Sevrage tabagique et pharmaciens d’officine : les prix libres et indécents du Nicopass®      

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C’est une étude qui ne donnera pas la meilleure image des pharmaciens d’officine. Les prix des médicaments vendus sans ordonnance (prix libres) ont progressé en un an de 4,3 %, avec d’énormes disparités, rapporte le baromètre annuel de l’Observatoire Familles rurales – des résultats barométriques publiés mardi 12 décembre dans Le Parisien et résumés par l’Agence France Presse. L’affaire concerne les sites comme les officines.

« Dans les officines en dur l’association a constaté qu’environ 75% des boîtes de médicaments sans ordonnance sont dépourvues d’étiquette « prix ». Ceux-ci sont inscrits sur des présentoirs « pas toujours accessibles ou lisibles pour les consommateurs », surtout lorsqu’ils sont situés derrière le comptoir, a relevé la fédération qui craint une volonté délibérée de la part des pharmaciens de priver le consommateur d’une « possibilité de comparaison » des prix. Sur les douze médicaments analysés, Familles rurales a relevé un écart de prix moyen allant du simple au triple. »

« Vous pratiquez l’automédication ? N’oubliez surtout pas de comparer les offres, conseille Le Parisien. Car loin d’avoir favorisé la baisse des prix, la loi de 2008 qui autorise la vente en accès libre de médicaments sans ordonnance n’a fait qu’opacifier le marché et désorienter le consommateur. » Selon les relevés effectués dans 40 magasins et sur 43 sites internet en octobre, le prix du « panier » étudié a augmenté de 4,3 % en un an, alors que l’inflation n’était que de 1,1 %. »

« Un produit d’usage fréquent tel que l’Activir, utilisé contre l’herpès, a vu son prix moyen baisser de 7,1 % en 2016 puis s’envoler de 9,8 % cette année. Le Dacryum, solution de lavage oculaire, coûte 9,6 % de plus que l’an dernier. Dans certains endroits, il se trouve à 1,95 euros la boîte et dans d’autres à… 8,50 euros. Soit 3,4 fois plus cher », détaille l’étude. Sur les produits regardés à la loupe par Familles rurales, seuls deux sont en baisse : l’Imodium (− 2,2 %) et le Strepsils (– 1 %).

Affaire doublement politique

 L’étude relève que les variations de prix sont plus importantes dans les officines que sur les sites. Le Maalox oscille entre 2,75 € et… 9,10 € La boîte de Nicopass, « pour cesser de fumer », peut y être facturée 13,90 euros comme … 34,10 euros. C’est là un sujet doublement politique puisque le coût des substituts nicotiniques est (pour partie et de manière forfaitaire) pris en charge par l’assurance maladie 1. Cela s’appelle « accompagner l’arrêt du tabac ».

En pratique l’assurance maladie rembourse, sur prescription, les traitements par substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille, inhaleur…) « à hauteur de 150 euros par année civile et par bénéficiaire », depuis le 1er novembre 2016. Point n’est besoin d’être fort en calcul (mental) pour saisir que cet « accompagnement-remboursement » n’est pas du même ordre selon les pharmaciens auxquels s’adressent les malades fumeurs réclamant d’en finir avec leur dépendance.

Où l’on en revient à cette situation incompréhensible, injustifiable : pourquoi, au vu du fléau que constitue le tabagisme, ces médicaments (devant être prescrits) disposent-ils d’un prix libre ? Pourquoi laisse-t-on des pharmaciens disposer d’une telle liberté ? Pourquoi ces médicaments ne sont-ils pas, intégralement pris en charge par l’assurance maladie ?

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Ombres et lumières du 31ème Téléthon, les thérapies géniques, Big Pharma, Johnny Hallyday 

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Quel est l’avenir du Téléthon? Pour sa 31e édition cette manifestation caritative n’a pas atteint les promesses attendues: 75,6 millions d’euros de promesses de dons contre 80,31 millions il y a an à la même heure. Les organisateurs veulent voir ici la conséquence d’«un contexte difficile» du fait de l’hommage national rendu, le même jour à Johnny Hallyday. Une explication discutable puisque ce même Téléthon avait été placée sous l’égide du chanteur et que les organisateurs expliquent que «la France qui a pleuré Johnny Hallyday est en grande partie celle qui donne aussi pour le Téléthon».

