Cigarette électronique : Agnès Buzyn ne saisit pas l’intérêt de la réduction des risques

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Invitée, le 17 février, du «Grand Jury » RTL, Le Figaro, LCI Agnès Buzyn ne s’est pas limitée à l’improbable corrélation « temps de travail- espérance de vie ». Elle s’est aussi expliquée, pour la première fois peut-être, sur la cigarette électronique. Quelques observations en forme de lieu commun : « Aujourd’hui, les gens qui s’engagent dans le vapotage sont clairement des personnes qui souhaitent s’arrêter de fumer ». « Tout laisse à penser quand même que la cigarette est nettement plus toxique que le vapotage ». Une préférence : « Je préfère que les gens arrêtent de fumer avec les substituts nicotiniques ». Et une explication sur le fond (à partir de 32’ 20’’):

« Pour ceux qui souhaitent s’arrêter nous pensons que c’est un bon outil, mais nous ne connaissons pas les toxicités à long terme.

– Comment se fait-il que nous ne les connaissions pas ?

– Mais la cigarette il a fallu trente ans pour comprendre qu’elle donnait le cancer.. plus que ça même.. cinquante ou soixante-dix ans…

– Alors il va falloir attendre cinquante ans pour en savoir plus sur les effets  du vapotage ? C’est là où on ne comprend pas

–  Ecoutez, c’est la science… Pour connaître les effets à long terme d’un produit, il faut avoir suffisamment de  recul. Nous savons aujourd’hui par exemple que certains produits créent un peu d’inflammation cellulaire. Est-ce que cette inflammation est suffisante pour donner dans dix, vingt ou trente ans des pathologies, des maladies ? Nous ne le savons pas ».

La science c’est aussi, c’est surtout, se donner les moyens de comprendre et d’anticiper. Et sur ce point force est bien de constater que depuis l’émergence et le ras-de-marée du vapotage le pouvoir exécutif concerné au premier chef (Marisol Touraine et Agnès Buzyn) n’a rien fait.

Où l’on voit comment un recours à une conception dévoyée du principe de précaution permet de ne pas mettre en œuvre une véritable et salutaire politique de réduction des risques.

A demain

@jynau

L’espérance de vie des Françaises recule. Les coupables sont connus. A quand le procès ?  

Bonjour

C’est à lire dans le prochain Population & Sociétés (mars 2019) de l’Ined : « Pourquoi l’espérance de vie augmente-t-elle moins vite en France ? » (Gilles Pison). De fait cette espérance à la naissance n’a augmenté que de 0,1 an entre 2017 et 2018, pour les femmes (85,4 ans) comme pour les hommes (79,5 ans), un gain « modeste » selon M. Pison.

On pourrait se contenter d’explications simples, virales, comme les épidémies de grippe saisonnière qui ces derniers hivers ont grignoté l’espérance de vie à la naissance.Mais ce ne serait pas suffisantM. Pison estime que, dans la lutte contre les cancers, les retombées en matière d’espérance de vie « ont été moins spectaculaires jusqu’ici que celles liées » aux progrès de la lutte contre les maladies cardiovasculaires, depuis les années 1970. Il souligne notamment une stagnation de la mortalité par cancer chez les femmes depuis quelques années, alors même qu’elle continue de baisser chez les hommes. Mais laissons la place à M. Pison :

« La mortalité due aux maladies du cœur et des vaisseaux a beaucoup diminué depuis un demi-siècle grâce à la « révolution cardiovasculaire » qu’ont constitué les progrès de la prévention et des traitements dans ce domaine. Quant à la mortalité par cancer, qui avait augmenté, elle régresse maintenant grâce aux diagnostics plus précoces, à l’amélioration des traitements, et à la réduction des comportements à risques comme le tabagisme. Le ralentissement des progrès de l’espérance de vie depuis une dizaine d’années est peut-être le signe que les retombées de la révolution cardiovasculaire sont en voie d’épuisement. Et les progrès futurs pourraient dépendre de plus en plus de la lutte contre les cancers qui sont devenus la première cause de décès. Si celle-ci engrange les succès, les retombées en termes d’espérance de vie ont été moins spectaculaires jusqu’ici que celles liées à la révolution cardiovasculaire.

