Vives inquiétudes sur l’innocuité de Dengvaxia®, vaccin contre la dengue de Sanofi Pasteur

Bonjour

En juillet 2015 tout semblait parfait, ou presque : un vaccin contre la dengue avait été mis au point par Sanofi Pasteur.  Nous avons anticipé le développement industriel avant la fin des essais cliniques, expliquait-on chez Sanofi-Pasteur en 2013. C’est un pari et nous pensons que ce vaccin est la seule solution contre la dengue. Si nous avions attendu les résultats de la phase III, les doses n’auraient été commercialisables qu’en 2019, et non en 2015. » Les résultats de la phase III des essais cliniques du Dengvaxia® venaient d’être publiés. Et Sanofi-Pasteur était loin devant GlaxoSmithKline.

Marisol Touraine, alors ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes visitait le site de production lyonnais.  Elle était accompagnée du ministre de la Santé du Mexique, Mercedes Juan Lopez.  « Dans ces murs se façonne un formidable espoir pour des millions d’individus à travers le monde, devait déclarer Mme Touraine. Nous sommes animés par une ambition commune, celle de faire de la dengue la prochaine maladie évitable et plus largement d’agir pour la santé publique au niveau mondial. »

En décembre 2017, tout est nettement plus compliqué que prévu – nettement plus inquiétant aussi. Les Philippines viennent d’annoncer la suspension d’une vaste campagne de vaccination anti-dengue : le groupe français vient de faire savoir que le Dengvaxia®, déjà administré à des milliers d’enfants pourrait, dans certains cas non pas prévenir mais aggraver la maladie.

Utilisation déconseillée

 Sanofi Pasteur avait déconseillé l’utilisation de son vaccin chez les personnes n’ayant, au préalable, jamais été infectées – une question assez complexe d’immunogénicité. Dans un communiqué, l’OMS avait elle aussi recommandé en 2016 que le vaccin « Dengvaxia®  soit administré seulement aux personnes ayant déjà été infectées par la dengue ». L’inquiétude est réelle dans ce pays où plus de 733 000 Philippins ont été vaccinés contre le virus. Cela faire craindre que beaucoup d’entre eux puissent développer la forme la plus grave de cette maladie virale potentiellement mortelle. C’est ce que dit, à sa façon, The Independant.

Un groupe d’experts de l’OMS doit en outre se réunir dans deux semaines pour décider de la meilleure stratégie sanitaire  – voir le dernier communiqué de l’OMS sur le sujet. Pour l’heure la communication de Sanofi Pasteur témoigne de son embarras. . Le groupe affirme qu’une nouvelle étude avait confirmé les avantages du Dengvaxia® sur « ceux qui avaient eu une infection antérieure ». Mais il dit aussi que « pour ceux qui n’avaient pas été précédemment infectés (…), l’analyse a révélé qu’à plus long terme, davantage de cas de maladie grave pourraient survenir après la vaccination en cas d’infection à la dengue ».

Mise à jour

Le gouvernement philippin n’a reçu à ce jour aucun signalement de problèmes liés à Dengvaxia®. Il a également indiqué que ces nouvelles informations ne signifiaient pas que tous ceux qui n’ont jamais été infectés souffriraient de la forme plus grave de la dengue s’ils étaient vaccinés.

« Sanofi va demander aux autorités de santé de mettre à jour les informations communiquées aux médecins et aux patients concernant son vaccin contre la dengue, Dengvaxia, dans les pays où il est approuvé. Cette demande se fonde sur une nouvelle analyse des résultats à long terme des études cliniques du vaccin, qui ont montré des écarts de performance basés sur des antécédents d’infection par la dengue », indique un communiqué de la firme.

Concernant la France, le Haut Conseil à la santé publique (HCSP) avait formulé un avis défavorable à une utilisation anticipée de ce vaccin dans les départements français d’Amérique, à savoir la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane ainsi qu’à Mayotte et à la Réunion. Une forme de précaution.

A demain

 

Affaire Montagnier: faute de pouvoir l’exclure cent académiciens « ne le reconnaissent plus »

 

Bonjour

Trop c’est trop – et la réprobration enfle. Aujourd’hui c’est l’Académie des sciences qui rejoint les Académies nationales de médecine et de pharmacie dans leur condamnation des allégations théâtrales des Prs Joyeux et Montagnier relatives à des risques liés aux vaccins – allégations qui « sans fondements scientifiques ».

