Covid-éthique : après la rumeur d’Orléans, le voile se lève sur les mystères des clusters

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14/08/2020. Nous évoquions hier un scoop que, dans le Loiret, France Bleu peinait à confirmer (Antoine DenéchèreNoémie PhilippotFrance Bleu Orléans). Question centrale : pourquoi les responsables de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Centre Val-de-Loire  se refusaient-ils à confirmer ou à infirmer les éléments avancés par les journalistes : « plusieurs dizaines de cas positifs au Covid-19 liés à un rassemblement conséquent à Orléans » ?

« Selon nos informations, ce foyer épidémique est consécutif à un mariage célébré le dimanche 1er août, quartier de la Source, annonçait France Bleu. Et il y a, à ce jour, plus de cinquante cas testés positifs.  Ce mariage a donné lieu à une grande fête avec un nombre très important d’invités (plus de 250 convives selon nos informations). Selon plusieurs sources, les gestes barrières ont été peu ou pas respectés lors de ce mariage. Il s’agissait d’une fête dans des conditions normales. »  

Silence à l’ARS. Pourquoi ? A quel titre ? De quel droit ? La réponse nous est, peut-être, fournie aujourd’hui par Libération (Emma Donada)Libé qui observe, concernant les clusters, que très peu d’informations précises sont délivrées au public, en dehors de leur nombre. Au niveau national, ce nombre est quotidiennement mis à jour par Santé publique France (SpF). Au 12 août, cette agence recensait, par exemple, en France, 217 clusters en cours d’investigation, hors Ehpad et milieu familial restreint, soit 25 de plus que la veille.

Des effets délétères, comme la stigmatisation et l’anxiété

« Pour obtenir un peu plus de détails sur ces foyers, il faut consulter un tableau de bord de Santé publique France, qui n’est qu’hebdomadaire, conseille Libé. On y retrouve le nombre de clusters en cours d’investigation, la répartition de ces derniers par «type de collectivité» (événements privés, entreprises ou encore écoles), mais aussi la répartition des clusters en cours d’investigation par département. Mais la localisation précise des clusters n’est pas renseignée. »

Pourquoi ? A quel titre ? De quel droit ? Cela s’explique, assure SpF, par le respect de la confidentialité exigée par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Selon SpF la communication de la localisation exacte de tous les clusters entraînerait «des effets délétères, comme la stigmatisation et l’anxiété, qui n’ont pas lieu d’être. Cela pourrait aussi faire baisser la garde à des personnes constatant qu’un cluster est identifié mais éloigné de leur domicile».

«Le système d’information MONitorage des Clusters (Monic), développé par Santé publique France, est un outil de signalement à visée d’alerte, avec un traitement à finalité épidémiologique. Le traitement de ces données […] s’appuie sur une autorisation permanente [délivrée] par la Cnil pour les traitements de données à caractère personnel dans le cadre des investigations urgentes. Santé publique France est ainsi garante de la confidentialité des informations du système»,

Libé note encore que la transparence « est parfois plus grande au niveau régional ». Certaines ARS donnent ainsi davantage de détails dans leurs communications. Mais si les pratiques demeurent hétérogènes, la seule constante est qu’aucune information strictement personnelle n’est, jamais, divulguée. Faudrait-il, à la réflexion, s’en indigner ?

A demain @jynau

Covid-modestie: voici pourquoi le gouvernement peut nous dire «tout et son contraire»

Bonjour

13/08/2020. Avant-hier, hier, sur franceinfo, le Pr Philippe Juvin usait du concept de « trouille » pour critiquer le manque d’autorité dans la lutte contre l’épidémie conduite par le Premier ministre. Hier, toujours sur franceinfo, on retrouvait le Pr Eric Caumes chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Nouvelle attaque des atermoiements de l’exécutif :

« Santé publique France fait un très très bon travail. On sait où sont les clusters a assuré le Pr Caumes. 50% sont dans des entreprises médicales ou non médicales. Et 22% des clusters sont dans les entreprises privées. Rendons le masque obligatoire dans tous les lieux clos, dont les entreprises privées ! »

Selon lui ce nombre important de foyers de contamination n’est pas dû au protocole sanitaire des entreprises. « Je pense juste qu’il n’est pas appliqué correctement, sinon il n’y aurait pas de souci à se faire, explique le Pr  Caumes. Je pense que c’est un problème d’autodiscipline. C’est la nécessité de ne pas se contaminer entre collègues, donc on devrait y arriver assez facilement. On y arrive dans les hôpitaux, mais nous-mêmes on peut se relâcher donc on peut le comprendre ce relâchement. Mais on ne peut pas se le permettre. » Conséquence pratique, quand la chose est possible : « continuer le télétravail à la rentrée ».

L’intervention du Pr Caumes a marqué : depuis 24 heures, reprises médiatiques en boucle, commentaires en plateau, réactions diverses … C’est, avec l’angoisse du retour d’une « deuxième vague » et la quarantaine « anti-française » décrétée par nos amis britanniques, le grand sujet du jour.

