Dangers affichés sur les paquets de tabac : pourquoi l’Etat joue-t-il à ce point petit bras ?

Bonjour

« Fumer bouche vos artères » dit-on aux fumeurs – avec, en prime, un beau cliché de jambe amputée. Plus de place pour les cautères. Mais, en prime, un fait divers qui régale la presse régionale, française et européenne. Une histoire de notre époque : celle d’un sexagénaire albanais résidant à Metz (Moselle) et qui affirme s’être reconnu sur un message de prévention utilisé à grande échelle sur des paquets de cigarettes vendus dans l’Union européenne. C’est à lire, à voir et à entendre sur France Bleu (Magali FichterAntoine Barège) et dans Le Républicain Lorrain, (Kevin Grethen) :

« Sa photo s’affiche sur tous les paquets de cigarettes commercialisés en France et au Luxembourg. Peut-être dans l’ensemble des pays de l’Union européenne. Sa photo, disons plutôt celle du moignon de sa jambe gauche. Une image choc comme l’impose depuis 2016 la politique contre le tabac. Mais surtout choquante pour cet Albanais installé à Metz depuis quelques années. Il n’a signé aucune autorisation pour l’utilisation de ce cliché ». Plus curieux encore, il y a tromperie sur le message diffusé : ‘’Fumer bouche vos artères’’  dénonce la marchandise. Or, l’amputation de ce membre n’a aucun lien avec le tabagisme. 

« Le fils du sexagénaire est tombé le premier sur l’image. ‘’Il revenait du Luxembourg. Sans rien nous dire, il dépose une grosse boîte de tabac à rouler sur la table, raconte sa sœur qui joue la traductrice pour son père. On est restés interdits un moment… On n’y croyait pas. » La photo montre un tronc, une jambe coupée assez haut. Ils la connaissent assez pour n’avoir aucun doute. « C’est celle de notre père. Ses cicatrices sont caractéristiques.’’ L’avocat messin de la famille, Antoine Fittante, confirme : ‘’Chaque cicatrice est spécifique, unique. Cet homme a également des traces de brûlures sur l’autre jambe, c’est très net. Un expert n’aura aucune difficulté à identifier l’image.’’

Oublier la fusillade en Albanie

« Depuis son arrivée en France, et son installation auprès de ses enfants parfaitement intégrés, cet homme rêvait d’un appareillage pouvant l’aider à marcher sans béquilles. Et à oublier cette fusillade en Albanie qui l’a estropié à vie en 1997. Il y a cru lorsqu’un orthopédiste l’a envoyé en 2018 vers un spécialiste de l’hôpital militaire Legouest à Metz. Des photos – dont celle diffusée – ont été envoyées pour évaluer les possibilités. Le patient a passé une IRM. ‘’On avait espoir. Vraiment. Mon père vit avec des béquilles depuis plus de vingt ans. Il ne s’était jamais résigné. Il a toujours espéré retrouver de l’autonomie. Pour lui, c’était synonyme d’une nouvelle vie’’, sourit sa fille.

« La petite flamme s’est éteinte en même temps que la découverte de l’image sur les paquets. ‘’On n’a plus jamais eu de retour du médecin de Legouest.’’ Le patricien n’y travaille plus aujourd’hui.

« Les explications de la Commission européenne n’ont pas permis de retracer le parcours de la photo. Parce que ‘’ la personne dont vous nous avez communiqué le nom ne figure pas dans la bibliothèque de ces images destinées aux avertissements de santé’’, a-t-elle répondu. Cela soulève une autre question : quelqu’un a-t-il signé le document de consentement sous un autre nom ? ‘’La commission va devoir me produire ces éléments’’, prévient Me Fittante.

Le Monde et ses « Décodeurs » ont travaillé le sujet et concluent que ce témoignage « souffre de sérieuses incohérences » « La chronologie invalide la version des faits avancée par ce monsieur, sa famille et son avocat, estiment-ils. La présence de ces photographies sur les paquets de cigarettes est obligatoire depuis 2016. Selon la Commission européenne, le choix des quarante-deux images – qui ont été successivement utilisées à partir de 2016 – a été arrêté dès 2014. La directive, diffusée le 10 octobre 2014, inclut la ‘’ bibliothèque de mises en garde assorties d’images à appliquer sur les produits du tabac’’. La photographie de la personne unijambiste fait bien partie de la série, ce qui rend impossible la version du sexagénaire albanais qui affirme que le cliché date de 2018 ».

Interrogée par Le Parisien, la Commission a assuré que la photographie a été acquise et utilisée dans le respect des droits de la personne à l’image, qui ne serait pas le sexagénaire qui s’est exprimé dans la presse : « Nous disposons de l’identité, de l’accord et des droits pour toutes les personnes photographiées pour cette campagne. Au vu des informations dont nous disposons, nous pouvons affirmer sans aucun doute que cet individu n’en fait pas partie. »

Pourquoi en rester là ?

