Violences aux urgences : un patient brise la jambe d’un médecin de l’hôpital de Soissons

 

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Poids des symboles, signifiant des faits divers. Le Dr Marc Moukanni, praticien du centre hospitalier de Soissons a été agressé le samedi 18 février aux urgences de l’hôpital. C’est L’Union qui rapporte l’affaire.

« Ce samedi matin, aux environs de 7 heures, un patient a agressé un médecin aux urgences de l’hôpital de Soissons. Il a été frappé d’un coup de poing qui l’a fait tomber. À terre, il a pris un coup de pied qui lui a fracturé la jambe droite. ‘’Il s’est présenté avec une éraflure superficielle à l’avant-bras, raconte le Dr Marc Moukanni. Je lui ai donné une ordonnance de médicaments et lui ai dit d’attendre 8h30 : s’il avait encore mal, on lui ferait une radio’’

Le « patient », 26 ans, s’est énervé et a porté un coup au médecin au visage et à la jambe droite. Le médecin souffre depuis d’une hémorragie conjonctivale (œil gauche) et d’une fracture du membre inférieur droit. L’Union précise que 45 jours d’incapacité totale de travail lui ont été prescrits. C’est bien le moins.

Désinhibitions alcooliques

Une enquête est ouverte. Le médecin a porté plainte et a été entendu. Placé en garde à vue l’agresseur était en état d’ébriété. Il a expliqué plus tard qu’il était en état d’ivresse en revenant d’une soirée lors de laquelle il s’était fait une éraflure au bras. Placé sous contrôle judiciaire il recevra prochainement une convocation devant tribunal correctionnel. Le Dr Moukanni a porté plainte et le centre hospitalier s’est porté partie civile. Une rencontre avec les équipes médicales est prévue le 23 février « pour libérer la parole après cet événement ».

Depuis quand la désinhibition inhérente aux imprégnations alcooliques conduit-elle à frapper de la sorte les médecins qui prennent en charge les alcoolisés des urgences ? Le cas de Soissons est-il une première ? Poids des symboles, signifiant des faits divers.

A demain

Overdose : première personne officiellement sauvée en France après Nalscue® à domicile

 

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Ne pas toujours désespérer. L’information n’est pas encore officielle mais elle est validée. Des spécialistes d’addictologie viennent d’être informés de la première administration réussie de Nalscue® en France – et ce dans le cadre officiel de son autorisation temporaire d’utilisation (ATU). Le prescripteur est un médecin éclairé du Puy-en-Velay.

Résumons : un patient, en région Auvergne-Rhône-Alpes avait été formé à l’utilisation de Nalscue® (naloxone 0,9 mg/0,1 ml en spray nasal) par son médecin lors de son inclusion dans l’ATU. Il vient de porter secours à un autre usager de drogues en lui administrant Nalscue® suite à une overdose aux opioïdes. L’usager est vivant, son pronostic vital n’est pas engagé.

Puy-en-Velay

C’est là une information à relayer, ne serait-ce que pour continuer à sensibiliser les professionnels de santé et les usagers à l’inclusion dans l’ATU pour avoir accès à ce traitement d’urgence.  C’est aussi la démonstration que, lorsqu’elle se met en place, la lourde machinerie pharmaco-administrative française peut, in fine, sauver des vies.

Et c’est, enfin, l’expression réitérée du regret que cette machinerie n’ait pu, pour des raisons obscures de cabinets, démarrer plus tôt.  Merci au prescripteur du Puy-en-Velay. Ne pas toujours désespérer.

A demain

« Sale race, je vais tuer ta mère… ! ». Urgences du CHU de Nîmes. Deux ans de prison.

 

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« Sale race, je vais tuer ta mère… ! ». Proférées à l’encontre d’une médecin urgentiste du CHU de Nîmes (Gard), ces menaces de mort ont valu à leur auteur une condamnation à deux ans de prison, dont un an ferme. La condamnation a été prononcée mardi 7 février par le tribunal correctionnel de Nîmes. L’affaire est rapportée sans emphase par Le Quotidien du Médecin (Guillaume Mollaret) qui, jour après jour, tient la chronique éclairante des violences contre les blouses blanches.

