Drogues et équilibre des finances : bienheureux comme le marché du cannabis en France

Bonjour

Heureux concours de circonstances qui nous aide à prendre la mesure de l’absurdité désinvolte de l’exécutif et du législatif français confrontés à la question de santé publique du cannabis.

26 novembre 2018, en direct des bourses mafieuses : « Le cannabis continue à bien s’apprécier sur le marché français ». C’est le dernier bilan en date du  volet « drogues illicites » du « Baromètre santé » (sic) publié par Santé Publique France (SPF) et l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Le travail 1 résulte de l’analyse des réponses aux questions posées à plus de 20 000 personnes âgées de 18 à 64 ans.

Où l’on apprend que le cannabis demeure le produit illicite de très très loin le plus « expérimenté » en France. Près de la moitié (45 %) des adultes en ont déjà consommé et un adulte sur 10 (11 %) est « usager dans l’année ». On dénombre 3,6 % d’usagers réguliers (au moins dix usages dans le mois). Quant à l’usage quotidien il concerne pour sa part 2,2 % des 18-64 ans. Vous avez bien lu « usage quotidien » d’un produit illicite».

« L’enquête souligne le maintien d’une prédominance masculine dans ces usages et le fait que les jeunes générations consomment davantage. Plus du quart des 18-25 ans déclarent un usage au cours de l’année (27 %) et 8,4 % d’entre eux un usage régulier. Toutefois, le profil des consommateurs de cannabis se diversifie intégrant davantage de trentenaires et d’actifs en emploi. En 2017, l’usage régulier atteint 6,3 % chez les 26-34 ans et 3,3 % chez les 35-44 ans. Dans le même temps, l’usage dans l’année des actifs occupés s’établit à 9,6 % alors que celui des chômeurs se stabilise à 16 %. »

On peut le dire autrement : les chiffres 2017 « s’avèrent être les plus élevés depuis vingt-cinq ans ». Soit un échec massif de la « politique française » en matière de cannabis. Ajoutons que près des deux tiers des usagers déclarent avoir eu recours au marché noir pour s’approvisionner. Et que 7 % des disent, avec l’âge et l’embourgeoisement, pratiquer l’auto-culture de la plante stupéfiante.

23 novembre 2018, en direct de l’Assemblée nationale : « Cannabis : pour pouvoir fumer en paix il vous faudra désormais donner 200 euros à l’Etat ». Les députés ont voté dans la soirée du vendredi 23 novembre la création d’une amende forfaitaire de 200 euros pour « mieux sanctionner l’usage illicite de stupéfiants, jusqu’alors réprimé uniquement par une peine de prison et une forte amende, peu souvent prononcées ». L’article a été adopté par les députés par 28 voix contre 14 (vous avez bien lu) lors de l’examen en première lecture du projet de réforme de la justice. Cette disposition « entend répondre (re-sic) à l’augmentation constante du nombre de consommateurs de cannabis ».

L’amende forfaitaire prévue était initialement de 300 euros. Elle avait été revue à la baisse en commission à 200 euros « pour ne pas se heurter à l’insolvabilité des usagers » (re-re-sic).

Depuis le mois de mars 2018 le gouvernement d’Edouard Philippe et d’Agnès Buzyn repousse la publication du « plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 » – un plan censé définir les stratégies qu’il entend déployer en matière de tabac, d’alcool et de cannabis ces quatre prochaines années. On observera que l’année 2018 est d’ores et déjà passée à la trappe d’un exécutif qui, loin de la santé publique et  à l’image des mafias sans frontières, ne semble percevoir l’addictif que comme une source de profits.

A demain

@jynau

1 Auteurs : Stanislas Spilka, Jean-Baptiste Richard, Olivier Le Nézet, Eric Janssen, Alex Brissot, Antoine Philippon, Jalpa Shah, Sandra Chyderiotis, Raphaël Andler, Chloé Cogordan

Toxicomanie, pharmacie et capitalisme : réduction des risques et explosion des bénéfices

Bonjour

 Industrie pharmaceutique : l’argent ou les patients ?  Quelques lignes éclairantes, glanées sur Slate.fr (Barthélemy Dont) : « Le prix d’un médicament augmente de 600% pour capitaliser sur l’épidémie d’overdoses ». Où l’on découvre les agissements de la firme Kaléo (« a new type of pharmaceutical company, dedicated to building innovative solutions for serious and life-threatening medical conditions »). Kaléo qui commercialise outre-Atlantique Evzio® (naloxone injectable):