De nombreuses preuves confirment que l’image date d’avant « mai ou juin 2018 » et n’a donc pas pu être prise lors du séjour du sexagénaire à l’hôpital. Des documents officiels émanant de la Commission européenne, ou encore de l’agence suédoise de santé publique et hébergé sur de nombreux sites, par exemple le site spécialisé Tobaccolabels.ca  et datés de 2014, 2015 ou 2016 comportent ainsi la photo en question.

Qui dit la vérité vraie ? Et comment conclure ? Par exemple en observant les limites de ces affichages « sanitaires », l’inefficacité de ces clichés tenus pour effrayer celles et ceux qui sont devenus esclaves de l’addiction au tabac. Des esclaves rapidement devenus insensibles à des images de corps souffrants, horreurs qu’ils ne voient plus, slogans-choc qu’ils ne lisent plus.

Pourquoi en rester là ? Pourquoi jouer à ce point petit bras ? Pourquoi, par exemple, ne pas indiquer sur toute la surface du paquet, le montant exact des taxes prélevées par l’Etat sur ce toxique addictif en vente libre ?

A demain @jynau

Médias et e-cigarette : pourquoi ne pas dire clairement qu’elle favorise l’arrêt du tabac ?

Bonjour

Quel est l’intérêt médiatique de produire du doute dans le public ?

Communiqué de #SOVAPE : « Coup sur coup, deux études de suivi de cohortes publiées cette semaine montrent que le vapotage favorise l’arrêt du tabac. La première menée en France par l’Inserm, publiée dans le JAMA Internal Medicine 1 , montre que l’apparition de la vape en 2010 s’accompagne d’un bond de l’arrêt du tabac chez les fumeurs qui ont choisi ce nouveau produit. Ils ont eu près de 1,7 fois plus de chance d’arrêter de fumer que ceux qui ont opté pour d’autres méthodes. Seconde étude : celle des chercheurs de la Harvard School à Boston, publiée dans Nicotine & Tobacco Research 2. Le suivi de la cohorte PATH de fumeurs américains ayant opté pour la vape entre 2013 et 2015 montre que les vapoteurs au quotidien ont eu 77% plus de succès après deux ans d’arrêt de la cigarette que les fumeurs optant pour d’autres méthodes. »

Commentaire : « En 2010, les ex-fumeurs qui avaient accès à des produits encore rudimentaires étaient plus nombreux à rechuter que ceux qui avaient opté pour d’autres méthodes, mais en 2013, c’est l’inverse, ils avaient plus de chance de succès (HR 0.84) que les autres. Cette évolution est très probablement liée à une évolution majeure du matériel survenue à partir de 2012, l’explosion du nombre de boutiques spécialisées et de la scène d’entraide des vapoteurs. Ces deux études montrent que l’apparition du vapotage a encouragé des fumeurs, au profil plus dur (plus de cigarettes fumées par jour, plus de problèmes psychiques, plus de rechutes précédentes, etc.), à tenter l’arrêt de la cigarette, et que l’évolution technique de la vape a permis à un plus grand nombre d’entre eux de sortir du tabac fumé. »

Tout pourrait donc aller pour le mieux au sein de la Révolution des Volutes. Ce serait compter sans les pincettes de nombreux médias généralistes qui ne parviennent pas à accepter la place prise par la cigarette électronique dans le paysage de la réduction des risques tabagiques. Ainsi ces quelques mots : « L’association SOVAPE appelle à la vigilance quant au traitement de l’information sur le vapotage. Il est en effet malheureux que l’évolution survenue entre 2010 et 2013 démontrée par les données de l’Inserm soit occultée, et que soit passée sous silence l’étude similaire dans son objet publiée dans Nicotine & Tobacco Research. »

L’association évoque notamment ici les traitements effectués  par L’Obs : « Les vapoteurs fument moins de cigarettes mais rechutent plus » ou par 20 minutes  « Les vapoteurs fument moins mais rechutent plus ».  Jusqu’à l’Inserm qui, selon elle, induit la même interprétation dans son communiqué (interrogatif) destiné à la presse :

« La cigarette électronique efficace pour réduire le tabagisme à long terme ? Cette étude porte sur 5400 fumeurs et 2025 ex-fumeurs de la cohorte Constances (2012-2016 ; arrêt du tabac à partir de 2010, année de mise en vente de la cigarette électronique en France). (…) En conclusion, la cigarette électronique permet aux fumeurs de réduire leur niveau de tabagisme ou d’arrêter de fumer, mais cet arrêt ne semble pas toujours durable, il est donc nécessaire de surveiller de près les personnes qui vapotent et conseiller l’arrêt complet du tabac pour limiter le risque de rechute. »

Tromperie sur la présentation

Il faut aussi tenir compte du traitement fait par Le Quotidien du Médecin (Coline Garré): « Utile dans le sevrage, la cigarette électronique présenterait plus de risques de rechute à long terme »  qui cite Ramchandar Gomajee, chercheur à l’Inserm et premier auteur de la publication du JAMA Internal Medicine.

