Sex-shop, justice et «pilules à visées érectiles»: rien ne vaut, au fond, la pharmacie d’officine

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Effet placebo vs Justice. Glané dans La Nouvelle République (Julien Coquet) de ce 10 janvier 2019. Il vient d’être condamné par le tribunal correctionnel de Tours à six mois de prison (assortis du sursis) pour avoir illégalement exercé  la profession de pharmacien – sans oublier et une peine d’amende.

Ce gérant d’un sex-shop ligérien aura donc, durant trois ans (entre 2014 et 2017) réussi à vendre « discrètement» des gélules bleues « à visées érectiles » à certains de ses clients. Des produits composés de thiosildenafil aux effets présentés comme pouvant être équivalents  à ceux du principe actif du célèbre Viagra. « Une pratique interdite » souligne La Nouvelle République. Qui ajoute:

« Cachées dans des boîtes à bougies ou des jaquettes de DVD, les pilules « miracle » étaient cédées 10 € l’unité. Une manœuvre pensée pour tenter de résoudre des problèmes financiers, expliquera le gérant du sex-shop aux enquêteurs.  Présentées en boutique comme des compléments alimentaires – elles n’exigeaient donc pas d’autorisation de mise sur le marché –, les gélules, commercialisées depuis La Ciotat par la société Sovae, ont finalement été classées dans la catégorie ‘’ médicaments’’.»

Ces gélules ? Etaient-elles fabriquées en Chine, ou en Californie, comme l’a soutenu un des prévenus lors d’un procès en novembre à Marseille (Bouches-du-Rhône) ? « Ces produits sont sans doute des contrefaçons. Nous n’avons strictement aucune traçabilité ni aucune certitude quant aux matières premières utilisées » a déclaré, à Tours, l’avocat de l’Ordre national des pharmaciens.

Et si  une difficulté sanitaire surgissait ? Et bien il serait tout simplement  impossible de retirer les lots de gélules/pilules concernées.  Or le gérant-vendeur aurait pris des précautions : « Avant la vente, nous prévenions les clients des risques encourus en cas de soucis cardiaques » (une salariée lors de son audition).

Quid de la caisse enregistreuse ? Un revenu de 400 € par mois, répond le gérant qui n’est pas pharmacien. « La bonne foi de monsieur s’arrête dès lors que l’on sort la calculatrice, regrette Pierre Gérard, vice-procureur, écartant la pertinence des chiffres. Quand on se penche sur les chiffres, il en manque ! ».

Des chiffres ? Six mois de prison (assortis du sursis), donc. Le même jour le même tribunal correctionnel de Tours (avec le même vice-procureur) a condamné à la même peine un homme âge de 42 ans ; un homme soupçonné d’avoir eu des gestes inappropriés vis-à-vis de sa nièce, alors âgée de 15 ans. Alcool et jeu « comportant des contacts avec les parties génitales de l’adolescente ». L’oncle ne devra plus tenter d’entrer en contact avec la jeune victime.

A demain

@jynau

«Sérotonine» et Captorix® : à l’attention des lecteurs du prochain roman de Houellebecq

Bonjour

Nouveau rituel français : le lancement, multimédias et en fanfare, du prochain roman de Houellebecq. Tous ou presque sacrifient à cette nouvelle idole. Un lancement d’autant plus aisé que le plus grand des romanciers français (vivants) leur a offert un marchepied : son entretien à Harper’s avec un panégyrique en trompe l’oeil de Donald Trump : « Donald Trump Is a Good President. One foreigner’s perspective By Michel HouellebecqJohn Cullen (Translator) » 1.

Rituel tristement moutonnier. Voici donc un roman programmé pour devenir un produit de consommation pour masses plus ou moins laborieuses. Michel Houellebecq, « Sérotonine »Flammarion, 348 pp., 22 €. En librairie et dans toutes les bonnes gares dès le 4 janvier 2.

