Mégots et cendriers : les épineuses interrogations des buralistes français sur les feux de forêts

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« La question peut paraître saugrenue, mais quand même » peut-on lire sur le site des buralistes français. Saugrenue ? A coup sûr : une étude Ipsos menée pour Vinci Autoroutes (2 192 personnes du 14 au 18 juillet) révèle que plus d’un Français sur six avoue jeter des mégots par la fenêtre de son véhicule automobile. Et plus d’un sur trois avoue sans honte qu’il lui arrive d’envoyer (par cette même fenêtre) des déchets divers : papiers, emballages, mouchoirs, restes alimentaires, etc.

Pour ce qui est du « tabac au volant » près d’un Français sur cinq est radicalement inconscient : jeter un mégot par la fenêtre en conduisant est, pour cette fraction de nos compatriotes, un geste qui ne saurait avoir de graves conséquences environnementales. « Manifestement, la ‘’pédagogie’’ par les impressionnantes images de récents incendies ne suffisent pas, écrit le rédacteur estival du site des buralistes. Comme quoi, la prévention est un combat long, ingrat et obstiné. »

Et ce rédacteur de citer un commentaire pêché dans Le Parisien / Aujourd’hui en France : « Ce type de comportement est difficilement justifiable mais il est vrai qu’il peut être incité par la décision de la quasi-totalité des constructeurs de ne plus proposer de cendrier, ou alors de le faire en option ». C’est là, nous dit-on, un commentaire signé d’un journaliste « essayeur de la presse automobile ». Où il est démontré que toutes les sous-rubriques journalistiques n’ont pas disparu. Et que reste entière, sous les addictions, la question voisine de la boîte à gants. Celle de l’avenir d’un autre très noble et très vieil accessoire :  l’allume-cigare.

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Réduction de la nicotine dans les cigarettes américaines ; boulevard pour les électroniques

Bonjour

« Coup de froid sur les marchés financiers » annoncent, en tremblant, Les Echos. La Food and Drug Administration américaine vient d’annoncer ce vendredi 28 juillet 1 vouloir réduire le pourcentage de nicotine dans les cigarettes et ce jusqu’à atteindre « un niveau non-addictif » (sic).

Cette décision est justifiée par des raisons de santé publique et économiques. Selon la FDA, le tabac est responsable, chaque année, de la mort prématurée de 480.000 Américains, engendre une chute de la productivité et coûte plusieurs centaines de milliards de dollars par chaque année en soins médicaux.

Attaque nicotinique

« Réduire les niveaux de nicotine fait partie de notre plan pour lutter contre une addiction qui menace les familles américaines, vient d’expliquer Scott Gottlieb, nouveau patron de la FDA. A moins que nous ne rectifiions le tir, 5,6 millions de jeunes mourront prématurément à cause de leur consommation de tabac. » Impact immédiat sur les marchés financiers : en quelques heures le titre de Altria Group (anciennement Philip Morris) perdait 10% à Wall Street, tandis que British American Tobacco cédait près de 7%.

Réduire le pourcentage de nicotine ? « C’est la première fois que les autorités fédérales tentent d’encourager les Américains à arrêter de fumer en s’attaquant directement à la substance addictive, explique l’AFP. Jusqu’à présent, les mesures anti-tabac consistaient en des mises en garde contre les dangers du tabagisme sur les paquets de cigarettes, des taxes sur le tabac et des campagnes de dissuasion visant surtout les jeunes.» Scott Gottlieb :

 « Comme la nicotine est au cœur de tout le problème et que la solution est une question d’addiction, une partie de la stratégie de la FDA doit se concentrer sur les niveaux d’addiction de la nicotine dans les cigarettes combustibles (…) Notre approche de la nicotine doit s’accompagner d’une base sérieuse de règles et standards pour les produits nouvellement régulés. Pour y arriver avec succès, toutes les étapes doivent être franchies en concertation et non de façon unilatérale 

