Ubu roi : l’inénarrable affaire du vaccin DTP rebondit soudain devant le Conseil d’Etat.

 

Bonjour

Le vieux quotidien continue à suivre certains de ses dossiers. Parmi eux celui, chaque jour plus épais, des vaccins. Aujourd’hui Le Monde (François Béguin) nous révèle que l’Etat français pourrait être contraint de trouver (avant l’élection présidentielle) une solution pratique pour assurer la disponibilité des seuls vaccins obligatoires : ceux contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP). Aussi étrange que cela puisse paraître au citoyen ces trois vaccins sont introuvables depuis 2008. Plus précisément ces vaccins sont introuvables seuls : ils existent, certes, mais toujours associés à d’autres valences : coqueluche, hépatite B et Haemophilus influenzae de type b…

On peut le dire autrement : les prescripteurs et les parents se voient contraints d’utiliser des spécialités associant les trois vaccins obligatoires à des vaccins simplement recommandés. Il y a là une incohérence qui alimente la suspicion croissante contre le geste vaccinal. Cette anomalie jamais expliquée par la ministre en charge de la santé publique laisse aussi supposer que les multinationales vaccinales ont tout fait pour parvenir à cette vente forcée. A ce titre force est de constater que les menaces de Marisol Touraine vis-à-vis des fabricants (formulées il y a un an) sont restées sans effets 1.

Patriarche médical du naturel

Tout cela n’avait pas échappé à l’Institut de la protection pour une santé naturelle (IPSN), une jeune association énergétique. Basée rue de Clichy à Paris et dirigée par Augustin de Livois, l’IPSN « défend le droit de se soigner librement, et notamment par des solutions naturelles ». Il a aussi « vocation à informer les citoyens, défendre les médecins ou thérapeutes et à changer les législations dans le domaine au niveau national et européen ». C’est aussi l’un des (puissant) relais du célèbre Pr Henri Joyeux  patriarche médical du naturel dont l’idéologie est moins lisse qu’on pourrait le penser.

Or le Pr Joyeux réclame de longue date le retour des seuls vaccins trivalents DTP. Et son appel à Marisol Touraine a réuni plus d’un million de signatures. Il en va de même pour l’ISPN. Et faute de réponse de la ministre de la Santé plus de deux mille personnes ont déposé une requête devant le Conseil d’Etat. Cette requête était examinée ce lundi 16 janvier. Et que croyait vous qu’il arriva ?

Applaudissements au Palais Royal

« La discordance actuelle entre l’obligation vaccinale et l’impossibilité de la mettre en œuvre conduit à une situation d’illégalité », a fait valoir Rémi Decourt-Paolini , rapporteur public de la plus haute juridiction administrative française. Il a  estimé que « la ministre de la santé est en capacité de prendre diverses mesures pour assurer la disposition des seuls vaccins obligatoires ». Il a notamment expliqué que Marisol Touraine pouvait demander à l’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) « d’acquérir, de fabriquer ou d’importer les vaccins en cause ». 2

On entend les applaudissements sous les ors et dans la cour du Palais Royal.  « C’est un énorme soulagement pour ceux qui veulent juste prendre le vaccin DTP », a réagi Augustin de Livois. « La première étape est gagnée, il y a un rééquilibrage des forces », s’est pour sa part félicitée Me Jacqueline Bergel, l’avocate des requérants.

Refus de l’aluminium

Et maintenant ?  La décision du Conseil d’Etat devrait être annoncée à la fin de janvier ou au début de février. En toute hypothèse elle ne réglera rien. Car les attaques anti-vaccinales du Pr Joyeux, de l’IPSN et des centaines de milliers de signataires ne se bornent pas à la seule question de la mise à disposition d’un vaccin trivalent DTP. Il faut aussi que ce vaccin soit sans aluminium.

Sans aluminium, sans adjuvants, purement naturels en somme – ce que par définition, ils ne sont pas. On attend (avec le plus vif intérêt) de savoir comment tranchera le Conseil d’Etat.

