E-Cigarette : elle détrône progressivement le tabac dans les collèges et lycées français

Bonjour

Mesurer l’entrée des adolescents français dans l’esclavage ambivalent des addictions. C’est une première : plus de 20 000 collégiens et lycéens représentatifs des adolescents scolarisés en France métropolitaine âgés de 11 à 18 ans ont, en 2018, répondu simultanément à un questionnaire en ligne à propos de leurs comportements de santé et de leurs consommations de substances psychoactives. Etude « EnCLASS » Les premiers résultats sont présentés dans le numéro 132 de la revue Tendances de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies 1.

Premiers constats : ce sont principalement les substances « licites », alcool et tabac, qui se diffusent au cours des « années collège » – substances illicites pour les mineurs… «  Tous niveaux de classes de collège confondus, 6 élèves sur 10 déclarent avoir déjà consommé une boisson alcoolisée et 1 sur 10 indique une ivresse alcoolique, résume l’OFDT. La diffusion du cannabis ne s’amorce [sic] qu’en  4e et atteint 16,1 % en 3e. Durant les  »années lycée », des usages plus réguliers s’installent. C’est le cas pour l’alcool,  singulièrement chez les garçons qui sont un tiers à déclarer ce comportement en terminale. La diffusion du tabagisme connaît une accélération : un élève de terminale sur 5 (21,5 %) fume quotidiennement. Quant à l’expérimentation du cannabis,  33,1  % des lycéens sont concernés. »

Un espoir toutefois : quand elle est possible, la comparaison avec les enquêtes précédentes témoigne d’un recul de l’ensemble des usages au collège. Au lycée c’est aussi le cas pour le tabac et le cannabis. Toutefois les niveaux de consommation d’alcool sont stables.

Les intégristes anti-nicotiniques

Restons au chapitre tabac. La comparaison des résultats d’EnCLASS 2018 avec ceux d’ESPAD 2015 fait apparaître une nette baisse des niveaux d’usages : l’expérimentation recule de 8 points (de 60,9 % à 53,0 %) et l’usage quotidien passe sous les 20 % (de 23,2 % à 17,5 %) « soulignant une certaine désaffection pour le produit dans ces jeunes générations ». « Dans le même temps, ajoute l’OFDT, l’expérimentation de la cigarette électronique semble bien plus commune ». Extrait de la publication :

« Les résultats d’EnCLASS témoignent d’une nette hausse de l’expérimentation de la cigarette électronique, confirmant les observations faites par ailleurs en population adulte et adolescente. L’expérimentation concerne près du tiers des élèves de 4e et 3e en 2018 (32,0 %), et plus de la moitié des lycéens (52,1 %, soit 57,2 % des garçons et 47,1 % des filles). L’expérimentation des lycéens s’est accrue de 17 points par rapport à 2015. L’usage au cours du mois chez ces derniers est passé de 10,0 % à 16,0 % en trois ans. Phénomène marquant, 9,8 % des lycéens l’ont expérimentée sans avoir fumé de cigarette auparavant, alors qu’ils n’étaient que 3,7 % dans ce cas en 2015 (ce phénomène concerne 4,9 % des collégiens en 2018). De la même manière, 5,6 % des lycéens déclarent avoir fumé exclusivement une cigarette électronique au cours du mois (7,0 % des garçons vs 4,2 % des filles), contre 2,7 % trois ans auparavant.

« Ces résultats laissent entendre que la pratique de la cigarette électronique tendrait, aujourd’hui, à se dissocier de plus en plus de l’usage de tabac en population adolescente. Néanmoins, la part des « abstinents » (n’ayant jamais fumé ni tabac, ni cigarette électronique) demeure stable à 35,7 % chez les lycéens. Parmi les lycéens qui ont déclaré avoir expérimenté à la fois le tabac et la e-cigarette (soit 42,6 % des élèves), l’expérimentation de tabac a précédé celle de la cigarette électronique dans 58,3 % des cas, l’expérimentation de la e-cigarette avant le tabac a toutefois concerné 13,4 % d’entre eux. »

En toute logique sanitaire ce constat devrait conduire à la fin du déni du pouvoir exécutif quant aux vertus de la cigarette électronique comprise comme le plus puissant des leviers d’une politique de réduction des risques tabagiques. On peut toutefois redouter que les intégristes anti-nicotiniques usent de ces chiffres à des fins radicalement opposées.

