Marisol Touraine: menacée d’exclusion du Parti socialiste elle devient une candidate satellite

 

Bonjour

C’est le Dr Philipe Chalumeau, responsable macronien d’Indre-et-Loire, qui a eu la formule. Selon lui Marisol Touraine est désormais « considérée comme une candidate satellite ». Entendre en orbite autour du cœur du réacteur de La République en marche. C’est le dernier épisode d’un thriller politique dont on commence à pressentir l’épilogue.

Aujourd’hui c’est Le Figaro qui prend le relais de Libération :  « Législatives : le «double jeu» de Marisol Touraine soulève une fronde au PS ». « La campagne législative avait bien commencé pour Marisol Touraine. La candidate du PS dans la 3e circonscription d’Indre-et-Loire a été épargnée par le parti d’Emmanuel Macron qui n’a pas investi de candidat face à elle, rappelle le quotidien de droite.  Mais elle est aujourd’hui lâchée par ses propres troupes après la publication d’affiches de campagne où elle s’inscrit sous la bannière de la «majorité présidentielle», sans le logo de son parti qui l’a pourtant investie. »

La fédération PS d’Indre-et-Loire réclame désormais l’exclusion de l’ancienne ministre de François Hollande. Pour Francis Gérard, premier secrétaire du PS en Indre-et-Loire Marisol Touraine « a abandonné l’étiquette socialiste en se mettant totalement à la remorque de Macron.» Elle joue « un double jeu en bravant le vote des militants socialistes qui l’avaient désignée, et qui ne se sentent pas représentés par cet opportunisme électoraliste», estime-t-il. A Paris, La République en marche n’a pas de prise de position officielle – mais selon Libération on trouve que les manières de l’ancienne ministre sont « discutables ».

Le beurre et son argent

En écho le médiatique voisin Laurent Baumel député PS (frondeur) «approuve» l’appel d’une soixantaine de militants et de cadres socialistes à voter contre Marisol Touraine et à lui préférer les autres candidats «fidèles aux valeurs de gauche et de l’écologie».  « Si j’avais été dans sa circonscription j’aurais été candidat contre elle, à partir du moment où il y a cette duplicité consistant à ne pas rompre avec le PS officiellement, à réussir à ne pas avoir de candidat La République en marche investi face à elle, puis à se présenter au dernier moment comme une “candidate Macron”, explique Laurent Baumel au Figaro. C’est le beurre et l’argent du beurre, au profit d’un seul objectif : la réélection personnelle. » D’autres voient là une insupportable entourloupe.

Selon la direction du PS, le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis a rappelé à l’ordre personnellement Marisol Touraine, par téléphone, pour souligner l’importance de la solidarité collective. L’intéressée dément et minore la fronde dont elle fait l’objet : « Je n’ai absolument pas eu de rappel à l’ordre de la part de Jean-Christophe Cambadélis, les choses se passent très tranquillement», explique au Figaro l’’ancienne ministre. « Je fais campagne pour Emmanuel Macron, pour que des hommes et des femmes de gauche siègent à l’Assemblée nationale. »

A-t-elle pris, cette fois, le bon chemin ?

A demain

 

Post-vérité politique : Marisol Touraine, in fine, vient de larguer ses amarres socialistes

 

Bonjour

Vaut-il  mieux tard que jamais ? Ministre de la Santé Marisol Touraine s’était bien gardée de soutenir un candidat pendant la campagne présidentielle. Pas Jean-Luc Mélenchon, bien sûr. Mais aucun soutien au camarade Benoît Hamon. Et le brouillard entretenu sur d’éventuelles tractations avec Emmanuel Macron. Tractations d’autant plus pressantes que les sondages évoluaient. Puis un appel à voter utile à la veille du second tour.

Pour autant la ministre (depuis cinq ans) de François Hollande avait fait valoir ses droits: elle avait été investie par le vieux Parti socialiste pour les élections législatives dans la 3ème circonscription d’Indre-et-Loire. Gardez-moi de mes amis… Nouvelles tractations souterraines avec le camp triomphant d’En marche ! Et, finalement, libération de la voie menant au « fief « du donjon de Loches : depuis Paris les généraux macroniens retiraient toute forme d’opposition, au grand dam de la soldatesque locale.

