Un nouveau collectif réclame à Agnès Buzyn la disparition de l’aluminium dans les vaccins

Bonjour,

C’est Le Monde qui l’annonce : une lettre de douze pages est arrivée vendredi 4 août au ministère de la Santé. « Intitulé courtoisement « demande préalable », ce courrier signé de Me Jacqueline Bergel est en réalité le premier acte d’un nouveau front juridique qui s’ouvre sur la vaccination, et qui concerne cette fois les adjuvants à l’aluminium » indique le quotidien (Emeline Cazi). On connaît Me Bergel : c’est elle qui avait engagé une action devant le Conseil d’Etat ; et qui avait obtenu  que les trois vaccins obligatoires (contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite) puissent être disponibles seuls et non pas associés à plusieurs autres valences comme c’est le cas aujourd’hui en France. Me Bergel était alors l’avocate de l’Institut de la protection pour une santé naturelle (IPSN). Basée rue de Clichy à Paris et dirigée par Augustin de Livois, l’IPSN « défend le droit de se soigner librement, et notamment par des solutions naturelles ». Il a aussi « vocation à informer les citoyens, défendre les médecins ou thérapeutes et à changer les législations dans le domaine au niveau national et européen ».

Aujourd’hui l’avocate est mandatée par un nouveau collectif qui, précise Le Monde, compte déjà 1 250 personnes, « des ingénieurs, des cadres, des parents mais aussi des membres du corps médical ». Et, de fait, c’est un nouveau front anti-vaccinal qui se dessine : Me Bergel demande à présent à Agnès Buzyn, ministre de la Santé d’user « des pouvoirs qui [lui] sont conférés », pour imposer aux laboratoires pharmaceutiques de ne plus utiliser d’adjuvant à l’aluminium dans les trois vaccins obligatoires – mais aussi dans les huit autres qui vont le devenir. On sait que cet adjuvant est présente pour, précisément, conférer aux vaccins leur pleine efficacité.

Quinze euros par jour de retard et par personne

On connaît le principal argument, récurrent et scientifiquement très contesté, qui sous-tend cette demande : les « effets secondaires néfastes tant pour les enfants très jeunes que pour les adultes ». C’est, en France, un sujet qui fait polémique depuis plusieurs années avec, notamment, les travaux sur la myofasciite à macrophages conduits par le Pr Romain Gherardi, chef de service du centre de référence des maladies neuromusculaires (hôpital Henri-Mondor, Créteil).

 Faute d’un consensus médical et scientifique sur le sujet on voit mal Agnès Buzyn répondre favorablement à cette demande et ce d’autant qu’elle s’est déjà exprimée sur le sujet estimant que la dangerosité potentielle ici évoquée ne reposait sur aucune base rationnelle. Il n’en reste pas moins que la situation ainsi créée est inédite et pourrait conduire à de nouvelles difficultés pour le gouvernement si le Conseil d’Etat, à nouveau saisi, devait entendre les arguments du nouveau « collectif ».

Il faut ici rappeler que la haute juridiction administrative avait laissé un délai de six mois à la ministre en charge de la santé pour que la puissance publique rende disponible les seuls trois vaccins obligatoires sans associations avec d’autres valences. Ce délai expirait le 8 août et ces trois vaccins ne sont pas disponible. « L’avocate prévoit de demander en septembre la condamnation sous astreinte de l’exécution de la décision, à raison de 15 euros par jour de retard et par personne » indique, bien informé, Le Monde. On peut supposer qu’au ministère de la Santé on a déjà commencé à faire les comptes.

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Onze vaccins obligatoires : on ne sait toujours rien sur ce qui attend les opposants

Bonjour

Il faut, parfois, lire La Croix. Aujourd’hui le quotidien catholique traite du grand dossier médical, politique et juridique de la rentrée, celui des nouvelles obligations vaccinales pédiatriques : diphtérie, tétanos et poliomyélite mais aussi coqueluche, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, Haemophilus influenzae, pneumocoque et méningocoque C. Et dans ce dossier une grande question : que prévoir pour les parents qui s’opposeront à tout ou partie de ces nouvelles obligations ?

