Mais qui a décidé de faire une telle publicité pour inciter le citoyen à se faire vacciner ?  

Bonjour

Couvercle sur les vertus du colloque singulier. Et place à la publicité financée par nos deniers ! Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, vient de donner le coup d’envoi national de la 14ème  Semaine Européenne de la Vaccination (SEV) – du 24 au 30 avril. C’est là une vaste opération onusienne centralisée. Elle vise à rappeler à la population l’importance de se faire vacciner – et de mettre à jour ses vaccinations. Message officiel :

« Dans la continuité des actions en faveur des vaccinations, le ministère des Solidarités de la Santé et Santé publique France lancent pour la première fois en France une grande campagne de promotion de la vaccination. Sur un ton positif et mobilisateur, le thème ‘’La meilleure protection c’est la vaccination’’ rappelle qu’il s’agit du moyen de prévention le plus efficace et le plus sûr contre de nombreuses maladies infectieuses potentiellement graves telles que les méningites, la rougeole, la coqueluche ou encore le tétanos.

«La campagne a pour objectif de réaffirmer les bénéfices de la vaccination en vue de renforcer la confiance. Elle s’adresse à toute la population, en particulier aux parents de jeunes enfants. Elle sera diffusée à la télévision du 21 avril au 11 mai et visible sur le web, les réseaux sociaux et dans la presse. »

 Où l’on comprend que seule une telle publicité, « positive et mobilisatrice », permet de « renforcer la confiance » dans les vertus collectives de l’immunisation. Et cette publicité serait, nous dit-on « une première en France ». Qui l’a commandée , imaginée, élaborée ? Combien a-t-elle coûté ? Le citoyen l’ignore. Quel impact aura-t-elle sur ceux et celles qui, assez nombreux dans la population générale, doutent de l’efficacité et de l’innocuité vaccinales ? Une réflexion est-elle en cours sur ce thème ? Nul, dans la population, ne sait.

« Adhésions aux perceptions positives »

 Faute de disposer de ces données le citoyen méditera celles que vient de lui révéler l’exécutif sanitaire : « les premiers résultats encourageants de la mise en œuvre des 11 vaccinations obligatoires du petit enfant ». Pitch officiel : « La couverture vaccinale des nouveau-nés progresse, de même que les perceptions positives de leurs parents sur la vaccination »:

« Santé publique France a comparé les couvertures vaccinales à 7 mois des nourrissons nés entre janvier et mai 2018, avec celles des nourrissons nés entre janvier et mai 2017, pour les vaccinations contre la coqueluche, l’haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, le pneumocoque et le méningocoque C. La couverture vaccinale contre ces maladies infectieuses a connu une nette amélioration avec : +36,4 points de couverture vaccinale de la 1ère dose du vaccin contre le méningocoque C ; +5,5 points pour l’utilisation du vaccin hexavalent (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, hépatite B et infections à haemophilus influenzae de type b);  +1,4 point de couverture vaccinale de la 1ère dose du vaccin contre le pneumocoque. »

Mieux encore : les couvertures vaccinales « s’améliorent également chez les enfants non soumis à l’obligation » : celle de la première dose du vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) chez les enfants ayant eu 12 mois en 2018 est de 87,2% (elle était de 85,0% chez ceux ayant eu 12 mois en 2017) ; de la première dose du vaccin HPV (recommandé) chez les jeunes filles de 15 ans nées en 2003 est de 29,1%, alors qu’elle était de 26,2% chez les jeunes filles nées l’année précédente).

 Et désormais « les parents reconnaissent l’importance des vaccinations ». Trois quarts d’entre eux « adhèrent à l’idée » que les nouvelles obligations vaccinales vont permettre de réduire les épidémies (77%). L’obligation vaccinale est majoritairement bien acceptée par les parents d’enfants nés en 2017 et en 2018, puisque deux tiers d’entre eux (67%) déclarent y être favorables.

Qu’en est-il du tiers restant de ces parents ? Seront-ils convaincus par la prochaine « publicité télévision- web-réseaux sociaux-presse » ? Faut-il redouter l’inverse ? Pourquoi ne pas s’en tenir aux vertus collectives du colloque singulier ?

 A demain

@jynau

Le Conseil d’Etat pourrait-il finalement donner raison aux contestataires des vaccinations ?

