Démocratie vaccinale : choisirez-vous le Prévanar® (Pfizer) ou le Synflorix® (GSK) ? 

Bonjour

D’un côté l’opération fractale « obligation vaccinale » voulue par le gouvernement – entreprise généralement mal comprise, souvent contestée : onze vaccinations avant l’âge de deux ans.  De l’autre une opération séduction, baptisée « consultation publique », menée par  la Haute Autorité de Santé (HAS). Depuis le mois de mai dernier cette institution a en effet, aussi, pour mission de « participer à l’élaboration de la politique vaccinale » 1. Exclue de l’opération gouvernementale, la HAS expérimente et le fait savoir à la presse :

« Compte tenu des enjeux que représente la vaccination, la HAS a décidé de mettre en consultation publique tous les projets de recommandations vaccinales visant à établir ou modifier une stratégie vaccinale. Ainsi, du 12 décembre 2017 au 5 janvier 2018, la HAS invite pour la première fois tous les acteurs concernés à s’exprimer sur la place du vaccin Synflorix® (GSK) dans la prévention des infections à pneumocoques chez l’enfant de moins de 5 ans. »
 
Démocratie : la HAS a décidé que les acteurs concernés « seraient systématiquement sollicités pour exprimer leur avis sur un projet de recommandation avant d’aboutir à une version finalisée ». Elle soumet ainsi aujourd’hui à consultation publique la version préliminaire de sa première recommandation vaccinale concernant le vaccin pneumococcique Synflorix®

Coup de griffe

Contexte : afin de réduire la fréquence des pneumonies et des infections invasives à pneumocoque, la stratégie vaccinale cible aujourd’hui l’ensemble des prématurés et nourrissons. Un seul vaccin conjugué est aujourd’hui disponible : il s’agit du Prévanar 13 ® (Pfizer) vaccin comportant 13 sérotypes de pneumocoques. Il s’agit ici de déterminer la place devant être accordée à un nouveau, le Synflorix® (qui ne comporte que 10 sérotypes).

En pratique : cette consultation publique est ouverte (du 12 décembre 2017 au 5 janvier 2018). Les acteurs concernés : associations agréées de patients et d’usagers du système de santé, collèges nationaux professionnels et sociétés savantes, institutions publiques, agences sanitaires, syndicats, industriels, centres de vaccination… Mode d’emploi. Le Prévanar® est commercialisé au prix de 56,24 € TTC. Le Synflorix® n’a pas encore de prix. GSK versus Pfizer, on espère que les conflits d’intérêts seront évités.

« L’ensemble des contributions sera analysé et discuté afin d’enrichir et d’aboutir à la version finale de la recommandation vaccinale » assure la HAS. Elle dit aussi, « au-delà de la rigueur scientifique des travaux menés par ses commissions » affirmer ainsi « sa volonté d’ouverture et de transparence dans l’élaboration de ses recommandations vaccinales ». Ces consultations publiques sont pour elle « un moyen de favoriser leur acceptabilité et leur appropriation ».

On pourrait presque lire ici, entre les lignes, un petit coup de griffe contre un exécutif peu soucieux de favoriser « l’acceptabilité » et « l’appropriation » de sa décision. Mais ce serait oublier que la décision gouvernementale avait été précédée d’une « concertation citoyenne ».

A demain

1 Créée en 2017, la commission technique des vaccinations de la HAS est chargée d’évaluer les vaccins et de préparer les décisions de l’institution en matière de recommandation vaccinale. Ces recommandations « ont vocation à éclairer le ministre en charge de la santé en lui apportant des éléments sur les bénéfices et les risques au niveau individuel et collectif des vaccins et sur la stratégie vaccinale à mettre en œuvre (populations susceptibles de bénéficier des vaccins et conditions de leur utilisation). »

Dengue et vaccins : Michèle Rivasi surfe sur les embarras planétaires de Pasteur-Sanofi  

Bonjour

« Les labos jouent aux apprentis sorciers avec les vaccins ». C’est l’antienne politico-publicitaire des néo antivaccinaux – et la formule de Michèle Rivasi, « députée européenne écologiste, normalienne et agrégée en biologie ».

