VIH/sida : voici le « patient de Londres», deuxième cas au monde de rémission-guérison  

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5 mars 2019. Est-ce véritablement, comme le clament les ondes de l’aube, un « formidable espoir » ? Pour l’heure c’est une annonce qui doit être détaillée devant ses pairs par Ravindra Gupta (University College London) lors de la  « Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI) » qui se tient à Seattle. Une annonce lancée en fanfare par Nature (Jon Cohen).

Une annonce qui survient dix ans après celle de l’existence du « patient de Berlin » – expression utilisée pour désigner un patient considéré comme « guéri » d’une infection par le VIH – 1. « Ce deuxième cas renforce l’idée qu’une guérison est possible », a d’ores et déjà déclaré la Pr Sharon R Lewin, Université de Melbourne. C’est donc, désormais, « le patient de Londres ». Les deux patients ont fait l’objet de transplantations de cellules souches de donneurs ayant une mutation génétique rare qui rend inopérant le récepteur  CCR5 du VIH.

Le « patient de Londres », pour l’heure anonyme, avait été diagnostiqué infecté par le VIH et avait suivi une thérapie antirétrovirale depuis 2012. Puis on avait diagnostiqué chez lui une forme avancée de la maladie de Hodgkin. En 2016 on avait pratiqué chez lui une greffe de cellules souches hématopoïétiques d’un donneur porteur d’une mutation du gène du CCR5 – qui n’est présente que chez 1 % de la population mondiale. Il a continué son traitement antirétroviral  pendant seize mois avant de l’interrompre. Des tests réguliers ont confirmé que la charge virale du patient était indétectable depuis.

« En parvenant à une rémission sur un deuxième patient tout en utilisant une approche similaire, nous avons montré que le “patient de Berlin” n’a pas été une anomalie » explique Ravindra Gupta.

Stratégies thérapeutiques

Mais encore ? Faudrait-il rappeler qu’aujourd’hui des millions de personnes infectées par le VIH à travers le monde contrôlent cette infection à l’aide d’une thérapie antirétrovirale (ARV) mais que ce traitement ne les « débarrasse » pas du virus ? C’est ce que fait le Pr Gupta :  « En ce moment, la seule façon pour traiter le VIH est par l’administration de médicaments que les gens doivent prendre toute leur vie ».

Rappeler que « cela représente un défi particulier dans les pays en voie de développement », où des millions de personnes n’ont pas accès à un traitement adéquat ?  Que près de 37 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, mais que seules 59 % d’entre elles bénéficient d’une ARV ? Que près d’un million de personnes meurent chaque année d’affections liées au VIH ? Qu’une résistance du VIH aux antirétroviraux  représente une préoccupation grandissante ?

Pour le Pr Gupta et son équipe soulignent que la transplantation de cellules souches – procédure à risque – n’est pas une option envisageable, en pratique, pour le traitement du VIH. Pour autant  ce deuxième cas de rémission (et de probable guérison) pourrait aider au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Formidable ou pas, l’espoir luit.

A demain

@jynau

 

Vaccins : au théâtre Déjazet, le Pr Luc Montagnier démêlera bientôt « le faux du vrai »

Bonjour

Du 16 mars au 17 juin prochain : « Prenez votre santé en main », cycle de douze conférences « prévention-santé » du célèbre Pr Henri Joyeux. Toutes au théâtre Déjazet, 41 Bd du Temple, dans le 3ème arrondissement de la capitale. Tarif : 18 euros l’unité.

« En 2016, le Professeur Henri Joyeux, grand habitué des conférences, en donnait pour la première fois à Paris. Il invitait ainsi toutes les personnes en quête de solutions naturelles pour préserver ou retrouver leur santé, à suivre une série de Conférences-débats d’Education-Information à la Santé, documentée, scientifique et mise à la portée de tous.

« Conforté par le succès de ce premier cycle de conférences, et face au besoin prégnant de réponses et de conseils d’un public de plus en plus inquiet, il propose du 16 mars au 17 juin 2019 un nouveau cycle de 12 conférences. Il sera accompagné d’intervenants de renom : Edgar Morin, Pr. Luc Montagnier (…) ».

