Ubu-roi : le gouvernement veut lutter contre le cancer en aidant les buralistes à vendre du tabac

Bonjour

Il faut lire  Le Dauphiné de ce jour pour (une nouvelle fois) prendre la mesure des incohérences mortifères  de l’exécutif vis-à-vis de l’addiction tabagique. Interrogé : Gérald Darmanin  que l’on ne présente déjà plus et qui vient de fêter ses 35 ans.

Le ministre de l’Action et des Comptes publics est interrogé sur le budget 2018 dont le débat a commencé hier pour les députés en commission. Il explique que ce budget réalise la « quadrature du cercle ». Ni plus, ni moins : « il redonne du pouvoir d’achat, il baisse la fiscalité pour les particuliers et les entreprises, il réduit la dépense publique et notre déficit, et il investit pour l’avenir de notre pays. » Et on en vient à cette question :

 Le Dauphiné : « Les buralistes, surtout les frontaliers, s’inquiètent de la hausse programmée du prix du tabac. Que direz-vous devant leur congrès ? »

Gérald Darmanin : « La lutte contre le cancer est une priorité de santé publique. En même temps, il ne faut pas caricaturer la profession qui tient parfois les derniers lieux de socialisation des villes et villages. Il y a chez les buralistes des gens qui gagnent correctement leur vie mais aussi des situations de détresse, notamment chez les frontaliers.

« Il faut les accompagner pour qu’ils continuent de se moderniser, en aidant davantage ceux qui en ont le plus besoin. Cela peut passer par des mesures budgétaires ou des modifications de réglementation lorsque c’est nécessaire : nous allons y travailler avec eux. Par ailleurs, nous allons lancer une action dans les prochains jours au niveau européen pour lutter encore mieux contre les trafics. »

Où l’on voit qu’une priorité de santé publique n’interdit pas de défendre, en même temps, une position radicalement opposée. On demande encore au ministre s’il va être exclu des Républicains ? « Nous verrons, dit-il. J’ai adhéré au RPR à l’âge de 17 ans. Je reste fidèle au gaullisme social tout en étant très fier d’être dans la majorité présidentielle. Je pense que l’hésitation à lutter contre Marine Le Pen, ce rapprochement avec la droite extrême qu’incarne M. Wauquiez, est mortifère. »

Mortifère, donc. Et demain ? Beaucoup disent de M. Darmanin, 35 ans, qu’il se voit déjà président de la République. « Je n’ai pas cette ambition, assure-t-il. Et suis très heureux aujourd’hui d’être en charge de la fonction publique et du budget de notre Nation. »

A demain

 

Levothyrox : le surprenant premier bilan de l’Agence nationale de sécurité du médicament

Bonjour

Deux mondes qui ne peuvent se parler. l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié, le 11 octobre, les premiers résultats de l’enquête de pharmacovigilance initiée dès la mise sur le marché de la nouvelle formule de Levothyrox en mars 2017 – une enquête qui « vise à analyser les signalements d’effets indésirables rapportés ».

Cette analyse intermédiaire de l’enquête porte sur la période allant de fin mars au 15 septembre 2017. A cette date, 14 633 signalements ont été reçus par les centres régionaux de pharmacovigilance  – soit 0,6 % des 2,6 millions de patients traités par Levothyrox nouvelle formule. Sur ce total, 5 062 cas ont été rapportés par les patients comme « graves » (déclarés comme ayant des conséquences sur la vie familiale, professionnelle ou sociale) ou ont pu être bien documentés.

