Coronavirus et prophètes de bonheur : voici venu le temps des traitements avant l’heure

Bonjour

C’était immanquable : des chercheurs de l’université chinoise de la province du Zhejiang affirment avoir mis au point un traitement efficace pour les personnes contaminées par le « coronavirus de Wuhan » – information rapportée ce 5 février par la télévision chinoise CGTN.

Cela n’a pas manqué : la nouvelle, reprise par des traders, a provoqué un vif rebond sur les marchés financiers en Europe. La chaîne de télévision chinoise précise que des essais préliminaires, « menés in vitro en laboratoire » (sic), ont montré que ce traitement combinant deux molécules existantes parvenait à bloquer le coronavirus 2019-nCoV.

Cela ne pouvait rester sans suite : un chercheur britannique a annoncé de son côté avoir réussi une « percée significative » en vue de mettre au point un vaccin contre le virus apparu en décembre à Wuhan. Le respecté et honorable Pr  Robin Shattock dirige le département des maladies infectieuses et d’immunologie à l’Imperial College de Londres. Il précise que son équipe est prête à lancer une phase d’essai sur des animaux « dès la semaine prochaine ». Les études sur l’être humain pourraient débuter cet été « s’il réunit suffisamment de fonds ».

Cela ne pouvait rester sans suite. L’Organisation mondiale de la santé a aussitôt annoncé qu’il n’existait pas de traitement efficace connu contre le 2019-nCoV. Interrogé au sujet de ces « informations de presse », un porte-parole de l’OMS a déclaré qu’il n’existait «aucune thérapie efficace». Les traders sont restés muets.

A demain @jynau

Grippe: depuis novembre dernier, trois enfants et vingt-trois adultes sont morts en France

Bonjour

L’heure est aux décomptes viraux. Ainsi, aujourd’hui 5 février 2020, celui que viennent de publier les épidémiologistes de Santé publique France.

« Semaine 05/2020 – Situation au 05/02/2020 Bulletin hebdomadaire grippe

I Passages aux urgences et hospitalisations pour grippe

En semaine 05, le réseau Oscour® a rapporté 8 821 passages pour grippe ou syndrome grippal (vs 5 645 enS04) et 810 hospitalisations (vs 471 en S04). Ces indicateurs sont en forte augmentation par rapport à la semaine précédente. Les passages concernent principalement les enfants de 0 à 14 ans (57%), plus particulièrement les jeunes enfants de moins de 5 ans (32%).

Parmi les hospitalisations pour grippe, les classes d’âge les plus représentées sont les enfants de moins de 5 ans (29%) et les personnes âgées de 75 ans et plus (20%). La part des hospitalisations pour grippe ou syndrome grippal parmi l’ensemble des hospitalisations a égalementaugmenté par rapport à la semaine précédente (13,8/1 000 en S05 vs 8,1/1 000 en S04).

II Surveillance des cas graves de grippe admis en réanimation

Depuis le 4 novembre 2019, 311 cas graves de grippe ont été signalés, dont 49 en S05 (Figure 4). L’âge moyendes cas est de 52 ans. La majorité (73%) d’entre eux présente des facteurs de risque et 74% des 189 cas avec des facteurs de risque de complication pour lesquels le statut vaccinal est renseigné ne sont pas vaccinés. Un virus de type A a été identifié chez 82% des cas. Vingt-six cas sont décédés : 3 enfants de moins de 15 ans, 12 cas âgés de 15-64 ans et 11 cas âgés de 65 ans et plus. »

Il n’est pas trop tard, disent certains spécialistes français, pour se faire vacciner. D’autres dénoncent l’inefficacité relative de cette vaccination. D’autres, encore déploient toutes leurs énergies pour mettre au point un vaccin contre un virus qui vient d’émerger en Chine et qui inquiète la planète. L’heure est aux décomptes.