Un rituel où il convient de déflorer avec talent, le recenseur pouvant aisément se mettre en valeur. « Dans ‘’Sérotonine’’, son septième roman qui paraît le 4 janvier, l’écrivain endosse un nouvel avatar du mâle occidental, homophobe à la libido en berne et sous antidépresseur. Une dérive émouvante autour de la perte du désir, sur fond de révolte des agriculteurs. » peut-on lire dans Libération (Claire Devarrieux). Extrait :

« Deux occurrences ne font pas une tradition. Mais depuis que deux romans de Michel Houellebecq ont coïncidé avec une catastrophe, on guette la sortie de ses livres en croisant les doigts. Rentrée littéraire 2001 : des terroristes font un carnage sur une plage de Thaïlande à la fin de Plateforme. Le livre paraît le 3 septembre, le 11 ont lieu les attentats à New York. Un an plus tard, à peu près dans le même contexte que dans Plateforme, 200 touristes sont tués à Bali. Janvier 2015 : Soumission imagine sur un mode ironique l’arrivée au pouvoir en France d’un parti islamiste. Le roman sort le 7, le jour même de la tuerie à Charlie Hebdo. D’où l’impeccable brève publiée la semaine dernière par l’hebdomadaire, au moment où on s’apprête à aborder le quatrième anniversaire de «Charlie». «Trouillards Hebdo : « Le prochain livre de Houellebecq sortira le 4 janvier. On s’abstiendra d’en dire du mal : la dernière fois, ça ne nous a pas franchement réussi. » »

Désirs érotiques

Et Libé d’ajouter que si Sérotonine ne fait que peu de cas de scènes sexuelles c’est, précisément, que Florent-Claude (le narrateur) n’a plus de désirs érotiques. Il prend du Captorix®. Cet antidépresseur lui permet « de moins souffrir, de se laver à nouveau et d’entretenir un minimum de sociabilité », mais il a un effet plus que dévastateur sur la libido : il la supprime.

Et le multimédias de nous dire que ce nouveau roman houellebecquien est l’un des plus « émouvants » de l’auteur. Que sa « tonalité dépressive » est en harmonie avec l’époque que nous traversons. Sans pour autant fermer la porte à la possibilité du bonheur. Le Monde (Jean Birnbaum) :

« Autant Soumission (Flammarion, 2015) tendait à dominer ses lecteurs, à leur forcer la main, autant Sérotonine leur restitue une belle liberté. Ce congé (temporaire ?) donné à l’idéologie marque ainsi le plein retour de Houellebecq à la littérature. A l’heure de la solitude en ligne et des « cœurs » numériques, il fait du texte poétique le lieu où l’amour se réfugie. D’où, pour finir, la portée ironique du titre, Sérotonine. Contrairement à ce qu’il semble indiquer, le bonheur humain n’est pas une affaire d’hormone ou de neurotransmetteur, en réalité il passe par les mots adressés, par la langue à même la peau. »

« Le narrateur ne fait que boire et gober des antidépresseurs afin de booster cette hormone qui donne son titre au roman, et que les toxicomanes connaissent bien – la sérotonine est notamment stimulée par la consommation d’ecstasy ou de LSD » croit pouvoir rapporter Frédéric Beigbeder dans Le Figaro où il tresse mille couronnes de lauriers à son mystérieux et dérangeant ami.

Plexus intramuraux du tube digestif

Peut-être faut-il pour comprendre la puissance de Sérotonine se pencher sur le récent essai d’Agathe Novak-Lechevalier : Houellebecq, l’art de la consolation (Stock). Il faudra aussi s’intéresser à la 5-hydroxytryptamine (5-HT) ; sur ce neurotransmetteur dans le système nerveux central et dans les plexus intramuraux du tube digestif. Cette sérotonine impliquée dans la gestion des humeurs et associée à l’état de bonheur lorsqu’elle est à un taux équilibré, réduisant la prise de risque et en poussant ainsi l’individu à maintenir une situation qui lui est favorable.

Le Monde évoqua pour la première fois son existence le 23 mai 1957, dans un papier du Dr Claudine Escoffier-Lambiotte : « La psychopharmacologie et les médicaments psychiatriques » :

« Un certain nombre de travaux récents donnent un nouvel intérêt à l’hypothèse de l’origine chimique des psychoses. Les Allemands, synthétisant un dérivé de l’acide lysergique ou L.S.D. 25, réussissent à provoquer des troubles d’allure hallucinatoire et même schizophrénique par l’injection de doses infinitésimales de ce produit, de l’ordre du microgramme par kilo, remettant ainsi en question tout le problème d’une auto-intoxication de l’organisme par une substance jusqu’ici passée inaperçue.