On peut aussi percevoir ici le symptôme d’une forme d’essoufflement, les appels récurrents à la charité publique n’étant pas suivis de réalisation thérapeutiques substantielles. Plus d’un quart de siècle de surplace médical. Ou presque. Un quart de siècle de Téléthon pré-hivernaux, de mises en scène télévisées parfois outrancières, de spectacles associatifs, d’appels parfois poignants au don, de promesses chaque année reportées à des lendemains qui, eux, chanteraient.

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Sanofi condamné à trois millions d’euros dans un premier dossier Dépakine. Paiera ou pas ?

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Dépakine: pour la première fois la multinationale française Sanofi a été condamnée, au civil, pour la «défectuosité de son produit». La cour d’appel d’Orléans confirme ainsi de fait la responsabilité de la firme qui devra «indemniser les dommages subis par une famille du fait de l’exposition in utero d’un enfant au valproate de sodium». L’information vient d’être donnée par Libération (Eric Favereau).

 La justice a estimé que ce médicament est «un produit qui n’offre pas la sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre». « C’est une magnifique décision», a commenté Marine Martin présidente de l’ Association des parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac) qui donne l’information en même temps que Libération. « Cela confirme nos positions . Sanofi a manqué à son devoir d’ information et doit assumer sa responsabilité vis-à-vis des milliers de victimes de la Dépakine » dit-elle.

En 2016, un fonds d’indemnisation avait été créé. Parallèlement, différentes poursuites judiciaires ont été engagées, aussi bien au civil qu’au pénal et des actions collectives sont en cours. Libération précise que le cas que vient de juger la cour d’appel d’Orléans est « terriblement classique » : un un couple dont la femme prend de la Dépakine depuis l’âge de 11 ans contre son épilepsie. La cour d’appel :

 « (…) envisageant une grossesse, il lui a été conseillé de poursuivre ce traitement (…) sans qu’aucune information ne lui ait été donnée par le corps médical  ou le laboratoire sur le danger de la Dépakine, et qu’à l’issue d’une grossesse sans problèmes, elle a mis au monde, le 24 novembre 2002, un enfant, Camille , présentant un syndrome malformatif général, anomalies des membres supérieurs et microphtalmie en particulier».

 « (…)  «la présentation du produit au patient n’offre pas la sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre». Sanofi « ne peut davantage tenter de se dédouaner […] en invoquant la mise à disposition de l’information au médecin qu’elle présente comme un vecteur essentiel de l’information ou en invoquant un défaut de diagnostic extérieur au produit imputable aux médecins en charge du contrôle échographique alors qu’il lui incombait de présenter le produit à la patiente en s’attachant à la sécurité qu’un patient, quel qu’il soit, pouvait légitimement en attendre». 

Pour la cour d’appel, Sanofi ne peut pas se retrancher derrière le fait que le laboratoire est soumis au contrôle des autorités de santé. A final la cour d’appel d’Orléans impose à Sanofi de fortes indemnisations, non seulement pour l’enfant victime de la Dépakine, mais également pour ses proches, c’est-à-dire ses parents et sa sœur : au total, près de trois millions d’euros. La firme a également été condamné à rembourser l’intégralité des frais préalablement versés par l’Assurance maladie.

Sanofi a, sans surprise, décidé de se pourvoir en cassation.

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Rebondissement massif dans l’affaire du géant Lactalis contaminé par des salmonelles

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Il sera dit que l’exécutif français  ne plaisante pas avec la santé des bébés. On croyait l’affaire Lacatlis bouclée depuis le 3 décembre – il n’en est rien. Le gouvernement a annoncé, une semaine plus tard, un retrait massif de laits infantiles du premier groupe laitier mondial en raison d’un risque de contamination par des salmonelles. Mieux : il exige des « mesures correctives » avant toute reprise de la production.

On se souvient peut-être que le géant Lactalis avait initialement rappelé douze références de ses laits infantiles fabriqués dans son usine de Craon (Mayenne). Or le ministère de l’Économie et des Finances vient de publier une liste beaucoup plus importante (plus de 600 lots) qui sont rappelés – interdits à la consommation et à l’exportation. Aucune possibilité d’ « écoulement des stocks ».

Incertitudes

« Le rappel concerne près de 7.000 tonnes de produits fabriqués , a précisé Michel Nalet, directeur de la communication du groupe, cité par Le Figaro. Je ne suis pas capable de dire ce qui a déjà été consommé ». Les exportations sont également bloquées. De nombreux pays sont concernés: Algérie, Maroc, Grande-Bretagne, Taïwan, Roumanie, Grèce, Bangladesh, Chine, Pérou, Géorgie ou encore le Pakistan. Les quantités concernées sont «énormes», a reconnu un porte-parole du leader mondial des produits laitiers.