« Lorsque l’entreprise ne reçoit pas de public, les travailleurs ne sont pas obligés de porter un masque à condition que la distanciation physique soit respectée, rappellent les ministères de la Santé et du Travail dans une note intitulée « Mesures de prévention dans l’entreprise contre le Covid-19 – Masques. ». Mais l’exécutif renvoie aussi au Code du travail, qui comporte des règles strictes de prévention des risques, ce qui devrait inciter les employeurs à prendre davantage de précautions. D’autant que depuis le 27 juillet, le gouvernement a recommandé aux entreprises de « constituer un stock préventif de masques de protection de 10 semaines pour pouvoir faire face à une résurgence potentielle de l’épidémie »… »

« Jamais, dans l’Histoire de France, on n’a fait autant de tests »

Autre cible du Pr Caumes, les dysfonctionnements majeurs observés, de manière récurrente, dans le dépistage.  « Pour les testing / tracing, la durée moyenne entre le moment où vous avez les symptômes et le moment où vous êtes testés, c’est trois à quatre jours, déplore-t-il. C’est beaucoup trop long parce que pendant ce temps-là, il y a d’autres chaînes de transmission qui sont amorcées. » Selon lui on teste trop tard et un peu dans le brouillard. A prix d’or. « On fait 90 000 tests par jour. Chaque test coûte 54 euros et est remboursé par la Sécurité sociale, ce qui revient à la collectivité à 450 000 euros par jour. » Pour quels bénéfices ? La collectivité ne le sait pas.

En écho au Pr Caumes, ce matin, invité de France Inter, le Pr Jérôme Salomon. Comme souvent le Directeur général de la Santé ne répond pas directement à la question. Les tests ? Il salue ici « la capacité d’observation » de la France, « devenue très importante ». « Nous faisons aujourd’hui environ 100 000 tests par jour, plus de 600 000 par semaine et nous avons dépassé les 6 millions de tests et cela nous permet de bien mieux observer la situation qu’au mois de mars, affirme-t-il. Il y a une vraie augmentation de l’incidence du virus, ce n’est pas seulement parce qu’on détecte plus. On a, grâce à ces détections de cas et grâce à l’ incitation aux tests, une meilleure confirmation que l’épidémie est en train de repartir. »

Selon lui « jamais, dans l’Histoire de France, on n’a fait autant de tests sur une maladie infectieuse ». Et qu’on le sache : « On s’est beaucoup préparé : il y a tous les outils à disposition pour éviter une deuxième vague ».

Les masques imposés dans les entreprises du Pr Caumes ? « Il faut faciliter l’accès aux masques, reconnaît le Directeur général de la santé sans traiter du sujet précis. Nous sommes très attentifs à leur prix, cela va être un outil utile pour les prochains mois, nous allons devoir vivre avec ce virus et donc avec le masque. Aujourd’hui les productions sont massives et le prix du masque va fortement baisser à la rentrée. Il doit être disponible pour les plus précaires, les plus vulnérables. Les masques français en tissus sont excellents. L’intérêt c’est qu’ils ont un impact bien meilleur sur notre environnement, on peut les réutiliser, on peut les laver, ils sont moins chers, ils sont fabriqués en France, à proximité de chez vous. »

On se souvient que le discours du Pr Salomon sur les masques n’a pas toujours été celui-ci. Bien au contraire. Pourquoi ? Des auditeurs, la journaliste, le disent à leur façon, dénoncent les contradictions de l’exécutif. « Pourquoi nous dit-on tout et son contraire ? ». Réponse, à graver, du Pr Salomon : « On nous dit tout et son contraire (sic) parce qu’il faut rester humble et modeste. Et il faut avouer que nous ne savions rien au mois de janvier, que nous avons appris mais qu’il reste encore beaucoup d’incertitudes scientifiques. Au fur et à mesure que nous en savons plus, nous adaptons notre dispositif ».

Jusqu’à quand ? La rentrée ? « Le virus sera toujours là. Nous devrons vivre avec, parce que nous devons vivre, c’est très important (…) Et appliquer les mesures barrières, c’est le meilleur moyen de vivre bien avec ce virus ».

A demain @jynau

Masque et incurie : mais quand le gouvernement apprendra-t-il à l’utiliser correctement ?

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13/08/2020. A Noël sera–t-il, sous la neige, imposé à l’échelon national ? Pour l’heure il ne cesse de gagner du terrain dans les rues des communes et des villes françaises. Aux préfets et aux élus locaux de le rendre obligatoire annonce désormais un gouvernement comme fatigué des plaisirs de la centralisation et du jacobinisme.

La fatigue transparaissait dans les propos d’Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé de retour le 12 août à la petite messe du 20 heures de France 2. Un ministre qui prit soin de rappeler aux citoyens qu’il n’y avait «pas forcément besoin d’obligation pour qu’on puisse se protéger».

