Pas de « prime Covid » pour les soignants intérimaires : Olivier Véran face à l’injustice

Bonjour

31/07/2020. Qui, dans les médias généralistes, hormis Le Monde (Bertrand Bissuel), s’intéresse encore à ce dossier bien ingrat : la « prime exceptionnelle » créé pour les personnels ayant accompagné les malades du Covid-19 ? C’est là une affaire qui a provoqué quelques remous depuis l’annonce, par Emmanuel Macron le 25 mars dernier, d’une gratification financière. Il s’agissait de faire un geste à l’égard de « nos soignants qui se battent aujourd’hui pour sauver des vies ». Des retards puis, progressivement, des mécanismes mis en place, en plusieurs étapes, prévoyant le versement de sommes pouvant aller jusqu’à 1 500 euros, dans les établissements publics et privés.

Le dernier remous ne tient à rien d’autre qu’à une véritable injustice : les soignants employés en intérim ont tout simplement été bannis de ce dispositif. « C’est, en substance, ce que dénoncent le patronat et les syndicats de la branche du travail temporaire, dans une ‘’ lettre paritaire’’ envoyée, mercredi 29 juillet, au ministère des Solidarités et de la Santé, rapporte Le Monde. A travers cette démarche – rarissime du fait de son caractère unanime –, les partenaires sociaux souhaitent obtenir la suppression d’une ‘’discrimination incompréhensible’’, synonyme de ‘’mépris’’ pour celles et ceux qui en sont victimes. » Les soignants intérimaires potentiellement éligibles à la prime représenteraient un effectif d’un peu moins de 13 000 équivalents temps plein.

Injustice

C’est le troisième projet de loi de finances rectificatives pour 2020, définitivement adopté par le Parlement le 23 juillet qui « a traduit en termes juridiques cette exclusion », a déclaré au quotidien Isabelle Eynaud-Chevalier, déléguée générale de Prism’emploi, organisation qui regroupe plusieurs centaines d’entreprises de travail temporaire.. « Une telle mesure entre en contradiction avec un principe fondamental, celui de l’égalité de traitement, inscrit dans le code du travail, ajoute-t-elle. C’est assez terrible, sur le plan symbolique, car les soignants, quel que soit leur statut, ont tous été actifs. Et le virus, lui, n’a fait aucune distinction. » 

Faudrait-il en effet rappeler que l’énergie déployée pour sauver des vies de même que les risques inhérents de contamination furent en effet les mêmes pour l’ensemble des personnels, titulaires ou non de leur poste ? Et Le Monde de citer un haut fonctionnaire anonymisé : le ministère de la santé ne voudrait pas payer notamment parce qu’il considère que « les intérimaires sont déjà bien rémunérés, surtout les médecins » 1.

Au ministère d’Olivier Véran on a d’autres explications à donner :  « La prime Covid a été mise en place pour que chaque établissement puisse valoriser l’engagement de ses soignants, médecins comme paramédicaux face à la crise  Elle couvre donc l’ensemble des professionnels de l’établissement, mais ne s’étend ni aux intérimaires salariés ni aux prestataires ». Qui pourrait imaginer un seul instant qu’Olivier Véran, hier encore soignant hospitalier, puisse accepter qu’une telle injustice soit commise ?

A demain @jynau

1 Commentaire du Collectif Inter-Hôpitaux: « Il y a effectivement une discussion sur certains intérimaires qui ont été beaucoup plus payés que les soignants en poste… La prime étant alors une sorte de « compensation » ».

Une direction hospitalière peut-elle réclamer les courriers d’éloges destinés aux soignants ?

Bonjour

31/07/2020. C’est un mail véridique autant que symptomatique. Adressé aux chefs de service il est signé de la responsable des « Relations avec les Usagers, les Associations et les Cultes » de plusieurs hôpitaux de l’AP-HP. On imagine qu’il n’est pas unique. Extraits :

« Afin de comptabiliser le nombre exact de courriers d’éloges qui nous sont envoyés chaque année, à la Direction comme dans vos services respectifs, pourriez-vous me communiquer chaque lettre de remerciements que vous recevez ? En effet, chaque année l’ARS demande un bilan de la Commission des Usagers et les chiffres que nous communiquons ne reflètent pas la réalité car ne sont comptabilisés que les courriers directement envoyés à la Direction. Je vous remercie pour l’intérêt que vous porterez à ma demande qui contribuera à l’image positive de notre établissement. »

Extraits de la réponse de l’un des chefs de service concernés :

«  J’ai préféré ne pas vous répondre de mon lieu de vacances tant ce mail m’a sidéré et laissé dans l’incompréhension la plus totale. Mais je le fais le jour de mon retour. Je souhaite vivement que vous ne soyez pas à l’origine de ce mail.

« Les lettres d’éloge sont du ressort du colloque singulier entre un médecin ou une équipe et le malade ou sa famille. Il s’agit de documents intimes et confidentiels. En aucun cas, ils ne vous seront communiqués.
Ils ne relèvent pas d’un traitement comptable et encore moins exact.

« Ou bien alors, il faudrait pondérer ces lettres en fonction de la circonstance dans laquelle elles ont été envoyées (X 4 si le patient est décédé, X 0,25 en cas de chirurgie esthétique sans justification médicale, X 7 si une vie a été sauvée, bref, je vous laisse établir les facteurs correctifs).
« Sans doute aussi, faudra-t-il générer des tableaux excel, des hiérarchies, des valorisations, des lauréats du mois affichés dans le hall? Sans doute aussi, pour être vraiment exact, faudra-t-il comptabiliser les remerciements oraux, les mains tendues, les larmes, les caresses, les clins d’œil, les sourires, les silences qui en disent long, les boîtes de chocolat ou de café.

