Cigarette électronique : coupable déni officiel français, vive le pragmatisme britannique !

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Tenter seul un sevrage brutal de l’addiction au tabac (« cold turkey ») ne donne le plus souvent que de maigres résultats positifs – de l’ordre de 4% à un an. Mieux vaut, pour briser ses chaîne tabagiques, avoir recours aux substituts nicotiniques au premier rang desquels la cigarette électronique. Telle est le message (rapporté par la BBC) des autorités sanitaires britanniques à la veille du lancement (1er octobre) de l’opération anuelle « Stoptober » – une version autrement plus élaborée, originale et percutante que notre pusillanime « Moi(s) sans tabac ».

Une opération pragmatique qui vante, donc sans fard les vertus de la cigarette électronique dans le champ de la réduction des risques individuels et collectifs. Une opération qui, cette année, fera la promotion d’un plan personnel gratuit d’abandon du tabac : online personal quit plan service. La baisse des taux de tabagisme a atteint un niveau record en Angleterre : 15% seulement de la population – soit une baisse d’un quart depuis 2011. Cela équivaut à un peu plus de six millions de fumeurs au total. Quant à la cigarette électronique, 3,2 millions de personnes y ont désormais recours – la plupart d’anciens fumeurs de tabac.

En France ? On recense de l’ordre de 30% de fumeurs dans la population générale. Et les autorités politiques sanitaires sont toujours dans le déni massif, récurrent et coupable des bénéfices inhérents à la cigarette électronique. L’affaire reste à comprendre et le procès à instruire.

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E-Cigarette : permettre aux ados de « juuler » ou, comme en France, les laisser fumer ?

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Il va nous falloir apprendre à connaître JUUL Labs : une firme californienne de cigarette électronique visée par le Dr Scott Gottlieb (patron de  la FDA)  dans sa communication mondialement médiatisée sur le vapotage et les adolescents. La JUUL qui – après un succès fulgurant aux États-Unis – se lance au Royaume-Uni, depuis juillet, et au Canada, depuis fin août. « La France faisant partie de ses prochaines cibles. D’ailleurs, cela se traduit actuellement par des propositions discrètes de recrutement à certains hauts cadres de l’industrie du tabac et du vapotage sur le marché français » confie le site des buralistes.

Pour le Dr Gottlieb, « les cigarettes électroniques peuvent aider les fumeurs adultes, mais cela ne doit pas se faire au détriment des enfants ». « Nous ne pouvons pas accepter qu’une génération entière devienne dépendante à la nicotine » dit-il. En  2017, 2,1  millions de lycéens et collégiens américains étaient des consommateurs réguliers, selon les statistiques officielles. Depuis, le phénomène n’a cessé de prendre de l’ampleur. Selon le Washington Post, le nombre d’adolescents vapoteurs aurait augmenté de 75  % cette année.

« Cette popularité croissante s’explique en grande partie par le succès de JUUL Labs. En trois ans, cette jeune société établie à San Francisco (Californie) est même entrée dans le langage courant, rapporte Le Monde (Jérôme Marin). Dans les collèges et lycées américains, on n’utilise pas une cigarette électronique, on  » juule « . Et on l’affiche fièrement sur Instagram et Snapchat. Tout l’inverse des cigarettes, dont la consommation ne cesse de reculer – moins de 8  % des lycéens fument. »

Selon les estimations de l’Institut Nielsen JUUL  capterait 72  % du marché aux Etats-Unis, loin devant les marques lancées par les géants du tabac. Un chiffre d’affaires évalué à 1,3  milliard de dollars (1,1  milliard d’euros) au cours des douze derniers mois et qui a bondi de 730  % sur un an.

Concombre masqué et crème brûlée

La recette du succès ? Le design : une e- cigarette électronique type clé USB ; l’éventail des parfums (menthe, mangue, crème brûlée ….  intégrant du sel de nicotine pour offrir une sensation plus proche de celle d’une cigarette de tabac) ; et un marketing plus de débridé auprès des plus jeunes – ceux qui ne sont pas entrés dane le monde ringardisé et hautement toxique du tabac.