« Sale race, je vais tuer ta mère… ! », donc. Non loin des arènes, l’alcool avait joué son puissant rôle désinhibant et le prévenu, âgé de 38 ans, s’en était pris également aux agents de sécurité du CHU de Nîmes Dans le box des prévenus, K. B. tient debout grâce une béquille, le visage amplement tuméfié. On ne connaît pas le degré présent de l’alcoolémie. Verbe haut et voix claire face à la justice de son pays. K. B. justifie ses menaces. « Elle m’a refusé mon droit à partir et elle tchatchait dans les couloirs. Ça m’a énervé. Comment voulez-vous que le ton ne monte pas ? », dit-il à la présidente du tribunal. La présidente de répond pas. Peut-on, sans difficultés, signer sa pancarte aux urgences de Nîmes ? Une urgentiste peut-elle, sans risques, tchatcher 1 dans les couloirs hospitaliers ?

« Excuses de toutes parts »

Passons sur l’anamnèse (agression préalable à domicile par deux personnes, lors d’un « règlement de compte »-hospitalisation après l’intervention des pompiers à la demande de la police) soins à la tête – plusieurs points de sutures. La médecin urgentiste lui indique qu’il ne peut pas sortir dans l’immédiat, parce qu’il doit faire un scanner, ce grand costaud la menace du poing avant de l’agonir d’injures et de menaces. On saura plus tard que l’alcoolémie était à deux grammes.

Intervention rapide du service de sécurité (également agressé verbalement et physiquement) maîtrise du patient rapidement sédaté et attaché à un lit en attendant son interpellation par la police. Présentation à la justice : l’homme tente finalement un repentir devant le tribunal : « Si elle était présente, je me serais excusé de toutes parts ». L’urgentiste n’entend pas : elle est, précisément, à son poste de travail.

 « On enregistre dans les hôpitaux français une agression verbale ou physique toutes les 30 minutes. On ne peut pas laisser passer les violences sur les personnels soignants », rappelle le vice-procureur. Le prévenu K.B. est placé en détention à l’issue de l’audience. Son casier judiciaire comporte déjà onze condamnations. Le tribunal prononce aussi ne injonction de soins quant à l’addiction à l’alcool.

Grèves aux urgences

En décembre dernier, illustration d’un ras-le-bol massif des salariés du CHU de Nîmes, les agents des urgences avaient décidé de se mettre en grève. « Cela fait six mois qu’on fait des réunions et six mois qu’on n’avance quasiment pas, déplorait Alain Soler (FO) au Midi Libre. 80 % des agents en ont tellement marre qu’ils ont décidé de faire grève. Ils se sont même organisés pour se relayer sur un piquet durant pendant 24 heures. Ils comptent en profiter pour évoquer leur situation avec les gens, devant l’entrée de l’hôpital. Et ils n’excluent pas de prolonger le mouvement pendant les fêtes. »

Motifs de colère : les conditions de travail inadaptées, le manque de personnel, mauvaise qualité de prise en charge des patients. Ces urgences accueillent entre 200 et 220 personnes par jour – contre 140 il y a quelques années. Le personnel demande un aide-soignant et une infirmière en plus, un changement d’organisation pour raccourcir les délais d’attente, et le respect de la vie privée. « Il manque du monde de partout, dans les centres hospitaliers, dans les Ehpad, en psychiatrie, accusait Alain Soler. On nous répond que les moyens ont été accrus mais ce n’est pas ce qu’on constate. »

La direction ? Elle rappelle que le CHU a négocié avec l’ARS une progression de sa masse salariale à + 3 % chaque année. Soit + 10,86 % d’équivalents temps plein (ETP) entre 2012 et 2016, ce qui correspond à 440 postes en plus. » Pour le budget 2017, la direction prévoit la création de 48 postes en année pleine. Combien prévoit-elle d’agressions aux urgences ?

A demain

1 Tchatcher:  Parler abondamment (souvent de façon charmante). « On a tchatché toute la soirée dans un bar à tapas ». De tchatche, argot pied-noir dérivé de l’espagnol cháchara, « conversation animée mais futile » (de charlar, « bavarder »). Un second sens s’est développé par confusion sous l’influence de l’anglais chat.