« Il faudra aussi soustraire les lettres de mécontentement. Peut-être faudra-t-il, pour améliorer « l’image positive de notre établissement », comptabiliser les lits fermés faute de PNM, les consultations sans personnel d’accueil, les secrétaires enceintes ou malades non remplacées, etc, etc, etc. Avez-vous compris le sens de la révolte du corps médical et soignant contre la déshumanisation des soins ? Trop, c’est trop. »

Extraits d’une autre réponse :

« Voyez-vous, une lettre de remerciement d’un patient est un instant souvent intime et subjectif entre deux individus (ou plusieurs , familles, équipe..) qui n’a, à mon sens, nullement à être comptabilisé. Il faut avoir la volonté de transformer chaque signe de vie relationnelle en « indicateur qualité » pour en arriver à des propositions aussi saugrenues mais je crains que ce soit justement le piège de cette langue de ne plus être capable d’y percevoir leur fonction première: une trace de lien. »

S’enflammer ? Comprendre ? Conclure ? Peut-être en rappelant, comme le fait dans ce contexte la responsable de la direction d’un CHU, que les courriers de réclamation et de remerciements « relèvent au premier chef du colloque entre le médecin, l’équipe médicale et l’équipe soignante, quand ils ont trait au soin ».

« Mais le patient ou la famille qui fait le choix d’écrire au directeur pour les exprimer, fait aussi celui de partager le mécontentement ou la satisfaction sur sa prise en charge, ajoute-t-elle.  Il espère souvent que les enseignements en seront tirés, comme il espère réponse, voire indemnisation de préjudices. » Et de conclure : « Noyer ces réalités dans la sempiternelle mise en cause de la prétendue technocratie décérébrée incarnée par tel ou tel directeur, n’est pas digne du sujet ni de sa complexité, ni de nous tous en définitive. »

A demain @jynau

Voici donc le temps venu des vraies-fausses blouses blanches et de la grande décadence

Bonjour

29/07/2020. On pourrait en rire. Ou s’interroger : où sommes-nous et jusqu’où descendre ? « Je nous vois comme de vieux Romains à la fin du Ve siècle, qui témoignaient dans certains textes d’une impression de déliquescence, comme si tout foutait le camp, explique  le philosophe Jean-Luc Nancy dans Libération, Comme si aucune valeur ni aucun ordre ne résistaient plus au temps qui vient. Au même moment, le christianisme se développait et qui au fond n’était pas autre chose qu’une réponse à l’angoisse qui saisissait l’époque. Une nouvelle société allait se constituer, mais cela a pris des siècles. »

Et Nancy d’estimer que non, « le progrès » n’est plus une « valeur refuge » et que le monde est fragile, au bord d’un « changement civilisationnel ».

Une preuve ? « Le 27 juillet, plus de 17 millions de personnes ont cliqué sur une vidéo de médecins en blouses blanches qui expliquent devant la Cour suprême des États-Unis que l’hydroxychloroquine et le zinc guérissent du Covid-19 et que le port du masque est inutile » rapporte Slate.fr (Claire Levenson).

On peut y voir la médecin et pasteure Stella Immanuel qui (elle aussi) déclare avoir guéri plus de 350 personnes atteintes du coronavirus. Le président Donald Trump a retweeté cette vidéo. Puis, comme on sait, le 28 juillet, Facebook, YouTube et Twitter ont effacé ce contenu et déclaré qu’il constituait une violation de leurs règles en matière de désinformation sur le coronavirus (qui a fait plus de 150.000 morts aux États-Unis- 1592 décès supplémentaires en 24 heures).

Incubes et succubes êtes-vous là ?

Stella Immanuel, donc. «  Le discours de cette médecin qui fait l’apologie de l’hydroxychloroquine montre à quel point la droite américaine a sombré dans l’obscurantisme, explique Slate.fr. En effet, Stella Immanuel, qui est décrite dans les cercles trumpiens comme ‘’une défenseure de la vérité’’ croit, entre autres, que les homosexuel·les vont en enfer et que des scientifiques sont en train de créer un vaccin qui rendra les gens athées.

Stella Immanuel : à Houston au Texas, son cabinet médical est signalé par une pancarte indiquant un «centre de ressources chrétiennes» proposant «prières, délivrance, soutien psychologique, librairie et cadeaux». Elle dispose d’une une licence pour exercer la médecine dans son État. Selon elle, des démons qui hantent les rêves érotiques des femmes sont la cause de nombreux problèmes gynécologiques (elle évoque le sperme de démon). Elle pense aussi que le gouvernement américain a été infiltré par des reptiliens et que les médecins utilisent de l’ADN d’extraterrestres pour certains traitements – source de chimères hommes-démons.

Interrogé lors d’une conférence de presse le 28 juillet, Trump a déclaré que Stella Immanuel était «très impressionnante». Et à la suite d’un article du Daily Beast qui détaillait ses théories, Stella Immanuel a fait la promotion de ses services sur Twitter: «Le Daily Beast a très bien résumé notre ministère de la délivrance et a bien décrit les incubes et les succubes. Merci au Daily Beast. Si vous avez besoin d’être libéré de ces esprits. Contactez-nous.»