JUUL reconnaît que l’utilisation massive  de ses productions par les mineurs est un problème – et pense pouvoir le résoudre grâce aux nouvelles technologies. « L’an prochain, la société commercialisera une cigarette se connectant à un smartphone, ce qui pourrait, à terme, permettre de contrôler l’âge des utilisateurs, précise Le Monde. Le fabricant tente de redorer son blason. Il a promis d’investir 30  millions de dollars sur trois ans pour lutter contre l’utilisation de ses produits par des mineurs. Il soutient une proposition de loi pour porter à 21 ans l’âge minimum pour acheter du tabac. Avant cela, il avait aussi modifié son marketing. Ses publicités et son site Internet adoptent désormais des couleurs plus sobres et mettent en avant de vrais fumeurs qui ont basculé vers les cigarettes électroniques. »

Chez JUUL le parfum « Concombre cool » est devenu « Concombre »  et « Fruit » a remplacé « Salade de fruits ».  La firme assure également qu’elle contrôle davantage les distributeurs qui visent les adolescents ou qui ne respectent pas l’âge limite – elle aurait demandé la suppression de milliers de messages et d’annonces sur Instagram, Facebook et Amazon.

Sourire de la situation américaine ?  En France un adolescent sur trois consomme du tabac. Le pouvoir exécutif tient dans le plus profond mépris les artisans vapoteurs acteurs majeurs de la réduction des risques tabagiques. Et les paquebots internationaux de Big Tobacco entendent bien détruire, via France Vapotage, les micro-esquifs de la Révolution des Volutes. Quant à la ministre Agnès Buzyn elle semble désormais définitivement allergique, dans le champ de l’addiction, à une politique structurée de réduction des risques.

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E-Cigarette et adolescents : en Amérique la FDA s’ingénie à augmenter les risques tabagiques

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« Comme un ultimatum » estime le site des buralistes français.  La puissante Food and Drug Administration (FDA) vient de donner soixante jours aux fabricants d’e-cigarettes et d’e-liquides pour lui présenter un plan destiné à réduire la consommation de leurs produits par les adolescents. Cela donne ceci : « FDA takes new steps to address epidemic of youth e-cigarette use, including a historic action against more than 1,300 retailers and 5 major manufacturers for their roles perpetuating youth access ».

Pour le Dr Scott Gottlieb, patron de la FDA, le recours à la e-cigarette a, dans son pays, atteint chez les adolescents la dimension d’une « épidémie ». Il s’en explique dans une longue déclaration : « Statement from FDA Commissioner Scott Gottlieb, M.D., on new steps to address epidemic of youth e-cigarette use ». Et si l’administration sanitaire américaine n’est pas convaincue par les réponses des industriels, les « arômes parfumés » pourraient être tout simplement interdits.

Pour la FDA la commercialisation de liquides aux parfums fruités ou sucrés rend ces produits particulièrement attrayants pour les jeunes consommateurs qui n’ont pourtant pas le droit d’acheter de cigarettes électroniques. « La disponibilité des cigarettes électroniques ne peut pas se faire au prix d’une dépendance des nouvelles générations à la nicotine, cela ne se passera pas ainsi », martelle Scott Gottlieb.

Collèges et lycées

« Alors que les ventes de tabac conventionnel ne cessent de reculer aux États-Unis, celles de cigarettes électroniques progressent : en moyenne de 25 % par an depuis quatre ans, explique le site des buralistes. Et cette vogue n’a pas épargné les abords des collèges et des lycées, où le vapotage a supplanté la cigarette, en partie du fait du succès de fabricants parmi lesquels JUUL.

« La FDA est-elle sur le point de tuer la vape aux États-Unis ? » s’interroge le site vapingpost.com (Alister Servet). Il observe que si la déclaration de Scott Gottlieb commence bien elle se termine différemment :

« Notre plan global de lutte contre les effets nocifs du tabagisme (ndlr : plan de la FDA) a été fondé sur un principe d’animation central. Ce qui cause principalement la mort et les maladies liées au tabagisme n’est pas la nicotine contenue dans ces produits. C’est l’acte d’allumer du tabac pour libérer cette drogue pour l’inhalation. Alors que c’est la dépendance à la nicotine qui incite les gens à fumer,c’est surtout la combustion qui libère des milliers de constituants nocifs dans l’organisme à des niveaux dangereux, qui tue les gens  »

« Nous devons nous assurer que nous évaluons correctement l’impact net sur la santé publique de produits comme les e-cigs avant qu’ils n’obtiennent l’autorisation de mise sur le marché de la FDA, et que ces produits répondent à leurs responsabilités réglementaires. Ces produits peuvent encore poser des risques pour la santé, y compris la possibilité de libérer certains produits chimiques à des niveaux plus élevés que les cigarettes conventionnelles, et ces risques potentiels doivent être examinés de plus près ».

