Avez-vous une idée de l’audience télévisée du match « Macron contre Gilets Jaunes » ?  

Bonjour

Marqueront-elles une histoire politique sans cesse moins préhensible ? Douze minutes de face-à-face avec les Français. 10 décembre 2018, de 20h à 20h12, pour la deuxième fois de son quinquennat (hors vœux du 31 décembre) Emmanuel Macron, président de la République française  « s’est adressé directement à ses citoyens via une allocution télévisée ». Une allocution solennelle « face à la Nation ».

Une allocution quelque peu figée avec « télésouffleur ». Un spectacle qui, selon les médias spécialisés, a « drainé »  un flux inhabituel de téléspectateurs. L’intervention du chef de l’État a été suivie par 21,11 millions de Français. Dans le détail, 9,73 millions de personnes (34,3% de part d’audience) étaient « branchées » devant TF1. Elles étaient 8,27 millions (29,2% du public) à suivre l’allocution sur France 2. Enfin, 3,11 millions de téléspectateurs (11,0% de part d’audience) ont suivi l’intervention d’Emmanuel Macron sur M6.

France-Croatie

En volume, le cumul enregistré par l’allocution présidentielle est supérieur à l’audience de France-Croatie, la finale de la Coupe du monde de football, diffusée en juillet dernier sur TF1 et beIN Sports. Le match avait été suivi en linéaire et sur tous les écrans par 20,9 millions de personnes sur les deux chaînes. À titre de comparaison, le 16 octobre dernier, la précédente allocution d’Emmanuel Macron avait été suivie par 13,5 millions de Français sur TF1, France 2, M6 et les quatre « chaînes info ». Le précédent record datait du 11 mars 2007, date à laquelle Jacques Chirac a fait « son dernier discours aux Français ». Diffusé sur TF1, France 2, France 3 et M6, celui-ci avait été suivi par 22,43 millions de personnes.

Macron dépassera-t-il un jour l’audience de Chirac ? Si oui, contre quel adversaire ?

A demain

@jynau

 

Roger Cans (1945-2018) : journaliste au Monde, pionnier/prophète au service de l’écologie

Bonjour

Les nécrologies, de nos jours, ne tardent plus guère. Ainsi celle de Roger Cans, signée dans Le Monde, par notre confrère Benoît Hopquin.

« Roger Cans, qui est mort le 28 novembre à l’âge de 73 ans, est de ceux, chanceux ou obstinés, qui surent faire de leur passion un métier. Lui, Roger, notre ami, c’était la nature qui suscitait sa vénération, d’enfant curieux, puis d’adulte passionné et, enfin, de journaliste spécialisé. La nature et ses peuples innombrables, faunes et flores, l’émerveillaient de leur fragilité et de leur résilience. Il les a observés toute sa vie, au bout d’une jumelle ou le nez au raz de l’herbe. De cette patiente fréquentation, il avait acquis un savoir et même une science qu’il transmettait comme un jeu, un exercice sans prétention, aux lecteurs du Monde. »

Comment mieux écrire ?

Pour notre part nous avions découvert Roger Cans au sein du superbe vaisseau amarré 5-7, rue des Italiens. L’époque était alors -encore-  à l’affrontement des idées, aux éclairantes méchancetés nées des idéologies. Combien étions-nous, alors, journalistes rue des Italiens, à saisir que « l’écologie » deviendrait un sujet omniprésent sur le site d’un journal bientôt sans papier ?

Qui, dans la vieille et superbe bâtisse, avait pris la mesure des apocalypses précédemment  signées Pierre Fournier (1937-1973) dans le Charlie Hebdo de Choron ? Qui se souvient des premiers vagissements de La Gueule ouverte, « le journal qui annonce la fin du monde ». Et qui aurait pu penser qu’un jour un président de la République établirait (oubliant le copyright citoyen)  un lien entre la « fin du monde » et la « fin du mois » ?

Benoît Hopquin, aujourd’hui, dans Le Monde :

« Né le 7 février 1945 à Maule (Yvelines) d’un père agronome et d’une mère assistante sociale, élevé dans une famille de tradition protestante, Roger Cans  passe son temps entre le grand jardin de la maison au bord de la Mauldre et la campagne de Mayenne où il traîne ses étés. Il apprend les noms et les caractéristiques des oiseaux et des plantes, des poissons et des insectes, les regarde avec la même admiration candide et la même cruauté juvénile que Marcel Pagnol quand, par exemple, il offre en festin dans son aquarium diptyques ou sangsues aux tritons ou aux épinoches.

