Progrès à saluer : tous les médecins français peuvent désormais traiter l’hépatite virale C

Bonjour

Mais pourquoi diable Agnès Buzyn n’a-t-elle pas pris la parole devant les médias pour l’annoncer ? Un simple communiqué de presse pour une information sanitaire de taille : la prescription de deux médicaments pour le traitement de l’hépatite C chronique est ouverte aujourd’hui à l’ensemble des médecins, et notamment aux médecins généralistes 1. Petit rappel :

« Après une infection par le VHC, un petit nombre de personnes peuvent développer une hépatite aiguë . Cependant, chez la plupart des personnes nouvellement infectées, cette infection est asymptomatique. Ces infections, aiguë ou asymptomatique, peuvent évoluer vers des infections chroniques. Ainsi, certaines infections vont évoluer vers l’élimination spontanée du virus, mais la plupart vont évoluer vers une infection chronique (qui persiste plus de 6 mois). Une personne peut être infectée pendant 30 ans ou plus, avant de développer des signes cliniques de la maladie. En fonction de l’espérance de vie, 20 % ou plus des personnes ayant une infection chronique vont développer une cirrhose ou un carcinome hépatocellulaire (CHC). Des facteurs tels que l’alcool, une infection au VIH peuvent accélérer la progression de la maladie. »

La prévalence des anticorps anti-VHC a été estimée, en 2011, en France métropolitaine, à 0,75 % de la population générale des 18 à 80 ans, correspondant à 344 500 personnes ayant été infectées par le VHC. La prévalence de l’ARN du VHC a été estimée à 0,42 %, correspondant à 192 700 personnes ayant une infection chronique. Quant au nombre de personnes de 18-80 ans, non diagnostiquées pour une hépatite C chronique, parmi la population atteinte, il a été estimé, en 2014, à près de 75 000.

« Jusqu’à présent réservés à certains spécialistes, il sera possible à compter de ce jour, 20 mai 2019, à tout médecin de prescrire deux traitements antiviraux à action directe (AAD), peut-on lire dans le communiqué du ministère des Solidarités et de la Santé. Le parcours de soins se trouve ainsi simplifié pour les patients atteints de formes non compliquées de l’hépatite C et sans facteur de comorbidités, ce qui participe à la réduction des risques de transmission et/ou de développement de complications potentiellement mortelles. »

Il faut ici rappeler que « l’élimination du virus de l’hépatite C en France à l’horizon 2025 » est une des mesures phares du Plan priorité prévention 2018-2022. Jargon officiel : « le renforcement de l’accessibilité aux traitements de l’hépatite C s’articule avec l’intensification des actions de prévention et de dépistages ». Plus clair : « les progrès thérapeutiques de ces dernières années, grâce à la mise à disposition de médicaments très efficaces permettant des traitements bien tolérés sur de courtes durées, participent à cette importante avancée qui renforce l’offre de soins existante ».

Le citoyen aimerait savoir qui est à l’origine de la décision d’élargir ainsi le champ des prescriptions.

A demain

@jynau

1  « Pour accompagner ce progrès » la Haute Autorité de Santé propose une fiche mémo à l’attention des médecins pour les guider dans cette nouvelle mission : Fiche mémo Hépatite C : prise en charge simplifiée chez l’adulte

Tuberculose : cette fille de la précarité et de la promiscuité s’installe dans la capitale

Bonjour

Ces sont quelques chiffres qui en disent malheureusement long. On les trouve dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire 1. Où l’on apprend que le taux de déclaration de la tuberculose (qui avait diminué en Ile-de-France depuis  2000 et qui s’était stabilisé de 2011 à 2014) est en augmentation. Cette publication porte sur les cas de « tuberculose-maladie » déclarés en Ile-de-France entre 2015 et 2017.

En 2015, 1 758 cas de tuberculose confirmés ou probables ont été déclarés en Ile-de-France, 1 809 en 2016 et 1 927 en 2017, soit une croissance de 9,6 %. L’incidence (nombre de nouveaux cas rapportés à la population) est également en hausse : 15,8 cas pour 100 000 habitants en 2017 contre 14,6 en 2015.