« Sachant qu’une exclusion est statutairement impossible, plus d’une centaine d’académiciens des sciences et de médecine 1 tiennent à exprimer publiquement leur refus de considérer Luc Montagnier comme un des leurs en demandant à leurs académies respectives d’adresser à leur confrère un ‘’ferme rappel à l’ordre’’ » explique-t-on à la presse.

Rappel à quel « ordre » ? Interrogé par La Croix mardi 14 novembre le Pr Montagnier avait annoncé son intention de publier prochainement un droit de réponse. « J’ai l’habitude des attaques de ces académiciens qui sont des bureaucrates à la retraite, fermés à toute innovation, ajoutait-il. J’ai les preuves scientifiques de ce que j’affirme ».

Ni le ministère de la santé, ni l’Institut Pasteur n’ont encore réagi publiquement aux déclarations du Pr Montagnier. Un silence gêné qui ne saurait, raisonnablement, durer.

A demain

1 Monique ADOLPHE, Raymond ARDAILLOU, Yves AGID, André AURENGO, J.-F. BACH, Emile BAULIEU, Hervé BAZIN, J.-Cl. BEANI, Pierre BEGUE, Jacques BELGHITI, Patrick BERCHE, Bernard BIOULAC, Daniel BONTOUX, H.-J. BOULOUIS, Philippe BOUTELIER, Gilles BOUVENOT, Gérard BREART, François BRICAIRE, Alexis BRICE, Jacques BRINGER, Pierre BRISSOT, Gérald BRONNER, Catherine BUFFET, Yves BUISSON, Emmanuel CABANIS, Jacques CAEN, J.-P. CAZENAVE, Claude CHASTEL, Dominique CHAUVAUD, Patrick CHOUTET, Daniel CHRISTMANN, Olivier CLARIS, Pascale COSSARD, Jean COSTENTIN, Pierre CORVOL, Patrick COUVREUR, Gilles CREPIN, Martin DANIS, Claudio Tadéu DANIEL-RIBEIRO, Antoine DANCHIN, Georges DAVID, Patrice DEBRE, Laurent DEGOS, François DENIS, Claude DREUX, J.-F. DUHAMEL, Alain FISCHER, Marc GIRARD, J.-P. GOULLE, Michel HAMON, J.-M. HASCOËT, Roger HENRION, Jules HOFFMANN, Claude HURIET, Claude JAFFIOL, Philippe JEANTEUR, Claudine JUNIEN, Yves JUILLET, Dominique KEROUEDAN, Philippe KOURILSKY, J.-P. LAPLACE, Géraud LASFARGUES, J.-M. LAUNAY, Yves LE BOUC, Yvon LEBRANCHU, Axel LE CESNE, François LEGENT, Guy LEVERGER, Yves LEVI, Daniel LOISANCE, Michel MALAFOSSE, Laurent MANDELBROT, F. X. MAQUART, J.-F. MATTEI, Bernard MEUNIER, J.-L. MICHAUX, F-Bernard MICHEL, Jacques MILLIEZ, J.-L. MONTASTRUC, Driss MOUSSAOUI, J.-P. NICOLAS, Bernard NORDLINGER, Gérard ORTH, Pierre PENE, Hubert PIGUET, P.-F. PLOUIN, Patrice QUENEAU, R.QUIRION, Michel REY, François RODHAIN, J.-B. RICCO, Dominique RICHARD-LENOBLE, Christine ROUZIOUX, Bernard SALLE, Hélène SANCHO-GARNIER, Nadir SAOUDI, Ph. SANSONETTI, Alfred SPIRA, Maxime SCHWARTZ, Bernard SWYNGHEDAUW, Yvan TOUITOU, Richard TREVES, A.-J. VALLERON, Jean-Didier VINCENT, Paul VERT, Richard VILLET.

 

Vaccins « mortels » : l’Académie de médecine va-t-elle oser sermonner le Pr Montagnier ?

