La célébrissime icône publicitaire de Marlboro vient de mourir, à 90 ans. Pourquoi ?

Bonjour

Il s’appelait Robert C. Norris et des millions de Terriens connaissaient son sourire, le port de son chapeau de cowboy et son célèbre geste : s’allumer une cigarette. Il fut et restera le premier «Marlboro Man». Et il vient de mourir. On lira sa biographie, exemplaire, dans The New York Times (Mariel Padilla) : « Robert Norris, Marlboro Man Who Didn’t Smoke, Dies at 90 ».

Où l’on apprend que Robert Norris, loin d’être un acteur était un éleveur dans un ranc. En 1955 son profil est repéré par des publicitairees. Le chapeau, le ranch, les grands espaces, le vent fais du matin, la fin des Indiens et la pleine liberté de fumer des Marlboro….  Sa mâle prestance avait alors été utilisée pour changer l’image de la marque Marlboro, née en 1924 et à l’époque perçue comme une marque exclusivement féminine. « La campagne de publicité mondialement célèbre, jugée comme l’une des meilleures de l’histoire, a contribué à faire de Marlboro la première marque de cigarette au monde » rappelle aujourd’hui Le Figaro.

Ainsi, et pendant près de quinze ans, Robert Norris a contribué à ce changement d’image – avant de faire une croix sur l’usage de son visage. Et ce « pour arrêter de donner le mauvais exemple à ses enfants ». «Marlboro Man» n’avait jamais fumé. Il est mort le 3 novembre 2019 à Colorado Springs au Pikes Peak Hospice & Palliative Care. Son décès a été annoncé sur le site Ted Cross Ranches. Aucune cause précise n’a été donnée. Robert Norris n’avait jamais fumé.

On peut y voir, une nouvelle fois une double duplicité : de Big Tobacco et sa vieille et toujours fidèle alliée, la  publicité.

A demain @jynau

Cigarette électronique : combien de temps encore avant que l’on cesse enfin de s’écharper ?

Bonjour

11 novembre 2019. Le Parisien (Elsa Mari) revient sur le combat contre le fléau du tabagisme (80 000 mors prématurées chaque année en France). « Cigarette électronique : les médecins s’écharpent sur la vape. Une étude américaine estime que les vapoteuses pourraient avoir des effets néfastes sur la pression sanguine, ce que contestent plusieurs spécialistes. »

Où l’on revient sur le « nouveau coup dur pour la cigarette électronique » : l’épidémie américaine d’une pathologie pulmonaire causée non pas par la e-cigarette mais par un produit toxique (une forme de vitamine E) du fait de son utilisation frauduleuse . Où l’on cite également « une étude américaine publiée début novembre sur le site de la Société européenne de cardiologie qui affirme que les vapoteuses ‘’pourraient avoir des effets nocifs sur le système cardiovasculaire’’ et juge prématuré de les considérer comme ‘’une alternative sûre’’ au tabac. »

Et Le Parisien de donner la parole à trois spécialistes français :

Jacques Le Houezec, formateur de professionnels de santé et de la vape, très en colère contre ces études « à charge ».  « Oui, il y a des particules fines, mais elles sont liquides et non solides comme celles que l’on trouve dans la cigarette et les pots d’échappement, on ne peut donc pas tirer les mêmes conclusions, d’ailleurs l’étude dit bien qu’il n’y a aucune certitude », argue-t-il.

Marion Adler, médecin. spécialiste de tabacologie (hôpital Antoine-Béclère, Clamart) :  « Il faut rappeler que c’est le tabac qui est toxique ! », Dire que que l’action de la nicotine augmente la pression sanguine ? « C’est aberrant ! Les substituts nicotiniques, patchs ou formes orales, sont même autorisés aux patients fumeurs et cardiaques. Ils n’augmentent pas la pression artérielle ! ».

Daniel Thomas, cardiologue et président d’honneur de la Fédération française de cardiologie. Pour lui cette étude, loin d’apporter un scoop, n’est qu’une « revue de la littérature » scientifique, « bien faite, d’ailleurs ». Pour autant il s’inquiète :  « Il serait dramatique que des vapoteurs reviennent au tabac ».  Pour lui, non, les non-fumeurs ne doivent pas se mettre à l’e-cigarette, mais pour les accros au tabac, vapoter est « beaucoup moins dangereux, y compris sur le plan cardio-vasculaire ». Puis, lorsqu’on est sevré, il faut « essayer d’abandonner la vape le plus vite possible ». Et si on n’y parvient pas ?