« Les Américains, s’efforçant d’extraire du sérum des schizophrènes le principe de leur maladie, découvrent que les substances inductrices de troubles psychiques comme la mescaline et le L.S.D. 25 renforcent en réalité l’action d’une hormone nouvelle : la sérotonine, alors que les médicaments réducteurs des psychoses comme la réserpine et la chlorpromazine apparaissent comme des anti-sérotonines.

« Les travaux français ont montré toute la complexité du problème et l’importance primordiale du terrain constitutionnel à l’égard de ces divers produits chimiques, qui permettront peut-être un jour de comprendre mieux le mécanisme de la maladie mentale. »

23 mai 1957. Michel Houellebecq, né Michel Thomas, a vu le jour le 26 février 1956. Ou, selon les sources, deux ans plus tard.

A demain

1 « In all sincerity, I like Americans a lot; I’ve met many lovely people in the United States, and I empathize with the shame many Americans (and not only “New York intellectuals”) feel at having such an appalling clown for a leader.

However, I have to ask—and I know what I’m requesting isn’t easy for you—that you consider things for a moment from a non-American point of view. I don’t mean “from a French point of view,” which would be asking too much; let’s say, “from the point of view of the rest of the world.” (…) »

2 Michel Houellebecq. Sérotonine.  « Mes croyances sont limitées, mais elles sont violentes. Je crois à la possibilité du royaume restreint. Je crois à l’amour» écrivait récemment Michel Houellebecq. Le narrateur de Sérotonine approuverait sans réserve. Son récit traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses villes, détruit ses campagnes au bord de la révolte. Il raconte sa vie d’ingénieur agronome, son amitié pour un aristocrate agriculteur (un inoubliable personnage de roman – son double inversé), l’échec des idéaux de leur jeunesse, l’espoir peut-être insensé de retrouver une femme perdue. Ce roman sur les ravages d’un monde sans bonté, sans solidarité, aux mutations devenues incontrôlables, est aussi un roman sur le remords et le regret. »

Hors collection – Littérature française. 352 pages – 139 x 210 mm. Broché. ISBN : 9782081471757 À paraître le 04/01/2019

 

Harcèlements sexuels, abus et langues de bois : que se passe-t-il donc au sein de l’ONUSIDA ?

Bonjour

Tourmentes sans frontières. ONUSIDA (UNAIDS) est un programme de l’ONU destiné à coordonner l’action des différentes agences onusiennes. Pour pallier l’incurie de l’OMS cette entité a vu le jour il y a vingt-trois ans et se développa sous l’autorité de Peter Piot. Depuis dix ans elle est dirigé par Michel Sidibé. Siège plus que feutré :  Pregny-Chambésy (Suisse). Dernier slogan : « Vivre sa vie positivement » (sic).

Puis, soudain, l’émergence d’invraisemblables turbulences. « La direction d’Onusida mise en cause dans des affaires de harcèlement Un rapport de quatre experts indépendants dénonce la culture et la gestion des cas de harcèlement et ébranle le directeur exécutif, Michel Sidibé » rapporte Le Monde (Paul Benkimoun).

A verser au dossier  le rapport d’un comité d’experts indépendants publié  le 7 décembre et présenté lors du conseil de coordination (Genève, 11-13 décembre). « Cette instance de direction, devant laquelle le secrétariat rend compte, avait mis sur pied, le 20 juillet, le comité d’experts constitué de quatre membres, à la suite de la demande du directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, en février, nous explique Le Monde. Les experts devaient évaluer la culture et la politique internes, et proposer à l’organisation onusienne des recommandations destinées à  »renforcer la mise en œuvre de sa politique de tolérance zéro à l’égard du harcèlement sexuel ». Leur rapport met sévèrement en cause l’équipe dirigeante de l’institution et appelle à la mise en place d’une nouvelle direction. »

Ascenseurs

Plus précisément, si l’on suit bien (et comme souvent) une affaire d’ascenseur mise sur la place publique :