Big Tobacco et ses affidés politiques

« La mortalité par cancer a beaucoup diminué chez les hommes et elle continue de baisser. Chez les femmes, où elle est moindre que chez les hommes, elle a diminué plus lentement, et a même cessé de baisser ces dernières années. L’une des raisons est la montée du tabagisme dans les années 1950 à 1980 dans les générations de femmes ayant 50  ans ou plus aujourd’hui. Elles en subissent les conséquences quelques décennies plus tard sous forme de montée des cancers liés au tabac. »

Le phénomène n’est pas spécifique à la France. Un même ralentissement des progrès de l’espérance de vie s’observe dans les pays d’Europe du Nord et de l’Ouest. Comme en France, il est plus marqué chez les femmes que chez les hommes.

« Le ralentissement est ancien chez les Suédoises. Alors que ces dernières bénéficiaient de l’une des espérances de vie les plus élevées d’Europe en 1980, elles ont été rattrapées puis distancées par les Françaises, les Espagnoles et les Italiennes, qui ont pris la tête. Si les femmes des pays nordiques ont connu plus tôt que les autres le ralentissement, c’est en partie parce qu’elles s’étaient mises à fumer plus tôt, et en ont donc subi plus précocement les conséquences en termes d’accroissement de la mortalité par cancers liés au tabac. »

Résumons : les Françaises connaissent donc avec retard le ralentissement qu’ont connu avant elles les habitantes des pays nordiques, pour les mêmes causes, à savoir le tabagisme, Big Tobacco et ses affidés politiques. Et aujourd’hui tous ceux qui sont dans le déni des avantages de la cigarette électronique et le refus d’une politique de réduction des risques. On n’attend plus que la date du procès.

A demain

@jynau

NB Il n’est pas sans intérêt, au vu des conclusions de l’Institut national d’études démographiques, de se pencher sur un ouvrage vieux de sept ans :« Interdire le tabac, l’urgence ! Le plus grand scandale de santé publique ». Signé de Martine Perez il a été publié en 2012 aux éditions Odile Jacob.

L’Institut national du cancer et le ministère gomment la dimension politique du tabagisme

Bonjour

Informer le citoyen devenu dépendant ou le culpabiliser pour mieux cacher sa responsabilité ? C’est une « campagne d’information » diffusée depuis le 4 mars dans « les médias » – par l’Institut national du Cancer, en lien avec le ministère des Solidarités et de la Santé. Elle nous enseigne « que nous ne sommes pas impuissants face au cancer »- et  revient « sur les actions simples que chacun d’entre nous peut mettre en œuvre pour prévenir 40 % des cancers ». Où l’on explique au citoyen que nous souffrons d’une «  perception erronée des principaux facteurs de risque évitables de cancers ». Et pour commencer  :

«Le tabac, premier facteur de risque évitable de cancers : la durée plus dangereuse que la quantité quotidienne. En 2017, plus d’un tiers (31,9 %) de la population métropolitaine âgée de 18 à 75 ans fumait encore au moins occasionnellement. Avec plus de 7 000 substances chimiques, dont 70 cancérogènes, le tabac est le premier facteur de risque de cancer. Chaque année, il est responsable de plus de 68 000 nouveaux cas de cancers et de 45 000 décès chez les adultes âgés de 30 ans et plus. »

L’oubli du mea culpa

La durée du tabagisme est encore plus délétère que la quantité consommée mais un  citoyen sur trois l’ignore : 33,7 % des personnes interrogées, dans le Baromètre cancer 2015, continuent à penser que « fumer ne peut provoquer un cancer que si l’on fume beaucoup et longtemps ». Par ailleurs, ils sont 70 % à adhérer à l’idée que « le sport permet de se nettoyer les poumons » ou que « respirer l’air des villes est aussi mauvais pour la santé que de fumer des cigarettes ».

