Cigarettes, vapotage, politique : le retour de Marisol Touraine et de son paquet-neutralité

Bonjour

Où l’on retrouve, prenant la parole, Marisol Touraine « ancienne ministre de la Santé de François Hollande et nouvelle récipiendaire de la Légion d’honneur » (sic). Celle a qui Agnès Buzyn succéda a été « sollicitée » par le Midi-Libre, aussi a-t-elle écrit un article intitulé « Le défi du Grand Débat » qu’elle a également publié sur son blog .

 On se souvient peut-être des hésitations sans fin de la ministre de François Hollande tentée par l’aventure macronienne. Les atermoiement semblent, chez elle, toujours d’actualité :

Acte I« La France est aujourd’hui engluée dans une crise profonde, que le gouvernement a aiguisée en écartant les élus locaux et les acteurs sociaux (…) Cette crise est préoccupante parce qu’aucune alternative politique n’émerge aujourd’hui et que l’esprit de responsabilité semble avoir déserté. La violence est inacceptable et doit être condamnée sans ambiguïté, par les élus de tous bords comme par les “gilets jaunes”. Mais de son côté, Emmanuel Macron a trop tardé à réagir et le gouvernement multiplie depuis les erreurs en ignorant les organisations syndicales réformistes ou en accumulant les couacs sur la taxe d’habitation pour ne prendre que ces exemples.

Acte II « (…) il faut cesser d’expliquer que le débat ne changera rien alors que des attentes s’expriment avec force et que prévaut le sentiment d’un manque de considération : c’est en associant les partenaires, en inventant une nouvelle articulation entre démocratie représentative et démocratie participative que le pouvoir ouvrira un débouché politique à la crise. »

Acte III « En cette période de vœux, je forme celui que le calme et le respect reviennent, permettant un débat de fond, un débat sans fard, sans faux-semblant, qui permette à chacun d’être entendu, à la justice sociale d’être notre boussole collective et à notre pays d’aller mieux. »

Et puis, simple hasard ou tenace fatalité, voici que deux années après l’entrée en vigueur du paquet neutre, Santé publique France publie, ce jeudi 17 janvier, une étude sur la perception du paquet de cigarettes par les fumeurs. On se souvient que ce « paquet neutre » fut le grand œuvre anti-tabagique d’une Marisol Touraine qui sera un jour condamnée pour ne pas avoir perçu la puissance du levier de la cigarette électronique dans le champ de la réduction des risques addictifs. Un dramatique déni politique sur lequel on espère, encore et toujours que l’ancienne ministre parviendra un jour à s’exprimer – sans même parler d’Agnès Buzyn qui suit le même dramatique chemin.

Santé Publique France, donc : « Perception du paquet de tabac neutre par les fumeurs : baromètres 2016 et 2017 »

A dire vrai c’est un peu court : « les résultats confirment que le paquet de tabac neutre est moins attractif pour l’ensemble des fumeurs ». Pauvrement court : « deux indica­teurs ont été utili­sés : le fait que l’aspect du paquet que les fumeurs achètent habituellement leur plaît, et la gêne qu’ils ont à sortir leur paquet à cause de son aspect ». Ce qui donne :

  • la part de fumeurs qui déclarent que l’aspect de leur paquet de cigarettes leur plaît a été divisée par trois en 2017 (16 %) par rapport à 2016 (53 %) ;
  • les fumeurs qui sont gênés de sortir leur paquet à la vue de tous à cause de son aspect sont deux fois plus nombreux en 2017 (12 %) qu’en 2016 (6 %) ;
  • l’appréciation du paquet a particulièrement diminué chez les 18-24 ans.

On résume : « le nouveau conditionnement des produits du tabac a eu un impact sur la perception par les fumeurs de leurs paquets de cigarettes et a probablement contribué, dans un contexte anti‑tabac particulièrement fort, à dénormaliser encore un peu plus les produits du tabac en France ».