« L’émergence du mouvement #metoo à la fin de l’année 2017 a fait éclore sur la place publique une affaire antérieure d’accusations de harcèlement sexuel de la part du directeur exécutif adjoint d’Onusida, le Brésilien Luis Loures. En novembre 2016, un haut responsable de l’Onusida, Badara Samb, signale un incident, survenu dix-huit mois plus tôt, au cours duquel son supérieur hiérarchique – Luis Loures – aurait tenté d’embrasser de force dans un ascenseur une employée de l’Onusida, Martina Brostrom, qui est la compagne de M. Samb. Auparavant, en mars 2016, M. Samb et Mme Brostrom avaient fait l’objet d’une enquête pour des soupçons d’abus d’autorité et d’inconduite. (..) Luis Loures a quitté l’Onusida en mars. Quatre autres femmes se sont également manifestées et ont signalé des faits analogues contre M. Loures. »

« Agenda du changement »

Mais encore ? Et ensuite ? Parallèlement à la mise en ligne du rapport du comité d’experts le secrétariat d’Onusida a publié sa réponse sous la forme d’un document de 62 pages incluant la mise en place d’un « agenda du changement » (re-sic). On peut aussi, loin des hypocrisies feutrées de la langue anglaise,  en lire une version en français qui ne manque pas de sel : « L’ONUSIDA présente un agenda de transformation pour créer un environnement de travail exemplaire au sein de l’organisation ».

« Cet agenda insiste sur le fait que le harcèlement, y compris le harcèlement sexuel, les brimades et les abus de pouvoir à tous les niveaux seront soumis à une tolérance zéro et que leurs auteurs devront rendre des comptes sur leurs actes.

« Cet agenda s’appuie sur une approche centrée sur les victimes de harcèlement et permettra de faire en sorte que tous les membres du personnel soient formés, équipés et soutenus pour dénoncer les incivilités, le sexisme et l’intolérance, ainsi que d’autres comportements indésirables et intolérables. Il va permettre de renforcer les systèmes d’encadrement pour s’adapter aux exigences d’une organisation décentralisée et veiller à ce que la prise de décision se fasse au bon niveau, en toute transparence et avec les contrôles internes de conformité aux politiques et aux normes. »

Et maintenant ? Bien évidement des voix tardives se lèvent pour réclamer la démission en urgence d’un Michel Sidibé hier encore vanté par nombre de médias : du toujours puissant rédacteur en chef du Lancet, Richard Charles Horton, au gouvernement suédois, qui vient d’annoncer le gel de sa contribution à l’Onusida tant que le directeur exécutif n’aura pas démissionné. Or Michel Sidibé a fait savoir qu’il n’entendait pas partir. C’est dire si l’abcès est constitué. Qui, désormais, osera publiquement le crever ?

A demain

@jynau

 

 

Comparer la femme à la jument : les gynécologues-obstétriciens rattrapés au tournant

Bonjour

Voilà bien un édifiant signe de notre temps. Strasbourg, 42e Journées du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Douce Alsace, tendres Journées. Qui, alors, prend garde à cette slide ?

«  Les femmes, c’est comme les juments, celles qui ont de grosses hanches ne sont pas les plus agréables à monter, mais c’est celles (sic) qui mettent bas le plus facilement  ».

Embrasement immédiat des « réseaux sociaux » : #jenesuispasunejument

Et bientôt les explications-excuses-mea culpa du Pr Israël Nisand, médiatique président du CNGOF. «  C’était totalement inapproprié, déplacé et j’ai éprouvé le besoin de présenter mes excuses au nom du Collège des gynécologues  » vient-il d’expliquer à l’AFP.

La slide faisait partie de la communication «  d’un jeune agrégé » ; une communication « parmi une dizaine de présentations sur les recommandations pratiques pour la protection du périnée au cours de l’accouchement  ». «  Pour ce jeune agrégé, il s’agissait de montrer comment on s’occupait des femmes au Moyen Âge et combien cela a changé aujourd’hui, ajoute le Pr Nisand. C’était à tout le moins maladroit. Il a tout de suite compris qu’il avait fait une grosse bêtise et il en est très malheureux.  »

Hashtag et Limousin

Dont acte. Reste l’embrasement. La slide a été projetée devant 1 200 congressistes : naissance immédiate du hashtag #jenesuispasunejument. Que dire de plus ? Que dire de mieux ? Que la phrase honnie est tirée de l’ouvrage Le Seigneur de Châlus d’Yves Aubard (2012),  un roman historique qui se passe au Moyen Âge « entre 967 et 969 ».

