Pour Noël, offrez des téléconsultations médicales : 6 euros la question, 2 euros la minute

Bonjour

Décembre, Gilets Jaunes, stress collectif exponentiel  – et cette nouvelle invite faite à la presse : « Noël arrive à très grands pas et beaucoup de Français profitent de cette période des fêtes pour se retrouver en famille. Mais, entre le froid, la neige ou la fatigue accumulée de l’année, c’est également à ce moment que beaucoup tombent malades.

«  Grâce à MesDocteurs.com, l’unique plateforme interactive de téléconseil et de téléconsultation médicale en France, docteurs et spécialistes répondent 7 j/7, 24 h/24, sans prise de rendez-vous ou de délai d’attente de diagnostic, à toutes les questions d’ordre médical ! » 1

Quelles spécialités ?

  • Médecine générale, mais aussi pédiatrie, gynécologie, ORL, dentaire, dermatologie ou encore psy… L’objectif premier de ‘’MesDocteurs’’ est de délivrer des informations médicales fiables, de mettre en contact des personnes en attente de conseils médicaux et des médecins qualifiés. Les médecins de la plateforme sont donc diplômés en France et garantissent évidemment le secret médical.

Combien vais-je devoir débourser ?

  • Via le chat, ou par téléphone, les tarifs vont de 1,9€ à 5,9€ par question et le site offre la première question. Le patient n’a rien à craindre pour ses données qui sont entièrement sécurisées. [Le site précise « 6 euros la question unique » et « 2 euros la minute de l’échange par chat, visio ou audio » »]

Puis-je me faire rembourser ?

  • Depuis le 15 septembre dernier, l’Assurance-maladie rembourse les téléconsultations pratiquées par les médecins traitants, au même tarif qu’une consultation classique : 25 euros pour un généraliste, 30 euros pour un spécialiste.  MesDocteursa, à cette occasion, développé son nouveau service, ‘’AvecMonDoc’’, qui permet aux médecins et à leurs patients d’effectuer des téléconsultations par visioconférence remboursées comme des consultations classiques.
  • Une ordonnance est délivrée dans le cadre d’une téléconsultation uniquement. La téléconsultation sur le site MesDocteurs.com est un service proposé uniquement en partenariat avec votre entreprise ou votre mutuelle. Vous pouvez cependant utiliser le service MesDocteurs sans passer par votre entreprise ou mutuelle, en revanche, les médecins ne pourront vous délivrer d’ordonnance.

A demain

@jynau

1 Cette initiative avait été détaillée en février 2016 par Le Quotidien du Médecin (Stéphane Long) : « mesdocteurs.com : des médecins payés pour donner des conseils en ligne ».

2 L’affaire est, à dire vrai, un peu plus compliquée : « Télémédecine remboursée : l’Ordre des médecins met en demeure Qare d’arrêter ses publicités » Journalisme et santé publique du 8 octobre 2018.

NB « L’Ordre des médecins se félicite de constater que téléconsultation et télé-expertise vont s’inscrire pleinement dans l’organisation de l’accès aux soins dans la proximité du patient et dans le respect du parcours de soins coordonné. Pour autant, l’Ordre entend maintenir clairement son engagement contre toute ubérisation du système de santé via des moyens numériques. Cette ubérisation porte en effet, en elle-même, un risque fondamental d’atteinte au principe de la solidarité sur lequel est fondé notre système de soins et d’assurance maladie. »

Travail et liberté : voici comment booster la fluidité des workflows dans les CHU français

 

Bonjour

Droit du travail et ordonnances. C’est un mail publicitaire mandé par Maincare Solutions (Espace France – Bât. E-F. 4 voie Romaine – Canéjan, 33612 Cestas Cedex). Il est signé de la « Responsable Marketing Communication » (Direction Marketing Produits). Lisons :

« Après un déploiement progressif de M-RH Chronotime dans différents services pilotes, le CHU de Tours a généralisé la solution dans l’ensemble de l’établissement au 1er janvier 2017. Il s’agit d’une première mise en production de M-RH Chronotime dans un CHU français.

