Virus du pouvoir: pendant l’épidémie Agnès Buzyn a toujours envie de la mairie de Paris

Bonjour

Il y a peu elle rêvait d’Union européenne. Puis était restée à Paris. Aujourd’hui elle est sur tous les fronts, celui de la réforme des retraites, celui des colères hospitalières, celui de la érvision de la loi de bioéthique, celui de la nouvelle épidémie. Sans oublier les omniprésences médiatiques. Agnès Buzyn était l’invitée du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro du dimanche 26 janvier 2020.

Trente minutes sur le coronavirus. Puis on a invité le dessinateur Jul. Il joue le rôle du bouffon. Demande « si le coronavirus chinois se présentera à la mairie de Paris ». « Une mutation monstrueuse » prévient-il. Et puis Jul a droit à une question. Il rappelle que la ministre en titre est issue du sérail médical. Que tout le monde espérait qu’elle pourrait, à ce titre, « faire quelque chose pour l’hôpital ». Et le dessinateur d’interroger sur l’existence d’un autre virus, autrement plus virulent : le « virus du pouvoir et de la politique ». Un agent pathogène qui a déjà touché d’autres membres du gouvernement, un gouvernement au sein duquel, désormais, il circulerait. Agnès Buzyn, qui n’est guère là où on l’attendait, est-elle atteinte ? « Etes-vous malade ? »

« – Bon …. Moi, le virus que j’ai, c’est celui de l’action, répond Agnès Buzyn. Objectivement je suis en action depuis deux ans pour réformer le système de santé français dont je sais qu’il est malade. C’est d’ailleurs pour çà que j’ai accepté (…) »

Quelques minutes plus tard, autre sujet, la mairie de Paris. Epidémie ou pas, elle en a envie. «Paris, c’est ma ville. J’y suis née, j’y ai habité pratiquement toute ma vie», déclare Agnès Buzyn, disant avoir «des choses à apporter» et «plein d’idées» notamment sur les questions de solidarités, de santé et d’accès aux soins. Elle tacle Anne Hidalgo. «Le projet de Benjamin Griveaux est un bon projet, il a énormément travaillé, il est légitime, il a des propositions très concrètes. Donc j’ai envie de rejoindre la campagne de Benjamin Griveaux. » Tout en restant concentrée sur ses dossiers.

On ose, enfin, lui demander si la crise des hôpitaux n’a pas affecté son crédit politique. Si elle ne fera pas les frais du prochain remaniement. Elle répond qu’elle est en train de résoudre la crise. Puis annonce une nouvelle mesure sanitaire : le prix du tabac à rouler va augmenter. Quand ? Avant la fin du quinquennat.

A demain @jynau

Quatre millions d’euros publics pour dénormaliser le tabac. Zéro pour la cigarette électronique

Bonjour

C’est une invitation de L’Alliance contre le tabac, regroupement de 25 organisations de lutte contre le tabagisme : rendez-vous le mardi 28 janvier 2020 à la troisième édition « rencontres associatives ouvertes au public ». Hôtel Best Western Ronceray Opéra, 10 boulevard Montmartre, 75002 Paris. De 9h à 16h45 (café d’accueil dès 8h30 / cocktail déjeunatoire offert). Attention : « cette conférence n’est pas ouverte aux personnes ayant des liens avec l’industrie du tabac ». Pitch :

« Cette conférence réunissant acteurs de la société civile, experts de santé publique, décideurs politiques, lobbyistes sera animée autour de quatre sessions et permettra d’amorcer, au cours des interventions et échanges avec le public, une réflexion pour repenser le « storytelling » et les modalités de communication des acteurs de la lutte contre le tabagisme à la faveur de la poursuite de leurs objectifs. »


Cette manifestation s’isncrit dans le cadre du « pré-lancement d’un projet triennal ambitieux porté par l’Alliance pour 2020-2022 ». Il s’agit de la « dénormalisation du tabac » en France, un programme financé par le Fonds de lutte contre les addictions. L’Alliance contre le tabac souhaite désormais « s’attacher à changer en profondeur l’image du tabac ». Méthode :