« Premier tome de ‘’La Saga des limousins’’, ’’Le Seigneur de Châlus’’ débute à la fin du Xème  siècle. Durant cette période, quatre souverains se succèdent à la tête du royaume de France occidentale. L’aventure commence avec Lou, enfant trouvé qui grandit à la forge de Tristan, son père adoptif. Au fil des ans, on le voit grandir, se marier et effectuer son ascension sociale.

« Suite au miracle des Ardents à Limoges et à l’ostention de la relique de Saint Martial, la guerre éclate entre Limousins et Périgourdins. Lou se retrouve alors au premier rang de ce conflit au côté de son suzerain. Yves Aubard base son récit sur des faits réels et propose une véritable fresque historique dans la lignée de Maurice Druon. »

Notre temps n’est plus vraiment au miracle des Ardents. Ni à l’ostention de la relique de Saint Martial. C’est un temps chaque jour un plus impatient, un peu plus violent, méchant, ardent. Jusqu’à quand ?

A demain

@jynau

 

VIH : Cinq ministres et un dîner d’exception au service du dépistage de l’infection  

Bonjour

Le temps passe certains rites parisiens demeurent. Ainsi vient-on de demander à la presse de faire savoir que le 10ème dîner « LINK pour AIDES » 1 se tiendra le lundi 3 décembre 2018,à partir de 19h, au Pavillon Cambon . Un dîner réalisé par Michel, César et Léo Troisgros et Pierre Hermé.


Cinq ministres français ont confirmé leur participation à ce dîner de gala exceptionnel : Agnès Buzyn (ministre de la Santé), Franck Riester (ministre de la Culture), Sébastien Lecornu (ministre des Collectivités territoriales), Mounir Mahjoubi (secrétaire d’Etat chargé du Numérique) et Gabriel Attal (secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse et de la Vie associative).

Les « acteurs-trices incontournables de la lutte contre le sida », ainsi que les « personnalités issues du monde économique » seront présents :  Accenture, AG2R La Mondiale, Alderville, AQUILA, Brimaral, Coty, Dior Parfums, France Brevets, Janssen, Jo Malone, Les Notaires du Trocadéro, Louis Vuitton, Maison Francis Kurkdjian, MHC, Michael Page, MSD, Natixis, Ordre des Géomètres-Experts, Pierre Cardin, RM conseil, Ruinart, Steele & Holt, Tête à Tête Arts, TGM, Vedreine, ViiV Healthcare, Voyageurs du Monde.

Sans oublier des représentants de la culture, des médias et des associations.  Précisons que des « surprises et des animations » viendront agrémenter cette soirée d’exception animée par Marianne James et Christophe Beaugrand.

Rapports sexuels non protégés

On rappellera à tous que, pour mettre fin à l’épidémie en 2030, l’ONUSIDA a annoncé l’objectif à atteindre dès 2020 : 90 % des personnes infectées par le VIH connaissant leur statut, 90 % des personnes diagnostiquées sous traitement antirétroviral, 90 % des personnes traitées en charge virale indétectable.

On rappellera aussi qu’une personne séropositive sous traitement, dont la charge virale est devenue indétectable, ne transmet plus le VIH. A ce titre elle peut donc avoir des rapports sexuels « non protégés sans risque de transmettre du virus ». En d’autres termes si toutes les personnes séropositives avaient accès aux traitements, il n’y aurait donc plus de contaminations. Or aujourd’hui, en France, on estime à 25 000 le nombre de personnes porteuses du VIH et qui ne connaissent pas leur statut sérologique….

L’intégralité des fonds collectés lors de ce dîner sera reversée aux actions de dépistage rapide mis en œuvre par l’association AIDES.

A demain

@jynau

1 LINK est un fonds de dotation créé et animé par des entrepreneurs et cadres dirigeants d’entreprise, qui ont décidé de rassembler leur détermination et leurs moyens pour que soit enfin gagnée la bataille contre le sida. LINK s’appuie sur les ressources et le savoir-faire de ses membres pour identifier et financer, selon une approche innovante, philanthropique et solidaire, les programmes les plus pertinents pour vaincre le sida.
LINK a reversé plus de 2,5 millions d’euros à la lutte contre le sida depuis 2009.

