Elle avait étouffé son bébé jusqu’à ses deux ans: cinq ans de prison, dont trois avec sursis

Bonjour

Elle avait « caché son bébé dans le coffre de sa voiture pendant deux ans ». Dissimulé cet enfant dans cet espace lui infligeant des privations invraisemblables à l’origine des handicaps désormais irréversibles.  Rosa Maria Da Cruz a été condamnée, ce vendredi 16 novembre, à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, par la cour d’assises de la Corrèze. Si rien ne change elle restera emprisonnée le temps durant lequel elle avait étouffé son bébé.

Rosa Maria Da Cruz  était poursuivie pour « violences suivies de mutilation ou infirmité permanente sur mineur de 15 ans par ascendant, privation de soins ou d’aliments compromettant la santé d’un enfant et dissimulation ayant entraîné atteinte à l’état civil d’un enfant ». Huit ans de prison avaient été requis par l’avocat général Olivier Kern. Ce dernier  avait souligné « la nécessité impérieuse de cette condamnation » pour que l’accusée, mère de trois autres enfants, « comprenne que Séréna n’est pas un non-événement ».

« Ce procès n’est pas le procès du déni de grossesse », avait-il également déclaré – référence à la thèse plaidée par la défense de l’accusée. « Songez bien, deux ans, ce n’est pas quelques semaines (sic) avait-il ajouté. ll en faut de l’organisation, de la réflexion pour cacher un enfant à ses proches directs, son conjoint, ses enfants. Elle fait le choix de la dissimulation de cet enfant. » Est-ce bien aussi simple ?

L’AFP nous dit que Mme Da Cruz est restée, face aux réquisitions, comme pendant l’essentiel du procès, figée, parfois prostrée, voire recroquevillée auprès de son avocate, dos tourné à la salle, la tête appuyée sur sa main, et le visage masqué par un épais rideau de cheveux bruns. « Je voudrais demander pardon à Serena pour tout le mal que je lui ai fait », a-t-elle déclaré d’une voix faible et lasse, alors que son avocate venait de plaider l’acquittement. « Je me rends compte que je lui en ai fait beaucoup, et que je ne reverrai plus jamais ma petite fille ».

Auparavant, les parties civiles avaient bien évidemment appelé à ne pas « psychologiser le débat à outrance », comme on peut être tenté de le faire pour comprendre « comment une mère peut-elle faire ça ». Séréna est aujourd’hui âgée de 7 ans et vit en famille d’accueil depuis cinq ans. Comment peut-on, collectivement et sans psychologie, comprendre comment on peut en arriver là ?

A demain

@jynau

 

Cent ans après : réparer les « gueules cassées » avec les cellules souches de la pulpe dentaire

Bonjour

Quel média en parlera ? Ce sera, loin des tumultes et des polémiques militaires du 11 novembre. Le 21 novembre prochain, à midi, le Général Hubert Chauchart du Mottay, président de la Fondation des Gueules Cassées et le Professeur Jacques Philippon, président du Comité scientifique remettront le Prix de la Fondation 2018 au Pr Catherine Chaussain et à son équipe – pour le projet « Les cellules souches de la pulpe dentaire pour réparer les os crânio-faciaux ».  Siège de la Fondation 20 rue d’Aguesseau – 75008 Paris

Catherine Chaussain.  Chirurgien-dentiste, titulaire d’un doctorat en biologie, exerce à l’hôpital Bretonneau. Elle dirige, à la faculté de chirurgie dentaire de l’université Paris Descartes, le laboratoire de recherche dédié aux « Pathologies, imagerie et biothérapies oro-faciales ».

