Interdire la PMA «post mortem» : Agnès Buzyn remporte in extremis la première manche

Bonjour

C’est la polémique inversée que l’on n’attendait pas : Agnès Buzyn défendant haut et fort la « PMA pour toutes » et voulant, dans une forme de réflexe « paternaliste », interdire la « PMA post mortem. Elle s’en expliquait le 8 septembre sur France Inter :

« La logique serait de dire, acceptons-le. Si on accepte la PMA pour les femme seules, acceptons-le pour les spermatozoïdes de leur conjoint. Ce que je ne souhaiterais pas, c’est que des femmes vulnérables, en situation de deuil et parce que c’est permis par la loi, se trouvent sous une pression sociétale ou familiale (…) ‘’vous avez ces gamètes… si vous aimez votre mari faites donc un bébé … j’aimerais tant avoir un petit-fils ….’’ Mon inquiétude c’est cette pression de la famille sur des femmes qui sont dans un travail de deuil et qui n’auraient pas d’autres choix que de faire un bébé alors que, peut-être, certaines souhaitent refaire leur vie autrement. C’est cette vulnérabilité là que je souhaite faire partager avec les députés. »

Trois jours plus tard elle vient de remporter une première manche. » La commission spéciale sur la de bioéthique de l’Assemblée nationale s’est prononcée contre l’ouverture du droit, pour les femmes veuves, à disposer des gamètes de leurs maris défunts, nous apprend La Croix (Béatrice Bouniol). Un sujet qui divise jusqu’au sein de la majorité. Le débat a été long et le vote serré. Cette disposition, qui ne figure pas dans le projet de loi initial, cristallise les oppositions entre le ‘’techniquement possible’’ et ‘’l’éthiquement souhaitable’’ ».

« Si le texte prévoit, dans son article premier, l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, la PMA post mortem n’y figurait pas, observe  Libération (Laure Equy) . Il ne s’agit en aucun cas d’un oubli du gouvernement, a insisté Agnès Buzyn la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, en pointant les ‘’risques pour la construction de l’enfant’’ et la possibilité de pressions familiales sur la veuve. Mais une quinzaine d’amendements, dont ceux du co-rapporteur (LREM) Jean-Louis Touraine, ancien socialiste, visaient à l’autoriser. Il est question de permettre l’insémination ou l’implantation d’un embryon à une femme, engagée avec son conjoint dans une démarche de PMA, après la mort de ce dernier. Jean-Louis Touraine proposait de demander, au début du parcours de PMA, le consentement en cas d’un éventuel décès et de fixer des bornes dans le temps. »

Reprise de la polémique fin septembre

En 2016, le Conseil d’État a autorisé une femme à disposer et à exporter les gamètes de son mari défunt pour pratiquer une PMA en Espagne, pays où cette pratique est autorisée. Est-ce là une brèche qui pourrait inciter d’autres femmes à saisir la justice ?  Où l’on retrouve aussi, effet domino, celles et ceux qui évoquent l’« impasse éthique » que constituerait l’ouverture de la PMA non pas aux « couples de femmes » mais bien aux « femmes seules ». Comment pourra-t-on justifier que l’on puisse autoriser une femme veuve à recourir éventuellement à une PMA grâce au don d’un tiers, mais lui refuser l’accès au don de l’homme avec lequel elle a eu un projet parental ? Sans même parler de la question des embryons conservés par congélation et qui, en cas de disparition du conjoint doivent être détruits ou donnés. 

« La PMA pour les femmes seules n’entraîne pas la PMA post-mortem », croit toutefois pouvoir avancer la députée macronienne Aurore Bergé coresponsable LREM sur le projet de loi. Ce qui, comme le souhaitait le gouvernement, fut confirmé, d’extrême justesse par le vote des députés de la commission. Reprise de la polémique devrait se poursuivre lors du passage du texte dans l’hémicycle, fin septembre.

