Rugby : Louis Fajfrowski, mort «d’une commotion cardiaque létale sur cœur pathologique»

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Joueur de rugby Louis Fajfrowski, 21 ans, est mort le 10 août dernier lors d’une rencontre amicale à Aurillac. L’affaire avait profondément ému le vaste monde de ce beau sport – et mis en lumière la violente, triste et insupportable dérive dont il est l’objet. Trois mois plus tard l’enquête officielle conclut à une « mort accidentelle ». Plus précisément les résultats complémentaires révèlent que le joueur a succombé à un « traumatisme thoracique ». L’information est donnée par le quotidien La Montagne (Malik Kebour) qui cite le substitut du procureur d’Aurillac : le plaquage subi par le joueur  a été « responsable d’une commotion cardiaque avec accélération du rythme qui a entraîné son décès ». On s’interroge. On relit.

« L’ailier du Stade Aurillacois Louis Fajfrowski est décédé d’un traumatisme thoracique d’après les résultats de l’autopsie. Le joueur avait trouvé la mort dans les vestiaires du stade Jean-Alric, à Aurillac (Cantal), après un choc au cours d’un match amical, le 10 août. Près de trois mois après le décès brutal de l’ailier du Stade Aurillacois, Louis Fajfrowski, survenu vendredi 10 août, après un match amical, le parquet d’Aurillac conclut à une mort accidentelle.

 « L’enquête aux fins de recherche des causes de la mort, ouverte début août, n’a pas pu « démontrer qu’il y avait une quelconque faute imputable à qui que ce soit. C’est un accident malheureux », ajoute le parquet. 

Titulaire lors de la rencontre amicale disputée face à Rodez (Fédérale 1) au stade Jean-Alric, le 10 août, à Aurillac, l’ailier du Stade Louis Fajfrowski est sorti du terrain au cours de la seconde période, peu avant l’heure de jeu, après avoir subi un plaquage appuyé, à mi-hauteur. Resté au sol quelques instants, sonné, il avait été pris en charge par les soigneurs avant de regagner les vestiaires, conscient. Après plusieurs pertes de connaissance, à l’intérieur, il est décédé malgré l’intervention des secours. »

L’autopsie pratiquée juste après la mort n’avait pas permis de connaître les causes exactes du décès. Un classique. Des analyses complémentaires avaient été ordonnées. Le parquet auvergnat précise aujourd’hui que l’enquête n’a pas pu « démontrer qu’il y avait une quelconque faute imputable à qui que ce soit ». En est-on bien certain ?

« Ce sont plusieurs facteurs qui ont conduit au décès », a expliqué le procureur d’Aurillac, Olivier Clémençon. Et de préciser que le joueur a subi « un traumatisme thoracique précordial, responsable d’une commotion cardiaque létale sur un cœur pathologique ». Le parquet a donc conclu « à une mort accidentelle à la suite et non pas à cause d’un plaquage », a précisé le procureur. Cœur pathologique ? On aimerait que le procureur éclaire un peu mieux cette séquence physiopathologique mortelle. Sans doute, sous les volcans, attendra-t-on.

Le jeune joueur, titulaire ce jour-là au centre de l’attaque du Stade Aurillacois, était sorti du terrain (en seconde période du match contre Rodez) après avoir été la cible d’un vigoureux plaquage. « Sonné », il avait pu se relever avec l’aide des soigneurs avant de se rendre par ses propres moyens aux vestiaires, accompagné d’un médecin. C’est dans les vestiaires qu’il avait perdu connaissance – à plusieurs reprises. Pris en charge par le service médical et les secours supplémentaires arrivés sur place, il n’avait pas pu être ranimé.

Dans un éditorial publié le 13 août, et titré « La nausée », le journal Midi Olympique, avait vivement et courageusement regretté que ce sport soit « de plus en plus destructeur », mettant « ses propres acteurs en danger à force de collisions à très grande vitesse ».

