Brexit : le Viagra® en vente libre dans toutes les bonnes pharmacies du Royaume-Uni

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Vingt ans plus tard, le Viagra en automédication… C’est une information de la BBC ( « Viagra can be sold over the counter »), reprise par le géant Pfizer et Medscape France (Aude Lecrubier) : « Le Royaume-Uni autorise le Viagra sans passer par la case médecin ». L’affaire devrait être conclue au printemps prochain.

C’est l’agence britannique du médicament, la Medicines and Healthcare products regulatory agency (MHRA) qui a mené les débats et accordé au sildénafil 50 mg (Viagra Connect®) le statut de médicament en vente libre – à la condition qu’il soit délivré uniquement en pharmacie d’officine.

« Le Royaume Uni n’est pas le premier pays à avoir autorisé la petite pilule bleue OTC (over the counter). Il a été précédé par la Nouvelle Zélande en 2014, et la Pologne en 2016 (avec un générique), rappelle Medscape.

En revanche, l’agence européenne du médicament (EMA) et l’ANSM en France restent réticentes à la délivrance de médicaments contre la dysfonction érectile sans prescription médicale en raison des contre-indications, des effets secondaires possibles et des risques de mésusage. »

Contre les contrefaçons

Rappelons ici, à titre de précaution, ces contre-indications :

« Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants : fragilité cardiovasculaire contre-indiquant l’effort que représente l’acte sexuel (angine de poitrine grave, insuffisance cardiaque grave…) ; situations dans lesquelles l’effet du médicament n’a pas été étudié : insuffisance hépatique grave, hypotension grave, antécédent récent d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus du myocarde, maladie grave de la rétine (rétinite pigmentaire) ; altération de la vision due à une atteinte du nerf optique ; en association avec des vasodilatateurs nitrés (voir Interactions médicamenteuses). »

Quels sont, dès lors, les arguments de ceux qui prônent l’automédication ? Ils font valoir (Pfizer en tête) qu’un accès facilité au Viagra® dans les pharmacies, pourrait limiter l’usage de contrefaçons potentiellement inefficaces ou dangereuses. « Il est important que les hommes sachent qu’ils peuvent avoir un accès rapide […au traitement] sans sentir le besoin de se tourner vers des contrefaçons vendues en ligne qui pourraient avoir des effets secondaires sévères, » explique pour sa part Mick Foy, chef du département de la pharmacovigilance de la MHRA.

Medscape ajoute que, pour Pfizer, les pharmaciens d’officine sont bien placés pour fournir aux hommes des conseils utiles et appropriés pour gérer leur dysfonction érectile. Bien placés, aussi, pour leur conseiller de consulter un médecin s’ils jugent que l’état de santé client nécessite un examen plus approfondi. Autant d’arguments que l’on peut tenir pour être d’une particulière fragilité.

Nonobstant, le géant vient de lancer un programme d’éducation des pharmaciens britanniques en prévision du lancement , au printemps, de son Viagra Connect® OTC.

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Sexe et harcèlements : l’Ordre des médecins pousse à porter plainte, si besoin, contre les siens

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C’est sans précédent ;  la fin officiellement programmée des « brutes en blanc ». Un symptôme éclairant du changement des temps que nous traversons. On peut en prendre la mesure sur le site du Conseil national de l’Ordre des Médecins. Symptôme signifiant : cette institution longtemps tenue pour « conservatrice-rétrograde » s’engage contre le « harcèlement sexuel ». « La fin du mariage de la carpe et du lapin… » ose un confrère.

Gardons raison : l’Ordre des médecins vient de fixer trois principes qui doivent unir la profession dans ce combat : transparence, prévention et sanction. Et l’Ordre des médecins va plus loin, qui « encourage à nouveau les personnes qui déclarent être victimes de harcèlement sexuel dont l’auteur serait médecin à porter plainte devant ses instances, afin que les abus soient reconnus et sanctionnés professionnellement ».

On apprend ainsi que dans une communication transmise aux Conseils départementaux ordinaux, le « National » rappelle que le harcèlement et les abus sexuels « sont définis et réprimés tant par le Code Pénal et le Code du Travail que par le Code de Déontologie Médicale ». Et ce « qu’ils soient exercés par un médecin envers un membre de l’équipe de soins, un collaborateur, un étudiant ou un patient ».