Pour #SOVAPE, présenter les choses comme le fait Le Quotidien est trompeur par rapport à la façon dont les choses ont évolué. « Ce taux de rechute concerne une époque révolue, les dispositifs sur le marché étaient des  »cigalike » peu performants, les commerces spécialisés et les conseils avisés inexistants, sans mentionner l’essor considérable des groupes d’entraide autogérés qui a suivi. Une étude d’épidémiologie sans connaissance des réalités de terrain, notamment des usagers, est susceptible de conduire à de mauvaises interprétations des données. »

« M. Gomajee semble ne pas tenir compte que – selon son étude – les utilisateurs de vape étaient des fumeurs à profils plus durs avec un niveau nettement plus élevé en paquets/années de 16,9 contre 12,9 pour les autres ex-fumeurs, ainsi que des symptômes dépressifs plus prononcés (12,6 versus 10,9), observe Nathalie Dunand, présidente de #SOVAPE. Des indicateurs généralement considérés comme des indices de dépendance plus forte, comme signalé dans la publication. Le commentaire de M. Gomajee rapporté par Le Quotidien semble entrer en contradiction avec les résultats de son étude.

« Répétons-le: dans l’étude de l’Inserm à partir de 2013, les vapoteurs ont moins rechuté que les autres ex-fumeurs. Ceci correspond à un tournant de la technologie avec l’apparition de l’Ego, l’explosion des boutiques spécialisées et le moment où le mouvement d’entraide s’est développé, comme par exemple le Forum  E-cigarette. Brice Lepoutre, son fondateur, sera d’ailleurs au Sommet de la vape le 14 octobre à Paris pour parler de son expérience avec plus de 90.000 participants. »

Pour finir #SOVAPE pose une question :  « Quel est l’intérêt de produire du doute dans le public plutôt que des connaissances ? » C’est une assez bonne question.

A demain @jynau

1 Gomajee R, El-Khoury F, Goldberg M, et al. Association Between Electronic Cigarette Use and Smoking Reduction in France. JAMA Intern Med. Published online July 15, 2019. doi:10.1001/jamainternmed.2019.1483 https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2737916

2 Sara Kalkhoran, Yuchiao Chang, Nancy A Rigotti, Electronic Cigarette Use and Cigarette Abstinence Over Two Years among U.S. Smokers in the Population Assessment of Tobacco and Health Study, Nicotine & Tobacco Research,

Tabac et mafias : la vérité, bien cachée, de la contrebande de cigarettes en France

Bonjour

On ne répétera pas, ici, avec l’exécutif, que « la lutte contre le tabagisme est un enjeu majeur de santé publique ». Ni que  les récentes augmentations de prix sont présentées comme un puissant levier puissant pour faire diminuer la prévalence du tabagisme.

Rappelons néanmoins qu’en France, le « prix annuel moyen du paquet de vingt cigarettes le moins cher » est passé de 4,90 euros en 2007 à 6,50 euros en 2014 – puis qu’il est resté stable jusqu’aux augmentations de mars 2018 portant le prix du paquet le moins cher à 7,42 euros. Rappelons encore que l’objectif annoncé par le pouvoir exécutif est d’obtenir un prix minimal du paquet de cigarettes à 10 euros en novembre 2020.

Or tous les États ne pratiquent pas cette politique d’augmentation des prix de façon identique et il existe de fortes disparités géographiques, en Europe notamment. C’est ainsi que le prix moyen du tabac en France continentale est supérieur à celui dans les pays limitrophes : quand il était à 6,81 euros en France il était à 4,52 en Espagne, à 4,76 en Italie, à 5,4è  en Allemagne, à 4,60 au Luxembourg et à 5,88 en Belgique et à …. 8,83 au Royaume-Uni.

Conséquence : une partie des fumeurs résidant en France continentale s’approvisionnent à l’étranger pour des raisons économiques. En toute légalité (ce qui n’est pas sans ruiner la logique préventive défendue par la ministre en charge de la santé).

Cigarettes sans frontières

Officiellement  un citoyen français peut ainsi acheter du tabac manufacturé dans un État membre de l’Union européenne puis le rapporter à son retour en France. Mais à la condition que ce tabac ait été acquis pour sa consommation personnelle (ses «besoins propres») et que le transport soit assuré par ses soins. Dans ce cas il n’aura pas à remplir de déclaration ni à payer de droits et taxes. Le « seuil indicatif » (sic) est fixé (depuis septembre 2014) à 800 cigarettes manufacturées (quatre cartouches) et 1 kg de tabac à rouler lors du passage de la frontière.