L’hydrocychloroquine ? Après les éloges venus de Marseille, au-delà des incubes  (démons mâles qui prennent corps pour abuser sexuellement d’une femme endormie) et des succubes (équivalents féminins) ce médicament est devenu le favori des anti-systèmes et, aux Etats-Unis, de la droite trumpiste qui chaque jour s’éloigne un peu plus de la raison. Et Marseille ne répond plus …

A demain @jynau

Le cannabis à 150 euros : réquisitoire contre les mesures et la «posture» du gouvernement

Bonjour

28/07/2020. C’est peu dire que la majorité des soignants professionnels spécialisés en addictologie n’ont pas apprécié l’annonce par le premier ministre de la généralisation de l’amende forfaitaire à 200 euros pour les usagers de drogues illicites. Une mesure présentée comme « sécuritaire »….  A peine évoquée par le futur président de la République cette mesure avait  été très largement critiquée par les spécialistes  pour son incohérence et sa très probable inefficacité. Puis vinrent l’heure des auditions au Parlement. « Ces auditions se sont avérées être une consultation de façade puisque le projet présidentiel est resté identique » regrette aujourd’hui, amèrement, l’Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie (ANPAA).

Et de dénonce le fond, la forme et la méthode. « Alors qu’une expérimentation était en cours depuis peu à Marseille, Lille, Reims, Rennes et Créteil, le Premier ministre a décidé la généralisation à l’ensemble du territoire national sans attendre l’évaluation de cette expérimentation, dont nous ne connaitrons jamais les résultats ni les modalités de cadrage local » observe l’ANPAA.

Elle ajoute que l’amende forfaitaire a pour objectif initial d’alléger la charge de travail des policiers et gendarmes, alors même que Jean Castex annonce une intensification des contrôles. « Le Premier ministre considère que l’efficacité de cette politique dépend de la certitude de la sanction pour les contrevenants. Or aujourd’hui, les contrôles ne concernent qu’une faible proportion des consommateurs (175 000 selon l’OFDT en 2016) alors que les consommateurs réguliers sont estimés à 1,2 millions sans parler des consommateurs occasionnels (près de 5 millions). On voit mal comment la certitude de la sanction pourrait se concrétiser sans une mobilisation considérable des forces de police alors que l’objectif est d’alléger leur charge de travail en ce domaine. »

« Seule une légalisation encadrée du cannabis …. »

Comment le Premier ministre peut-il présenter cette mesure comme un moyen de lutter contre l’insécurité alors même que la prohibition est à la racine de l’économie souterraine et de l’enrichissement des réseaux mafieux ? Pourquoi développer une politique en apparence répressive alors que la logique sanitaire voudrait avant tout un effort accru de prévention – une prévention dont le candidat Emmanuel Macron avait fait l’une de ses priorités. Et ce réquisitoire de l’ANPAA :

« Mais c’est surtout la philosophie politique de la mesure qui parait de plus en plus anachronique. Alors que le constat de l’échec de la guerre à la drogue fait désormais consensus, que nous avons la politique la plus répressive d’Europe et que se multiplient les appels à dépénaliser l’usage de stupéfiants et réformer la politique des drogues, le gouvernement persiste dans une logique qui a démontré son absurdité.

« Traiter le problème de manière cohérente supposerait un courage politique qui aborderait les drogues de manière universelle, en particulier pour les plus consommées qu’elles soient légales (tabac, alcool) ou illégales (cannabis). Seule une légalisation encadrée du cannabis peut permettre une prévention cohérente, et un assèchement des réseaux mafieux qui en vivent et qui enferment des cités dans des ghettos de pauvreté. Ce courage pourrait trouver des arguments dans un grand débat citoyen sur le modèle de la convention pour le climat. »

« Mais le nouveau gouvernement démontre que l’heure n’est pas à l’ambition, ni au débat transparent sur des sujets difficiles, pas plus qu’à la recherche de solutions efficaces à un problème sociétal chronique. C’est pourquoi il faudra se contenter jusqu’aux présidentielles de postures et de coups de menton. »

On connaît les coups de menton en politique. Mais quelles différences entre « posture » 1 et « imposture » 2 ?  

A demain @jynau

1 « Attitude, position du corps, volontaire ou non, qui se remarque, soit par ce qu’elle a d’inhabituel, ou de peu naturel, de particulier à une personne ou à un groupe, soit par la volonté de l’exprimer avec insistance ».

2 « Acte, parole qui tend à tromper autrui dans le but d’en tirer profit ».

Masques et chloroquine : Twitter se doit-il d’effacer les vrais mensonges de Donald Trump?

Bonjour

28/07/2020. Est-ce cela, le Nouveau Monde ? Twitter a retiré dans la soirée du lundi 27 juillet au soir une vidéo postée par le président américain Donald Trump. Selon Twitter l’homme-le-plus-puissant-de-la-planète « diffusait de fausses informations sur le nouveau coronavirus » «Les tweets accompagnant la vidéo violent notre politique concernant la désinformation sur le Covid-19», a indiqué à l’AFP un porte-parole qui s’est refusé à donner plus d’informations, notamment sur le nombre de personnes ayant pu regarder la vidéo.

La vidéo avait déjà été retirée par Facebook, a indiqué un porte-parole du premier réseau social mondial. «Nous avons supprimé cette vidéo parce qu’elle partageait de fausses informations sur les remèdes et les traitements du Covid-19», a-t-il expliqué. Cette vidéo montrait un groupe de médecins faisant des déclarations trompeuses et fausses sur la pandémie de coronavirus. Selon The Washington Post, plus de quatorze millions de personnes l’ont regardée via Facebook.

