Rebondissement judiciaire dans l’affaire du vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques

Bonjour

C’est un événement qui vient bouleverser le paysage vaccinal français. Une décision majeure de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de Luxembourg : « En l’absence de consensus scientifique, le défaut d’un vaccin et le lien de causalité entre celui-ci et une maladie peuvent être prouvés par un faisceau d’indices graves, précis et concordants ».

L’affaire peut être résumée ainsi : la proximité temporelle entre l’administration d’un vaccin et la survenance d’une maladie, l’absence d’antécédents médicaux personnels et familiaux de la personne vaccinée (ainsi que l’existence d’un nombre significatif de cas répertoriés de survenance de cette maladie à la suite de telles administrations) peuvent, le cas échéant, constituer des indices suffisants pour établir une telle preuve.

Sanofi Pasteur

Point n’est besoin d’être juriste pour comprendre que la justice prend, ici, ses distances d’avec le rationnel scientifique. On peut ne pas s’en réjouir. D’autres applaudiront au nom de la compassion dues aux plaignants.

Résumons l’affaire. Soit le cas de M. J. W qui « s’est vu administrer », entre la fin de l’année 1998 et le milieu de l’année 1999, un vaccin contre l’hépatite B produit par Sanofi Pasteur. En août 1999, M. W a commencé à présenter divers troubles ayant conduit, en novembre 2000, au diagnostic de la sclérose en plaques. M. W est décédé en 2011.

Dès 2006, sa famille et lui ont introduit une action en justice contre Sanofi Pasteur pour obtenir réparation du préjudice que M. W prétendait avoir subi du fait du vaccin. Saisie de l’affaire, la Cour d’appel de Paris (France) a notamment considéré qu’il n’existait pas de consensus scientifique en faveur de l’existence d’un lien de causalité entre la vaccination contre l’hépatite B et la survenance de la sclérose en plaques. Jugeant qu’un tel lien de causalité n’avait pas été démontré, elle a rejeté le recours.

Lien de causalité absent

Saisie d’un pourvoi contre l’arrêt de la Cour d’appel de Paris, la Cour de cassation française a alors demandé à la Cour européenne de justice si (malgré l’absence d’un consensus scientifique et compte tenu du fait que, selon la directive de l’Union sur la responsabilité du fait des produits défectueux il appartient à la victime de prouver le dommage, le défaut et le lien de causalité) le juge peut se baser sur des indices graves, précis et concordants pour établir le défaut d’un vaccin et le lien de causalité entre le vaccin et la maladie.

En l’occurrence, il est notamment fait référence à « l’excellent état de santé antérieur de M. W »., à « l’absence d’antécédents familiaux » et au « lien temporel entre la vaccination et l’apparition de la maladie ». Dans son arrêt du 21 juin 2017 la Cour européenne estime « compatible avec la directive un régime probatoire qui autorise le juge, en l’absence de preuves certaines et irréfutables, à conclure au défaut d’un vaccin et à l’existence d’un lien causal entre celui-ci et une maladie sur la base d’un faisceau d’indices graves, précis et concordants ».

Selon les juges de Luxembourg un tel régime « n’est pas de nature à entraîner un renversement de la charge de la preuve incombant à la victime ». Il suffira à cette dernière d’établir les différents indices « dont la conjonction permettra au juge saisi de se convaincre de l’existence du défaut du vaccin et du lien de causalité entre celui-ci et le dommage subi ».

Agnès Buzyn 

Seul bémol : la Cour de Luxembourg précise que les juridictions nationales doivent veiller à ce que les indices produits soient effectivement suffisamment graves, précis et concordants pour permettre de conclure que l’existence d’un défaut du produit apparaît (compte tenu également des éléments et des arguments présentés en défense par le producteur) comme étant l’explication la plus plausible de la survenance du dommage.

Où l’on voit le juge s’ériger en majesté au-delà du savoir scientifique. En l’espèce, la Cour de Luxembourg considère que la proximité temporelle entre l’administration d’un vaccin et la survenance d’une maladie, l’absence d’antécédents médicaux personnels et familiaux en relation avec cette maladie ainsi que l’existence d’un nombre significatif de cas répertoriés de survenance de cette maladie à la suite de telles administrations paraissent a priori constituer des indices dont la conjonction pourrait conduire le juge national à considérer qu’une victime a satisfait à la charge de la preuve pesant sur elle.