L’objectif du Pr Joyeux : « informer et accompagner le public dans sa propre prise en charge de sa santé pour une meilleure prévention, tout en garantissant d’être libre de s’exprimer en-dehors des lobbies pharmaceutiques ou de l’Agro-alimentaire ».

Au programme du 11 mai le Pr Luc Montagnier et Edgar Morin.

D’abord le prix Nobel de médecine 2008 : « Les vaccins : démêler le vrai du faux avec le Pr Luc Montagnier. Un sujet mondial ! » 1

« Pourquoi a-t-on abandonné le classique DTP sans Aluminium ? Pourquoi est-on passé d’un vaccin Trivalent puis Tétra, Penta pour imposer l’Hexavalent contre DTP + coqueluche, hemophilus influenzae b et hépatite B ? Pourquoi veut-on vacciner le nourrisson dès 2 mois ? Pourquoi a-t-on ajouté l’Aluminium ? Comment se construit le système immunitaire du nourrisson ? Quelles sont les contreindications des vaccinations ? Quels vaccins pour les voyageurs ? Qui doit être vacciné contre la grippe, contre les hépatites A, B ou C ? Que penser des vaccins contre les papillomavirus de plus en plus tôt chez les filles et les garçons ? »

 Ensuite, avec le sociologue et philosophe Edgar Morin:

« Notre école ne va pas bien. Edgar Morin a magnifiquement préparé le terrain avec son livre « Enseigner à vivre ». Batailles syndicales, grèves incessantes, fédérations de parents d’élèves dans l’impasse : l’enfant est devenu le jouet de conflits idéologiques. Les ministres et leurs réformes se succèdent, mais la France recule dans les classements internationaux et le mécontentement des enseignants gronde.

« Forts de leur expérience de terrain, le Pr Henri Joyeux et Edgar Morin nous livrent des solutions inédites pour transformer en profondeur notre système éducatif : suppression du collège unique, lycée à la carte, revalorisation des salaires de 25 %… Parents et enseignants, enfin complémentaires, sans confusion des rôles, pourront se consacrer à un seul objectif : aider le jeune à devenir libre, autonome et responsable. »

 A demain

 1 L’affaire n’est pas nouvelle. Le 7 novembre 2017, sur les planches parisiennes du théâtre Michel lors d’une conférence-débat centrée sur les nouvelles obligations vaccinales imposées par le nouveau gouvernement, aux côtés du Pr Joyeux, le Pr Montagnier avait déclaré :

« Nous sommes ici pour lancer une alerte, à tout le pays, au monde. Je voudrais alerter sur la mort subite du nourrisson. C’est quelque chose d’épouvantable, la cause est inconnue, mais il existe des faits scientifiques, montrant qu’un grand nombre de ces morts intervient après une vaccination. On ne peut pas démontrer une causalité, mais il y a une relation temporelle. [Les vaccins avec un adjuvant aluminique] sont responsables d’une tempête immunitaire chez le nourrisson (…) Ce qui est en cause, c’est la vaccination de masse, cela doit disparaître (…) «Je voudrais vous parler aussi du paracétamol, que l’on donne aux nourrissons quand ils ont une réaction au vaccin. C’est du poison. »

 

La France fait partie des dix pays qui facilitent la diffusion de la rougeole dans le monde

Bonjour

1er mars 2019. Nouveau cri d’alarme de l’ONU : « Alarming global surge of measles cases a growing threat to children – UNICEF ». Où l’on apprend que dix pays ont été responsables de trois-quarts environ de l’augmentation totale des cas de rougeole entre 2017 et 2018 : l’Ukraine (30 338 cas), les Philippines (13.192), le Brésil (10.262), le Yémen (6.641), le Venezuela (4916), la Serbie (4355), Madagascar (4307), le Soudan (3496), la Thaïlande (2758) et la France (2269).

A l’échelle mondiale, quatre-vingt-dix-huit pays ont signalé une augmentation du nombre des de cas de rougeole en 2018 par rapport à 2017 – une régression majeure par rapport aux progrès accomplis dans la lutte contre cette maladie pouvant être aisément prévenue mais potentiellement mortelle. « C’est un appel au réveil. Nous disposons d’un vaccin sûr, efficace et peu coûteux contre une maladie très contagieuse – un vaccin qui a sauvé près d’un million de vies chaque année au cours des deux dernières décennies », a déclaré Henrietta Fore, directrice générale de l’Unicef.