C’est quelques heures plus tard que le président Donald Trump a tweeté plusieurs clips de la même vidéo à ses abonnés (ils sont ….84,2 millions). La vidéo affirme que les masques ne sont pas nécessaires pour arrêter la maladie ; (un propos qui n’est pas sans entrer avec certaines résonances en France). Pendant une demi-heure, toujours selon le quotidien américain, il a aussi partagé quatorze tweets pour défendre (comme le Pr Didier Raout de l’IHU de Marseille) l’utilisation de l’hydroxychloroquine (dont plusieurs études scientifiques ont montré l’inefficacité dans le traitement du Covid-19). Donald Trump Jr, le fils du président, a vu son compte sur le réseau social être suspendu pendant 12h pour avoir partagé le même type de vidéo.

La planète des réseaux sociaux sait que Twitter est la principale « plateforme de communication » de Donald Trump –  mais elle découvre aussi depuis quelques semaines que ce réseau a pris ses distances, n’hésitant pas à « sanctionner » des tweets infondés du président américain. Twitter a notamment signalé comme trompeurs des propos de Donald Tump sur le « vote par correspondance ». Puis elle avait dénoncé un autre tweet pour «apologie de la violence»: «Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles», déclarait alors Donald Trump au sujet des manifestations qui dégénéraient parfois en émeutes.

Serait-ce donc cela, aussi, le Nouveau Monde ? On songe à Barack Obama qui fut président des Etats-Unis de 2009 à 2017. Comment ont-ils pu, comment avons-nous fait, pour, déjà, en être là ?

A demain @jynau

Un géant de Big Tobacco accuse Olivier Véran de ne pas faire appliquer la loi sur le tabac

Bonjour

28/07/2020. Publicitaire et commerciale l’affaire n’en est pas moins à la fois troublante et cocasse. On sait que depuis le 20 mai 2020, les cigarettes mentholées sont interdites à la vente au sein de l’Union européenne. Pour autant il est établi que certains fabricants continuent de mettre sur le marché des produits de tabac contenant du menthol. Or on apprend aujourd’hui que le géant British American Tobacco (BAT) 1 demande au ministère de la Santé de se prononcer rapidement sur la légalité de la présence d’arôme caractérisant dans ces cigarettes.

« Deux mois après l’interdiction du menthol, 62% des anciens fumeurs de menthol consomment toujours du tabac et 12,5 % se sont tournés vers de nouvelles cigarettes contenant encore du menthol sous forme résiduelle  : les références Camel Shift Fresh et Winston Xsphere Fresh, commercialisées par Japan Tobacco International (JTI) » dénonce BAT.

À la suite du lancement de ces nouvelles références, et face à la suspicion d’arôme caractérisant mentholé, BAT explique « avoir réalisé une étude sensorielle sur ces nouveaux produits en interne et par un institut français spécialisé ». « Il en ressort que le panel de fumeurs a significativement identifié la caractéristique « mentholée » de ces produits et ce de manière spontanée » ajoute le géant.

La présence de ces cigarettes mentholées sur le territoire interpelle

Pascal Marbois, Directeur des Affaires Publiques de BAT : « La présence de ces cigarettes mentholées sur le territoire interpelle, deux mois seulement après l’entrée en vigueur de l’interdiction. La France doit assumer son statut de leader européen en matière de lutte contre le tabagisme (sic). D’autres pays comme l’Autriche et le Danemark ont déjà réagi avec plus de célérité ».

BAT nous apprend aussi que le 15 juin 2020, une enquête a été ouverte par les pouvoirs publics français pour étudier ces références, mesurer le niveau de menthol et déterminer leur légalité. L’ensemble des acteurs du secteur attendent toujours les résultats. Ailleurs en Europe, la situation a été prise en charge rapidement. En Autriche et au Danemark par exemple, les Ministères de la Santé et les autorités exécutives respectives se sont penchés sur la légalité de ces produits et ont demandé au fabricant des observations dans un délai imparti.

Or en France, malgré l’ouverture de l’enquête depuis un mois et demi, le Ministère de la Santé ne s’est pas encore prononcé sur ce sujet. On ajoutera que BAT se fait fort de ne pas commercialiser de cigarettes à « l’arôme caractérisant mentholé », le géant préférant « accompagner les anciens fumeurs de menthol vers des produits à risques potentiellement réduits comme le vapotage ». Sans doute est-ce ici qu’il convient d’applaudir.

A demain @jynau

1 British American Tobacco (BAT) se présente ainsi : entreprise fondée en 1902, est la seconde plus grande entreprise de tabac manufacturé au monde en parts de marché. Ses marques sont vendues dans plus de 200 pays. Sa filiale française, British American Tobacco France emploie près de 250 collaborateurs à travers le pays. Son activité comprend le soutien commercial, la vente et la distribution des produits du tabac du Groupe BAT sur le territoire national ainsi que ses gammes innovantes de produits de vapotage à travers la marque Vype

Elargir le champ du diagnostic pré-implantatoire ouvre-t-il la porte au nouvel eugénisme ?

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27/07/2020. Où l’on évoque à nouveau, sous couvert de bioéthique, le spectre de l’eugénisme. Et ce au travers d’une équation exemplaire. Ce sont deux tribunes jumelles et militantes à ne pas manquer. La première est publiée par Le Monde elle est signée de quatre rapporteurs de la loi de bioéthique 1. Ils défendent l’extension du diagnostic préimplantatoire (DPI) à la recherche d’anomalie du nombre de chromosomes. Même propos dans Libération 2. Accusée (notamment) de vouloir éradiquer la trisomie 21, cette mesure permettrait (avec le consentement des parents) de réduire le nombre des fausses couches chez les femmes ayant recours à la PMA. Eléments de la controverse qui renaît avec le retour à l’Assemblée nationale, lundi 27 juillet, pour une deuxième lecture du projet de révision de la loi bioéthique.  

