31 mai 2019 : Agnès Buzyn saura-t-elle avant 2022 que la cigarette électronique existe ?

Bonjour

Nous sommes le 31 mai 2019 et, pour les médias, c’est la « Journée mondiale sans tabac organisée par l’OMS ». Objectif : lutter coûte que coûte contre le tabagisme ; user, quoi qu’il en coûte du formidable levier qu’est le concept appliqué de la « Réduction des Risques ». Or enferrée dans son déni obscurantiste et sa bureaucratie onusienne l’OMS s’obstine à ne pas reconnaître que le vapotage est, à ce titre, un puissant outil de lutte contre le tabagisme. L’éléphantesque OMS n’est pas la seule à ne rien saisir de la Révolution des Volutes, à confondre fumée et vapeur d’eau, à ne voir d’issue que dans le sevrage absolu et définitif.

En France le pouvoir exécutif est, depuis dix ans déjà, prisonnier des mêmes rêts idéologiques. Après un maigre espoir signé du Directeur Général de Santé Publique France voici qu’Agnès Buzyn referme le couvercle. Interrogée le 29 mai, avec la plus grande déférence, par le député macroniste (Aisne) Marc Delatte quant aux suites de la politique gouvernementale de lutte contre le tabac, la ministre précise les raisons (selon elle) de la baisse officiellement annoncée du nombre des fumeurs ces deux dernières années (vidéo de l’Assemblée nationale) :

« C’est le fruit d’une politique volontariste qui a commencé par le paquet neutre, l’augmentation du prix du tabac, l’augmentation du nombre de lieux « sans tabac » et le remboursement des substituts nicotiniques. Malheureusement, vous avez raison, il nous reste encore beaucoup à faire. »

Le ban est fermé. Au même instant ou presque, sur CNews, Philippe Coy, le patron des buralistes français :

« La baisse des volumes tabac dans notre réseau est due aussi à un transfert d’une partie de nos clients vers le vapotage, on le voit bien dans notre activité quotidienne. Désormais, le réseau des buralistes est impliqué dans la vente des produits du vapotage à nos clients fumeurs qui veulent sortir du tabac traditionnel. »

Nous sommes le 31 mai. Le 14 octobre prochain, à Paris – l’association SOVAPE et ses partenaires organiseront le 3e Sommet de la vape. Ils souhaitent « faire évoluer les regards sur le vapotage : décideurs, médias, acteurs de santé » et lancent un « appel au don ». On se souvient de la présence novatrice, à cette manifestation, de l’ancien Directeur Général de la Santé (Benoît Vallet). Les organisateurs ont-ils, cette fois, songé à inviter la ministre des Solidarités et de la Santé ?

A demain

@jynau

E-Cigarette: comment instiller, dans les médias, qu’elle est plus dangereuse que le tabac

Bonjour

30 mai 2019. Jour de l’Ascension. France et médias au ralenti. Tout est permis. On trouve ceci sur le site du Point : « Cigarettes électroniques : plus dangereuses que le tabac classique ? Une étude scientifique, relayée par SciencePost.fr, met en lumière l’augmentation des risques cardiovasculaires chez les vapoteurs ». Cela donne cela :

 « (…) Sur les terrasses des cafés, les cigarettes électroniques sont devenues de plus en plus communes et les fameuses pauses clope s’enveloppent désormais d’un épais nuage blanc. La France compterait en 2018 quelque trois millions de vapoteurs, ce qui représente un marché évalué à plus de un milliard d’euros par la Fédération interprofessionnelle de la vape (Fivape). Un remède miracle au tabagisme ? Rien n’est moins sûr. Une étude récente relayée par SciencePost.fr pointe la dangerosité de la cigarette électronique. En cause, les arômes justement, qui endommageraient nos cellules et augmenteraient les risques de maladies cardiovasculaires (…)

Science-Post.fr ? Brice Louvet, rédacteur scientifique :