A demain @jynau

Original : un arrêt cardiaque mortel lors d’une relation sexuelle devient un accident du travail

Bonjour

« Relation adultérine mortelle avec une ‘’parfaite inconnue’’ [sic] ». C’est une affaire insolite autant qu’édifiante. Elle avait longtemps échappé (pourquoi ?) à la surveillance des médias. Elle est aujourd’hui rapportée par BFMTV (Coralie Cathelinais) 1. En ces termes :

« Lors d’un déplacement professionnel dans le département du Loiret, un salarié est décédé lors d’une relation sexuelle. Son employeur refusait d’y voir un accident du travail, arguant que le décès était intervenu sur ses temps de loisirs et dans une chambre autre que celle qu’il lui avait réservée. La Cour d’Appel de Paris en a finalement décidé autrement. En déplacement professionnel, un salarié est sous la responsabilité de son employeur. Et ce, même en dehors de ses heures effectives de travail et quelles que soient les activités auxquelles il se livre.

« La Cour d’appel de Paris en a rappelé le principe dans un arrêt du 27 mai 2019, repéré par Me Sarah Balluet, avocat spécialiste en Droit Social.  L’affaire remonte à l’année 2013, l’entreprise TSO envoie un de ses techniciens de sécurité en déplacement sur un chantier dans le Loiret. Il décède dans la nuit du 21 février après qu’il ait « une relation adultérine avec une parfaite inconnue », indique son employeur dans l’arrêt.   

« La caisse primaire d’assurance maladie a classé le dossier au titre d’accident du travail, ce que l’employeur conteste. Devant le tribunal des affaires sociales de Meaux, la société TSO soutient que le décès « est survenu alors qu’il avait sciemment interrompu sa mission pour un motif uniquement dicté par son intérêt personnel, indépendant de son emploi », et que de ce fait il n’était plus en mission. De plus le décès n’est pas imputable à l’exercice de son travail « mais bien à l’acte sexuel qu’il a eu avec une parfaite inconnue » .»

Un rapport sexuel est un « acte de la vie courante »

Or, dans sa sagesse,  la caisse primaire d’assurance maladie estime qu’un un rapport sexuel est un acte de la vie courante « à l’instar de prendre une douche ou un repas » et  « l’employeur ne rapporte pas la preuve que le salarié a interrompu sa mission pour accomplir un acte totalement étranger à l’objet de celle-ci ».

Qu’allaient dire les magistrat.e.s de la Cour d’appel de Paris ? Ceci: « le salarié effectuant une mission a droit à la protection prévue par l’article L 411 -1 du code de la sécurité sociale pendant tout le temps de la mission qu’il accomplit pour son employeur ». Et peu importe que l’accident survienne à l’occasion d’un acte professionnel ou d’un acte de la vie courante sauf si l’employeur a la preuve que le salarié avait interrompu sa mission pour un motif personnel.

Les juges soutiennent, eux aussi, qu’un rapport sexuel est un « acte de la vie courante ». Le fait que l’accident soit survenu dans un lieu autre que la chambre d’hôtel que la société TSO lui avait réservée ne permettait pas de considérer que le salarié s’était placé « hors de la sphère de l’autorité de l’employeur ». Conclusion : cet accident mortel a été reconnu comme accident du travail. « Cette solution est inédite et mériterait que la Cour de Cassation se prononce sur ce point », commente Me Balluet, sur Linkedin. La Cour de Cassation lit-elle Linkedin ?

A demain @jynau

1 CA Paris, 6, 12, 17-05-2019, n° 16/08787, Confirmation Article, L411-1, CSS/Déplacement professionnel/Gendarmerie/Relations sexuelles/Acte d’une vie courante/Obligations professionnelles

L’affaire du chirurgien pédophile de Jonzac : l’Ordre des médecins était bel et bien informé

Bonjour

« Le chirurgien pédophile de Jonzac ». C’est une affaire sans précédent connu, face à laquelle les médias avancent à pas menus. Il y eut, après les révélations de La Charente Libre (Antoine Beneytou), celles du JDD ( Pierre Bafoil) : « Les secrets effarants du chirurgien de Jonzac, accusé de viols sur mineurs ». Puis, aujourd’hui les déclarations faites au Quotidien du Médecin (Marie Foult) par le Dr Pascal Revolat, président du conseil départemental de l’Ordre des médecins de Charente-Maritime.

Le JDD avait eu accès à plusieurs pièces de l’enquête mettant en cause le Dr Joël Le Scouarnec, accusé de viols et agressions sexuelles sur mineures. Et les carnets retrouvés à son domicile, qui dévoilent les fantasmes cachés du médecin, pourraient mener à un grand nombre d’autres victimes.