La Croix (Pierre Bienvault) a interrogé l’entourage de la ministre de la Santé. « Nous sommes actuellement en train de travailler sur le sujet qui est complexe, en particulier sur le plan juridique » lui a-t-on répondu. Quelles sont les possibilités ? On ne le saura pas. Une « clause d’exemption » ? Sous quelle forme ? Des sanctions financières ? Le gouvernement dispose de la solution préconisée dans le rapport de la « concertation citoyenne sur la vaccination » organisée l’an dernier :

« Les parents ne souhaitant pas faire vacciner leur enfant pourront invoquer une clause d’exemption pour un ou plusieurs de ces vaccins (à ne pas confondre avec la clause de contre-indication médicale exceptionnelle), motivée par leurs convictions. Après entretien avec le professionnel de santé exposant les conséquences d’une telle décision, les parents s’engageront par écrit selon une procédure formalisée à assumer les responsabilités civiles de leur refus incluant un risque de non-admission de l’enfant en collectivité. Le refus sera porté sur le carnet de vaccination. A tout moment, les parents pourront revenir sur cette décision. »

 Engagement écrit

« Notre idée est de permettre à des parents très déterminés de s’opposer à la délivrance d’un ou plusieurs vaccins à leurs enfants, par le biais d’un engagement écrit et après un entretien avec un professionnel de santé, explique aujourd’hui le Pr Alain Fischer qui a co-présidé cette concertation. En signant ce document, les parents réfractaires s’engageront à assumer les conséquences de leurs choix : la non-admission de leur enfant en collectivités et leur responsabilité si jamais, dans un entourage, venait à être contaminé un enfant immunodéprimé ne pouvant pas être vacciné. »

Mais comment mettre en place une telle disposition, respecter les convictions, sans ruiner l’ensemble du dispositif ? Comment, pour reprendre la formule de La Croix, agir au mieux pour déminer un dossier assez explosif ?

Dans le camp des opposants, on attend : « Ce projet de vaccination obligatoire est stupide. Et s’il est mis en application, je peux vous assurer que beaucoup de parents feront tout pour s’y soustraire », affirme de son côté Marie Werbregue, présidente de l’association Info vaccins France.

Ecologie radicale

« On assiste à la poursuite du mouvement de politisation de la question vaccinale entamée au moment de la grippe H1N1. Ce mouvement est constitué d’une agrégation de groupes très divers qui vont de l’écologie radicale à l’extrême droite », indique pour sa part Jocelyn Raude, sociologue à l’École des hautes études en santé publique de Rennes (EHESSP). Avec, en toile de fond, le soupçon que l’on dit grandissant sur les effets secondaires et les risques auxquels exposeraient les adjuvants.

Comment demande La Croix, imposer une vaccination obligatoire dans un contexte de défiance vis-à-vis de la parole politique et des avis d’experts ?  Et comment imposer tout en offrant la possibilité d’échapper à l’obligation ? Comment, en somme, agir au mieux de l’intérêt général tout en respectant les convictions individuelles ?

Aujourd’hui silencieuse Agnès Buzyn devra trancher. En juillet, sur RTL, elle avait laissé entendre que l’exemption était une piste qu’elle souhaitait explorer. Mais dans le même temps on soulignait, de très bonne source, que cette piste ne pourrait pas être retenue. « Il apparaît en effet qu’elle aurait compliqué à l’extrême le travail des médecins pédiatres et généralistes, expliquait-on alors. De fait elle constituerait une faille dans le dispositif comme dans le message sanitaire que nous voulons porter. » Réponse à la rentrée.

