Dopage athlétique et dindons de la farce : la publication scientifique qui n’aurait jamais existé

Bonjour

Les médias anglais font mine d’enrager. The Sunday Times (George Arbuthnott, Jonathan Calvert and David Collins) comme la BBC. A les écouter on ne peut qu’être scandalisé ; une affaire destinée au blog « Rédaction médicale et scientifique » de Hervé Maisonneuve. Ni fraude ni malversation cette fois, mais un veto interdisant la publication d’une vérité scientifique. Un papier étouffé ? A coup sûr un nouvel épisode dans l’infini feuilleton de la traque au dopage sportif.

Le Sunday Times racontait ainsi, hier 16 août, que la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) avait bloqué la publication d’une étude sur le dopage – une étude selon laquelle un tiers des athlètes ayant participé aux Mondiaux de 2011 avaient eu recours à des méthodes prohibées pour améliorer leurs performances. En pratique des chercheurs de l’université de Tübingen en Allemagne avaient pu enquêter sur les athlètes de haut niveau lors des Mondiaux organisé à Daegu, en Corée du Sud, en 2011. Ils en auraient conclu qu’entre 29% et 34% des 1.800 participants à la compétition avaient violé la réglementation antidopage au cours des douze mois précédents.

« Ces découvertes démontrent que le dopage est extrêmement répandu parmi les athlètes de haut niveau et reste largement incontrôlé en dépit des dispositifs actuels de tests biologiques » aurait conclut l’étude. Les chercheurs allemands ont aussi indiqué au Sunday Times que la publication de leurs résultats avait été bloquée par l’IAAF.

Selon le journal britannique cette étude scientifique avait été financée par l’Agence mondiale antidopage (AMA), cette dernière ayant toutefois  donné à l’IAAF la possibilité de s’opposer à la publication – et ce en échange de « l’accès aux athlètes ». La confiance régnait, en somme. Puis, dans les mois suivant l’étude, il aurait été demandé aux chercheurs de signer un accord de confidentialité. Ces derniers critiquent désormais la volonté de la Fédération d’athlétisme d’enterrer leur travail.

« L’IAAF bloque. Je pense qu’ils sont parties prenantes avec l’AMA et qu’ils bloquent tout », a déclaré au Sunday Times Rolf Ulrich l’auteur principal des travaux.

Est-ce si simple ? Comme toujours dans les affaires de dopage le spectateur (journaliste ou pas) a désormais la désagréable impression de jouer le rôle de dindon de la farce. Il faut ici savoir que des fragments de cette étude avaient fuité aux Etats-Unis en août 2013. C’était alors dans le New York Times (Tim Rohan).  Il faut aussi écouter les précisions de l’IAAF. « Il ne s’agit pas d’une nouvelle histoire, elle a d’abord été relayée par la télévision allemande en 2013 et l’IAAF avait déjà réagi à ce moment là. « L’IAAF ne s’est jamais opposée à la publication de cet étude » réplique cette organisation qui ajoute qu’elle a, en revanche, toujours eu de « sérieuses réserves sur l’interprétation des résultats ». On lira ici la réponse de l’IAAF. Cette dernière explique encore avoir  soumis le travail à d’autres chercheurs, qui avaient également émis de sérieuses réserves. Ces réserves avaient ensuite été transmises aux chercheurs de l’université de Tübingen ; et l’IAAF indique qu’elle « n’a jamais eu de réponses de leur part ».

Une sorte de travail de relecture dans l’ombre en somme – avec le financier jouant le rôle que tient habituellement la revue sollicitée pour publication (1). Et les médias grand public utilisés pour l’organisation des fuites ? Le tout dans un contexte chargé avec la publication, il y a quelques jours, de la publication par le Sunday Times (associé à la chaîne de télévision allemande ARD) d’une enquête journalistique selon lesquelle une fraction importante des 5.000 athlètes contrôlés entre 2001 et 2012 présenteraient des valeurs sanguines « suspectes ou hautement suspectes ». Un travail également dénoncé (sur un mode mineur) par l’IAAF.

