Orwell à l’hôpital : Martin Hirsch a décidé que l’AP-HP serait de plus en plus vidéo-surveillée

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Surveiller pour pouvoir soigner, paradoxe de notre temps orwellien. Et, comme dans 1984, surveiller au mieux grâce aux techniques modernes, intelligentes. 2018 : à Paris, Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP annonce un passage à la vitesse supérieure concernant la vidéosurveillance dans ce gigantesque ensemble hospitalier :  « 40 % de caméras supplémentaires, soit plus de 1 500 au total, installées d’ici à trois ans, là où les équipes estiment en avoir besoin ». L’annonce vient d’en être faite dans une interview publiée mardi 15 mai dans Le Parisien.

Officiellement cette décision fait suite à une « interpellation », en janvier dernier, du directeur général, par des soignants excédés par des actes de violence commis au sein même de l’hôpital. Pour Martin Hirsch l’hôpital est certes « par définition, un lieu en tension et de tensions »  et le meilleur « reflet de la société », pour autant cette même société ne peut tolérer que la violence s’y invite, qu’elle « impacte » les équipes et les patients. « Depuis quelques années, il est à la mode de se focaliser sur la religion dans les hôpitaux alors que l’incivilité y est un problème bien plus important » estime-t-il.

Dès lors, que faire ? Tout, ou presque. « On ne s’interdit plus de nouveaux moyens de réponse, dit-il. Parmi eux, nous passons à la vitesse supérieure sur la vidéosurveillance. Il y a aura 40 % de caméras supplémentaires, soit plus de 1 500 au total, installées d’ici à trois ans, là où les équipes estiment en avoir besoin. Cela représente un important investissement de 30 millions d’euros (…). Necker, Henri-Mondor, l’Hôpital européen Georges-Pompidou… la plupart des établissements sont concernés. »

La Pitié-Salpêtrière versus le Vatican

Il y aura même, une première, une vidéosurveillance installée dans un service de réanimation : celui de l’hôpital Tout sera visionné dans des postes de sécurité propres aux particularités de chaque établissement. Avec expérimentation, avant l’été, de la même « vidéosurveillance intelligente » que celle utilisée notamment dans les aéroports, capable de détecter des bagarres, des colis suspects mais aussi des chutes au sol ou des disparitions de patients…

Tout cela, bien sûr, ne sera pas suffisant. C’est pourquoi la direction de l’AP-HP « encourage au signalement de tout événement indésirable » et « accompagne les équipes lorsqu’elles déposent plainte ». « Il ne faut rien laisser passer, prévient Martin Hirsch.  Les affiches contre les incivilités vont être multipliées. Mais nous travaillons également sur notre propre comportement et sur un meilleur accueil du malade et de sa famille. »

Que l’on se rassure : personne, à commencer par le directeur général, « ne souhaite que l’hôpital devienne un bunker ». Pour autant son ouverture ne peut se faire à n’importe quel prix. Il doit être un lieu ouvert et en même temps, un lieu sûr.

Pour finir cette comparaison, étrangement religieuse, du directeur général de l’AP-HP. « Dans un hôpital comme la Pitié-Salpêtrière, plus grand que le Vatican, ce sera quatre-vingt caméras de plus ». Le Vatican ? Combien de caméras ?

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SAMU : déchaînements sur les réseaux sociaux ; Agnès Buzyn veut rassurer les Français

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L’affaire du SAMU de Sreasbourg connaît de nouveaux développements. Après les déclarations de l’opératrice ayant répondu à Naomi Musenga déclarant être victime de « lynchage sur la place publique »  trois opératrices du même SAMU sont la cible de différentes formes de harcèlements haineux.

« Un compte Twitter anonyme, connu pour diffuser de nombreuses fausses informations, a mis en ligne, jeudi 10 mai, deux tweets publiant l’identité de trois opératrices salariées de l’hôpital de Strasbourg qui se seraient moquées de Naomi Musenga, rapporte Le Monde (Anne-Sophie Faivre Le Cadre). Noms, prénoms, adresses postales, numéros de téléphone… mais aussi photographies non floutées des enfants de l’une d’entre elles : toutes les coordonnées des femmes désignées par le compte Twitter ont été livrées en pâture sur les réseaux sociaux aux internautes. Des milliers de commentaires haineux et insultants ont été associés aux noms des trois opératrices citées par les tweets. »

Les trois femmes visées par les tweets (partagés des milliers de fois) sont bien des opératrices du SAMU. Mais aucune d’entre elles n’est celle qui avait répondu à Naomi Musenga le 29 décembre 2017 — une information confirmée tant par l’hôpital de Strasbourg que par la gendarmerie locale. « J’ai reçu des milliers de messages privés me traitant de facho, souhaitant que je meure, que je souffre », se plaint, effrayée, l’une des trois femmes.