 

Bonjour

L’abcès grossit et la dérive est qualifiée de «pathétique». Au lendemain de la prestation théâtrale anti-vaccinale du Pr Luc Montagnier une voix officielle s’est élevée : le Pr Marc Gentilini, membre de l’Académie de médecine cité par Le Quotidien du Médecin. L’ancien patron charismatique du service des maladies infectieuses de La Pitié Salpêtrière connaît bien le Pr Montagnier : c’est dans son service que fut prélevé le ganglion d’un patient à partir duquel le Pr Luc Montagnier et son équipe purent isoler le virus de cette maladie qui ne s’appelait pas encore le sida. Nous étions alors en 1983. En 2008 le Pr Montagnier était nobélisé. Il n’a, depuis, cessé d’élargir le champ de ses interventions sans craindre de rompre avec le socle du rationnel. Marc Gentilini :

« Qu’un Prix Nobel de médecine, pasteurien de surcroît, tienne des propos volontairement ambigus et alarmistes sur la vaccination, sujet qui sort de son domaine, est inacceptable. C’est une dérive pathétique (…)  Le Prix Nobel lui a été décerné pour un fait précis, l’isolement du virus du sida dans un ganglion qu’on lui a apporté. Cela lui permet de parler du VIH, mais ce Prix Nobel ne l’autorise pas à dire n’importe quoi sur n’importe quel sujet. »

On sait que Luc Montagnier entend « alerter sur la mort subite du nourrisson ». « C’est quelque chose d’épouvantable, la cause est inconnue, mais il existe des faits scientifiques, montrant qu’un grand nombre de ces morts intervient après une vaccination affirme-t-il. On ne peut pas démontrer une causalité, mais il y a une relation temporelle. »

Savoir être sérieux

Le Pr Montagnier évoque aussi une « corrélation temporelle » entre vaccination contre hépatite B et sclérose en plaque. Il va jusqu’à remettre en cause le bien-fondé du retrait du Lancet  des travaux plus que controversés du britannique Andrew Wakefield sur le vaccin ROR et l’autisme. Marc Gentilini :

« Soyons sérieux, M. Montagnier un lien temporel sans relation de cause à effet établie, n’est pas un argument scientifique. Vous n’avez pas le droit avec le titre que vous portez, d’affoler impunément de jeunes parents dans un domaine dans lequel vous êtes incompétent ! (…) Les tréteaux du théâtre des Mathurins ne sont pas l’endroit idéal pour produire des arguments scientifiques. Des instances existent en France et dans le monde pour les exposer et en discuter (…) Je souhaite que l’Académie de médecine rappelle à l’ordre le Pr Montagnier, membre titulaire depuis 1989 dont les propos contredisent les prises de position et les messages qu’elle a toujours émis en faveur de la vaccination pour défendre et promouvoir la santé publique» 

«Dérive pathétique» ? Que va faire, dans sa sagesse, l’Académie nationale de médecine ? 1 Et que va faire Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé qui vient d’instaurer une obligation vaccinale aujourd’hui radicalement dénoncée, sans aucune preuve scientifique, par un prix Nobel de médecine ?

A demain

1 Scoop : on annonce une « réaction officielle » mardi 14 novembre réaction exprimée conjointement avec l’Académie de pharmacie à l’occasion de leur séance commune.

Vaccinations et mort du nourrisson : qui osera dénoncer les assertions du Pr Luc Montagnier ?

Bonjour

Revenons sur les plus qu’étranges déclarations du Pr Luc Montagnier sur la scène d’un théâtre parisien de variétés :

« Nous sommes ici pour lancer une alerte, à tout le pays, au monde. Je voudrais alerter sur la mort subite du nourrisson. C’est quelque chose d’épouvantable, la cause est inconnue, mais il existe des faits scientifiques, montrant qu’un grand nombre de ces morts intervient après une vaccination. On ne peut pas démontrer une causalité, mais il y a une relation temporelle. [Les vaccins avec un adjuvant aluminique] sont responsables d’une tempête immunitaire chez le nourrisson (…) Ce qui est en cause, c’est la vaccination de masse, cela doit disparaître (…). » (Libération)

Le Pr Montagnier évoque aussi, selon Le Quotidien du Médecin, une « corrélation temporelle » entre vaccination contre hépatite B et sclérose en plaque. Vieil air connu auquel le Nobel 2008 de médecine aimerait redonner du souffle.

