Dopage, football et douleurs acceptées : après la finale du Mondial, voici le livre à dévorer

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Demain la finale. Et ensuite ? « Le Sport dans la Douleur : de l’Automédication au Mental » T. Bujon, F. Mougeot. Training. 2017. Presses Universitaires de Grenoble. 1 vol. 108 pp.

Exposé des motifs :

« La pratique intensive du sport expose les athlètes au risque de blessure et à des douleurs. Apprendre à gérer ces douleurs physiques et morales fait partie intégrante de la carrière des sportifs de haut niveau. Pour les faire disparaître, les atténuer, les soulager ou les contrôler, les jeunes athlètes sont conduits à consommer des antalgiques, à recourir à des traitements multiples et variés, mettant en danger leur santé. Ces pratiques se situent à la frontière entre le thérapeutique et le dopage.

« Cet ouvrage, basé sur des récits de jeunes sportifs, de leur entourage (parents, staff, médecins) et d’athlètes de haut niveau s’intéresse aux normes de santé que les sportifs transgressent, à leur perception de la douleur. Il se penche aussi sur leurs parcours de soins et leurs pratiques thérapeutiques, les risques qu’ils prennent et qu’on leur autorise à prendre au nom du sport et de la performance.

Il propose une réflexion renouvelée sur l’entrée dans le dopage et éclaire un phénomène émergeant : la consommation de médicaments antidouleur et des pratiques de Mental training dans le sport intensif. »

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Rugby, commotions et démences : que font Bernard Laporte et le Dr Serge Simon ?

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C’est une étude médicale implacable. Elle démontre que les commotions cérébrales augmentent le risque futur d’affections neuro-dégénératives et de maladie d’Alzheimer. Dans le même temps, le jeu de rugby devient de plus en plus violent. Jusqu’à quand ?

Lire la suite sur Slate.fr : « Commotions cérébrales : l’ovalie jusqu’à la folie »

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Traumatismes crâniens : quand les sports violents augmentent le risque de démence

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Il y a quelques années déjà un lien entre traumatismes crâniens (TC) répétés et augmentation du risque de maladie neurodégénérative avait été suspecté. On s’intéressait alors aux pratiquants professionnels de certains sports « de contact » (boxe, football américain et hockey sur glace notammen) ou à certains vétérans rentrés de théâtres de violents conflits armés. Quelques polémiques surgirent avant que le sujet ne soit abandonné. Pas assez d’effectifs, expliquaient les statisticiens, pour établir une relation de causalité.

Le sujet réapparaît aujourd’hui et de nouveaux argument devront être trouvés pour réfuter un tel lien : une vaste étude publiée dans The  Lancet Psychiatry établit que le risque de démence augmente avec le nombre et la sévérité des traumatismes crânien : « Long-term risk of dementia among people with traumatic brain injury in Denmark: a population-based observational cohort study ».

Ditigée par le Pr Jesse R Fann (Department of Psychiatry and Behavioral Sciences, University of Washington, Seattle) et financée par la Fondation Lundbeck cette étude a  été menée sur une cohorte danoise (près de 2,8 millions de personnes, pour un total de 27 632 020 personnes-années). Elle établit que les personnes ayant subi un TC ont un risque de démence augmenté de 24 %, et un risque spécifique de maladie d’Alzheimer augmenté de 16 %. Le risque est aussi augmenté (17%) même quand il s’agit d’un TC de sévérité moyenne (commotion cérébrale), avec une augmentation de 17 %.

L’Equipe et Midi Olympique

Cette étude est la première du genre à étudier ce phénomène sur un temps aussi long et sur un effectif de cette taille.  à suivre pendant un temps long un échantillon de taille suffisante. Entre 1977 et 2013, 4,7 % des 2,8 millions de personnes de la cohorte ont subi au moins un TC. Et entre 1999 et 2013, chez environ 4,5 % des personnes de plus de 50 ans on a vu apparaître une démence. Eélément plus que troublant : le risque augmente avec le nombre de TC, de 22 % avec un seul TC, jusqu’à 183 % (près de trois fois plus) avec cinq TC ou davantage.

D’autre part, plus la personne subit un TC tôt dans sa vie, plus le risque de démence s’élève. Et les auteurs montrent que les personnes qui ont été victimes des fractures traumatiques en dehors de la tête et du cou ne présentent pas de sur-risque de démence.

