L’étrange courrier des Prs Joyeux et Montagnier au locataire du Palais de L’Elysée

 

Bonjour

« Le professeur Joyeux, médecin à effets indésirables », c’est le titre du portrait signé de la journaliste Zineb Dryef – portrait publié dans la dernière livraison de « M » supplément glacé du Monde. Actualité : la possible radiation définitive de l’Ordre des médecins de celui qui est progressivement devenu l’étrange porte-drapeau tricolore des innombrables militants opposés aux vaccinations forcées et à Big Pharma. Henri Joyeux, « le cauchemar du ministère de la santé ».

« Multipliant ouvrages et conférences, ce chrétien traditionaliste use de sa crédibilité de professeur en médecine pour prêcher sa bonne parole pseudoscientifique : contre l’industrie pharmaceutique, mais aussi contre la pilule, l’IVG et l’homosexualité, résume Le Monde. Une croisade idéologique qui pourrait bien lui valoir, le 24 mai, à 72 ans, sa radiation définitive »

 Nullement allergique aux passages sur les riants plateaux télévisés, porté aux nues par quelques stars (Sophie Marceau, Isabelle Adjani), auteur de best-sellers (Éditions du Rocher), conférencier adulé, souvent cité l’homme demeure mal connu, souvent insaisissable. De ce point de vue cet excellent  portrait fournit quelques enseignements essentiels à qui veut comprendre les racines les plus profondes des oppositions vaccinales. Il refuse généralement les rencontres avec les journalistes critiques de la presse généraliste. Faisant une exception pour Le Monde il a, en préalable, adressé un CV de vingt-quatre pages « sa vie (six enfants, huit petits-enfants), son oeuvre, ses combats (la famille, la nutrition, les vaccins), ses écrivains et philosophes préférés (Romain Gary, Friedrich Nietzsche, René Girard…) ».

Et de redire qu’il n’est pas un anti-vaccinal radical. Il se bornerait à « émettre des réserves ». C’est bien évidemment nettement plus complexe. Ses propres enfants ? Ils sont vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite , mais  « il n’était pas question » de les vacciner contre l’hépatite B. Ses petits-enfants ? « En fonction de ce dont ils ont besoin, rougeole, oreillons, rubéole, parce qu’il n’y a pas d’aluminium dans le ROR, mais ils ne vont pas suivre la loi de Mme Buzyn. » Onze vaccins sont obligatoires depuis le 1er janvier 2018. Lesquels préconise-t-il ?  » « L’allaitement maternel, le meilleur des vaccins. »

Lette énigmatique à Emmanuel Macron

Tout est ainsi résumé d’une position qui, au-delà de l’aluminium et des vaccins, autorise finalement tous les discours, toutes les croyances, tous les amalgames.  Son site officiel le démontre à l’envi. Site où l’on découvre une étrange lettre ouverte en faveur du « principe de précaution » co-signée avec le Pr Luc Montagnier, prix Nobel de médecine – lettre énigmatique adressée à Emmanuel Macron, président de la République. Extraits :

« Il est désormais impératif et urgent d’inscrire le principe de précaution en matière de santé et de médecine dans la Constitution, à la place qui lui est naturellement due. Le président de la République doit être le premier protecteur de la santé des Français. Nous avons le droit le plus précieux d’exiger des médicaments sans danger.

Le principe de précaution le garantira. Les laboratoires pharmaceutiques seront d’autant plus vigilants qu’ils engageront leur responsabilité de façon renforcée ; ainsi leurs profits seront mérités et la recherche, encouragée.

Cette avancée restaurera la sérénité. La France doit montrer l’exemple dans le concert des nations. Ce n’est pas une affaire de religion, de tendance politique, d’appartenance ethnique, de catégorie sociale, de niveau de richesse ou d’orientation sexuelle : c’est l’affaire de tous, sans différence, dans le respect de la devise de la France : liberté, égalité, fraternité.