Où l’on comprend que les idées éclairées progressent mais qu’il reste encore à beaucoup parler, dans les médias, pour parvenir à faire comprendre ce que peut et devrait être la « réduction des risques » face à un fléau qui tue, prématurément, 80 000 personnes chaque année en France.

A demain @jynau

Cigarette électronique et maladie «sans nom»: les vitamines, prises médiatiquement en grippe?

Bonjour

La maladie sans nom ne l’est plus. Les autorités sanitaires américainesont officiellement annoncé vendredi 8 novembre avoir très probablement percé le mystère des maladies pulmonaires « liées au vapotage » : une huile de vitamine E ajoutée dans des recharges au cannabis vendues sur le marché noir. Cette huile et cette pratique étaient d’ores et déjà soupçonnée comme à l’origine d’une pathologie qui a touché plus de 2000 vapoteurs américains et causé 39 décès. Quasi-confirmation aujourd’hui avec la découverte de l’agent chez 29 patients dont les fluides pulmonaires ont été analysés par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

« Ces analyses apportent la preuve directe que l’acétate de vitamine E est le principal responsable de lésions dans les poumons » a déclaré Anne Schuchat, directrice adjointe des CDC, précisant qu’aucune autre toxine potentielle n’avait pour l’instant été détectée dans les analyses.

« La vitamine E est normalement inoffensive. Elle s’achète sous forme de gélule à avaler ou d’huile à appliquer sur la peau, mais elle est nocive une fois inhalée ou chauffée. L’acétate est le nom chimique de la molécule, explique Radio Canada. Le porte-parole de Santé Canada Éric Morrissette a déclaré que l’acétate de vitamine E n’était pas autorisé dans les produits de vapotage de cannabis canadiens. Néanmoins, il dit que Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada surveillent activement la situation de la maladie causée par le vapotage (sic). »

Le Tweeteur intempestif de la Maison Blanche

Le schématisme, la caricature et le réductionnisme médiatiques conduiront-ils sous peu à accuser la vitamine E per se après la condamnation définitive de la cigarette électronique ? Pour sa part l’AFP souligne que cette annonce des CDC intervient quelques heures après l’annonce par le président américain Donald Trump de sa volonté de faire passer l’âge minimum pour acheter des cigarettes électroniques aux Etats-Unis de 18 à 21 ans. La déclaration présidentielle s’inscrit dans un plan plus vaste pour réduire le vapotage chez les jeunes – plan qui sera dévoilé « la semaine prochaine ». « Nous allons annoncer une initiative très importante sur le vapotage. Nous devons particulièrement prendre soin de nos enfants, donc nous allons avoir une limite d’âge de 21 ans environ », a déclaré le milliardaire-président à des journalistes.

Où l’on voit que le concept de la réduction des risques sanitaires est loin d’être perçu et compris par le Tweeteur intempestif de la Maison Blanche. Où l’on observe aussi que le même a fait part de ses inquiétudes sur l’impact que pourraient avoir des restrictions trop lourdes sur l’avenir de cette industrie naissante. Son administration pourrait ainsi revenir sur son projet d’interdire purement et simplement les cigarettes électroniques aromatisées, annoncé en septembre. « Nous devons veiller sur de nombreuses personnes, y compris les emplois [sic], a dit le milliardaire new-yorkais. C’est devenu une grande industrie, nous allons nous en occuper. »

Entre le drame et la farce, tout est politiquement dit.

A demain @jynau

Inespéré : la e-cigarette est «probablement» une aide efficace pour arrêter de fumer

Bonjour

C’est une étape importante dans la -déjà- longue histoire de la Révolution des Volutes. Et la démonstration que petit à petit l’oiseau de la réduction des risques fait son nid dans l’immense jungle du tabagisme et dans méandre du principe politique de précaution. Après nombre d’addictologues, d’esprits éclairés et d’un ancien Directeur général de la Santé, deux sociétés savantes hier encore rétives viennent de progresser dans leur perception du phénomène : la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF) et la Société Francophone de Tabacologie (SFT).