A demain

« Vaccin «DTPolio» : Marisol Touraine a entendu le Pr Henri Joyeux. Reste la question de l’aluminium » Journalisme et santé publique 28 janvier 2016

Lire sur ce thème: « Vaccination DTPolio : le raisonnement vicié du Pr Henri Joyeux. Nouvelles menaces de pénurie » Journalisme et santé publique  (13 août 2015). L’ANSM nous expliquait alors qu’une solution avait été trouvée:

« Pour pallier l’indisponibilité du vaccin DTVax®, nous avons autorisé l’importation des doses d’une spécialité similaire du Canada « Vaccin diphtérique et tétanique adsorbé » début février 2015. Ce vaccin se présente sous forme de flacon unidose (contrairement au DTVax® qui se présentait sous forme de flacons multidoses). Il dispose d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) aux USA.

Le laboratoire Sanofi Pasteur MSD met à disposition à titre gracieux sur demande des médecins prescripteurs (comme préalablement pour le DT Vax®) le vaccin diphtérique et tétanique adsorbé « canadien » sous forme d’un « kit » contenant également Imovax Polio®, (vaccin poliomyélitique inactivé du même laboratoire).

Ce kit est indiqué pour les patients présentant une contre-indication à la valence coquelucheuse et ce afin de satisfaire aux obligations vaccinales. Ces deux vaccins doivent être administrés simultanément en deux sites d’injection différents. Ce vaccin importé est disponible depuis mai 2015. »

 

Grippe : pourquoi Xavier Bertrand a-t-il permis aux médecins de ne pas se faire vacciner ?

Bonjour

Comment justifier que la vaccination contre la grippe ne soit pas imposée aux médecins ? Et plus généralement comme à l’ensemble des professionnels de santé, vecteurs privilégiés et sujets directement exposés ?  Le Conseil national de l’Ordre des médecins a tranché : il est favorable à une vaccination obligatoire.  « Dans le cadre de la grippe, les professionnels de santé doivent être obligatoirement vaccinés » vient de déclarer le Dr Patrick Bouet. Or, seuls 50 % des professionnels de santé sont vaccinés. « Nous demandons à l’État d’assumer ces responsabilités en la matière » menace-t-il. Que fera l’Etat ? Et quelles seront les responsabilités lorsque les choses tourneront mal ?

Comment justifier que l’Etat n’impose pas cette vaccination aux professionnels – vaccination qu’il ne cesse par ailleurs de recommander à celles et ceux que ces mêmes professionnels sont amenés à soigner ? Nous évoquions il y a peu sur ce blog et sur Slate.fr 1 la responsabilité, sur ce point, de Xavier Bertrand, ancien ministre de la Santé.

Explications

« L’obligation de la vaccination antigrippale des professionnels de santé figure à  l’article L. 3111-4 du code de la santé. Or cette disposition a été «suspendue» par le décret n° 2006-1260 du 14 octobre 2006. Elle demeure, depuis, « fortement recommandée» sans jamais être imposée. Le décret du 14 octobre 2006 avait été signé par Xavier Bertrand, ministre de la Santé et des Solidarités du gouvernement alors dirigé par Dominique de Villepin. Sans doute serait-il utile que M. Bertrand, aujourd’hui président du conseil régional des Hauts-de-France, s’explique sur les raisons de cette suspension; une suspension à laquelle le directeur général de la Santé entend, fort opportunément mettre un terme. »

Depuis les Hauts-de-Seine le président Xavier Bertrand nous a fait savoir pourquoi il avait agi ainsi. Ce décret n’a pas été signé « sur un coin de table ». Cette décision de suspension a été prise sur la base d’un avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (section maladies transmissibles) : avis « relatif à la mise en œuvre de la protection individuelle contre la grippe des professionnels visés à l’article L 3111-4 du code de la santé publique par une obligation vaccinale (séance du 19 mai 2006) ». C’est un avis sur lequel il vaut de ses pencher.

Se vacciner pour soi-même

1 Il rappelle que l’obligation vaccinale contre la grippe saisonnière des professionnels (visés par l’article L3111-4 du Code de la Santé Publique) avait été adoptée depuis le 1er janvier 2006, « dans un contexte de menace pandémique ».