A demain  @jynau

1 « Usages d’alcool, de tabac et de cannabis chez les adolescents du secondaire en 2018 » Auteurs : Stanislas Spilka, Emmanuelle Godeau (EHESP), Olivier Le Nézet, Virginie Ehlinger (Inserm UMR 1027), Eric Janssen, Alex Brissot, Antoine Philippon, Sandra Chyderiotis

De l’ivresse et de l’addiction alcoolique : de Gustave Flaubert à William Lowenstein

Bonjour

Comment faire, au mieux, avec l’ambivalence alcoolique ?  Dans Le Figaro (Aude Rambaud) le Dr William Lowenstein, président de SOS addictions traite, avec l’aisance qu’on lui connaît, de la maladie alcoolique dans ses dimensions médicales et politiques. Que retenir ? Tout d’abord que l’alcoolisme n’est pas une fatalité française. Certes, explique-t-il, du fait de sa production de vin notre pays a un lien historique et culturel avec l’alcool et ne peut pas le considérer comme une « drogue ».

« Résultat, les pouvoirs publics encouragent encore son usage et en tolèrent l’abus. Mais nous ne sommes pas une exception. Tous les pays producteurs ont le même problème: l’Allemagne ou l’Australie avec la bière, le Royaume-Uni avec le whisky, la Russie avec la vodka. D’où le résultat: une population qui ne prend pas suffisamment au sérieux les méfaits de l’alcool et des centaines de milliers de vies ruinées. »

La réalité ambivalente est qu’entre 10 et 15 % des adultes présentent une « consommation à risque » ou un « problème avec l’alcool ». Mais dans l’imaginaire collectif, ces personnes sont « faibles », n’ont « pas su se contrôler », se sont « laissées aller ». Loin de les considérer come des malaeds de l’alcool on peut soutenir qu’elles n’ont tout simplement pas observé les messages de prévention en faveur d’une consommation modérée : « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Aconsommer avec modération ». Comment un alcoolique pourrait-il soutenir qu’il n’était pas prévenu ? Dr Lowenstein :

« Quelle hypocrisie que ces messages! Allez, bonnes gens, consommez avec modération, mais consommez. Cela revient, de la part des autorités sanitaires, à se dédouaner des abus. A la place, il faudrait des slogans sur les ravages de l’alcool ; le nombre de cancers par an, de femmes dépendantes, de morts, de familles brisées, car c’est cela la réalité. Mais non, on préfère pacifier, sous-estimer les risques réels de cette vraie drogue. Les gens ne réalisent pas la gravité de la dépendance à l’alcool: ce chaos, cette survie douloureuse au quotidien. Je le dis, cette addiction est l’une des plus sévères qui soient avec les addictions aux amphétamines ou à la cocaïne. »

« Cette maladie entraîne une perte totale de contrôle vis-à-vis des autres. Aucune autre drogue, sauf la cocaïne, n’est aussi désinhibitrice, déstabilisatrice, entraînant paranoïa et violence, au point de terrifier sa propre famille. Et puis elle tue, par cancer, par maladie cardio-vasculaire ; par overdose, c’est le coma éthylique. En outre, la dépendance est terrible, plus forte que celle à l’héroïne. On se réveille la nuit pour boire, et un sevrage trop brutal entraîne des souffrances neuronales, des délires, des crises d’épilepsie qui peuvent être fatales. Enfin, la rémission est très difficile car le quotidien est envahi par l’alcool, contrairement aux autres drogues dures difficiles d’accès ».

Tragique ambivalence du politique

De même que le diable dans les détails l’ambivalence niche aussi dans la thérapeutique.

« Pendant des années, le problème de l’alcool était celui des psychanalystes, on recherchait ce qui n’avait pas tourné rond dans l’enfance, on faisait le point sur des souvenirs douloureux. Il fallait à tout prix trouver une explication, et la seule solution était l’abstinence. C’était au patient de se guérir lui-même, une question de volonté. Heureusement, les progrès en neurosciences permettent de faire le ménage dans ces vieilles croyances. L’alcoolisme est bien une maladie fonctionnelle liée à des perturbations neuronales en raison d’une surexposition à l’alcool. Demander à une personne dépendante de faire preuve de volonté revient à demander à une malade d’Alzheimer de faire des efforts de mémoire! »

Et en écho l’ambivalence, tragique, du politique – comme avec le tabac, autre substance addictive majeure dont la consommation nourrit les caisses de l’Etat.