22 mai 2017. In fine l’ancienne ministre a désormais choisi son camp: une croix définitive sur son ancien parti moribond et les bras grands ouverts à un nouvel avenir politique sous une nouvelle bannière. Les affiches sont là où Marisol Touraine s’affiche ouvertement « candidate de la majorité présidentielle avec Emmanuel Macron ». Et des tracts revisités qui ne mentionnent plus nul logo, trace ni couleur du PS !

« Je veux m’engager pour que le quinquennat à venir réussisse, lira-t-on dans sa lettre de candidature où le PS est là aussi absent. Pour cela, dès juin prochain, il faut que le président dispose d’une majorité. Sans cela, la France sera livrée au blocage ou à l’instabilité qui feraient le lit de l’extrémisme. La France ne peut se permettre de retomber dans les jeux d’appareil. Il nous faut donc être utile au président de la République. C’est le sens de ma candidature à l’élection législative des 11 et 18 juin prochains. Il n’y a que deux positions : être dans la majorité ou dans l’opposition, il n’existe pas d’autre option. Je serai dans la majorité. »

La candidate de Loches prend soin de souligner qu’elle n’oublie pas d’où elle vient, la gauche réformiste. L’un de ses grands prêtres avait jadis coutume de dire (après le Cardinal de Retz) que l’on ne sort qu’à son détriment des brouillards de l’ambiguïté.

A demain

Post-vérité : fin prématurée de la lune de miel entre le président Macron et les journalistes

 

Bonjour

Sous la courtoisie-velours, le fer. Après les sourires pour sa conquête, la franche brutalité de l’exercice du pouvoir. Nous reproduisons ici la lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, président de la République française ; lettre ouverte que vient de rendre publique un groupe de représentants et de responsables de différents médias ; lettre ouverte peu banale qui, après une lune de miel sans précédent, augure assez mal de la suite des événements.

« Vous effectuez demain votre premier déplacement de chef d’Etat au Mali. Avant votre décollage, nous souhaitons vous transmettre nos inquiétudes quant à l’organisation de la communication présidentielle qui est en train de se mettre en place depuis votre entrée en fonction.

« Pour des raisons de place ou de sécurité, nous comprenons la nécessité de constituer des pools de journalistes – parfois, et à condition que toutes les rédactions y aient accès selon un roulement établi. En revanche, il n’appartient en aucun cas à l’Elysée de choisir ceux d’entre nous qui ont le droit ou non de couvrir un déplacement, quel qu’en soit le thème (défense, diplomatie, économie, éducation, social…).

« Ce n’est pas au président de la République, ou à ses services, de décider du fonctionnement interne des rédactions, du choix de leurs traitements et de leurs regards. Ce choix relève des directions des rédactions et des journalistes qui la composent, qu’ils soient permanents ou pigistes, JRI ou reporters, photographes ou dessinateurs. Aucun de vos prédécesseurs ne s’est prêté à ce genre de système, au nom du respect de la liberté de la presse. Alors que la défiance pèse de plus en plus sur l’information, choisir celui ou celle qui rendra compte de vos déplacements ajoute à la confusion entre communication et journalisme, et nuit à la démocratie.»

Qui couvrira la visite d’Etat du président de la République française au Mali ?

A demain

1 Premiers signataires : les sociétés des journalistes de l’AFP, BFM TV, Europe 1Le Figaro, France Info, France InterLibération, M6MediapartLe MondeLe ParisienLe Point, RFI, RMCTélérama, TF1. Jean-Philippe Baille, directeur de la rédaction de RTL ; Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières ;  Guillaume Dubois, directeur de L’Express ; Johan Hufnagel, directeur des éditions de Libération ; Luc Bronner, directeur de la rédaction du Monde.

Bébés et post-vérité : le trop d’écrans responsable de graves troubles du développement

Bonjour

Qui, dans le nouveau gouvernement « Edouard Philippe I » aura lu l’enquête fort intéressante publiée dans Le Figaro (Agnès Leclair). Qui aura vu la vidéo essentielle qui l’accompagne ? C’est l’une de ces enquêtes qui font encore parfois le sel de la presse écrite, imprimée sur papier ou sur écran. C’est aussi un sujet majeur pratiquement absent de la sphère politique et sanitaire : un sujet qui aurait passionné Aldous Huxley : « l’explosion des troubles chez les tout-petits surexposés aux écrans ».