Le Pr Benoît Vallet, directeur général de la Santé a pour sa part indiqué à l’AFP qu’il était « assez rare de prendre des dispositions massives comme on le fait là ». Pourquoi cette rareté ? Bercy estime que les mesures prises par le groupe depuis le 2 décembre ne sont « pas de nature à maîtriser le risque de contamination ».  De fait le précédent rappel avait été ordonné après la contamination par des salmonelles de vingt bébés de moins de six mois, qui avaient consommé ces produits. Or cinq nouveaux cas ont été déclarés cette semaine, dont un qui avait consommé un « lait de riz » ne figurant pas parmi les produits rappelés le 2 décembre.

Et toujours la même source potentielle de contamination : l’une des tours de séchage de l’usine Lactalis de Craon dans la période du 1er au 6 mai. Par précaution, il a été décidé de procéder à un rappel plus large de l’ensemble des produits fabriqués depuis le 15 février. Et toujours par précaution Lactalis a mis à l’arrêt ses installations le 8 décembre « afin d’y engager des mesures de nettoyage, de désinfection additionnelles, renforcées, pour le futur ».  y compris dans l’autre tour de séchage. Des précautions encadrées par un arrêt préfectoral pris dans la foulée.

Risque de pénurie ?

« Il faut que l’entreprise fasse un plan de correction de sa production pour être capable de rouvrir sa production de laits en poudre » insiste le Pr Vallet – qui ajoute qu’en août et en novembre, des « prélèvements internes à Lactalis » s’étaient révélés positifs aux salmonelles sur le site de Craon. Lactalis confirme : des traces ont été trouvées « sur du petit matériel de nettoyage et sur les carrelages », et pas dans l’appareil de production. « La première information sur ces problèmes de possible contamination nous est arrivée la semaine dernière », a noté le porte-parole du groupe laitier. Sans plus de précisions sur cet étrange retard de transmission.

Rien, en pratique, de dramatique : dans l’immédiat, le ministère a demandé aux parents, « dans la mesure du possible, de ne pas (…) utiliser » les produits concernés, essentiellement vendus sous les marques Milumel et Picot, mais aussi Carrefour ». Ils peuvent aussi faire bouillir le lait pendant deux minutes.

Le liste des lots concernés est disponible sur le site du ministère de la Santé, www.solidarites-sante.gouv.fr. Sont désormais concernés une large gamme de laits premier et deuxième âge, lait-relais, poudres, avec ou sans lactose, à base de protéines de riz… Certains ne sont disponibles qu’en pharmacie. Le géant Carrefour a de son côté décidé « par mesure de précaution » d’élargir son rappel à tous les produits infantiles fabriqués sous son nom à Craon – et pas seulement aux seuls lots concernés par la mesure de Bercy.

La direction générale de la Santé a ouvert le numéro d’information gratuit 0800 636 636 (7 jours sur 7, de 09H00 à 20H00), Lactalis le 0800 120 120 et le service client de Carrefour est joignable au 0969 397 000 (appel non surtaxé). Reste une question : peut-on rappeler 7 000 tonnes de lait infantiles sans créer une situation de pénurie ?

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Chanel, Essilor et politique : la ministre de la Santé confrontée à la réalité de l’optique  

 

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Vigilance citoyenne face aux fausses nouvelles. Quelques lignes acidulées disponibles sur le site du Quotidien du Médecin (Stéphane Long).

« Un quart des jeunes à la recherche d’un emploi ont-ils des problèmes de vue ? C’est ce que pensait Agnès Buzyn. À tort, semble-t-il. La ministre de la Santé s’est fait reprendre par Europe 1 le 8 décembre pour ses propos sur le sujet. Cette semaine, elle avait déclaré que, selon Pôle Emploi, ‘’25 % des jeunes qui cherchent un emploi ont un trouble de la vision et ne sont pas corrigés par des lunettes. Vous vous rendez compte, c’est énorme ! Et ça explique le décrochage scolaire pour certains.’’ »

Vigilance, donc. Dans « le vrai-faux de l’info », Géraldine Woessner est remontée à la source de cette information. En réalité, explique la journaliste, « c’est Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, qui lui a glissé ce chiffre de 25 % en sortant d’un forum pour l’emploi », où elle venait de croiser des employés… d’Essilor. Le fabricant de verre optique avance cette statistique en se basant sur « une poignée de jeunes qui visitent ses stands sur certains salons », révèle Europe 1.