Un appel au réveil ? Comment se réveiller face à la médiocrité des infrastructures de santé, aux troubles civils et aux guerres, à la faible sensibilisation de  communautés entière, à la complaisance et aux hésitations/répulsions/fantasmes face à la vaccination antirougeoleuse ?

Le ministère de de la santé costaricain a annoncé la semaine dernière qu’une famille française venait de réintroduire la rougeole dans le pays – un pays où  la maladie avait disparu depuis cinq ans. Arrivés via un vol Air France un enfant de 5 ans et ses deux parents, arrivés au Costa Rica le 18 février, ont du être prise en charge à l’hôpital de Puntaneras, où ils ont été placés en quarantaine.

Vols long-courriers, tempête et amnésie

Le petit garçon et sa mère n’étaient pas vaccinés et le père n’était pas à jour dans ses immunisations. Les parents ont expliqué aux autorités que des camarades d’école de leur fils avaient contracté la rougeole. Les autorités sanitaires costaricaines recherchent les personnes avec qui la famille a pu être en contact depuis son arrivée sur le sol costaricain. Selon le site du journal La Nacion, vingt-six adultes ont été vaccinés dans l’hôtel de la capitale San José où les trois voyageurs ont séjourné à leur arrivée. La rougeole n’était pas réapparue au Costa Rica depuis 2014 – il s’agissait également d’un cas « importé ». Le dernier cas autochtone remonte à 2006.

« Les conditions d’une véritable tempête sont réunies, prévient Paul Duprex, Professor of Microbiology and Molecular Genetics (University of Pittsburgh) sur le site The Conversation Les vols long-courriers ont raccourci les distances entre l’Europe, l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Asie du Sud-Est, et le virus de la rougeole est si infectieux… Un cas qui se déclare quelque part peut déclencher une infection en n’importe quel endroit du globe. S’avérer incapable de vacciner de larges pans de population favorise la réemergence du virus. De la Californie à New York, de l’État de Washington au Minnesota et à la Géorgie, la rougeole fait un retour en force. Désormais, nous ne pouvons qu’espérer que le dernier décès causé par cette maladie mortelle sur le sol des États-Unis demeurera celui de 2015. Mais rien n’est moins sûr. »

Le Pr Duprex parle ici d’ « amnésie collective ». La France en est désormais atteinte. On attend la thérapeutique.

A demain

@jynau

Vaccin contre la dengue : six responsables de Sanofi Pasteur mis en examen aux Philippines

Bonjour

Rebondissement dans l’affaire internationale du Dengvaxia®, le vaccin contre la dengue de Sanofi Pasteur. L’AFP annonce que le gouvernement philippin a fait savoir, vendredi 1er mars, que six responsables du géant pharmaceutique françai allaient être inculpés dans l’enquête sur la mort d’une dizaine d’enfants vaccinés. Les procureurs philippins accusent le groupe « de ne pas avoir observé activement et surveillé de près les sujets vaccinés », selon un communiqué du ministère de la justice.

A l’origine de cette polémique, la mort de quatorze personnes aux Philippines. L’Etat philippin, qui soupçonne que ces décès soient liés à la prise du vaccin a engagé des poursuites contre Sanofi en février 2018. Il avait aussi demandé au groupe français de rembourser l’intégralité du coût (environ 60 millions d’euros) du programme de vaccination contre la dengue lancé en 2015 auprès de huit cent soixante-dix mille enfants.

Dans un communiqué, Sanofi a fermement rejeté les accusations des autorités philippines, rappelant que l’hôpital général du pays avait assuré qu’il n’y avait« aucune preuve liant directement la prise du Dengvaxia à la mort de quatorze personnes. En dix ans d’essais cliniques, et près d’un million de doses injectées, aucune mort liée au vaccin n’a été observée. Au contraire, l’administration du vaccin a réduit les risques liés à la prévalence de la dengue dans le pays ».

Sanofi a toutefois reconnu que le vaccin pouvait augmenter le risque de développer une forme grave de la dengue dans certains cas sur des personnes vaccinées qui n’avaient pas été exposées auparavant à la maladie. Mais le groupe a toujours assuré que le Dengvaxia était sûr et s’est montré confiant « dans son potentiel prouvé pour réduire le nombre de cas de dengue dans les pays où la maladie est endémique ».

