Cigarette électronique : coupable déni officiel français, vive le pragmatisme britannique !

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Tenter seul un sevrage brutal de l’addiction au tabac (« cold turkey ») ne donne le plus souvent que de maigres résultats positifs – de l’ordre de 4% à un an. Mieux vaut, pour briser ses chaîne tabagiques, avoir recours aux substituts nicotiniques au premier rang desquels la cigarette électronique. Telle est le message (rapporté par la BBC) des autorités sanitaires britanniques à la veille du lancement (1er octobre) de l’opération anuelle « Stoptober » – une version autrement plus élaborée, originale et percutante que notre pusillanime « Moi(s) sans tabac ».

Une opération pragmatique qui vante, donc sans fard les vertus de la cigarette électronique dans le champ de la réduction des risques individuels et collectifs. Une opération qui, cette année, fera la promotion d’un plan personnel gratuit d’abandon du tabac : online personal quit plan service. La baisse des taux de tabagisme a atteint un niveau record en Angleterre : 15% seulement de la population – soit une baisse d’un quart depuis 2011. Cela équivaut à un peu plus de six millions de fumeurs au total. Quant à la cigarette électronique, 3,2 millions de personnes y ont désormais recours – la plupart d’anciens fumeurs de tabac.

En France ? On recense de l’ordre de 30% de fumeurs dans la population générale. Et les autorités politiques sanitaires sont toujours dans le déni massif, récurrent et coupable des bénéfices inhérents à la cigarette électronique. L’affaire reste à comprendre et le procès à instruire.

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E-Cigarette et adolescents : en Amérique la FDA s’ingénie à augmenter les risques tabagiques

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« Comme un ultimatum » estime le site des buralistes français.  La puissante Food and Drug Administration (FDA) vient de donner soixante jours aux fabricants d’e-cigarettes et d’e-liquides pour lui présenter un plan destiné à réduire la consommation de leurs produits par les adolescents. Cela donne ceci : « FDA takes new steps to address epidemic of youth e-cigarette use, including a historic action against more than 1,300 retailers and 5 major manufacturers for their roles perpetuating youth access ».

Pour le Dr Scott Gottlieb, patron de la FDA, le recours à la e-cigarette a, dans son pays, atteint chez les adolescents la dimension d’une « épidémie ». Il s’en explique dans une longue déclaration : « Statement from FDA Commissioner Scott Gottlieb, M.D., on new steps to address epidemic of youth e-cigarette use ». Et si l’administration sanitaire américaine n’est pas convaincue par les réponses des industriels, les « arômes parfumés » pourraient être tout simplement interdits.

Pour la FDA la commercialisation de liquides aux parfums fruités ou sucrés rend ces produits particulièrement attrayants pour les jeunes consommateurs qui n’ont pourtant pas le droit d’acheter de cigarettes électroniques. « La disponibilité des cigarettes électroniques ne peut pas se faire au prix d’une dépendance des nouvelles générations à la nicotine, cela ne se passera pas ainsi », martelle Scott Gottlieb.

Collèges et lycées

« Alors que les ventes de tabac conventionnel ne cessent de reculer aux États-Unis, celles de cigarettes électroniques progressent : en moyenne de 25 % par an depuis quatre ans, explique le site des buralistes. Et cette vogue n’a pas épargné les abords des collèges et des lycées, où le vapotage a supplanté la cigarette, en partie du fait du succès de fabricants parmi lesquels JUUL.