Les prochains championnats du monde d’athlétisme auront lieu à Pékin du 22 au 30 août.

A demain

1 Une lecture complémentaire très documentées est  proposée par Pierre-Jean Vazel (ancien athlète, entraîneur) sur son blog « Plus vite, plus haut, plus fort ;des corps et des records » . Extraits :

« Financée par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), l’étude a été soumise par l’université allemande à plusieurs revues à comité de lecture, sans succès, et refusée en premier lieu par la prestigieuse revue Science. Parallèlement, l’AMA aurait demandé aux universitaires de suspendre leurs démarches tant que l’IAAF n’aura pas eu connaissance du manuscrit et donné son accord pour publication. Depuis, la situation n’a pas évolué et l’IAAF a fait savoir aujourd’hui qu’elle n’a jamais eu de droit de véto et n’aurait de toute façon pas eu à l’exercer puisque l’étude a été recalée par les journaux spécialisés… Selon les spécialistes qu’elle a pu consulter, le protocole et l’interprétation de cette étude classée dans les sciences humaines serait contestable. Tübingen a tout de même réussi à publier en 2013 une autre recherche sur le triathlon, utilisant exactement le même questionnaire que pour l’athlétisme. Elle est consultable dans Plos One, une revue scientifique en ligne qui publie 70 % des articles soumis, beaucoup moins sélective que Science qui en accepte 10 %. 

(…) Le précédent « scoop » du Sunday Times, en collaboration avec la chaîne de télévision allemande ARD, datait du début du mois : 800 athlètes sur 5000 (chiffres arrondis) présentaient des anomalies dans leur passeport biologique sur la base des statistiques 2001 – 2012, soit environ 16 % de cas suspects. Un fait qu’aurait couvert l’IAAF. Or, les deux médias ont omis de préciser que l’IAAF avait justement publié elle-même il y a quatre ans, avec le laboratoire d’analyse suisse, une étude utilisant les statistiques de 2001 à 2009 : « Prévalence du dopage sanguin dans les échantillons collectés sur des athlètes élite« , dans la revue Clinical Chemistry. On peut y lire que « un total de 7289 échantillons sanguins a été collecté sur 2737 athlètes hors et en compétition internationales d’athlétisme. (…) La prévalence estimée du dopage sanguin allait de 1 à 48 % (selon les pays) et une moyenne de 14 % pour l’ensemble de la population étudiée. » 14 %, très proche donc des 16 % rapportés par l’ARD et le Sunday Times… Ignoraient-ils l’existence de cette publication ou l’ont-ils volontairement tue ? »

Miscellanées sexuelles, stratosphériques et médicales, millésimées « été 2015 »

Bonjour

Panspermie

31 juillet 2015. Pleine lune et nouvelles émotions en provenance de l’espace. Un espace de plus en plus lointain, qui nous fait de moins en moins rêver. Nouvelles émotions autour d’une question de toute éternité : la vie n’existe-t-elle que sur notre Terre ? La nouveauté, aujourd’hui : une rafale de publications. Elles sont dans Science et révèlent les dernières découvertes obtenues via Philae, minuscule robot largué en novembre 2014 par la sonde Rosetta sur la comète 67P/Tchourioumov-Guerassimenko – plus connue désormais sous le nom de «Tchouri». Nous sommes ici à un demi-milliard de kilomètres de la Terre.

Philae ne répond plus mais Science parle. Mieux, Science détaille la présence, sur Tchouri, de composés organiques. Une publication, vingt-et-un auteurs dont trois travaillent en France (Paris, Nice et Créteil). Le noyau de cette comète semble être un concentré de molécules organiques. Des molécules (isocyanate de méthyle, acétone, propionaldéhyde et acétamide) jusqu’ici inconnues de l’homme dans l’univers des comètes. Nous sommes là en amont des acides aminés et autres pièces élémentaires des bases élémentaires du vivant.