Les sciences naturelles et le dessin le passionnent plus que les maths, cette discipline de malheur qui lui fermera le métier d’ingénieur forestier. A 14 ans, la lecture de Jules Verne démultiplie son horizon. Il part très vite sur les routes comme l’intiment ses 20 ans et les années 1960 : Gabon, Maroc, Grèce, Asie, Sicile, Israël, etc.

Après une licence de lettres à la Sorbonne, il atterrit au Centre de formation des journalistes. Professeur de français à Phnom Penh, il envoie ses premiers articles à l’hebdomadaire protestant Réforme. Revenu en France, il travaille pour Nice-Matin, puis reprend son baluchon et s’installe à Washington comme employé de la « Voix de l’Amérique » et correspondant de La Tribune de Lausanne. Il envoie quelques papiers transocéaniques au Monde. Il est embauché, en 1976, au service Education. En 1983, il reprend la rubrique Environnement, inaugurée dans le journal par Marc Ambroise-Rendu.

Autre temps… La protection de la nature, ainsi qu’on résumait alors l’écologie, est considérée comme une contingence, voire une lubie, une douce rêverie un peu attardée, au sein de la rédaction. Il faut se battre pour imposer ses sujets. Il se voit ainsi retoquer une série sur l’agriculture bio, jugée alors marginale et sans avenir. Pendant treize ans, il va contribuer à donner ses lettres de noblesse à l’environnement et à en élargir la compétence. Il s’intéresse aux méfaits de l’amiante, à une époque où des scientifiques de renom en proclament sans sourciller l’innocuité.

Dix ans après que René Dumont a provoqué l’éclat de rire en brandissant son verre d’eau, lors de la campagne présidentielle 1974, déclarant la ressource menacée, Roger Cans soulignera au long d’articles et de livres la pollution et le gaspillage de cette ressource. Il embarquera également des semaines sur un bateau de Greenpeace et rendra compte de la campagne antinucléaire dans le Pacifique.

Défenseur de l’environnement sans nul doute, le journaliste prendra cependant une distance prudente et même agacée avec l’écologie politique, moquant avec aigreur sa récupération et voyant dans Les Verts une auberge espagnole autant qu’une pétaudière. Ses modèles sont à chercher parmi les scientifiques épris de nature : Théodore Monod, Haroun Tazieff ou Jacques-Yves Cousteau, trois figures dont il troussera les biographies dans des livres.

Dans la nébuleuse écolo, Roger Cans se rangera toujours dans le camp des naturalistes, là où l’avaient mené ses rêves d’enfant. En 1996, quand il quitte le quotidien, il poursuit ses grands voyages (son seul regret sera de n’avoir jamais vu les îles Galapagos), écrit, filme sans relâche la nature, dans l’air, sur terre, sous l’eau, s’en émerveille comme aux premiers temps. Toute sa vie, il peindra aussi, sans se lasser, oiseaux, petits mammifères, poissons, arbres, fleurs ou champignons, collectionnera roches, coquillages, crâne et même mues de serpent qu’il rassemblera dans un cabinet de curiosités chez lui, dans le vieux prieuré de Saint-Jean-de-la-Motte (Sarthe), près du Mans, au milieu de cette nature qui aura été, plus que sa respiration, sa vie. »

Comment mieux écrire ces fractions de notre  passé? Comment mieux dire les angoisses de notre possible avenir  ?

A demain

@jynau

 

 

Parkinson : «happening médicament » devant le ministère de la Santé. Avant le Palais de l’Elysée? 

Bonjour

Poujadisme ? C’est la suite, tristement logique, d’un insupportable cri d’alarme ; conséquence d’une non moins insupportable pénurie de médicaments utilisés quotidiennement par les personnes souffrant de la maladie de Parkinson. Dans quelques jours une « action de mobilisation » sera menée, à Paris, devant le bâtiment du ministère des Solidarités et de la Santé (14, avenue Duquesne, Paris 7ème). Une action lancée par le « Collectif Parkinson ».