Les virologues, les biologistes et les épidémiologistes apprécieront. De même, en France, qu’Agnès Buzyn, ministre de la Santé qui « réfléchit » à rendre obligatoire onze vaccinations pédiatriques – dont celle contre l’hépatite virale de type B. Qui juge de la responsabilité des magistrats dans les affaires de santé publique ?

A demain

Va-t-on abattre tous les macaques infectés par l’Herpès B vivant dans les zoos français ?

 

Bonjour

L’affaire a été révélée par Sud Ouest : plus de 160 macaques de Java d’un parc animalier français viennent d’être « euthanasiés ». Cela s’est passé le 18 mai à Labenne (Landes), à la « Pinède des singes ». Quelques explications ont été données par la sous-préfecture de Dax : « Il ne s’agit pas d’une suite du redressement judiciaire. Les singes ne sont pas euthanasiés pour des raisons économiques mais sanitaires, après des tests réalisés par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) ».

Une partie de la population landaise, qui ne disposait pas de l’ensemble des informations, a été très émue par la situation, certains habitants proposant de prendre des singes chez eux. L’agent d’accueil de la mairie a même été agressée verbalement. Une manifestation a failli être organisée. Sud Ouest :

« ‘’Certaines formes d’herpès peuvent effectivement être très dangereuses pour l’homme en cas de morsure », explique Emmanuel Le Grelle, directeur de La Vallée des singes, dans le département de la Vienne, une des références zoologique du pays. Impossible pour le moment de savoir comment ces macaques de Java ont contracté le virus : « Ce n’est pas une espèce particulièrement fragile. Mais les conditions d’hébergement, et même les conditions de détention, étaient exécrables. Les singes étaient dans des conteneurs non chauffés par exemple. C’était indigne. » »

Dans les Landes les 163 macaques de Java (Macaca fascicularis ou macaque à longue queue) étaient « porteurs sains » du virus de l’herpès B, potentiellement mortel pour l’homme. « A priori, la décision d’abattage semble sage. Mais voilà, la situation est bien plus complexe qu’il n’y paraît et il semble que des motifs économiques se cachent derrière ce choix, croit savoir Le Point (Frédéric Lewino). En effet, la prévalence du virus de l’herpès B parmi les macaques de Java des zoos du monde entier est très forte, sans qu’aucun cas de transmission à l’espèce humaine n’ait jamais pu être constaté. Les seuls cas avérés l’ont été en laboratoire. »

Méningo-encéphalites mortelles

Le risque, en cas de transmission à l’homme, est celui d’une méningo-encéphalite très souvent mortelle. A dire vrai l’affaire est prise très au sérieux par les autorités sanitaires américaines : « B-virus from Pet Macaque Monkeys: An Emerging Threat in the United States ? ». Le Point :

« Pendant des années, La Pinède des singes a attiré nombre de touristes venus observer une colonie de macaques de Java s’ébattant en toute liberté dans une forêt de six hectares. Personne n’a, alors, jamais rien trouvé à redire sur l’état sanitaire des singes qui étaient déjà porteurs du virus de l’herpès B, comme la plupart des autres macaques de Java en captivité. Au fil des années, les installations se sont délabrées. Après différentes procédures administratives suspensives, le parc animalier a été placé en avril 2016, en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Dax.