Inculte, le citoyen dépendant qui ignore que le tabac  tabac peut être la cause directe ou un facteur favorisant pour dix-sept  localisations cancéreuses.

« Si celui du poumon est largement évoqué par le grand public (80 % de ces cancers sont provoqués par le tabac), ses effets délétères sur seize autres localisations restent méconnus ; le tabac est notamment responsable de 70 % des cancers des voies aérodigestives supérieures (bouche, larynx, pharynx, œsophage), de 50 % des cancers de la vessie et de 30 % des cancers du pancréas. »

Pour résumer, à l’attention du citoyen : la meilleure stratégie pour réduire son risque individuel de cancers est de ne pas commencer à fumer, ou de s’arrêter (sic).

On attend toujours, ici, le mea culpa du pouvoir, exécutif et législatif qui depuis plus d’un siècle a organisé l’addiction massive au tabac d’une fraction considérable de la population. Et les raisons pour lesquelles l’actuel gouvernement (de même que le précédent) demeure dans un invraisemblable déni des vertu de la cigarette électronique, puissant levier au service de la réduction des risques tabagiques.

A demain

@jynau

 

Jeux d’argent et de hasard interdits aux mineurs ? De qui Bruno Le Maire ose-t-il se moquer ?

Bonjour

8 mars 2019. Actualité : la privatisation de la Française des Jeux (FDJ) entreprise hautement rentable se nourrissant de l’addiction d’une fraction croissante de citoyens devenus dépendants. Une affaire suivie de près par les buralistes, premiers concernés. Hier les députés ont donné leur feu vert au projet de privatisation de la Française des Jeux (FDJ), dans le cadre de l’examen en commission du projet de loi Pacte.

En première lecture, début octobre, l’Assemblée nationale avait autorisé le transfert au privé de la majorité du capital de la FDJ, actuellement détenu à 72 % par l’État, malgré de vives critiques de l’opposition dénonçant la logique économique de l’opération et les risques accrus d’addiction aux jeuxLe Sénat s’y était ensuite opposé en février.

Cohérence avec le tabac et l’alcool

Mais en démocratie force revient toujours à la majorité : via un amendement du gouvernement, défendu par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, les députés ont rétabli leur version en commission. Des sous-amendements, portés par le député Christophe Blanchet (LREM, Calvados), ont ajouté au texte des dispositions pour renforcer la protection des mineurs. En d’autres termes possibilité, via une future ordonnance, de la « mise en place d’une amende sanctionnant la vente ou l’offre » de jeux d’argent et de hasard à des mineurs.

Que croyez-vous qu’il arriva ? M. Le Maire s’est dit « favorable à renforcer toutes les garanties et les protections». « L’idée d’avoir une amende qui sanctionne la vente de jeux aux mineurs, c’est cohérent par rapport à ce que nous demandons aussi en matière de vente de tabac ou de vente d’alcool ».

Posons, avec tout le respect dû à un ministre de la République, la question à Bruno Le Maire : de qui vous moquez-vous ?

Dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire François Bourdillon, directeur général de Santé ­publique France, use d’un euphémisme en écrivant, dans son éditorial  que « l’interdiction de vente aux mineurs peut être considérée comme non respectée ». Les derniers résul­tats d’une enquête officielle (Escapad – OFDT)  démon­trent qu’en France les mineurs de 17 ans et moins « n’éprou­vent aucune difficulté à s’approvisionner en alcool ». Ceux qui déclarent avoir bu des boissons alcooliques « les ont achetées en magasin pour 91 % d’entre eux ». Mieux : « ils sont 77,5 % à en avoir consommé dans un débit de boissons » précise François Bourdillon.

