Haine: Emmanuel Macron annonce une loi contre. Le dernier éclat de Marlène Schiappa

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21 février 2019. La désinhibition épidémique ne cesse de gagner du terrain. Cortège d’insultes provocatrices, de crises colériques, d’appels au meurtre, de déchaînements de haines.  Et des médias généralistes historiques radicalement dépassés par ces torrents d’insanités. «Les commentaires ignobles et illégaux ont largement dépassé notre capacité à les modérer», raconte Aymeric Robert, l’un des journalistes de FR3 Alsace soudain confronté à cette réalité.

Quelle grille psychiatrique nous aidera à décrypter ? « Que s’est-il passé, s’interroge Le Figaro, (Elisa Braun) pour qu’Internet, qui devait être pour ses créateurs un lieu de partage du savoir et de l’information, devienne l’amplificateur d’une ignorance haineuse et, surtout, exprimée dans la plus totale impunité ? »

Hier, lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) le président de la République a annoncé qu’une proposition de loi pour lutter contre les contenus haineux sur internet sera déposée «dès le mois de mai». «Il faut que les auteurs de ces contenus comprennent que nous irons les chercher partout où ils sont et que nous ferons cesser leurs violences», annonçaient Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique, et Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes au Figaro .

L’objectif est d’imposer aux réseaux sociaux d’être transparents sur leurs règles de modération, de mieux détecter les propos haineux en amont grâce à des outils de prévention, de les retirer plus rapidement et de lutter contre l’impunité en conservant des preuves dans les archives des plateformes.  « Le président de la République a également fait part de son souhait d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux personnes condamnées pour racisme ou antisémitisme, ‘’comme l’on a interdit d’accès aux stades les hooligans’’ ajoute Le Figaro. Une mesure dont la légalité et la mise en application suscitent de nombreuses interrogations. Enfin, Emmanuel Macron est intervenu sur la question épineuse de l’interdiction de l’anonymat sur Internet. ‘’La question sera posée’’ a-t-il indiqué devant son auditoire. ‘’Faut-il l’interdire partout? […] nous pourrions aller vers le pire’’ a toutefois précisé le chef de l’État. »

La mise en scène de soi

Le pire ? Marlène Schiappa, parfois, s’y emploie dans l’application qu’elle met à la mise en scène d’elle-même. Aujourd’hui ce sont les déclarations de la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes qui font « grincer des dents ». Dans un improbable entretien à Valeurs actuelles, Mme Schiappa « souligne l’existence d’une convergence idéologique » entre La Manif pour tous et « les terroristes islamistes » – sans toutefois les mettre « sur le même plan » (sic).

« Il y a une explosion des actes antisémites, mais aussi homophobes », observe la secrétaire d’Etat, pour qui « il y a une alliance entre les gens d’extrême droite et les islamistes qui s’unissent de fait dans ce combat »1.  Valérie Pécresse, chef de file du mouvement Libres ! au sein des Républicains, a aussitôt dénoncé sur Twitter la « faute » de Marlène Schiappa.

« Critiquer les positions des sympathisants de la Manif pour Tous est une chose. Les comparer aux terroristes islamistes qui ont frappé à mort notre pays et qui veulent détruire notre civilisation, c’est une faute. »

D’autres, comme le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a lui aussi fustigé sur Twitter ce qu’il considère comme une « insulte ». La Manif pour tous dénonce un « scandaleux amalgame » et réclame « des excuses immédiates ».« Trop, c’est trop » écrit l’organisation dans un communiqué. 

« En comparant l’incomparable, Marlène Schiappa se livre à une provocation qui augure très mal du débat à venir sur les enjeux majeurs de la révision de la loi de bioéthique. Les caricatures et les violences verbales n’ont pas leur place dans le débat public. » 

Une loi pour lutter contre cette épidémie de désinhibition qui ne cesse de gagner du terrain ?