La suite, aussi, de la récente pétition « Parkinson : non-assistance à personne en danger » (près de 30 000 signataires) visant à « alerter les pouvoirs publics sur le risque aigu que font porter les fréquentes ruptures de médicaments sur la santé des 200 000 malades en France ».  On peut l’entendre comme une supplique moderne dans les espaces républicains et démocratiques :

« Nous, malades de Parkinson, soutenus par toutes les personnes proches qui vivent au quotidien à nos côtés, par tous les professionnels qui partagent et comprennent la gravité de notre maladie, par toutes les personnes qui perçoivent ce qu’une rupture de traitement peut induire dans la maladie de Parkinson, appelons à une mobilisation massive, appelons au rassemblement pour dénoncer avec colère et inquiétude les ruptures récurrentes  de médicaments auxquelles nous sommes confrontés.

Après des épisodes répétés de rupture en début d’année il est maintenant annoncé une rupture pour une durée de 7 mois d’un médicament (Sinemet©, du laboratoire MSD) ! D’autres sont à venir, nous le savons ! Ce médicament est  un médicament de fond dans la prise en charge d’un grand nombre de personnes malades de Parkinson. Outre la gravité médicale, l’absence de ce traitement plonge le malade dans une détresse physique et morale terrible.

Nous alertons les pouvoirs publics sur le risque aigu que font porter ces ruptures sur la santé de personnes déjà durement touchées par la maladie. Nous demandons que cessent ces situations inacceptables ! Nous réclamons que des sanctions soient prévues envers les laboratoires ne remplissant pas leur devoir d’approvisionnement afin que cesse ce nouveau scandale sanitaire.   

Nous en appelons à la présidence de la République et au gouvernement afin que soit trouvée une réponse urgente à ces  problèmes qui mettent en danger les malades et en cause la crédibilité de nos instances politiques. »

 Jusqu’en mars 2019

On sait que le Sinemet©  a un « service médical rendu important dans la maladie de Parkinson et les syndromes parkinsoniens d’origine neurodégénérative ». Son indisponibilité ? Voici tout ce que dit aux patients l’Agence nationale de sécurité du médicament :

« Le laboratoire MSD rencontre actuellement des difficultés de production entraînant l’indisponibilité de certains dosages de Sinemet©. Les ruptures de stock ont débuté fin août 2018 et devraient se poursuivre jusqu’en mars 2019Les patients actuellement traités par Sinemet© sont invités à consulter leur médecin traitant afin qu’il évalue au cas par cas la conduite à tenir.  Ils ne doivent en aucun cas changer leur traitement sans avis médical. »

Pour le président de France Parkinson la situation actuelle est intolérable. Il annonçait il y a peu  que son association allait « faire du bruit ». « On va alerter encore et encore. Ce qui se passe est une non-assistance à personne en danger »  prévenait-il. C’est fait. Ce sera un  « happening » le mercredi 21 novembre à 10h. Seront présents des malades, des proches, des aidants et des acteurs associatifs avec un objectif commun :  « Poursuivre notre interpellation des autorités compétentes et dénoncer avec inquiétude les ruptures récurrentes de médicaments auxquelles sont confrontés les malades ».

A quand un « happening » non plus devant, mais bien sous les ors élyséens de la République ? Poujadisme ?

A demain

@jynau

Incroyable: «la cigarette électronique représente un formidable espoir pour les fumeurs»

Bonjour

Longtemps elle n’exista pas. Marisol Touraine ne voyait en elle qu’un cigarette comme une autre. Partant on lui refuser le droit d’exister. La porte d’entrée au club Tabac Info Service était cadenassée. Ainsi, sur ce blog, en février 2015 :

« Tabac Info Service  « Quand on sait c’est plus facile d’arrêter dit la publicité. Certes, mais quand on sait quoi ? Faire le 3989 (appel taxé).  Vous demandez, aussi naïvement que possible, ce qu’il en est de la cigarette électronique. On vous répond, avec une exquise politesse que les réponses se font sous le contrôle du ministère de la Santé et que « rien ne peut être communiqué sur le sujet ». On insiste. En vain. On peut toutefois glaner que les questions sur le sujet sont évidemment très nombreuses mais que cela ne change rien à l’affaire. »

Agnès Buzyn, depuis sa nomination, n’a pas varié et le déni ministériel demeure la position officielle. Pourtant près de cinq ans plus tard, un mail de Philippe Presles (SOS Addictions), médecin, tabacologue et essayiste : « elle existe ». On consulte le club. On ne reconnaît plus le portail :

« LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE ET LA SANTÉ. D’après les derniers travaux du Haut Conseil de la Santé Publique [sic], la cigarette électronique peut constituer une aide pour arrêter ou réduire sa consommation de tabac. »

Et puis ceci :

« La cigarette électronique représente un formidable espoir pour les fumeurs ; mais elle n’est apparue que depuis le début des années 2010. Il s’agit donc d’un produit récent. Or, il faut plusieurs années pour préparer, mettre en place et analyser les résultats des études scientifiques destinées à nous éclairer sur son efficacité ou sur sa dangerosité. Les résultats des études sont publiés petit à petit, et alimentent le débat dans la communauté de la santé publique.