Transparence-Prévention-Sanction

« Ces agissements inacceptables, contraires aux principes éthiques et déontologiques de la profession, doivent être combattus sans relâche. Pour cela, l’Institution fixe trois principes majeurs. Le premier, celui de la transparence, consiste à réaffirmer l’obligation pour les Conseil départementaux, dès réception de signalements pour harcèlement sexuel, d’en prendre acte et d’entamer systématiquement la procédure disciplinaire habituelle. »

Le deuxième principe est celui de la prévention. Il vise « à rappeler la nécessité de sensibiliser les étudiants et les médecins à ces comportements tout au long de leur cursus universitaire et professionnel ». Et, in fine, si rien n’est fait, le principe de la sanction. Elle sera prononcée « via le jugement en toute indépendance des chambres disciplinaires lorsque de tels actes sont avérés ».

La fin officiellement programmée des « brutes en blanc » ? « La profession toute entière doit se mobiliser pour dénoncer et combattre le harcèlement sexuel dans le milieu médical, déclare le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national. Nous réitérons aujourd’hui notre appel : dès lors qu’un médecin est mis en cause, n’attendez plus et saisissez l’Ordre. Notre institution sera toujours un allié important aux côtés des victimes de harcèlement sexuel.»

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Obscénités : la direction de l’AP-HP a renoncé à ripoliner les fresques des salles de garde

 

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C’est affaire de fatalité – ou de coïncidence : celle de la mise à jour du « sexisme » qui prévaut dans les études médicales associée à la découverte de la formidable prévalence du « harcèlement sexuel » dans notre société en général.

Au cœur symbolique de ces entrelacs : les salles de garde des internats hospitaliers. Il y avait eu un premier abcès collecté en 2015 : une fresque représentant une scène orgiesque avait dû être effacée dans la salle de garde du CHU de Clermont-Ferrand. Elle avait été résumée et commentée dans Libération via un entretien avec  Pr Jean Chazal, doyen et neurochirurgien de la faculté de médecine de l’université d’Auvergne. Il explique qu’il connaissait cette fresque et qu’elle était vieille de quinze ans.

« Pour moi, le dessin originel ne représente pas un viol, mais une orgie, une partouze. Je le tolérais parce que cela restait dans un domaine privé. Mais les bulles qui y ont été ajoutées sont intolérables. Là, la signification est claire : ces bulles évoquent la loi santé. Selon les internes, la femme représentée au centre n’est pas la ministre de la Santé, Marisol Touraine, mais une interne que l’on avertit de s’informer sur la loi. Dans les deux cas, c’est infamant pour les femmes. Les internes sont des agents du service public et, à ce titre, ils ne peuvent pas tout se permettre. On ne peut pas utiliser des scènes porno pour montrer son désaccord avec une loi. Et mettre la photo de la fresque sur un réseau social public est un délit, une faute professionnelle. On a dépassé les limites. »

 Harcèlement du doyen auvergnat

On lui demande s’il a le soutien de ses collègues.

« Non, je suis attaqué et mis en cause par mes pairs. Je suis harcelé de coups de fils, de SMS, de mails de médecins, de responsables d’établissement qui soutiennent les internes«Il ne faut pas céder à la pression du ministère», «Le cul, c’est une tradition dans les hôpitaux»: voilà ce que j’entends. En tant que doyen, on me reproche de ne pas soutenir les traditions paillardes et d’être du côté d’une ministre de gauche. Mais je veux juste défendre les règles de la démocratie ! Je n’ai pas à défendre les médecins envers et contre tout. Cela me choque que mes confrères réagissent comme ça. »

L’affaire se calma. Puis en octobre dernier, résurgence du sujet . En écho des confidences de la ministre-médecin Agnès Buzyn, dénonçant les anciens comportements très déplacés dont elle avait fait l’objet à l’AP-HP (des « chefs de service l’invitant à s’asseoir sur leurs genoux ») le directeur général de cette « grande maison » revint sur les salles de garde. C’était dans Le Monde.

« Une culture carabine, c’est savoir être drôle, savoir utiliser la dérision, mais pas abuser d’un pouvoir de domination. Nous aurons à trancher la question de savoir s’il faut ou non repeindre les salles de garde dont les fresques doivent être considérées comme un témoignage de pratiques révolues, pas comme une incitation à maintenir des traditions malsaines. »

Homéostasie collective

Savoir être drôle et en même temps savoir ne pas abuser d’un pouvoir de domination, Vaste programme. Ces fresques, ces images-témoignages, ces rituels incitent-ils à la perpétuation de traditions malsaines ? S’agit-il de conjurer les angoisses ? De la quête d’une homéostasie collective ? Effacer prévient-il  les errements du passé ? Et qui soutiendra que ripoliner détruit les palimpsestes ?