« La plupart des enfants qui me sont adressés passent au moins six heures par jour devant des écrans. Certains n’arrivent pas à parler, à encastrer trois cubes ou à tenir leur crayon » explique au Figaro le Dr Anne-Lise Ducanda, médecin de la PMI de l’Essonne. Elle parle aussi d’« enfant-écran », de retards de développement, de troubles de la relation, du langage et du comportement. Le Dr Ducanda lance, calmement, pédagogiquement, une alerte essentielle. Elle vient, à l’attention des pouvoirs publics et des parents de réaliser une vidéo essentielle et alarmante – une vidéo à partager, à diffuser dans laquelle cette spécialiste fait le lien avec les « troubles du spectre autistique » et les « troubles envahissant du développement ». Voici cette vidéo : « Les écrans : un danger pour les enfants de 0 à 4 ans ».

Ecoutons encore le Dr Ducanda :

« En 2003, 35 enfants en difficulté m’étaient signalés par les écoles sur 1.000 élèves de maternelle en petite et moyenne section de l’Essonne. Depuis un an et demi, on m’en a déjà signalé 210 en grande difficulté. Toutes les semaines, je suis sollicitée pour de nouveaux cas. À force d’en voir, j’ai fini par faire le lien avec leur consommation d’écrans. Et je ne parle pas d’enfants qui regardent la télévision une heure par jour ! La plupart de ceux qui me sont adressés passent au moins six heures par jour devant des écrans. Les troubles sont plus graves qu’il y a 15 ans et disparaissent dans la majorité des cas quand les parents arrivent à “déconnecter” leurs enfants.»

Enfants sauvages

Que penser de l’avenir de ces bébés qui grandissent à l’ombre des chaînes d’info en continu dans des foyers où la télévision reste allumée toute la journée ?  De ces nourrissons biberonnés à la comptine sur smartphone, des bambins qui ont appris à télécharger une vidéo avant de savoir faire une phrase ? Y aurait-il un biais de recrutement dans la région de Viry-Châtillon ? « La PMI est fréquentée par des enfants « issus de familles lambda, mais aussi de milieux plus défavorisés » précise le Dr Ducanda. Et encore :

 « L’écran , c’est la tétine d’aujourd’hui. Pourquoi les parents se passeraient des écrans pour “calmer” leur enfant alors que personne ne les a mis en garde ? Ils sont rassurés, car leurs enfants ne regardent que des programmes qui leur sont destinés ou des petites applications dites “éducatives” pour apprendre les couleurs ou l’anglais. Ils s’émerveillent de leur habileté et pensent que plus tôt on initie les bébés aux outils numériques, mieux ils seront armés pour le futur. »

Le Figaro explique que, déjà, de nombreux professionnels de la petite enfance ont contacté ce médecin pour évoquer leurs propres observations. Comme l’orthophoniste Carole Vanhoutte (Villejuif, Val-de-Marne) :

« Depuis quelques années, je vois des enfants dès l’âge de 3 ans avec moins d’une dizaine de mots à leur vocabulaire, raconte cette orthophoniste, cofondatrice de l’association Joue, pense, parle. Récemment, il y a eu un nouveau glissement avec l’arrivée de petits dès l’âge de 2 ans et demi qui ne sont pas du tout dans la communication. Ils se comportent comme des enfants un peu “sauvages”, dans leur bulle, comme s’ils n’avaient pas eu l’habitude d’être en relation avec une autre personne ».