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La polémique sur les onze vaccins obligatoires : «Ma rencontre avec la ministre Agnès Buzyn»

 

Bonjour

Obligations vaccinales. Que fallait-il attendre de la rencontre entre Michèle Rivasi et Agnès Buzyn ? On connaît les convictions et alertes débordantes de la première, « députée européenne écologiste et biologiste agrégée ». On a appris à découvrir celle qui, succédant à Marisol Touraine, peut engager le fer derrière un visage de velours ; une ministre qui, au nom de la santé publique, va imposer onze valences vaccinales pédiatriques. Une ministre ici ou là accusée d’avoir choisi une politique de la contrainte, faute de pouvoir convaincre – choix que combat Mme Rivasi.

La rencontre a eu lieu le 28 juillet. « A la demande de la ministre de la Santé » précise la députée en guerre contre l’obligation vaccinale. Un modeste camp du Drap d’Or, en somme, une initiative diplomatique « pour échanger dans un climat apaisé autour de la question de l’extension de l’obligation vaccinale ». Adressées à la presse, les minutes de la rencontre ont été rédigées par la députée.

Désaccord acté

« Nous avons acté de notre désaccord quant à l’extension à onze vaccins de l’obligation vaccinale à l’heure où les parents sont de plus en plus méfiants et défiants face à la vaccination, écrit-elle.  J’ai fourni à la Ministre des études qui ont été transmises aux parlementaires suédois avant leurs votes contre l’obligation vaccinale, au nom notamment de la liberté de choix thérapeutique au mois de mai dernier. »

« Certes, la Ministre a reconnu les erreurs résultant des campagnes vaccinales contre l’hépatite B et la grippe H1N1 mais nie tout problème quant aux campagnes vaccinales liées au nourrisson, ajoute Mme Rivasi. Elle considère que pour se conformer à la demande de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il faut atteindre un taux de couverture vaccinale de 95% minimum et que seule l’obligation vaccinale en France garantit ce taux de couverture. »

Un Comité purgé

La rencontre ne pouvait pas faire l’économie des « conflits d’intérêts dans le domaine de la vaccination ». « La ministre dit avoir purgé l’ancien Comité Technique des Vaccinations des personnes en liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique » écrit Mme Rivasi qui, contestant ce point, dit  souhaiter « un pôle d’expertise indépendant pour mieux évaluer la balance bénéfices / risques ».

Autre sujet, majeur, de conflit : les risques (neurologiques, psychiatriques, articulaires et musculaires) qui pourraient éventuellement être associés aux différents adjuvants présents dans les vaccins. « Sur cette question, la ministre considère qu’une seule équipe dans le monde (celle des Prs Authier et Gherardi) met en cause sans preuve formelle l’aluminium, écrit Mme Rivasi. Je lui ai demandé de faire réaliser des études pour recenser la présence de nanoparticules métalliques non déclarées et en particulier de mercure, dans les vaccins et pour trouver des alternatives aux sels d’aluminium comme le phosphate de calcium. »

Ces études verront-elles le jour ? Et, au final, que restera-t-il de ces échanges  diplomatiques ? « Pour résumer notre rencontre, la ministre reste convaincue de la nécessité de passer en force sur ce sujet en balayant les doutes légitimes de nos concitoyens d’un revers de main (adjuvants, conflits d’intérêts, nanoparticules…) » conclut la députée. Convictions contre convictions. Est-ce dire que les ponts seraient rompus, que la guerre serait déclarée ?

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Une jeune fille de 16 ans est morte de la rougeole à Marseille. Elle n’était pas vaccinée

 

Bonjour

Il aura fallu un mois pour que l’information soit rendue publique. Une jeune fille de 16 ans est décédée le 27 juin des suites d’une rougeole aiguë à l’hôpital Nord de Marseille. C’est Agnès Buzyn, ministre de la Santé qui l’a annoncé hier, 26 juillet, à l’Assemblée nationale.

