Hôpital : «Des nourrissons en détresse vitale sont quotidiennement refusés en soins intensifs»

Bonjour

Métaphore dominante, celle de l’incendie qui, comme chacun sait, rapproche de l’enfer dès lors que l’on ne se donne pas les moyens humains de l’éteindre. C’est, aujourd’hui 1er décembre, une tribune dominicale (Le Monde) qui sonne comme une nouvelle alarme orientée vers les tympans d’Agnès Buzyn, du gouvernement et du président de la République : « Le plan d’urgence pour l’hôpital n’éteindra pas l’incendie ». »

Réagissant au « Plan d’urgence pour l’hôpital » (sic) dévoilé par le gouvernement le 20 novembre, « plus de 150 chefs de pôles et directeurs médicaux 1, venus des trente centres hospitaliers universitaires de France », expriment leurs plus vives inquiétudes. Pour eux, les mesures annoncées sont notoirement insuffisantes. Et ces responsables d’expliquer que désormais la situation économique a des conséquences éthiques. Extraits :

« L’accès aux soins est en situation critique à l’hôpital public et pose aux soignants des problèmes éthiques. (…) La situation actuelle ne permet plus une prise en charge optimale de nombreuses catégories de patients en raison d’un nombre considérable de postes vacants de soignants, comme nous l’avons dénoncé dans une précédente tribune. Parmi les plus graves conséquences que nous observons :

  • Des nourrissons en détresse vitale sont quotidiennement refusés en secteurs de soins intensifs, faute de lits ouverts en réanimation pédiatrique. Ces enfants sont régulièrement transférés dans des hôpitaux situés à plus de 200 km de leur domicile.
  • Des patients venant de faire un accident vasculaire cérébral sont parfois pris en charge avec retard, diminuant ainsi leurs chances de récupération optimale. En réanimation, des transferts de patients instables sont nécessaires pour accueillir les nouveaux arrivants.
  • Faute d’anesthésistes et d’infirmières, l’accès aux blocs opératoires est restreint et fait reporter des interventions nécessaires.
  • En psychiatrie, des patients à risque suicidaire élevé ou avec de graves troubles du comportement attendent un lit parfois plusieurs jours aux urgences, dans des conditions indignes et non sécurisées.
  • En radiologie, la crise touche de façon inquiétante les manipulateurs et les médecins imageurs. Dans de nombreux hôpitaux, les fermetures d’équipements (imagerie par résonance magnétique, scanner, tomographie par émission de positons…) allongent les délais de rendez-vous.
  • Les laboratoires et les pharmacies hospitalières nécessaires aux diagnostics, à la préparation et à la dispensation des traitements sont également touchés par une limitation des moyens. »

Comment mieux dire l’impasse actuelle, l’imminence des premières catastrophes individuelles, des premières actions en judtice pour manquement à l’obligation de moyens ? « L’hôpital public est notre bien commun, rappellent encore les signataires. Nous sommes ou nous serons tous malades un jour. Pour garder ce ‘’trésor national’’, comme le dit la ministre de la santé, Agnès Buzyn, des mesures d’urgence fortes, lisibles et courageuses doivent être prises ». Il faut selon eux, pour répondre à l’urgence et améliorer l’attractivité de nos hôpitaux, « réviser les grilles indiciaires des personnels soignants ». En premier lieu celles des infirmiers et aides-soignants. « La qualité de vie au travail doit aussi reprendre ses droits face à la productivité » osent encore écrire ceux qui, on le parierait, n’ont pas été formé à l’école marxiste.

A la veille des diverses manifestations nationales annoncées à compter du 5 décembre cette énième alerte doit sonner pour ce qu’elle est : une nouvelle et puissante alarme aux oreilles de l’exécutif ; un exécutif qui redoute désormais la « convergence des luttes ». Avec sa métaphore : la coagulation des peurs, des angoisses, des colères.