Nous, signataires de la présente lettre ouverte, vous demandons, Monsieur le Président de la République, d’exercer en conscience, avec autorité, sagesse et courage, vos prérogatives pour que le principe de précaution en matière de santé et de médecine soit inscrit dans la Constitution, par la voie parlementaire ou référendaire, afin de nous protéger. »

Un médecin peut-il tout dire ? Le 24 mai, à 9 heures, Henri Joyeux comparaîtra devant la chambre disciplinaire du Conseil national de l’ordre des médecins. La suite d’une affaire suivie sur ce blog et qui démontre que l’homme n’est pas sans soutiens. Le Pr Joyeux  aura pour avocat, cela ne s’invente pas, Me Jean-François Jésus. « On ne me fera pas taire, assure-t-il au Monde. Si je suis radié, j’irai au Conseil d’État. J’irai jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme. » Avec son confrère Luc Montagnier aura-t-il, d’ici là, reçu une réponse du locataire de l’Elysée ?

A demain

 

 

La peste progresse à Madagascar. Air France  maintient ses vols sur Antananarivo

Bonjour

Dans son dernier rapport sur la peste à Madagascar, daté du 20 octobre, l’OMS recense 1 297 cas suspects, probables et confirmés de peste sur la Grande Ile. Il s’agissait de 846 atteintes pulmonaires, 270 pestes buboniques et 180 cas non spécifiés. Ils ont été à l’origine de 102 décès.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens est passé de 30 à 40 entre le 1 er et le 17 octobre à 140 en moyenne depuis le 18 du même mois. Au total, 14 des 22 régions du pays sont atteintes ; le district de la capitale, Antananarivo, est le plus concerné avec 63,6 % des cas. Les autorités sanitaires du pays sont mobilisées et en concertation avec l’OMS, elles ont pu proposer une antibioprophylaxie à 1 621 des 2 476 personnes en contact très proche avec un malade confirmé.

L’OMS considère que comme « très élevé » le risque de peste pour l’ensemble de la population, et ce en raison du nombre important de patients concentrés dans les zones urbaines où les densités de population sont élevées. Les équipes en place sur le terrain ont pour mission de proposer « une stratégie de prévention et de contrôle fondées sur des effecteurs de surveillance, de diagnostic, de traitement curatif et préventif ».

« Neuf centres de soins dédiés ont été individualisés, dont six dans la capitale. Trois-cents techniciens d’hygiène ont déjà été formés, ainsi que quarante-cinq soignants qui ont ensuite été déployés dans la population, précise le site Medscape France. Un numéro de téléphone spécifique, le 910, est accessible à la population. En cas de suspicion importante de peste, des ambulances dédiées sont disponibles. »

Importance économique et symbolique

Dès les premiers jours d’octobre l’OMS avait alerté sur le risque de dissémination de la maladie et insisté sur les mesures à mettre en place au sein des aéroports. Plusieurs pays (les Comores, Maurice, l’Afrique du Sud, l’Irlande, Hong Kong, les Emirats Arabes Unis) ont choisi de vérifier la température des voyageurs en provenance de Madagascar et de mettre en quarantaine toutes les personnes fébriles.

Certains compagnies aériennes (comme Air Seychelles) ont d’ores et déjà suspendu les vols sur Antananarivo. Nous avons demandé à Air France quelle politique était, ici, suivie :

“A ce stade, Air France confirme maintenir son programme de vols de/vers Madagascar (Antananarivo).  La priorité d’Air France est de veiller à la santé et à la sécurité de ses clients, de ses équipages et de son personnel au sol. Air France applique les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé et des autorités sanitaires françaises et internationales (ministère français de la Santé, CDC, ECDC, IATA).”

Air France souligne aussi l’importance, économique et symbolique, , pour un pays touché par une épidémie, de pouvoir maintenir des relations aériennes avec les pays étrangers. La compagnie n’avait pas modifier ses dessertes lors de l’épidémie ouest-africaine d’Ebola.