A demain @jynau

Promesse ministérielle : un jour prochain les porcelets français ne seront plus castrés «à vif»

Bonjour

Nous avions entendu sa promesse concernant la fin du broyage-destruction des millions de poussins mâles.  Mardi 28 janvier Didier Guillaume tenait une conférence de presse consacrée aux mesures gouvernementales en faveur du bien-être animal. Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation est revenu sur le sujet : « l’objectif, c’est de forcer les entreprises, la recherche, à faire cela fin 2021 (…) trouver la technique qui marche à grande échelle ».Parmi les voisins de la France, la Suisse a mis en place cette interdiction depuis le 1er janvier. Le mode d’abattage « au moyen du CO2 » y reste autorisé.

Outre les poussins mâles détruits-broyés le ministre a traité de la douloureuse question des porcelets. Promis-juré : « fin 2021, il n’y aura plus de castration des porcelets à vif », a-t-il assuré, en ajoutant que son ministère allait « publier des textes réglementaires dans les toutes prochaines semaines pour aller vers l’interdiction des pratiques douloureuses dans l’élevage ».

Pourquoi castrer « à vif » des porcelets ? La castration, explique-t-on, ermet d’obtenir des porcs plus gras, tout en évitant l’odeur nauséabonde de verrat que peut dégager à la cuisson le gras de certains mâles « entiers ». « Nous avons travaillé avec les vétérinaires prêts à élaborer un protocole pour une prise en charge complète de la douleur », a expliqué M. Guillaume.

Le bien-être de l’éleveur réclame-t-il les souffrances de ses bêtes ?

 Les défenseurs des animaux en général, des porcelets en particulier, ne sont pas satisfaits. « La véritable annonce serait de fixer une échéance pour l’arrêt de la castration et n’autoriser que les alternatives sauf exceptions pour certaines productions », a réagi l’association de protection des animaux CIWF. Selon elle « la prise en charge de la douleur est une fausse bonne solution ». Elle a également déploré l’absence d’annonce pour l’interdiction de vente des œufs de poules élevées en cage, comme s’y était engagé Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle.

Pour sa part l’association Welfarm, qui milite pour la protection des animaux de fermes, « la seule alternative viable, aussi bien pour les animaux que pour les éleveurs, est l’arrêt pur et simple de la castration, autrement dit l’élevage de mâles entiers ou l’immunocastration ».

« La pratique de la castration chirurgicale des porcelets est de plus en plus remise en cause en raison de la douleur que l’opération entraîne pour l’animal, nous expliquent des spécialistes. Cette pratique est motivée par le fait que les viandes de certains porcs mâles entiers présentent, aux stades usuels d’abattage, des odeurs désagréables qualifiées d’odeurs sexuelles. Outre la douleur infligée à l’animal pendant et après l’opération, la castration se traduit aussi par une baisse sensible des performances en termes d’efficacité alimentaire et de teneur en muscles de la carcasse. Une première alternative consiste à pratiquer une anesthésie et/ou une analgésie pour atténuer la douleur pendant et après l’opération. L’immunocastration (un vaccin spécifique inhibant le développement sexuel) est une deuxième alternative envisageable. Enfin, il est également possible de ne rien faire et d’élever les animaux entiers (non castrés). »

Pourquoi faire quelque chose plutôt que rien ? « Aujourd’hui, le bien-être animal, ce n’est pas la fin de l’élevage, c’est mieux d’élevage, a expliqué le ministre Guillaume aux journalistes. Il y a le bien-être animal, mais je suis aussi attaché au bien-être de l’éleveur, c’est très important. » On aurait aimé poser une question au ministre : le bien-être de l’homme réclame-t-il les souffrances de ses bêtes ?

A demain @jynau

Le coronavirus n’est pas l'oeuvre de Big Pharma ! En êtes-vous vraiment bien certain ?

Bonjour

C’est un document présenté comme la démonstration  que l’épidémie débutante de coronavirus n’est due ni au hasard ni à la fatalité. On connaît le discours officiel : le nouveau virus qui commence à générer une psychose en Chine trouve son origine dans l’est du pays.