2 Il souligne – point remarquable – que les obligations vaccinales (prescrites par l’article L3111-4 du Code de la Santé Publique) « visent exclusivement à protéger les professionnels du risque d’être eux-mêmes contaminés ». En d’autres termes ces obligations  « ne visent pas à protéger les personnes dont ils prennent soin et pour lesquelles la grippe présente un risque de complication ou de décès ».

3 Il considère que l’obligation vaccinale, dans l’objectif de protection des professionnels visés contre la grippe, « doit être abordée de façon différente en période de grippe saisonnière inter-pandémique et en période de pandémie grippale confirmée ». Suivent différentes considérations épidémiologiques et éthiques (il n’y a pas de sur risque pour les professionnels de santé en période de grippe saisonnière inter-pandémique ; il n’existe pas de données permettant de comparer l’incidence de la grippe saisonnière chez les professionnels de santé, les professionnels d’établissements de soins et les professionnels d’hébergement pour personnes âgées avec celle des autres professionnels en contact avec le public ou avec la population générale ; quelques rares études sont en faveur d’une hétérogénéité du risque de contracter la grippe pour les professionnels de santé en fonction de leur pratique professionnelle et sont en faveur d’un risque plus élevé chez des professionnels de santé exerçant au contact d’enfants ou de patients présentant des syndromes grippaux etc.)

Vaccination « altruiste »

Au final le CSHP (section des maladies transmissibles, recommande « que l’obligation vaccinale contre la grippe des professionnels visés à l’article L3111-4 du Code de la Santé Publique soit suspendue ». Mais dans le même temps, sans craindre d’être taxé de jésuite, il recommande aussi « que les campagnes d’information auprès des professionnels de santé et des professionnels en contact régulier avec les personnes à risque soient renforcées afin de poursuivre l’augmentation de la couverture vaccinale annuelle avec le vaccin contre la grippe saisonnière ».  Mieux encore, il « tient à rappeler qu’il recommande depuis 1999 la vaccination contre la grippe saisonnière aux personnels soignants de manière à réduire la transmission de l’infection aux personnes atteintes de certaines pathologies chroniques et pour celles âgées de 65 ans et plus, a fortiori hospitalisées ou en institution, pour lesquels la grippe présente un risque de complication ou de décès ».

Et de conclure que cette « vaccination altruiste » des professionnels de santé fait régulièrement l’objet de campagnes d’information pour obtenir l’adhésion des professionnels de santé. On sait ce qu’il en est dix ans plus tard.

C’est donc sur la base de cet avis plus que paradoxal que Xavier Bertrand a pris la décision de suspendre le texte de loi qui aurait dû s’appliquer à compter du 1er janvier 2006. M. Bertrand nous fait aussi observer que personne n’est revenu sur son décret depuis dix ans ». Ce qui est vrai. Ni lui-même, ni Roselyne Bachelot, ni Marisol Touraine. Nul ne sait non plus combien de grippes auraient, sinon, pu être prévenues. Sans parler des décès.

A demain

1 Sur ce thème: « Grippe : il faut désormais obliger les soignants à se faire vacciner » Slate.fr, 12 janvier 2017

Epidémies de grippe : tous les soignants français bientôt obligés de se faire vacciner ?

 

Bonjour

Il a osé ! En marge des opérations récurrentes de communication de sa ministre le Pr Benoît Vallet, Directeur Général de la Santé, a soulevé une question essentielle de santé publique : celle de l’obligation de la vaccination annuelle des soignants contre la grippe saisonnière. Le DGS s’est exprimé le 11 janvier au décours d’une conférence de presse consacrée à la gestion par les autorités sanitaires de l’actuelle épidémie.

Les termes de l’équation sont s’une simplicité pasteurienne : moins d’un tiers des soignants (médecins, infirmières, aides-soignantes) se font vacciner contre la grippe et ils sont, du fait de leur profession, les premiers agents contaminateurs de l’infection. Une meilleure couverture vaccinale permettrait de réduire notablement la circulation des virus grippaux aux sein des populations les plus fragiles. Or l’Etat peut contraindre les soignants à se faire vacciner, au nom de la santé publique et dans leur propre intérêt. Cette obligation existe déjà aujourd’hui pour un certain nombre de vaccinations parmi lesquelles la très efficace (et toujours plus ou moins controversée) immunisation contre l’hépatite virale de type B.

