêques de France convaincra-t-elle Emmanuel Macron ?

Bonjour

La scénarisation est remarquable et, très bientôt, la tragédie sera difficilement soutenable. Aujourd’hui samedi, à l’avant-veille de la « semaine du 20 mai » voici une prise de parole que l’on n’attendait pas. En marge du législatif et de l’exécutif , après la décision de Ponce Pilate/Jacques Toubon,  voici la Conférence des évêques de France (CEF) qui s’étonne de la « précipitation » à conduire « vers la mort » Vincent Lambert. « Pourquoi cette précipitation pour le conduire vers la mort ? », écrit dans une déclaration publique 1 le groupe bioéthique de la CEF. Il déplore avec gravité que le gouvernement veuille passer outre l’avis du Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) qui recommande la suspension de décision d’arrêt de la nutrition :hydratation – jugée légale par le Conseil d’Etat.

On sait que dans un récent avis, ce comité de l’ONU a demandé que le traitement de Vincent Lambert soit maintenu le temps de pouvoir examiner son dossier.

« Pourquoi ne pas attendre la réponse sur le fond de la part du comité de l’ONU ? », demande la CEF, rappelant que la France est signataire de la Convention relative aux droits des personnes handicapées dont cette instance est l’émanation. « Pourquoi l’Etat français, qui met son honneur dans la promotion des droits de l’homme, se dispenserait-il du respect de cette convention pour M. Vincent Lambert ? », poursuit le communiqué. Extrait :

« M. Vincent Lambert est un citoyen qui a le droit au respect des règles démocratiques dont le minimum est la cohérence avec les conventions signées. Pourquoi l’État français, qui met son honneur dans la promotion des droits de l’Homme, se dispenserait-il du respect de cette Convention pour M. Vincent Lambert ? Pourquoi cette précipitation pour le conduire vers la mort ? On peut répéter que la décision prise ne concerne bien sûr que M. Vincent Lambert car sa situation est unique et complexe. Mais qui garantira que toutes les personnes partageant un handicap analogue au sien seront effectivement protégées par l’État qui, tout en s’y engageant officiellement, bafouerait aujourd’hui son engagement ? La crédibilité de l’État passe par le respect de sa parole donnée. Il paraît donc sage et nécessaire d’attendre la réponse sur le fond du Comité de l’ONU. »

Le même jour, dans une lettre ouverte, les avocats des parents de Vincent Lambert ont eux aussi imploré Emmanuel Macron de faire « respecter les mesures provisoires réclamées » par le CIDPH. Selon eux, sa mort programmée « apparaîtra aux yeux de la postérité comme un crime d’Etat commis au prix d’un coup de force contre l’Etat de droit ».

« Cette demande ne devrait pas modifier la position de la France qui met en avant le ‘’droit du patient à ne pas subir d’obstination déraisonnable’’ » estime l’Agence France Presse. Le 5 mai, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, avait expliqué que la France n’était pas tenue « légalement » par ce comité. Certes. Mais Emmanuel Macron, président de la République et catholique entendra-t-il la supplique des évêques de France ?

A demain

@jynau

1 Le texte de la déclaration « Pourquoi cette précipitation pour conduire Vincent Lambert vers la mort ? » est signé Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, responsable du Groupe bioéthique de la Conférence des évêques de France, Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges, Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, Mgr Hervé Gosselin, évêque d’Angoulême, Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude, Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, Père Brice de Malherbe, Collège des Bernardins à Paris et Père Bruno Saintôt, Centre Sèvres à Paris

Vincent Lambert, mort annoncée : Ponce Pilate et l’appel solennel des quatre-vingt treize

Bonjour

Nous approchons de la « semaine du 20 mai ». Les mots vont-ils bientôt manquer ? Le Défenseur des droits a estimé, vendredi 17 mai, qu’il « ne lui appartient pas » de décider du sort de Vincent Lambert – désormais présenté par les médias généralistes comme un « tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans ».

Rappel : après l’annonce à la famille, la semaine dernière par courrier de l’interruption programmée de l’alimentation/hydratation de Vincent Lambert, les avocats de ses parents, MJean Paillot et MJérôme Triomphe, avaient saisi le Défenseur des droits (Jacques Toubon). Objectif :  qu’il intervienne pour faire appliquer les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) de l’Organisation des nations unies (ONU), enjoignant à la France de suspendre cette mesure aux conséquences mortelles  avant une instruction sur le fond. 

« C’est au Défenseur des droits de monter au créneau et de faire pression sur le gouvernement français pour que les mesures provisoires soient effectives », avaient expliqué les avocats. La réponse du Défenseur des droits vient de faire l’objet d’un communiqué de presse. Où l’on découvre la réponse du gouvernement aux mesures provisoires demandées par le comité de l’ONU :

« Le Défenseur des droits constate qu’en l’espèce, le 7 mai 2019, l’État français a examiné avec attention et célérité la demande du Comité en lui adressant ses observations argumentées.