Antilles françaises, Polynésie française, île de la Réunion

En avril dernier, l’OMS a recommandé de tester individuellement les sujets devant être vaccinés avec le Dengvaxia®  – afin de s’assurer qu’ils n’ont pas été préalablement infectés et, ainsi, de réduire les risques. Sanofi rappelle que son Dengvaxia® a été évalué dans le cadre d’études cliniques ayant inclus plus de quarante mille personnes dans quinze pays, complétées par des études d’efficacité et de tolérance « de grande envergure » intégrant jusqu’à six années de suivi à ce jour.

C’est dans ce contexte que les autorités sanitaires européennes viennent d’autoriser la commercialisation du Dengvaxia®. « Avec cette autorisation, expliquent Les Echos,  le médicament va pouvoir être vendu dans les territoires européens d’outre-mer de climat tropical, comme les Antilles françaises, la Polynésie française ou encore l’île de la Réunion, durement frappée cette année par une épidémie de dengue. Il est destiné aux personnes de 9 à 45 ans ayant déjà contracté le virus par le passé, et vivant dans des zones où il est endémique. »

Ce n’était pas, précisément, le projet de départ. A l’origine, Sanofi prévoyait de commercialiser son vaccin aux quelque 3 à 4 milliards de personnes menacées par cette maladie virale transmise par les moustiques dans les zones tropicales. Le marché n’est plus ce qu’il était.

A demain

@jynau

«Sortez Couverts!®» lubrifiés taille standard. Seront remboursés jusqu’au 1er mars 2024

Bonjour,

On ne lit jamais assez le Journal Officiel de la République française. Celui daté du 19 février 2019 publie un arrêté de la ministre des Solidarités et de la Santé ; un arrêté qui aurait réjoui les surréalistes comme les gauchistes de 68 : « Arrêté du 14 février 2019 portant inscription du préservatif masculin lubrifié SORTEZ COUVERTS ! du laboratoire POLIDIS au titre I de la liste des produits et prestations remboursables prévue à l’article L. 165-1 du code de la sécurité sociale ».

Nous sommes ici dans la suite d’EDEN® fabriqué en Thaïlande et commercialisé par « Majorelle 1erlaboratoire citoyen ». Aujourd’hui « SORTEZ COUVERTS ! ® » du laboratoire Polidis.

« Sortez couverts » ? Wikipédia nous rappelle que cette locution verbale a probablement initiée, et en tout cas popularisée par le slogan « Sortez couverts ! » de l’animateur de télévision français Christophe Dechavanne dans le cadre de la lutte contre le sida.  Littéralement elle signifie « sortir avec des vêtements protégeant de la pluie ». Mais elle fut conçue  pour s’adresser surtout aux « jeunes », le verbe sortir étant ici à prendre dans ses connotations amoureuses et festives : sortir avec une fille ou un garçon, sortir en boîte, etc.

Concrètement : utiliser un préservatif masculin lors de relations sexuelles afin de se protéger et protéger les autres des maladies infectieuses sexuellement transmissibles (virus de l’immunodéficience humaine – VIH ; virus de l’Herpès simplex – HSV-2) ; papillomavirus – HPV) ; hépatite B ; syphilis ; chlamydia ; gonorrhée ; trichomonas). Sans oublier sa dimension contraceptive.

« Pas de quoi, vieux. Et sors couvert, hein, parce que là, tu vas avoir affaire à des filles qui ont des heures de vol ! — (Alain TeuliéÀ part ça, les hommes vont bien…, Plon, 2007)

« Depuis quelques mois, il y a un affolement général autour de la maladie, on nous appelle « génération sida », on dit « protégez-vous », « sortez couverts », on parle de sang contaminé et de procès. — (Elsa Flageul, Les Mijaurées, Robert Laffont, 2016)

 Trois réclamations sur dix millions d’unités

Le remboursement de la boîte de douze préservatifs masculins lubrifiés en latex (taille standard) sera pris en charge à hauteur de 60 % par l’Assurance-maladie, le coût d’une boîte étant de 2 euros. Il faut toutefois une prescription signée soit par un médecin soit par une sage-femme. Ajoutons ceci, extrait du dossier de la HAS :

