L’anthrax tue dans les Hautes-Alpes mais la France n’a pas assez de vaccins pour protéger

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Qu’en diront les néo-antivaccinaux et les amis des bêtes ? On parlera, au choix, de maladie du charbon, d’anthrax ou de fièvre charbonneuse. Une zoonose due à la bactérie sporulée Bacillus anthracis : escarres noirâtres qui se forment au milieu des lésions cutanées chez les individus atteints. Les spores pathogène peuvent rester inactives pendant des dizaines d’années dans le sol – d’où les « champs maudits ».

La maladie est présente sur tous les continents et provoque une mortalité élevée chez les ruminants La bactérie produit des toxines extrêmement pathogènes, responsables des symptômes de la maladie et qui entraînent un taux de mortalité élevé. « La plupart des mammifères sont sensibles, mais la fièvre charbonneuse affecte surtout les ruminants et les humains » précise l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

« Plus de cinquante animaux morts dans vingt-huit exploitations, bovins, ovins ou équidés: le département des Hautes-Alpes est confronté depuis le mois de juin à la plus importante épidémie animale de fièvre charbonneuse survenue en France depuis près de vingt ans, rapporte l’AFP. Les premiers cas chez l’animal ont été observés à Montgardin, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Gap, où six vaches ont été retrouvées mortes le 28 juin. En deux mois, la maladie s’est étendue à treize communes, sur lesquelles les autorités sanitaires recensent vingt-trois foyers distincts. »

Dès qu’un foyer est confirmé, la préfecture « prescrit la vaccination de tous les animaux concernés » indiquent les autorités sanitaires. Et des « mesures de blocage de l’exploitation » d’au moins 21 jours sont prises, « le temps d’acquisition de l’immunité vaccinale et de la réalisation des opérations de nettoyage et de désinfection ». Le lait collecté doit être pasteurisé et détruit.

Pasteur, Roux et Chamberland

Les cas de transmission à  humain sont rares. Pour l’heure aucun malade n’a été recensé dans les Hautes-Alpes. Pour autant 103 personnes entrées « potentiellement en contact » avec le germe pathogène ont été recensées – notamment du personnel d’une entreprise d’équarrissage, des éleveurs ou des vétérinaires. La moitié bénéficie d’un traitement antibiotique préventif allant de 10 à 35 jours – en fonction du type d’exposition.

Le vaccin est le moyen le plus efficace pour limiter la propagation. « Mais les vétérinaires font face à une pénurie temporaire, le laboratoire espagnol qui les produit étant fermé au mois d’août, et traitent en priorité les troupeaux infectés et les exploitations limitrophes » précise l’AFP. Agnès Chavanon, secrétaire générale de la préfecture des Hautes-Alpe : « l’État a entamé des discussions avec ses partenaires européens pour évoquer la disponibilité et le rachat des vaccins ».

Où l’on découvre, alors même que la maladie n’est en rien exceptionnelle (plus d’une centaine de foyers enregistré en vingt ans), que la France ne dispose pas d’un stock minimal de vaccins. On se souvient peuy-être que l’efficacité de la vaccination contre la fièvre charbonneuse a été démontrée pour la première fois au monde par Louis Pasteur (avec la collaboration de Charles Chamberland et Emile Roux). C’était le 5 mai 1881 lors de la célèbre expérience de Pouilly-le-Fort (Seine-et-Marne). Bien avant les antibiotiques.

Rien n’était simple, alors, pour Pasteur et ses colaborateurs. Certains leurs reprochèrent d’avoir induit le public scientifique en erreur sur la nature exacte du vaccin utilisé (voir le « Secret de Pouilly-le-Fort »). Un siècle et demi plus tard, ou presque, la France est prête à acheret des vaccins à qui en détient.

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Pourquoi les jeunes homosexuels se feraient-ils vacciner gratuitement avec Gardasil 9® ?

