Capitalisme : «Doctolib» dévore «Mondocteur» tandis que TF1 va avaler «Doctissimo»

 

Bonjour

Nous sommes à la lisière de la médecine, du micro-disruptif et des immenses marigots capitalistes. Sans oublier nos deux grands déserts français : celui de la presse papier de jadis et celui des médecins qui disparaissent des territoires.

« Après le désengagement du symbolique magazine Elle, les cessions se poursuivent chez Lagardère, rapporte Le Monde (Sandrine Cassini). Le groupe de médias, qui souhaite se recentrer sur l’édition et les boutiques d’aéroport, a annoncé mercredi 12 juillet la vente de son pôle e-santé pour 60 millions d’euros. Logé au sein de sa branche médias et Internet, ce pôle comprend les sites ‘’Mondocteur’’ et ‘’Doctissimo’’. »

Qui, aujourd’hui, parmi les innombrables connectés français, ne connaît l’un 1 et l’autre, cette bulle symptomatique et rutilante consacrée, sur la Toile, « à la santé et au bien-être », improbable créature d’un étrange médecin flirtant avec le transhumain 2.

Facturé 109 euros par mois et par praticien.

Le montant de la vente de « Mondocteur » n’a pas été dévoilé. Le Monde (qui s’y connaît) croit savoir qu’il serait compris entre 45 et 50 millions d’euros « en cash » et « malgré les déficits de la start-up ». « Doctolib » et « Mondocteur » ? Deux jeunes crocodiles offrant aux patients un service de prise de rendez-vous et de suivi de visites chez les médecins. Rien de plus qu’un « outil de gestion des consultations ». Avantage : diminuer le nombre d’appels vers les secrétariats et de réduire drastiquement le nombre de rendez-vous « non honorés », en envoyant des messages de rappel en amont. Facturé 109 euros par mois et par praticien. Les pros parlent d’un « potentiel de développement considérable ». L’immense AP-HP est déjà dans le giron. D’autres, c’est écrit,  suivront.

Le Monde, en direct de la jungle :

« Pour régler son achat, Doctolib, dont le chiffre d’affaires, qui double chaque année, est compris entre 50 millions et 60 millions d’euros, va puiser dans les 85 millions d’euros levés auprès des fonds d’investissements Accel Partners, BPI France et Eurazeo. Même si la société est déficitaire dans la mesure où elle investit massivement, elle serait valorisée entre 500 millions et 1 milliard d’euros. Ses dirigeants conservent plus de la moitié du capital. Avec la reprise de Mondocteur, Doctolib veut accroître sa force de frappe dans cette « course de marathon », explique son cofondateur, ancien tennisman de 31 ans, qu’une blessure a empêché de faire carrière. »

Et quid de l’avenir de Doctissimo ? Silence : le géant Lagardère est entré en négociations exclusives avec le géant TF1.

A demain

1 « MonDocteur » se présente ainsi : « Lancé en 2013 par Thibault Lanthier, Benoit Grassin et Nicolas Klein, MonDocteur simplifie le quotidien des professionnels de santé en leur proposant un service de prise de rendez-vous médicaux en ligne associé à un agenda sur-mesure et à d’autres services exclusifs. Dédiée aussi bien aux médecins libéraux qu’aux établissements de santé, la solution de MonDocteur leur permet ainsi de gagner du temps de secrétariat, de réduire l’absentéisme de leurs patients, d’augmenter leur visibilité, de collaborer plus efficacement avec leurs confrères et d’instaurer une relation privilégiée avec leurs patients. Quant aux patients, ils peuvent prendre rendez-vous avec un praticien en quelques clics et bénéficient de services innovants tels que le carnet de santé en ligne. MonDocteur compte aujourd’hui 150 salariés. La société était détenue par ses trois fondateurs et Lagardère Active. Plus d’informations sur MonDocteur directement sur le site http://www.mo »

2 « Doctissimo »

 

 

« Euthanasie » : le Conseil d’État va déclencher l’ire des partisans de sa légalisation

Bonjour

C’est un événement qui soulèvera, bien naturellement, quelques gros remous dans les champs militants et politiques. Dans le rapport qu’il vient de rendre public  ( « Révision de la loi de bioéthique : quelles options pour demain ? ») après l’avoir remis au Premier ministre le Conseil d’Etat traite des questions d’actualité relative à la « fin de vie ».

Dans quel cadre sommes-nous aujourd’hui ? En l’état du droit, quatre séries de règles structurent, en France, la relation entre le médecin et son patient dans les derniers moments de son existence : la possibilité́d’accéder à̀des soins palliatifs, le droit du malade de refuser ou d’arrêter son traitement, le refus de l’obstination déraisonnable et l’interdiction pour le soignant de provoquer la mort délibérément.