« Craignant pour sa vie, Céline, dont des photos de famille ont été dévoilées sur Twitter, a dû déménager en urgence et déscolariser ses enfants, explique Le Monde. Au téléphone, Sylvie, qui a subi le même traitement, pleure en évoquant ses deux heures de sommeil par nuit, ses réveils en larmes, la frayeur qui la tenaille. De son côté, son mari craint pour sa sécurité lorsqu’elle sort seule. »

Silence de la direction du CHU

Et ces trois victimes dénoncent l’immobilisme de la direction du CHU de Strasbourg qui, en dépit de ses promesses, n’a toujours pas publié de communiqué pour innocenter ses trois employées.  Malgré d’innombrables signalements, dont certains émanant de la police ou de la gendarmerie, le compte malveillant est resté actif jusqu’à dimanche 13 mai, avant d’être enfin désactivé.

Agnès Buzyn a-t-elle été informée des ces nouveaux éléments ? Pour l’heure la ministre des Solidarités et de la Santé dit « vouloir tirer toutes les leçons des dysfonctionnements révélés par le décès de Mme Musenga ».

« A l’issue de la réunion de ce jour [14 mai] avec les organisations professionnelles et syndicales de médecins urgentistes, trois décisions ont été prises conjointement : compléter et actualiser toutes les procédures de traitement des appels au 15, renforcer et homogénéiser les formations des personnels qui traitent les appels ainsi que des médecins régulateurs, garantir que tous les services SAMU sont engagés dans une démarche qualité ».

On ajoute, auprès de Mme Buzyn, que la mission « flash » de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) demandée par la ministre vient (seulement) de commencer. Ses conclusions, attendues d’ici le début juin, « seront rendues publiques ». « Nos citoyens peuvent avoir confiance dans le système d’urgence », a répété la ministre, au sortir de la réunion, devant une vingtaine de journalistes serrés autour d’elle.

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Scandale au SAMU : l’opératrice parle et dit être « lynchée sur la place publique »

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Jamais un échange téléphonique aussi bref (3’04) avait suscité aussi vite une telle indignation nationale : « Allo ne quittez pas le permanencier du samu 67 va vous répondre…. Allo ne quittez pas le permanencier du samu 67 va vous répondre… ». Abscence totale d’empathie (euphémisme) et, in fine, la mort de Naomie, 22 ans.

Depuis sa révélation, fin avril, par le lanceur d’alerte alsacien Heb’di la principale accusée, l’opératrice, restait silencieuse. Dimanche 13 mai, elle s’est exprimée dans un très bon reportage-enquête diffusé par M6 dans l’émission « 66 minutes ». Voir à partir de 30’. On y voit et entend Naomie chanter, ses proches pleurer. D’autres racontent les passions de cette jeune mère. Et l’on voit et entend, enfin, Thierry Hans, directeur du mensuel l’Heb’di («Accroche-toi » en alsacien, 15 000 exemplaires).

Puis on entend à nouveau l’enregistrement téléphonique. « Comme un diagnostic fait avant l’appel » dit, justement, Thierry Hans. Puis on entend, pour la première fois, l’opératice, une ancienne ambulancière (pendant vingt ans), opératrice depuis quatre ans. Par téléphone, elle confie vivre cloîtrée chez elle : « Moi je suis lynchée sur la place publique. » Avant d’ajouter : « Je pense que si les gens connaissaient mon visage et mon nom, je ne serais peut-être plus de ce monde aujourd’hui. » Elle précise que certains de ses collègues ont reçu « des menaces ». « Les équipes qui vont intervenir sur le terrain risquent aussi de se faire caillasser, ou ce genre de chose », s’inquiète l’opératrice.

Dans son échange avec la journaliste de M6, l’employée du Samu reconnaît une réponse « malvenue », mais assume avoir renvoyé Naomi vers SOS Médecins. Elle refuse de porter l’ensemble de la responsabilité de l’affaire. « Ça suffit de porter toujours le chapeau pour le système. On est sous pression en permanence. On travaille douze heures d’affilée – en tout cas à Strasboug. Ce sont des conditions de travail qui sont pénibles. Je peux rester deux ou trois heures accrochée à mon téléphone, parce que je n’ai pas le temps de me lever tellement ça déborde de partout. Quand on passe en procédure dégradée parce qu’il y a beaucoup plus d’appels que de monde censé les gérer, on n’y arrive pas ! »

Des propos formellement et tranquillement contestés par Christophe Gautier directeur général des Hospices civils de Strasbourg. Une seule hypothèse selon lui : « une faute individuelle ». Trois enquêtes sont en cours.

