La vaccination contre les papillomavirus sera bientôt recommandée chez les petits garçons

 

Bonjour

Quelques lignes dans Le Quotidien du Médecin (Charlène Catalifaud) et, déjà, l’amorce d’une polémique avec l’incitation à la  vaccination de tous les jeunes garçons contre les infections à Papillomavirus humain (HPV) 1. Pour l’heure le sujet est est « en cours de réflexion » au sein de la Commission technique des vaccinations (CTV), structure désormais rattachée à la Haute autorité de santé (HAS) que présidait, il y a peu encore la ministre des Solidarités et de la Santé.

Force est aujourd’hui de constater que cette vaccination , à l’origine de polémique récurrentes 2, ne rencontre pas un grand succès – et ce en dépit des moyens déployés. Elle est officiellement recommandée pour toutes les jeunes filles de 11 à 14 ans. Deux ou trois injections sont nécessaires en fonction du vaccin utilisé et de l’âge. Par ailleurs, dans le cadre du « rattrapage vaccinal », la recommandation concerne les jeunes filles et jeunes femmes entre 15 et 19 ans. Cette vaccination est également recommandée, jusqu’à l’âge de 26 ans, « chez les hommes ayant ou ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes ».

Le Pr Élisabeth Bouvet, présidente de la CTV, vient de faire savoir que « l’éventuelle extension d’indication du vaccin ferait l’objet de prochaines recommandations » (sic). « Un certain nombre de pays ont des programmes pour les filles et les garçons, cela incite à se poser la question en France », explique-t-elle.  Les virus pathogènes sexuellement transmissibles sont potentiellement présents chez les filles comme chez les garçons et une  vaccination généralisée permet de limiter la transmission et de protéger contre l’ensemble des pathologies secondaires à l’infection.

Echec sans autocritique

Où l’on en vient à se demander pourquoi cette recommandation n’avait pas, d’emblée été adoptée.  « Des pays comme l’Australie, les Etats-Unis et l’Autriche ont fait ce choix, mais, en France, le HCSP n’a pas retenu cette -option notamment pour des raisons médico-économiques, expliquait, il y a un an,  le Pr Daniel Floret, ancien président du comité technique des vaccinations.

La nouvelle « feuille de route » devrait être établie « incessamment », selon Catherine Rumeau-Pichon, adjointe à la directrice de l’évaluation médicale, économique et de santé publique de la HAS. « Toutefois, l’extension de l’indication de la vaccination pose le problème de l’acceptabilité, alors que la couverture vaccinale chez les jeunes filles est jugée insuffisante » euphémise Le Quotidien du Médecin.

On peut, ici, parler d’un véritable échec : le taux de couverture vaccinale est, en France, l’un d’un des plus bas en Europe : moins de 20% de la population cible est vaccinée. Et ce alors que le Plan Cancer 2014-2019 fixait un objectif de 60%. Les institutions et responsables sanitaires n’ont toujours pas, ici, fait leur autocritique.

A demain

1 Les infections par les HPV sont le plus souvent sans aucun symptôme. Dans la plupart des cas, le virus s’élimine naturellement en un à deux ans et l’infection n’a aucune conséquence sur la santé. Dans certains cas, des condylomes (verrues génitales) peuvent apparaître. L’infection persistante par les HPV est rare (moins de 10% des cas), mais elle peut entraîner, chez la femme, la formation de lésions au niveau du col de l’utérus : on parle alors de lésions « précancéreuses ».

Pour certains HPV ces lésions peuvent évoluer vers un cancer en dix à vingt ans. En France et en Europe, les cancers du col de l’utérus sont causés dans près de trois quarts des cas par les HPV 16 et 18. Ces HPV « à haut risque » sont aussi les principaux responsables d’autres cancers plus rares de la région ano-génitale chez la femme (cancer du vagin, de la vulve) et du cancer de l’anus dans les deux sexes.

2 En mars 2014 une pétition réunissant 420 médecins et adressée à François Hollande avait réclamé  la création d’une mission parlementaire pour évaluer « l’opportunité » de la  vaccination contre les infections par HPV.

 

Trop mystérieux Henri Joyeux : l’Ordre des médecins va-t-il se décider à le radier ?