A demain @jynau
1 La liste complète des signataires est consultable sur Lemonde.fr

Treize morts : le chef d’état-major de l’armée de terre écrit au directeur de Charlie Hebdo

Bonjour

Qui sommes-nous pour juger, pour accuser ? C’est une situation sans précédent. Un échange impossible entre deux mondes qui ne peuvent se comprendre. Nous parlons ici des dessins du dernier numéro de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo portant la mort des treize soldats français au Mali le 25 novembre. Le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Thierry Burkhard, a publié samedi 30 novembre sur son compte Facebook un texte indigné, dans lequel il invite le directeur du journal, Riss, à venir assister à la cérémonie d’hommage national aux Invalides lundi 2 décembre. Riss, contacté par Le Monde (Nathalie Guibert) n’a pas souhaité commenter cette initiative.

« Le temps du deuil de ces familles a été sali par des caricatures terriblement outrageantes dont votre journal a assuré la diffusion. Si l’indignation m’a d’abord gagné, c’est surtout une peine immense qui m’envahit en pensant au nouveau chagrin que vous infligez à ces familles déjà dans la souffrance », écrit le général. Le militaire dit son « incompréhension profonde. Qu’avons-nous donc fait, soldats de l’armée de terre, pour mériter un tel mépris ? Qu’ai-je manqué moi-même, chef d’état-major de l’armée de terre, dans l’explication du sens profond de notre engagement, pour qu’avec une telle désinvolture soient raillés ceux qui ont donné leur vie afin que soient justement défendues nos libertés fondamentales ? »

Visant l’institution militaire et sa communication, les dessins publiés détournent les slogans de la dernière campagne de recrutement de l’armée de terre– « J’ai rejoint les rangs pour sortir du lot » ou « Je suis tourné vers les autres et vers mon avenir » –en mettant en scène des cercueils portés par des camarades ou honorés par Emmanuel Macron.L’entourage du chef d’état-major a précisé au Monde : « Ce ne sont pas les caricatures en tant que telles qui nous choquent, nous connaissons l’antimilitarisme de Charlie, mais cette façon de s’en prendre aux familles ». L’une d’elles a décidé de porter plainte, selon cette même source.

Et le général Burkhard de lancer lance une invitation au directeur de Charlie : « Lundi prochain, 2 décembre, nous leur rendrons un dernier hommage et leur dirons adieu, dans la cour des Invalides, réceptacle de tant de souffrances supportées pour que vivent notre âme française et notre liberté. Je vous invite, avec sincérité et humilité, à vous joindre à nous ce jour-là, pour leur témoigner vous aussi, qui avez souffert dans votre chair de l’idéologie et de la terreur, la reconnaissance qu’ils méritent. »

Ces deux mondes peuvent-ils se comprendre ? Si oui, à quel prix ?

A demain @jynau

1 170 euros : Agnès Buzyn fera-t-elle rendre gorge à ses confrères mercenaires intérimaires ?

Bonjour

Elle n’en démord pas, maintient une promesse qui nous conduit dans une impasse au nom de la lutte contre les dérives de l’intérim médical à l’hôpital. On se souvient qu’au moment du lancement de son dernier « Plan d’urgence pour l’hôpital » Agnès Buzyn avait annoncé (une nouvelle fois) sa ferme intention de mettre fin au mercenariat des médecins hospitaliers intérimaires – des confrères accusés d’imposer « par le chantage exercé sur la continuité des soins (ses) conditions tarifaires aux acteurs du système de santé ».

« Les comptables publics effectueront des contrôles beaucoup plus stricts de l’application du décret qui cape la rémunération de ces mercenaires, qui se verront retirer le trop-perçu. Les hôpitaux seront aussi sanctionnés s’ils les payent au-delà du décret », avait-elle assuré quelques jours plus tard au Quotidien du Médecin. « C’est aujourd’hui chose faite, du moins sur le papier » nous explique ce dernier (Martin Dumas-Primbault).  

Le gouvernement a ainsi déposé au Sénat, jeudi 28 novembre, un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020 visant à acter ces contrôles. Cet amendement vise …. A  faire respecter un décret du 1er janvier 2018 plafonnant la rémunération des médecins praticiens contractuels à hauteur de 1 287,05 euros brut pour 24 heures de travail jusqu’à la fin de l’année et de … 1 170,04 euros à partir de 2020.

