Epidémie hémorragique : Ebola menace à nouveau la République démocratique du Congo   

 

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Même cause virale, mêmes effets médiatiques. Et pour l’heure désintérêt occidental quant à cette nouvelle menace épidémique, menace naissante au cœur de l’Afrique. La République démocratique du Congo (RDC)  est à nouveau confrontée au virus Ebola. Officiellement, déjà, dix-sept morts dans la province de l’Equateur, au nord-ouest de cet immense pays.  « Vingt et un cas de fièvre avec des signes hémorragiques et dix-sept décès » – soit un taux de létalité de 80 % – ont été notifiés au ministère républicain congolais qui parle d’ « une urgence de santé publique de portée internationale ».

 La ré-émergence du mal viral épidémique a été identifiée dans une zone de forêt équatoriale, frontalière du Congo-Brazzaville et située à environ 600 km au nord-ouest de Kinshasa. Une équipe du ministère de la Santé, (soutenue par l’OMS et par Médecins sans frontières) s’est rendue sur zone, dans la ville de Bikoro. Cette ré-émergence épidémique en RDC est la neuvième depuis la découverte du virus Ebola sur son sol, en 1976. La dernière datait de 2017. On se souvient encore, en France, des frayeurs nées de la vague épidémique – une vague qui (de fin 2013 et 2016) fit plus de 11 000 morts sur 29 000 cas recensés en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

« Une réaction rapide et coordonnée des pouvoirs publics et la mobilisation scientifique internationale seront essentiels pour contenir cette épidémie souligne d’ores et déjà l’Institut de recherche pour le développement (IRD). La coopération scientifique franco-congolaise est déjà mobilisée, et va pouvoir s’appuyer sur les actions de préparation aux épidémies et de formation des équipes locales sur le virus, comme sur la qualité de la collaboration scientifique mise en place entre pays africains. » Même cause, mêmes effets ?

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Actualités du 1er mai: le sang contaminé, le prix du muguet, le moustique-tigre en liberté

Bonjour

1er mai. La France, fragrances lilas et glycines. Sur leurs moquettes, climatisées, les hauts fonctionnaires sanitaires français. Trop en faire, au nom de la « santé publique » ? Ne pas en faire assez, au risque d’être bientôt accusé, voire condamné ? Vieille histoire qui en France, débuta avec la relecture des trois affaires du sang contaminé 1.

Résurgence d’actualité : nos autorités nous appellent à la vigilance vis-à-vis de cet étranger radicalisé qu’est le « moustique-tigre ». Un méchant insecte, vecteur (notamment) du chikungunya, de la dengue et du zika. Un apatride désormais présent dans 42 départements de métropole.

Ce chiffre « a doublé ces deux dernières années », vient d’alerter le gouvernement. La capacité de ce « moustique-tigre » à transmettre des pathologies infectieuses « en fait une cible de surveillance prioritaire durant sa période d’activité en métropole du 1er mai au 30 novembre, précise, en première ligne, la Direction Générale de la Santé (DGS). Cette surveillance vise à la fois à ralentir la progression de l’implantation de l’insecte et à limiter le risque d’importation et de circulation des virus pathogène dont il peut être le vecteur. »

Eaux stagnantes de France

Ralentir l’activité moustiquale ? Possible ? Aura-ce un effet ? On peut l’espérer. Depuis ses bureaux parisiens climatisés la DGS rappelle l’importance de faire une croix sur les eaux stagnantes de France : enlever les soucoupes des pots de fleurs (ou les remplir de sable), changer l’eau de ses vases plusieurs fois par semaine, mettre à l’abri de la pluie tout objet pouvant se remplir d’eau. Le citoyen français entendra. Et ce d’autant que lui tendent les bras un portail en ligne (www.signalement-moustique.fr) et une application mobile, IMoustique (disponible sur l’AppStore sans oublier Google Play).

Trop en faire ? Ne pas en faire assez ? La DGS rappelle que onze cas autochtones de dengue ont été signalés dans le département de l’Hérault en 2014, sept cas autochtones de dengue dans le Gard en 2015 et dix-sept cas autochtones de chikungunya dans le Var en 2017. Combien à venir durant l’été qui vient ?

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1 Sujet qui, étrangement, retrouve aujourd’hui une nouvelle actualité en Grande Bretagne comme nous l’apprend la BBC 

 

 

Epidémie de rougeole : Agnès Buzyn va-t-elle obliger les soignants à se faire vacciner ?

