L’acteur Robin William a disparu. Alcool. Drogues. Dépression. Asphyxie par pendaison

Bonjour

63 ans depuis quelques jours. Cause probable du décès : « suicide par asphyxie ». C’est ce qu’indique la police de Marin County, au nord de San Francisco où il habitait. Elle ajoute toutefois qu’une enquête est en cours pour déterminer « les causes et les circonstances du décès ». Une autopsie devait avoir lieu ce mardi 12 août ajout la police (1). Elle précise que le comédien a été vu vivant pour la dernière fois à son domicile (où il vivait avec sa femme) le dimanche 10 août « vers 22 heures ».

Larmes twittées

Pour l’heure tous les médias occidentaux pleurent l’acteur « l’un des plus brillants de sa génération ». Et ne parlons pas des brassées de larmes twittées. Barack Obama vient de saluer son « talent incommensurable ». « Il a débarqué dans nos vies comme un extraterrestre, mais il a fini par toucher chaque élément de l’esprit humain », a déclaré le président américain.

Naissance à Chicago… Etudie l’art dramatique à la Julliard Scholl… One-man-shows dans des night-clubs. .. Série Happy Days, en 1974. Quarante ans déjà…. Série télévisée Mork and Mindy  (il est Mork, « extraterrestre drôle et touchant »)…Premier Golden Globe….Quatre au total, notamment celui du meilleur acteur pour Good Morning Vietnam…Renommée mondiale… Le Cercle (1989)… Madame Doubtfire (1993)… Will Hunting… Un seul Oscar (1998) catégorie « meilleur second rôle ».

Cœur brisé

Il avait trois enfants. Sa femme Susan Schneider (épousée en troisièmes noces en 2011)  dit dans un communiqué distinct avoir « perdu ce matin son mari et meilleur ami ». « Mon cœur est totalement brisé ».

Son attachée de presse, Mara Buxbaum, a expliqué que le professeur du Cercle des poètes disparus souffrait d’une dépression. « Robin Williams est décédé ce matin. Il souffrait ces derniers temps d’une sévère dépression, a-t-elle écrit dans un communiqué. C’est une disparition soudaine et tragique. »

Pas d’immunisation

Dans USA Today la présidente de l’Association américaine de suicidologie,  Julie Cerel, a précisé qu’en plus de ses addictions à la drogue et à l’alcool il souffrait de troubles liés à une personnalité bipolaire. Pour sa part Ken Duckworth, directeur de National Alliance on Mental Illness, a assuré que la mort de l’acteur mettait en lumière « la nécessité de développer de meilleurs traitements pour tout ce qui touche à l’addiction et à la dépression ». « « Il est difficile de penser que des personnalités aussi connues et avec autant de succès que Robin Williams peuvent avoir ce genre de vulnérabilité, a-t-il ajouté. On aimerait croire qu’ils sont immunisés contre la souffrance et les maladies psychiatriques. Mais ce n’est pas le cas. »

 

Bourreau de travail

Il avait parlé ouvertement  de ses démons, de ses batailles avec l’alcool et la drogue. Il était victime de son bourreau et ce bourreau était le travail. Pour ne pas baisser la tête, pour tenir le rythme (trois films en postproduction pour les quelques mois à venir) il avait  « avoué ». Il était « retombé dans l’alcoolisme ». Ce sera du moins l’explication officielle. Celle que cherche la police de Marin County.

Le 1er juillet dernier on pouvait le voir dans le Los Angeles Times. Nouvelle cure de sobriété dans le centre Hazelden du Minnesota . Extraits :  

« The Oscar winner is spending a few weeks at the Hazelden facility in Minnesota, participating in a program designed to reinforce sobriety, the Los Angeles Times has confirmed. No fall off the wagon prompted the planned stay.

« After working back-to-back projects, Robin is simply taking the opportunity to fine-tune and focus on his continued commitment, of which he remains extremely proud, » his rep said Tuesday. (…) Williams, who’s been open about his problems with cocaine and alcohol over the years, previously spent time on a Hazelden campus in Oregon back in 2006. He later explained that drinking had gradually become a problem again after 20 years of sobriety. 

« You’re standing at a precipice and you look down, there’s a voice and it’s a little quiet voice that goes, ‘Jump,' » the « Mrs. Doubtfire » star told ABC News in October of that year. « The same voice that goes, ‘Just one.’ … And the idea of just one for someone who has no tolerance for it, that’s not the possibility. » (…) Hazelden bills its Lodge « experience » as a place where people who are living sober can come to touch their 12-step bases.”

Rire après le bloc

En 2009 l’acteur avait été opéré du cœur. Avec succès. Le personnel médical avait  raconté qu’il avait commencé à les faire rire deux heures à peine après être sorti du bloc. Il préparait  une suite de Madame Doubtfire. Aujourd’hui, 12 août 2014, c’est officiel: Mme Doubtfire ne gardera plus jamais ses enfants.

A demain

(1) La police américaine a indiqué dans la soirée du  mardi 12 août (heure de Paris) que l’acteur a été retrouvé à son domicile pendu avec une ceinture et le poignet entaillé. Ces coupures ne sont toutefois pas la cause principale de son décès, attribué « principalement » à « un suicide dû à l’asphyxie à cause d’une pendaison », a déclaré le lieutenant Keith Boyd lors d’une conférence de presse. Précision: il n’y avait pas de « traces de lutte » apparentes, mais l’enquête se poursuit.