« Lorsque les gendarmes font irruption dans la maison d’une rue tranquille de Jonzac, début mai 2017, ils ne s’attendent pas à découvrir un capharnaüm parsemé d’indices menant vers ce qui pourrait être, si les faits sont avérés, la plus grande affaire de pédophilie jamais mise au jour en France. Le propriétaire des lieux, Joël Le Scouarnec, chirurgien gastrique à l’hôpital de cette petite ville de Charente-Maritime, vient d’être interpellé pour une agression sexuelle, dénoncé par la fille de ses voisins, âgée de 6 ans.

Dans l’intérieur chaotique de la maison du médecin, ils trouvent des documents pédopornographiques ; des godemichets ; des films où il se met en scène affublé de longues perruques. Ils tombent également sur 20 poupées apprêtées, dont l’une a les poignets enchaînés. Une autre, plus grande, de 1 mètre environ, trône sur le canapé. A quoi servent-elles? « A remplacer une vraie petite fille lors d’un acte sexuel, lors de la masturbation », lâche Le Scouarnec aux enquêteurs le 30 mai 2017, lors d’une audition que le JDD a pu consulter. Tout au long de l’enquête, l’homme parle cru et affiche un penchant pédophile décomplexé et assumé. »

Egalement poursuivi pour le viol de sa voisine de 6 ans

Le Dr Le Scouarnec, aujourd’hui âgé de 68 ans, avouera bientôt cinq agressions sexuelles précises, outre celle de sa jeune voisine. Certaines correspondent à des récits et à des noms figurant dans les carnets. Trois sont prescrites. Deux non, qui concernent ses nièces. Il est mis en examen pour atteintes sexuelles sur l’une, viol aggravé sur l’autre. Au terme de l’enquête, il est également poursuivi pour le viol de sa voisine de 6 ans, après qu’une expertise gynécologique de la fillette a confirmé une pénétration. Il  parle alors d’ « autres attouchements sur des enfants hospitalisés » à Loches (Indre-et-Loire), où il a exercé auparavant.

« Devant les enquêteurs, le chirurgien, 68 ans aujourd’hui, fait remonter le début de ses penchants aux années « 1985-1986 », alors qu’il vit à Loches, sa première affectation en tant que praticien, précise le JDD. A cette époque, ses relations avec son épouse, la seule femme qu’il ait connue « intimement » et avec laquelle il s’est marié en 1974, se détériorent. « J’ai reporté ma sexualité sur cette petite fille, dit-il. [Elle] a été l’élément déclencheur. » Cette première victime, aujourd’hui quadragénaire, est sa nièce par alliance. »

Voici les informations données, sur ce sujet  par La Nouvelle République du Centre Ouest : « A Loches, le praticien a exercé de 1984 à 1989, à la clinique de La Fontaine, fermée depuis, et au centre hospitalier. L’hôpital de Loches indiquait ‘’s’être tenu à la disposition de la justice pour les besoins de l’enquête’’. Au conseil départemental de l’Ordre des médecins d’Indre-et-Loire  on explique que les membres « actuels » de l’instance n’ont pas connaissance de ce médecin ni de « plaintes enregistrées » à son encontre. »

Le JDD fournit ici quelques repères :

1983 : Première affectation à Loches, en tant que chirurgien gastrique 2005 : Condamnation à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques 2008 : Arrivée au centre hospitalier de Jonzac Avril 2017 : Plainte de ses voisins pour agression sexuelle sur leur fille de 6 ans, requalifiée en viol Mai 2017 : Perquisition et découverte des carnets à son domicile Mars 2019 : Mise en accusation devant la cour d’assises de Charente-Maritime pour deux viols et deux agressions sexuelles sur mineurs

Tout le monde pointe l’Ordre du doigt !

Que peut répondre l’Ordre des médecins de Charente-Maritime ? Le Dr Pascal Revolat, président du conseil départemental depuis mars 2018 explique que con conseil avait bien eu connaissance de la première condamnation du chirurgien pour détention d’images pédopornographiques en 2005 ?

