Comparer la femme à la jument : les gynécologues-obstétriciens rattrapés au tournant

Bonjour

Voilà bien un édifiant signe de notre temps. Strasbourg, 42e Journées du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Douce Alsace, tendres Journées. Qui, alors, prend garde à cette slide ?

«  Les femmes, c’est comme les juments, celles qui ont de grosses hanches ne sont pas les plus agréables à monter, mais c’est celles (sic) qui mettent bas le plus facilement  ».

Embrasement immédiat des « réseaux sociaux » : #jenesuispasunejument

Et bientôt les explications-excuses-mea culpa du Pr Israël Nisand, médiatique président du CNGOF. «  C’était totalement inapproprié, déplacé et j’ai éprouvé le besoin de présenter mes excuses au nom du Collège des gynécologues  » vient-il d’expliquer à l’AFP.

La slide faisait partie de la communication «  d’un jeune agrégé » ; une communication « parmi une dizaine de présentations sur les recommandations pratiques pour la protection du périnée au cours de l’accouchement  ». «  Pour ce jeune agrégé, il s’agissait de montrer comment on s’occupait des femmes au Moyen Âge et combien cela a changé aujourd’hui, ajoute le Pr Nisand. C’était à tout le moins maladroit. Il a tout de suite compris qu’il avait fait une grosse bêtise et il en est très malheureux.  »

Hashtag et Limousin

Dont acte. Reste l’embrasement. La slide a été projetée devant 1 200 congressistes : naissance immédiate du hashtag #jenesuispasunejument. Que dire de plus ? Que dire de mieux ? Que la phrase honnie est tirée de l’ouvrage Le Seigneur de Châlus d’Yves Aubard (2012),  un roman historique qui se passe au Moyen Âge « entre 967 et 969 ».

« Premier tome de ‘’La Saga des limousins’’, ’’Le Seigneur de Châlus’’ débute à la fin du Xème  siècle. Durant cette période, quatre souverains se succèdent à la tête du royaume de France occidentale. L’aventure commence avec Lou, enfant trouvé qui grandit à la forge de Tristan, son père adoptif. Au fil des ans, on le voit grandir, se marier et effectuer son ascension sociale.

« Suite au miracle des Ardents à Limoges et à l’ostention de la relique de Saint Martial, la guerre éclate entre Limousins et Périgourdins. Lou se retrouve alors au premier rang de ce conflit au côté de son suzerain. Yves Aubard base son récit sur des faits réels et propose une véritable fresque historique dans la lignée de Maurice Druon. »

Notre temps n’est plus vraiment au miracle des Ardents. Ni à l’ostention de la relique de Saint Martial. C’est un temps chaque jour un plus impatient, un peu plus violent, méchant, ardent. Jusqu’à quand ?

A demain

@jynau

 

VIH : Cinq ministres et un dîner d’exception au service du dépistage de l’infection  

Bonjour

Le temps passe certains rites parisiens demeurent. Ainsi vient-on de demander à la presse de faire savoir que le 10ème dîner « LINK pour AIDES » 1 se tiendra le lundi 3 décembre 2018,à partir de 19h, au Pavillon Cambon . Un dîner réalisé par Michel, César et Léo Troisgros et Pierre Hermé.


Cinq ministres français ont confirmé leur participation à ce dîner de gala exceptionnel : Agnès Buzyn (ministre de la Santé), Franck Riester (ministre de la Culture), Sébastien Lecornu (ministre des Collectivités territoriales), Mounir Mahjoubi (secrétaire d’Etat chargé du Numérique) et Gabriel Attal (secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse et de la Vie associative).

Les « acteurs-trices incontournables de la lutte contre le sida », ainsi que les « personnalités issues du monde économique » seront présents :  Accenture, AG2R La Mondiale, Alderville, AQUILA, Brimaral, Coty, Dior Parfums, France Brevets, Janssen, Jo Malone, Les Notaires du Trocadéro, Louis Vuitton, Maison Francis Kurkdjian, MHC, Michael Page, MSD, Natixis, Ordre des Géomètres-Experts, Pierre Cardin, RM conseil, Ruinart, Steele & Holt, Tête à Tête Arts, TGM, Vedreine, ViiV Healthcare, Voyageurs du Monde.