Corrélations temporelles versus lien de causalité… Restons sur les vaccinations et la mort subite du nourrisson (MSN). Quel est la bibliographie sur le sujet ? Le rôle du vaccin coqueluche à germe entier dans la MSN fut autrefois suspecté mais non retenu. Une étude anglaise de grande ampleur (The UK accelerated immunization programme and sudden unexpected death in infancy: case–control study. Fleming P, Blair P S, Ward Platt M, Tripp J, Smith J, Golding J. (2001) BMJ, 322: 822–825) a été menée au Royaume-Uni  entre 1993 et 1996/

Protéger

Conclusions résumées : « Plus d’un tiers des morts subites inexpliquées sont survenues entre 2 et 4 mois, âges des vaccinations. Pour qu’il s’agisse plus que d’une coïncidence, il faudrait que la couverture vaccinale soit supérieure chez les enfants morts que chez les contrôles. Or, c’est le contraire qui a été constaté.  » En d’autres termes ces données suggèrent que non seulement la vaccination ne contribue pas au risque de mort subite mais qu’elle pourrait même protéger…

On connaît d’autre part les facteurs de risque de la MSN : le couchage sur le ventre ; tabagisme de la mère pendant la grossesse ; le partage du lit avec les parents ; l’hyperthermie (y compris celle provoquée par les couettes, peluches …) ; l’âge (2 -4 mois) et le sexe (plus de risque chez le garçon)

En France une enquête a été réalisée en 2007-2009 (« Les morts inattendues des nourrissons de moins de 2 ans – InVS »et n’a à aucun moment évoqué le rôle des vaccins.

S’informer

On peut aussi s’informer auprès du site de l’OMS : « Vaccination: 10 idées fausses à corriger « .

« Idée fausse n°3 : Le vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche et le vaccin contre la poliomyélite sont responsables du syndrome de mort subite du nourrisson. FAUX

« Il n’existe pas de lien de cause à effet entre l’administration de ces vaccins et la mort subite du nourrisson. Toutefois, ces vaccins sont administrés à un âge où les bébés peuvent être frappés par le syndrome de mort subite du nourrisson (MSN). En d’autres termes, les décès par MSN survenant après la vaccination sont une coïncidence et se seraient produits même si le nourrisson n’avait pas été vacciné. Il est important de ne pas oublier que ces quatre maladies sont potentiellement mortelles et que les nourrissons qui n’ont pas été protégés contre celles-ci par la vaccination courent un risque de décès ou d’incapacité grave. »

Statufier

L’OMS ajoute d’autre part que l’autisme n’est pas « causé par les vaccins » : « Il s’est avéré que l’étude de 1998 qui avait soulevé de nombreuses inquiétudes quant à la possibilité d’un lien entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) et l’autisme, comportait de graves irrégularités et la revue [The Lancet ndlr]qui avait publié cet article l’a ensuite retiré. Malheureusement, la publication de cet article avait semé un vent de panique et conduit à une chute des taux de vaccination puis, en conséquence, à des flambées des maladies visées. Aucune corrélation n’a pu être établie entre le vaccin ROR et l’autisme ou les troubles autistiques. »

Sur la scène de son théâtre de variétés, poursuivant son voyage vers l’irrationnel, le Pr Luc Montagnier a remis en cause le bien-fondé du retrait du Lancet  de ces travaux plus que controversés du britannique Andrew Wakefield sur le vaccin ROR et l’autisme. Le Quotidien du Médecin : « Et lorsque dans la salle Serge Rader, pharmacien militant anti-vaccin, proche de Michèle Rivasi mais aussi du Nicolas Dupont-Aignan, se lève pour estimer qu’une statue de Wakefield devrait siéger à côté de Pasteur, sa diatribe est applaudie ».

A demain

 

 

Rage : le petit garçon mordu il y a deux mois par un chiot au Sri Lanka n’a pas survécu

Bonjour

Le petit garçon de dix ans victime de la rage après avoir été mordu par un chiot au Sri Lanka est mort le 17 octobre à Lyon. Hormis quelques cas exceptionnels la rage est toujours mortelle une fois que les signes cliniques sont apparus : l’enfant avait présenté les premiers signes neurologiques le 1er octobre.