Effets les plus fréquemment rapportés : fatigue, maux de tête, insomnie, vertiges, douleurs articulaires et musculaires et chute de cheveux. Il s’agit là, selon l’ANSM d’effets « déjà connus avec l’ancienne formule du Levothyrox ». Explications de l’Agence :

« Cette enquête confirme la survenue de déséquilibres thyroïdiens pour certains patients lors du passage de Levothyrox ancienne formule à Levothyrox nouvelle formule. En effet, tout changement de spécialité ou de formule peut modifier l’équilibre hormonal et nécessiter un réajustement du dosage qui peut nécessiter un certain délai. Tous les effets indésirables témoignent d’un déséquilibre thyroïdien en lien avec le changement de traitement; aucun effet indésirable d’un type nouveau, qui serait spécifique de la seule nouvelle formule, n’a été retrouvé. »

Les nouveaux excipients innocentés

Sur les 5 062 cas, 4 sont des décès sans que le lien avec le Levothyrox « nouvelle formule » soit établi :

« Un cas d’arrêt cardiorespiratoire chez une patiente de 34 ans recevant un lourd traitement psychiatrique, pour laquelle l’exposition à LEVOTHYROX® NF est inconnue ; un cas de mort subite chez une femme de 78 ans ; autres médicaments co-suspects d’imputabilité plus forte ; un cas de femme de 39 ans chez laquelle un diagnostic de thyroïdite d’Hashimoto est posé en juillet 2017 ; LEVOTHYROX® initié, sans doute NF ; décès un mois après dans un tableau d’oedème pulmonaire avec insuffisance cardiaque ; TSH à 1,92 mUI/L ; résultats de l’autopsie en attente) ; un cas d’AVC ischémique chez une femme de 87 ans diabétique chez laquelle est retrouvée une TSH à 0,0270 au cours de l’hospitalisation, exposition LEVOTHYROX® AF ou NF non précisée). »

En d’autres termes rien à signaler, officiellement, du côté des excipients modifiés. Une position qui ne manquera pas de susciter quelques réactions. Pour y voir plus clair l’enquête de pharmacovigilance va poursuivre et même s’élargir avec l’arrivée des nouveaux médicaments à base de lévothyroxine. « Du fait de la fréquence inattendue de signalements et de certains cas de patients qui présentent à la fois des signes d’hypo ou d’hyperthyroïdie avec des dosages de TSH dans les normes attendues, le Comité technique de pharmacovigilance (CTPV) souhaite que soit mis en place un groupe de travail constitué de professionnels de santé, pharmacovigilants et patients afin de poursuivre les investigations. »

Trouvera-t-on, dans ce « groupe de travail », des traducteurs pour que chacun comprenne ce que dit et pense son voisin ?

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Vaccin contre le cancer du col de l’utérus : lourdes ambiguïtés de la Haute Autorité de Santé

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Sous le langage officiel, parfois, quelques éclairs. C’est un communiqué symptomatique. Il est signé de la Haute Autorité de Santé (HAS) : « Cancer du col de l’utérus : une meilleure couverture vaccinale et un dépistage renforcé restent la priorité ».

Le contexte. Chaque année en France, on diagnostique environ 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus, 500 cancers de la vulve, 300 cancers du vagin et 1 100 cancers de l’anus – et dans le même temps plus de 1 000 décès prématurés. Le cancer du col de l’utérus est l’un des seuls cancers dont le taux de survie à 5 ans est en diminution. Dans presque tous les cas nous sommes là face à la conséquence d’une infection persistante causée par un ou plusieurs papillomavirus humains (HPV), agents pathogènes sexuellement transmissibles.

La nouveauté. Il existe aujourd’hui en France deux vaccins (disponibles et remboursés) contre les infections dues aux HPV : le Cervarix (GSK) et le Gardasil (MSD). Arrive un troisième : le vaccin Gardasil 9. Il est présenté comme protégeant contre cinq génotypes supplémentaires – par rapport au Gardasil précédent. Et, nouveauté, il vient d’être évalué par la HAS. Cette dernière « reconnaît son efficacité importante et sa bonne tolérance, proche de celle de Gardasil ». Elle le « propose donc au remboursement en lui attribuant un service médical rendu’’ important ‘’ ».

L’incohérence. Mais dans son évaluation du « progrès » représenté par Gardasil 9, la HAS constate que les génotypes 16 et 18, responsables des cancers du col de l’utérus les plus graves et les plus nombreux, sont déjà couverts par le Gardasil précédent. « En conséquence, Gardasil 9 n’aura qu’un impact supplémentaire faible en vie réelle » dit la HAS – qui lui attribue de ce fait  une amélioration de  service médical rendu V (traduction : amélioration « inexistante » – « absence de progrès thérapeutique »).

