Denis Lalanne (1926-2019) journaliste, écrivain, chroniqueur historique du jeu de rugby

Bonjour

Une plume, un style, des combats, une élégance. Il est bien des manières de mourir. « Il m’a envoyé un courriel, il est allé au lit, et il s’est endormi ». Ainsi parle Lucien Mias dans L’Equipe (Philippe Pailhories). Dr Lucien Mias, 89 ans capitaine de l’équipe de France lors de la fameuse tournée de 1958 en Afrique du Sud, Lucien Mias – docteur Pack – grand animateur de troisième mi-temps -spécialiste de gériatrie. Mias nous parle de Denis Lalanne qui vient de mourir, à 93 ans.

Il est bien des manières de « monter à Paris » puis de devenir, de s’imposer, « journaliste sportif ». Né à Pau en 1926, il avait commencé sa carrière à La République des Pyrénées, avant de rejoindre Paris. Passé par Le Figaro, il avait ensuite rejoint L’Équipe, où il allait devenir une référence, couvrant pendant une quarantaine d’années le rugby, le tennis, le golf et parfois l’athlétisme, sport qu’il avait pratiqué. Retraité depuis 1991, il continuait à écrire de délicieuses chroniques pour Midi Olympique.

Denis Lalanne, rappelle L’Equipe, « était également connu et réputé pour ses talents d’écrivain ». En 1958, il avait publié Le Grand Combat du XV de France, livre culte de toute une génération d’amateurs de rugby qui racontait l’épique tournée estivale des Bleus de Lucien Mias en Afrique du Sud. Ce livre est devenu rapidement un best-seller, réédité à plusieurs reprises.

Il avait ensuite notamment écrit La Peau des Springboks, sur la tournée 1964, Le Temps des Boni où il racontait les frères Boniface, Rue du Bac qui évoquait son ami Antoine Blondin, il y a peu, le prophétique Dieu ramasse les copies. Ce roman, son dernier ouvrage, lui avait valu d’être lauréat du Prix de l’Académie Française, qui devait lui être remis le 12 décembre prochain. Ses obsèques auront lieu mercredi 11 décembre à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), en l’église Sainte-Marie, à 10h30.

«  Jadis le jeu, aujourd’hui le travail »

Le Dr Lucien Mias a largement inspiré Denis Lalanne dans l’écriture de son best-seller : « Le grand combat du quinze de France ». Les deux hommes ne se sont jamais perdus de vue depuis. L’Equipe (nous soulignons) :

Denis Lalanne a-t-il compté dans votre carrière de rugbyman, lui qui avait écrit à propos de votre fameux match de Johannesburg face à l’Afrique du Sud en 58 (victoire des Bleus, 9-5) : un match comme on n’en joue qu’un dans une vie ? – Pas seulement dans la mienne, dans celle de tous les joueurs de l’équipe de France.

D’abord ceux de 58 ? – Savez-vous qu’il était le seul journaliste français présent en Afrique du Sud ? Il avait cru en nous, je ne sais pas pourquoi, mais il avait eu envie de nous témoigner son soutien alors que tout le monde pensait que l’on ne méritait aucune attention après le Tournoi 57. Là-bas, il était tout le temps avec nous, il a bien vu le comportement de l’ensemble des joueurs lors de cette tournée, et il a dû penser que quelque chose avait changé dans ce beau pays. À partir de là, on est restés copain. À cette époque on jouait au rugby, maintenant on travaille.

Vous avez lu, bien sûr, son best-seller, « Le grand combat du quinze de France » ? – Avant qu’il n’écrive ce livre, ce genre de littérature n’existait que très peu ou alors ne marchait pas du tout. Il a pris ce risque, encouragé par Antoine Blondin (écrivain et chroniqueur de L’Équipe), puis tout le monde s’est ensuite engouffré dans ce sillage. Dans ce livre, quelque part, il nous faisait passer pour des limités du cerveau, mais ça ne nous dérangeait pas.

Étiez-vous toujours en contact ? – Il m’envoyait ses livres afin que je les critique. J’étais à ses 90 ans à Biarritz. C’est la dernière fois que je l’ai vu. La nuit dernière, il m’a envoyé un courriel. Puis il est allé au lit. Et il s’est endormi.