Pour le conseil d’Etat les choses sont claires : les dispositions actuelles (issues des lois dites Leonetti et Claeys-Leonetti) qui encadrent les décisions d’arrêt des traitements « permettent de répondre à l’essentiel des demandes sociales d’une aide médicale à mourir, dans la mesure où elles donnent la possibilité au malade d’obtenir l’arrêt de l’ensemble des traitements qui lui sont prodigués, une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès et, le cas échéant, une intervention médicale ayant, comme le prévoit l’article L. 1110-5-3 du code de la santé publique, ‘’comme effet d’abréger la vie’’ ».

Encore faut-il que « l’accès à des soins palliatifs de qualité » soit assuré – et ce « car il s’agit d’une condition indispensable à l’expression d’une volonté libre et éclairée du patient dans les derniers moments de la vie et, plus largement, un préalable à toute réflexion éthique aboutie sur la question de la fin de vie ».

Fantasmes de toute-puissance face à la mort

Autre sujet : « l’assistance au suicide ». La loi française ne permet certes pas, en l’état, de répondre aux demandes d’aides à mourir « de patients n’étant pas en situation de fin de vie ou ne bénéficiant pas de soins indispensables à leur survie dont ils pourraient demander l’interruption ». « Ces cas sont cependant marginaux » estime le Conseil d’État qui souligne ne pas juger « souhaitable de modifier l’état du droit qui prohibe l’aide au suicide et l’euthanasie ». Et ce en raison à la fois du caractère récent de la loi Claeys-Leonetti (adoptée dans un large consensus au terme d’un débat approfondi) mais aussi, précisément et paradoxalement, en raison « des carences persistantes en matière d’accès aux soins palliatifs » – sans oublier  « l’impact symbolique particulièrement négatif pour les personnes les plus vulnérables » (sentiment imposé de l’indignité ou de l’inutilité de leur vie).

Tout ceci, venant après un récent rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales conforte la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP) dans la justesse de ses convictions et de son action 1 :

« Avec le Conseil d’Etat, la SFAP réaffirme avec force qu’un patient ne peut exprimer une volonté libre et éclairée s’il ne bénéficie pas du traitement adapté de sa douleur par des soins palliatifs. La SFAP peut témoigner, forte de son expérience quotidienne auprès de milliers de patients en fin de vie, que les demandes d’euthanasie motivées par la douleur disparaissent avec une prise en charge adaptée par les soins palliatifs.

« L’étude du Conseil d’Etat fait preuve d’une juste humilité en soulignant que le législateur ne peut caresser de fantasmes de toute-puissance face à la mort, mais l’Etat n’est pas pour autant impuissant : il doit permettre à tous d’avoir accès à des soins palliatifs de qualité. »

Or le Conseil d’Etat dénonce l’inégal accès aux soins palliatifs tandis que la SFAP déplore encore les fortes baisses des moyens subies par les services de soins palliatifs, une formation bien trop lacunaire des étudiants en médecine, le trop faible nombre de professeurs associés etc. Le moment est venu, selon elle, pour les pouvoirs publics, d’engager une action politique courageuse. Question : comment agir pour que l’Etat (le pouvoir exécutif et le président de la République) suivent ici, au plus vite et au mieux, les recommandations de celles et ceux qui ont pour mission de le conseiller ?

A demain

1 Créée en 1990, La SFAP (Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs) est une association reconnue d’utilité publique qui fédère 10.000 soignants et 6.000 bénévoles engagés dans les soins palliatifs. Elle rassemble également 350 associations françaises d’accompagnement.

Cigarettes thérapeutiques de cannabis : Agnès Buzyn fait travailler le sujet par ses services 

Bonjour

 10 juillet 2018. Agnès Buzyn sur RMC -BFMTV . Discret mea culpa sur sa manière de dire que la présence persistante de la France au Mondial avait retardé le plan de lutte contre la pauvreté. Nouvelles dénonciations des médecins mercenaires hospitaliers. Propos sur des sujets divers et variés comme à chacune des interventions médiatiques de la ministre. Puis Bourdin Jean-Jacques aborde le chapitre du cannabis thérapeutique – autorisé dans trente-trois pays à travers le monde. Agnès Buzyn :

« Il existe aujourd’hui des médicaments à base de cannabis, c’est du cannabis médical sous forme de gélules, ces médicaments sont autorisés mais ils sont en négociation de prix. Lorsque le prix sera fixé, des personnes vont avoir accès à ces médicaments ».

