Cannabis récréatif canadien : les médecins dénoncent le choix de leurs politiques

Bonjour

C’est un coup de tonnerre dans un ciel presque serein. Le Journal de l’Association médicale canadienne a, le 15 octobre, dénoncé la prochaine légalisation du cannabis récréatif dans leur pays : une « expérience incontrôlée » que le pouvoir exécutif devra, le cas échéant, savoir interrompre.

« Le 17 octobre, le gouvernement canadien va lancer une expérience nationale, incontrôlée, qui va opposer d’un côté les bénéfices des producteurs de cannabis et des revenus fiscaux, et de l’autre la santé des Canadiens » écrit ainsi Diane Kelsall la rédactrice en chef dans un courageux éditorial : « Watching Canada’s experiment with legal cannabis »

Le Dr Kelsall demande notamment au gouvernement fédéral d’Ottawa de surveiller l’évolution de la consommation du cannabis, notamment chez les jeunes, et de revenir sur cette légalisation en cas d’augmentation.

« Toute augmentation de l’usage du cannabis à des fins récréatives après l’entrée en vigueur de la légalisation, autant chez les adultes que chez les jeunes, doit être vue comme un échec de la législation, prévient-elle. Si finalement l’usage du cannabis augmente, le gouvernement devra avoir le courage d’admettre que la législation est imparfaite et revoir son projet ».

Moissonneuse-batteuse-lieuse

L’association médicale canadienne s’inquiète tout particulièrement des futures stratégies marketing des producteurs de cannabis – dont le nombre s’est multiplié ces derniers mois et qui ont vu leur capitalisation boursière flamber. La loi fédérale, en vigueur à partir de ce 17 octobre, limite toutefois le recours au marketing et à la publicité – mais on sait ce qu’il peut en être de la moissonneuse-batteuse-lieuse capitaliste travaillant à plein régime dans le champ des addictions.

« Leur but est de faire des bénéfices, et les bénéfices proviennent des ventes, rappelle le Dr Kelsall. Nous ne pouvons pas espérer que l’industrie du cannabis restreigne ses ambitions de croissance et se fixe comme objectif une réduction de la consommation ». Une partie des médecins canadiens s’oppose à la légalisation du cannabis récréatif en raison notamment des risques d’augmentation de la consommation chez les jeunes, rappelle l’Agence France Presse. Ils dénoncent également les conséquences sur le développement du cerveau des adolescents et les conséquences sur la sécurité routière.

Une étude, également publiée par le Journal de l’Association médicale canadienne, montre que les jeunes conducteurs voient leur risque d’avoir un accident de la circulation augmenter notablement jusqu’à cinq heures après avoir consommé du cannabis. Selon un tout récent sondage de l’institut Abacus Data seuls trois Canadiens sur dix sont opposés à la légalisation du cannabis récréatif. A l’inverse, 46 % des trois mille adultes interrogés en ligne la soutiennent et 24 % l’acceptent. On gardera toutefois en mémoire l’alerte lancée dans son éditorial par le Dr Diane Kelsall.

A demain

 

Nouveau: comment arrêter le tabac en trois minutes seulement, par Santé Publique France

Bonjour

A la veille de #MoisSansTabac c’est un film officiel de trente secondes. Il est censé inciter les fumeurs à arrêter de fumer. On peut le découvrir ici :  « Découvrez votre 1er jour sans cigarette ! ».

Où il est montré que l’addiction au tabac n’est pas aussi difficile à vaincre que ce racontent à l’envi addicts et tabacologues : chez un fumeur en manque « l’envie de cigarette s’arrête au bout de trois minutes ».

Ainsi suffit-il au fumeur de patienter cent quatre-vingt secondes. Dès lors pourquoi diable faudrait-il s’inscrire sur tabac-info-service.fr ? Ou avoir recours à la cigarette électronique ?

A demain

 

Charles Aznavour (1924-2018) a, aussi, chanté l’ivresse, l’alcoolisme et la toxicomanie

Bonjour

Charles Aznavour est mort ce 1er octobre 2018. Emotion nationale. L’ensemble des médias redécouvrent la carrière et la palette de l’artiste, du chanteur, de l’acteur. « Le dernier géant de la chanson française… Une légende… Six décennies de scène… « Un précurseur du métissage musical » écrit Le Monde…»

Ici, trois de ses chansons peu connues : titres-vidéos et textes:

I J’ai bu

« J´ai bu
J´ai joué et tout mis sur le tapis
A la roulette de la vie
T´as tout gagné, moi j´ai perdu
Alors j´ai bu

