La suite de l’affaire du médecin anesthésiste et des empoisonnements de Besançon

 

Bonjour

Rien de tel qu’un beau reportage pour tenter d’approcher la vérité. Pour Le Monde notre consœur Ariane Chemin a fait le voyage de Besançon et livre les derniers éléments d’une affaire étrangement encore assez peu couverte par les gazettes : « L’anesthésiste de Besançon au cœur d’une affaire d’empoisonnement avec préméditation ».

Tout avait commencé début mars avec la mise en examen d’un médecin anesthésiste de 45 ans placé sous contrôle judiciaire – avec interdiction d’exercer sa profession. Il était soupçonné d’avoir empoisonné avec préméditation sept patients dont deux mortellement. Le parquet dénonçait des actes « volontaires ». Le médecin niait catégoriquement tandis que la vice-procureure Christine de Curraize affirmait lors d’une conférence de presse que ces empoisonnements « n’étaient pas un accident ».

 L’affaire se compliqua bien vite et l’on évoqua la notion de « frisson de la réanimation ». « Frédéric P., 45 ans » est devenu de Dr Frédéric Péchier et l’on parle de la clinique Saint-Vincent de Besançon. « Grand, sportif, barbe de trois jours, ce médecin de 45 ans, charmeur et sûr de lui, a de quoi rassurer les deux mille patients qu’il endort chaque année dans cet établissement privé de 250 lits, qui se plaçait l’an dernier en douzième place au tableau d’honneur des 50 meilleurs hôpitaux et cliniques du Point, rapporte Ariane Chemin. Preuve d’une certaine reconnaissance, ou de son autorité : on a confié à cet homme disponible le « planning » des dix anesthésistes de l’établissement. »

L’affaire de Poitiers

Six ans d’études à la fac de Poitiers, l’internat puis un poste de chef de clinique au CHU de Besançon, l’anesthésiste n’a plus quitté Saint-Vincent depuis 2005 – hormis une parenthèse de six mois à la Polyclinique de Franche-Comté. Puis, come on le sait, deux accidents cardiaques inexpliqués en début d’année. Alerté par la direction de la clinique, le parquet de Besançon commande en urgence, le 14 février, une enquête à l’Agence régionale de santé (ARS). Et Le Monde a « pris connaissance » de ce document qui conclut à « des actes intentionnels » pour ces deux accidents. Et note aussi la présence « remarquable » du médecin dans quatre cas recensés depuis 2008 à la clinique Saint-Vincent (dont deux mortels), mais aussi dans trois cas à la Polyclinique, où il n’a pourtant exercé qu’entre le 1er janvier et le 22 juin 2009.

« On m’accuse de crimes odieux que je n’ai pas commis », s’est défendu le médecin dans L’Est républicain. « Une moitié des anesthésistes de l’établissement a trouvé son coupable, tandis que l’autre défend Péchier et cherche un autre responsable, ressuscitant des jalousies feutrées de cette bourgeoisie médicale qui aime réveillonner ensemble, plongeant cette ville de douves, de créneaux et de remparts dans une ambiance toute chabrolienne » rapporte Le Monde. L’avocat du médecin, Me Randall Schwerdorffer parle d’une « affaire hors normes, sans équivalent, pas même l’histoire de Poitiers ». Il évoque ici la célèbre « affaire Mériel » que nous couvrîmes pour Le Monde à compter de 1984.

On lira avec le plus vif intérêt le reportage d’Ariane Chemin, sa volonté de comprendre en contextualisant, la complexité du milieu socioprofessionnel et celle l’enquête, la compétence reconnue du médecin et les soupçons qui émaille son parcours.  « Nous examinons une quarantaine d’autres événements indésirables graves, dont une vingtaine mortels », explique la vice-procureure de la République de Besançon. Et la procureure, Edwige Roux-Morizot, évoque des cas « échelonnés sur une période de dix-sept ans ». Qui établira la vérité ?

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Cannabis et urgence : le syndrome des vomissements cycliques n’épargne pas la France

 

Bonjour

On ne soigne jamais assez sa bibliographie. Nous posions, hier, la question de savoir si la consommation (illégale mais massive) de cannabis était, en France, responsable de « syndromes des vomissements cycliques ». Question soulevée à la lumière des informations de Medscape.com qui faisait état d’une multiplication du nombre de cas aux Etats-Unis où le cannabis fait l’objet d’une vague de dépénalisation et d’autorisation à des fins récréatives.