AIDES Créée en 1984 à l’initiative du sociologue Daniel Defert, AIDES (reconnue d’utilité publique en 1990) est l’une des plus importantes associations européennes de lutte contre le sida. Dès son origine, l’objectif a été de réunir les personnes touchées directement ou indirectement par le sida afin de leur permettre de s’organiser face à ce nouveau fléau, d’initier et de mener des actions pour être associées aux grandes décisions de santé publique qui les concernent.

Savez-vous d’où vient EDEN®, 1er préservatif masculin lubrifié remboursé sur ordonnance ?

Bonjour

C’est l’information « santé » du jour – reprise à l’unisson des médias généralistes (plaisanteries à l’appui) : « Avant Noël le préservatif EDEN® de Majorelle sera remboursé par l’Assurance maladie ». Ainsi donc « Majorelle 1er laboratoire citoyen » annonce le lancement en France d’EDEN®, 1er  préservatif remboursable sur prescription médicale, pour apporter une réponse efficace à un enjeu majeur de santé publique : la prévention des Infections Sexuellement Transmissibles (IST).

En pratique, à compter du 10 décembre 2018, la délivrance, sous forme de boîtes de 6, 12 ou 24 préservatifs EDEN®, s’effectuera en officine de pharmacie sur présentation d’une prescription d’un médecin ou d’une sage-femme.

Précieuses archives

Pour en savoir plus il faut consulter les archives, datée du 12 juin dernier, de la COMMISSION NATIONALE D’EVALUATION DES DISPOSITIFS MEDICAUX ET DES TECHNOLOGIES DE SANTE.

Nous parlons ici d’EDEN®, préservatif masculin lubrifié. Demandeur : Laboratoires Majorelle (France) Fabricant : Okamoto Rubber Products Co., Ltd. (Thaïlande) Deux modèles sont proposés par le demandeur – EDEN, préservatifs lubrifiés (taille classique) – EDEN XL, préservatifs lubrifiés (taille XL).

Indications retenues : dans la population générale âgée de plus de 15 ans, prévention des huit infections sexuellement transmissibles suivantes : – Virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ; – Virus de l’Herpes simplex (HSV-2) ; – Papillomavirus (HPV) ; – Hépatite B ; – Syphilis ; – Chlamydia ; – Gonorrhée ; – Trichomonas.

Service attendu : « Suffisant » en raison de ; – l’intérêt en termes de prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), compte tenu de l’efficacité des préservatifs, utilisés de manière correcte et systématique, dans le cadre d’une stratégie globale de prévention. – l’intérêt de santé publique attendu, compte tenu de la fréquence et du caractère de gravité des pathologies.

Avec toutefois ce verdict : « absence d’amélioration du service attendu ». Et cette intéressante contextualisation :

« EDEN®,  répond à un besoin couvert par l’ensemble des préservatifs masculins disponibles par divers canaux de distribution commerciale (de l’ordre de 110 millions d’unités par an) ou faisant l’objet de programmes de mise à disposition à titre gratuit (environ 6 millions d’unités) . Les interventions visant à améliorer la disponibilité et l’accessibilité des préservatifs font partie des stratégies considérées comme efficaces pour améliorer la prévention des IST. Selon les deux enquêtes fournies par le demandeur le prix serait un obstacle à l’utilisation apprécié différemment selon les populations interrogées : 11% dans l’enquête LGBT et jusqu’à 38% dans une enquête menée en Polynésie Française. Toutefois, aucune étude permettant de conclure sur l‘impact en santé publique d’une prise en charge par la collectivité n’est disponible. »

Contraceptions

« Les données disponibles pour estimer la population cible des préservatifs sont extrêmement limitées, notamment dans l’indication de prévention des IST. Plus de 100 millions d’unités sont vendues ou distribuées chaque année en France, mais le nombre d’utilisateurs, ainsi que la finalité de l’usage (contraception ou prévention des IST), ne peuvent en être déduits. La population des 15-75 ans, retenue comme étant susceptible d’être sexuellement active, représente 50 millions de personnes, toutes n’étant pas concernées par la prévention des IST. Aucune donnée ne permet d’estimer la proportion à risque d’exposition.