Cabinet court-circuité

« L’annonce de M. Vallet a visiblement pris de court le cabinet de la ministre de la santé, Marisol Touraine, où l’on s’est contenté de rappeler que cette dernière doit prochainement présenter ‘’ les mesures qu’elle entend prendre pour renforcer la confiance dans la vaccination’’ » révèle Le Monde (François Béguin). Comment le cabinet d’un ministre de la Santé pourrait-il, sérieusement, être pris de court sur un sujet sanitaire aussi important et en pleine épidémie grippale ? Faudrait-il voir ici un discret symptôme de tensions intra-ministérielles à l’approche d’échéances importantes ? Marisol Touraine évoquera-t-elle la question lors de sa prise de parole dans la cour de l’Elysée ?

Nous sommes-là, très précisément, à l’articulation du politique et du sanitaire 1. Voici le cadre officiel :

« Bien que prévue par l’article L. 3111-4 comme une obligation vaccinale pour les professionnels de santé, l’obligation vaccinale contre la grippe a été suspendue par le décret n° 2006-1260 du 14 octobre 2006. Elle demeure toutefois fortement recommandée pour les professionnels concernés, en particulier pour les protéger des grippes saisonnières. »

Xavier Bertrand et Marisol Touraine

Le décret suspensif du 14 octobre 2006 avait été signé par Xavier Bertrand, ministre de la Santé et des Solidarités d’un gouvernement dirigé par Dominique de Villepin. « Santé et solidarités » qui, dix ans plus tard, demandera à Xavier Bertrand pourquoi il avait jugé utile de prendre une telle décision ?  Et, depuis cinq ans, pourquoi Marisol Touraine n’a-t-elle pas abrogé ce décret ?

Le Monde cite le Pr Bruno Lina, spécialiste de virologie et l’un des meilleurs spécialistes français de la lutte contre la grippe. Il rappelle qu’aux Etats-Unis, la vaccination contre la grippe est obligatoire et figure dans le contrat de travail des personnes qui travaillent dans les structures de soins. C’était trop simple : le nouveau président des Etats-Unis vient de faire un premier cadeau de poids aux militants anti-vaccinaux. Donald Trump vient de nommer Robert F. Kennedy Jr , un anti-vaccinal, à la tête de la commission officielle en charge de la sécurité vaccinale. Où l’on voit que certains responsables politiques tiennent certaines de leurs promesses.

Une question : que pensent des vaccins et de la vaccination MM Fillon, Macron et Mélenchon ?

A demain

1 Sur ce thème: « Grippe : il faut désormais obliger les soignants à se faire vacciner » Slate.fr, 12 janvier 2017

 

 

Grippe dans les populations de personnes âgées : la fébrilité du ministère de la Santé

Bonjour

Comment, quand on est ministre de la Santé, ne pas être accusée de ne pas en faire assez sans être critiquée de trop en faire ? Depuis bientôt cinq ans Marisol Touraine est confrontée à cette question. Et force est d’observer qu’elle ne parvient pas encore à trouver un juste équilibre. Le dernier exemple en date témoigne de la fébrilité qui semble régner au sein de son cabinet. Voici les faits.

Tard dans la journée du 7 janvier le ministère des Affaires sociales et de la Santé a fait savoir qu’il avait été informé la veille par l’Agence Régionale de Santé (ARS) Auvergne Rhône-Alpes « de l’importance exceptionnelle de l’épidémie de grippe au sein d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ». Il s’agissait de l’EHPAD  Korian Berthelot situé dans le 7ème arrondissement de Lyon. Un établissement de 110 places du puissant groupe Korian – (compter 100 euros par jour et par personne en chambre individuelle).