A l’occasion du Mois sans tabac elles « proposent dans un document une information sur la cigarette électronique ; information basée sur l’analyse des données scientifiques publiées ; document destiné avant tout aux fumeurs envisageant d’utiliser la cigarette électronique comme outil d’aide au sevrage tabagique ; document signé du Pr Nicolas Roch, président de la SPLF et de la Dr Anne-Laurence Le Faou, présidente de la SFT. Extraits :

La dépendance. « La dépendance tabagique a deux composantes : 1- Une dépendance physique liée au manque de nicotine (indépendante de la volonté) qui peut être comblée par apport de nicotine non-fumée médicamenteuse (patchs, pastilles, comprimés, inhaleurs, sprays ou comprimés sub-linguaux) et/ou non médicamenteuse (cigarette électronique). La varénicline qui bloque certains récepteurs nicotiniques est aussi un traitement efficace de la dépendance physique à la nicotine. 2- Une dépendance psychologique et comportementale.

Les traitements. « Les traitements médicalement validés sont ceux qui ont fait l’objet d’essais cliniques. Ils ont démontré qu’ils augmentaient les chances de l’arrêt du tabac avec un rapport bénéfice/risque positif. C’est le cas de tous les substituts nicotiniques et de la varénicline, remboursés en France ainsi que du bupropion, non remboursé. Ces traitements (à l’exception de l’inhaleur, des Nicorette Microtab et du spray de nicotine) sont remboursés par l’assurance maladie sans reste à charge pour les patients atteints d’une maladie de longue durée (en particulier dans le domaine des troubles respiratoires pour l’insuffisance respiratoire liée à la BPCO ou à l’asthme, pour le cancer du poumon ou la tuberculose), le reste à charge de 35% est payé par la complémentaire santé dans les autres cas. Ces traitements restent les traitements recommandés par les autorités de santé pour tous les fumeurs dont ceux atteints de maladies respiratoires.

La cigarette électronique. « Que sait-on de la toxicité de la cigarette électronique ? En utilisation normale Les émissions de la cigarette électronique contiennent moins de substances toxiques que la fumée du tabac. Elles peuvent induire toutefois des effets biologiques mesurables. Les conséquences cliniques et épidémiologiques (santé publique) à long terme de l’utilisation des cigarettes électroniques, à ce jour, ne sont pas connues. Les études bien conduites cliniques et épidémiologiques concluantes sont nécessaires pour évaluer le bénéfice et les risques exacts de leur utilisation.

Les cas de toxicité pulmonaire rapportés aux USA. « Ces cas ont concerné 1888 personnes à la date du 31 octobre 2019 dont 37 décès. Ces cas sont liés aux liquides que certains utilisateurs de cigarette électronique ont mis dans le réservoir. Dans 75- 80% des cas, ces liquides étaient fabriqués ou achetés hors du commerce officiel et contenaient des huiles de cannabis, du cannabis synthétique ou d’autres produits assimilés et souvent de l’acétate de vitamine E (produits formellement interdits dans liquides pour cigarettes électroniques en Europe). Il s’agissait donc du détournement d’usage du dispositif c’est-à-dire dans le cadre d’un usage récréationnel et non dans l’objectif de l’arrêt de la consommation du tabac. En absence d’identification de l’agents ou des agents causaux provoquant ces pneumopathies, il est recommandé de n’utiliser que les liquides commercialisés, de ne pas acheter des liquides dans la rue et de pas utiliser des huiles de cannabis ou d’autres produits non commercialisés.  En France le Directeur général de l’ANSES qui assure le contrôle des liquides pour cigarettes électroniques, a affirmé qu’aucun des liquides commercialisés en France ne posait de problème sanitaire. Intérêt de la cigarette électronique dans la sortie du tabac

Mais encore. « La cigarette électronique est utilisée le plus souvent sans aide médicale par des fumeurs qui veulent soit réduire leur tabagisme, soit arrêter de fumer. Selon Santé Publique France,

1) les données recueillies après le Mois sans tabac 2016 montrent que la cigarette électronique est de loin le produit le plus utilisé dans l’arrêt du tabac avec aide : 27% contre 18% pour les substituts nicotiniques et 10% pour le recours aux professionnels de santé.

2) il est estimé que 700 000 fumeurs ont arrêté de fumer en 7 ans avec la cigarette électronique seule ou en association avec d’autres aides.