Un courriel ? – On s’échangeait des textes. Il me disait qu’il n’avait pas pu ouvrir mon dernier envoi.

Quelle image allez-vous garder de lui ? – C’était un gentil, comme Jean Cormier qui est parti lui aussi. Cette semaine, j’ai un cousin de 90 ans qui est parti lui aussi. Ce sera bientôt mon tour… Ce qui était paradoxal entre Lalanne et Cormier, c’est que l’un était moins fêtard que l’autre…

Jean Cormier (1943-2018) ou la fraternité. Jean Cormier et Denis Lalanne. Deux plumes, deux styles, bien des combats, deux élégances.

A demain @jynau

PS: Lire, dans Midi Olympique (9 décembre 2019) « La plume s’est envolée » de Jérôme Prévôt.

L’étrange histoire de l’athlète endormie qui a été dopée à l’EPO à l’insu de son plein gré

Bonjour

Qui doit-on croire ? 

L’athlète française Ophélie Claude-Boxberger, 31 ans, est une athlète française atypique et de grand talent. Fille du spécialiste des courses de fond, Jacky Boxberger. Une personnalité hors du commun :  

« Elle débute l’athlétisme en septembre 2001 après avoir pratiqué plusieurs sports : danse, équitation, tennis, escalade et gymnastique au niveau national. Parmi les meilleures minimes françaises sur 1 000 m en 3 min 3 s, elle se consacre plus à ses études — ce qui engendre une progression assez lente — ainsi qu’à la musique qu’elle débute à l’âge de 5 ans jusqu’à obtenir son diplôme au conservatoire de Montbéliard après plus de douze années de piano. Après avoir obtenu un baccalauréat scientifique avec mention en 2006, elle devient professeur d’éducation physique et sportive après avoir réussi le CAPEPS et un master langage et intervention en 2010 à l’Université de Besançon. »

 Devient ensuite spécialiste des douloureuses épreuves de demi-fond ; rapides progrès ; quatre titres de championne de France espoirs sur 800 m et 1 500 m ; deux sélections en équipe de France jeune ; cinq fois championne de France Élite sur 1 500 m et 3 000 m en salle ainsi que sur 3 000 m steeple ; neuf sélections internationales A avec l’équipe de France ; une sélection en équipe d’Europe.

Puis, catastrophe : contrôlée positive à la célèbre érythropoïétine (EPO) le 18 septembre dernier ; annonce faite un mois plus tard. Son domicile est perquisitionné ; le pôle santé du parquet de Paris ouvre une enquête préliminairepour « détention et utilisation de substances vénéneuses » et « aide à l’utilisation de ces substances ». Elle se retrouve impliquée dans une controverse liée au médecin de l’équipe de France d’athlétisme, Jean-Michel Serra, blâmé pour s’être plaint du trop grand nombre de contrôle subis par l’athlète – dont il évoquait la fragilité psychologique et dont il est le compagnon.

« Injection lors d’un massage durant lequel elle s’était endormie » 

L’athlète, depuis, ne cesse de clamer son innocence, de démentir avoir eu recours au dopage. Puis, rebondissement : les déclarations d’une personne de son entourage aux gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). Alain Flaccus, compagnon de la mère de l’athlète (et qui fait partie de l’encadrement sportif de celle-ci) a déclaré lui avoir injecté de l’EPO à son insu. Information communiquée au Monde des sources proches de l’enquête, confirmant une révélation de L’Equipe.

M. Flaccus était entendu dans le cadre d’une garde à vue de quarante-huit heures, dans les locaux de la gendarmerie de Montbéliard (Doubs) – tout comme l’athlète. Il a précisé avoir « piqué » Ophélie Claude-Boxberger avec une seringue d’EPO la veille de la fin de son stage en altitude à Font-Romeu (Pyrénées-Orientales) – et ce « lors d’un massage durant lequel elle s’était endormie ». Il a dit s’être procuré lui-même l’EPO.

Pour l’heure l’athlète est toujours suspendue par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Interrogée par l’Est républicain à l’issue de sa garde à vue, Ophélie Claude-Boxberger a dénoncé « une machination » : « J’ai enfin compris des choses, compris comment on avait retrouvé de l’EPO dans mon corps. Les faits sont là. Cette personne a profité d’un instant de faiblesse psychologique et physique. Il y aurait préméditation, volonté de nuire à ma carrière sportive et exercice illégal de la médecine (sic)».