« Autant dire que ce chiffre a peu de valeur » ajoute Le Quotidien du Médecin. Valeur ? Où l’on observe, après le faux-pas de la distribution des montures Chanel, qu’Agnès Buzyn apparaît, d’un strict point de vue politique, assez éloignée de la réalité des correctifs optiques.

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Noël 2017 psychiatrique : Donald Trump, un président junkie ; les « corps au paroxysme »

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Cela pourrait être un cadeau de Noël pour adultes intellectuels consentants (22 euros) : « Corps au Paroxysme ». Soit le troisième numéro de la jeune revue « Sensibilités ». A déguster devant la cheminée. Un petit chef d’œuvre, ardu et précieux de la maison d’édition « Anamosa » – une somme originale vantée il y a peu sur les ondes de France Culture.

Une définition de « paroxysme » s’impose: « Moment le plus intense dans le déroulement de quelque chose ». Ou encore : « Phase d’une maladie, d’un état morbide pendant laquelle tous les symptômes se manifestent avec le maximum d’acuité ». C’est, pour résumer, le « degré extrême », plus fort peut-être que la simple acmé.

« Des aventures du corps, l’on croirait presque avoir tout dit, tout exploré. Le vrai est que nous savons mieux qu’hier ce que le corps a de politique, écrit, en introduction, Hervé Mazurel. Nous n’ignorons plus les discrètes autant qu’étroites surveillances extérieures auxquelles il est soumis. D’autant plus efficaces, d’ailleurs, que l’histoire de ces techniques – celle qui a vu les barbelés se substituer aux murs, puis les rayons infrarouges et les empreintes digitales à ces mêmes barbelés – est celle d’une conquête historique d’une infinie portée : l’invisibilité panoptique ou le ‘’voir sans être vu’’. »

M. Mazurel poursuit en ces termes :

«  Toutefois, jamais ce surcontrôle social externe n’aurait eu tant d’effet sur le corps s’il ne s’était accompagné sur la longue durée d’un déploiement toujours plus strict d’autocontraintes intérieures qui, à travers la lente formation du surmoi comme des contraintes de l’habitus, ont visé à endiguer le flot de ses forces primaires et jaillissantes. »

Où l’on aimerait un croisement de ces propos avec ceux, proprement bouleversants, développés par Antonio Damasio dans son dernier ouvrage :  « L’ordre étrange des choses – la vie, les sentients et la fabrique de la culture » (Odile Jacob). En aval du travail révolutionnaire de Damasio.

Sensibilités dit « explorer la part obscure, souterraine, sinon maudite, de la vie sociale ». « Elle se met en quête des situations extrêmes et des expériences-limites qui dessinent les bords de l’humaine condition, nous explique-t-on. À travers les visages de l’ivresse, de l’extase, de l’obscène, de la fureur ou encore de l’effroi-panique, dans les douleurs de l’accouchement ou les spasmes de l’agonie, dans les cruautés du massacre, dans les vertiges de la transe ou de la liesse, dans les secrètes voluptés de la luxure comme dans les puissances transgressives du délire. Sensibilités s’en va traquer les corps au paroxysme… »

« Rien de commun ici, voudrait-on croire. Sinon peut-être ceci : désigner chaque fois la séquence la plus aiguë d’une affection. Et, par là, le comble du vivre. Soit ce point au-delà duquel quelque chose paraît s’arrêter. Soit ce qui dans l’expérience vécue peine toujours à se dire. C’est peut-être d’abord à cela que se reconnaît le paroxysme : sa sous-verbalisation. Car, d’emblée, celui-ci nous projette sur les cimes inquiétantes du langage, aux bornes mêmes de la représentation. De là, pour le chercheur, les souveraines vertus d’une pareille enquête : celles d’ébranler jusqu’aux dernières certitudes, d’inquiéter tout le savoir. »

Tout cela est parfois ardu, parfois déroutant, souvent passionnant, éclairant – comme la relecture de l’hystérie-hypnotique de l’immortel Jean-Martin Charcot (1825-1893).

Narcisse réinventé par Tweet ?