 « Il est important de signaler que même si le risque relatif de démence augmente après un TC, le risque absolu reste faible, souligne le Pr Fann. Nos résultats ne signifient pas du tout que toutes les personnes qui ont subi un TC vont développer une démence plus tard. Il suggère toutefois que des programmes de prévention des TC pourraient permettre de réduire le poids de la démence dans le monde.»

Pour l’heure le sujet a intéressé la BBC et Le Quotidien du Médecin. Il ne serait pas inutile de le voir traité, largement, dans L’Equipe et Midi Olympique.

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« Avec ses litres de pinard, le soir, c’était le démon incarné » (Marinette Pichon, L’Equipe)

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Résilience. Sport au sommet. Homosexualité assumée. Une triple « icône » : Marinette Pichon. Un symbole de notre époque. Marinette parle et c’est dans L’Equipe (Yohann Hautbois). 1 Une raison de plus pour ne pas désespérer de ce quotidien sportif.

Marinette Pichon, 42 ans, fut une joueuse football réputée. En octobre 2012, elle devint la deuxième femme homosexuelle en France à obtenir un congé de paternité pour la naissance de son fils que sa compagne avait porté et mis au monde. Football, homosexualité et alcoolisme. Triple « icône ». Le tout exposé dans un livre stupéfiant : « Ne jamais rien lâcher » (Editions First). Un livre justifiant le sujet de L’Equipe :

« Victime d’un père violent et alcoolique, l’ancienne attaquante des Bleues aurait pu sombrer mais, grâce au football, elle a trouvé la force de rebondir puis de se révéler. Elle témoigne dans un livre qui sort jeudi 4 avril. Dans sa jolie maison, au coeur de l’Essonne, Marinette Pichon a affiché son bonheur, partout : dans le couloir d’entrée, avec des photos de sa grande famille, sur le réfrigérateur où un calendrier réalisé par son fils Gaël côtoie un courrier de son école.

 « Sur le plan de travail de la cuisine, un verre de lait et une brioche avec de la confiture rappelle la douceur de sa vie familiale. Tout ne fut pourtant pas aussi rose durant son enfance. Elle le raconte dans son livre. L’ancienne internationale française (42 ans) n’élude rien : sa réussite aux États-Unis, où elle reste une icône, ses records, son homosexualité, la naissance de son fils par PMA. Ni, donc, son contexte familial extrêmement lourd.

« Victime, avec sa soeur et sa mère, d’un père violent, alcoolique et condamné à dix ans de prison pour viol, la meilleure buteuse de l’équipe de France féminine (81 buts en 112 sélections) s’épanouit aujourd’hui autant au conseil départemental de l’Essonne que comme consultante sur France Télévisions. »

Dans L’Equipe Marinette Pichon parle aussi de son père (mort le 14 janvier dernier). Elle en parle et l’on entend, au choix, Freud ou Zola. « Pour moi c’était un taré, un frustré des sentiments, dit-elle. On cherchait de l’amour, des gestes, un regard. On l’a cherché toute notre vie, jusque sur son lit d’hôpital. » Un père qui avait été condamné à dix ans de réclusion pour une agression sexuelle sur la grand-mère de Marinette.

« J’ai vu ma frangine prendre des raclées à ne plus pouvoir poser ses fesses sur une chaise. Dès que la porte était fermée, avec ses litres de pinard le soir, c’était le diable incarné ».

 Elle dit encore que l’écriture (avec le journaliste de France Télévision Fabien Levêque) « des choses sont remontées ». Elle dit aussi qu’avec sa compagne elle a eu un fils – via une PMA pratiquée en Belgique. » On peu être un parent isolé, handicapé, un couple homme-femme, homme-homme, femme-femme ey donner de l’amour à ses enfants. Il n’y a pas un seul schéma, ‘’un papa, une maman’’ ! Sauf un : un couple qui s’aime et des enfants qui héritent de ce bonheur et de cette affection. »

Une raison de plus, s’il en fallait, pour ne pas désespérer.

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1 On peut lire aussi, sur footofeminin.fr : « Marinette Pichon sort son autobiographie, un récit qui dépasse le football » (Vincent Roussel)

 

L’âge d’or du tabac à rouler. Autorisé à fumer dans le vestiaire d’une équipe de football

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Le temps passe et l’on songe au passé. On peut lire ceci sur le site des buralistes français : « Foot, geste de courtoisie envers le coach fumeur ». C’est une anecdote qui, portée par les « réseaux sociaux » prend, un instant, une dimension symbolique. Une anecdote fidèlement rapportée par L’Equipe :

« Battus 3-1 à Naples en seizièmes de finale aller de Ligue Europa le 15 février, les joueurs du Napoli se déplacent ce 22 février à Leipzig pour tenter de renverser la tendance. Si la tâche s’annonce ardue, le club de Naples souhaite être accueilli dans les meilleures conditions. C’est pourquoi il a adressé une demande particulière au club est-allemand : l’entraîneur italien du Napoli, Maurizio Sarri, aimerait disposer d’un espace dans le vestiaire pour fumer en présence de ses joueurs.