Les déclarations d’Alain Flacus suscitent toutefois des interrogations chez les enquêteurs. L’intéressé a en effet changé plusieurs fois de version durant sa garde à vue. Ces nouvelles révélations n’éteignent d’ailleurs pas la procédure ouverte par l’AFLD, qui dit continuer « de mener l’enquête préalable à la saisine de la commission des sanctions ». « La sportive pourra apporter toute explication et tout élément matériel de preuve dans le cadre de sa défense », a expliqué l’instance dans une déclaration à l’Agence France-Presse.

Qui croira-t-on ?

A demain @jynau

Rugby: la psychologie de Sébastien Vahaamahina, mais pourquoi a-t-il perdu son sang-froid ?

Bonjour

Il y avait eu le célébrissime « coup de tête » de Zidane Zinédine (9 juillet 2006). Il y aura le tragi-comique « coup de coude » de Vahaamahina Sébastien (20 novembre 2019).  Une nouvelle fois, dans les médias, on a invoqué le « coup de folie ». Avant que l’homme ne soit voué aux gémonies par une large fraction de l’Ovalie. Et ce pour ne pas avoir, devant les caméras, su garder son sang-froid 1.

L’Equipe, quotidien sportif cherche à comprendre. Et invite Meriem Salmi à éclairer notre gouverne : elle est « psychologue du sport ». « Il voulait probablement trop bien faire et il s’est laissé emporter. L’homme a débordé du joueur. Il n’y a pas d’intervention volontaire de faire mais simplement un débordement émotionnel qui n’a pas du tout été géré ».

Autre psychologue appelé au chevet : Christian Ramos qui a travaillé avec la Fédération Française de Rugby. Il nous par le mécanisme réflexe, du cerveau reptilien qui sommeille en nous, « siège de nos instincts de survie ». Il nous parle aussi de néocortex, plus lent que le reptilien. Il nous dit aussi que l’harmonie n’est que « le juste équilibre entre les intelligences émotionnelles, rationnelles et situationnelles ».

Ni Hasard ni Fatalité

Une page plus loin, toujours dans L’Equipe, notre toujours excellent et sévère confrère Pierre-Michel Bonnot. Il ausculte d’autres profondeurs. Selon lui, ce jour là, c’est l’inconscient qui, structuré comme un coude, parla chez Sébastien Vahaamahina. Le désir, finalement, de rentrer à Clermont-Ferrand, la fatigue de jouer dans un quinze national depuis longtemps à côté de ses souliers et sous la coupe de ses dirigeants contestés.

« Coup de folie » ? Peut-être pas. Mais beaucoup de non-dits. Finalement, un bien beau cadrage-débordement réussi du vieux reptilien sur le jeune néocortex. Et la France qui perd son sang-froid et le match contre les Gallois.

A demain @jynau

1 Sang-froid : Aptitude à garder, en toutes circonstances, présence d’esprit et maîtrise de soi; cette même possession de soi-même. Synon. aplomb, assurance, impassibilité; anton. Affolement

« Le sang-froid est une vertu curieuse et on a raison de la vanter, bien qu’elle implique un certain mépris de l’homme et une grande considération pour la fatalité » (Chardonne, Claire, 1931, p. 143).

 

Qui a tué le boxeur Patrick Day, où sont les véritables responsables et pourquoi est-il mort ?

Bonjour

On parle ici de « noble art » Et l’on réécoute Graeme Allwright s’interroger sur la mort de Davy Moore. Nous sommes ici à la lisière du sport et du combat, de l’argent et du spectacle. A deux pas des gladiateurs, à un doigt de l’inacceptable. « 17 octobre 2019. AFP-. Le boxeur américain Patrick Day, qui était dans un état critique depuis le violent K.O. dont il a été victime, est mort à 27 ans mercredi 16 octobre des suites de sa lésion cérébrale, a annoncé le promoteur de combats Lou DiBella. «Patrick Day est décédé aujourd’hui, le 16 octobre 2019, des suites de la lésion cérébrale traumatique qu’il a subie dans son combat» des super-welters contre son compatriote Charles Conwell, indique le communiqué. «Il était entouré de sa famille, d’amis proches et de membres de son équipe, dont son mentor, ami et entraîneur Joe Higgins. Au nom de la famille de Patrick, de son équipe et de ses proches, nous sommes reconnaissants pour les prières, le soutien et les marques d’amour adressés à Pat depuis sa blessure», a poursuivi Lou DiBella. »