Sans oublier des représentants de la culture, des médias et des associations.  Précisons que des « surprises et des animations » viendront agrémenter cette soirée d’exception animée par Marianne James et Christophe Beaugrand.

Rapports sexuels non protégés

On rappellera à tous que, pour mettre fin à l’épidémie en 2030, l’ONUSIDA a annoncé l’objectif à atteindre dès 2020 : 90 % des personnes infectées par le VIH connaissant leur statut, 90 % des personnes diagnostiquées sous traitement antirétroviral, 90 % des personnes traitées en charge virale indétectable.

On rappellera aussi qu’une personne séropositive sous traitement, dont la charge virale est devenue indétectable, ne transmet plus le VIH. A ce titre elle peut donc avoir des rapports sexuels « non protégés sans risque de transmettre du virus ». En d’autres termes si toutes les personnes séropositives avaient accès aux traitements, il n’y aurait donc plus de contaminations. Or aujourd’hui, en France, on estime à 25 000 le nombre de personnes porteuses du VIH et qui ne connaissent pas leur statut sérologique….

L’intégralité des fonds collectés lors de ce dîner sera reversée aux actions de dépistage rapide mis en œuvre par l’association AIDES.

A demain

@jynau

1 LINK est un fonds de dotation créé et animé par des entrepreneurs et cadres dirigeants d’entreprise, qui ont décidé de rassembler leur détermination et leurs moyens pour que soit enfin gagnée la bataille contre le sida. LINK s’appuie sur les ressources et le savoir-faire de ses membres pour identifier et financer, selon une approche innovante, philanthropique et solidaire, les programmes les plus pertinents pour vaincre le sida.
LINK a reversé plus de 2,5 millions d’euros à la lutte contre le sida depuis 2009.

AIDES Créée en 1984 à l’initiative du sociologue Daniel Defert, AIDES (reconnue d’utilité publique en 1990) est l’une des plus importantes associations européennes de lutte contre le sida. Dès son origine, l’objectif a été de réunir les personnes touchées directement ou indirectement par le sida afin de leur permettre de s’organiser face à ce nouveau fléau, d’initier et de mener des actions pour être associées aux grandes décisions de santé publique qui les concernent.

Savez-vous d’où vient EDEN®, 1er préservatif masculin lubrifié remboursé sur ordonnance ?

Bonjour

C’est l’information « santé » du jour – reprise à l’unisson des médias généralistes (plaisanteries à l’appui) : « Avant Noël le préservatif EDEN® de Majorelle sera remboursé par l’Assurance maladie ». Ainsi donc « Majorelle 1er laboratoire citoyen » annonce le lancement en France d’EDEN®, 1er  préservatif remboursable sur prescription médicale, pour apporter une réponse efficace à un enjeu majeur de santé publique : la prévention des Infections Sexuellement Transmissibles (IST).

En pratique, à compter du 10 décembre 2018, la délivrance, sous forme de boîtes de 6, 12 ou 24 préservatifs EDEN®, s’effectuera en officine de pharmacie sur présentation d’une prescription d’un médecin ou d’une sage-femme.

Précieuses archives

Pour en savoir plus il faut consulter les archives, datée du 12 juin dernier, de la COMMISSION NATIONALE D’EVALUATION DES DISPOSITIFS MEDICAUX ET DES TECHNOLOGIES DE SANTE.

Nous parlons ici d’EDEN®, préservatif masculin lubrifié. Demandeur : Laboratoires Majorelle (France) Fabricant : Okamoto Rubber Products Co., Ltd. (Thaïlande) Deux modèles sont proposés par le demandeur – EDEN, préservatifs lubrifiés (taille classique) – EDEN XL, préservatifs lubrifiés (taille XL).

Indications retenues : dans la population générale âgée de plus de 15 ans, prévention des huit infections sexuellement transmissibles suivantes : – Virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ; – Virus de l’Herpes simplex (HSV-2) ; – Papillomavirus (HPV) ; – Hépatite B ; – Syphilis ; – Chlamydia ; – Gonorrhée ; – Trichomonas.

Service attendu : « Suffisant » en raison de ; – l’intérêt en termes de prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), compte tenu de l’efficacité des préservatifs, utilisés de manière correcte et systématique, dans le cadre d’une stratégie globale de prévention. – l’intérêt de santé publique attendu, compte tenu de la fréquence et du caractère de gravité des pathologies.