Martin Hirsch était-il, cette fois, allé trop loin ? Allait-on vraiment repeindre ces vingt-cinq ou trente fresques d’Ile-de-France ? Pour les internes interrogés par Le Monde (François Béguin) les fresques sont globalement un  « non-sujet ». « Repeindre des murs ne luttera pas contre le sexisme au quotidien à l’hôpital ni contre le plafond de verre », assure Olivier Le Pennetier, le président de l’ISNI. « Ce serait prendre un symbole et se tromper de combat » ajoute Côme Bureau, chef de clinique à la Pitié-Salpêtrière et président du « Plaisir des dieux », l’association des salles de garde de l’AP-HP.

« A ce stade, on ne se précipite pas, repeindre les fresques n’est pas notre première urgence » a confié au Monde  la direction générale de l’AP-HP. On peut imaginer que l’administration de la « grande maison » parie sur la durée : le nombre de salles de garde ne cesse de diminuer, souvent victimes des restructurations et des économies budgétaires de l’administration hospitalière. Côme Bureau parle, lui, d’une « douce agonie » qu’il explique d’abord par la baisse de la qualité des repas, fournis par … l’administration. Pourquoi repeindre quand il suffit de dégoûter ?

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VIH et sexualité : à combien faut-il condamner les hommes qui ont sciemment contaminé ?

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Aléas du droit confronté à la sexualité. C’est une information italienne. Une première dans le pays, reprise notamment par le  Quotidien du Médecin (Ariel F. Dumont). Valentino Talludo vient, à Rome, d’être condamné à vingt-quatre ans de prison. Cet italien séropositif âgé de 33 ans était accusé d’avoir contaminé trente-deux femmes séduites via la Toile.

« Aucune ne savait qu’il était séropositif pour le virus du sida – diagnostiqué en 2006 – et toutes ont accepté d’avoir des rapports sexuels non protégés, précise la correspondante du Quotidien. Certaines de ses ex-partenaires ont, à leur tour, contaminé leurs compagnons et l’une d’elle a transmis le virus à son bébé. Une vingtaine d’autres jeunes femmes en revanche ont échappé à la contamination ainsi que trois hommes ayant eu des rapports avec des femmes contaminées. »

Délit d’ « épidémie »

L’avocat général avait requis la perpétuité et deux ans d’isolement. Dans son dossier, le juge d’instruction avait inscrit le délit d’« épidémie », un chef d’accusation que le tribunal n’a toutefois pas retenu. L’homme a finalement été condamné pour avoir infligé de graves « lésions » à la majorité de ses victimes.

« La cour a rendu son verdict après près de douze heures de délibérations. A sa lecture, certaines victimes se sont enlacées en pleurant, ont constaté des journalistes présents dans la salle, note The Huffpost. Valentino Talluto n’a rien d’un Don Juan, mais sous le pseudonyme « Hearty Style », ce comptable au physique passe-partout a séduit des dizaines de jeunes femmes sur les réseaux sociaux et sites de rencontres. »

 « Ce verdict fera jurisprudence car il crée un précédent important. Avant Valentino Talludo, personne n’a jamais été accusé du délit de contamination en Italie », a souligné l’avocat général. Pour sa part la défense a affirmé que l’accusé au comportement certes irresponsable n’avait jamais voulu infecter ses partenaires. Et de brosser le portrait d’un jeune homme « avide d’affection » qui n’avait jamais connu son père et avait perdu très jeune sa mère, toxicomane et séropositive. L’accusation et la défense ont déjà annoncé un pourvoi en cassation.

Quid de la France ?

Première en Italie ; quid de la France ? En 2015, l’augmentation du nombre d’affaires judiciaires impliquant des séropositifs avait conduit le Conseil national du sida (CNS) à publier des recommandations sur la pénalisation de la transmission du VIH. On avait alors recensé trois affaires entre 1998 et 2007 et vingt de 2008 à 2015.

Parmi les vingt-trois procédures jugées, la majorité relevait d’une juridiction correctionnelle et cinq d’une juridiction d’assises. « La prison constitue la peine de référence, puisque le choix des tribunaux s’est systématiquement porté sur des peines d’emprisonnement, d’une durée d’une à douze années », déplorait le CNS qui rappelait que l’incarcération n’est pas en soi un moyen de limiter la diffusion du VIH. « Il est au contraire démontré que la prison est un lieu de pratiques à risque élevé de transmission », soulignait-il.