On l’aurait parié. Bien connue des médias Mme Rivasi se sert aujourd’hui des considérables difficultés rencontrées par la multinationale pharmaceutique Sanofi avec Dengvaxia®, son vaccin contre la dengue. La situation est médicalement hautement problématique : la vaccination risque-t-elle d’exposer à plus de risque qu’elle n’est censée apporter de bénéfices ? On peut désormais raisonnablement le redouter et l’affaire est à dimension planétaire. Vacciner avec le Dengvaxia® les enfants n’ayant jamais été « naturellement » immunisés expose-t-il ces derniers à des risques majeurs de dengue sévère (voire mortelle) ?

L’affaire est certes troublante. Elle l’est d’autant plus que Sanofi conserve le silence. Ce qui n’est bien évidemment pas le cas de Michèle Rivasi :

« Après six ans d’études cliniques, nous apprenons que le premier vaccin autorisé contre la dengue peut aggraver la maladie lorsqu’il est inoculé à des individus qui n’ont jamais été infecté. Le résultat obtenu est contraire à l’objectif recherché. Cela veut dire quoi ? Qu’il faut que les populations servent de cobayes durant des années pour s’apercevoir que quelque chose ne va pas ? Malgré toutes les assurances et les garanties de sécurité apportées par les autorités sanitaires, nous voyons bien que nous jouons aux apprentis sorciers avec les vaccins et l’immunité des enfants. »

«  Il aura fallu six ans avant de se rendre compte du problème. Plus de 730 00 enfants ont déjà été vaccinés aux Philippines. Chez nous, l’obligation vaccinale et son cocktail de 11 vaccins va toucher près de 800 000 nourrissons par an. Des études montrent que cette survaccination [sic] dès le plus jeune âge a un effet négatif sur le système immunitaire et augmente le risque d’accident vaccinal et d’effet indésirable… Pourquoi vouloir se précipiter ? Pourquoi vouloir une vaccination pour tous, alors que nos mécanismes immunitaires sont uniques et encore largement immatures avant 3 ans ? Personne ne sait, et surtout pas la ministre de la Santé actuelle. »

Mme Rivasi surfe et discourt. Agnès Buzyn sourit et se tait. Cela ne saurait, raisonnablement, durer.

A demain

 

 

Les vaccino-sceptiques font feu de tout bois : les sels d’aluminium devant le Conseil d’Etat

Bonjour

Jusqu’où jugeront les hauts magistrats du Conseil d’Etat ? Après l’affaire Vincent Lambert les voici bientôt au chevet des vaccins et de leurs adjuvants. C’est une confidence glissée au Monde (Emeline Cazi) : une requête déposée par l’avocate Me Jacqueline Bergel (au nom d’un collectif de trois mille personnes) a été enregistrée mardi 14 novembre par le Conseil d’Etat. Le Monde :

« La question, longtemps cantonnée à des débats entre scientifiques, mais dont se sont récemment emparés les collectifs vaccino-sceptiques, devra désormais aussi être étudiée par la justice administrative. C’est en vertu du ‘’principe de précaution’’ que l’avocate, initialement spécialiste du droit immobilier, demande l’interdiction des sels d’aluminium dans les vaccins obligatoires et insiste pour que les autorités contraignent les laboratoires pharmaceutiques à utiliser ‘’des adjuvants alternatifs’’, ‘’tels que le phosphate de calcium’’.» 

De l’immobilier à l’aluminium: Me Bergel se réfère (sans surprise)  aux travaux (polémiques et contestés) de l’équipe du Pr Romain Gherardi (Inserm, AP-HP) pour dénoncer les « effets secondaires néfastes tant pour les enfants très jeunes que pour les adultes » qu’induiraient les adjuvants aluminiques chez les personnes vaccinées.

Air connu : cette procédure n’est pas « une remise en cause de la vaccination ». Ce n’est pas non plus une totale surprise : elle a été lancée au cœur de l’été par une « demande préalable » de retrait de ces adjuvants adressée à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé lorsqu’elle annonça la décision gouvernementale des nouvelles obligations vaccinales.

« Le rejet implicite par le ministère de la demande de l’avocate a permis à cette dernière de déposer sa requête devant le Conseil d’Etat et d’obliger la justice à se pencher sur le sujet, explique Le Monde. Une audience aura lieu au terme de la phase d’instruction — de plusieurs mois — durant laquelle les parties s’échangeront pièces et mémoires. » Ce sera là une dynamique judiciaire intéressante qui permettra d’instruire un dossier scientifique et médical conflictuel : qu’en est-il véritablement des allégations des anti-adjuvants aluminiques ?

