SAMU : déchaînements sur les réseaux sociaux ; Agnès Buzyn veut rassurer les Français

Bonjour

L’affaire du SAMU de Sreasbourg connaît de nouveaux développements. Après les déclarations de l’opératrice ayant répondu à Naomi Musenga déclarant être victime de « lynchage sur la place publique »  trois opératrices du même SAMU sont la cible de différentes formes de harcèlements haineux.

« Un compte Twitter anonyme, connu pour diffuser de nombreuses fausses informations, a mis en ligne, jeudi 10 mai, deux tweets publiant l’identité de trois opératrices salariées de l’hôpital de Strasbourg qui se seraient moquées de Naomi Musenga, rapporte Le Monde (Anne-Sophie Faivre Le Cadre). Noms, prénoms, adresses postales, numéros de téléphone… mais aussi photographies non floutées des enfants de l’une d’entre elles : toutes les coordonnées des femmes désignées par le compte Twitter ont été livrées en pâture sur les réseaux sociaux aux internautes. Des milliers de commentaires haineux et insultants ont été associés aux noms des trois opératrices citées par les tweets. »

Les trois femmes visées par les tweets (partagés des milliers de fois) sont bien des opératrices du SAMU. Mais aucune d’entre elles n’est celle qui avait répondu à Naomi Musenga le 29 décembre 2017 — une information confirmée tant par l’hôpital de Strasbourg que par la gendarmerie locale. « J’ai reçu des milliers de messages privés me traitant de facho, souhaitant que je meure, que je souffre », se plaint, effrayée, l’une des trois femmes.

« Craignant pour sa vie, Céline, dont des photos de famille ont été dévoilées sur Twitter, a dû déménager en urgence et déscolariser ses enfants, explique Le Monde. Au téléphone, Sylvie, qui a subi le même traitement, pleure en évoquant ses deux heures de sommeil par nuit, ses réveils en larmes, la frayeur qui la tenaille. De son côté, son mari craint pour sa sécurité lorsqu’elle sort seule. »

Silence de la direction du CHU

Et ces trois victimes dénoncent l’immobilisme de la direction du CHU de Strasbourg qui, en dépit de ses promesses, n’a toujours pas publié de communiqué pour innocenter ses trois employées.  Malgré d’innombrables signalements, dont certains émanant de la police ou de la gendarmerie, le compte malveillant est resté actif jusqu’à dimanche 13 mai, avant d’être enfin désactivé.

Agnès Buzyn a-t-elle été informée des ces nouveaux éléments ? Pour l’heure la ministre des Solidarités et de la Santé dit « vouloir tirer toutes les leçons des dysfonctionnements révélés par le décès de Mme Musenga ».

« A l’issue de la réunion de ce jour [14 mai] avec les organisations professionnelles et syndicales de médecins urgentistes, trois décisions ont été prises conjointement : compléter et actualiser toutes les procédures de traitement des appels au 15, renforcer et homogénéiser les formations des personnels qui traitent les appels ainsi que des médecins régulateurs, garantir que tous les services SAMU sont engagés dans une démarche qualité ».

On ajoute, auprès de Mme Buzyn, que la mission « flash » de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) demandée par la ministre vient (seulement) de commencer. Ses conclusions, attendues d’ici le début juin, « seront rendues publiques ». « Nos citoyens peuvent avoir confiance dans le système d’urgence », a répété la ministre, au sortir de la réunion, devant une vingtaine de journalistes serrés autour d’elle.

A demain

 

 

 

Scandale au SAMU : le CHU de Strasbourg dira-t-il un jour toute la vérité sur ce qui s’est passé ?