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« L’atteinte sexuelle avec pénétration » va-t-elle être jugée comme un simple délit ?

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Les temps, en France, sont aux tribunes, aux pétitions, aux polémiques médiatisées. On peut voir là une conséquence de l’extinction progressive, réelle ou fantasmée, des contre-pouvoirs – extinction programmée dans l’ombre de l’omniprésence du chef de l’Etat. La dernière polémique en date est, de ce point de vue, symptomatique et riche d’enseignement : plus de deux cent cinquante personnalités (dont l’actrice Karin Viard et la militante féministe Caroline De Haas) viennent de lancer un appel à Emmanuel Macron pour que ce dernier pèse de tout son poids jupitérien sur le pouvoir législatif.

En pratique il s’agit de demander au président de la République de retirer l’article 2 du projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, porté par Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes – et, en même temps, militante féministe. Officiellement ce projet de loi est présenté comme « le fruit d’un long travail de concertation ayant pour ambition d’améliorer la répression de ces violences, dont les femmes et les enfants sont encore aujourd’hui trop massivement victimes ».

Après plusieurs affaires récentes (où des fillettes avaient été considérées comme sexuellement consentantes par la justice) l’article prévoit de « renforcer la répression des infractions sexuelles sur mineurs ». Toutefois les signataires – militants d’associations, médecins, sages-femmes, universitaires -estiment que l’effet produit sera, paradoxalement, l’inverse de l’objectif affiché.

Extraits de l’appel :

« L’article 2 du projet de loi sur les violences sexuelles change la loi. Votre gouvernement crée un nouveau délit, c’est “l’atteinte sexuelle avec pénétration”. Vous avez bien lu. “Atteinte sexuelle avec pénétration”. On parle donc d’un viol. Pour votre gouvernement, ce n’est pas un crime, c’est un délit.

« Monsieur le Président, nous avons été bouleversés par le “verdict de Pontoise », qui avait requalifié en atteinte sexuelle et non jugé comme viol une relation sexuelle entre Sarah, 11 ans et un homme de 28 ans au prétexte que la relation sexuelle aurait eu lieu « sans violence, ni contrainte, ni menace, ni surprise ». Sarah tétanisée, avait simplement suivi le violeur.  Puis ce fut le tour de Justine, dont le violeur avait été acquitté faute de pouvoir prouver, encore une fois, que Justine n’était pas consentants. Puis de Susie, puis d’autres…

« Les procès qui requalifient des viols sur mineur.e.s en “atteinte sexuelle” sont courants. C’est justement ce type de jugement que nous voulions empêcher. Le gouvernement a choisi l’option inverse. Il valide le verdict de Pontoise. C’est une régression inacceptable pour la protection des enfants. Monsieur le Président, demain, combien de Sarah, de Justine, de Susie verront le viol qu’elles ont subi qualifié “d’atteinte sexuelle” ?

« Monsieur le Président, nous vous demandons de supprimer cet article du projet de loi : il minimise la gravité du viol, il ouvre la voie à une déqualification massive des viols de mineur.e.s, il met en danger les enfants. Monsieur le Président, vous ne pouvez pas faire du viol un délit. Supprimez l’article 2. »

 Ce projet de loi est examiné les 14 et 15 mai, en première lecture, par l’Assemblée nationale. Où l’on verra s’il faut, désormais en France, s’adresser directement au président de la République pour modifier le texte d’une proposition de loi.

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Emmanuel Macron donnera-t-il son feu vert pour épargner entre 300 et 400 vies chaque année?

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Lundi 14 mai, journée de grève annoncée comme « noire » sur l’ensemble des rails de France. Et publication, dans Le Monde d’une tribune percutante. Un texte signé par un collectif rassemblant les anciens délégués interministériels à la sécurité routière 1 ayant exercé entre 1972 et 2015. Un texte de « santé publique » et de « réduction des risques » visant à peser sur le président de la République. Un texte qui n’est pas sans faire songer à tous ceux que le quotidien vespéral a publié, dans les années 1980 et 1990, signés alors par un groupe des « cinq sages » emmenés par le redoutable Pr Claude Got.

Aujourd’hui les dix signataires rappellent, à juste titre, que la sécurité routière est souvent citée comme un modèle de politique publique : reposant sur des connaissances scientifiques, elle aura permis, depuis 1972 (où près de 50 personnes étaient tuées chaque jour sur nos routes), d’éviter que 400 000 personnes soient tuées et que 4 millions deviennent impotentes, estropiées, incontinentes, paralysées, brûlées, cérébro-lésées ou aveugles dans les quelques dixièmes de secondes d’un accident de la route.