Est-ce préférable de fumer des cigarettes ou d’utiliser l’e-cigarette ?

En remplaçant la cigarette ordinaire, la cigarette électronique réduit voire supprime les risques de maladies graves comme le cancer. Elle est donc beaucoup moins nocive que la cigarette classique, même si d’autres risques seront peut-être identifiés dans les années à venir.

Est-ce que la cigarette électronique peut m’aider à arrêter de fumer ?

La cigarette électronique peut constituer une aide pour arrêter ou réduire sa consommation de tabac. Vous pouvez être conseillé sur le matériel à utiliser et ses modalités d’usage. L’arrêt complet du tabac doit rester l’objectif prioritaire.

En cas de difficulté pour arrêter de fumer, vous pouvez vous adresser à un professionnel de santé ou contacter un tabacologue au 3989.

Est-ce la méthode la plus efficace pour arrêter de fumer ?

Il est encore trop tôt pour répondre à cette question. Les études permettant de mesurer l’efficacité des outils d’aide à l’arrêt du tabac ou de comparer l’efficacité de plusieurs d’entre eux nécessitent plusieurs années de préparation, de mise en œuvre et d’analyse. A ce jour seules quelques études de ce type ont été publiées dans le monde. Plusieurs dizaines sont en préparation, dont une en France. Nous en saurons plus dans les années à venir, lorsque les résultats de ces études seront disponibles.

Puis-je fumer des cigarettes classiques et utiliser une e-cigarette ?

Vous pouvez fumer et vapoter si cela peut vous aider à arrêter progressivement le tabac. Les vapofumeurs diminuent leur consommation en moyenne de 9 cigarettes par jour*.
Cependant, l’arrêt complet doit rester votre objectif car même quand on fume peu, y compris moins de 4 cigarettes par jour, les risques pour la santé sont importants. Plus la durée du tabagisme est longue, plus le risque de développer des maladies comme le cancer du poumon est important.

Puis-je utiliser l’e-cigarette si je suis enceinte ?

Fumer du tabac durant la grossesse augmente un certain nombre de risques : grossesse extra-utérine, fausse couche, accouchement prématuré, bébé de petit poids, etc. Le moment de la grossesse est un très bon moment pour qu’une future mère fumeuse arrête de fumer. Si vous souhaitez arrêter de fumer à l’aide d’une e-cigarette, parlez-en à un professionnel de santé : il saura vous conseiller de façon personnalisée.

Puis-je devenir dépendant de l’e-cigarette ?

On peut devenir dépendant à la cigarette électronique si elle contient de la nicotine. En effet, cette substance, également présente dans les cigarettes classiques, est responsable de la dépendance.

Est-ce-que la cigarette électronique favorise l’entrée dans le tabagisme ?

Aujourd’hui, aucune étude scientifique de grande ampleur ne permet d’avoir un avis tranché sur le rôle la cigarette électronique comme « porte d’entrée » dans le tabagisme. Les premières données disponibles, y compris en France, semblent rassurantes sur ce sujet. L’analyse de données d’études permettra d’en savoir plus dans les mois et années à venir.

Vapoter est-il dangereux pour la santé ?

Aujourd’hui, on ne sait pas si la cigarette électronique est dangereuse pour la santé.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) estime que la nicotine orale pourrait présenter des risques pour la santé pour les personnes qui vapotent sans avoir été fumeur, y compris à faible dose*.

Les e-liquides semblent toutefois moins nocifs que la fumée de cigarette qui contient plus de 4 000 substances chimiques parmi lesquelles des irritants, des produits toxiques (goudrons, monoxyde de carbone…) et plus de 50 substances qui peuvent provoquer ou favoriser l’apparition de cancer.