«  Oui, c’était connu. En 2008, l’Ordre de Charente-Maritime a eu les mêmes renseignements que l’Ordre du Finistère, c’est-à-dire la mention de sa condamnation en 2005 par le tribunal de Vannes. L’hôpital avait également cette information. Cette condamnation avait été transmise à l’époque à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales, sous l’autorité de laquelle se trouvaient les médecins hospitaliers jusqu’en 2009. Mais il n’y a jamais eu de réponse de l’administration ! »

Que se passe-t-il en 2008 lorsque le chirurgien s’installe à Jonzac ?

« Comme pour toutes les demandes d’inscription et les transferts de dossiers, le médecin a été reçu par un conseiller ordinal – aujourd’hui décédé – en entretien. Et l’Ordre départemental a ensuite validé son inscription. À l’époque, tout le monde a estimé que la décision judiciaire était souveraine. Le médecin était condamné avec du sursis, sans obligation de soins, suivi psychologique ni interdiction d’exercice. D’après Le Télégramme, les faits ont été à l’époque qualifiés d’infraction à la suite d’une jurisprudence de la Cour de Cassation selon laquelle la consultation de sites pornographiques mettant en scène des mineurs ne suffit pas à caractériser un délit. Cela a peut-être été vu comme moins alarmant… »

Le Quotidien du Médecin (Marie Foult) lui fait observer qu’il semble suggérer que c’est la justice qui a été défaillante. Réponse :

« Non, la justice n’a pas été défaillante. Mais je constate que tout le monde pointe l’Ordre du doigt et personne ne remet en cause l’institution judiciaire. Certes, elle a jugé en fonction des faits de l’époque, bien différents de ceux reprochés au médecin aujourd’hui. Et tous les médecins auteurs d’infraction ne sont pas interdits d’exercer… Cela aurait-il changé quelque chose ? À ce stade, les faits pour lesquels le médecin est en détention se seraient déroulés hors du cadre professionnel. S’il avait été interdit d’exercice, ces faits auraient malheureusement quand même pu se dérouler. »

« Je ne vois pas comment un chirurgien pourrait se retrouver en consultation seul avec des enfants – qui sont forcément accompagnés de leurs parents – ou pendant le trajet opératoire, que ce soit au bloc opératoire ou en salle de réveil, ajoute le président de l’Ordre. Je serais sidéré que cela ait pu se passer comme cela. Mais ce sera aux enquêteurs de le démontrer. Si tout cela s’est passé, c’est tout simplement ahurissant ! Cela met à mal l’image de la profession. C’est d’autant plus choquant au niveau éthique. Les médecins prêtent le serment d’Hippocrate 1…»

A demain @jynau

1 « Au moment d’être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité (…) Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité (…) Reçu à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs. (…) Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j’y manque. »

C’est désormais scientifiquement démontré : non, il n’a jamais existé de «gène gay». Oui, mais …

Bonjour

L’affaire est au moins aussi vieille que la génétique : associer un gène à un comportement. A fortiori sexuel et plus encore quand on osait le tenir pour pathologique. Nature ou culture ? Pourquoi sommes-nous sexuellement ce que nous sommes et pas autrement ? Le sujet rebodit aujourd’hui avec une publication dans Science : « Large-scale GWAS reveals insights into the genetic architecture of same-sex sexual behavior » (Ganna A, Verweij K, Nivard M et al). Vingt auteur.e.s sans oublier la « 23andMe Research Team ». Publication et mise en perspective : « Genetics may explain up to 25% of same-sex behavior, giant analysis reveals » (Jocelyn Kaiser) .

« C’est la conclusion d’une analyse réalisée sur un demi-million de profils ADN par un groupe de chercheurs en Europe et aux Etats-Unis, et dont la publication, jeudi 29 août, par la prestigieuse revue Science  vise à enterrer l’idée, née dans les années 1990, qu’il existe un « gène gay » aussi prévisible que ce qui existe pour la couleur des yeux, résume l’AFP.  ‘’Il est de facto impossible de prédire l’orientation sexuelle d’une personne d’après son génome’’, souligne Benjamin Neale, membre du Broad Institute d’Harvard et du MIT, l’une des nombreuses institutions dont sont issus les auteurs. »

« Enterrer l’idée » ? Bigre.  L’orientation sexuelle a bien une composante génétique, selon ces chercheurs, confirmant des études précédentes plus petites, notamment sur des jumeaux. Mais cette composante dépend d’une myriade de gènes. « Il n’y a pas de gène gay unique, mais de nombreux petits effets génétiques répartis dans le génome », explique Benjamin Neale. A cela s’ajoute un facteur essentiel : l’environnement dans lequel une personne grandit et vit. Où l’on voit que rien n’est simple et que la génétique ne nous apprend rien de définitif. Ce qui autorise tous les interprétations, sinon tous les fantasmes.