Et pour prévenir la récidive, il recommandait de favoriser l’insertion et la réinsertion des personnes condamnées, d’améliorer leur accompagnement et d’appliquer des peines alternatives de privation de liberté.

La justice française ne semble guère avoir été entendu le CNS. Le Quotidien du Médecin rappelle ainsi qu’en décembre 2016, un homme a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Gard pour avoir transmis le VIH à sa compagne lorsque celle-ci avait 16 ans. Et il y a quelques jours un homme de 54 ans a été condamné à six ans de prison ferme par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis pour avoir « sciemment » contaminé sa conjointe, également mère de ses deux enfants. On observera que ces procès n’intéresse plus guère les médias français. Pourquoi ?

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Les médecins traitants vont-ils devoir demander «l’orientation sexuelle» de leurs patients ?

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Qui trop embrasse mal étreint ? C’est une information en provenance d’outre-Manche, diffusée par la BBC (« NHS patients to be asked about sexuality »)  et les Echos (Alexandre Counis): « Les médecins anglais invités à demander l’orientation sexuelle des patients ». Le célèbre National Health Service (NHS) recommande désormais aux membres du corps médical anglais de poser la question à tous les patients âgés de plus de 16 ans, à chaque entretien en face-à-face. La mesure, bientôt obligatoire, fait partie des nouvelles lignes directrices qui viennent d’être publiées (« Implementation Guidance Fundamental Standard for Sexual Orientation Monitoring).

« Parmi ces différentes propositions, quelle est celle qui correspond le mieux à la manière dont vous vous définiriez ? », devront demander les médecins. Leurs patients devront ainsi choisir entre « hétérosexuel, homosexuel, bisexuel, autre orientation sexuelle, incertain, non établi ou inconnu ». Même Knock n’aurait pas osé.

Soins adaptés

L’objectif de cette étonnante collecte de données ? Eviter les inégalités de traitement dont sont victimes les patients homosexuels. Le NHS veut s’assurer qu’il respecte l’« Equality Act » de 2010 en adaptant ses soins aux spécificités de chaque patient, en particulier lorsqu’ils sont homosexuels.

Selon le NHS, les patients homosexuels ou bisexuels seraient davantage sujets aux risques d’automutilation ou de suicide que le reste de la population. « Collecter et analyser des données sur l’orientation sexuelle permet de mieux comprendre ces patients, de mieux leur répondre et d’améliorer leur accès aux services de santé », précisent les lignes directrices.

« La Fondation LGBT, qui a été associée au projet, ajoute que les patients homosexuels ou bisexuels seraient sept fois plus souvent exposés à la drogue que la moyenne, et deux fois plus exposés au risque de ‘’binge drinking’’, précise Les Echos. Dans un pays où l’on collecte les données raciales des gens lorsqu’ils prennent une carte de bibliothèque municipale, tout le monde semble s’accorder sur le fait que la mesure part d’un bon sentiment. »

Chambres à coucher

Pour autant «  ce qui semble bon sur le papier… devient très intrusif quand on l’applique dans la vraie vie », observe la conservatrice Nicky Morgan, ancienne secrétaire d’Etat à l’éducation. De même l’Association des médecins de famille estime « potentiellement intrusif et offensant » pour les médecins de surveiller la sexualité des gens, estimant, sur la BBC que « l’Etat n’a rien à faire dans nos chambres à coucher ».

Les patients pourront certes refuser de répondre à la question de leur médecin ou de leur infirmière. Mais le NHS recommande que leur réponse soit dans ce cas consignée sous l’intitulé « non établi » dans le nouveau système de surveillance qui devrait être mis en place, avant avril 2019, dans l’ensemble de l’Angleterre.

On attend, en France, le point de vue du Conseil national de l’Ordre des médecins et celui de Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes.

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Trois viols et quatre agressions sur des patientes: combien pour le pharmacien-biologiste ?

 

Bonjour

Violences et agressions sexuelles cinématographiques outre-Atlantique. Justice en deçà. Sans oublier de nouvelles promesses présidentielles et un futur avant-projet de loi dévoilé dans La Croix par la secrétaire d’Etat ad hoc. Et le hashtag #balancetonporc qui fait fureur et frémir.