Avec toutefois ce verdict : « absence d’amélioration du service attendu ». Et cette intéressante contextualisation :

« EDEN®,  répond à un besoin couvert par l’ensemble des préservatifs masculins disponibles par divers canaux de distribution commerciale (de l’ordre de 110 millions d’unités par an) ou faisant l’objet de programmes de mise à disposition à titre gratuit (environ 6 millions d’unités) . Les interventions visant à améliorer la disponibilité et l’accessibilité des préservatifs font partie des stratégies considérées comme efficaces pour améliorer la prévention des IST. Selon les deux enquêtes fournies par le demandeur le prix serait un obstacle à l’utilisation apprécié différemment selon les populations interrogées : 11% dans l’enquête LGBT et jusqu’à 38% dans une enquête menée en Polynésie Française. Toutefois, aucune étude permettant de conclure sur l‘impact en santé publique d’une prise en charge par la collectivité n’est disponible. »

Contraceptions

« Les données disponibles pour estimer la population cible des préservatifs sont extrêmement limitées, notamment dans l’indication de prévention des IST. Plus de 100 millions d’unités sont vendues ou distribuées chaque année en France, mais le nombre d’utilisateurs, ainsi que la finalité de l’usage (contraception ou prévention des IST), ne peuvent en être déduits. La population des 15-75 ans, retenue comme étant susceptible d’être sexuellement active, représente 50 millions de personnes, toutes n’étant pas concernées par la prévention des IST. Aucune donnée ne permet d’estimer la proportion à risque d’exposition.

« Concernant l’utilisation des préservatifs par les homosexuels masculins, le demandeur [Majorelle] estime à 232 000 le nombre de couples concernés entre 15 et 49 ans, et fait l’hypothèse d’un taux d’utilisation du préservatif comparable à celle observée dans les couples hétérosexuels (soit de l’ordre de 40 000 couples) . La population cible ne peut être estimée, les données disponibles ne permettant pas d’estimer le nombre de personnes utilisant des préservatifs spécifiquement pour la prévention des IST. De l’ordre de 2 millions de couples hétérosexuels et homosexuels seraient des utilisateurs déclarés de préservatifs, en tant que moyen de contraception et/ou comme moyen de prévention des IST. »

Et cette précision, en gras : « Il serait souhaitable que des données permettant de mesurer l’impact sur la santé publique de la prise en charge par l’Assurance maladie des préservatifs soient disponibles lors du renouvellement de la demande de remboursement. »

Sera-ce le cas ?

A demain

Avant Noël le préservatif EDEN® de Majorelle sera remboursé par l’Assurance maladie

Bonjour

Agnès Buzyn, sur France Inter ce matin, avait « oublié » le nom de la marque. Précision immédiate de la firme. En ces termes choisis :

« Majorelle, laboratoire citoyen, annonce le lancement en France d’EDEN®, premier préservatif remboursable sur prescription médicale, pour apporter une réponse efficace à un enjeu majeur de santé publique : la prévention des Infections Sexuellement Transmissibles (IST). »

 Et les services de la ministre des Solidarités et de la Santé de préciser :

« A compter du 10 décembre 2018, un préservatif fera l’objet d’une prise en charge par l’Assurance maladie. Cette prise en charge par l’Assurance maladie concerne les femmes comme les hommes. La délivrance, sous forme de boîtes de 6, 12 ou 24 préservatifs, s’effectue en officine de pharmacie sur présentation d’une prescription d’un médecin ou d’une sage-femme. »

A l’unisson Majorelle et le ministère d’expliquer que cette mesure de prévention permet de renforcer la lutte contre les maladies sexuellement transmissiblesLes infections sexuellement transmissibles (IST) représentent un problème majeur de santé publique en France, notamment les principales IST : infection à VIH/Sida, hépatites virales B et C, syphilis, gonococcie, infections à chlamydia.