« Depuis 1954, près de 850 000 personnes ont été tuées sur nos routes, et environ 8 500 000 gravement blessées, mais cette cause a progressé pas à pas, écrivent-ils. Quand des femmes et des hommes politiques courageux, de tous bords politiques, ont pris les décisions qu’au nom de la science et de la connaissance, et avec l’aide d’associations de victimes, nous leur avons proposées à tour de rôle : limitations de vitesse, taux d’alcoolémie maximal autorisé pour conduire, obligation du port de la ceinture de sécurité, du casque pour les motards, permis à points, installation de radars automatiques, etc. »

Libertés individuelles

Or toutes ces décisions, ou presque, ont été critiquées, vilipendées, attaquées, avec les mêmes arguments invoquant une atteinte à la liberté individuelle. Des polémiques souvent violentes qui ne sont pas sans rappeler celles, actuelles, sur la liberté de pouvoir disposer d’armes à feu.

« La décision de baisser la vitesse maximale à 80 kilomètres/heure sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central s’inscrit totalement dans cette lignée de grandes décisions, expliquent les auteurs de la tribune du Monde. C’est d’abord une mesure guidée par la réalité des faits et attestée par la science. Près de 500 cas d’abaissement de la vitesse moyenne dans le monde occidental ont été étudiés et analysés par des scientifiques. Ils ont démontré qu’en baissant de 1 % la vitesse moyenne pratiquée sur une route, on diminue mécaniquement de 4,6 % le nombre des tués (…) Elle conforte les données qui ont conduit les accidentologues du Conseil national de la sécurité routière à préconiser une mesure qui permettra d’épargner tous les ans entre 300 et 400 vies et de réduire notablement le nombre des blessés graves. »

Pour ces dix spécialistes l’affaire est éminemment politique. Et tous connaissent ici le poids et les lourdeurs du pouvoir exécutif. Les dix soutiennent clairement, haut et fort, la décision du Premier ministre Edouard Philippe qui veut cette réduction à 80 kilomètres/heure. Une décision qui, selon eux, « va dans le sens de l’histoire de la Sécurité routière », c’est-à-dire « d’une belle réussite collective ». Et ce alors même que l’Elysée laisse entendre qu’Emmanuel Macron, fort inquiet de la montée des multiples oppositions sur le sujet, hésiterait encore à soutenir pleinement son chef de gouvernement.

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1 Christian Gerondeau, Pierre Mayet, Pierre Denizet, Jean-Michel Bérard, Isabelle Massin, Rémy Heitz, Cécile Petit, Michèle Merli, Jean-Luc Nevache, Jean-Robert Lopez, anciens délégués interministériels à la sécurité routière entre 1972 (année de création de la fonction) et 2015.

 

Viol à l’hôpital américain de Neuilly : une malade accuse un infirmier de nuit déjà condamné

 

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« Ce fut longtemps l’hôpital des stars, raconte Europe 1 en cette fête de l’Ascension. Johnny Hallyday, Alain Delon, Serge Gainsbourg ou encore Jacques Chirac y ont été soignés. Aujourd’hui, l’hôpital américain de Neuilly se retrouve au cœur d’une affaire de viol sur une patiente par un employé de l’établissement. »

Les faits remontent au mois de février mais ils viennent seulement d’être révélés par Le Parisien. La victime, une femme de 32 ans, aurait été violée durant son séjour par un infirmier, 49 ans déjà condamné pour agression sexuelle. « La patiente, admise depuis trois jours à l’hôpital américain de Neuilly pour de lourds problèmes de santé, a vu dans la soirée du 4 février l’infirmier de garde lui apporter ses médicaments. Puis elle s’est endormie. Ensuite, les souvenirs sont confus, rapporte Le Parisien (Valérie Mahaut). Elle a l’impression de sentir les mains de l’homme sur elle mais, assommée par les médicaments, elle est incapable de réagir. Le lendemain, elle doute et ressent des douleurs mais son médecin lui garantit que le traitement ne provoque pas d’hallucination. C’est alors qu’elle découvre sur son portable ce mystérieux SMS : « désolé ma belle ». »

Direction ignorante 

Cette femme informera l’hôpital à sa sortie, le 8 février, avant de porter plainte, trois jours plus tard. Tout alors va très vite. La police identifie rapidement l’infirmier de garde, un homme de 49 ans – qui nie les faits. Ce dernier a été mis en examen, écroué et licencié par l’hôpital a déclaré la direction de l’établissement à Europe 1.