Le 2019-nCoV a émergé chez l’être humain dans un marché de la ville chinoise de Wuhan, où diverses espèces animales étaient présentes et commercialisées (poissons et produits de la mer, volailles, faisans, chauves-souris, marmottes…). Il est bien établi que c’est là une situation qui favorise grandement les recombinaisons génétiques des virus animaux et qui augmente les risques de transmission de nouveaux virus pathogènes à l’espèce humaine. Ce marché a été fermé le 1er janvier pour limiter la contagion –trop tard.

« Mais sur les réseaux sociaux, certains cherchent une explication ailleurs. Des publications, qui circulent notamment sur Facebook, évoquent un très court extrait d’un brevet déposé aux Etats-Unis en 2003, concernant un coronavirus, qui prouverait que le virus aurait été créé à dessein, rapportent Les Décodeurs du Monde. Selon ce texte, et plusieurs autres, le coronavirus est une création dûment brevetée en 2003 auprès des autorités américaines.

« Je découvre que le Coronavirus n’est pas nouveau, a été créé en 2003 aux USA et que bizarrement quelque chose devrait se passer ce 24 janvier 2020 ! Le coronavirus est un virus breveté américain qui arrive à expiration le 23 janvier 2020. Donc quoi de mieux que de lancer une épidémie pour vendre leurs vaccins avant expiration. C’est une épuration pour gaver des actionnaires. »

Faux, affirment les raisonnables Décodeurs du dernier quotidien vespéral de la capitale. :

« Si l’on regarde la photo du document en question, on peut lire le numéro de « US patent », soit le numéro d’enregistrement du brevet auprès de l’administration américaine. Il est alors très simple d’obtenir le texte dudit brevet grâce à un moteur de recherche. Le brevet porte bien sur un coronavirus et date effectivement de 2003, comme l’affirme la publication Facebook. Sauf que le virus dont il est question – SARS-CoV – est celui qui a sévi entre 2002 et 2003, en Chine, et qui est la cause du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Le document n’a donc rien à voir avec le coronavirus en cause dans l’épidémie actuelle – et qui porte le nom de 2019-nCoV. »

Le capitalisme peut lui aussi avancer masqué

Faudrait-il encore (comme nous l’avons fait sur Slate.fr avec Antoine Flahault), redire qu’il existe bien des coronavirus dans la Nature ?

« Ces «virus à couronne» doivent leur appellation au fait que, sous l’œil du microscope électronique, ils font étrangement songer à la couronne solaire. Il s’agit d’un genre de virus de la famille des coronaviridæ, dont le génome est fait d’ARN et qui sont dotés d’une enveloppe virale et d’une coque (ou capside) de symétrie hélicoïdale.

Le 2019-nCoV est le septième représentant connu de cette famille capable d’infecter l’être humain par voie pulmonaire. Deux d’entre eux ont été découverts récemment, suscitant aussitôt une grande inquiétude à l’échelon international du fait de leur caractère contagieux. Ce fut tout d’abord le SARS-CoV, responsable de l’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Est ensuite venu le MERS-CoV, à l’origine de l’épidémie du syndrome respiratoire du Moyen-Orient.

En 2002 et 2003, le premier avait infecté en Chine plus de 8.000 personnes et causé près de 800 morts. Quant au second, apparu en 2012 au Qatar et en Arabie saoudite, il fut à l’origine de plus de 1.700 cas officiellement recensés, dont plus de 700 mortels. »

Quant à « breveter » une entité virale, cela ne signifie en rien qu’on aurait créé ce chaînon enre le vivant et l’inerte – entre cet inerte qui se nourrit du vivant.  « Lorsqu’on regarde le contenu du document, expliquent nos Décodeurs, on s’aperçoit qu’il s’agit avant tout de décrire le virus en détail, c’est-à-dire de breveter le séquençage de son ADN. D’ailleurs, une bonne partie des 72 pages du document est une longue liste de nucléotides – A, T, G, C – qui forment la séquence ADN du virus, puis une longue liste d’acides aminés. »