Général Hubert Chauchart du Mottay. « Carrière militaire complète, malgré un long séjour dans les formations sanitaires, jusqu’au grade d’Officier Général.  Grièvement blessé à la face, le 14 décembre 1961 en Algérie. Une balle lui emporte la partie inférieure du visage. Il sera hospitalisé durant sept ans à l’hôpital Foch de Suresnes qui reçoit de nombreuses « Gueules Cassées », au sein d’un service de chirurgie maxillo-faciale de pointe. Servira, ensuite, dans un régiment de chars, puis à l’Etat-major de l’Armée de Terre, puis à l’Etat-major du 2° Corps d’Armée et des Forces françaises en Allemagne ; quitte le service à la fin de 1993. »

Fondation des « Gueules Cassées ». Reconnue d’utilité publique. « Par la pratique du mécénat, soutient financièrement les institutions de toute nature s’intéressant en priorité au traumatisme de la face et de la tête et à leurs séquelles, ainsi que des actions de Mémoire des sacrifices consentis pour la France. »

Union des Blessés de la Face et de la Tête « Les Gueules Cassées ». « Association reconnue d’utilité publique par décret du 25 février 1927. Remplit une triple mission d’entraide entre ses membres, tous blessés à la face ou à la tête, de développement du devoir de Mémoire et d’aide à d’autres associations d’anciens combattants, aux associations à vocation sanitaire ou humanitaire œuvrant dans le même sens que le sien. »

Qui sera là ?

A demain

@jynau

Conseil constitutionnel : de quel droit peut-on  punir  les client.e.s des travailleur.se.s sexuels ?  

Bonjour

La morale et le droit. La sexualité et la santé. Le droit de disposer et de faire commerce de son corps versus l’esclavage du proxénétisme. Il est bien des entrées pour traiter du sujet. En voici une nouvelle avec la décision que vient de rendre le Conseil d’Etat (statuant au contentieux n° 423892 – Médecins du Monde et autres).

« Une victoire  dans notre combat » commentent « neuf associations 1 et cinq travailleur-se-s du sexe ». La plus haute juridiction administrative a accepté de transmettre leur question prioritaire de constitutionnalité (QPC) au Conseil constitutionnel. Celui-ci aura désormais la charge de déterminer si la pénalisation des clients, une des mesures prévues par la loi adoptée en avril 2016, est conforme ou non aux droits et libertés garantis par la Constitution.

Il s’agit ici de la loi du n° 2016-444 du 13 avril 2016 « visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées ». Dans son chapitre V (« Interdiction de l’achat d’un acte sexuel ») elle dispose :

 « Art. 611-1.-Le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir des relations de nature sexuelle d’une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe.  Les personnes physiques coupables de la contravention prévue au présent article encourent également une ou plusieurs des peines complémentaires mentionnées à l’article 131-16 et au second alinéa de l’article 131-17. »

Constats accablants

« Depuis plus de deux ans, nous dénonçons les effets de cette loi instituant la pénalisation des clients des travailleur.se.s du sexe (TDS). Nos réalités quotidiennes sont confirmées par l’enquête nationale, menée par Hélène Le Bail et Calogero Giametta, en avril 2018. Elle révèle les conséquences néfastes de cette loi sur la santé, l’intégrité physique, les droits et les conditions de vie des travailleur.se.s du sexe en France. »

Au regard de ces constats accablants ces militants avaient déposé, avec l’aide de Me Patrice Spinosi, un recours devant le Conseil d’Etat visant à transmettre cette QPC au Conseil constitutionnel. Pour convaincre le Conseil d’Etat de la nécessité d’interroger la conformité de cette mesure législative à la Constitution, ils avaient soulevé plusieurs arguments :

1 L’inefficacité des objectifs de cette mesure de protéger l’ordre et la santé publics dès lors que cette répression favorise l’isolement et la clandestinité, les violences et les pratiques à risques pour les travailleur.se.s du sexe ;

2 L’impact d’une telle mesure sur la situation économique et sociale des TDS, renforçant leur précarité et les éloignant des services de prévention, de soins et d’accès aux droits ;

3 L’incohérence de la pénalisation de clients d’une activité pourtant considérée comme licite.

Le Conseil constitutionnel décidera dans les trois mois de censurer ou non cette mesure législative. Il lui appartient donc d’apprécier la cohérence des choix législatifs au regard des exigences constitutionnelles. Vaste sujet quand on sait que cette  loi va, non seulement à l’encontre des objectifs annoncés par le Gouvernement de protection des personnes mais que bien au contraire elle porte atteinte à la santé, la sécurité et les droits des travailleur.se.s du sexe.

