Futurs vaccins contre la Covid-19 : communiquer à tout prix, faute de pouvoir encore démontrer

Bonjour

20/07/2020. Où situer ces informations dans la hiérarchie des avancées médicales ? Deux « projets de vaccins » contre la Covid-19 – l’un britannique, l’autre chinois – auraient produit une « réponse immunitaire importante » et démontré dans le même temps « leur sûreté pour les patients ». Ce sont les conclusions de deux essais cliniques distincts, publiés lundi 20 juillet en fanfare médiatique dans The Lancet.

« Le vaccin d’Oxford comme celui de CanSino sont constitués d’un adénovirus modifié, qui ne se réplique plus, ce qui les rend plus sûrs, notamment pour les patients fragiles, rapporte l’AFP reprise par de nombreux médias. Aucun des deux essais n’a enregistré d’effet indésirable grave. Les effets secondaires les plus observés ont été de la fièvre, de la fatigue et une douleur ressentie au point d’injection du vaccin. »

Grande publicité mais forte prudence : ces essais cliniques se situent encore dans une phase préliminaire (phase 1/2 et phase 2), et leur efficacité devra être établie dans un essai de phase 3, sur un nombre de participants plus important, avant que soit envisagée leur commercialisation à grande échelle. « Si notre vaccin s’avère efficace, c’est une option prometteuse, car ce type de vaccin peut être fabriqué facilement à grande échelle », a commenté Sarah Gilbert, chercheuse à l’université d’Oxford et cosignataire de la publication. Comment pourrait-elle dire le contraire ?

« Dans la foulée de la publication des résultats de son essai de phase 1 pour un vaccin contre le Covid-19, la société américaine de biotechnologies Moderna a annoncé le lancement d’un essai de phase 3. L’étude doit débuter dès le 27 juillet avec 30 000 patients aux États-Unis, alors que les conclusions de la phase 2, menée sur 600 personnes depuis mai, sont encore attendues » précisait d’autre part, il y quelques jours, Le Quotidien du Médecin (Elsa Bellanger).

Connu sous le nom de mARN-1273, le candidat vaccin, constitués des ARN messagers, a induit une réponse immunitaire chez tous les participants du premier essai. L’étude, publiée le 14 juillet dans le « New England Journal of Medicine », a porté sur 45 patients (de 18 à 55 ans), répartis en trois bras (doses de 25 μg, 100 μg et 250 μg). Les participants ont reçu deux injections à 28 jours d’intervalle et tous ont déclenché des anticorps.

Ces résultats ont été qualifiés d’« encourageants » par l’immunologiste Anthony Fauci, du National Institute of Allergy and Infectious Diseases et conseiller du président américain – qui n’a pas participé à ce travail. La phase 2, menée sur 600 patients, a débuté en mai. Les résultats n’ont pas encore été publiés. Ils ne sauraient, désormais, tarder.

A demain @jynau

Etre obligatoirement masqué : pourquoi Jean Castex n’a-t-il pas fait tout ce qu’il devait ?

Bonjour

17/07/2020. L’exécutif ? «  Sous la pression médiatique, quelques progrès tardifs. Mais peut nettement mieux faire. » Ainsi donc l’exécutif, dans ses atermoiements, n’avait rien saisi à l’opinion dominante Plus de huit Français sur dix soutiennent la mesure du masque obligatoire dans les lieux publics clos. Emmanuel Macron avait initialement indiqué qu’il ne rendrait obligatoire cette mesure qu’à partir du 1er août ; avant qu’après une volte-face peu glorieuse le Premier ministre Jean Castex annonce que le décret ad hoc serait publié  dès la semaine prochaine. L’affaire ne cesse, depuis plus de 24 heure d’être en boucle sur tout les médias généralistes – qui ne s’interrogent pas, ici, sur le silence du Conseil scientifique en charge d conseiller le gouvernement….

C’est dans ce contexte que l’on retrouve une Académie nationale de médecine plus dynamique que jamais. Une Académie qui, à de multiples reprises et notamment quand le gouvernement s’enferrait coupablement dans le déni  (23 mars, 2 avril, 22 avril, 7 mai, 23 mai), rappelait l’importance du port du masque dans le cadre des mesures barrière, avec la distanciation physique et l’hygiène des mains, pour empêcher la transmission du SARS-CoV-2. « En effet, le port de masque « écran » ou « grand public » s’impose comme la mesure la plus efficace pour supprimer la transmission du virus de personne à personne à condition qu’elle soit appliquée par tous dans l’espace public » rappelle-t-elle aujourd’hui. Ecoutons les Académiciens :

 « La décision gouvernementale de rendre obligatoire le port du masque lors de la sortie du confinement à partir du 11 mai 2020, a rendu possible l’usage des transports en commun terrestres, la reprise de certains transports aériens et le redémarrage de plusieurs activités économiques. En l’absence de traitement antiviral efficace et de vaccin disponible, seule une stricte application des mesures barrière, en particulier le port du masque par l’ensemble de la population, permet d’envisager l’indispensable reprise de la vie sociale et économique tant que le risque de résurgence épidémique demeure (…). Parallèlement, la tendance au relâchement dans l’observation des mesures barrière, observée depuis la sortie du confinement, tend à s’aggraver avec la saison estivale, surtout parmi certaines couches de la population qui, en raison de leur jeune âge, se considèrent « peu à risque ». »

A quand une vaste campagne d’information pratique ?