On sera en revanche plus dubitatif sur leur chute : «  Quant à l’accusation de ‘’lancer une épidémie pour vendre leurs vaccins avant expiration’’ des vaccins, elle ne correspond pas non plus à la réalité, puisqu’il n’existe aujourd’hui aucun vaccin pour l’épidémie actuelle de coronavirus 2019-nCoV». Ce n’est malheureusement pas là un argument de poids : quel intérêt y aurait-il à proposer dès aujourd’hui un vaccin efficace ? Mieux vaudrait laisser la demande s’envoler. Les complotistes savent que le capitalisme peut, lui aussi, avancer masqué.

A demain @jynau

Vaccination anti-HPV: pourquoi Agnès Buzyn ne l’impose-t-elle pas aux filles et aux garçons ?

Bonjour

Communiqué d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé : « La ministre des Solidarités et de la santé Agnès Buzyn se félicite de la recommandation de la Haute autorité de santé (HAS) publiée ce jour visant à étendre aux jeunes garçons la vaccination contre les papillomavirus humains et souhaite que cette recommandation soit intégrée dans le calendrier des vaccinations 2020 pour une mise en œuvre d’ici l’été ».

Ainsi donc la ministre « se félicite » et la ministre « souhaite ». Pourquoi ne pas dire qu’elle « décide » ? Rappel ministériel :

« Associée au dépistage du cancer du col de l’utérus, la vaccination contre les papillomavirus humains, appelée couramment vaccination contre les HPV (sic) constitue la meilleure stratégie de lutte contre ce cancer qui provoque en France près de 1000 décès par an chez les femmes. La vaccination contre les HPV est actuellement recommandée pour les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans, avec un rattrapage jusqu’à 19 ans, et pour les hommes âgés de moins de 26 ans ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH).

« Les stratégies vaccinales évoluent au cours du temps et de nombreux pays ont étendu cette vaccination à tous les garçons. Les garçons sont en effet également infectés par ces virus HPV et les transmettent à leurs partenaires. Près de 25 % des cancers provoqués par les HPV surviennent chez les hommes. C’est pourquoi la ministre des Solidarités et de la Santé avait saisi la Haute Autorité de Santé (HAS) de ce sujet. »

On savait déjà qu’après analyse des données de littérature et consultation publique menée jusqu’au 27 novembre, la HAS souhaitait étendre cette vaccination aux jeunes garçons entre 11 et 14 ans – avec un rattrapage jusqu’à 19 ans.

On sait aussi qu’en dépit des recommandations officielles la situation actuelle est un échec considérable : une couverture vaccinale des jeunes filles inférieure à 20% (à rapprocher de l’objectif de 60 % du plan cancer 2014-2019). « La vaccination étendue à tous les jeunes garçons est une décision scientifique et éthique qui permettra, quelle que soit leur orientation sexuelle, de bénéficier d’une protection individuelle, mais aussi comme pour la vaccination des jeunes filles, d’améliorer la protection de leurs partenaires » explique aujourd’hui Agnès Buzyn.

Reste que les mêmes causes produiront les mêmes effets. Où l’on en vient à se demander pourquoi la ministre, soucieuse de science et d’éthique (sans parler de réduction des risques…) ne décide pas d’imposer cette vaccination à l’ensemble de la jeune population française. S’en expliquera-t-elle ?

A demain @jynau

Autisme : une goutte de sang et des dilutions homéopathiques. Est-ce du charlatanisme ?

Bonjour

Le Dr G., spécialiste de pédiatrie à Fréjus (Var), savait-il à quoi il s’exposait ? Il vient d’être condamné par la section disciplinaire de l’Ordre des médecins de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur : « une sanction d’interdiction d’exercer les fonctions de médecin pendant une durée de trois mois, prenant effet le 1er février 2020 et assortie d’un sursis de deux mois ».