Originaire du Rhône, le garçon avait été mordu à la mi-août alors qu’il caressait un chiot sur une plage de Dikwella, dans le sud du Sri Lanka. Une morsure perçue comme « banale » et n’avait pas inquiété la famille. Partant l’enfant n’avait pas reçu de traitement prophylactique après exposition, ni sur place ni à son retour en France. Il n’avait été hospitalisé à Lyon que le 4 octobre et avait d’emblée été placé en réanimation – diagnostic de rage confirmé peu après.

Une soixantaine de personnes, membres de la famille de l’enfant, mais aussi des élèves et des personnels de son école, ont bénéficié d’une vaccination, dont la deuxième phase aura lieu ce 19 octobre selon l’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes.

Il n’y a plus eu de cas de rage autochtone chez l’homme en France métropolitaine depuis 1924. Les seuls cas officiellement répertoriés concernent des personnes ayant contracté l’infection à l’étranger : 23 précédents depuis 1970, le dernier remontant à 2014. Dans le monde la rage est toujours responsable de quelque 59.000 décès par an dans plus de 150 pays et territoires.  Pour les experts, seule la vaccination de masse des chiens permettrait d’envisager l’éradication de la maladie chez l’homme.

A demain

Rougeole : quand les personnes non vaccinées contaminent des enfants âgés de moins d’un an

 

Bonjour

Pas de commentaires sur les responsabilités considérables des nouveaux militants anti-vaccins. Seulement les derniers chiffres officiels de Santé Publique France concernant la rougeole.

Du 1er janvier au 31 juillet 2017, 387 cas ont été déclarés (pic épidémique au mois de mai, avec 113 cas déclarés). 154 cas (40%) ont dû être hospitalisés, dont deux cas d’encéphalite et 31 cas de pneumopathies sévères. Un cas est décédé : une jeune femme âgée de 16 ans, sans antécédents médicaux, non vaccinée, décédée dans un tableau de détresse respiratoire aiguë et de défaillance multiviscérale. Plusieurs foyers épidémiques ont été observés dans des crèches, des établissements scolaires, une université, la communauté des gens du voyage ainsi que des structures de soins, services d’urgences hospitalières donnant lieu à des cas nosocomiaux. Hormis deux foyers situés en Moselle et Alsace, la majorité de ces foyers a été observée dans la moitié sud de la France.

Les données montrent que l’âge médian des cas déclarés sur les douze derniers mois est de 13 ans (de un mois à 75 ans). Le taux d’incidence le plus élevé est observé chez les enfants de moins de 1 an, non ciblés par la vaccination et ne pouvant être protégés que si leur entourage est immunisé contre la maladie. « Ceci est très préoccupant car les complications (neurologiques ou pulmonaires notamment) sont plus fréquentes et sévères dans ce groupe d’âge ainsi que chez les jeunes adultes » souligne Santé Publique France.

Aucun département n’est plus à l’abri

On peut dire tout ceci autrement :  la France est toujours endémique vis-à-vis de l’infection rougeoleuse et n’est pas à l’abri d’une nouvelle épidémie d’ampleur importante. L’existence de cas déclarés dans la quasi-totalité des régions ne met pas les départements indemnes de rougeole aujourd’hui à l’abri d’une extension de la circulation virale dans un avenir proche. Et ceci est d’autant plus à craindre qu’aucun département n’atteint actuellement les 95% de couverture vaccinale à 2 ans pour les 2 doses de vaccin, taux requis pour permettre l’élimination de la maladie.

Conclusion : les cliniciens doivent vérifier systématiquement, et, le cas échéant mettre à jour, le statut vaccinal vis-à-vis de la rougeole  de toute personne âgée d’au moins 12 mois et née après 1980. Selon le calendrier vaccinal en vigueur, toutes ces personnes devraient avoir reçu deux doses de vaccin trivalent (rougeole-oreillons-rubéole). De plus, vis-à-vis de l’entourage proche d’un patient atteint de rougeole, la mise en œuvre des mesures de prophylaxie post-exposition (vaccination ou immunoglobulines polyvalentes) est essentielle.