« Un jeu de plus en plus con − on se répète, hélas − à force d’oublier la moitié de son ADN : la recherche de l’évitement, qui lui conféra longtemps une force créatrice enviée par tant d’autres disciplines (…) Il y a désormais urgence : il faut agir pour voir, demain, le rugby changer radicalement dans son approche du jeu, en assumant ses maux actuels et la propre menace qu’il génère pour avoir cédé au tout physique ».

Il n’ a pas une ligne à changer à l’éditorial de Midi Olympique. Et tout à demander aux gros pardessus de la Fédération Française de Rugby. En mémoire de Louis Fajfrowski.

A demain

@jynau

 

Plaquage : les Gros Pardessus français auraient-ils enfin perçu le premier vent du boulet ?

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L’Ovalie serait-elle une jungle plus humaine qu’on ne le croit ?  Et son empereur plus réceptif aux foules que ses mutiques affidés ?  Page 19 de L’Equipe de ce 29 août 2018 : « La touche Laporte » (sic). Où l’on apprend (Frédéric Bernès) qu’il faut décrypter pour saisir ce que veut l’ancien ministre, aujourd’hui président de la Fédération française de rugby (FFR).

Si l’on comprend bien Bernard Laporte aimerait pouvoir garroter une hémorragie : celle des jeunes licenciés des écoles de rugby. Et, pour cela, rassurer leurs parents. Au risque de se prendre dans les tapis des réseaux sociaux. Non, il ne s’agit pas d’anesthésier un sport aujourd’hui florissant sous de formidables perfusions financières. Pour autant l’heure est venue de  « renforcer la sécurité ».

Cœur du sujet : la réduction des plaquages traumatiques. Et faute de pouvoir agir sur les adultes, se pencher sur les moins les de 12 ans, dans les écoles de rugby. « A défaut d’interdire tout plaquage, l’idée est d’appliquer peu à peu le jeu à toucher : chaque jeune a désormais obligation de faire une passe deux secondes après avoir été heurté par un adversaire » nous explique Le Monde (Adrien Pécout).  Cette nouvelle réglementation est censée « encourager à la prise d’informations, de décisions, au travail des appuis », selon la lettre présidentielle envoyée aux dirigeants des 1900 clubs du pays de France.

« Fuite des gamins »

Nous sommes ici, précisément,  au croisement de la pédagogie et de l’histoire rugbystique : « Ce changement dans la formation doit permettre une future pratique cultivant plus encore l’évitement et la passe pour le franchissement ». C’est, pour le dire autrement, une révolution annoncée conjointement par Canal Plus, Louis XVI et Joseph Fouché. Le Monde :

« Plus les enfants apprendront à jouer dans les espaces, plus ils privilégieront le rugby en mouvement, et non le rugby de collisions qui a cours aujourd’hui chez les adultes, et en particulier chez les joueurs professionnels. La mesure est un pari sur l’avenir. Elle constitue aussi un signal visant à rassurer les parents qui craindraient de laisser leur progéniture pratiquer un sport dont l’évolution inquiète. L’enjeu est d’importance, à l’heure où la FFR lutte contre l’érosion du nombre de licenciés, aujourd’hui estimé à 272 000. »

Il y a un an l’empereur Laporte faisait déjà état d’une « perte de 16 000 gamins à l’école de rugby depuis 2012 ». Et, avec des mots impériaux, insistait sur la nécessité de bien « vendre notre sport ». Le Monde nous apprend aussi que  Florian Grill (« l’un des principaux opposants à Bernard Laporte au sein du comité directeur de la FFR ») entend, par exemple, « interdire et sanctionner sévèrement les plaquages » au-dessus de la poitrine, ou encore « matérialiser la ligne de plaquage » autorisée « par une couleur différente sur les maillots ou les shorts ».

Question citoyenne à MM Bernard Laporte et Florian Grill : pourquoi, côté spectacle, plaquage et réduction des risques, ne pas faire plus et mieux – viser un peu plus bas ?