C’est au 10e round que Patrick Day avait « subi son K.O. », le 12 octobre, dans la Wintrust Arena de Chicago, après un « terrible crochet gauche » de Conwell, sa tête ayant heurté lourdement le tapis. L’homme avait déjà vacillé juste avant sur une droite de son adversaire. Le boxeur américain a aussitôt été évacué inconscient sur une civière et transporté à l’hôpital Norhtwestern Memorial de la ville, où il a ensuite subi en urgence une opération de chirurgie cérébrale. Dans le coma depuis, il se trouvait dans le service de soins intensifs de l’hôpital.

Le boxeur argentin Hugo Santillan est décédé en juillet après un combat à San Nicolas, au nord de Buenos Aires. Sa mort était survenue deux jours seulement après celle du Russe Maxim Dadashev des suites d’une lésion cérébrale subie au cours d’un combat contre le Portoricain Subriel Matias dans le Maryland. Dans son communiqué, le promoteur de combats DiBella a appelé indirectement les autorités à adopter des normes de sécurité plus strictes autour d’un combat de boxe. «Il est très difficile d’expliquer ou de justifier les dangers de la boxe dans un moment pareil, a-t-il déclaré. Cependant, l’heure est venue de passer à l’action. Bien que nous n’ayons pas les réponses, nous savons les nombreuses questions à poser et nous avons les moyens d’y répondre de manière responsable, pour rendre la boxe plus sûre pour tous les participants.»

Une boxe « plus sûre » ? Moins de sang versé ? Et l’on réécoute Graeme Allwright s’interroger sur la mort de Davy Moore.

A demain @jynau

Stades alcoolisés : de leurs effets sur l’altération des capacités d’un député macronien du Cher

Bonjour

Dans l’affaire, toujours pendante, des « stades alcoolisés » nous avions appris l’existence de François Cormier-Bouligeon. Député (LREM, Cher), 46 ans. Ancien socialiste (1990-2014) Ancien chef de cabinet adjoint du ministre de l’Économie Emmanuel Macron puis conseiller du ministre socialiste des sports Patrick Kanner, Au sein du groupe LREM, il figure parmi les partisans d’une laïcité républicaine stricte. Co-auteur d’un rapport original et intéressant remis il y a quelques mois au Premier ministre : « Faire de la France une vraie nation sportive ». 

M Cormier-Bouligeon est désormais assez bien connu de la communauté des addictologues comme étant le maître d’œuvre d’une proposition de loi fondée sur un « assouplissement de la loi Evin ». Une mesure permettant (#article18) une réalcoolisation des stades bien au-delà des seules loges VIP : c’est l’affaire des « stades alcoolisés ». Elle était plus ou moins en veille, un émissaire du Premier ministre étant parvenu à faire taire quelques opposants ignorant l’existence, en France, de la séparation des pouvoirs exécutif et législatif.

La force du ridicule

Et voici que l’affaire resurgit sur twitter. Porté par la Coupe du monde de rugby (il est « fan ») M Cormier-Bouligeon ose une liaison qu’un élève de sixième ne s’autoriserait pas : « Scandale ! En plein Japon, 2ème pays au monde en espérance de vie, de l’alcool en vente dans les stades #article18 »

F Cormier Bouligeon, @FCBDeputeduCher Député du Cher, Pdt Groupe d’et Sport de l’Ass. Nat. Comm. Des Aff  Culturelles La République en Marche  Fan de rugby et joueur du @XVParlementaire

Reprise de la balle twittée par William Lowenstein, président de SOS Addictions – puis beau cadrage-débordement mettant en lumière la pauvreté populiste du sophisme : « Scandale ! La population japonaise va décliner de 126 millions à 88 millions en 2065 : c’est à cause de l’alcool dans les stades #article18 » ; « Scandale ! Le Japon serait le premier pays au monde en espérance de vie si l’alcool n’était pas vendu dans les stades »