Généralistes changez de trottoir ! SOS Médecins débarque dans les cœurs de nos villes

 

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« Etre heureux avant d’être vieux ». Ce ne sont pas les « journaux du soir » mais bien, ce matin, La Nouvelle République qui l’annonce : « A Tours, SOS Médecins se renforce en centre-ville » (Pascal Denis). Marisol Touraine, ministre tutélaire, n’est pas annoncée pour l’inauguration de ce « nouveau pôle médical pluridisciplinaire ». Elle eût pu être présente pour dire bon vent à cette « structure inédite ouverte 24 heures sur 24 » – une entreprise privée qui, si tout se passe bien, pourrait déchargée les urgences publiques, source récurrente de polémique.

C’est un évènement tourangeau mais c’est aussi une première nationale. Trente ans après sa création et douze ans après son installation dans l’enceinte du CHU Bretonneau, l’antenne tourangelle de SOS Médecins innove : elle s’installe au cœur même de la vieille cité de César – galerie des allées Béranger (entrée 19, rue de la Dolve), à deux pas de la mythique place Jean-Jaurès (« place du Palais » pour les intimes).

Première nationale pour les plus modestes

« Pour le réseau d’urgence et de permanence des soins, il s’agit d’un changement de taille. Longtemps confiné dans des locaux étroits et vétustes dans les oubliettes du CHU, le groupement médical disposera désormais d’un vaste plateau de 600 m2, en plein centre-ville, regroupant trois cabinets de médecine générale, un secrétariat ouvert de 8 h à 22 h, mais aussi un service de soins infirmiers et (d’ici quelques semaines) un laboratoire d’analyses biologiques et un cabinet de radiologie-échographie. L’antenne tourangelle de SOS Médecins est ainsi la première en France à proposer à la population un pôle de prise en charge pluridisciplinaire. De surcroît, cette structure inédite assurera une permanence des soins, tous les jours, 24 heures sur 24. »

Pour le Dr Paul Phu, président du groupement SOS Médecins à Tours l’objectif est clair : « Notre volonté est de créer un véritable pôle d’urgence de proximité en centre-ville ». Il évoque, vers le sud de la ville, l’engorgement du service hospitalier au CHU Trousseau et le prochain départ (difficilement compréhensible)  de la réputée clinique Saint-Gatien vers le nord.

En s’installant au cœur de la ville, à l’ombre du Palais de Justice, l’ambition de SOS Médecins est « d’offrir des soins de qualité dans des locaux plus accueillants, notamment pour les patients les plus modestes ». Oui, vraiment, Marisol Touraine eût pu honorer de sa présence une telle entreprise.

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L’étrange histoire de Marisol Touraine en visite dans un « service d’urgence Potemkine »

 

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L’affaire couvait, voici qu’elle perce. « La ministre aux urgences : comme un malaise… » titre, à la Une, l’édition dominicale de La Nouvelle République du Centre Ouest (Pascal Denis). La ministre, c’est Marisol Touraine, élue députée d’Indre-et-Loire très fréquemment en visite dans son « fief électoral ». Les urgences, ce sont celles du CHU de Tours où la ministre de la Santé était en visite il y a quelques jours pour savoir ce qu’il en était de la situation hospitalière face à l’épidémie de grippe. Marisol Touraine s’était alors réjouie de la « maîtrise » de la situation tourangelle. Or voici qu’une autre réalité, syndicale, prend le pas sur le satisfecit ministériel. C’est cette réalité que rapporte le quotidien régional :

« En fin de semaine dernière, alors que l’épidémie de grippe semait la panique dans de nombreux hôpitaux saturés, la ministre de la Santé a effectué une visite (surprise et éclair) aux urgences du CHU de Tours pour vérifier que ses consignes étaient bien appliquées. Dans un calme apparent, Marisol Touraine a constaté que la situation était « bien maîtrisée », selon les termes de la directrice, qui avait déclenché quelques heures plus tôt une cellule de crise pour dégager des lits supplémentaires dans les services. Au terme de sa visite, la ministre pouvait donc repartir rassérénée. »

Avant les vœux

La ministre avait fait une halte aux urgences sur le chemin qui la conduisait vers une charmante petite commune de sa circonscription (Reignac) où elle allait présenter ses vœux (et faire quelques confidences) à la population. La Nouvelle République était là :

« Marisol Touraine a fait étape à l’hôpital Trousseau pour constater que la mobilisation avait porté ses fruits et que la situation était effectivement « maîtrisée », selon les termes de la directrice Marie-Noëlle Gérain Breuzard. Elle a aussi pu vérifier que la situation aux urgences du CHU de Tours avait positivement évolué depuis sa dernière visite en 2014.

