Que dire de l'affaire du «Divan des médecins» ? Non, l’«humour carabin» ne justifie rien

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9 janvier 2019. La triste affaire a soudain pris une nouvelle dimension. Extrait du discours des vœux 2020 prononcé par le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l’Ordre des médecins : « Concernant le groupe privé Facebook ‘’Le Divan des médecins » » nous mettons en demeure le régulateur du groupe s’agissant du contrôle des contenus, et nous signalerons ces contenus au Procureur de la République. »

Connue du cénacle le sujet a été révélé il y a quelques jours par L’ObsLouise Auvitu et Béatrice Kammerer) ». « ‘’Quand les seins tombent, je refuse la consultation’’. Sur Facebook, des médecins violent leur serment ». Une bien affaire reprise et analysée par Le Quotidien du Médecin (Sophie Martos) : « Accusé de graves dérapages en ligne, le « Divan des médecins » se défend et divise la profession ». Deux titres qui disent beaucoup des divergences de lecture et des incompréhensions pouvant exister sur un tel sujet.

« Depuis plusieurs jours, le groupe Facebook privé « Le Divan des médecins » est sous les feux de la rampe, résume Le Quotidien. Propos sexistes ou diffamatoires, dérapages, dénigrement : dans une enquête publiée le 5 janvier, L’Obs a dévoilé, à la lumière de plusieurs témoignages, le côté sombre de ce groupe de praticiens parfois accusé de violer le secret médical. » De bien méchants feux, une bien triste rampe.

« Divan » ? Il s’agit ici d’un groupe fermé est composé de plus de 11 000 médecins. « Il a été créé en 2017 par les Drs Elsa Fayad et Christophe Poyer et se définit comme un espace d’entraide médicale entre confrères mais aussi d’échanges pour s’interroger sur la pratique et le quotidien avec bienveillance. Tout y passe : demande d’avis sur des cas cliniques, remplacement, CARMF, installation, posologie, gestion du coup de blues du praticien, soutien moral… » ajoute encore Le Quotidien.

Photos mal floutées de patients, noms mal anonymisés

« Bienveillance » ? Interrogés par L’Obs, plusieurs membres actuels ou anciens dénoncent des photos mal floutées de patients, des noms mal anonymisés, mais aussi des blagues obscènes sous couvert « d’humour carabin » – mais aussi et surtout des propos sexistes, homophobes, racistes ou grossophobes.

Plusieurs captures d’écran ont été diffusées par L’Obs. On peut y lire des commentaires tels que « peut-on mettre un coup de pelle au patient qui termine sa partie sur son smartphone ? » ou « Et hop ! Un certif de sport chez CMU ! Désolée, faut payer… ba j’peux pas ! Moi non plus ! Et je suis à l’heure ! Merci Madame CMU ». 

Le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) et l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) ont condamné les propos diffusés « Le SNJMG condamne les agissements en ligne du groupe #divandesmedecins révélés par @lobs.

 « Le respect est la base d’une relation saine avec les patients et de tels propos peuvent entraîner une défiance légitime », commente Romain Levesy, 1er vice-président de l’ANEMF.  Contactée par Le Quotidien,  l’une des fondatrices, le Dr Elsa Fayad, affirme que de tels dérapages concernent une poignée d’individus, « parfois occasionnellement et parfois de façon répétée ».  Elle reconnaît quelques « rares cas » de non-anonymisation des cas cliniques, rapidement « signalés et corrigés ». Même constat pour les propos sexistes, homophobes ou grossophobes pointés par L’Obs. Le Dr Fayad souligne qu’un à deux « signalements » en moyenne sont effectués chaque semaine et qu’« un à deux membres sont expulsés du divan par trimestre ». Pour elle encore, ces incidents « isolés » discréditent et déshonorent cette communauté médicale « animée, par un esprit de partage, d’entraide et de confraternité, parfois aussi de détente et non pas sur le dos des patients ».