Age moyen des décès: 91,5 ans

« Selon l’établissement, au 7 janvier, 72 personnes avaient contracté la grippe et 13 d’entre elles en sont décédées entre le 23 décembre 2016 et le 7 janvier 2017. La moyenne d’âge des personnes décédées est de 91,5 ans. Six personnes sont encore hospitalisées. A la demande de Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, l’ARS Auvergne Rhône-Alpes a immédiatement lancé le 6 janvier une mission de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) afin de contrôler la mise en œuvre par l’établissement, depuis le début de l’épidémie, des recommandations des autorités sanitaires de lutte contre la grippe. »

Ce n’est pas tout : la ministre a également demandé au Pr Benoît Vallet, Directeur Général de la Santé de se rendre sur place le jour même (6 janvier). Objectif de ce déplacement hors norme : « évaluer précisément la situation et de prendre, le cas échéant, des mesures d’urgence pour circonscrire l’épidémie et prendre en charge les résidents le nécessitant ».

Consignes respectées

Résultat ? « Le Directeur Général de la Santé a constaté que, à cette date, les mesures de prévention étaient bien mises en place. Afin de renforcer la prise en charge des résidents il a , en lien avec le Directeur général de l’ARS, a demandé à une équipe médicale des Hospices civils de Lyon de se rendre sur place ce samedi 7 janvier. »

Marisol Touraine a demandé à l’IGAS d’identifier et analyser les causes à l’origine de cet évènement exceptionnel (sic). Un premier rapport d’étape est attendu sous dix jours. La ministre rappelle aux directeurs d’EHPAD « de prendre toutes les mesures nécessaires pour contenir l’épidémie et assurer un suivi attentif de l’état de santé de tous les résidents ».

Reprenant ces données les gazettes ont donné la parole aux responsables des EHPAD. Ils ont rappelé les difficultés audemande parfois de « mettre en quarantaine » les personnes âgées, rappelé aussi que la vaccination contre la grippe n’est en rien obligatoire et qu’elle n’est en rien une garantie absolue

Obligation vaccinale

Le Dr Emilie Arabian, médecin coordonnateur chez Korian a d’ailleurs pris soin de préciser à l’AFP que six personnes âgées parmi les treize décédées de la grippe depuis le 23 décembre à Lyon avaient été vaccinées comme le recommandait le ministère de la Santé. Selon le Dr Arabian, « 46% des résidents ont été vaccinés contre la grippe. La vaccination a été interrompue quand l’épidémie est survenue dans l’établissement ».

« Pour pouvoir être vacciné, il ne faut pas présenter de syndromes infectieux et accepter la vaccination, ce qui n’est pas le cas de tous les résidents », a expliqué le médecin coordonnateur. Le ministère de la Santé avait, la veille, indiqué à l’AFP que le taux de vaccination au sein de l’établissement atteignait 38%, contre une moyenne nationale de 80%. Pour le Dr Arabian, ce niveau n’est atteint qu’à la fin de la période vaccinale, qui s’étend d’octobre à fin janvier.

Démissions des politiques

Marisol Touraine a-t-elle été surprise par les longues déclarations dominicales de Pascal Champvert ? Le  président de l’Association des Directeurs au service des Personnes Âgées expliqua en substance (sur France Info notamment) qu’elle faisait fausse route à Lyon, que l’affaire était nationale, que le politique démissionnait de longue date sur la question centrale des personnes âgées, que ni Nicolas Sarkozy ni François Hollande n’avaient tenu leurs promesses et qu’il attendait les promesses et les engagements des futurs candidats.

S’oriente-t-on vers une controverse sur les taux de vaccination dans cet EHPAD ? Vers une obligation vaccinale ? La situation, à Lyon, était-elle à ce point grave qu’elle justifiait le déplacement du DGS et la saisine de l’IGAS ?  En faire trop et le faire savoir ? Ne pas en faire assez et (tenter de) le cacher ? Difficile métier que celui de ministre de la Santé.

A demain

Méningite : 30 000 personnes invitées à se faire vacciner à Dijon. Combien oseront ?