PS.  Sur ce thème : « Travail du sexe: et si pour une fois on écoutait les personnes concernées ? » (Lucile Bellan) Slate.fr 12 novembre 2018

A demain

@jynau

1 Médecins du Monde ; Fédération parapluie rouge ; STRASS (Syndicat du travail sexuel) ; Les Amis du bus des femmes ; Cabiria ; Griselidis ; Paloma ; Aides ; Acceptess-t

Soudain, au pied de l’Arc de triomphe, Emmanuel Macron redonna vie aux «anciens démons»

Bonjour

Immanence ? En même temps le rationnel et son absolu contraire. La raison pure et l’agitation politique des spectres. Au lendemain des spectacles du 11 novembre 2018, la Une du Monde, quotidien certes parfois fourbu mais toujours debout :  « Macron : les anciens démons ressurgissent ». Aller page 15, juste après le Carnet.

« Dimanche 11 novembre, Emmanuel Macron avait convié à Paris plus de soixante-dix chefs d’Etat et de gouvernement pour les Cent ans de la fin de la Grande Guerre. Dans un hommage au Soldat inconnu, au pied de l’Arc de triomphe, le président a exhorté ses invités, dont Donald Trump et Vladimir Poutine, à ne pas céder aux sirènes du nationalisme, pour privilégier la coopération multilatérale, que ce soit au sein de l’Union européenne ou des Nations unies ».

Et puis ces extraits :

« Le 7  novembre 1918, lorsque le caporal clairon Pierre Sellier sonna le premier cessez-le-feu, vers 10  heures du matin, bien des hommes ne purent y croire, puis sortirent lentement de leurs positions, pendant que, de loin en loin, sur les lignes, les mêmes clairons répétaient le cessez-le-feu puis faisaient entendre les notes de la sonnerie aux morts, avant que les cloches ne répandent la nouvelle, à la volée, dans tout le pays.

Le 11  novembre 1918, à 11  heures du matin, il y a cent ans, jour pour jour, heure pour heure, à Paris comme dans toute la France, les clairons ont retenti et les cloches de toutes les églises ont sonné. C’était l’armistice. » (…)

« Avec les ombres de Peugeot, premier tombé, et de Trébuchon, dernier mort pour la France dix minutes avant l’armistice, voici l’instituteur Kléber Dupuy, défenseur de Douaumont, Apollinaire, Blaise Cendrars au régiment de marche de la Légion étrangère, les soldats des régiments basques, bretons ou marseillais, le capitaine de Gaulle que personne alors ne connaissait, Julien Green, l’Américain, à la porte de son ambulance, Montherlant et Giono, Charles Péguy et Alain Fournier tombés dans les premières semaines, Joseph Kessel venu d’Orenbourg en Russie.

Et tous les autres, tous les autres qui sont les nôtres, auxquels plutôt nous appartenons, et dont on peut lire les noms sur chaque monument, des hauteurs solaires de la Corse aux vallées des Alpes, de la Sologne aux Vosges, de la pointe du Raz à la frontière espagnole. Oui, une seule France, rurale et urbaine, bourgeoise, aristocratique et populaire, de toutes les couleurs où le curé et l’anticlérical ont souffert côte à côte et dont l’héroïsme et la douleur nous ont faits.

Durant ces quatre années, l’Europe manqua de se suicider. L’humanité s’était enfoncée dans le labyrinthe hideux d’affrontements sans merci, dans un enfer qui engloutit tous les combattants, de quelque côté qu’ils soient, de quelque nationalité qu’ils soient. »

Et cet invraisemblable chapelet : « 10  millions de morts ; 6  millions de blessés et mutilés ; 3  millions de veuves ; 6  millions d’orphelins ; des millions de victimes civiles ; un milliard d’obus tirés sur le seul sol de France ».