A demain

@jynau

1 Extraits :  «  (…) Il y a une explosion des actes antisémites, mais aussi homophobes. Ce sont deux catégories de la population soupçonnées d’être riches. Le deuxième point commun entre homophobie et antisémitisme est que ce sont les théories islamistes radicales qui désignent comme boucs émissaires ces personnes-là. Il y a une alliance entre les gens d’extrême droite et les islamistes, qui s’unissent de fait dans ce combat. Il y a des slogans de La Manif pour tous qui sont lancés dans les banlieues. (…) Les slogans et l’agressivité de la « manif pour tous » ont nourri la recrudescence de violences homophobes: + 64 % l’année dernière. L’homophobie se nourrit des messages de haine proférés par La Manif pour tous. (…) »  

 

 

Exercer le journalisme face à l’antisémitisme : l’édifiant arrêt d’une retransmission par FR3

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C’est une affaire édifiante. Edifiante en ce qu’elle témoigne des impasses présentes et à venir de la pratique du métier de journalisme dans des espaces certes toujours démocratiques mais où la circulation des « informations » fait l’objet d’une dérégulation croissante via les célébrissimes « réseaux sociaux ». Une situation à très haut risque qui est bel et bien de l’ordre de la santé publique. On se gardera de tout commentaire.

Cela s’est passé en Alsace et les faits sont rapportés par les DNA. Elle explique que France 3 Alsace a indiqué,  mercredi 20 février, avoir suspendu mardi la retransmission en direct sur sa page Facebook de la visite du président Emmanuel Macron au cimetière juif profané de Quatzenheim, en raison de dizaines de commentaires « antisémites et racistes». Voici les explications de FR3 (Aymeric Robert, en charge du numérique) :

« Nous étions préparés. Tout journaliste sait qu’en 2019 et cela vaut pour n’importe quel média, il est toujours compliqué de retransmettre en Facebook live un événement impliquant la venue du chef de l’Etat. Dans un cimetière juif qui plus est, à l’heure où l’antisémitisme se répand comme un mauvais poison. Aujourd’hui, Emmanuel Macron, demain, un autre, mais nul doute qu’il sera soumis au même déchaînement de haine imbécile alimentée par de petits vengeurs de moins en moins masqués.

« Nous faisions partie de ceux qui pensaient encore l’exercice possible. Que le caractère odieux des actes antisémites de Quatzenheim, que le moment d’émotion et de stupeur des familles de ce village bas-rhinois, nous protégerait de ce flot d’immondices redouté. Que la notion de respect était encore vivace. Du respect de l’instant, des hommes et des femmes présents, du respect des morts, de la mémoire de ceux qui ont vécu sur nos territoires et ont forgé leur histoire et à défaut… du respect du cadre légal.

« Heil Hitler », « sales juifs »

« Raté. Au bout de quelques minutes, les commentaires ignobles et illégaux ont largement dépassé notre capacité à les modérer. Deux journalistes, ce n’est plus suffisant pour un tel exercice, sans doute que dix ou vingt non plus d’ailleurs. Que l’exercice n’est tout simplement plus possible en 2019. Une retransmission, d’accord, mais sans commentaire. Tant pis pour la libre parole.

« Nous ne parlons pas des commentaires bêtement stupides ou hors-sujets, ni même des commentaires anti-Macron. Vous avez le droit de critiquer le chef de l’Etat sur nos pages Facebook. Vous ne vous en privez pas. A dire vrai, nous nous réjouissons que vous puissiez le faire. C’est le signe d’une démocratie forte que de critiquer ses élus.
Non, nous parlons d’appels au meurtre explicites, de commentaires ouvertement antisémites et racistes, des « Heil Hitler », des « sale juif  » ou « sales juifs », qu’ils s’adressent à Emmanuel Macron ou aux représentants de la communauté juive.