« Le demandeur [Polidis] rapporte qu’aucun évènement de matériovigilance n’a été déclaré depuis la commercialisation des préservatifs ‘’SORTEZ COUVERTS ! ®’’ jusqu’à 2017, sur près de 10 millions d’unités vendues en France. Néanmoins, trois réclamations suite à des défauts qualité du préservatif formulées par les utilisateurs sont signalées : – Une déchirure du préservatif lors de l’utilisation – Un préservatif pas assez lubrifié – Des picotements et irritations au niveau de la bouche et des parties génitales.

« Le demandeur précise que l’investigation n’a pas été possible pour le préservatif déchiré et l’irritation lors de l’utilisation compte tenu du manque d’informations. Pour le préservatif pas assez lubrifié l’industriel précise que l’analyse des préservatifs restants n’a pas fait ressortir de défaut qualité. Deux autres réclamations ont été transmises par les utilisateurs suite à une boîte abîmée et un emballage de préservatif soudé mais vide. »

Vigilance, donc. Et ultime précaution : la prise en charge par l’assurance-maladie ne sera pas éternelle ; sa fin est d’ores et déjà programmée : 1er mars 2024.

A demain

@jynau

 

 

Rougeole : fake news, anti-vax et vraie flambée mondiale. Au moins 136 000 morts en 2018.

Bonjour

Dépassons Val Thorens, la Savoie, et gagnons Genève. On entend déjà les oukases des anti-vax radicaux. Mais, raisonnablement, quelle autre solution que la vaccination ?

Jeudi 14 février, l’Organisation Mondiale de la Santé a alerté : flambée de rougeole dans le monde – bond d’environ 50 % des cas signalés l’an dernier par rapport à 2017. « Quand nous voyons les cas signalés augmenter de 50 %, nous savons que nous nous dirigeons dans la mauvaise direction », a déclaré la Pr Katherine O’Brien, directrice du département « Vaccination et produits biologiques » à l’OMS ».  « Nos données montrent qu’il y a une augmentation substantielle [du nombre] des cas de rougeole, précise-t-elle. Nous le constatons dans toutes les régions. Nous observons des épidémies qui se prolongent et qui prennent de l’ampleur. »

L’AFP rapporte ces données. A la mi-janvier, près de 229 000 cas de rougeole (chiffre provisoire) avaient été signalés dans le monde pour 2018, contre environ 170 000 en 2017.  « Toutes les régions ont vu une hausse des cas l’an dernier », a souligné la Dr Katrina Kretsinger, responsable médicale du Programme élargi de vaccination de l’OMS. Epidémies en Ukraine, à Madagascar, en République démocratique du Congo, au Tchad et en Sierra Leone. « Dans la région Europe, environ 83 000 cas ont été signalés en 2018 jusqu’à présent, dont 53 000 en Ukraine » précise-t-elle.

Et la Dr Kretsinger de rappeler que la rougeole, infection virale hautement contagieuse et pouvant être gravissime dans les pays sous-développés. Elle peut, depuis quelques décennies, être efficacement prévenue à l’aide de deux doses d’un vaccin « sûr et efficace ». Et l’OMS de déplorer « la diffusion de fausses informations sur le vaccin » – « notamment dans les pays riches ».

Démocratie et contraintes

Est-ce là un retour vers l’ancien monde ? Selon l’OMS le nombre des cas de rougeole recensés dans le monde avait diminué jusqu’en 2016. « Nous reculons par rapport aux progrès réalisés et nous ne reculons pas parce que nous n’avons pas les outils pour empêcher cela, nous avons les outils pour éviter la rougeole. Nous reculons, car nous n’arrivons pas à vaccinerles enfants » déplore la Pr O’Brien.

Pour cette spécialiste la principale raison de cet échec dans la vaccination des enfants est que ceux « qui en ont le plus besoin n’ont pas accès au vaccin ».  De ce point de vue les chiffres de l’OMS sont le triste reflet de l’augmentation du nombre des « Etats fragiles, des urgences sanitaires et des réfugiés ». « Les enfants qui ne sont pas vaccinés sont les plus pauvres, ceux qui vivent dans les communautés les plus marginalisées, cela peut être des enfants de réfugiés, de migrants » dit-elle.