« EVZIO est un médicament vendu sur ordonnance utilisé chez l’adulte et l’enfant pour le traitement d’une urgence liée aux opioïdes, telle qu’une surdose ou un éventuel surdosage d’opioïde, accompagnée de symptômes évocateurs de problèmes respiratoires et d’une somnolence sévère ou empêchant de réagir. EVZIO doit être administré immédiatement et ne remplace pas les soins médicaux d’urgence. Obtenez de l’aide médicale d’urgence immédiatement après la première dose d’EVZIO, même si la personne se réveille. EVZIO est sans danger et efficace chez les enfants en cas de surdosage connu ou présumé aux opioïdes. »

Business plan

Kaléo a décidé de profiter du besoin croissant de son produit pour en augmenter le prix. Vendu à l’origine 575 dollars (503 euros) en 2014, il a grimpé à 4.100 dollars (3.587 euros) en 2017. Sept fois plus cher. « Cette hausse drastique a mené à une investigation par le Sénat des États-Unis, rapporte Slate.frDans leur rapport, les enquêteurs concluent que le laboratoire a ‘’exploité la crise des opioïdes’’. En effet, lors la première hausse de prix en 2016, le nouveau business plan de la société pharmaceutique précisait que ‘’2016 est un moment critique pour notre succès à long terme’’ et que l’augmentation du prix serait un moyen de ‘’capitaliser sur l’opportunité’’ que représentent ‘’les overdoses d’opioïdes à des niveaux épidémiques’’ ».

Le Sénat américain estime qu’Evzio® a coûté 142 millions de dollars aux contribuables américains en quatre ans : la firme a fait en sorte que les médecins qui prescrivent cette spécialité remplissent des formulaires précisant que cette dernière est une nécessité médicale. Elle peut ainsi être prise en charge par Medicare et Medicaid – au détriment de solutions moins coûteuses.

En réponse Kaléo a fait valoir que son médicament a sauvé plus de cinq mille vies et que ce sont «les patients, pas les profits» qui ont dirigé ses actions. De telles situations pourraient-elles exister de ce côté-ci de l’Atlantique ?

A demain

@jynau

 

 

Cannabis : pour pouvoir fumer en paix il vous faudra désormais donner 200 euros à l’Etat

Bonjour

Quand l’Agence France Presse dit, en une phrase, l’absurdité d’une situation politique,et sanitaire : l’Assemblée nationale a voté dans la soirée du vendredi 23 novembre [Black Friday ndlr] la création d’une amende forfaitaire de 200 euros pour mieux sanctionner l’usage illicite de stupéfiants, jusqu’alors réprimé uniquement par une peine de prison et une forte amende, peu souvent prononcées ». L’article a été adopté par les députés par 28 voix contre 14 lors de l’examen en première lecture du projet de réforme de la justice. Cette disposition « entend répondre (sic) à l’augmentation constante du nombre de consommateurs de cannabis : cinq millions en 2017, dont 700 000 usagers quotidiens, selon les chiffres officiels ».

L’amende forfaitaire prévue était initialement de 300 euros. Elle avait été revue à la baisse en commission à 200 euros « pour ne pas se heurter à l’insolvabilité des usagers » (re-sic). Outre l’usage illicite de stupéfiants, l’article étend le champ d’application de l’amende forfaitaire à d’autres délits, dont la vente et l’offre d’alcool à un mineur et le transport routier en violation des limites horaires. Le gouvernement s’est aussi  engagé  à créer « par voie réglementaire » une contravention pour sanctionner l’achat de tabac vendu à la sauvette. Les buralistes applaudiront.

Il ne semble pas, étrangement, qu’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé se soit exprimée. En revanche la ministre de la Justice Nicole Belloubet a défendu une mesure qui selon elle  « résulte d’un travail important » de la mission d’information parlementaire sur le cannabis menée notamment par Eric Pouillat (La République en marche, LRM, Gironde). Elle assure que l’amende forfaitaire « marche bien pour d’autres types de contraventions ». Et le ministère public conservera la possibilité théorique de poursuivre l’infraction devant le tribunal correctionnel.