Bonjour

De New York au Palais Royal. D’un côté de l’Atlantique Bill de Blasio vient d’avoir recours à la vaccination obligatoire contre la rougeole  dans sa mégapole. De l’autre les sages français du Conseil d’Etat ouvraient, en majesté, le dossier de la contestation à la vaccination. Et réveillaient du même coup la polémique née de la volonté gouvernementale (Agnès Buzyn) de rendre obligatoire onse vaccins pédiatriques. Il faut, ici, lire le papier riche et détaillé du Monde (EmeIine Cazi) pour saisir ce qu’il en est de la traduction juridique des arguments défendus par les « néo-antivax ».

Mercredi 10 avril, sous les ors du Palais Royal, deux requêtes commençaient à y être jugées au fond. D’abord celle  de la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations. Ensuite celle de l’Institut pour la protection de la santé naturelle (IPSN) et un collectif de 3 047 personnes. La première dénonce le principe même de l’obligation des onze vaccinations pédiatriques. La seconde est en guerre contre la présence d’adjuvants à l’aluminium dans nombre de vaccins aujourd’hui obligatoires. Les deux se défendent, paradoxalement, d’être des « anti-vaccins ».

« Dans les deux cas, le rapporteur public – chargé de proposer la solution juridique qui lui semble la plus appropriée, mais à laquelle les juges ne sont pas tenus – a conclu au rejet des requêtes » résume Le Monde. Les décisions du Conseil d’Etat (qui « juge le droit ») ont été mises en délibéré et devraient être rendues avant l’été.

D’ici là partisans et opposants pourront lire Le Monde et méditer l’argumentaire de Rémi Decout-Paolini, rapporteur public  qui a rappelé que c’est grâce à une politique de vaccination massive que la variole a été déclarée éradiquée de la surface du globe en 1980, que les résistances aux vaccins ne sont pas nouvelles 1, que le fait d’« introduire des membres pathogènes inactivés dans un corps sain » a toujours suscité des débats, mais que la vaccination rencontre « un large consensus dans la population ».

Myofasciite et macrophages

Un audience qui n’a pas fait l’économie de la polémique sur les adjuvants aluminiques nourrie par les travaux controversés de l’équipe du Pr Romain Gherardi (hôpital Henri-Mondor, Créteil) et sa description de la « myofasciite à macrophages ». « Bien sûr, Rémi Decout-Paolini a entendu parler de ces recherches, note Le Monde. Mais ces observations sont ‘’limitées à très peu de cas’’, et ne l’ont été ’curieusement’’qu’en France. Par ailleurs, poursuit-il ‘’ il n’appartient pas au juge’’ de se prononcer sur de tels travaux et ‘’de faire valoir des études contestées au détriment du consensus de la communauté  scientifique’’. ‘’Compte tenu de l’état actuel des connaissances scientifiques’’insiste le rapporteur public, ’les pouvoirs publics’’n’ont aucune raison, de supprimer les adjuvants aluminiques qui ‘’ restent les plus sûrs et les plus efficaces’’ ».

Des conclusions aussitôt dénoncée par Me Françoise Thouin-Palat qui représentait le collectif opposé aux adjuvants à l’aluminium. Où l’on retrouve les quelques hésitations et embarras de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) sur ce sujet. Et où l’on parla, une nouvelle fois, de la nécessité de financer des études sur le sujet.

« Les montants estimés par le Pr Gherardi dépassent de très loin les capacités financières de l’ANSM en matière de financement de recherche, écrivait l’Agence en 2017. Et il ne rentre pas dans ses missions de financer des programmes de recherche de manière pérenne. Il est important de souligner que cette équipe de recherche ayant déposé un brevet, cela pourrait ouvrir à un financement privé et il serait contraire à la bonne utilisation de la subvention publique versée par l’ANSM que de supporter une activité privée lucrative. »

Rappelons qu’au sein du Conseil d’Etat le rapporteur public est seulement chargé de proposer la solution juridique qui lui semble la plus appropriée.  Mais que les juges ne sont nullement tenus, aussi raisonnables soient-elles, de suivre ses conclusions.