« Ah, si seulement les politiques luttaient contre l’abus d’alcool avec la même efficacité que contre l’insécurité routière… Ce n’est pas seulement 100 à 200 vies par an qu’on sauverait grâce à la limitation de vitesse à 80 km/h, mais des milliers. Je rappelle que l’alcool, c’est plus de 40 000 morts en 2015 en France, dont la moitié liée à la consommation de vin. Seulement voilà, il n’y a ni volonté ni intelligence politique. Par pression des lobbys, par clientélisme, par attachement à leurs origines et au territoire, les parlementaires sont en plein déni et se montrent même cyniques en la matière en défendant ardemment le vin. Quant aux lois votées, elles ne sont pas appliquées. N’importe quel jeune de moins de 18 ans peut se procurer de l’alcool sans avoir à montrer de pièce d’identité. »

Dès lors interdire l’alcool ? Le diaboliser pour en finir avec nos démons ?

« Non, diaboliser l’alcool serait aussi peu intéressant et aussi ridicule que le fait de sous-estimer ses méfaits comme le font les politiques. L’alcool a une fonction initiale bénéfique. Mais sa consommation devrait rester occasionnelle, avec une prise de conscience massive du danger qu’il représente pour la santé et la liberté de chacun. »

Gustave Flaubert ne nous dit, au fond, rien d’autre. Dans sa première « Education sentimentale » (1845) : « C’était bien là le réveil de l’ivresse dans toute sa misère, avec sa chaelur aigre et son délire qui tombe. ».

Puis, un quart de siècle plus tard, à Mlle Leroyer de Chantepie : « La vie n’est supportable qu’avec une ivresse quelconque. » Il lui restait dix ans à vivre.

A demain @jynau

Marine nationale (héroïne), Douanes françaises (diazépam) : que deviennent leurs prises ?

Bonjour

Ascension 2019. Un stock de 415 695 de comprimés de diazépam a été saisi par les douanes à Calais, à l’entrée du tunnel sous la Manche. L’information vient d’être donnée par Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics. Extrait du communiqué scénarisé :

« La valeur de ces médicaments transportés en contrebande est estimée à 470 000 euros. Les douaniers du tunnel ont procédé jeudi au contrôle d’un camion immatriculé en Lituanie et s’apprêtant à partir pour la Grande-Bretagne via le tunnel sous la Manche. Les documents présentés par le chauffeur couvraient un groupage de colis en provenance d’Allemagne.

« Lors de l’inspection du chargement, les douaniers ont découvert plusieurs cartons emballés d’un film noir contenant des bidons en plastique scellés supposés contenir des protéines pour la nutrition. A l’ouverture de l’un des pots, ce sont toutefois des tablettes de médicaments en vrac, sans notice ni emballage, qui ont été découvertes. Au total, 44 bidons ont été extraits du chargement pour un total de 415 695 comprimés.

« Le conditionnement de ce médicament, transporté en contrebande depuis la Slovaquie, laisse supposer un usage détourné de sa vocation thérapeutique (sic). Cette molécule est en effet fréquemment utilisée en substitut des opiacés ou de l’alcool. En association avec ce dernier, elle permet de modifier le comportement. Le chauffeur du camion de nationalité biélorusse, mis hors de cause, a été laissé libre. Les médicaments ont été saisis et un échantillon est en cours d’analyse au Service commun des laboratoires douane/DGCCRF de Lille. Le Parquet de Boulogne a été saisi du dossier. »

Que vont devenir les 415 695 de comprimés de diazépam ? Les retrouvera-t-on sur quel marché ? Dans quelles pharmacies ? Rien ne nous est dit à ce sujet.

Et puis ce communiqué de presse scénarisé du ministère des Armées :

« Dans son incessante lutte contre le trafic de drogue en Océan indien, la Marine nationale vient de réaliser une nouvelle saisie de stupéfiants. La ministre des Armées, Florence Parly, félicite l’équipage du Floréal : ‘’leur action réussie permet de continuer un travail de fond dans une zone stratégique pour la France. Les trafics sont des vecteurs de financement d’activités terroristes, les armées remplissent ainsi leur mission de protection de nos ressortissants et nos intérêts’’.  

Le 28 mai, la frégate de surveillance Floréal a de nouveau réalisé une belle performance en saisissant 520 kg d’héroïne. Après la saisie de près de 7,5 tonnes de drogues diverses au début du mois de mai, la frégate de surveillance Floréal avait continué ses patrouilles de lutte contre les trafics liés au terrorisme dans la zone nord de l’Océan Indien.