Et le ministre de faire œuvre d’une pédagogie assez éloignée de Célestin Freinet et Maria Montessori. Appel, donc, au moyen mnémotechnique avec  «la règle A-B-C-D», pour se rappeler à chacun dans à quelles occasions le masque est nécessaire d’être porté.

«A : quand on est À risques,

B : quand on est dans un lieu Bondé,

C : dans les endroits Clos,

D : quand la Distance est impossible à gérer»,

Une règle à rapprocher de celle dite « des 3M», ««3M» : «Mètre, Mains, Masques», élaborée par la Direction générale de la santé.

Où l’on en vient à se demander combien de cerveaux, publiques ou privés, phosphorent en plein été pour en arriver à de tels slogans – la question vaut aussi pour les messages sanitaires publicitaires diffusés en boucle par voie radiophonique. Et sans doute pourrait-on rire de tout ceci si les exhortations récurrentes de l’exécutif à « porter le masque » ne correspondaient pas à un vide sidéral quant aux mesures pratiques à respecter pour que ce port ne soit pas une illusion protectrice.

On peut d’ailleurs déjà voir ici une nouvelle « affaire du masque ». Le sujet est abordé, développé, enrichi, sur ce blog, par notre correspondant Umberto Ucelli qui dénonce avec constance l’incompétence de l’exécutif sanitaire français. Nous le citons:

«Prôner le masque dans les rues mais ne pas le rendre pas obligatoire dans les entreprises, là où se font la majorité des contaminations. Allez comprendre … écrit-il en écho des interrogations sur la « trouille » dont serait victime le Premier ministre Jean Castex. Et je m’abstiens de faire une communication massive efficace pour que les citoyens prennent un masque comme il faut : pas à valve, pas un ersatz (visière, bavoir) et qu’ils l’utilisent comme il faut. »

« Pour ça il faut que ce soit une campagne massive dans les rues, avec des écrans géants, des affiches géantes qui montrent comment faire et ce qu’il ne faut pas faire, clairement. Et de même sur les réseaux dits sociaux. Qu’ils le soient de temps en temps, sociaux.

« On voit de plus en plus en magasin , dans la rue, dans les reportages à la télévision et des gens le masque sous le nez. Il faudrait massivement faire savoir que le virus rentre par le nez aussi – sinon à force d’en voir on va croire que c’est normal et bien. Le citoyen non professionnel de santé ne sait pas manipuler un masque ni l’entreposer en toute sécurité quand il se déplace. Et le gouvernement ne fait rien pour le lui apprendre.

« Pousser au port intermittent du masque au cours d’un déplacement c’est pousser au crime. Le masque ne doit pas être touché une fois mis ou alors après s’être passé les mains à l’alcool. Et on se repasse les mains à l’alcool après.

« En n’arrêtant pas de toucher l’une ou l’autre des faces du masque, en le pliant le roulant en boule, le mettant qui en poche qui en sac: vous contaminez vos mains ; vos mains vont contaminer des personnes ou objets qui seront touchés … et contamineront des personnes. Et quand on enlève son masque parce que ce n’est pas obligatoire mais qu’on le garde pour le remettre plus loin : qu’en fait-on ? Comment ne pas se contaminer sa poche son sac ? (Qui le dira ?)

« Ce n’est certes pas simple. Par contre ce qui est simple c’est : 1 je ne mets jamais de masque je garde les distances ; 2  Je mets mon masque chez moi, je le garde dehors et dans les intérieurs. Je n’y touche plus sauf besoin de le réajuster : alcool avant et après. Je le retire une fois au travail (si possible) ou chez moi. Je n’oublie pas les autres mesures barrières pas de main serrée bise lavage / alcool pour les mains, distance même masqué.

« Tout ceci nécessite d’être expliqué ‘’sons et lumières’’. Que fait le gouvernement ? Que font les media ? »

Fin de la citation.

A demain @jynau

«Trouille» : un urgentiste chef de service dénonce le manque d’autorité du Premier ministre

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12/08/2020. C’est un nouvel épisode marquant d’un affrontement, désormais récurrent: celui entre le pouvoir exécutif et un corps médical qui, avec la pandémie, a (re)trouvé les moyens de parler haut et fort. Un tacle politique à découvrir sur franceinfo.

Cible : Jean Castex, Premier ministre, ancien « Monsieur Déconfinement ». Il est visé par le Pr Philippe Juvin, chef du service des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou, par ailleurs maire (LR) de La Garenne-Colombes. Un adversaire redoutable. Il s’exprime au lendemain des quelques annonces du Premier ministre souhaitant un renforcement de la lutte contre l’épidémie.

Face à l’évolution de la situation épidémique en France, le Premier ministre a notamment annoncé qu’il allait « demander aux préfets de se rapprocher des élus locaux pour étendre le plus possible l’obligation du port du masque dans les espaces publics ». Jean Castex a aussi annoncé le report au 30 octobre de la levée de l’interdiction des rassemblements de plus de 5 000 personnes, un renforcement des contrôles et un meilleur accès aux tests de dépistage.