Bonjour

Dans l’affaire « du Samu de Strasbourg », on ne les avait pas entendu. Les parents de Naomi Musenga viennent de tenir une conférence de presse. « Que justice soit faite, c’est cela notre première préoccupation pour cette enfant qui était aimée de tous », a déclaré son père Polycarpe Musenga. Ce dernier estime avoir été « baladé » en ce qui concerne les circonstances de la mort de sa fille, décédée à l’âge de 22 ans. Il a également remercié « la presse et les réseaux sociaux » sans lesquels « cette histoire » n’aurait pas été mise sur la place publique. On sait que l’affaire avait été révélée par un magazine local : Heb’di

L’écoute de la conversation entre Naomi Musenga et l’opératrice du Samu ? C’est « un enregistrement qui nous foudroie », a déclaré la mère de la jeune fille, Bablyne Musenga. Selon elle sa fille, jeune mère de famille, n’avait pas d’« antécédents médicaux ». « Pourquoi l’appel de ma fille n’a pas eu de réponse ? Pourquoi n’a-t-on pas répondu à son appel et pourquoi l’autopsie n’a-t-elle pas été faite à temps ? ». Le rapport d’autopsie précisait que celle-ci avait été effectuée 112 heures après le décès.

Plus de quatre mois après les faits l’affaire fait aujourd’hui l’objet de trois enquêtes, l’une interne au CHU de Strasbourg (conclusions attendues le 24 mai) une deuxième de l’IGAS et une troisième, préliminaire ouverte par la procureure de la République. Le tout sur fond d’indignation tweetée d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.

« Manquement grave à la procédure » 

Depuis la révélation de cette affaire Le Monde enquête de manière remarquable, prolongeant ainsi le travail d’Heb’di.  Directeur général du CHU de Strasbourg depuis 2014, Christophe Gautier, a contacté le quotidien pour affirmer sa « démarche de recherche de la vérité » et sa « politique de transparence totale ». Il soutient avoir eu connaissance de « l’affaire Naomi » le 28 avril, au lendemain de la parution de l’enquête d’Heb’di. « On ne peut rien préjuger avant la fin de l’enquête, mais des premières auditions découlent une forte présomption de manquement grave à la procédure » confie-t-il. Et de   démentir les informations syndicales selon lesquelles une surcharge de travail aurait influé sur le comportement de l’opératrice du Samu :

« Cette personne travaillait ce jour-là en horaires de douze heures, de 7 h 30 à 19 h 30. L’incident a eu lieu au début de son service, et elle venait par ailleurs de rentrer de quinze jours de congés annuels : la fatigue n’est donc pas en cause. »

Où l’on découvre progressivement qui était cette opératrice, l’une des trente-trois assistants de régulation médicale (ARM) que compte le Samu de Strasbourg. L’opératrice, à ce poste depuis moins d’une dizaine d’années, disposait, selon M. Gautier, d’une « solide expérience », renforcée par vingt ans de service en tant qu’ambulancière. D’autres informateurs assurent qu’elle rentrait d’une période de vacances. Pour l’heure elle est suspendue à titre conservatoire. Lors des auditions inhérentes à l’enquête, elle n’a pas contesté les faits. On la dit « très affectée ».

« SAMU rigole et raccroche » 

L’enquête menée par le CHU devra expliquer pourquoi le comportement de cette opératrice n’a pas été signalé plus tôt à la direction. « Normalement, les équipes confrontées à un événement indésirable grave sont obligées de le signaler », assure Christophe Gautier. Où est, ici, la faille ? La Haute autorité de la santé (HAS) définit comme un « événement indésirable grave » tout événement inattendu au regard de l’état de santé et de la pathologie de la personne, dont les conséquences sont « le décès, la mise en jeu du pronostic vital ou la survenue probable d’un déficit fonctionnel permanent ». Et Agnès Buzyn, affirmait sur France Info, le 10 avril, que « lorsqu’un événement indésirable grave aboutit au décès, on doit obligatoirement en référer à l’Agence régionale de santé [ARS] qui doit mener une enquête, voire le faire remonter au ministère ».

Or, contactée par Le Monde, l’ARS concernée affirmait, le 7 mai, ne pas être informée de l’affaire…. Et ce alors même que le procès-verbal d’admission à l’hôpital de Naomi Musenga (figurant en dernière page du rapport d’autopsie que Le Monde s’est procuré)  rapporte bien le ton « moqueur » des propos échangés et laisse supposer que l’hôpital a pu avoir connaissance de ces détails dès le jour du décès de la jeune femme. « Samu rigole, lui dit d’appeler SOS Médecins et raccroche », lit-on sur le feuillet manuscrit qui vient conclure le rapport d’autopsie. Interrogé sur ce document, Christophe Gautier, dit ne jamais en avoir eu connaissance : « Vous me l’apprenez. Je n’ai jamais eu accès à ce dossier. » Comment est-ce possible ?