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Il aura donc fallu plus de deux ans entre l’autorisation et le remboursement. La multinationale MSD Vaccins annonce la publication au Journal Officiel de ce 7 août de la prise en charge – 135,68€ la dose, taux de remboursement de 65% – du  Gardasil 9® ; « premier vaccin nonavalent indiqué dans la prévention des cancers ano-génitaux et autres maladies causés par les 9 types de papillomavirus humains (HPV) ». Ce vaccin sera dans l’ensemble des pharmacies d’officine d’ici fin août. Et une conférence de presse organisée le 4 septembre à Paris tentera de booster l’affaire.

« Cette mise à disposition fait suite à la recommandation rendue par le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) le 10 février 2017 d’initier la vaccination par Gardasil® 9 en population générale chez les jeunes filles et les jeunes femmes, souligne MSD. Rappelons qu’en France, ~12 nouveaux cas de cancers ano-génitaux liés au HPV sont diagnostiqués chaque jour chez les femmes et les hommes, soit ~4600 nouveaux cas chaque année »

Depuis plus de dix ans la vaccination contre les HPV est, en France, officiellement recommandée avec le Gardasil quadrivalent chez les jeunes filles et les jeunes femmes. Objectif principal : réduire à terme l’incidence du cancer du col de l’utérus. En 2016, la vaccination avec le Gardasil® quadrivalent a été étendue aux hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) – avant l’âge de 26 ans et dans le but de réduire l’incidence des lésions précancéreuses et des cancers anaux. Pour le HCSP cette stratégie (par ailleurs controversée) « n’a pas lieu d’être modifiée par la mise à disposition du vaccin Gardasil 9 ®. »

Sexualité, risques et statistiques

Dans le même temps le HCSP n’ignore pas les « réticences à la vaccination contre le HPV » chez les jeunes filles et les « hésitations vaccinales ». Il rappelle que la couverture vaccinale HPV est en constante baisse depuis 2010 et qu’elle se situait, en 2015, sous la barre des 14 % (pour un schéma vaccinal complet). C’est dire l’ampleur de l’échec d’une politique qui visait à l’éradication.

« La faible couverture vaccinale est liée à une hésitation vaccinale incluant une défiance à l’égard de cette vaccination de la part des parents et à une trop faible proposition par les professionnels de santé. Les professionnels rencontrent des difficultés à faire accepter la vaccination aux jeunes filles et aux parents réticents. »

Pour les hommes avant des relations sexuelles avec des hommes, le Haut Conseil recommande qu’un accès au vaccin HPV soit proposé dans les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd) et dans les centres publics de vaccination. Il ajoute : « Le bénéfice de cette vaccination sera d’autant plus important que le début de l’activité sexuelle sera récent et que le nombre de partenaires passés sera faible ».  Où l’on voit que la sexualité et ses risques sont, eux aussi, une question de statistique.

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Troll et « fausses nouvelles » : comment contrer le militantisme anti-vaccinal de Facebook ?

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C’est un euphémisme glané sur Slate.fr : « Facebook ne fait rien pour limiter la diffusion de la propagande anti-vaccin » (repéré par Claire Levenson).

« Si vous faites une recherche pour le mot «vaccin» ou «vaccination» sur Facebook aux États-Unis, la plupart des groupes en première position dans les résultats sont anti-vaccins. On trouve sur ces pages des informations erronées sur la dangerosité des vaccins, y compris l’idée qu’il ne faut pas faire confiance aux médecins sur cette question car ils n’en savent pas assez. »

 Où l’on apprend que des pages comme The Truth About Vaccines (La Vérité sur les Vaccins) ou Stop Mandatory Vaccination (Stop à la Vaccination Obligatoire) ont plus de 100.000 followers et expliquent que les enfants non vaccinés sont en meilleure santé que ceux qui ont été vaccinés.