Et l’Académie d’ajouter que des études récentes (les unes révélant que les porteurs de virus asymptomatiques sont potentiellement contaminateurs, d’autres montrant que la transmission du virus par des particules salivaires aérosolisées est possible en milieu clos) confirment la prépondérance du port du masque parmi les mesures barrière, tout particulièrement en espace confiné peu ventilé. C’est pourquoi, en accord avec la tardive décision gouvernementale d’étendre l’obligation du port du masque dans les lieux fermés, l’Académie nationale de médecine recommande :

– de mettre en œuvre une vaste campagne d’information rappelant que le port du masque « grand public » est un geste altruiste destiné à protéger son entourage et que, pour cette raison, il n’a pas de caractère facultatif ;

de maintenir le contrôle du port obligatoire du masque dans les transports en commun terrestres et aériens ;

d’instaurer l’obligation du port du masque dans les lieux clos et couverts accueillant du public tels que définis dans le texte réglementaire sur la prévention du tabagisme passif (commerces, restaurants, hôtels), ainsi que dans les milieux de travail où la distanciation physique peut difficilement être respectée.

Les Académiciens auraient dû ajouter que cette « vaste campagne d’information » devrait, comme le réclame ici Umberto Ucelli 1 s’accompagner de tous les éléments pédagogiques et pratiques assurant le bon port, efficace, de ce masque. Une obligation sanitaire et citoyenne sans laquelle la seule obligation ne serait rien, voire pire. Et, après celles du printemps alimenterait de nouvelles polémiques mettant à mal l’exécutif. Rien n’interdit, ici, d’espérer – et de persévérer.

A demain @jynau

1 « Mais il ne SUFFIRA PAS de rendre le masque OBLIGATOIRE. Il va falloir EXPLIQUER

— MONTRER COMMENT
— MONTRER COMMENT NE PAS
— MONTRER POURQUOI CI et POURQUOI CA,
— MONTRER QUE SI, ON RESPIRE,
— MONTRER QUE OUI, C’EST POSSIBLE DE LE PORTER DES HEURES

« Le masque mal expliqué, mal porté transforme la transmission aérienne en transmission par les mains et les fomites. Les fomites ce sont les objets que l’on contamine en les touchant en toussant , parlant etc… tout près. Le masque à valve est dangereux pour les autres. Et la visière ne filtre pas, de même que le nez hors du masque. POURQUOI mais POURQUOI le gouvernement ne fait-il pas LA CAMPAGNE D’INFORMATION SUR LE COMMENT DU MASQUE ? » Des citoyens font l’effort de le mettre autant ne pas gâcher l’effort et la contrainte par un mésusage qui ruine la protection à la source. »

Masques imposés: soudain Jean Castex ne craint plus de déclencher l’angoisse des Français

Bonjour

16/07/2020. Même les journalistes ont du mal à suivre un exécutif sur le qui-vive. Ce matin, dans un entretien   dans les colonnes du Parisien Jean Castex, Premier ministre explique pourquoi il ne veut pas imposer avant le 1er août le port du masque dans les lieux publics clos :  

« Pour l’instant, la circulation du virus en France est beaucoup moins forte que dans d’autres pays, mais on n’est pas à l’abri d’une rechute. Il faut donc se préparer à une deuxième vague (…) J’ai proposé que le port du masque soit intensifié et comme l’a annoncé le Président de la République, il sera rendu obligatoire dès le 1er août dans les commerces et les lieux recevant du public. Si on constatait avant cette date que l’épidémie reprenait, on avancerait cette échéance mais ce n’est pas la peine d’angoisser la population. »

Toujours dans la matinée Jean Castex annonce, au Sénat, que le décret rendant obligatoire le port du masque dans les lieux clos recevant du public entrera « en vigueur la semaine prochaine ». Pourquoi jouer ici avec « l’angoisse » des Français ?   

« Nous envisagions l’entrée en vigueur de ces mesures le 1er août. J’ai entendu et compris que cette échéance apparaissait tardive. Le décret entrera donc en vigueur la semaine prochaine. »

Qui le Premier ministre a-t-il « entendu et compris » ? Nous ne le saurons pas. Le même jour, peu après l’aube, sur France Inter, Olivier Véran en était resté au 1er août. Entre « signaux faibles » à Paris et situation jugée « problématique » en Mayenne, le ministre de la Santé dressait pourtant un tableau peu rassurant de l’épidémie due au coronavirus en France métropolitaine.  

Se faire tester avant de partir en vacances, ou pendant ….

Mieux : en Mayenne, qui compte plusieurs foyers de Covid-19, le gouvernement a demandé au préfet « de mettre en place un certain nombre de mesures, comme l’obligation de port du masque dans les lieux publics clos sans attendre la date du 1er août ». Et le préfet de Mayenne, Jean-Francis Treffel, vient de signer un arrêté, à effet immédiat, rendant obligatoire le port du masque dans les lieux publics clos de six communes du département, dont Laval.