Thierry Hans, directeur de publication du magazine Heb’di, affirme quant à lui avoir contacté, à de nombreuses reprises, l’hôpital strasbourgeois avant la parution de son article explosif. « Cela m’étonne un peu, je ne peux pas le confirmer », avance M. Gautier. « J’ai appelé l’hôpital la veille de la parution de l’article, demandé le service de communication et eu au téléphone une personne qui n’était pas au courant de la situation. Elle a pris ça de haut, l’échange a duré trente secondes, et c’était fini », rapporte M. Hans.

Autant de zones d’ombres sur lesquelles la lumière reste à faire. Autant de dysfonctionnements qui restent à comprendre. Avant que la justice se prononce.

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« Filtergate » : les fabricants de tabac accusés de mettre la vie d’autrui en danger. Et l’Etat ?

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Faute d’avoir trouvé un nom français on devra se contenter du « Filtergate ». Le Comité national contre le tabagisme (CNCT) vient de déposer plainte en France contre les quatre « majors » fabricants de tabac : British American Tobacco, Philip Morris, Japan Tobacco et Imperial Brands. Il les accuse de manipulation de leurs produits en vue de falsifier les tests requis par les autorités sanitaires relatifs aux goudrons, monoxyde de carbone et nicotine. « Cette tromperie délibérée des pouvoirs publics et des consommateurs avec mise en danger aggravée de ceux-ci signifie concrètement qu’un fumeur qui pense fumer un paquet par jour en fume, en fait, l’équivalent de deux à dix, affirle le CNCT. Tous les fabricants de tabac sont concernés. Des procédures similaires ont été lancées ou sont en cours au Pays-Bas et en Suisse, pouvant impliquer des associations de malades. »

L’affaire prendra-t-elle ? Pour l’heure elle fait la Une du Monde :

« Tabac : les cigarettiers accusés de tromperie. Le CNCT a déposé une plainte contre quatre cigarettiers pour « mise en danger délibérée de la personne d’autrui « . La teneur en goudron  » serait entre deux et dix fois supérieure  » à ce qui est indiqué, argue le CNCT. Pour la nicotine, elle serait  » cinq fois supérieure « . Les filtres de cigarette sont percés de micro-orifices qui ventilent la fumée inhalée lorsqu’elle est extraite par une machine à fumer réglementaire. Quand un humain fume, l’emprise des lèvres et des doigts sur le filtre obture ces perforations, ce qui a pour effet de modifier les teneurs ingérées. »

Rappelant la toxicité majeure des produits du tabac (que les cigarettiers ne contestent plus) et la dépendance rapide et massive qu’ils induisent le CNCT oublie que l’Etat dispose d’un monopole, organise leur distribution et taxe leur consommation. Il se contente de rappeler  que « les pouvoirs publics s’efforcent de réglementer ces produits pour en dissuader la consommation, inciter les fumeurs à l’arrêt et contrôler autant que possible leur composition ».

« Secret de polichinelle »

Le Filtergate ? « Il représente la manipulation des filtres par les fabricants de tabac via la perforation de ces filtres et l’existence de minuscules trous destinés à falsifier les tests des caractéristiques des cigarettes, détaille le CNCT. Les fabricants de tabac ont ainsi modifié secrètement les propriétés techniques des cigarettes afin de tromper les laboratoires agréés en charge de mener les tests requis par le code de santé publique devant mesurer les taux de goudron, de nicotine, et de monoxyde de carbone contenus dans les émissions des cigarettes fumées.

Il s’ensuit que la mise en place de ce dispositif de micro-orifices dans le filtre des cigarettes empêche les autorités en charge de l’application de la loi de savoir si les seuils de goudron, de nicotine, et de monoxyde de carbone qu’elles ont fixés sont dépassés. »

Et ces mêmes autorités l’ignoraient ? Depuis quand et pourquoi ? Le CNCT ne nous le dit pas 1. C’est d’autant plus regrettable que  la probabilité de contracter un cancer ou une maladie cardiovasculaire est positivement corrélée avec la quantité de monoxyde de carbone, de goudron et de nicotine absorbées. Et que les fabricants de produits du tabac privent ainsi les fumeurs d’une « information exacte » sur la quantité de produits dangereux qu’ils absorbent.