Il est aussi, d’autres enfants, dans les pays riches et démocratiques, dont les parents sont opposés à la vaccination. Des pays où les pouvoirs publics estiment ne pas avoir d’autres outils que le recours à l’obligation. Et où les fausses nouvelles galopent sur les réseaux sociaux.

A demain

@demain

Rougeoles savoyardes : avant de partir vers les neiges, prière de vérifier votre état vaccinal.  

Bonjour

C’est une « bouffée épidémique », un cluster rougeoleux qui fait tache, information virale peu banale. 8 février : 18 cas enregistrés. Le 12 février ont était passé à 26 cas. Et l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne Rhône-Alpes de sonner une nouvelle fois l’alerte. Une alerte reprise en chaîne par de nombreux médias : les vacances scolaires d’hiver viennent de débuter pour la zone B et Val Thorens va, comme chaque année accueillir de nombreux touristes skieurs, français et étrangers.

Comment agir, comment prévenir sans déséquilibrer les recettes commerciales de la célèbre station – la plus haute d’Europe, 31 223 lits touristiques répartis dans 3 614 établissements ? L’ARS s’explique via un communiqué envoyé par l’intermédiaire de la mairie :

« L’objectif était de prévenir la population et les nombreux touristes, mais sans les inquiéter. La rougeole est une maladie très contagieuse, une personne contaminée par la rougeole peut en contaminer vingt autres, nous risquons d’autres nouveaux cas très rapidement. Nous avons expliqué la recrudescence des cas de rougeole et que la vaccination était le meilleur moyen de s’en protéger. Nous avons aussi rappelé qu’il faut être vigilant dès qu’il y a un cas suspect de rougeole : il est recommandé de porter un masque et de respecter les règles d’hygiène, en particulier le lavage des mains ».

De 85 % dans l’Ain à 71 % en Ardèche

« À ce jour, nous avons un foyer de 26 cas de rougeole sur la station de Val Thorens, indique le Dr Anne-Sophie Ronnaux-Baron, médecin responsable du pôle régional de veille sanitaire Auvergne Rhône-Alpes. Cette concentration de cas est préoccupante. L’épidémie touche essentiellement des professionnels saisonniers, qui ont entre 20 et 30 ans et qui côtoient des structures identiques (cafés, restaurants, hôtels), voire qui vivent dans la promiscuité. Un enfant est également concerné. Vendredi, nous en étions à 18 cas et ce mardi 12 février nous avons 8 cas supplémentaires. Nous expliquons que la maladie peut être grave, notamment chez les jeunes enfants de moins d’un an qui n’ont pas encore pu recevoir les vaccins, ainsi que chez les personnes fragiles immunodéprimées. Elle peut occasionner des atteintes respiratoires et neurologiques sévères pouvant être à l’origine de séquelles irréversible.s »

L’affaire à dire vrai dépasse Val Thorens, la Tarentaise et la Savoie. Au risque d’irriter les anti-vax on sait que la couverture vaccinale idéale est de  de 95 % – un objectif lointain, presqeu inaccessible en ces temps de méfiance généralisée. En région Auvergne Rhône-Alpes, elle varie de 85 % dans l’Ain à 71 % en Ardèche. Et les mêmes causes causant,, en altitude comme en plaine, les mêmes effets, la majorité des cas déclarés actuellement sont soit non vaccinés, soit vaccinés avec une dose seulement. « Nous recommandons à la population de vérifier sa vaccination et, si les personnes n’ont eu qu’une seule dose, elles doivent rapidement consulter leur médecin pour se faire vacciner pour la deuxième dose. Se faire vacciner dans les trois jours qui suivent le contact avec une personne ayant la rougeole permet encore de s’en protéger » assure l’ARS.

« Nous sommes également en train d’organiser une communication en anglais pour tous les touristes étrangers, annonce le Dr Ronnaux-Baron. Plus globalement, nous incitons toutes les personnes de la grande région Auvergne Rhône-Alpes à vérifier leur statut vaccinal et nous préconisons aux médecins de le vérifier systématiquement pour toutes les personnes qui consultent chez eux. »

En Ardèche tout particulièrement.

A demain

@jynau