Bonjour

« C’est tout sourire que le Pr Henri Joyeux s’est présenté ce 24 mai au siège national de l’Ordre des médecins, dans le 17arrondissement de Paris, où l’attendait un petit comité de soutien » rapporte Le Quotidien du Médecin (Coline Garré). Un Pr Henri Joyeux dont Le Monde brossait, il y a quelques jours, un portrait que l’on peut tenir pour inquiétant. Un médecin amplement controversé au même titre que le Pr Luc Montagnier 1 avec lequel il vient de signer une peu banale lettre ouverte à Emannuel Macron.

Rappel : Henri Joyeux comparaît devant la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des médecins – elle doit, en appel, décider si ce médecin a bel et bien manqué à sa déontologie après la radiation prononcée le 8 juillet 2016 en première instance, par la chambre disciplinaire du Languedoc-Roussillon. Le Pr Joyeux – ainsi, phénomène remarquable, que le conseil départemental de l’Hérault –  avaient fait appel de cette radiation. « Cette décision de radiation vient directement du ministère de la Santé et du Conseil de l’Ordre national qui cherche à me faire taire mais ils n’y arriveront pas, avait alors déclaré le radié sur RTL. Il est évident que je vais faire appel et l’appel est suspensif. Je continuerai à consulter, à conseiller. »

« Ce sont deux pétitions lancées par le chirurgien cancérologue qui sont à l’origine de la plaine de l’Ordre » rappelle Le Quotidien du Médecin.  Pétitions chapeautées par « l’Institut pour la protection de la santé naturelle » . La première (septembre 2014) s’oppose à « la vaccination massive des enfants contre les papillomavirus » et aux recommandations du Haut Conseil de la Santé publique en faveur d’un abaissement de l’âge de la vaccination de 11 ans à 9 ans. Le seconde (mai 2015), réclame à la ministre de la Santé la disponibilité du vaccin DTP sans autre valence et fait valoir  que « les Français sont piégés par la loi et les laboratoires ».

Chantre de la prudence

Pour l’Ordre, aucune hésitation : ce médecin manque à plusieurs articles du code de déontologie et de santé publique, notamment le R 4127-12 qui veut que « le médecin apporte son concours à l’action entreprise par les autorités compétentes en vue de la protection de la santé et de l’éducation sanitaire », et le R 4127-13, qui exige que « le médecin qui participe à une action d’information du public (…) doit ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public. »

Le Pr Joyeux avait comparu devant la chambre de première instance sans avocat, désinvolte, se souvient Le Quotidien. Cette fois-ci, Me Jean-François Jésus a défendu son client quarante-cinq minutes, en cherchant à démontrer qu’il n’était pas un anti-vaccin, fâcheuse étiquette dont il serait la victime. Me Jésus a in fine appelé l’instance disciplinaire à juger en toute indépendance et à blanchir le Pr Joyeux ; et fait part de son souhait de voir plusieurs médecins, dont le Dr Bouet président du conseil national de l’Ordre, lui présenter ses excuses. »

Et Le Quotidien de nous apprendre que le Pr Joyeux a tenté, dans un discours policé (très loin des références assumées à Andrew Wakefield en compagnie du Pr Luc Montagnier)  de se démarquer de son « personnage médiatique » pour asseoir sa « légitimité scientifique ». « Tout en assurant ne pas ‘’avoir à se mettre à genoux devant des décisions’’ qui ne lui semblent pas justes le Pr Joyeux s’est fait le chantre de la prudence et de l’humilité, écrit Coline Garré. Non, il n’est pas ce médecin rétrograde anti-pilule et anti-IVG qu’a dépeint Marisol Touraine. Mais il est de son devoir d’universitaire de porter un regard critique. »

« J’ai dédié ma vie à la médecine, a-t-il conclu. J’ai prêté serment en 1972 et y resterai fidèle jusqu’à mon dernier souffle. » La chambre disciplinaire de l’Ordre dira, dans trois à six semaines, si ce médecin doit, quarante-six ans plus tard, être rayé de ses listes. Au nom de la déontologie et de la santé publique.

A demain

1 A lire, dans le dernier numéro du Point (24 mai 2018) « Mais qu’arrive-t-il au Pr Montagnier ? » de Thomas Mahler et Violaine de Montclos. Nous reviendrons sous peu sur ce dossier.

 

L’étrange courrier des Prs Joyeux et Montagnier au locataire du Palais de L’Elysée

 

Bonjour

« Le professeur Joyeux, médecin à effets indésirables », c’est le titre du portrait signé de la journaliste Zineb Dryef – portrait publié dans la dernière livraison de « M » supplément glacé du Monde. Actualité : la possible radiation définitive de l’Ordre des médecins de celui qui est progressivement devenu l’étrange porte-drapeau tricolore des innombrables militants opposés aux vaccinations forcées et à Big Pharma. Henri Joyeux, « le cauchemar du ministère de la santé ».