Réaction-commentaires du Pr Juvin : « L’absence de clarté devient un problème de santé publique. Un homme politique, ça fait preuve d’autorité. Le rôle du Premier ministre n’est pas d’alerter. Il n’est pas de plaider pour les masques. Ce qu’il faut c’est décider. J’ai l’impression de revivre au plan politique comme citoyen ce que j’ai vécu comme soignant pendant des semaines et des mois, à savoir des ordres, des contre-ordres, des demi ordres. C’est flou. Et quand on veut lutter contre une épidémie il faut de la rigueur ».

«Combien avons-nous de masques actuellement en stock ? »

Selon lui (il n’est pas le seul) « personne ne peut comprendre la carte de Paris qui détaille les rues où le port du masque est obligatoire ». Autre exemple : « quand on nous dit que les rassemblements seront limités à 5 000 personnes, ça ne veut rien dire. 5 000 personnes au stade de France, qui a 80 000 places, c’est ridicule. On peut être beaucoup plus nombreux au stade de France. En revanche, 3 000 personnes dans un stade de 4 000, c’est trop. »

Le Pr Juvin plaide également pour que les soignants connaissent l’état des stocks de masques, l’état des stocks de gants, l’état de stocks de respiratoires. « Ce serait une mesure de clarté et de transparence (…) Les bruits courent qu’il y aurait des difficultés sur les gants. Les bruits courent qu’il y aurait des difficultés sur les masques. Il y a dix ans, au moment du H1N1, on avait deux milliards de masques en stock. Je serais curieux de savoir combien nous avons de masques actuellement en stock. »

Et le Pr Juvin de se demander publiquement « si le Premier ministre n’a pas un problème, n’a pas un peu la trouille de faire preuve d’autorité ». La « trouille » 1, voilà un terme qu’aucun chef de service hospitalier n’aurait publiquement utilisé à l’adresse du chef du gouvernement. C’était, il est vrai le « monde d’avant ».

A demain @jynau

 1 Trouille : Peur intense. Synon. frousse, pétoche. Avoir une trouille bleue, noire; coller, flanquer la trouille (à qqn)ne pas avoir la trouille. « Il ne s’agit pas (…) d’accepter la victoire de Franco, avec la trouille pendant vingt ans à la merci d’une dénonciation » (Malraux, Espoir, 1937, p. 658). « J’ai le trac, pour ne pas dire la trouille, du missionnaire qui débarque chez les cannibales » (H. Bazin, Lève-toi, 1952, p. 95).

Pourquoi diable Vladimir Poutine n’a-t-il pas osé se faire vacciner avec son « Spoutnik V » ?

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12/08/2020. Qu’aurait fait le tsar ? Et Lénine ? Et Joseph Staline ? Pour Vladimir Poutine on sait : il n’a pas osé – et il a laissé sa fille jouer le rôle de la cobaye. C’est le début d’une nouvelle affaire. Pour l’heure le président russe a réussi à inonder les médias planétaires en affirmant lors d’une conférence de presse, mardi 11 août, que la Russie avait développé le « premier » vaccin contre le nouveau coronavirus. La preuve : une autorisation réglementaire de développement a été donnée par le ministère de la santé russe à l’Institut Nikolaï Gamaleïa, un centre de recherche d’Etat en épidémiologie et microbiologie situé à Moscou… Aucune publication scientifique. Des rumeurs distillées ici et là. Un parfum de guerre froide moderne.

Mieux encore : la vice-première ministre chargée des questions de santé, Tatiana Golikova, a dit espérer commencer dans les semaines à venir la vaccination des personnels médicaux, puis des enseignants. Le reste de la population devrait être vacciné à partir de sa mise en circulation, le 1er janvier 2021, selon le registre national des médicaments du ministère de la santé, consulté par les agences de presse russes citées par Le Monde. « Plus d’un milliard de doses »auraient été pré-commandées par vingt pays étrangers.

Humour russe ou pas ce vaccin a été baptisé « Spoutnik V » (V comme vaccin), en référence au satellite soviétique, premier engin spatial mis en orbite, en 1957, sous l’ère Nikita Khrouchtchev.

Vladimir Poutine, à propos de sa propre fille qui, assure-t-il, a participé aux essais cliniques du vaccin : « Après la première injection, elle a eu 38,5° C de fièvre, le lendemain un peu plus de 37,5° C, puis plus rien. Après la seconde injection, elle a à nouveau eu un peu de fièvre, vite retombée. Elle se sent bien, et sa concentration d’anticorps est élevée.»

Cette autorisation-décision russe intervient après moins de deux mois d’essais cliniques chez l’homme. Peut-on raisonnablement imaginer qu’elle ouvre la voie à l’utilisation à grande échelle de ce vaccin sur la population russe ? Et ce alors que rien n’est acquis quant à son efficacité et son innocuité ? Le ministère russe de la santé russe affirme que « des essais cliniques sur plusieurs milliers de personnes allaient continuer », mais que la double inoculation du vaccin « permet de former une immunité longue », pouvant durer « deux ans ».