J´ai bu
J´ai dit des mots qui passaient en mon âme
Mais toi dans ta petite tête de femme
T´as pas compris que j´étais perdu
Alors j´ai bu

Et fou
J´ai compris malgré tes caresses
Dans la douceur de mon ivresse
Que tu mentais

J´ai bu
Pourtant je t´aimais d´un amour sincère
Mais un jour malgré mes prières

Tu m´as quittée n´en parlons plus
Alors j´ai bu

Fine, whisky, gin
Tous les alcools me sont permis
Ce qui me chagrine,
Si des barmen je suis ami
Des réverbères je suis l´ennemi

Sur le palier
Le trou de serrure joue à cache-cache
Avec ma clef
Ma maison a une drôle de mine
Tous les objets font philippine

J´ai bu
J´ai joué et j´ai tout mis sur le tapis
A la roulette de la vie
T´as tout gagné, moi j´ai perdu
Alors j´ai bu

J´ai bu
J´ai dit des mots qui passaient en mon âme
Mais toi dans ta petite tête de femme
T´as pas compris que j´étais perdu
Alors j´ai bu

Et saoul
J´ai vite oublié tes caresses
Je me plais bien mieux dans mon ivresse
Et loin de toi

Je bois
Le trottoir n´est plus assez grand pour moi
En titubant je crie à pleine voix
Les flics sont des petits potes pour moi
Je bois

J´ai bu
J´ai joué et tout mis sur le tapis
A la roulette de la vie
T´as tout gagné, moi j´ai perdu
Alors j´ai bu

La radio joue un Ave Maria
Elle est marrante cette chanson-là
Les paroles sont en auvergnat
J´ai bu

Et mou
Je me suis couché sur le parquet
La chambre tournait sans arrêt
Ce que j´étais gai!
J´ai bu

J´ai bu
Je suis heureux et ce qui fait ma joie
Demain j´aurai la gueule de bois
Et ne penserai plus à toi
Et c´est pourquoi
Que je bois »


II Je bois

« Je bois pour oublier mes années d’infortune
Et cette vie commune
Avec toi mais si seul
Je bois pour me donner l’illusion que j’existe
Puisque trop égoïste
Pour me péter la gueule

Et je lève mon verre à nos cœurs en faillite
Nos illusions détruites
À ma fuite en avant
Et je trinque à l’enfer qui dans mon foie s’impose
En bouquet de cirrhose
Que j’arrose en buvant

Je bois au jour le jour à tes fautes, à mes fautes,
Au temps que côte à côte
Il nous faut vivre encore
Je bois à nos amours ambiguës, diaboliques
Souvent tragi-comiques
Nos silences de mort

À notre union ratée, mesquine et pitoyable
À ton corps insatiable
Roulant de lit en lit
À ce serment, prêté la main sur l’Évangile
À ton ventre stérile
Qui n’eut jamais de fruit

Je bois pour échapper à ma vie insipide
Je bois jusqu’au suicide
Le dégoût la torpeur
Je bois pour m’enivrer et vomir mes principes
Libérant de mes tripes
Ce que j’ai sur le cœur

Au bonheur avorté, à moi et mes complexes
À toi, tout feu, tout sexe
À tes nombreux amants
À ma peau boursouflée, striée de couperose
Et à la ménopause
Qui te guette au tournant

Je bois aux lois bénies de la vie conjugale
Qui de peur de scandale
Poussent à faire semblant
Je bois jusqu’à la lie aux étreintes sommaires
Aux putes exemplaires
Aux froids accouplements

Au meilleur de la vie qui par lambeaux nous quitte
À cette cellulite
Dont ton corps se rempare
Au devoir accompli comme deux automates
Aux ennuis de prostate
Que j’aurais tôt ou tard

Je bois à en crever et peu à peu j’en crève
Comme ont crevé mes rêves
Quand l’amour m’a trahi
Je bois à m’en damner le foie comme une éponge
Car le mal qui me ronge
Est le mal de l’oubli

Je m’enivre surtout pour mieux noyer ma peine
Et conjurer la haine
Dont nous sommes la proie
Et le bois comme un trou qu’est en tout point semblable
À celui que le diable
Te fait creuser pour moi

Je bois mon Dieu, je bois
Un peu par habitude
Beaucoup de solitude
Et pour t’oublier, toi
Et pour t’emmerder, toi
Je bois, je bois »