« Multipliant ouvrages et conférences, ce chrétien traditionaliste use de sa crédibilité de professeur en médecine pour prêcher sa bonne parole pseudoscientifique : contre l’industrie pharmaceutique, mais aussi contre la pilule, l’IVG et l’homosexualité, résume Le Monde. Une croisade idéologique qui pourrait bien lui valoir, le 24 mai, à 72 ans, sa radiation définitive »

 Nullement allergique aux passages sur les riants plateaux télévisés, porté aux nues par quelques stars (Sophie Marceau, Isabelle Adjani), auteur de best-sellers (Éditions du Rocher), conférencier adulé, souvent cité l’homme demeure mal connu, souvent insaisissable. De ce point de vue cet excellent  portrait fournit quelques enseignements essentiels à qui veut comprendre les racines les plus profondes des oppositions vaccinales. Il refuse généralement les rencontres avec les journalistes critiques de la presse généraliste. Faisant une exception pour Le Monde il a, en préalable, adressé un CV de vingt-quatre pages « sa vie (six enfants, huit petits-enfants), son oeuvre, ses combats (la famille, la nutrition, les vaccins), ses écrivains et philosophes préférés (Romain Gary, Friedrich Nietzsche, René Girard…) ».

Et de redire qu’il n’est pas un anti-vaccinal radical. Il se bornerait à « émettre des réserves ». C’est bien évidemment nettement plus complexe. Ses propres enfants ? Ils sont vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite , mais  « il n’était pas question » de les vacciner contre l’hépatite B. Ses petits-enfants ? « En fonction de ce dont ils ont besoin, rougeole, oreillons, rubéole, parce qu’il n’y a pas d’aluminium dans le ROR, mais ils ne vont pas suivre la loi de Mme Buzyn. » Onze vaccins sont obligatoires depuis le 1er janvier 2018. Lesquels préconise-t-il ?  » « L’allaitement maternel, le meilleur des vaccins. »

Lette énigmatique à Emmanuel Macron

Tout est ainsi résumé d’une position qui, au-delà de l’aluminium et des vaccins, autorise finalement tous les discours, toutes les croyances, tous les amalgames.  Son site officiel le démontre à l’envi. Site où l’on découvre une étrange lettre ouverte en faveur du « principe de précaution » co-signée avec le Pr Luc Montagnier, prix Nobel de médecine – lettre énigmatique adressée à Emmanuel Macron, président de la République. Extraits :

« Il est désormais impératif et urgent d’inscrire le principe de précaution en matière de santé et de médecine dans la Constitution, à la place qui lui est naturellement due. Le président de la République doit être le premier protecteur de la santé des Français. Nous avons le droit le plus précieux d’exiger des médicaments sans danger.

Le principe de précaution le garantira. Les laboratoires pharmaceutiques seront d’autant plus vigilants qu’ils engageront leur responsabilité de façon renforcée ; ainsi leurs profits seront mérités et la recherche, encouragée.

Cette avancée restaurera la sérénité. La France doit montrer l’exemple dans le concert des nations. Ce n’est pas une affaire de religion, de tendance politique, d’appartenance ethnique, de catégorie sociale, de niveau de richesse ou d’orientation sexuelle : c’est l’affaire de tous, sans différence, dans le respect de la devise de la France : liberté, égalité, fraternité.

Nous, signataires de la présente lettre ouverte, vous demandons, Monsieur le Président de la République, d’exercer en conscience, avec autorité, sagesse et courage, vos prérogatives pour que le principe de précaution en matière de santé et de médecine soit inscrit dans la Constitution, par la voie parlementaire ou référendaire, afin de nous protéger. »

Un médecin peut-il tout dire ? Le 24 mai, à 9 heures, Henri Joyeux comparaîtra devant la chambre disciplinaire du Conseil national de l’ordre des médecins. La suite d’une affaire suivie sur ce blog et qui démontre que l’homme n’est pas sans soutiens. Le Pr Joyeux  aura pour avocat, cela ne s’invente pas, Me Jean-François Jésus. « On ne me fera pas taire, assure-t-il au Monde. Si je suis radié, j’irai au Conseil d’État. J’irai jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme. » Avec son confrère Luc Montagnier aura-t-il, d’ici là, reçu une réponse du locataire de l’Elysée ?