A demain

 

 

Incroyable mais vrai : les parents réfractaires aux vaccins ne seront pas condamnés 

Bonjour

Que ferait le gouvernement sans le célèbre journaliste Jean-Jacques Bourdin ? Deux jours avant la présentation officielle du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, Agnès Buzyn, a dévoilé, mardi 26 septembre, sur RMC BFM-TV, les derniers arbitrages concernant les modalités de l’extension de l’obligation vaccinale ; une annonce faite en accéléré après un long dégagement sur le Levothyrox d’où il ressortait que la ministre de la Santé (à la différence de l’ANSM) avait parfaitement géré la crise.

Onze obligations vaccinales, donc, à compter du 1er janvier prochain. Seuls les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 devront respecter le nouveau calendrier vaccinal rendant obligatoires huit vaccinations jusqu’ici recommandées : coqueluche, hépatite B, Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C, rougeole, oreillons, rubéole. Aucune obligation rétroactive n’est prévue.

Et finalement, après mûre réflexion, le pouvoir exécutif a tranché : ni amende, ni peine de prison pour les parents qui s’opposeront à ces vaccination. « Je veux rendre la confiance par l’obligation » réaffirme la ministre. Soit, en pratique, la disparition de la disposition du code de la santé publique prévoyant une peine de six mois d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende pour « refus de se soumettre à l’obligation vaccinale ».

Juridiquement intenable

Corollaire : aucune « clause d’exemption » comme l’idée en avait été avancée l’an dernier par le Comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination présidé par le Pr Alain Fischer. Selon lui, il existait « un doute important sur l’acceptabilité d’une mesure qui consisterait à étendre le statut obligatoire à de nouveaux vaccins sans aucune possibilité de s’y soustraire ».

« Ce n’était juridiquement pas tenable » a expliqué Agnès Buzyn à Jean-Jacques Bourdin. Comment imposer en invoquant un impératif de santé publique et permettre de s’en exempter  ? Mais la ministre a aussi ajouté : « Il n’y aura pas de sanction pénale. Par contre il existe une mesure générale concernant la protection des enfants. C’est la loi : les parents sont censés protéger leurs enfants. Pénalement, légalement, un enfant pourra se retourner un jour contre ses parents parce qu’il a un handicap, parce qu’il n’a pas été vacciné, amputé par exemple à la suite d’une septicémie à pneumocoque. Et là les parents pourront être condamnés à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. »

Que penser de cette contrainte indirecte ? Qu’en sera-t-il de l’entrée des enfants non vaccinés dans les garderies, les crèches et les écoles ? Des sérologies seront-elles demandées ? Jean-Jacques Bourdin n’a pas songé à le demander à la ministre de la Santé.

A demain

Rougeole : quand les personnes non vaccinées contaminent des enfants âgés de moins d’un an

 

Bonjour

Pas de commentaires sur les responsabilités considérables des nouveaux militants anti-vaccins. Seulement les derniers chiffres officiels de Santé Publique France concernant la rougeole.

Du 1er janvier au 31 juillet 2017, 387 cas ont été déclarés (pic épidémique au mois de mai, avec 113 cas déclarés). 154 cas (40%) ont dû être hospitalisés, dont deux cas d’encéphalite et 31 cas de pneumopathies sévères. Un cas est décédé : une jeune femme âgée de 16 ans, sans antécédents médicaux, non vaccinée, décédée dans un tableau de détresse respiratoire aiguë et de défaillance multiviscérale. Plusieurs foyers épidémiques ont été observés dans des crèches, des établissements scolaires, une université, la communauté des gens du voyage ainsi que des structures de soins, services d’urgences hospitalières donnant lieu à des cas nosocomiaux. Hormis deux foyers situés en Moselle et Alsace, la majorité de ces foyers a été observée dans la moitié sud de la France.