Cette mise en œuvre a été réalisée en étroite collaboration entre les équipes projet du CHU de Tours et celles de l’éditeur Maincare Solutions. Aujourd’hui, l’ensemble du personnel hospitalier gère ses temps à l’aide du module M-RH Chronotime de la suite M-RH. Il fluidifie les workflows et augmente l’efficacité de gestion. »

Que donnerait ce communiqué écrit en français ?

A demain

Post mortem & post-vérité : les premiers pas des certificats de décès électronisés

 

Bonjour

Notre époque, dit-on, est à la dématérialisation. A quelle vitesse ? Il aura fallu quatorze années, pas moins, pour que l’on commence à tenter d’abandonner le papier des certificats médicaux de décès. Tout avait commencé en 2003, au lendemain de la canicule 1. Tremblant devant un risque majeur gravement sous-estimé quelques responsables politiques avaient alors pris la mesure d’une faille majeure du système d’alerte sanitaire. C’est ainsi que l’on commença à parler de « certification électronique des décès », un système permettant de disposer en temps réel de données médicalement fiables tout en allégeant la charge logistique. Soit un gain de plusieurs mois dans la collecte et l’analyse des données -essentiel en cas d’émergence d’une urgence sanitaire.

Quatorze ans plus tard, à l’occasion de la « Paris Healthcare Week », la Direction Générale de la Santé (DGS) vient d’annoncer le lancement de la première expérimentation de dématérialisation de la totalité des certificats de décès (volet médical et administratif). Cela se fera, comme le rapporte le site Medscape (Stéphanie Lavaud) « en situation de mobilité, via l’application CertDc » 2. En pratique l’expérimentation commence (pour une durée de six mois), dans six villes de taille moyenne disposant d’un EHPAD : les cités d’Antibes, d’Aurillac, de Créteil, de La Rochelle, de Montluçon et de Villejuif. Les médecins hospitaliers seront prévenus par leurs établissements et leur Agence régionale de santé ; les libéraux via les Conseils nationaux et départementaux de l’Ordre des médecins. La participation ne se fera toutefois (pourquoi ?) que sur la base du volontariat.

Présidence Macron et ubérisation

Il faut ici compter avec les freins, matériels ou psychologiques au changement des pratiques. Depuis 2007 la mise au point de l’application web CertDc permet aux médecins qui le souhaitent de saisir en ligne un certificat de décès et d’en transmettre « quasi immédiatement » le volet médical auprès des services en charge de l’analyse des causes de décès (CépiDc-Inserm) et de Santé publique France. Mais une étude publiée dans le BEH établissait qu’en 2011 moins de 5% de la mortalité nationale était certifiée électroniquement, avec une répartition hétérogène par département. Fiasco, ou presque.

Aujourd’hui la nouvelle mouture de l’appli Cert Dc permet de déclarer les décès « en situation de mobilité » (au domicile, en EHPAD, sur la voie publique) – soit près de 40% des décès. Elle est aussi dotée du volet administratif (à destination de l’opérateur funéraire et de la mairie du lieu de décès). « Un bon moyen de s’affranchir de la nécessité d’imprimer ce document pour envoi par voie postale…et du risque d’erreur quand l’employé de l’état civil n’arrive pas à déchiffrer l’écriture du médecin » note Medscape.

En ce mois de juin 2017 on évoque déjà une généralisation à l’ensemble de l’Hexagone pour 2018. A l’heure de la présidence Macron et de l’ubérisation les médecins français se révéleront-ils des vecteurs zélés de la dématérialisation

A demain

1 Sur ce thème : « Décès ‘’ internetement ‘’ certifiés : la France piétine ». Rev Med Suisse 2012; 340-341

2 Cette application est disponible sous Android et Apple. La connexion est sécurisée au même titre que la messagerie de santé (CPS). Le remplissage du formulaire peut se faire hors réseau et la présentation est la même que le certificat de décès papier. Enfin le scan de la bande MRZ qui figure au bas des papiers d’identité (CNI, passeport, permis de conduire) permet de prévenir les erreurs.