« A cette fin, le projet porté par l’Alliance vise à renouveler le discours dénonçant les actions de l’industrie du tabac tant par l’abord de nouveaux thèmes que par l’utilisation de méthodes de communication renouvelées. Pour atteindre cet objectif de dénormalisation, l’Alliance va s’investir dans le champ des relations publiques, très utilisées et avec succès, par l’industrie du tabac depuis plusieurs décennies pour semer le doute sur la dangerosité de ses produits et attirer, toujours plus, de jeunes consommateurs : les relations publiques changent de camp et se mettent maintenant au service de la lutte anti-tabac ! »

Vapoter, c’est renormaliser ?

Tout cela ne va pas sans le recours au jargon : « L’objectif de l’Alliance est de coupler ses actions auprès des législateurs et des acteurs de santé publique avec une approche grand public diversifiée, prenant en compte le profil des personnes ciblées (les jeunes, les femmes) pour faire chuter la prévalence tabagique en France et aboutir à une première génération sans tabac dès 2032. Repenser la stratégie de positionnement et s’approprier les modalités d’action de l’industrie du tabac pour inverser la tendance à la faveur de la lutte contre le tabagisme ».

Tel sera le sujet des débats du mardi 28 janvier 2020. Où la cigarette électronique sera exclue des échanges – ce qui ne manque pas d’interroger. On lira, sur ce point, le texte publié en décembre dernier, par Vap’you (Sébastien Béziau) : « Le pactole pour Alliance Contre le Tabac : près de 4 millions d’euros sur le Fond addictions ! ». Extrait :

« En soi, “dénormaliser” la consommation de cigarettes n’est pas un mauvais sujet. Le problème, c’est la manière de le faire. On imagine qu’avec près de 4 millions d’euros l’Alliance Contre le Tabac va pouvoir mener de nombreuses actions. Lesquelles ? Mystère. Mais ce qui inquiète c’est le périmètre de ce que l’Alliance Contre le Tabac considère comme de la dénormalisation (du tabac). En effet, ses porte-paroles ne manquent jamais une occasion de rappeler leur position idéologique par rapport au vapotage. Pour eux, vapoter dans les lieux publics contribue à la renormalisation de l’acte de fumer, c’est écrit noir sur blanc dans ce communiqué. On peut alors légitimement se demander si le projet contient des actions de stigmatisation et de coercition envers les vapoteurs. »

Ainsi « vapoter » serait « renormaliser » ? Faire une croix sur le tabac serait faire la promotion de ce dernier ? Jésuites et radicalisés apprécieront le sujet. Les vapoteurs seront-ils autorisés à entrer, le 28 janvier prochain, à l’Hôtel Best Western Ronceray Opéra (1) De 9h à 16h45 (café d’accueil dès 8h30 / cocktail déjeunatoire offert) ?

A demain @jynau

1 On appréciera le cliché : « Hôtel Best Western Ronceray Opéra »

Alcool-tabac et mort subite du nourrisson: le gouvernement est désormais attendu au tournant

Bonjour

Santé publique. C’est une publication médicale et scientifique à haute valeur politique. On peut la découvrir dans EClinicalMedicine un journal en ligne du Lancet : « Combined prenatal smoking and drinking greatly increases SIDS risk ». Sans confondre corrélation et causalité force est bien d’observer la conclusion chiffrée : passé le premier trimestre de la grossesse, les effets de l’alcool et du tabac s’additionnent et augmentent de manière significative le risque de mort subite du nourrisson avant un an.