Et, comme toujours chez Santé Publique France,  rien sur les vertus, en France, de la cigarette électronique en matière de santé publique.

A demain

@jynau

2018 : les ventes officielles de tabac ont baissé. Qui nous dira très précisément pourquoi ?

Bonjour

Les ventes de cigarettes en France ont nettement reculé l’an dernier. La conséquence directe d’une forte hausse des prix en mars et, plus largement, d’une politique publique anti-tabac qui commence à porter ses fruits, estime l’AFP (Rebecca Frasquet). Serait-ce si simple ?

Les chiffres. En 2018, 40,23 milliards de cigarettes ont été livrées aux buralistes dans l’Hexagone, contre 44,36 milliards en 2017, soit un recul de 9,32 % en volume, selon des chiffres de Logista, fournisseur de la quasi-totalité des points de vente cité par le site des buralistes français. En 2017, les ventes officielles de cigarettes avaient déjà baissé de 1,48 % en volume après un recul de 1,2 % en 2016 et une hausse de 1 % en 2015.

Ajoutons que les ventes de tabac à rouler ont enregistré en 2018 un recul de 9,40 % après une diminution de 5,66 % l’année précédente. Et que globalement sur l’année passée, les livraisons de tabac (cigarettes, tabac à rouler, cigares et tabac à mâcher) sont en baisse de 9,15 %.

 Les explications. « C’est une politique de santé publique qui marche, cela va faire des milliers de vies sauvées, c’est important, se félicite le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue que l’on ne présente plus – et qui ne craint pas d’établir ici un lien de causalité. Selon lui, cette baisse des ventes de cigarettes résulte du relèvement d’un euro du prix du paquet appliqué le 1er mars 2018, pour atteindre un prix moyen aux alentours de 8 euros. «  Ce prix a motivé beaucoup de gens à arrêter de fumer : le prix est redevenu un facteur d’arrêt du tabac, car fumer un paquet par jour coûte maintenant 240 euros par mois » calcule-t-il.

Et d’ajouter que cet effet aurait  été « boosté » par « les autres mesures du programme national de lutte contre le tabac, comme le paquet neutre, qui joue beaucoup sur les jeunes ». Compter aussi avec (enfin !) le remboursement des substituts nicotiniques (gommes à mâcher, patchs, pastilles). Les prescriptions de ces traitements ont bondi de 75 % entre mars et septembre, selon l’Assurance maladie.

La cigarette électronique.  « Le recul des ventes légales de tabac est le résultat d’un choc de prix administré aux fumeurs », estime lui aussi Éric Sensi-Minautier, directeur des affaires publiques de British American Tobacco (BAT) et porte-parole non officiel de Big Tobacco. « Un fumeur sur deux qui arrête de fumer, passe au vapotage », dit-il. C’est selon lui une « alternative crédible au tabac » dont le développement devrait, selon lui, « bénéficier du soutien actif du gouvernement ». Où l’on voit ainsi, une nouvelle fois, Big Tobacco se faire l’ambassadeur quelque peu pervers de la Révolution des Volutes.

 De leur côté, les cigarettiers se positionnent à marche forcée sur la cigarette électronique, réputée beaucoup moins nocive que le tabac : l’américain Altria, fabricant de l’emblématique Marlboro, a investi 13 milliards de dollars dans Juul, une start-up qui détient près de 75% du marché aux États-Unis

Quant à BAT, il a investi 2,5 milliards de dollars en recherche et développement sur ces produits, ces dernières années (voir Lmdt du 16 décembre).

Pour réduire la consommation de tabac, le gouvernement a prévu d’atteindre, en novembre 2020, un prix de 10 euros le paquet de 20 cigarettes, avec notamment deux augmentations de 50 centimes en 2019, l’une fin mars, et l’autre en novembre.