« Pas d’éthique sans médecins, pas de médecins sans éthique »

Également joint par Le Quotidien le Conseil national de l’Ordre national assurait n’avoir reçu aucun signalement concernant le groupe. Tel n’est plus le cas, grâce aux médias. Le Dr Jean-Marcel Mourgues, vice-président de l’Ordre condamne déjà certains propos jugés « effarants ». « Qu’il s’agisse d’un groupe privé ne change rien dans la mesure où la diffusion est massive, dit-il . Quant à la question de l’humour carabin, s’il y a pu avoir un temps une certaine tolérance, elle n’a plus lieu d’être dans le contexte actuel. » 

Au-delà de l’affaire du « Divan » il restera à l’Ordre des Médecins une mission urgente et d’importance : définir « l’humour carabin » et fixer les nouvelles frontières de la tolérance. Extrait du discours des vœux 2020 prononcé le 9 janvier par le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l’Ordre des médecins : « Il n’y a pas d’éthique sans médecins, et pas de médecins sans éthique. Là est notre légitimité à s’exprimer ».

A demain @jynau

Nouveau en France: comment, en un clic, obtenir un véritable arrêt de travail (trois jours max)

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Aucun conflit d’intérêts – simple relais d’une information fortement disruptive à caractère sanitaire et hautement promotionnel :

 « Paris, le 07 janvier 2020 – Le site www.arretmaladie.fr est désormais disponible en France. À l’issue d’une  téléconsultation avec un médecin français et sous réserve de pouvoir effectuer un diagnostic fiable, le patient peut  obtenir un arrêt maladie de quelques jours (2 à 3 max) pour des pathologies simples et courantes : coup de froid, stress, douleurs menstruelles, gastro-entérite, etc. ».

On nous explique qu’en arrivant sur le site, « le patient est invité à remplir un questionnaire qui  permet de décrire ses symptômes et qui prépare la téléconsultation qui s’ensuivra ». Puis, « une fois que le patient accepte que ses données soient transmises à son médecin traitant ou à un autre praticien disponible il peut immédiatement prendre rendez-vous grâce à une plateforme de téléconsultation ». Suite :

 « À l’issue de la téléconsultation et en fonction du cas, le médecin prescrit (ou pas) un arrêt maladie et dépose trois exemplaires sous forme de fichiers PDF dans l’espace sécurisé du patient. Le patient règle la consultation en ligne (25€); il peut ensuite récupérer les 4 fichiers PDF en les téléchargeant depuis son espace de données. Grâce au site ameli.fr, il envoie à son employeur et à la CPAM les documents habituels. » 

Prière de ne pas trop exagérer

Attention : les patients ne peuvent bénéficier que « d’un nombre limité d’arrêts par an » – et ce uniquement à un intervalle d’au moins trois semaines et pour des arrêts d’une durée maximum de 2 à 3 jours. Pourquoi ? On ne nous le dit pas.

 S’inquiéter de la confidentialité non respectée ? Le service www.arretmaladie.fr nécessite la transmission de données personnelles de santé (questionnaire, numéro de sécurité sociale, téléconsultation, etc.). Aussi « pour garantir une sécurisation optimale de ces échanges, le service travaille en partenariat avec des sites de téléconsultation ».

 Pour information : « Le service www.arretmaladie.fr a été lancé par Dr Can Ansay, avocat de Hambourg qui a créé ce concept il y a un an en Allemagne. Sous le nom au-schein.de, le service a vu le jour en décembre 2018 en Allemagne et a permis de générer 30 000 arrêts maladie pour des pathologies dites du quotidien. Aucune erreur de diagnostic n’a été reportée. Au-schein.de est l’entreprise de télémédecine la plus prospère d’Allemagne. »  

Dr Can Ansay, aux futurs patients français : « Nous souhaitons résoudre le problème des nombreuses visites chez le médecin en raison d’un simple arrêt de travail de courte durée. Pour résoudre ce problème, la Norvège a autorisé les salariés à “s’auto-arrêter”pour quelques jours, ce qui a réduit le nombre de jours d’absence pour cause de maladie. Notre solution offre les mêmes avantages, mais prend en compte les préoccupations de toutes les personnes impliquées. En tant qu’avocat, après consultation auprès de confrères français spécialisés, je me suis assuré que les arrêts maladies délivrés par notre service sont 100% valables (sic). »

Silence, pour l’heure, d’ameli.fr. Ici aucun conflit d’intérêts. Etes-vous bien rassurés ?

 A demain @jynau

Retour sur le suicide du Pr Christophe Barrat et l’accusation de violation du secret médical

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Qui peut s’autoriser à lever le secret médical ?