« Les cigarettes électroniques sont souvent considérées comme “plus saines” que les cigarettes, mais le sont-elles réellement ? Le sujet est encore très nouveau, mais les études se succèdent. De récentes analyses 1 ont, par exemple, révélé il y a quelques semaines que les fumeurs de cigarettes électroniques étaient 29 % plus susceptibles de présenter des accidents vasculaires cérébraux que les fumeurs “classiques”. Ils étaient également 25 % plus sujets aux crises cardiaques et 18 % plus sensibles aux maladies coronariennes. Une nouvelle étude s’attaque aujourd’hui aux arômes de ces e-cigarettes. Et encore une fois, les résultats ne sont pas très bons. Les détails de ces travaux sont publiés dans le Journal de l’American College of Cardiology.

« Pour cette étude, une équipe de l’Université de Stanford (États-Unis) s’est penchée sur l’influence des e-liquides sur les cellules endothéliales humaines. Ce sont ces cellules qui tapissent l’intérieur de nos vaisseaux sanguins. Elles jouent donc un rôle très important dans le maintien d’une bonne santé cardiovasculaire. Pour cette recherche, six arômes ont été testés, avec différents niveaux de nicotine. Les résultats ont alors révélé que tous les arômes étaient potentiellement nocifs, qu’il y ait de la nicotine ou non. Et c’est celui à la cannelle qui semblait le plus toxique.

« Jusqu’à présent, nous n’avions aucune donnée de la manière dont ces e-liquides affectent les cellules endothéliales humaines, explique Joesph Wu, principal auteur de l’étude. Lorsque nous avons exposé les cellules à six arômes différents d’e-liquide avec différents niveaux de nicotine, nous avons constaté des dommages importants. Les cellules étaient moins viables en culture et ont commencé à présenter de multiples symptômes de dysfonctionnement ».

Notons que ces tests ont été menés sur des cellules élevées en laboratoire Malgré tout, les chercheurs relèvent que les changements observés au niveau cellulaire durant l’étude ressemblent à ceux observés chez l’Homme développant des problèmes cardiovasculaires. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires, certes, mais nous pouvons raisonnablement penser que les arômes d’e-cigarettes sont potentiellement nocif pour le corps humain. »

Et Science-Post.fr de citer le Comité de lutte contre le tabagisme de la Société européenne de pneumologie qui, il y a peu,  publiait une déclaration notant que les cigarettes électroniques ne devraient pas être largement recommandées dans les stratégies de sevrage tabagique. Les experts soulignent en effet le manque de preuves attestant ces affirmations.

« Bien que l’exposition à des ingrédients potentiellement nocifs provenant de cigarettes électroniques puisse être inférieure à celle des cigarettes, cela ne signifie pas pour autant qu’elles sont inoffensives, a notamment déclaré Tobias Welte, président de la European Respiratory Society. Jusqu’à ce que nous en sachions plus sur les effets à long terme de leur utilisation sur la santé humaine, il est irresponsable de recommander leur utilisation dans les stratégies de lutte antitabac à l’échelle de la population ».

Où se situent, ici, les principaux irresponsables ? Jour de l’Ascension, 30 mai 2019

A demain

@jynau

1 « Cigarette électronique : AVC, coronaires bouchées, dépression, anxiété et … malhonnêteté » Journalisme et santé publique du 27 mars 2019

Certains militants anti-alcooliques ostracisent la cigarette électronique anti-tabac. Pourquoi ?

Bonjour

Ostracisme. Hier la galaxie médiatique faisait état d’une une avancée politique et médicale de taille : la reconnaissance officielle de l’apport de la cigarette électronique dans la lutte contre l’esclavage du tabac. Une reconnaissance signée Santé publique France – et ce dans l’attente des premières paroles d’Agnès Buzyn signant la fin d’un trop long et coupable déni. Une reconnaissance soulignée par le CESE ainsi que par les buralistes français.