« La nouvelle analyse statistique a permis de découvrir cinq positions précises sur nos chromosomes, appelées locus, qui apparaissent clairement liées à l’orientation sexuelle, bien qu’ayant chacune une influence ‘’très petite’’ précise encore l’AFP.. Biologiquement, il se trouve qu’un marqueur est aussi associé à la perte de cheveux, ce qui suggère un lien avec la régulation des hormones sexuelles (sic). Vraisemblablement, il existe des centaines ou des milliers d’autres marqueurs, que de futures analyses sur de plus grandes banques ADN pourraient un jour découvrir. »

« C’est un comportement complexe où la génétique joue un rôle, mais probablement de façon minoritaire. L’effet de l’environnement existe, mais on n’arrive pas à le mesurer exactement », ajoute Fah Sathirapongsasuti, scientifique de 23andme.com (qui a donc contribué à l’étude avec des profils génétiques de ses clients – volontaires). Le gros de l’analyse a été fait sur des hommes et femmes de la banque britannique UK Biobank, en majorité d’origine européenne, qui avaient répondu à la question : « avez-vous déjà eu une relation sexuelle avec une personne du même sexe ? ». Ce qui ne manquera pas d’alimenter de vastes interrogations méthodologiques sinon psychanalytiques et/ouphilosophiques.

« Les auteurs ont conscience de la délicatesse du sujet, et les deux chercheurs cités ont pris soin de rappeler, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, qu’ils étaient eux-mêmes gays. Désireux d’éviter toute mauvaise interprétation, ils sont allés jusqu’à consulter des associations LGBT sur la façon de communiquer leurs résultats, qu’ils ont résumés sur un site spécial, geneticsexbehavior.info, ajoute l’AFP ». L’association américaine Glaad a salué des travaux confirmant qu’« être gay ou lesbienne est une partie naturelle de la vie humaine ». On progresse: en 1993, une étude sur quarante familles avait cru identifier un lieu unique, le gène Xq28, définissant l’orientation sexuelle. La nouvelle analyse réfute ce modèle simpliste. 

Attention : une donnée chiffrée avancée dans Science produit est susceptible de créer la confusion. Les chercheurs estiment que « 8 à 25 % » des différences d’orientation sexuelle dans la population testée sont dues à des variations génétiques. Il ne faut voir ici qu’un concept statistique et ne pas comprendre  qu’entre 8 et 25 % de l’orientation d’une personne dépend de ses gènes. Et comme rien ne saurait être simplifié dans le champ de la sexualité les chercheurs ajoutent : « Supposer que plus on est attiré par quelqu’un du même sexe, moins on est attiré par l’autre sexe est une simplification excessive ». Et l’on sait, dans ce domaine, tous les dangers des excès.

A demain @jynau

Chirurgie et pédophilie : un praticien soupçonné d’agressions sexuelles à très grande échelle

Bonjour

Entre le code pénal et l’inimaginable. Entre faits avérés et horreurs fantasmées ou pas. Pour l’heure les médias tournent autour du sujet, usent encore du conditionnel, évoquent néanmoins « la plus grande affaire française connue de pédophilie ». Nous sommes à Jonzac (Charente-Maritime)et La Charente Libre (Antoine Beneytou) révèle le tout : « PÉDOPHILIE: 200 VICTIMES DANS TOUTE LA FRANCE POUR L’EX-CHIRURGIEN DE JONZAC ? » :

« Un chirurgien de Jonzac est renvoyé devant les assises pour des actes pédophiles. Durant des années, il aurait agressé sexuellement des enfants. On recenserait plus de 200 victimes à travers la France. Ce sont des carnets glaçants qui dessinent et narrent par le menu le plus sordide, ce qui pourrait être le plus grand scandale pédophile de France. Ces carnets, ce sont ceux du Dr Joël Le Scouarnec, spécialiste en chirurgie viscérale à l’hôpital de Jonzac de 2008 à 2017. Durant des décennies, ce médecin, aujourd’hui incarcéré, a raconté dans le détail les abus sexuels commis sur des enfants, ses fantasmes, mis des mots sur ses excitations nauséeuses. À l’intérieur de ces sordides journaux intimes tenus depuis les années 90, les enquêteurs ont retrouvé près de 200 noms d’enfants, qui auraient subi les sévices de ce docteur, aujourd’hui sexagénaire.