Lors d’une surveillance maritime de nuit, le Panther, hélicoptère embarqué de la frégate, a détecté un boutre présentant différents critères de suspicion et naviguant dans une zone connue pour être fréquentée par les trafiquants. Après avoir élaboré une route d’interception, dite « route de chasse », le Floréal a détecté à son tour, au moyen de son radar, le boutre suspect et s’en est rapproché dans la nuit ; de nombreuses incohérences dans les propos du capitaine ont confirmé le caractère suspect du boutre. 

Le Floréal a obtenu alors l’autorisation d’effectuer une enquête de pavillon, c’est-à-dire de monter à bord pour lever le doute sur la nationalité du navire inspecté. Une fois la sécurisation du boutre effectuée par l’équipe de visite du Floréal, les documents du bord ne permettant toujours pas d’établir sa nationalité, le navire a été déclaré « sans pavillon ».

Au milieu d’une cargaison de ciment, une première cache d’héroïne a été découverte. Les investigations supplémentaires ont permis de découvrir deux nouvelles caches portant à 434 le nombre de ballots détenus. »

Que vont devenir les « plus de 520 kg d’héroïne qui ont été saisis » ? Au nom du  « principe de dissociation administrative » ils ont été détruits par la frégate de surveillance « Floréal » nous assure-t-on. « Autant de produits stupéfiants qui n’alimenteront pas le financement des activités terroristes » nous dit la ministre Parly. Ni, donc, celui des activités anti-terroristes.

A demain

@jynau

E-Cigarette: comment instiller, dans les médias, qu’elle est plus dangereuse que le tabac

Bonjour

30 mai 2019. Jour de l’Ascension. France et médias au ralenti. Tout est permis. On trouve ceci sur le site du Point : « Cigarettes électroniques : plus dangereuses que le tabac classique ? Une étude scientifique, relayée par SciencePost.fr, met en lumière l’augmentation des risques cardiovasculaires chez les vapoteurs ». Cela donne cela :

 « (…) Sur les terrasses des cafés, les cigarettes électroniques sont devenues de plus en plus communes et les fameuses pauses clope s’enveloppent désormais d’un épais nuage blanc. La France compterait en 2018 quelque trois millions de vapoteurs, ce qui représente un marché évalué à plus de un milliard d’euros par la Fédération interprofessionnelle de la vape (Fivape). Un remède miracle au tabagisme ? Rien n’est moins sûr. Une étude récente relayée par SciencePost.fr pointe la dangerosité de la cigarette électronique. En cause, les arômes justement, qui endommageraient nos cellules et augmenteraient les risques de maladies cardiovasculaires (…)

Science-Post.fr ? Brice Louvet, rédacteur scientifique :

« Les cigarettes électroniques sont souvent considérées comme “plus saines” que les cigarettes, mais le sont-elles réellement ? Le sujet est encore très nouveau, mais les études se succèdent. De récentes analyses 1 ont, par exemple, révélé il y a quelques semaines que les fumeurs de cigarettes électroniques étaient 29 % plus susceptibles de présenter des accidents vasculaires cérébraux que les fumeurs “classiques”. Ils étaient également 25 % plus sujets aux crises cardiaques et 18 % plus sensibles aux maladies coronariennes. Une nouvelle étude s’attaque aujourd’hui aux arômes de ces e-cigarettes. Et encore une fois, les résultats ne sont pas très bons. Les détails de ces travaux sont publiés dans le Journal de l’American College of Cardiology.

« Pour cette étude, une équipe de l’Université de Stanford (États-Unis) s’est penchée sur l’influence des e-liquides sur les cellules endothéliales humaines. Ce sont ces cellules qui tapissent l’intérieur de nos vaisseaux sanguins. Elles jouent donc un rôle très important dans le maintien d’une bonne santé cardiovasculaire. Pour cette recherche, six arômes ont été testés, avec différents niveaux de nicotine. Les résultats ont alors révélé que tous les arômes étaient potentiellement nocifs, qu’il y ait de la nicotine ou non. Et c’est celui à la cannelle qui semblait le plus toxique.

« Jusqu’à présent, nous n’avions aucune donnée de la manière dont ces e-liquides affectent les cellules endothéliales humaines, explique Joesph Wu, principal auteur de l’étude. Lorsque nous avons exposé les cellules à six arômes différents d’e-liquide avec différents niveaux de nicotine, nous avons constaté des dommages importants. Les cellules étaient moins viables en culture et ont commencé à présenter de multiples symptômes de dysfonctionnement ».