Pour vapingpost.com Scott Gottlieb fait très probablement référence aux nombreuses études à la méthodologie douteuse, et ayant très rapidement, après leur publication, été démontées par de nombreux experts du domaine.

« Oui, brûler un e-liquide libère des substances toxiques. Cependant, il est important de rappeler que dans le cadre d’une utilisation normale de la cigarette électronique, ces substances sont tout simplement absentes de la vapeur inhalée par les vapoteurs. »

Esclavage du tabac

Suite de Scott Gottleib :

« Nous annonçons la plus grande initiative jamais coordonnée contre les ventes illégales (ndlr : de produits de la vape à des mineurs) dans l’histoire de la FDA. Il s’agit de la plus importante mesure d’application de la loi de l’histoire de l’organisme(qui ciblera les ventes en ligne et en boutiques). Nous avons envoyé plus de 1 100 lettres d’avertissement aux magasins pour la vente illégale de cigarettes électroniques à des mineurs. De plus, nous avons imposé 131 autres pénalités civiles à des magasins qui ont continué de violer les restrictions sur les ventes aux mineurs.

«  Mais nous devons faire davantage pour endiguer ce que je considère comme une épidémie d’utilisation de la cigarette électronique chez les adolescents, et des tendances profondément inquiétantes qui ne montrent aucun signe de ralentissement. (…) L’un des facteurs que nous évaluons de près est la disponibilité des saveurs caractérisantes. Nous savons que les saveurs jouent un rôle important dans l’attrait des jeunes. Et compte tenu des tendances en cours, nous pourrions prendre des mesures pour réduire la commercialisation et la vente de produits aromatisés. Nous sommes en train d’évaluer activement comment nous pourrions mettre en œuvre une telle politique. »

Pour vapingpost.com la situation est claire : la FDA compte tout simplement ignorer les études ayant d’ores et déjà prouvé que les arômes sont l’une des principales raisons pour laquelle la vape est aussi efficace en tant qu’outil de sevrage tabagique, et pense à les supprimer. Quelles conséquences pratiques aurait une telle suppression ? Les mêems causes produisant, outre-Atlantique également, les mêmes effets on peut raisonnablement imaginer que la FDA pousserait, de fait, les adolescents à entrer directement dans l’esclavage, hautement plus toxique, de la nicotine du tabac.

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Sevrage : l’efficacité de la e-cigarette peut-elle être démontrée par un marchand de tabac ?

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Une étude, une confirmation et une question.

L’étude a été commanditée par Fontem Ventures (groupe Imperial Brands) – et a été publiée le 3 septembre dans le Journal of Environmental Research and Public Health : The Value of Providing Smokers with Free E-Cigarettes: Smoking Reduction and Cessation Associated with the Three-Month Provision to Smokers of a Refillable Tank-Style E-Cigarette. Elle est signée par le Pr  Neil McKeganey (Centre for Substance Use Research, West of Scotland Science Park, Glasgow).

Réalisée à l’aide de 72 fumeurs adultes elle a permis aux scientifiques l’ayant conduit d’affirmer que 36,5 % des fumeurs ayant eu à disposition une cigarette électronique de la marque « blu Pro» (ainsi que tous les arômes commercialisés qui vont avec) ont totalement cessé de fumer après 90 jours. La moyenne du nombre de cigarettes consommées quotidiennement est passée de 14,38 à 3,19. Une diminution du nombre moyen de jours par mois pendant lesquels les participants fumaient a été enregistrée, passant de 27,87/30 au départ à 9,22/30 jours après un mois et demi. La majorité des fumeurs ont affiché une réelle préférence pour les e-liquides  aromatisés (fruités, gourmands etc…). Tous les participants ont trouvé que les saveurs utilisées étaient importantes pour les aider à changer ou à réduire leur consommation de tabac,

A la suite de cette étude, 92 % des fumeurs pensaient que la cigarette électronique les avait aidés à réduire leur consommation de tabac, ou à s’en passer complètement. « Cette recherche, bien que financée par un industriel du tabac et limitée à une courte durée d’observation, renforce le rôle positif de la vape dans la lutte contre le tabagisme » résume le site vapingpost.com (Alistair Servet).

Changer de comportement

 « Nos données montrent qu’il est possible de faciliter un changement de comportement significatif de la part des fumeurs en leur donnant accès à des produits de cigarettes électroniques de haute qualité, au moins pour une courte période de temps » résume le Pr McKeganey. Et pour le Dr Grant O’Connell, directeur des affaires générales de Fontem Ventures ces résultats dépassent de loin ceux obtenus avec les traitements substitutifs à la nicotine.