Nos propos furent, sur ce blog, bien vites repérés par quelques-uns des meilleurs praticiens du domaine, réunis au sein de SOS Addictions. C’est que l’affaire ne leur avait pas échappé, comme on peut aisément en prendre connaissance sur leur site : « Le syndrome cannabinoïde : un tableau douloureux méconnu des medecins et des usagers ». Une publication datée du 26 mai 2016 signée Pierre Fabries, Nicolas Ribaud, Alain Puidupin et Thierry Coton (service de pathologie digestive, Hôpital d’instruction des armées Laveran, Marseille). Où l’on voit,  n’en déplaise aux esprits chagrins, que la clinique française n’est ici en rien en retard sur l’anglo-saxonne.

Observations de Marseille

Au départ, un témoignage. Celui d’une femme inquiète dont le mari offre un étrange tableau de vomissements, douleurs thoraciques, déjà vu aux urgences, sans anomalie biologique et uniquement calmé par des bains chauds.  L’éclairage demandé aux spécialistes de Marseille se fonde sur une série de sept patients (19-40 ans) vus au service des urgences et dans le service de pathologie digestive de l’hôpital d’instruction des armées Laveran.

« Il s’agissait de quatre femmes et trois hommes. Le tableau clinique était stéréotypé associant constamment agitation, nausées majeures, vomissements incoercibles et douleurs abdominales diffuses couplés à un examen physique normal. Ce tableau survenait de façon cyclique dans une histoire de consommation chronique et quotidienne de cannabis après une période de latence asymptomatique de plusieurs années.

« Les explorations complémentaires de base et exhaustives réalisées secondairement chez trois patients étaient toutes normales. Sur le plan thérapeutique, le recours aux analgésiques de pallier I et II était systématique avec le plus souvent une efficacité décevante nécessitant l’emploi d’une analgésie morphinique chez trois patients sur sept. Le recours à des douches chaudes n’a été introduit que récemment chez un patient avec succès. Pour trois patients, un suivi de plusieurs années était possible et était marqué par l’alternance de phases de quiescence correspondant à des périodes de sevrage du cannabis et des périodes de rechute correspondant à la reprise de la consommation du cannabis pour deux d’entre eux et une rémission complète à un an pour le troisième. »

Indispensable sevrage

Les auteurs soulignent le caractère déroutant, pour le clinicien, du syndrome cannabinoïde du fait de la discordance entre le caractère spectaculaire du syndrome clinique et la quasi-normalité du bilan complémentaire. Le syndrome évolue en trois phases : prodromes, de durée variable, avec des nausées, vomissements et inconfort abdominal ; vomissements avec des nausées intenses et persistantes, sans syndrome méningé jusqu’à plusieurs fois par heure ; phase de recouvrement avec disparition des symptômes à l’arrêt définitif de la consommation de cannabis. Le syndrome peut réapparaître dès la reprise de la consommation.

Pour leur part les médecins militaires observent que leurs patients ont « tendance à fuir une fois le diagnostic évoqué ». Un seul traitement : le sevrage « définitif et durable du cannabis ». Un objectif difficile à atteindre par des patients dont l’histoire est, en dépit de conseils prodigués, émaillée de rechutes.

A demain

Le cannabis est-il en France responsable de «syndromes des vomissements cycliques» ?

Bonjour

S’inquiéter ? C’est une information de Medscape.com (Vincent Bargoin, avec R. Scott Rappold) :  « Cannabis : multiplication des cas de ‘’syndrome des vomissements cycliques’’ ». Où l’on apprend que les services d’urgences du Colorado signalent une forte augmentation des « syndromes des vomissements cycliques » ou « cannabinoid hyperemesis syndrome » (CHS). Une entité réunissant des vomissements intenses et des douleurs abdominales. Tous les patients diagnostiqués aux urgences fument du cannabis quotidiennement, et ce depuis des années.