« La FDA est-elle sur le point de tuer la vape aux États-Unis ? » s’interroge le site vapingpost.com (Alister Servet). Il observe que si la déclaration de Scott Gottlieb commence bien elle se termine différemment :

« Notre plan global de lutte contre les effets nocifs du tabagisme (ndlr : plan de la FDA) a été fondé sur un principe d’animation central. Ce qui cause principalement la mort et les maladies liées au tabagisme n’est pas la nicotine contenue dans ces produits. C’est l’acte d’allumer du tabac pour libérer cette drogue pour l’inhalation. Alors que c’est la dépendance à la nicotine qui incite les gens à fumer,c’est surtout la combustion qui libère des milliers de constituants nocifs dans l’organisme à des niveaux dangereux, qui tue les gens  »

« Nous devons nous assurer que nous évaluons correctement l’impact net sur la santé publique de produits comme les e-cigs avant qu’ils n’obtiennent l’autorisation de mise sur le marché de la FDA, et que ces produits répondent à leurs responsabilités réglementaires. Ces produits peuvent encore poser des risques pour la santé, y compris la possibilité de libérer certains produits chimiques à des niveaux plus élevés que les cigarettes conventionnelles, et ces risques potentiels doivent être examinés de plus près ».

Pour vapingpost.com Scott Gottlieb fait très probablement référence aux nombreuses études à la méthodologie douteuse, et ayant très rapidement, après leur publication, été démontées par de nombreux experts du domaine.

« Oui, brûler un e-liquide libère des substances toxiques. Cependant, il est important de rappeler que dans le cadre d’une utilisation normale de la cigarette électronique, ces substances sont tout simplement absentes de la vapeur inhalée par les vapoteurs. »

Esclavage du tabac

Suite de Scott Gottleib :

« Nous annonçons la plus grande initiative jamais coordonnée contre les ventes illégales (ndlr : de produits de la vape à des mineurs) dans l’histoire de la FDA. Il s’agit de la plus importante mesure d’application de la loi de l’histoire de l’organisme(qui ciblera les ventes en ligne et en boutiques). Nous avons envoyé plus de 1 100 lettres d’avertissement aux magasins pour la vente illégale de cigarettes électroniques à des mineurs. De plus, nous avons imposé 131 autres pénalités civiles à des magasins qui ont continué de violer les restrictions sur les ventes aux mineurs.

«  Mais nous devons faire davantage pour endiguer ce que je considère comme une épidémie d’utilisation de la cigarette électronique chez les adolescents, et des tendances profondément inquiétantes qui ne montrent aucun signe de ralentissement. (…) L’un des facteurs que nous évaluons de près est la disponibilité des saveurs caractérisantes. Nous savons que les saveurs jouent un rôle important dans l’attrait des jeunes. Et compte tenu des tendances en cours, nous pourrions prendre des mesures pour réduire la commercialisation et la vente de produits aromatisés. Nous sommes en train d’évaluer activement comment nous pourrions mettre en œuvre une telle politique. »

Pour vapingpost.com la situation est claire : la FDA compte tout simplement ignorer les études ayant d’ores et déjà prouvé que les arômes sont l’une des principales raisons pour laquelle la vape est aussi efficace en tant qu’outil de sevrage tabagique, et pense à les supprimer. Quelles conséquences pratiques aurait une telle suppression ? Les mêems causes produisant, outre-Atlantique également, les mêmes effets on peut raisonnablement imaginer que la FDA pousserait, de fait, les adolescents à entrer directement dans l’esclavage, hautement plus toxique, de la nicotine du tabac.

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Politique :  le paquebot Tobacco  se lance à l’abordage des esquifs français du vapotage

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Cinq ans après la Révolution des volutes est-elle en grand danger ? La création de « France Vapotage » pourrait le faire craindre. Il s’agit ici, nous dit le site des buralistes, d’une « fédération professionnelle » créée par « des fabricants de produits du vapotage opérant en France ». Objectif : « défendre leurs intérêts et faire la promotion de la cigarette électronique comme ‘’outil de sortie du tabac’’ ».

 Pour un peu on applaudirait à la naissance de ce lobby. Mais la vérité, comme souvent, est un peu plus compliquée. Surtout quand on découvre que parmi les six membres fondateurs on retrouve  les géants cigarettiers  British American Tobacco, Imperial Brands et Landewyck – accompagnés de deux fabricants de produits pour cigarettes électroniques et d’une boutique spécialisée.