Suit un bien beau discours présidentiel, expliquant au peuple de France que « 1918 », c’était il y cent ans, que cela « peut sembler loin », mais que « c’était hier ». Et le président Macron de déclarer, avant de nous perdre une nouvelle fois dans une complexité itinérante et mémorielle :

« Je le sais, les démons anciens resurgissent, prêts à accomplir leur œuvre de chaos et de mort. »

Où  l’on en revient, comme dans le cas de l’alcool, des drogues et du sevrage, à la métaphore du « retour des démons ». Métaphore opérante ? Immanence ?

A demain

@jynau

 

 

  « Le 7  novembre 1918, lorsque le caporal clairon Pierre Sellier sonna le premier cessez-le-feu, vers 10  heures du matin, bien des hommes ne purent y croire, puis sortirent lentement de leurs positions, pendant que, de loin en loin, sur les lignes, les mêmes clairons répétaient le cessez-le-feu puis faisaient entendre les notes de la sonnerie aux morts, avant que les cloches ne répandent la nouvelle, à la volée, dans tout le pays.

Le 11  novembre 1918, à 11  heures du matin, il y a cent ans, jour pour jour, heure pour heure, à Paris comme dans toute la France, les clairons ont retenti et les cloches de toutes les églises ont sonné.

 

C’était l’armistice. »

(…)

« Avec les ombres de Peugeot, premier tombé, et de Trébuchon, dernier mort pour la France dix minutes avant l’armistice, voici l’instituteur Kléber Dupuy, défenseur de Douaumont, Apollinaire, Blaise Cendrars au régiment de marche de la Légion étrangère, les soldats des régiments basques, bretons ou marseillais, le capitaine de Gaulle que personne alors ne connaissait, Julien Green, l’Américain, à la porte de son ambulance, Montherlant et Giono, Charles Péguy et Alain Fournier tombés dans les premières semaines, Joseph Kessel venu d’Orenbourg en Russie.

Et tous les autres, tous les autres qui sont les nôtres, auxquels plutôt nous appartenons, et dont on peut lire les noms sur chaque monument, des hauteurs solaires de la Corse aux vallées des Alpes, de la Sologne aux Vosges, de la pointe du Raz à la frontière espagnole. Oui, une seule France, rurale et urbaine, bourgeoise, aristocratique et populaire, de toutes les couleurs où le curé et l’anticlérical ont souffert côte à côte et dont l’héroïsme et la douleur nous ont faits.

Durant ces quatre années, l’Europe manqua de se suicider. L’humanité s’était enfoncée dans le labyrinthe hideux d’affrontements sans merci, dans un enfer qui engloutit tous les combattants, de quelque côté qu’ils soient, de quelque nationalité qu’ils soient. »

Et cet invraisemblable chapelet : « 10  millions de morts ; 6  millions de blessés et mutilés ; 3  millions de veuves ; 6  millions d’orphelins ; des millions de victimes civiles ; un milliard d’obus tirés sur le seul sol de France ».

Suit un bien beau discours présidentiel, expliquant au peuple de France que « 1918 », c’était il y cent ans, que cela « peut sembler loin », mais que « c’était hier ». Et le président Macon de déclarer, avant de se perdre une nouvelle fois dans une complexité itinérante et mémorielle :

« Je le sais, les démons anciens resurgissent, prêts à accomplir leur œuvre de chaos et de mort. »

Où  l’on en revient, comme dans le cas de l’alcool, des drogues et du sevrage, à la métaphore du « retour des démons ».