« En 2017, 85,7 % des adolescents de 17 ans ont déclaré avoir déjà bu de l’alcool au cours de leur vie. L’usage régulier d’alcool (au moins dix fois dans le mois) concernait un jeune sur dix (8,4 %) et 44 % des jeunes de 17 ans ont déclaré une alcoolisation ponctuelle importante (API) au cours du mois. La majorité d’entre eux (52,7 %) a déclaré n’avoir jamais eu à présenter de carte d’identité pour justifier de son âge lors d’un achat en bar ou en restaurant. »

Répression de l’ivresse publique

Or, et M. Le Maire ne saurait l’ignorer, le code de la santé publique, au nom de la « protection des mineurs » et de la « répression de l’ivresse publique » dispose qu’il est interdit de vendre de ­l’alcool à des mineurs de moins de 18 ans. La personne qui délivre la boisson peut ainsi exiger du client « une preuve de sa majorité », notamment par la production d’une pièce d’identité. Il est de même ­interdit d’offrir de l’alcool à titre gratuit à des mineurs dans les débits de boissons et tous commerces ou lieux publics. Et il est interdit de recevoir dans les débits de boissons alcooliques des mineurs de moins de seize ans qui ne sont pas accompagnés de l’un de leurs parents ou d’un majeur responsable.

Et M. Le Maire n’ignore pas qu’il en va de même pour les ventes de tabac chez les buralistes. Et ce alors que depuis 2003, en France, la vente de tabac est interdite aux mineurs. Afin d’évaluer l’application de cette mesure et pour connaître la perception des jeunes sur cette mesure, deux enquêtes ont été menées pour le Comité national de lutte contre le tabagisme. Il est apparu que 62 % des buralistes étaient en infraction et ont vendu du tabac à des mineurs de 12 et 17 ans – plus d’un tiers des buralistes ­acceptant de vendre du tabac à des enfants de 12 ans. Et 60 % des jeunes fumeurs ­indiquent qu’ils se procurent, sans difficulté, du tabac chez les débitants. Et ­faudrait-il rappeler que, conséquence ­immédiate de cet interdit bafoué, plus d’un jeune Français de 17 ans sur trois est, déjà, un consommateur de tabac ?

Où l’on comprend bien ici que, loin d’une politique de réduction des risques, nous sommes, compte tenu de ce que l’on sait des addictions, avec un pouvoir politique qui, par démission, mène de facto une politique d’amplification des risques. Qui se souvient que le candidat Macron avait fait de la prévention l’une des clefs de voûte de la nouvelle cathédrale politique qu’il entendait construire au sein d’un nouveau monde ?

A demain

@jynau

 

Tabagisme : combien de temps encore le buraliste sera-t-il «fier de sa carotte rouge» ?

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Dernières nouvelles du front tabagique : les prix montent, les ventes officielles diminuent légèrement tandis que la contrebande augmente. Un grand classique du commerce des produits addictifs qui ne sont pas illicites. Dans ce contexte les chiffres du « nombre de fumeurs » avancés par les autorités sanitaires n’ont guère de signification – sinon celle d’afficher l’efficacité de la politique mise en œuvre visant à « un paquet à 10 euros en 2020 ».

 Reste une certitude : les conséquences de la baisse des ventes officielles sur les 24 500 débits de tabac de l’Hexagone.   Peut-on d’ores et déjà comparer l’avenir des buralistes à celui des sidérurgistes ? Les prix augmentent et les médias interrogent Philippe Coy, dynamique président de la Confédération des buralistes. Lemondedu tabac.com a repris ses dernières déclarations sur France Info. Propos édifiants quant à l’écartèlement de ces débitants :

France Info  : L’objectif annoncé est le paquet de cigarettes à 10 euros en 2020. Cela vous inquiète ?

