Cigarette électronique : Michèle Rivasi aimerait assez que l’on fasse savoir qu’elle peut tuer

Bonjour

Rivasi-Trump même combat anti-vape ? On avait appris à faire avec ses ambiguïtés écologiques et citoyennes sur la vaccination et l’aluminium. Il faut désormais ouvrir un nouveau sous-dossier sanitaire : Michèle Rivasi et le vapotage. C’est du moins ce que laissait entendre, à l’aube, RTL (Martial You) :

« Voilà qui va renforcer le débat sur le vapotage en France  et en Europe. Selon nos informations, Michèle Rivasi, la députée Europe Écologie les Verts va demander une révision de la directive tabac au sein de l’Union européenne pour qu’on applique le principe de précaution sur le vapotage, en plein essor dans notre pays.

« En 2018, le marché de la cigarette électronique a décollé en France de 21%. 1,7 million de Français vapotent quotidiennement. La députée s’inquiète du manque d’études sanitaires sur ce produit en Europe. « On a présenté la cigarette électronique comme un bien de consommation mais on n’a pas fait d’études toxicologiques là-dessus », déplore-t-elle au micro de RTL. 

Trébuchet révolutionnaire

« Si on applique les mêmes règles aux e-cigarettes qu’au tabac classique cela signifie qu’il faut mettre en oeuvre des messages sanitaires identiques, des photos, des fioles neutres, des interdictions de publicité, l’impossibilité de mettre ces produits en vitrine. Cela signifie aussi qu’il sera interdit de vapoter dans les lieux publics. 

« « Qu’il y ait des gens qui meurent suite à l’utilisation de la cigarette électronique, il faut absolument que ça soit mentionné quand les gens achètent ce produit. Il faut alerter les ados qu’il peut y avoir plus de risques que de bénéfices », déclare  Michèle Rivasi. »

Vapoter peut tuer ? Alerter les ados ? Où l’on voit que les vertes voix des écologistes politiques ne sont pas mieux armées, conceptuellement, que l’actuel exécutif sanitaire français dès lors qu’il s’agit de manier le trébuchet révolutionnaire de la réduction des risques.

A demain @jynau

Cigarette électronique : le «mieux» voulu par Donald Trump, ennemi du «bien» public

Bonjour

Dans le précieux ouvrage qu’il consacre au vapotage 1 Sébastien Béziau, militant averti, a placé en exergue, une phrase de Montesquieu : « Le mieux est l’ennemi mortel du bien ». Où l’on retrouve la puissance des aphorismes, ces « haïkus de la pensée » 2.

Le « mieux », l’ennemi mortel du « bien » ? L’affaire résume à merveille la politique de réduction des risques, cette vision de l’existence à laquelle l’actuelle ministre française des Solidarités et de la Santé semble comme allergique. Une vison à ne pas confondre avec le concept, souvent très mal compris, du « principe de précaution ».

Sir John Falstaff 

Le « bien » public et le « mieux » politique ? On les retrouve avec cette affaire américaine de cigarette électronique où règne la plus grande confusion médiatique. « La confusion si parfaitement organisée entre six morts par pneumopathies lipidiques par introduction d’huile dans la vape (un vrai danger) et interdiction des arômes (qui apportent un vrai bénéfice à la sortie) fait poser la question de savoir à qui profite ‘’le crime’’ » tweete (@parissanstabac) le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue averti plutôt deux fois qu’une.

Dautzenberg ajoute, courbes à l’appui : « Trump s’énerve contre #ecig mais les données US sont têtues : il n’y a jamais eu aussi peu de mineurs fumeurs de cigarettes et l’explosion d’ecig décrite ne s’accompagne pas d’une explosion du taux de fumeurs chez les adolescents. Il faut agir sans faire plus de mal que de bien. »

Trump tweetera-t-il en réponse au pneumologue parisien ? Si oui on lui conseille un aphorisme issu, selon Steiner, de Falstaff (Henry IV 1ère partie, Shakespeare) : « Prudence est mère de sûreté ». Où l’on revient, tout bien pesé, comme par ricochet, au mieux et au bien de Charles Louis de Secondat, qui fut baron de La Brède et de Montesquieu.