 

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L’épidémie française ne cesse de progresser : bientôt 2000 cas depuis novembre dernier et une accélération ces dernières semaines. Que faire ? La Direction générale de la santé l’a demandé au Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Et ce dernier vient de répondre.

Constat : En France, des cas ont été déclarés dans la quasi-totalité des régions. Aucun département aujourd’hui indemne de rougeole n’est à l’abri d’une extension de la circulation virale dans un avenir proche, car la couverture vaccinale rougeole (CV) requise pour interrompre la circulation du virus (de 95% à 2 ans pour les deux doses de vaccin) n’est actuellement atteinte nulle part sur le territoire national. Cette situation épidémique est retrouvée dans plusieurs autres pays européens (Roumanie, Italie, Grèce, Allemagne) avec 14 600 cas notifiés en 2017.

Sans surprise, la majorité des cas a été observée chez des personnes non ou insuffisamment vaccinées (87% des cas, dont 74% non vaccinées et 13% vaccinées avec une seule dose). Le HCSP rappelle que la France est engagée depuis 2005 dans le Plan stratégique mondial de l’OMS visant à éliminer la rougeole et la rubéole. Cet objectif a été repoussé à 2020. Il nécessite que la CV en population générale soit supérieure à 95% avec deux doses pour les enfants de moins de 2 ans (une première dose à 12 mois et une seconde dose entre 16 et 18 mois) et ce dans chaque département. A ce jour, cet objectif n’est pas atteint. En outre, la CV insuffisante dans la population générale « a permis l’accumulation d’une poche de sujets réceptifs dont le nombre est estimé à plus d’un million ».

Vérifier le statut vaccinal des soignants

Qu’en est-il de la vaccination chez les soignants ? « Il n’existe pas d’étude récente permettant d’évaluer leur CV actuelle vis-à-vis de la rougeole ; les données disponibles (étude Vaxisoin, 2009) montraient une CV contre la rougeole (au moins une dose) insuffisante chez les professionnels de santé sans antécédents connus de rougeole (médecins : 46%, sage femmes : 70% et infirmières : 56%). C’est une situation qui facilite la survenue de foyers nosocomiaux dans les établissements de soins. »

Parmi ces nouvelles recommandations, le HCSP demande que les établissements de santé et médico-sociaux prennent « toutes les mesures nécessaires pour vérifier et mettre à jour dans les meilleurs délais le statut vaccinal des professionnels de santé vis-à-vis de la rougeole selon les recommandations en vigueur ».

Mais il suggère aussi une évolution des textes en vigueur concernant la vaccination des professionnels au contact de populations vulnérables (en particulier les personnels de santé). De même, le législateur devrait selon lui prévoir l’éviction de « personnes contacts » n’ayant pas fait la preuve de leur immunisation, en particulier dans les collectivités de jeunes enfants et en milieu scolaire.

Enfin, le HCSP recommande une stratégie de communication forte et réactive auprès des professionnels et de la population générale. On attend, sur tous ces points, les décisions d’Agnès Buzyn. Tout en mettant en œuvre une politique drastique d’obligations vaccinales chez les jeunes enfants la ministre s’était, cet hiver, refusée à contraindre les soignants à se faire vacciner contre la grippe. En sera-t-il de même contre une rougeole  devenue épidémique ?

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Mourir grippé et vacciné : voici les premières données chiffrées de l’hiver 2017-2018

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Un siècle après celle de 18-19 qui emporta, dit-on, un Guillaume Appolinaire mort pour la France. Canicule printanière. 19 avril 2018 : Santé Publique France (ex-INVS) vient de dévoiler son premier bilan chiffré définitif de la grippe 17-18. Soit 13 000 décès prématurés :

« De la semaine 49-2017 à la semaine 12-2018 : excès de mortalité toutes causes et tous âges confondus estimé à 17 800 décès dont 13 000 attribuables à la grippe »

 Où l’on apprend, en ce début de printemps, que depuis le 1er novembre 2017, 2 889 cas graves de grippe ont été signalés. Que l’âge moyen des cas est de 60 ans. Que la majorité (81%) d’entre eux présentait des facteurs de risque et que dans 55% des cas (pour lesquels le statut vaccinal était renseigné) les sujets n’étaient pas vaccinés. Parmi les cas admis en réanimation, 482 sont décédés : 6 étaient âgés de moins de 5 ans, 4 de 5 à 14 ans, 176 de 15 à 64 ans et 296 de 65 ans et plus.