Interrogé par vapingpost.com le Pr Bertrand Dautzenberg a fait ces commentaires :

« Cette étude a été réalisée sur un petit effectif (71 personnes dont 8 perdues en cours de route qui ne sont pas comptabilisées, alors qu’il faudrait les compter comme des échecs (le vrai chiffre à 90 Jours serait donc de 32,4 % et non 37 (63/72).  Il est également bon de savoir que les fumeurs sont payés en plus de se voir offrir le matériel et le remboursement des liquides qu’ils consomment. Les résultats sont donc seulement déclaratifs.

 « Finalement ceci n’apporte rien (« étude exploratoire » » disent les auteurs). Cependant, ses résultats restent plausibles puisqu’un tiers des fumeurs intéressés par la vape que l’on aide un peu ne fument en effet plus à 3 mois.  Une étude bien faite, indépendante de l’industrie du tabac, avec un groupe de contrôle ainsi qu’une vérification de l’abstinence, serait quand même la bienvenue ».

 Pour finir, la question : comment comprendre qu’aucun des organismes publics français en charge de la santé et de la recherche médicale n’ait encore conduit les travaux qui permettraient, en toute indépendance, de trancher ? Comment le justifier ?

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Politique :  le paquebot Tobacco  se lance à l’abordage des esquifs français du vapotage

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Cinq ans après la Révolution des volutes est-elle en grand danger ? La création de « France Vapotage » pourrait le faire craindre. Il s’agit ici, nous dit le site des buralistes, d’une « fédération professionnelle » créée par « des fabricants de produits du vapotage opérant en France ». Objectif : « défendre leurs intérêts et faire la promotion de la cigarette électronique comme ‘’outil de sortie du tabac’’ ».

 Pour un peu on applaudirait à la naissance de ce lobby. Mais la vérité, comme souvent, est un peu plus compliquée. Surtout quand on découvre que parmi les six membres fondateurs on retrouve  les géants cigarettiers  British American Tobacco, Imperial Brands et Landewyck – accompagnés de deux fabricants de produits pour cigarettes électroniques et d’une boutique spécialisée.

C’est là un symptôme : les crocodiles ont saisi que le vent commençait sérieusement à tourner.  Aujourd’hui, plus de deux millions de Français vapotent – un  chiffre est en constante progression. « Forts de ce constat, des fabricants de produits du vapotage opérant en France ont souhaité́ s’unir pour organiser et structurer leur secteur d’activité » expliquent, ouvertement, France Vapotage. Et de se donner une mission : « instaurer, auprès de l’ensemble des parties prenantes, publiques et privées, françaises et européennes, tout échange constructif propre à̀ servir les intérêts du vapotage ». Voilà qui est clair. Et pour la France ?

« Les objectifs sont de permettre le développement responsable de la filière, de promouvoir le vapotage comme outil de sortie du tabac, d’informer et défendre les consommateurs actuels et futurs. Notre Fédération a vocation à̀ rassembler et organiser la filière en France car nous sommes pleinement conscients des enjeux économiques et sanitaires majeurs portés par notre secteur d’activité́. Avec cette structure, nous voulons créer les conditions optimales du dialogue entre nos membres comme auprès de toutes les autres parties prenantes : entreprises, pouvoirs publics, communauté́ scientifique et consommateurs.»

Un siège unique pour fumer et vapoter

On peut le dire autrement : France Vapotage entend faire entendre ses intérêts auprès des pouvoirs publics français qui ont toujours fermé leur porte aux militants novateurs et financièrement désintéressés de la Révolution des volutes. C’est bel et bien à cette aune qu’il faut décrypter le discours de France Vapotage qui s’attachera à « créer les conditions du dialogue entre la filière et les pouvoirs publics », à « développer une campagne de sensibilisation avec les pouvoirs publics » ou à « simplifier les règles relatives au vapotage dans les espaces à usage collectif ».

Un France Vapotage muet, par définition, sur la lutte contre la consommation de tabac. Depuis leur Celtique les buralistes observent que les boutiques indépendantes de cigarettes électroniques se sont regroupées au sein du Syndicat interprofessionnel des indépendants de la Vape (Si2V). Il faut aussi compter avec la Fivape (Fédération Interprofessionnelle de la Vape) l’Aiduce  (Association Indépendante Des Utilisateurs de Cigarette Électronique) et l’historique et irremplaçable association Sovape.