Que doit faire le clinicien en cas d’opposition radicale au geste vaccinal ?

A demain

 

VIH-hépatites et thanatopraxie : le pouvoir exécutif confronté à une nouvelle polémique

Bonjour

Après des années d’atermoiements on tenait, enfin, l’affaire pour réglée : « VIH et hépatites : trente-deux ans après, feu vert du pouvoir exécutif aux soins funéraires ». En pratique cela donnait, signé par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé : « Arrêté du 12 juillet 2017 fixant les listes des infections transmissibles prescrivant ou portant interdiction de certaines opérations funéraires mentionnées à l’article R. 2213-2-1 du code général des collectivités territoriales ». Les infections par le VIH et les virus B et C des hépatites étaient ainsi retirés de la liste des maladies concernées par l’interdiction de la pratique des soins funéraires.

Publié au Journal Officiel du jeudi 20 juillet, cet arrêté avait été salué par les responsables des associations de lutte contre le sida qui dénonçaient là une mesure discriminatoire sans réelle justification sanitaire. « C’est une grande victoire dans la lutte contre la sérophobie et pour la dignité des personnes séropositives et de leurs proches », réagissait l’association Aides sur Twitter ; « Un rappel que nos luttes paient », pour Act-Up Paris, qui dit toutefois vouloir rester vigilant « quant à son application par les thanatopracteurs, dont une partie est très réticente face à la fin de cette discrimination ».

Rien ne va plus

De fait, un mois plus tard rien ne va plus. Une pétition vient d’être lancée par le Syndicat des thanatopracteurs qui s’oppose aux soins de conservation pour les défunts porteurs du VIH ou des virus des hépatites virales. Et vingt associations militantes dénoncent cette opposition dans une lettre ouverte à Cedric Ivanès, président du Syndicat des thanatopracteurs (SPTIS). C’est là une polémique inédite qui, en 2017, témoigne du travail de pédagogie qui reste à faire dans ce champ de la virologie. Qui témoigne aussi de l’embarras dans lequel se trouve le pouvoir exécutif et, tout particulièrement, la ministre de la Santé. Que vaut un arrêté s’il n’est pas appliqué ?

Rappel de l’essentiel du dossier. Les soins de conservation des corps (soins de thanatopraxie) visent à retarder les processus de décomposition peu après la mort. Ils étaient jusque-là interdits aux personnes décédées séropositives vis-à-vis du VIH et/ou atteintes d’hépatites virales en application de deux textes officiels datant de 1986 et du 20 juillet 1998 – ce notamment par crainte de contamination accidentelle des thanatopracteurs.

Peu après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, des associations de lutte contre le sida l’avaient interpellé pour lui demander la levée de l’interdiction « discrimination gravée dans le droit français ». Et au final on ne peut qu’être frappé du temps qu’il aura fallu à l’exécutif pour parvenir à ce résultat puisque toutes les institutions spécialisées avaient donné leur feu vert depuis des années – jusqu’au Haut Conseil de la santé publique en 2013.

Tout est remis en question

François Hollande et Marisol Touraine n’avaient, finalement, rien fait pendant cinq ans. Emmanuel Macron et Agnès Buzyn ont agi en quelques semaines avec une mesure prenant effet au  1er janvier 2018. Le temps, pour tous les thanatopracteurs, d’être vaccinés contre l’hépatite B.

Or tout aujourd’hui est remis en question avec la pétition lancée le 21 août dernier par le Syndicat des thanatopracteurs. Une pétition adressée à Agnès Buzyn et relayée par la profession s’opposant aux soins de conservation pour les défunts porteurs du VIH ou des virus des hépatites virales. Extraits :

« Les soins de conservation sont un procédé invasif, où le risque de piqûre ou coupure est réel, malgré le port des équipements de protection individuelle recommandés. Nous, thanatopracteurs, acceptons de pratiquer des toilettes mortuaires, un acte qui est identique au soin, à l’exception des actes invasifs de conservation (sutures et incisions) et qui permet de se recueillir dans les mêmes circonstances auprès du défunt. »