« Un journaliste du Daily Beast a demandé à Facebook pourquoi il était si facile de tomber sur des groupes anti-vaccins dans les recherches et pourquoi rien n’était fait pour limiter la diffusion de ces idées, mais la direction du réseau social a refusé de commenter cette question » rapporte Slate.fr.

Le temps des cliques

 « En 2017, deux chercheurs australiens ont montré à quel point Facebook était essentiel à la diffusion du message anti-vaccin. Le réseau social permet en effet de connecter très rapidement des gens qui ont les mêmes préjugés sur la vaccination, alors qu’il serait beaucoup plus difficile pour eux de se retrouver sans Facebook.

Les utilisateurs se regroupent en cliques, autour de thématiques comme la défiance des médias et des autorités publiques, et leurs membres partagent leurs connexions avec les autres, ce qui accélère la propagation des idées. »

 Et Slate.fr de rappeler que diffusion d’informations erronées sur la dangerosité des vaccins a des conséquences bien réelles: il existe désormais aux États-Unis des zones de résistance croissante à la vaccination, notamment à Portland, Detroit et Houston.

Où l’on en vient, au-delà de Facebook et des Etats-Unis, à soulever la question de la riposte. Le pouvoir exécutif, les autorités sanitaires, doivent-ils user des multiples canaux des « réseaux sociaux » pour contrer la diffusion d’informations « erronées » quand il ne s’agit pas de véritables opérations mensongères ?

User des mêmes armes que la partie adverse ? Relire L’Art de la Guerre ? Qui, aujourd’hui, s’intéresse à ce grand sujet de santé publique ? Qui calcule le rapport entre les éventuels risques et les possibles bénéfices ?

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Argent : le gouvernement taxera-il demain les parents refusant de faire vacciner leurs enfants ?

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C’est une affaire des antipodes. Elle est rapportée par Slate.fr. Dans le cadre de sa politique vaccinale (dite «pas de piqûres, pas d’argent») le gouvernement australien va accentuer  les sanctions financières pénalisant les parents qui refusent de faire vacciner leurs enfants : il se verront privés de l’équivalent de 18€ (A$28) d’avantages fiscaux par enfant non-vacciné – et ce tous les quinze jours.

Jusqu’ici les parents australiens opposés à la vaccination de leur progéniture perdaient 468€ d’avantages fiscaux par enfant à chaque fin d’année. Avec le nouveau système la somme globale ne varie guère mais les autorités parient sur les vertus d’un « rappel constant » de la sanction. D’autre part celles et ceux qui gagnent plus de 50€ par jour pourraient être exposés des sanctions financières supplémentaires.

La politique du gouvernement australien vise à contrecarrer l’audience grandissante des discours d’opposition vaccinale : la proportion d’enfants non-vaccinés de manière délibérée est passé de 0,23% en décembre 1999 à 1,77% en décembre 2014. Le ministre australien des Services sociaux, Dan Tehan explique sans nuance que la répression financière est  nécessaire à la protection de la santé publique : « l’immunisation est la manière la plus sûre de protéger les enfants de maladies évitables. Les parents qui ne vaccinent pas leur enfants les mettent en danger ainsi que les enfants des autres».

Pénétration forcée

En 2015 The Sunday Morning Herald (repris par Slate.fr-Nadia Daam) avait rapporté de quelle manière les actions anti-vaccinales pouvaient être menées en Australie :

« L’Australian Vaccination-skeptics Network (AVN), un groupe anti-vaccins, a publié sur sa page Facebook  une image stupéfiante: la photo d’une femme ceinturée et bâillonnée par un homme, accompagnée du texte suivant: «PENETRATION FORCEE: Pas vraiment un scandale quand c’est une injection de vaccin et un médecin.»

« Pas de doute possible, le groupe assimile bien la vaccination aux violences sexuelles et les médecins à des violeurs. Sans grande surprise, la comparaison a fait bondir les associations de défense de victimes de violences. Le quotidien australien rapporte les propos de Fiona McCormack, présidente d’une association de lutte contre les violences domestiques, qui a estimé que cette campagne était «irresponsable et inappropriée».