« La lutte contre les IST se décline autour d’une offre diversifiée de moyens de prévention, dans une approche globale de santé sexuelle, ajoutent les services d’Agnès Buzyn. A quelques jours de la journée mondiale de lutte contre le sida, il est important de rappeler notre palette de prévention : le dépistage, le traitement du VIH comme prévention (une charge virale indétectable signifie l’absence de risque de transmission), la prophylaxie pré exposition (PrEP) par toutes les personnes concernées, le traitement post-exposition (TPE), et le préservatif qui reste l’outil de base de la prévention. »

Qualité « premium » 1,30€ TTC la boîte de six

Quant à Majorelle, laboratoire citoyen, il précise que le nombre des cas d’IST ont été multipliées par trois entre 2012 et 2016. C’est pour répondre à cet enjeu majeur de santé publique que Majorelle a proposé à la HAS la mise sur le marché d’EDEN®, le premier préservatif remboursable sur prescription médicale.

 Ainsi donc, près de quarante ans après l’émergence du sida Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, a autorisé, sur proposition du CEPS (Comité économique des produits de santé), le remboursement par l’Assurance Maladie du préservatif délivré sur ordonnance.

Préservatif de qualité « premium », EDEN® bénéficiera d’un taux de remboursement de 60% sur la base d’un prix de vente s’élevant à 1,30€ TTC la boîte de 6 (également disponible en taille XL), 2,60€ TTC la boîte de 12 et 5,20€ TTC la boîte de 24. « Compte tenu des cas de transmission qui seront évités avec le préservatif remboursable, et du coût actuel de prise en charge des IST qui s’élève à 2 milliards d’euros dont 1,6 pour le seul VIH (11 000 euros par an pour un patient atteint du VIH), le remboursement du préservatif EDEN® par l’Assurance maladie permettra de réaliser d’importantes économies dans les prochaines années. »

Où l’on en vient à cette question : pourquoi si tard ?

A demain

@jynau

Conseil constitutionnel : de quel droit peut-on  punir  les client.e.s des travailleur.se.s sexuels ?  

Bonjour

La morale et le droit. La sexualité et la santé. Le droit de disposer et de faire commerce de son corps versus l’esclavage du proxénétisme. Il est bien des entrées pour traiter du sujet. En voici une nouvelle avec la décision que vient de rendre le Conseil d’Etat (statuant au contentieux n° 423892 – Médecins du Monde et autres).

« Une victoire  dans notre combat » commentent « neuf associations 1 et cinq travailleur-se-s du sexe ». La plus haute juridiction administrative a accepté de transmettre leur question prioritaire de constitutionnalité (QPC) au Conseil constitutionnel. Celui-ci aura désormais la charge de déterminer si la pénalisation des clients, une des mesures prévues par la loi adoptée en avril 2016, est conforme ou non aux droits et libertés garantis par la Constitution.

Il s’agit ici de la loi du n° 2016-444 du 13 avril 2016 « visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées ». Dans son chapitre V (« Interdiction de l’achat d’un acte sexuel ») elle dispose :

 « Art. 611-1.-Le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir des relations de nature sexuelle d’une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe.  Les personnes physiques coupables de la contravention prévue au présent article encourent également une ou plusieurs des peines complémentaires mentionnées à l’article 131-16 et au second alinéa de l’article 131-17. »

Constats accablants

« Depuis plus de deux ans, nous dénonçons les effets de cette loi instituant la pénalisation des clients des travailleur.se.s du sexe (TDS). Nos réalités quotidiennes sont confirmées par l’enquête nationale, menée par Hélène Le Bail et Calogero Giametta, en avril 2018. Elle révèle les conséquences néfastes de cette loi sur la santé, l’intégrité physique, les droits et les conditions de vie des travailleur.se.s du sexe en France. »

Au regard de ces constats accablants ces militants avaient déposé, avec l’aide de Me Patrice Spinosi, un recours devant le Conseil d’Etat visant à transmettre cette QPC au Conseil constitutionnel. Pour convaincre le Conseil d’Etat de la nécessité d’interroger la conformité de cette mesure législative à la Constitution, ils avaient soulevé plusieurs arguments :

1 L’inefficacité des objectifs de cette mesure de protéger l’ordre et la santé publics dès lors que cette répression favorise l’isolement et la clandestinité, les violences et les pratiques à risques pour les travailleur.se.s du sexe ;

2 L’impact d’une telle mesure sur la situation économique et sociale des TDS, renforçant leur précarité et les éloignant des services de prévention, de soins et d’accès aux droits ;

3 L’incohérence de la pénalisation de clients d’une activité pourtant considérée comme licite.

Le Conseil constitutionnel décidera dans les trois mois de censurer ou non cette mesure législative. Il lui appartient donc d’apprécier la cohérence des choix législatifs au regard des exigences constitutionnelles. Vaste sujet quand on sait que cette  loi va, non seulement à l’encontre des objectifs annoncés par le Gouvernement de protection des personnes mais que bien au contraire elle porte atteinte à la santé, la sécurité et les droits des travailleur.se.s du sexe.