Essai de pénalité. On pourrait presque ajouter : « Le ridicule ne tue pas / Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort / Donc le ridicule nous rend plus fort »

A demain @jynau

Stades alcoolisés : reprise de volée de cent députés macronistes contre le pouvoir exécutif

Bonjour

Nous écrivions il y a peu que contrairement à la joie prématurée de trois joueurs mal préparés la partie des « stades alcoolisés » était loin d’être gagnée  . Le président de la Fédération française d’addictologie (FFA), le Pr Amine Benyamina, venait alors de rendre public ces lignes à lui adressées :

« Le Premier ministre tient à vous confirmer, ainsi que l’ont fermement exprimé Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Roxana Maracineanu, ministre des Sports, que le gouvernement n’envisage pas de modifier la réglementation en vigueur relative à l’interdiction de vente d’alcool dans les stades, telle qu’inscrite dans la loi Evin ».

Nous rappelions aussi que la séparation des pouvoirs fait que l’exécutif ne saurait étouffer la volonté du législatif. Et voici que la proposition de loi (longtemps tenue secrète) vient d’être enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale. On la découvrira ici : « PROPOSITION DE LOI visant à faire de la France une nation sportive ». Et ci-dessous les noms des cent-deux députés soutenant cette volonté 1.

Où l’on retrouve, bien présent, le désormais célèbre article 18 qui « vise à assouplir, de manière encadrée, l’application de la loi Évin dans les stades en étendant l’octroi d’autorisations temporaires de vente d’alcool aux sociétés sportives ». Il s’agit donc bel et bien, « d’assouplir  de manière encadrée » (sic) une loi qui perdrait alors un peu plus de sa substance au profit des grands alcooliers et de leurs publicitaires.

On attend, ici, la réaction des trois joueurs qui pensaient, trop tôt, avoir partie gagnée : Amine Benyamina (FFA), Bernard Basset (Anpaa) et Axel Kahn (Ligue contre le cancer). Puis la décision du juge-arbitre du Palais de l’Elysée.

A demain @jynau

1 François CORMIER-BOULIGEON, Cédric ROUSSEL, Belkhir BELHADDAD, Lénaïck ADAM, Fannette CHARVIER, Éric GIRARDIN, Pierre HENRIET, Alexandre FRESCHI, Sébastien CAZENOVE, Bertrand SORRE, Caroline JANVIER, Cathy RACON-BOUZON, Stéphanie RIST, Bertrand BOUYX, Jean-François PORTARRIEU, Hubert JULIEN-LAFERRIÈRE, Emmanuelle FONTAINE-DOMEIZEL, Stéphane MAZARS, Éric POULLIAT, Pascal BOIS, Patricia MIRALLÈS, Danièle CAZARIAN, Denis MASSÉGLIA, Stéphane BUCHOU, Vincent THIÉBAUT, Yannick KERLOGOT, Jean TERLIER, Fabienne COLBOC, Céline CALVEZ, Patrick VIGNAL, Yaël BRAUN-PIVET, Anne GENETET, Christophe BLANCHET, Christophe LEJEUNE, Stéphane CLAIREAUX, Saïd AHAMADA, Jean-Marc ZULESI, Jean-Marie FIÉVET, Olivier GAILLARD, Véronique RIOTTON, Hugues RENSON, Carole BUREAU-BONNARD, Florian BACHELIER, Stéphane TESTÉ, Corinne VIGNON, Philippe CHALUMEAU, Jean-Michel MIS, Sereine MAUBORGNE, Francis CHOUAT, Danièle HÉRIN, Stéphanie KERBARH, Jacqueline DUBOIS, Olivier DAMAISIN, Guillaume GOUFFIER-CHA, Martine WONNER, Michèle PEYRON, Béatrice PIRON, Jacques MARILOSSIAN, Nicole DUBRÉ-CHIRAT, Jean-Bernard SEMPASTOUS, Didier PARIS, Cécile MUSCHOTTI, Raphaël GÉRARD, Stéphanie ATGER, Sandra MARSAUD, Jean-François CESARINI, Patrice PERROT, Christine CLOAREC-LE NABOUR, Richard LIOGER, Isabelle RAUCH, Françoise DUMAS, Pieyre-Alexandre ANGLADE, Christophe JERRETIE, Fadila KHATTABI, Martine LEGUILLE-BALLOY, Daniel LABARONNE, Carole GRANDJEAN, Hervé BERVILLE, Gwendal ROUILLARD, Alain PEREA, Ramlati ALI, Laetitia AVIA, Nathalie SARLES, Didier BAICHÈRE, Grégory BESSON-MOREAU, Benoit POTTERIE, Yolaine de COURSON, Jean-Luc FUGIT, Christophe AREND, Liliana TANGUY, Frédérique LARDET, Catherine OSSON, Fabien GOUTTEFARDE, Alexandra VALETTA ARDISSON, Buon TAN, Damien ADAM, Pierre-Alain RAPHAN, Anne-Laure CATTELOT, Blandine BROCARD, Jean-Charles LARSONNEUR, Laurent SAINT-MARTIN, Sylvie CHARRIÈRE,

