Guerre vaccins-aluminium : les deux ennemis vont-ils bientôt commencer à parlementer ?

Bonjour

L’affaire n’est pas, étrangement, sans faire songer aux deux Corées. Finalement ne jamais (trop) désespérer de l’humanité ? En juillet dernier le LEEM (organisation professionnelle et lobby de l’industrie pharmaceutique) publiait un rapport intitulé « Le point sur l’aluminium et les vaccins – 9 questions-réponses » . Il s’agissait (enfin) de répondre de manière argumentée aux accusations, rumeurs ou fantasmes concernant les dangers inhérents à l’aluminium et plus généralement aux « adjuvants » présents dans les vaccins.  Synthèse rapide de la position du LEEM :

« 1 • Les adjuvants aluminiques sont utilisés pour optimiser l’efficacité des vaccins non vivants depuis près de 90 ans, dans le monde entier, et présentent un profil de tolérance excellent. 2 • Le niveau de qualité de ces travaux ne permet pas de conclure à la toxicité des adjuvants aluminiques, ce que confirme l’ensemble des rapports, français et internationaux, sur le sujet. 3 • La Myofasciite à macrophages (MMF) n’est pas une maladie mais un « tatouage vaccinal ». 4  • Le phosphate de calcium n’est pas une alternative aux sels d’aluminium car ses résultats en termes de tolérance et d’efficacité étaient contradictoires.

« 5 • La quantité d’aluminium ingérée dans notre vie quotidienne est incomparablement plus importante que celle reçue par la vaccination tout au long de la vie. 6 • La recherche portant sur de nouveaux adjuvants a pour finalité la découverte denouveaux vaccins, pour lesquels les sels d’aluminium ne permettent pas toujours d’offrir l’efficacité attendue. 7 • Les travaux qui incriminent l’aluminium dans les vaccins proviennent essentiellement d’une seule équipe, française, dont les travaux n’ont été reconnus par aucune instance nationale ou internationale. 8 • Si la recherche publique sur les adjuvants aluminiques doit se poursuivre, alors c’est une équipe indépendante qui devra mener ces travaux. »

Casquettes au vestiaire

Nous sommes en septembre et l’association E3M  répond au LEEM dans son « contre-rapport » : « La double casquette du LEEM, fabriquant de vaccins et manipulateurs d’opinions ».

« La synthèse de ce document s’articule autour de huit affirmations censées démontrer que la polémique sur l’aluminium vaccinal n’a pas lieu d’exister » résume Didier Lambert, porte-parole de la campagne Pour des vaccins sans aluminium

« L’association E3M commente chacune de ces affirmations en s’appuyant notamment sur les travaux menés par l’équipe INSERM des Pr Gherardi et Authier. Pour E3M, la volonté de l’industrie pharmaceutique est claire : récuser toute critique sur l’aluminium vaccinal et discréditer les lanceurs d’alerte, quitte à utiliser des arguments scientifiques erronés et à diffuser des propos calomnieux… Ce positionnement est extrêmement dangereux pour la santé de la population, mais aussi pour notre démocratie. 

En contre-point, E3M conclut en ces termes : qu’attend-on pour financer la recherche sur l’aluminium, et pour mettre à disposition de la population des vaccins sans aluminium, par exemple ceux ayant comme adjuvant du phosphate de calcium ? »

Pour M. Lambert chacun peut ainsi « se faire son opinion ». C’est sans doute un peu plus compliqué. Pour autant tout indique que nous sommes sur le chemin du progrès. Enfin deux professions de foi, deux blocs de certitudes mais aussi deux argumentaires référencés. L’espoir d’une première rencontre autour d’une même table. Casquettes au vestiaire et déclarations d’intérêts affichées au bar. L’affaire n’est pas sans faire songer ni à Le Carré ni aux deux Corées. Trump ou Smiley ? Rêver ou cauchemarder ?