Affaire bien complexe : embauché en 2004 il avait été condamné en 2012 à « quelques mois de prison avec sursis » et une mise à l’épreuve pour agression sur une personne vulnérable. De ce fait il était, depuis, inscrit au Fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais). Interrogée, la direction du prestigieux hôpital assure qu’elle ignorait le passé judiciaire de son employé.

Arrêté chez lui à Rueil-Malmaison, le suspect nie le viol. Selon son récit, il faut comprendre de son message envoyé à la patiente – « désolé ma belle » – qu’il repousse justement les avances de celle-ci. « Mais il y a des traces de sperme et les échantillons sont en cours d’analyse », confie un proche du dossier.

Mais encore ? « Lorsque l’hôpital a eu connaissance des accusations extrêmement graves portées à l’encontre d’un de ses salariés et de l’enquête de police, il a immédiatement mis à pied à titre conservatoire le salarié mis en cause, puis a procédé à son licenciement », fait savoir, aujourd’hui, le porte-parole de l’hôpital des stars.

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Agnès Buzyn tacle violemment Marisol Touraine avec le soutien d’Emmanuel Macron

 

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26 avril 2018 : Agnès Buzyn invitée matinale de France Culture (Guillaume Erner). Eléments de langage et tacle politique appuyé. « Le médecin Agnès Buzyn a démontré qu’elle avait acquis les codes inhérents à sa nouvelle activité de ministre de la Santé » observe avec justesse Le Quotidien du Médecin (Elsa Bellanger). Interrogée sur son « sentiment » après une année passée avenue de Ségur – ainsi que sur la violence du monde politique, elle dit, simplement,  s’inscrire dans sa « réalité nouvelle ».

Des violences ? « Je viens d’un milieu, l’hôpital, qui est aussi assez violent (…). Le monde politique a ses codes et il faut les connaître. Un des codes, c’est de ne jamais montrer de faiblesses. C’est  la joute verbale. Il faut aimer l’art oratoire […]. Pour la ministre que je suis, je trouve que c’est très intéressant. C’est un challenge. » Contre qui ? On ne le saura pas.

« Au cours de ce long entretien, la ministre a surtout illustré sa bonne intégration du monde politique en chargeant le bilan de son prédécesseur, Marisol Touraine, ministre inoxydable de 2012 à 2017, peu appréciée de la profession, rappelle Le Quotidien. Agnès Buzyn a pris ses distances avec la politique menée par l’ex-députée socialiste. Elle a ainsi qualifié la réforme du tiers payant d’« assez brutale, assez idéologique et pour laquelle techniquement rien n’était prêt ».

« Nous avons été obligés de revenir sur ce tiers payant généralisé alors qu’il y a des personnes qui renoncent aux soins parce qu’ils ne peuvent pas faire l’avance de frais. Nous devons faire en sorte que certaines populations ou certaines activités bénéficient du tiers payant, mais ça ne peut pas être obligatoire pour tout le monde. »

Tacler : « Action de s’emparer du ballon des pieds de son adversaire en bloquant le ballon avec le pied ou en effectuant une glissade avec un ou deux pieds en avant ».

Ministre de l’humain

La locataire de Ségur a par ailleurs affirmé être « extrêmement écoutée aujourd’hui par le président de la République », pour lequel elle n’a cessé de tresser des couronnes de lauriers expliquant qu’il « marche sur deux pieds ».  N’assumant pas (sans toutefois le renier complètement) le terme de « caution de gauche » d’Emmanuel Macron elle a déclaré : « Mon ministère, par essence, c’est le ministère de la protection, c’est le ministère de l’humain. Je m’occupe des solidarités, de la santé. Ça ne peut pas être autrement. »

Aucune annonce sur France Culture ; mais que de cautions données : sur le cannabis (produit « extrêmement dangereux » mais dont la future « amende forfaitaire » permettra une « prise de conscience » ) ; sur l’alcool et le vin (aucun conflit, aucun, avec Emmanuel Macron… rires). Qu’on se le dise : la ministre n’est pas « une ayatollah » du vin.

Et, toujours, cette manière de botter en touche en faisant semblant de ne rien comprendre à ce qu’est l’addiction :    « J’ai une conception très claire de ce que doit être la santé publique : c’est donner à tout le monde des messages compréhensibles, une information transparente qui permettent à chacun de faire les choix qu’il souhaite pour sa santé. »

En somme : « je vous informe – vous choisissez ». C’est politiquement habile et, en même temps, éthiquement  et médicalement, un peu court.

A demain