Aussitôt la question revient d’un ensemencement des océans terrestres par des comètes venues d’on ne sait quel au-delà. «Un – gros – bémol toutefois, nous désenchante Pierre Le Hir, dans Le Monde. L’éventuelle présence de composés organiques complexes sur Tchouri n’a pu être confirmée par les premières analyses.» Le quotidien vespéral cite toutefois deux spécialistes qui donnent matière à rêver.

Jean-Pierre Bibring (professeur à l’Université Paris-Sud et responsable scientifique de Philae) : «Ce qui est sûr c’est que le noyau cométaire est très riche en composés carbonés, qui ne se présentent pas sous la forme de petites molécules piégées dans la glace, comme on le pensait jusqu’à présent, mais de grains suffisamment gros pour résister à un voyage dans l’espace».

Nicolas Altobelli (responsable de la mission Rosetta à l’Agence spatiale européenne) : «Le système solaire est une machine à fabriquer et transporter de la matière organique, et les premiers résultats de Philae nous donnent un aperçu des processus chimiques précurseurs de l’apparition de la vie.»

Autant d’éléments qui relancent les phosphorescences humaines sur la fécondation des océans terrestres. Autant de rêves à venir sur l’antique panspermie. Et sur sa variante rocheuse : la lithopanspermie. Une vie sur Terre venue du fin fond de l’univers. D’où ? Une vie qui, comme on le sait, n’est rien d’autre qu’une oxygénation forcée. Par qui ? Philae ne répond plus.

… il y aurait comme une épidémie chronique de dopage dans le monde de l’athlétisme …

Athlétisme et dopage

La chaîne de télévision allemande ARD et le quotidien britannique Sunday Times accusent : il y aurait comme une vieille épidémie chronique de dopage dans le monde de l’athlétisme, plus particulièrement dans les courses de fond. Accusations fondées ? Nullement ! Ils n’ont fait que jeter une insidieuse suspicion sur un sport jadis roi devenu spectacle doré sur tranche de platine iridié. Ce ne sont là que des initiatives «sensationnalistes et trompeuses» vient de crier la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF).

«La suspicion seule n’est pas une preuve de dopage» tonne l’IAAF. Ce qui n’est pas faux mais qui ne saurait, non plus, dispenser de présenter un alibi. L’objet du délit potentiel est constitué des résultats biologiques obtenus sur les échantillons sanguins de 800 athlètes – des résultats donnant des valeurs «suspectes ou hautement suspectes». Selon la chaîne allemande et le journal britannique, cette suspicion concernerait environ un tiers des 146 médaillés «mondiaux» ou «olympiques» de 2001 à 2012 du 800 m au marathon. En vérité, la seule chose qui gêne véritablement l’IAAF : que ces médailles puissent devoir être rendues par les titulaires et remises à d’autres athlètes (les suivants) dont rien ne prouve, d’ailleurs, qu’ils ne sont pas, eux aussi, dans le péché.

«Les résultats auxquels il est fait référence ne sont pas des contrôles positifs et d’ailleurs, à la fois, ARD et le Sunday Times admettent que leurs évaluations de ces données ne valent pas preuve de dopage» se défausse, mollement, l’IAAF. Les deux médias fondaient leurs accusations sur 12 000 échantillons sanguins prélevés entre 2001 et 2012 et concernant 5000 athlètes – soit une «base de données» qui existe bel et bien et qui est détenue par l’IAAF.

Après les accusations d’ARD et du Sunday Times, l’Agence mondiale antidopage s’était déclarée «très inquiète». Ce qui n’est pas fait pour rassurer, sur son canapé, le futur spectateur des Mondiaux d’athlétisme programmés pour dans trois semaines. Dopée ou pas, la crème des athlètes se retrouvera dans le Nid d’oiseau des JO 2008.