La contrebande. C’est le grand sujet, celui que les zélateurs de l’exécutif se gardent bien d’aborder. Pour le Pr Dautzenberg les ventes de tabac de contrebande ne représenteraient que « 4 à 5 % de la consommation » en France (où 80 % du prix est constitué de taxes – 8,74 % revenant aux buralistes et le solde aux fabricants). Mais le site des buralistes cite l’étude Sun réalisée par KPMG pour le compte des cigarettiers  (avec une méthodologie « ramasse-paquets » empirique, qui retrace l’origine présumée d’emballages retrouvés sur la voie publique)  les « cigarettes illicites » représenteraient  14,8 % de la consommation en France.

Si l’on y ajoute les achats « transfrontaliers légaux » et le duty free, les ventes hors buralistes représenteraient 26,8% de la consommation, selon les cigarettiers. Ce qui, faute de données plus précises, impose de modérer l’enthousiasme né des chiffres officiels. Le gouvernement a prévu d’atteindre, en novembre 2020, un prix de 10 euros le paquet de 20 cigarettes, avec notamment deux augmentations de 50 centimes en 2019, l’une fin mars, et l’autre en novembre. Aucune étude ne semble prévue pour évaluer l’évolution de la consommation « non officielle ».

Seule certitude chiffrées : l’addiction au tabac est, en France, directement responsable de 75 000 décès prématurés chaque année.

A demain

@jynau

 

 

Cigarette électronique : sur France Info, le patron de Santé Publique France avala son chapeau

Bonjour

Comment tourner casaque sans avoir à prononcer le moindre mea culpa ? La question se pose à l’écoute de l’émission « Les mots de l’Info » de France Info du 5 janvier dernier.

Invités : le Dr François Bourdillon (directeur général de Santé Publique France) et le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue que l’on ne présente plus. Des propos repris sur le site des buralistes françaiset, pour partie, sur le site vapingpost.com : « La fin de la vape dix ans après la fin du tabac ? » (Guillaume Bailly).

Peut-on raisonnablement, en 2019 imaginer en France une « Génération sans tabac » ?

François Bourdillon : « Oui, c’est l’effet d’une politique cohérente et d’un ensemble de mesures allant du paquet neutre au remboursement des substituts en passant par l’augmentation du prix du tabac et la grande opération de marketing social ‘’Mois sans Tabac’’. On a pris le tabac par les cornes. Tout le monde fume mais de moins en moins les jeunes. Et quand vous avez un million de fumeurs en moins, vous avez ceux qui ont arrêté et ceux qui ne sont pas rentrés dans le tabagisme ».

Un effet du « paquet neutre » ?  « Oui, ça a marché dans le sens où ça a diminué l’attractivité auprès des jeunes » estime François Bourdillon.

Un effet de l’augmentation du prix du tabac ? « C’est très efficace et le paquet neutre aussi (…) Depuis la forte augmentation de mars (de l’ordre de 13 à 14 %), on a une baisse de consommation plus importante qu’attendue, de l’ordre de 11 %. Et cela sous la conjonction d’autres mesures (…) » explique Bertrand Dautzenberg.

Çela veut dire quoi, exactement, « Génération sans tabac » ?

Bertrand Dautzenberg : « Moins de 5 % de fumeurs quotidiens dans une tranche de population. Moi, je travaille surtout sur Paris.. La baisse est colossale chez les jeunes et on devrait y arriver avant 2030. Ce sont les jeunes nés en 2012 qui seront non-fumeurs. En Ile-de-France, on fume moins que dans les régions frontalières qui ne « bénéficient » pas de l’augmentation du prix puisque les pays voisins sont moins chers. Ou qu’en Corse où les taxes sont de moins 21 % par rapport au continent : le nombre de cancer y est supérieur de 20 %. »

Hier encore adversaire acharné

On n’a pas parlé de la taxation sur le tabac lors du mouvement des « Gilets Jaunes » contre la fiscalité. Est-ce un signe que tout le monde l’accepte ? François Bourdillon : « C’est une grande victoire pour cette taxe comportementale. D’autant qu’elle est recyclée pour faire la promotion de la santé ».