Mais encore (bis). « Les données scientifiques actuellement disponibles sont toutefois insuffisantes pour conclure avec certitude que la cigarette électronique est un traitement efficace et sûr pour aider les fumeurs à arrêter de fumer. Un essai publié récemment dans le New England Journal of Medicine montre qu’il y a près de deux fois plus d’arrêt à un an avec la cigarette électronique qu’avec les substituts nicotiniques.

« L’utilisation prolongée de la cigarette électronique De nombreux utilisateurs continuent à fumer tout en vapotant. Cette situation laisse persister les risques du tabagisme. Ces vapo-fumeurs doivent être mieux substitués en nicotine par ajout de patchs et optimisation de la prise de nicotine par la cigarette électronique. Chez les fumeurs sevrés du tabagisme grâce à la cigarette électronique, un avis médical est recommandé en cas de dépendance persistante à la nicotine. En cas de consommation de cigarette électronique au-delà de 12 mois après l’arrêt du tabac 1,2, l’arrêt de la cigarette électronique est conseillé s’il n’existe aucun risque de retour au tabac. Cas particulier des maladies respiratoires chroniques Il est préférable d’utiliser un des traitements médicamenteux recommandés pour l’arrêt du tabac et remboursés en France : substituts nicotiniques ou varénicline, plutôt que la cigarette électronique.

Pour conclure. « Ne plus fumer est le premier objectif à poursuivre chez les fumeurs, notamment porteurs de maladies respiratoires chroniques. La cigarette électronique est probablement une aide efficace pour arrêter de fumer. Elle doit dans ce cas être utilisée de façon transitoire (en l’absence de donnée précise sur ses effets à long terme) en vue de l’arrêt de la consommation tabagique. Elle doit être proscrite chez les non-fumeurs. Fumer et vapoter dans le même temps n’est pas une solution, car cette conduite ne réduit pas les risques liés au tabac. »

Il ne faut probablement jamais désespérer.

A demain

1 Réaction-questions du Dr Anne Borgne (SOS Addictions) :  » 12 mois? Pourquoi pas 6 ou 24 ? D’où sort cette durée, de quelles données de la science? Ces donneurs de leçons frileux de ne pas s’avancer tant que la preuve scientifique de 25 000 études n’est pas faite peuvent-ils nous donner la référence concernant cette durée ? »

2 Réaction- commentaires de Sébastien Béziau, vice-président de #sovape. « Je partage ce point de vue.  AUCUN fondement pour limiter la durée à 12 mois. Ils font appel à une science soit-disant inexistante et incapable de démontrer une innocuité absolument indémontrable par définition. Mais quelle référence pour cette affirmation, à part le doigt mouillé ?

L’emploi permanent des conditionnels / potentiels est insupportable – et ne fait que renforcer les doutes chez les consommateurs, fumeurs, et même vapoteurs. Aucun risque, c’est pas possible, tout le monde est d’accord. Beaucoup moins de risque, c’est une certitude.

La phrase : « L’existence aux USA de cas de toxicité pulmonaire rapportée à l’utilisation de cigarettes électroniques inquiète les fumeurs qui envisagent l’arrêt du tabac et les vapoteurs’’… fait persister l’amalgame entre LA vape et la consommation de produits frelatés et illicites.

Même l’explication est douteuse « Dans 75-80% des cas, ces liquides étaient fabriqués ou achetés hors du commerce officiel’’… Cela laisse à penser que les 20-25% restants sont des produits « normaux ». NON !! Les 20-25% des cas sont seulement des gamins qui n’ont pas « avoué » les produits qu’ils ont consommé.

Pour ce qui est de l’étude ECSMOKE, elle ne démontrera pas grand chose, si ce n’est comparer UN liquide / UN taux de nicotine (12 = trop faible) / UN arôme / UN appareil Vs UN médicament. Soir 1/100000e des possibilités de combinaisons possibles pour utiliser le vapotage, rien à voir avec l’usage courant. Il faudrait cesser de dire que cette étude compare LA vape. C’est FAUX.

Quant aux « non-fumeurs » qui ne doivent pas y toucher… L’expérience américaine avec un taux de tabagisme juvénile qui a plongé à moins de 6% VS 25% en France, ne fait se poser de questions à personne ?