La messe n’est pas dite

Quel crédit apporter aux observations de l’équipe du Pr Romain Gherardi, chef de service du centre de référence des maladies neuromusculaires à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil) ? Que penser, sans polémiquer, de la « myofasciite à macrophages » ? Existe-t-il véritablement un lien (et de quelle nature) entre les adjuvants aluminiques et cette entité plus  ou moins constituée ? Y aurait-il, chez certains vaccinés, des « nanocristaux d’aluminium emprisonnés dans des macrophages qui migreraient vers le cerveau » ?

« Ces conclusions sont partagées par d’autres équipes ailleurs dans le monde, mais elle ne font pas consensus » écrit Le Monde, usant de l’euphémisme : aucune étude épidémiologique n’a permis de conclure, à supposer que de telles études suffiraient à calmer les passions. Les « anti-aluminium »  ( comme E3M – Entraide aux Malades de la Myofasciite à Macrophages), forts de leur postulat, réclament que l’exécutif fasse une croix sur cet adjuvant controversé par un autre.

Agnès Buzyn a déjà fait entendre ses convictions : les adjuvants aujourd’hui utilisés « ne sont pas nocifs pour la santé, ainsi que tous les rapports le montrent ».  Fin septembre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a rappelé dans un communiqué qu’« aucun signal de sécurité lié à l’aluminium contenu dans les vaccins n’a conduit à remettre en cause le rapport bénéfice/risque des vaccins contenant de l’aluminium, en France, et à travers le monde ». Mieux encore l’ANSM rappelle « que ces vaccins sont administrés à des centaines de millions de personnes dans le monde depuis près d’un siècle ». Et elle « tient à rassurer les patients  : les résultats des études de l’équipe du Pr Gherardi, ainsi que l’ensemble des rapports et publications disponibles à ce jour, ne modifient pas ce rapport bénéfice risque positif ».

On aurait pu  croire la messe dite. Elle ne l’est pas : la parole est aux hauts magistrats du Conseil d’Etat.

A demain

Vives inquiétudes sur l’innocuité de Dengvaxia®, vaccin contre la dengue de Sanofi Pasteur

Bonjour

En juillet 2015 tout semblait parfait, ou presque : un vaccin contre la dengue avait été mis au point par Sanofi Pasteur.  Nous avons anticipé le développement industriel avant la fin des essais cliniques, expliquait-on chez Sanofi-Pasteur en 2013. C’est un pari et nous pensons que ce vaccin est la seule solution contre la dengue. Si nous avions attendu les résultats de la phase III, les doses n’auraient été commercialisables qu’en 2019, et non en 2015. » Les résultats de la phase III des essais cliniques du Dengvaxia® venaient d’être publiés. Et Sanofi-Pasteur était loin devant GlaxoSmithKline.

Marisol Touraine, alors ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes visitait le site de production lyonnais.  Elle était accompagnée du ministre de la Santé du Mexique, Mercedes Juan Lopez.  « Dans ces murs se façonne un formidable espoir pour des millions d’individus à travers le monde, devait déclarer Mme Touraine. Nous sommes animés par une ambition commune, celle de faire de la dengue la prochaine maladie évitable et plus largement d’agir pour la santé publique au niveau mondial. »

En décembre 2017, tout est nettement plus compliqué que prévu – nettement plus inquiétant aussi. Les Philippines viennent d’annoncer la suspension d’une vaste campagne de vaccination anti-dengue : le groupe français vient de faire savoir que le Dengvaxia®, déjà administré à des milliers d’enfants pourrait, dans certains cas non pas prévenir mais aggraver la maladie.

Utilisation déconseillée

 Sanofi Pasteur avait déconseillé l’utilisation de son vaccin chez les personnes n’ayant, au préalable, jamais été infectées – une question assez complexe d’immunogénicité. Dans un communiqué, l’OMS avait elle aussi recommandé en 2016 que le vaccin « Dengvaxia®  soit administré seulement aux personnes ayant déjà été infectées par la dengue ». L’inquiétude est réelle dans ce pays où plus de 733 000 Philippins ont été vaccinés contre le virus. Cela faire craindre que beaucoup d’entre eux puissent développer la forme la plus grave de cette maladie virale potentiellement mortelle. C’est ce que dit, à sa façon, The Independant.

Un groupe d’experts de l’OMS doit en outre se réunir dans deux semaines pour décider de la meilleure stratégie sanitaire  – voir le dernier communiqué de l’OMS sur le sujet. Pour l’heure la communication de Sanofi Pasteur témoigne de son embarras. . Le groupe affirme qu’une nouvelle étude avait confirmé les avantages du Dengvaxia® sur « ceux qui avaient eu une infection antérieure ». Mais il dit aussi que « pour ceux qui n’avaient pas été précédemment infectés (…), l’analyse a révélé qu’à plus long terme, davantage de cas de maladie grave pourraient survenir après la vaccination en cas d’infection à la dengue ».