A demain

Plaquages et anatomie : les Gros Pardessus du rugby français ne peuvent plus se cacher

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Jadis, sur les prés du rugby, tout était simple :  le plaquage consistait à « mettre à terre l’attaquant porteur du ballon en encerclant ses cuisses dans l’étreinte des bras et en accompagnant la chute ».  Une effusion castratrice, en somme. Puis l’affaire évolua vers le haut du corps – au point qu’il est aujourd’hui possible de « plaquer » jusque « sous la ligne des épaules ». Une sorte de liberté donnée à la seule fin de « défoncer » le porteur du ballon. Avec toutes les conséquences que l’on peut redouter, toutes les lésions thoraciques et cérébrales que l’on peut imaginer.

La récente mort d’un jeune joueur d’Aurillac (Louis Fajfrowski) continuant à semer le trouble dans la jungle de l’Ovalie, le dossier du plaquage est plus que jamais d’actualité. L’Equipe du 28 août y consacre deux belles et pleines pages (Frédéric Bernès) : « Baisse-toi et plaque ». Et nourrit son propos d’un travail scientifique édifiant réalisé par l’analyste Ben Hester pour World Rugby. Un vrai spécialiste avec publications scientifiques. L’Equipe :

« Ce mardi midi, au stade Arcul de Triumf à Bucarest, des cobayes samoans et des souris de laboratoire hongkongaises vont s’affronter sous l’oeil du microscope de World Rugby. Dans ses réflexions autour de la sécurité du jeu, la Fédération internationale a choisi le Trophée – 20 ans – Coupe du monde des équipes de Deuxième Division organisée en Roumanie (28 août-9 septembre) – pour tester pour la première fois l’interdiction de plaquer au-dessus de ce que les anglophones nomment la «nipple lane», la ligne des tétons. Le match d’ouverture Samoa – Hongkong inaugurera le labo. Dans quelques semaines, une initiative cousine sera menée par la Fédération anglaise à l’occasion de la nouvellement créée Championship Cup, la Coupe des équipes de Deuxième Division. Mais cette fois, la démarcation sera fixée par la ligne des aisselles. Il faut suivre.

Dans la géographie des plaquages, l’expérience roumaine ne se propose d’abaisser la limite maximale que d’une dizaine de centimètres, entre ce qui est autorisé aujourd’hui (la ligne des épaules) et ce qui va être testé (la ligne des tétons). «Même si ce n’est que huit ou dix centimètres, ça peut changer beaucoup de choses, pense Sébastien Piqueronies, entraîneur des champions du monde (moins de 20 ans) français. Je prends souvent l’exemple d’une cible. Si elle fait trois mètres de circonférence, tu peux y aller comme un bourrin. Si elle devient plus petite, il te faudra être plus précis. Cette initiative peut également enrayer le phénomène du plaquage qui ripe (qui commence à bonne distance mais finit au-delà … »

« Encerclant ses cuisses dans l’étreinte des bras et en accompagnant la chute » 

Tout ou presque est là. Et tout pourrait (peut-être) bientôt changer. Le règlement interdit actuellement les plaquages au-dessus de la ligne des épaules – mais World Rugby envisage de les proscrire au-dessus de la poitrine. Des expérimentations sont en cours tandis que, en Top 14, les arbitres ont été appelés à plus de sévérité.

On lira, dans L’Equipe, les détails et le chiffres scientifiques fournit par Ben Hester. L’homme a décortiqué 4.500 plaquages Une première qui confirme l’extrême dangerosité des plaquages thoraciques. Et l’on découvre que modifier expérimentalement la règle conduit à une véritable réduction des risques. Modifier la frontière verticale du plaquage ? Un monument de marbre du rugby mondial (Steve Hansen, sélectionneurs des  All Blacks) est pour :

« Je pense que c’est bien parce que c’est plus clair que ‘’la ligne des épaules’’. On sait tous où se trouvent les tétons »

Un effort, Steve : nous savons tous, aussi, où se trouvent l’abdomen, l’ombilic, les hanches et la frontière septentrionnale indépassable des crêtes illiaques. Et il ne doit pas être très difficile de traduire, dans toutes les langues de l’Ovalie « mettre à terre l’attaquant porteur du ballon en encerclant ses cuisses dans l’étreinte des bras et en accompagnant la chute ».