Le problème est très complexe, certes, mais doit-on le trancher sans aucun débat ? Pas de question sociale, éducative, vision globale de santé publique, pas de regard sur les faits ?   J’imagine que ce communiqué a donné lieu à d’âpres échanges en interne, avec beaucoup de bonne volonté, on sent bien la SFT qui veut bien / mieux faire… Mais le résultat est-il vraiment de nature à rassurer ? »

Arrêter le tabac avec l’e-cigarette : faute d’entendre Agnès Buzyn, écouter Michel Cymes

Bonjour

Bloguer c’est, aussi, souvent remettre son ouvrage sur le métier 1. Ainsi celui de la réduction des risques tabagiques et de la cigarette électronique. On croit avoir tout écrit, on découvre que rien n’a été compris.

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse, et le repolissez, Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. » Nicolas Boileau (1636-1711)

Notre affaire revient sur le tapis avec le très officiel « Mois sans Tabac ». « Les décès font plonger les ventes d’e-cigarettes en France ! » annoncent aujourd’hui Les Echos (Marie-Josée Cougard @CougardMarie).  Est-ce dire que ceux et celles qui abandonnent la cigarette électronique repartent vers l’esclavage tabagique ? Qui le sait et qui le dira ?

« Notre chiffre d’affaires a baissé de 20 % depuis le mois de septembre. C’est la première fois en dix ans. Nous avons dû rassurer nos 150 salariés », déclare Olivier Martzel, directeur général de Gaïatrend. Le patron du leader sur le marché français des liquides destinés à la vape (avec la moitié des ventes) est confronté aux « multiples questions qui se posent aux Etats-Unis depuis les 33 décès associés à l’e-cigarette ».

Selon Les Echos les ventes d’e-cigarettes ont reculé de 15 à 20 % dans les bureaux de tabac, et de 10 à 40 % dans les boutiques spécialisées. Pour Olivier Martzel, il ne fait pas de doute que « les décès outre-Atlantique sont dus à la consommation de substances interdites, telles que le tétrahydrocannabinol (THC) ou la vitamine E sous forme d’huile ou le diacétyle. Or en France, les e -liquides contiennent quatre substances normalisées par l’Association française de normalisation (Afnor) à la demande des représentants des fabricants (Fivape) : propylène glycol, glycérine végétale, arômes autorisés par l’Union européenne et nicotine à divers taux mais toujours inférieurs à 20 mg par millilitre (contre 60 mg aux Etats-Unis).

« Le marché global de l’e-cigarette (matériel, importations, grossistes, fabrication, e-liquides, ventes) est estimé par l’institut d’études Xerfi à un peu moins de 1 milliard d’euros en France, ajoutent Les Echos. Les vapoteurs sont trois millions en France, parmi lesquels 700.000 ont arrêté le tabac classique, selon Santé publique France. » L’industrie du tabac espère toujours « une prise de position claire des pouvoirs publics sur la cigarette électronique ». Et le citoyen françaisattend toujours des explications claires, officielles et argumentées des responsables de l’exécutif sanitaire – Agnès Buzyn en tête.  

Faute de quoi on écoutera, avec le plus grand intérêt Michel Cymes, sur RTL :

« (…) D’abord, comment faire pour pallier le manque ? Le manque en question, c’est le manque de nicotine. C’est là-dessus qu’il est possible d’agir en ayant recours à des substituts. La nicotine, c’est la clé. Parce que la nicotine en elle-même n’est pas mauvaise pour le cœur ou les poumons. Elle n’est pas cancérigène non plus. A l’inverse de la fumée dans laquelle on trouve quelque 4.000 substances toxiques.

« A moins d’avoir un moral plus trempé que celui de Chuck Norris, vous avez besoin de cette nicotine pour atterrir en douceur. Et cette nicotine, vous allez la trouver d’abord dans le patch. Ça ressemble à un pansement que vous vous collez sur la peau et qui va ainsi vous alimenter en nicotine tout au long de la journée.« Il existe des patchs plus ou moins dosés. Mais pour un gros fumeur, ça peut ne pas suffire. Il peut avoir, bien que porteur du patch, de grosses envies ponctuelles de nicotine. Alors plutôt que de reprendre une cigarette, mieux vaut utiliser des gommes, des pastilles ou un spray nicotinique.J’ouvre une parenthèse à propos du spray. Certains patients ont tendance à vaporiser directement dans la bouche, ce qui leur donne le hoquet ou des nausées. Mieux vaut donc vaporiser son doigt et ensuite se badigeonner l’intérieur des joues pour y étaler le produit. La nicotine se mélangera petit à petit avec votre salive et vous l’avalerez par petites doses.