A demain

@jynau

1 « Antivax. La résistance aux vaccins, du XVIIème siècle à nos jours » de François Salvadori et Laurent-Henri Vignaud. Editions Vendémiaire

Religion et régression : la vaccination contre la rougeole devient obligatoire à New York

Bonjour

Démocrate et maire de New York, Bill de Blasio  ne plaisante plus avec la rougeole. Il a ordonné mardi 10 avril que les habitants non vaccinés de plusieurs quartiers de la ville soient immunisés sous la contrainte. La ville (près de neuf million d’habitants) a déclaré l’état d’urgence sanitaire dans quatre zones situées dans le quartier de Williamsburg, au nord-ouest de Brooklyn. Tous les individus « ayant pu être exposés à la rougeole » devront être vaccinés, sous peine de poursuites pénales et d’une amende de 1 000 dollars. « Il n’y a pas de place pour la désinformation quand il s’agit de protéger nos enfants. Les vaccins sont sûrs et efficaces. Ils fonctionnent », a rappelé le maire sur Twitter.

Mayor Bill de Blasio ✔@NYCMayor We are declaring a public health emergency in Williamsburg due to the 300 cases of measles reported in our city — primarily concentrated in Brooklyn. There’s no room for misinformation when it comes to protecting our children. Vaccines are safe and effective. They work. 02:34 – 10 avr. 2019

Depuis octobre dernier, 285 cas de rougeole ont été enregistrés à New York alors que la maladie avait quasiment disparu aux Etats-Unis. Mais l’affaire est compliquée, dépassant la seule virologie.

L’affaire est compliquée : la résurgence de la maladie est particulièrement marquée au sein de la communauté juive orthodoxe. La municipalité a donc également prévenu que, toujours dans ces quatre zones, les garderies destinées à cette communauté ainsi que les yeshivas (écoles talmudiques) qui accepteraient des enfants non vaccinés se rendraient  passibles de poursuites pénales et de fermeture administrative.

« Rougeole party »

Car ces mesures risquent d’accroître les tensions qui couvent depuis longtemps entre la communauté juive ultra-orthodoxe et la société laïque. « Des résidents affirment qu’ils essuient désormais les sièges des autobus publics et qu’ils traversent la rue lorsqu’ils voient des juifs ultra-orthodoxes », rapporte le New York Times : « An Outbreak Spreads Fear: Of Measles, of Ultra-Orthodox Jews, of Anti-Semitism » (Sarah Maslin Nir and Michael Gold)

Pour leur part les dirigeants hassidiques disent redouter non seulement une montée de l’antisémitisme, mais aussi « une invasion de leur communauté cloîtrée par les autorités sous couvert de santé publique ». Ni les textes religieux ni les autorités juives de New York ne déconseillent la vaccination.

Bill de Blasio a déclaré être en contact avec les représentants de la communauté juive. Il a rappelé que la ville avait mené, depuis plusieurs mois, une vaste campagne de communication pour inciter à la vaccination. Des documents ont été distribués, de l’information mise en ligne et des dizaines de milliers d’appels téléphoniques automatisés ont été passés en yiddish à des membres de la communauté orthodoxe. « Il était temps de passer à une approche plus musclée », a estimé le maire précisant que le vaccin serait disponible gratuitement pour les familles n’ayant pas les moyens de payer.

« Cette situation peut être résolue rapidement », assure le maire. « Quand vous choisissez de ne pas faire vacciner votre enfant, ayez en tête que vous faites aussi ce choix pour les gens qui gravitent autour de lui », exhorte la Dr Herminia Palacio, maire adjointe chargée de la santé. Elle a également précisé que ses services avaient reçu des informations selon lesquelles se tiennent des « rougeole party », auxquelles des parents exposent leurs enfants au virus rougeoleux. « Evitez cette pratique !» réclame  Mme Palacio, selon CNN.

Quant aux autorités de Rockland, un comté situé au nord de New York devenu un autre foyer majeur de rougeole, elles ont décidé, le 26 mars, d’interdire écoles et lieux publics aux mineurs non vaccinés. Avant qu’un juge suspende cette interdiction après avoir été saisi par une dizaine de parents d’une école concernée.

Où l’on voit, une nouvelle fois, à quel point il demeure difficile, en 2019, de faire coïncider liberté individuelle et priorités collectives de santé publique.

A demain

@jynau

NB Sur ce thème : « Antivax. La résistance aux vaccins, du XVIIème siècle à nos jours » de François Salvadori et Laurent-Henri Vignaud. Editions Vendémiaire

 

Agnès Buzyn va-t-elle rendre obligatoire la vaccination contre les papillomavirus humains ?