C’est un zoo voisin, de Labenne, qui a été chargé de s’occuper des macaques. C’est alors que les services vétérinaires départementaux se sont mis subitement à s’inquiéter des risques que pouvaient faire courir les macaques à leur soigneuse. La préfecture a demandé des analyses sanguines sur les singes. »

Deux macaques recherchés

Conclusions : 115 macaques positifs, 24 douteux et 17 négatifs. Confirmation demandée par les services préfectoraux à un laboratoire américain.  La DDCSPP (direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations) saisit alors l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail) qui émet un avis daté du 12 avril 2017 : « avis relatif à l’évaluation du risque lié à l’infection d’un groupe de macaques (Macaca fascicularis) par le Macacine Herpesvirus 1 ». On peut y lire ceci :

« L’euthanasie de macaques infectés par le MaHV1 représente un risque particulier d’exposition des personnes chargées de la réaliser. Si une décision d’euthanasie (quel que soit le nombre de singes concernés) était prise par les gestionnaires, les experts soulignent que tous les acteurs associés à une telle procédure devraient être formés à ce type d’opération et être informés du risque et prendre les mesures de précaution adaptées. Au-delà des risques sanitaires, le Groupe d’expertise collective d’urgence souligne le risque psycho-social pour le personnel du parc, en cas d’implication de ce dernier dans une telle opération. »

On apprend aussi que deux macaques ont été transférés dans un autre zoo, zoo fermé depuis. « Il conviendrait de rechercher et d’informer les détenteurs actuels de ces singes sur le risque d’infection par le MaHV1 » souligne l’Anses.

« Ce qui affole les protecteurs des animaux et différentes associations, c’est que la décision de la préfecture des Landes soit étendue à tous les parcs et zoos de France » précise Le Point. Pourquoi ne le serait-elle pas ? Et qui décidera ?

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Zika, dengue, paludisme : petite pique vaccinale avant les transhumances estivales

Bonjour

 Un mauvais titre peut cacher un texte de grande qualité. Nous parlons ici de l’éditorial du dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (recommandations sanitaires pour les voyageurs) signé Éric Caumes & Daniel Camus – respectivement Président et Vice-président du « Comité des maladies liées aux voyages et des maladies d’importation » Haut Conseil de la santé publique.

Dans « Maladies vectorielles entre la fin et le début » les auteurs font, à la veille des grandes transhumances estivales, le point sur quelques épidémies toujours d’actualité. Délaissant le prophétique Charles Nicolle ils citent Mark Twain : « La catastrophe qui finit par arriver n’est jamais celle à laquelle on s’est préparé ». Illustration : Zika. L’épidémie a aujourd’hui déserté les médias généralistes. Est-ce dire que nous sommes « revenus à la normale » ?

« Dans le cas de l’infection à virus Zika, la fin de l’épidémie en Amérique latine et dans les Caraïbes met à jour une nouvelle problématique de gestion de crise, celle des recommandations dans un contexte de faible risque, comme nous l’avons déjà connu avec le chikungunya. En effet, la fin de l’épidémie de Zika dans les Amériques ne signifie pas l’absence totale de circulation du virus mais plutôt un passage à l’endémicité, avec le constat de déclarations de cas se poursuivant à un rythme faible mais persistant. »

Endémisation planétaire

Nous sommes ainsi confrontés à une sorte d’endémisation également observée dans d’autres parties du monde : le Sud-Est asiatique, les îles du Pacifique et même en Afrique, dans des territoires où le virus semble circuler à bas bruit depuis longtemps. Conduite à tenir ?

« Il faut apprendre à vivre avec la possibilité de cas sporadiques de Zika et rester extrêmement vigilant quant aux complications néonatales, dont la fréquence est certainement très élevée si l’on ne se focalise pas uniquement sur les microcéphalies, partie émergée de l’iceberg. Pour les professionnels de santé qui travaillent dans les Territoires français d’Amérique, cette situation implique le maintien d’une surveillance soutenue des grossesses. »

Et que dire aux voyageurs désireux de se rendre dans des zones de circulation du virus Zika ? On pourrait se borner à leur distribuer les recommandations du Haut Conseil de la santé publique. Ce serait un peu court.

« Le HCSP a émis des recommandations précises en regard de cette nouvelle situation mais, dans la pratique quotidienne, l’information fournie aux femmes enceintes et aux couples ayant un projet d’enfant, même si elle est ‘’claire, loyale et appropriée’’ génère, chez les consultants, si ce n’est chez les consultés, un véritable dilemme. »

 Partir en voyage sous d’autres latitudes ? L’actualité infectieuse planétaire fait qu’il faudra compter avec la réémergence de la fièvre jaune. En Angola et en République démocratique du Congo (plusieurs milliers de cas et des centaines de décès) mais aussi au Brésil, au Pérou ou en Bolivie.