Aujourd’hui, un communiqué de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA). C’est là un poids lourd historique dans le champ de la lutte contre l’esclavage addictif. Voici son communiqué :

« Les chiffres publiés par Santé publique France à l’occasion de la journée mondiale sans tabacmontrent une baisse très significative du nombre de fumeurs : 1,6 million de fumeurs en moins en deux ans, soit une baisse de 12% en deux ans. L’impact sanitaire ne va cependant pas décliner dans les années à venir. La lutte contre le tabagisme doit dès lors rester une priorité.   

« La baisse du nombre de fumeurs en France est à mettre au crédit d’une politique vigoureuse alliant mobilisation sociale (Moi(s) sans tabac), actions de prévention de proximité, taxes, action sur le packaging (paquets neutres), remboursement des substituts nicotiniques, restriction des lieux où il est possible de fumer, et discours public de dénormalisation. Cette politique d’ensemble porte ses fruits même si le nombre de fumeurs quotidiens reste toujours très élevé (25,4 % de la population). »

Après ce soutien sans faille à la politique gouvernementale l’ANPAA observe que les chiffres offficiels confirment « l’inégalité sociale face au fléau du tabac » : « plus on est pauvre, plus on fume ». Elle pourrait ajouter que plus on est pauvre et fumeur et plus on remplit les caisses de Bercy en vidant celles de l’assurance maladie. Suite du communiqué :

« L’ANPAA soutient cette politique de lutte contre le tabagisme qui doit se maintenir dans la durée. Elle demande qu’on tire les leçons de ces premiers succès pour engager une politique tout aussi vigoureuse envers la deuxième cause de mortalité évitable, l’alcool. » Pas un mot sur la cigarette électronique devenue levier essentiel et croissant de la réduction des risques tabagiques.

Ostracisme : « Bannissement d’une durée de dix ans prononcé à la suite d’un jugement du peuple, dans certaines cités grecques et en particulier à Athènes, à l’encontre d’un citoyen devenu suspect par sa puissance, son ambition ».

A demain

@jynau

Vapotage : Agnès Buzyn pourra-t-elle longtemps encore snober les recommandations du CESE ?

Bonjour

CESE : Conseil économique, social et environnemental. Ecologie oblige, depuis peu le président Macron accorde la plus grande attention à cette assemblée constitutionnelle française composée de représentants sociaux (patronat, syndicats, associations). Le CESE a une fonction consultative, optionnelle ou obligatoire dans le cadre du processus législatif. Il peut aussi, de son propre chef, appeler l’attention du Gouvernement et du Parlement sur les réformes qui lui paraissent nécessaires.

C’est le cas avec la lutte contre le tabagisme qui tue prématurément plus de 75 000 personnes chaque année en France. Plus d’une mort sur huit est ainsi due à une substance fabriquée légalement, très fortement taxée par le fisc, en vente chez tous les buralistes, sur internet ou dans la rue.  Tabagisme : première cause de mort évitable et incurie de l’exécutif pour mettre en place une véritable politique de réduction des risques via, notamment, le vapotage et la cigarette électronique.

Le CESE réagit aujourd’hui à la publication tabagique gouvernementale et au commentaire éditorialisé de buralistes français. Il qualifie de « particulièrement notable » le fait que la cigarette électronique soit devenue el’outil de sevrage le plus utilisé par les fumeurs en Francee.

Et le CESE de rappeler qu’il avait voté, le 9 janvier dernier un avis spécifique 1 dans lequel il « faisait part de ses préconisations dans la lutte contre les addictions au tabac ». Il recommandait notamment « de positionner la cigarette électronique avec ou sans nicotine parmi les autres dispositifs de sevrage tabagique ».Et le CESE de préconiser au gouvernement d’intégrer la cigarette électronique dans le discours de prévention des addictions ; de former les professionnels et professionnelles de la santé à l’accompagnement qu’elle implique (comme tout dispositif de réduction des risques). Mais aussi d’exclure les industries du tabac de cette politique de lutte.

Au vu de la nouvelle attention d’Emmanuel Macron pour cette institution, combien de temps Agnès Buzyn pourra-t-elle snober ces recommandations ?