A demain

 

 

Cigarette électronique : une belle leçon britannique administrée aux députés français

Bonjour

C’est un événement politique autant que médical : outre-Manche un rapport parlementaire vante, au nom de la réduction des risques, les vertus du développement de la cigarette électronique. Il fait valoir, pièces à l’appui, que le pouvoir exécutif britannique n’a pas encore pris la mesure de l’intérêt, pour la santé publique, de ce levier antitabac. Pour les auteurs de ce rapport les produits du vapotage sont encore trop souvent sous-utilisés par le National Health Service).

Le « vapotage passif » ? Ses risques sont négligeables et en toute hypothèse de très loin inférieurs au tabagisme des cigarettes conventionnelles : aussi la réglementation doit-elle être allégéenotamment en termes de publicité et de liberté de vapoter dans les lieux publics.

 Pour résumer : le risque que représente pour les fumeurs le fait de continuer à fumer des cigarettes conventionnelles est hatement plus élevé que l’incertitude sur l’usage à long terme de la cigarette électronique : il faut que le gouvernement britannique suscite un programme de recherche à long terme (supervisé par « Public Health England » et « the Committee on Toxicity of Chemicals in Food, Consumer Products and The Environment ») pour collecter, de façon indépendante, toutes les données sanitaires sur les effets de la cigarette électronique.

On trouvera ici ce rapport parlementaire britannique  : « Government missing opportunity with e-cigarettes ». Et ici la lecture, comme toujours éclairante, qu’en fait, sur son blog,  Philippe Poirson : « Brexit: les députés britanniques veulent libérer la vape de la loi tabagique made in EU ».

Sir Norman Lamb, président du Comité de la chambre des communes qui a réalisé le rapport (« Science and Technology Committee »), par ailleurs membre de la Chambre des Lords (libéral-démocrate) :

« Fumer représente toujours un problème majeur de santé publique et le gouvernement devrait envisager des démarches innovantes pour baisser le taux de prévalence tabagique.

« La cigarette électronique est moins nocive que la cigarette conventionnelle mais la politique et la réglementation actuelles ne le reflètent pas suffisamment et on doit arrêter de considérer, de la même manière, les cigarettes conventionnelles et électroniques dans les entreprises, les moyens de transports et les espaces publics.

« Quant aux craintes selon lesquelles le vapotage serait une porte d’accès à la consommation conventionnelle du tabac, notamment pour des jeunes non-fumeurs, elles ne se sont pas concrétisées. Bien employé, le vapotage peut être une arme de pointe dans l’arsenal de la politique de santé. »

Ce sont là des mots que les ministres et autres autorités sanitaires françaises n’ont jamais prononcés. Et c’est aussi un sujet sur lequel ne se sont jamais politiquement penchés les parlementaires français. Et ce alors même que l’on compte près du double de fumeurs en France qu’en Grande Bretagne. Aucun député, aucun sénateur français ne semble concerné par les moyens permettant de lutter efficacement contre la première cause de mortalité évitable.

Où sont, ici, les bataillons de la France insoumise ? Où sont les troupes innombrables de la République en marche ? Sans parler de l’ancien parti de Jacques Chirac – lui qui, en son temps et à sa façon, avait saisi l’importance de la lutte contre cette addiction.

A demain

 

L’anthrax tue dans les Hautes-Alpes mais la France n’a pas assez de vaccins pour protéger

Bonjour

Qu’en diront les néo-antivaccinaux et les amis des bêtes ? On parlera, au choix, de maladie du charbon, d’anthrax ou de fièvre charbonneuse. Une zoonose due à la bactérie sporulée Bacillus anthracis : escarres noirâtres qui se forment au milieu des lésions cutanées chez les individus atteints. Les spores pathogène peuvent rester inactives pendant des dizaines d’années dans le sol – d’où les « champs maudits ».