Jusqu’ici le « syndrome de vomissement cyclique » renvoyait à un tableau assez flou, souvent pédiatrique, empruntant à la migraine et aux mystères du tube digestif. « Aucune explication n’est avancée à ce jour quant au mécanisme, précise Medscape. Mais de nombreux médecins incriminent le cannabis aujourd’hui produit industriellement aux Etats-Unis, dont les taux de THC sont nettement plus élevés qu’à l’époque de la fumette en cachette. »

Herbe récréative

Les auteurs nous fournissent ici une bibliographie actualisée : le premier signalement du syndrome remonte à 2004, à partir de cas observés en Australie. Aux Etats-Unis, un premier cas a été décrit en 2009 , puis l’affaire a pris de l’importance en 2015, avec la publication d’une étude de l’université du Colorado montrant un doublement de la prévalence du syndrome des vomissements cycliques aux urgences entre 2009 – date de légalisation du cannabis médical au Colorado –  et 2011. Avant, en 2012, de passer à la légalisation de l’usage récréatif.

Dans Medscape International Kennon J.Heard (Service de toxicologie médicale, Université du Colorado) déclare recevoir quotidiennement ou presque des cas de CHS, entité vient d’être incluse dans les rapports médicaux sur l’impact de la légalisation du cannabis. En Arizona, en Oregon et au Canada, des augmentations du nombre de cas de CHS sont également signalés.

Halopéridol

Pour autant aucune idée de la prévalence exacte ni de la cause première exacte. Une hypothèse, toutefois, prévaut. « Les gens fument de l’herbe depuis longtemps, mais la diffusion à grande échelle d’un cannabis très puissant est un phénomène récent », souligne Eric Lavonas, qui dirige les urgences du Denver Health Medical Center. « Avant la légalisation, le cannabis poussait dans les champs, et il était vendu localement. Maintenant, le cannabis s’achète en dispensaire, et il est beaucoup plus puissant que ce que l’on trouvait il y a vingt ans ». Où l’on voit qu’en matière d’addiction les lois du marché ne sont pas toujours compatibles avec la réduction des risques.

Utilisé depuis soixante ans dans d’autres indications l’halopéridol pourrait, ici, être utile dans la prise en charge en urgence.

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Violences aux urgences : un patient brise la jambe d’un médecin de l’hôpital de Soissons

 

Bonjour

Poids des symboles, signifiant des faits divers. Le Dr Marc Moukanni, praticien du centre hospitalier de Soissons a été agressé le samedi 18 février aux urgences de l’hôpital. C’est L’Union qui rapporte l’affaire.

« Ce samedi matin, aux environs de 7 heures, un patient a agressé un médecin aux urgences de l’hôpital de Soissons. Il a été frappé d’un coup de poing qui l’a fait tomber. À terre, il a pris un coup de pied qui lui a fracturé la jambe droite. ‘’Il s’est présenté avec une éraflure superficielle à l’avant-bras, raconte le Dr Marc Moukanni. Je lui ai donné une ordonnance de médicaments et lui ai dit d’attendre 8h30 : s’il avait encore mal, on lui ferait une radio’’

Le « patient », 26 ans, s’est énervé et a porté un coup au médecin au visage et à la jambe droite. Le médecin souffre depuis d’une hémorragie conjonctivale (œil gauche) et d’une fracture du membre inférieur droit. L’Union précise que 45 jours d’incapacité totale de travail lui ont été prescrits. C’est bien le moins.

Désinhibitions alcooliques

Une enquête est ouverte. Le médecin a porté plainte et a été entendu. Placé en garde à vue l’agresseur était en état d’ébriété. Il a expliqué plus tard qu’il était en état d’ivresse en revenant d’une soirée lors de laquelle il s’était fait une éraflure au bras. Placé sous contrôle judiciaire il recevra prochainement une convocation devant tribunal correctionnel. Le Dr Moukanni a porté plainte et le centre hospitalier s’est porté partie civile. Une rencontre avec les équipes médicales est prévue le 23 février « pour libérer la parole après cet événement ».

Depuis quand la désinhibition inhérente aux imprégnations alcooliques conduit-elle à frapper de la sorte les médecins qui prennent en charge les alcoolisés des urgences ? Le cas de Soissons est-il une première ? Poids des symboles, signifiant des faits divers.

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Overdose : première personne officiellement sauvée en France après Nalscue® à domicile

 

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Ne pas toujours désespérer. L’information n’est pas encore officielle mais elle est validée. Des spécialistes d’addictologie viennent d’être informés de la première administration réussie de Nalscue® en France – et ce dans le cadre officiel de son autorisation temporaire d’utilisation (ATU). Le prescripteur est un médecin éclairé du Puy-en-Velay.