La Mayenne a dépassé légèrement le seuil d’alerte avec 50,1 nouveaux cas pour 100 000 habitants détectés en sept jours, selon Santé publique France mercredi. L’incidence – le taux de patients positifs par rapport à la population – est « supérieure à la moyenne nationale », a souligné le ministre de la Santé. « Il y a des groupes de patients (clusters) identifiés, des chaînes de contamination qui sont traquées », a expliqué Olivier Véran. La plupart des cas se trouvent dans des « lieux clos ou confinés dans lesquels on sait identifier les personnes qui sont malades », mais « il y a aussi du virus qui circule sur le territoire ».  Un plan de dépistage massif de toute la population âgée de plus de 10 ans, soit environ 300 000 personnes, a été lancé dans ce département.

Des « signaux faibles de reprise » de l’épidémie de Covid-19 sont également signalés dans des hôpitaux parisiens, a averti Olivier Véran. « Nous assistons dans certains hôpitaux parisiens à des signaux faibles de reprise épidémique, c’est pourquoi je demande aux Français de rester particulièrement vigilants, actifs, contre le virus », a déclaré le ministre, qui ne « veut plus confiner le pays ». Il s’agit d’indicateurs « non pas inquiétants, mais d’attention particulière » de reprise, comme le nombre d’appels à SOS-Médecins, au SAMU et d’admissions à l’hôpital, a-t-il détaillé.

Concernant les tests, il a affirmé avoir fait envoyer « 1,5 million d’ordonnances de diagnostic » dans la région Ile-de-France, et autorisé les techniciens de laboratoires à réaliser des prélèvements pour faire face à la hausse des demandes. Et d’ajouter : « Il y a un grand nombre de Franciliens qui souhaitent partir en vacances et qui veulent se faire tester avant de partir, ce qui veut dire qu’il y a un afflux de personnes qui veulent accéder aux laboratoires depuis quelques jours. » L’aéroport de Roissy est notamment capable de tester jusqu’à « 2 000 personnes par jour », affirme-t-il. Et sur leurs lieux de vacances, les Français, « où qu’ils soient, auront la possibilité de se faire tester », a assuré le ministre, qui préfère « convaincre » de faire des examens que de « contraindre ».

Qui a parlé d’angoisser les Français ?

A demain @jynau

Imbroglio politique sur le masque: Jean Castex invoque désormais «l’angoisse de la population»

Bonjour

16/07/2020. Sur l’obligation du masque l’imbroglio continue. Le Premier ministre Jean Castex (« Monsieur déconfinement ») l’entretient aujourd’hui  dans les colonnes du Parisien. Un lecteur : « Pourquoi avoir décidé de rendre le port du masque obligatoire dans les espaces fermés ? » Le Premier ministre :

« Pour l’instant, la circulation du virus en France est beaucoup moins forte que dans d’autres pays, mais on n’est pas à l’abri d’une rechute. Il faut donc se préparer à une deuxième vague mais en évitant par tous les moyens de retomber dans un confinement généralisé dont on connaît les conséquences sur l’économie et la société.

J’ai proposé que le port du masque soit intensifié et comme l’a annoncé le Président de la République, il sera rendu obligatoire dès le 1er août dans les commerces et les lieux recevant du public. Si on constatait avant cette date que l’épidémie reprenait, on avancerait cette échéance mais ce n’est pas la peine d’angoisser la population. Quant aux entreprises, elles doivent gérer au cas par cas, en fonction des situations. »

Résumons : ce serait « angoisser la population » que d’imposer dès maintenant le port du masque dans les lieux publics clos. En revanche cette angoisse aura disparu à compter du 1er août. Qui peut comprendre ? La veille le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, avait pour sa part  fait savoir qu’il y avait un « travail juridique et technique actuellement en cours ». Et d’ajouter :

« Il ne s’agit pas de dire qu’il faut attendre que l’obligation soit inscrite dans le marbre du règlement pour que les Français puissent adopter le port du masque le plus rapidement, le plus largement possible et le plus régulièrement possible. Beaucoup de commerces imposent déjà le port du masque pour les clients qui se rendent dans leur magasin, évidemment il faut que ça se poursuive dès maintenant. »

Où le citoyen en revient, logiquement, à se demander à quoi joue, à quoi sert ici, le gouvernement. Pourquoi cet attentisme gouvernemental et cette référence à l’angoisse des population » ? La réponse de l’un de nos fidèles commentateurs, Umberto Ucelli :

«  Je ne vois qu’une explication. « Père, gardez-vous à droite, père, gardez-vous à gauche ! » Ils doivent vérifier que les hautes instances juridiques ne vont pas mettre des roues dans les bâtons. Ou Monsieur Toubon s’il est encore là. Comme pour le confinement de Lerida.