C’est là un symptôme : les crocodiles ont saisi que le vent commençait sérieusement à tourner.  Aujourd’hui, plus de deux millions de Français vapotent – un  chiffre est en constante progression. « Forts de ce constat, des fabricants de produits du vapotage opérant en France ont souhaité́ s’unir pour organiser et structurer leur secteur d’activité » expliquent, ouvertement, France Vapotage. Et de se donner une mission : « instaurer, auprès de l’ensemble des parties prenantes, publiques et privées, françaises et européennes, tout échange constructif propre à̀ servir les intérêts du vapotage ». Voilà qui est clair. Et pour la France ?

« Les objectifs sont de permettre le développement responsable de la filière, de promouvoir le vapotage comme outil de sortie du tabac, d’informer et défendre les consommateurs actuels et futurs. Notre Fédération a vocation à̀ rassembler et organiser la filière en France car nous sommes pleinement conscients des enjeux économiques et sanitaires majeurs portés par notre secteur d’activité́. Avec cette structure, nous voulons créer les conditions optimales du dialogue entre nos membres comme auprès de toutes les autres parties prenantes : entreprises, pouvoirs publics, communauté́ scientifique et consommateurs.»

Un siège unique pour fumer et vapoter

On peut le dire autrement : France Vapotage entend faire entendre ses intérêts auprès des pouvoirs publics français qui ont toujours fermé leur porte aux militants novateurs et financièrement désintéressés de la Révolution des volutes. C’est bel et bien à cette aune qu’il faut décrypter le discours de France Vapotage qui s’attachera à « créer les conditions du dialogue entre la filière et les pouvoirs publics », à « développer une campagne de sensibilisation avec les pouvoirs publics » ou à « simplifier les règles relatives au vapotage dans les espaces à usage collectif ».

Un France Vapotage muet, par définition, sur la lutte contre la consommation de tabac. Depuis leur Celtique les buralistes observent que les boutiques indépendantes de cigarettes électroniques se sont regroupées au sein du Syndicat interprofessionnel des indépendants de la Vape (Si2V). Il faut aussi compter avec la Fivape (Fédération Interprofessionnelle de la Vape) l’Aiduce  (Association Indépendante Des Utilisateurs de Cigarette Électronique) et l’historique et irremplaçable association Sovape.

Courageuse Sovape « qui  a pour but de développer, défendre et promouvoir une culture de réduction des risques et des dommages associés aux usages des produits fumés en général et du tabagisme en particulier ». « France Vapotage (dont le siège se trouve à la même adresse que British American Tobacco France) aura-t-elle de meilleures chances que nous d’obtenir des rendez-vous avec le gouvernement, en particulier avec Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé qui reçoit régulièrement les buralistes » interroge, amer, Sebatien Béziau, vice-président de Sovape.

M. Béziau, comme nombre des spécialistes de la réduction des risques (et donc, par définition, indépendants de l’industrie du tabac), dénonce une nouvelle fois la disparition, de fait, du « Groupe de travail vapotage » qu’était parvenu à mettre en place le Pr Benoît Vallet, ancien Directeur général de la Santé – et ce en dépit des allergies de Marisol Touraine vis-à-vis de la cigarette électronique. Agnès Buzyn n’a pas souhaité prolonger la survie de cette une structure originale entre deux mondes étrangers. Et le successeur de Benoît Vallet ne semble nullement intéressé par ce levier – un levier politique qui aiderait à la réduction de la première cause évitable de mortalité prématurée.

Découvrira-t-on, grâce à France Vapotage, les causes véritables de l’étrange désintérêt pour la e-cigarette du pouvoir exécutif français ?

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Smokitten®: arrêter le tabac en jouant sur son portable. A quand l’équivalent pour l’alcool ?

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Le studio de développement DOWiNO vient de sortir Smokitten, un jeu sur téléphone portable destiné à aider celles et ceux qui tentent d’arrêter de fumer. Smokitten (disponible sur l’App Store et sur Google Play au prix de 4,99 euros) a été rendue possible grâce à une campagne de financement participatif qui a rapporté 25 000 euros.