Exercer la médecine sous la contrainte

Or du fait de la pénurie de praticiens et de la loi du marché ce décret n’avait nullement permis d’endiguer le recours à l’intérim médical. Trop d’établissements souvent confrontés à la concurrence dépassaient les plafonds pour réussir à attirer des médecins. Les causes n’ayant pas changé comment imaginer que les effets seront différents ?

En pratique, ainsi rédigé et promulgué, cet amendement invalidera tout contrat d’intérim signé entre un établissement de santé et un médecin prévoyant une rémunération supérieure au plafond. Si la situation se produit malgré tout, les comptables publics sont alors autorisés à retirer le trop-perçu ou sanctionner les établissements fautifs.

Agnès Buzyn a par ailleurs exprimé sa volonté de développer des « dispositifs d’intérim publics » (sic) à l’échelle des groupements hospitaliers de territoire (GHT). Qui sera intéressé ? La ministre ne l’a pas précisé. Faudra-t-il en venir à l’exercice de la médecine sous la contrainte au non de la permanence des soins ?

Voilà bien une affaire exemplaire qui éclaire les impasses d’un système en perte de sens – un hôpital public que la ministre des Solidarités et de la Santé semble, au fil du temps, incapable de régénérer.

A demain @jynau

L’étrange histoire de l’athlète endormie qui a été dopée à l’EPO à l’insu de son plein gré

Bonjour

Qui doit-on croire ? 

L’athlète française Ophélie Claude-Boxberger, 31 ans, est une athlète française atypique et de grand talent. Fille du spécialiste des courses de fond, Jacky Boxberger. Une personnalité hors du commun :  

« Elle débute l’athlétisme en septembre 2001 après avoir pratiqué plusieurs sports : danse, équitation, tennis, escalade et gymnastique au niveau national. Parmi les meilleures minimes françaises sur 1 000 m en 3 min 3 s, elle se consacre plus à ses études — ce qui engendre une progression assez lente — ainsi qu’à la musique qu’elle débute à l’âge de 5 ans jusqu’à obtenir son diplôme au conservatoire de Montbéliard après plus de douze années de piano. Après avoir obtenu un baccalauréat scientifique avec mention en 2006, elle devient professeur d’éducation physique et sportive après avoir réussi le CAPEPS et un master langage et intervention en 2010 à l’Université de Besançon. »

 Devient ensuite spécialiste des douloureuses épreuves de demi-fond ; rapides progrès ; quatre titres de championne de France espoirs sur 800 m et 1 500 m ; deux sélections en équipe de France jeune ; cinq fois championne de France Élite sur 1 500 m et 3 000 m en salle ainsi que sur 3 000 m steeple ; neuf sélections internationales A avec l’équipe de France ; une sélection en équipe d’Europe.

Puis, catastrophe : contrôlée positive à la célèbre érythropoïétine (EPO) le 18 septembre dernier ; annonce faite un mois plus tard. Son domicile est perquisitionné ; le pôle santé du parquet de Paris ouvre une enquête préliminairepour « détention et utilisation de substances vénéneuses » et « aide à l’utilisation de ces substances ». Elle se retrouve impliquée dans une controverse liée au médecin de l’équipe de France d’athlétisme, Jean-Michel Serra, blâmé pour s’être plaint du trop grand nombre de contrôle subis par l’athlète – dont il évoquait la fragilité psychologique et dont il est le compagnon.

« Injection lors d’un massage durant lequel elle s’était endormie » 

L’athlète, depuis, ne cesse de clamer son innocence, de démentir avoir eu recours au dopage. Puis, rebondissement : les déclarations d’une personne de son entourage aux gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). Alain Flaccus, compagnon de la mère de l’athlète (et qui fait partie de l’encadrement sportif de celle-ci) a déclaré lui avoir injecté de l’EPO à son insu. Information communiquée au Monde des sources proches de l’enquête, confirmant une révélation de L’Equipe.

M. Flaccus était entendu dans le cadre d’une garde à vue de quarante-huit heures, dans les locaux de la gendarmerie de Montbéliard (Doubs) – tout comme l’athlète. Il a précisé avoir « piqué » Ophélie Claude-Boxberger avec une seringue d’EPO la veille de la fin de son stage en altitude à Font-Romeu (Pyrénées-Orientales) – et ce « lors d’un massage durant lequel elle s’était endormie ». Il a dit s’être procuré lui-même l’EPO.