Résumons : un patient, en région Auvergne-Rhône-Alpes avait été formé à l’utilisation de Nalscue® (naloxone 0,9 mg/0,1 ml en spray nasal) par son médecin lors de son inclusion dans l’ATU. Il vient de porter secours à un autre usager de drogues en lui administrant Nalscue® suite à une overdose aux opioïdes. L’usager est vivant, son pronostic vital n’est pas engagé.

Puy-en-Velay

C’est là une information à relayer, ne serait-ce que pour continuer à sensibiliser les professionnels de santé et les usagers à l’inclusion dans l’ATU pour avoir accès à ce traitement d’urgence.  C’est aussi la démonstration que, lorsqu’elle se met en place, la lourde machinerie pharmaco-administrative française peut, in fine, sauver des vies.

Et c’est, enfin, l’expression réitérée du regret que cette machinerie n’ait pu, pour des raisons obscures de cabinets, démarrer plus tôt.  Merci au prescripteur du Puy-en-Velay. Ne pas toujours désespérer.

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« Sale race, je vais tuer ta mère… ! ». Urgences du CHU de Nîmes. Deux ans de prison.

 

Bonjour

« Sale race, je vais tuer ta mère… ! ». Proférées à l’encontre d’une médecin urgentiste du CHU de Nîmes (Gard), ces menaces de mort ont valu à leur auteur une condamnation à deux ans de prison, dont un an ferme. La condamnation a été prononcée mardi 7 février par le tribunal correctionnel de Nîmes. L’affaire est rapportée sans emphase par Le Quotidien du Médecin (Guillaume Mollaret) qui, jour après jour, tient la chronique éclairante des violences contre les blouses blanches.

« Sale race, je vais tuer ta mère… ! », donc. Non loin des arènes, l’alcool avait joué son puissant rôle désinhibant et le prévenu, âgé de 38 ans, s’en était pris également aux agents de sécurité du CHU de Nîmes Dans le box des prévenus, K. B. tient debout grâce une béquille, le visage amplement tuméfié. On ne connaît pas le degré présent de l’alcoolémie. Verbe haut et voix claire face à la justice de son pays. K. B. justifie ses menaces. « Elle m’a refusé mon droit à partir et elle tchatchait dans les couloirs. Ça m’a énervé. Comment voulez-vous que le ton ne monte pas ? », dit-il à la présidente du tribunal. La présidente de répond pas. Peut-on, sans difficultés, signer sa pancarte aux urgences de Nîmes ? Une urgentiste peut-elle, sans risques, tchatcher 1 dans les couloirs hospitaliers ?

« Excuses de toutes parts »

Passons sur l’anamnèse (agression préalable à domicile par deux personnes, lors d’un « règlement de compte »-hospitalisation après l’intervention des pompiers à la demande de la police) soins à la tête – plusieurs points de sutures. La médecin urgentiste lui indique qu’il ne peut pas sortir dans l’immédiat, parce qu’il doit faire un scanner, ce grand costaud la menace du poing avant de l’agonir d’injures et de menaces. On saura plus tard que l’alcoolémie était à deux grammes.

Intervention rapide du service de sécurité (également agressé verbalement et physiquement) maîtrise du patient rapidement sédaté et attaché à un lit en attendant son interpellation par la police. Présentation à la justice : l’homme tente finalement un repentir devant le tribunal : « Si elle était présente, je me serais excusé de toutes parts ». L’urgentiste n’entend pas : elle est, précisément, à son poste de travail.

 « On enregistre dans les hôpitaux français une agression verbale ou physique toutes les 30 minutes. On ne peut pas laisser passer les violences sur les personnels soignants », rappelle le vice-procureur. Le prévenu K.B. est placé en détention à l’issue de l’audience. Son casier judiciaire comporte déjà onze condamnations. Le tribunal prononce aussi ne injonction de soins quant à l’addiction à l’alcool.