Jeu et écran : une porte ouverte sur de nouvelles espérances thérapeutiques ? Lors de sa première connexion, le patient entre un certain nombre de données sur sa fréquence et son type de consommation de tabac. Un questionnaire de Fagerström est également réalisé pour évaluer le niveau de dépendance à la nicotine. Le jeu récompense le joueur en débloquant jusqu’à huit mini-jeux à mesure que s’allonge sa durée d’abstinence. Dans chaque jeu, le but est de collecter des pièces d’or destinées à acheter de quoi embellir l’île qui sert de maison à un chat compagnon. Si l’utilisateur tient 222 jours sans fumer, les développeurs lui promettent de « découvrir le secret de l’île ».

« Au-delà de son aspect mignon et décalé, Smokitten veut s’inscrire dans une démarche de santé publique et s’appuie sur l’expertise du centre Hygée (plateforme de santé publique du cancéropôle Lyon Auvergne-Rhône-Alpes), nous explique Le Quotidien du médecin (Damien Coulomb). Si l’utilisateur ressent un besoin irrépressible de fumer, un bouton ‘’HELP’’ envoie une notification à ses proches et au reste de la communauté des joueurs qui peuvent lui adresser en retour des messages d’encouragement. S’il ‘’craque’’, une autre icône déroule un questionnaire élaboré par des tabacologues, destiné à analyser quand, comment et pourquoi il a allumé une nouvelle cigarette. »

Le studio DOWiNO, spécialisé dans les « serious game » n’est pas un inconnu dans le champ médical. Il s’était fait connaître en 2015 avec « A Blind Legend », un jeu sans image pour personne mal voyantes. Peut-on imaginer de prochaines innovations dans la lutte contre les addictions ?

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Cannabis : une possible «mise à disposition» durant le second quinquennat Macron ?

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Sans doute existe-t-il, au sein de notre vaste Agence nationale du médicament, un bureau spécialisé chargé du trébuchet des mots et des phrases. C’est un bureau à féliciter. Ainsi ce petit chef d’œuvre que vient de diffuser l’ANSM annonçant la création d’un Comité Scientifique Spécialisé Temporaire (CSST). Ce dernier a été dénommé « Évaluation de la pertinence et de la faisabilité de la mise à disposition du cannabis thérapeutique en France ». Une lecture attentive s’impose :

« Ce CSST, créé pour un an, aura pour missions d’évaluer la pertinence de développer en France l’utilisation thérapeutique du cannabis pour certaines indications et de proposer le cas échéant, les modalités de sa mise à disposition.

« Les propositions qui émaneront des travaux de ce Comité seront basées notamment sur l’analyse de l’ensemble des données scientifiques disponibles et l’expérience d’autres pays l’ayant déjà mis en place, en prenant en compte le point de vue des patients. Ainsi, des représentants associatifs, des professionnels en santé et en sciences humaines seront étroitement associés aux travaux de ce Comité, soit en qualité de membres, soit en étant auditionnés. »

Antiques polémiques

On lira, pour en savoir plus et mieux, le texte publié aujourd’hui même sur The Conversation par le Dr Nicolas Authier,  psychiatre, professeur de pharmacologie médicale, directeur de l’Observatoire Français des Médicaments Antalgiques et président de la Commission des stupéfiants et psychotropes de l’ANSM : « Usage thérapeutique du cannabis : la France engage officiellement la réflexion ».

Ainsi donc la France va, enfin, « s’interroger sur l’usage médical du cannabis dans des pathologies chroniques mal soulagées par les traitements conventionnels ». Cette même France qui avait, il y a quelques années, donné une autorisation pour le marché à un médicament à base de cannabis (le Sativex®) mais qui a, depuis, toujours refusé le prix à payer.

Pour l’heure rien ne semble presser. Les membres de ce nouveau comité seront nommés « dans les prochaines semaines ». Une première réunion « se tiendra courant octobre » et le CSST remettra ses premières conclusions « d’ici la fin de l’année ».