« Spécialisé en chirurgie digestive, il a officié dans des hôpitaux bretons, en Touraine, mais aussi plus près de nous, à Jonzac, aux portes de la Charente. Et aurait agressé sexuellement des mineurs, parfois « en phase de réveil », lors de leur séjour à l’hôpital. « C’était un vivier facile pour lui », déplore une source. Selon nos informations, deux cents noms figureraient à l’intérieur de ces journaux intimes. Soit autant de victimes potentielles. »

Se taire ? Me Francesca Satta, l’avocate saintaise des parents d’une victime, confirme le côté insoutenable de ces carnets : « Vous ouvrez le cahier et vous le refermez aussitôt, dès la première page. C’est énorme de perversion. Il considère l’enfant comme un objet sexuel, comme s’il parlait d’une rencontre faite dans le quartier de Pigalle. Il n’y a pas de prise en considération de la personnalité des gens en face. C’est un récit où il relate les excitations qui sont les siennes ».

Me Thibault Kurzawa, l’avocat saintais du médecin confirme l’existence de ces carnets : « Il écrivait beaucoup. Il y a des noms qui sont donnés. Après, est-ce que cela correspond à des agressions? On n’en sait rien. On ne peut pas dire qu’il y ait autant de victimes que de noms. Contacté par Le Monde, Me Kurzawa rappelle que « les 200 noms ne font pas 200 faits » : « L’existence d’une déviance est incontestable, mais dans le carnet, certains des actes sont décrits au conditionnel ou au futur. Il faut prendre du recul et faire la part des faits et des fantasmes sans perdre de vue la présomption d’innocence. »

Journal intime au contenu « difficilement soutenable »

 Selon l’enquête du Parisien (Pascale Égré et Jérémie Pham-Lê) le suspect a  reconnu plusieurs agressions sexuelles lors des interrogatoires – mais aucun viol. Un premier procès doit se tenir à la fin de 2019 ou au début 2020 au tribunal de Saintes (communiqué du parquet de La Rochelle daté du 21 août) : pour des faits d’exhibition sexuelle et de viol sur quatre mineures, qui auraient été commis entre 1989 et 2017.

Pour autant une enquête préliminaire lancée sur la base des « carnets est en cours : croiser les dates, les noms des personnes mentionnées par le chirurgien et les données contenues dans les archives des différents établissements où il a exercé (les actes en question étant souvent décrits par le suspect comme ayant eu lieu au sein des services hospitaliers dont il avait la charge). Enquête confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Poitiers (Vienne).

Selon une source citée par La Charente libre, les mineurs traités dans les hôpitaux où officiait le chirurgien constituaient un « vivier facile ». Il aurait commis des agressions sexuelles sur certains d’entre eux alors qu’ils se trouvaient « en phase de réveil » après une intervention. Déjà, sur les réseaux sociaux, les victimes présumées du chirurgien tentent de se regrouper, rapporte encore  La Charente libre. Sur Facebook, un groupe privé créé le 6 juillet « pour toutes les personnes qui ont été victimes du chirurgien » compte actuellement soixante-six membres.

L’affaire a pris cette dimension après les mots simples d’une enfant de 6 ans. Un jour de printemps, en 2017, à Jonzac,  elle et son père rentrent de promenade et aperçoivent leur voisin chirurgien. L’enfant confie alors à son père que l’homme qu’ils viennent de croiser a récemment exhibé son sexe devant elle, à travers la grille qui sépare les jardins des deux propriétés voisines. Le chirurgien (déjà condamné à du sursis en 2005 pour consultation et diffusion d’images d’un mineur à caractère pornographique) est alors placé en garde à vue.