 

Bonjour

Les anti-vaccinaux sont toujours (publiquement) cois. A commencer par le site du célèbre Pr Henri Joyeux. Pourtant un nouveau front s’est ouvert après l’alerte lancée par l’Agence Régionale de Santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté : « Cas d’infection invasive à méningocoque à Dijon : Les professionnels de santé appelés à la vigilance ». Deux morts entre fin octobre et fin décembre. Trois cas isolés mais une même souche de méningocoque W relativement rare en France pour laquelle il existe un vaccin – d’où la décision de l’ARS de lancer une campagne de vaccination auprès les étudiants dès la rentrée.

C’est bien le cas : aujourd’hui 4 janvier une vaste campagne d’immunisation contre la méningite va débuter sur le campus de Dijon. Environ 30.000 personnes sont potentiellement concernées par cette campagne de vaccination gratuite, basée sur le volontariat, précisé mardi l’ARS.

Le plan vaccinal prévoit trois phases : la première (du 4 au 6 janvier) concernera le pôle économie-gestion (environ 1.000 personnes) ; la deuxième (du 9 au 20) visera les quelque 10.000 étudiants et personnels de la faculté de droit et lettres ; la troisième (jusqu’à la fin du premier trimestre) sera élargie à l’ensemble du campus.

Invitation

Les premières filières concernées sont celles que fréquentaient les deux étudiants décédés d’une méningite à méningocoque de type W135 ces derniers mois. Fin décembre, l’ARS avait également révélé que l’état de santé d’un troisième étudiant, infecté également, évoluait « favorablement ».

« Nous ne sommes plus dans l’urgence mais dans des mesures préventives, cette campagne vise à ramener le risque au niveau de celui rencontré sur n’importe quel campus, a déclaré à l’Agence France Presse la Dr Carole Boiret, médecin inspecteur de la santé publique de l’ARS. Déjà, en décembre, les personnes ayant eu des « contacts proches et répétés » avec les étudiants infectés avaient été identifiées par l’ARS pour « leur recommander une prophylaxie antibiotique et les inviter à se faire vacciner ».

En l’absence de contact direct avéré entre les étudiants touchés par la méningite, les autorités sanitaires craignent que la bactérie circule dans le milieu étudiant via des porteurs sains. Le vaccin utilisé, en dose unique, protège contre quatre souches de méningocoque (A, C, Y et W).

Solidarité

Il existe ici le vaccin quadrivalent conjugué ACWY Menveo (Novartis -50,80 euros) qui peut être utilisé dès l’âge de deux ans. On dispose encore du Nimenrix (Pfizer – 50,80 euros) qui peut être utilisé dès l’âge d’un an. Ces deux vaccins sont disponibles en pharmacie d’officine (et remboursés) depuis le début de l’année 2014.

Combien seront-ils, sur les trente mille, à oser se faire vacciner ? Hier la question ne se serait pas posée. Elle s’impose aujourd’hui, une époque où le vaccin est progressivement perçu comme une menace vis-à-vis de l’intégrité corporelle et l’immunité naturelle. Une époque qui (anti-vaccinaux en tête) ne veut plus entendre que la vaccination peut aussi être une réponse solidaire collective face à une menace virale ou bactérienne qui vise, sans distinction, l’espèce humaine.

A demain

Epidémies et confinement : voici le temps des retraités placés d’autorité en quarantaine

 

Bonjour

Confinement ou quarantaine ? On apprenait hier qu’une soixantaine de résidents de l’Ehpad de Vic-sur-Seille (Lorraine) sont confinés depuis le 18 décembre. Il s’agit de tenter de contenir au maximum l’épidémie de grippe qui a déjà touché quarante-deux des pensionnaires. La direction précise que le confinement a été décidé « en lien avec les services de l’Agence Régionale de Santé ». Il durera  jusqu’au 1er janvier. Une quarantaine, en somme. Parmi les résidents touchés dans cet établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), certains ont été diagnostiqués comme porteurs du « virus A ». Quelques membres du personnel ont également été contaminés.

Une épidémie peut en cacher une autre. Des mesures de confinement sont ainsi progressivement prises dans ces des maisons de retraites qui sont devenues des Ehpad. C’est le cas en Auvergne-Rhône-Alpes pour cause de grippe et de gastro-entérite. Des douze régions de France continentale progressivement touchées par la grippe, Auvergne-Rhône-Alpes est celle la plus affectée (545 cas pour 100 000 habitants) devant la Bourgogne-Franche-Comté (498). Mais il n’y a pas que la grippe.