Puis la grande question, celle de la place de la cigarette électronique dans une politique de lutte contre le tabagisme. Où l’on entend, médusé, le directeur de Santé Publique France (hier encore adversaire acharné)  déclarer :

« C’est le moyen le plus utilisé pour arrêter de fumer. C’est important à savoir. Aujourd’hui, il y aurait entre 2,5 à 3 % d’utilisateurs de cigarette électronique. C’est un bon moyen de réduction du risque. Après, elle peut comporter des risques et il faut suivre le comportement des Français afin de s’assurer qu’elle n’est pas détournée, et que ce ne soit pas un objet qui serve les fabricants pour promouvoir les cigarettes ».

Et c’est alors, dans le studio de France Info, le Pr Bertrand Dautzenberg rêva à haute voix:

« Je défends assez la cigarette électronique comme sortie du tabac. D’ailleurs, il n’y a qu’1 % des utilisateurs qui sont non-fumeurs. Cela dit, dix ans après la fin du tabac, je souhaiterais la fin de la vape ».

A demain

@jynau

 

 

 

Officiel : le Plan gouvernemental 18-22 de mobilisation contre les addictions oublie l’alcool

Bonjour

Officiellement le gouvernement était « aux abonnés absents ». Pour autant dans les milieux bien informés (mais tenus à la réserve) c’était un secret de polichinelle : annoncé depuis près d’un an, sans cesse reporté à plus tard le « plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 » avait bel et bien été adopté par le gouvernement dans les denier jour de décembre – mais en catimini, de manière presque honteuse. Il se présente comme un gros document assez jargonneux associé à six feuillets daté du 27 décembre – feuillets adressés aux préfets et signés de Nicolas Prisse , président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).

Dans un éditorial Edouard Philippe, Premier ministre, explique que le « Plan national de mobilisation contre les addictions » vise à créer un élan et à accompagner une prise de conscience dans l’ensemble de la société. Sous l’égide des préfets, il sera décliné en actions plus fines, au plus près des citoyens, au cœur des territoires, avec la préoccupation de coller à la réalité des trajectoires et aux priorités politiques portées par les collectivités locales.

Ce Plan sera « porté par un discours public clair sur les risques et les dommages des consommations de substances psychoactives et des usages à risque ». Il mettra l’accent sur la prévention et porte une attention particulière aux publics les plus vulnérables du fait de leur âge ou de leurs fragilités. Il renforcera la qualité des réponses apportées aux conséquences des addictions pour les individus et la société et témoignerait d’un engagement fort contre les trafics. Il proposera de nouvelles mesures pour la recherche, l’observation et le développement de la coopération internationale.

Silence de la ministre des Solidarités

Et Edouard Philippe se souligner que les chiffres de la mortalité prématurée imputable au tabac (73 000 décès par an) et à l’alcool (49 000 décès par an) en France « ne sont pas acceptables ». Pour autant le Plan ne permet guère d’imaginer que la lutte changera véritablement de braquet. On sait déjà ce qu’il en est pour le tabac. Et on sait ce qu’il ne peut en être pour l’alcool après les positions exprimées par Emmanuel Macron, président de la République et les silences d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.