« Décision insensée et dangereuse »

Rappel : dans un essai vaccinal, s’affranchir de la phase 3 c’est refuser de savoir si le vaccin est non seulement efficace mais aussi « éthique », qu’il n’y a pas de contre-indications sévères et d’effets secondaires plus ou moins rare et dangereux.

« Il n’y a pas de données connues concernant la qualité, l’efficacité et la sécurité du vaccin russe », a aussitôt réagi une porte-parole du ministère de la santé allemand, rappelant qu’au sein de l’Union européenne « la sécurité des patients est la première des priorités ». Et l’OMS d’affirmer qu’avant toute « pré-qualification » de sa part, elle devait examiner par des « procédés rigoureux » l’ensemble des données « recueillies lors d’essais cliniques ». Tous les médias occidentaux font appel à des spécialistes qui, dans leur majorité dénoncent l’initiative politique russe.

On peut aussi aller plus loin et lire, dans Libération (Christian Losson), l’entretien avec le chercheur suisse François Balloux, directeur de l’institut de génétique de l’University College de Londres. Extrait :

« C’est une décision insensée, et surtout dangereuse. Une décision politique qui intervient dans une course folle à l’armement au vaccin contre le Covid. C’est totalement irresponsable, quels que soient les faits. Si ce n’est pas une fake news, l’irresponsabilité demeure car les autorités russes vont administrer un vaccin en s’affranchissant de ses trois phases de développement nécessairesUn pari fou (…)

« La Russie veut damer le pion aux grandes démocraties occidentales, à commencer par les Américains. Le président russe est à la tête d’un Etat faible et très corrompu, et table peut-être sur un leadership interne. C’est un pari démagogique, géopolitique et moralement grave. Et terriblement dramatique car cela balaye tous les usages médicaux. Je ne dis pas cela facilement. »

Mais il y a peut-être plus grave encore : « Si par chance, l’issue s’avère positive, le procédé pour y parvenir met fin à un consensus médical, historique, centenaire, et accepté par la communauté scientifique qui impose d’être transparent et de respecter un protocole très encadré, explique François Balloux. Si, enfin, il y a des effets secondaires sévères, ce sera un désastre pour les personnes qui en seront victimes. Et cela renforcera encore la défiance envers les politiques sanitaires et, plus généralement, vis-à-vis des gouvernements. »

Où l’on en revient à la question centrale : pourquoi Vladimir Poutine dernier « petit père des peuples » en exercice,  ne s’est-il pas, glorieusement et publiquement, fait injecter le « Spoutnik V » ?

A demain @jynau

Plus de dix mille personnes à la rave party de la Lozère : que font la police et l’exécutif ?

Bonjour

11/08/2020. Pas de hasard sans humour : c’était à Hures-la-Parade (Lozère). Résumé édifiant de l’AFP : « Rave party en Lozère : entre 5000 et 7000 personnes encore sur place le 10 août dans la matinée. L’événement, interdit et illégal, est organisé depuis le 8 août sur un terrain agricole du parc national des Cévennes. » Où l’on en vient à se demander sur ce que fait – sur ce que peut faire – la police face à un tel phénomène. Et, au-delà, sur le regard porté sur un exécutif qui ne peut que laisser faire ce qu’il interdit.

«Deux escadrons de la gendarmerie mobile, soit 120 hommes, ainsi que 50 gendarmes départementaux se relaient sur place pour surveiller le site et éviter que les véhicules ne repartent pour des questions sanitaires, liées au risque de propagation du Covid-19, et aussi de sécurité routière», a indiqué la préfecture à l’AFP. «Beaucoup de personnes ne sont pas en état de conduire», a-t-elle ajouté.

Les gendarmes ont certes procédé à des verbalisations pour alcoolémie et usages de produits stupéfiants. Par ailleurs le rassemblement est situé sur un plateau calcaire, le Causse Méjean, traversé par des gorges, a rappelé la préfecture. Mais il était trop tard : le 8 août vers minuit, plusieurs centaines de véhicules avaient envahi ce terrain agricole sur la commune d’Hures-la-Parade pour installer une rave party géante 1.

Selon les agriculteurs, la mairie et les gendarmes interrogés par l’AFP, plus de 10.000 personnes étaient présentes le 9 août pour cet événement interdit et illégal (faut-il rappeler que les manifestations de plus de 5000 personnes sont toujours interdites en France en raison de l’épidémie de Covid-19 ?)

« Danser libre, quel que soit ton âge, ton genre, ton origine »

«Les Lozériens ont été très sérieux avec le Covid, ils ont respecté les gestes barrières et cette arrivée massive de gens qui ne respectent rien les a profondément choqués», a déclaré, impuissante, la préfète Valérie Hatsch. Seule initiative préventive : des gendarmes avaient barré (bien trop tard) les accès pour empêcher d’autres raveurs de rejoindre le site. De très jeunes enfants sont sur place, avait indiqué la préfète en évoquant le déploiement d’un poste médical avancé et la présence de la Croix-rouge. Magnanimes, les autorités ont distribué quantités de masques et de gel hydro-alcoolique aux raveurs… Ravé masqué et hydro-alcoolisé ?