Pourquoi, dès lors, proposer au remboursement par la collectivité une totale absence de service médical ? Et ce d’autant  que la HAS préconise dans le même temps « que la dépense publique soit prioritairement consacrée à renforcer la couverture vaccinale et le recours au dépistage ». De quoi (et de qui) parle-t-on ?

La question sans réponse : En France la stratégie de prévention des cancers liés aux HPV repose notamment « sur la vaccination chez les filles de 11 à 14 ans avec un rattrapage jusqu’à 19 ans révolus ». «  A ce jour, en France, la prévention des infections à HPV est insuffisante, souligne la HAS. Le taux de couverture vaccinale est l’un d’un des plus bas en Europe : moins de 20% de la population cible est vaccinée alors que le Plan Cancer 2014-2019 fixe un objectif de 60%. »

A qui la faute ?  A quand le procès ? Pourquoi ne pas rendre, lui aussi, ce vaccins obligatoire ? Ici, la HAS se tait.

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« Moi(s) sans tabac 2017 » : les vapoteurs dénoncent l’infantilisation des fumeurs  

 

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 Alors que l’exécutif reste dans le déni, les organisateurs de l’opération « Moi(s) sans tabac 2017 » ont laissé un trou de souris à la cigarette électronique. L’association SOVAPE 1 l’utilisera: elle explique, dans un communiqué, qu’elle soutient l’opération. Ce qui ne l’empêche nullement, fort heureusement, de dénoncer, sur la forme comme sur le fond, plusieurs aspects de cette initiative. Extraits :

« Le « Moi(s) Sans Tabac 2017 » ressemble beaucoup à l’opération qui a été menée l’an dernier. Avec des tutelles uniquement institutionnelles – Santé Publique France, Ministère des Solidarités et de la Santé, Assurance Maladie – le ton reste ainsi dans la ligne traditionnelle de la lutte anti-tabac telle qu’elle est menée en France depuis des décennies. »

SOVAPE dénonce notamment « une communication graphique et un discours « infantilisant » vis-à-vis des fumeurs ; « des « kits pour les fumeurs » principalement constitués de « joujoux » et de conseils qui sont très loin des préoccupations et des besoins immédiats de la personne qui souhaite arrêter de fumer ; « une priorité donnée au parcours médical, présenté comme une nécessité, alors qu’en réalité, 95% des fumeurs ne souhaitent pas consulter un professionnel de santé pour sortir du tabagisme ;  « une présentation des substituts nicotiniques également prioritaire lorsqu’il s’agit de pallier le manque de nicotine.

 Sortir du déni

On est très loin, en somme, de l’efficacité pragmatique britannique et du site « Stoptober ». Pour autant SOVAPE se refuse à désespérer :

« Nous n’avons n’a pas été consultés pour l’élaboration des contenus du « Mo(is) Sans Tabac », que ce soit pour la communication ou les « outils » à destination des fumeurs. Mais certaines de nos remarques pendant les réunions du Groupe de Travail Vapotage ont été entendues suite à l’opération de l’an dernier. »

C’est ainsi que dans un certain nombres de documents, la cigarette électronique n’est plus seulement « signalée » mais fait partie de l’ensemble des « solutions » possibles et proposées pour arrêter de fumer. Il y a un progrès par rapport à l’an dernier. Il reste encore à dire haut et fort une vérité trop ignorée : la bien moindre nocivité de la vape par rapport au tabac. Il faudra, pour cela, que les hauts responsables sanitaires sortent du confortable déni officiel pour, enfin, oser emprunter les chemins de la réduction des risques.