Les spectateurs sur canapés peuvent toutefois se rassurer : le patron du Comité international olympique, Thomas Bach, vient de faire savoir que son organisation appliquerait un principe de «tolérance zéro» en matière de dopage. Les prochains JO ? Ce sera l’an prochain, à Rio de Janeiro. Puis, pour ceux de 2022, nous serons à nouveau à Pékin. Les canapés seront toujours là, mais le dopage, alors, aura été vaincu.

Sexualité australienne illégale

En Australie, faire, à 40 ans, un enfant avec un garçon âgé de 14 ans est illégal. Et vaut six ans de prison. C’est une aventure qui nous vient d’au-delà des Bermudes, une information que vient de rapporter le quotidien The Melbourne Age. Elle peut être rapportée sèchement : une mère de famille australienne âgée de 40 ans vivant dans la banlieue de Melbourne a été condamnée lundi 27 juillet 2015 à six ans de prison pour avoir conçu un enfant avec un enfant âgé de 14 ans – un ami de sa propre fille, dont elle était tombée amoureuse deux ans auparavant. Il semble que sa fille était amoureuse de ce garçon. Il est acquis que l’accusée (mère de trois enfants) a eu plus de vingt rapports sexuels non protégés avec le jeune garçon (y compris dans sa voiture et en camping).

La relation a duré deux ans et s’est conclue, comme on pouvait raisonnablement s’y attendre, par une grossesse. Une petite fille est née en mai 2014. Les parents du jeune garçon ayant appris (tardivement) la relation ont (aussitôt) porté plainte. Un test ADN a confirmé que leur jeune enfant était bien le père biologique de la petite fille. Où sont, dans un tel cas de figure, les frontières entre le normal et le pathologique ? La prison est-elle la réponse à ces étranges passions ?

Totipotence à volonté

Fin juillet. Un message d’espoir dans le filet, mince et superficiel, des informations estivales. Nous avions appris, ces dernières années, qu’il est possible d’obtenir in vitro à partir de n’importe quelle cellule d’un organisme donné, des cellules pluripotentes : des cellules capables de se diviser pour générer tous les tissus constituant ce même organisme. C’est là une forme de voyage cellulaire vers le passé ouvrant, a priori, tous les espoirs thérapeutiques pour le futur dans le cadre d’une médecine régénérative qui se fait attendre. C’est aussi, bien sûr, une nouvelle source inépuisable pour tous les Drs Victor Frankenstein en herbe. Nous savions aussi qu’au-delà de la pluripotence il y a, plus merveilleux encore : la totipotence.

Deux siècles après la naissance (non loin de Genève) du Prométhée moderne (1818) de Mary Shelley (1797-1851), voici une nouvelle qui pourrait bien faire du bruit – quand bien même elle ne concerne que la souris. C’est une nouvelle qui vient de Strasbourg (France) et de Münster (Allemagne). Une performance réalisée (non loin de la Suisse) sous la direction de Maria-Elena Torres Padilla et de Juanma Vaquerizas. La première est directrice de recherche Inserm au sein de l’IGBMC (CNRS/Université de Strasbourg/Inserm) tandis que le second œuvre au Max Planck Institute de Münster.

Ils sont parvenus pour la première fois à obtenir des cellules totipotentes, ayant les mêmes caractéristiques que celles des tout premiers stades embryonnaires. Des cellules aux propriétés encore plus intéressantes. Ces résultats viennent publiés dans la revue Nature Structural & Molecular Biology. Les chercheurs sont parvenus à induire un état totipotent via une reprogrammation de la chromatine dans un état moins condensé. Ces résultats apportent de nouveaux éléments dans la compréhension de la totipotence et laissent entrevoir de prometteuses perspectives en médecine régénérative. Il faudra pour cela franchir encore quelques obstacles et travailler sur ces cellules humaines – des cellules que l’on parviendra à faire voyager vers leur passé, jusqu’au stade embryonnaire. Cela ne saurait tarder. Mais Philae ne répond toujours pas.