Le Dr G. était poursuivi par le conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), qui avait porté plainte en janvier 2018, estimant que le Dr G. enfreignait le code de déontologie médicale. Et ce « faisant la promotion d’un traitement homéopathique de l’autisme et en ayant une attitude (…) hostile à la vaccination ». L’AFP nous précise que le CNOM, dans sa sagesse, avait dans un premier temps demandé au conseil départemental du Var de l’Ordre des médecins de contacter le médecin pour « débattre avec lui » des thérapeutiques  qu’il pouvait proposer.

Or l’instance départementale avait estimé que la pratique professionnelle de ce médecin était « exempte de reproches ». Aussi L’Ordre national avait alors décidé de porter plainte directement contre lui. Il n’est en effet pas rare d’observer des divergences d’appréciation entre le sommet national et la base départementale de l’institution ordinale. Les territoires ont des raisons que la raison parisienne ne peut qu’ignorer.

 « Pollution par les vaccins souvent chargés en aluminium » 

Le CNOM s’appuie ainsi sur les articles du code de déontologie médicale qui précisent qu’un médecin s’engage à assurer des soins « fondés sur les données acquises de la science » et qu’il ne peut proposer au patient « comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé » – interdiction du charlatanisme 1.

Or, ajoute l’AFP, dans un « protocole thérapeutique » publié sur internet 2 en février 2016, le Dr G. estime notamment que l’autisme est la « conséquence de la pollution qui envahit notre planète », y incluant la « pollution par les vaccins souvent chargés en aluminium » à côté de la « pollution par l’oxyde de carbone », « par des métaux lourds » ou encore par certaines bactéries.

Et l’AFP d’ajouter que le Dr G. est membre du conseil d’administration du Syndicat national des médecins homéopathes français et qu’il propose un traitement à base d’une goutte de sang du malade diluée et de produits homéopathiques dont « des dilutions homéopathiques de vaccin » 2 « De telles indications et thérapeutiques ne correspondent pas aux données acquises de la science » et « manquent de prudence en ne faisant pas état des débats existants sur l’efficacité de tels traitements », estime la chambre disciplinaire de l’Ordre régional des médecins.

On attend, désormais, de savoir si praticien et/ou le CNOM feront appel de cette décision. Ce qui aiderait à préciser les frontières françaises actuelles des concepts de charlatan et de charlatanisme.

A demain @jynau


1 Article 39 (article R.4127-39 du code de la santé publique) : « Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Toute pratique de charlatanisme est interdite. »

Charlatanisme : subst. masc.Art d’exploiter la crédulité d’autrui érigé en système. Le charlatanisme à côté du mérite est comme le zéro à la droite d’un chiffre et décuple sa valeur (Stendhal, Lucien Leuwen, t. 3, 1836, p. 228)

2 Toujours disponible sur internet : « Traitement homéopathique pour l’autisme : Chlorum et les autres… » : « Des recherches menées en neurophysiologie ont montré que le cerveau des enfants autistes présentait un niveau de chlore trop élevé. Des essais de traitement par des diurétiques éliminant le chlore ont mis en évidence des effets positifs sur l’éveil et le comportement des patients traités, mais ces produits provoquent des effets secondaires. Nous avons donc eu l’idée de traiter les enfants autistes par des doses homéopathiques de chlore pour réduire l’excès de chlore et obtenir des améliorations sans effet secondaire.

« Depuis deux ans, plusieurs enfants ont reçu Chlorum 9 CH : cinq granules une fois par semaine pendant un mois, puis 12 CH une fois par semaine pendant le deuxième mois, puis 15 CH dans les mêmes proportions le troisième mois et 30 CH le quatrième mois. Les premiers résultats sont remarquables avec un certain éveil à la réalité, une qualité de contact jamais obtenue avant, une communication bien meilleure. Sur vingt dossiers étudiés, sept enfants semblent ne plus présenter de trouble du spectre autistique au bout d’un an de traitement. »

Vaccins, ondes, wifi et homéopathie: est-il encore possible de débattre avec Michèle Rivasi ?