A demain

@jynau

1 « Le CESE a adopté son avis « Addictions au tabac et à l’alcool » » Etienne Caniard et Marie-Josée Auge-Caumon, rapporteurs. Déclaration d’intérêt : l’auteur de ces lignes a été auditionné par les deux rapporteurs en amont de la rédaction de cet avis.

Cigarette électronique : fin du déni officiel ; commentaire éditorialisé des buralistes français

Bonjour

« Un tournant ». Pour le site des buralistes français ce sont quelques lignes qu’il faut encadrer : celles de l’éditorial de Francois Bourdillon, Directeur Général de Santé Publique France.  

« Parmi les outils d’aide au sevrage tabagique, la cigarette électronique est le plus utilisé par les fumeurs pour arrêter de fumer. Cette utilisation s’inscrit depuis quelques années dans une stratégie de réduction des risques. Les données du Baromètre de Santé publique France soulignent pour la première fois l’accroissement de l’usage de l’e-cigarette : 3,8% l’utilisent quotidiennement versus  2,7% en  2017, soulignant les modifications de l’usage de cet outil de sevrage tabagique. »

Et le site des buralistes, en écho, d’éditorialiser :

« Alors que les autorités sanitaires françaises s’étaient montrées jusqu’ ici timorées sur le sujet – voire carrément hostiles – nous enregistrons un discours, plus réaliste, constatant que les fumeurs utilisent la cigarette électronique « parmi les outils d’aide au sevrage ». Loin des prises de position carrément idéologiques d’il y a encore peu de temps quand le vapotage était avant tout présenté comme « un piège » aux multiples facettes (les inconnues scientifiques … les mineurs ciblés … les fabricants derrière, etc., etc. … on connait les éléments de ce langage négatif).

« Aujourd’hui, nous avons affaire à un discours officiel plus nuancé, réaliste et ouvert. Espérons que ce discours réaliste préfigure le débat, ouvert et dépassionné, qui a toujours manqué en France jusqu’à maintenant. Un débat sur l’apport de cigarette électronique et des autres produits de nouvelle génération. Un débat sur l’information et la communication concernant ces produits, puisqu’il est désormais reconnu que les fumeurs les prennent en considération comme alternative. »

Où l’on en viendrait, presque, à espérer. A croire en l’action amplificatrice d’une ministre des Solidarités et de la Santé. Une ministre qui accepterait, enfin, de reconnaître ses erreurs et de mettre en œuvre, ici, une véritable politique de réduction des risques.

A demain

@jynau

En France le nombre des fumeurs baisse et celui des vapoteurs monte : cherchez l’erreur

Bonjour

« 1,6 million de fumeurs en moins » : on sait que rien ne permet de l’affirmer 1 – mais c’est désormais le chiffre officiel repris en cœur depuis mars dernier par la quasi-totalité de la sphère médiatique nationale. On le retrouve aujourd’hui en tête de l’éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire ; un texte signé de François Bourdillon Directeur Général de Santé Publique France 2.  

« 1,6  million de fumeurs en moins en deux ans, tels sont les résultats issus des Baromètres annuels de Santé publique France. Il s’agit d’une baisse d’ampleur inédite, de l’ordre de 12% en deux ans. Après plusieurs années de stabilité, la prévalence du tabagisme, qui avait diminué d’un million entre 2016 et 20171 , poursuit sa baisse avec 600 000 fumeurs en moins entre  2017 et  2018. La prévalence du tabagisme quotidien est, en 2018, de 25,4% ; elle a baissé de 4 points en deux ans. Il faut comprendre que 1,6 million de fumeurs en moins traduit non seulement l’arrêt du  tabac par les fumeurs, mais aussi la réduction du nombre de jeunes qui entrent dans le tabagisme. »

Ce responsable de la politique de santé publique ne craint pas l’auto-satisfecit. Il écrit ainsi concernant la première cause de mortalité prématurée évitable (75 000 par an) :  