« Mais il ne SUFFIRA PAS de rendre le masque OBLIGATOIRE. Il va falloir EXPLIQUER

— MONTRER COMMENT
— MONTRER COMMENT NE PAS
— MONTRER POURQUOI CI et POURQUOI CA,
— MONTRER QUE SI, ON RESPIRE,
— MONTRER QUE OUI, C’EST POSSIBLE DE LE PORTER DES HEURES

La masque mal expliqué, mal porté transforme la transmission aérienne en transmission par les mains et les fomites. Les fomites ce sont les objets que l’on contamine en les touchant en toussant , parlant etc… tout près. Le masque à valve est dangereux pour les autres. Et la visière ne filtre pas, de même que le nez hors du masque. POURQUOI mais POURQUOI le gouvernement ne fait-il pas LA CAMPAGNE D’INFORMATION SUR LE COMMENT DU MASQUE ? » Des citoyens font l’effort de le mettre autant ne pas gâcher l’effort et la contrainte par un mésusage qui ruine la protection à la source. »

A demain @jynau

Des «héros en blouse blanche» dénoncent «l’enfumage» du «Ségur de la santé »

Bonjour

15/07/2020. Comment avancer ? « Ségur = imposture »  C’est le nouveau slogan ajouté, mardi 14 juillet, à ceux désormais bien connus, dans les rangs des soignants mobilisés ces derniers mois pour réclamer plus de moyens pour l’hôpital public. « Au lendemain des accords du ‘’Ségur de la santé’’, résume Le Monde (Camille Stromboni),des milliers d’infirmières, d’aides-soignantes, de manipulateurs radio… ont défilé à Lyon, Toulouse, Bordeaux, Paris, à l’appel de plusieurs syndicats et collectifs, dont la CGT, SUD, Solidaires, le Collectif inter-hôpitaux, pour dire leur insatisfaction face à ces accords signés à Matignon avec plusieurs syndicats majoritaires (FO, CFDT, UNSA). »

Pour les manifestants, le compte du Ségur n’y est pas, loin s’en faut. Rappel : le texte signé le 13 juillet, portant sur le volet des revalorisations salariales et des carrières (et salué comme un « accord historique » par le Premier ministre, Jean Castex) prévoit une enveloppe globale de 8,1 milliards d’euros, qui doit notamment permettre une augmentation de 183 euros net pour les personnels paramédicaux (infirmiers, aides-soignants) et non médicaux (agents techniques et administratifs) d’ici à mars 2021. Loin, notamment,  des 300 euros réclamés depuis des mois.

Mais le salaire n’est pas tout. « C’est de l’enfumage, on est des héros, mais on n’a toujours rien sur les lits, quasiment rien sur les postes », dit Marie, infirmière en psychiatrie citée par Le Monde. à propos des 10 000 à 15 000 postes promis par le Premier ministre. « Mais l’après-Covid-19 en psychiatrie, c’est pire que le Covid-19, ajoute-t-elle. Les patients, après être restés confinés, nous arrivent dans un état lamentable, dénutris… J’avais une femme hier de 1 mètre 65, 40 kilos, terrorisée par l’idée de ressortir. »

Elisabeth, manipulatrice radio au CHU de Lille se dit choquée de voir nommé comme Premier ministre Jean Castex, l’un des artisans du système de « tarification à l’activité » dans les hôpitaux au début des années 2000, à l’origine de « la destruction du service public ».

« Derrière les hommages, Macron asphyxie l’hôpital »

On ajoutera que lors de la cérémonie du 14-Juillet sur la place de la Concorde, placée par Emmanuel Macron sous le signe de « l’hommage aux soignants », une banderole géante était dans le ciel pour dénoncer la situation de l’hôpital, portée par des ballons. « Derrière les hommages, Macron asphyxie l’hôpital », pouvait-on y lire. Deux personnes ont été brièvement interpellées pour « survol d’une zone interdite ». A Paris, la manifestation a été marquée par des heurts sporadiques entre les forces de l’ordre et des manifestants en fin de cortège sur la place de la Bastille. Les gendarmes ont fait usage de gaz lacrymogène.

Comment, désormais, allons-nous avancer ? Les personnels soignants ont « encore des attentes », malgré les revalorisations salariales annoncées lors du Ségur de la santé, a reconnu mardi 14 juillet le ministre de la Santé, Olivier Véran. Ce dernier a promis d’y répondre dès la semaine prochaine par de nouvelles mesures « non salariales », notamment sur l’« organisation de l’hôpital ». Après la signature des accords salariaux lundi, « un temps d’explication est nécessaire », a-t-il expliqué à l’issue d’une visite au SAMU de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne).

Olivier Véran a par ailleurs minimisé l’ampleur de la mobilisation des soignants, qu’il a estimée à « quelques centaines de soignants à Paris ». Les accords salariaux ont été signés « avec des syndicats représentatifs », ce qui n’était « pas arrivé depuis des années », a-t-il fait valoir. « Ça ne veut pas dire que tout le monde est forcément d’accord, [mais] que les avancées ont été reconnues par la majorité des personnes qui représentent le personnel. » Ce n’est certes pas faux. Pour autant comment, désormais, collectivement avancer ?