Renaître de ses cendres

« Il est paradoxal de constater que c’est au moment même où la garde a été baissée en matière de vaccination contre la fièvre jaune, avec le doute grandissant sur la protection conférée par une seule injection pour la vie et dans un contexte de pénurie générale de vaccin, que cette maladie historique renaît de ses cendres. »

Que peut faire le spécialiste des maladies infectieuses ? « Il nous appartient de veiller à ce que les recommandations de vaccination soient connues du public et respectées » répondent les deux auteurs. Ils ajoutent, « en guise de conclusion » :

« On peut s’interroger sur ‘’l’ambiguïté vaccinale’’, cette attitude qui consiste à remettre en cause l’intérêt de vaccins dont l’innocuité et l’efficacité sont bien établies, tout en demandant coûte que coûte des vaccins efficaces contre la dengue, le chikungunya, le Zika ou le paludisme, autant de fléaux pour lesquels nous n’avons toujours pas de vaccins ou des vaccins insuffisamment efficaces. Quand le temps de la vaccination efficace sera arrivé, sera-t-elle pareillement remise en cause ? »

Il faut, ici, rappeler la loi de Murphy : « Tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera nécessairement mal ».

A demain

 

 

Politique et infections : la ministre Agnès Buzyn va-t-elle rendre onze vaccins obligatoires ?

 

Bonjour

C’est le dossier le plus délicat dont vient d’hériter Agnès Buzyn, nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé. Dossier médical autant que sociétal. Dossier éminemment politique.

En dépit d’une politique intensive de communication Marisol Touraine n’avait trouvé ni le temps ni l’énergie pour mener à bien l’affaire des vaccins. Le Monde (François Béguin) rapporte que lors de la (touchante) scénographie de la passation de pouvoir organisée hier 17 mai au ministère, l’ancienne ministre a expliqué (pour la première fois) qu’elle n’avait pas pu mener ce sujet à son terme « en raison du calendrier parlementaire ». Dont acte.

Mme Touraine a ajouté qu’elle avait toutefois eu le temps de « préparer un texte de loi sur ce sujet ». Et elle a précisé (autre première) qu’elle était « favorable à l’extension vaccinale à onze vaccins »Que ne l’a-t-elle dit plus tôt ? Puis la candidate aux élections législatives en Indre-et-Loire a lancé à celle qui prend sa place un superfétatoire : « Vous prendrez les décisions qui vous appartiennent et que vous jugerez utiles ».

Or le temps presse comme jamais. Saisi par une association d’adeptes de la « santé naturelle » le Conseil d’Etat a en effet laissé au gouvernement jusqu’au 8 juillet pour prendre des mesures afin de rendre disponibles les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP). On sait en effet que les trois vaccins obligatoires pour les enfants âgés de moins de 18 mois sont actuellement introuvables en tant que tels ; ces trois valences sont toujours associées à d’autres ce que dénoncent (logiquement) les opposants (plus ou moins ouvertement) déclarés à la vaccination.

Michèle Rivasi et Nicolas Hulot

Que va faire la nouvelle ministre ? Quand ils daignent s’exprimer, les géants producteurs de vaccins (Sanofi-Pasteur au premier chef) expliquent qu’il leur est impossible de relancer une production de DTP. Pour répondre au Conseil d’Etat Agnès Buzyn pourrait prendre une décision politique (et quelque peu machiavélique). Lever dans un premier temps l’obligation vaccinale par décret. Puis reprendre le texte de Marisol Touraine et demander aux nouveaux députés d’étendre par voie législative les obligations vaccinales. Elle pourrait en cela s’appuyer sur les recommandations de la « consultation citoyenne »  organisée en 2016.