La porte-parole du ministre de la santé a, elle, appelé le groupe à retirer la photo de leur page Facebook et à présenter des excuses publiques. Dont acte (…)  Si la photo a été supprimée, le groupe n’a cependant pas estimé que sa première initiative méritait des excuses. Selon le Sydney Morning Herald, ils ont répondu que ’’le post n’était pas de mauvais goût mais simplement honnête. Ce qui est de mauvais goût, c’est que le gouvernement élu nous force à vacciner nos enfants alors que nous ne croyons pas que c’est bon pour leur santé.’’»

Aux antipodes des antipodes l’épidémie de rougeole a déjà, cette année, touché 643 personnes au Royaume-Uni (contre 217 cas pour l’année 2017).  Et ce alors même que le pays a atteint le taux recommandé de 95% de vaccination des moins de 5 ans contre la rougeole, les oreillons et la rubéole.

Vérité et mensonges

« Les cas anglais sont très probablement importés d’autres pays car les taux de vaccination pour la rougeole n’ont jamais été aussi bas en Europe (France, Roumanie, Grèce et Italie) provoquant la mort de quarante-huit personnes à travers l’Union européenne en 2016 rapporte encore Slate.fr. Si des personnes se sont détournées du triple vaccin dans les années 1990, c’est notamment à cause d’un médecin, Andrew Wakefield, qui avait publié une étude affichant la possibilité d’un lien entre le vaccin et l’autisme. » On sait, depuis, ce qu’il en était de la vérité. Et ce qui demeure des mensonges.

 En France, où le gouvernement a décidé de rendre obligatoire onze vaccins pédiatriques, la méfiance demeure vis-à-vis de l’immusiation à des fins de prévention. Pour n’être pas aussi radical qu’en Australie le discours néo-antivaccinal n’en est pas moins d’une particulière efficacité. Et aucune sanction financière directe des parents n’est envisagée par le gouvernement. Ces sanctions sont d’un autre ordre , concernant notamment l’entrée en crèche et à l’école :

« Les parents des enfants nés après le 1er janvier 2018 devront présenter à partir du 1er juin 2018, leur carnet de santé – pages vaccination – dûment tamponné ou un document signé par le professionnel de santé attestant de la réalisation des vaccinations pour être admis en crèche, ou dans toutes les collectivités d’enfants : écoles, centre de loisirs, colonies. Les personnes ou structures responsables d’accueillir l’enfant vont donc vérifier au regard de ces documents que les vaccinations obligatoires correspondant à l’âge de l’enfant ont bien été réalisées. Si l’enfant n’est pas à jour de ses vaccinations, ils ne pourront donc pas entrer en collectivité. En crèche ou à l’école, seule une admission provisoire est possible, les parents ayant alors 3 mois pour procéder aux vaccinations. En cas de refus persistant, le responsable de la structure est fondé à exclure l’enfant. »

Il est encore trop tôt pour dire ce qu’il en sera de l’adhésion réelle aux nouvelles obligations vaccinales. Trop pour savoir si, un jour, la France en viendra, ici, à imiter l’Australie. Mais pas trop tard pour commencer à y songer.

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Bordeaux, juillet 2018 : une troisième mort due à la rougeole ; les anti-vaccinaux ne pipent mot

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Communiqué de presse daté du 6 juillet et signé de l’Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine : « L’ARS a été informée par le CHU de Bordeaux du décès d’une jeune fille de 17 ans des suites de complications neurologiques provoquées par la rougeole. C’est le deuxième décès causé par cette maladie en Nouvelle-Aquitaine et le troisième en France depuis novembre 2017. L’ARS partage la douleur de la famille face à ce drame et poursuit ses efforts pour que la population vérifie sa vaccination ».