Les données montrent que l’âge médian des cas déclarés sur les douze derniers mois est de 13 ans (de un mois à 75 ans). Le taux d’incidence le plus élevé est observé chez les enfants de moins de 1 an, non ciblés par la vaccination et ne pouvant être protégés que si leur entourage est immunisé contre la maladie. « Ceci est très préoccupant car les complications (neurologiques ou pulmonaires notamment) sont plus fréquentes et sévères dans ce groupe d’âge ainsi que chez les jeunes adultes » souligne Santé Publique France.

Aucun département n’est plus à l’abri

On peut dire tout ceci autrement :  la France est toujours endémique vis-à-vis de l’infection rougeoleuse et n’est pas à l’abri d’une nouvelle épidémie d’ampleur importante. L’existence de cas déclarés dans la quasi-totalité des régions ne met pas les départements indemnes de rougeole aujourd’hui à l’abri d’une extension de la circulation virale dans un avenir proche. Et ceci est d’autant plus à craindre qu’aucun département n’atteint actuellement les 95% de couverture vaccinale à 2 ans pour les 2 doses de vaccin, taux requis pour permettre l’élimination de la maladie.

Conclusion : les cliniciens doivent vérifier systématiquement, et, le cas échéant mettre à jour, le statut vaccinal vis-à-vis de la rougeole  de toute personne âgée d’au moins 12 mois et née après 1980. Selon le calendrier vaccinal en vigueur, toutes ces personnes devraient avoir reçu deux doses de vaccin trivalent (rougeole-oreillons-rubéole). De plus, vis-à-vis de l’entourage proche d’un patient atteint de rougeole, la mise en œuvre des mesures de prophylaxie post-exposition (vaccination ou immunoglobulines polyvalentes) est essentielle.

Que doit faire le clinicien en cas d’opposition radicale au geste vaccinal ?

A demain

 

Cigarette électronique : le dramatique déni français face au génie pragmatique britannique

 

Bonjour

Dans quelques jours débutera la célèbre campagne automnale britannique « Stopober » d’incitation à l’arrêt du tabac. Et pour la première fois la cigarette électronique sera présente, comme nous l’explique la BBC : « Quit smoking campaign Stoptober backs e-cigs for first time ». Et que l’on parle ou non l’anglais tout nous est dit dans cette vidéo : https://www.nhs.uk/oneyou/stoptober/home#SjYDLZWcyYTwUlVj.97. Où l’on apprend, encore, que l’Ecosse elle aussi se range à l’avis de Londres : la cigarette électronique est définitivement moins nocive que la consommation de tabac.

C’est une nouvelle fois la démonstration éclatante du pragmatisme britannique : même si la cigarette électronique n’est pas officiellement recommandée par le National Health Service elle figurera dans la campagne gouvernementale parmi les possibilités permettant d’arrêter de fumer ; une décision prise à la lumière des résultats de « Stopober » de l’an dernier où elle est devenue l’outil le plus populaire spontanément choisi par le volontaires souhaitant en finir avec le tabac.

Autre preuve de pragmatisme : la BBC précise que la nouvelle campagne Stoptober résulte du fait que les experts du gouvernement ont été encouragés par de nouveaux résultats plaidant en faveur de l’efficacité du recours à la cigarette électronique lors des tentatives d’abandon du tabac. « Les chercheurs de University College London ont constaté que 20% des tentatives ont réussi au premier semestre de 2017, contre 16% au cours des dix dernières années, précise la BBC. Le médecin-chef adjoint du gouvernement, la Pr Gina Radford, a déclaré que les cigarettes électroniques jouaient un rôle important et que, comme elles contiennent ‘’95% de moins de produits nocifs’’, il était juste d’en faire la promotion pendant ‘’Stoptober’’. »