A demain

 

 

Epidémie de rougeole : Agnès Buzyn va-t-elle obliger les soignants à se faire vacciner ?

 

Bonjour

L’épidémie française ne cesse de progresser : bientôt 2000 cas depuis novembre dernier et une accélération ces dernières semaines. Que faire ? La Direction générale de la santé l’a demandé au Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Et ce dernier vient de répondre.

Constat : En France, des cas ont été déclarés dans la quasi-totalité des régions. Aucun département aujourd’hui indemne de rougeole n’est à l’abri d’une extension de la circulation virale dans un avenir proche, car la couverture vaccinale rougeole (CV) requise pour interrompre la circulation du virus (de 95% à 2 ans pour les deux doses de vaccin) n’est actuellement atteinte nulle part sur le territoire national. Cette situation épidémique est retrouvée dans plusieurs autres pays européens (Roumanie, Italie, Grèce, Allemagne) avec 14 600 cas notifiés en 2017.

Sans surprise, la majorité des cas a été observée chez des personnes non ou insuffisamment vaccinées (87% des cas, dont 74% non vaccinées et 13% vaccinées avec une seule dose). Le HCSP rappelle que la France est engagée depuis 2005 dans le Plan stratégique mondial de l’OMS visant à éliminer la rougeole et la rubéole. Cet objectif a été repoussé à 2020. Il nécessite que la CV en population générale soit supérieure à 95% avec deux doses pour les enfants de moins de 2 ans (une première dose à 12 mois et une seconde dose entre 16 et 18 mois) et ce dans chaque département. A ce jour, cet objectif n’est pas atteint. En outre, la CV insuffisante dans la population générale « a permis l’accumulation d’une poche de sujets réceptifs dont le nombre est estimé à plus d’un million ».

Vérifier le statut vaccinal des soignants

Qu’en est-il de la vaccination chez les soignants ? « Il n’existe pas d’étude récente permettant d’évaluer leur CV actuelle vis-à-vis de la rougeole ; les données disponibles (étude Vaxisoin, 2009) montraient une CV contre la rougeole (au moins une dose) insuffisante chez les professionnels de santé sans antécédents connus de rougeole (médecins : 46%, sage femmes : 70% et infirmières : 56%). C’est une situation qui facilite la survenue de foyers nosocomiaux dans les établissements de soins. »

Parmi ces nouvelles recommandations, le HCSP demande que les établissements de santé et médico-sociaux prennent « toutes les mesures nécessaires pour vérifier et mettre à jour dans les meilleurs délais le statut vaccinal des professionnels de santé vis-à-vis de la rougeole selon les recommandations en vigueur ».

Mais il suggère aussi une évolution des textes en vigueur concernant la vaccination des professionnels au contact de populations vulnérables (en particulier les personnels de santé). De même, le législateur devrait selon lui prévoir l’éviction de « personnes contacts » n’ayant pas fait la preuve de leur immunisation, en particulier dans les collectivités de jeunes enfants et en milieu scolaire.

Enfin, le HCSP recommande une stratégie de communication forte et réactive auprès des professionnels et de la population générale. On attend, sur tous ces points, les décisions d’Agnès Buzyn. Tout en mettant en œuvre une politique drastique d’obligations vaccinales chez les jeunes enfants la ministre s’était, cet hiver, refusée à contraindre les soignants à se faire vacciner contre la grippe. En sera-t-il de même contre une rougeole  devenue épidémique ?

A demain

Mourir grippé et vacciné : voici les premières données chiffrées de l’hiver 2017-2018

Bonjour

Un siècle après celle de 18-19 qui emporta, dit-on, un Guillaume Appolinaire mort pour la France. Canicule printanière. 19 avril 2018 : Santé Publique France (ex-INVS) vient de dévoiler son premier bilan chiffré définitif de la grippe 17-18. Soit 13 000 décès prématurés :

« De la semaine 49-2017 à la semaine 12-2018 : excès de mortalité toutes causes et tous âges confondus estimé à 17 800 décès dont 13 000 attribuables à la grippe »

 Où l’on apprend, en ce début de printemps, que depuis le 1er novembre 2017, 2 889 cas graves de grippe ont été signalés. Que l’âge moyen des cas est de 60 ans. Que la majorité (81%) d’entre eux présentait des facteurs de risque et que dans 55% des cas (pour lesquels le statut vaccinal était renseigné) les sujets n’étaient pas vaccinés. Parmi les cas admis en réanimation, 482 sont décédés : 6 étaient âgés de moins de 5 ans, 4 de 5 à 14 ans, 176 de 15 à 64 ans et 296 de 65 ans et plus.