PS.  Sur ce thème : « Travail du sexe: et si pour une fois on écoutait les personnes concernées ? » (Lucile Bellan) Slate.fr 12 novembre 2018

A demain

@jynau

1 Médecins du Monde ; Fédération parapluie rouge ; STRASS (Syndicat du travail sexuel) ; Les Amis du bus des femmes ; Cabiria ; Griselidis ; Paloma ; Aides ; Acceptess-t

Alerte officielle : le Viagra ne doit pas être utilisé contre le retard de croissance intra-utérin

Bonjour

Aux frontières de l’étrange, cette information officielle « destinée aux gynécologues, obstétriciens, pneumologues et cardiologues ». L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) prend soudainement les devants et révèle au grand jour une situation inconnue du plus grand nombre : l’interruption prématurée (sic) d’un essai clinique visant à étudier l’effet du sildénafil (principe actif du Viagra et assimilés) dans le traitement du retard de croissance intra-utérin (RCIU). La raison : « un nombre plus important de cas d’hypertension pulmonaire du nouveau-né (HTPN) et d’une augmentation de la mortalité néonatale observés dans le bras sildénafil de l’étude comparativement au groupe placebo ».

Une lettre vient d’être adressée aux professionnels concernés. Elle rappelle que le sildénafil est la substance active des médicaments Revatio et Viagra. Et que le Revatio et ses génériques sont indiqués dans le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) chez les adultes et les enfants âgés de 1 à 17 ans.

« Le résumé des caractéristiques du produit de Revatio indique qu’il ne doit pas être utilisé chez la femme enceinte sauf en cas d’extrême nécessité dans le cadre du traitement de l’HTAP. Viagra et ses génériques sont indiqués chez les hommes adultes présentant des troubles de l’érection. Ils ne sont pas indiqués chez les femmes. »

Cinquante formes différentes

Elle précise aussi que ‘étude néerlandaise du groupe d’études STRIDER (Sildenafil TheRapy In Dismal prognosis Early-onset intrauterine growth Restriction) est un essai clinique institutionnel indépendant. Dans cet essai, les femmes enceintes étaient randomisées en deux groupes : sildénafil ou placebo. Le sildénafil était administré à raison de 25 mg trois fois par jour en traitement d’un retard de croissance intra-utérin sévère. La dose utilisée dans cette étude était supérieure aux doses recommandées pour Viagra et Revatio.

«  Cette étude était l’une des cinq  études indépendantes conduites dans le cadre d’un consortium international ayant pour objectif l’évaluation de l’effet du sildénafil dans cette indication hors AMM. Pfizer n’était pas le promoteur de ces études. Cette étude néerlandaise a été interrompue prématurément en raison d’un signal de sécurité rapporté chez les nouveau-nés du groupe traités par sildénafil. »

L’analyse intermédiaire réalisée par les investigateurs a mis en évidence un déséquilibre entre les deux groupes de traitement en termes d’augmentation des cas d’hypertension pulmonaire du nouveau-né (HTPN) (sildénafil 17/64 (26,6 %), placebo 3/58 (5,2 %)) et de la mortalité néonatale avant la sortie de l’hôpital (sildénafil 19/71 (26,8 %), placebo 9/63 (14,3 %)). Les résultats détaillés de cette analyse intermédiaire ne sont pas encore disponibles et une analyse par le comité scientifique de suivi des études STRIDER est en cours.

Aujourd’hui, en France, le Viagra/sildénafil/Revatio est commercialisé par dix firmes pharmaceutiques sous cinquante formes différentes.

A demain

@jynau

 

 

Suspicions d’agressions sexuelles : à Rouen et à Gien, deux jeunes prêtres  se sont suicidés 

Bonjour

Troublante coïncidence. On évoquera, au choix, l’époque ou fatalité. On se bornera aux faits, ceux rapportés par l’AFP.