 Agnès Buzyn évoque ici  l’interminable affaire Sativex® (médicament à base du principe actif THC – sous la forme Delta-9-tétrahydrocannbinol/cannabidiol). Rappelons que  cette « négociation de prix » ultra-secrète dure depuis plus de quatre ans déjà – quatre années durant lesquelles les malades concernés ont été privés d’une possibilité thérapeutique 1. Agnès Buzyn :

« D’autres voudraient aller vers l’autorisation d’utiliser la ‘’cigarette de cannabis’’ comme du cannabis médical et là, un certain nombre de recherches sont en cours dans différents pays (sic) pour savoir si vraiment cela apporte un plus par rapport aux médicaments en comprimés.

« Je l’ai dit au Parlement, j’attends des notes de mes services pour savoir quelle est la différence entre le cannabis  »en comprimés » et le cannabis  »en cigarettes » pour savoir si nous devons aller plus loin (…)  Je n’ai absolument pas de doctrine arrêtée sur le sujet. Soit c’est utile et nous le ferons, soit les médicaments sous forme de comprimés suffisent et on s’arrêtera là. »

Nous sommes en juillet 2018. « Notes de services » … « Comprimés » …  « Gélules » … Cannabis en « cigarettes » (sic) …  Le Sativex®, est un spray qui a obtenu une autorisation de mise sur le marché français en janvier 2014. Voici ce que publiait alors le service de presse de Marisol Touraine :

« L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vient d’accorder au SATIVEX®, par décision de ce 8 janvier 2014, une autorisation de mise sur le marché (AMM). Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la santé, avait ouvert la possibilité, par un décret du 5 juin dernier, que des médicaments dérivés du cannabis sollicitent une AMM en France.

Le SATIVEX®, commercialisé dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne et au Royaume-Uni, est un médicament utilisé chez certains patients atteints de sclérose en plaques, pour soulager les contractures sévères (spasticité), résistantes aux autres traitements. Le traitement devra être initié par un neurologue et un rééducateur hospitalier. »

 A demain

1 Tous les article de ce blog consacrés au  Sativex® sont disponibles à cette adresse : https://jeanyvesnau.com/?s=sativex

 

Angoisse : à Versailles, le président Macron promet une loi contre la détresse de la vieillesse

Bonjour

9 juillet 2018. Emmanuel Macron vient d’achever, devant une majorité de parlementaires réunis en Congrès au château de Versailles, son long discours annuel de politique générale.

Une habitude à prendre : le président de la République s’y était engagé lors de sa première intervention devant le Congrès, le 3 juillet 2017. « Tous les ans, je reviendrai devant vous pour vous rendre compte », avait alors déclaré Emmanuel Macron – évoquant la tradition américaine du discours sur l’état de l’Union.

Extrait de son discours, au chapitre de la dépendance des personnes âgées et des interrogations montantes concernant les Ehpad :

 « Nous avons laissé l’angoisse s’installer […] faisant de la dépendance une détresse inouïe, pour les familles et les personnels soignants. Ce que nous avons vu, ces dernières années, c’est un nouveau risque social auquel nous serons tous confrontés. Pas seulement l’angoisse pour ce qu’ils vont devenir et ceux dont ils ont la charge […] Nous ne pouvons plus longtemps l’ignorer […] C’est pourquoi l’année 2019 sera consacrée à ce travail, et je souhaite qu’une loi y soit votée pour permettre d’y répondre. »

A demain

Chirurgie du sein : le directeur de l’assurance maladie dénonce des inégalités de mortalité

Bonjour

5 juillet 2018. Nicolas Revel est l’invité matinal de RTL (Elisabeth Martichoux). Les auditeurs et les auditrices connaissent mal cet homme de 51 ans, fils de Jean-François Revel et de la journaliste Claude Sarraute, et frère du moine Matthieu Ricard. Ancien porte-parole, puis directeur de cabinet de Bertrand Delanoë  maire de Paris, pui promu conseiller maître à la Cour des comptes avant d’être nommé par François Hollande secrétaire général adjoint de la présidence de la République, en tandem avec Emmanuel Macron.

Depuis novembre 2014 il est, poste important, directeur général de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnam). Que vient-il nous dire, si tôt, sur RTL (on peut l’entendre ici) ? Que le célèbre « trou » est comblé, que les caisses sont (presque) à l’équilibre et que nous pouvons recommencer à démenser pour notre santé ? Pas vraiment : il nous faudra faire deux milliards d’euro d’économies l’année prochaine.