L’efficacité vaccinale ? Les résultats préliminaires du « Réseau Sentinelles » indiquent une efficacité de 54% [95% IC: 29-70] chez les personnes de 65 ans et plus contre tous les virus grippaux. Elle est estimée à 75% [95% IC: 48-88] contre le virus A(H1N1)pdm09 et à 54% [95% IC: 24-72] contre les virus de type B/Yamagata. Les spécialistes apprécieront.

En milieu hospitalier une étude (dite « FLUVAC ») permet de mesurer l’efficacité du vaccin à éviter une forme sévère de grippe conduisant à une hospitalisation chez les adultes. Les données préliminaires indiquent une efficacité vaccinale chez les adultes contre l’hospitalisation pour grippe de 11% [95% IC: -19-45] quel que soit le virus. Elle est estimée à 31% [95% IC: -13-58] contre les virus de type A et à 6% [95% IC: -55-43] contre les virus de type B. Même remarque quant à l’appréciation.

 Le Monde décodant (Baptiste Decharme) rappelle qu’au cours de l’histoire humaine, certaines souches virale grippales ont provoqué « des millions de morts [prématurées] ». « La célèbre grippe espagnole aurait ainsi fait 200 000 morts en France en 1918-1919, et, selon les dernières estimations, jusqu’à 100 millions de morts dans le monde − soit bien plus que le conflit mondial qui l’a précédée, ajoute les jeunes décodeurs du dernier quotidien vespéral de la capitale. Plus proche de nous, la grippe de ‘’ Hong-Kong’’ a provoqué le décès d’environ 32 000 personnes en France, en 1968-1969. »

Ainsi donc Le Monde est, comme toujours, parfait. Mais « venons-en aux faits » : qui, aujourd’hui en France, se souvient encore de l’hiver suivant cette révolution des pavés – une révolution qui donna au quotidien de la rue des Italiens un essor mérité autant qu’inespéré ?

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« Vus du foie », les propos d’Agnès Buzyn sur les services d’hépatologie ne passent pas

 

Bonjour

Dos à la Tour Eiffel illuminée, Emmanuel Macron n’est pas tombé dans le piège de l’hépatite C. Avait-il in extremis été conseillé par la Santé ? Une curieuse histoire initiée par Agnès Buzyn qui en est aujourd’hui l’arroseuse arrosée.

Rappel : lors d’un entretien accordé à Libération, Agnès Buzyn tenait à expliquer comment on pouvait désormais en France « économiser » des lits hospitaliers. Elle avait alors trouvé judicieux de prendre en exemple les services d’hépatologie :

Agnès Buzyn : « Il y a des secteurs hospitaliers qui sont en surchauffe comme les urgences, mais il y a aussi des services en sous-activité. Regardez en hépatologie, on soigne et on guérit des hépatites avec des médicaments sans hospitaliser les malades ; il y a donc des lits qui devraient basculer.»

Puis la ministre repris cette image de la vacuité des services d’hépaologie. Nous demandâmes alors ce qu’en pensaient les premiers concernés. Réponse de Patrick Favrel, contributeur du rapport de recommandations 2014 sur la prise en charge des personnes infectées par les virus des hépatites B ou C.

« Pour un scoop c’en est un ! Même au temps du seul Interféron, les patients atteints d’une hépatite C n’étaient pas hospitalisés. Sur les 8 000 à 12 000 traitements en bi-thérapie idem. Pour les anti-protéases de 1ère génération (bocéprévir/télaprévir) accumulant les effets secondaires et le recours à l’EPO et les culots de sang, au pire, on était en ambulatoire.

« Alors d’où vient cette fable qui d’ailleurs ne peut s’appuyer sur aucune donnée épistémologique fiable & récente ? On ne connaît même pas le nombre exact de cancer du foie (natif or not, ni le nombre de décès).
Elle reposerait sur les patient.e.s avec cirrhose décompensée, cancer du foie, ascite, encéphalopathie qui sont arrivé.e.s en soins intensifs parce que dépisté.e.s plus que tard et les transplantations.