« Est réputée détenir des tabacs manufacturés à des fins commerciales au sens du 4° du 1 du I de l’article 302 D toute personne qui transporte dans un moyen de transport individuel affecté au transport de personnes plus de : 1° Huit cents cigarettes ; 2° Quatre cents cigarillos, c’est-à-dire de cigares d’un poids maximal de trois grammes par pièce ; 3° Deux cents cigares, autres que les cigarillos ; 4° Un kilogramme de tabac à fumer. »

Or voici une publication de Santé publique France qui ne manquera pas d’interroger, sinon de faire sourire les informés : « Lieux d’achat du tabac entre 2014 et 2018 : résultats du Baromètre de Santé publique France » 1. On y enseigne qu’en 2018, parmi les adultes (sic), 77,8 % des fumeurs de cigarettes (manufacturées ou roulées) ont déclaré avoir acheté leur tabac dans un bureau de tabac en France lors de leur dernier achat. Cette proportion est stable par rapport à 2014 (78,7 %) mais en diminution par rapport à 2017 (81,3 %).

La part de ceux ayant réalisé leur dernier achat dans un pays limitrophe était de 16,4 % en 2018 (proportion non significativement différente de celle observée en 2014 et 2017), ce taux étant plus élevé dans les régions Grand‑Est et Hauts‑de‑France. En 2018, toujours parmi les adultes (re-sic), 44,3 % des fumeurs de cigarettes ont déclaré avoir acheté du tabac à l’étranger au moins une fois au cours des douze mois précédant l’enquête.

Mais comment accorder  crédit à de tels résultats fondés sur les données des enquêtes Baromètre de Santé publique France (« enquêtes aléatoires en population générale réalisées par téléphone ») ?

Les auteurs eux-mêmes soulignent que les flux transfrontaliers « sont entachés des phénomènes illégaux de contrebande ». « Le fait qu’il soit difficile de distinguer achats transfrontaliers légaux et contrebande rend très compliquée l’estimation de la part de cette dernière dans les flux, ajoutent-ils. Elle aurait représenté environ 6 % de la quantité de tabac consommée en France en 2010 ».

D’autres parviennent sur le même sujet à d’autres chiffres : ainsi le dernier rapport STELLA publié par le cabinet KPMG,  révèlait il y a peu que 28,4% des cigarettes consommées en France en 2018 n’ont pas été achetées auprès d’un buraliste français – soit une hausse de 3,8 points par rapport à 2017.

 « Ces 28,4 % de marché parallèle pour 2018 se décomposent de la façon suivante : 14,4 points correspondent à de la contrebande et de la contrefaçon (13,1 en 2017) 14 points correspondent à des achats frontaliers ou ailleurs à l’étranger, dans le cadre des limites autorisées ou pas (11,5 en 2017). Dans le segment « contrebande et contrefaçon », la contrefaçon est pratiquement triplée par rapport à l’année précédente. Elle représente un volume de 2,3 millions de paquets. Cette année, le rapport KPMG Stella a été réalisé, avec la même méthodologie que les années précédentes, pour le compte de Philip Morris. »

Achats de cigarettes à la sauvette

Eric Sensi-Minautier, directeur des affaires publiques pour BAT Europe de l’Ouest – et porte-voix de Big Tobacco :  

« Cette hausse des achats hors réseaux est le résultat de la politique de choc de prix initiée en 2018 par le gouvernement, visant à porter progressivement le paquet de cigarettes à 10 € d’ici à 2020. La politique de choc fiscal engagée par le gouvernement français fait le bonheur des pays voisinsEt ce n’est que le début. Les achats transfrontaliers et la contrebande continueront à croître inéluctablement tant que la France poursuivra une politique fiscale déconnectée de celle de ses voisins. »

Big Tobacco Europe rappelait aussi que la France métropolitaine compte sept pays frontaliers qui proposent tous des prix moins élevés pour les cigarettes – sujet sanitaire majeur jamais abordé lors des élections européennes. Et BAT France d’en appeler à la ministre de la Justice d’accélérer la publication du décret visant à verbaliser les achats de tabac à la sauvette.

« L’objectif des augmentations du prix du tabac étant de dissuader de son usage, les achats transfrontaliers dans des pays où son prix est inférieur pourraient atténuer l’effet de telles politiques, osent écrire les spécialistes de Santé publique France. En ce sens, il paraît bénéfique d’harmoniser les prix du tabac en Europe et, à défaut, il est important de mesurer régulièrement des indicateurs relatifs aux lieux d’achat de tabac. » C’est ce qui s’appelle, au choix, avancer à petit pas ou, plus simplement, baisser les bras. 

A demain @jynau

1 Andler R, Guignard R, Lermenier‑Jeannet A, Richard JB, Pasquereau A, Quatremère G, Nguyen‑Thanh V et le groupe Baromètre de Santé publique France 2017. Lieux d’achat du tabac entre 2014 et 2018 : résultats du Baromètre de Santé publique France, 2019. 8 p.