 Nicolas Hulot, Agnes Buzyn et Mounir Mahjoubi

Le parallèle avec l’autisme n’a pas manqué de susciter de vives réactions. « Ces constats n’ont pas la même valeur que des études épidémiologiques. Ce médecin de PMI est en contact avec une fraction de la population qui n’est pas forcément représentative et en tire des conclusions générales, a déclaré au Figaro Franck Ramus, directeur de recherches au CNRS au sein du laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistiques. Il ne faut pas oublier qu’une très forte exposition aux écrans est corrélée au niveau socio-économique des familles. Il faut aussi prendre en compte les conditions de vie, la manière dont parents et enfants interagissent. Quel est l’impact spécifique des écrans sur le développement ? C’est une question à laquelle il n’est pas si facile de répondre. »

Certes. Qui y répondra ? Le Dr Ducanda souhaite le lancement de nouvelles études scientifiques qui pourraient valider sa piste d’un lien entre l’augmentation du nombre d’enfants diagnostiqués victimes de troubles du spectre autistique et l’omniprésence des écrans. Voilà un bien beau sujet politique et écologique. Pour Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé,  Mounir Mahjoubi jeune secrétaire d’État chargé du numérique dans le gouvernement Édouard Philippe. Nicolas Hulot, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire. Sans oublier le président de la République.

A demain

Marisol Touraine ou la stratégie du coucou qui s’entêterait à porter deux casquettes

 

Bonjour

Les aiguilles tournent, la polémique enfle, le piège se referme. En écho à Manuel Valls souffrant le martyr dans sa bonne ville d’Evry, Marisol Touraine fait, à Loches, l’expérience clinique du dynamitage macronien. L’ancien Premier ministre avait renié sa parole pour se précipiter (trop tard) chez Emmanuel Macron. L’ancienne ministre de la Santé se refuse obstinément à choisir un camp, entend porter deux casquettes, se place délibérément dans une position intenable. « Candidate à sa succession en Lochois, elle adopterait la stratégie du coucou : s’installer dans le nid chaud et douillet d’un autre oiseau, explique La Nouvelle République (Olivier Pouvreau). L’ex-ministre veut bien du drapeau tout nouveau tout beau ‘’majorité présidentielle’’ tout en restant au PS. Et cela, les ‘’En Marche !’’ n’en veulent pas. »

Manuel Valls ne peut cacher ce qu’il a aujourd’hui sur le cœur. « Je suis extrêmement lucide sur Macron et son équipe, vient-il de déclarer au Journal du Dimanche dans le salon privé d’un hôtel du 8ème arrondissement de Paris. Hollande est méchant, mais dans un cadre. Macron, lui, est méchant, mais il n’a pas de codes, donc pas de limites. » Marisol Touraine n’est jamais allée aussi loin dans les confidences assassines. Aujourd’hui elle avoue avoir été « bluffée » par un homme qu’elle n’avait pas vu venir. Il y a quelques semaines la ministre parlait d’un véritable « hold-up » politique. Désormais elle salue « la performance » et « l’intelligence tactique » du président de la République.

Swinguer, un mot terriblement daté

Cette évolution dans l’analyse est-elle entendue et appréciée à Paris ? Dans le Lochois c’est peu dire qu’elle passe mal. Jusqu’aux proches de l’ancienne ministre qui disent désormais publiquement qu’elle doit choisir entre le PS et La République en marche. « Marisol Touraine godille et joue la montre pour deux raisons : elle aurait promis de participer à la refondation du PS, et elle n’aurait pas d’atomes crochus avec Emmanuel Macron, fait valoir La Nouvelle République. Son ex-collègue de gouvernement l’avait d’ailleurs renvoyée dans les cordes en avril dernier, lui signifiant qu’il ne la reprendrait pas comme ministre.  Aujourd’hui, en Lochois, il y a une véritable levée de boucliers contre le positionnement et même la personne de l’ex-ministre, qui incarne aussi le bilan Hollande. »

L’ancienne ministre ne semble pas avoir saisi que le « consensus » ne peut plus être ce qu’il fut 1. Que l’on ne peut plus être encartée au PS et membre de la majorité présidentielle. Que certaines phrases sont devenues inaudibles.  Comme lorsqu’elle se présente comme une « refondatrice d’une gauche réformiste et sociale-démocrate qui a sa part à prendre dans la majorité présidentielle » (sic). Pense-t-elle comme un Manuel Valls « immodeste », que l’on a encore besoin d’elle ? On peut le postuler quand on connaît la puissance de l’addiction au pouvoir politique. Mais dès lors comment ne comprend-elle pas que pour avoir une chance de retrouver son « fief » de Loches elle doit aller à Canossa 2 ?

