Coronavirus : l’affolement menace, la métaphore de l’incendie, la quarantaine en question

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25 janvier 2020, l’affaire se structure déjà en feuilleton pré-catastrophe. Trois premiers cas en France. Le virus progresse en Chine et « à l’international ». La grande métropole de Wuhan, épicentre chinois de l’épidémie, est depuis deux jours « coupée du reste du monde » – ou presque. La zone de confinement vient d’être été élargie à 56 millions de personnes, soit pratiquement toute la province du Hubei.

« Les trains sont à quai, les autoroutes fermées, précise l’AFP. En dehors du Hubei, les autorités ont annoncé la mise en place de mesures de dépistage du virus dans tout le pays. Le 24 janvier 450 médecins et autre personnel médical de l’Armée populaire de libération (APL) sont arrivés par avion pour intensifier la lutte contre le virus. Certains d’entre eux ont l’expérience du virus Ebola et du Sras, un virus similaire au coronavirus qui a contaminé près de 1 300 de personnes et fait 41 morts dans toute la Chine, selon le dernier bilan livré par les autorités chinoises. Sur le total des malades, 237 sont dans un état critique, d’après les chiffres officiels. »

L’agence de presse Chine nouvelle a précisé que les militaires, qui appartiennent aux armées de terre, de l’air et à la marine, étaient arrivés vendredi soir. Ils doivent être répartis dans les hôpitaux de la ville qui accueillent un grand nombre de patients de la pneumonie virale. Parmi eux figurent des spécialistes des maladies respiratoires et infectieuses, des maladies nosocomiales et des soins intensifs.

A Paris, Agnès Buzyn n’a pas craint, au risque d’ajouter à l’affolement, d’user de la métaphore de l’incendie. « Nous avons aujourd’hui les premiers cas européens, probablement parce que nous avons mis au point le test très rapidement et que nous sommes capables de les identifier, a-t-elle déclaré. Il faut traiter une épidémie comme on traite un incendie, très vite repérer la source » et la « circonscrire le plus vite possible. »

Un point-presse quotidien est prévu par le ministère de la Santé. Et la question est d’ores et déjà soulevée de savoir si Mme Buzyn pourra raisonnablement continuer à être sur tous les fronts : épidémie naissante, réforme des retraites, crise de l’hôpital – sans parler de la course à la mairie de Paris.

Régimes autoritaires et mise en quarantaine

Toujours en France, il faut lire Libération (Eloïse Bussy) : « Coronavirus : «On sait que la quarantaine est inefficace» ». Patrick Zylberman, « historien de la santé » réputé 1 ( également professeur émérite à l’Ecole des hautes études en santé publique) y traite du concept de « quarantaine » et de ses limites. Un sujet essentiel au vu de ce qui se trame aujourd’hui en Chine. Ecoutons-le :  

« La mesure était déjà expérimentée aux XIVe et XVe siècles en Italie, dans les villes où se propageait la peste. Aujourd’hui, cette maladie peut se soigner avec des antibiotiques, mais cette mesure reste appliquée dans certains pays où elle n’est pas encore bien prise en charge.

« On sait depuis cent cinquante ans que la mesure n’est pas efficace, car il y a toujours des personnes qui cherchent à quitter le territoire. C’est une décision impraticable, faite pour être enfreinte. Ce qui peut fonctionner, c’est le confinement à domicile. Ce fut le cas en 2003 dans un secteur de Singapour, une ville très hygiéniste, pour lutter contre une épidémie de SRAS. On a menacé les habitants de leur mettre un bracelet électronique s’ils sortaient de chez eux. Des équipes distribuaient chaque jour de la nourriture aux habitants confinés. La mesure a duré quelques semaines.

En 1916, il y a eu une mise en quarantaine dans plusieurs petites villes américaines au nord de New York après une épidémie de poliomyélite. La mesure a duré plusieurs semaines, et ce qui devait arriver arriva : il y a eu des troubles. »

Patrick Zylberman rappelle aussi qu’il n’y a jamais eu de mesure similaire prise dans l’Hexagone. « Cela a failli être le cas en 1955 après des cas de variole dans le Morbihan, mais les autorités ont renoncé. Les préfets ont, depuis 2003, la capacité de décider d’une zone d’exclusion si un nombre significatif de cas est détecté. En Chine une telle mesure avait déjà été prise en 2003, également pour des cas de SRAS. Les autorités chinoises aiment cette solution. Il existe d’ailleurs une thèse, qui date de 1848 et qui est discutée, qui dresse un lien entre les régimes autoritaires et la mise en quarantaine. C’est une mesure qui permet de rassurer les gouvernements. »

A demain @jynau

1 On peut également, avec le plus grand intérêt, l’écouter sur France Culture (25 janvier 2020)

Coronavirus : les trois premiers cas en France ! Attention, urgence : n’appelez que le 15 !