Un fumeur qui arrête complètement de fumer diminue ses risques de développer des maladies en lien avec le tabac. »

Cette fois, on ne commentera pas 1.

A demain

1 Ces précisions de Sébastien Béziau, vice-président de #Sovape :
« Ces messages sont présents depuis quelques temps sur le site Tabac Info Service, ce n’est pas très récent.
En juin, les associations ont demandé à ce que le terme « cigarette électronique » soit éradiqué au profit de « vapoteuse » « vape » « vapoter » « matériel de vapotage » etc…
Ceci pour éviter toute confusion et tracer une bonne frontière avec le tabac chauffé. On nous a dit comprendre et prendre les mesures. Cela fait quatre mois. Rien n’a changé ici, ni sur les kit Mois Sans Tabac.
Au-delà du discours, il y a les faits et notamment l’accompagnement par les « conseillers » de Tabac Info Service. En particulier les questions/réponses en ligne, visible par tout le monde. Dans 90% des cas, la réponse à toute question « e-cigarette » est un copié / collé, limite chatbot (voir ci-dessous).
Parfois – rarement – c’est personnalisé. Voici deux exemples de ces « réponses », dont le premier est personnalisé, l’autre non  :
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Question : J’essaie la cigarette électronique, mais elle me fait tousser. Est-ce normal ? Dois-je insister ?
 
Réponse TIS : Bravo pour votre volonté d’arrêt du tabac ! Si la cigarette électronique vous fait tousser, c’est que la vapeur contient un produit qui ne vous convient pas. N’insistez pas. Et pour votre arrêt, pensez plutôt à la nicotine de substitution… suivi de tout un blabla sur les TNS, remboursés, etc…
 
NOTA : Quasiment tout le monde tousse en essayant la vape, c’est normal, surtout si on n’a pas les bons conseils !!!
 
—————————
 
Question : Depuis une semaine j’ai une cigarette électronique et je viens de réduire mon taux de nicotine (de 12 je suis passé à 6). Mon souhait à terme étant d’arrêter complètement. Est-ce une bonne méthode ? 
 
Réponse TIS (le fameux copié/collé) : Merci pour votre question. La cigarette électronique peut être considérée comme une aide pour arrêter ou réduire sa consommation de tabac. Les e-liquides semblent moins nocifs que la fumée de cigarette qui contient plus de 4000 substances chimiques parmi lesquelles des irritants, des produits toxiques (goudrons, monoxyde de carbone…) et plus de 50 substances qui peuvent provoquer ou favoriser l’apparition de cancer. Un fumeur qui devient vapoteur, c-a-d qui ne consomme plus que des cigarettes électroniques diminue ses risques de développer des maladies en lien avec le tabac. Si vous rencontrez des difficultés pour arrêter de fumer, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien. Vous pouvez également contacter un tabacologue de Tabac Info Service en appelant le 39 89. Bonne continuation.
 
NOTA : Donc. Aucun réponse à la question posée. Il aurait fallu répondre que c’est une très mauvaise méthode, ne surtout pas baisser le taux de nicotine au bout de quelques jours !! Quant aux e-liquides qui « semblent » moins nocifs, il me « semble » moi, qu’on en a évidemment, et sans aucun doute, la certitude…
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De l’intérêt des groupes auto-support. Comme le groupe « Les vapoteurs #MoisSansTabac » n’a pas été reconduit cette année, nous avons proposé que le groupe VAPE INFO SERVICE soit indiqué aux personnes qui posent ce genre de questions pratiques. Uniquement à ces personnes qui ont déjà acté leur choix d’essayer le vapotage (ce qui ne consiste donc même pas à faire du prosélytisme).
La réponse a été NON. Justifiée par : pour ne pas créer de « déséquilibre » entre les différentes les méthodes.
Chacun jugera, donc, de « l’équilibre » actuel qui doit être conservé.
On avance, certes, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire…

 

 

Bras de fer du tonnerre à Saint-Brieuc : cent-vingt médecins défient leur direction hospitalière

Bonjour

Comment « manager » un hôpital contre son corps médical ? Phénomène sans précédent au centre hospitalier de Saint Brieuc (Côtes d’Armor) :  près de cent-vingt médecins, dont les quarante-huit membres de la commission médicale d’établissement (CME), viennent de démissionner de leur fonction administrative dans les différentes commissions (médicale, matériel, gardes et astreintes, lutte contre les infections nosocomiales) de l’établissement. Tous ont écrit et signé un courrier que le président de la CME a remis sur le bureau de la direction. « C’est près d’un tiers des personnels médicaux de l’hôpital qui signifie ainsi leur désapprobation. Tous continuerons en revanche leur activité de soins » résume Le Quotidien du Médecin (Martin Dumas Primbault).