L’AFP observe que quelques élus de gauche ont pointé « l’absence de réponse sanitaire avec cette mesure ». Et la ministre de la Justice ministre de soutenir que l’amende « n’entraînera pas de rupture dans la réponse de santé publique » (re-re-sic). « Ce n’est pas ce type de dispositions qui amènera à améliorer l’état sanitaire », a fait valoir, sans succès, David Habib (Parti socialiste, Pyrénées-Atlantiques), dénonçant le caractère « inégalitaire » de la mesure.

« Est-ce qu’on va régler le problème comme cela ? », a tonné Ugo Bernalicis (La France insoumise, Nord). Ajoutant :  « Si vous voulez lutter contre le trafic et les trafiquants, légalisons ». Marine Le Pen (Rassemblement national, Pas-de-Calais) de faire valoir que le dispositif revenait, déjà, « à autoriser la consommation ».

Et, rapporte encore l’AFP, les députés ont par ailleurs étendu la procédure de l’amende forfaitaire aux contraventions sanctionnant les mauvais traitements envers les animaux. Et c’est ainsi que tout est dit. En quelques mots.

A demain

@jynau

 

Drogues : 30 ans après Michèle Barzach, Agnès Buzyn et la réduction des risques en jachère

Bonjour

Il y a trente-et-un ans Michèle Barzach faisait acte de courage 1, dans un gouvernement de droite. Soutenue par quelques militants éclairés de gauche, face à la toxicomanie et au VIH, elle mettait en place les bases de ce qui deviendrait au fil du temps 2 un embryon de politique de Réduction des Risques (RDR).

Aujourd’hui c’est un appel de détresse lancé au nom de la RDR par l’association SAFE. Cette dernière a notamment pour objet de favoriser l’accès aux matériels de consommation à moindres risques pour les usagers de drogues. Elle assure le développement et la promotion des outils et des modalités d’intervention les plus adaptés en matière de lutte contre les contaminations virales, bactériennes et fongiques.

En pratique elle permet d’accéder gratuitement et chaque jour aux matériels de consommation à moindre risque (injection, inhalation, sniff), aux préservatifs, aux kits de dépistage du VIH/SIDA et des hépatites B et C. Elle peut aussi orienter vers des professionnels de santé qui peuvent accompagner les toxicomanes qui peuvent en exprimer le besoin.

SAFE explique aussi gérer un dispositif régional d’automates d’échange de seringues et de diffusion de kits d’inhalation en Ile-de-France (actuellement plus de soixante sites sur Paris, le 91, le 92, le 93 et le 95) – ce qui inclut l’approvisionnement et la maintenance des machines, la gestion des containers de collecte de seringues usagées, la distribution de matériels de prévention directement aux usagers, ou par l’intermédiaires de pharmacies, associations et services hospitaliers partenaires ou un programme de RDR à distance –  www.rdr-a-distance.fr 01 40 09 04 45 ou contact@safe.asso.fr.

Depuis 2011 la « Réduction des Risques à Distance » est un dispositif national qui s’adresse aux usager.e.s de drogues qui ne peuvent pas ou ne veulent pas avoir recours aux structures spécialisées ou aux pharmacies pour diverses raisons : éloignement, handicaps, matériels distribués non adaptés, peur de la stigmatisation….

« Ce programme permet d’accueillir par téléphone ou par email tou.te.s les usager.e.s de drogues, de leur proposer un conseil personnalisé et de leur adresser par voie postale les seringues et tous les matériels de prévention nécessaires et adaptés à leurs besoins afin de réduire les risques infectieux : VIH, hépatite C etc. explique SAFE. Inclus dans le dernier Plan gouvernemental de lutte contre les drogues et conduites addictives, ce programme a fait ses preuves pour améliorer significativement l’accès aux matériels de consommation à moindre risques auprès des personnes les plus éloignées des dispositifs. »

Et puis ce communiqué :

« L’association SAFE est contrainte depuis le 1er octobre 2018 de suspendre le dispositif de RDR à distance dans les régions où cette action n’est plus financée : Bourgogne Franche-Comté, Corse, Normandie, Pays-de-la-Loire, Provence Alpes Côte d’Azur, Territoires de l’Outre-Mer. »