 L’État français indique ne pas être ‘’en mesure de mettre en œuvre la mesure conservatoire qu’il lui a adressée ». Il le justifie notamment par le fait que « la situation de M. Vincent Lambert a fait l’objet d’un examen particulièrement attentif des juridictions nationales, qui ont jugé, à plusieurs reprises, que la décision d’arrêt des traitements (…) était conforme à la loi (…) la [CEDH] a jugé que cet arrêt des traitements ne violait pas les obligations de la France au regard de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales’’ et que ‘’la remise en cause de la décision d’arrêt des traitements, par une nouvelle suspension qui priverait d’effectivité le droit du patient à ne pas subir d’obstination déraisonnable, n’est pas envisageable’’ ».

En conclusion le Défenseur des droits souligne que la demande de mesures provisoires du Comité des Nations Unies entre en contradiction avec les décisions de justice nationales et européennes précitées et « qu’il ne lui appartient pas de résoudre cet éventuel conflit de normes ». Où l’on songe, immanquablement, à Ponce Pilate.

La tribune des quatre-vint treize, dans Valeurs actuelles

Dans le même temps quatre-vingt treize 1 magistrats, avocats, universitaires spécialistes du droit, notaires viennent de signer une tribune pour dénoncer, solennelement,  la décision « la plus inhumaine que l’on puisse prendre », celle engagée par le médecin du CHU de Reims, et qui intervient à l’issue de nombreux recours, de suspendre l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert. Ils ajoutent « rien ne peux justifier cette décision » :

« Si nous ne faisons rien d’ici au 20 mai 2019, Vincent Lambert va mourir. Abandonné par ses soignants qui ont décidé « collégialement » de mettre fin aux soins, à l’hydratation et à l’alimentation d’une personne qui n’est pas en fin de vie, Vincent va mourir de faim, de soif et d’absence de soins élémentaires, sous le regard froid d’un corps médical qui a sciemment décidé de violer son serment de ne pas nuire à son prochain. Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, il n’est pas atteint d’une maladie incurable, il est dans cette situation terrible d’une dépendance absolue après un grave accident, celle d’un être humain qui peut continuer à vivre simplement en recevant les soins auxquels toute personne a droit (lesquels devraient inclure le fait d’être nourri et hydraté, qualifiés hélas par la loi de « traitement »).

Le médecin du Centre hospitalier universitaire de Reims a pris cette décision, ultime décision après de nombreux recours exercés par une partie de la famille de Vincent Lambert et finalement rejetés par les juridictions françaises et la Cour européenne des droits de l’homme. Cette décision est la plus inhumaine que l’on puisse prendre : décider, par son libre arbitre, de la vie et de la mort d’un homme, c’est-à-dire de son prochain, au « pays des droits de l’homme » dans lequel notre Constitution énonce que « nul ne peut être condamné à la peine de mort ».

Accepter cette décision, pour la société française, signifierait que l’on a perdu, chez nos concitoyens, le sens de la valeur infinie de la vie, quelle qu’elle soit, diminuée, inconsciente, limitée par la maladie et le handicap. Rien ne peut justifier cette décision. Notre société a-t-elle perdu le sens de ses propres valeurs au point de rester en silence devant une décision de mort donnée de sang-froid ? C’est aux Français que nous nous adressons pour qu’ils demandent fermement au ministre de la Santé et aux responsables du Centre hospitalier de Reims de ne pas commettre l’irréparable.

Pourtant, un signal est venu d’un comité international. Le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH) a rendu le vendredi 3 mai 2019 une décision de « mesures provisoires »demandant à l’État français de ne pas mettre à exécution la décision d’arrêt d’alimentation et d’hydratation. Notre gouvernement doit suivre cette demande qui engage la France, membre de l’Onu.

Une solution est possible et l’on voudrait comprendre pourquoi elle n’a pas été mise en œuvre : déplacer Vincent Lambert dans une structure plus adaptée, comme il en existe plusieurs dans notre pays, afin de redonner à Vincent une perspective de vie que personne n’est en droit de lui refuser. Ce serait un soulagement pour tous : pour Vincent d’abord dont l’horizon est nettement rétréci par une véritable incarcération hospitalière, pour sa famille et ses parents ensuite qui pourraient ainsi retrouver une relation plus facile avec lui, mais aussi pour le Centre hospitalier de Reims sur lequel ne pèserait plus cette responsabilité bien lourde.

Chaque Français doit, en conscience, défendre la vie de Vincent Lambert car, en Vincent, c’est notre humanité qui est souffrante et qui nous ressemble. C’est parce que la vie est diminuée qu’il faut d’autant plus la respecter. Que chacun d’entre nous adresse cette demande aux autorités publiques et aux médecins : respectez la vie de Vincent Lambert et confiez-le à ceux qui veulent lui conserver sa dignité d’homme. »