A demain

Ce texte, sous cette forme, a initialement été publié dans la Revue Médicale Suisse (Rev Med Suisse 2015;1510-1511). Sur abonnement.

Dopage athlétique et tête dans le sable : l’organisateur du spectacle crie au «sensationnalisme médiatique »

Bonjour

On l’attendait la voici : la réponse en forme de déni. Non pas des révélations mais de simples allégations. La chaîne de télévision allemande ARD et le quotidien britannique Sunday Times n’ont pas mis en évidence une épidémie chronique de dopage dans le monde de l’athlétisme et plus particulièrement des courses de fond (voir notre chronique sur Slate.fr). Ils n’ont fait que jeter  une insidieuse suspicion sur un sport jadis roi devenu spectacle doré sur tranche de platine iridié. Ce sont là des initiatives « sensationnalistes et trompeuses » vient de crier la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), dans un communiqué destiné à la presse et que l’on peut lire ici.  On trouvera d’autre part ici la très bonne synthèse que fait la BBC de ce sujet.

Suspicions

« La suspicion seule n’est pas une preuve de dopage » tonne l’IAAF. Ce qui n’est pas faux mais qui ne saurait, non plus, dispenser de présenter un alibi. L’objet du délit potentiel est constitué des résultats biologiques obtenus sur les échantillons sanguins de 800 athlètes – des résultats donnant des valeurs « suspectes ou hautement suspectes ». Selon la chaîne allemande et le journal britannique  cette suspicion concernerait environ un tiers des 146 médaillés « mondiaux » ou « olympiques » de 2001 à 2012 du 800 m au marathon. Et la seule chose qui gêne véritablement l’IAAF tient au fait que ce médailles puissent devoir être rendues par les titulaires et remises à d’autres athlètes (les suivants) sont rien, d’ailleurs, ne prouvent qu’ils ne sont pas, eux non plus, dans le péché.

« Les résultats auxquels il est fait référence ne sont pas des contrôles  positifs et d’ailleurs à la fois ARD et le Sunday Times admettent que leurs évaluations de ces données ne valent pas preuve de dopage » se défausse, mollement, l’IAAF. Les deux médias fondaient leurs accusations sur 12.000 échantillons sanguins prélevés entre 2001 et 2012 et concernant 5.000 athlètes – soit une « base de données » qui existe bel et bien et qui est détenue par l’IAAF. Ils citaient deux chercheurs australiens, Michael Ashenden et Robin Parisotto (spécialistes, notamment, de la détection de l’EPO). Selon eux le dopage dans l’athlétisme serait aujourd’hui devenu une forme d’équivalent de ce que le cyclisme a connu il y a plusieurs années (sans que l’on puisse ici véritablement utiliser complètement le mode passé).

Hématologue-leader

Pour Robin Parisotto l’athlétisme est « entre dix et quinze ans » derrière le cyclisme. L’IAAF a son propre expert en défense : le Pr Giuseppe D’Onofrio, présenté comme l’un des leaders mondiaux en matière d’hématologie. « Il n’y a pas de place pour les raccourcis, les approches simplistes ou le sensationnalisme quand la réputation et la carrière des athlètes est en jeu » a déclaré M. D’Onofrio. Ce qui n’est pas faux mais qui ne répond pas à la question posée.

Après les accusations d’ARD et du Sunday Times l’Agence Mondiale Antidopage s’était déclarée « très inquiète ». Ce qui n’est pas fait pour rassurer, sur son canapé, le spectateur des Mondiaux d’athlétisme programmés pour dans trois semaines. Dopée ou pas la crème des athlètes se retrouvera dans le Nid d’oiseau des JO 2008.