 « L’OMS souligne la recrudescence des taux d’infection associée aux soins sur les vingt dernières années, ce qui pose des « difficultés majeures pour la médecine moderne. Comme le stipule l’OMS dans son rapport, ‘’ l’exposition percutanée survient en cas d’utilisation d’objets piquants ou tranchants contaminés’’, ce qui nous concerne puisque nous utilisons ce type de d’instruments. »

Travail de deuil et discrimination

Pour les thanatopracteurs, « travailler sur des personnes décédées dont la prolifération des bactéries est déjà considérable, c’est refuser de mettre davantage leur vie ainsi que celle de leur proche en danger pour des défunts alors même que d’autres solutions existent pour permettre aux familles de faire leur travail de deuil sans faire preuve de discrimination ».

En retour la lettre ouverte de vingt associations militantes 1 au président du Syndicat des thanatopracteurs.

 « Vous commencez par expliquer sans trembler que l’interdiction des soins de conservation pour les défunts porteurs du VIH ou d’une hépatite virale autorise ‘’les toilettes mortuaires, un acte qui est identique au soin, à l’exception des actes invasifs de conservation (sutures et incisions) et qui permet de se recueillir dans les mêmes circonstances auprès du défunt’’ C’est un pur mensonge, et vous le savez très bien. Si cela est effectivement le cas dans les 36 h qui suivent le décès, la thanatomorphose fait ensuite son œuvre et l’état du corps n’est plus du tout le même dans les jours qui suivent si des soins ne sont pas réalisés. Oser dire que les proches du défunt peuvent se recueillir dans les mêmes conditions est donc faux, et même outrancier au regard de l’expérience de nombreux proches depuis trente ans.

« Vous dévoyez un rapport de l’OMS qui alerte sur la hausse des contaminations liées aux soins médicaux, et qui parle de la protection des patients, alors même que l’OMS autorise la pratique des autopsies à condition de respecter les précautions universelles préconisées.

Insulte

« Vous expliquez que s’il n’a à ce jour jamais été fait mention d’un cas de transmission du VIH à un professionnel des soins funéraires, c’est grâce à l’interdiction de soins. C’est évidemment faux. Nous savons que près de 25 000 personnes vivent avec le VIH sans le savoir en France, et il est donc absolument certain, comme le mentionnent certains signataires de votre pétition, que des soins funéraires ont été pratiqués sur des défunts porteurs du VIH sans que vous le sachiez et surtout, sans que ces personnes en aient même eu conscience de leur vivant. De plus, il est scientifiquement prouvé aujourd’hui qu’une personne ayant connaissance de sa séropositivité aujourd’hui et étant sous traitement antirétroviral a une charge virale indétectable dans le sang et ne transmet pas le VIH.  

« Vous considérez que qualifier de ‘’discriminante’’ l’exclusion des défunts porteurs du VIH ou d’une hépatite virale serait « une insulte à [votre] engagement et à [votre] code déontologique ».  Or, l’article 225-1 du Code pénal dispose clairement que : « Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement […] de leur état de santé ».  Cette discrimination est d’ailleurs punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende lorsqu’elle consiste à refuser la fourniture d’un bien ou d’un service, par exemple des soins de conservation.

« (…) force est de constater que cette pétition, dans la lignée de vos déclarations publiques, n’a pour objet que d’entretenir des représentations erronées et stigmatisantes sur les personnes vivant avec le VIH ou une hépatite virale, et de refuser de garantir les précautions universelles à la pratique des soins de conservation pour tous les défunts, telles qu’elles ont clairement été définies par l’arrêté entourant notamment la réalisation des soins funéraires à domicile. »

Qui, et de quelle manière, parviendra, à trouver ici une solution apaisée ? Que vaut un arrêté s’il n’est pas appliqué ?

A demain

1 Act Up-Paris, Act Up Sud-Ouest, Actif Santé, Actions Traitements, AIDES, ARCAT, ASUD, CiGales, Le Collectif Hépatites Virales (CHV), Le Collectif TRT-5, Dessine-moi un mouton, Elus Locaux Contre le Sida, Envie, Nova Dona, Sida Info Service, Sidaction, Sol En Si, SOS Hépatites, SOS homophobie,Transhépate