Responsabilité juridique et morale

« Dégoût et sidération. Ces internautes, pas toujours anonymes à en juger par leur patronyme, savent-ils que ces écrits sont un délit ? Qu’on peut faire de la prison ferme pour un simple commentaire sur Facebook ? A quel moment, est-il devenu normal d’appeler publiquement à tuer quelqu’un, qu’il soit chef de l’Etat ou simple habitant d’un village alsacien ? Rappelons donc que Facebook, aussi virtuel soit-il, n’échappe pas au code pénal, que les internautes ont une responsabilité juridique qui engage France 3 Alsace. Mais au-delà de cette responsabilité juridique, nous refusons d’être un vecteur de haine.

« Ces commentaires sont le fruit pourri d’une minorité d’internautes. La plupart d’entre vous ont suivi ce live sans le commenter, d’autres ont exprimé leur émotion. Mais cette minorité nous interdit aujourd’hui de retransmettre certains événements en Facebook live.

« Ce n’est pas la fin du monde, juste un nouveau rétrécissement du champ d’action de notre métier. Un rétrécissement de la démocratie et de la liberté de jouir de nos droits, de tous nos droits. »

 France 3 Alsace a raison. Ce n’est pas la fin d’un monde. C’est un rétrécissement du champ d’action du métier de journaliste. De ce point de vue, Orwell l’a prophétisé, c’est un rétrécissement du monde.

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@jynau

Pédophilie au sein de l’Eglise : l’incompréhensible mea culpa prononcé par Mgr Pontier

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La une et cinq pages : c’est en majesté que notre quotidien dominical traite de la pédophilie dans l’Eglise. Tout, il est vrai converge pour l’évoquer. Un film primé à Berlin et objet de polémique juridique (« Grâce à Dieu » de François Ozon). Un livre-enquête  choc à paraître, signé de notre confrère Frédéric Martel (« Sodoma Enquête au coeur du Vatican», Robert Laffont). Des affaires récurrentes jamais soldées. Et la prochaine réunion, au Vatican par le pape François, d’un « sommet mondial pour prévenir les abus sexuels » – une forme d’émergence d’un politique catholique des risques.

Et dans ce concert, page 3 du Journal du Dimanche, une « exclusivité » : un entretien avec Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France. Une voix plus qu’autorisée dont on n’imagine pas un seul instant qu’elle n’ait pas reçu la bénédiction des autorités suprêmes. Or que nous dit Mgr Georges Pontier, 75 ans, par ailleurs archevêque de Marseille après l’avoir été deDigne et de Saintes ? Mgr Pontier dont le magazine La Vie  nous assure qu’il incarnerait une ligne « foncièrement modérée » à l’opposé de la « ligne Lustiger » ainsi qu’une Église « accompagnatrice spirituelle plutôt qu’une donneuse de leçons ».

L’AFP a résumé le long propos de l’archevêque. Etrange propos plus qu’embarrassé. Douloureuse exégèses à venir. Où l’on entend que pour lui le silence fait autour des abus sexuels dans l’Eglise résulte d’un « péché collectif » et d’un système qui « néglige » la parole des victimes. « Nous devons travailler tous ensemble contre la pédophilie. La hiérarchie [religieuse]n’est pas la seule coupable. Dans certaines familles, des parents très chrétiens ont empêché leur enfant de parler, dit-il encore. C’est un péché collectif ».

« Grâce à Dieu »

Et ces phrases : « Il existe une vénération de l’Eglise qui est malsaine et peut empêcher la libération de la parole (…)  Il y a quelque chose de systémique dans la négligence, le poids et la défense des institutions par rapport aux personnes victimes (…) On ne peut plus rejeter la faute, dire que ce sont les médias ou le monde extérieur qui en voudraient à l’Eglise (…) Les victimes n’ont pas besoin de repentance permanente si les actes ne suivent pas ».