A demain @jynau

Sapeurs-pompiers français : contre le ministère de la Santé, un rapport au lance-flammes

Bonjour

06/07/2020. On les avait oublié. Ils savent se faire entendre. Un de leur « rapport interne » a « fuité ». Et l’affaire, depuis deux jours, fait grand bruit. C’est une exclusivité du  Parisien (Damien Delseny et Jean-Michel Décugis) : « Covid-19 : le rapport choc des pompiers sur la gestion de la pandémie ». « Dans un rapport au vitriol publié par Le Parisien, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers dénonce une gestion catastrophique de la crise sanitaire du Covid-19 en France, résument Les Echos. L’action du ministère de la Santé est particulièrement critiquée, tout comme le rôle des préfets. »

Vitriol et lance-flammes. Dans la synthèse d’un « retour d’expérience » (Retex) que Le Parisien – Aujourd’hui-en-France s’est procurée avant sa transmission au ministère de l’Intérieur, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France dresse un constat très critique de la gestion d la pandémie.  

Premières cibles des soldats du feu : les structures administratives du ministère de la Santé « lourdes et rigides », les célèbres Agences régionales de santé (ARS) et le Samu. Sollicité par Le Parisien le colonel Grégory Allione, président la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, précise qu’il s’agit d’un document de travail qui n’était pas destiné « à fuiter dans la presse ». Pour autant, il confirme le sentiment « d’un sous-emploi et d’une absence de prise en compte des capacités opérationnelles » de ses collègues au plus fort de la crise.  

« Les pompiers c’est une force de 250 000 personnes réparties dans 7000 casernes sur tout le territoire. Nous sommes rompus à la gestion de tous les événements. On a fait face au A(H1N1), à la grippe aviaire, aux accidents industriels, aux attentats… A chaque fois, on s’adapte, et là le mot d’ordre c’était tout sauf les pompiers. Nous avons tendu la main à des administration qui n’ont pas l’habitude de gérer des situations de crise. Rien dans leur organisation et leur culture ne les prédisposaient à assurer ce rôle. On ne demande pas à des musiciens qui ne répètent pas des gammes quotidiennement de jouer un concert. »

 « Pour être efficace la gestion d’une crise d’ampleur doit mobiliser un directeur unique, un commandant des opérations unique et des conseillers techniques. » Principes « bafoués » souligne le rapport  le rapport qui rappelle que dans un premier temps c’est la Direction générale de la santé qui a piloté la réponse de l’Etat avant que le ministère de l’Intérieur ne rejoigne le dispositif.

Et puis cette phrase, terrible : « On a confié le rôle de commandant de crise à des conseillers techniques », regrette les pompiers. D’où, selon eux, un « travail en silo des administrations, un brouillage des décisions stratégiques ». Le rapport souligne aussi l’installation tardive du centre interministériel de crise le 17 mars rappelant que les « trois premiers cas recensés en métropole dataient du 24 janvier ».

Ministère de la Santé versus ministère de l’Intérieur

Cette « lourdeur » dénoncée trouve selon les pompiers sa manifestation concrète dans le rôle joué par les ARS : « Elles ont répondu à ce pour quoi elles avaient été conçues : une administration de gestion comptable et financière du système de santé, mais aucunement préparées à la gestion des situations d’urgence. » Conclusion des pompiers, « plutôt qu’une crise sanitaire, cette crise a surtout été celle du leadership de la communication ». conduisant à l’incompréhension des « acteurs de terrains, pompiers mais aussi médecins généralistes ».

Et puis ce mot, pour qualifier les évacuations amplement médiatisées des malades par TGV « de l’esbroufe ». Les pompiers, dans leur Retex : « Pures opérations de communication et véritable esbroufe : était-il efficace de faire faire des centaines de kilomètres aux victimes alors que souvent il y avait de la place dans la clinique d’en face? ».

Et cette autre claque : « Le 15 a montré son vrai visage : celui d’un numéro de renseignement, pas d’un numéro d’urgence. » Pendant la crise du coronavirus le rapport estime que « la décision du gouvernement d’orienter vers le 15 les appels des citoyens connaissant un doute sur leur état de santé a eu pour conséquences immédiates de saturer la réception et la régulation des appels ». « Des requérants non-Covid en situation d’urgence vitale n’ont jamais eu de réponse et sont morts dans l’indifférence générale. Un vrai scandale!»

On découvre encore  « les préfets relégués au second plan en raison d’une absence de dialogue avec les ARS », les « instructions ont été données aux ARS locales et aux directeurs d’hôpitaux de mettre un terme à toutes communications avec les préfets, privant ces derniers des informations nécessaires à la coordination des opérations de secours ». Sans oublier « l’oubli des Ehpad  laissant seules les collectivités territoriales face aux décès en nombre de nos aînés ».