« Ces bons résultats traduisent l’impact de la politique publique cohérente, déterminée et de ses nombreuses mesures parmi lesquelles : l’augmentation régulière des prix du tabac ; la mise en place au 1er janvier 2017 du paquet neutre ; le remboursement des substituts nicotiniques ; des temps de communication récurrents et coordonnés portés par le ministère de la Santé, Santé publique France, l’INCa et l’Assurance maladie ; et bien sûr l’opération Mois sans Tabac, qui se déroule depuis 2016 tous les mois de novembre, événement majeur d’incitation au sevrage tabagique et à la « dénormalisation » du tabac. »

Mais il lui faut aussi diminuer les risques auxquels, dans notre espace démocratique, il s’expose. A commencer par l’absence de corrélation statistique robuste entre cette victoire affichée sur le tabagisme et les volumes des ventes chez les buralistes. Car si cette baisse des ventes existe « il convient également de prendre en considération [sic] les achats transfrontaliers en augmentation, la contrebande, notamment par internet ou par l’intermédiaire des ventes de rue, qui se développent en raison des prix élevés du tabac, et le fait que les fumeurs quotidiens fument moins de cigarettes par jour ».

Les pauvres et ceux qui ne le sont pas

La vérité vraie, au lendemain des élections européennes, c’est aussi que la France « garde un taux de prévalence du tabagisme quotidien très élevé en comparaison d’autres pays de même niveau économique, avec de très fortes inégalités sociales ». On peut le dire ainsi : les pauvres fument plus que ceux qui ne le sont pas. Ou comme cela :

« Deux groupes se différencient significativement : les plus diplômés (>Bac), avec une prévalence du tabagisme quotidien de 19,4%, et le reste de la population, incluant les personnes sans diplômes et celles ayant un diplôme inférieur ou égal au Bac, avec un tabagisme quotidien de 28,2%. »

Après son auto-satisfecit le directeur général de Santé Publique France évoque aussi une situation « dramatique » :

« Depuis 15 ans, le nombre de décès attribuables au tabac chez les femmes augmente de plus de 5% par  an en moyenne. Ils témoignent du tabagisme féminin qui a progressé entre les années 1970 et 1990. Ces données dramatiques sont autant d’éléments de plaidoyer pour renforcer encore la lutte contre le tabagisme en France. Pour l’année 2015 tous sexes confondus, 75 000 décès sont attribuables au tabac, soit 13% des décès survenus en France métropolitaine. »

Où l’on en vient, enfin et après des années de coupable déni officiel, à la cigarette électronique :

«  Une augmentation de l’usage de l’e-cigarette Parmi les outils d’aide au sevrage tabagique, la cigarette électronique est le plus utilisé par les fumeurs pour arrêter de fumer. Cette utilisation s’inscrit depuis quelques années [re-sic] dans une stratégie de réduction des risques. Les données du Baromètre de Santé publique France soulignent pour la première fois l’accroissement de l’usage de l’e-cigarette : 3,8% l’utilisent quotidiennement versus  2,7% en  2017, soulignant les modifications de l’usage de cet outil de sevrage tabagique. »

En conclusion le Directeur Général de Santé Publique France, aujourd’hui sur le départ,  estime, au vu du contexte actuel qu’il faut « maintenir les politiques publiques ». Et peut-être même « les accentuer ». Ne serait-ce pas trop demander ?

A demain

@jynau

1 Les données du « Baromètre de Santé publique France » proviennent d’une simple « enquête aléatoire téléphonique » réalisée entre janvier et juillet 2018 auprès de 9 074 adultes âgés de 18 à 75 ans résidant en France métropolitaine. « Ce ne sont pas 1,6 million de personnes qui ont arrêté le tabac entre 2016 et 2018, comme l’avaient annoncé plusieurs médias en mars, observe justement Le Monde (François Béguin). Pour marquer les esprits, le chiffre mis en avant par l’agence publique prend en compte à la fois ceux qui ont arrêté de fumer et la « réduction du nombre de jeunes qui entrent dans le tabagisme », sans qu’il ne soit possible de les différencier. »

2 Bourdillon  F. Éditorial. 1,6 million de fumeurs en moins en deux ans, des résultats inédits. Bull Epidémiol Hebd. 2019;(15):270-1. http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/ 2019/15/2019_14_0.html

Publicité pour la cigarette électronique : jusqu’à quand la France pourra-t-elle l’interdire ?