A demain @jynau

1 Béziau S Bienvenue dans la vape. 80 pages, 6,90 euros. Renseignements sur https://www.vapyou.com/lancement-livre-bienvenue-dans-la-vape/

2 Sur les aphorismes et la langue française, se reporter à George Steiner : « Lectures, chroniques du New Yorker » (Editions Gallimard) Traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat. Introduction de Robert Boyers



Augmentation des risques : Donald Trump se pique soudain des cigarettes électroniques

Bonjour

Il ne manquait plus que lui : Donald Trump a fait savoir, en ce 11 septembre de sinistre mémoire, qu’il envisageait une interdiction aux Etats-Unis des cigarettes électroniques – du moins les liquides « aromatisés ». « Trump administration moves to ban flavored e-cigarettes » résume CNN (Maegan Vazquez and Betsy Klein) Une annonce qui survient alors que la « maladie sans nom » a été associée à six décès corrélés à des inhalations de THC ou d’autres substances.

« Cela crée plein de problèmes, a -cité par l’AFP– analysé Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche. Les gens pensent que c’est une solution facile aux cigarettes. C’est nouveau et cela s’est développé tellement vite». «Nous allons peut-être devoir décider quelque chose de ferme.» Alex Azar, ancien ponte de Big Pharma, aujourd’hui secrétaire à la Santé, a précisé qu’un texte réglementaire serait publié dans plusieurs semaines.

Mangue, meringue, fruits rouges

« La FDA a déjà engagé de multiples offensives contre les fabricants de cigarettes électroniques accusés de cibler les jeunes dans leur marketing, souligne l’AFP. En août, elle a sommé quatre fabricants de retirer 44 recharges et autres liquides aromatisés de la vente: des goûts à la mangue, à la meringue, aux fruits rouges.. ».

L’AFP ajoute : « ces goûts sont censés attirer les consommateurs les plus jeunes, dans les collèges et les lycées, ce qui a fait plonger selon les autorités sanitaires une nouvelle génération d’Américains dans l’accoutumance à la nicotine. En dehors du problème de la dépendance à la nicotine de jeunes qui ne fumaient pas auparavant, il existe depuis quelques mois une urgence sanitaire liée au vapotage de certains e-liquides vendus sur le marché noir. »

Outre Atlantique les cigarettes électroniques sont (officiellement) interdites à la vente aux mineurs (18 ou 21 ans selon les Etats). Si les autorités interdisaient les cigarettes aromatisées, les liquides standard à la nicotine resteraient vraisemblablement sur le marché. Ils sont actuellement promus comme une méthode permettant de ne pas consommer de tabac carbonisé cancérigène. Une promotion faire au nom de la réduction des risques – et ce dans un pays dont le président semble n’avoir de cesse de les augmenter.

A demain @jynau

Abandonner d’urgence la vape pour le tabac ! Comment en arriver à proférer tant d’absurdités ?

Bonjour

« Le poumon, le poumon vous dis-je ». Qui ne veut pas désespérer des médias ne devait pas, ce 7 septembre, regarder le journal de 13 heures de France 2. On y traitait des morts américains et de la cigarette électronique. Avec sujet en plateau. Absence totale de distance. Confusion générale et conclusion immanquable : détruire sa cigarette électronique, si possible en diffusant les images sur les réseaux sociaux. Puis revenir à la seule nicotine qui vaille : celle du tabac.

Mais comment a-t-on pu en arriver là ? Et comment, en tenant de tels propos, parvenir à faire comprendre que le vapotage n’est en rien une panacée ? Que la cigarette électronique n’est qu’un vecteur ? Que la réduction des risques n’est pas la disparition de ces mêmes risques ? Que le sevrage est un objectif supérieur au vapotage mais que le vapotage est incomparablement favorable à l’esclavage tabagique ?

Tout ceci devrait sans difficulté pouvoir être expliqué dans les journaux télévisés. Par des journalistes ou par des invités spécialisés. Pourquoi n’est-ce pas le cas ? Osera-t-on avancer que « c’était mieux avant » ? Et que les caricatures régressives que ces journaux nous offrent ne sont pas étrangères à la désaffection progressive vis-à-vis de ces mêmes journaux ? Pour l’heure les personnes intéressées par le sujet peuvent aussi, loin de France 2, se pencher sur The New England Journal of Medicine : Pulmonary Illness Related to E-Cigarette Use in Illinois and Wisconsin — Preliminary Report. Conclusion :

« Case patients presented with similar clinical characteristics. Although the features of e-cigarette use that were responsible for injury have not been identified, this cluster of illnesses represents an emerging clinical syndrome or syndromes. Additional work is needed to characterize the pathophysiology and to identify the definitive causes. »