Notons que ces tests ont été menés sur des cellules élevées en laboratoire Malgré tout, les chercheurs relèvent que les changements observés au niveau cellulaire durant l’étude ressemblent à ceux observés chez l’Homme développant des problèmes cardiovasculaires. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires, certes, mais nous pouvons raisonnablement penser que les arômes d’e-cigarettes sont potentiellement nocif pour le corps humain. »

Et Science-Post.fr de citer le Comité de lutte contre le tabagisme de la Société européenne de pneumologie qui, il y a peu,  publiait une déclaration notant que les cigarettes électroniques ne devraient pas être largement recommandées dans les stratégies de sevrage tabagique. Les experts soulignent en effet le manque de preuves attestant ces affirmations.

« Bien que l’exposition à des ingrédients potentiellement nocifs provenant de cigarettes électroniques puisse être inférieure à celle des cigarettes, cela ne signifie pas pour autant qu’elles sont inoffensives, a notamment déclaré Tobias Welte, président de la European Respiratory Society. Jusqu’à ce que nous en sachions plus sur les effets à long terme de leur utilisation sur la santé humaine, il est irresponsable de recommander leur utilisation dans les stratégies de lutte antitabac à l’échelle de la population ».

Où se situent, ici, les principaux irresponsables ? Jour de l’Ascension, 30 mai 2019

A demain

@jynau

1 « Cigarette électronique : AVC, coronaires bouchées, dépression, anxiété et … malhonnêteté » Journalisme et santé publique du 27 mars 2019

Démocratie psychogène : le Colorado s’autorise la consommation des champignons hallucinogènes

Bonjour

Un papier de Slate.fr et  dépêche de l’Agence France Presse nous éclairent sur l’évolution des mœurs au-delà de l’Atlantique. Le gouverneur de l’État américain de Géorgie vient de signer un projet de loi interdisant l’avortement à partir du moment (environ six semaines) où les battements de cœur d’un fœtus pouvaient être détectés. Dans le même temps Denver, capitale du Colorado, est devenue, mercredi 9 mai, la première ville des Etats-Unis à dépénaliser l’usage des champignons hallucinogènes.

Appelés à se prononcer par référendum, les électeurs ont dit oui à 50,56 %. « Les partisans de cette mesure avaient d’autant plus de mal à en croire leurs yeux que les chiffres provisoires publiés dans la nuit laissaient penser qu’elle serait rejetée par une courte majorité, résume l’AFP. Au total, plus de 176 000 électeurs se sont exprimés sur cette « initiative 301 » qui vise à ce que l’arrestation pour possession et consommation de champignons à psilocybine – pour les personnes de plus de 21 ans et à titre personnel – devienne ‘’la moindre des priorités des forces de l’ordre dans la ville et le comté de Denver’’. »

Elévations spirituelles

Les « champignons » resteront toutefois techniquement « illégaux » et leur vente constituera toujours un délit. Une initiative similaire avait échoué l’an dernier en Californie et n’avait pu être soumise au vote populaire. Denver était devenue en 2005 la première grande ville américaine à légaliser (déjà par référendum)  la possession de petites quantités de cannabis. L’usage récréatif de cannabis est légal depuis 2014 dans l’ensemble de l’Etat du Colorado. Puis une traînée de poudre : le cannabis est aujourd’hui légal à titre récréatif dans dix Etats américains, dont la Californie, et dans plus de 30 Etats (sur 50) à titre médical.

Selon diverses études, la psilocybine, principe actif des « champignons », ne serait pas source d’addiction voire permettrait « de lutter contre la dépression et la dépendance aux opiacés ». « Les êtres humains utilisent ces champignons depuis des milliers d’années comme traitement, rite de passage, vecteur d’élévation spirituelle (…) », affirme sur son site le groupe Decriminalize Denver, qui avait annoncé en janvier avoir recueilli suffisamment de signatures pour que son initiative fasse l’objet d’un référendum.

« Denver est en train de devenir la capitale mondiale de la drogue, avait alors regretté auprès de CNN Jeff Hunt, un responsable de l’université catholique du Colorado. Nous n’avons à vrai dire aucune idée de l’effet à long terme de ces drogues sur les habitants du Colorado ». Où l’on voit que, parfois, les religions ne sont d’aucun secours pour prédire notre avenir.