Les spectateurs sur canapés peuvent toutefois se rassurer le patron du Comité international olympique, Thomas Bach, vient de faire savoir que son organisation appliquerait un principe de « tolérance zéro » en matière de dopage. Les prochains JO ? Ce sera l’an prochain, à Rio de Janeiro. Puis pour ceux de 2022 nous serons à nouveau à Pékin. Les canapés seront toujours là, mais le dopage, alors, aura été vaincu.

A demain

Athlétisme-leaks (2) : aux JO, le CIO appliquera le principe de la «tolérance zéro». On ne rit pas.

Bonjour

« Athlétisme-leaks » J+2. Depuis Kuala Lumpur Thomas Bach a rugi : « S’il y avait des cas concernant des résultats aux Jeux olympiques, le CIO appliquerait le principe de tolérance zéro ». C’était l’heure où les lions allaient boire. Thomas Bach est le président du Comité International Olympique. Il a 61 ans et c’est un ancien champion olympique de fleuret moucheté. C’est aussi un Allemand.  Thomas Bach, depuis Kuala Lumpur, rugissait après les nouvelles accusations de dopage dans l’athlétisme lancées dans un documentaire de la télévision allemande ARD.

Thomas Bach

Puis Thomas Bach s’est calmé : « Mais, pour le moment, il n’y a rien de plus que des allégations et nous devons respecter la présomption d’innocence ». Peu avant lui, Lamine Diack avait menacé. Lamine Diack, 82 ans est Sénégalais. Il est le président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), par ailleurs membre honoraire du CIO. Il avait mis en garde contre « une volonté de redistribution de médailles, faisons-y attention ».

Rappelons les révélations de la chaîne allemande ARD et du Sunday Times : l’analyse d’une base de données biologiques de 12 000 échantillons sanguins (détenue par l’IAAF) laisse entendre que sur 5 000 athlètes testés entre 2001 et 2012, 800 présenteraient des valeurs sanguines « suspectes ou hautement suspectes ». Sur les 146 médaillés mondiaux ou olympiques de 2001 à 2012, du 800 mètres au marathon, un tiers présenteraient des valeurs suspectes. Hier 2 août, l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) s’était dite « très inquiète » (voir Slate.fr).

Lamine Diack

Lamine Diack quitte aujourd’hui Kuala Lumpur pour le Costa-Rica. Il a eu le temps de donner un entretien à l’envoyé spécial de L’Equipe (Mark Ventouillac) en Malaisie pour couvrir la session du CIO. L’homme a besoin de récupérer avant de parler depuis sa suite qui surplombe un gigantesque parc public de KL. Les données biologiques de l’IAAF sont entre les mains de journalistes allemands et britanniques ? La justice sera saisie car ces données sont confidentielles… 146 médaillés avec des critères douteux ? Cela lui semble un peu léger… Qu’est-ce, d’ailleurs, qu’un paramètre sanguin douteux ? L’IAAF n’a jamais étouffé les cas douteux… L’IAAF n’a pas le droit de publier les données que publie la presse… Les Fédérations d’athlétisme du Kenya et de Russie ont des problèmes qu’elles doivent régler. S’il est vraiment prouvé qu’elles cachent systématiquement le dopage elles seront bannies. Si non, non.

Ethique et Monaco

Lamine Diack ajoute qu’après la première enquête d’ARD en décembre dernier il a créé une « commission d’éthique indépendante » composée de très hautes personnalités. Elles travaillent et elles sont libres. Il ne peut donc pas les presser. Il leur fait confiance. Elles sont déjà venues à Monaco, au siège de l’IAAF. Elles ont interrogé qui elles voulaient. Elles n’ont pas demandé à entendre Lamine Diack. Bientôt Lamine Diack sera à Pékin, pour les très attendus « Mondiaux d’athlétisme » (du 22 au 30 août). A Kuala Lumpur il a réfléchi : il ne choisira pas, pour lui succéder,  entre Sebastian Coe et Serguei Bubka. Il n’a pas dit pourquoi.

A demain