« A l’époque, la moitié des médecins urgentistes menaçaient de démissionner devant l’engorgement permanent du service. Depuis, un poste de gestionnaire de lit a été nommé au sein de l’établissement et 29 lits supplémentaires ont été créés en médecine communautaire et en unité d’hospitalisation temporaire. « Désormais, le CHU de Tours a des urgences à la hauteur de son activité », s’est réjoui la ministre de la Santé. Qui n’y est sans doute pas pour rien. »

Las, dans les jours qui ont suivi trois syndicats – la CGT, Sud et FO – ont soupçonné et accusé les autorités d’avoir détourné les admissions aux urgences du CHU (Trousseau) vers d’autres établissements afin d’offrir à la ministre une vision tronquée de la réalité quotidienne.

Urgences propres et aseptisées

Résumé de Sud : « Parce que Marisol Touraine vient, on lui vide les urgences. C’était propre, ça sentait bon et c’était aseptisé. Sauf que depuis plusieurs semaines, le temps d’attente était parfois de cinq-six heures sur les brancards ». Analyse partagée par le syndicat CFTC des sapeurs-pompiers d’Indre-et-Loire, qui dénonce lui aussi un véritable « bouchon sanitaire » aux urgences de Trousseau. Statistiques à l’appui, ce syndicat affirme que le délai d’attente des ambulanciers avant prise en charge atteint ou dépasse 45 minutes dans 60 % des cas. Le record s’établit à 5 heures 42. Commentaire de ce syndicat :

« Ce n’est concevable, ni pour les victimes ni pour la continuité des secours. Quand toutes nos ambulances sont bloquées, qui assure les interventions ? Aujourd’hui, nous avons des sapeurs volontaires et des employeurs qui ne veulent plus subir cela. Cela pose un réel problème pour la sécurité civile ». 
Selon le président des pompiers CFTC, la situation aux urgences de Trousseau est loin de s’être améliorée depuis deux ans, contrairement à ce qu’affirment la direction du CHU et la ministre. « La réorganisation interne qui est évoquée, c’est de la poudre aux yeux. J’invite Madame Touraine à nous rencontrer. Elle verra que la réalité du terrain est tout autre », affirme le pompier, qui assure avoir le soutien de sa hiérarchie.
L’impératrice Catherine II

Responsables des urgences du CHU depuis mai 2015, le Pr Saïd Laribi ne conteste pas les problèmes que peuvent rencontrer les pompiers, tout en relativisant les chiffres avancés par la CFTC. « L’an dernier, nous avons enregistré 52.000 passages aux urgences de Trousseau. Ce chiffre est en hausse de 15 % depuis 2013. Actuellement, le temps médian de triage des malades est d’une trentaine de minutes et la moitié des patients sont vus par un médecin dans les deux heures », assure le chef de service, en indiquant qu’un groupe de travail a été créé il y a six mois pour optimiser l’accueil du public.

Où est la stricte vérité ? Les syndicats sont-ils dans le vrai quand ils accusent la direction d’avoir détourné les patients vers d’autres établissements dans les heures qui ont précédé la visite inopinée de la ministre ? Cette dernière voudra-t-elle en savoir plus ?

Difficile, proportion gardée, de ne pas songer aux villages Potemkine. On se souvient peut-être de cette « légende historique » qui veut que de luxueuses façades en carton-pâte aient été érigées (à la demande du ministre russe Grigori Potemkine) afin de masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l’impératrice Catherine II. C’était en Crimée, en l’an 1787. On connaît, dans les grandes lignes, la suite.

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Grippe : dramatisation politique de la situation ou situation épidémiologique dramatique ?