Pourquoi ? A cause, dit-on, de « plusieurs décisions controversées de la direction ». A commencer par le non-remplacement de quarante-deux CDD au sein de différents services de l’établissement  (1 247 lits et places répartis sur deux sites principaux). Mais celle qui agace le plus les médecins, c’est le projet de création d’un nouveau pôle ambulatoire qui coûterait 25 millions d’euros, explique au « Quotidien » le Dr Christian Brice, urgentiste au sein de l’hôpital. « À côté de cela, aucun autre projet proposé par la communauté médicale n’avance », se désole le praticien encarté à l’Association des médecins urgentistes de France. Dans son service, huit postes ont été supprimés dont celui de l’agent de sécurité chargé de protéger les personnels des violences aux urgences.

Objectif de la démission groupée : « rompre tout lien médico-administratif » avec une direction privilégiant une transmission verticale. Pour sa part la direction a pris acte de la démission des médecins qu’elle attribue à « un contexte de déficit important depuis l’année dernière, situation que l’établissement n’avait pas connue depuis de nombreuses années ». Elle se propose aussi de « faire évoluer le management de l’établissement et relever les enjeux de l’hôpital de demain ».

Une grave crise du management

L’affaire est également traitée par Medscape France : « Médecins du CH de Saint-Brieuc : les vraies raisons de leur démission » (Philippe Anaton). Où l’on apprend que les démissionnaires ne remettent pas en cause les projets de restructuration portés par le centre hospitalier. Bien au contraire. Dans un communiqué expliquant leur geste, la communauté médicale de Saint-Brieuc dit ainsi approuver, par exemple, « le projet de bâtiment ambulatoire, projet qui a été mené en concertation avec les soignants ».

La communauté médicale de Saint-Brieuc n’a pas non plus démissionné pour protester contre un manque de personnel. « La démission collective des médecins de Saint-Brieuc est le résultat d’une crise du management vieille de dix-huit mois, analyse Medscape. Cette crise a débuté en mai 2017, suite à une réunion médicale exceptionnelle organisée par le président de la CME, Benoit Moquet, et la vice-présidente, le Dr Cinthia Garignon. Cette réunion avait pour but de répondre à un malaise grandissant dans la communauté médicale. Quatre-vingt médecins réunis avait alors exprimé leur défiance vis-à-vis de la direction de l’établissement (…) »

Nouvelle crise aujourd’hui, et nouvelle mobilisation des médecins qui ont de nouveau fait part de leur inquiétude quant à l’évolution de leur établissement et du GHT des Côtes d’Armor auquel il appartient. La direction a proposé de nouveau une médiation, rejetée du revers de la main par la communauté médicale. « Plutôt qu’une médiation, nous demandons qu’un véritable diagnostic soit porté sur le mode de gouvernance de cet établissement », écrivent les médecins dans leur communiqué. Comment mieux dire ?

Si l’on en croit l’Agence de Presse Médicale, la direction aurait indiqué avoir « entendu les attentes exprimées par la communauté médicale et souhaite retrouver rapidement la voie d’un travail collaboratif en confiance ». Pour autant la situation est plus bloquée que jamais. Et voici Paris qui s’inquiète : une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales a été ouverte.

A demain

Qui fera la vérité sur toutes les responsabilités dans l’affaire du valsartan contaminé ?   

Bonjour

Ce sera peut-être le scandale sanitaire de l’été, voire de l’année. Et à l’échelon mondial. 18 juillet : le laboratoire chinois Zhejiang Huahai annonce le rappel au niveau mondial des médicaments à base de valsartan, substance active très largement utilisée dans la prise en charge de l’hypertension artérielle, de l’insuffisance cardiaque ainsi qu’en post infarctus du myocarde récent. Pourquoi ? A cause de la présence, dans ce principe actif, de N-nitrosodiméthylamine (NDMA)  une substance classée par l’Organisation mondiale de la santé comme probablement cancérogène pour l’homme en cas d’utilisation prolongée.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) prévient, le 2 août, dans un communiqué, des risques de cancer.