Bonjour

C’était immanquable, c’est fait : les trois premiers cas de contamination par le « 2019 n-CoV » ont été confirmés en France. L’annonce en a été réservée, vendredi 24 janvier, à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Il s’agit aussi des premiers cas européens, a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse tenue en urgence, précisant que l’un des malades était hospitalisé à Bordeaux et les deux autres à Paris.

Le patient de Bordeaux est un Français de 48 ans d’origine chinoise, actuellement placé à l’isolement au CHU de Bordeaux. Il a été pris en charge le 23 janvier par SOS Médecins Bordeaux avec des symptômes grippaux classiques de fièvre et de toux.

Lors de cette consultation, le médecin lui a demandé s’il avait voyagé récemment, selon le récit de SOS Médecins publié sur Facebook. Celui-ci a déclaré revenir des Pays-Bas mais qu’il venait aussi de séjourner en Chine, dans la province de Wuhan. 

« Instantanément », le médecin est passé « en mode urgence absolue » : masque, isolement. En collaboration avec le SAMU de Gironde, le patient a été hospitalisé au CHU de Bordeaux pour bilan et observation. Un point d’information quotidien sera effectué par le ministère.

Agnès Buzyn a, sans surprise, déclaré être « extrêmement attentive » à l’évolution de la situation. Selon elle « nous aurons probablement d’autres cas ». Elle estime qu’il n’est pas possible de contrôler les « multiples voies » pour revenir de Chine : « On voit bien la difficulté, dans un monde comme le nôtre, de fermer les frontières, ça n’est en réalité pas possible. »

Dont acte. Et ensuite ? « Le moment est crucial, estime le Dr Agnès Ricard-Hibon, présidente de la Société française de médecine d’urgence (SFMU) et chef de service du SAMU 95, cité par Le Quotidien du Médecin . La transmission humaine est avérée par voie aéroportée ou manuelle. La population doit avoir le réflexe de faire le 15, plutôt qu’aller aux urgences ou dans les cabinets médicaux et prendre le risque de contamination en salle d’attente. On a la capacité d’éviter toute propagation en France en repérant très tôt les premiers cas possibles. »

Fièvre, courbatures, asthénie, symptômes respiratoires, toux, sueurs...

De même, lors d’une demande de rendez-vous au téléphone, les médecins traitants et leur secrétariat doivent réorienter leurs patients vers le 15 devant toute suspicion. « Il s’agit de patients de retour de voyage ou en contact avec quelqu’un de retour de voyage, en particulier en provenance de l’épicentre épidémique de Wuhan, poursuit le Dr Ricard-Hibon. Les symptômes ne sont pas spécifiques : fièvre, courbatures, asthénie, symptômes respiratoires, toux, sueurs… Au moindre doute, faire le 15. À l’aide de questionnaires très précis, prenant en compte notamment la chronologie et la géolocalisation, les patients sont classifiés en cas possibles ou exclus, explique-t-elle. Si le cas est possible et sans signe de gravité, des ambulanciers volontaires équipés sont habilités à assurer le transfert. S’il y a des signes de gravité, ce sont les équipes du SAMU qui viennent sur place. »

Et si, malgré tout, un patient vient consulter au cabinet d’un médecin ? Alors le port du masque est recommandé pour le patient et le soignant, le temps que le classement se fasse au téléphone par le SAMU. « Le patient doit être mis en isolement tant que le diagnostic n’est pas exclu. »

Ce n’est pas tout. Pour le Dr Ricard-Hibon, les détecteurs de fièvre sont « une fausse sécurité ». Certains patients ne sont pas repérés car ils sont encore en incubation ou ont pris un antipyrétique, comme le paracétamol. Les mesures d’information de la population sont capitales. En France, le dispositif du 15 est très bien organisé depuis les dernières alertes sanitaires. Dans la grande majorité des cas, le diagnostic est exclu et cela permet de rassurer. C’est le réflexe essentiel à avoir dans ce contexte en France. » 

A demain @jynau

L’urgentiste de Vire est condamné à dix mois de prison: son jeune patient s’était suicidé

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Lu dans La Manche Libre du 22 janvier 2020 : « Un homme de 55 ans a été jugé pour non-assistance à personne en danger. Urgentiste à l’époque, il n’avait pas pris assez rapidement le patient suicidaire en charge. Le jeune homme s’est effectivement suicidé dans la nuit sans que sa fuite du centre hospitalier ne soit signalée.