Courageuse Sovape « qui  a pour but de développer, défendre et promouvoir une culture de réduction des risques et des dommages associés aux usages des produits fumés en général et du tabagisme en particulier ». « France Vapotage (dont le siège se trouve à la même adresse que British American Tobacco France) aura-t-elle de meilleures chances que nous d’obtenir des rendez-vous avec le gouvernement, en particulier avec Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé qui reçoit régulièrement les buralistes » interroge, amer, Sebatien Béziau, vice-président de Sovape.

M. Béziau, comme nombre des spécialistes de la réduction des risques (et donc, par définition, indépendants de l’industrie du tabac), dénonce une nouvelle fois la disparition, de fait, du « Groupe de travail vapotage » qu’était parvenu à mettre en place le Pr Benoît Vallet, ancien Directeur général de la Santé – et ce en dépit des allergies de Marisol Touraine vis-à-vis de la cigarette électronique. Agnès Buzyn n’a pas souhaité prolonger la survie de cette une structure originale entre deux mondes étrangers. Et le successeur de Benoît Vallet ne semble nullement intéressé par ce levier – un levier politique qui aiderait à la réduction de la première cause évitable de mortalité prématurée.

Découvrira-t-on, grâce à France Vapotage, les causes véritables de l’étrange désintérêt pour la e-cigarette du pouvoir exécutif français ?

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Vapoter devant et derrière les barreaux : qui s’inspirera de la belle expérience de Caen ?  

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Une première en France. Au début de l’été elle était racontée par Ouest-France (Jean-Luc Loury). Elle l’est aujourd’hui par La Vape du Cœur : une association loi 1901 « ayant pour but de venir en aide aux personnes majeures rencontrant des difficultés financières, fumeuses ou ex-fumeuses ». Et ce « en leur distribuant du matériel pour la vape (vaporisateurs personnels ou e-cigarettes, e-liquides et accessoires) afin qu’elles puissent accéder gratuitement à un substitut au tabac fumé ». L’un des prolongements de la révolution des volutes.

C’est l’histoire de l’opération « Vape en milieu carcéral » lancée en mars dernier par le CHU Caen Normandie, en coopération avec cette association. Au départ un appel à projets lancé par l’ARS de Normandie dans le cadre d’un programme de réduction des risques en milieu pénitentiaire. Puis un travail élaboré par le Dr Marie Van der Schueren, responsable du service de tabacologie du CHU de Caen et Lidwine Troncy cadre de santé de l’US-DSS (unité sanitaire-dispositif de soins somatiques).

Objectif : permettre un accès à la vape aux détenus fumeurs dans le cadre d’un sevrage tabagique au sein des deux établissements de Caen (Maison d’arrêt et Centre pénitentiaire) ; un projet qui concerne également tout le personnel des deux établissements « permettant ainsi de créer un climat favorable à la mise en place du dispositif ».

En pratique c’est La Vape du Cœur, par le biais de son représentant Xavier Guyou, qui a apporté son expertise et formé les divers intervenants et détenus fumeurs au bon usage de la vape. M. Guyou parle par expérience. « Il y a encore quelques années, ce chauffeur routier fumait jusqu’à 70 cigarettes par jour. ‘’Je me réveillais la nuit pour fumer. Jusqu’au jour où mon gamin de 9 ans m’a demandé pourquoi je toussais autant le matin. J’ai jeté mon dernier paquet et je me suis mis à vapoter’’ a-t-il raconté à Ouest-France  En dix-huit mois, il a appris à ‘’défumer’’ et il se passe aujourd’hui de nicotine, ‘’mais je ne veux pas arrêter la cigarette électronique’’. »

Bons de cantine

A Caen les dispositifs ont été achetés grâce au financement octroyé par l’ARS pour ce projet. Les matériels utilisés, pour répondre aux exigences particulières (pas de rechargement possible par port micro USB) étaient des batteries «Spinner 2 », et des « Kanger T2 » pour les atomiseurs. Résultats :

« Avant d’intégrer les « ateliers Vape », 82 personnes détenues étaient déjà suivies en consultations d’aide au sevrage tabagique par les infirmiers de l’US-DSS (la majorité bénéficiant de substituts nicotiniques). 48 personnes avaient acheté une vape, via les bons de cantine, mais le modèle vendu par l’administration pénitentiaire est aujourd’hui dépassé.