« Cette absence de mesure forte sur l’alcool devrait susciter la déception des addictologues qui avaient publié, en avril 2018, une tribune appelant à un véritable plan alcool, prophétise Le Monde (François Béguin). ‘’De ce que l’on sait du plan, il n’y aura pas de mesure contraignante, comme l’instauration d’un prix minimum, l’interdiction des publicités pour l’alcool autour des écoles ou l’encadrement de la publicité sur Internet’’, prédisait, il y a quelques semaines, Nelly David, la directrice générale de l’association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa), regrettant l’absence de  politique volontariste’’ des pouvoirs publics sur ce sujet. »

Seule mesure concrète : l’agrandissement « significatif » (sic) du pictogramme « femmes enceintes » pour les boissons alcooliques – mesure déjà annoncé dans un « plan prévention » mais toujours à l’étude …

« Même s’il ne contient pas de mesure flamboyante, c’est un plan techniquement très équilibré, qui tient globalement la route » a déclaré au Monde Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération Addiction. Elle estime que le « problème majeur » du texte« c’est sa dimension politique » : « Il souffre de ne pas être porté par l’ensemble du gouvernement, ce qui donne l’impression que la question des addictions n’est pas une priorité pour lui ». Impression amplement confirmée – et ce alors même que la mobilisation contre les addictions est, au premier chef, une question politique.

A demain

@jynau

Et le «plan 2018-2022 contre les addictions» ? Le gouvernement est aux abonnés absents !

Bonjour

Il y a un an on pouvait encore espérer. Le « Plan national de mobilisation contre les addictions » viserait à créer un élan et à accompagner une prise de conscience dans l’ensemble de la société. Sous l’égide des préfets, il allait être décliné en actions plus fines, au plus près des citoyens, au cœur des territoires, avec la préoccupation de coller à la réalité des trajectoires et aux priorités politiques portées par les collectivités locales.

Il serait porté par un discours public clair sur les risques et les dommages des consommations de substances psychoactives et des usages à risque. Il mettrait l’accent sur la prévention et porte une attention particulière aux publics les plus vulnérables du fait de leur âge ou de leurs fragilités. Il renforcerait la qualité des réponses apportées aux conséquences des addictions pour les individus et la société et témoignerait d’un engagement fort contre les trafics. Il proposerait de nouvelles mesures pour la recherche, l’observation et le développement de la coopération internationale.

Puis cela devint une arlésienne gouvernementale. Et cela commence à prendre des allures de petit scandale.

Climat inflammable

« Le plan national 2018-2022 » devait être publié en mars 2018. Avant d’être reportée à juin. Puis le gouvernement laissa passer l’été.  « Le plan de lutte contre les addictions 2018-2022 devrait être in fine dévoilé courant septembre par le président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), le Dr Nicolas Prisse, écrivait Le Quotidien du Médecin début septembre. Dans la continuité du précédent (et premier) plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2013-2017, la nouvelle mouture devrait concentrer son action sur les jeunes et balayer un large spectre d’addictions. » Le Quotidien ajoutait alors:

« Ce plan arrive dans un climat pour le moins inflammable. Les mesures sur l’alcool sont plus qu’attendues : leur absence  dans le Plan national de santé publique publié en mars (« Priorité prévention ») n’a fait qu’accroître l’impatience des acteurs sanitaires. Avant que le désaveu qu’infligea Emmanuel Macron à Agnès Buzyn, qui soutenait que le vin est un alcool comme un autre vu du foie, ne suscite leur indignation. La présentation  d’un « plan prévention » à l’Élysée en juin dernier, par la filière des boissons alcoolisées doté de 5 millions d’euros, n’a pas apaisé leurs inquiétudes quant à la volonté du gouvernement de protéger la santé, et non les lobbies. 

 « Le volet cannabis devrait également être scruté avec attention par les acteurs de terrain, qui réclament une réforme de la loi de 1970 et souhaiteraient que le ministère de la Santé reprenne la main sur le dossier, au détriment de l’Intérieur, pour promouvoir une politique pragmatique de dépénalisation et régulation. » 

Dans les limbes

Septembre passa… Des voix autorisées évoquèrent décembre… Et nous voici en janvier de l’année 2019 avec un plan « 2018-2022 » qui demeure toujours dans les limbes et un gouvernement aux abonnés absents. Entre incurie, désinvolture et impudence.