Philippe Coy : Cela fait du tort au réseau (des buralistes) : les volumes (des ventes de paquets de cigarettes( se retrouvent impactés, la fréquentation de nos magasins aussi. On peut être totalement favorable au plan de santé mis en place par le gouvernement, mais aujourd’hui, un paquet à un prix aussi élevé reste pour nous un souci puisque nous avons le prix le plus élevé de l’Europe occidentale. L’année dernière, le volume a été impacté de 9,3 % : c’est toujours des fréquentations de clients en moins et si on peut comprendre cette politique, il est important pour nous que le dispositif européen soit plus performant, puisque la santé de tous les Européens doit compter et l’Europe n’est pas protectionniste dans ce domaine-là.

Accompagner la santé publique grâce à la cigarette électronique

F. I. : Vous comprenez cet objectif de santé publique ?

P.C.: Personne n’est contre la santé publique. La hausse de la fiscalité ne doit pas être le seul outil pour lutter contre le tabagisme: il devrait y avoir plus d’éducation, plus de prévention. Aujourd’hui, il y a 24 500 entrepreneurs qui peuvent être inquiets. Nous avons lancé un grand plan de transformation, nous accompagnons la santé publique à travers le dispositif de vapotage, mais le prix ne doit pas être le seul argument.

F.I.  : Vous faites une croix sur le tabac ?

P.C. : Non, je suis très fier de ma carotte rouge 1 devant mon établissement. Je m’adapte aussi aux usages des consommateurs parce que quand on fait du commerce, c’est bien pour répondre aux besoins des consommateurs.

Il est évident que notre métier principal, notre ADN, est autour de la vente du tabac, des produits de vapotage, des produits de services. Je suis commerçant et quand un réseau accueille chaque jour 10 millions de Français, il est nécessaire de s’adapter aux comportements de nos clients. Pour demain, il faut que nous proposions plus de services, plus de proximité, plus d’offres pour que le Français puisse nous fréquenter toujours aussi régulièrement.

 A demain

@jynau

1 La « carotte », c’est d’abord le nom donné à cette enseigne rouge que l’on trouve à l’entrée de tous les bureaux de tabac. C’est une obligation légale : tous les buralistes sont obligés d’arborer cette signalétique depuis 1906 , pour indiquer qu’ils vendent du tabac. Elle a d’ailleurs beaucoup évolué : elle n’était pas nécessairement rouge à l’origine, parfois marron. « Aujourd’hui, elle doit être obligatoirement lumineuse » affirme France Bleu. Pourquoi ?

L’une des explications souvent entendues au sujet de l’origine de ce symbole est que la carotte permet une meilleure conservation du tabac. Mettre un morceau de carotte dans un pot à tabac permet de le maintenir frais, c’est vrai… Mais ce n’est pas la véritable explication. Mais alors, d’où vient la forme et le nom de cette enseigne ? C’est une évocation de la vente du tabac telle qu’elle se faisait au XVIe siècle : à l’époque, le tabac était vendu en feuilles, que l’on mâchait ou que l’on fumait .

Or ces feuilles n’étaient pas rassemblées en paquets, mais en petits rouleaux ficelés… ressemblant à des carottes ! De plus, pour consommer ces rouleaux de tabac, le fumeur (ou le mâcheur) devait le râper, comme une carotte ! Depuis, l’usage du tabac, désormais tassé dans des cigares ou des cigarettes, a changé, mais le symbole de la carotte est resté.  Pour France Bleu, cette carotte « enseigne culte » fait partie du patrimoine français.

Gilets Jaunes : la Marlboro passe in extremis à 8,80 euros. Aucun chiffre sur les trafics

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Un mois de retard. Ce n’est que ce 28 février que le Journal Officiel publie un arrêté daté du 30 janvier : «Arrêté du 30 janvier 2019 portant homologation des prix de vente au détail des tabacs manufacturés en France, à l’exclusion des départements d’outre-mer ». Un texte signé, pour le ministre de l’action et des comptes publics (Gérald Darmanin), par le directeur général des douanes et droits indirects (R. Gintz) et, pour la ministre des solidarités et de la santé (Agnès Buzyn), par le directeur général de la santé (J. Salomon).