 

Ebola : un nouveau médecin contaminé, cette fois à Lagos (Nigéria)

Bonjour

Tout s’accélère sur le front international anti-Ebola. Les Etats-Unis annoncent l’envoi de cinquante experts dans les trois pays d’Afrique de l’Ouest principalement touchés par l’épidémie (voir l’information de la BBC). L’annonce est faite alors que s’ouvre, à Washington, un important sommet Etats-Unis-Afrique. Ces experts devaient arriver dans les trente prochains jours.

Monrovia-Lomé-Lagos

Cette annonce coïncide aussi avec une nouvelle à la fois ponctuelle et potentiellement inquiétante transmise notamment par l’Associated Press et ABC News : un médecin nigérian de Lagos qui avait soigné Patrick Sawyer, un citoyen américano-libérien venu depuis Monrovia via Lomé à Lagos où il est mort de la fièvre  Ebola. C’est le deuxième cas d’Ebola recensé dans la plus grande ville d’afrique de l’Ouest (plus de dix millions d’habitants).

Trois cas suspects

L’information  a été rendue publique dans la matinée du 4 août par Onyebuchi Chukwu, ministre nigérian de la Santé. Le patient  était arrivé, contaminé,  le 20 juillet à Lagos où il avait aussitôt été hospitalisé dans une clinique privée. Il y est mort cinq jours plus tard. Le ministre de la Santé a précisé que soixante-dix personnes soupçonnées d’avoir été en contact avec le patient libérien sont sous surveillance. Huit d’entre elles ont été placées en quarantaine et trois présentent des symptômes évocateurs. Les résultats des tests biologiques ne devraient guère tarder. Une unité de mise en quarantaine a été mise en place dans la ville.

Comprendre

Il reste à comprendre. Comment un médecin, pleinement informé du risque infectieux, a-t-il pu contracter l’infection, qui plus est en milieu médicalisé ?

Le Nigéria devient ainsi le quatrième pays africain officiellement touché par l’épidémie. A Lagos trois autres cas suspects font actuellement l’objet d’analyses biologiques. Le Nigéria compte près de 180 millions d’habitants.

A demain

Gammy, trisomique né d’une mère porteuse thaïlandaise: ses « parents » n’en veulent plus

Bonjour

C’est une histoire moderne et monstrueuse. Un histoire de GPA. Elle est rapportée par la BBC, un media qui a décidemment le chic pour débusquer de belles affaires d’actualité que la plupart des médias français ne veulent pas voir. Aujourd’hui l’affaire est celle d’un bébé avec le syndrome de Down laissé à sa mère porteuse (thaïlandaise) biologique par un couple australien.

Agé de six mois l’enfant se prénomme Gammy. Il souffre en outre d’une malformation cardiaque et son état de santé nécessite une intervention chirurgicale d’urgence.

Génétiquement malsain

L’enfant a été laissé à Pattaramon Chanbua, sa mère biologique, le couple demandeur n’ayant été intéressé que par la jumelle, a priori génétiquement saine. Mrs Pattaramon a été payée 15,000 dollars (£9,000) pour devenir une mere porteuse. L’identité du couple australien n’est pas (encore) connue. La mère porteuse a su au quatrième mois de grossesse que le fœtus (« son » fœtus ?) était trisomique. Le couple acheteur lui a alors demandé d’avorter. Elle a refusé arguant que l’avortement était incompatible avec ses croyances bouddhistes. Et un avocat des parents soutiendra qu’elle est la seule et unique responsable de la trisomie de Gammy.

Campagne en ligne

Mrs Pattaramon (21 ans, déjà mère de deux enfants) n’a pas les moyens financiers qui permettraient de réaliser l’intervention chirurgicale (voir ici) Elle avait imaginé que les 15 000 dollars lui permettraient d’éduquer correctement ses enfants. Fort des images de l’enfant trisomique non désiré le journal thaïlandais Thai Rath  (un million d’exemplaires par jour) a publié l’histoire de et une campagne en ligne (voir ici ABC News) a été mise en place. Objectif:  recueillir des fonds destinés à réaliser l’intervention cardiaque sans laquelle l’enfant est à court terme condamné. Des centaines de personnes se sont manifestées et plus de 120 000 dollars ont été récoltés ; il en faut150 000.

#HopeForGammy.

Il y a aussi les réseaux sociaux #HopeForGammy. Mrs Pattaramon  peut ainsi compter sur des dizaines de messages de soutien pour estropié et sa mère ainsi que sur la volonté exprimée par celles et ceux qui entendent faire payer (humilier serait plus juste) le couple australien qualifié (au mieux) d’ « égoïste » et de « sans cœur ». Un porte-parole du ministère australien des Affaires étrangères  a fait savoir qu’il était «préoccupé» et qu’il était en consultation avec les autorités thaïlandaises sur les questions de maternité de substitution.  Tares Krassanairawiwong, fonctionnaire du ministère thaïlandais  de la Santé, a déclaré que la GPA avec rémunération  était illégale en Thaïlande.

C’est une histoire moderne et monstrueuse. On aimerait qu’elle soit commentée par celles et ceux qui, en France, réclament la légalisation de la pratique de la GPA. Comme Mme Irène Théry. Mais c’est sans doute, bien trop leur demander.

A demain