Aucune autre information médicale sur ce cas. Pourquoi ? Depuis le 6 novembre 2017 en Nouvelle-Aquitaine, 1 096 cas de rougeole ont été confirmés (2 567 en France), un cas sur quatre a nécessité une hospitalisation, douze patients ont été transférés en réanimation et deux  sont décédés (trois en France). Près de 90% de ces cas n’étaient pas ou insuffisamment vaccinés.

« Il  n’existe malheureusement pas de traitement pour soigner cette maladie, rappelle l’ARS. En revanche, il existe un vaccin qui a prouvé son efficacité pour limiter sa propagation et éviter des conséquences graves. Il est donc important de vérifier votre statut vaccinal car seule la vaccination peut vous protéger, mais aussi protéger les autres, notamment les personnes les plus fragiles comme les enfants de moins d’un an et les personnes immunodéprimées ne pouvant pas bénéficier de la vaccination. »

Aluminium

Que dire de plus ? Que l’objectif des autorités sanitaires est d’atteindre, comme le recommande l’Organisation mondiale de la santé, 95 % de couverture vaccinale dans la population générale. Or, cette couverture (incluant la seconde dose de vaccin, qui garantit l’immunité) varie en fonction des départements entre 62 % et 88 %.

On sait aussi que le gouvernement français a choisi la méthode forte pour renforcer la couverture vaccinale. C’est ainsi que tous les enfants nés depuis le 1er janvier 2018 doivent obligatoirement recevoir onze vaccins, dont le « ROR » (rougeole-oreillons-rubéole). Une mesure dénoncée par celles et ceux qui, pour mille et une raisons, sont opposés à tout ou partie des vaccinations. Y compris celle qui protège contre la rougeole.

Une maladie virale qui peut tuer. Comme en France, en ce début du mois de juillet.

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Vaccinations face à la «liberté d’expression» : six Académies menacent le Pr Henri Joyeux 

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C’est sans précédent : invoquant leur « devoir d’alerte » six Académies concernées à divers titres par la santé publique viennent de publier un communiqué d’une particulière gravité. Il s’agit de l’Académie des Sciences, de l’Académie d’Agriculture de France, de l’Académie nationale de chirurgie-dentaire, de l’Académie nationale de médecine, de l’Académie nationale de Pharmacie et de l’Académie Vétérinaire de France. Voici ce communiqué :

« Les six Académies dans leur devoir de protection de la santé des populations, déclarent solennellement que la ‘’liberté d’expression’’ a des limites et qu’elle n’excuse en rien les allégations irresponsables de certains professionnels de santé.  Elles s’insurgent des propos d’Henri Joyeux qui, se prévalant de la levée de sa radiation du Conseil National de l’Ordre des Médecins, prétend  ‘’qu’il a raison’’ concernant ses positions sur la vaccination. Ces positions sont d’autant plus scandaleuses que les couvertures vaccinales restant insuffisantes en France, des risques épidémiques perdurent. L’actualité rappelle que la rougeole peut encore tuer. »

Dans un autre genre, moins solennel, le médecin-animateur-acteur Michel Cymes a lui aussi réagi à la « levée de la radiation » du Pr Joyeux de l’Ordre des médecins. Il s’est exprimé sur les ondes publiques lors de l’émission Le Magazine de la Santé.

« Michel Cymes avait visiblement un message à faire passer. Alors que la radiation du controversé professeur Henri Joyeux a été annulée en appel, le présentateur du magazine de la santé s’est adressé directement au praticien de 72 ans, aujourd’hui à la retraite, lors de son émission, rapporte Le Parisien. ‘’Immédiatement après que ce jugement a été rendu public, Henri Joyeux a claironné dans la presse ça prouve que j’avais raison. Et là, il faut bien tirer un gros coup de chapeau au professeur Henri Joyeux, et oui on ne peut que reconnaître votre victoire : vous aviez raison’’, commence ironiquement Michel Cymes. ‘’Une victoire qui va vous permettre d’instiller le poison dans l’esprit de parents qui se diront que puisque vous avez été blanchi, c’est bien que les vaccins sont dangereux’’, poursuit, amer, le présentateur.