 « Envisager un monde où les cigarettes ne créeront ou n’entretiendront plus l’addiction – et où les adultes qui ont encore besoin ou souhaitent de la nicotine pourront l’obtenir de façon alternative et moins nocive – c’est la pierre angulaire de nos efforts. »

Décourager le public

On peut le dire plus simplement, comme le fait l’AFP : « les mesures dévoilées vendredi 28 juillet font partie d’un plan plus étendu visant à décourager le public de fumer des cigarettes conventionnelles et ce en faveur de produits contenant de la nicotine, mais moins nocifs, comme les cigarettes électroniques ». La FDA a d’autre part  décidé de faire conduire des études permettant de situer le rôle que peut jouer la cigarette électronique pour faire réduire la nocivité de l’acte de fumer. Comment ne pas saluer l’initiative ?

 « Précisons, souligne le site des buralistes français, que les États-Unis connaissent, ces dernières années, une baisse de la prévalence tabagique à un niveau sans précédent, avec seulement 15 % des adultes qui fument. Sans paquet neutre. » Agnès Buzyn lit-elle ce site ?

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1https://www.fda.gov/NewsEvents/Newsroom/PressAnnouncements/ucm568923.htm

 

De l’usage du « stress social » dans l’étude des racines de l’addiction à la nicotine

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Jusqu’à quelles extrémités faut-il aller chercher les racines biologiques de l’addiction tabagique ? Plutôt que de faire « baisser leur stress » (comme le pensent généralement les fumeurs) l’ingestion de nicotine augmenterait l’impact de celui-ci. C’est ce que semble démontrer, chez la souris, une étude qui vient d’être publiée dans Molecular Psychiatry : « Nicotinic receptors mediate stress-nicotine detrimental interplay via dopamine cells’ activity » ; une étude menée par des chercheurs du CNRS, laboratoire Neurosciences Paris-Seine et à l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire de Nice Sophia Antipolis.

C’est, pour tout dire, une démonstration assez sophistiquée dans laquelle on peine à tout englober. Ces chercheurs expliquent disposer de donnée montrant que bloquer les récepteurs nicotiniques des rongeurs s’opposent à la mise en place de la réponse au stress – ce qui indiquerait que ces récepteurs sont bel et bien impliqués dans les voies physiologiques du stress. Ces chercheurs montrent d’autre part que l’exposition à la nicotine augmenterait la sensibilité murine au stress.

« Nous avons utilisé un modèle de stress qui est le ‘’stress social’’, a expliqué au Quotidien du Médecin Philippe Faure, directeur de recherche au CNRS et co-auteur principal de l’étude avec Jacques Barik, maître de conférences à la faculté de Nice. Quand les souris sont placées avec un congénère dominant, une hiérarchie se met en place et la souris dominée est défaite. La répétition de ces défaites provoque, au bout d’environ dix jours, l’apparition de symptômes comportementaux de stress : les individus stressés évitent leurs congénères et montrent des signes d’anhédonie, caractérisés par le fait qu’ils sont moins attirés par l’eau sucrée. »

Anhédonistes

On rappellera ici que l’anhédonie est un symptôme qui caractérise l’incapacité d’un sujet à ressentir des émotions positives lors de situations considérées antérieurement comme plaisantes. Cette incapacité est fréquemment associée à un sentiment de désintérêt diffus. Ajoutons que ce néologisme a été proposé par Théodule Ribot en 1896 pour désigner l’insensibilité au plaisir. Traduit en anglais par anhedonia il a, dit-on, rencontré beaucoup de succès dans les pays anglo-saxons.

Exposez maintenant ces souris à un antagoniste pharmacologique des récepteurs nicotiniques alpha 7 : elles ne montrent plus ce type d’évitement social. On peut en conclure que l’expression des symptômes de stress nécessite les récepteurs nicotiniques. « Réciproquement, on observe que les symptômes de stress sont présents dès le premier jour de défaite si les animaux ont consommé de la nicotine, ou si on active ce récepteur alpha 7 : la nicotine potentialise donc les effets du stress, poursuit Philippe Faure au Quotidien. Il s’agit donc d’une boucle qui s’auto-entretient : on fume pour calmer les effets du stress, mais la nicotine aggrave au contraire ces effets… ce qui rend plus difficile encore l’arrêt du tabac. »

Et maintenant ? Les chercheurs expliquent devoir désormais confirmer chez l’homme ce qu’ils ont décrypté chez la souris. Trouveront-ils, sans mal, des volontaires ?