Tous les départements franciliens ont franchi le seuil de dix cas de tuberculose/10 000 habitants en 2017. Des disparités infra-régionales sont observées avec notamment une augmentation du nombre de cas plus importante dans la capitale, atteignant un taux de 16,8/10 000  habitants en 2017.

Ce sont quelques mots qui disent tout :

« Le taux de déclaration chez les personnes nées à l’étranger a augmenté contrairement à celui observé chez les personnes nées en France qui, lui, a diminué. Parmi les cas de tuberculose déclarés en Île-de-France, une hausse est observée chez les hommes, chez les résidents en collectivité et, parmi les personnes nées à l’étranger, chez les primo-arrivants. 

« Les populations concernées par cette augmentation sont celles souffrant le plus de précarité et de promiscuité, notamment les personnes nées à l’étranger, en hébergement collectif ou sans domicile fixe et celles arrivées récemment en France. »

Conclusion apolitique des auteurs : «  Ces observations incitent à poursuivre et renforcer l’adaptation du dépistage de ces populations à risque ». On attend la confirmation des services de la (bien nommée) ministre des Solidarités et de la Santé.

A demain

@jynau

1 Mathieu P, Mounchetrou Njoya I, Calba C, Lepoutre A, Marc E, Silue  Y. Épidémiologie de la tuberculose en Île-de-France  : une augmentation des cas déclarés en 2016 et en 2017 ? Bull Epidémiol Hebd. 2019;(14):256-62. http://beh.santepublique france.fr/beh/2019/14/2019_14_2.html

Vaccin contre la rougeole : et soudain l’on vit Donald Trump contraint à manger son chapeau

Bonjour

Tout peut arriver en cas d’épidémie. Face à la résurgence de la rougeole sur le sol des Etats-Unis le président Donald Trump a dû mettre de l’eau dans son breuvage régressif antivaccinal. Où l’on voit le président américain déclarer, vendredi 26 avril dans les jardins de la Maison Blanche : « Il faut qu’ils se fassent vacciner, c’est très important ».

Depuis le 1er janvier, les Etats-Unis ont officiellement recensé 695 cas de rougeole – et l’on découvre à cette occasion la vulnérabilité de certaines fractions de la population – des fractions au sein desquelles de nombreux parents se refusent à faire vacciner leurs enfants profitant de dispositions législatives ou réglementaires autorisant des exemptions pour motifs religieux, personnels ou « philosophiques ».

L’urgence sanitaire a ainsi été déclarée par les autorités locales dans plusieurs villes. A New York, le maire a rendu la vaccination obligatoire dans les quartiers devenus des foyers de l’épidémie. Par précaution, deux universités de Los Angeles, en Californie, ont décrété la mise en quarantaine de centaines d’étudiants : tous ceux qui s’étaient retrouvés dans les mêmes lieux que deux camarades infectés, et qui n’avaient pas de preuve de vaccination.

Il faut ici rappeler que Donald Trump avait, dans un passé récent, régalé fait les ligues et militants antivaccins, comme le rappelle fort opportunément Le Monde. Il reprenait alors des théories émettant des doutes sur la sûreté de ces médicaments suggérant que certains pouvaient induire des troubles autistiques.

« Un jeune enfant en bonne santé va chez le médecin, reçoit une injection massive de plusieurs vaccins, ne se sent pas bien et change – AUTISME. Beaucoup de cas de ce genre ! », tweetait-il par exemple en mars 2014« Stop aux injections massives. Les petits enfants ne sont pas des chevaux – un vaccin à la fois, au fil du temps »écrivait-il en septembre de cette même année« Je ne suis pas contre la vaccination pour vos enfants, je suis contre les injections de vaccins en une dose massive. Répartissez-les sur une longue période et l’autisme sera réduit »insistait-il à l’époque.