Contexte. Le DPI est pratiqué dans cinq centres en France depuis 1999. Il est proposé aux quelques centaines de couples connus pour être à risque de transmettre à leur enfant une maladie génétique d’une particulière gravité au moment où la démarche de PMA est lancée. L’intérêt de cette technique est de pouvoir réaliser un diagnostic génétique sur un embryon – obtenu par fécondation in vitro – avant qu’il ne soit porté par la femme. Le couple peut alors débuter une grossesse avec un embryon non atteint par la maladie suspectée.

« Mais, tel que pratiqué actuellement, le DPI ne vérifie pas si l’embryon a le bon nombre de chromosomes, ajoutent les auteurs des tribunes. Or, comme dans le cas d’une fécondation normale, une partie importante des embryons obtenus par fécondation in vitro (FIV) est aneuploïde, conduisant dans la quasi-totalité des cas à une fausse couche et expliquant une partie des échecs des FIV. C’est sur ce point que nous souhaitons agir. »

« Polémique gonflée d’accusations aussi outrancières qu’erronées » 

Ils ajoutent que parmi les mesures adoptées récemment en commission, une disposition, que nous soutenons, est « au centre d’une polémique gonflée d’accusations aussi outrancières qu’erronées ». Il s’agit de l’extension du diagnostic préimplantatoire, ou DPI, à la recherche d’aneuploïdie, ou anomalie du nombre de chromosomes, ici limitée aux chromosomes non sexuels. C’est ce que l’on nomme, dans le jargon, le « DPI-A ».

Selon eux compléter le DPI par une recherche d’aneuploïdie permettrait, simplement, de vérifier si l’embryon qui fait l’objet d’un DPI a le bon nombre de chromosomes afin d’accroître les chances d’implanter un embryon viable. Associer, en somme, un « DPI-A » à un DPI avec le consentement des deux parents – et ce en limitant le « DPI-A » aux autosomes (les chromosomes non sexuels) « afin d’éviter tout risque de discrimination basée sur le sexe et d’écarter la recherche des syndromes de Turner et de Klinefelter, qui peuvent faire l’objet d’un traitement ».

Cette extension ne s’appliquerait qu’aux DPI existants (environ 4 % des FIV), afin qu’aucun acte supplémentaire ne soit réalisé sur l’embryon. Il rendrait plus sûresles grossesses déjà considérées à risque et objet d’un parcours particulièrement difficile car recourant à un DPI. Il s’agit donc bien d’utiliser les possibilités ouvertes par le progrès scientifique pour éviter aux femmes qui recourent à une FIV avec DPI un parcours du combattant.

Mais le sujet est hautement sensible. « Ainsi, c’est avec effarement, stupéfaction et tristesse que nous avons pris acte des procès en eugénisme 3 accusations de vouloir éradiquer la trisomie 21 et autres mésinterprétations qui circulent d’Internet à l’Hémicycle. L’origine du malentendu est la suivante : dans une part infime des cas, une mauvaise numération des chromosomes n’aboutit pas à une fausse couche, mais à une trisomie 21. Le DPI-A permettrait alors à la future mère de disposer de cette information et de décider d’implanter, ou non, l’embryon avec trisomie 21.

De quelle « hauteur » parlent les auteurs ?

Or aujourd’hui, cette information est disponible après l’implantation. Une femme a, en effet, droit à un diagnostic non invasif de la trisomie 21 en début de grossesse par un prélèvement sanguin. En cas de suspicion, une amniocentèse peut alors être conduite. Celle-ci ouvre la possibilité d’un avortement thérapeutique, qui pourrait être évité si l’information était transmise au bon moment, soit pendant le DPI….

« L’argument de l’eugénisme, brandi comme un épouvantail, ne peut ici que choquer, tant les mots ont un sens, écrivent es deux auteures de Libé.  L’eugénisme d’hier était collectif et coer­citif, reposant sur un désir de purification ou d’amélioration de la race humaine qui ont justifié des politiques raciales, autoritaires et meurtrières. Est aujourd’hui invoqué un ‘’nouvel eugénisme’’, décrit comme plus individuel et libéral, lié à une génétique médicale moderne. » Faudrait-il s’en étonner ?

« En la matière, ce spectre de la sélection, visant, pour faire court, un enfant parfait alliant beauté, intelligence, santé et longévité, n’a aucun sens, ajoutent-elles. Le DPI-A n’est là ni pour sélectionner les ‘’meilleurs’’ ni pour éliminer les plus ‘’mauvais’’ embryons. » En est-on si certain ? Certes son rôle premier est d’éviter de transférer des ­embryons qui ne se développeront pas jusqu’à un terme viable. D’éviter aux femmes, aux couples, la violence d’échecs à répétition liés à une anomalie chromosomique, dans un parcours d’assistance médicale à la procréation long et douloureux.

Et son rôle second est bien de mettre en évidence des anomalies, qui sont de toute façon recherchées en début de grossesse par le diagnostic prénatal ­légal, autorisé et organisé. Reste, néanmoins, cette hantise récurrente d’un « Meilleur des Mondes » (1931) dont nous n’aurions jamais été aussi prêt – comme en témoignent nombre d’exemples étrangers… « Sur un sujet aussi sérieux et lourd de conséquences, le niveau du débat parlementaire doit maintenant être à la hauteur » font valoir les auteures. De quelle « hauteur » parlent-elles ?