Dans la nuit du 18 au 19 octobre 2012, un homme se présente aux urgences de l’hôpital de Vire, en faisant part de ses envies suicidaires. Le médecin urgentiste de garde choisit néanmoins de finir de remplir ses dossiers administratifs en cours. Lorsqu’il veut s’en occuper, le patient est parti de l’hôpital sans que sa fuite soit signalée à qui de droit. Il se suicidera en sautant sur les voies ferrées au passage d’un train. Le 17 décembre 2019, le tribunal correctionnel de Caen a traité cette affaire de non-assistance à personne en danger, et l’a mise en délibéré au 16 janvier 2020.

L’ancien urgentiste de 55 ans écope de dix mois de prison avec sursis, peine qui ne figurera pas sur son casier judiciaire B2. »

Il y a un an on pouvait retrouver l’hôpital de Vire dans La Voix-le-bocage : « Une page se tourne à l’hôpital de Vire Normandie. Cette fois, les choses sont claires, Vire Normandie (Calvados) n’a plus d’hôpital général. C’est la filière gériatrique qui va notamment se développer. » Un an plus tard, à lire son annuaire, il ne semble pas que ce soit vraiment le cas.

A demain @jynau

Opération coagulation : «oubliés», les médecins généralistes vont bientôt fermer leurs cabinets

Bonjour

C’est un nouveau front qui menace Agnès Buzyn, ministre fragilisée. En charge des « retraites » et confrontée au séisme hospitalier la voici menacée par les médecins généralistes libéraux qui redoutent (à juste titre) d’être les dindons d’une triste farce. Réunie le 7 décembre l’Assemblée Générale de MG France a voté unanimement la fermeture des cabinets dès le samedi 14 décembre. Slogan : « 14 décembre, continuité des soins, samedis noirs ». Pourquoi ?

« L’Assemblée Générale de MG France, réunie à Paris ce samedi 7 décembre, a constaté l’absence des moyens nécessaires pour organiser la continuité des soins.  Sans moyens  disponibles pour la régulation, l’organisation d’un service d’accès aux soins ambulatoires est un marché de dupes. Sans aménagement des horaires, comment penser que les généralistes pourront dégager le temps nécessaire pour libérer des créneaux dans des emplois du temps chargés ? 

«  Les difficultés d’accès aux soins de nos concitoyens sur les territoires, conséquences d’une mauvaise organisation de notre système de santé, conduisaient en septembre la ministre de la santé à lancer un pacte pour la refondation des urgences et un service d’accès aux soins qui devra être disponible le 30 juin prochain sur tout le territoire. Ce service d’accès aux soins est un défi pour les professionnels de santé ambulatoires parce qu’il s’agit d’une responsabilité collective territoriale qui n’entrait pas jusqu’à maintenant dans le cadre de leurs missions. 

Sans rémunération des effecteurs, comment motiver les professionnels à effectuer ce travail supplémentaire ? »

« Les médecins de famille estiment être les grands oubliés des mesures annoncée à la fin du mois de novembre par Agnès Buzyn pour calmer la crise des urgences, résume Le Figaro (Jean-Baptiste de la Torre) Le syndicat souhaite ‘’sensibiliser’’ le gouvernement sur ‘’ce qui arriverait si les médecins généralistes n’étaient plus en mesure d’assumer la continuité des soins’’, alors qu’Agnès Buzyn avait exprimé sa volonté de s’appuyer sur eux pour soulager les services hospitaliers.

Manque de moyens financiers, incapacité de l’exécutif à prendre en compte de la réalité du terrain… «Le gouvernement annonce partout qu’il va mettre en place sur toute la France un service d’accès aux soins permanent à partir du 30 juin prochain, il nous demande de faire plus, alors que nous sommes débordés et que cela demande de l’organisation. Mais le gouvernement ne veut rien mettre sur la table, explique au Parisien Jacques Battistoni, président de MG France qui appelle les autres syndicats médicaux à rejoindre le mouvement.Le pacte de refondation des urgences prévoit 100 millions à partager entre la médecine de ville et les Samu, ça fait 1,50 euro par habitant à se partager.  Autant dire rien.»