Et le CNCT d’ajouter que ces fabricants « incitent les fumeurs à consommer plus de cigarettes qu’ils ne le feraient s’ils étaient correctement informés » et qu’ils sont « responsables d’un nombre de maladies et de décès qui seraient évités si l’information sur la dangerosité des cigarettes respectait les exigences du code de santé publique ». Que vaudra ce postulat devant la justice ? Et pourquoi ne pas poser ici, la question de la responsabilité des pouvoirs publics français en charge d’appliquer la loi.

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1 Le Monde (Stéphane Foucart) observe que les petits arrangements permis par la « ventilation » des filtres des cigarettes ne sont qu’un « secret de polichinelle ». « L’historien des sciences Robert Proctor en a fait un chapitre entier dans l’ouvrage monumental qu’il a consacré à l’industrie du tabac (Golden Holocaust. La conspiration des industriels du tabac, Equateurs, 2014), exploitant notamment la documentation interne des cigarettiers américains, déclassifiée par décision de justice à la fin des années 1990. Au sein des firmes, nul n’ignorait la fonction réelle de ces filtres à ventilation périphérique. »

Vaccinations et mort du nourrisson : qui osera dénoncer les assertions du Pr Luc Montagnier ?

Bonjour

Revenons sur les plus qu’étranges déclarations du Pr Luc Montagnier sur la scène d’un théâtre parisien de variétés :

« Nous sommes ici pour lancer une alerte, à tout le pays, au monde. Je voudrais alerter sur la mort subite du nourrisson. C’est quelque chose d’épouvantable, la cause est inconnue, mais il existe des faits scientifiques, montrant qu’un grand nombre de ces morts intervient après une vaccination. On ne peut pas démontrer une causalité, mais il y a une relation temporelle. [Les vaccins avec un adjuvant aluminique] sont responsables d’une tempête immunitaire chez le nourrisson (…) Ce qui est en cause, c’est la vaccination de masse, cela doit disparaître (…). » (Libération)

Le Pr Montagnier évoque aussi, selon Le Quotidien du Médecin, une « corrélation temporelle » entre vaccination contre hépatite B et sclérose en plaque. Vieil air connu auquel le Nobel 2008 de médecine aimerait redonner du souffle.

Corrélations temporelles versus lien de causalité… Restons sur les vaccinations et la mort subite du nourrisson (MSN). Quel est la bibliographie sur le sujet ? Le rôle du vaccin coqueluche à germe entier dans la MSN fut autrefois suspecté mais non retenu. Une étude anglaise de grande ampleur (The UK accelerated immunization programme and sudden unexpected death in infancy: case–control study. Fleming P, Blair P S, Ward Platt M, Tripp J, Smith J, Golding J. (2001) BMJ, 322: 822–825) a été menée au Royaume-Uni  entre 1993 et 1996/

Protéger

Conclusions résumées : « Plus d’un tiers des morts subites inexpliquées sont survenues entre 2 et 4 mois, âges des vaccinations. Pour qu’il s’agisse plus que d’une coïncidence, il faudrait que la couverture vaccinale soit supérieure chez les enfants morts que chez les contrôles. Or, c’est le contraire qui a été constaté.  » En d’autres termes ces données suggèrent que non seulement la vaccination ne contribue pas au risque de mort subite mais qu’elle pourrait même protéger…

On connaît d’autre part les facteurs de risque de la MSN : le couchage sur le ventre ; tabagisme de la mère pendant la grossesse ; le partage du lit avec les parents ; l’hyperthermie (y compris celle provoquée par les couettes, peluches …) ; l’âge (2 -4 mois) et le sexe (plus de risque chez le garçon)

En France une enquête a été réalisée en 2007-2009 (« Les morts inattendues des nourrissons de moins de 2 ans – InVS »et n’a à aucun moment évoqué le rôle des vaccins.