III L’aiguille

« Mon enfant, mon air pur
Mon sang, mon espérance
Mon ferment, mon futur
Ma chair, ma survivance
Tu ne perpétueras ni mon nom ni ma race
Tout ce que j’ai bâti, je l’ai rêvé en vain
Je quitterai ce monde sans laisser de trace
Tes yeux ne s’ouvriront sur aucun lendemain

L’aiguille dans ta veine éclatée
Ta peau déchirée
L’aiguille dans ton corps mutilé
Crucifié
L’aiguille de nos espoirs trahis
Te clouant dans la nuit
Sans vie


Mon arbre, mon petit
Qui peut dire à  l’avance
Ou le bonheur finit

Quand le malheur commence
Le drame de la vie sans auteur ni dialogue
Qui s’écrit à  huis clos se joue à  notre insu
Les plaisirs innocents n’en sont que le prologue
Les paradis promis ont l’enfer pour issue

L’aiguille dans ta veine éclatée
Ta peau déchirée
L’aiguille dans ton corps mutilé
Crucifié
L’aiguille de nos espoirs trahis
Te clouant dans la nuit
Sans vie

En regardant fleurir
Tes printemps pleins de grâce
Je n’ai pas sous tes rires
Éventé tes angoisses
Peut-être pas non plus assez dit que je t’aime
Ni suffisamment pris le temps d’être avec toi
Que tu as dû souffrir en secret de problèmes
A présent c’est mon tour perdu dans mes pourquoi

L’aiguille dans ta veine éclatée
Ta peau déchirée
L’aiguille dans ton corps mutilé
Crucifié
L’aiguille de nos espoirs trahis
Te clouant dans la nuit
Sans vie
L’aiguille »

 A demain

Smokitten®: arrêter le tabac en jouant sur son portable. A quand l’équivalent pour l’alcool ?

Bonjour

Le studio de développement DOWiNO vient de sortir Smokitten, un jeu sur téléphone portable destiné à aider celles et ceux qui tentent d’arrêter de fumer. Smokitten (disponible sur l’App Store et sur Google Play au prix de 4,99 euros) a été rendue possible grâce à une campagne de financement participatif qui a rapporté 25 000 euros.

Jeu et écran : une porte ouverte sur de nouvelles espérances thérapeutiques ? Lors de sa première connexion, le patient entre un certain nombre de données sur sa fréquence et son type de consommation de tabac. Un questionnaire de Fagerström est également réalisé pour évaluer le niveau de dépendance à la nicotine. Le jeu récompense le joueur en débloquant jusqu’à huit mini-jeux à mesure que s’allonge sa durée d’abstinence. Dans chaque jeu, le but est de collecter des pièces d’or destinées à acheter de quoi embellir l’île qui sert de maison à un chat compagnon. Si l’utilisateur tient 222 jours sans fumer, les développeurs lui promettent de « découvrir le secret de l’île ».

« Au-delà de son aspect mignon et décalé, Smokitten veut s’inscrire dans une démarche de santé publique et s’appuie sur l’expertise du centre Hygée (plateforme de santé publique du cancéropôle Lyon Auvergne-Rhône-Alpes), nous explique Le Quotidien du médecin (Damien Coulomb). Si l’utilisateur ressent un besoin irrépressible de fumer, un bouton ‘’HELP’’ envoie une notification à ses proches et au reste de la communauté des joueurs qui peuvent lui adresser en retour des messages d’encouragement. S’il ‘’craque’’, une autre icône déroule un questionnaire élaboré par des tabacologues, destiné à analyser quand, comment et pourquoi il a allumé une nouvelle cigarette. »

Le studio DOWiNO, spécialisé dans les « serious game » n’est pas un inconnu dans le champ médical. Il s’était fait connaître en 2015 avec « A Blind Legend », un jeu sans image pour personne mal voyantes. Peut-on imaginer de prochaines innovations dans la lutte contre les addictions ?

A demain

 

« Le Point » a déclaré la guerre à l’Association nationale de prévention de l’alcoolisme

Bonjour

C’est en dessous du véritable pamphlet. Disons un méchant poulet vinaigré. Il est signé Etienne Gernelle, directeur de l’hebdomadaire Le Point.