L’enquête révèle que la petite fille, outre l’acte exhibitionniste, aurait été victime d’un viol sous les yeux de son petit frère alors âgé de 2 ans. Perquisition au domicile du suspect. Sous le parquet les enquêteurs découvrent une collection de perruques, de jouets sexuels, de photos du suspect nu, des poupées, des images pédopornographiques et surtout un carnet, sorte de journal intime, au contenu « difficilement soutenable ».

Il reste désormais à faire la part entre les fantasmes et les faits avérés. Et, peut-être, à tenter, sinon de tout comprendre, du moins d’éclairer les zones encores obscures de cette invraisemblable et insoutenable affaire.

A demain @jynau

 

Agnès Buzyn parle dans « EHPAD Magazine », premier journal pour les plus ou moins de 77 ans

Bonjour

La presse serait en crise ? Puisque c’est notre fatalité, il suffisait d’y penser : en 2017, les « 65 ans et plus » représentaient 19,5 % de la population française – et en 2050, plus d’un quart de la population aura dépassé cette ineluctable frontière.  Corollaire : chacun est ou sera aidant d’un proche âgé dépendant, en établissement ou à domicile. C’est dire le marché que constituent les aidants en quête d’informations sur leurs droits, sur leurs devoirs et sur la meilleure façon d’accompagner leur proche.

Permettre à tous de trouver les bonnes informations, les bons produits et services et d’optimiser l’accompagnement ou l’aide à un proche ? Voici EHPAD Magazine (https://www.facebook.com/EHPAD-Magazine – https://twitter.com/EHPAD_Magazine) et son format mieux adapté à cet objet. Le premier numéro en kiosque est ainsi destiné aux professionnels et au grand public concerné par une situation de dépendance dans son entourage. Sera distribué dans toute la France métropolitaine en septembre.

Cette revue a l’ambition « d’ouvrir les portes des EHPAD à ses lecteurs, non pas par voyeurisme (sic) mais pour que tout le monde puisse comprendre ce qu’il s’y passe et s’en inspirer pour gérer sa propre situation ».

Marché émergent, captif et croissant

« Les EHPAD ont mauvaise presse, pourtant les équipes en établissement font bien souvent le maximum pour accompagner dignement les personnes âgées. Il faut saluer leur travail, permettre à chacun de comprendre la réalité du métier et les difficultés auxquelles ils sont exposés. EHPAD Magazine participe à la valorisation du secteur médico-social en mettant en avant le quotidien du personnel et le travail des intervenants ».

Au sommaire : « Sexualité – sujet tabou en EHPAD. Or les personnes âgées sont encore nombreuses à avoir une sexualité». Ainsi qu’une exclusivité : une interview d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. « Après les récentes manifestations, elle explique quelles seront les orientations pour le secteur » assure-t-on. Un papier concernant la nutrition dans les EHPAD, afin de «  prévenir des risques liés à la dénutrition des personnes âgées ». « La nouvelle tendance du numérique est aussi à découvrir : EHPAD Magazine décrypte ainsi la technologie au service des résidents, avec l’accès aux tablettes, à la réalité virtuelle ainsi qu’aux logiciels spécialisés pour les EHPAD. »

On y trouve, enfin, des réponses sur les questions concernant la loi Leonetti, à propos de la fin de vie, nos droits et devoirs dans ces périodes difficiles (re-sic). La presse en crise ? Il suffisait de songer à ce marché émergent, captif et croissant.

A demain

Sexualité pratique et réduction des risques: mais que fait la police sanitaire des préservatifs ?

Bonjour

C’est l’été 2019 mais rien ne change : lire le (déjà vieux) Prescrire et, en même temps, s’intéresser au (toujours jeune) Slate.fr. Le mensuel-indépendant-de-Big-Pharma) se penche, dans son numéro aoûtien, sur les préservatifs masculins. Et tire un signal d’alarme : un contrôle effectué avant l’été par la police de Bercy révèle les dangers de certains de ces outils : « Qualité et sécurité des préservatifs ». Extrait :

« (…) Onze prélèvements ont été effectués. Ils ont concerné aussi bien les préservatifs traditionnels que les préservatifs lubrifiés. Ces derniers incluent les préservatifs enduits de spermicides, incorporant un anesthésique local, ainsi que les préservatifs dits « de fantaisie » qui présentent des traitements de surface ou des coloris particuliers. Le taux de non-conformité des échantillons analysés est de 82 %. (…) »