Plus précisément, depuis le 1er octobre, l’association  a été contrainte pour la première fois depuis vingt-neuf ans, de cesser la distribution de seringues aux personnes usagères de drogues dans les régions où son action n’est plus financée. « Cette suspension intervient malgré plusieurs alertes à la Direction Générale de la Santé restées sans suite, et alors que le nombre de bénéficiaires du dispositif ne cessait d’augmenter, expliquent ses responsables 3. Cette situation est totalement inacceptable du point de vue de la santé publique et risque d’entraîner une recrudescence de nouvelles infections (VIH et hépatites). »

Nécessité absolue

En 2015, la Direction Générale de la Santé avait choisi de décentraliser ce dispositif en confiant le financement aux agences régionales de santé (ARS) et la gestion aux structures spécialisées en région. Cette régionalisation a été l’objet de multiples dysfonctionnements dus à l’inadaptation des pratiques administratives et aux délais de mise en œuvre, mais aussi à une allocation de crédits très inférieure à l’évaluation initiale. A ce jour, certaines ARS n’ont toujours pas débloqué de fonds, ni identifié de structures pour mettre en œuvre le dispositif. D’autres structures ont reçu un financement dédié mais le dispositif n’est toujours pas opérationnel faute de formation des équipes. Six régions françaises sont concernées : Bourgogne Franche-Comté, Corse, Normandie, Pays-de-la-Loire, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et l’outre-Mer. Ces deux dernières régions font état d’une prévalence au VIH et au VHC particulièrement importantes, l’’accès au matériel de RDR représente une nécessité absolue.

Jusqu’au 30 septembre 2018, les usager.e.s de ces régions étaient toujours accueilli.e.s et suivi.e.s par SAFE sans qu’aucun financement ne soit versé à l’association pour ces régions. Alors que la Ministre de la santé promeut ce dispositif et a fixé comme objectif d’atteindre une diminution de 90 % des nouvelles infections à l’hépatite C l’association réclame « des actes en cohérence et un engagement à la hauteur de cet enjeu ».

Elle demande, simplement « un financement suffisant de la Réduction Des Risques à Distance pour les structures engagées dans ce dispositif ». « Une réflexion commune associant institutions, associations et acteurs de terrain est essentielle pour un déploiement rationnel du dispositif en fonction des besoins et permettre une véritable couverture nationale. Nous exigeons une action urgente pour un rétablissement immédiat du service explique  Catherine Duplessy directrice de SAFE.

Pour ces soignants « l’accès aux seringues et matériels de prévention pour les personnes usagères de drogues est un droit et une obligation de santé publique ». C’est ce qu’avait compris Michèle Barzach, ministre de la Santé. Il y a trente-et-un ans. Et maintenant ?

A demain

@jynau

1 « Sida et toxicomanie: les bénéfices massifs de la politique de réduction des risques en trois graphiques » Slate.fr 12 avril 2014

2 « Vive la clope et l’alcool, à bas la coke et l’héro », par Bernard Kouchner Slate.fr, 25 mai 2018

3 Contacts Presse : Act UP Paris : Robin DREVET robin.drevet@actupparis.org – 06 47 72 99 76 ; AIDES : Antoine HENRY ahenry@aides.org – 06 10 41 23 86 ; Médecins du Monde : Fanny MANTAUX fanny.mantaux@medecinsdumonde.net 01 44 92 13 81 ; PsychoActif : Pierre CHAPPARD pierre.chappard@gmail.com – 06 63 55 65 54 ; SAFE : Catherine DUPLESSY catherine.duplessy@safe.asso.fr – 06 84 81 07 77

 

 

Cigarette électronique contre le tabagisme : l’acharnement, finalement payant, des militants

Bonjour

Prendre de la distance pour mieux observer l’ évolution du paysage addictif et politique. En dépit d’un déni acharné de l’exécutif et des grands manitous du sanitaire qui lui obéissent la Révolution des Volutes® ne s’essouffle pas. Elle prend de nouvelles formes. Et comment, cinq ans plus tard, face à l’immobilisme des puissants, ne pas saluer l’acharnement et l’énergie insoumise de ces militants de la réduction des risques ? Un acharnement finalement payant comme en témoignent plusieurs informations données à la veille de l’opération #MoisSansTabac.