Bonjour

De mémoire vaccinale c’est, en France, sans précédent : cinquante institutions médicales, société savantes et associations viennent de lancer un appel hors du commun. Objectif : obtenir des autorités sanitaires et du pouvoir exécutif la mise en place d’un dépistage systématique et d’une vaccination universelle contre les papillomavirus humains (HPV) « responsable de nombreux cancers et d’autres maladies touchant l’homme et la femme ». Parmi les signataires  les Académies de médecine, de pharmacie, de chirurgie et des sciences infirmières, le Centre international de recherche sur le cancer, la Ligue nationale contre le cancer, sept collèges professionnels, trente-deux sociétés savantes, sans oublier différents syndicats et associations. Aucun représentant de Big Pharma.

Plus de 500 millions € par an

Certes la (coûteuse) vaccination contre les HPV est déjà recommandée (et remboursée) en France : pour les jeunes filles de 11 à 14 ans, les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (jusqu’à 26 ans), et les patients immunodéprimés. Mais cette politique de prévention est un échec : la couverture vaccinale chez les jeunes filles avoisine les 20 %, de plus en plus loin loin de l’objectif fixé à 60 % par le « plan Cancer ».

Les chiffres ? Chaque année, en France, les infections par les HPV sont à l’origine de plus de 6 300 cancers : col de l’utérus (2900), pharynx (amygdales, 1400), anus (1512), vulve, vagin, pénis (500).  Mais aussi de 30 000 lésions précancéreuses du col des l’utérus dont les traitements ne sont pas sans conséquences (risque accru d’accouchement prématuré et/ou de fausses couches). Et encore d’environ 100 000 diagnostics de verrues génitales avec des récidives fréquentes et des traitements ayant un impact sur la vie sexuelle et affective, ainsi qu’un certain nombre de « papillomatoses laryngées ». Ces maladies représentent aussi un coût important pour la collectivité : plus de 500 millions € par an.

Allergiques à l’obligation vaccinale

Qui fait quoi ? Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé n’a pas jugé utile de rendre cette vaccination obligatoire. Mais elle a saisi la Commission technique des vaccinations de la Haute autorité de santé afin d’évaluer la pertinence d’une recommandation de vaccination universelle contre le HPV. Pour les cinquante signataires, tous les éléments scientifiques disponibles justifient la mise en place d’une vaccination généralisée (filles et garçons) sans attendre :

« Un décalage dans le temps placerait une nouvelle fois la France comme un pays à contre-courant sur cette vaccination HPV : plus de 20 pays développés ont déjà adopté une stratégie de vaccination universelle et plusieurs pays européens, malgré des couvertures vaccinales élevées chez les filles, ont récemment accéléré la mise en œuvre de cette politique (Allemagne, Grande-Bretagne, Danemark, Irlande). Les Etats-Unis vaccinent les garçons et les filles, avec une couverture vaccinale au moins deux fois plus élevée que celle de la France. »

On attend, désormais, les réactions et arguments, sinon des « anti-vaccinaux », du moins de ceux qui sont farouchement opposés, pour différentes raisons, à toute forme d’obligation vaccinale.

A demain

@jynau

Rougeole et Marine Le Pen, virus et politique, pourquoi cette nouvelle faribole ?

Bonjour

« L’Emission politique », France 2, jeudi 14 mars 2019. Une émission que la chaîne se plait à présenter comme un « duel ». Sur le pré : Marine Le Pen. Elle est d’emblée interrogée sur son opposition affichée au nouveau calendrier vaccinal pour les enfants – calendrier mis en place l’an dernier à la demande du gouvernement  : onze vaccins pédiatriques obligatoires, contre trois auparavant. On lui demande si elle maintient son opposition au vu, notamment, de la recrudescence de la rougeole sur le territoire national et à travers le monde. Réponse de l’intéressée :

« La rougeole était déjà un vaccin qui était obligatoire avant. […] La rougeole a toujours fait partie des vaccins obligatoires pour les enfants. » Et d’affirmer par ailleurs qu’il est, selon elle, « contestable » d’avoir mis en place « un pack de onze vaccins obligatoires ».

Dans l’ancien calendrier vaccinal seuls trois vaccins étaient obligatoires pour la petite enfance : contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP). Et huit autres étaient simplement « recommandés » : ceux contre la coqueluche, l’hépatite B, l’Haemophilus influenzae, le pneumocoque, le méningocoque C ainsi que contre les infections par les virus des oreillons, de la rubéole et de la rougeole.