« Défendons le vin contre les pisse-vinaigre. Les cochons Napoléon, Boule de Neige et Brille-Babil ont fait des petits. Ces trois personnages de « La ferme des animaux » – l’hilarante et prothétique satire du totalitarisme signée George Orwell – avaient, au moment de leur prise du pouvoir, établi « sept commandements », dont le cinquième était : « Nul animal ne boira d’alcool. »

« Aujourd’hui, les nouveaux Napoléon, Boule de Neige et Brille-Babil sont réunis au sein de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) 1, une organisation financée par des fonds publics qui sert une cause essentielle, mais déborde parfois de son cadre pour se poser en brigade de la répression du vice et de promotion de la vertu (…). »

Et Gernelle de poursuivre, défendant les viticulteurs (et non les géants alcooliers) contre ce « parti du Bien » ; contre les « croisés prohibitionnistes qui se répandent dans tous les médias pour dénoncer ce ‘’premier verre’’ [référence à une récente publication du Lancet] avatar hygiénique du « péché originel », contre les médias moutonniers ; contre les professeurs de morale (et Le Monde) qui agitent le spectre du « lobby alcoolier »…

Le gin synthétique de George Orwell

Un lobby, observe Gernelle, qui n’a pas réussi à empêcher notre pays de se doter « d’une des législations les plus répressives au monde en la matière » (sic). Certes, reconnaît-il, Emmanuel Macron « ne semble pas très sensible aux commandements hygiénistes » qui se plait à dire « qu’il boit du vin deux fois par jour ». Rappelant la fin de la fable de l’auteur de « 1984 » (dans lequel le gin joue un rôle majeur dans l’asservissement des masses) notre confrère Gernelle conclut : « Nos amis de l’Anpaa seront-ils à la hauteurs des cochons d’Orwell ? »

Non signée, la première réponse de l’Anpaa n’a pas tardé :

« Un article d’une rare élégance qui compare implicitement les défenseurs de la santé publique à des porcs tendance totalitaire… Après l’analogie avec le régime de Vichy en juillet, le #lobby alcoolier a assurément trouvé en @LePoint un bon relais ! ».

Rien de picrocholin ici. Mais bien la dernière illustration en date d’une opposition majeure, de deux mondes dont on voudrait faire croire que tout ou presque les oppose. Faut-il assimiler le fait d’écrire sur le monde du vin 2 comme une condamnable promotion de comportements conduisant à la dépendance alcoolique ? Pour autant comment ne pas réclamer de solides remparts face à la dynamique interne du marché et à la puissance de la publicité ?

C’est dire et redire, ici et face aux lobbies, le poids essentiel de l’action du législatif et de l’exécutif. De ce point de vue on ne peut que regretter les déclarations publiques du président de la République – déclarations déplacées concernant des choix et des consommations qui devraient rester cantonnés à la sphère du privé.

Nonobstant, maintenant, comment sortir des tranchées ? Quel camp agitera, le premier, un drapeau blanc ? Peut-on, en France et entre adultes, parler vrai et réduction des risques ? Répondre non serait désespérer.

A demain

1 « Pisse-vinaigre » ? L’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique et agréée d’éducation populaire, implantée sur l’ensemble du territoire national avec 22 directions régionales coordonnées par son siège national, et animée par de nombreux bénévoles et 1575 professionnels.

2 Sur ce thème, un livre-enquête original, signé d’Ixchel Delaporte, journaliste à L’Humanité : « Les raisins de la misère – une enquête sur la face cachée des châteaux bordelais » (la brune au rouergue).  »

Cannabis français : comment peut-on justifier l’augmentation des cas d’intoxications de bébés ?  

Bonjour

C’est une alerte peu banale. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vient d’annoncer, rayon cannabis, que les intoxications accidentelles d’enfants (souvent de moins de 2 ans) ne cessent d’augmenter. L’ANSM parle d’une hausse constante, depuis 2014, du nombre de ces intoxications. Elle se fonde ici sur deux séries de données : l’une couvrant la période 2010 à 2014, l’autre la période janvier 2015 – septembre 2017. Au total « 2,5 fois plus d’intoxications » avec 194 cas sur 33 mois pour la seconde enquête, contre 140 cas sur 60 mois pour la première.

Les enfants âgés de moins de 2 ans restent les plus concernés (le plus jeune avait 7 mois, le plus âgé 5 ans). L’ANSM observe aussi « deux fois plus d’hospitalisations » : 120 enfants sur 140 hospitalisés (sur 60 mois) contre 140 enfants sur 194 (sur 33 mois). Dix enfants ont été hospitalisés plus de quarante-huit heures, dont un pendant onze jours. L’ANSM relève également « cinq fois plus de cas graves ».

Parmi les hospitalisations, le nombre de cas graves avec mise en jeu du pronostic vital (nécessitant une admission en réanimation) est passé de 9 enfants (sur 60 mois) à 27 enfants (sur 33 mois). Pour autant  « aucun décès n’a été rapporté ». Les risques sont d’autant plus importants que la teneur en THC du cannabis français est élevée – or cette teneur a triplé en dix ans.