Près de 80 000 personnes sont malades chroniques du VHC sans le savoir. Et ce n’est pas avec les budgets débloqués pour le dépistage, les TROD & le matériel de prévention de RDR pour les usagers injecteurs & crackers que les choses vont s’arranger. »

Trouver d’autres lits à « basculer »

Les propos de la ministre de la Santé Agnès Buzyn ont également été particulièrement mal reçus par les hépatologues français, réunis à Paris le 11 avril à l’ouverture du congrès international du foie (International Liver Congress 2018). Le secrétaire général de l’Association Française pour l’Etude du Foie (AFEF), le Pr Christophe Bureau (service d’hépato-gastroentérologie au CHU de Toulouse), cité par Le Quotidien du Médecin  :

 « Les patients hospitalisés ne sont pas des patients atteints d’hépatite C. Les données PMSI sont invariables depuis une dizaine d’années : la majorité des patients hospitalisés dans les services d’hépato-gastroentérologie sont des patients avec une cirrhose nutritionnelle décompensée, c’est-à-dire des patients avec des consommations d’alcool mais aussi des facteurs de risque métabolique. »

Pour le Pr Bureau, l’hépatite C est un motif de consultation et non d’hospitalisation, et l’élimination virale espérée pour 2025 ne devrait pas impacter les taux d’hospitalisation pour des motifs tels que les hémorragies digestives par rupture de varices œsophagiennes ou les cirrhoses alcooliques.

« Si on supprime des lits, ces patients-là devront être traités ailleurs, en hématologie par exemple, car il faudra de toute façon les hospitaliser. Les malades souffrant de cirrhoses nous arrivent en urgence et restent une dizaine de jours, on n’est pas dans une démarche de savoir si on peut faire une opération en ambulatoire. On les garde parfois un peu longtemps car on a des problèmes d’aval, mais ce flux de patient reste constant car nous n’avons pas en France une politique forte de réduction des risques. »

En avoir le cœur net ? L’AFEF prépare un document qui reprendra les chiffres actuels des motifs d’admission en hospitalisation. Sans doute Agnès Buzyn devra-t-elle alors cherche ailleurs des lits à « basculer ».

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Rougeole : qui sera accusé de n’avoir pas agi quand l’épidémie sera bel et bien là ?   

Bonjour

Près d’un millier de cas déclarés en quatre mois avec, depuis peu, une nette accélération. Et, déjà,  la perspective d’une lente vague épidémique du type de celle observée entre 2008 et 2012 (au moins 24 500 cas, 1 500 pneumonies graves, 35 encéphalites, 20 décès).  Après l’émergence du phénomène en Nouvelle-Aquitaine les autorités sanitaires nationales – à commencer par la Direction Générale de la Santé (DGS) – commencent à s’alarmer. D’où une conférence de presse organisée le 14 mars.

 « Plus de 90 % des 913 cas sont apparus en 2018 ; il y a eu une accélération ces trois dernières semaines, avec près de 46 % d’augmentation des cas par rapport à l’incidence de début novembre », a expliqué à la presse le Dr Daniel Levy-Bruhl, responsable de l’unité « Infections respiratoires et vaccination » (Santé publique France). Fin 2017, le virus ne sévissait qu’en Nouvelle-Aquitaine ou presque. Aujourd’hui 59 départements sont touchés, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Bretagne, et dans les Pays de la Loire.

Fait notable (et bien trop mal connu du grand public) ce sont les nourrissons de moins d’un an qui sont en première ligne. « Ils ne peuvent pas être vaccinés ; ils paient le prix du défaut de vaccination de leur environnement », explique le Dr Levy-Bruhl. Viennent ensuite les 1-4 ans – reflet d’une insuffisance de vaccination dans cette tranche d’âge. Ensuite les jeunes adultes (de 15 à 30 ans) – insuffisance du rattrapage vaccinal.

Cette situation met en lumière les failles vaccinales à l’échelon national. Des failles dont on commence à mesurer les conséquences mais dont personne ,pour l’heure, ne cherche à cerner les causes 1.  Pourquoi ? Qui établira, ici, la hiérarchie des responsabilités officielles ? Et comment expliquer, sur ce sujet, le silence actuel des leaders de l’opposition systématique (ou presque) à toute forme d’immunisation ?