Comprendre ? «  Free party dans les Cévennes par temps de Covid: ‘’La fête avant nos vies’’ résume Libération (Grégoire Souchay) :

« L’idée d’une grande free party dans le sud se murmurait depuis des semaines. Samedi 8 août, hors réseaux sociaux, c’est un unique point GPS qui circule dans la soirée et dès 23 heures des centaines de camionnettes suivies de la sono débarquent dans un creux de vallon près du hameau de Drigas, commune d’Hures-la-Parade (Lozère), au milieu du causse Méjean. Près de 5 000 personnes vivaient encore ce lundi ‘’la teuf de l’année’’. (…)

« Sur place, Esther s’enthousiasme ainsi de vivre ce ‘’un formidable espace de liberté’’. Le principe des free partys est toujours celui de l’autonomie et de l’autogestion. Chacun fait ce qu’il veut, ‘’dans un esprit de tolérance’’ avec pour seul but de ‘’danser libre, quel que soit ton âge, ton genre, ton origine’’, rappelle la pancarte à proximité des stands de prévention. Libre aussi de consommer les produits qu’il veut, mais avec le matériel mis à disposition pour ‘’limiter les risques’’. »

C’est précisément l’épidémie qui pour les raveurs, justifient  «un gros lâchage», au moment où les clubs et discothèques restent désespérément fermés. Corollaire de cette liberté, le milieu ne vit que dans le respect strict de l’anonymat et du secret. Silence radio donc du côté des initiateurs.  Et colère des éleveurs et des agriculteurs devant les dégradations de leur sol et de l’environnement. Qui paiera ? Que peut la police ? Que fait l’exécutif ? Où sont les épidémiologistes ?

A demain @jynau

1 Une rave party, ou simplement rave, est un rassemblement autour de la musique électronique underground, habituellement organisé en pleine nature, ou dans des lieux déserts (entrepôt désaffecté, usines abandonnées, etc.). Les bases idéologiques de ces rassemblements sont un refus des valeurs mercantiles du système et la recherche de la transcendance au travers de la musique. Une rave party est organisée par un sound system,  collectif d’artistes (musicaux ou visuels), de techniciens, de DJs, et de décorateurs. Ce collectif recherche dans un premier temps le lieu idéal pour organiser l’événement, et une fois ce lieu établi, il en fait circuler les coordonnées, puis installe la logistique nécessaire au bon fonctionnement du son ainsi que les décorations et lumières.

Covid-19: les quatre dérangeantes propositions «pragmatiques » signées de deux spécialistes

Bonjour

10/08/2020. La double peine, tissulaire et thermométrique. Après Bruxelles et Madrid, le port du masque est devenu, depuis ce matin, obligatoire dans certains quartiers très fréquentés de Paris. Berges de la Seine, hauteurs de Montmartre, rue Mouffetard, ses miracles et son Eglise Saint-Médard. La Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et le Val-d’Oise sont aussi concernés.

Prévue pour une durée d’un mois (renouvelable) cette mesure doit permettre, selon les autorités sanitaires, d’enrayer un rebond du virus qui fait craindre une seconde vague de l’épidémie. La tâche s’annonce toutefois délicate en pleine période de canicule. Ces dernières 48 heures, dans plusieurs pays européens, on enregistre des températures dépassant les 35°C – aussi de nombreux habitants et estivants estiment-ils ne plus pouvoir respecter toutes les mesures sanitaires qui leur sont imposées _ à commencer par vivre masqués.

Question-transition  : l’exécutif doit-il se remettre en question dès lors que les mesures qu’il impose ne sont pas appliquées – et que la menace de la sanction financière (difficilement applicable) est sans effet sur le citoyen, touriste ou pas ? Plus généralement le moment n’est-il pas venu de réfléchir à de nouvelles modalités préventives prenant en compte la réalité « de terrain » et le choix éclairé du citoyen.

On vient, dans ce domaine, d’observer l’édifiante controverse lancée par le Pr Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses de La Pitié-Salpêtrière :

« Ce qui semble ne pas avoir été compris dans mes propos c’est que de toute façon les jeunes n’en ont rien à faire. Il faut composer avec cette réalité incontournable ou assumer d’envoyer police ou armée pour faire respecter la distanciation ou le port du masque.

« Comme ce n’est pas fait, avec juste raison, je pense qu’il faut composer – c’est à dire relever le positif (immunité dans ce groupe qui s’avérera bien utile au moment de reprendre école, collèges, lycées et universités), tout en avertissant des dangers pour eux (formes rares possibles aussi, même si rares), et pour les autres (respect des anciens). »

Phosphorer collectivement sur le sujet 

Toujours au nom du pragmatisme, pour mieux avancer dans les prochaines semaines,  nous découvrons aujourd’hui les quatre « propositions schématiques » élaborées par les Prs Antoine Flahault, spécialiste d’épidémiologie (Institut de santé globale, Genève) et  Thomas Hanslik, spécialiste de médecine interne, (Hôpital Ambroise Paré, AP-HP).