Non vaccinée, la jeune fille est tombée malade à Nice où elle a été prise en charge au CHU. « Souffrant de détresse respiratoire intense, elle a été transférée au service de réanimation DRIS (détresse respiratoire infections sévères) le 6 juin à Marseille », a précisé l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille au Quotidien du Médecin. Aucun doute sur le diagnostic : le 13 juin, une analyse par PCR a montré qu’il s’agissait d’une infection rougeoleuse. Son état de santé s’est ensuite dégradé et elle est décédée le 27 juin. Le reste de sa famille est surveillé, et aucun autre cas n’est survenu depuis.

Précision de l’Agence Régionale de Santé de PACA au Quotidien : « Il s’agit d’une forme très rare de rougeole. La jeune fille, appartenant à une communauté de gens du voyage, n’avait pas été vaccinée. Elle ne souffrait pas d’autre complication que celle due à la rougeole ».

Que dire de plus ? Sinon que cette mort vient confirmer les alertes récurrentes lancées par les autorités sanitaires françaises et européennes ; trente-cinq personnes sont mortes de rougeole en Europe ces douze derniers mois. Une menace infectieuse résurgente que refusent de prendre en compte celles et ceux qui, pour diverses raisons, disent être opposés aux vaccinations. Et qui contestent la récente  décision gouvernementale de rendre obligatoires onze vaccinations pédiatriques – dont celle contre la rougeole qui, jusqu’à présent n’était que recommandée.

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Vaccinations pédiatriques et « autisme » : la justice française va bientôt devoir trancher

Bonjour

La guerre des vaccins est déclarée. C’est une information du Parisien (Elsa Mari) : pour la première fois en France une action de groupe sera introduite en septembre par l’association Autisme Vaccinations. L’action sera conduite devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris contre quatre géants pharmaceutiques français, américain et anglais (Sanofi, Pfizer, Eli Lilly et GlaxoSmithKline). Près d’une centaine de familles entendent « demander réparation des dommages causés par la vaccination pédiatrique », responsable selon elles d’une recrudescence des cas d’autisme chez les jeunes enfants.

Cette « première française » est aussi dernier rebondissement en date d’une vieille affaire, celle des liens supposés (et jamais scientifiquement démontrés) entre certaines vaccinations et certains syndromes autistiques.

Anti-vaccins américains

« Derrière cette action en justice d’envergure, une femme : Martine Ferguson-André, militante acharnée, membre de la commission de santé d’Europe Ecologie-les Verts (EELV), précise Le Parisien. Elle affirme que son fils, Tom, est devenu autiste après avoir reçu cinq vaccins à l’âge de dix mois. Principale cause, le thiomersal, qui aurait été détecté dans le sang de l’enfant. Ce composé contenant du mercure, utilisé comme conservateur, a été retiré par précaution des vaccins en 2000 à la demande des autorités de santé. A l’époque, les études réalisées n’avaient pas permis de conclure à un risque potentiel. »

Mme Ferguson-André explique qu’elle va attaquer en justice « pour connaître la vérité ». Elle est soutenue dans son combat par Marie-Odile Bertella-Geffroy, célèbre ancienne juge d’instruction du pôle santé publique du TGI de Paris, désormais avocate, qui aura un rôle de conseiller. Ce qui pourrait, qui sait, soulever la question hypothétique du conflit d’intérêts. Mme Ferguson-André est d’autre part proche du courant anti-vaccins américain. Elle affirme que son action de groupe est soutenue par Robert Kennedy Junior, un neveu de l’ancien président. « Il a été nommé à la commission sur la sécurité de la vaccination par Trump et sera présent à Paris en septembre à nos côtés » dit-elle.