A demain @jynau

1 Philippe Berta, député (MoDem) du Gard, rapporteur du projet de loi bioéthique ; Coralie Dubost, députée (LRM) de l’Hérault, rapporteure du projet de loi bioéthique ; Hervé Saulignac, député (PS) de l’Ardèche, rapporteur du projet de loi bioéthique ; Jean-Louis Touraine, député (LRM) du Rhône, rapporteur du projet de loi bioéthique.

2 Loi bioéthique : examiner le statut génétique de l’embryon n’est pas de l’eugénisme. Par Catherine Rongières Cheffe du service clinico-biologique d’assistance médicale à la procréation CHRU Strasbourg  et Estelle Naudin Professeure à la Faculté de droit de Strasbourg. Libération, 23/07/2020

3 En janvier dernier le Sénat à majorité de droite s’était opposé à l’expérimentation d’un dépistage préimplantatoire recherchant des anomalies chromosomiques qualifiée de « démarche d’eugénisme » par le chef de file des sénateurs Les Républicains (LR) Bruno Retailleau. Et le Sénat de supprimer cette disposition par 181 voix contre 123. « Très clairement, on est dans une démarche d’eugénisme : il s’agit de trier les embryons et d’éliminer ceux qui ne sont pas normaux », a déclaré M. Retailleau, faisant en particulier référence à la trisomie 21. 

« Ne cherchons pas, au nom de ce que permet la science, à uniformiser ce que sera la société demain », a appuyé Cécile Cukierman, du groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE, à majorité communiste). Pour sa part la ministre de la Santé d’alors, Agnès Buzyn, avait affirmé que l’efficacité de cette technique est « loin d’être démontrée ». « Le temps est encore à la recherche », avait-elle ajouté.

« Cannabis ? 150 euros et vous êtes libre… ! » : la France aux antipodes de la légalisation

Bonjour

27/07/2020. « La France confirme qu’elle est un vieux pays répressif dans un vieux continent qui, lui ose en légalisant. Vive l’Europe ! » C’est le commentaire du Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions à l’annonce de Jean Castex relative au cannabis . Une annonce faite par le Premier ministre lors d’un déplacement à Nice, samedi 25 juillet, avec les ministres de l’intérieur et de la justice.

Il a notamment annoncé, dans le cadre de « la sécurité » la généralisation « dès la rentrée » des amendes forfaitaires pour consommation de drogue. Une mesure qui doit permettre, selon lui, de « lutter contre les points de vente qui gangrènent les quartiers ». Pour un peu les délinquants souriraient. Sans parler des usagers.

Cette procédure (une amende forfaitaire de 200 euros) s’applique « à toutes les drogues » mais vise d’abord les usagers de cannabis. On court-circuite ici une justice devenue trop occupée à d’autres priorités. Mais dans le même temps, fort étrangement, le Premier ministre a eu ce mot : « La justice a trop longtemps été délaissée », a souligné M. Castex, citant le philosophe criminaliste du XVIIIe siècle Cesare Beccaria : « l’important dans une peine, ce n’est pas sa sévérité, mais sa certitude », or « l’Etat, faute de moyens suffisants, a laissé s’installer l’incertitude ».

Déjà, Gérard Collomb

« Généralisation de la forfaitisation des délits de stupéfiants ». Une vieille histoire déjà, annoncée en 2018 par Gérard Collomb, alors ministre de l’Intérieur et qui n’imaginait pas ce que serait la suite de son parcours politique. Le projet est déjà testé. En mars 2019, un article du Code de procédure pénale a concrétisé la volonté gouvernementale et ouvert la voie à l’expérimentation de la mesure dans plusieurs villes françaises. Le site de Gendinfo (magazine de la gendarmerie nationale) précise que le dispositif est expérimenté cet été en deux temps, pendant « une durée moyenne de deux mois ». La première phase est terminée, tandis que la seconde concerne depuis le 16 juillet « toutes les unités de la gendarmerie du ressort des tribunaux judiciaires de Marseille, Rennes, Reims, Lille » et le groupement de gendarmerie départemental d’Ille-et-Vilaine. Le projet sera donc ensuite généralisé dès la rentrée, comme l’a annoncé le Premier ministre samedi.

Cette mesure, explique franceinfo  consiste à sanctionner d’une amende forfaitaire et systématique l’usage de drogue, en cas de flagrant délit. L’objectif est de punir immédiatement les consommateurs âgés de plus de 18 ans. L’amende de 200 euros est payable sous 45 jours, afin d’éviter des procédures judiciaires longues et à l’issue hypothétique. Si elle est réglée sous quinze jours, elle est minorée à 150 €. Au-delà de 45 jours, elle est majorée à 450 €. 

Près d’un million d’usagers quotidiens…

Mieux : « Le paiement de l’amende met fin aux poursuites judiciaires », précise le gouvernement. Un dispositif forfaitaire existe déjà pour les délits de conduite : volant et psychotropes illégaux, même combat ? Faudrait-il rappeler que la France compte 900 000 usagers quotidiens de cannabis selon les autorités ? Comment imaginer qu’autant de consommateurs seront dissuadés du fait des amendes immédiates ?