Mise à jour

Le gouvernement philippin n’a reçu à ce jour aucun signalement de problèmes liés à Dengvaxia®. Il a également indiqué que ces nouvelles informations ne signifiaient pas que tous ceux qui n’ont jamais été infectés souffriraient de la forme plus grave de la dengue s’ils étaient vaccinés.

« Sanofi va demander aux autorités de santé de mettre à jour les informations communiquées aux médecins et aux patients concernant son vaccin contre la dengue, Dengvaxia, dans les pays où il est approuvé. Cette demande se fonde sur une nouvelle analyse des résultats à long terme des études cliniques du vaccin, qui ont montré des écarts de performance basés sur des antécédents d’infection par la dengue », indique un communiqué de la firme.

Concernant la France, le Haut Conseil à la santé publique (HCSP) avait formulé un avis défavorable à une utilisation anticipée de ce vaccin dans les départements français d’Amérique, à savoir la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane ainsi qu’à Mayotte et à la Réunion. Une forme de précaution.

A demain

 

Affaire Montagnier: faute de pouvoir l’exclure cent académiciens « ne le reconnaissent plus »

 

Bonjour

Trop c’est trop – et la réprobration enfle. Aujourd’hui c’est l’Académie des sciences qui rejoint les Académies nationales de médecine et de pharmacie dans leur condamnation des allégations théâtrales des Prs Joyeux et Montagnier relatives à des risques liés aux vaccins – allégations qui « sans fondements scientifiques ».

« Sachant qu’une exclusion est statutairement impossible, plus d’une centaine d’académiciens des sciences et de médecine 1 tiennent à exprimer publiquement leur refus de considérer Luc Montagnier comme un des leurs en demandant à leurs académies respectives d’adresser à leur confrère un ‘’ferme rappel à l’ordre’’ » explique-t-on à la presse.

Rappel à quel « ordre » ? Interrogé par La Croix mardi 14 novembre le Pr Montagnier avait annoncé son intention de publier prochainement un droit de réponse. « J’ai l’habitude des attaques de ces académiciens qui sont des bureaucrates à la retraite, fermés à toute innovation, ajoutait-il. J’ai les preuves scientifiques de ce que j’affirme ».

Ni le ministère de la santé, ni l’Institut Pasteur n’ont encore réagi publiquement aux déclarations du Pr Montagnier. Un silence gêné qui ne saurait, raisonnablement, durer.

A demain

1 Monique ADOLPHE, Raymond ARDAILLOU, Yves AGID, André AURENGO, J.-F. BACH, Emile BAULIEU, Hervé BAZIN, J.-Cl. BEANI, Pierre BEGUE, Jacques BELGHITI, Patrick BERCHE, Bernard BIOULAC, Daniel BONTOUX, H.-J. BOULOUIS, Philippe BOUTELIER, Gilles BOUVENOT, Gérard BREART, François BRICAIRE, Alexis BRICE, Jacques BRINGER, Pierre BRISSOT, Gérald BRONNER, Catherine BUFFET, Yves BUISSON, Emmanuel CABANIS, Jacques CAEN, J.-P. CAZENAVE, Claude CHASTEL, Dominique CHAUVAUD, Patrick CHOUTET, Daniel CHRISTMANN, Olivier CLARIS, Pascale COSSARD, Jean COSTENTIN, Pierre CORVOL, Patrick COUVREUR, Gilles CREPIN, Martin DANIS, Claudio Tadéu DANIEL-RIBEIRO, Antoine DANCHIN, Georges DAVID, Patrice DEBRE, Laurent DEGOS, François DENIS, Claude DREUX, J.-F. DUHAMEL, Alain FISCHER, Marc GIRARD, J.-P. GOULLE, Michel HAMON, J.-M. HASCOËT, Roger HENRION, Jules HOFFMANN, Claude HURIET, Claude JAFFIOL, Philippe JEANTEUR, Claudine JUNIEN, Yves JUILLET, Dominique KEROUEDAN, Philippe KOURILSKY, J.-P. LAPLACE, Géraud LASFARGUES, J.-M. LAUNAY, Yves LE BOUC, Yvon LEBRANCHU, Axel LE CESNE, François LEGENT, Guy LEVERGER, Yves LEVI, Daniel LOISANCE, Michel MALAFOSSE, Laurent MANDELBROT, F. X. MAQUART, J.-F. MATTEI, Bernard MEUNIER, J.-L. MICHAUX, F-Bernard MICHEL, Jacques MILLIEZ, J.-L. MONTASTRUC, Driss MOUSSAOUI, J.-P. NICOLAS, Bernard NORDLINGER, Gérard ORTH, Pierre PENE, Hubert PIGUET, P.-F. PLOUIN, Patrice QUENEAU, R.QUIRION, Michel REY, François RODHAIN, J.-B. RICCO, Dominique RICHARD-LENOBLE, Christine ROUZIOUX, Bernard SALLE, Hélène SANCHO-GARNIER, Nadir SAOUDI, Ph. SANSONETTI, Alfred SPIRA, Maxime SCHWARTZ, Bernard SWYNGHEDAUW, Yvan TOUITOU, Richard TREVES, A.-J. VALLERON, Jean-Didier VINCENT, Paul VERT, Richard VILLET.