 

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Cette information mandée en urgence depuis la Présidence de la République : un additif à l’agenda du Président pour le jeudi 12 janvier 2017, 9 heures :

« Réunion ministérielle sur l’épidémie de grippe en présence de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP et Christophe Devys, directeur général de l’ARS Ile de France »

Puis ce complément :

« Nous vous prions de noter que Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, fera une déclaration presse dans la cour de l’Elysée à l’issue de la réunion. Comme indiqué ci-dessous, la cour de l’Elysée sera ouverte à partir de 9h05. Accréditations auprès du service de presse de la Présidence de la République. »

Et puis encore, s’inscrivant dans la dynamique jacobine observée ce matin, la précision prophétique de Mme Touraine annonçant que le bilan de l’épidémie sera « probablement lourd ». « Chaque année, il y a des victimes de la grippe », mais cette année, l’épidémie est « particulièrement intense » et le nombre de personnes malades « particulièrement important », a redit la ministre. C’était lors d’un nouveau point de presse sur cette épidémie, qui devrait atteindre son pic la semaine prochaine. Que dira-t-elle de plus demain dans la cour du Palais de l’Elysée ?

Soignants et soignés

Des chiffres ? Le nombre de personnes qui ont consulté leur médecin pour des « symptômes grippaux » a atteint 395 pour 100.000 habitants la semaine dernière (contre 326 la semaine précédente).  En revanche le nombre de passages aux urgences associés à cette infection virale commence à diminuer de même que les hospitalisations. Dès lors où est l’urgence ? « L’enjeu, c’est de garantir qu’il y a des lits d’hospitalisation disponibles » explique la ministre. « Toute personne qui a besoin d’être soignée l’est » a-t-elle certifié lors des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale. Le contraire serait troublant.

On recense 142 hôpitaux (sur les 850 du pays) qui se sont déclarés « établissement de santé en tension » un dispositif qui permet notamment de déprogrammer des soins et des opérations non urgentes. Certains établissements ont déjà utilisé cette dernière possibilité, mais Marisol Touraine vient de les pousser à faire davantage « si nécessaire ». L’était-ce ? La ministre de la Santé a aussi invité les médecins libéraux à traiter le plus possible les malades « à leur cabinet ou au domicile », pour éviter d’augmenter le nombre des hospitalisations. Ne le faisait-ils pas ?

François Fillon et François Hollande

A ce stade les nuages politiques arrivent immanquablement dans le ciel médiatique. « On a fermé trop de lits au cours des vingt dernières années, notamment des lits conventionnels qui pouvaient accueillir des patients des urgences en cas de besoin » a redit, BFMTV, le Dr Patrick Pelloux. Urgentiste et syndicaliste le Dr Pelloux, ancien de Charlie Hebdo, est un proche de François Hollande. Il appelle aujourd’hui à une « politique de réouverture de lits d’hôpitaux ». Le président de la République l’entend-il ?

A l’autre extrémité du spectre : le Pr Philippe Juvin, chef des urgences de l’Hôpital européen Georges-Pompidou et député européen (Les Républicains). Il a déclaré, sur RTL : « La grippe, c’est tous les ans, et tous les ans nous connaissons cette situation d’engorgement, et pourtant rien ne change ». François Fillon comprend-il ?

Rien ne change ? Selon Santé publique France, depuis le 1er novembre, cinquante-deux personnes sont décédées des suites d’une infection grippale dans des services hospitaliers de réanimation.  L’agence constate par ailleurs une « nette hausse » de la mortalité (toutes causes confondues) sur les deux dernières semaines de 2016. Prudente, elle souligne qu’il est trop tôt pour estimer la part de cette surmortalité liée à la grippe. Pour les chiffres validés, il faudra attendre.

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Le mal étrange de Michel Polnareff : la double embolie pulmonaire était presque parfaite

 

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Ainsi donc des médecins d’une star auraient flirté avec la vérité ? Telle est l’une des conclusions qui s’impose aujourd’hui à la lecture du Journal du Dimanche (Renaud Revel) : « Révélations sur l’étrange mal de Michel Polnareff ». Mal étrange …étrange enquête… étrange partie de billard… :

« L’état de santé de Michel Polareff, hospitalisé la semaine dernière, suscite le doute de ses producteurs. Le JDD retrace les trois jours qui ont fait vaciller la star.