Opération coagulation : «Ce mouvement est susceptible de s’étendre si le signal lancé par ces ‘’samedis noirs de la médecine générale’’ n’est pas entendu». Un nouveau front s’ouvre.

A demain @jynau

Le SAMU a-t-il vraiment «raccroché trois fois»? Mourir à 54 ans d’une rupture de l’aorte à Nancy.

Bonjour

C’était il y a deux ans. Naomi Musenga, 22 ans, était décédée aux urgences de l’hôpital de Strasbourg, après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du Samu. Deux enquêtes, judiciaire et administrative avaient été ouvertes. L’affaire avait suscité une immense émotion en France et entraîné une réforme de la formation des assistants de régulation médicale du Samu.

On apprend aujourd’hui que parquet de Nancy a ouvert une enquête pour « recherche des causes de la mort » et visant la prise en charge par le Samu de la ville d’un homme décédé le 6 novembre, a indiqué mercredi 13 novembre à l’AFP le procureur de la République.

Selon une amie de cet homme âgé de 54 ans, ce Samu a raccroché à trois reprises en l’espace d’un quart d’heure alors qu’elle-même et le malade, résidant à Dombasle-sur-Meurthe, à une quinzaine de kilomètres de Nancy, tentaient d’obtenir de l’aide, a rapporté L’Est Républicain (Alain Thiesse), révélant l’affaire. Selon le quotidien régional, au terme d’un quatrième appel, les pompiers qui avaient transmis les trois premiers au Samu, se sont eux-mêmes déplacés. Le patient, qui souffrait de fortes douleurs à la poitrine et dont l’état de santé ne cessait de se dégrader, a fait un arrêt cardiaque et n’a pu être ranimé – et ce en dépit de l’arrivée d’une équipe du Samu, venue finalement en renfort.

Saisie et exploitation de l’enregistrement de la régulation

L’amie de l’homme décédé a raconté à L’Est Républicain ses appels au Samu. «On me demande alors si je suis médecin avant de m’entendre dire :  »Vous n’allez pas faire le diagnostic à ma place ». On m’explique qu’il s’agit d’une grippe et qu’il faut l’emmener chez son médecin traitant. Et puis ça raccroche», a-t-elle relaté au sujet du premier appel.

Trois minutes plus tard, deuxième appel. Cette fois, c’est la victime en personne qui se saisit du téléphone portable. « Il a parlé avec le Samu et je l’ai entendu dire : ‘’Il a raccroché !’’ », indique-t-elle avant un… troisième appel. « Le 18 me passe à nouveau le 15 mais ça raccroche encore ! », reprend-elle. Durant ces trois appels qui s’inscrivent dans un créneau de 15 minutes, l’état du quinquagénaire, qui rentrait d’un voyage en Chine, s’est fortement dégradé. « Mais il était toujours conscient ». Un quatrième appel d’urgence est lancé, toujours sur le 18. « Là, j’ai haussé le ton. Et cette fois, on ne m’a pas passé le Samu ! Et trois pompiers sont arrivés », déclare-t-elle enfin au quotidien régional.

Interrogée par l’AFP, l’Agence régionale de santé (ARS) Grand Est a indiqué avoir ouvert de son côté une enquête administrative qui donnera lieu «à une inspection dans les prochains jours». «Une enquête interne, en lien avec l’ARS est en cours», devant permettre «d’analyser les conditions de prise en charge du patient», a également indiqué à l’AFP le Centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Nancy.

Une autopsie médico-légale a permis de préciser l’origine du décès : une rupture de l’aorte. Et le procureur a précisé que les enquêteurs procéderont à la saisie et à l’exploitation de l’enregistrement de la régulation du SAMU.

A demain @jynau

Né en 1923, le Pr Louis Lareng, créateur éclairé du premier SAMU français, vient de décéder

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Un grand servant de la médecine. C’était un descendant du baron Dominique-Jean Larrey, père de la médecine d’urgence et, sous Napoléon, promoteur des premières « ambulances volantes » (voitures à chevaux transportant deux à quatre blessés) : dispenser les premiers soins le plus tôt possible au plus près des victimes ; rapatrier ces dernières au plus vite dans un espace hospitalier.

Né le 8 avril 1923 à Ayzac-Ost (Haute-Pyrénées) le Pr Louis Lareng avait connu les premières heures de l’anesthésie-réanimation. Avant de créer sous ce nom, en 1968 à Toulouse, le premier service d’aide médicale urgente (SAMU) avec le Dr Madeleine Bertrand. Comme quelques autres esprits éclairés « il avaient fait le constat de la surprenante disproportion entre les moyens mis en œuvre lors de l’arrivée à l’hôpital d’un malade ou d’un blessé grave, et ceux toujours très sommaires ou archaïques utilisés avant la phase hospitalière dans les longues minutes qui suivent l’accident ou le malaise ».