 

Vaccins «mortels» : l’affaire s’envenime entre le Pr Montagnier et l’Académie de médecine

 

Bonjour

Ainsi donc les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets. On se souvient que Luc Montagnier, prix Nobel de médecine vient de prendre publiquement la parole pour s’opposer à l’extension de l’obligation vaccinale gouvernementale. Une polémique directement politique. On se souvient aussi que le Pr Marc Gentilini était monté en ligne pour dénoncer l’attitude du Pr Montagnier. Nous avons résumé l’affaire sur Slate.fr 1.

 Aujourd’hui l’Académie nationale de médecine vient, officiellement, de réagir. Officiellement et on ne peut plus mollement :

« L’Académie nationale de médecine et l’Académie nationale de pharmacie se sont engagées depuis de nombreuses années en faveur des vaccinations, pratiques contestées par certains courants d’opinion, mais dont l’efficacité et la sécurité ont été scientifiquement établies.

Au moment où les pouvoirs publics ont pris une décision nécessaire et courageuse pour renforcer la couverture vaccinale en France, les professeurs Luc Montagnier et Henri Joyeux sont intervenus lors d’une conférence de presse le 7 novembre dernier. Les propos qu’ils ont tenus, qui ne manqueront pas d’introduire le trouble chez les parents de jeunes enfants, ne sont pas fondés et doivent être démentis.

Les Académies nationales de médecine et de pharmacie soulignent la nature émotionnelle des faits rapportés et s’élèvent avec force contre les propos tenus qui ne reposent sur aucune base scientifique. »

Autisme, Lyme, Papaye

Cette eau tiède tranche avec la virulente déclaration d’une trentaine de membres de l’Académie 2 qui dénoncent les « dérives » de l’un des leurs :

« Nous ne pouvons pas accepter d’un académicien qu’il se donne en spectacle pour jeter le trouble dans l’esprit des gens en incitant parents et médecins à « entrer en résistance » contre les vaccins au mépris de l’éthique, de la science et de la santé.

« Luc Montagnier, Prix Nobel pour sa découverte du VIH, aurait dû rehausser le prestige de l’Académie de médecine où il a été élu en 1989. Le 21 mars 2012, déjà, l’Académie a dû le désavouer pour son discours anti-vaccin … La même année, une quarantaine de Nobel signaient une pétition pour l’empêcher d’être nommé à la tête d’un laboratoire de recherches sur les vaccins au Cameroun, alors qu’il contestait « sans aucun début de preuves scientifiques » leur intérêt, accusant même le vaccin ROR  (rougeole, oreillons,rubéole) d’être à l’origine de l’autisme !

 «  Le Nobel ne saurait servir d’alibi pour diffuser impunément des messages portant atteinte à la santé. Luc Montagnier accumule les impostures scientifiques et médicales à force de se prononcer dans des domaines où il n’est pas compétent : l’extrait de Papaye fermentée fourni au Pape Jean-Paul II contre la maladie de Parkinson, le test diagnostique de la maladie de Lyme supposé détecter la bactérie dans le sang à partir des ondes électromagnétiques,de prétendues preuves de la réalité de la mémoire de l’eau sans la moindre publication, la médecine bafouée, les patients mystifiés et nos concitoyens abusés. Qu’attendent les pouvoirs publics et les institutions de santé pour dénoncer ces dérives ? Scientifiques, médecins, professionnels de santé, patients, citoyens : il est urgent d’agir ! »

 Bureaucrates à la retraite

Contacté par La Croix au lendemain de sa sortie théâtrale le prix Nobel indiquait ne rien retirer de ses propos. « J’ai un dossier très complet sur les liens entre vaccination et mort subite du nourrisson. Certains enfants décèdent 24 heures après avoir été vaccinés. On a quand même le droit de s’interroger sur cette corrélation temporelle. C’est juste du bon sens » déclarait-il.