« Je le dis sans ambages ni ambiguïté, je souhaite le succès du nouveau président de la République. Et j’inscris clairement ma candidature dans le cadre d’une majorité présidentielle, avait-elle soudain déclaré à la veille du second tour de l’élection présidentielle. Je suis socialiste, ou sociale-démocrate. Comme vous voulez : aujourd’hui, les mots swinguent un peu. » Marisol Touraine sait-elle que swinguer est, déjà, terriblement daté ?

A demain

1 Sur ce thème on se reportera avec le plus grand intérêt à « L’Illusion du consensus » de Chantal Mouffe (traduction de Pauline Colonna d’Istria) Editions Albin Michel. Ou comment, en démocratie, « s’opposer sans se massacrer ».

2 En référence à la pénitence d’Henri IV du Saint-Empire, l’expression « aller à Canossa » désigne le fait de céder complètement devant quelqu’un, d’aller s’humilier devant son ennemi. L’expression a notamment été employée par Bismarck dans le cadre du Kulturkampf, après que le pape Pie IX ait refusé d’accréditer un ambassadeur allemand, en proclamant le 14 mai 1872 devant le Reichstag : « nous n’irons pas à Canossa ! ».

L’Académie nationale de médecine vent debout contre le « syndrome de l’éolienne »

 

Bonjour

Comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Depuis sa rue Bonaparte voici que l’Académie nationale de médecine tonne et prend officiellement position dans une affaire donquichottesque où l’on ne l’attendait guère : les éoliennes terrestres. Avec un rapport (sans conflits d’intérêts) adopté à la quasi-unanimité :  92 voix pour, 1 voix contre et 4 abstentions. Le tout sous l’autorité du Pr Claude-Henri Chouard.              

L’intérêt académique tient à l’extension programmée de la filière éolienne terrestre et au nombre croissant de plaintes de la part d’associations de riverains que cette extension soulève. Avec un cortège de troubles fonctionnels réalisant ce qu’il est convenu d’appeler le « syndrome de l’éolienne ». Quel est l’impact sanitaire réel de cette nouvelle technologie verte ? Est-il possible de proposer des recommandations raisonnables susceptibles d’en diminuer la portée éventuelle ?

Qualité de vie

Une quasi-certitude : l’éolien terrestre ne semble pas induire directement des pathologies organiques. Pour autant il affecte au travers de ses nuisances sonores et surtout visuelles la qualité de vie d’une partie des riverains.

« Syndrome de l’éolienne » ? L’Académie range les symptômes en généraux : troubles du sommeil, fatigue, nausées, etc. ; neurologiques : céphalées, acouphènes, troubles de l’équilibre, vertiges, etc. ; psychologiques (stress, dépression, irritabilité, anxiété, difficultés de concentration, troubles de la mémoire, etc.) ; endocriniens (perturbation de la sécrétion d’hormones stéroïdes, etc.) ; cardio-vasculaires (hypertension artérielle, maladies cardiaques ischémiques, tachycardie, etc.) ; socio-comportementaux (perte d’intérêt pour autrui, agressivité, baisse des performances professionnelles, accidents et arrêts de travail, déménagement, dépréciation immobilière, etc.).

Et l’Académie d’observer que ces symptômes ne semblent guère spécifiques. Au point que l’on pourrait selon elle parler ici  d’ « Intolérances Environnementales Idiopathiques ». Nous sommes là, dans la très grande majorité des cas, face à des manifestations de type subjectif, fonctionnel « ayant pour point commun les notions de stress, de gêne, de contrariété, de fatigue… ». Force est d’autre part de constater qu’elles ne concernent qu’une partie des riverains, « ce qui soulève le problème des susceptibilités individuelles, quelle qu’en soit l’origine ».

Souffrance existentielle

L’analyse de la littérature médicale et scientifique (plus d’une soixantaine d’articles ont été publiés à ce jour sur les effets sanitaires des éoliennes) ne permet pas de démontrer que celles-ci retentissent significativement sur la santé. En d’autres termes, aucune maladie ni infirmité ne semble pouvoir être imputée à leur fonctionnement. Il faut dès lors demander l’aide de l’OMS et sa définition extensive de la santé (« un état de complet bien-être physique, mental et social ») pour pouvoir avancer.