A demain

@jynau

 

Rugby : Louis Fajfrowski, mort «d’une commotion cardiaque létale sur cœur pathologique»

Bonjour

Joueur de rugby Louis Fajfrowski, 21 ans, est mort le 10 août dernier lors d’une rencontre amicale à Aurillac. L’affaire avait profondément ému le vaste monde de ce beau sport – et mis en lumière la violente, triste et insupportable dérive dont il est l’objet. Trois mois plus tard l’enquête officielle conclut à une « mort accidentelle ». Plus précisément les résultats complémentaires révèlent que le joueur a succombé à un « traumatisme thoracique ». L’information est donnée par le quotidien La Montagne (Malik Kebour) qui cite le substitut du procureur d’Aurillac : le plaquage subi par le joueur  a été « responsable d’une commotion cardiaque avec accélération du rythme qui a entraîné son décès ». On s’interroge. On relit.

« L’ailier du Stade Aurillacois Louis Fajfrowski est décédé d’un traumatisme thoracique d’après les résultats de l’autopsie. Le joueur avait trouvé la mort dans les vestiaires du stade Jean-Alric, à Aurillac (Cantal), après un choc au cours d’un match amical, le 10 août. Près de trois mois après le décès brutal de l’ailier du Stade Aurillacois, Louis Fajfrowski, survenu vendredi 10 août, après un match amical, le parquet d’Aurillac conclut à une mort accidentelle.

 « L’enquête aux fins de recherche des causes de la mort, ouverte début août, n’a pas pu « démontrer qu’il y avait une quelconque faute imputable à qui que ce soit. C’est un accident malheureux », ajoute le parquet. 

Titulaire lors de la rencontre amicale disputée face à Rodez (Fédérale 1) au stade Jean-Alric, le 10 août, à Aurillac, l’ailier du Stade Louis Fajfrowski est sorti du terrain au cours de la seconde période, peu avant l’heure de jeu, après avoir subi un plaquage appuyé, à mi-hauteur. Resté au sol quelques instants, sonné, il avait été pris en charge par les soigneurs avant de regagner les vestiaires, conscient. Après plusieurs pertes de connaissance, à l’intérieur, il est décédé malgré l’intervention des secours. »

L’autopsie pratiquée juste après la mort n’avait pas permis de connaître les causes exactes du décès. Un classique. Des analyses complémentaires avaient été ordonnées. Le parquet auvergnat précise aujourd’hui que l’enquête n’a pas pu « démontrer qu’il y avait une quelconque faute imputable à qui que ce soit ». En est-on bien certain ?

« Ce sont plusieurs facteurs qui ont conduit au décès », a expliqué le procureur d’Aurillac, Olivier Clémençon. Et de préciser que le joueur a subi « un traumatisme thoracique précordial, responsable d’une commotion cardiaque létale sur un cœur pathologique ». Le parquet a donc conclu « à une mort accidentelle à la suite et non pas à cause d’un plaquage », a précisé le procureur. Cœur pathologique ? On aimerait que le procureur éclaire un peu mieux cette séquence physiopathologique mortelle. Sans doute, sous les volcans, attendra-t-on.

Le jeune joueur, titulaire ce jour-là au centre de l’attaque du Stade Aurillacois, était sorti du terrain (en seconde période du match contre Rodez) après avoir été la cible d’un vigoureux plaquage. « Sonné », il avait pu se relever avec l’aide des soigneurs avant de se rendre par ses propres moyens aux vestiaires, accompagné d’un médecin. C’est dans les vestiaires qu’il avait perdu connaissance – à plusieurs reprises. Pris en charge par le service médical et les secours supplémentaires arrivés sur place, il n’avait pas pu être ranimé.

Dans un éditorial publié le 13 août, et titré « La nausée », le journal Midi Olympique, avait vivement et courageusement regretté que ce sport soit « de plus en plus destructeur », mettant « ses propres acteurs en danger à force de collisions à très grande vitesse ».

« Un jeu de plus en plus con − on se répète, hélas − à force d’oublier la moitié de son ADN : la recherche de l’évitement, qui lui conféra longtemps une force créatrice enviée par tant d’autres disciplines (…) Il y a désormais urgence : il faut agir pour voir, demain, le rugby changer radicalement dans son approche du jeu, en assumant ses maux actuels et la propre menace qu’il génère pour avoir cédé au tout physique ».