L’actualité ? Mrg Georges Pontier est favorable au report de la sortie du film Grâce à Dieu consacré au père Preynat, un prêtre lyonnais mis en examen pour agressions sexuelles sur mineur et qui n’a pas encore été jugé. Il s’en explique à sa façon :

 « Nous sommes dans un calendrier ahurissant, qui voudrait que l’on termine par la reconnaissance de culpabilité devant les tribunaux après avoir vu tant de choses sur ce père Preynat qui, cela ne fait pas de doute, a commis des faits répréhensibles. Il faut un respect minimum de la présomption d’innocence. »

Interrogé sur l’enquête pour agressions sexuelles visant à Paris l’ambassadeur du pape en France Mgr Ventura, le prélat se montre également prudent : « Si des actes ont été commis qui auraient traumatisé profondément quelqu’un, ce serait, bien sûr, choquant. Je connais bien Mgr Ventura et, pour le moment, je le présume innocent. »

Mais qui a bien pu accuser les médias d’en vouloir à l’Eglise ? Comment confesse-t-on un péché collectif et qui doit faire, alors, pénitence ? Mgt Pontier ne nous le dit pas.

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@jynau

 

A l’Ehpad de « La Maison du Grand Cèdre », l’aide-soignant explique avoir « pété un câble »

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15 février 2019. Ainsi donc nous en sommes là. Confronté à ce que diffusent en boucles les médias radiophoniques. Face à ces violences résumées en quelques lignes de l’Agence France Presse. Un aide-soignant d’un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) d’Arcueil (Val-de-Marne) doit être présenté devant le tribunal de Créteil. Il est accusé d’avoir maltraité et violenté une pensionnaire de l’établissement âgée de 98 ans.

Cet homme âgé de 57 ans est en garde à vue depuis deux jours. Il avait été interpellé à la suite d’une plainte déposée par la famille de la nonagénaire. Soupçonnant des maltraitances, les enfants de la vieille dame avaient installé, début février, une caméra dans sa chambre, dans l’Ehpad « La Maison du Grand Cèdre » (groupe ADEF résidences) 1. Un établissement qui explique par ailleurs développer une « démarche éthique » (« Bientraitance »).

Salarié mis à pied

Sur les vidéos, on voit l’aide-soignant tirer par les jambes la nonagénaire au sol pour la remettre dans son lit, lui donner des coups de pied, des gifles, la tirer par les cheveux. « Tu me fais chier, espèce de vieille salope  !»« Ferme ta gueule ! », lui dit-il à plusieurs reprises, selon une source proche du dossier. « Comment tu veux que je fasse ? »« Pitié pour moi ! », le supplie la vieille dame.

L’homme a nié les faits – jusqu’à la confrontation avec les images vidéos. Il a alors évoqué des « actes isolés », déclaré avoir « pété un câble ». D’autres familles de pensionnaires ont été entendues dans le cadre de l’enquête, notamment celles résidant au même étage, mais personne n’a, pour l’instant, fait état d’autres violences. ADEF résidences (34 Ehpad) déplore un « acte de violence insoutenable » et a mis à pied son salarié « dès connaissance des faits ». 15 février 2019.

A demain

@jynau

1 Cet établissement se présente ainsi :

« La Maison du Grand Cèdre, située sur la commune d’Arcueil dans le Val-de-Marne (94), est un Établissement associatif à but non lucratif d’hébergement pour personnes âgées dépendantes à qui l’on propose une aide pour effectuer les actes de la vie quotidienne et des soins médicaux et paramédicaux si l’état de santé le nécessite.

Lieu d’accueil et d’accompagnement médicalisé, la Maison du Grand Cèdre est également un lieu de vie et centre son action sur la qualité d’accueil du résident et son bien-être au quotidien, le maintien de son autonomie et de sa vie sociale.