Les principaux signes de l’intoxication : somnolence (56 %), agitation (30 %), dilatation des pupilles (27 %), hypotonie (20 %). Accélération du rythme cardiaque (10 %), détresse respiratoire, convulsions (8 %), voire coma (10 %) sont en outre relevés.

Stage parental de sensibilisation

En cas d’ingestion ou de suspicion d’ingestion de cannabis, les structures d’urgences (SAMU, Centres 15) doivent être immédiatement prévenues, conseille-t-elle. Les services d’urgences pédiatriques doivent faire une recherche systématique de cannabis (dans les urines, le sang ou les cheveux) en cas de signes cliniques évocateurs de cette intoxication.

Comment comprendre ? Ces intoxications surviennent le plus souvent dans un cadre familial. Elles sont plus fréquentes « en période estivale » et « lors des fêtes de fin d’année ». Toutes les hypothèses peuvent être avancées.

En 2015, lançant déjà (sans succès) une première alerte sur le même thème, l’ANSM rappelait « qu’en vertu de l’article L3421-1 du Code la santé publique la consommation de cannabis est interdite en France ». Elle ne le fait pas cette année. Il n’en reste pas moins toujours vrai que l’usage illicite de l’une des substances ou plantes classées comme stupéfiants est puni d’un an d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende. Et que les personnes coupables de ce délit encourent également, à titre de peine complémentaire, l’obligation d’accomplir un stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants.

L’ANSM ne nous dit pas, non plus, si les parents des enfants ainsi intoxiqués ont ou non été sensibilisés.

A demain

Cannabis «légal», buralistes et vapotage : le gouvernement français siffle la fin de la récré

Bonjour

Cela ne pouvait raisonnablement durer. L’affaire du cannabis « légal » ne cessait de prendre de l’ampleur dans le pays. Nous demandions hier, sur ce blog, quelle serait la réaction d’Agnès Buzyn et d’Emmanuel Macron confrontés à la nouvelle passion des buralistes pour les ventes d’une substance aux frontières du rêve et de l’illicite. La réponse n’a pas tardé.

Elle nous est fournie aujourd’hui via la Mission interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites addictives (Mildeca). Cette dernière vient ainsi de publier une mise au point d’importance rappelant la législation sur le cannabidiol (CBD). Une mise au point détaillée aussitôt reproduite sur le site des buralistes.

« Le cannabidiol (CBD) fait partie des composés actifs majeurs du cannabis, autrement appelé chanvre, au même titre que le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC). Les tétrahydrocannabinols sont des substances inscrites sur la liste des stupéfiants. Leur utilisation est donc strictement encadrée » rappelle la Miledca. Qui ajoute :

« De nombreux produits présentés comme contenant du CBD sont récemment apparus sur le marché français. Il s’agit essentiellement d’e-liquides pour cigarettes électroniques, de produits cosmétiques ou de gélules. C’est pourquoi, les autorités sanitaires souhaitent apporter une clarification sur la réglementation applicable à ces produits. (…) Certaines publicités en faveur de produits contenant du CBD entretiennent une confusion entre le cannabis et le CBD et font ainsi la promotion du cannabis. Cette pratique est susceptible de constituer l’infraction pénale de provocation à l’usage de stupéfiant. »

Que retenir, en pratique ? Ceci :

1 En France les variétés de chanvre autorisées à des fins industrielles et commerciales sont réglementées et inscrites dans le Code de la santé publique ;

2 L’utilisation et la commercialisation de fleurs ou feuilles de chanvre, ou de produits obtenus à partir de ces parties de la plante, ne sont pas autorisées, quelle que soit la variété ;

3 Les e-liquides et autre produits à base de CBD sont interdits s’ils contiennent du THC quel que soit la quantité et s’ils ne sont pas obtenus à partir de variétés et de partie de plantes autorisées;

4 Aucune vertu thérapeutique ne peut être revendiquée notamment par les fabricants, vendeurs de produits contenant du CBD ;

5 Toutes les publicités portant allégations de vertus thérapeutiques sont interdites (à l’exception des médicaments bénéficiant d’une AMM).

Ce dernier point ne manque pas d’être tristement cocasse quand on sait que le seul médicament détenteur, en France, d’une AMM (le Sativex® ) n’est pas commercialisé faute, officiellement, « d’un accord sur le prix », mais en réalité du fait de l’extrême frilosité du pouvoir exécutif.

A demain