L’invraisemblable déni du gouvernement français

Concernant les professionnels de la santé, le Pr Radford a déclaré à la radio de la BBC reconnaître que les autorités sanitaires reconnaissent désormais que les cigarettes électroniques sont utilisées par les fumeurs et peut les aider à abandonner le tabac. « Par conséquent, engagez les gens à discuter de la façon dont ils les utilisent, encouragez-les à les utiliser uniquement dans le cadre d’une tentative d’arrêt … dites-le clairement que bien qu’elles sont beaucoup moins nocives que les cigarettes de tabac, elles ne sont pas totalement sans risque. »

Selon les dernières données officielles on recensait, en Grande Bretagne, un peu plus de 15% de fumeurs en 2016, contre 21% en 2007 et plus de 26% en 2000. Et parallèlement à cette évolution le vapotage ne cessait d’augmenter : aujourd’hui une personne sur 20 de plus de 16 ans utilise régulièrement des cigarettes électroniques.

En France, tout aussi officiellement, près d’une personne sur deux âgée de 18 à 34 ans fume (et une sur trois entre 15 à 19 ans alors que la vente est interdite aux mineurs…). Toujours en France la prévalence du tabagisme atteint  46% chez les femmes de 20-25 ans, et  55 % chez les hommes de 26-34 ans : des taux parmi les plus élevés recensés dans les pays occidentaux et dans le monde. Et comme chacun sait le gouvernement français actuel, comme ceux du précédent quinquennat, reste enfermé dans un invraisemblable déni quant à l’intérêt de la cigarette électronique au service d’une politique de réduction des risques.

A demain

 

 

Incurie du quinquennat : la France est une très grande malade européenne du tabac.

Bonjour

Voici bientôt venu le temps des inventaires sanitaires. Pour l’heure voici le rapport conjoint publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Commission européenne. Deux cents pages qui compilent de multiples indicateurs sur l’état de santé des populations des 28 pays de l’Union européenne et l’accès aux soins : « Panorama de la santé 2016 ». Dans Le Monde notre consœur Pascale Santi en livre une petite synthèse claire-obscure :

Claire : « Les Français vivent en moyenne plus vieux que les habitants des autres pays européens. L’espérance de vie les place dans le peloton de tête, derrière l’Espagne, l’Italie et la Suisse, avec une moyenne – hommes et femmes confondus – de 82,8 ans, contre 80,9 ans chez nos voisins. A l’échelle du continent, les femmes vivent plus longtemps (83,6 ans) que les hommes (78,1), avec un plus fort écart en France (86 ans d’espérance de vie pour les femmes contre 79,5 ans pour les hommes). »

Obscure : « Si la France est reconnue pour la qualité de son système de soins, la prévention reste le parent pauvre, avec seulement 1,9 % des dépenses de santé allouées, contre une moyenne de 3 % pour les pays de l’Union européenne. Les facteurs de risque y sont plus élevés. Le tabagisme a certes diminué dans l’Hexagone ces dernières années, mais reste à des niveaux plus élevés que la moyenne en Europe. En effet, la France compte 22,4 % de fumeurs quotidiens (des études françaises parlent de 28 %), presque le double qu’en Suède (12 %) et bien plus qu’au Royaume-Uni (18 %), selon les chiffres de l’OCDE. De même, en France, près d’un adolescent sur cinq déclare fumer au moins une fois par semaine (un sur sept dans les pays de l’UE). »

Bilans du quinquennat

Viendra, bientôt, le temps des bilans du quinquennat. On prendra alors la mesure de l’incapacité chronique du politique à peser sur la « première cause évitable de morts prématurées ». Une illustration parfaite de l’incurie, ce manque total de soin ou d’application dans l’exercice d’une fonction ou dans l’exécution d’une tâche. Le bilan sera ici d’autant plus cruel que le président de la République avait, en personne, lancé un « Plan national de réduction du tabagisme » solennellement confié à sa ministre de la Santé.