Bonjour

C’est un information sanitaire de taille. Elle est relayée en France par le site des buralistes et la précieuse association #sovape. Au Québec un juge de la Cour supérieure vient d’invalider une disposition législative qui interdisait toute publicité extérieure en faveur du vapotage ; sur les vitrine des « vaporistes » ou via tout média s’adressant au grand public. Et ce juge donne six mois au gouvernement pour changer la loi dans le sens de son jugement.

« Au Québec, certaines limites ont une portée excessive. La loi actuelle viole la liberté d’expression en muselant les commerçants, fait valoir ce juge. Il existe des solutions moins drastiques : soit autoriser la publicité pour la cigarette électronique pourvu qu’elle cible clairement et uniquement les fumeurs et qu’on la présente comme un moyen de cessation tabagique. Rien d’autre. »

« C’est une grande victoire pour les acteurs du vapotage et de la réduction des risques du monde entier, fait valoir #sovape.  En effet, la Cour a estimé qu’il est d’intérêt de santé publique que la publicité sur le vapotage soit autorisée pour faciliter l’accès à l’information et à une solution reconnue pour aider les fumeurs à sortir du tabagisme. Elle a donc invalidé plusieurs articles de la loi de 2015 qui interdisaient la publicité, ainsi que d’autres restrictions contre le vapotage, notamment l’interdiction d’essayer les produits en magasins ou dans les centres d’aide à l’arrêt tabagique. »

Extraits édifiants de la décision de justice :

 « Que la publicité – interdite par les articles 24 (4), (8) et (9) – soit autorisée en autant qu’elle cible, clairement et uniquement, les fumeurs et qu’on la présente comme moyen de cessation tabagique. Rien d’autre.

Autrement dit, qu’on la décrive et qu’on en fasse la promotion à une seule fin soit celle d’alternative à la cigarette ordinaire et au tabac qui tue. Bien évidemment, cette publicité pourra être lue et vue par des non-fumeurs, le tribunal en convient. Mais ceux-ci sauront que c’est une solution pour arrêter de fumer et pourront faire la part des choses. Des fumeurs pourront être informés qu’il existe une méthode de cessation tabagique qui mérite d’être mieux connue. Les non-fumeurs sauront que le produit est destiné aux fumeurs. Tous sauront à quoi s’en tenir.

Parallèlement à cela, les interdictions de publicité destinée aux mineurs, de type style de vie, etc. demeurent. On est loin d’une absence de limites où tout est permis. », Cour Supérieure du Québec, extrait [367-369] du jugement du 3 mai 2019 – affaires n° 200-17-023732-167 et n° 500-17-093397-167. »

Vapotage juvénile

L’association #sovape observe ce procès québécois mené suite à des requêtes de l’Association Québécoise des Vapoteries et l’Association Canadienne du Vapotage n’est pas sans rappeler l’action qui avait été entamée par cinq associations françaises (SOVAPE, Fédération Addiction, SOS addictions, Respadd et Tabac & Liberté) auprès du Conseil d’Etat.

Mais rien n’est encore acquis de l’autre côté de l’Atlantique – où prévalent les mêmes radicalisations sectaires que de ce côté-ci. Ainsi la « Coalition québécoise pour le contrôle du tabac » estime qu’il «y a non seulement matière à aller en appel de ce jugement, mais urgence d’intervenir à tous les niveaux pour contrer le phénomène du vapotage juvénile». Et ce alors que plus le temps passe et moins la cigarette électronique apparaît être une porte d’entrée dans l’enfer tabagique.

En France la publicité en faveur du vapotage est interdite : les contrevenants s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 euros. Où l’on en revient à la question centrale, médicale sinon psychiatrique : pourquoi notre pouvoir exécutif (à la différence notable du britannique) est-il à ce point immunisé contre le concept de réduction des risques ?

A demain

@jynau