La Résidence est de dernière génération et totalement adaptée à la perte d’autonomie. Entièrement médicalisée, elle accueille des personnes de 60 ans et plus. Véritable lieu de vie, les espaces et les aménagements y sont fonctionnels. La Maison du Grand Cèdre est aussi le lieu d’une vie sociale, affective, culturelle…  Balnéothérapie, ateliers thérapeutiques, activités quotidiennes, restauration sur place, rencontres inter-générationnelles, salons des familles : tout est mis en œuvre pour favoriser le maintien de la vie sociale, mais aussi l’autonomie de la personne.

Bouleversant l’équilibre familial et les repères de la personne accueillie, l’entrée dans un Établissement médico-social est une étape importante pour le Résident comme pour ses proches. Il est essentiel pour l’Association de veiller à ce que l’environnement soit parfaitement adapté car il représente l’une des premières sources de bien-être et de réassurance. Chacun y bénéficie d’un accompagnement personnalisé qui garantit le respect de ses désirs et de ses choix de vie. Également, les actions menées dans les Établissements Adef Résidences le sont selon les critères de la qualité de l’accompagnement (avec une modélisation très fine pour une forte structuration de toutes les activités), ainsi que de la démarche éthique de l’Association. »

 

 

Comment s’y prendre pour faire fuir tous les SDF du centre de nos villes. Soyonshumains.fr

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Autocentrés sur le Grand Débat National et sur les Gilets Jaunes seuls quelques médias généralistes se sont penchés sur l’initiative « Pics d’or » Abbé-Pierre. Parmi eux Le Monde (Pierre Bouvier). Une initiative édifiante qui, loin des « ronds-points » nous conduit à nous intéresser aux évolutions du « mobilier urbain », celui-là même qui, les samedis, devient la cible des « casseurs ».

« Il y a les grilles, les picots, les rochers, les poteaux, les bancs et sièges inconfortables, les grillages,… En matière de mobilier anti-SDF, l’imagination ne trouve aucune limite, rapporte le quotidien vespéral. Une série d’aménagements installés à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), Paris, Toulouse, ou des arrêtés municipaux pris à Besançon ou Eskilstuna, en Suède, se sont vus remettre, mercredi 13 février, les premiers « Pics d’or » de la Fondation Abbé-Pierre.

A ces grilles, picots, rochers, poteaux, bancs et sièges inutilisables et autres grillages il faut ajouter les arrêtés anti-mendicité, comme ceux pris à Besançon, La Roche-sur-Yon et Nice – et autres mesurettes comme la fermeture de points d’eau en libre-service, à Marseille notamment.

 « L’objectif de ces dispositifs – mis en place par les municipalités, les architectes, les urbanistes, etc. – est d’éloigner les SDF des centres-villes, de les rendre invisibles ou de les criminaliser, de manière plus ou moins insidieuse », explique Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre. Quant à Marie Loison-Leruste, sociologue, interprète ces éléments du mobilier urbain, reflet de l’ambivalence des habitants des villes vis-à-vis des SDF. « Parfois ils nous émeuvent, parfois ils nous dégoûtent : les pauvres suscitent la peur, d’où cette tentative de criminalisation » dit-elle

Faire fuir ou accueillir

Emouvoir ou dégoûter ? En 2017, la Fondation a lancé un site collaboratif, – Soyonshumains.fr – qui a permis de répertorier plus de 300 équipements installés aux abords d’immeubles, de commerces et autres infrastructures publiques, pour empêcher les 150 000 personnes sans abri recensées en France de s’installer.

On peut, ici, désespérer. Ou, au contraire, parier sur la bonté humaine. « Christian Page ancien SDF a remis le prix du dispositif « le plus fourbe » (il évoque alors une jardinière de 200 kg apparue là où il avait l’habitude de dormir) estime qu’il est possible de faire bouger les municipalités, rapporte Le Monde. En décembre 2017, il avait alerté la mairie de Paris en dénonçant des ‘’barrières anti-SDF’’ ­installées dans le 19e arrondissement qui couvraient plusieurs grilles d’aération d’où s’échappait de l’air chaud, empêchant les sans-abri de s’y allonger. Le centre de santé parisien a l’intention d’enlever ses dispositifs anti-SDF. » On espère qu’Anne Hidalgo, maire de Paris et François Dagnaud, maire du XIXème ne sont pas insensibles à ces doléances.