Bonjour

A verser au dossier Rivasi Michèle. C’est un exercice original que vient de réaliser Le Point (Thomas Mahler et Géraldine Woessner) : organiser un entretien avec une eurodéputée Europe Écologie-Les Verts, une élue qui s’estime victime d’une « campagne de déstabilisation » de la part … du Point. Et ce depuis le mois de juin et un dossier de l’hebdomadaire : « Écologie : vérités et fariboles »  qui présentait les positions de Michèle Rivasi – numéro deux de la liste Europe Écologie-Les Verts (EELV) aux élections européennes et agrégée de sciences naturelles – « contre les vaccins, pour l’homéopathie et contre les ondes électromagnétiques ».  soit trois oppositions à des consensus scientifiques. Dans son éditorial, le directeur du Point Étienne Gernelle écrivait, à propos de l’eurodéputée, que «  certaines positions semblent tenir plus du champignon hallucinogène que de la science. Sa posture complotiste contre les vaccins, derrière lesquels elle voit la main des laboratoires, et ses convictions sur la nocivité des ondes, qui vont bien au-delà des faits pour l’instant établis, sont ahurissantes ».

Réplique. Sur le site de Politis Michèle Rivasi évoqua une « campagne calomnieuse » en raison de « son combat contre les lobbys ». « Alors qu’elle nous réclamait, par avocats interposés, un droit de réponse, nous lui avons proposé à la place un grand entretien, estimant que le débat était toujours plus fécond, précise l’hebdomadaire. La rencontre s’est faite dans l’antenne parisienne du Parlement européen. De notre point de vue, ce fut courtois, pour ne pas dire sympathique sur le plan humain, mais scientifiquement totalement surréaliste. Michèle Rivasi a présenté sa position sur les vaccins et, après un semblant de mea culpa, a défendu les ‘’travaux’’ d’Andrew Wakefield, chef de file des anti-vaccins mis au ban de la communauté scientifique. Elle a aussi maintenu ses positions sur l’homéopathie, ravivant la fumeuse mémoire de l’eau de Jacques Benveniste. » Extraits.

I Vaccins.

Michèle Rivasi est-elle ou non « antivaccins » quand elle déclare : « Aujourd’hui, les vaccins créent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent » ? Que répond-elle à Agnès Buzyn qui l’accuse de diffuser des « fake news » ?

« C’est une phrase sortie de son contexte. Je rencontrais une délégation des pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). On me disait que pour résoudre les problèmes de santé en Afrique, il faut des vaccins. J’ai répondu que, parfois, la vaccination ne résout pas tous les problèmes ; qu’il faut plutôt réfléchir à des dispensaires, à assainir la qualité de l’eau… Cette phrase ne doit ainsi pas être généralisée.

« Il y a deux ans, Mme Buzyn m’avait convoquée au ministère de la Santé, à propos de l’obligation vaccinale. Je lui ai dit que je préférais des recommandations à l’obligation, comme ce qui se fait dans beaucoup de pays européens. Je l’avais avertie que l’obligation vaccinale allait faire monter le nombre des antivaccins… Mon objectif en matière de politique vaccinale, ce n’est pas de contraindre, mais de convaincre en restaurant la confiance (…) La perte de confiance est pour moi liée aux scandales, comme la campagne vaccinale contre l’hépatite B et la grippe H1N1 et les 90 millions de doses commandées. Il y a aussi une épidémie de conflits d’intérêts. Les experts ne doivent pas être payés par les laboratoires. Il faut aussi qu’on évalue le rapport bénéfices-risques pour chaque vaccin et que l’on fasse plus de pédagogie plutôt que de l’imposer en infantilisant l’usager. Pour retrouver la confiance, je réclame également une meilleure vaccinovigilance, des études indépendantes sur les adjuvants en aluminium et la multivaccination chez le nourrisson de moins de 18 mois. Ne risque-t-on pas, en vaccinant trop tôt, de fragiliser le système immunitaire des enfants ? En Allemagne, suite à une étude épidémiologique, l’hexavalent a été retiré du marché. En quoi mon discours est-il alarmiste ? »

Pourquoi a-t-elle déclaré qu’il existait un lien de causalité entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques ?