C’était le 3 février dernier, un dimanche : le Pr Christophe Barrat, 57 ans, chirurgien, se suicidait On apprenait rapidement, de sources concordantes, qu’il s’était donné la mort par défenestration au sein des locaux de l’hôpital Avicenne (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris). Ce praticien était chef du service de chirurgie bariatrique et métabolique du groupe hospitalier Hôpitaux universitaires Paris Seine-Saint-Denis (Avicenne, Jean-Verdier et René-Muret). Cette fin tragique n’était pas sans rappeler celle du Pr Jean-Louis Mégnien, cardiologue à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP) – il s’était lui aussi défenestré sur son lieu de travail le 17 décembre 2015. Une mort qui avait rapidement mis en lumière la somme des conflits internes au sein de cet établissement hospitalier réputé. 

Dans le cas du Pr Barrat la polémique prit une autre forme – avec notamment la dénonciation de la « communication désastreuse » de l’AP-HP et l’hypothèse d’une violation du secret médical. Puis l’AP-HP répondit via un communiqué signé Didier FRANDJI, Directeur des Hôpitaux Universitaires Paris Seine Saint Denis; Pr Nathalie CHARNAUX, Directrice et Doyen de la Faculté Santé, médecine et biologie humaine ; Pr Yves COHENPrésident de la Commission médicale d’établissement locale. Extraits :

« Nous regrettons d’avoir à nous exprimer publiquement et de sortir du recueillement plus opportun en cette période de deuil. Toutefois, les circonstances nous obligent à le faire et ce en plein accord avec la famille du Professeur Christophe Barrat, afin d’apporter les précisions suivantes : nous avons fait référence, dans le message diffusé au sein du groupe hospitalier et des instances de l’AP-HP,  à l’état de santé du Professeur Christophe Barrat afin, selon l’expression même de son épouse, « d’apporter un éclairage au geste de son mari ». Nous n’avons donc en rien rompu le secret médical mais avons été autorisés à porter cet élément à la connaissance de  notre communauté selon la  volonté et le plein accord de la seule personne légitime à nous délier de ce secret : son épouse, qui a validé ce message avant qu’il soit diffusé (…) »

Les différentes analyses que nous avions alors sollicitées convergeaient avec la lecture que fait l’Ordre des textes en vigueur : rien ne permettait, en l’espèce, de justifier le non-respect du secret médical. Les spécialistes de déontologie médicale font notamment observer qu’un membre de la famille (en l’espèce l’épouse du chirurgien) ne pouvait en aucun cas délier des médecins du secret professionnel qui s’imposait à eux. Le principe (parfois difficile à comprendre) est qu’il n’existe pas de dérogation, le patient lui-même ne pouvant délier les médecins du secret médical.

Deux courriers évoquant l’état de santé du chirurgien

Dix mois plus tard, l’affaire connaît un nouveau prolongement -rebondissement. Le Quotidien du Médecin (Anne Bayle-Iniguez) nous apprend que le conseil départemental de l’Ordre des médecins de Paris a, mardi 3 décembre, tenu une séance de conciliation. Entre d’une part le président de la commission médicale d’établissement (CME) de l’hôpital Avicenne et la doyenne de l’UFR de santé, médecine et biologie humaine Paris 13 – et d’autre part la veuve du Pr Christophe Barrat.  Le Pr Yves Cohen et le Pr Nathalie Charnaux sont accusés d’avoir violé le secret médical dans deux courriers évoquant l’état de santé du chirurgien de 57 ans adressés à la communauté hospitalière et à la presse. Les deux médecins font aussi l’objet d’un dépôt de plainte pour le même motif auprès du procureur de la République du TGI de Bobigny – un plainte qui vise également Didier Frandji, directeur d’Avicenne à l’époque des faits, lui aussi signataire des deux courriers.

La plainte ordinale a été déposée le 23 septembre auprès de l’Ordre de Seine-Saint-Denis, tableau où le Pr Barrat était inscrit. Les « ordinaux du 93 » souhaitant éviter tout conflit d’intérêts, la plainte a été délocalisée à Paris. « La séance en commission de conciliation ordinale de ce mardi est l’étape préalable à la mise en œuvre d’une procédure disciplinaire, explique Le Quotidien. En cas d’accord entre les deux parties, l’affaire en restera là sauf si le conseil départemental se saisit du dossier. En cas de non-conciliation, la plainte sera transmise à la chambre disciplinaire de première instance dans un délai de trois mois. Contactées, ni l’AP-HP, ni la faculté de médecine de Paris13 n’ont répondu à nos sollicitations du Quotidien. »

Finalement la conciliation entre les deux parties a échoué. Le dossier sera étudié par la chambre disciplinaire de première instance en janvier. 