Puis des conclusions à attendre dans un an. Puis des arbitrages par un pouvoir exécutif français comme toujours tétanisé par le sujet et qui botte ici une nouvelle fois en touche 1. Puis, sans doute des modifications législatives pour autoriser la dispensation de préparations magistrales de cannabis à usage médical, sans statut de médicament. Et l’on pressent, déjà, la résurgence d’antiques polémiques.

Et si tout va bien, dans le meilleur des mondes politiques possible, une décision pratique pourrait être prise avant la fin du quinquennat. Ou durant le suivant. Ou plus tard encore.

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1 « Cannabis et thérapeutique : pourquoi Agnès Buzyn fuit-elle ses responsabilités politiques ? » 11 juin 2018

Vapoter devant et derrière les barreaux : qui s’inspirera de la belle expérience de Caen ?  

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Une première en France. Au début de l’été elle était racontée par Ouest-France (Jean-Luc Loury). Elle l’est aujourd’hui par La Vape du Cœur : une association loi 1901 « ayant pour but de venir en aide aux personnes majeures rencontrant des difficultés financières, fumeuses ou ex-fumeuses ». Et ce « en leur distribuant du matériel pour la vape (vaporisateurs personnels ou e-cigarettes, e-liquides et accessoires) afin qu’elles puissent accéder gratuitement à un substitut au tabac fumé ». L’un des prolongements de la révolution des volutes.

C’est l’histoire de l’opération « Vape en milieu carcéral » lancée en mars dernier par le CHU Caen Normandie, en coopération avec cette association. Au départ un appel à projets lancé par l’ARS de Normandie dans le cadre d’un programme de réduction des risques en milieu pénitentiaire. Puis un travail élaboré par le Dr Marie Van der Schueren, responsable du service de tabacologie du CHU de Caen et Lidwine Troncy cadre de santé de l’US-DSS (unité sanitaire-dispositif de soins somatiques).

Objectif : permettre un accès à la vape aux détenus fumeurs dans le cadre d’un sevrage tabagique au sein des deux établissements de Caen (Maison d’arrêt et Centre pénitentiaire) ; un projet qui concerne également tout le personnel des deux établissements « permettant ainsi de créer un climat favorable à la mise en place du dispositif ».

En pratique c’est La Vape du Cœur, par le biais de son représentant Xavier Guyou, qui a apporté son expertise et formé les divers intervenants et détenus fumeurs au bon usage de la vape. M. Guyou parle par expérience. « Il y a encore quelques années, ce chauffeur routier fumait jusqu’à 70 cigarettes par jour. ‘’Je me réveillais la nuit pour fumer. Jusqu’au jour où mon gamin de 9 ans m’a demandé pourquoi je toussais autant le matin. J’ai jeté mon dernier paquet et je me suis mis à vapoter’’ a-t-il raconté à Ouest-France  En dix-huit mois, il a appris à ‘’défumer’’ et il se passe aujourd’hui de nicotine, ‘’mais je ne veux pas arrêter la cigarette électronique’’. »

Bons de cantine

A Caen les dispositifs ont été achetés grâce au financement octroyé par l’ARS pour ce projet. Les matériels utilisés, pour répondre aux exigences particulières (pas de rechargement possible par port micro USB) étaient des batteries «Spinner 2 », et des « Kanger T2 » pour les atomiseurs. Résultats :

« Avant d’intégrer les « ateliers Vape », 82 personnes détenues étaient déjà suivies en consultations d’aide au sevrage tabagique par les infirmiers de l’US-DSS (la majorité bénéficiant de substituts nicotiniques). 48 personnes avaient acheté une vape, via les bons de cantine, mais le modèle vendu par l’administration pénitentiaire est aujourd’hui dépassé.