« Non ! Sous le gouvernement de Lionel Jospin  j’étais députée à l’Assemblée nationale. Bernard Kouchner avait demandé qu’on ne vaccine plus les adolescents au niveau du collège, suite à la campagne vaccinale menée par Philippe Douste-Blazy au milieu des années 1990. Le directeur général de la Santé, Lucien Abenhaïm, m’a dit en 1999 qu’il n’y a à l’heure actuelle pas d’élément de preuves entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques, mais qu’il avait deux infirmières qui, après vaccination et rappel, ont déclaré une sclérose en plaques. Il m’a confié être menacé si jamais il évoquait ce lien de causalité…

« Certes, établir un lien de causalité direct est très difficile à faire. En l’espèce, il n’y a que des présomptions de preuves. Saisie en 2015, la Cour de cassation décide alors de surseoir à statuer et de renvoyer une série de questions préjudicielles à la Cour de justice de l’Union européenne. Celle-ci a ouvert la voie en 2017 à des indemnisations dans des procédures entre malades et fabricants de vaccins. L’affaire peut être résumée ainsi : en l’absence de consensus scientifique quant à une relation de causalité, la «  proximité temporelle » entre l’administration d’un vaccin et la survenance d’une maladie et «  l’absence d’antécédents médicaux personnels et familiaux (ainsi que l’existence d’un nombre significatif de cas répertoriés de survenance de cette maladie à la suite de telles administrations) peuvent constituer des indices suffisants pour justifier une indemnisation. »

« Agnès Buzyn, elle-même, m’a dit qu’on s’est aperçu qu’il y a plus de risques à vacciner des ados que des bébés. Voilà ce que m’a déclaré la ministre ! Sur le fond, le lien de causalité est un principe juridique et non scientifique. De même, pour votre gouverne, la justice s’appuie sur des expertises scientifiques. Il faut reconnaître, en l’espèce, qu’il n’y a pas de consensus scientifique, mais vous ne pouvez pas dire que « toutes les études disent le contraire ». Ce serait un déni. » 

II Homéopathie

Pourquoi être contre le déremboursement de l’homéopathie alors que son efficacité n’a pas été scientifiquement prouvée ?

« Ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas le mode d’action que cela signifie qu’il n’y a pas d’effets ! Ceux de l’homéopathie s’expliqueraient par une vibration. La molécule laisse une trace, en quelque sorte, dans le liquide de dilution… Par ailleurs, je ne comprends pas pourquoi on s’acharne à vouloir dérembourser l’homéopathie, qui ne coûte pas beaucoup à la Sécu, quand on sait que notre pharmacopée contient sur le marché un quart de médicaments coûteux pour la Sécu et dangereux pour la santé comme l’ont dit les professeurs Bernard Debré et Philippe Even. Peut-être faudrait-il commencer par dérembourser ceux-ci !

« Il existe aujourd’hui six ou sept modèles théoriques différents tentant d’expliquer pourquoi l’homéopathie marche (…)

On sait que la science avance et progresse au fil du temps. Il faut bien se garder d’avoir des avis définitifs sur les choses, parce qu’on a d’abord des phénomènes, et après des théories ou des modèles explicatifs pour décrire les choses. Il existe aujourd’hui six ou sept modèles théoriques différents tentant d’expliquer pourquoi l’homéopathie marche : la mémoire de l’eau en est un, l’approche quantique en est un deuxième, des Italiens travaillent sur la notion de nanopharmacologie… Il y a aussi d’autres recherches en cours sur l’homéopathie appliquée aux plantes.