« La cigarette électronique est aussi bon moyen d’arrêter, avec ou sans patch, avec ou sans ou pastille, avec ou sans ou spray en complément. Récemment, il a été dit qu’elle avait provoqué la mort de quelques personnes aux États-Unis, mais après enquête, il s’est avéré que les personnes en question avaient trafiqué leur cigarette en y mettant des produits nocifs. En France, les liquides qu’on trouve dans les boutiques spécialisées ne posent pas de problème. (…)»


« Il est certains esprits dont les sombres pensées , Sont d’un nuage épais toujours embarrassées ; Le jour de la raison ne le saurait percer. Avant donc que d’écrire apprenez à penser. Selon que notre idée est plus ou moins obscure, L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure. Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément. »

A demain @jynau

Vente de tabac et jeux d’argent : pourquoi le gouvernement est-il aux abonnés absents?

Bonjour

Le chat absent, les souris comprennent parfois que l’heure est venue de cesser de danser. C’est le cas aujourd’hui avec le chat-Etat et les vingt-cinq mille souris-buralistes. L’affaire est racontée sur le site de ces dernières, où l’on parle réglementation et éthique.

Constat. Nous l’avons à plusieurs reprises écrit sur ce blog : l’interdiction de vente des cigarettes au moins de 18 ans n’est pas appliquée en France. L’exécutif semble se soucier comme d’une guigne de l’application d’une loi promulguée pour prévenir l’entrée précoce dans l’esclavage du tabac. A moins d’imaginer qu’il le souhaire pour augmenter le volume de ses recettes. Le phénomène vient d’être confirmé par une enquête du Comité national contre le Tabagisme (CNCT) qui a évalué, à la demande du ministère de la Santé, l’effectivité de la mesure dix ans après son entrée en vigueur.

 « Administrée par l’institut BVA auprès d’un échantillon représentatif de 527 débits de tabac, l’enquête menée en avril et mai montre que les cigarettes restent largement accessibles aux mineurs, résume le site des buralistes. Deux groupes d’enfants, l’un de 12 ans (tous non-fumeurs), l’autre de 17 ans (fumeurs et non-fumeurs), ont joué les « clients mystère » pour le test. Les jeunes, filles et garçons, étaient vêtus de manière à ne pas piéger le buraliste sur leur âge, et accompagnés à distance d’un adulte.

 Mépris de l’affichage obligatoire

Le contrôle de pièce d’identité par le buraliste n’est intervenu qu’une fois sur cinq. 65 % des buralistes ont accepté de vendre des cigarettes aux jeunes de 17 ans ; 10 % à des enfants de 12 ans. « La vente intervient même dans 93 % des cas quand l’adolescent est fumeur, sans doute parce qu’il est habitué à se rendre dans un bureau de tabac » ajoute Emmanuelle Béguinot, directrice générale du CNCT. Les manquements à la loi sont plus fréquents dans les moyennes et grandes villes que dans les régions rurales. En Ile-de-France, 92 % des buralistes ont vendu du tabac aux adolescents du groupe des 17 ans, qu’ils soient fumeurs ou non.

Toujours plus fort : plus de 40 % des buralistes ne respectent pas l’affichage obligatoire rappelant l’interdiction de vente des produits du tabac aux mineurs. Le CNCT demande d’insister sur la formation des buralistes, mais aussi de renforcer les contrôles et les sanctions, en incluant la fermeture administrative en cas de récidive. Le contrevenant encourt actuellement une contravention de 4ème classe de 135 euros. « C’est un problème que nous devons régler collectivement, avec le ministère de la Santé et les Douanes qui exercent leur tutelle sur les débitants de tabac » propose Yves Martinet, président du CNCT. Une tutelle qui, ici, précisément, ne s’exerce pas. Et une ministre de la Santé qui ne parle que du la hausse du prix du tabac (servant ainsi la martingale fiscale de l’Etat).