La maladie est présente sur tous les continents et provoque une mortalité élevée chez les ruminants La bactérie produit des toxines extrêmement pathogènes, responsables des symptômes de la maladie et qui entraînent un taux de mortalité élevé. « La plupart des mammifères sont sensibles, mais la fièvre charbonneuse affecte surtout les ruminants et les humains » précise l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

« Plus de cinquante animaux morts dans vingt-huit exploitations, bovins, ovins ou équidés: le département des Hautes-Alpes est confronté depuis le mois de juin à la plus importante épidémie animale de fièvre charbonneuse survenue en France depuis près de vingt ans, rapporte l’AFP. Les premiers cas chez l’animal ont été observés à Montgardin, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Gap, où six vaches ont été retrouvées mortes le 28 juin. En deux mois, la maladie s’est étendue à treize communes, sur lesquelles les autorités sanitaires recensent vingt-trois foyers distincts. »

Dès qu’un foyer est confirmé, la préfecture « prescrit la vaccination de tous les animaux concernés » indiquent les autorités sanitaires. Et des « mesures de blocage de l’exploitation » d’au moins 21 jours sont prises, « le temps d’acquisition de l’immunité vaccinale et de la réalisation des opérations de nettoyage et de désinfection ». Le lait collecté doit être pasteurisé et détruit.

Pasteur, Roux et Chamberland

Les cas de transmission à  l’espèce humaine sont rares. Pour l’heure aucun malade n’a été recensé dans les Hautes-Alpes. Pour autant 103 personnes entrées « potentiellement en contact » avec le germe pathogène ont été recensées – notamment du personnel d’une entreprise d’équarrissage, des éleveurs ou des vétérinaires. La moitié bénéficie d’un traitement antibiotique préventif allant de 10 à 35 jours – en fonction du type d’exposition.

Le vaccin est le moyen le plus efficace pour limiter la propagation. « Mais les vétérinaires font face à une pénurie temporaire, le laboratoire espagnol qui les produit étant fermé au mois d’août, et traitent en priorité les troupeaux infectés et les exploitations limitrophes » précise l’AFP. Agnès Chavanon, secrétaire générale de la préfecture des Hautes-Alpe : « l’État a entamé des discussions avec ses partenaires européens pour évoquer la disponibilité et le rachat des vaccins ».

Où l’on découvre, alors même que la maladie n’est en rien exceptionnelle (plus d’une centaine de foyers enregistré en vingt ans), que la France ne dispose pas d’un stock minimal de vaccins. On se souvient peuy-être que l’efficacité de la vaccination contre la fièvre charbonneuse a été démontrée pour la première fois au monde par Louis Pasteur (avec la collaboration de Charles Chamberland et Emile Roux). C’était le 5 mai 1881 lors de la célèbre expérience de Pouilly-le-Fort (Seine-et-Marne). Bien avant les antibiotiques.

Rien n’était simple, alors, pour Pasteur et ses collaborateurs. Certains leurs reprochèrent d’avoir induit le public scientifique en erreur sur la nature exacte du vaccin utilisé (voir le « Secret de Pouilly-le-Fort »). Un siècle et demi plus tard, ou presque, la France est en quête de vaccins. Qui en détient ?

A demain

L’étrange courrier des Prs Joyeux et Montagnier au locataire du Palais de L’Elysée

 

Bonjour

« Le professeur Joyeux, médecin à effets indésirables », c’est le titre du portrait signé de la journaliste Zineb Dryef – portrait publié dans la dernière livraison de « M » supplément glacé du Monde. Actualité : la possible radiation définitive de l’Ordre des médecins de celui qui est progressivement devenu l’étrange porte-drapeau tricolore des innombrables militants opposés aux vaccinations forcées et à Big Pharma. Henri Joyeux, « le cauchemar du ministère de la santé ».

« Multipliant ouvrages et conférences, ce chrétien traditionaliste use de sa crédibilité de professeur en médecine pour prêcher sa bonne parole pseudoscientifique : contre l’industrie pharmaceutique, mais aussi contre la pilule, l’IVG et l’homosexualité, résume Le Monde. Une croisade idéologique qui pourrait bien lui valoir, le 24 mai, à 72 ans, sa radiation définitive »

 Nullement allergique aux passages sur les riants plateaux télévisés, porté aux nues par quelques stars (Sophie Marceau, Isabelle Adjani), auteur de best-sellers (Éditions du Rocher), conférencier adulé, souvent cité l’homme demeure mal connu, souvent insaisissable. De ce point de vue cet excellent  portrait fournit quelques enseignements essentiels à qui veut comprendre les racines les plus profondes des oppositions vaccinales. Il refuse généralement les rencontres avec les journalistes critiques de la presse généraliste. Faisant une exception pour Le Monde il a, en préalable, adressé un CV de vingt-quatre pages « sa vie (six enfants, huit petits-enfants), son oeuvre, ses combats (la famille, la nutrition, les vaccins), ses écrivains et philosophes préférés (Romain Gary, Friedrich Nietzsche, René Girard…) ».