« Proposition 1. Chercher un consensus sur l’évaluation du risque Covid-19 selon l’âge : 40 ans : très rarement autre chose qu’une banale infection respiratoire aiguë ; 40-80 ans : parfois une mauvaise grippe qui peut tourner au vinaigre ; après 80 ans, aussi dangereux qu’Ebola.

« Proposition 2. Prioriser la prévention selon le niveau de risque en incitant à se protéger le mieux possible : personnes âgées de plus de 50, 70, 80 ans ; personnes à risque, obèses, hypertendues, diabétiques en particulier de sexe masculin ; personnes socialement précaires.

« Proposition 3. Encourager les familles au format « jeunes enfants et parents quarantenaires » qui le souhaitent à vivre presque normalement (bars, concerts, spectacles …) mais à bien se masquer en dehors du cocon familial et à s’isoler en cas de « PCR + » ou de contacts à risque.

« Proposition 4. Inciter chacun(e) à évaluer la part de risque qu’il (ou elle) est prête à accepter : par exemple, je peux avoir 85 ans et souhaiter continuer à voir régulièrement mes enfants et/ou petits-enfants, ou pas. »

Le temps est-il venu où de telles propositions pourront faire l’objet de débats scientifiques et médicaux, citoyens et démocratiques et d’une analyse transparente des données par l’exécutif ? Faut-il au contraire redouter qu’elles soient regardées de haut par le Conseil scientifique ? Serait-il encore trop tôt pour phosphorer collectivement sur le sujet ?

A demain @jynau

Politique : le Pr Delfraissy aurait-il déjà remplacé Olivier Véran au ministère de la Santé ?

Bonjour

09/08/2020. Il se disait quelque peu lassé des multiples fonctions qu’il occupait. C’est oublié. On retrouve chaque jour ou presque dans les médias le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique chargé d’aider le gouvernement à gérer la crise sanitaire. Aujourd’hui c’est dans Le Journal du Dimanche (Anne Laure Barret).   Il annonce que le Premier ministre « devrait envoyer une note invitant les métropoles à se préparer en associant les Agences régionales de santé, les préfets et les décideurs locaux ». Une annonce et exclusivité on ne peut plus politique.

Sur une éventuelle reprise de l’épidémie «  la situation paraît contenue, mais elle reste très fragile », analyse-t-il. Une population plus jeune est actuellement touchée. « Tout l’enjeu de cet été est de convaincre celle-ci de prendre des précautions pour son entourage et pour elle-même », souligne le Pr Delfraissy opposé sur ce sujet, on le sait, au Pr Eric Caumes.

Mais la grande affaire, c’est le masque – un masque affirme-t-il, « dont le port à l’extérieur va s’imposer ». Où l’on retrouve étrangement le président du Conseil scientifique, en accord avec l’urgentiste médiatique Patrick Pelloux pour « une obligation à l’extérieur » qui « simplifierait la compréhension du message ». Et puisque nos comportements doivent changer, précisons que le Pr Delfraissy « préfère l’incitation, assortie d’un travail d’explication, à la coercition même si celle-ci est parfois nécessaire » (sic).

Transgresser la frontière entre science et politique ? 

Le gouvernement n’a pas suivi l’avis de son Conseil scientifique prônant une quarantaine pour les passagers revenant par avion en France depuis des « zones rouges » …. Il faut comprendre le gouvernement.

Dans son dernier avis le Conseil scientifique critique le manque de clarté de la stratégie gouvernementale en matière de tests ? « Il faut que le gouvernement précise bien les choses sur les objectifs des tests PCR ». Bien séparer ceux à visée diagnostique et ceux à visée de dépistage … Le gouvernement a-t-il trop tardé à rendre le masque obligatoire dans les lieux clos après avoir nié son intérêt ? « Au lieu de polémiquer, je me félicite que  cette décision ait été prise, car elle est rationnelle » répond-il.

Où l’on en vient, une nouvelle fois, à se demander pourquoi le Conseil scientifique n’a pas, déjà, pris la place de l’exécutif. Ou, pour le dire autrement, aux passionnantes questions relatives à la « République des savants » (Christophe Bonneuil) :

« L’histoire et la sociologie des intellectuels conçoivent l’intellectuel comme « un homme ou une femme qui applique à l’ordre politique une notoriété acquise ailleurs » , et l’on peut alors définir l’engagement des chercheurs comme mise en jeu dans l’espace public d’une parole dont l’autorité est liée à sa position dans le champ scientifique. Mais l’engagement public d’un scientifique ne va pas de soi aujourd’hui. Prendre parti publiquement sur un problème, n’est-ce pas déroger à la neutralité scientifique, transgresser la frontière entre science et politique ? »

Qui, sur ce thème organisera un débat entre, par exemple, Jean-François Delfraissy et Olivier Véran ?