Officiellement, en sanctionnant la possession et la consommation de drogue de manière systématique et immédiate, le gouvernement explique lutter contre la lenteur de la chaîne pénale et s’assurer que des « sanctions » soient appliquées. Toujours officiellement la consommation de stupéfiants est en France un délit passible d’un an de prison et de 3 750 euros d’amende. Or si environ 140 000 personnes chaque année sont interpellées pour usage de stupéfiants, la justice a prononcé, en 2015,  moins de 40 000 condamnations, parmi lesquelles ne figurent qu’environ 3000 peines de prison.

Par ailleurs, en vingt ans (de 1990 à 2010), le nombre de personnes interpellées pour usage simple de cannabis a été multiplié par sept tandis que le nombre de celles mises en cause pour trafic a été quasiment divisé par deux …. C’est tout dire de la réalité.

Attention : l’objectif affiché n’est pas celui de « dépénaliser la consommation de stupéfiants », nullement, mais bien de la pénaliser plus efficacement. « L’amende forfaitaire n’exclut pas pour autant des poursuites judiciaires. Ainsi, le consommateur pourra être traduit en justice, par exemple en cas de récidive ou s’il est un trafiquant ou producteur présumé » précise franceinfo. Pour autant comment se satisfaire d’une telle distorsion entre la loi et la pratique, d’un tel laisser-aller thérapeutique ?

Des effets catastrophiques et contre-productifs en termes de santé publique

En mars 2019, de nombreuses associations 1 publiaient une tribune où elles expliquaient redouter qu’en automatisant « la répression de l’usage de drogues », le gouvernement n’aille « à l’encontre de la logique de prévention, de réduction des risques et de prise en charge qui devrait prévaloir ».

« Nous réitérons que cette nouvelle disposition aura des effets catastrophiques et contre-productifs en termes de santé publique et de dommages sociaux et réaffirmons que le cadre pénal actuel n’est pas à la hauteur des enjeux posés par la consommation de drogues. Il est nécessaire d’en changer et de prôner une nouvelle politique publique visant une véritable régulation de l’usage de drogues et davantage de prévention et de réductions des risques. »

On peut le dire autrement : « La France confirme qu’elle est un vieux pays répressif dans un vieux continent qui, lui ose en légalisant. Vive l’Europe ! »

A demain @jynau

1 Quinze organisations représentent la société civile française dans sa diversité (policiers, avocats, magistrats, usagers, consommateurs, citoyens, médecins, professionnels du secteur médico-social, acteurs communautaires) : AIDES ; ASUD (Autosupport des usagers de drogues) ; CIRC (Collectif d’information et de recherche cannabique) ; Fédération Addiction ; Ligue des droits de l’Homme ; Médecins du Monde ; NORML France ; OIP (Observatoire international des prisons) – Section française ; collectif Police Contre la Prohibition ; Principes Actifs ; Psychoactif ; SAFE ; SOS Addictions ; Syndicat de la Magistrature ; Syndicat SUD-Intérieur – Union syndicale Solidaires.

Idéologie et PMA : mais pourquoi diable le gouvernement refuse-t-il d’autoriser la «ROPA»?

Bonjour

27/07/020. « Le grand projet sociétal du quinquennat » est de retour. Neuf mois (sic) après son adoption en première lecture à l’Assemblée nationale, bioéthique et PMA pour toutes sont aujourd’hui de retour dans l’Hémicycle. Idéologies, références à la religion catholique et noms d’oiseaux garantis.

On se souvient de la clef de voûte du projet de loi : l’ouverture des techniques de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes et aux femmes seules. Au choix, une dangereuse régression anthropologique ou, à l’inverse, le droit enfin offert aux femmes fécondes qui souhaitent pouvoir procréer sans devoir avoir recours à des relations sexuelles avec un homme. Jusqu’ici, en France, au nom de la médecine et de la thérapeutique  seuls les couples hétérosexuels stériles (ou hypofertiles) pouvaient avoir accès à ces techniques.

A dire vrai « le grand projet sociétal du quinquennat » aurait pu attendre ; après la crise sanitaire liée au Covid-19, la mobilisation de plusieurs députés de la majorité et de la gauche aura été nécessaire pour que le projet de loi soit inscrit à l’agenda parlementaire avant l’été. Désormais, après le départ d’Agnès Buzyn vers d’autres cieux et le remaniement gouvernemental on retrouvera, pour défendre la position du gouvernement, les ministres de la Santé Olivier Véran, de la Justice Eric Dupond-Moretti et de l’Enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal.

Prise en charge intégrale des actes par la Sécurité sociale

Le texte a déjà bourlingué : voté par l’Assemblée nationale en première lecture le 15 octobre 2019, il a ensuite été discuté et nettement amendé par les sénateurs, qui l’ont adopté le 4 février. « Lors des travaux en commission qui ont eu lieu début juillet, les députés ont sans surprise rétabli dans les grandes lignes leur version, et ont ajouté quelques modifications, résume Le Monde (Solène Cordier). Ainsi, sur la PMA, ils ont réintroduit la prise en charge intégrale des actes par la Sécurité sociale, quel que soit le profil des patientes, contrairement aux sénateurs qui l’avaient limitée aux cas relevant d’une infertilité pathologique –  ce qui excluait de fait les nouvelles candidates (femmes seules et couples de lesbiennes) (…) Au cours des trente-sept heures de discussion, l’examen d’amendements sur l’ouverture de la PMA aux personnes transgenres, et la PMA post-mortem, avec les gamètes d’un conjoint décédé, a aussi occasionné de vifs débats. Ils ont finalement été rejetés. »

Mais il y a aussi, plus troublant : les députés se sont montrés favorables (et ce contre l’avis du gouvernement) à l’acceptation de la méthode « ROPA » (réception d’ovocytes de la partenaire) ; ce procédé, autorisé notamment en Espagne, consiste à permettre qu’au sein d’un couple de femmes, l’une mène une grossesse en portant l’ovocyte fécondé de l’autre. La pratique croisée peut aussi être réalisée.