Ce travail a été dirigé par le Pr Amy J. Elliott (Avera Health Center for Pediatric & Community Research in Sioux Falls, South Dakota). Il a été mené sur la base des données de la « Safe Passage Study », une étude observationnelle multicentrique (États-Unis et Afrique du Sud) – 10 088 femmes et 12 029 fœtus. Parmi ces derniers, 94,2 % ont été suivis jusqu’à l’âge d’un an. Soixante-six sont décédés : vingt-huit  d’un syndrome de mort subite et trente-huit d’autres causes identifiées.

« Le syndrome de mort subite du nourrisson est la principale cause de mortalité post-néonatale. La recherche des causes et des facteurs de risque demeure un problème de santé publique majeur », notent les auteurs cités par Le Quotidien du Médecin (Chralène Catalifaud).

« Notre travail est la première étude prospective à grande échelle à étudier de près l’association entre l’exposition prénatale à l’alcool et au tabac et le risque de mort subite du nourrisson, explique le Pr Elliott. Nos résultats suggèrent que les expositions combinées à l’alcool et au tabac ont un effet synergique sur le risque : la double exposition est associée à un risque considérablement plus élevé que l’une ou l’autre exposition seule. »

Le risque de mort subite du nourrisson est multiplié par 11,79 lorsque la mère déclarait avoir bu et fumé après le 1er trimestre de grossesse – par rapport aux enfants nés de femmes n’ayant pas bu d’alcool ni fumé ou n’ayant été exposées qu’au cours du premier trimestre. Chez les enfants dont la mère a uniquement bu mais au-delà du premier trimestre, le risque est multiplié par 3,95, et chez ceux dont la mère a fumé, au-delà du premier trimestre, le risque est multiplié par 4,86.

Importance vitale

« Ces résultats fournissent encore plus de preuves de l’importance vitale de l’environnement prénatal précoce pour des résultats postnatals sains, concluent les auteurs sur ScienceDaily. Dans la mesure où de nombreuses femmes cessent de boire et de fumer seulement après avoir appris qu’elles sont enceintes, cette étude plaide fortement pour le dépistage de la consommation de substances au début de la grossesse et pour les interventions les plus précoces possibles. Elle appelle également à un renforcement des messages de santé publique concernant les dangers de la consommation d’alcool et de tabac pendant la grossesse et chez les femmes qui envisagent de devenir enceintes. »

Agnès Buzyn et les autorités sanitaires françaises entendront-elles ce message ? A quand, sur les paquets de cigarettes, la mention « mort subite du nourrisson » ? Et quid de l’information pour ce qui est des boissons alcooliques ?

« Voilà plus de deux ans que le chantier de la visibilité du pictogramme préventif « Femme enceinte » sur les bouteilles est à l’arrêt complet, rappelle aujourd’hui Le Monde au terme d’une longue enquête politique et addictologique (Pascale Santi et Stéphane Horel). Le ministère de la Santé propose une silhouette en noir et blanc et un cercle barré en rouge à l’arrière des bouteilles, d’une taille allant de 12 à 15 mm. Le secteur, lui, s’oppose à ce qu’il qualifie publiquement de « logo mortifère ». Il plaide contre « les coûts engendrés par une impression en couleurs pour les petits exploitants », selon le ministère, qui a fini par concéder la monochromie à ces derniers. Malgré d’autres concessions comme un délai de mise en œuvre, les alcooliers refusent catégoriquement d’aller au-dessus de 8 mm. »

Que répond au Monde (par mail) l’entourage d’Agnès Buzyn ? Que le « plan » des alcooliers « n’a pas fait l’objet d’une validation des pouvoirs publics ».« La prévention est une compétence portée résolument par le ministère et une priorité assumée de la ministre.Les objectifs et moyens mis en œuvre relèvent donc de la puissance publique, même si les producteurs sont invités à prendre leur part de responsabilité » (sic).

On attend donc, ici, la  décision de la puissance publique quant à l’information à donner sur le risque de mort subite du nourrisson.

A demain @jynau

L'Etat va-t-il détruire les sept tonnes de tabac (2,4 millions d’euros) de l’autoroute A54 ?