Visites interdite

Aujourd’hui les visites et les sorties de résidents sont interdites à l’Ehpad de Saint-Ours-les-Roches (Puy-de-Dôme). La préfecture du département vient de confirmer  une information du quotidien régional La Montagne : « Une maison de retraite du Puy-de-Dôme confinée pour enrayer une épidémie de gastro » :

« Les Roches » (établissement privé à but lucratif) accueille, au total, 53 personnes. On dénombrait mercredi « une quinzaine » de résidents souffrant de gastro-entérite. La situation doit être réévaluée vendredi soir afin de déterminer si ces mesures seront ou non reconduites, a précisé la préfecture.

Dans la Loire, c’est l’Ehpad de La Pacaudière (85 résidents) qui est confronté à l’épidémie de grippe. C’est la directrice, Erell Munch, qui a ici confirmé une information du quotidien Le Progrès. « 25 résidents ont été touchés ; nous avons une obligation de protection », a dit Mme Munch. Les animations avaient été annulées et les visites, limitées. Les repas sont portés en chambre et le port du masque est obligatoire lors des visites. ces mesures semblent « efficaces », dit la directrice de l’établissement.

Qu’en avait-il été, dans ces Ehpad en quarantaine, de la vaccination tant recommandée ? La France se grippe, la France grippée va réveillonner. Comment la vie collective va-t-elle reprendre à la rentrée ?

A demain

Méningocoque : deux morts à Dijon. Qui refusera la campagne de vaccination ?

 

Bonjour

Les anti-vaccinaux sont cois. Le site du célèbre Pr Henri Joyeux ne dit rien. Il y a pourtant urgence sur le front vaccinal, avec cette alerte lancée par l’Agence Régionale de Santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté : « Cas d’infection invasive à méningocoque à Dijon : Les professionnels de santé appelés à la vigilance ». Alerte suivie d’une décision : après les décès de deux étudiantes par méningite à l’Université de Dijon, une campagne de vaccination sera lancée dès la rentrée de janvier 2017 à destination des élèves de la faculté de droit.

Les deux décès sont intervenus entre fin octobre et fin décembre. Un troisième cas n’a pas connu d’évolution fatale. Trois cas isolés mais une même souche de méningocoque W relativement rare en France pour laquelle il existe un vaccin, d’où la décision de l’Agence Régionale de Santé de lancer une campagne de vaccination auprès les étudiants dès la rentrée

Mourir avant le diagnostic

Dès le premier signalement, et pour chacun des cas d’infection, l’ARS explique avoir  procédé à la recherche des personnes ayant eu des contacts proches et répétés avec les étudiants – et ce pour leur recommander une prophylaxie antibiotique et une vaccination. Les professionnels de santé ont « été informés de cette situation, en vue d’une vigilance particulière vis-à-vis de patients présentant des signes évocateurs de la maladie » précise encore l’ARS.

Le méningocoque est un germe très fragile qui peut toutefois se transmettre via des gouttelettes de mucus lors de contacts assez proches. Malgré l’efficacité remarquable des antibiothérapies adaptées en cas de méningite il subsiste une mortalité de 10 à 15 %  due surtout aux méningococcémies fulminantes. La mort peut survenir en quelques heures, avant même que le diagnostic et le traitement puissent intervenir. C’est dire la nécessité et l’intérêt des campagnes de vaccination. Celle qui va commencer dans les premiers jours de janvier ne sera pas obligatoire 1. Quelles consignes donneront les militants anti-vaccinaux ? S’inquièteront-ils de la nature des adjuvants ? Quelles seront les recommandations du Pr Joyeux ?

A demain

1 Sur le thème de l’obligation vaccinale, de la médecine générale et du carnet de vaccination électronique lire l’entretien avec le Dr Luc Martinez, vice-président de la Société française de médecine générale dans le dernier numéro de La Revue du Praticien Médecine Générale (décembre 2016). Lire aussi : « Vaccinations : les préconisations de la SFMG ».