Il n’ a pas une ligne à changer à l’éditorial de Midi Olympique. Et tout à demander aux gros pardessus de la Fédération Française de Rugby. En mémoire de Louis Fajfrowski.

A demain

@jynau

 

Le ministre de l’Agriculture n’a pas supporté les images de l’abattoir bio du Boischaut (Indre)

Bonjour

C’est un « exclusif » du Figaro. Des images à ne pas regarder : « des vaches gisant dans le sang de leurs congénères, un chevreau hurlant, pendu encore vivant à un crochet, un salarié qui s’y prend à plusieurs fois avant de mettre à mort des bovins qui meuglent ». « Difficile d’aller jusqu’au bout de cette nouvelle vidéo choc de plus de trois minutes publiée par l’association vegan L214 et dont Le Figaro « s’est procuré une copie ».

Ces images ont été tournées entre fin août et début septembre dernier dans l’abattoir « multi-espèces » du Boischaut, géré par la communauté de communes de La Châtre-Sainte-Sévère, dans l’Indre. Un établissement de 17 salariés, certifié bio, «le plus gros abattoir bovin de la région Centre-Val de Loire», selon le quotidien La Nouvelle République. Malgré un investissement récent de 1,6 million d’euros pour moderniser le site, on constate la présence d’outils inadaptés et des pratiques cruelles. Pourtant, ce site, comme l’ensemble des abattoirs français, a fait l’objet, au printemps 2016, d’un audit commandé par le ministère de l’Agriculture à la suite de premières vidéos chocs de L214 dans plusieurs abattoirs de l’Hexagone.

Au Boischaut, malgré le compte rendu de l’inspection, qui avait relevé des infractions notées C et D – notamment à la tuerie -, rien ne semble avoir changé deux ans après. «Le rapport accablant des services vétérinaires avait déjà identifié des non-conformités majeures qu’on retrouve dans cette nouvelle enquête en 2018», déplore Sébastien Arsac, porte-parole de L214.

Parmi les élus et les agriculteurs locaux, c’est l’incompréhension. «Je vais toutes les semaines apporter des bêtes au Boischaut, et j’ai assisté plusieurs fois à toute la chaîne, depuis l’abattage jusqu’à la découpe, mais je n’ai jamais constaté de mauvaises pratiques, indique Nicolas *, important éleveur bovin et porcin du coin. Si ces images étaient avérées, cela porterait préjudice à toute la filière.» «Nous sommes conscients que ce métier d’abatteur, très difficile, doit évoluer, réagit François Daugeron, président de la communauté de communes de La Châtre, après avoir vu cette vidéo. Nous venons de recruter une personne responsable de la qualité pour faire évoluer nos pratiques.»

Plaintes croisées

Un sujet douloureux parfaitement traité ce jour au 13 h de France Inter (à partir de 5’15’’ jusqu’à 11’15’’). L214 a porté plainte auprès du procureur de la République de Châteauroux pour «maltraitance et actes de cruauté». L’association demande en outre à la préfecture «la fermeture immédiate de l’établissement» pour des raisons d’hygiène. L’abattoir dénonce une « captation d’images dans un lieu privé ».  Puis la réaction de Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture :

« Face à la vidéo diffusée hier soir montrant les pratiques inacceptables d’un abattoir du département de l’Indre le ministre demande au préfet de suspendre immédiatement, à titre conservatoire, l’activité de l’établissement. Parallèlement, il mandate la Brigade nationale d’enquête vétérinaire pour diligenter une enquête administrative. Sur la base des conclusions, des décisions appropriées seront ensuite prises.