Bonjour

A chaque saisie des douanes, la même question dérangeante. Elle concerne aujourd’hui  un peu plus de sept tonnes de cigarettes. Une saisie spectaculaire effectuée dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 janvier lors d’un contrôle routier au niveau du péage d’Arles. Les cigarettes étaient situées « dans un camion en transit depuis l’Espagne vers l’Italie » a précisé à l’AFP la vice-procureure de Tarascon, confirmant une information de La Provence. Une information judiciaire a été ouverte et le conducteur du camion, de nationalité italienne, mis en examen.

Le ministère de l’Action et des Comptes publics a ensuite publié un communiqué donnant plus de précisions – communiqué  reproduit intégralement sur le site des buralistes :

« Le 3 janvier à 23h30, les agents des douanes de la brigade d’Arles en contrôle sur l’autoroute A54 ont ciblé un ensemble routier immatriculé en Slovénie circulant en provenance d’Espagne

« L’ouverture des portes du chargement a permis la découverte de palettes filmées avec du film transparent. L’examen de l’un des cartons a permis de constater la présence de couvercles de casseroles, conformément aux indications mentionnées sur le document de transport présenté par le chauffeur. Les douaniers ont néanmoins décidé d’approfondir le contrôle et ont demandé au chauffeur d’accéder à la totalité du chargement. L’accès au côté latéral du camion a permis aux douaniers de constater la présence de 22 palettes de cartons filmées cette fois avec du film plastique noir, contenant chacun 32 cartons de 50 cartouches. »

Au total, les douaniers d’Arles ont dénombré plus de 35 200 cartouches de cigarettes pour un poids total de 7 tonnes de tabac. La valeur à l’achat de ces cigarettes est estimée à plus de 2,4 millions d’euros. Le chauffeur ? « Il n’a pas pu présenter de document justifiant l’origine de ces cigarettes » (sic). Aussi a-t-il a été placé en retenue douanière le temps de la procédure douanière. Sur instruction du tribunal judiciaire de Tarascon, l’enquête a été confiée au service d’enquêtes judiciaires des finances de Nice.

Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics : «Je tiens à féliciter les douaniers de la brigade d’Arles qui ont démontré une nouvelle fois leur forte implication dans la lutte contre la contrebande de cigarettes. En 2020, la lutte contre ce commerce illicite de tabac est plus que jamais une priorité gouvernementale dont la douane constitue le bras armé ».

Reste la question à laquelle le ministre de répond pas : que vont devenir ces sept tonnes de cigarettes ? Partir en fumée ? Et comment ?

A demain @jynau

Lutte contre le tabagisme : au 1er janvier, augmentation de la rémunération des buralistes

Bonjour

Seuls quelques spécialistes peuvent, sans doute, comprendre la logique sous-jacente de la lutte menée par l’exécutif contre l’addiction au tabac. C’est un message du site des buralistes : conformément au « Protocole d’accord sur la Transformation des buralistes », la rémunération des buralistes sur la vente du tabac augmentera de 0,10 point à partir du mercredi 1er janvier. Référence est faite ici à un accord datant de deux ans qui confirmait un accord précédent (novembre 2016).

En pratique la rémunération nette des buralistes sur le tabac passe donc à 7,90 % contre 7,80 %. Cette rémunération a augmenté de 0,60 point début 2017 (à 7,50 %), de 0,20 point début 2018 (à 7,70 %) et de 0,10 point début 2019 (à 7,80 %). Elle augmentera, à nouveau, de 0,10 point au 1er janvier 2021 : de sorte que la rémunération nette sur le tabac sera alors de 8 %.