On sait que plusieurs associations LGBT voient là une manière de partager la conception de l’enfant. Le gouvernement, et notamment Olivier Véran, défavorable au procédé, devrait tenter de le faire supprimer en séance 1. Pour sa part le dérangeant Pr Israël Nisand, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens,  trouve que la « ROPA » est « légitime », comme il vient de le déclarer sur France Inter. Il sera du plus grand intérêt de savoir quelles sont les raisons de fond, idéologiques, de l’opposition du gouvernement ; et qui, finalement, l’emportera.

A demain @jynau

1 La précédente ministre « Agnès Buzyn était contre et le gouvernement est contre également cette question-là », déclarait début juillet Olivier Véran sur BFMTV/RMC. La technique implique « une stimulation hormonale et des ponctions d’ovocytes qui ne sont pas des gestes neutres, à une femme qui n’en relève pas forcément », c’est à dire, qui ne souffre pas elle-même de problèmes de fertilité, a-t-il dit. Sur un « sujet complexe, c’est la santé qui doit primer », a-t-il insisté.

« Il y a un acte invasif. Est-ce que la situation justifie d’aller faire un acte invasif ? D’un point de vue éthique la question est extrêmement complexe. La position du gouvernement restera défavorable, même si par ailleurs je peux être moi favorable à certaines évolutions dans le texte, parce qu’on peut avoir des désaccords sur des questions éthiques », a encore déclaré le ministre que l’on retrouve ici étrangement en phase avec les associations opposées à la PMA. La Manif pour tous voit notamment dans cette technique « l’antichambre de la GPA ».

Ensauvagement du monde. Gérald Darmanin insulté pendant les hommages au père Hamel

Bonjour

26/07/2020. Quelques lignes qui peuvent évoquer ce que certains nomment désormais « l’ensauvagement du monde ». Une formule reprise récemment, dans un entretien au Figaro, par Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur :

« Depuis trois ans, les budgets alloués à la sécurité ont considérablement augmenté – plus d’un milliard d’euros -, et cela va continuer! Mais nous assistons à une crise de l’autorité. Il faut stopper l’ensauvagement d’une certaine partie de la société. Il faut réaffirmer l’autorité de l’État, et ne rien laisser passer. Ma vision est celle des Français de bon sens: les policiers et les gendarmes nous protègent, et ils courent derrière les voyous. Le rôle du ministère de l’Intérieur, c’est de protéger ceux qui nous protègent, et de les aider à courir derrière les voyous. »

Interrogé sur le constat qu’il dresse constat de la situation de l’islam radical en France le ministre de l’Intérieur répond :

« J’ai tenu, dès le premier jour de ma nomination, comme ministre des Cultes, à saluer l’ensemble des religions présentes sur le sol de la République. J’ai ainsi rencontré le grand rabbin de France et le président du Consistoire pour assurer les juifs de France, cibles d’actes antisémites de plus en plus importants, de la protection de l’État. Et je verrai prochainement les représentants des autres cultes.  J’assisterai, dimanche à la messe à Saint-Etienne-du Rouvray, car l’assassinat du père Jacques Hamel nous a tous profondément choqués.

« Je sais que les catholiques sont légitimement inquiets des actes commis contre la foi, les croyants, le patrimoine chrétien. Enfin, d’ici au 31 juillet, j’irai avec les représentants du Conseil français du culte musulman à Douaumont. Pour dire aux Français que de très nombreux musulmans sont morts pour la France, portant l’uniforme de la République. Ma famille a été marquée par cela. Et par ailleurs, chacun le sait, il ne faut pas être naïf sur une radicalité islamiste qui est un grand danger et gangrène la République. Pour paraphraser une formule célèbre: ‘’L’islamisme, voilà l’ennemi! ‘’»

Est-il le seul ? Onze personnes ont été interpellées dimanche 26 juillet en marge, précisément, du déplacement du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui a été insulté pendant les hommages rendus au prêtre assassiné il y a quatre ans par deux terroristes islamiques. Information donnée par la préfecture de Seine-Maritime.

«Onze personnes ont été interpellées et auditionnées, quatre sont en garde à vue pour outrage, et toutes sont verbalisées pour manifestation interdite», a- t-elle précisé à l’AFP. Cette dernière précise qu’en plein discours, les mots «Darmanin sale violeur» ont été proférés par un ou plusieurs individus. Selon la préfecture le secteur où avaient lieu les hommages n’était pas fermé : «même s’il y avait une interdiction de manifester, le secteur était ouvert au public». Les personnes qui «ont interpellé le ministre ont été exfiltrées». Elles sont «connues pour leur appartenance à la mouvance gilets jaunes et ultra gauche», et les mots proférés ne sont pas le fait de féministes, précise la même source.

Pour autant la préfecture rappelle «qu’il est scandaleux de profiter d’une cérémonie de recueillement» pour commettre ce type de manifestation. Depuis sa nomination à l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui fait l’objet d’une accusation de viol, mais qui est toujours présumé innocent, est la cible régulière d’associations féministes. Dans le même temps il est soutenu par l’ensemble du gouvernement. « Ensauvagement » ? « Réaffirmer l’autorité de l’Etat ? » Comment ?

A demain @jynau