Mensonges vs ambiguïté

Toute la difficulté tenait au fait qu’en pratique les trois « obligatoires » étaient associés de différentes manières aux « recommandés ». Et que jamais l’Etat ne s’était soucié de mettre un terme à cette ambiguïté. Une situation ubuesque à l’origine de bien des incompréhensions et autres procès d’intention.

« La justification de Marine Le Pen est donc mensongère, résume pour sa part Le Monde (Adrien Sénécat). Le vaccin contre la rougeole n’était pas un vaccin obligatoire par le passé et l’est devenu sur décision de la majorité actuelle. En s’opposant aux onze vaccins obligatoires, Marine Le Pen s’était donc explicitement opposée à ce que le vaccin contre la rougeole devienne obligatoire. Le fait qu’elle refuse de s’en expliquer aujourd’hui semble donc traduire un certain embarras quant à cette prise de position passée. »

On aurait pu, dans ce duel, demander à Marine Le Pen quel était son calendrier vaccinal idéal. Ou si elle s’engageait à mettre en place un calendrier pédiatrique unique à l’échelon européen. On ne l’a pas fait. Il faudra, à l’avenir, y songer.

A demain

@jynau

NB. Fariboles. « C’est pourquoi notre victoire est nécessaire, pourquoi nous devons empêcher, par tous les moyens, cet enthousiasme populaire qui est en train de devenir une force d’épopée de retomber en poussière au nom de la justice et d’autres fariboles ! » Malraux, Conquér.,1928, p. 82.

Premier mort de la rougeole en France en 2019. Une situation « inacceptable » (Agnès Buzyn)

 

Bonjour

Donnée par Santé Publique France l’information commence à être reprise en boucle par les médias « d’information continue » : on a recensé le premier mort dû à une infection par le virus de la rougeole depuis le début de l’année. Une encéphalite.

« Depuis le 1er janvier 2019, 350 cas de rougeole ont été déclarés (vs 966 cas sur la même période en 2018), dont 100 (29%) hospitalisés (5 en réanimation), 27 (8%) compliqués de pneumopathies, 1 décès (encéphalite).

– 90% des cas sont survenus chez des sujets non ou mal vaccinés.

– 51 départements ont déclaré au moins 1 cas au cours de la période.

– Tout cas de rougeole, dès le stade de la suspicion, doit être signalé sans délai à l’ARS concernée »

Depuis le début de l’année 2019, la rougeole, maladie très contagieuse qui peut causer des complications graves voire fatales (encéphalite, pneumonie, perte de vision), a touché 350 personnes, soit nettement moins que sur la même période en 2018 (966), selon le point hebdomadaire publié mercredi. 

« Afin de protéger l’anonymat de la patiente décédée, aucune information ne pourra être communiquée sur les lieux et date de décès », a précisé un porte-parole de Santé publique France. On en sait pas, notamment, si cette personne était vaccinée. Ce qui est regrettable au vu des polémique que cette vaccination continue d’alimenter.

Vaccination généralisée obligatoire

Pour Agnès Buzyn la situation française est « inacceptable ». « 90 % des cas sont survenus chez des sujets non ou mal vaccinés », précise Santé publique France. La région Auvergne-Rhône-Alpes est la plus touchée, avec notamment un foyer de 53 cas (36 suspects et 17 confirmés) dans la station de ski de Val Thorens (en majorité des travailleurs saisonniers) et 5 cas dans les vallées voisines (Savoie).

Fin février une famille française infectée a été placé en quarantaine au Costa Rica, un pays qui avait enregistré son dernier cas autochtone en 2006 et poursuit une campagne gratuite de vaccination. Selon le ministère de la santé costaricain, l’enfant français n’était pas vacciné. Cette famille venait de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, précise Santé publique France.

Sur l’ensemble de l’année 2018, trois personnes sont mortes de la rougeole sur 2 800 cas enregistrés. L’OMS et l’Unicef ont récemment alerté face à la recrudescence de cette maladie virale dans le monde. Selon l’Unicef, dix pays, dont le Brésil, l’Ukraine et la France, sont responsables de trois quarts environ de l’augmentation totale des cas en 2018.

En France, le vaccin a été récemment rendu obligatoire pour les enfants nés après le 1er janvier 2018. Auparavant, il faisait partie des vaccins recommandés. Et, d’ores et déjà une question, médicale et politique, émerge dans le champ médiatique : celle d’une immunisation généralisée obligatoire pour l’ensemble de ceux qui n’ont jamais été vaccinés.