Conséquece : le  Retex des pompiers dresse fort utilement une liste de propositions pour « revoir notre modèle de gestion de crise » qui placerait, selon eux, le ministère de l’Intérieur comme « responsable de la conduite opérationnelle des crises ». Faire confiance aux acteurs de terrain et de proximité. « Toutes les leçons doivent être tirées du succès de la gestion du déconfinement dont les préfets et les maires ont été les pivots. »

La charge ne pouvait être sans réponse. Le ministère des Solidarités et de la Santé a aussitôt réagi en jetant un peu plus d’huile sur le feu. Il estime que ce rapport (qui n’aurait jamais dû « fuiter ») « s’apparente plus à une plate -forme de revendication qu’à un retour d’expérience » (sic). Et ce même ministère « regrette qu’une crise comme celle du Covid et la très forte coopération de toutes les forces vives soient instrumentalisées pour refaire vivre le match des pompiers contre le Samu ». C’est un peu court de même que l’on pourra juger quelque peu déplacée l’utilisation qui est faite, ici, par l’exécutif du terme « match ». Peut-être est-ce une référence au partage des pouvoirs qui oppose le ministère de l’Intérieur à celui de la Santé.

La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France sera-t-elle entendue par la Commission d’enquête des députés sur la gestion de l’épidémie ? On peut l’espérer.

A demain @jynau

Du cannabis désormais livré comme les burgers Uber : que peuvent Castaner et la police ?

Bonjour

30/06/2020. C’est à déguster sur Slate.fr : « La crise du Covid-19 a confirmé l’efficacité de la livraison de drogue à domicile » (Julie Profizi) . Où l’on apprend que si les trafics ont chuté pendant le confinement une pratique a néanmoins été mise en lumière: la livraison de stupéfiants chez les consommateurs.

« À la veille des annonces du gouvernement, le 17 mars, face au risque de pénurie, les dealers d’Île-de-France ont dû faire face à une demande exceptionnelle, explique Slate.fr. ‘’J’ai acheté 400 euros d’herbe le lundi’’, lance Paul, un consommateur de 25 ans, habitant dans les Hauts-de-Seine. Une aubaine pour les dealers. «On a fait des chiffres indécents, on a pris pas mal de risques mais avec brio», se félicite H., dealer parisien. Son réseau a enchaîné les livraisons dans la capitale et en proche banlieue pendant plus de 48 heures d’affilée.

Puis le 15 mai, Christophe Castaner, toujours ministre de l’Intérieur, a annoncé au siège de l’Ofast (Office antistupéfiants) une baisse de 30 à 40% des trafics. Néanmoins, le ministre de l’Intérieur a mis en garde contre des «nouvelles pratiques», notamment la livraison à domicile. La vie moderne, en somme avec l’effacement des interdits via la technologie. Les plateformes de commande ont d’abord concerné les consommateurs et consommatrices de drogues comme la cocaïne, des gens aisés ou habitant en centre-ville… Avant de s’élargir au cannabis.

Acheter son équipement aux couleurs de la société 

Pour «des personnes qui ne sont pas à l’aise à l’idée de se rendre dans les fours, ces lieux de deals établis dans des endroits un peu chauds», explique à Slate.fr le sociologue David Weinberger, chercheur à l’Institut national des hautes études sur la sécurité et la justice . Florian, policier de la BAC de Paris, a constaté cette généralisation: «Avant les consommateurs de tout Paris allaient à Saint-Ouen pour acheter leur dose.» Il observe, de fait, une désertion des lieux de deals habituels. Pour David Weinberger, cette nette évolution indique «la professionnalisation des méthodes de vente. Ça se voit en France comme partout dans le monde». 

Le confinement a bousculé la livraison et ses modalités, éprouvant «l’ingéniosité criminelle», selon les mots du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Chaque déplacement devant alors être justifié avec une attestation, le risque pour les «coursiers» a augmenté. Les doses minimales de commande sont alors passées chez la plupart des distributeurs de 50 euros à 100 euros. 

« Afin de réduire drastiquement le risque de contrôle sur les routes, nombre de «coursiers» ont eu recours au même stratagème: se grimer en livreurs de repas, type Deliveroo ou Uber Eats, rapporte encore Slate.fr 1. Quoi de mieux pour justifier un déplacement lié au travail qu’une grosse enseigne arborée sur le vélo ?  Mieux : certains coursiers sont d’ailleurs de vrais livreurs, qui arrondissent leurs revenus en vendant de la drogue ; une minorité. La plupart travaillent exclusivement pour un réseau de livraison de stupéfiants. Il suffit pour cela d’acheter son équipement aux couleurs de la société  – très facile à trouver d’occasion sur internet.

«Pour nous les dealers, il y a un avant et un après confinement, confie H. à Slate.fr. Ça nous a prouvé qu’on pouvait s’adapter à tout, malgré les risques. Il y a des trucs et des astuces, qu’on gardera bien après le déconfinement.» Les forces de l’ordre sont prévenues : les produits illicites modifiant les états de conscience sont désormais livrés à domicile, un peu après les repas. Que feront les « guetteurs » ? Que pourra faire la police ? A quand la dépénalisation contrôlée du cannabis ?