À nouveau interrogé par La Croix (Pierre Bienvault) mardi 14 novembre, à propos de la tribune, des académiciens Il a annoncé son intention de publier prochainement un droit de réponse. « J’ai l’habitude des attaques de ces académiciens qui sont des bureaucrates à la retraite, fermés à toute innovation. J’ai les preuves scientifiques de ce que j’affirme », indique-t-il.

Pour l’heure, ni le ministère de la santé, ni l’Institut Pasteur n’ont réagi publiquement aux déclarations du Pr Montagnier. Un silence gêné qui ne saurait, raisonnablement durer.

A demain

1 « Les mauvais arguments d’un Nobel de médecine devenu anti-vaccin » Slate.fr 10 novembre 2017

2  Liste des signataires : BACH Jean-François, BREART Gérard, BRICAIRE François, BRONNER Gérald , BUISSON Yves, CLARIS Olivier, CHRISTMANN Daniel, CREPIN Gilles, DANIS Marti , DEBRE Patrice, DEGOS Laurent, DENIS François, FISCHER Alain, GIRARD Marc, HASCOËT Jean-Marie , HURIET Claude, JAFFIOL Claude, KEROUEDAN Dominique, LASFARGUES Géraud, MANDELBROT Laurent, MILLIEZ Jacques, RICHARD-LENOBLE Dominique, SALLE Bernard, SANCHO-GARNIER Hélène, SANSONETTI Philippe, VERT Paul, VILLET Richard

Vacciner : le Pr Luc Montagnier, prix Nobel de médecine, bientôt condamné à être brûlé ?

 

Bonjour

Révolte attendue de la raison et de l’institution : une trentaine de membres de l’Académie nationale de médecine dénoncent dans une tribune 1 les « dérives » d’un des leurs, le Pr Luc Montagnier :

« Nous ne pouvons pas accepter d’un académicien qu’il se donne en spectacle pour jeter le trouble dans l’esprit des gens en incitant parents et médecins à « entrer en résistance » contre les vaccins au mépris de l’éthique, de la science et de la santé. »

On se souvient que le prix Nobel de médecine a pris récemment publiquement la parole pour s’opposer à l’extension de l’obligation vaccinale gouvernementale quant aux vaccinations pédiatriques. On se souvient aussi que le Pr Marc Gentilini était monté en ligne contre le double  discours du Pr Montagnier. Nous avons résumé l’affaire sur Slate.fr 2

Aujourd’hui, la suite :

« Nous avons été élus à l’Académie de médecine pour contribuer, dans la mesure de nos compétences, à sa mission de défense et promotion de la santé de nos concitoyens. La vaccination a toujours été et reste un de ses combats majeurs. Nous ne pouvons pas accepter d’un académicien qu’il se donne en spectacle pour jeter le trouble dans l’esprit des gens en incitant parents et médecins à ‘’ entrer en résistance’’ contre les vaccins au mépris de l’éthique, de la science et de la santé. »

Se donner en spectacle? Certes. Et après ? Brûler ? Pourquoi ne pas organiser une dispute académique, médicale et scientifique ?

A demain

 1  Liste des signataires : BACH Jean-François, BREART Gérard, BRICAIRE François, BRONNER Gérald , BUISSON Yves, CLARIS Olivier, CHRISTMANN Daniel, CREPIN Gilles, DANIS Marti , DEBRE Patrice, DEGOS Laurent, DENIS François, FISCHER Alain, GIRARD Marc, HASCOËT Jean-Marie , HURIET Claude, JAFFIOL Claude, KEROUEDAN Dominique, LASFARGUES Géraud, MANDELBROT Laurent, MILLIEZ Jacques, RICHARD-LENOBLE Dominique, SALLE Bernard, SANCHO-GARNIER Hélène, SANSONETTI Philippe, VERT Paul, VILLET Richard

2 « Les mauvais arguments d’un Nobel de médecine devenu anti-vaccin » Slate.fr 10 novembre 2017