Et de redire qu’il n’est pas un anti-vaccinal radical. Il se bornerait à « émettre des réserves ». C’est bien évidemment nettement plus complexe. Ses propres enfants ? Ils sont vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite , mais  « il n’était pas question » de les vacciner contre l’hépatite B. Ses petits-enfants ? « En fonction de ce dont ils ont besoin, rougeole, oreillons, rubéole, parce qu’il n’y a pas d’aluminium dans le ROR, mais ils ne vont pas suivre la loi de Mme Buzyn. » Onze vaccins sont obligatoires depuis le 1er janvier 2018. Lesquels préconise-t-il ?  » « L’allaitement maternel, le meilleur des vaccins. »

Lette énigmatique à Emmanuel Macron

Tout est ainsi résumé d’une position qui, au-delà de l’aluminium et des vaccins, autorise finalement tous les discours, toutes les croyances, tous les amalgames.  Son site officiel le démontre à l’envi. Site où l’on découvre une étrange lettre ouverte en faveur du « principe de précaution » co-signée avec le Pr Luc Montagnier, prix Nobel de médecine – lettre énigmatique adressée à Emmanuel Macron, président de la République. Extraits :

« Il est désormais impératif et urgent d’inscrire le principe de précaution en matière de santé et de médecine dans la Constitution, à la place qui lui est naturellement due. Le président de la République doit être le premier protecteur de la santé des Français. Nous avons le droit le plus précieux d’exiger des médicaments sans danger.

Le principe de précaution le garantira. Les laboratoires pharmaceutiques seront d’autant plus vigilants qu’ils engageront leur responsabilité de façon renforcée ; ainsi leurs profits seront mérités et la recherche, encouragée.

Cette avancée restaurera la sérénité. La France doit montrer l’exemple dans le concert des nations. Ce n’est pas une affaire de religion, de tendance politique, d’appartenance ethnique, de catégorie sociale, de niveau de richesse ou d’orientation sexuelle : c’est l’affaire de tous, sans différence, dans le respect de la devise de la France : liberté, égalité, fraternité.

Nous, signataires de la présente lettre ouverte, vous demandons, Monsieur le Président de la République, d’exercer en conscience, avec autorité, sagesse et courage, vos prérogatives pour que le principe de précaution en matière de santé et de médecine soit inscrit dans la Constitution, par la voie parlementaire ou référendaire, afin de nous protéger. »

Un médecin peut-il tout dire ? Le 24 mai, à 9 heures, Henri Joyeux comparaîtra devant la chambre disciplinaire du Conseil national de l’ordre des médecins. La suite d’une affaire suivie sur ce blog et qui démontre que l’homme n’est pas sans soutiens. Le Pr Joyeux  aura pour avocat, cela ne s’invente pas, Me Jean-François Jésus. « On ne me fera pas taire, assure-t-il au Monde. Si je suis radié, j’irai au Conseil d’État. J’irai jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme. » Avec son confrère Luc Montagnier aura-t-il, d’ici là, reçu une réponse du locataire de l’Elysée ?

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La peste progresse à Madagascar. Air France  maintient ses vols sur Antananarivo

Bonjour

Dans son dernier rapport sur la peste à Madagascar, daté du 20 octobre, l’OMS recense 1 297 cas suspects, probables et confirmés de peste sur la Grande Ile. Il s’agissait de 846 atteintes pulmonaires, 270 pestes buboniques et 180 cas non spécifiés. Ils ont été à l’origine de 102 décès.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens est passé de 30 à 40 entre le 1 er et le 17 octobre à 140 en moyenne depuis le 18 du même mois. Au total, 14 des 22 régions du pays sont atteintes ; le district de la capitale, Antananarivo, est le plus concerné avec 63,6 % des cas. Les autorités sanitaires du pays sont mobilisées et en concertation avec l’OMS, elles ont pu proposer une antibioprophylaxie à 1 621 des 2 476 personnes en contact très proche avec un malade confirmé.