Des chiffres proprement accablants

Le jour même de la publication de l’enquête CNCT / BVA) Philippe Coy, patron des buralistes a donné de la voix : « Les chiffres sont accablants, les résultats ne sont pas acceptables et nous devons nous sensibiliser plus encore sur ce sujet ». M. Coy y revient aujourd’hui dans le dernier numéro du Losange (magazine de la profession) Extraits :

« Vous connaissez mon caractère volontaire et ma franchise d’expression au service de notre profession. Je sais que je vais surprendre et même irriter.  Mais j’affirme que nous allons collectivement vers de graves problèmes mettant en péril notre statut si nous ne prenons pas à bras-le-corps ce sujet de l’interdiction de la vente aux mineurs. Je parle de l’interdiction de vente aux moins de 18 ans telle qu’elle doit être respectée concernant la vente de tabac, de produits du vapotage, de jeux, d’alcool.

« Notre statut requiert l’application stricte de la réglementation. Notre éthique exige qu’elle soit exercée rigoureusement. Je sais pour les vivre moi aussi, tous les problèmes, incidents et anicroches, soulevés par cette obligation réglementaire et morale : l’ado au physique trompeur ; les intimidations ; l’erreur en pleine affluence ; l’employé négligeant; le papa qui veut absolument offrir un jeu à son rejeton, etc.

« Il n’empêche, cette interdiction, il n’y a que nous, responsables de nos établissements, qui soyons garants qu’elle sera effectivement et totalement respectée, j’insiste. »

M. Coy, patron des buralistes, insiste. Comment ne pas l’en féliciter? Mais comment, dans le même temps, ne pas être, au minimum, inquiet d’observer qu’aucun représentant de l’exécutif sanitaire n’ait le courage minimal de traiter du sujet. A quoi sert l’exécutif s’il ne fait pas respecter la loi ?

A demain @jynau

Agnès Buzyn fait faire une croix sur les vins, et Big Tobacco menace le Fonds anti-addictions

Bonjour

Sur fond d’addiction, une indiscrétion et un scoop dans le Journal du Dimanche. Commençons par le second (Anne-Laure Barret). C’est une histoire assez complexe d’où il ressort que le jeune « Fonds de lutte contre les addictions » est déjà menacé. Ce Fonds a été créé par la loi de financement de la sécurité sociale du 28 décembre 2018. Il succédait au Fonds de lutte contre le tabac, une création de Marisol Touraine.

Celui d’Agnès Buzyn (officiellement « Fonds contre les addictions liées aux substances psychoactives » a été créé au sein de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (Cnam) et il est principalement alimenté par le prélèvement sur le chiffre d’affaires des fournisseurs de tabac. Sa gouvernance a été mise en place par décret du 21 juin 2019.

« Le fonds contribue au financement d’actions nationales ou locales en cohérence avec les priorités gouvernementales en matière de prévention des addictions, issues notamment du programme national de lutte contre le tabac et du plan national de mobilisation contre les addictions. Ces actions ont vocation à répondre à quatre axes stratégiques :

  • 1 : Protéger les jeunes et éviter l’entrée dans le tabagisme ainsi qu’éviter ou retarder l’entrée dans la consommation d’autres substances psychoactives
  • 2 : Aider les fumeurs à s’arrêter et réduire les risques et les dommages liés aux consommations de substances psychoactives
  • 3 : Amplifier certaines actions auprès des publics prioritaires dans une volonté de réduire les inégalités sociales de santé
  • 4 : Soutenir la recherche appliquée et l’évaluation des actions de prévention et de prise en charge.

Pour 2019, c’est un budget de 120 millions qui vient renforcer la mobilisation contre les addictions. »

A peine créé, déjà menacé : le JDD rapporte les conséquences d’un bras de fer judiciaire entre le géant Japan Tobacco International (Winston et Camel) et Logista, distributeur exclusif français de tabac chargé de récupérer les taxes pour le Fonds. Un récent jugement du tribunal de commerce de Paris (15 octobre) condamne le second au bénéfice du premier (39 millions d’euros). Et voici que l’idée chemine chez les géants de Big Tobacco d’imiter leur concurrent.  Et voici que le Fonds est soudain fragilisé. « Il pourrait manquer, en avril prochain, 79 millions d’euros au budget du Fonds et donc de la Sécurité sociale » précise le JDD. Et autant en moins pour lutter contre le tabagisme en particulier, les addictions aux substances psychoactives en général.

L’indiscrétion ? La voici : « Agnès Buzyn a fait savoir au sein de son ministère que vins rouges, rosés et blancs n’étaient pas les bienvenus sur les tables à midi » – et ce au nom de la lutte contre l’alcoolisme et de la réduction des risques. La ministre pourrait-elle, ici, être poursuivie en justice ?

A demain @jynau