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Préposés de l’administration, les buralistes français s’attaquent aux radars automatiques   

Bonjour

C’est une jacquerie d’un type assez particulier, loin de celles des paysans bretons ou des vignerons du midi. Résumons. 430 radars automatiques ont durant la nuit du 20 au 21 juillet, été « bâchés » par 500 buralistes dans toute la France. Il faut voir là « une action symbolique pour protester contre l’annonce d’un paquet à 10€, prise sans concertation, juste avant les vacances, au moment où le tourisme des Français à l’étranger – là où le tabac est toujours moins cher – est à son apogée ».

C’est la première manœuvre visant l’annonce du « paquet à 10 euros », faite par le Premier ministre Édouard Philippe lors de son discours de politique générale du 4 juillet. « Annoncer une augmentation du paquet de cigarette à 10 euros, juste avant les vacances, alors que nombre de nos concitoyens s’apprêtaient à partir à l’étranger, c’est donner un véritable coup de pouce aux achats frontaliers et au marché parallèle. C’est la raison pour laquelle nous avons effectué cette opération symbolique, qui est la première de toute une série d’initiatives » explique Pascal Montredon, président de la Confédération des buralistes. Un responsable reçu il y a peu par Agnès Buzyn, ministre de la Santé.

 Un sac plastique 

Opération « symbolique » ? Les radars ont juste été recouverts d’un sac plastique, avec une affiche dénonçant le paquet à 10 euros. « Aucune dégradation n’a été effectuée. Notre objectif était avant tout d’attirer l’attention du Gouvernement, du Parlement et de l’opinion publique, précise Pascal Montredon. Car avec 27,1 % du tabac acheté en dehors du réseau en 2016, augmenter le prix du paquet de 43 % ne fera que pousser davantage de fumeurs à s’approvisionner aux frontières, sur Internet ou dans la rue. »

« Bâcher » les radars en convoquant les journalistes ? Avec quelles conséquences pratiques ? On rappellera que les buralistes ne sont ni des paysans ni des vignerons. Ils sont à la fois commerçants indépendants et préposés de l’administration. C’est l’Etat qui délègue la vente du tabac à ces professionnels, dans le cadre d’un monopole (chaque buraliste signant un traité de gérance avec Les Douanes). Une particularité qui explique que la profession commercialise aussi des produits réglementés comme les timbres fiscaux, les jeux de la Française des Jeux et du PMU, ou encore des produits de La Poste.

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Vapotage : Agnès Buzyn attend qu’on lui démontre qu’il peut être utile pour la santé publique

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Pouvoir politique, santé publique et cigarette électronique. Voilà une petite vidéo qui en dit assez long. Olivier Véran y interroge Agnès Buzyn, ministre de la Santé, un poste qu’aurait pu occuper le premier. Faute d’avoir eu cette promotion il est aujourd’hui député (Isère) du parti du président. Olivier Véran et Agnès Buzyn ont, tous les deux, été des médecins hospitaliers.

« J’interrogeais hier en Commission des Affaires Sociales la Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, sur la place du vapotage dans la lutte contre le tabagisme et sur les régimes structurels à expérimenter dans les territoires pour financer les soins au parcours, en stimulant et en accompagnant les professionnels de santé dans leurs prises d’initiative » nous précise Olivier Véran.