Ces médecins trouvent alors des ambulances, les équipent à grande peine avec du matériel récupéré dans les unités hospitalières et se mettent à la disposition des services publics de secours, gendarmerie, police ou pompiers. Cette innovation fut d’emblée perçue comme dérangeante (comme oser transporter l’Hôpital hors les murs ? ) 1. Avant de devenir indispensable et, parfois, victime de son succès. Elle fut consacrée en 1986 lorsque Louis Lareng, devenu député (socialiste, Haute-Garonne), fera adopter la « loi Lareng sur la médecine d’urgence et les transports sanitaires ».

Depuis 1989, visant toujours plus loin, le Pr Lareng présidait la Société européenne de télémédecine et e-santé. Sur Twitter, plusieurs personnalités lui ont rendu hommage. Comme l’ancien premier vice-président de l’Ordre des médecins, le Dr Jacques Lucas, qui a salué « un homme engagé plein d’humour, combatif et grand humaniste ». On ne dira pas mieux.

A demain @jynau

1 On se reportera avec grand intérêt rétrospectif à la tribune du Pr Louis Lareng publiée dans Le Monde du 9 février 1977: « Une planification de l’urgence »

Voici pourquoi, au temps revenu des châtaignes, mieux vaut ne plus tirer les marrons du feu

Bonjour

La France est un pays riche. On y trouve notamment une Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Une Anses qui trouve les hommes, le temps et l’argent pour nous parler des marrons en automne. Tout ceci pour prévenir les confusion et réduire les risques devant l’âtre.

« Dès le début de l’automne, nous apprend l’Anses en ces temps de vendanges, les confusions de marrons d’Inde, qui poussent et tombent du marronnier, avec des châtaignes que l’on ramasse du châtaignier, sont fréquentes. » Or dans une étude de l’Anses sur les « confusions des plantes » (centres antipoison de 2012 à 2018) les confusions marrons-châtaignes représentaient 11% des confusions (toutes saisons confondues) et étaient les plus fréquentes (du moins après les confusions de plantes à bulbes, 12%).

« En effet, même si on parle couramment de ‘’ marrons’’, de ‘’marrons glacés’’, ou encore de ‘’crème’’ ou ‘’purée de marrons’’, il s’agit en fait d’une variété de grosses châtaignes cultivées pour leur consommation, nous raconte la précieuse Anses.  Si les châtaignes, cultivées ou sauvages, sont comestibles, les marrons d’Inde sont eux toxiques, et peuvent entraîner des troubles digestifs tels que des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, ou des irritations de la gorge…

Soyez vigilants et bonne dégustation !

Mais comment, direz-vous, distinguer les marrons d’Inde des châtaignes ? L’Anses vous répond : observez leur forme, et celle de la « capsule » qui les renferme : celle des châtaignes, appelée « bogue », est brune, hérissée de nombreux et longs piquants, et contient 2 à 3 châtaignes à la fois, plutôt petites, aplaties et triangulaires ; celle des marrons d’Inde est épaisse, verte, pourvue de petits pics espacés et courts, et contient généralement un seul marron, plus gros et arrondi.

Vous êtes en ville ou dans les bois ? Regardez où sont implantés les arbres et comment sont leurs feuilles : les marronniers sont dans les villes, les parcs, les allées et les cours d’école… tandis que les châtaigniers sont dans les bois, les forêts ou les vergers ; les feuilles du marronnier sont composées chacune de plusieurs « petites feuilles » (folioles) de forme ovale, qui donnent à l’ensemble de la feuille un aspect palmé, alors que les feuilles du châtaignier sont simples sans foliole et allongées.

Voici pourquoi, au temps des châtaignes, vous ne devez plus tirer les marrons du feu (possible lecture politique contemporaine). « Soyez vigilants et bonne dégustation ! » nous dit encore l’Anses. Sans oublier, esprit d’escalier : conserver les restes de repas ou une photographie de la récolte pour faciliter l’identification en cas d’intoxication. En cas d’urgence médicale, appeler le 15 ou consulter aux urgences. En cas de signes d’intoxication (troubles digestifs…), appeler un centre antipoison ou consulter un médecin.

A demain @jynau