L’efficacité vaccinale ? Les résultats préliminaires du « Réseau Sentinelles » indiquent une efficacité de 54% [95% IC: 29-70] chez les personnes de 65 ans et plus contre tous les virus grippaux. Elle est estimée à 75% [95% IC: 48-88] contre le virus A(H1N1)pdm09 et à 54% [95% IC: 24-72] contre les virus de type B/Yamagata. Les spécialistes apprécieront.

En milieu hospitalier une étude (dite « FLUVAC ») permet de mesurer l’efficacité du vaccin à éviter une forme sévère de grippe conduisant à une hospitalisation chez les adultes. Les données préliminaires indiquent une efficacité vaccinale chez les adultes contre l’hospitalisation pour grippe de 11% [95% IC: -19-45] quel que soit le virus. Elle est estimée à 31% [95% IC: -13-58] contre les virus de type A et à 6% [95% IC: -55-43] contre les virus de type B. Même remarque quant à l’appréciation.

 Le Monde décodant (Baptiste Decharme) rappelle qu’au cours de l’histoire humaine, certaines souches virale grippales ont provoqué « des millions de morts [prématurées] ». « La célèbre grippe espagnole aurait ainsi fait 200 000 morts en France en 1918-1919, et, selon les dernières estimations, jusqu’à 100 millions de morts dans le monde − soit bien plus que le conflit mondial qui l’a précédée, ajoute les jeunes décodeurs du dernier quotidien vespéral de la capitale. Plus proche de nous, la grippe de ‘’ Hong-Kong’’ a provoqué le décès d’environ 32 000 personnes en France, en 1968-1969. »

Ainsi donc Le Monde est, comme toujours, parfait. Mais « venons-en aux faits » : qui, aujourd’hui en France, se souvient encore de l’hiver suivant cette révolution des pavés – une révolution qui donna au quotidien de la rue des Italiens un essor mérité autant qu’inespéré ?

A demain

 

 

Rougeole : qui sera accusé de n’avoir pas agi quand l’épidémie sera bel et bien là ?   

Bonjour

Près d’un millier de cas déclarés en quatre mois avec, depuis peu, une nette accélération. Et, déjà,  la perspective d’une lente vague épidémique du type de celle observée entre 2008 et 2012 (au moins 24 500 cas, 1 500 pneumonies graves, 35 encéphalites, 20 décès).  Après l’émergence du phénomène en Nouvelle-Aquitaine les autorités sanitaires nationales – à commencer par la Direction Générale de la Santé (DGS) – commencent à s’alarmer. D’où une conférence de presse organisée le 14 mars.

 « Plus de 90 % des 913 cas sont apparus en 2018 ; il y a eu une accélération ces trois dernières semaines, avec près de 46 % d’augmentation des cas par rapport à l’incidence de début novembre », a expliqué à la presse le Dr Daniel Levy-Bruhl, responsable de l’unité « Infections respiratoires et vaccination » (Santé publique France). Fin 2017, le virus ne sévissait qu’en Nouvelle-Aquitaine ou presque. Aujourd’hui 59 départements sont touchés, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Bretagne, et dans les Pays de la Loire.

Fait notable (et bien trop mal connu du grand public) ce sont les nourrissons de moins d’un an qui sont en première ligne. « Ils ne peuvent pas être vaccinés ; ils paient le prix du défaut de vaccination de leur environnement », explique le Dr Levy-Bruhl. Viennent ensuite les 1-4 ans – reflet d’une insuffisance de vaccination dans cette tranche d’âge. Ensuite les jeunes adultes (de 15 à 30 ans) – insuffisance du rattrapage vaccinal.

Cette situation met en lumière les failles vaccinales à l’échelon national. Des failles dont on commence à mesurer les conséquences mais dont personne ,pour l’heure, ne cherche à cerner les causes 1.  Pourquoi ? Qui établira, ici, la hiérarchie des responsabilités officielles ? Et comment expliquer, sur ce sujet, le silence actuel des leaders de l’opposition systématique (ou presque) à toute forme d’immunisation ?