Restons sur le vapotage. « Je voulais connaître, madame la Ministre, votre position personnelle sur la place du vapotage comme outil de lutte contre le tabagisme. Les dernières directives, quand elles ont été transposées en France, ont créé de l’émoi dans la communauté, très active, des vapoteurs qui craignent un retour en force de l’industrie du tabac dans ce secteur particulier qui est un outil de sevrage tabagique efficace. »

« Je ne me suis pas battue »

Que répond la ministre ? Que, spécialiste de cancérologie, elle a eu, sur le vapotage, des avis qui ont évolué au cours du temps. Qu’elle est « rarement dogmatique » et qu’elle fonde ses avis sur des « analyses de la littérature ». « Il fut un temps, dit-elle encore, où des études montraient que le vapotage réduisait le nombre de cigarettes fumées mais ne permettait pas l’arrêt du tabac. Or, en cancérologie, ce qui compte dans le tabagisme, c’est d’arrêter de fumer ; car c’est la longueur du tabagisme plus que le nombre de cigarettes fumées. Donc le vapotage n’apportait absolument pas le bénéfice que l’on souhaitait (…). Donc je ne me suis pas du tout battue pour que le vapotage soit favorisé. On avait, en plus, un certain nombre de doutes quant à la qualité des produits utilisés. »

C’était avant. Et maintenant ? « Moi, je suis la littérature scientifique. Si on me démontre maintenant que le vapotage est utile, je changerai éventuellement la façon dont il est encadré en France. En fait je n’ai pas d’avis personnel sur le sujet. »

Un appel du pied

A ce stade on peut, comme toujours désespérer du politique ; ou s’indigner que la ministre de la Santé ne soit pas pro-active, qu’elle ne réclame pas (à l’Inserm, par exemple) de mener au plus vite les études qui établiraient ce qu’il en est de ce formidable levier contre la « principale cause de mortalité évitable ». Ne pas comprendre qu’elle ne s’inspire pas du modèle britannique…

Mais on peut aussi observer le principal progrès : après le long aveuglement mutique de Marisol Touraine voici une ministre qui entrouvre la porte à un possible changement. Comme une promesse de mea culpa politique de l’exécutif.

Résumons: faute d’user des pouvoirs médicaux et scientifiques qui sont désormais les siens Agnès Buzyn attend qu’on lui apporte des preuves de l’intérêt du vapotage en termes de réduction du tabagisme et de progrès pour la santé publique. On peut imaginer que cet appel du pied ne sera ignoré ni de la communauté, très active, des vapoteurs ni de celle, également dynamique et éclairée des spécialistes de la lutte contre les addictions et pour la réduction des risques. On pourrait aussi espérer que le député Véran, bien au fait su sujet, suive au plus près l’évolution de ce dossier.

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Tabagisme : que va bien pouvoir dire Agnès Buzyn à la Confédération des buralistes ?  

Bonjour

Voici l’agenda officiel de la ministre des Solidarités et de la Santé, pour ce mercredi 19 juillet.

08h30 : Rencontre avec la Confédération des Buralistes ; 10h00 : Conseil des Ministres (Palais de l’Elysée) ; 15h00 : Questions au Gouvernement (Assemblée nationale) ; 16h00 : Suite de la discussion, après engagement de la procédure accélérée, du projet de loi d’habilitation à prendre par ordonnances les mesures pour le renforcement du dialogue sociale (Assemblée nationale). Jeudi 20 juillet & vendredi 21 juillet : « Déplacement à Tallinn (Estonie) à l’occasion d’une réunion informelle des ministres européens de la santé. »

Le premier rendez-vous de la matinée du 19 juillet n’a pas échappé aux veilleurs du site des buralistes français. « Agnès Buzyn aura un entretien avec Pascal Montredon, Jean-Luc Renaud (secrétaire général) et Michel Guiffès (trésorier), précisent-ils.  En pleine polémique sur le paquet à 10 euros, les sujets ne vont pas manquer. La Confédération étant en attente de réponses sur plusieurs points : un calendrier concernant la hausse « progressive » annoncée ; la définition d’un plan précis de lutte contre le marché parallèle. »

Que peut dire aux buralistes une ministre de la Santé plus que consciente de la nocivité de leur commerce légal ? Quatre-vingt mille morts prématurées évitables chaque année… Et ensuite… ? Pourquoi ne pas les recevoir avec le ministre de l’Economie, avec le Premier ministre et le charismatique président de la République ?