Pour l’heure l’athlète est toujours suspendue par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Interrogée par l’Est républicain à l’issue de sa garde à vue, Ophélie Claude-Boxberger a dénoncé « une machination » : « J’ai enfin compris des choses, compris comment on avait retrouvé de l’EPO dans mon corps. Les faits sont là. Cette personne a profité d’un instant de faiblesse psychologique et physique. Il y aurait préméditation, volonté de nuire à ma carrière sportive et exercice illégal de la médecine (sic)».

Les déclarations d’Alain Flacus suscitent toutefois des interrogations chez les enquêteurs. L’intéressé a en effet changé plusieurs fois de version durant sa garde à vue. Ces nouvelles révélations n’éteignent d’ailleurs pas la procédure ouverte par l’AFLD, qui dit continuer « de mener l’enquête préalable à la saisine de la commission des sanctions ». « La sportive pourra apporter toute explication et tout élément matériel de preuve dans le cadre de sa défense », a expliqué l’instance dans une déclaration à l’Agence France-Presse.

Qui croira-t-on ?

A demain @jynau

Six médecins français vont-ils être lourdement indemnisés pour avoir osé fait de la publicité ?

Bonjour

Il nous l’avait dit, il le fait. En charge des intérêts de six médecins Me Fabrice Di Vizio réclame aujourd’hui des indemnités à l’État français, au titre du préjudice subi après avoir été sanctionnés par l’Ordre pour avoir « fait de la publicité ».

Bref rappel. Dès juin 2018, le Conseil d’Etat avait prévenu dans une étude que l’interdiction de la publicité était « susceptible d’être affectée par l’évolution de la jurisprudence européenne ». Un an auparavant la Cour de justice de Luxembourg avait en effet acté que les traités fondateurs de l’UE « s’opposent à une législation nationale (…) qui interdit de manière générale et absolue toute publicité » pour les spécialistes de l’art thérapeutique dentaire.

Puis, début 2019, l’Autorité française de la concurrence avait à son tour pointé « la nécessité de modifier à brève échéance » le code de la santé publique et rapportait que le gouvernement « travaill(ait) à leur refonte dans un délai de 6 à 12 mois ». Puis vint la décision du 6 novembre dernier où le Conseil d’État entend « contraindre » le gouvernement à procéder à l’abrogation de cette règle « devenue illégale ».

Et ce qui devait arriver arrive. Aujourd’hui un ophtalmologue, un chirurgien plastique, un stomatologue, un radiologue et deux généralistes demandent (au total) 2,5 millions d’euros (dont près d’un million pour le premier) au titre du préjudice subi. On leur reprochait d’avoir fait la promotion du laser médical. « Ces sommes sont établies à partir des bilans comptables des praticiens, a expliqué Me Fabrice Di Vizio au Quotidien du Médecin (Stéphane Long). Cela tient compte du manque à gagner, des charges de leur cabinet durant la période d’inactivité et des dépenses liées à la reconstruction de leur carrière après la sanction. » Entre 2013 et 2019, ces médecins avaient été suspendus d’exercice – et ce pour des périodes allant de un à six mois mois ferme . « Ces sanctions sont allées jusqu’à ruiner la carrière de certains professionnels », assure l’avocat.

Evaluer le montant exact des préjudices

Ce dernier vient de déposer une requête préalable pour indemnisation auprès du Premier ministre. « La faute de l’État est établie, il faut maintenant évaluer le montant du préjudice », estime-t-il. Le gouvernement a désormais deux mois pour répondre. Faute de victoire Me Di Vizio saisira le tribunal administratif ainsi que le juge des référés afin d’obtenir des mesures provisoires. « C’est simple, nous a expliqué l’avocat. Toutes les condamnations pour publicité ont été prononcées illégalement.  Les juridictions ne pouvaient pas condamner sur la foi d’un texte contraire au droit communautaire et le ministre aurait dû abroger plus tôt . Ça ouvre droit à réparation du préjudice subi par les soignants ainsi condamnés. »

Pourquoi le ministre en charge de ce dossier n’a-t-elle pas agi plus vite ? Et que prépare Agnès Buzyn ? L’affaire ne fait que commencer.  Une dizaine d’autres praticiens, sanctionnés pour ne pas avoir respecté l’interdiction de publicité, auraient initialement entamé des démarches auprès de l’avocat pour obtenir réparation. « Ils ont renoncé au dernier moment par crainte des représailles de leur Ordre », assure-t-il au Quotidien.