S’informer

On peut aussi s’informer auprès du site de l’OMS : « Vaccination: 10 idées fausses à corriger « .

« Idée fausse n°3 : Le vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche et le vaccin contre la poliomyélite sont responsables du syndrome de mort subite du nourrisson. FAUX

« Il n’existe pas de lien de cause à effet entre l’administration de ces vaccins et la mort subite du nourrisson. Toutefois, ces vaccins sont administrés à un âge où les bébés peuvent être frappés par le syndrome de mort subite du nourrisson (MSN). En d’autres termes, les décès par MSN survenant après la vaccination sont une coïncidence et se seraient produits même si le nourrisson n’avait pas été vacciné. Il est important de ne pas oublier que ces quatre maladies sont potentiellement mortelles et que les nourrissons qui n’ont pas été protégés contre celles-ci par la vaccination courent un risque de décès ou d’incapacité grave. »

Statufier

L’OMS ajoute d’autre part que l’autisme n’est pas « causé par les vaccins » : « Il s’est avéré que l’étude de 1998 qui avait soulevé de nombreuses inquiétudes quant à la possibilité d’un lien entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) et l’autisme, comportait de graves irrégularités et la revue [The Lancet ndlr]qui avait publié cet article l’a ensuite retiré. Malheureusement, la publication de cet article avait semé un vent de panique et conduit à une chute des taux de vaccination puis, en conséquence, à des flambées des maladies visées. Aucune corrélation n’a pu être établie entre le vaccin ROR et l’autisme ou les troubles autistiques. »

Sur la scène de son théâtre de variétés, poursuivant son voyage vers l’irrationnel, le Pr Luc Montagnier a remis en cause le bien-fondé du retrait du Lancet  de ces travaux plus que controversés du britannique Andrew Wakefield sur le vaccin ROR et l’autisme. Le Quotidien du Médecin : « Et lorsque dans la salle Serge Rader, pharmacien militant anti-vaccin, proche de Michèle Rivasi mais aussi du Nicolas Dupont-Aignan, se lève pour estimer qu’une statue de Wakefield devrait siéger à côté de Pasteur, sa diatribe est applaudie ».

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Panique outre-Rhin :  des millions d’œufs contaminés par un insecticide franco-allemand ?

 

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Question: de quand date, en France, le dernier grand scandale alimentaire, la hantise collective de l’empoisonnement ? C’est un phénomène de ce type qui, depuis quelques heures, enfle en Allemagne. Un symptôme, après tant d’autres, de la fragilité considérable des systèmes de production et de distribution des denrées alimentaires dans nos sociétés post-industrielles.

Vendredi 4 août 2017 : le géant de « hard-discount » Aldi annonce qu’il retire « tous ses œufs de la vente en Allemagne ». Pourquoi ? Par « pure précaution » dit-il. Imagine-t-il un seul instant que l’on pourrait le croire ? C’est là une décision qui fait suite « au scandale des millions d’œufs néerlandais contaminés par un insecticide et livrés dans le pays voisin ». Le groupe allemand avait déjà, il y a quelques jours, retiré de ses rayons en début de semaine les œufs en provenance des élevages concernés aux Pays-Bas.

A l’origine de l’affaire : le fipronil, une molécule française au cœur de la polémique sur la disparition des abeilles ; une molécule  que l’on pourrait qualifier de franco-allemande:

«  Le fipronil a été mis au point en France par la société Rhône-Poulenc en 1987 et mis sur le marché en 1993. Il est ensuite devenu la propriété d’Aventis à la suite de la fusion de Rhône-Poulenc avec Hoechst, puis a été revendu à Bayer en 2002 et finalement à BASF en 2003. »

Eradication du pou rouge

Que s’est-il passé ? « Des éleveurs néerlandais de volailles ont fait appel à Chickfriend (sic) une société spécialisée dans l’éradication du pou rouge, qui en a utilisé dans son produit, nous disent les gazettes. Mais l’enquête a aussi révélé que du produit contaminé avait été livré dans des élevages allemands, selon un circuit encore obscur, et chaque jour voit gonfler les estimations du nombre d’œufs contaminés dans le pays. »