« Aussitôt dit, aussitôt fait : le quotidien allemand Bild rapporte que les Allemands ont construit un mur en béton de 3 mètres de haut et de large dans l’espace de massage des vestiaires visiteurs pour exaucer le vœu du technicien italien. Tout cela est payé par le Napoli. Le RB Leipzig a également désactivé les détecteurs de fumée dans le vestiaire des Italiens. Décidément, les Allemands sont de bons hôtes… »

Au temps de l’ignorance

On peut aussi, sur ce même site, rêver au passé d’avant la neutralité : « Quand le papier à cigarette s’affichait en couleurs ». Où l’on apprend qu’à l’occasion de ses trente ans, le musée du papier d’Angoulême propose  pendant quelques jours encore – jusqu’au 25 février une exposition d’anciennes affiches publicitaires incitant notamment à consommer du tabac. Un retour vers le temps des « réclames » et le passé industriel de la ville.

« Les affiches datent de la fin du 19ème et du début 20ème siècle, de l’âge d’or où le tabac porte des valeurs positives – ce temps d’ignorance a existé … – et ‘’la réclame’’ le magnifie, peut-on lire sur le site des buralistes.  Les grandes maisons françaises qui fabriquent du papier à rouler ont fait appel, dès cette période, à de grands affichistes de talent pour vendre leurs produits.

« L’élément essentiel de cette période est l’invention de la chromolithographie qui a permis de réaliser de très grandes affiches en couleur et donc d’avoir une publicité qui pouvait être posée sur des façades », explique Florent Gaillard, directeur du Musée du papier. Angoulême fut un temps célèbre pour ses fabriques de papier à cigarette. À l’époque, près de 6 000 personnes y travaillaient. Le temps passe, et l’on songe aux ignorances du passé.

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Violences et commotions cérébrales gagnent du terrain : le rugby singe le football américain

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Le vieux jeu de rugby traverse une phase bien sombre de son histoire. Loin d’évoluer en finesse il percute et régresse. C’est tout particulièrement vrai en France, pays dont le french flair s’est évaporé. Ancien ministre, l’actuel président de la Fédération est une nouvelle fois aux prises avec de bien sordides affaires d’image et d’argent. L’équipe nationale n’est plus, depuis longtemps, au rang qui fut le sien. Et les violences ne cessent de gagner du terrain.

Le Quotidien du Médecin (Damien Coulomb) nous apprend que la première réunion du « Grenelle pour la santé des joueurs professionnels » vient de se tenir au siège de la Ligue nationale de rugby (LNR), à Paris. « Les participants y ont commencé les travaux visant à formuler des propositions pour enrayer l’épidémie de blessures, de plus en plus graves, qui touchent les joueurs professionnels français » précise-t-il.

Pour le Dr Bernard Dusfour, président de la Commission médicale de la LNR, l’organisation de ce Grenelle est la suite des constatations faites lors des dernières phases finales du Top 14. « Nous avons connu cinq matchs avec une violence très importante, explique-t-il. Les langues se sont alors déliées dans la presse spécialisée : les joueurs, les médecins, les entraîneurs, et même un président de club se sont plaints du nombre grandissant de blessures et de commotions cérébrales. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité réunir tout le monde autour d’une table. »

Dix kg de muscles en plus

Et Le Quotidien du Médecin de donner des chiffres : sortie sur blessure au cours des matchs du Top 14 : 189 sorties lors de la saison 2012-2013, 235 en 2013-2014 et 265 en 2014-2015, soit une augmentation de 40 %. Le nombre total de blessures est quant à lui passé de 603 à 981 en deux ans. Selon les données de l’Observatoire médical de la fédération française de rugby (FFR) et de la LNR, la nature des blessures a aussi changé en 10 ans : davantage de blessures aux genoux (+104 % depuis 2012), à la cheville (+88 %), et de blessures du haut du corps (+72 % des traumatismes de l’épaule). Les chiffres des commotions cérébrales (+25 %), des saignements (+34 %) et des traumatismes de la face (+39 %) sont également très préoccupants. Sans surprise, les joueurs les plus exposés sont ceux de première ligne, les demis de mêlée et d’ouverture.