« Concernant l’utilisation des préservatifs par les homosexuels masculins, le demandeur [Majorelle] estime à 232 000 le nombre de couples concernés entre 15 et 49 ans, et fait l’hypothèse d’un taux d’utilisation du préservatif comparable à celle observée dans les couples hétérosexuels (soit de l’ordre de 40 000 couples) . La population cible ne peut être estimée, les données disponibles ne permettant pas d’estimer le nombre de personnes utilisant des préservatifs spécifiquement pour la prévention des IST. De l’ordre de 2 millions de couples hétérosexuels et homosexuels seraient des utilisateurs déclarés de préservatifs, en tant que moyen de contraception et/ou comme moyen de prévention des IST. »

Et cette précision, en gras : « Il serait souhaitable que des données permettant de mesurer l’impact sur la santé publique de la prise en charge par l’Assurance maladie des préservatifs soient disponibles lors du renouvellement de la demande de remboursement. »

Sera-ce le cas ?

A demain

Avant Noël le préservatif EDEN® de Majorelle sera remboursé par l’Assurance maladie

Bonjour

Agnès Buzyn, sur France Inter ce matin, avait « oublié » le nom de la marque. Précision immédiate de la firme. En ces termes choisis :

« Majorelle, laboratoire citoyen, annonce le lancement en France d’EDEN®, premier préservatif remboursable sur prescription médicale, pour apporter une réponse efficace à un enjeu majeur de santé publique : la prévention des Infections Sexuellement Transmissibles (IST). »

 Et les services de la ministre des Solidarités et de la Santé de préciser :

« A compter du 10 décembre 2018, un préservatif fera l’objet d’une prise en charge par l’Assurance maladie. Cette prise en charge par l’Assurance maladie concerne les femmes comme les hommes. La délivrance, sous forme de boîtes de 6, 12 ou 24 préservatifs, s’effectue en officine de pharmacie sur présentation d’une prescription d’un médecin ou d’une sage-femme. »

A l’unisson Majorelle et le ministère d’expliquer que cette mesure de prévention permet de renforcer la lutte contre les maladies sexuellement transmissiblesLes infections sexuellement transmissibles (IST) représentent un problème majeur de santé publique en France, notamment les principales IST : infection à VIH/Sida, hépatites virales B et C, syphilis, gonococcie, infections à chlamydia.

« La lutte contre les IST se décline autour d’une offre diversifiée de moyens de prévention, dans une approche globale de santé sexuelle, ajoutent les services d’Agnès Buzyn. A quelques jours de la journée mondiale de lutte contre le sida, il est important de rappeler notre palette de prévention : le dépistage, le traitement du VIH comme prévention (une charge virale indétectable signifie l’absence de risque de transmission), la prophylaxie pré exposition (PrEP) par toutes les personnes concernées, le traitement post-exposition (TPE), et le préservatif qui reste l’outil de base de la prévention. »

Qualité « premium » 1,30€ TTC la boîte de six

Quant à Majorelle, laboratoire citoyen, il précise que le nombre des cas d’IST ont été multipliées par trois entre 2012 et 2016. C’est pour répondre à cet enjeu majeur de santé publique que Majorelle a proposé à la HAS la mise sur le marché d’EDEN®, le premier préservatif remboursable sur prescription médicale.

 Ainsi donc, près de quarante ans après l’émergence du sida Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, a autorisé, sur proposition du CEPS (Comité économique des produits de santé), le remboursement par l’Assurance Maladie du préservatif délivré sur ordonnance.

Préservatif de qualité « premium », EDEN® bénéficiera d’un taux de remboursement de 60% sur la base d’un prix de vente s’élevant à 1,30€ TTC la boîte de 6 (également disponible en taille XL), 2,60€ TTC la boîte de 12 et 5,20€ TTC la boîte de 24. « Compte tenu des cas de transmission qui seront évités avec le préservatif remboursable, et du coût actuel de prise en charge des IST qui s’élève à 2 milliards d’euros dont 1,6 pour le seul VIH (11 000 euros par an pour un patient atteint du VIH), le remboursement du préservatif EDEN® par l’Assurance maladie permettra de réaliser d’importantes économies dans les prochaines années. »

Où l’on en vient à cette question : pourquoi si tard ?

A demain

@jynau