Descendre pour progresser, en somme. On aimerait, précisément sur ce sujet, entendre de lourds spécialistes jadis affûtés. A commencer par le responsable estampillé de la section médicale des Gros Pardessus ouatés du rugby français.

A demain

Les Gros Pardessus, ou la descente aux enfers programmée des joueurs de rugby français 

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Hier L’Equipe résumait en deux mots l’objectif de la saison rugbystique 2018-2019 : préserver « l’intégrité physique » (sic). Message repris à l’envi, ruissellement de bonnes intentions officielles insufflées aux arbitres et claironnées aux entraîneurs. Du vent, en somme. Une manière pour les Gros Pardessus de se protéger : il en va de l’avenir du sport sur lequel ils prospèrent et qui, pour l’heure engrange de substantielles recettes. Tout fait ventre en Ovalie. Jusqu’à quand ?

« Intégrité physique ». Il faut voir là une conséquence du décès, le 10 août dernier de Louis Fajfrowski, 21 ans joueur d’Aurillac, disparu après un match amical. Conséquenc paradoxale puisque rien n’est encore établi quant au lien de causalité entre sa mort et le placage magistral qui l’a précédée. Mais conséquence éclairante quant au malalaise qui gagne au vu de la violence croissante qui, désormais, caractérise un jeu qui semble n’avoir jamais connu les grâces de la légèreté. Pour la première journée du Top 14, samedi 25 et dimanche 26 août, une minute d’applaudissements précédera chaque match. Applaudir ? « Une forme d’hommage » dit-on. Et ensuite ?

Applaudir ? La vérité est que rien n’est prévu pour agir en amont des fameuses « commotions cérébrales » qui commencent à terroriser les joueurs. Rien et surtout pas une refonte radicale du règlement concernant les placages – aucun ne devrait plus être autorisé au dessus de la ceinture abdominale. Aucune mesure, non plus, pour réduire les violences inhérentes aux invraisemblables déblayages. Aucune amorce, en somme, d’une prise de conscience de la nécessité d’une politique de réduction des risques. Aucune anticipation quant au fait que cette dernière, loin de lui nuire, ajouterait à la beauté du spectacle.

On entend déjà les plus férus des Gros Pardessus réciter leur rugby. Et de citer, comme pour s’exonérer, la mort de l’Agenais Michel Pradié, 18 ans, des suites d’un placage en 1930. « Mais le drame actuel s’inscrit dans l’évolution du rugby, où les professionnels courent de plus en plus vite, tapent de plus en plus fort, façonnés au rythme de leurs séances de musculation, rapporte Le Monde.  Il y a un mois, l’un des meilleurs joueurs au monde lançait déjà l’alerte sur ce rugby moderne : le capitaine gallois Sam Warburton a préféré prendre sa retraite dès l’âge de 29 ans. « Une décision devenue évidente » à force d’endurer blessures et opérations, selon l’homme de Cardiff, qui désire maintenant préserver ‘’sa santé’’ et ‘’son bien-être’’ ».