A demain

@jynau

Le trop maigre mea culpa de Michèle Rivasi, écologiste qui est «pour la vaccination»

Bonjour

Méchamment taclée il y a peu par Agnès Buzyn (Le Parisien), défendue ce matin par Yannick Jadot (RTL) la controversée Michèle Rivasi a finalement choisi de répondre via un communiqué de presse. « Depuis quelques semaines je suis caricaturée en militante anti vaccins, dit-elle. Ce qui s’apparente à une campagne calomnieuse, vise à disqualifier mon combat politique. Je ne peux laisser passer de telles attaques sans mot dire. »

C’est une profession de foi doublée d’un petit mea culpa. Mais d’abord une auto-présentation :

« Scientifique de formation, diplômée de l’Ecole Normale Supérieure et agrégée en biologie, fondatrice du premier laboratoire indépendant sur la radioactivité en France (la CRIIRAD), je rejette depuis toujours l’obscurantisme. J’avance sous le double drapeau de l’intérêt général et de la santé publique. Amiante, levothyrox, prothèses mammaires je me suis battue toute ma vie pour faire respecter la santé des gens et contre les mensonges des lobbies. Mon combat depuis toujours a été pour la transparence et l’information des citoyens. »

Ceci posé, sa réponse d’aujourd’hui « vise à rétablir la vérité et à rassurer celles et ceux qui ont pu être troublés ».

« J’écris pour terrasser l’hydre de la rumeur et du soupçon. Que les choses soient claires : je ne remets pas en cause l’utilité de la vaccination, et je sais ce que les vaccins ont apporté en termes de progrès sanitaires au 20ème siècle, de lutte contre la mortalité infantile… »

Et le mea culpa :

« J’ai malheureusement commis une erreur regrettable en invitant il y a deux  ans dans un débat M. Wakefield. Si c’était à refaire, je ne le referais pas : son étude dépubliée [sic] par The Lancet et son film ne m’ont pas convaincue. L’indigence des arguments avancés suffit à discréditer la thèse et l’auteur. »

Précisons. Mme Rivasi parle ici d’Andrew Wakefield, tristement connu à l’échelon international pour avoir volontairement commis une succession de fraudes majeures ayant eu pour conséquences de laisser croire à une relation de cause à effet entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (vaccin ROR) et une invraisemblable « entérocolite autistique » (autistic enterocolitis).

Invitation malheureuse et inappropriée

Les « travaux » d’Andrew Wakefield furent publiés en 1998 dans The Lancet avant d’être contestés, décryptés, dénoncés. Puis une enquête d’un reporter du Sunday Times (Brian Deer) établit l’existence de conflits d’intérêts d’ordre financier. D’autres investigations furent menées qui conduisirent à la rétractation de la publication du Lancet en février 2010. Et à la mise au ban de la communauté médicale internationale de l’auteur.

Il reste donc à comprendre comment, sept ans plus tard (en février 2017), Mme Rivasi a jugé nécessaire d’inviter Andrew Wakefield à participer à un débat officiel au sein du Parlement européen. Violemment critiquée elle n’avait, alors, visiblement pas pris la mesure de l’ampleur de son erreur.  De ce point de vue les trois lignes de son communiqué de presse de ce jour ne sont pas, loin s’en faut, suffisantes pour lever les doutes qu’elle entretenait depuis deux ans sur ce sujet

« Cette invitation malheureuse et inappropriée a donné une occasion en or aux lobbies de la santé de m’attaquer directement ou indirectement ajoute-t-elle. Qu’ils sachent pour autant que je ne les crains pas et qu’on ne me fera pas taire. »

Il faudra, pour cela, qu’elle revienne avec tous les détails sur cette bien malheureuse invitation qui ruine toujours sa profession de foi :

« Je l’affirme donc haut et fort : je suis pour la vaccination ; pour la protection de la santé. C’est pour cette raison que je réclame depuis des années, et en ai parlé directement avec la ministre de la Santé, des études indépendantes sur les adjuvants (aluminiques notamment) utilisés dans les vaccins, sur l’effet cocktail des onze vaccins sur les nourrissons de moins de 18 mois) et une amélioration de la pharmacovigilance concernant les produits de santé. »

« Chacun doit comprendre que l’opacité crée le doute, conclut-elle. Chacun doit se convaincre que qui veut rétablir la confiance demande la clarté. » En est-elle pleinement convaincue ? Et quand fera-t-elle, concernant Wakefield, la pleine lumière ?

A demain

@jynau