Espérer ?  La Fondation Abbé-Pierre évoque des initiatives (médiatiquement largement ignorées) comme celle du Carillon. Ce réseau groupe 800 commerçants dans sept grandes villes de France (Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille, Nantes, Lille et Strasbourg) – commerçants qui permettent aux SDF d’accéder à des toilettes, de charger leur téléphone ou de prendre un repas payé par un client. « Cela permet de retrouver confiance en soi et de sortir des circuits spécialisés », explique Laura Gruarin, codirectrice de l’association La Cloche.

Pour commencer à espérer on peut les retrouver ici : « Soutenez Le Carillon et son association La Cloche ».

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@jynau

 

 

Justice: le Dr Jérôme Cahuzac sera-t-il autorisé à exercer la médecine au fond de sa prison ?

Bonjour

Pour l’exemple. Le Dr Jérôme Cahuzac, 66 ans, ancien ministre du Budget, condamné (en mai 2018) à un an de prison, 300 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, a été autorisé à purger sa peine sous bracelet électronique par la justice. Mais cette décision a aussitôt été contesté par le procureur de la République d’Ajaccio qui a déposé un appel suspensif.

Lors des débats (le 31 janvier) Eric Bouillard, le procureur, s’était déjà opposé à la demande de port de bracelet électronique pour ce célèbre condamné (fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale).

« Je me suis opposé, pas parce que c’était Jérôme Cahuzac, mais parce que le projet me paraissait insuffisamment étayé, avait expliqué M. Bouillard. L’aménagement de peine est possible pour répondre à une obligation personnelle ou une obligation professionnelle, j’ai considéré qu’il n’avait pas d’obligation particulière ni d’un côté ni de l’autre. »

Raisons obscures

Des arguments bien fragiles : ils n’ont pas été retenus par le juge ajaccien de l’application des peines (Jérôme Cahuzac a déclaré sa résidence principale en Corse-du-Sud). La loi permet pour toute peine allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement, et en l’absence de récidive, la possibilité d’un aménagement immédiat. Cette demande peut être acceptée ou rejetée par le juge.

Ce n’est pas tout. Pour d’obscures raisons le Jérôme Cahuzac (jadis chirurgien brillant) doit être prochainement entendu par le Conseil national de l’Ordre des médecins qui décidera de son aptitude à exerxer en tant que médecin généraliste.  Retraité depuis l’an dernier l’ancien ministre n’a plus besoin de travailler pour gagner sa vie . Il aimerait toutefois exercer à l’hôpital de Bonifacio « où les candidats font défaut ».

Ainsi donc, au temps de l’électronique, comme jadis, la lie et le calice.

A demain

@jynau

 

Indigne : dans les facultés de médecine racisme et antisémitisme «prennent de l’ampleur»

Bonjour

Pourquoi ?

Nous sommes en février 2019 et c’est un communiqué de la Conférence des doyens des facultés de médecine. Extraits. « Il y a de plus en plus d’actes racistes et antisémites perpétrés à l’encontre des enseignants, des autorités et des étudiants de confession juive et/ou d’origine étrangère » – un phénomène « scandaleux et inadmissible ». « Cette situation n’est pas nouvelle, des faits identiques s’étant déjà déroulés en 2013 et 2014. Mais la recrudescence récente de ces comportements inquiète la Conférence des doyens. Quelle que soit la forme que revêtent ces actes (humour, etc.), ils ne peuvent pas être tolérés ».

Les doyens « appellent le corps enseignant à redoubler de vigilance et à dénoncer au plus vite tout comportement répréhensible ». Elle appelle aussi les étudiants à « informer les autorités compétentes lorsqu’ils assistent à des agissements antisémites et racistes ».