Nimier, Lalanne, Lacouture, Georges, Cormier, Blondin …

Et puis ce courage de Jefferson Poirot (Union Bordeaux-Bègles, XV de France) : « Pour être honnête, je ne suis pas totalement sûr de vouloir que mon fils de 9 mois fasse du rugby… ». Ce pilier ose avouer qu’il attend « des mesures pour améliorer les choses » : « Cette question de la santé des joueurs, on doit se la poser toute l’année ». Comme dans un métier. Sauf à imaginer, sous son pardesssus, que le spectacle passe avant la santé. Et que l’argent des retransmissions télévisées prime tout. Jefferson Poirot :

 « A la télé, on voit le ralenti d’un gros choc trois ou quatre fois, alors qu’un cadrage-débordement, ça peut être bien plus efficaceMon fils, s’il fait du rugby, je l’encouragerai à pratiquer ce rugby d’évitement qu’on ne voit plus assez. »

Rien de plus beau que l’absurde beauté de la mêlée quand elle porte en gestation l’intelligence à venir de l’évitement-cadrage-débordement.  Rien de plus suave qu’une entreprise de déménageurs qui permettra, demain, d’entendre pianoter sur l’ensemble de la gamme. A condition que personne ne meure dans l’affaire. Une affaire qui, égoïsme bien compris, concerne aussi l’écriture et le journalisme. Pour ne citer qu’eux:  Denis Lalanne, Jean Lacouture, Pierre Georges et Jean Cormier.

Roger Nimier (Arts, 13 avril 1960), rapportant un France-Irlande joué à Colombes « où un public de hasard, groupé sur un stade misérable, vient se livrer à son sport favori, le chauvinisme » :

« L’homme naît mauvais, la société le déprave, mais le rugby le sanctifie. Aussi un paradis toujours verdoyant attend-il les âmes de Cahors, de Pau, de Cork, de Brive, d’Edimbourg ou de Lourdes. C’est pourquoi -il est intéressant de le savoir- un joueur de rugby ne meurt pas. A la touche, il saute directement au ciel. A moins qu’il ne soit directement talonné par saint Pierre, qui recueille le bon et le mauvais de nos mêlées humaines et sauve tout ce qu’il peut des ballons – souvent ingrats – que nous lui fournissons ».

Applaudissements.

A demain

Nimier R. « Variétés » Arléa éditions (mars 1999)

Hugo Lloris inculpé pour ivresse au volant : le football, la célébrité, la fatalité. Et après ?

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En France les médias radiophoniques font mine de s’indigner. Lui ? Le « gendre idéal » ? Lui, le « portier vainqueur du Mondial » ? Les faits : Hugo Lloris, 31 ans, a été inculpé pour conduite en état d’ivresse par la police de Londres (Metropolitan Police). Le gardien tricolore et du club de Tottenham a été contrôlé vers 2 h 20 le vendredi 24 août  dans le centre de Londres. Un « test de routine « qui a permis de détecter qu’il conduisait en état d’ivresse –  selon le quotidien britannique The Sun.

Le gardien a passé sept heures au commissariat situé près de Charing Cross à Londres. Il aurait même passé quelques heures en cellule de dégrisement afin de retrouver ses esprits, selon le média britannique. Il est finalement ressorti libre avoir dû se plier au prélèvement de ses empreintes digitales, de son ADN et à des photographies d’identité judiciaires.

Puis le « gendre idéal » a présenté ses excuses : « Je tiens à m’excuser de tout cœur auprès de ma famille, du club, de mes coéquipiers, du manager et de tous les supporteurs. L’alcool au volant est totalement inacceptable, j’assume l’entière responsabilité de mes actes et ce n’est pas l’exemple que je souhaite donner. »

« Bagatelle »

En Angleterre le taux légal d’alcoolémie au volant (à ne pas dépasser) est de 0,8 g par litre de sang –  0,5 g en France. Un autre quotidien britannique, le Daily Mail, précise que Lloris a dîné au « Bagatelle », un restaurant franco-méditerranéen du quartier de Mayfair, en compagnie de deux autres joueurs qui évoluent à Londres, un autre champion du monde, Olivier Giroud (Chelsea), et Laurent Koscielny (Arsenal), absent du tournoi russe pour cause de blessure. Le journal a publié une photo postée sur Instagram par le DJ Alexandre Billard qui pose avec les trois Bleus.