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1 L’association SOVAPE a pour objet « d’agir et dialoguer pour faire avancer la réduction des risques et des dommages du tabagisme dans la société ». « Soucieuse de s’inscrire singulièrement et utilement dans le paysage de la lutte contre les risques du tabagisme, SOVAPE est établie sur un modèle « à dons et subventions » : ses statuts lui permettent de rechercher toutes sortes de financements publics ou privés (excepté industries du tabac, industries pharmaceutiques et industrie de la vape) afin de mener des actions d’envergure, durables ou ponctuelles. La politique de collecte et la nature des fonds récoltés est totalement transparente. »

 

Des infirmières et des pompiers gazés : les urgences de l’hôpital de Saint-Denis envahies

 

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Aujourd’hui 10 octobre 2017, manifestations dans toute la France d’agents hospitaliers en grève parce qu’inquiets. En grève contre les « attaques » du gouvernement et les menaces d’un président « des riches ». Et brutale confirmation que les espaces des « urgences » sont désacralisés.

C’est une information du Parisien : « Saint-Denis : ils envahissent les urgences et gazent pompiers et infirmières ». Où l’on apprend qu’une échauffourée survenue dans la soirée du vendredi 6 octobre, non loin du « Décathlon » de la Plaine-Saint-Denis, s’est prolongée jusqu’aux urgences de l’hôpital Delafontaine. Les assaillants poursuivaient leurs victimes admises peu auparavant dans le service.

Ils ont alors pénétré dans le sas et gazé quatre pompiers et deux infirmières.  « Aucun patient n’a été blessé. La salle d’attente où se trouvaient de nombreuses personnes n’a pas été touchée, précise Le Parisien. Grâce au dispositif de sécurité renforcé, en vigueur à l’hôpital depuis 2008, la police est intervenue dans les minutes qui ont suivi l’incident. Elle a interpellé les cinq agresseurs. »

Des urgences-banques

Les trois blessés s’étaient quant à eux réfugiés dans le laboratoire. Ils ont alors pu sortir de leur cachette et leurs soins ont pu être poursuivis.  Pendant la demi-heure de fermeture, les patients ont été acheminés vers les hôpitaux de Montreuil et de Bobigny. « Cela a créé un grand émoi dans l’hôpital, a déclaré au quotidien Yolande Di Natale, directrice du centre hospitalier de Saint-Denis. Mais nous sommes directement reliés au commissariat. Immédiatement, quatre véhicules de police se sont présentés à l’hôpital. Nous disposons en outre d’un vigile et d’une équipe de sécurité. Nous sommes confrontés une à deux fois par an à ce type de débordements. C’est très spectaculaire, mais la police est très réactive. »
Les cinq agresseurs ont été placés en garde à vue – puis remis en liberté. La direction de l’hôpital a porté plainte. Nul ne sait si Agnès Buzyn, ministre de la Santé a fait un geste vis-à-vis du personnel hospitalier et des pompiers agressés. Reste, en France, face à la spectaculaire désacralisation des urgences, le « presse-bouton » qui assure la réactivité de la police. Comme dans les banques. Reste un espace hospitalier français qui, à grande vitesse, change de visage. Et un personnel inquiet, souvent très mal payé, qui manifeste encadré par les forces de police.

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Atteint de la rage, un enfant de 10 ans a été hospitalisé à Lyon. Il avait séjourné au Sri Lanka

 

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Un enfant âgé de 10 ans habitant le Rhône a contracté la rage. Il avait été été mordu en août par un chiot porteur de la maladie sur une plage du Sri Lanka. L’information vient d’être confirmée par l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes après que le diagnostic porté par le Centre national de référence de la rage, à l’Institut Pasteur. L’enfant est hospitalisé depuis le 4 octobre. Aucun détail sur son état de santé n’a été donné par l’ARS qui précise avoir identifié les personnes « ayant été au contact direct avec la salive ou les larmes de cet enfant », compte tenu de la « gravité » de la maladie.  L’incubation chez l’homme de cette maladie, « presque constamment mortelle une fois déclarée », varie entre 20 à 60 jours en moyenne, rappelle l’ARS.

Le garçon n’avait pas reçu de traitement prophylactique – ni au Sri Lanka, ni à son retour en France. Le 1er octobre il  a présenté de premiers signes cliniques neurologiques évocateurs avant d’être dirigé vers les Hospices civils de Lyon où son état s’est brutalement dégradé.