Onze vaccinations obligatoires

Depuis le diagnostic de son fils Mme Ferguson-André se présente comme une lanceuse d’alerte, « qui met sa vie en jeu ». Ses propos sont parfois teintés d’angoisse, observe Le Parisien. « J’ai de la chance d’être encore vivante, je reçois des lettres anonymes de menace de mort, mon appartement a aussi été fouillé. »

Cette action en justice coïncide avec la décision gouvernementale de rendre obligatoires onze vaccinations pédiatriques. Elle fait suite à une récente décision de la Cour de justice de l’Union européenne de Luxembourg : « En l’absence de consensus scientifique, le défaut d’un vaccin et le lien de causalité entre celui-ci et une maladie peuvent être prouvés par un faisceau d’indices graves, précis et concordants ». Il s’agissait alors des liens hypothétiques (et jamais scientifiquement démontrés) entre la vaccination contre l’hépatite B et la sclérose en plaques.

La prochaine action en justice devant le TGI de Paris fait partie, dit Le Parisien, de la « stratégie de la mouvance opposée à la vaccination ». La guerre des vaccins commence bel et bien.

 

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VIH et hépatites : trente-deux ans après, feu vert du pouvoir exécutif aux soins funéraires

 

Bonjour

En jargon officiel cela donne, signé par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé : « Arrêté du 12 juillet 2017 fixant les listes des infections transmissibles prescrivant ou portant interdiction de certaines opérations funéraires mentionnées à l’article R. 2213-2-1 du code général des collectivités territoriales ». En pratique les infections par le VIH et les virus B et C des hépatites ont été retirés de la liste des maladies concernées par l’interdiction de la pratique des soins funéraires. Restent, sur la liste, les orthopoxviroses, le choléra, la peste, le charbon ainsi que les fièvres hémorragiques virales graves et contagieuses.

Publié au Journal Officiel 1 de ce jeudi 20 juillet, cet arrêté a été salué par les responsables des associations de lutte contre le sida qui dénonçaient là une mesure discriminatoire sans réelle justification sanitaire. « C’est une grande victoire dans la lutte contre la sérophobie et pour la dignité des personnes séropositives et de leurs proches », a réagi l’association Aides sur Twitter ; « Un rappel que nos luttes paient », pour Act-Up Paris, qui dit toutefois vouloir rester vigilant « quant à son application par les thanatopracteurs, dont une partie est très réticente face à la fin de cette discrimination ».

Les soins de conservation des corps (soins de thanatopraxie) qui visent à retarder les processus de décomposition étaient jusque-là interdits aux personnes décédées séropositives et/ou atteintes d’hépatites virales en application de deux textes officiels datant de 1986 et du 20 juillet 1998 – et ce notamment par crainte de contamination accidentelle des thanatopracteurs.

Vaccination contre l’hépatite B

Certains verront sans doute ici la main du président jupitérien. De fait, juste après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, des associations de lutte contre le sida l’avaient interpellé pour lui demander la levée de l’interdiction « discrimination gravée dans le droit français ». Et au final on ne peut qu’être frappé du temps qu’il aura fallu à l’exécutif pour parvenir à ce résultat. Nous écrivions ainsi, le 21 janvier 2013, sur ce blog :

« C’est fait, ou presque : le Haut Conseil de la santé publique ne s’oppose plus aux « soins des corps » après la mort des personnes infectées par les virus du sida et des principales hépatites. A condition de prendre une série de strictes précautions d’hygiène. On voit mal désormais Marisol Touraine faire obstacle à une mesure réclamée par le milieu associatif et le Conseil national du sida. »

François Hollande et Marisol Touraine n’ont, finalement, presque rien pu faire pendant cinq ans. Emmanuel Macron et Agnès Buzyn ont agi en quelques semaines. La mesure ne prendra toutefois effet qu’au le 1er janvier 2018. Le temps, pour tous les thanatopracteurs, d’être vaccinés contre l’hépatite B. Au risque de heurter les opposants déclarés à cette immunisation.

A demain

1 On observera que le Journal Officiel ne connaît plus l’orthographe exacte de la maladie dite de « Creutzfeldt-Jakob ».

 

Emmanuel Macron prendra-t-il la parole pour convaincre du bien-fondé des vaccinations ?