Comme un incendie

Pour l’heure les autorités sanitaires appellent les professionnels de santé à se vacciner (l’obligation ne semble pas à l’étude), à vérifier systématiquement le statut vaccinal du patient âgé d’au moins 12 mois, et né après 1980 et à signaler tout cas à l’Agence Régionale de Santé sans attendre la confirmation biologique du cas, afin d’identifier au plus vite les personnes contacts. Qui entend ces autorités ? Quels sont leur relais ?

« Plus largement, la DGS invite l’ensemble de la population, en particulier les populations à risque, l’entourage des plus fragiles (femmes enceintes et avec un projet de grossesse, nourrissons de moins d’un an, les immunodéprimés), et les personnes nées après 1980, à vérifier son statut vaccinal, explique Le Quotidien du Médecin. Pour ce faire, ‘’ il suffit de consulter son carnet de santé, ou en cas de doute, son médecin traitant’’, indique le Pr Jérôme Salomon, nouveau DGS.

« Une épidémie, c’est comme un incendie, il faut se mobiliser quand on a encore les moyens de le faire», ajoute-t-il. L’Agence nationale de sécurité du médicament est en lien étroit avec les laboratoires et le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens pour garantir la disponibilité des vaccins.» C’est heureux. Les autorités sanitaires estiment que plus d’un million de personnes en France sont aujourd’hui susceptibles de contracter une rougeole si elles sont en contact avec un malade ou une personne contagieuse. Or la couverture vaccinale nationale est passée en dessous du seuil permettant d’interrompre la circulation du virus dans la population française.

«Aucun département n’atteint la couverture de 95 %, déplore le Pr Salomon, cité par Le Figaro. C’est l’objectif à atteindre pour maîtriser cette épidémie. » La couverture est même inférieure à 70 % dans certains départements (Hautes-Alpes, Ariège, Aude, Aveyron, Gers, Jura, Lot et Orne) et n’atteint que 87,8 % à Paris. «Toutes les régions sont touchées mais tous les départements ne le sont pas, a commenté le Dr Lévy-Bruhl. J’espère ne pas devoir dire “pas encore”.» Que se passera-t-il, alors ? Et après ?

A demain

1 Sur ce thème : « Rougeole : la désinformation sur le vaccin terreau de l’épidémie à venir » de notre confrère Jean-Daniel Flaysakier.

Rougeole : l’épidémie n’a pas été arrêtée à Poitiers. La Touraine d’ores et déjà touchée

Bonjour

Depuis le 1er novembre 2017, 387 cas de rougeole ayant entraîné 1 décès et 83 hospitalisations, dont 6 en services de réanimation, ont été déclarés en France. Plusieurs foyers épidémiques ont été identifiés, principalement en Nouvelle-Aquitaine, chez des personnes n’ayant pas été vaccinées. Afin de limiter le risque de propagation de l’épidémie, la Direction générale de la Santé et Santé publique France rappellent que la vaccination est le moyen le plus efficace de se protéger contre la rougeole.

Entre 2008 et 2017, 33 cas d’encéphalite et 20 décès suite à une rougeole ont été recensés en France. Agnès Buzyn (sur France Inter ce matin) et la Direction générale de la Santé invitent désormais ouvertement « toutes les personnes non vaccinées ou qui auraient des doutes concernant leur statut vaccinal à consulter dès à présent leur médecin traitant pour une éventuelle mise à jour de leurs vaccinations ».

Se mettre à jour

Et dans tous les milieux de soins, les professionnels de santé dont les antécédents de vaccination ou de rougeole sont incertains, sont également invités à mettre à jour leur vaccination pour éviter la propagation de cette maladie et protéger les patients les plus fragiles. On ajoutera les recommandations de commission technique des vaccinations de la Haute Autorité de Santé : vacciner toutes les personnes âgées de plus de 6 mois, ayant été en contact avec un malade atteint de la rougeole – et ce dans les 72 heures qui suivent le contact afin de prévenir le risque de contagion.

Pour l’heure, au nord de la région la plus touchée, voici les derniers chiffres que vient de nous transmettre l’ARS Centre-Val de Loire : « nombre de signalements de rougeole (au 14 février 2018) : 18 signalements depuis le 1er janvier 2018 (13 en Indre-et-Loire, 4 en Eure-et-Loir et 1 dans le Loiret). Où l’on découvre que, dans cette région, la couverture vaccinale est bien en-dessous des objectifs sanitaires espérés.

A demain