Cigarette électronique : l’Inserm, spécialiste de l’ouverture mécanique du grand parapluie

Bonjour

C’est un modèle du genre, glané par Vapyou. Un texte signé par Bertrand Nalpas, directeur de recherche à l’Inserm et responsable éditorial du site www.maad-digital.fr 1. Un spécialiste des addictions. Il revient sur la récente annonce de Santé Publique France : près de 700 000 personnes ont arrêté de fumer du tabac en l’espace de sept ans grâce à l’aide de la cigarette électronique. Et sur le fait qu’en France l’édition 2017 de l’enquête ESCAPAD (réalisée lors de la journée d’appel à la défense) établit que 52% des jeunes de 17 ans ont expérimenté la e-cig, 18,6% l’utilisant au moins une fois par mois et 1,9% quotidiennement. Ces derniers sont également fumeurs dans 60 % des cas. Rappelons que la vente aux mineurs de l’e-cigarette et des recharges est interdite depuis mars 2014.

Que nous dit ce spécialiste ? Il glose longuement sur le e-liquide « qui contient d’une part de la nicotine et d’autre part des arômes ».

La nicotine :

« La nicotine présente dans le e-liquide est identique à celle du tabac. Une étude menée sur 16 sujets n’ayant jamais vapoté ni fumé auparavant a montré que le taux de nicotine dans le sang augmente dès les premières bouffées de e-cigarette et est fonction de la teneur en nicotine du e-liquide. Après 10 bouffées d’un liquide contenant 36 mg de nicotine par ml, la nicotinémie atteignait celle obtenue en fumant une cigarette. Les taux atteints étaient légèrement moindres pour le e-liquide titré à 18 mg/ml. Les dispositifs évoluent rapidement et toujours vers plus de puissance, les e-cigarettes les plus récentes délivrent la nicotine de 1,2 à 2,7 fois plus vite que celles des générations précédentes. 

La nicotine délivrée par la e-cigarette entretient donc la dépendance à cette substance présente chez le fumeur et pourrait provoquer la dépendance chez le non-fumeur. Cette hypothèse est renforcée par les données épidémiologiques montrant une bascule de la e-cigarette vers la cigarette standard dans une proportion non négligeable de cas ; cela pourrait être dû au développement d’une accoutumance à la nicotine, le besoin d’augmenter les doses ne pouvant être satisfait par le e-liquide dont la teneur en nicotine est limitée. Ce d’autant qu’un travail récent portant sur 16 sujets fumeurs a montré que la perception de la nicotine dans le e-liquide échappait à 6 d’entre eux lorsque celle-ci était inférieure à 12 mg/l. En France, la teneur maximale de nicotine dans un e-liquide libre à la vente est fixée à 20 mg/ml. »

Les arômes et les agents de saveur.

Il explique que « les e-liquide sont déclinés avec plusieurs centaines de goût différents ». Et se penche sur le menthol, le diacétyl et le 2-3 pentanedione. Quant aux « agents de saveurs des e-liquide », il souligne qu’ils sont un des facteurs majeurs d’attraction des jeunes vers la e-cigarette. 

« De nombreux travaux portant sur la toxicité pulmonaire des agents de saveur continuent d’être menés. La plupart utilisent des modèles de culture de diverses cellules sur lesquelles sont ajoutés des agents de saveur à des concentrations variées. La viabilité des cellules ne semble pas affectée, par contre ces agents déclenchent une inflammation qui fragilise la barrière épithéliale pulmonaire (= surface protectrice), ce qui facilite le passage de microparticules vers le sang. D’autres travaux ont montré que la viscosité du mucus pulmonaire était augmentée, entravant le bon fonctionnement des cils bronchiques qui permettent l’évacuation des sécrétions et des particules polluantes. Ces résultats obtenus in vitro et, pour la plupart d’entre eux, par ajout direct de l’agent, doivent être confirmés par d’autres manipulations administrant le produit sous forme d’aérosol. »

Enfin, après avoir affirmé que « le vapotage passif, cela existe », le spécialiste conclut en ces termes :

Point n°1. « Même si les conséquences de son utilisation à long terme ne sont pas encore connues, les données actuelles montrent que la e-cig est moins nocive que le tabac du fait entre autres de l’absence de goudrons, ce qui réduit considérablement le risque de pathologie des bronches et de cancer du poumon »

Point n° 2. « La démonstration définitive de l’efficacité de la e-cigarette comme outil de sevrage tabagique est encore en attente mais les premières enquêtes montrent qu’elle aide de nombreux fumeurs à arrêter le tabac. Du point de vue addictologique, la question qui se pose est celle du maintien de la dépendance à la nicotine avec la e-cigarette, et les données à cet égard sont manquantes ». 