C’était il y aura bientôt trois ans. Des annonces ministérielles à répétition. Des velléités d’action (« paquet neutre ») mais sans l’appui d’une volonté présidentielle et gouvernementale d’augmentation soutenue et constante des prix. Et, au final, aucun résultat – alors même que d’autres pays (l’Australie, le Royaume-Uni, les Etats-Unis) démontrent aujourd’hui au reste du monde que l’on peut progresser dans la lutte contre l’esclavagisme de l’addiction tabagique.

Le bilan sera plus cruel encore quand on prendra la mesure que la ministre de la Santé a, de manière réitérée, refusé d’user du levier « cigarette électronique », outil qui démontre jour après jour son efficacité dans une optique politique de réduction des risques. Combien, à l’avenir, de morts prématurées évitables et qui ne l’auront pas été du fait de l’incurie.

A demain

Intelligence politique : l’épidémie de démence montre de premiers signes de décroissance

 

Bonjour

Le pire n’est (peut-être) pas écrit. On commence, ici ou là, à engranger les premiers signes laissant espérer que la croissance des taux de démences et de maladies neurodégénératives  donne des signes encourageants d’essoufflement.  Des signes certes faibles mais convergents et encourageants dont les responsables politiques devraient s’emparer pour intensifier les recherches et amplifier ce phénomène.

Le dernier symptôme en date est une étude qui vient d’être publiée dans JAMA Internal Medicine : “A Comparison of the Prevalence of Dementia in the United States in 2000 and 2012”. Menée auprès de plus de 21 000 personnes de plus de 65 ans aux Etats-Unis, elle démontre que la proportion des démences (effondrement des fonctions cognitives avec perte massive  d’autonomie) est passée de 11,6% en 2000 à 8,8% en 2012. La BBC relève que des conclusions similaires ont aussi été observées en Europe comme en témoigne une étude parue il y a peu dans The Lancet Neurology :  Dementia in western Europe: epidemiological evidence and implications for policy making.

Intellect et hygiène de vie

« Nos résultats s’ajoutent à un nombre croissant de preuves démontrant que la diminution du risque de démence est un phénomène réel – et que la croissance future attendue des taux démence pourrait ne pas être aussi forte que pronostiqué » explique le Pr  Kenneth Langa (Veterans Affairs Center for Clinical Management Research, Ann Arbor, Michigan) responsable de l’étude américaine.

C’est là un sujet majeur de santé publique. Et c’est aussi une affaire éminemment politique et économique. Car s’il est clair que les neurosciences peinent à comprendre les causes premières de maladie d’Alzheimer et des autres maladies neurodégénératives les possibilités de prévention existent. Et leur mise en œuvre est pleinement du ressort des politiques publiques – à commencer par le développement précoce et constant des politiques d’éducation et de stimulation des fonctions intellectuelles – ainsi, plus généralement, que celle « d’hygiène de vie ».

Laïc et catholique

De ce point de vue les premiers symptômes chiffrés pourraient être la traduction des progrès en matière d’éducation accomplis durant les dernières décennies. A l’inverse ces éléments positifs sont menacés par l’augmentation des taux de diabète (de type 2), d’obésité et d’hypertension artérielle – autant de pathologies qui, loin d’être des fatalités individuelles, sont (comme l’éducation ou la lutte contre l’esclavage du tabagisme) également pleinement du ressort des politiques publiques.

Il y a là un facteur d’espérance et un levier d’action dont les responsables politiques ne semblent pas avoir pris conscience. Les turbulences et passions actuellement observées en France à l’occasion des « Primaires de la Droite et du Centre » en témoignent à l’envi. Chômage… temps de travail… réduction de la dette… amitiés franco-russes … et totale impasse sur la décadence de la vieillesse qui pourrait ne plus être une fatalité. Qui sera le premier à s’emparer du sujet ?  Qui, radicalement laïc ou raisonnablement catholique, expliquera que le pire n’est (peut-être) pas totalement écrit ?

A demain