L’OMS considère que comme « très élevé » le risque de peste pour l’ensemble de la population, et ce en raison du nombre important de patients concentrés dans les zones urbaines où les densités de population sont élevées. Les équipes en place sur le terrain ont pour mission de proposer « une stratégie de prévention et de contrôle fondées sur des effecteurs de surveillance, de diagnostic, de traitement curatif et préventif ».

« Neuf centres de soins dédiés ont été individualisés, dont six dans la capitale. Trois-cents techniciens d’hygiène ont déjà été formés, ainsi que quarante-cinq soignants qui ont ensuite été déployés dans la population, précise le site Medscape France. Un numéro de téléphone spécifique, le 910, est accessible à la population. En cas de suspicion importante de peste, des ambulances dédiées sont disponibles. »

Importance économique et symbolique

Dès les premiers jours d’octobre l’OMS avait alerté sur le risque de dissémination de la maladie et insisté sur les mesures à mettre en place au sein des aéroports. Plusieurs pays (les Comores, Maurice, l’Afrique du Sud, l’Irlande, Hong Kong, les Emirats Arabes Unis) ont choisi de vérifier la température des voyageurs en provenance de Madagascar et de mettre en quarantaine toutes les personnes fébriles.

Certains compagnies aériennes (comme Air Seychelles) ont d’ores et déjà suspendu les vols sur Antananarivo. Nous avons demandé à Air France quelle politique était, ici, suivie :

“A ce stade, Air France confirme maintenir son programme de vols de/vers Madagascar (Antananarivo).  La priorité d’Air France est de veiller à la santé et à la sécurité de ses clients, de ses équipages et de son personnel au sol. Air France applique les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé et des autorités sanitaires françaises et internationales (ministère français de la Santé, CDC, ECDC, IATA).”

Air France souligne aussi l’importance, économique et symbolique, , pour un pays touché par une épidémie, de pouvoir maintenir des relations aériennes avec les pays étrangers. La compagnie n’avait pas modifier ses dessertes lors de l’épidémie ouest-africaine d’Ebola.

A demain

 

 

Incroyable mais vrai : les parents réfractaires aux vaccins ne seront pas condamnés 

Bonjour

Que ferait le gouvernement sans le célèbre journaliste Jean-Jacques Bourdin ? Deux jours avant la présentation officielle du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, Agnès Buzyn, a dévoilé, mardi 26 septembre, sur RMC BFM-TV, les derniers arbitrages concernant les modalités de l’extension de l’obligation vaccinale ; une annonce faite en accéléré après un long dégagement sur le Levothyrox d’où il ressortait que la ministre de la Santé (à la différence de l’ANSM) avait parfaitement géré la crise.

Onze obligations vaccinales, donc, à compter du 1er janvier prochain. Seuls les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 devront respecter le nouveau calendrier vaccinal rendant obligatoires huit vaccinations jusqu’ici recommandées : coqueluche, hépatite B, Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C, rougeole, oreillons, rubéole. Aucune obligation rétroactive n’est prévue.

Et finalement, après mûre réflexion, le pouvoir exécutif a tranché : ni amende, ni peine de prison pour les parents qui s’opposeront à ces vaccination. « Je veux rendre la confiance par l’obligation » réaffirme la ministre. Soit, en pratique, la disparition de la disposition du code de la santé publique prévoyant une peine de six mois d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende pour « refus de se soumettre à l’obligation vaccinale ».

Juridiquement intenable

Corollaire : aucune « clause d’exemption » comme l’idée en avait été avancée l’an dernier par le Comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination présidé par le Pr Alain Fischer. Selon lui, il existait « un doute important sur l’acceptabilité d’une mesure qui consisterait à étendre le statut obligatoire à de nouveaux vaccins sans aucune possibilité de s’y soustraire ».