Le ministre de l’Agriculture de l’Etat-région de Basse-Saxe, le Vert Christian Meyer, vient d’avancer, sur la chaîne ZDF, le chiffre de 10 millions d’œufs contre « au moins 3 millions » évoqués la veille par le ministère fédéral de l’agriculture. Son homologue de l’Etat-région voisin de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Christina Schulze Föcking, a également affirmé au quotidien Rheinischen Post qu’il fallait s’attendre à « beaucoup plus d’œufs contaminés »

Limitrophes des Pays-Bas, la Basse-Saxe et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie sont les deux régions allemandes a priori les plus touchées par ce qui est déjà un scandale ; un scandale qui frappe déjà douze Etats-régions sur les seize que compte le pays, estime Christian Schmidt, ministre allemand de l’Agriculture. On ajoutera qu’en grande quantité, le fipronil n’est considéré que comme « modérément toxique » pour l’homme (par l’Organisation mondiale de la santé). Il est toutefois dangereux pour les reins, le foie et la thyroïde, vient de préciser l’organisme néerlandais chargé de la sécurité alimentaire et sanitaire, NVWA.

Reste, bien évidemment, la porosité de la coquille associée à la dimension symbolique de la consommation, par l’homme, de l’œuf. Sans oublier la toile de fond que constitue l’horreur des poules en batteries, entre tulipes et moulins, bien au nord de l’outre-Quiévrain.

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Nouveaux dons d’organes : risque de futurs scandales à fort retentissement médiatique

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Editorial de la dernière livraison de La Revue du Praticien : « De nouvelles modalités pour les prélèvements d’organes » (sur abonnement). Le  Dr Alain Tenaillon y fait le point sur ce qui change. C’est un condensé de pédagogie qui s’achève par une proposition dérangeante. Résumons ce qui, depuis quarante ans, oscille entre le consentement présumé et la quête de l’explicite.

« Depuis 1976, la loi postule en France qu’un prélèvement d’organes, en vue d’une greffe, peut être réalisé chez tout sujet décédé dès lors que de son vivant il n’avait pas marqué d’opposition à cette éventualité » rappelle l’éditorialiste. La référence ici est faite à la loi Caillavet, du nom de Henri Caillavet (1914-2013), homme politique trop méconnu, athée et rationaliste, passionné par les questions dites « de société ».

Humanisation encadrée

Et ensuite ? « Les lois de bioéthique de 1994, 2004 et 2011 ont encadré et en quelque sorte humanisé ce principe, dit du consentement implicite ou présumé, en exigeant qu’avant toute décision les coordinateurs de prélèvement d’organes s’entretiennent avec les proches du défunt, non seulement pour les informer de cette possibilité, mais aussi et surtout pour s’assurer par leur témoignage que la personne décédée n’y était pas hostile de son vivant. » C’était bien le moins et il est remarquable que cette nécessaire « humanisation » ait été jugée nécessaire. A commencer par « l’entretien avec les proches du défunt ».

« Cet entretien avait un rôle majeur en termes d’empathie et de lien avec les personnels de santé pour préparer le deuil dans ces circonstances particulièrement douloureuses, résume Alain Tenaillon. Tout refus de prélèvement signifié par les proches au nom du défunt était respecté, quel que soit son mode d’expression, le plus souvent oral, les équipes ayant également l’obligation de vérifier qu’une telle opposition n’était pas inscrite sur le registre national informatisé des refus (RNR), mis en place en 1998. »

On connait le contexte et son évolution : le manque récurrent d’organes (du fait du grand nombre de personnes malades en attente de greffe), le taux élevé des oppositions au prélèvement, un peu plus de 30 % (malgré le faible nombre d’inscrits sur le RNR). Autant d’éléments qui ont amené les parlementaires à voter l’an dernier un amendement à la loi de bioéthique de 2011. Il s’agit, pour le dire clairement comme le fait Alain Tenaillon, de « limiter les oppositions orales aux prélèvements, qui semblaient plus être celles des proches que celles des sujets décédés ».