 A demain @jynau

Malades mentaux : prédire leur passage à l’acte pour prévenir les fusillades de masse

Bonjour

Aux portes de la folie politique, en écho de « 1984 » ou de « Minority Reports ». C’est un papier de Slate.fr (Claire Levenson) : « Trump veut faire surveiller les personnes atteintes de troubles mentaux » qui développe un sujet du Washington Post (William Wan) : « White House weighs controversial plan on mental illness and mass shootings ». Slate.fr :

« Après les récentes fusillades d’El Paso et de Dayton (trente-et-un morts au total), Donald Trump a préféré évoquer la question du rôle des troubles psychiatriques plutôt que celle de l’accès aux armes à feu. Le président américain avait déclaré juste après les événements: «C’est la maladie mentale et la haine qui appuient sur la gachette. Pas l’arme à feu.» Depuis, l’un de ses proches, l’ancien président de la chaîne NBC, Bob Wright, a proposé de lancer un programme de recherche sur la façon dont l’intelligence artificielle pourrait prédire le passage à l’acte violent de ce type de personnes.

« Afin de mener ces études à bien, des volontaires autoriseraient l’accès aux données de leurs smartphones. Il ne s’agit à ce stade que d’un projet, qui a été présenté au président Trump, à sa fille Ivanka et au ministre de la Santé, mais l’idée est déjà critiquée par plusieurs spécialistes. Interviewée par The Washington Post, une ancienne psychologue des services secrets américains explique que ce genre de technologie donnerait un nombre très élevé de fausses alertes et qu’il serait impossible de déceler les personnes potentiellement dangereuses. Elle ajoute que les recherches actuelles ne permettent pas d’établir de lien direct entre maladie mentale et fusillades de masse. »

Que dire de plus ? Que des études ont montré qu’un quart seulement des responsables de ces tueries était atteint d’un trouble psychiatrique ? Que d’autres facteurs sont partagés par ce genre d’individus: l’impression d’être victime d’injustice, le désir d’être célèbre, la volonté de copier d’autres massacres, un passé de violence conjugale, le narcissisme et l’accès aux armes à feu ? Qu’une étude sur la tuerie de Fort Hood en 2009, au cours de laquelle un commandant militaire avait tué quatorze personnes sur une base au Texas, avait conclu que les tentatives de prédiction de ce genre d’incidents étaient presque impossibles ?

L’intelligence artificielle pour prédire le « passage à l’acte » des « malades mentaux » et prévenir ainsi les « fusillades de masse » ? Et les enfermer pour plus de sûreté ? On pourra toujours soutenir qu’il ne s’agit ici que d’une opération comme une autre de réduction des risques. Combien de temps nous reste-t-il avant que l’exécutif d’outre-Atlantique puisse, sans frein, passer à l’acte ?

A demain @jynau

Michael Schumacher serait soigné à l’AP-HP : le traitement secret et le Pr Philippe Menasché.

Bonjour

Comment voyager sans danger aux frontières du secret médical ? C’est une exclusivité du Parisien/Aujourd’hui en France (Jean-Michel Décugis et Ronan Folgoas, avec Vincent Gautronneau) :« Michael Schumacher soigné à Paris pour un traitement secret. Le septuple champion du monde de Formule 1, grièvement blessé en décembre 2013, a été pris en charge ce lundi après-midi à l’Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. Il y suit un traitement dans le plus grand secret. » Extrait :

« Il est 15h40 ce lundi 9 septembre lorsqu’un brancard arrive au premier étage de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (Paris XVème). Plus précisément au sein de l’unité de surveillance continue du service de chirurgie cardiovasculaire. Le brancard du patient est enserré dans une housse bleu marine qui masque totalement son corps et son visage. Un important dispositif de sécurité composé d’une dizaine de personnes accompagne la progression du brancard. Certaines d’entre elles portent des oreillettes. Les vigiles de l’établissement, mobilisés sur cette opération spéciale, s’assurent que les curieux passent leur chemin.En-tête du cortège, le professeur Philippe Menasché ouvre la voie et conduit son célèbre patient à destination. Michael Schumacher, le septuple champion du monde de Formule 1, âgé aujourd’hui de 50 ans, vient d’arriver quelques minutes plus tôt à bord d’un camion ambulance jaune et bleu, immatriculé à Genève en Suisse. »