A demain @jynau  

Covid-bashing : le Directeur général de la santé chez les pionniers mayennais persécutés

Bonjour

7/08/2020. Est-ce la canicule ou la pandémie qui pousse, parfois, des représentants de l’exécutif à user de termes empruntés à d’autres langues. Osons : une sorte de version moderne et inversée du Sous-préfet aux champs de Daudet. Aujourd’hui nous sommes loin de La-Combe-Aux-Fées. Et le Sous-préfet poète est remplacé par le Directeur général de la santé.

En visite dans la Mayenne ce vendredi 7 août, le Pr Jérôme Salomon a assuré à la presse que le département «pourrait repasser sous le seuil de vigilance dans les prochains jours – et ce alors qu’il fait face à un bashing ces dernières semaines, en raison d’une forte augmentation des cas de Covid-19». Une information rapportée par Le Figaro.

« Bashing » : « Le terme signifie « dénigrement ». En anglais le verbe « bash » veut dire frapper, cogner. Le bashing, c’est se défouler en critiquant, insultant, colportant des rumeurs et mensonges sur quelqu’un, un groupe ou quelque chose. Une personne peut devenir alors la cible de la haine d’un groupe entier. Quand il s’agit du bashing d’une communauté ou d’un peuple, véhiculant des préjugés ou des idées xénophobes, il peut même provoquer des conflits. Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux facilitent ce phénomène car, sous couvert de l’anonymat, les agresseurs n’ont plus peur des représailles. »

Persécutions

« Quelles sont les racines de ce mépris teinté de dégoût qui ressort parfois de la conversation de certains Américains lorsqu’ils évoquent notre si beau et si merveilleux pays ? Bref: le french bashing, ça vient d’où ? — (Du «french bashing» en Amérique, slate.fr, 23 mars 2011) »

Pourquoi ce « bashing » mayennais alors que dans ce département trop méconnu des Français l’incidence baisse plus vite que le taux de dépistage, signe que le virus circule moins activement» (Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l’ARS Pays de la Loire, présent lors de la conférence de presse) ? On est dans une dynamique de baisse – avec un taux de positivité de 1,1% et un taux d’incidence (pour 1.000.000 de personnes) s’élevant à 36,3%. Soit l’un des taux les plus faibles» de la région. Plus de 16% de la population mayennaise a été testée à ce jour.

Ajoutons qu’en Mayenne, il n’y a pas de nouveau «cluster» depuis le 31 juillet. Au total 25 ont été recensés, 22 sont encore « actifs » et trois ont été « clôturés » (sans nouveau cas positif rattaché au foyer initial). Le préfet de la Mayenne Jean-Français Treffel a toutefois rappelé que les «autorisations de rassemblements de plus de 10 personnes seront refusées jusqu’au 31 août». Les Mayennais en souffrent-ils ? Qu’en fut-il des touristes des berges de la Mayenne, aux confins de l’Anjou et du Maine ?

Et Jérôme Salomon de conclure à sa façon : « Vous avez pu vous sentir persécutés mais vous avez en fait été des pionniers ; votre exemple doit être suivi par les autres». « Pionniers persécutés », vraiment ? Ou « bashés » ?

A demain @jynau

Alerte : la Direction générale de la santé interdit désormais les ventilateurs dans les collectivités

Bonjour

07/08/2020. Jusqu’où ira-t-on ? A quoi peut conduire une politique sanitaire ayant sa propre conception, plus que jacobine, de la réduction des risques ? Qui prend, jour après jour, des décisions de portée nationale, sur quelles bases et qui sera chargé de leur évaluation ?

Près de cinquante département français ont été placé en « vigilance orange canicule ». Un épisode prévu pour durer plusieurs jours. Pour la première fois les risques sanitaires inhérents à la canicule s’ajoutent à ceux de l’épidémie de Covid. La Direction générale de la santé (DGS) a recensé, jeudi 6 août, 1 604 nouvelles contaminations au SARS-CoV-2 en l’espace de vingt-quatre heures – sans préciser le nombre des tests pratiqués.

Et la DGS de souligner que le bilan de l’épidémie de Covid-19 depuis le 1er mars s’établit à 30 312 morts, soit sept décès de pus que la veille. Le nombre de cas graves nécessitant une réanimation est passé de 384 à 390. Le nombre de personnes hospitalisées pour Covid-19 s’élève jeudi à 5 060, soit 88 patients de moins que la veille .

Dans un tel contexte, face à la canicule. L’ agence Reuters cite ici la DGS : « Les ventilateurs ne doivent pas être utilisés en collectivité, dans les milieux clos où se trouvent plusieurs personnes. Ils peuvent être utilisés dans le milieu familial, en l’absence de personnes malades ou par une personne seule », précise-t-elle. En outre, « les masques ne doivent pas être humidifiés pour préserver leur efficacité ».

Haro, donc, sur les précieux ventilateurs, hier recommandés, dans les EHPAD surchauffés. Par qui (et sur quelles bases scientifiques) une telle décision a-t-elle été prise ? La DGS ne fournit, ici, ni de nom ni de bibliographie.

A demain @jynau