« Ce n’était juridiquement pas tenable » a expliqué Agnès Buzyn à Jean-Jacques Bourdin. Comment imposer en invoquant un impératif de santé publique et permettre de s’en exempter  ? Mais la ministre a aussi ajouté : « Il n’y aura pas de sanction pénale. Par contre il existe une mesure générale concernant la protection des enfants. C’est la loi : les parents sont censés protéger leurs enfants. Pénalement, légalement, un enfant pourra se retourner un jour contre ses parents parce qu’il a un handicap, parce qu’il n’a pas été vacciné, amputé par exemple à la suite d’une septicémie à pneumocoque. Et là les parents pourront être condamnés à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. »

Que penser de cette contrainte indirecte ? Qu’en sera-t-il de l’entrée des enfants non vaccinés dans les garderies, les crèches et les écoles ? Des sérologies seront-elles demandées ? Jean-Jacques Bourdin n’a pas songé à le demander à la ministre de la Santé.

A demain

Rougeole : quand les personnes non vaccinées contaminent des enfants âgés de moins d’un an

 

Bonjour

Pas de commentaires sur les responsabilités considérables des nouveaux militants anti-vaccins. Seulement les derniers chiffres officiels de Santé Publique France concernant la rougeole.

Du 1er janvier au 31 juillet 2017, 387 cas ont été déclarés (pic épidémique au mois de mai, avec 113 cas déclarés). 154 cas (40%) ont dû être hospitalisés, dont deux cas d’encéphalite et 31 cas de pneumopathies sévères. Un cas est décédé : une jeune femme âgée de 16 ans, sans antécédents médicaux, non vaccinée, décédée dans un tableau de détresse respiratoire aiguë et de défaillance multiviscérale. Plusieurs foyers épidémiques ont été observés dans des crèches, des établissements scolaires, une université, la communauté des gens du voyage ainsi que des structures de soins, services d’urgences hospitalières donnant lieu à des cas nosocomiaux. Hormis deux foyers situés en Moselle et Alsace, la majorité de ces foyers a été observée dans la moitié sud de la France.

Les données montrent que l’âge médian des cas déclarés sur les douze derniers mois est de 13 ans (de un mois à 75 ans). Le taux d’incidence le plus élevé est observé chez les enfants de moins de 1 an, non ciblés par la vaccination et ne pouvant être protégés que si leur entourage est immunisé contre la maladie. « Ceci est très préoccupant car les complications (neurologiques ou pulmonaires notamment) sont plus fréquentes et sévères dans ce groupe d’âge ainsi que chez les jeunes adultes » souligne Santé Publique France.

Aucun département n’est plus à l’abri

On peut dire tout ceci autrement :  la France est toujours endémique vis-à-vis de l’infection rougeoleuse et n’est pas à l’abri d’une nouvelle épidémie d’ampleur importante. L’existence de cas déclarés dans la quasi-totalité des régions ne met pas les départements indemnes de rougeole aujourd’hui à l’abri d’une extension de la circulation virale dans un avenir proche. Et ceci est d’autant plus à craindre qu’aucun département n’atteint actuellement les 95% de couverture vaccinale à 2 ans pour les 2 doses de vaccin, taux requis pour permettre l’élimination de la maladie.

Conclusion : les cliniciens doivent vérifier systématiquement, et, le cas échéant mettre à jour, le statut vaccinal vis-à-vis de la rougeole  de toute personne âgée d’au moins 12 mois et née après 1980. Selon le calendrier vaccinal en vigueur, toutes ces personnes devraient avoir reçu deux doses de vaccin trivalent (rougeole-oreillons-rubéole). De plus, vis-à-vis de l’entourage proche d’un patient atteint de rougeole, la mise en œuvre des mesures de prophylaxie post-exposition (vaccination ou immunoglobulines polyvalentes) est essentielle.

Que doit faire le clinicien en cas d’opposition radicale au geste vaccinal ?

A demain