Et puis la justice, à son rythme, entre Nancy et Metz. Accusé : un pharmacien-biologiste. La première plainte à son encontre avait été déposée en décembre 2005 par une infirmière exerçant dans une maternité. Lors d’un prélèvement gynécologique dans son laboratoire, il avait palpé son pubis, introduit un doigt dans ses parties génitales, et tenu des propos déplacés, lui narrant notamment des détails sur sa vie sexuelle. Un grand classique du genre.  Des faits très proches de ceux relatés ensuite par d’autres femmes, parties civiles.

« Dans une nasse »

Dix ans après la première plainte l’affaire était arrivée devant la cour d’assises de Meurthe-et-Moselle. On peut lire ici le compte-rendu d’audience de 2015 de L’Est Républicain (Christophe Gobin) : « Viols : 7 ans contre le biologiste de Jarville ».

« Un poisson coincé dans une nasse. Il a beau se débattre encore et encore. Rien n’y fait. Le biologiste de Jarville n’arrive pas à échapper aux questions de la présidente. Dans le box de la cour d’assises de Nancy, cet homme de 56 ans écarte les bras, fait des grands gestes et donne de la voix. Il multiplie les dénégations. Il se défend pied à pied. Viols après viols. La Justice lui reproche d’avoir abusé de cinq patientes lors de prélèvements dans son laboratoire. Pour l’une, le praticien parle carrément ‘’d’affabulations’’. Pour les quatre autres, il soutient : « ‘’J’ai fait mon travail comme je le fais habituellement’’. Ses gestes, purement médicaux selon lui, auraient été mal interprétés par les victimes. »

 « Le biologiste de Jarville concède, quand même, des propos ‘’déplacés’’ à l’encontre d’une de ses patientes, une jeune infirmière. Il lui a dit qu’elle avait de « belles fesses » et a demandé à voir ses seins en fin d’examen. Lors de sa garde à vue, le praticien avait avoué être allé beaucoup plus loin. Il avait reconnu avoir ‘’dérapé’’ et commis un viol (…). Pas d’excuses de l’accusé. Et pas de pitié de la part des victimes. L’avocat général requiert 7 ans de prison et l’interdiction d’exercer sa profession. Me Sandrine Aubry puis Me François Robinet reprennent un par un les cinq dossiers et plaident l’acquittement. « Vous voulez broyer ce qui reste d’espoir à cet homme en le condamnant ? » conclut Me Robinet.  Verdict : 7 ans de prison et interdiction d’exercer.

Nouveaux viols

Deux ans plus tard le pharmacien-biologiste a été condamné en appel à Metz à une peine de 6 ans de prison. Cet homme aujourd’hui âgé de 58 ans avait eu, selon la présidente de la cour d’assise de Moselle, des « actes au-delà de la pratique scientifique ».

Et ont été confirmées en appel la condamnation à ne plus exercer sa profession et à être inscrit au fichier automatisé des auteurs d’infractions sexuelles. Ses nouvelles dénégations avaient, selon la procureure de la République, été vécues par ses victimes « comme un nouveau viol ». La procureure avait requis à nouveau sept années de prison, ne pouvant demander plus en raison d’une erreur du parquet général de Nancy, dont l’appel avait été annulé en cassation.

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Désir et excitation sexuels féminins : Zestra® bientôt en France, après son succès américain

Bonjour

L’Agence du médicament est-elle au courant ? Si tel n’était pas le cas, voici la nouvelle, transmise il y a peu à la presse par une agence spécialisée de Levallois Perret (les liens et les parenthèses ont été ajoutés). Le Laboratoire Densmore organise le 12 octobre 2017 à la Maison de la Recherche, dans les beaux quartiers de Paris, le « lancement du produit Zestra® » (sic).

Il s’agit ici de la « première solution innovante brevetée et naturelle » (sic) pour améliorer le désir et l’excitation sexuels féminins. Précision : « Fort de son succès sur le continent américain, Zestra® s’annonce comme une révolution pour toutes les femmes atteintes de dysfonctionnements sexuels féminins » (sic).

Précision à l’attention des journalistes : pour ce « lancement du produit » sont annoncées les interventions du Dr Sylvain Mimoun, gynécologue, sexologue, psychiatre et du Dr Gilbert Bou Jaoudé, médecin sexologue et président de l’Association pour le Développement de l’Information et de la Recherche sur la Sexualité (ADIRS).

Seule l’heure du lancement n’est pas précisée.

A demain