 

Bonjour

Suffit-il d’imposer pour convaincre d’un bienfait ? C’est un pari assez risqué que celui que vient de faire le gouvernement en annonçant qu’il allait prochainement rendre obligatoire huit vaccinations pédiatriques qui n’étaient, jusqu’ici, que recommandées. Une initiative d’autant plus délicate que rien n’est dit des mesures concernant les parents qui refuseraient tout ou partie de ces nouvelles obligations. S’il ne manque pas de soutiens au sein du corps médical l’exécutif est ici confronté à une série d’oppositions plus ou moins structurées. Il ne s’agit certes pas d’oppositions au principe même de la vaccination mais les arguments développés conduisent, en pratique, à un résultat équivalent. Il lui faut aussi compter avec une méfiance diffuse vis-à-vis des hypothétiques effets secondaires de ces immunisations.

Réappropriation

Comment parvenir à convaincre du bien-fondé d’une large couverture vaccinale au sein de la population générale ? Les différents arguments disponibles viennent d’être exposés par François Bourdillon, directeur de Santé publique France dans une tribune publiée par Le Monde et dans laquelle il développe l’idée selon laquelle « la vaccination est un bien commun à se réapproprier ».

On connaît, pour l’essentiel, ces arguments qui reposent sur des éléments rationnels, à commencer par l’impact des vaccinations obligatoires de la petite enfance qui ont permis la disparition de la diphtérie, du tétanos et de la poliomyélite. On sait aussi qu’il faut qu’au moins 90 % des enfants soient vaccinés pour prévenir la transmission des principales maladies contagieuses – voire 95 % pour certaines, comme la rougeole. Or cet objectif n’est pas atteint, en France, pour les huit vaccinations recommandées de la petite enfance, notamment celles contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (78 % pour la seconde dose), le méningocoque C (71 %) et l’hépatite B (88 %). C’est ainsi qu’entre 2008 et 2012 on a recensé en France 23 000 cas de rougeole déclarés, 1 500 personnes hospitalisées pour pneumonie, 34 complications neurologiques et 10 décès.

Pourquoi, face à un tel constat, ne pas substituer l’obligation à la simple recommandation ? Mais comment aussi, dans le même temps, ne pas réactiver la défiance envers la vaccination; une défiance « liée au doute d’une partie de la population sur de supposés effets indésirables liés aux adjuvants ou au vaccin lui-même, et cela malgré des données de pharmacovigilance et d’études de niveau mondial très rassurantes ».  Pour le directeur de Santé publique France les obstacles pourront être levés grâce à la « reconstruction d’une politique publique ».

Restauration

Celle-ci a, selon lui, commencé sous le précédent quinquennat avec l’organisation d’une « concertation citoyenne » qui a, précisément, conduit ses responsables à proposer l’élargissement (temporaire) du caractère obligatoire des vaccins – proposition reprise à son compte par le nouveau gouvernement. La seconde étape pour « restaurer la confiance » a été la mise en place d’un site public d’information qui se veut la référence en matière de discours public sur la vaccination (vaccination-info-service.fr) qui a reçu « près de 800 000 visites depuis sa mise en ligne en mars 2017 ».

« La construction d’un espace dédié aux professionnels est en cours, ajoute François Bourdillon. Il sera développé avec la plus grande indépendance et impartialité une gestion rigoureuse des conflits d’intérêts. Il existe aussi des initiatives très intéressantes, portées non seulement par les pouvoirs publics mais aussi par les médias et la société civile, pour analyser les rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux et lutter contre toutes les idées fausses et pseudo-théories. »

Nécessaire, tout cela sera-t-il suffisant pour que, dans le pays de Louis Pasteur, les vaccins de la petite enfance soient collectivement perçus comme un « progrès majeur de santé publique » ? Le rationnel développé par la puissance publique sera-t-il suffisamment convaincant pour effacer l’entrelacs des doutes, des inquiétudes, des angoisses diffuses ? Où l’on en vient à s’interroger sur l’impact que pourraient avoir, ici, les capacités de conviction et d’empathie de la parole présidentielle.

A demain