En dépit des engagements réaffirmés d’Emmanuel Macron en faveur de la prévention le pouvoir exécutif tient ainsi pour quantité négligeable le fait que les conduites addictives constituent un défi majeur pour notre société ; que beaucoup de Français font un usage quotidien de produits psychoactifs : tabac, alcool, cannabis ; que les addictions, ce sont aussi des comportements, comme l’usage excessif des écrans ou des jeux vidéo, qui enferment et qu’on ne peut plus maîtriser ; que tous les territoires, urbains ou ruraux, métropolitains ou ultramarins, sont concernés et que les risques et les dommages sont clairement établis.

Chaque année, le tabac et l’alcool sont responsables en France du décès prématuré de plus de 120 000 personnes. Est-il acceptable de rester inactif quand on s’était engagé à agir ? Depuis un an le silence gouvernemental prend, chaque jour un peu plus les dimensions d’un scandale.

A demain

@jynau

 

 

E-Cigarette et réduction des risques : en 2019, Agnès Buzyn découvrira-t-elle qu’elles existent ? 

Bonjour

Miscellanées addictologiques et politiques de la nouvelle année.

Marisol Touraine fut durant cinq ans la ministre de la Santé de François Hollande, président de la République. Niant les vertus de la cigarette électronique Mme Touraine n’aura rien fait pour la réduction des risques tabagiques – hormis le paquet neutre. Marisol Touraine vient d’être décorée : chevalier de la Légion d’honneur. « Trente ans de service » résume Le Quotidien du Médecin (Stéphane Long). « Peu appréciée des médecins durant son passage au ministère, Marisol Touraine a été nommée chevalier, le grade le plus bas de la distinction nationale, pour ses 30 années de services rendus à l’État (le code de la légion d’honneur interdit toute nomination ou promotion pendant la durée des fonctions ministérielles) »

Cette même promotion distingue également une dizaine de praticiens hospitaliers nommés au grade de chevalier, ainsi que plusieurs personnalités du monde de la santé. Sans oublier Mgr Michel Aupetit, médecin généraliste de formation devenu archevêque de Paris en 2017.

Message adressé par le Conseil économique social et environnemental (CESE). « Le 1er janvier 2019 est marqué par l’entrée en vigueur des nouveaux prix des paquets de cigarettes. L’augmentation notable (de 20 à 30 centimes pour certains paquets), est une étape supplémentaire dans le train de hausses successives prévues par le Gouvernement pour atteindre, d’ici novembre 2020, un prix de 10 euros. Janvier marque également pour certains l’entrée dans le « mois sans alcool » (« Dry January »).

Si le tabac et l’alcool font partie des produits les plus réglementés, leur pratique demeure néanmoins très répandue et trop souvent addictive. Au-delà de la santé, les conséquences de ces addictions sont bien souvent sociales. Aujourd’hui, il est crucial de lutter contre ce qui correspond respectivement aux première et deuxième causes de mortalité évitable en France.

Dans le cadre d’un partenariat avec la Cour des comptes, qui réalise un important travail d’évaluation des politiques publiques de lutte contre le tabagisme et contre la consommation nocive d’alcool, le CESE s’est emparé de ce sujet éminemment sociétal. Ses préconisations feront l’objet d’une présentation et d’un vote en séance plénière le 9 janvier 2019, à partir de 14h30.

Ce projet d’avis est rapporté par Etienne Caniard (Groupe de la Mutualité), accompagné de Marie-Josée Auge-Caumon (Personnalité associée), pour la Section des Affaires sociales et de la santé, présidée par Aminata Koné (Groupe UNAF). Il sera présenté lors de l’assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental le 9 janvier à 14h30. Vous êtes cordialement invité.e à la présentation de l’avant-projet d’avis, inscription par courriel à l’adresse : pressecese@havas.com. La séance sera retransmise en direct sur le site internet du CESE : www.lecese.fr. »