Ils se pencheront ensuite sur le peu banal éditorial qui l’accompagne : Vaping-Induced Lung Injury. Conclusion :

« Until the investigation into the cause of this epidemic of vaping-induced respiratory injury is complete, no conclusions can be drawn as to which compound or compounds are the causes of injury. In light of these cases, however, efforts should be made to increase public awareness of the harmful effect of vaping, and physicians should discourage their patients from vaping. »

IgnorantusignorantaIgnorantum.  On attend toujours, à l’adresse des vapoteurs français, les réflexions-recommandations officielles. Sinon celles de la ministre des Solidarités, du moins du Directeur Général de la Santé.

A demain @jynau

« Fumer vous tuera !»: pourquoi ne pas l’imprimer sur le papier de chaque cigarette ?

Bonjour

Lui faire peur peut-il aider l’esclave à biser ses chaînes ? L’addiction est-elle soluble dans la raison ? Combien de sevrages tabagiques obtenus grâce aux « mises en garde illustrées » présentes sur les paquets de cigarettes ?

Peut-on, dans ce domaine, aller plus loin encore ? Imprimer, d’autorité, « fumer vous tue à petit feu » sur le filtre et le papier de chaque cigarette ? Une étude vient d’être menée sur ce thème et publiée (Addiction Research and Theory) par des chercheurs de l’université écossaise de Sterling 1.

Interrogation de 120 fumeurs (16 -50 ans) sur cette possible approche. Et tous ou presque de dire qu’elle pourrait sans doute efficace. « Un avertissement sur chaque cigarette est perçu comme un prolongement du message sanitaire, étant visible lorsque la cigarette est sortie du paquet, allumée, laissée dans un cendrier et à chaque bouffée. Il est donc plus difficile pour le fumeur de l’éviter » estiment les auteurs. 

« Vivez plus longtemps avec la e-cigarette ! »

 « Le consensus est que cela serait rebutant pour les jeunes, les personnes qui commencent à fumer et même les non-fumeurs.  Ces résultats suggèrent que l’introduction de tels avertissements pourrait avoir un impact sur les décisions de ces groupes d’individus. Cela montre également que cette approche est une option politique viable qui pourrait, pour la première fois, étendre le message sanitaire jusqu’à l’expérience de consommation. »

Efficace le « paquet neutre » placardé de « mises en garde illustrées » ? Voici ce qu’en dit, dans sa sagesse, l’OMS :

« Les campagnes choc contre le tabac et les mises en garde illustrées apposées sur les paquets permettent de dissuader les enfants et d’autres groupes vulnérables de commencer à fumer et d’inciter un plus grand nombre de fumeurs à décider d’arrêter. Les études menées après la mise en place de mises en garde illustrés sur les paquets de tabac au Brésil, au Canada, à Singapour et en Thaïlande montrent toutes que ces mises en garde sensibilisent fortement la population aux méfaits du tabac. »

On pourrait aussi souhaiter, en matière de réduction des risques que les huiles de l’OMS et le gouvernement français s’intéressent à la cigarette électronique. Passons d’emblée à l’étape suivante : imprimer, sur le filtre et le papier : « Vivez plus longtemps avec la e-cigarette ! »

A demain @jynau

1 Moodie C, O’Donnel R, Fleming J et al Extending health messaging to the consumption experience: a focus group study exploring smokers’ perceptions of health warnings on cigarettes https://doi.org/10.1080/16066359.2019.1653861

«Bienvenue dans la vape» : l’ouvrage qui vous aidera à faire votre Révolution des Volutes

Bonjour

Une petite somme. Entre opuscule et bréviaire voici un document qui signe notre époque 1. Auteur : Sébastien Béziau, militant historique, en France, du vapotage, de la réduction des risques, de la Révolution des Volutes. Quatre-vingt précieuses pages. Ni une méthode, ni un protocole, mais un message, un partage d’expérience pour une libération de la consommation mortifère de tabac.

« Bienvenue dans la vape, nous dit l’auteur,s’adresse aux fumeurs, aux vapoteurs débutants et à toute personne qui souhaite en savoir plus sur le vapotage pour essayer d’arrêter de fumer ». Il s’adresse aussi à tous ceux, citoyens, qui tentent de comprendre le profond déni, en France, du pouvoir exécutif vis-à-vis de cette pratique. Déni du pouvoir exécutif et, partant, des hautes autorités sanitaires. De ce point de vue les ministres de la Santé Marisol Touraine (2012-2017) et Agnès Buzyn (2017- 20..) devront, un jour prochain, s’expliquer. On leur conseille, d’ici là, de feuilleter ce bréviaire.