A demain

@jynau

1 La liste des signataires :

1.    Guillaume Drago, professeur des Facultés de droit, président de l’Institut Famille & République.
2.    Geoffroy de Vries, secrétaire général de l’Institut Famille & République, avocat
3.    Yohann Rimokh, avocat
4.    Grégory de Moulins Beaufort, avocat
5.    Santiago Muzio de Place, avocat
6.    Sophie Herren, avocat
7.    Pauline Corlay, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation
8.    Guillaume Bernard, maître de conférences (HDR) en histoire du droit
9.    Marie-Thérèse Avon-Soletti, maître de conférences honoraire d’histoire du droit
10.  Guillaume de Tilly, notaire
11.   Jean-Tugdual Le Roux, notaire
12.   Vincent Puech, avocat
13.   Tanguy Barthouil, avocat
14.   Nathalie Gounel, directrice d’un établissement médico-éducatif, avocat de formation
15.   Adeline Le Gouvello, avocat
16.   Cécile Derains, avocat
17.    Bertrand Pauvert, maître de conférences (HDR) des Facultés de droit
18.    Jacques Bichot, professeur émérite à l’Université Lyon III
19.    Claire de La Hougue, docteur en droit, chercheur associé au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ, Strasbourg)
20.    Amaury de Saint Amand, docteur en droit, Avocat
21.    Bénédicte Palaux Simonnet,  ancien avocat, chercheur
22.    Bertrand Lionel-Marie, avocat
23.    Gaëlle Lionel-Marie, avocat
24.    Benoit Sevillia, avocat
25.    Françoise Besson, avocat
26.    Aymeric de Bézenac, avocat
27.    Grégor Puppinck, docteur en droit, directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ, Strasbourg)
28.    Marc Dumont, notaire
29.    Anne Morineaux de Martel, avocat honoraire
30.    Christophe Bourdel, avocat
31.    Florian de Mascureau, avocat
32.    Philippe Couturier, avocat, ancien Bâtonnier
33.    Jean-Pierre Gridel, magistrat honoraire
34.    Armelle Josseran, avocat
35.    Ambroise Chartier, juriste et chargé d’enseignement à l’Université
36.    Cyrille Dounot, professeur d’histoire du droit, université Clermont Auvergne
37.    Sophie de Noray, Avocat
38.    Jacques Lafond, docteur en droit, avocat honoraire
39.    Nicolas Bauer, doctorant en droit
40.    Martine Ruffier-Monet, avocat
41.    Victoria Hogard, avocat
42.    Nathalie Deleuze, avocat
43.    Jean-Pierre Claudon, avocat
44.    Bernard Rineau, avocat
45.    Benoît de Lapasse, avocat
46.    Laurent Hay, Avocat
47.    Cyrille Dutheil de La Rochère, docteur en Droit, chargé de cours à l’Université, avocat
48.    Michel Bastit, Professeur à l’université de Bourgogne
49.    Matthieu Bottin, avocat
50.    Raymonde Vatinet, professeur des Facultés de droit
51.    Capucine Augustin, avocat
52.    Olivia du Jonchay, juriste
53.    Joël Hautebert, professeur des Facultés de droit
54.    François Vallançon, maître de conférences honoraire des Facultés de droit
55.    Anne-Sophie Delobre, notaire assistant, doctorant
56.    Cyrille Callies, juriste
57.    Claire Bouglé-Le Roux, maître de conférences des Facultés de droit
58.    Joël-Benoît d’Onorio, professeur des Facultés de droit
59.    Julien Couard, Maître de conférences HDR des Facultés de droit
60.    Ramu de Bellescize, maître de conférences HDR des Facultés de droit
61.    Jean-Michel Lemoyne de Forges, professeur émérite des Facultés de droit
62.    Philippe Pichot, Maître de conférences HDR des Facultés de droit
63.    Vincent Morati, notaire
64.    Alexandre Deroche, professeur des Facultés de droit
65.    Alice d’Anthoüard, avocat
66.    Jean-Luc Thiver-Joly, docteur en droit
67.    Bruno Le Griel, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation
68.    Laurent Hecketsweiler, maître de conférences HDR des Faculté de droit
69.    Pauline du Fayet de la Tour, avocat
70.    Benoit Gruau, avocat
71.    Jean-Baptiste Geay, avocat
72.    Loïc Rigal, docteur en droit
73.    Tangi Noel, docteur en droit, avocat
74.    Marta Peguera Poch, professeur des Facultés de droit
75.    Père Marc Guelfucci, docteur en droit
76.    Frédéric Pichon, avocat
77.    Claire Perret, avocat
78.    Laurent Ferracci, avocat
79.    Eric Dhorne, avocat, ancien bâtonnier
80.    Arthur de Dieuleveult, avocat
81.    Jean-Baptiste Pierchon, maître de conférences des Facultés de droit
82.    Élise Frêlon, Maître de conférences des Facultés de droit
83.    François-Xavier Lucas, professeur des Facultés de droit
84.    François Moulière, docteur en droit, avocat
85.    Laurent Frénéhard, avocat
86.    Claire de Roquemaurel, juriste, ancien avocat
87.    Stéphane Caporal, professeur des Facultés de droit
88.    Philippe Marion, avocat
89.    André Bonnet, avocat
90.    Raphaël Peuchot, avocat
91.    Carole Rostagni, docteur en droit, avocat
92.    Gaétan de La Bourdonnaye, avocat.
93.    Alain Toulza, juriste