Du héraut au martyr

« Écornant la presse, tour à tour les « pseudos médecins » qui prennent en exemple le professeur Joyeux, les médias qui ont invité le praticien ou encore le conseil départemental de l’ordre des médecins de l’Hérault « qui vous ont soutenu dans votre appel » le Dr Cymes de conclure en ces termes :

« Un dernier petit mot, j’espère pour vous et vos amis que si dans quelques mois ou quelques années, un enfant venait à mourir d’une infection parce que ses parents avaient refusé un vaccin à la suite de vos pétitions ou de vos interventions dans les médias, j’espère que ses parents, se sentant responsables ne vous demanderont pas de rendre des comptes, car être médecin, Monsieur Joyeux c’est être responsable. »

 On imaginait l’affaire Henri Joyeux éteinte avec le triomphe de ce dernier devant un Ordre qui l’avait radié. Nous avions tort. Un nouvel épisode commence, nettement plus violent que tout ce à quoi nous avions assisté ces dernières années au travers d’une polémique feutrée. Une affaire d’autant plus compliquée que le Pr Joyeux et ses adeptes n’usent plus, quoiqu’en disent les six Académies et Michel Cymes, des arguments radicaux des « antivaccinaux » de jadis. C’est aujourd’hui une stratégie louvoyante et hétéroclite, empruntant au réel et aux sous-entendus, surfant via les réseaux sociaux, sur les peurs et les fantasmes collectifs, utilisant les failles de la puissance publique.

Face à ces adversaires déclarés ou invisibles fallait-il menacer d’une limitation de la « liberté d’expression » (sic) ? Menacer, avec les meilleures intentions du monde, d’avoir recours aux vieux ciseaux de la censure ? C’est, ici, prendre le risque majeur de transformer un héraut autoproclamé en martyr médiatique.

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Affaire antivaccins- Henri Joyeux : l’Ordre ne lâche pas et en appelle au Conseil d’Etat

 

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On imaginait l’affaire Henri Joyeux éteinte avec le triomphe de ce dernier. Elle ne l’est pas : « au nom de la déontologie et de son engagement plein et entier en faveur de la vaccination, le Conseil national de l’Ordre des médecins, par son Président, introduit un pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat ».

Explications : « l’Ordre des médecins a régulièrement et publiquement rappelé que la vaccination était un outil fondamental de santé publique ». Selon lui elle « reste le meilleur moyen de mettre une société à l’abri de pathologies graves, voire mortelles ». Eléments d’actualité :

« Alors que la rougeole a fait une deuxième victime dans notre pays en 2018, le Conseil national de l’Ordre des médecins tient à réaffirmer que la vaccination est bien plus qu’un acte individuel : se vacciner permet de protéger collectivement la population de maladies infectieuses, et ainsi de sauver des vies. C’est cette conviction qui a conduit l’Ordre à soutenir la ministre des Solidarités et de la Santé dans sa décision de mettre en œuvre une vaccination obligatoire chez les nourrissons pour onze maladies, et à se déclarer favorable à une obligation vaccinale contre la grippe pour les professionnels de santé qui sont en contact avec des patients. »

Le Conseil national de l’Ordre des médecins a pris acte de la décision de la chambre disciplinaire nationale de rejeter sa plainte formée contre le Professeur Henri Joyeux. Aussi, tout en confirmant l’indépendance de la chambre disciplinaire nationale, et au nom de la déontologie et de son engagement plein et entier en faveur de la vaccination, il introduit un pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat.

Pour l’heure, mystère de la dialectique, les partisans du Pr Henri Joyeux expliquent, urbi et orbi, que ce dernier n’est en rien opposé aux vaccins ou à la vaccination.

A demain