Grèves aux urgences

En décembre dernier, illustration d’un ras-le-bol massif des salariés du CHU de Nîmes, les agents des urgences avaient décidé de se mettre en grève. « Cela fait six mois qu’on fait des réunions et six mois qu’on n’avance quasiment pas, déplorait Alain Soler (FO) au Midi Libre. 80 % des agents en ont tellement marre qu’ils ont décidé de faire grève. Ils se sont même organisés pour se relayer sur un piquet durant pendant 24 heures. Ils comptent en profiter pour évoquer leur situation avec les gens, devant l’entrée de l’hôpital. Et ils n’excluent pas de prolonger le mouvement pendant les fêtes. »

Motifs de colère : les conditions de travail inadaptées, le manque de personnel, mauvaise qualité de prise en charge des patients. Ces urgences accueillent entre 200 et 220 personnes par jour – contre 140 il y a quelques années. Le personnel demande un aide-soignant et une infirmière en plus, un changement d’organisation pour raccourcir les délais d’attente, et le respect de la vie privée. « Il manque du monde de partout, dans les centres hospitaliers, dans les Ehpad, en psychiatrie, accusait Alain Soler. On nous répond que les moyens ont été accrus mais ce n’est pas ce qu’on constate. »

La direction ? Elle rappelle que le CHU a négocié avec l’ARS une progression de sa masse salariale à + 3 % chaque année. Soit + 10,86 % d’équivalents temps plein (ETP) entre 2012 et 2016, ce qui correspond à 440 postes en plus. » Pour le budget 2017, la direction prévoit la création de 48 postes en année pleine. Combien prévoit-elle d’agressions aux urgences ?

A demain

1 Tchatcher:  Parler abondamment (souvent de façon charmante). « On a tchatché toute la soirée dans un bar à tapas ». De tchatche, argot pied-noir dérivé de l’espagnol cháchara, « conversation animée mais futile » (de charlar, « bavarder »). Un second sens s’est développé par confusion sous l’influence de l’anglais chat.

Généralistes changez de trottoir ! SOS Médecins débarque dans les cœurs de nos villes

 

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« Etre heureux avant d’être vieux ». Ce ne sont pas les « journaux du soir » mais bien, ce matin, La Nouvelle République qui l’annonce : « A Tours, SOS Médecins se renforce en centre-ville » (Pascal Denis). Marisol Touraine, ministre tutélaire, n’est pas annoncée pour l’inauguration de ce « nouveau pôle médical pluridisciplinaire ». Elle eût pu être présente pour dire bon vent à cette « structure inédite ouverte 24 heures sur 24 » – une entreprise privée qui, si tout se passe bien, pourrait déchargée les urgences publiques, source récurrente de polémique.

C’est un évènement tourangeau mais c’est aussi une première nationale. Trente ans après sa création et douze ans après son installation dans l’enceinte du CHU Bretonneau, l’antenne tourangelle de SOS Médecins innove : elle s’installe au cœur même de la vieille cité de César – galerie des allées Béranger (entrée 19, rue de la Dolve), à deux pas de la mythique place Jean-Jaurès (« place du Palais » pour les intimes).

Première nationale pour les plus modestes

« Pour le réseau d’urgence et de permanence des soins, il s’agit d’un changement de taille. Longtemps confiné dans des locaux étroits et vétustes dans les oubliettes du CHU, le groupement médical disposera désormais d’un vaste plateau de 600 m2, en plein centre-ville, regroupant trois cabinets de médecine générale, un secrétariat ouvert de 8 h à 22 h, mais aussi un service de soins infirmiers et (d’ici quelques semaines) un laboratoire d’analyses biologiques et un cabinet de radiologie-échographie. L’antenne tourangelle de SOS Médecins est ainsi la première en France à proposer à la population un pôle de prise en charge pluridisciplinaire. De surcroît, cette structure inédite assurera une permanence des soins, tous les jours, 24 heures sur 24. »

Pour le Dr Paul Phu, président du groupement SOS Médecins à Tours l’objectif est clair : « Notre volonté est de créer un véritable pôle d’urgence de proximité en centre-ville ». Il évoque, vers le sud de la ville, l’engorgement du service hospitalier au CHU Trousseau et le prochain départ (difficilement compréhensible)  de la réputée clinique Saint-Gatien vers le nord.

En s’installant au cœur de la ville, à l’ombre du Palais de Justice, l’ambition de SOS Médecins est « d’offrir des soins de qualité dans des locaux plus accueillants, notamment pour les patients les plus modestes ». Oui, vraiment, Marisol Touraine eût pu honorer de sa présence une telle entreprise.

A demain