Comme un incendie

Pour l’heure les autorités sanitaires appellent les professionnels de santé à se vacciner (l’obligation ne semble pas à l’étude), à vérifier systématiquement le statut vaccinal du patient âgé d’au moins 12 mois, et né après 1980 et à signaler tout cas à l’Agence Régionale de Santé sans attendre la confirmation biologique du cas, afin d’identifier au plus vite les personnes contacts. Qui entend ces autorités ? Quels sont leur relais ?

« Plus largement, la DGS invite l’ensemble de la population, en particulier les populations à risque, l’entourage des plus fragiles (femmes enceintes et avec un projet de grossesse, nourrissons de moins d’un an, les immunodéprimés), et les personnes nées après 1980, à vérifier son statut vaccinal, explique Le Quotidien du Médecin. Pour ce faire, ‘’ il suffit de consulter son carnet de santé, ou en cas de doute, son médecin traitant’’, indique le Pr Jérôme Salomon, nouveau DGS.

« Une épidémie, c’est comme un incendie, il faut se mobiliser quand on a encore les moyens de le faire», ajoute-t-il. L’Agence nationale de sécurité du médicament est en lien étroit avec les laboratoires et le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens pour garantir la disponibilité des vaccins.» C’est heureux. Les autorités sanitaires estiment que plus d’un million de personnes en France sont aujourd’hui susceptibles de contracter une rougeole si elles sont en contact avec un malade ou une personne contagieuse. Or la couverture vaccinale nationale est passée en dessous du seuil permettant d’interrompre la circulation du virus dans la population française.

«Aucun département n’atteint la couverture de 95 %, déplore le Pr Salomon, cité par Le Figaro. C’est l’objectif à atteindre pour maîtriser cette épidémie. » La couverture est même inférieure à 70 % dans certains départements (Hautes-Alpes, Ariège, Aude, Aveyron, Gers, Jura, Lot et Orne) et n’atteint que 87,8 % à Paris. «Toutes les régions sont touchées mais tous les départements ne le sont pas, a commenté le Dr Lévy-Bruhl. J’espère ne pas devoir dire “pas encore”.» Que se passera-t-il, alors ? Et après ?

A demain

1 Sur ce thème : « Rougeole : la désinformation sur le vaccin terreau de l’épidémie à venir » de notre confrère Jean-Daniel Flaysakier.

Rougeole : l’épidémie n’a pas été arrêtée à Poitiers. La Touraine d’ores et déjà touchée

Bonjour

Depuis le 1er novembre 2017, 387 cas de rougeole ayant entraîné 1 décès et 83 hospitalisations, dont 6 en services de réanimation, ont été déclarés en France. Plusieurs foyers épidémiques ont été identifiés, principalement en Nouvelle-Aquitaine, chez des personnes n’ayant pas été vaccinées. Afin de limiter le risque de propagation de l’épidémie, la Direction générale de la Santé et Santé publique France rappellent que la vaccination est le moyen le plus efficace de se protéger contre la rougeole.

Entre 2008 et 2017, 33 cas d’encéphalite et 20 décès suite à une rougeole ont été recensés en France. Agnès Buzyn (sur France Inter ce matin) et la Direction générale de la Santé invitent désormais ouvertement « toutes les personnes non vaccinées ou qui auraient des doutes concernant leur statut vaccinal à consulter dès à présent leur médecin traitant pour une éventuelle mise à jour de leurs vaccinations ».

Se mettre à jour

Et dans tous les milieux de soins, les professionnels de santé dont les antécédents de vaccination ou de rougeole sont incertains, sont également invités à mettre à jour leur vaccination pour éviter la propagation de cette maladie et protéger les patients les plus fragiles. On ajoutera les recommandations de commission technique des vaccinations de la Haute Autorité de Santé : vacciner toutes les personnes âgées de plus de 6 mois, ayant été en contact avec un malade atteint de la rougeole – et ce dans les 72 heures qui suivent le contact afin de prévenir le risque de contagion.

Pour l’heure, au nord de la région la plus touchée, voici les derniers chiffres que vient de nous transmettre l’ARS Centre-Val de Loire : « nombre de signalements de rougeole (au 14 février 2018) : 18 signalements depuis le 1er janvier 2018 (13 en Indre-et-Loire, 4 en Eure-et-Loir et 1 dans le Loiret). Où l’on découvre que, dans cette région, la couverture vaccinale est bien en-dessous des objectifs sanitaires espérés.

A demain