On se souvient de l’accident du célèbre champion et, depuis, des innombrables interrogations. « Le Parisien-Aujourd’hui en France est en mesure de révéler que Michael Schumacher est hospitalisé depuis ce lundi après-midi dans le service de chirurgie cardio-vasculaire de l’hôpital. L’ex-pilote allemand aux 91 victoires et 68 pole positions est entre les mains du professeur Philippe Menasché, un éminent chirurgien cardiaque âgé de 69 ans, pionnier de la thérapie cellulaire pour soigner l’insuffisance cardiaque. Il siège également au conseil d’administration de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, sur le site de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Elogieux portrait du praticien

Et le quotidien de brosser un élogieux portrait élogieux portrait du praticien parisien bien connu pour l’intérêt qu’il porte depuis longtemps aux possibles vertus thérapeutiques des cellules cardiaques d’origine embryonnaires.

 « Michael Schumacher est-il hospitalisé à l’Hôpital européen Georges-Pompidou pour profiter de ces recherches ? Ou pour un autre traitement ? Selon nos informations, l’ex champion bénéficie de perfusions de cellules-souches qui sont diffusées dans l’organisme afin d’obtenir une action anti-inflammatoire systémique, c’est-à-dire dans tout l’organisme. Le traitement devrait démarrer ce mardi matin, le patient devant quitter l’hôpital en principe mercredi. Contactés, le professeur Menasché et la direction de l’hôpital se retranchent derrière le secret médical, sans confirmer, ni infirmer nos informations. »

Interrogé sur le même sujet par France Info Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP a formulé la même réponse. Toujours selon Le Parisien- Aujourd’hui en France et « de sources concordantes », Michael Schumacher aurait effectué au moins deux passages à l’Hôpital européen Georges-Pompidou, au printemps dernier. Lors de son premier séjour à Paris, il aurait fait l’objet d’examens médicaux pratiqués à la Pitié-Salpêtrière. Fin juillet dernier il  devait revenir pour une nouvelle séance à l’Hôpital européen Georges-Pompidou. Mais un problème de santé imprévu l’en aurait empêché. « Le traitement a été repoussé à ce début de semaine, date du retour de vacances du professeur Menasché ».

A demain @jynau

Polémique éthique : les «mères lesbiennes» seront-elles, en France, «montrées du doigt» ?

Bonjour

Non, le débat ne « s’apaise pas ». En marge de la polémique sur la destruction des stocks de gamètes et d’embryons, un collectif de responsables associatifs, dans une tribune militante publiée par Le Monde 1, juge injustifiable que la « déclaration anticipée de volonté », prévue par le projet de loi bioéthique, ne soit pas étendue « à tous les enfants conçus par don » de cellules sexuelles ou d’embryon. A quel titre ? De quel droit ?

A priori l’apaisement était là : le projet de loi ouvre la pratique de l’insémination artificielle avec sperme de donneur « à toutes les femmes » et  il propose un dispositif permettant aux couples de femmes d’établir la filiation à l’égard des enfants conçus par don de gamètes – et ce via une « déclaration anticipée de volonté » signée par le couple dès le consentement au don de sperme. Objectif :  sécuriser la double filiation avant même la naissance de l’enfant, ne pas établir de hiérarchie entre la mère qui accouche et la femme qui n’accouche pas.

Refaire l’histoire

« Appelée de nos vœux, cette déclaration commune de volonté permettra de reconnaître l’engagement parental comme fondement commun de la filiation des deux mères, écrivent les signataires. En portant la mention sur l’acte intégral de naissance de l’enfant, l’Etat signifie à celui-ci qu’aux yeux de notre droit ses deux mères sont parfaitement à égalité de statut et de droits. »

Dès lors pourquoi cette tribune ? Tout simplement parce que le gouvernement n’a pas « étendu ce dispositif aux couples de sexe différent » ? Pour ne pas « toucher au dispositif actuel pour les parents hétérosexuels ». Et les signataires de refaire l’histoire de leur grief :

« On se souvient que, en cas de recours au don, la filiation a été instaurée en 1994 selon les modalités de la filiation dite « charnelle », dans le but avoué de permettre aux parents de se faire passer pour les géniteurs de l’enfant. Le recours au don de gamètes était alors marqué du sceau du secret médical, considéré comme relevant de la vie privée des parents. Mais, aujourd’hui, la société a évolué et chacun reconnaît que l’enfant a droit à la vérité de son histoire et de son identité personnelle. »

Ils ajoutent que « certains poussent des cris d’orfraie » en affirmant que les enfants conçus par don seraient « stigmatisés » si la mention de cette déclaration était portée sur l’acte intégral de naissance. Ces militants visent notamment, sans les nommer, les médecins, pharmacien·es, psychologues et spécialistes des métiers de la santé des Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos) 1.