« Mon argumentaire est simple : on utilise l’homéopathie depuis environ deux cents ans. Et cela fonctionne ! L’homéopathie a un effet chez certains patients et sur certaines maladies, sinon on n’aurait pas autant de patients qui se soignent à l’homéopathie. Les gens observent que lorsqu’ils donnent des granules à leurs enfants atteints d’otites ou de maladies ORL, les symptômes disparaissent. Je me dis : c’est très bien ! J’ai aussi rencontré des vétérinaires qui ont montré l’effet positif des granules dans des élevages de poules. Cela interroge sur le seul effet placebo de l’homéopathie. (…)

« Je suis pour la sécurité du patient bien entendu. Supprimer la formation d’homéopathie à l’université me pose d’ailleurs un problème : il faut qu’un médecin puisse dire à quel instant l’homéopathie ne suffit plus, et qu’il faut passer aux antibiotiques. Si on supprime cette formation, on laisse la porte ouverte aux charlatans, aux « guérisseurs » d’antan qui n’auront pas fait d’études de médecine pour administrer l’homéopathie. Pour moi, la sécurité du patient passe par un médecin.

« Et pour tout vous dire, je pense que dans l’homéopathie, il y a un effet placebo. Comme dans tout médicament. Mais si les gens préfèrent recourir à de l’homéopathie plutôt que de consommer d’autres médicaments chimiques, c’est leur droit, quand même ! On a soigné des gens à l’homéopathie, et des études le prouvent, même s’il n’y a pas assez d’études cliniques. »

II Ondes, Linky, wifi

Dénoncer les effets nocifs des ondes électromagnétiques ? Croire en une réalité biologique de l’électrosensibilité ?

« Je suis pour qu’on établisse une liste des symptômes qui ont été autorapportés par ceux qui en souffrent : perte de mémoire, problèmes cognitifs, problèmes cardiaques, problèmes de peau, dépression… Quand bien même l’origine de la maladie n’est pas établie, on est confronté à cette réalité : à l’heure actuelle, des milliers de personnes souffrent en présence des émissions électromagnétiques rayonnées par nos appareils sans fil et le réseau électrique. Essentiellement des femmes parfois jeunes. En tant que politique, vous vous demandez comment aider ces personnes-là. Et c’est mon éthique : je dois aider les plus démunis, les personnes qui se disent victimes de facteurs environnementaux émergents. En ce moment, j’essaie de trouver une zone blanche dans laquelle reloger ces gens. Dans cette zone sera mis en place un suivi médico-social, et une recherche européenne, pour identifier des bio-indicateurs spécifiques pour cette maladie.

« Si une personne électrosensible me dit : je ne peux pas vivre avec Linky, je dois l’écouter. Ce sont des « ondes sales » : vous avez des micro-sautes de tension qui correspondent à des interférences que l’on injecte dans le réseau électrique et qui se « surajoutent » au courant domestique. Et la justice a condamné Énédis à poser un filtre protecteur chez treize personnes électrosensibles ou à laisser le compteur initial. La justice se doit de faire respecter nos droits fondamentaux dont le principe de précaution, inscrit dans notre bloc de constitutionnalité. Il existe de nombreux scientifiques différents. On ne peut considérer la science comme un bloc monolithique. De surcroît, la justice est fondée sur un principe important : celui du contradictoire qui permet dans la transparence entre les parties de faire vivre des controverses scientifiques. »

Pour finir Le Point demande à Michèle Rivasi si elle « éteint son wifi le soir. « Je n’en ai pas chez moi, répond-elle. Je suis câblée. Attention, j’ai aidé le département de la Drôme à avoir la fibre optique. Je suis à fond pour Internet, mais sans ondes ! Le principe de précaution doit guider nos choix politiques et techno-scientifiques. Il y va de la protection de la santé de nos concitoyens. »

Question journalistique et citoyenne, au terme de ce long entretien : est-il encore utile (nécessaire, possible) de débattre avec la députée écologiste Michèle Rivasi ? Que répondrait, ici, Sisyphe ?

A demain @jynau