« Buralistes et industriels du tabac auront retenu leur souffle jusqu’au bout, observe Le Figaro (Ivan Letessier). Le gouvernement a attendu la dernière limite pour valider la nouvelle liste des prix des cigarettes. L’arrêté était prêt depuis quinze jours, les industriels ayant remis leurs prix fin janvier à l’administration des Douanes. Mais, selon des sources proches des industriels, il était bloqué à Matignon depuis, car l’entourage du Premier ministre craint l’impact de l’annonce d’une nouvelle hausse des prix du tabac: les ‘’gilets jaunes’’ ont remis le sujet du pouvoir d’achat au centre du débat, faisant douter le gouvernement sur la poursuite de sa politique. »

La plupart des hausses, tenues secrètes jusqu’à la publication au Journal Officiel, deaient être de 50 à 60 centimes par paquet de vingt cigarettes. Voici ce qu’il en sera :

• Marlboro red et gold : 8,80 euros
• Philip Morris marron : 8,60 euros
• Lucky Strike bleu  : 8,20 euros
• Camel filtres : 8,50 euros
• News bleu : 8,50 euros
• Winston Authentic : 8,40 euros
• Gauloises blondes bleu : 8,50 euros

« Cette hyperinflation va se traduire à nouveau par une diminution du marché légal et une augmentation de la contrebande et des achats réalisés à l’étranger sans garantie de faire baisser la consommation réelle», a confié un industriel anonyme au Figaro. Une réalité sanitaire et économique que le gouvernement se refuse obstinément à chiffrer.

A demain

@jynau

 

 

Darmanin : « Lutter contre le tabac illicite, pour la santé des Français et des buralistes » (sic)

Bonjour

Lundi 25 février 2019 le ministère de l’Action et des Comptes publics a émis un communiqué. Extraits :

« Gérald Darmanin, Ministre de l’Action et des Comptes publics, a présenté ce matin, lors d’un déplacement au bureau de dédouanement postal de Chilly-Mazarin, les résultats de la douane pour l’année 2018 (…) Le Ministre de l’Action et des Comptes publics a tenu à remercier particulièrement de sa présence Philippe Coy, Président de la Confédération des buralistes ».

Leur Ministre de tutelle a salué les résultats remarquables des 17 000 douanier.ère.s dans les nombreuses missions de lutte contre la fraude et d’accompagnement du commerce international qui leur sont confiées.

« Il s’est notamment déclaré très satisfait des résultats enregistrés contre les trafics de tabacs, dont il avait fait une priorité pour la douane pour l’année 2018, mais aussi dans les autres domaines de la lutte contre la fraude :
 16 171 infractions ont été relevées en matière de tabac (+ 15,1 %) et 241,1 tonnes de tabacs saisis (+1,2 %)
 97,4 tonnes de stupéfiants ont été saisis sur le territoire national et en haute mer (+ 47,3 %) dont 12,2 tonnes de cocaïne (+ 32,6 %) et 63,9 tonnes de cannabis (+ 38,6 %)
 s’ajoutent 49,1 tonnes de drogues saisies à l’étranger sur renseignement de la douane française (+ 45,3 %), dont 16,1 tonnes de cocaïne (+ 6,5 %) et 33 tonnes de cannabis (+ 77,4 %).

Est-ce dire que l’augmentation des prises de tabac est le reflet fidèle de l’augmentation des trafics ? Gérald Darmanin ne le dit pas. Il a toutefois déclaré :

« En 2018, j’ai demandé aux douaniers de s’atteler en priorité à la lutte contre le tabac illicite. Nous devons cet engagement à la santé des Français ainsi qu’aux buralistes qui constituent le seul réseau légal de distribution du tabac en France. Les résultats de cette année en la matière sont très encourageants, avec une forte hausse des saisies et des amendes pour le trafic de petites quantités. »

 Lutter contre le tabac illicite –  un engagement que doit l’Etat à la « santé des Français ainsi qu’aux buralistes ». Ou quand le nouveau monde est beau comme l’antique.

A demain

@jynau