Une consultation dont les conclusions ne manquent pas d’embarrasser le nouveau gouvernement : passer de de trois à onze obligations vaccinales 1 ; avec toutefois, pour les parents, la possibilité « d’invoquer une clause d’exemption ». Le candidat Emmanuel Macron avait dit durant la campagne toute l’importance qu’il accordait à la prévention. On imagine mal la nouvelle ministre ne pas adhérer à un tel propos. Dans le même temps la méfiance, dans l’opinion, vis-à-vis des vaccins n’a jamais été aussi grande. Et le pouvoir doit faire face à une opposition massive dont l’une des porte-parole les plus dynamique est (outre le mystérieux Pr Henri Joyeux),  Michèle Rivasi députée européenne et écologiste. On attend avec intérêt la position de Nicolas Hulot, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire.

 A demain

 1 Vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (actuellement obligatoires) et contre la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l’hépatite B et les infections dues à Haemophilus influenzae, au pneumocoque et au méningocoque C (actuellement recommandées).

Dès cet hiver des pharmaciens vaccineront. Compter entre 4,50 et 6,30 euros l’injection

Bonjour

Contre vents et marées médicales, Marisol Touraine le voulait. Ce fut, après bien des difficultés, écrit dans une loi. Cela se fera. Un décret relatif à l’expérimentation de l’administration par les pharmaciens du vaccin contre la grippe saisonnière vient de paraître au paru Journal officiel. Les deux régions retenues pour l’expérimentation sont Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine.

A première vue l’affaire a le profil d’une usine à gaz. Dans un premier temps les pharmaciens d’officine (volontaires) devront être formés à vacciner. Qui leur apprendra ? Ils devront ensuite recueillir par écrit le consentement « exprès et éclairé » des clients qu’ils jugent éligibles – mais « à l’exception des femmes enceintes et des personnes qui n’ont jamais été vaccinées contre la grippe ». Ils doivent ensuite informer le médecin traitant de cette vaccination. Puis, après l’administration du vaccin, ils devront délivrer au patient une attestation de vaccination comportant le nom et le numéro de lot du vaccin. Qu’est-il prévu en cas d’effets secondaires ?

Irritations médicales

L’intendance? A priori, elle suivra. Pour chaque vaccin administré, le pharmacien percevra la somme de 4,50 euros (si le patient bénéficie d’une prescription médicale), ou de 6,30 euros (s’il bénéficie d’un bon de prise en charge émis par l’Assurance maladie).  Les syndicats, gourmands, réclamaient 10 euros.

Il faut toutefois savoir que chaque officine participant à l’expérimentation recevra en outre la somme forfaitaire de 100 euros – « au titre du dédommagement lié aux contraintes spécifiques de l’expérimentation » (sic). Entendre 100 euros pour chaque pharmacien ayant réalisé au moins cinq vaccinations au sein de cette même officine. Le versement des sommes sera effectué à la fin de la campagne de vaccination, l’argent étant prélevé sur les crédits du fonds d’intervention régional.

On se souvient des très vives irritations médicales soulevées par l’annonce de ce projet. La loi dispose qu’une évaluation de cette expérimentation sera réalisée. Peut-être saura-t-on alors ce qu’il peut en être de l’apport des pharmaciens quant à l’amélioration de la couverture vaccinale antigrippale. L’irritation des médecins prescripteurs en sera-t-elle pour autant atténuée ?

A demain

Ebola a été identifié en République démocratique du Congo. L’OMS fera-t-elle diligence ?

 

Bonjour

Cette fois l’OMS fera-t-elle diligence ?  Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont, jeudi 11 mai, prévenu l’Organisation mondiale de la santé qu’une épidémie à virus Ebola avait été identifiée dans le pays. Selon les informations de RFI, neuf cas suspects auraient été signalés depuis le 22 avril. Trois personnes sont déjà décédées. Pour l’heure, un seul cas a pu être confirmé par des tests menés dans un laboratoire de Kinshasa.

L’épidémie en RDC se serait déclarée dans le nord du pays, à Likati, dans la province du Bas-Uélé – une zone difficile d’accès. Il y a quarante ans c’était en RDC que le virus Ebola avait, pour la première fois, été identifié en 1976, le long de la rivière dont il porte le nom, pas très loin de la zone actuellement touchée 1.