Point n°3. « En revanche, chez les non-fumeurs et plus encore chez les jeunes, les études épidémiologiques disponibles [études non citées et affirmation contestée] soulignent que l’utilisation de la e-cig augmente le risque de bascule vers la consommation de tabac et il ne peut être exclu que le vapotage, même exclusif, puisse générer une dépendance problématique à la nicotine ».

« Ne pas pouvoir exclure » … Où l’on voit, ici, qu’un résultat majeur de santé publique (l700 000 personnes qui ont arrêté de fumer du tabac en l’espace de sept ans grâce à l’aide de la cigarette électronique) ne pèse que peu de poids face à l’hypothèse de la dépendance nicotinique débarrassée des goudrons et autres toxiques…. Le titre du papier de Bertrand Nalpas sur maad-digital.fr était : « Pour y voir plus clair dans toute cette fumée ». C’est raté.

A demain @jynau

1 « Un nouveau site web sur les addictions élaboré pour et par les jeunes ! »

Prière de ne surtout pas ébruiter : grâce à elle 700 000 Français ont arrêté de fumer

Bonjour

On prend quoi coco ? San Francisco ou le baromètre français ?

Le baromètre c’est celui de Santé publique France cont nous venons de parler et qui met à mal le déni gouvernemental. Sans Francisco c’est la première ville américaine à interdire la vente de cigarettes électroniques dans les magasins.

« L’ordonnance, adoptée à l’unanimité des onze élus, bannit aussi leur distribution à une adresse locale et leur fabrication, rapporte Corine Lesnes, correspondante du Monde. Elle entrera en application début 2020. Il ne s’agit pour l’instant que d’un moratoire, dans l’attente des conclusions de la Food and Drug Administration (FDA), l’agence de réglementation des médicaments et des aliments, sur les conséquences de la cigarette électronique pour la santé. « Nous avons passé les années 1990 à lutter contre les géants du tabac, et nous les voyons réapparaître aujourd’hui avec les e-cigarettes », a expliqué le conseiller municipal Shamann Walton. De fait, en décembre 2018, la maison mère du géant Marlboro, Altria Group, a pris 35 % du capital de Juul, le fabriquant de cigarettes électroniques jugé qui contrôle 75 % du marché.

« Alors que la consommation de tabac a considérablement diminué en vingt ans aux Etats-Unis, les responsables de la santé publique ont vu la mode du vapotage s’emparer des jeunes, séduits par la forme techno des produits de Juul et par les saveurs fruitées des recharges. Entre 2017 et 2018, selon les autorités sanitaires, le vaping a augmenté de 78 % chez les lycéens, rapporte encore la correspondante du Monde. Sous la pression de la FDA, le fabriquant a accepté de cesser de vendre les recharges parfumées dans les magasins. Mais Juul continue à faire face à une enquête du Congrès et des poursuites en Caroline du Sud et en Floride pour son marketing agressif en direction des adolescents. »

Confusion du public qui profite au tabagisme

Le baromètre français ? Résumé des buralistes : « Sous certaines conditions, l’e-cigarette pourrait être considérée comme une aide au sevrage tabagique, note – enfin – Santé publique France dans son baromètre 2017, publié ce mercredi 26 juin. » Selon Santé publique France « le nombre d’ex‑fumeurs quotidiens ayant arrêté de fumer depuis plus de six mois et qui pensent que vapoter les a aidés à arrêter de fumer est estimé à environ 700 000 personnes depuis l’arrivée de l’e‑cigarette sur le marché en France ». Et dans le même temps : « la cigarette électronique est perçue comme aussi ou plus nocive que la cigarette ordinaire par la moitié de la population ». (sic).

 « Le rapport publié par Santé Publique France (SpF) confirme le succès et l’efficacité du vapotage pour aider les fumeurs à sortir du tabagisme. Cela concerne 2,6% de la population [soit 1,2 million de personnes] depuis 2011. Parmi eux, près de 870 000 ex-fumeurs attribuent leur succès au vapotage, dont 700 000 fumeurs quotidiens. Plus de 40% ont arrêté de vapoter après leur arrêt tabagique » observe l’association #sovape. Par ailleurs, le rapport de SpF montre que la proportion de vapoteurs ex-fumeurs a progressé significativement. De leur côté, plus de 80% des vapoteurs-fumeurs ont réduit leur consommation de plus de dix cigarettes par jour en moyenne.

Mais comment ne pas s’aalrmer du fait qu’en contradiction totale avec les connaissances scientifiques et médicales accumulées depuis une décennie, le rapport SPF montre qu’entre 2014 et 2017 la méfiance envers le vapotage s’est fortement aggravée. Comment comprendre qu’en 2017, en France, plus d’une personne sur deux estime à tort que le vapotage est autant voire plus nocif que la cigarette – soit 10 points de plus qu’en 2014 ? Cette proportion atteint même 70% chez les fumeurs défavorisés. 