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Mortalité prématurée : quand un géant du tabac s’amuse à jouer avec le conflit d’intérêts

Bonjour

Sans être un scoop au sens strict, c’est une bien belle révélation. On la trouvait ce matin en feuilletant, à la terrasse du Celtic, les pages squelettiques du vieux Figaro. Un papier du jeune Cyrille Vanlerberghe. Une histoire tordue comme on n’en imaginait plus. Une affaire révélée par une association presque oubliée (« L’Alliance contre le tabac ») dénonçant les courriers envoyés par British American Tobacco aux « acteurs français de la santé publique ».

« C’est une opération de lobbying très organisée, une stratégie classique de l’industrie du tabac. Depuis des décennies, ils font tout pour semer la confusion et continuer à vendre leurs produits », clame (au téléphone du Figaro) le Pr Bertrand Dautzenberg spécialiste de pneumologie (Pitié-Salpêtrière, AP-HP) par ailleurs et secrétaire général de l’Alliance contre le tabac et militant de longue date contre ce fléau étatisé.

Le Pr Dautzenberg est particulièrement irrité par la lettre que lui a adressée Eric Sensi-Minautier, directeur des affaires publiques, juridiques et de la communication de British American Tobacco (BAT). Le courrier du représentant du groupe « leader mondial du tabac » a été adressé en recommandé (avec accusé de réception). Il demande simplement à rencontrer le Pr Dautzenberg. Pourquoi ? Parce que le temps est venu « de changer de logiciel quant à la lutte contre le tabagisme».

Dialoguer ? 

Selon Le Figaro le courrier envoyé au célèbre pneumologue parisien fait partie d’une vaste campagne de communication, auprès de nombreux médecins, pneumologues mais aussi psychiatres (addictologues). « Depuis le 11 juillet 2017, tous les acteurs de la lutte contre le tabac impliqués dans le domaine de la réduction des risques, reçoivent une lettre recommandée de British American Tobacco, le cigarettier le plus agressif, les invitant soi-disant au dialogue », fulmine le Pr Dautzenberg, qui a publié sur le réseau social Twitter un fac-similé du courrier.

« Dialogue » ? Le géant-cigarettier veut « accélérer le basculement des fumeurs vers des modes de consommation à moindres risques [tabac-chauffé]». Comment résister à une entreprise qui pourrait « sauver des vies » ? Pourquoi ne pas nous aider, cher Professeur, à faire la promotion des instruments du tabac chauffé, sans combustion, cette perversité grandie dans l’ombre des volutes de la vape ? Nous parlons ici de Ploom de Japan Tobacco, d’Iqos de Philip Morris et de Glo de BAT.  Vous serez, cher Professeur, gratifié.

Bercy, Matignon, Ségur, Orléans, Beaugency…

Le professeur a (parfois) la mémoire qui s’attache à son titre. Le Pr Dautzenberg se souvient quant à lui que la même logique de « santé publique » avait été mise en avant il y a plus de cinquante ans lors de la mise sur le marché des premières cigarettes avec filtre, présentées comme bien moins irritantes pour la gorge par des milliers de médecins américains. Une réalité qui cachait un risque toujours important : « du fait de cette moindre irritation de la gorge, la fumée était inhalée plus profondément dans les poumons, faisant exploser le risque d’emphysème et de cancer de type adénocarcinome, tout aussi dangereux que les cancers des grosses bronches», explique-t-il à notre confrère.

Sans être un scoop au sens strict, c’est une bien belle révélation du Figaro. Où sont, ici, les responsables des institutions sanitaires nationales ? Où est Bercy ? Où est Ségur ? Où est Agnès Buzyn ? Où sont, l’Hôtel Matignon et le Palais de l’Elysée quant à une affaire qui table, au bas mot et depuis des années, sur 80 000 morts annuelles, à la fois évitables et prématurées ?

A demain