Intérêts et principal

« Rappelons encore que la remise nette tabac était de 6 %, il y a 11 ans, peut-on lire sur le site des buralistes. Et qu’elle est passée à 6,50% en 2012. Soulignons aussi que, par rapport aux turbulences provoquées par le niveau des prix actuels du tabac, le Protocole d’accord sur la Transformation des buralistes dispose aussi d’une remise transitoire trimestrielle. Pour tout buraliste connaissant une chute, en valeur, de plus de 15 % de ses livraisons tabac sur un trimestre (par rapport au même trimestre de l’année précédente), une rémunération supplémentaire de 0,8 point (en plus de la rémunération courante) est versée sur le trimestre concerné. »

On voit mal, dans ce contexte, l’intérêt que peuvent porter les buralistes à rédire leurs ventes d’un tabac dont le prix (par ailleurs) augmente.

Combien sont-ils, les spécialistes, qui pourraient nous expliquet la logique sous-jacente de la lutte menée par l’exécutif contre ce fléau esclavagiste qu’est l’addiction à une substance légale fortement taxée par l’Etat ?

A demain @jynau

Mourir de la e-cigarette ? La vérité sur la «maladie sans nom» est publiquement dévoilée

Bonjour

Le rideau est enfin levé; un nom nous est donné. Spécialistes et observateurs affûtés le pressentaient mais l’affaire peut enfin être expliquée au plus grand nombre comme, fort heureusement  aujourd’hui dans les colonnes du  Figaro (Cécile Thibert).

Le contexte : depuis le début de l’été, les États-Unis font face à une épidémie sans précédent de cas d’atteintes pulmonaires graves et atypiques, parfois mortelles. Selon les derniers chiffres publiés par les CDC américains (Centers for disease control and prevention), 54 personnes sont décédées et on recense 2506 hospitalisations. « L’arme du crime ? La cigarette électronique. Ou plutôt, ce que les utilisateurs ont mis dedans » résume Le Figaro. C’est ainsi que la « maladies sans nom » du départ est désormais étrangement désignée : « E-cigarette, or vaping, product use associated lung injury » (EVALI). Une pathologie américaine  pour laquelle toutes les données disponibles sont dans le (toujours) prestigieux  New England Journal of Medicine.

« D’après cette étude, financée par les institutions sanitaires américaines, ces cas d’atteintes pulmonaires seraient liés à des liquides de vapotage achetés sur le marché noir et coupés avec de l’acétate de vitamine E, une substance potentiellement nocive, résume Le Figaro. les fluides pulmonaires de 51 autres patients ont été analysés: 94% contenaient de l’acétate de vitamine E à un niveau détectable. La quasi-totalité des échantillons n’ont pas révélé la présence d’autres substances toxiques. En parallèle, les scientifiques ont analysé les fluides de 99 personnes en bonne santé, dont 18 vapoteurs. Aucun ne contenait d’acétate de vitamine E. »

Exécutif allergique à la réduction des risques

Ce travail conforte pleinement l’hypothèse officielle des autorités sanitaires américaines. Début novembre, ces dernières avaient annoncé avoir retrouvé de l’acétate de vitamine E dans la totalité des échantillons de fluides pulmonaires prélevés sur 29 victimes. Cette substance est habituellement utilisée dans les produits cosmétiques ou en tant que complément alimentaire. Aucun danger. Mais quid de son inhalation ? On dispose désormais de la réponse à la question – sans connaître encore pleinement l’intimité de la cascade physiopathologique (altération directe des cellules pulmonaires par l’acétate ou via un gaz toxique produit lors du chauffage de la e-cigarette). Plusieurs études sont en cours (notamment chez l’animal) pour décrypter le sujet.