Non-conformité ? Présence de perforations sur un prélèvement. Ce dispositif, déclaré non conforme et dangereux, a fait l’objet d’un retrait-rappel volontaire du lot incriminé par le distributeur. Ce distributeur aurait informé l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament ainsi que le mandataire (« basé hors du territoire français »), de cette non-conformité. Il s’est engagé à mettre en place un retrait-rappel sur un second lot dans le cas où les analyses futures conclueraient au résultat « non conforme et dangereux ». Les professionnels ayant stocké le lot de cette référence de préservatifs ont été invités à le retirer de la vente et à apposer dans leur commerce une affiche à destination de leur clientèle afin que le produit soit ramené dans le lieu de vente (sic).

Non-conformité ? Un défaut de dimension (la largeur mesurée étant inférieure à la largeur indiquée sur l’étiquetage) ; largeur non indiquée ; absence d’indication de lubrification ou non ; nom du fabricant ou du mandataire non indiqué ;  absence de description du préservatif (présence de réservoir notamment) ; absence d’indications au niveau de la notice d’utilisation (effets secondaires, précautions de manipulation, mode d’emploi et mentions concernant le retrait du préservatif, instructions concernant l’élimination du préservatif usagé, mention relative à la nécessité de consulter un médecin ou un pharmacien pour ce qui concerne la compatibilité des préservatifs avec différents traitements et prescriptions).

«SORTEZ COUVERTS!®» et #niquesanspanique

Où l’on en vient à se demander ce que fait, en aval de Bercy, la police sanitaire. Et ce d’autant que Slate.fr (Elsa Gambin) pointe une autre difficulté de taille : la pénurie de « préservatifs gratuits ».

On se souvient peut-être de l’arrêté-gratuité de février dernier signé d’Agnès Buzyn,  ministre des Solidarités et de la Santé ; un arrêté qui aurait réjoui les surréalistes comme les gauchistes de 68 : « Arrêté du 14 février 2019 portant inscription du préservatif masculin lubrifié SORTEZ COUVERTS ! du laboratoire POLIDIS au titre I de la liste des produits et prestations remboursables prévue à l’article L. 165-1 du code de la sécurité sociale ».

Nous étions alors dans la suite d’EDEN® fabriqué en Thaïlande et commercialisé par « Majorelle 1erlaboratoire citoyen ». C’était «SORTEZ COUVERTS!®» du laboratoire Polidis. « Sortez couverts » ? Une locution verbale popularisée par le slogan « Sortez couverts ! » de l’animateur de télévision français Christophe Dechavanne dans le cadre de la lutte contre le sida 1.  Littéralement elle signifie « sortir avec des vêtements protégeant de la pluie ». Mais elle fut conçue  pour s’adresser surtout aux « jeunes », le verbe sortir étant ici à prendre dans ses connotations amoureuses et festives : sortir avec une fille ou un garçon, sortir en boîte, etc.

« Cet été, le Planning familial soulève une inquiétude, nous apprend Slate.fr. Il commence à s’alarmer d’un début de pénurie de préservatifs gratuits dans certains départements. Une préoccupation que l’association souhaite partager, notamment à travers une plateforme d’appels à témoignages, afin d’évaluer l’ampleur de la problématique sur les territoires.

Nommée Capotes on est à sec! et accompagnée du hashtag #niquesanspanique, la plateforme souhaite recueillir des paroles d’associations, mais également du secteur professionnel (infirmerie scolaire, travail social) et de bénéficiaires, qui ne trouveraient plus cet outil de prévention gratuitement. »

«L’idée est de rassembler un maximum de témoignages et de les faire remonter aux politiques. On ne lâchera pas là-dessus», assène Sarah Durocher, membre du bureau national du Planning familial. « Ne rien lâcher ! » et « Faire remonter aux politiques …» : seront-ce (de préférence à l’absence de panique) les slogans de cet été ?

A demain @jynau

1 Appel à la mémoire et au savoir des lecteurs de ce blog : à partir de quelle date l’OMS a-t-elle commencé à recommander le préservatif masculin comme méthode de prévention de l’infection par le VIH ? Question annexe : qu’en est-il aujourd’hui (et depuis quand) de la position du Vatican ?