« Il n’y a pas eu d’actes précis ces derniers jours (…) en revanche, nous avons observé des tags à la faculté de Créteil, à Lyon et à Grenoble, où le président de l’université était directement visé, a déclaré le président de la conférence, Jean Sibilia, au site spécialisé What’s up doc. Nous ne disposons d’aucun outil pour affirmer que ces faits sont en augmentation. Néanmoins, on sent monter, comme tout le monde, cette ambiance d’intolérance.»

« Une faculté de médecine – plus qu’une autre peut-être – doit défendre une certaine vision citoyenne et sociétale. S’il y a un endroit où l’on doit favoriser la cohésion sociale, c’est bien dans les amphis de la faculté, au sein d’une institution qui a une vocation humanitaire et sanitaire. Essayons de bien vivre ensemble et arrêtons de véhiculer cette agressivité et ces ondes négatives comme on le voit sur les réseaux sociaux. Il faut que l’on sorte de ça. Et si le monde académique ne diffuse pas ce message là, qui le portera ?

« La tolérance zéro c’est dénoncer ces actes et ne plus les subir. C’est libérer la parole. Dans toutes les facultés il y a désormais des commissions bien-être où le moindre fait, la moindre parole qui vient à l’encontre du vivre ensemble peuvent être signalés. Toute intolérance doit y être rapportée, et le sexisme et l’homophobie en font partie. Derrière, si nécessaire, la commission disciplinaire pourra être saisie. Et au-delà, les propos antisémites, racistes ou discriminants sont des faits punis par la loi. »

« Préparation d’un week-end d’intégration »

Le 8 février, un étudiant de l’université Paris-13 (Seine-Saint-Denis) a été exclu après la plainte d’une étudiante en médecine, qui accusait plusieurs étudiants d’avoir tenu des propos antisémites à son égard. L’étudiant a été sanctionné par la section disciplinaire de l’université pour « un an, dont deux mois ferme », a précisé Paris-13 dans un communiqué. Sept autres étudiants et étudiantes, également mis en cause dans cette affaire, ont été relaxés. Le Quotidien du Médecin (Stéphane Long) rappelle que la jeune fille, étudiante en deuxième année de médecine sur le campus de Bobigny, avait porté plainte en octobre 2018, assurant avoir fait l’objet de harcèlement à caractère antisémite de la part d’un groupe d’élèves, notamment lors de la préparation d’un week-end d’intégration.

Alertée, la présidence de l’université avait saisi la section disciplinaire, ainsi que le procureur. La ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal avait à l’époque dénoncé des faits « profondément inacceptables ».

En janvier, le parquet de Bobigny a classé sans suite la plainte de la jeune fille, pour « infraction insuffisamment caractérisée ». Son avocat, Me Antonin Péchard, avait alors dit au « Quotidien » avoir « déposé une plainte avec constitution de partie civile » pour tenter d’obtenir l’ouverture d’une enquête par un juge d’instruction.  Depuis octobre, cette situation a donné lieu « à un grand nombre de spéculations et déclarations publiques excessives ou prématurées et aux exagérations les plus violentes sur les réseaux sociaux », regrette l’université dans un communiqué. Elle appelle « la communauté universitaire dans son ensemble à redoubler d’efforts et d’actions concrètes, de même qu’à poursuivre un inlassable examen de conscience sur les questions de discrimination, de racisme et d’antisémitisme. »

Nous sommes en France et en février 2019. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, vient d’annoncer que le nombre des actes antisémites avait augmenté de 74 % en France entre 2017 et 2018 (passant de 311 à 541). Le ministre était en déplacement à Sainte-Geneviève-des-Bois, où deux arbres plantés en mémoire d’Ilan Halimi, jeune juif tué en 2006 par le « gang des barbares », venaient d’être retrouvés sciés à la base. Ils ont été replantés. Et La  Marseillaise fut chantée.

A demain

@jynau