Lors d’un débat télévisé organisé dans le cadre des primaires républicaines en 2015, le candidat Trump avait annoncé vouloir modifier le plan de vaccination des enfants. « L’autisme est devenu une épidémie », déclarait-il encore. Avant son élection, en 2016, Donald Trump avait aussi rencontré « quatre éminents militants antivaccins lors d’une collecte de fonds en Floride », rappelle The Independent. Parmi eux le tristement célèbre Andrew Wakefield, médecin britannique aujourd’hui radié mais toujours actif sur le front antivaccinal.

Resre, pour ce qui est de la rougeole et de son éradication planétaire via la vaccination, de nouvelles questions dérangeantes aujourd’hui encore trop ignorées : celles que posent, depuis Marseille, le Pr Didier Raoult et le Dr Emilie Javelle et que l’on peut entendre exposées ici : « Aujourd’hui la rougeole ». Des questions dérangeantes qui, maintenant que ce vaccin est devenu obligatoire en France, mériteraient d’être ouvertement discutées par les autorités sanitaires nationales.

A demain

@jynau

La farce et les dindons français : comment l’Etat pourrait-il en finir un jour avec le tabac ?

Bonjour

12 avril 2019. Chercher l’erreur. « Un euro de plus sur chaque paquet de cigarettes, ça rapporte gros, observe  aujourd’hui Solveig Godeluck (Les Echos). L’augmentation de la fiscalité sur les produits du tabac a permis de prélever 900 millions d’euros de plus en 2018, d’après les chiffres du programme de stabilité transmis par Bercy à Bruxelles.  A l’automne 2017, dans le projet de budget de la Sécurité sociale, le gouvernement avait inscrit une recette supplémentaire de 510 millions d’euros sur l’année. »

Au total, les taxes sur les tabacs ont rapporté près de 13 milliards d’euros (hors TVA) en 2018 contre 11,9 milliards en 2017. « Cette bonne surprise pour le budget est un peu moins réjouissante pour la santé publique et pour les comptes de la Sécurité sociale à long terme, poursuivent Les Echos. Cela signifie que la consommation légale de tabac a un peu moins baissé que prévu. Les volumes de cigarettes ont néanmoins diminué de 9,1 % en 2018, a calculé l’association ‘’Droits des non-fumeurs’’, une baisse substantielle. » Mais l’Etat s’attendait à un recul plus important encore de la consommation compte tenu de l’ampleur du renchérissement des taxes. Gouverner c’est, aussi, calculer.

Cigarette électronique/réduction des risques

Résumons. Il y a un an se mettait en place, à l’initiative du gouvernement, un programme d’augmentation par étapes des prix/relèvement de la fiscalité jusqu’en 2020. Il s’agissait, officiellement de lutter contre la consommation de tabac en annonçant que le paquet de cigarettes atteindrait un minimum de 10 euros en 2020. On observe d’autre part (et en dépit du déni gouvernemental quant aux vertus de la cigarette électronique/réduction des risques) que les tentatives pour arrêter de fumer sont sur une pente croissante encouragées par une meilleure prise en charge des substituts nicotiniques par la collectivité.

C’est dans ce contexte que les pouvoirs publics/autorités sanitaires ont annoncé (sans jamais fournir de données statistiques objectives) une diminution, en un an et demi, de 1,6 million de fumeurs.  « De leur côté, notent Les Echos, les industriels du tabac ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de 3,9 % en 2018 du fait de l’augmentation du prix moyen, en dépit de la baisse des volumes, note ‘’Droits des non-fumeurs’’. Un chiffre d’affaire qui s’est élevé à 15,65 milliards. » Sans parler des ventes parallèles, des achats à l’étranger et de la contrebande qui, par définition, ne figure pas dans les statistiques officielles. Où est l’erreur ?

A demain

@jynau

 

Antibiotiques : est-ce le début de la fin de la très grande famille des «fluoroquinolones» ?

Bonjour

En direct de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), c’est une information officielle destinée à l’ensemble des médecins et pharmaciens français 1.

Elle concerne les « quinolones » et les « fluoroquinolones », ces antibiotiques administrés par voie systémique ou par voie inhalée, utilisés pour traiter des infections bactériennes au cours desquelles le pronostic vital peut être engagé. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a « réévalué » ces antibiotiques – et ce « en raison du risque d’effets indésirables graves, durables (durant plusieurs mois ou années), invalidants et potentiellement irréversibles, affectant principalement le système musculo-squelettique et le système nerveux » 2.