Cigarette électronique britannique et vidéo trash. Pour lutter contre la désinformation sur le vapotage, le Public Health England (PHE) diffuse depuis quelques jours une vidéo virale qui compare le tabagisme et la vape. L’affaire est excellement traitée par Sébastien Béziau, vice-président de Sovape, sur vapyou.com « Le Public Health England lance une vidéo virale qui compare vape et tabac » :

« Depuis 2015, l’organisme gouvernemental Public Health England (PHE) affirme que vapoter est au moins 95% moins nocif que fumer. Le premier rapport avait été réalisé par des experts suite à la lecture et la compilation de plus de 200 études. En février 2018, le PHE a publié une mise à jour, qui confirme à nouveau ce 95% et qui s’assortit de nombreuses recommandations pour les services de santé et tous les intervenants de la lutte contre le tabagisme. En clair, faire une promotion massive du vapotage auprès des fumeurs.»

« L’Angleterre est le seul pays au monde où tous les acteurs de la lutte contre le tabagisme sont unis derrière un message positif pour promouvoir massivement le vapotage. L’information est claire et honnête, le STOPTOBER (modèle – lointain – du Mois Sans Tabac), par exemple, incite clairement les fumeurs à essayer le vapotage. Cette année, on trouvait même sur le site officiel de l’opération, un annuaire des boutiques de vape spécialisées, une action menée avec l’association des professionnels indépendants l’IBVTA. »

 La vidéo que diffuse le Public Health England est, pour Sébastien Béziau, un modèle de communication “trash” comme on peut le voir souvent dans les réseaux sociaux, objectif “choc et viral”. « Sauf que cette fois, ce n’est pas réalisé par des amateurs, il s’agit du Dr Rosemary Leonard et du Dr Lion Shahab pour le compte d’un organisme gouvernemental, la vidéo est siglée Public Health England, c’est un discours officiel, écrit-il. L’objectif est bien clair : créer un maximum de buzz avec une vidéo très viraleAucune ambiguïté, à la différence de la “frilosité” en France, les services de santé anglais sont prêts à tout pour alerter la population avec une promotion massive et très engagée pour le vapotage. »

Nous sommes en 2019 et le « Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 » n’a toujours pas vu le jour. Sa publication était prévue pour mars 2018.

A demain

@jynau

Tabac : en 2019 Agnès Buzyn fera-t-elle payer aux fumeurs le dépistage du cancer du poumon ?

Bonjour

Des spécialistes réclament ouvertement la mise en place d’un dépistage qui préviendrait 7.500 morts prématurées et proposent un mode de financement sans précédent. Explications.

Longtemps, les choses furent dramatiquement simples: le cancer bronchopulmonaire était considéré comme une double fatalité, médicale et politique. Il ne pouvait être que bien trop tardivement diagnostiqué et donc très difficilement traité. Et il était (presque) toujours associé à l’addiction chronique à la consommation d’une substance: le tabac, hautement rentable pour les recettes fiscales d’un État peu enclin à les diminuer.

La donne, toutefois, a évolué. Si la France demeure le pays développé où l’on compte l’un des taux les plus élevés de fumeurs et fumeuses, les progrès accomplis en matière d’imagerie médicale laissent espérer la mise en place prochaine d’un dépistage précoce des lésions cancéreuses bronchopulmonaires.

Ces nouveaux éléments conduisent à poser les termes d’une nouvelle équation à la fois médicale, politique et financière. Avec un objectif clairement affiché: prévenir chaque année en France 7.500 morts prématurées (deux fois plus que celles liées de la circulation routière). C’est là un sujet majeur de santé publique: on diagnostique désormais chaque année près de 50.000 nouveaux cas en France et ce cancer est le plus meurtrier chez l’homme (21.000 décès) et le deuxième chez la femme (9.500 décès) après celui du sein.

La suite sur Slate.fr : « Fumeurs payeurs? Une piste pour le dépistage du cancer du poumon »

A demain

@jynau