 « Que penser de l’absence de communication claire sinon équivoque des autorités de santé, demande#sovape. Que penser du travail de sape des adeptes d’une approche exclusivement coercitive, qui s’opposent aux approches de réduction des risques ? Cette confusion du public profite au tabagisme qui tue prématurément 75.000 fumeurs en France chaque année. »

Et toujours selon #sovape les données de SpF forcent à s’interroger sur la responsabilité des médias dans la perception dramatiquement erronée du risque de vapoter comparé à celui de fumer. Et #sovape d’appeller les autorités sanitaires à prendre leurs responsabilités. « Il est grand temps d’informer et communiquer sans détours sur la réduction radicale des risques pour qui arrête de fumer à l’aide du vapotage » souligne-t-elle. Et #sovape d’appeller également les médias « à traiter les informations avec l’exigence attachée à leur responsabilité, et à cesser de contribuer par sensationnalisme à un climat anxiogène, contre productif pour la santé publique ».

Bon coco, on prend San Francisco !

A demain @jynau

Cigarette électronique : Agnès Buzyn sera-t-elle accusée, dès demain, de désinformer ?

Bonjour

Leurs auteurs ont pris mille et une pincettes. Et pourtant leurs conclusions sonnent comme un camouflet pour celles et ceux qui s’enterrent encore dans le déni. Nous parlons ici des ésultats du « Baromètre de Santé publique France 2017 sur l’usage de la cigarette électronique, tabagisme et opinions des 18-75 ans » 1. Et la question est d’ores et déjà soulevée que la traduction politique de ces chiffres. Les premiers de cordée de l’exécutif sanitaire vont-ils décider de rester encore dans le brouillard ? Ces chiffres vont-ils enfin dessiller le regard qu’il ne veulent pas porter sur cet angle mort de ce qui pourrait être une enthousiasmante politique de réduction des risques. Trois  points forts :

I En 2017, en France métropolitaine, les vapoteurs âgés de 18 à 75 ans ont quasiment tous une expérience avec le tabac, en tant que fumeurs actuels ou ex‑fumeurs.

II La part de fumeurs quotidiens a diminué (de 64,5 % à 39,7 %) chez les vapoteurs alors que celle des ex‑fumeurs a augmenté (de 23,5 % à 49,5 %) entre 2014 et 2017.

III Le nombre d’ex‑fumeurs quotidiens ayant arrêté de fumer depuis plus de six mois et qui pensent que vapoter les a aidés à arrêter de fumer est estimé à environ 700 000 personnes depuis l’arrivée de l’e‑cigarette sur le marché en France.

Et puis ces éléments qui constituent la trame du réquisitoire contre ceux qui, du fait de leur pouvoir et de leur déni nuisent de fait à la santé publique :

« La cigarette électronique est perçue comme aussi ou plus nocive que la cigarette ordinaire par la moitié de la population en France métropolitaine en 2017. Cette perception est en hausse par rapport à 2014. Dans 70 % des études observationnelles utilisées dans une revue de littérature internationale, l’e‑cigarette serait néanmoins majoritaire‑ ment perçue comme moins nocive, mais une tendance à l’augmentation de la méfiance est de plus en plus observée dans tous les groupes (fumeurs, vapoteurs, non‑vapoteurs, non‑fumeurs) au cours des dernières années. En Europe, en 2017, 55 % pensent que la cigarette électronique est nocive pour la santé des vapoteurs et cette proportion est en augmentation dans presque tous les pays européens.

« Pourtant, la communauté scientifique s’accorde pour dire que les émissions d’e‑cigarette sont moins nocives que la fumée issue de la combustion du tabac, même si le vapotage n’est pas sans risque et que les effets à long terme sur la santé sont encore mal connus. En effet, l’aérosol de l’e‑cigarette ne contient pas les nombreuses substances chimiques irritantes, toxiques et cancérigènes qui sont présentes dans la fumée de tabac issue des cigarettes traditionnelles, des cigares ou de la chicha (goudrons, monoxyde de carbone). Usuellement, seuls des effets indésirables plutôt bénins comme des irritations passagères de la bouche et de la gorge sont rapportés par les vapoteurs »

« Les effets à long terme sur la santé des vapoteurs exposés aux émissions de cigarette électronique sont, finalement, relativement peu documentés du fait de l’arrivée récente de l’e‑cigarette mais aussi en raison de la difficulté d’évaluer ces effets chez des vapoteurs qui sont, pour la plupart, également des fumeurs ou ex‑fumeurs (…) Les fumeurs sont plus nombreux à déclarer que l’e‑cigarette est plus ou aussi nocive que le tabac alors que les vapoteurs ou ceux ayant déjà expérimenté la cigarette électronique la perçoivent comme moins nocive. Cette perception négative pourrait expliquer que certains fumeurs ayant l’intention d‘arrêter de fumer n’y ont pas recours. Les personnes les moins favorisées socialement sont aussi celles qui sont le moins informées de la moindre nocivité des e‑cigarettes, à l’instar de ce qui est observé dans d‘autres études. (…)

« Les sources d’information principales des vapoteurs semblent être la télévision (dans les pays où la publi‑ cité est autorisée), Internet, la presse ainsi que le cercle amical et les magasins spécialisés. L’exposition à des informations parfois contradictoires véhiculées par ces sources pourrait fortement influencer la perception. Des messages contradictoires ou négatifs dans les journaux favoriseraient, par exemple, une perception négative de l’e‑cigarette et des bénéfices perçus plus faibles, selon une étude américaine récente. Les personnes n’ayant jamais expérimenté l’e‑cigarette seraient particulièrement sensibles à ces informations.