A la suite de cette réévaluation, le comité de pharmacovigilance européen (PRAC) a jugé que le rapport bénéfice/risque des quinolones doit désormais être considéré comme « défavorable ». Aussi la spécialité Apurone ® (indiquée « contre les cystites », prix libre en pharmacie), « seule quinolone commercialisée en France » (depuis 1983) sera prochainement « retirée du marché ».

Pour les « fluoroquinolones », le PRAC recommande « une restriction des indications afin que ces antibiotiques soient réservés aux infections pour lesquelles l’utilisation d’un antibiotique est indispensable et où d’autres antibiotiques ne peuvent pas être utilisés ».

Ainsi, la petite centaine de médicaments à base de fluoroquinolones ( substances actives : ciprofloxacine, lévofloxacine, loméfloxacine, moxifloxacine, norfloxacine, fluméquine et ofloxacine) ne doivent-ils désormais plus être prescrits  : pour traiter des infections non sévères ou spontanément résolutives (par exemple : pharyngite, angine et bronchite aiguë) ; pour prévenir la diarrhée du voyageur ou les infections récidivantes des voies urinaires basses ; pour traiter des infections non bactériennes, par exemple la prostatite (chronique) non bactérienne ; pour traiter des infections de sévérité légère à modérée (notamment cystite non compliquée, exacerbation aiguë de la bronchite chronique et de la broncho-pneumopathie chronique obstructive [BPCO], rhino-sinusite bactérienne aiguë et otite moyenne aiguë) – à moins que les autres antibiotiques habituellement recommandés pour ces infections soient jugés inappropriés.

L’utilisation concomitante de corticoïdes et de fluoroquinolones doit être évitée. Et les patients « doivent être informés d’arrêter le traitement et consulter leur médecin dès l’apparition de symptômes tels que des douleurs ou une faiblesse musculaire et des douleurs ou gonflements des articulations. »

A demain

@jynau

1 Information destinée « aux médecins généralistes, cardiologues, ORL, médecins internistes, pédiatres, gériatres, pneumologues, urologues, néphrologues, gynécologues, gastro-entérologues, anesthésistes-réanimateurs, chirurgiens, dermatologues, ophtalmologues, neurologues, orthopédistes, dentistes en particulier les parodontistes, infectiologues, radiologues, urgentistes, pharmaciens d’officine et pharmaciens hospitaliers »

2 L’ANSM ne donne (fort malheureusement) pas plus de précisions quant à ces « effets indésirables graves et durables ».

Le Conseil d’Etat pourrait-il finalement donner raison aux contestataires des vaccinations ?

Bonjour

De New York au Palais Royal. D’un côté de l’Atlantique Bill de Blasio vient d’avoir recours à la vaccination obligatoire contre la rougeole  dans sa mégapole. De l’autre les sages français du Conseil d’Etat ouvraient, en majesté, le dossier de la contestation à la vaccination. Et réveillaient du même coup la polémique née de la volonté gouvernementale (Agnès Buzyn) de rendre obligatoire onse vaccins pédiatriques. Il faut, ici, lire le papier riche et détaillé du Monde (EmeIine Cazi) pour saisir ce qu’il en est de la traduction juridique des arguments défendus par les « néo-antivax ».

Mercredi 10 avril, sous les ors du Palais Royal, deux requêtes commençaient à y être jugées au fond. D’abord celle  de la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations. Ensuite celle de l’Institut pour la protection de la santé naturelle (IPSN) et un collectif de 3 047 personnes. La première dénonce le principe même de l’obligation des onze vaccinations pédiatriques. La seconde est en guerre contre la présence d’adjuvants à l’aluminium dans nombre de vaccins aujourd’hui obligatoires. Les deux se défendent, paradoxalement, d’être des « anti-vaccins ».