Hugo Lloris sera convoqué le 11 septembre prochain devant le tribunal de Westminster pour répondre de ses actes. Côté français on temporise :  « c’est une affaire privée qui n’aura pas d’incidence sur le prochain rassemblement de l’équipe de France » a confié la Fédération française de football auprès de  l’AFP.  Noël Le Graët, son président, évoquera cet « incident » avec le capitaine de la sélection à l’occasion de ce rassemblement de septembre. Capitaine en sélection comme en club, Hugo Lloris est unanimement décrit par ses coéquipiers comme un joueur respecté, dont la parole est rare mais forte. Mais sans excès, d’aucun type.

On lira le long entretien qu’il a accordé à L’Equipe (Vincent Duluc). Un entretien publié dans l’édition datée du 24 août. Un entretien intitulé « Le film de ma vie défile ». Mis en kiosque quelques heures après le contrôle londonien post-Bagatelle Un incident. Certes. La fatalité, le football, la célébrité. Et après ?

A demain

 

Le rugby ne faisait pas de «beaux vieux». Devrait-il, désormais, tuer des jeunes ?

Bonjour

Ne pas désespérer ?  La prise de conscience semble en marche après la mort de Louis Fajfrowski, 21 ans et joueur professionnel d’Aurillac. Un placage « viril mais correct » nous dit-on – placage thoracique sur lequel il faudra bien revenir.

Se souvenir. C’est une de ces formules comme le rugby et les journalistes en ont le secret. Elle parle de ce jeu merveilleux et de ceux qu’il a pu enchanter, qu’il a pu abîmer. Des formules nées dans les gradins, les vestiaires et le papier dicté aux sténos avant l’heure fatidique d’une mi-temps dite troisième. La formule qui parlait des pianos, de ceux qui en jouaient et de ceux qui les déménageaient.

Et puis cette autre, une affaire d’homme, de virils en noir et blanc prenant crânement conscience des frontières temporelles de leur virilité : « nous risquons de ne pas faire de beaux vieux … ». La formule est reprise aujourd’hui dans L’Equipe (Frédéric Bernès – avec L.C., A.R. et P.P.). Elle nous dit que tout, certes, nétait pas rose jadis (notamment au sein des rachis des mêlées effondrées). Mais cette même formule est aussi citée parce que, désormais, c’est le spectre de la mort qui plane autour des tribunes, sur le pré, dans les colonnes et sur les sites.

Jeune Gros Pardessus

« On ne sait pas si le rugby tue » (sic) titre L’Equipe.  Et le quotidien sportif de réunir les témoignages de ceux qui le redoute. Bel éventail : vraies inquiétudes – lâches défausses des petits-enfants des Gros Pardessus. Une suite de syllogismes qui parle à la fois d’un « jeu » et d’un « travail ».

Mais avec aussi, enfin, une vraie question. Non  plus celle, hypocrite, des « protocoles commotions », mais bien celle, urgente, de la modification des règles du placage. Ce placage qui est au cœur des interrogations quant à l’origine de la mort du jeune Louis Fajfrowski. Ce placage qui aurait, selon L’Equipe, été filmé et enregistré mais dont les images sont aujourd’hui tenues secrètes.

Le Dr Serge Simon, jeune Gros Pardessus,  pourrait-il, au plus vite, nous dire pourquoi ? Pourquoi, après avoir tant (et quelquefois si bien) parlé il se mure désormais dans un étrange silence.

A demain

Rugby : les Gros Pardessus auront-ils le courage d’interdire les plaquages thoraciques ?

Bonjour

Le hasard n’est-il, tout bien pesé, qu’une fatalité déguisée ? Le jour où cinq présidents gardaient le silence aux obsèques de Louis Fajfrowski, la World Rugby annonçait qu’elle autorisait l’expérimentation, dès cette saison, deux nouvelles règles du jeu dont « l’objectif est de préserver la santé du joueur » (sic).