Incurie

Le ministère de la Santé de RDC a sollicité l’appui de l’OMS afin de renforcer la riposte. Dans une déclaration faite à la télévision publique, le ministre de la santé congolais, M. Ilunga Kalenga, a confirmé la réapparition du virus tout en appelant la population « à ne pas céder à la panique ». L’OMS explique qu’elle « travaille en étroite collaboration » avec les autorités congolaises « pour faciliter le déploiement des matériels de protection et du personnel sur le terrain afin de renforcer la surveillance épidémiologique et contrôler très rapidement l’épidémie ».

L’organisation onusienne avait été accusée d’incurie lors de la dernière épidémie qui avait fait 11.000 morts en Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016. On peut espérer que l’accusation n’aura pas été sans effet.

A demain

1 Sur ce thème : « Une course contre la montre Mes combats contre les virus mortels, sida et Ebola » de Peter Piot. Editions Odile Jacob

Sexe et société : les jeunes homosexuels français vont-ils se faire vacciner contre les HPV ?

 

Bonjour

Après les élections la vaccination redeviendra une polémique d’actualité. C’est l’une des nouveautés du nouveau calendrier vaccinal. L’immunisation contre les papillomavirus humains (HPV) est désormais proposée aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) –  du moins jusqu’à l’âge de 26 ans (qu’ils aient ou non déjà eu des relations sexuelles). Et ce avec le vaccin Gardasil® qui est disponible et gratuit dans les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd) ainsi que dans les centres publics de vaccination.

Jusqu’ici, seules les petites filles (de 11 à 14 ans) étaient concernées par cette recommandation vaccinale vaccination. Il s’agit, chez elles, de prévenir au mieux à l’avenir les lésions cancéreuses du col de l’utérus. En dépit d’une prise en charge par la Sécurité sociale et de multiples incitations c’est un cuisant échec : le taux de couverture vaccinale actuel est de loin inférieur à 20 %. Il faut ici compter avec la montée d’un sentiment général de défiance vis-à-vis des vaccins mais aussi avec des interrogations spécifiques quant au bénéfices/risques – la vaccination ne dispensant nullement ensuite les femmes du dépistage régulier par frottis.

Pourquoi les homosexuels masculins âgés de moins de 26 ans ? Tout est expliqué dans un rapport du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP).

« La grande majorité des hommes et des femmes sont infectés par les papillomavirus humains (HPV) au cours de leur vie. Concernant les hommes, l’infection anale par les HPV et ses manifestations cliniques (lésions pré-cancéreuses, cancers, condylomes anaux) sont plus fréquentes chez ceux ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et en particulier ceux infectés par le VIH. »

Les femmes vaccinées protègent les hommes

Et c’est après avoir pris en compte l’efficacité et la tolérance des vaccins HPV, les aspects médico-économiques, l’absence de protection indirecte des HSH par la vaccination des femmes et l’acceptabilité de la vaccination chez les hommes que le HCSP a formulé ses recommandations concernant les gays. Il précise que le bénéfice de cette vaccination « sera d’autant plus important que le début de l’activité sexuelle sera récent et que le nombre de partenaires passés sera faible ».  Il rappelle également, point rarement évoqué, que « qu’une couverture vaccinale élevée chez les femmes procure une protection indirecte chez les hommes hétérosexuels ».

La question reste toujours ouverte de la vaccination généralisée de tous les jeunes, garçons et filles, avant l’âge des premiers rapports sexuels. « Des pays comme l’Australie, les Etats-Unis et l’Autriche ont fait ce choix, mais, en France, le HCSP n’a pas retenu cette -option notamment pour des raisons médico-économiques, explique le Pr Daniel Floret, ancien président du comité technique des vaccinations, cité par Le Monde. Dans le sexe masculin, l’objectif principal des vaccins anti-HPV est de réduire le risque de cancer anal, qui est une tumeur rare mais vingt fois plus fréquente chez les HSH que chez les hétérosexuels. »

Reste la question de savoir si, dans l’actuel contexte de défiance vis-à-vis des vaccins, les homosexuels français répondront favorablement aux recommandations les concernant. « Les HSH ont un taux d’acceptabilité significativement plus élevé que celui des hommes hétérosexuels » croient savoir les experts du HCSP. A vérifier.

A demain