« Nous avons besoin de faire des économies parce que notre système de santé ne pourrait pas augmenter de 4% – de 8 milliards –  par an, affirme Nicolas Revel. Ce que nous cherchons à faire chaque année, par les fameuses économies, c’est de faire en sorte que notre système de santé progresse d’à peu près 4 milliards de plus.

« La sécurité sociale rembourse à peu près 200 milliards d’euros chaque année. Cela nous situe dans une moyenne haute avec nos voisins européens, et je crois que nous avons un système qui est globalement efficace (…) même si je pense qu’il a encore des marges d’efficacité devant lui. »

Accusation inattendue

Mais Nicolas Revel, sur RTL, a un autre message à faire passer , nettement plus inattendu : la mise en cause de système actuel de chirurgie du sein (50 000 femmes concernées chaque année dans 570 services).  Un rapport de la Cnam vient de mettre en lumière le fait que  les femmes opérées d’un cancer du sein dans un établissement à faible activité ont un surrisque de mortalité de 82 % par rapport à un établissement où plus de 150 interventions sont réalisées chaque année. Et, selon Nicolas Revel beaucoup trop d’hôpitaux ou de cliniques sont aujourd’hui en dessous du seuil réglementaire de « 30 cancers opérés par an ». Le sujet avait, la veille, été traité  dans La Croix (Pierre Bienvault).

Depuis 2009, un établissement hospitalier ne peut pratiquer une chirurgie cancérologique qu’à la condition de faire un minimum d’interventions chaque année. « Avant la fixation de ces seuils, de très nombreux établissements opéraient des cancers du sein tout en ayant une faible activité, résume La Croix. Ainsi, 500 hôpitaux ou cliniques réalisaient moins de 24 interventions dans l’année. Soit deux cancers du sein opérés par mois. La mise en place du seuil, en 2009, a permis de clarifier l’offre. Mais il reste du chemin à faire. Ainsi, en 2014, 159 établissements ont encore opéré des cancers du sein tout en étant en dessous du seuil de trente interventions annuelles. »

Or cette faible activité ne serait pas sans avoir une influence sur la mortalité. En 2012, le taux de mortalité des patientes, dans l’année ayant suivi l’intervention chirurgicale, était deux fois plus élevé dans les établissements en dessous du seuil par rapport aux établissements opérant plus de cent cancers du sein dans l’année.

Ce seuil d’activité devrait être relevé estime le Pr Marc Espié, responsable du centre des maladies du sein de l’hôpital Saint-Louis à Paris. « Il faudrait passer à 50 interventions au minimum par an », dit-il dans La Croix. Mais pour Nicolas Revel il faut aller plus loin et fixer un seuil minimal de 150 interventions annuelles, comme en Allemagne, en Italie et en Espagne. Dans ce cas, 338 établissements français ne pourraient plus pratiquer cette activité.

A demain

 

Vape et cigarette électronique : Agnès Buzyn piégée par le prosélytisme des buralistes

 

Bonjour

Que restera-t-il, demain, de la « Révolution des Volutes » ? Pour l’heure télécrans et novlangue fonctionnent. Ainsi, aujourd’hui, la déclaration de Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes : « La baisse conséquente du nombre de fumeurs qui vient d’être annoncée est une bonne nouvelle pour tous. Il faut aller plus loin, à partir des expériences reconnues, pour accompagner les fumeurs qui souhaitent arrêter ou réduire leur consommation vers le vapotage, c’est l’un des engagements forts des buralistes ». Une déclaration du patron des vendeurs de tabac faite à la veille de la Journée mondiale sans tabac 2018.

Ce n’est pas tout. Ainsi :

« La Confédération des buralistes est engagée aux côtés de l’État dans les politiques de santé publique. Elle a encouragé les buralistes à renforcer la qualité de leur gamme de produits de vapotage pour ceux qui souhaitent réduire, voire arrêter, leur consommation de tabac. Le vapotage est une des alternatives les plus efficaces au tabac et la première solution utilisée par des fumeurs ayant tenté d’arrêter de fumer lors du dernier ‘’Mois sans Tabac’’ ».

Où l’on apprend que la profession (de buraliste) se mobilise via son programme «Buraliste de la Vape» pour les aider à accompagner leurs clients vers le vapotage (conseils, coaching, formations) et, d’autre part, en s’associant au « Mois Sans Tabac », en novembre prochain, « conformément au protocole signé avec l’État ».  Ainsi les buralistes travailleraient-ils désormais au futur « Mois de la Vape ». Et ce, « pour sensibiliser leurs clients fumeurs à des alternatives moins nocives » (sic).