Ce dernier précise que l’Ordre national des médecins a transmis en début d’année à Agnès Buzyn un texte permettant d’amender le code de déontologie médicale « afin d’assouplir les règles de communication des médecins, sans pour autant autoriser la publicité ». Silence ministériel qui ajoute à l’imbroglio : les chambres disciplinaires pourraient continuer à sanctionner les praticiens osant la publicité en dépit de la décision du Conseil d’État. 

Où l’on voit, une nouvelle fois, que la pratique de la médecine dans les espaces marchands évolue à une vitesse toujours un peu plus élevée que ne l’avaient imaginé ceux en charge de l’encadrer.

A demain @jynau

Maux de gorge : ne serait-ce point le début de la fin des médicaments en vente libre ?

Bonjour

Hasard ou nécessité, c’est un tir croisé sans précédent. Le mensuel Prescrire et son meilleur ennemi (l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé – ANSM) ciblent aujourd’hui, à la même heure, « les médicaments à base d’alpha-amylase indiqués dans le traitement des maux de gorge ». L’ANSM souhaite (sic) « qu’ils ne soient plus présentés en libre accès dans les pharmacies ». Cette mesure vise à sécuriser l’utilisation de ces médicaments qui présentent un risque connu de réactions allergiques, très rares mais pouvant être graves. L’ANSM entend ainsi renforcer le rôle de conseil du pharmacien (re-sic) et donc l’information des patients, au moment de la délivrance de ces médicaments accessibles sans ordonnance.  On parle ici, actuellement disponibles sans ordonnance, des médicaments à base d’alpha-amylase (Maxilase Maux de gorge Alpha-Amylase, Alfa-amylase Biogaran conseil et Alfa-amylase Top Pharm). Ils sont indiqués comme « traitement d’appoint dans les maux de gorge peu intenses et sans fièvre ». Ils se présentent sous forme de sirop pour les nourrissons, enfants et adultes et sous forme de comprimé pour les adultes. Ces derniers peuvent être accessibles en pharmacie devant le comptoir.

Or réactions allergiques associées à l’utilisation de ces médicaments sont connues : il s’agit essentiellement d’atteintes cutanées (urticaire, démangeaisons …) mais aussi très rarement des effets allergiques graves, pouvant se manifester par une chute de tension, des difficultés respiratoires seules ou associées à un gonflement de la face (chocs anaphylactiques).

Dans ce contexte, l’ANSM souhaite renforcer l’information des patients en retirant ces médicaments de la liste de médicaments de médication officinale : ils seraient donc disponibles sans ordonnance mais uniquement sur demande au pharmacien qui, alors, délivrera tous les conseils nécessaires. Professionnels de santé et patients doivent rester prudents lors de la prise de ces médicaments : en cas de signes évocateurs d’allergie, le médicament doit tout de suite être arrêté et le patient doit consulter rapidement un médecin.

Deux conceptions différentes de la réduction des risques

Prescrire, lui, est à la fois plus radical et plus ambitieux. On retrouve ces « anti maux de gorge »  dans la liste, publiée chaque « des médicaments à écarter des soins ».  Il s’agit de : l’alpha-amylase (Maxilase° ou autre), dans les maux de gorge ; le Ginkgo biloba (Tanakan° ou autre) dans les troubles cognitifs chez les patients âgés ; le naftidrofuryl (Praxilène° ou autre) dans la claudication intermittente ischémique liée à une artériopathie des membres inférieurs  ; le pentosane polysulfate oral (Elmiron°) dans le syndrome de la vessie douloureuse ; la pentoxyvérine (Vicks sirop pectoral 0,15 %° ; Clarix toux sèche pentoxyvérine 0,15 %°) dans la toux ; le ténoxicam (Tilcotil°), un anti-inflammatoire non stéroïdien ; la xylométazoline, un décongestionnant rhinopharyngé disponible en Belgique, Suisse et ailleurs. La contamination par du plomb des argiles médicamenteuses utilisées dans divers troubles intestinaux dont les diarrhées justifie de les écarter des soins : l’attapulgite (Actapulgite°, ou en association dans Gastropulgite°), la diosmectite (Smecta° ou autre), l’hydrotalcite (Rennieliquo°), la montmorillonite beidellitique alias monmectite (Bedelix°, ou en association dans Gelox°) et le kaolin (en association dans Gastropax° et Neutroses°).