« Dans les deux cas, le rapporteur public – chargé de proposer la solution juridique qui lui semble la plus appropriée, mais à laquelle les juges ne sont pas tenus – a conclu au rejet des requêtes » résume Le Monde. Les décisions du Conseil d’Etat (qui « juge le droit ») ont été mises en délibéré et devraient être rendues avant l’été.

D’ici là partisans et opposants pourront lire Le Monde et méditer l’argumentaire de Rémi Decout-Paolini, rapporteur public  qui a rappelé que c’est grâce à une politique de vaccination massive que la variole a été déclarée éradiquée de la surface du globe en 1980, que les résistances aux vaccins ne sont pas nouvelles 1, que le fait d’« introduire des membres pathogènes inactivés dans un corps sain » a toujours suscité des débats, mais que la vaccination rencontre « un large consensus dans la population ».

Myofasciite et macrophages

Un audience qui n’a pas fait l’économie de la polémique sur les adjuvants aluminiques nourrie par les travaux controversés de l’équipe du Pr Romain Gherardi (hôpital Henri-Mondor, Créteil) et sa description de la « myofasciite à macrophages ». « Bien sûr, Rémi Decout-Paolini a entendu parler de ces recherches, note Le Monde. Mais ces observations sont ‘’limitées à très peu de cas’’, et ne l’ont été ’curieusement’’qu’en France. Par ailleurs, poursuit-il ‘’ il n’appartient pas au juge’’ de se prononcer sur de tels travaux et ‘’de faire valoir des études contestées au détriment du consensus de la communauté  scientifique’’. ‘’Compte tenu de l’état actuel des connaissances scientifiques’’insiste le rapporteur public, ’les pouvoirs publics’’n’ont aucune raison, de supprimer les adjuvants aluminiques qui ‘’ restent les plus sûrs et les plus efficaces’’ ».

Des conclusions aussitôt dénoncée par Me Françoise Thouin-Palat qui représentait le collectif opposé aux adjuvants à l’aluminium. Où l’on retrouve les quelques hésitations et embarras de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) sur ce sujet. Et où l’on parla, une nouvelle fois, de la nécessité de financer des études sur le sujet.

« Les montants estimés par le Pr Gherardi dépassent de très loin les capacités financières de l’ANSM en matière de financement de recherche, écrivait l’Agence en 2017. Et il ne rentre pas dans ses missions de financer des programmes de recherche de manière pérenne. Il est important de souligner que cette équipe de recherche ayant déposé un brevet, cela pourrait ouvrir à un financement privé et il serait contraire à la bonne utilisation de la subvention publique versée par l’ANSM que de supporter une activité privée lucrative. »

Rappelons qu’au sein du Conseil d’Etat le rapporteur public est seulement chargé de proposer la solution juridique qui lui semble la plus appropriée.  Mais que les juges ne sont nullement tenus, aussi raisonnables soient-elles, de suivre ses conclusions.

A demain

@jynau

1 « Antivax. La résistance aux vaccins, du XVIIème siècle à nos jours » de François Salvadori et Laurent-Henri Vignaud. Editions Vendémiaire

Pesticides, ondes, Wi-Fi et cancers pédiatriques : en direct de Sainte-Pazanne (Loire-Atlantique)

Bonjour

Le rationnel peut-il éclairer l’étrange, l’épidémiologie le comprendre ? On se souvient au « signalement d’un particulier » neuf cas de cancers pédiatriques (diagnostiqués avant 17 ans) ont été répertoriés sur les douze cancers signalés sur le secteur de Sainte-Pazanne (communes de Sainte-Pazanne, Saint-Mars de Coutais, Sainte-Hilaire-de-Chaléons et Rouans). Sur ces neuf cancers pédiatriques, six sont des cancers du sang. Pourquoi un tel « cluster » (groupement) ? Après celle des « bébés nés sans bras » l’affaire intrigue, inquiète, fait polémique, met directement en cause Santé publique France et ses experts.