A demain @jynau

1 Sur ce thème , on lira avec intérêt : « La vente à emporter dans la restauration va-t-elle s’inscrire dans la durée? » (Alexane Pelissou) Slate.fr 30 juin 2020

La « couillonnade » et l’hydroxychloroquine : le Pr Didier Raoult entre à l’Assemblée nationale

Bonjour

24/06/2020. Jour de gloire pour les Raoultiens : leur héros sera enfin entendu par la représentation nationale. On peut le dire autrement : le Pr Didier Raoult, promoteur de l’hydroxychloroquine pour lutter contre le coronavirus — médicament encensé par Donald Trump ou Jair Bolsonaro contre l’avis d’une large partie du monde scientifique —, sera interrogé mercredi 24 juin, par la commission d’enquête de l’Assemblée sur le Covid-19, où il compte plusieurs partisans.

En hors d’œuvre on peut lire l’entretien qu’il a accordé au Parisien (Elsa Mari et Florence Méréo) – entretien associé à la visite de son temple marseillais au fronton duquel on a gravé cette citation d’Horace: « exegi monumentum aere perennius », « j’ai construit un monument plus durable que l’airain ».

Du vieux et du neuf dans cet énième entretien médiatique. Quelques formules fortes doublées de certitudes pimentées d’anathèmes. « Dans ce pays, on adore décapiter les gens ».  « J’ai traité plus de 3 700 patients avec le médicament hydroxychloroquine. 0,5 % de mortalité, pas de toxicité cardiaque » « On a voulu le diaboliser. » La France en a banni l’usage le 28 mai contre le Covid-19, mais lui seul a obtenu « le droit de l’utiliser de la direction générale de la santé ».

« L’abattage médiatique autour de sa personne » 

Comment expliquer les résultats des études Recovery et Discovery, qui ne mettaient en évidence aucun effet bénéfique de cette spécialité pharmaceutique ? Ce sont des « ignares » qui n’ont pas administré les bonnes doses aux patients. Les bénéfices démontrés de la dexaméthasone ? « Couillonnade 1 pour les médias. Contre l’inflammation, tout le monde donne des corticoïdes. Ça n’aurait jamais dû faire partie d’une étude en soi. »

Puis on le voit s’avancer sur des sables scientifiques mouvants.: « Mon hypothèse est qu’une partie de la population était naturellement immunisée contre le Covid avant le début de l’épidémie », affirme-t-il, estimant entre « 40 et 70 % » le taux de personnes immunisées. Pour autant, il ne prétend pas connaître la raison de cette immunité. Avec, aussitôt, un filet de protection : « Ce qui est sûr, c’est qu’en parlant d’immunité naturelle, je vais me faire allumer par les labos qui travaillent sur les vaccins ». Et de revenir sur, selon lui, l’impossibilité de mettre au point un vaccin anti-Covid-19.  

Avant d’entrer à l’Assemblée nationale une certitude : il refuse et refusera « de se lancer dans la politique » — et ce, précise Le Parisien,  « malgré l’abattage médiatique autour de sa personne ». « Vos méthodes aussi interrogent, osent les deux journalistes du quotidien. Vous publiez trop souvent dans des revues scientifiques pour que ce soit de qualité, disent vos confrères. Que répondez-vous ? »

« Rien ! Est-ce que vous vous demandez comment Mozart a fait ? Je vais même vous dire, en plus de 150 publications par an, j’ai écrit dix livres en même temps. On n’est pas tous égaux. Dans ce pays, on adore décapiter les gens. » Certes, mais pas seulement. On apprécie, aussi, « l’abattage médiatique ».

A demain @jynau

1 A Sottise, bêtise. Ce n’est pas la première couillonnade que je fais, dit Lecca, et je suis toujours vivant (Giono, Bonheur fou,1957, p. 342):Je suis effrayé, épouvanté, scandalisé par la couillonnade transcendante qui règne sur les humains . Flaubert, Correspondance,1859, p. 318.

B.− Chose de peu de valeur. Tu ne vois pas un petit acte, une petite couillonnade quelconque, genre mondain, qui t’occuperait d’ici là? (Colette, Vagab.,1910, p. 135).

Crise épidémique : l’exécutif accusé d’une gestion des masques «à la petite semaine»

Bonjour

17/06/2020. Le Dr François Bourdillon a été directeur général de Santé publique France depuis sa création en avril 2016 et jusqu’en juin 2019. Il vient d’être interrogé par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale qui débute ses travaux sur la gestion de la crise du Covid-19. Coup de théâtre : il a dit regretter la «croyance» de nombreux responsables sanitaires dans la «non efficacité des masques» pour le grand public, contrairement à l’approche de réduction des risques prônée par cette agence sanitaire. Le Pr Jérôme Salomon, Directeur général de la santé, aura apprécié.

Selon le Dr Bourdillon c’est cette « croyance » qui est  «probablement une des explications du fait» que seuls 100 millions de masques chirurgicaux aient été commandés à l’été 2019 pour reconstituer le stock stratégique d’Etat – stock qui avait chuté de plus de 700 millions à une centaine de millions après la destruction de stocks en mauvais état.

Santé publique France avait alors recommandé de porter ce stock à 1 milliard pour se préparer à une éventuelle pandémie grippale. Un rapport de l’infectiologue Jean-Paul Stahl remis à Santé publique France en août 2018 préconisait en effet de prévoir une boîte de 50 masques par foyer comprenant une personne malade, soit 20 millions de foyers en cas d’atteinte de 30% de la population. François Bourdillon explique avoir transmis, en septembre 2018, cette préconisation à Jérôme Salomon, soulignant que l’état des stocks «ne permet(tait) pas une protection» du pays en cas d’épidémie.