Tirs croisés, mais deux conceptions différentes de la réduction des risques : « Ne plus présenter en libre accès » ou « écarter définitivement des soins » ?

A demain @jynau

GPA : la France en marche vers une dépénalisation de la pratique des mères porteuses

Bonjour

C’est une exclusivité à lire sur la-croix.com (Loup Besmond de Senneville). Une information qui va relancer la polémique sur les véritables intentions de l’exécutif quant à dépénalisation de fait du recours à la pratique des « mères porteuses ». La Croix nous apprend ainsi que uatre décisions récentes valident la retranscription à l’état civil d’enfants nés aux États-Unis par le biais d’une mère porteuse, sans plus imposer à la mère d’intention de passer par l’adoption. Un changement majeur encouragé par un arrêt rendu début octobre par la Cour de cassation dans l’emblématique affaire Mennesson.

Le quotidien catholique s’interroge : s’agit-il ici d’un tournant dans la manière dont la justice française considère les enfants nés par GPA à l’étranger ? Depuis début octobre 2019, la Cour d’appel de Rennes (seule compétente pour juger des appels concernant l’état civil des Français nés à l’étranger) a rendu quatre décisions qui concernent des couples hétérosexuels ou homosexuels. Et dans les quatre cas elle  a validé la retranscription de la filiation d’enfants nés en dehors des frontières françaises par le biais d’une mère porteuse.

« Elle entérine du même coup, de manière systématique, qu’une femme n’a plus besoin d’accoucher pour devenir mère  affirme La Croix. Dans les quatre arrêts, rendus les 18 et 25 novembre, les juges ne contraignent plus le parent d’intention à passer par une adoption pour établir la filiation à l’égard de l’enfant. Une demande quasi-systématique avant cela. »

Au moins 555 enfants nés après GPA entre 2013 et janvier 2019

Comment comprendre que  les juges franchissent ce nouveau pallier dans la facilitation de la reconnaissance des enfants nés par mère porteuse à l’étranger ? Tout simplement parce qu’il y sont  encouragés par une décision rendue début octobre par la Cour de cassation dans l’affaire Mennesson. 

 « Ces jugements marquent une rupture majeure », analyse pour La Croix Marie-Christine Le Boursicot, magistrate et conseillère auprès de la Cour de cassation. Cette juriste voit dans ces arrêts la confirmation que la décision de la Cour de cassation fera désormais jurisprudence pour valider systématiquement la retranscription des enfants nés par mère porteuse à l’étranger. « Avant, les juges s’appuyaient sur le fait que la mère n’avait pas accouché pour contester la filiation et imposer l’adoption. Mais la réalité de l’accouchement ne compte plus, poursuit-elle : « Tout cela met le législateur au pied du mur : nous sommes désormais contraints de revoir en profondeur notre droit de la filiation. »

Prochaine étape : une circulaire interministérielle annoncée en septembre par la ministre de la justice Nicole Belloubet et qui avait grandement ajouté à la confusion quant aux véritables intentions du gouvernement et d’Emmanuel Macron.  Cette circulaire est toujours en cours de préparation à Matignon. Selon la Chancellerie, au moins 555 enfants seraient nés après GPA à l’étranger entre 2013 et janvier 2019 – dont plus de la moitié dans des couples d’hommes, et 70 % aux États-Unis. Et combien demain pour une pratique interdite en France au nom de l’éthique et du refus de la commercialisation des ventres féminins ?

A demain @jynau