A demain

@jynau

 

Drogues licites ou pas : qui consomme quoi, pourquoi et à quel prix sur le marché français

Bonjour

Pour un peu on parlerait de polar addictif. C’est un tableau de bord peu banal, festif, médical, économique et politique: la septième édition de «Drogues et addictions, données essentielles», rendue publique le 18 avril 2019. Fruit du travail de l’équipe de spécialistes de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, elle offre un point de vue remarquable, ni prosélyte ni moraliste, sur l’évolution des consommations des substances (licites ou non) modifiant notre état de conscience –et exposant de ce fait à mille et une dépendances. À ce titre c’est aussi un document qui permet de prendre la mesure de l’action politique vis-à-vis de consommations souvent perçues comme récréatives, mais aussi potentiellement dangereuses à l’échelon individuel et médical.

Ne pas ménager ses efforts

«Les conduites addictives interrogent des notions aussi diverses que la dangerosité des comportements et le risque acceptable par chacun, la liberté individuelle et les impacts causés par les usages de tiers, leur coût pour la société et la responsabilité des pouvoirs publics, résume dans son avant-propos le Dr Nicolas Prisse, président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). Les opinions, représentations et questionnements sont ainsi nombreux et variés. Ils sont aussi soumis à l’influence d’intérêts économiques qui ne ménagent pas leurs efforts pour vendre plus de tabac, d’alcool ou de cannabis (comme on l’observe dans les États qui ont légalisé l’usage récréatif ou médical de ce produit).»

Lire la suite sur Slate.fr : « Drogues licites ou pas : qui consomme quoi et à quel prix sur le marché français »

A demain

@jynau

Justice et mort d’Ange Dibenesha : premières fuites des résultats d’analyses toxicologiques

Bonjour

On se souvient de l’affaire #JusticePourAnge et de l’émotion qu’elle suscita – jusque dans les milieux politiques généralement bien pensants. Rappelons les termes du communiqué de presse de la la préfecture de police de Paris daté du 31 mars 2019.

« Prise en charge en milieu hospitalier d’un individu ayant fait un malaise au cours d’un contrôle routier

 « Le jeudi 28 mars 2019 à 01h 50, lors d’un contrôle routier effectué à hauteur du boulevard périphérique intérieur au niveau de la porte d’Italie, le conducteur d’un véhicule de marque BMW, en situation d’annulation de son permis de conduire, était dépisté positif au test de l’imprégnation alcoolique.

 « A 02h 10, alors que les fonctionnaires interpellateurs étaient en attente d’un véhicule de transport de l’interpellé, ce dernier a ingéré une substance non identifiée. Il a alors été pris de convulsions.

 « L’intervention des sapeurs pompiers était immédiatement sollicitée par l’équipage interpellateur via Police Secours 17. Rapidement sur place, les pompiers, dès leur arrivée, effectuaient un massage cardiaque sur le conducteur du véhicule. Le SAMU se présentait sur place quelques minutes après l’arrivée des pompiers, prenait l’individu en charge et le transportait à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

 « Le parquet, informé des faits, a chargé la Brigade des Stupéfiants de la Direction de la Police Judiciaire de Paris de l’enquête »

Ange Dibenesha Marifa, 31 ans, est mort le samedi 30 mars à la Pitié-Salpêtrière.

« Vers 2 h 10, alors que les fonctionnaires attendaient un véhicule pour transporter l’interpellé, ce dernier aurait ingéré une substance non identifiée « en grande quantité », avait indiqué une source proche du dossier au Monde (Adrien Sénécat). C’est alors qu’il aurait été pris de convulsions et qu’il aurait fait un malaise cardiaque. La substance en question pourrait être de la cocaïne. »

4 avril 2019. Les analyses toxicologiques menées juste après son admission à l’hôpital dans la nuit du 27 au 28 mars, révèlent que le jeune homme a régurgité, à ce moment-là, « 25 g de cocaïne », vient d’apprendre France Info « de source proche du dossier ».  Le parquet de Paris avait ouvert, dans un premier temps, une enquête en flagrance pour « usage et détention de stupéfiants ». Enquête confiée à la brigade des stupéfiants de la police judiciaire de Paris.

Cette enquête se prolonge  désormais en « recherche des causes de la mort ». Selon une source judiciaire, Ange Dibenesha était connu sous plusieurs identités.

A demain

@jynau