« Dans cette acception, force est d’admettre que le syndrome des éoliennes, quelque subjectifs qu’en soient les symptômes, traduit une souffrance existentielle, voire une détresse psychologique, bref une atteinte de la qualité de vie qui, toutefois, ne concerne qu’une partie des riverains » écrit l’Académie. Sur cette base elle formule quelques recommandations de bon aloi. L’une d’elle, toutefois, pourrait ruiner toutes les autres. Elle consisterait à « n’autoriser l’implantation de nouvelles éoliennes que dans des zones ayant fait l’objet d’un consensus de la population concernée quant à leur impact visuel ».

Comment obtient-on, sur un tel sujet un consensus de la population ? Depuis sa rue Bonaparte, à deux pas du Louvre, l’Académie ne nous le dit pas.

A demain

 

L’histoire véridique du maire qui sucre le RSA de ses concitoyens alcooliques

 

Bonjour

C’est dans le beau département de l’Oise que l’on trouve la gentille bourgade de Pont-Sainte-Maxence. Nous sommes à cinquante kilomètres de Paris mais, déjà, dans les Hauts de France. L’Homme est ici depuis la Préhistoire. Des fouilles archéologiques ont mis au jour l’existence d’un site néolithique, des nécropoles et des zones agricoles. Aujourd’hui le calme de la cité (13 000 habitants) est gravement troublé par « une demi-douzaine de personnes qui s’alcoolisent dans le centre-ville ».

Le maire de Pont Sainte-Maxence s’appelle Arnaud Dumontier. Il tient un blog et est étiqueté « Les Républicains ». Forte personnalité. « C’est une sorte de Rudolph Giuliani picard, du nom du maire de New York qui fit, avec un certain succès, de la tolérance zéro l’alpha et l’oméga de sa politique de lutte contre la criminalité » dit de lui Le Courrier Picard.  M. Dumontier aime l’ordre, la propreté et son centre-ville. En janvier dernier il avait, avec le député voisin Eric Woerth, lancé une opération médiatisée pour y déloger « la racaille » et les drogués. Lui vivant, on ne verrait pas Pablo Escobar s’installer sur les berges de l’Oise.

Picoler ou s’insérer

Aujourd’hui M. Dumontier va plus loin comme le rapportent Le Parisien et Ouest-France. Pour lutter contre les bénéficiaires du RSA qui s’alcoolisent dans les rues de sa ville il a choisi de les dénoncer aux services du département chargés d’attribuer l’allocation. Opération réussie, sans karcher : le premier vient de se voir retirer 80% de son RSA pendant trois mois.

Il s’agit pour M. Dumontier de « nettoyer les rues des ivrognes ».  « Toucher l’aide de l’État pour la picoler, est intolérable » dit le maire. Il a été entendu par l’Etat. Les services concernés assurent qu’il ne s’agit pas d’une « sanction contre l’alcoolisme de l’allocataire » mais d’un signal pour « le non-respect des obligations en matière d’insertion ». « S’alcooliser n’est pas une clause de sanction. L’obligation d’insertion en est une. Elle est d’ailleurs stipulée par le contrat que le bénéficiaire du RSA signe », expliquent les services de l’Etat.

Bottes républicaines

M. Dumontier n’est pas seul dans son combat. Le département de l’Oise affirme recevoir« de nombreux signalements et des dénonciations anonymes »qui conduisent à mener des enquêtes et à statuer sur certains cas lors de commissions disciplinaires. Mais M. Dumontier n’a pas que des amis. En témoignent les quarante-neuf mains courantes à son encontre, pour la plupart déposées par des associations de solidarité.

Pour l’heure, droit dans ses bottes politiques, M. Dumontier continue son combat pour la propreté radicale de son centre-ville. Il adressera d’autres courriers au département et continuera sa campagne de « dissuasion ».  « Je suis le maire de ceux qui se lèvent tôt, affirme-t-il. Ces derniers sont venus me dire qu’ils en ont marre de payer des impôts pour ces indésirables ivrognes. »​​​​​​​

Il faut savoir gré à M. Dumontier. Dans la période de grande confusion idéologique que nous traversons ce sont de tels maires qui nous rappellent que la jungle n’est jamais loin du centre de nos villes. La jungle, la peur, la méchanceté et son cortèges d’absurdité.

A demain