C’est ainsi que la Fédération interprofessionnelle de la vape (Fivape). Elle se félicite, dans un communiqué,  d’être officiellement partenaire de l’opération portée par la très officielle « Santé Publique France ». À cette occasion, 2 500 affiches officielles – personnalisées aux couleurs de la Fivape et de ses partenaires – seront imprimées et envoyées à toutes les boutiques spécialisées de produits du vapotage.

Motivation et énergie

Una action révolutionnaire menée aux côtés de l’Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique (Aiduce), qui interviendra dans les fan zones, de #Sovape (qui interviendra sur le web via Vape Info Service) et de La Vape du Coeur. Le mouvement associatif de la vape indépendante démontre ainsi plus que jamais qu’il est là, qu’il faut compter avec lui et qu’il est bel et bien « un partenaire responsable dans la lutte anti-tabac ». La Fivape :

« La motivation et l’énergie des boutiques au cours de ce MoisSansTabac sont essentielles pour ancrer ce travail de partenariat établi avec Santé Publique France, le développer et prouver que les acteurs indépendants de la Vape sont de vrais partenaires au service de la santé publique et des politiques de réduction des risques.

« Le MoisSansTabac donne l’opportunité aux professionnels de la distribution de montrer leur efficacité pour sortir les Français du tabac et de témoigner de leur implication, de leur professionnalisme et de leur engagement. »

A cette occasion, 2500 affiches officielles MoisSansTabac personnalisées aux couleurs de la Fivape et de ses partenaires seront imprimées et envoyées à toutes les boutiques de France spécialisées dans la vente de produits du vapotage.

Tout n’était pas, loin s’en faut gagné d’avance. Ainsi, pour l’édition 2018 du MoisSansTabac, « il avait été décidé » de ne pas reconduire tous les groupes Facebook créés en 2017. Les associations Aiduce et Sovaep sont parvenues à se faire entendre et ont fait valoir auprès de Santé Publique France l’intérêt de « l’auto-support » pour le vapotage.

« Cet accompagnement des néo-vapoteurs par des pairs capables de prodiguer conseils pratiques, motivation et bienveillance pour un bon démarrage et pérenniser le sevrage a pu améliorer les chances de réussite des fumeurs qui choisissent le vapotage afin de tenter d’arrêter de fumer. Sovape a produit un rapport sur l’expérience menée en 2017, avec des résultats très encourageants, 38% des participants du groupe Les Vapoteurs #MoisSansTabac 2017 étaient toujours non-fumeurs à cinq mois. »

Humour et diplomatie

C’est ainsi que, depuis Versailles, Santé Publique France a finalement accepté de soutenir les deux associations et  d’aider la démarche d’auto-support. Ce financement permettra le défraiement des bénévoles et la création d’un programme court de formation destiné à renforcer les connaissances des aidants. Construit avec Jacques Le Houezec, tabacologue et scientifique spécialiste de la nicotine, il comportera un volet théorique sur le sevrage tabagique avec un bon usage de la nicotine, et un volet pratique pour une bonne prise en charge des fumeurs, pratique et motivationnel.

Tout n’est pas gagné : la « communication officielle » du MoisSansTabac n’inclura pas cette action et les associations n’auront pas plus les moyens de la faire connaitre. Pourquoi ? On ne le sait pas. « Informer les fumeurs intéressés par cette option de soutien aurait pourtant été pertinent, alors que le vapotage est l’outil d’aide le plus populaire en France selon les analyses de Santé Publique France publiées en mai, observent les révolutionnaires. Un tiers des participants au MoisSansTabac l’utilisent dans leur démarche. »

Diplomates, Aiduces et Sovape  « tiennent à remercier » Santé Publique France et l’équipe du MoisSansTabac de reconnaitre l’auto-support avec le vapotage dans la lutte contre le tabagisme. Elles ajoutent, non sans humour : « C’est une étape importante en attendant un recours plus partagé au vapotage, comme le font les Anglais dans le cadre du STOPTOBER, modèle du Mois Sans Tabac, avec des campagnes de publicité grand public, par spot TV, affichage et soutien personnalisé dans les Stop Smoking Services qui recommandent, entre autres, aux fumeurs, de passer au vapotage et avec un accompagnement qui améliore la réussite (63% – Communiqué de presse Public Health England du 20 septembre 2018). »

Prendre de la distance pour mieux observer l’ évolution du paysage addictif et politique ? C’est aussi faire part de l’annonce du  Syndicat Interprofessionnel des Indépendants de la Vape :  la création de la première Certification Interprofessionnelle des Métiers de la Vape (la CIMVAPE). Elle vise à faire reconnaître officiellement les compétences des dirigeants et salariés des boutiques indépendantes de vape. Il s’agit là d’une étape majeure pour la reconnaissance de ces métiers et des compétences qui leur sont associées. La reconnaissance, en même temps, d’une révolution en marche.