Au total 193 personnes détenues ont, depuis le 15 mai participé à ces ateliers. L’ensemble des participants a été équipé, et formé à l’utilisation de la vape ; 165 hommes et 28 femmes. Et 70 personnes, non suivies initialement, ont été prises en charge à l’aide d’un traitement de substitution nicotinique à l’issue des ateliers – en combinaison avec l’usage de la vape (majoritairement avec des patchs à la dose de 25mg/16 heures ou 21mg/24 heures de nicotine). »

Après ces premiers mois de mise en place les résultats sont « déjà encourageants ». Une présentation de ce projet inédit, en partenariat avec La Vape du Cœur, sera faite par le Dr Van der Schueren, à l’occasion du 12e congrès de la Société Francophone de Tabacologie, le 29 novembre à Montpellier. Le Dr Van der Schueren espère que cette expérience sera étendue à d’autres établissements du même type. Elle n’est pas la seule.

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Nouveau : quand Big Tobacco incite les ados à devenir addicts via les réseaux sociaux

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C’est un papier original du New York Times : « Big Tobacco’s Global Reach on Social Media » (Sheila Kaplan) heureusement relayé, en France, par Slate.fr : « L’industrie du tabac se sert d’Instagram pour dire que fumer, c’est cool » (Nina Pareja).

Cela fait bien des années que les géants du tabac font officiellement la promesse d’en finir avec leurs tentatives de séduire les « jeunes ». Comment les croire quand on sait que rien n’est plus profitable (pour eux comme pour le fisc) que d’attirer dès le plus jeune âge dans l’enfer addictif de l’esclavage tabagique ? Question : combien rapporte un fumeur consommant chaque jour un paquet de vingt cigarettes durant, en moyenne, un peu plus d’un quart de siècle ?

« L’industrie du tabac a choisi de s’adapter et de se moderniser grâce aux réseaux sociaux, révèle une enquête internationale publiée sur Takeapart.org et dirigée par Robert V. Kozinets, professeur de relations publiques à l’université de Californie du Sud » rapporte Slate.fr.

«Ce qu’ils font est très efficace pour contourner les lois qui interdisent la publicité visant les jeunes», témoigne M. Kozinets qui se dit très surpris du «niveau de sophistication» des publications qui obtiennent énormément de likes. Financée par le groupe de pression Campaign for Tobacoo-Free Kids (la campagne pour des enfants sans tabac), son équipe a comptabilisé et relayé les # hastags # liés à des marques de cigarettes sur les réseaux sociaux de dix pays.

 « En leur promettant l’anonymat, le groupe de cherche a pu obtenir des réponses d’influenceurs et influenceuses payées par des entreprises de tabac pour poster des photos sur Instagram et Facebook les montrant en train de fumer ou posant à côté d’un paquet de cigarettes. La règle principale: conserver son naturel. Les posts ne donnent pas d’indices de sponsoring de la publication. »

Deux cents euros et deux cartouches

 «Le résultat souhaité est de montrer que fumer des Lucky Strike c’est cool», explique l’un des « influenceurs ». Il est possible de gagner ainsi 200 euros par mois (et deux cartouches de cigarettes) pour celles et ceux qui ont de nombreux followers. Et Lucky Strike de recommander de poster deux fois par semaine avec la mention #likeus_party (et au moins une fois par semaine avec le mot-clef #lus) sans oublier « d’aimer et partager » les contenus de la page Facebook de la marque.

Les résultats de cette étude ont conduit Campaign for Tobacco-Free Kids, le réseau américain d’actions contre le cancer et l’association américaine du poumon  à lancer une pétition accusant les géants (Philip Morris International,British American Tobacco, JT International et Imperial Brands) de publicité déguisée et illégale.

Réactions ? Le porte-parole de Philip Morris a affirmé : «aucune de nos publicités n’a pour but de recruter de nouveaux fumeurs». Celui de l’entreprise japonaise JT International précise que les événements festifs qu’elle organise ont pour finalité «d’orienter les adultes qui fument déjà vers nos marques. Si des fumeurs ou vapoteurs choisissent de partager leurs activités sociales, c’est leur choix». Quant à Imperial Brands il assure ne payer des « influenceurs » ou « influenceuses » que pour faire la promotion de ses événements. Qui ment ?

Et en France, face à Big Tobacco ?  Le « paquet neutre » ; de modestes augmentations des prix ; les yeux fermés de la police sur des ventes de tabac aux mineurs – et le déni de l’exécutif quant aux vertus de la cigarette-électronique-réduction-de-risques.

A demain