S’habitue-t-on au paroxysme ? La question nous est posée depuis l’autre rive de l’Atlantique. Vingt-sept spécialistes de la santé mentale viennent d’y publier The Dangerous Case of Donald Trump (ed. Thomas Dunne, non traduit). Un affaire née avant même puis au décours de l’élection. Qui traduira cet ouvrage essentiel en français ? Il y a urgence démocratique. «  Rosemary K.M. Sword et Philip Zimbardo, s’appuyant sur les tweets et les déclarations du président, voient en lui un ‘hédonisme du présent extrême et débridé’’ : il sur­réagit à l’événement comme un ‘’ junkie à l’adrénaline’ sans penser aux conséquences de ses actes. Il se conduit de façon ’infantile’’ en multipliant les mensonges, les remarques immatures sur le sexe’’ sur la taille de son ­pénis, manifestant un besoin perpétuel d’attention » peut-on lire dans Le Monde (Frédéric Joignot).

D’autres parlent, preuves à l’appui, de « sociopathe ». Narcisse réinventé par Tweet ? « La troisième partie du livre analyse les effets psycho­logiques de la présidence Trump sur les Américains. ­Jennifer Panning évoque un « syndrome post-électoral » : beaucoup de gens s’inquiètent et s’efforcent de trouver « normal » ce qui leur semble « anormal » dans cette présidence » écrit Le Monde.

C’est sans doute là le plus grave : la contagion démocratique de l’effacement des frontières du normal et du pathologique psychiatrique : les Etats-Unis sombrant peu à peu dans une forme de folie ? Pour Noël, de Stanley Kubrick (1928-1999): « Docteur Folamour ». Avant épuisement des sapins et des stocks.

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Grâce au Levothrox l’Agence du médicament a découvert l’existence des réseaux sociaux

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Bientôt mi-décembre. A ce stade de l’affaire 23 000 « signalements » de pharmacovigilance-Levothyrox ont officiellement été enregistrés. On en comptait 15 000 à la mi-septembre. Le chiffre actualisé vient d’être donné lors une conférence de presse de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) – rencontre dont l’essentiel vient d’être rapporté par Le Quotidien du Médecin (Fabienne Rigal).

Mais encore ? L’ANSM a aussi présenté la répartition de la dispensation des spécialités à base de lévothyroxine, entre le 16 octobre et le 6 décembre. Si 90,5 % concernent le Lévothyrox-nouvelle formule (de Merck), 7,2 % concernent la « L thyroxine Henning » (de Sanofi), 1,8 % la L-thyroxine serb et seulement 0,5 % pour l’Euthyrox, de Merck (ancienne formule, présente à titre temporaire).

« L’objectif est de sortir de la situation de crise actuelle en offrant une diversité de solutions aux patients », précise la direction de l’ANSM. Mais l’important de cette rencontre est ailleurs.

Foisonnement complexe

 « Jusqu’à mi-août, les centres de pharmacovigilance n’ont pas observé de problème particulier, a rappelé Dominique Martin, directeur général. Les choses se sont plutôt passées sur les réseaux sociaux, à partir de la mi-juillet, et il importe donc de mieux les utiliser pour la pharmacovigilance. C’est un monde foisonnant et complexe, mais l’analyse de risques doit être élargie à cette dimension nouvelle. »

Le Quotidien du Médecin ajoure que pour sa part le Pr Antoine Pariente, responsable du centre régional de pharmacovigilance de Bordeaux, a déclaré :  « La notification est une nouveauté extraordinaire et une grande opportunité, mais il manque aussi une éducation à la notification (raison pour laquelle nous communiquons auprès des associations de patients) et ces signalements entraînent un volume d’effets indésirables à gérer qui est considérable. Le 17 août, les notifications ont été multipliées par quatre-vingt ! Il va nous falloir apprendre à mieux utiliser ces signalements. »

Graine ministérielle

Ce sont là des évidences. Une autre évidence est que la direction de l’ANSM semble, de ce point de vue, bien en retard sur la réalité médiatique telle que chacun peut l’observer. Elle le reconnaît pour la première fois. C’est bien le moins.

Comment comprendre que cette Agence n’a elle pas pris la mesure, dans son champ de compétence, de la bombe que constitue l’association des effets nocebos potentiels et du bouillon de culture des réseaux sociaux ? Le ministère de la Santé pourrait utilement en prendre de la graine. Car « l’affaire du Levothyrox » pourrait bien n’être que la première d’une série de nouvelles formes d’emballements angoissés-angoissants dans le champ, infini comme chacun sait, du médicament.

A demain