A demain

Cannabis récréatif canadien : les médecins dénoncent le choix de leurs politiques

Bonjour

C’est un coup de tonnerre dans un ciel presque serein. Le Journal de l’Association médicale canadienne a, le 15 octobre, dénoncé la prochaine légalisation du cannabis récréatif dans leur pays : une « expérience incontrôlée » que le pouvoir exécutif devra, le cas échéant, savoir interrompre.

« Le 17 octobre, le gouvernement canadien va lancer une expérience nationale, incontrôlée, qui va opposer d’un côté les bénéfices des producteurs de cannabis et des revenus fiscaux, et de l’autre la santé des Canadiens » écrit ainsi Diane Kelsall la rédactrice en chef dans un courageux éditorial : « Watching Canada’s experiment with legal cannabis »

Le Dr Kelsall demande notamment au gouvernement fédéral d’Ottawa de surveiller l’évolution de la consommation du cannabis, notamment chez les jeunes, et de revenir sur cette légalisation en cas d’augmentation.

« Toute augmentation de l’usage du cannabis à des fins récréatives après l’entrée en vigueur de la légalisation, autant chez les adultes que chez les jeunes, doit être vue comme un échec de la législation, prévient-elle. Si finalement l’usage du cannabis augmente, le gouvernement devra avoir le courage d’admettre que la législation est imparfaite et revoir son projet ».

Moissonneuse-batteuse-lieuse

L’association médicale canadienne s’inquiète tout particulièrement des futures stratégies marketing des producteurs de cannabis – dont le nombre s’est multiplié ces derniers mois et qui ont vu leur capitalisation boursière flamber. La loi fédérale, en vigueur à partir de ce 17 octobre, limite toutefois le recours au marketing et à la publicité – mais on sait ce qu’il peut en être de la moissonneuse-batteuse-lieuse capitaliste travaillant à plein régime dans le champ des addictions.

« Leur but est de faire des bénéfices, et les bénéfices proviennent des ventes, rappelle le Dr Kelsall. Nous ne pouvons pas espérer que l’industrie du cannabis restreigne ses ambitions de croissance et se fixe comme objectif une réduction de la consommation ». Une partie des médecins canadiens s’oppose à la légalisation du cannabis récréatif en raison notamment des risques d’augmentation de la consommation chez les jeunes, rappelle l’Agence France Presse. Ils dénoncent également les conséquences sur le développement du cerveau des adolescents et les conséquences sur la sécurité routière.

Une étude, également publiée par le Journal de l’Association médicale canadienne, montre que les jeunes conducteurs voient leur risque d’avoir un accident de la circulation augmenter notablement jusqu’à cinq heures après avoir consommé du cannabis. Selon un tout récent sondage de l’institut Abacus Data seuls trois Canadiens sur dix sont opposés à la légalisation du cannabis récréatif. A l’inverse, 46 % des trois mille adultes interrogés en ligne la soutiennent et 24 % l’acceptent. On gardera toutefois en mémoire l’alerte lancée dans son éditorial par le Dr Diane Kelsall.

A demain

 

Nouveau: comment arrêter le tabac en trois minutes seulement, par Santé Publique France

Bonjour

A la veille de #MoisSansTabac c’est un film officiel de trente secondes. Il est censé inciter les fumeurs à arrêter de fumer. On peut le découvrir ici :  « Découvrez votre 1er jour sans cigarette ! ».

Où il est montré que l’addiction au tabac n’est pas aussi difficile à vaincre que ce racontent à l’envi addicts et tabacologues : chez un fumeur en manque « l’envie de cigarette s’arrête au bout de trois minutes ».

Ainsi suffit-il au fumeur de patienter cent quatre-vingt secondes. Dès lors pourquoi diable faudrait-il s’inscrire sur tabac-info-service.fr ? Ou avoir recours à la cigarette électronique ?

A demain