« Enfin, un autre facteur environnemental pourrait expliquer l’augmentation de la perception de la nocivité. Une réglementation stricte de l’e‑cigarette renforcerait, en effet, la perception de sa nocivité chez les fumeurs et ex‑fumeurs. La connaissance et la confiance dans les agences de régulation des produits pourraient également avoir un impact sur la perception de sécurité. Le fait que l’e‑cigarette soit réglementée par des dispositions similaires au tabac et qu’aucune e‑cigarette ne soit autorisée à ce jour en tant que dis‑ positif médical, contrairement aux inhalateurs de nico‑ tine, pourrait participer à cette défiance. »

Pour un spécialiste français de réduction des risques il faudrait, en toute logique, modifier le titre de la publication de Santé Publique France. Cela donnerait : « De la contribution de Santé Publique France, du Ministère & des médias en relais à la désinformation du Grand Public ».

A demain @jynau

1 BAROMÈTRE DE SANTÉ PUBLIQUE FRANCE 2017 USAGE DE LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE, TABAGISME ET OPINIONS DES 18-75 ANS Anne Pasquereau, Guillemette Quatremère, Romain Guignard, Raphaël Andler, Florian Verrier,  Jérémie Pourchez, Jean‑Baptiste Richard, Viêt Nguyen‑Thanh et le groupe Baromètre de Santé publique France 2017

Sommet du vapotage : le pouvoir exécutif sanitaire aura-t-il le courage d’y participer ?

Bonjour

Ce sera l’une de ces rares rencontres qui compte dans le champ et l’histoire de la santé publique : le Sommet de la Vape (3ème édition, Paris, 14 octobre). Rencontre majeure pour toutes celles et ceux qui ont pour mission de réduire les risques de l’esclavage tabagique. Cette journée accueillera des spécialistes français, britanniques et américains – scientifiques, santé publique, acteurs de terrain – réunis sous l’égide de Jean-Pierre Couteron et en présence du Pr Benoît Vallet, ancien Directeur Général de la Santé  aujourd’hui conseiller-maître à la Cour des comptes.

« Le Sommet de la vape va offrir un espace unique en France d’échanges entre les parties prenantes, professionnels de santé, scientifiques, responsables de santé publique, professionnels du secteur et usagers, explique-t-on auprès de l’association #sovape. Après une introduction sur le principe de réduction des risques appliqué au champ du tabagisme, le programme des interventions passera en revue l’état des connaissances sur les risques individuels et collectifs, les innovations impulsées par cet outil de réduction des risques. Une table-ronde réunissant des acteurs de terrain ouvrira le dialogue sur la complémentarité des actions. »

Guillaume Ier d’Orange-Nassau

Parmi les invités, plusieurs interventions seront des premières en France : le Dr Lion Shahab, de l’University College of London, auteur d’une étude toxicologique de suivi de six mois comparant vapoteurs, fumeurs et consommateurs de substituts nicotiniques ; la Dre Leonie Brose, du King College of London, co-auteure du rapport sur le vapotage du Public Health England ; le Pr David Levy, l’Université de Georgetown (Washington DC), spécialiste de l’évaluation modélisée des consommations de tabac et de vape.

Egalement invités des responsables qui, malheureusement, ne semblent pas avoir encore perçu l’ampleur et l’intérêt du sujet. A commencer par Agnès Buzyn et Jérôme Salomon. Ni la ministre des Solidarités et de la Santé, ni le Directeur Général de la Santé n’ont encore répondu aux invitations qui leur ont été adressées. Où l’on saisit qu’il n’est fort heureusement point besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.

A demain @jynau

1 L’association SOVAPE ? « Elle a pour but de développer, défendre et promouvoir une culture de réduction des risques et des dommages associés aux usages des produits fumés en général et du tabagisme en particulier. La vape, initiée et développée par et pour les usagers, donne corps à ce changement de paradigme. Créer et développer un dialogue constructif entre toutes les parties prenantes est au coeur de la vocation de l’association. Pour nourrir ces échanges, elle se donne pour mission prioritaire de diffuser informations, avis, réflexions et mises en perspective. SOVAPE peut aussi entreprendre d’autres formes d’action pour des motifs légitimes et fondés pour la santé publique. »