Voltaire et Rousseau

Ce dernier lui a alors donné instruction de commander 100 millions de masques, ce qui a été fait, après lancement d’un appel d’offres, en juillet 2019: 32 millions ont été livrés courant 2019, le reste devant arriver début 2020, lorsque l’épidémie de Covid-19 a éclaté. Le Dr Bourdillon a également expliqué avoir demandé au responsable ministériel une «doctrine claire» sur la destination de ces masques. Officiellement depuis 2013, hôpitaux et cliniques devaient eux-mêmes déterminer la nécessité ou non de constituer des stocks de masques pour protéger leur personnel. Or rien ne permettait de dire, clairement, si les stocks stratégiques gérés par Santé publique France devaient couvrir les besoins du grand public ou également ceux des soignants.

« Auditionnée dans la foulée de François Bourdillon, l’actuelle directrice de Santé Publique France, Geneviève Chêne, a déroulé un exposé scolaire des missions de l’agence, avant de se faire rappeler à l’ordre par la présidente de la commission, la députée (La République en marche Brigitte Bourguignon Pas-de-Calais), rapporte Le Monde (Chloé Hecketsweiler et Solenn de Royer). Visiblement embarrassée par les questions des députés, elle s’est retranchée à plusieurs reprises derrière le récit circonstancié du travail de l’agence pendant la vague épidémique. Il a fallu attendre les toutes dernières minutes de l’audition pour apprendre qu’elle n’a découvert qu’en janvier n’avoir plus que 100 millions de masques conformes en réserve.» Comment est-ce possible ? Comment justifiera-t-on une telle incurie ?

«Pas de commandes, pas de masques et pas d’instructions… On a le sentiment d’une gestion un peu à la petite semaine» 1, a résumé le député, président du groupe LR, Damien Abad. « Avant de savoir, on ne sait pas »  avait, hier, doctement expliqué aux députés-enquêteurs le Pr Jérôme Salomon – référence faite à Voltaire. Se souvenant de la « faute » de ce dernier, on pourrait, aujourd’hui, citer Rousseau et le ruisseau.

A demain @jynau

1 De manière spontanée, sans réfléchir à l’avenir, à court terme. Cette expression peut également signifier : avec médiocrité, sans grande envergure.

Grippe : Emmanuel Macron va-t-il rendre obligatoire cette vaccination «altruiste» ?

Bonjour

15/06/2020. Altruisme. Dans sa nouvelle allocution solennelle et « surplombante » le président de la République a estimé que face à la pandémie « l’Etat a tenu » – quand d’autres accusaient, hier le même Etat d’avoir été « lamentable ». Et que d’autres étrillent l’ « union de l’incompétence et de l’arrogance ». Emmanuel Macron ;

« Clore aujourd’hui le moment entamé avec le début du confinement n’avait rien d’une évidence. Si nous pouvons rouvrir le pays, c’est parce qu’à chaque étape de l’épidémie chacun a pris sa part. Le Premier ministre et le Gouvernement ont travaillé d’arrache-pied, le Parlement s’est réuni, l’Etat a tenu, les élus de terrain se sont engagés. »

Reste que « le virus est toujours là » et que gouverner c’est prévoir, anticiper. Tout en organisant le déconfinement et en préparant l’achat massif des premiers vaccins anti-Covid, le gouvernement doit songer, déjà, à la grippe hivernale 2020/2021. Le sujet préoccupe déjà les hautes sphères des responsables sanitaires. Comment agir au mieux ? Comment ne pas être accusé, demain, de n’avoir pas su anticiper ? Imposer ou pas, aux soignants notamment, une vaccination désormais considérée comme « altruiste » et potentiellement réductrice de mortalité chez les plus fragiles ?

Il y a peu Jérôme Salomon, Directeur général de la santé saisissait « en urgence » la Haute Autorité de santé (HAS). Objectif : définir la stratégie nationale de vaccination contre la prochaine vague de grippe saisonnière dans le contexte de l’épidémie de Covid-19. Une vaccination qui débutera à le mi-octobre en France métropolitaine et dans les départements-régions d’Outre-Mer des Amériques (…).

A lire sur Slate.fr :  « Le gouvernement va-t-il rendre obligatoire la vaccination «altruiste» contre la grippe? »

A demain @jynau

Altruisme. Conduite de l’homme responsable qui pose comme but de l’activité morale l’intérêt de ses semblables. Quasi-synon. abnégation, générosité; anton. égoïsme, hédonisme : − Je crois, en effet, Maître, qu’on ferait bien… − Ah! vous le pensez aussi, Bardamu, je ne vous le fais pas dire! Chez l’homme, voyez-vous, le bon et le mauvais s’équilibrent, égoïsme d’une part, altruisme de l’autre… chez les sujets d’élite, plus d’altruismeque d’égoïsme. L.-F. Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 117.