Au total 193 personnes détenues ont, depuis le 15 mai participé à ces ateliers. L’ensemble des participants a été équipé, et formé à l’utilisation de la vape ; 165 hommes et 28 femmes. Et 70 personnes, non suivies initialement, ont été prises en charge à l’aide d’un traitement de substitution nicotinique à l’issue des ateliers – en combinaison avec l’usage de la vape (majoritairement avec des patchs à la dose de 25mg/16 heures ou 21mg/24 heures de nicotine). »

Après ces premiers mois de mise en place les résultats sont « déjà encourageants ». Une présentation de ce projet inédit, en partenariat avec La Vape du Cœur, sera faite par le Dr Van der Schueren, à l’occasion du 12e congrès de la Société Francophone de Tabacologie, le 29 novembre à Montpellier. Le Dr Van der Schueren espère que cette expérience sera étendue à d’autres établissements du même type. Elle n’est pas la seule.

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Plaquage : les Gros Pardessus français auraient-ils enfin perçu le premier vent du boulet ?

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L’Ovalie serait-elle une jungle plus humaine qu’on ne le croit ?  Et son empereur plus réceptif aux foules que ses mutiques affidés ?  Page 19 de L’Equipe de ce 29 août 2018 : « La touche Laporte » (sic). Où l’on apprend (Frédéric Bernès) qu’il faut décrypter pour saisir ce que veut l’ancien ministre, aujourd’hui président de la Fédération française de rugby (FFR).

Si l’on comprend bien Bernard Laporte aimerait pouvoir garroter une hémorragie : celle des jeunes licenciés des écoles de rugby. Et, pour cela, rassurer leurs parents. Au risque de se prendre dans les tapis des réseaux sociaux. Non, il ne s’agit pas d’anesthésier un sport aujourd’hui florissant sous de formidables perfusions financières. Pour autant l’heure est venue de  « renforcer la sécurité ».

Cœur du sujet : la réduction des plaquages traumatiques. Et faute de pouvoir agir sur les adultes, se pencher sur les moins les de 12 ans, dans les écoles de rugby. « A défaut d’interdire tout plaquage, l’idée est d’appliquer peu à peu le jeu à toucher : chaque jeune a désormais obligation de faire une passe deux secondes après avoir été heurté par un adversaire » nous explique Le Monde (Adrien Pécout).  Cette nouvelle réglementation est censée « encourager à la prise d’informations, de décisions, au travail des appuis », selon la lettre présidentielle envoyée aux dirigeants des 1900 clubs du pays de France.

« Fuite des gamins »

Nous sommes ici, précisément,  au croisement de la pédagogie et de l’histoire rugbystique : « Ce changement dans la formation doit permettre une future pratique cultivant plus encore l’évitement et la passe pour le franchissement ». C’est, pour le dire autrement, une révolution annoncée conjointement par Canal Plus, Louis XVI et Joseph Fouché. Le Monde :

« Plus les enfants apprendront à jouer dans les espaces, plus ils privilégieront le rugby en mouvement, et non le rugby de collisions qui a cours aujourd’hui chez les adultes, et en particulier chez les joueurs professionnels. La mesure est un pari sur l’avenir. Elle constitue aussi un signal visant à rassurer les parents qui craindraient de laisser leur progéniture pratiquer un sport dont l’évolution inquiète. L’enjeu est d’importance, à l’heure où la FFR lutte contre l’érosion du nombre de licenciés, aujourd’hui estimé à 272 000. »

Il y a un an l’empereur Laporte faisait déjà état d’une « perte de 16 000 gamins à l’école de rugby depuis 2012 ». Et, avec des mots impériaux, insistait sur la nécessité de bien « vendre notre sport ». Le Monde nous apprend aussi que  Florian Grill (« l’un des principaux opposants à Bernard Laporte au sein du comité directeur de la FFR ») entend, par exemple, « interdire et sanctionner sévèrement les plaquages » au-dessus de la poitrine, ou encore « matérialiser la ligne de plaquage » autorisée « par une couleur différente sur les maillots ou les shorts ».

Question citoyenne à MM Bernard Laporte et Florian Grill : pourquoi, côté spectacle, plaquage et réduction des risques, ne pas faire plus et mieux – viser un peu plus bas ?

A demain