« A l’issue d’une évaluation préliminaire, l’EMA estime qu’il pourrait y avoir un cas supplémentaire de cancer sur 5 000 patients prenant les médicaments à haute dose de valsartan (320 mg) chaque jour pendant une durée de sept ans », écrit l’agence. L’EMA s’est appuyée « sur les niveaux moyens de cette impureté détectés dans la substance active par le fabricant (60 parties par million) ». Cette analyse préliminaire se fonde sur l’hypothèse que la NDMA présente dans la substance active est transférée au produit final dans la même quantité. L’EMA a extrapolé à partir d’« études sur des animaux ». Et précise que d’autres formes d’exposition à cette substance peuvent être possibles, via l’environnement… Des travaux sont en cours.

L’affaire est d’importance. On estime déjà, en France, à environ 1,3 million le nombre de personnes concernées par ces informations – soit la moitié des patients traités avec cette molécule. Soit plus de 2,5 millions de personnes pouvant être a priori inquiètes  – sans parler de leurs proches et des prescripteurs.

Comment informer au mieux ? Comment communiquer sans être accusé d’affoler sans raison ou de cacher la vérité ? Pour sa part l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé, le 24 juillet, dans un communiqué, la mise en place d’un numéro vert (0-800-97-14-03) « pour répondre aux interrogations des patients ou de leur entourage, accessible gratuitement du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures ».

Pas de risque aigu pour votre santé

L’ANSM insiste pour que les patients poursuivent coûte que coûte leur traitement.

« Un défaut de qualité a été identifié récemment concernant certains médicaments à base de valsartan commercialisés au niveau mondial. En France, les lots concernés par ce défaut de qualité ne sont plus commercialisés depuis fin juin 2018. Les autres médicaments à base de valsartan, non impactés par ce défaut, restent disponibles.

« Ce défaut de qualité n’induit pas de risque aigu pour votre santé. En revanche, le risque d’arrêt brutal d’un tel traitement est réel (poussées hypertensives, décompensations cardiaques, accidents neurologiques). Ainsi, vous ne devez, en aucun cas, arrêter de vous-même votre traitement. La liste des médicaments concernés par le défaut de qualité et la liste des médicaments non concernés sont disponibles sur ansm.sante.fr Des investigations complémentaires sont en cours au niveau européen Les informations seront actualisées dès que de nouveaux éléments seront disponibles. »

Cette mesure de retrait de produits dans les pharmacies d’officine concerne environ la moitié des spécialités pharmaceutiques à base de valsartan. Neuf laboratoires sont concernés (Arrow Génériques, Biogaran, Cristers, EG Labo, Evolupharm, Ranbaxy Pharmacie Génériques, Sandoz, Zentiva et Zydus), précise l’agence. Les autres spécialités contenant du valsartan ou les autres médicaments de la même classe thérapeutique ne sont pas concernés.

Une modification datant de 2012

Ce défaut de qualité est-il lié au fait que ce sont des médicaments génériques ? Non rassure l’ANSM.

« Le défaut de qualité est potentiellement lié au changement du procédé de fabrication de la substance active par la société chinoise Zhejiang Huahai Pharmaceutical. D’un point de vue général, un défaut de qualité peut concerner les substances actives entrant indifférement dans la composition des médicaments génériques comme dans celle des médicaments d’origine qui peuvent, par ailleurs, être en partie les mêmes. Ainsi, certains médicaments génériques à base de valsartan présents sur le marché français ne sont pas concernés par ce défaut de qualité. »

Cette impureté serait liée « aux changements effectués par Zhejiang Huahai dans son processus de fabrication en 2012 », a expliqué l’EMA. Six ans déjà. Et l’EMA de préciser qu’« aucune autre substance active produite par la société n’est affectée »… Pour autant cette impureté n’avait pas été détectée lors des « contrôles de routine » …

Afin de prévenir les risques majeurs de situations de pénurie on explique que des discussions sont en cours avec différentes firmes pharmaceutiques. Il faudra aussi, et rapidement faire toute la la lumière sur les failles et les fautes dans les chaînes de production et de contrôle.

Comprendre comment on peut, dans le champ de l’industrie pharmaceutique et de la sécurité du médicament, en arriver à laisser commercialiser et consommer de telles impuretés – qualifiées ici de « défaut de qualité ». Qui, avant la justice, sera en charge d’une telle enquête ?

A demain