Il y a quelques jours, à Gien (Loiret), le père Pierre-Yves Fumery, 38 ans a été retrouvé pendu dans son presbytère. Il  était visé par une enquête préliminaire pour « suspicion d’agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans ». L’information a été donnée le 22 octobre à la fois auprès du diocèse d’Orléans et du parquet de Montargis. Le corps du père Pierre-Yves Fumery avait été découvert le samedi 20 octobre. « C’est un moment d’épreuve tragique et de souffrance », a déclaré devant la presse l’évêque d’Orléans, Mgr Jacques Blaquart.

 Selon Mgr Blaquart des paroissiens bien intentionnés avaient alerté la cellule « d’écoute des blessures » du diocèse le 7 septembre. Ils auraient, selon lui, été témoins de « comportements inappropriés envers des adolescents de 13-14 ans », notamment une « proximité physique », un « comportement pas ajusté avec une jeune fille qu’il a prise dans ses bras et raccompagnée plusieurs fois en voiture ».

Aucun des gestes mentionnés n’obligeait à saisir la justice, a toutefois précisé l’évêque. Il avait demandé au père Fumery de « prendre du recul et de se faire accompagner, de quitter Gien quelque temps ». Ce qu’a fait l’intéressé. Contacté par un correspondant de l’AFP le procureur de Montargis, Loïc Abrial, a confirmé qu’une enquête préliminaire pour « suspicion d’agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans » avait été ouverte le 21 septembre à la suite à d’« informations préoccupantes ».

« Le 8 octobre, il est revenu à Gien avec mon accord, mais n’a pas repris ses activités normales », a encore indiqué Mgr Blaquart. « Plusieurs auditions ont eu lieu (…) et le prêtre a été entendu le 15 octobre en qualité de témoin », en l’absence d’infraction pénale matérialisée, précise le magistrat. Il s’est pendu peu après.

« Désirer la femme d’autrui »

Un mois plus tôt, à Rouen, le prêtre Jean-Baptiste Sèbe, 38 ans, se suicidait dans une église de la ville après – avoir été accusé d’agression sexuelle et de comportement indécent. Aucune plainte n’avait été déposée contre lui. Ce jeune prêtre  était décrit comme « droit, généreux », apprécié des fidèles – et ce même s’il n’était pas « conventionnel ». Il faisait l’objet d’une dénonciation de la part d’une femme qui l’accusait de comportements indécents et d’agression sexuelle sur sa fille majeure – des faits remontant, selon elle, à au moins deux ans.

Lors d’une conférence de presse l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, a rappelé l’existence d’une « plainte à l’autorité diocésaine d’une maman disant que sa fille lui avait dit que le père Jean-Baptiste Sèbe avait eu, il y a deux ou trois ans, des gestes inappropriés envers elle. Cette dernière était majeure à l’époque des faits allégués. » L’archevêque avait convoqué le prêtre pour qu’il s’explique sur ces accusations. « Il a avoué une conduite inconvenante à l’égard de cette jeune fille. Nous avons échangé et convenu ensemble qu’il s’agissait d’imprudence dans la relation avec cette femme comme cela arrive à un certain nombre d’hommes ou de femmes », a-t-il poursuivi indiquant « qu’il n’y avait pas eu, par la suite, d’autres rencontres avec cette fille ». C’était la veille du suicide.

« Je me confesse tous les mois, a précisé l’archevêque. Moi aussi il m’arrive de mentir, moi aussi, parfois, je désire la femme d’autrui. Je suis archevêque de Rouen mais je ne suis qu’un homme ». Selon lui, « aucun signe ne pouvait laisser prévoir un tel geste de la part du père Jean-Baptiste Sèbe », faisant référence à son suicide. « Nous sommes dans l’incompréhension d’un tel geste même si je savais qu’il connaissait un moment difficile », avait-il écrit dans un courrier adressé mardi à l’ensemble des prêtres du diocèse.

Interrogé pour savoir s’il avait saisi l’autorité judiciaire après avoir recueilli les aveux du prêtre, Mgr Lebrun a expliqué : « C’était une majeure. Il n’y avait pas d’obligation de signalement. » « Le vicaire général avait invité la plaignante à porter plainte si elle considérait que c’était une agression », a-t-il ajouté. Jean-Baptiste Sèbe avait été ordonné prêtre en 2005.

A demain

@jynau