Comment être surpris ? « Les joueurs ont pris 10 kg de muscle et 30 % de vitesse en plus en moyenne au cours des 10 dernières années, précise le Dr Dusfour. Les phases dynamiques (ruck, plaquage…) ont pris l’avantage sur les phases statiques. Les impacts sont devenus tellement forts que l’on n’a plus besoin de donner un coup de poing ou de pied pour faire mal. » Où l’on voit une nette évolution vers le style (et les très inquiétantes séquelles cérébrales du football américain.

Il faut certes compter avec la procédure de « protocole commotion ». Or cette procédure ne prévient pas, par définition, la commotion elle-même. Et on estime que 30 % des joueurs souffrant de commotion restent à jouer sur le terrain alors qu’ils devraient être évacués.

« Carton bleu »

C’est dans ce contexte que l’on apprend, via l’AFP, que le « carton bleu » (via lequel un arbitre peut exclure un joueur en cas de suspicion de commotion cérébrale) va être expérimenté pour la saison qui débute en Fédérale 1 et Top 8 (l’élite féminine). L’annonce vient d’en être faite par la FFR. Le joueur désigné par ce « carton bleu » sera remplacé comme un joueur blessé et devra, avant de pouvoir rejouer, observer « un repos obligatoire, allant de 10 jours à plusieurs mois, en fonction des antécédents et après autorisation médicale ».

« Le pratiquant verra sa licence bloquée pendant dix jours, explique le Dr Thierry Hermerel, président du comité médical de la FFR. Pour qu’elle soit débloquée, il faudra que le joueur ou la joueuse passe chez son médecin traitant et qu’il remplisse sa déclaration de non contre-indication à la reprise du jeu avant que ce document soit envoyé à la fédération et que l’on puisse activer le déblocage de sa licence. »

Ce sont là de sages précautions. Pour autant on comprend mal qu’elles ne concernent pas l’ensemble des divisions et des licenciés. Pourquoi, Drs Hermerel, Dusfour (et Simon), cette inégalité de traitement ? Les innombrables joueurs des divisions inférieures méritent-ils moins d’attention que ceux qui, de ce jeu, ont fait une profession ?

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PSG et psychiatrie : un homme armé et criant «Allah Akbar» arrêté au pied de la Tour Eiffel

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Où vont se nicher les délires parisiens contemporains ? Qui décrypte, aujourd’hui, les nouveaux symptômes psychiatriques ? Où sont les Jean Oury d’aujourd’hui ? Hier 5 août 2017 peu avant minuit, Paris. La tour Eiffel y « arborait les couleurs du PSG ». Paris, Rome, le pain, les monuments, les jeux triomphants. « Coup de frayeur » : un homme porteur d’une « arme blanche » est interpellé par la police. Il tentait de forcer l’un des points de contrôle de sécurité de la « Dame de fer » vient de faire savoir la Société d’exploitation de la tour Eiffel à la presse.

L’homme était apparemment seul et a été « très rapidement maîtrisé et arrêté » par les forces de police présentes. La piste terroriste est pour l’instant écartée. « Le parquet de Paris  a ouvert une enquête de flagrance confiée au 3e district de police judiciaire, pour apologie du terrorisme et tentative d’homicide volontaire », a précisé une source judiciaire.

« Un homme a franchi un premier portique en bousculant un agent de sécurité d’un coup d’épaule. Il a ensuite sorti un couteau en criant ‘’Allah Akbar’’, confie la source habituelle dite ‘’proche de l’enquête’’. Des militaires de l’opération Sentinelle lui ont alors ordonné de poser son couteau à terre. Il l’a posé sans opposer de résistance et a été immédiatement interpellé. Il s’agit du « profil de quelqu’un qui a des antécédents psychiatriques » (sic) et qui est sorti d’une antenne de psychiatrie fin juillet. » Pourquoi « antenne » ?

Selon les premiers éléments, il s’agit d’un Français, né en août 1998 en Mauritanie. On ajoutera que la tour Eiffel, arborait (pour Neymar) les couleurs du PSG jusqu’à 1 heure du matin, qu’elle accueille ses derniers visiteurs jusqu’à minuit tous les jours de l’année et ferme ses portes à 00 h 45. Quant à l’immense PSG il avait, sans le génie brésilien, disposé du minuscule Amiens.

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