Ces deux nouvelles règles sont le fruit de plusieurs mois de réflexions menées avec « tous les acteurs du rugby » au sein d’un « Observatoire médical ». Ces deux nouvelles règles « expérimentales » sont les suivantes :

« Introduction du « carton bleu » dans les championnats professionnels entraînant une sortie immédiate des joueurs présentant un signe évident de commotion cérébrale et le remplacement du joueur (sans limitation) ;

« Possibilité de remplacer tout joueur blessé, quel que soit son poste, par un joueur déjà sorti pour raison tactique (dans la limite de 4 joueurs par équipe). Auparavant, cette règle ne concernait que les joueurs de 1re ligne. »

Dans le cadre de cette dérogation une étude spécifique sera mise en place, destinée à suivre l’application de cette expérimentation.

Colosses qui se tamponnent

L’annonce tombe donc à point nommé pour répondre aux critiques virulentes de certains spécialistes comme le Pr Jean Chazal, neurochirurgien, très alarmiste sur les dangers que le rugby d’aujourd’hui fait courir aux joueurs et qui a justement été exclu pour cette raison du comité médical de la Fédération française de rugby. précise La Nouvelle République (Caroline Devos). Pour le Pr Chazal « le problème, c’est que les mesures prises sont des mesures qui interviennent en aval des commotions cérébrales ». « Je ne veux pas faire de polémique, précise-t-il. La Fédération et la Ligue ont beaucoup travaillé. Mais ces mesures n’agissent pas sur la cause des accidents. La cause, c’est que les joueurs sont surdimensionnés. Quand ils sont blessés, la médecine les répare et on les renvoie au feu. »

D’autres spécialistes expriment même plus clairement la question des méthodes employées par les joueurs pour gagner de la masse musculaire et qui, forcément, flirtent allègrement avec le dopage. L’ancien vice-président de la LNR Patrick Wolff estime ainsi qu’il faut « arrêter les demi-mesures ». « Le rugby n’est pas fait pour devenir un sport spectacle, ajoute-t-il, sûrement pas avec des colosses qui se tamponnent. Il faut être intransigeant dans la lutte antidopage. Il faut définir des règles plus strictes. »   

Fins des placages au dessus des shorts

Les Anglais, eux, ont opté pour un autre changement dans les règles du jeu qui sera expérimenté cette saison dans le championnat outre-Manche : la limitation de la hauteur des plaquages. On estime en effet que 47 % des blessures causées au rugby le sont sur ces phases de jeu. C’est d’ailleurs malheureusement après un plaquage  que le jeune rugbyman d’Aurillac est décédé. »

Les responsables du projet de surveillance des blessures du rugby professionnel, géré conjointement par la Fédération anglaise de rugby, l’Association des joueurs et la Ligue anglaise, avait officiellement transmis en mars dernier une demande à World Rugby afin de prendre des mesures pour limiter les commotions. Leur idée ? Réduire la hauteur des plaquages, qui sont principalement à l’origine de ces blessures.

« Pour étayer sa demande, le groupe explique que le nombre de commotions a nettement augmenté depuis deux ans (15,8 commotions pour 1000 heures de jeu en 2015-16 à 20,9 pour 1000 heures de jeu en 2016-17) et que ces blessures représentent 22% des maux recensés pendant les matches, dont 43% pour les seuls plaqueurs » soulignait alors L’Equipe. Le directeur du service médical de la Fédération anglaise de rugby, Simon Kemp dans The Telegraph :

«Pour faire simple, nous devons éviter les contacts tête contre tête, tête contre genou, tête contre hancheOn veut que le plaqueur entre en contact avec le porteur de balle de sa taille à sa ligne d’épaules. On peut réaliser ce changement de deux manières : soit en changeant la hauteur réglementaire du plaquage, soit en changeant le comportement des joueurs en augmentant la sanction pour les plaquages qui résultent d’un contact avec la tête.»

On peut aussi progresser plus rapidement encore dans le processus de réduction des risques et d’amélioration de la qualité du jeu offert : interdire et sanctionner toute forme de placage « au-dessus du short ».

A demain