Toujours tentés par la victimisation, les mêmes buralistes s’affichent aussi, aujourd’hui, comme des « entrepreneurs responsables ». Ils rappellent avoir conclu, en début d’année, un « protocole d’accord avec l’État pour accompagner la transition de leur métier vers un nouveau modèle économique de commerce de proximité́ ». Où l’on découvre que, grâce aux buralistes, la cigarette électronique entre de plain-pied dans le paysage officiel, politique et économique – là, précisément, où les pionniers de la « Révolution des Volutes » avaient jusqu’ici toujours échoué. Un échec dû, pour l’essentiel, à l’invraisemblable déni de Marisol Touraine ministre en charge des affaires sanitaires (2012-2017) – déni suivi de celui 1, d’Agnès Buzyn (2017-….).

A demain

 1 Agnès Buzyn : « Un dispositif comme la cigarette électronique, qui n’induit pas forcément un arrêt complet du tabac, ne joue pas le rôle que l’on souhaite. Parce que nous souhaitons (…) faire en sorte que les gens ne fument plus du tout (…) ».

Où l’on confirme que la ministre demeure dramatiquement allergique au concept, médical et politique, de « réduction des risques ».

Sang et «particules» : donneurs et receveurs devraient-ils s’inquiéter pour leur sécurité?

Bonjour

C’est un travail sans relâche : enquêter, faire et refaire la transparence sur les sujets sanitaires les plus sensibles. A commencer par tout ce qui touche la transfusion sanguine. Dernier exemple en date : les informations édifiantes diffusées par  l’Etablissement français du sang (EFS), l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Direction générale de la Santé (DGS) ; « information sur les dispositifs de prélèvement de produits sanguins par aphérèse ».

On sait qu’il existe deux manières de prélever du sang : le prélèvement de « sang total » ou l’ « aphérèse ». Cette technique permet de prélever un seul composant sanguin (globules rouges, plaquettes ou plasma), le autres composants étant ensuite réinjectés au donneur. On sait aussi que la technique de prélèvement par aphérèse au bras du donneur est vitale et irremplaçable pour soigner chaque jour des milliers de malades

Au temps de Marisol Touraine les autorités sanitaires françaises avaient été informées de « doutes » sur la sécurité des machines d’aphérèse de la société Haemonetics – dispositifs utilisés au niveau mondial par de très nombreux opérateurs de transfusion sanguine. Plus précisément  cinq signalements successifs avaient entre 2015 et 2017 été transmis par un salarié et un ancien salarié de la société Haemonetics, se présentant comme des «lanceurs d’alerte», à l’EFS, à l’ANSM puis à la ministre de la Santé et des Affaires sociales. Une affaire reprise par Mediapart le 10 février 2017 – (un papier très documenté repris dans le rapport de  l’IGAS).

Surveillance renforcée des dispositifs 

« Dès les premiers signalements, des expertises indépendantes  ont été diligentées par l’EFS, l’ANSM) et la DGS, rappellent aujourd’hui les autorités sanitaires. Leurs conclusions font l’objet d’une restitution au comité de suivi dédié, présidé par la DGS. Ce comité associe les associations de donneurs et receveurs et les lanceurs d’alerte. Une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS)  a été diligentée par la ministre chargée de la santé en février 2017, dont le rapport a été rendu public. L’ANSM a également publié un rapport d’évaluation en date du 6 décembre 2017 (12/12/2017)   qui conclut que la balance bénéfices/risque d’aphérèses reste positive. Elle n’est donc aucunement remise en cause. »

Au final, selon ces autorités, il n’existe pas, en France, de « risque avéré » pour les donneurs de plasma et de plaquettes prélevés par aphérèse – et pas de « risque avéré », non plus, pour les patients qui reçoivent ces produits ou pour les professionnels qui manipulent les machines.

Pour autant rien n’est acquis. Et on peut penser que les courriers de 2015 à 2017 n’auront pas, in fine, été sans effets bénéfiques. L’ANSM recommande ainsi aujourd’hui « un certain nombre de mesures visant à poursuivre une surveillance renforcée de ces dispositifs ». Notamment : compléter l’information générale donnée sur l’aphérèse en y intégrant « les risques liés aux particules » ; mise en oeuvre par les fabricants des machines d’un plan d’amélioration visant « à réduire les phénomènes notamment vibratoires pouvant conduire à la production de particules et à permettre leur détection » ; diversifier le parc machines au niveau des centres réalisant des procédures d’aphérèse etc.

Toujours dans un souci de transparence et de précaution l’information préalable au don mise à disposition des donneurs a été modifiée par l’EFS – et ce « en y intégrant les risques liés aux particules pour les dons par aphérèse ». Faire et refaire la transparence. Un travail sans relâche.

A demain