Ces soignants ont d’ores et déjà exprimé avec force  leur «opposition à toute proposition de loi» qui les «rendrait complices d’une discrimination et d’une stigmatisation des enfants conçus par don au travers de l’inscription sur l’acte de naissance intégral du mode de conception».Estimant qu’une telle disposition les rendrait «complices de discrimination» et de «stigmatisation» des enfants conçu·es à partir d’un don de cellules sexuelles, ces spécialistes ont saisi le Conseil national de l’Ordre des médecins.

Au départ le gouvernement hésitait entre deux scénarios. Le premier prévoyait une mention à l’état civil de la manière dont la filiation de l’enfant a été établie pour tous les couples ayant recours à une procréation médicalement assistée avec tiers donneur de cellules sexuelles. Il s’agissait d’établir une «déclaration commune anticipée de filiation» devant un notaire. Le document était ensuite transmis à l’officier d’état civil et mentionné sur la copie intégrale de l’acte de naissance –  et ce qu’il s’agisse d’enfants né·es au sein de couples homosexuels ou hétérosexuels.

Secret, mensonge, sentiment factice de honte

Le second scénario prévoyait que ce dispositif ne concernerait que les couples de femmes, afin de laisser la possibilité ultérieure aux couples hétérosexuels de dévoiler (ou non) son mode de conception à l’enfant. Après passage de l’avant-projet de loi devant le Conseil d’Etat c’est cette dernière option qui a été retenue et qui sera proposée au vote du Parlement. Et c’est ce qui a déclenché l’ire des signataires de la tribune:

« La réalité est que le stigmate a été entièrement construit, artificiellement, par la logique toujours en place du secret et du mensonge. Voilà comment créer un sentiment factice de honte. Il est temps de sortir de cet héritage d’allégeance au modèle ‘’biologique ‘’ qui n’a fait que du mal [sic], et de revendiquer que les familles issues de don sont des familles tout aussi dignes que les autres.

« Aujourd’hui, les personnes conçues par don sortent de l’ombre où elles étaient maintenues. Lorsqu’une centaine d’entre elles témoignent nominativement dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 5 juin, soutenues par leurs proches et par 150 personnalités, elles disent haut et fort qu’elles ne portent aucun stigmate et qu’elles veulent connaître leurs origines. Un point c’est tout. »

Il est injustifiable que le dispositif de « déclaration anticipée de volonté » ne soit pas étendu à tous : pour le même geste médical, le dispositif de filiation variera en fonction de l’orientation sexuelle des parents ! Seuls les enfants des familles composées de deux mères auront une garantie d’accès à leur histoire et à leurs origines. Le maintien du dispositif d’établissement de la filiation à l’égard des parents hétérosexuels a pour but, de l’aveu même du Conseil d’Etat, de permettre de ne pas révéler le recours au don à l’enfant, pourtant premier concerné.

C’est là faire bien peu de cas des arguments des professionnels des Cecos – arguments développés auprès de Slate.fr 2 par la Pr Nathalie Rives, présidente de leur Fédération. Por elle il s’agit d’une opposition essentielle, fondamentale, de nature éthique et démocratique:

«Comment peut-on imaginer faire figurer, sans grands dangers, un mode spécifique de conception d’une personne sur les registres d’état civil, demande-t-elle. Si le recours à un donneur de sperme est implicite pour les couples de femmes, il en va différemment pour les PMA réalisées pour les couples hétérosexuels –des PMA qui sont pratiquées pour des raisons médicales ayant à voir avec la stérilité, l’hypofertilité ou la transmission d’une pathologie génétique.»

 Le Conseil d’Etat use quant à lui d’autres mots : « La solution, qui fait coexister deux modes d’établissement de la filiation distincts, traduit deux philosophies différentes selon que le couple ayant recours au don est de même sexe ou non, la première reposant sur le rôle accru de la volonté, la seconde sur le mimétisme avec la procréation charnelle.»