Le soulagement d’arrêter de fumer !

« Début 2015, je lançais sur un coup de tête le magazine VAPYOU, raconte Sébastien Béziau. Presque cinq ans plus tard, le N°10 va sortir, la pré-commande démarre, le magazine sera disponible dans les boutiques spécialisées juste avant le 1er novembre, démarrage du Mois Sans Tabac. Depuis sa création, les neuf premiers numéros ont représentés plus de 1,2 millions d’exemplaires. Plus de cinq cents boutiques et sites Internet spécialisés offrent VAPYOU à leurs clients. C’est une réussite collective, sans les commerçants et les fabricants qui soutiennent le projet, il ne pourrait pas exister. »

Cinq ans plus tard, nouveau palier : un livre, le plus accessible possible. Un petit format (10 X 15 cm) de 80 pages. Prix public 6,90€ TTC. « Le projet m’a pris environ trois mois, à écrire, lire, relire et re-relire, et re-re-re-lire, confie l’auteur. J’ai essayé d’être le plus exhaustif possible, mais même avec quatre-vingt  pages, on ne peut certainement pas dire absolument tout. Comme le magazine, c’est un support pour découvrir, une aide complémentaire au travail en boutique ou sur les groupes auto-support. Il y a des info pratiques sur le vapotage, mais je parle aussi du sevrage du tabac, ce qu’il se passe quand on arrête de fumer et tout ce qui peut désinhiber pour se donner les meilleurs chances d’arrêter de fumer. »

« Essayer le vapotage pour tenter de quitter celle qu’on surnomme le ‘’clou du cercueil’’, est-ce c’est le mieux, s’interroge Sébastien Béziau. Arrêter de fumer, déjà, c’est très bien. Et c’est un immense soulagement. »  En exergue, une phrase de Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu (1689-1755) : « Le mieux est l’ennemi mortel du bien ». Voilà qui est bien fait.

A demain @jynau

1 Béziau S Bienvenue dans la vape. 80 pages, 6,90 euros. Renseignements sur https://www.vapyou.com/lancement-livre-bienvenue-dans-la-vape/

Vapotage et polémique : la Ligue contre le cancer a oublié de se réabonner au Lancet

Bonjour

Revenons un instant sur la  dommageable « MISE AU POINT » majuscule signée d’Axel Kahn, nouveau président (plus qu’hyperactif sur tweeter de La Ligue contre le cancer :

 @laliguecancer dénonce l’industrie du tabac. Sans faille. Elle n’y joint pas la pratique habituelle du vapotage sur lequel elle ne s’exprime pas. Comme sur mille autres sujets. La Ligue dénonce ce dont la pratique est cancérigène. Point final.

Ne pas s’exprimer ! Sur un sujet médical à ce point capital ! C’est peu dire que ces quelques mots passent mal. « Combien de temps la Ligue contre le cancer pourra-t-elle ignorer l’une des pratiques permettant la plus substantielle réduction du risque lié à la combustion du tabac s’interroge l’épidémiologiste franco-suisse Antoine Flahault. Je propose ce slogan: ‘’Vapoter au lieu de fumer c’est gagner des années à la vie et de la vie aux années !’’ ». Slogan retenu, avec les félicitations du jury de la réduction des risques.

Et puis, hasard ou fatalité, au moment où Axel Kahn mettait au point, The Lancet mettait, lui, les points sur les i, avec une prise de position on ne peut plus claire en faveur du vapotage dans la réduction des risques consubstantiels à l’épidémie tabagique :  « Nicotine without smoke: fighting the tobacco epidemic with harm reduction »  The Lancet ( IF 59.102 ) Pub Date : 2019-08-31 , DOI: 10.1016/S0140-6736(19)31884-7 Un papier sans ambiguïté signé de spécialistes : Robert Beaglehole, Clive Bates, Ben Youdan, Ruth Bonita.

La Ligue est centenaire et The Lancet fêtera bientôt ses deux siècles 1. La première ne devrait pas snober le second.

A demain @jynau

1 A lire, si ce n’est déjà fait : « ‘’The Lancet’’, machine à cash à la pointe de la médecine » de David Larousserie (Le Monde du 13 août 2019)