Alcools, gradins et loges VIP: pourquoi le gouvernement ne nous dit-il pas, enfin, la vérité ?

Bonjour

Revenons un instant sur le texte signé, dans Le Figaro, par les Drs Amine Benyamina*, Bernard Basset** et Axel Kahn*** 1. Un étrange papier dans lequel les auteurs se réjouissent « que pour la première fois depuis vingt-cinq ans d’attaques incessantes contre la loi Évin, les alcooliers aient connu une défaite ». La suite et, pourrait-on croire, la fin de  l’édifiante affaire politique des stades pré-alcoolisés et des VIP champagnisées.

Résumons.Trois députés macroniens  François-Cormier-Bouligeon député (LREM, Cher), 46 ans – Cédric Roussel député (LREM, Alpes-Maritimes), 46 ans – Belkhir Belhadad député, (LREM, Moselle, 50 ans) sont à l’origine d’une proposition de loi « sportive » qui alimente depuis peu une violente polémique sanitaire et politique. Ils ont été rejoints par plus de soixante de leurs collègues. Certains les ont, depuis, quittés.

Quant à leur proposition « portant diverses dispositions pour faire de la France une Nation sportive » (sic) enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale le 24 juillet dernier, elle n’est toujours pas sur le site dédié de cette dernière.

Une affaire close comme le laisserait penser le satisfecit du triumvirat du Figaro ? Nullement. Et tout laisse malheureusement penser que le tweet unique d’Agnès Buzyn, loin du clairon victorieux, pourrait bien signer la fuite en rase campagne devant les députés macroniens sportifs marchant au pas cadencé des alcooliers industriels. Et puis, hier, ce tweet explicatif d’Axel Kahn :

« L’article contentieux 13 du projet de loi sur le sport semble avoir été retiré, les ministres de la santé et des sports se sont engagées par tweets et interviews, l’Élysée semble avoir donné des assurances. »

Où l’on notera l’usage du verbe sembler. Un verbe fragile, délicat à manier 2.

Un article d’une proposition de loi retiré par ses auteur-députés ? Et ce à la demande du locataire du Palais de L’Elysée ? L’exécutif pesant sur le législatif ? Il semble que cela mériterait d’être vérifié. Et officiellement, haut et fort, confirmé. Par exemple par la ministre des Solidarités et de la Santé. Ou par le Premier ministre étrangement absent de ce dossier. On attend.

A demain @jynau

1 * Médecin psychiatre-addictologue, chef du département de psychiatrie-addictologie groupe hospitalier Paul-Brousse (AP-HP), professeur à l’université Paris-Sud, président de la Fédération française d’addictologie (FFA). ** Médecin spécialiste en santé publique, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa), administrateur de la Fédération française d’addictologie. *** Généticien, président honoraire de l’université Paris-Descartes, président de la Ligue nationale contre le cancer.

2 « Supposons deux corps électrisés; bien qu’ils nous semblent en repos, ils sont l’un et l’autre entraînés par le mouvement de la terre » (H. Poincaré, Valeur sc., 1905, p. 185).

« Pour tous les événements qui dans la vie et ses situations contrastées se rapportent à l’amour, le mieux est de ne pas essayer de comprendre, puisque, dans ce qu’ils ont d’inexorable comme d’inespéré, ils semblent régis par des lois plutôt magiques que rationnelles » (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 501).