Le 4 avril dernier une réunion publique a été organisée par l’ARS Pays de la Loire et Santé publique France. Près de 800 personnes ont répondu à l’appel du Collectif « Stop aux cancers de nos enfants » et à la Mairie de Sainte-Pazanne :

« Cas de cancers pédiatriques à Ste Pazanne (44) L’ARS Pays de la Loire et Santé publique France mobilisés pour apporter des réponses aux familles ».  Résumé officiel :

« Cet échange avec les familles et leurs proches a permis de répondre à leurs questions et inquiétudes et de leur présenter le projet d’enquête épidémiologique qui sera mise en place dans les plus brefs délais.

Bien que 90% des leucémies infantiles aiguës soient aujourd’hui sans cause connue et que les facteurs de risque liés aux cancers puissent être multiples, l’ARS a saisi Santé publique France pour poursuivre les investigations. L’étude qui sera mise en place par SpF a pour objectif de rechercher d’éventuelles expositions communes. Elle s’appuie sur un protocole standardisé consistant à : vérifier qu’il s’agit bien de cas qui répondent à la même définition clinique ; définir le périmètre géographique et temporel des cas étudiés ; évaluer s’il y a un réel excès de cas de cancers observés dans la zone étudiée par rapport à celui habituellement attendu dans cette même zone ; faire la synthèse de la littérature sur les expositions à risque à rechercher ; mener une enquête auprès de chacune des familles concernées pour documenter les expositions à risque, notamment environnementales. »

Téléphones portables, pesticides, Wi-Fi …

Cette « première étape »  a été menée avec l’ensemble des partenaires au niveau local (CHU de Nantes, registre général des tumeurs de Loire-Atlantique et Vendée) et national (registre national des cancers de l’enfant). Elle  devra permettre « d’identifier des hypothèses afin d’orienter des investigations complémentaires ». Les premières conclusions seront rendues à l’automne 2019 avec « une restitution aux familles concernées dans un premier temps ». Enfin une réunion d’information va être prochainement organisée par l’ARS auprès des professionnels de santé du secteur de Sainte-Pazanne.

Souhaitable, cet échange a-t-il vraiment permis de répondre « aux questions et inquiétudes » des familles et de leurs proches ? On peut raisonnablement en douter au vu de ce qu’en ont rapporté les médias présents.

« Jeudi 4 avril, un millier de personnes – réparties dans trois salles municipales, équipées de moyens de retransmission, de cette ville de 6 500 habitants – se sont retrouvées, durant trois heures, à la réunion publique organisée à la demande du collectif Stop aux cancers de nos enfants,  indique pour sa part Le Monde (Patricia Jolly).  D’abord prévu début mai, ce rendez-vous a été avancé à la demande du collectif (…) Depuis le 1er avril, trois autres jeunes, tombés malades au cours de la même période, se sont fait connaître. Téléphones portables, antennes d’opérateurs téléphoniques, Wi-Fi, lignes à haute tension, utilisation des pesticides, tensions de la vie quotidienne, augmentation de la population de la commune… Dans l’assistance, on a beaucoup supputé sur les causes possibles des cancers diagnostiqués dans la zone. »

En avril 2017, le signalement à l’ARS de six cas de cancers pédiatriques – dont quatre de leucémies aiguës – avait provoqué le déclenchement d’une première enquête. L’agence avait alors listé « quatre pistes » – la pollution des sols aux hydrocarbures, la pollution de l’air au benzène, l’utilisation de pesticides et la présence de radon, un gaz radioactif naturel très présent dans les sols de la région. Mais sans parvenir à dégager de « cause prédominante ».

« Il est possible qu’il n’y ait aucun risque et il est possible qu’il y en ait un, a reconnu le Dr Thierry Le Guen de l’ARS des Pays de la Loire. Aujourd’hui, je ne sais pas répondre à cette question. » « Maintenant que je vous ai écouté, en tant que maman, qu’est-ce que je fais ? », l’a interrogé une femme désireuse de voir appliquer des « principes de précaution » parallèlement à la future étude épidémiologique.  « Il ne faut pas céder à la panique, nous ne sommes pas face à une épidémie », a répondu le Dr Le Guen. En est-il bien certain ?

Tout était dit. Il reste à attendre.

A demain

@jynau