Douloureux formalisme

Puis les modalités possibles d’expression du refus ont fait l’objet d’un décret applicable depuis le 1er janvier. Où en sommes-nous ? En pratique, la nouvelle loi autorise tous les modes de refus dès lors qu’ils émanent effectivement de la personne dont le corps est l’objet. A cette fin l’inscription sur le RNR est privilégiée et sera facilitée par une procédure sécurisée accessible sur Internet, mise en place par l’Agence de la biomédecine. La suite est plus compliquée :

« Toute autre opposition devra avoir été signifiée par un document écrit, signé du vivant de la personne, et remis aux responsables du prélèvement. Si l’expression de ce refus par le défunt était orale, ses proches au cours de l’entretien qui reste obligatoire devront en attester les circonstances par écrit. »

« Le changement peut paraître modeste, mais son formalisme imposé, sous-tendu par une suspicion à peine voilée vis-à-vis de la parole des proches, pourrait au début, dans ce moment de grande souffrance, générer tensions et conflits, observe, fort justement Alain Tenaillon. De plus, rien n’empêchera certaines familles de s’opposer en leur nom au prélèvement (il n’y a pas de sanctions, fort heureusement…) et l’on voit mal comment les coordinateurs pourraient passer outre, au risque d’un scandale au fort retentissement médiatique qui ne pourrait que desservir la cause des prélèvements d’organes. »

L’affaire Tesnière

Tout ceci est parfaitement écrit. Réparer les vivants, bien sûr; mais pas à n’importe quel prix. Et pour avoir connu (et participé, via Le Monde, en 1992) à un « retentissement médiatique » de ce type (affaire Tesnière) nous pouvons témoigner de la violence tragique, dévastatrice, inhérente à ce genre d’affaire. « In fine, pour que cette évolution législative porte ses fruits, et on ne peut que l’espérer, il faut d’une part que médecins et infirmiers coordinateurs se l’approprient et apprennent à adapter leur attitude pour rassurer proches et familles et que le dialogue reste celui de l’empathie et non celui de la simple application de la loi ; d’autre part que les médias en relation avec l’Agence de la biomédecine jouent un rôle positif pour transmettre cette information sans affoler la population » conclut l’éditorialiste de la Revue du Praticien.

Au risque de le désespérer nous pensons que l’éditorialiste pèche ici, pour ce qui est des « médias », par excès d’optimisme.

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Les caméras de vidéosurveillance sur le point de franchir la porte des abattoirs de France

 

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Il faut, ce matin, imaginer heureux  Olivier Falorni député ex-PS, Charente-Maritime. L’Assemblée nationale a, dans la nuit et de façon totalement inattendue, voté l’obligation d’installer des caméras de surveillance dans les abattoirs. Le gouvernement ne s’y est pas opposé. Si tout va bien (si la future majorité ne s’y oppose pas) cela se ferait à compter de l’an prochain.

Restera à traiter la question, hautement délicate, des abattages dits « rituels ». « Nous sommes en train de travailler avec les cultes » a fait savoir Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement.

Ainsi donc, à partir du 1er janvier 2018 (et après expérimentation) « des caméras [seront] installées dans tous les lieux d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort des animaux ». C’est ici la suite du combat mené avec constance par l’association L214 et mis en scène par quelques médias dont Le Monde.  Les images-choc diffusées avaient suscité beaucoup d’émotion et poussé le gouvernement à bâtir un plan gouvernemental en faveur du bien-être animal.

Primaire de la gauche

Des députés avaient parallèlement travaillé le sujet, créé une commission d’enquête et rédigé une proposition de loi portée par le député Falorni et comprenant cette « mesure phare » sur les caméras dans les abattoirs. Leur victoire a été acquise malgré l’opposition de quelques députés de droite et du centre. Ces derniers pronostiquent déjà la mort des « petits abattoirs » incapables selon eux de s’acquitter de cette nouvelle charge.

Les minutes de l’Assemblée nationale retiendront que l’obligation d’installer des caméras a été adoptée par 28 voix contre 4. L’hémicycle était plus que dégarni : la France politique regardait alors d’autres images transmises par des caméras : celles du premier débat télévisé de la primaire de la gauche. Il n’y fut aucunement question de souffrances animales.

A demain