 « Le ministre tient à souligner que cet épisode de maltraitance animale en abattoir illustre bien toute l’importance des nouvelles dispositions relatives à la protection animale qui viennent d’être introduites par la LOI n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous. Cette loi qui qui vient d’être promulguée le 2 novembre créé ainsi un nouveau délit de maltraitance en abattoir et en conséquence accentue les sanctions auxquelles s’expose tout professionnel qui ne respecterait pas ses obligations vis-à-vis de la protection animale. (…)

 « Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation  rappelle que la lutte contre la maltraitance animale reste plus que jamais un sujet prioritaire du gouvernement et engage à la plus grande fermeté face à des actes inexcusables. »

Et après ? L 214 parle quant à elle de « meurtre alimentaire » de « sang qui coule » de « rapport sanglant à l’animal ». Elle dit que l’on ne peut pas « tuer des animaux avec bienveillance », que la violence, quoi qu’on fasse, est « inhérente à l’abattage ». Y compris dans les abattoirs « certifiés bio ». Et L214 de demander à chacun de réfléchir à notre propre consommation. Et de demander à pouvoir se mettre autour de la table pour, démocratiquement, faire progresser la situation.

A demain

@jynau

 

 

Etats-Unis : Edmund Zagorski a été tué sur la chaise électrique du pénitencier de Nashville 

Bonjour

2 novembre 2018, jour des Morts. Celle d’Edmund George Zagorski, 63 ans, a été officiellement prononcée à 0 h 26 GMT dans le pénitencier de haute sécurité de Nashville. En fait foi un communiqué des services correctionnels de l’Etat du Tennessee. Edmund Zagorski  avait choisi d’être exécuté sur la chaise électrique du pénitencier – de préférence à une exécution par injection de substances létales.

« Zagorski avait été condamné à la peine capitale en 1984 dans le Tennessee, pour avoir tué et égorgé deux hommes qu’il avait attirés en promettant de leur vendre de la marijuana » rappellent l’Agence France Presse et The New York Times : « Condemned Man’s Last Words: ‘Let’s Rock’ ».

Ses derniers mots furent : « C’est parti », a déclaré son avocate Me Kelley Henry lors d’une conférence de presse. Elle a notamment décrit comment le corps de son client avait été sanglé pour éviter qu’il ne se dresse pendant l’électrocution. « Il a reçu un choc violent avec le courant électrique », a-t-elle ajouté – précisant que des éponges imbibées d’eau salée avaient été placées sur ses chevilles pour faciliter le passage de l’électricité.

Horreur absolue

Edmund George Zagorski aura donc, au total, vécu trente-quatre ans dans le couloir de la mort. Il devait être exécuté par injection létale mais, à la dernière minute, il avait réclamé la chaise électrique. En cas d’injection, « les dix à dix-huit dernières minutes de sa vie seront une horreur absolue » alors que, s’il est électrocuté, il ressentira « une douleur insoutenable, probablement pendant quinze à trente secondes », avaient écrit ses avocats dans leur requête.

Pour autant, selon un sondage réalisé en 2015, 54 % des Américains jugent que la chaise électrique est une méthode d’exécution « cruelle et inhabituelle ». Cette méthode a été progressivement abandonnée après des exécutions problématiques – la tête d’un détenu s’étant notamment enflammée en Floride en 1997. Elle n’avait été utilisée que pour quatorze exécutions sur près de neuf cents dans l’ensemble des Etats-Unis depuis 2000.

Le Tennessee autorisant les personnes condamnées avant 1999 à choisir entre ces deux modes d’exécution, le gouverneur de l’Etat, le républicain Bill Haslam, lui avait accordé un répit pour laisser aux services pénitenciers le temps de préparer la chaise électrique. L’appareil n’avait toutefois pas été utilisé depuis 2007. « Il a été testé le 12 octobre », avait précisé  à l’AFP une porte-parole des services pénitenciers le jour de l’exécution.

« Je ne veux pas être soumis à la torture de l’injection, avait écrit le condamné aux autorités. Mais je considère que l’injection létale et l’électrocution violent toutes les deux mes droits ». Quelques heures avant d’être tué il avait tenté un dernier recours devant la plus haute juridiction du pays, mais les juges ont rejeté sa demande. Pour son dernier repas le condamné à mort avait, nous dit-on,  commandé des pieds et de la queue de cochon.

A demain

@jynau