Dr Anne Schuchat, directrice adjointe des CDC :  «Compte-tenu de tous ces résultats, nous pouvons conclure que cette épidémie explosive de cas d’atteintes pulmonaires peut être attribuée à l’exposition à des produits de vapotage contenant du THC, qui contiennent également de l’acétate de vitamine E. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autres substances dans la cigarette électronique ou dans les produits de vapotage qui ne provoquent pas d’atteintes pulmonaires. »

Aucun cas d’EEVALI en France. Où, après une vague de désinformations coupables, l’on comprend que la cigarette électronique n’est pas la cause mais, le cas échéant, le vecteur. Où l’on peut, aussi de féliciter de la récente mise au point éclairée de la vieille Académie nationale de médecine :

« Il ne faut pas accuser le contenant d’être nocif alors que c’est le contenu qui est en réalité nocif et responsable de l’alerte américaine. En France, nombre de fumeurs qui s’apprêtaient à passer à la vaporette au lieu du tabac ne doivent pas hésiter puisque l’HAS en a fait un produit utile à l’arrêt du tabac et qui a fait ses preuves. »

Un Académie aussitôt méchamment attaquée par les militants radicaux d’Alliance contre le tabac. Où l’on mesure, une nouvelle fois, la somme des énergies dont il faut disposer pour œuvrer dans le vaste champ de la réduction des risques – a fortiori quand le pouvoir exécutif s’y révèle, comme souvent aujourd’hui en France, radicalement allergique.

A demain @jynau

Cigarette électronique et baisse du tabagisme : le frêle espoir et le coupable déni de l’OMS

Bonjour

C’est un espoir doublé d’un considérable regret. Pour la première fois dans son histoire Big Tobacco marque le pas. Après avoir sans cesse augmenté le nombre d’êtres humains consommant du tabac dans le monde devrait diminuer annonce l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un rapport rendu public, jeudi 19 décembre. Une OMS qui, nous rappelle l’AFP « scrute les comportements des fumeurs et autres consommateurs de tabac depuis près de vingt ans » (seulement…).

Rappel : chaque année, le tabagisme est à l’origine de plus de 8 millions de décès prématurés – plus de 7 millions sont dus à la consommation directe de produits du tabac et environ 1,2 million résultent du tabagisme passif. Il s’agit ici, à l’échelon planétaire d’un pathogène hautement addictif, unique et légal, d’un coupable connu (Big Tobacco) et de la première cause de décès prématurés politiquement évitable.

Selon les projections de l’organisation onusienne, le nombre des hommes fumeurs devrait avoir diminué de 2 millions entre 2018 et 2020 (pour s’établir à … 1,091 milliard) – puis de 4 millions entre 2020 et 2025 (pour atteindre … 1,087 milliard). En près de vingt ans, le nombre total de consommateurs de tabac dans le monde a diminué d’environ 60 millions (passant à …1,337 milliard en 2018), selon la troisième édition du rapport mondial de l’OMS sur le tabagisme.

Cette baisse s’explique par la réduction d’environ 100 millions du nombre des consommatrices sur cette période, ramené à 244 millions en 2018. Mais au cours de la même période, les hommes ont été 40 millions de plus à utiliser des produits du tabac. Et c’est toujours en Asie du Sud-Est que l’on trouve les taux de tabagisme les plus élevés.

Pour le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, la tendance à la baisse est la conséquence de « l’attitude plus ferme des gouvernements face à l’industrie du tabac ». Avant d’ajouter (euphémisme) que les modestes progrès observés restent malgré tout insuffisants par rapport aux objectifs fixés par les gouvernements. Big Tobacco n’a pas commenté.

Une précision de taille s’impose toutefois ici. Le rapport de l’OMS n’analyse que le commerce et la consommation des « produits contenant du tabac » 1. Il exclut donc de ce fait les cigarettes électroniques. Où l’on voit, une nouvelle fois en action la vieille et coûteuse usine à gaz planétaire, corsetée dans ses impasses idéologiques. Une OMS incapable de prendre la mesure et d’amplifier ce phénomène majeur qu’est l’apparition et la diffusion de cet outil massif de réduction des risques tabagiques qu’est la cigarette électronique.

A demain @jynau

1 Les cigarettes et les cigares (y compris les bidis, cheroots et kreteks), le tabac pour pipe et pour pipe à eau, les produits du tabac sans fumée et les produits du tabac chauffés, mais pas les cigarettes électroniques.