L’hospitalisation en urgence de Michel Polnareff, le 3 décembre, cache-t-elle un imbroglio personnel, un litige financier et une intox médiatique? Alors que le chanteur a annulé les deux derniers concerts de sa tournée et que ses proches expriment toujours des inquiétudes sur son état de santé, les zones d’ombre et les contradictions de la version officielle suscitent la perplexité. Selon l’enquête du JDD, le producteur de ses spectacles a diligenté des vérifications qui l’ont conduit à saisir ses avocats. D’importantes sommes – le montant du remboursement des spectateurs pour les deux concerts annulés, soit près de 500.000 euros – sont en jeu. Si la star ne semble pas près de remonter sur scène, l’affaire pourrait s’achever devant un tribunal.

Soirée et nuit excessivement arrosée

 Le JDD reconstitue l’agenda du chanteur depuis son dernier concert, à Bordeaux le 30 novembre. Où l’on apprend que Polnareff  a passé une soirée très arrosée le jeudi 1er décembre, veille de son concert parisien. Qu’il s’est effondré sur la table. « C’était impressionnant, je ne l’avais jamais vu dans un tel état », raconte son garde du corps.

Le lendemain pourtant, « il était en pleine forme à son réveil ». Mais en début de soirée, alors que les spectateurs se massent déjà devant la salle Pleyel, Polnareff diffuse une vidéo sur Facebook pour déclarer forfait : « Je ne pourrai pas assurer le show ce soir, je suis dans un état d’épuisement total », s’excuse-t-il. Nul ne sait alors qu’auparavant, des tractations tendues ont eu lieu entre la production du spectacle et le chanteur. Et que la soirée de l’artiste a, encore une fois, été agitée…

Des annonces contradictoires et de nombreuses incohérences, que le JDD révèle, ont alimenté la méfiance des producteurs toute la semaine. Samedi, Michel Polnareff était toujours hospitalisé. Sa tournée est terminée. Une bataille judiciaire vient peut-être de commencer. (…) »

Entre la mort et la vie

On lira la suite dans le quotidien dominical. Ce dernier n’aborde toutefois pas la dimension plus proprement médicale de cette affaire. Nous avons vu, le 5 décembre, que les discours publiquement tenu par deux médecins  (et de ceux de l’Hôpital Américain) permettaient de conclure  à un syndrome infectieux doublé d’une double embolie pulmonaire. Un tableau séquentiel assez peu typique et un « pronostic vital engagé » qui soulevaient la question du site d’hospitalisation : pourquoi ne pas avoir choisi l’un des phares interniste et réanimateur des Hôpitaux de Paris ?

On en venait même à imaginer une erreur de diagnostic. Que disait-on à la presse, alors ? «  Le docteur Jean Abitbol, qui est l’ORL de grandes stars comme Céline Dion 1 lui avait donné un traitement par piqûres intramusculaires pour soigner une  infection et qu’il puisse monter sur scène. Mais son état était plus grave qu’on ne le supposait.  Et on s’en est aperçu seulement à l’hôpital. »

Mal tourner

« Les nouvelles sont encourageantes dans la mesure où le diagnostic a été effectué. Il a une embolie pulmonaire bilatérale, c’est évidemment assez étendu. Son infection respiratoire avait été traitée il y a un peu plus d’une semaine et son état s’aggravait »,  confiait le Dr Philippe Siou à RTL. Selon ce médecin généraliste consultant à l’ « Américain », le chanteur ne se trouverait plus entre la vie et la mort : « Grâce à Dieu, il ne l’est plus, mais s’il n’avait pas été diagnostiqué, s’il n’avait pas été traité, effectivement, les choses auraient pu tourner mal. C’est quand même une cause très classique de mort subite ». Le pouvoir de la voix.

Il y avait aussi ce certificat de l’American Hospital of Paris établissant que Michel Polnareff avait été hospitalisé « dans le cadre d’un syndrome infectieux traité depuis une semaine ». Et que les examens pratiqués lors de son hospitalisation ont révélé une embolie pulmonaire bilatérale qui engage son pronostic vital ». Ce certificat avait été rendu public le 5 décembre par l’entourage de la star. Qui avait signé ce document ? A la lumière de l’enquête du JDD la réponse à cette question pourrait ne pas être sans intérêt.

A demain

1 Abitbol J. « Le pouvoir de la voix » Editions Allary Paris 2016