Les signataires militants de la tribune ne veulent rien entendre : « Quand on défend un projet de loi qui maintient une filiation pseudo-charnelle pour les parents hétérosexuels qui recourent au don, on commet une double faute : on traite à part les mères lesbiennes et leur famille au risque de les montrer du doigt, on discrimine les enfants de parents hétérosexuels en leur refusant une garantie d’accès à leurs origines ». Il faut donc, selon eux, impérativement amender ce projet de loi et étendre la « déclaration anticipée de volonté » à tous les enfants conçus par don.

On pourrait aussi abandonner toute forme de déclaration anticipée... Non, et contrairement aux souhaits réitérés d’Emmanuel Macron, le débat n’est pas « apaisé ».

A demain @jynau

1 « Bioéthique et filiation : ‘’Ne montrons pas du doigt les mères lesbiennes’’ » Signataires : Anne Abrard, présidente de Les Cigognes de l’espoir ; Vincent Brès, président de PMAnonyme ; Jean-Bernard Geoffroy, président du Ravad ; Frédérick Getton, président de Centr’égaux ; Valérie Leux, présidente de Stop homophobie ; Larissa Meyer, présidente du Réseau Fertilité France ; Sandrine Ngatchou, présidente de l’Utasa ; Lennie Nicollet, président d’Homosexualités et socialisme ; Laëtitia Poisson-Deleglise, présidente de l’association MAIA ; Denis Quinqueton, codirecteur de l’Observatoire LGBT+, de la Fondation Jean-Jaurès ; Alexandre Urwicz, président de l’Association des familles homoparentales.

2 Lire : «  Loi ‘’PMA pour toutes’’, les mesures à l’origine de la colère du corps médical ». Le volet «De la filiation par déclaration anticipée de volonté» est vivement remis en cause par les membres des centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos). Slate.fr 25 juillet 2019

Respecter ou pas le secret médical: «Closer» Brigitte Macron et le Dr Laurent Alexandre

Bonjour

Buzz. « Brigitte Macron a été hospitalisée le 17 juillet dernier à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, afin d’y subir une opération de chirurgie esthétique ». Selon les informations du magazine people Closer (informations disparues du site après avoir été reprises par de très nombreux médias dont CNews), la Première Dame a été prise en charge par un « éminent et médiatique chirurgien esthétique».

« Elle l’a d’abord rencontré le 16 juillet, et s’est entretenue avec lui pendant une heure. Le lendemain elle aurait été opérée pendant trois heures, sous anesthésie générale. Emmanuel Macron se serait rendu à son chevet. L’opération se serait déroulée sans difficultés et Brigitte Macron a pu quitter l’hôpital le jour-même. L’ancienne professeure de français de 66 ans a ensuite passé quelques jours de convalescence à la Lanterne, l’ancien pavillon de chasse situé à Versailles qui sert de résidence d’Etat.

« Depuis le 25 juillet, le couple Macron s’est installé au Fort de Brégançon, la demeure de villégiature estivale des présidents français. Ils s’y sont installés pour quelques jours de calme et de repos, près de la Méditerranée. Le Président doit y préparer le G7, qui se déroulera à Biarritz, du 24 au 26 août prochain. »

Triste buzz. Sur Tweeter, @dr_l_alexandre : « La chirurgie esthétique est un acte chirurgical et donc un acte médical protégé par le secret médical ! Révéler le dossier médical d’un Français… de Brigitte Macron ou de n’importe qui est une faute. Si on accepte, demain VOTRE CANCER pourra être public »

On se souvient de ces lignes, glanées dans le flots des tweets également signées @dr_l_alexandre : « Je ne suis pas jaloux de @GretaThunberg. J’aimerais pas (sic) avoir des TOC graves, une dépression infantile, un mutisme sélectif, un Asperger avec monoideation et des troubles alimentaires graves me conduisant à être minuscule! Je respecte l’enfant malade mais regrette sa manipulation »

Une fraction de la Toile s’indigna. Réponse du Dr Laurent Alexandre : « Je rappelle que ce sont les parents de @GretaThunberg qui ont révélé son dossier psychiatrique (pas moi). Et je pense que cela devrait être un délit de révéler le dossier médical de son enfant mineur ! Je trouve cela dégueulasse ! Signalez les parents de @GretaThunberg ».

Buzz. Triste et pauvre buzz.

A demain @jynau