La France est reconnue indemne de la rage. Toutefois, depuis 1970, 23 cas ont été observés sur des personnes après des retours de voyage à l’étranger. Le dernier datait de 2014. Dans le monde la rage est toujours responsable de quelque 59.000 décès par an.

Une éradication prévue pour 2030

Il y a quelques jours la « Journée mondiale contre la rage » avait été marquée par l’annonce du lancement de la plus grande initiative mondiale contre cette maladie – une initiative conjointe de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Alliance mondiale contre la rage (GARC : Global Alliance for Rabies Control). Objectif : éliminer d’ici 2030 les décès humains dus à la rage transmise par les chiens.

En pratique, il s’agira pour l’essentiel de prévenir la rage transmise par les chiens au moyen de l’extension de la vaccination canine et en développant l’accès aux soins, aux médicaments et aux vaccins pour les populations à risque.  Le défi est de taille : la rage, maladie virale en général mortelle après l’apparition des symptômes, est aujourd’hui encore présente dans plus de 150 pays et territoires.  La vaccination de masse des chiens est  unanimement reconnue comme la seule méthode pour éradiquer la maladie chez l’homme.

A demain

 

 

Agnès Buzyn veut 500 000 fumeurs de moins par an et pendant cinq ans. Sans dire comment

 

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Présentant hier 9 octobre le dispositif du prochain « Mois sans tabac » Agnès Buzyn a explicité la noble ambition de l’opération : « que toute la société s’engage pour faire évoluer le regard trop souvent complaisant à l’égard de la cigarette ». Et la ministre des Solidarités et de la Santé d’ajouter, selon le Quotidien du Médecin, qu’elle se fixait un objectif plus qu’ambitieux : 500 000 fumeurs en moins par an, pour arriver sous la barre des 23 % de fumeurs d’ici la fin du quinquennat.

Reste à savoir comment faire ce pas de géant. Agnès Buzyn a précisé qu’un nouveau Programme National de Réduction du Tabagisme (PNRT) sera élaboré au printemps. Il était temps. Qui se souvient du précédent ? Il avait été présenté il y a trois ans par Marisol Touraine à la demande de François Hollande. On le retrouvera ici. Ce devait être une « stratégie coordonnée » avec des objectifs chiffrés : le nombre de fumeurs aurait baissé de 10% en 2019. Et en 2023 la France serait sous la barre des 20% de fumeurs. « Dans moins de 20 ans, nous voulons que les enfants qui naissent aujourd’hui, soient la première génération de non-fumeurs » ajoutait Marisol Touraine.

Trois ans plus tard (et en dépit de l’introduction du « paquet neutre ») rien n’a bougé – quand la situation n’a pas empiré. L’actuel  pouvoir exécutif reste dans le déni de l’apport que peut constituer la cigarette électronique et aucune stratégie politique globale de réduction des risques n’est annoncée. Seule mesure programmée : une succession de trop petites hausses sur une trop longue période du prix des cigarettes.

Montrer l’exemple

Que nous dit, aujourd’hui la ministre ? Ceci, qui semble venir du siècle précédent : « les professionnels de santé doivent pour montrer l’exemple arrêter de fumer. Comment convaincre des dangers du tabac, une cigarette à la main ? ». Agnès Buzyn a aussi annoncé la tenue d’un colloque « sur les lieux de santé sans tabac », au ministère, la 24 octobre prochain.

Autre mesure : des délégués de l’assurance-maladie « frapperont aux portes des cabinets pour relayer les recommandations de la Haute autorité de santé et faire connaître les modalités de prise en charge des substituts nicotiniques » (sic). Enfin la stratégie nationale de santé devrait comporter des mesures, en lien avec le ministère de l’Éducation nationale pour que l’école soit « un lieu d’apprentissage des comportements favorable à la santé ».

Un « Programme National de Réduction du Tabagisme » ? Chaque année en France 250 000 jeunes deviennent des fumeurs quotidiens. Un tiers des jeunes de 17 ans fume tous les jours alors qu’ils ne devraient pas pouvoir acheter du tabac chez les buralistes. Agnès Buzyn le déplore. Elle n’est pas la seule. Mais elle seule est ministre de la Santé.

A demain