Silence médical total sur le coeur Carmat® n°2. « Libération » entendu par la Bourse de Paris

Bonjour

Comment font les journalistes quand ils sont sevrés d’infirmations ? Simple : ils disent qu’on ne leur donne pas les informations qu’ils sont en droit d’attendre. Incidemment ils accusent ceux qui privent les lecteurs/auditeurs des informations auxquelles ils ont droit. La séquence se vérifie une nouvelle fois avec le feuilleton Carmat®, deuxième épisode du nom.

Daniel Duveau

Tard dans la soirée su jeudi 4 septembre « des médias » ont annoncé qu’un deuxième cœur artificiel de marque Carmat® avait été implanté chez un malade français. Mais encore ? Rien, ou presque. L’intervention remonterait à quelques semaines. Elle aurait été pratiquée « il y a quelques semaines », au « CHU de Nantes », par le « Pr Daniel Duveau ». Mais encore ? Rien. Tout se serait « bien passé ». Le patient « serait corpulent ». Mais encore ? Rien de plus sous la dent.

Ces données « étaient disponibles sur le nouveau site de Libération » (1). Elles ont aussi « été données par France Inter ». « Plusieurs médias » les ont reprises. Et tout ceci est rapporté par l’AFP. Carmat® II ne répondant pas, on rappelle Carmat® I.

Julien Gracq

On se souvient : la « fuite » trop rapide et l’engouement médiatique qui suivit… la réaction politique immédiate… l’enthousiasme du gouvernement Ayrault…celui du président de la République… le génie français en action…  la « non-communication » du groupe Lagardère et du Pr Alain Carpentier…  les affriolantes projections économiques… les pleines pages dans Paris Match… l’exclu du Journal du Dimanche…la synergie industrielle, thérapeutique et médiatique… Et la remarquable retenue du corps médical concerné.

Puis la mort du malade signant, malgré tout, le succès de l’entreprise. On peut retrouver ici les éléments de ce feuilleton cardiologique et économique, politique et médiatique. Baptisons-le Carmat® I. Pour Carmat® II il faudra attendre un peu. Les fourgonnettes de BFMTV sont installées devant l’entrée du CHU de Nantes. Elles attendent une exclu. Par exemple un entretien avec le Pr Duveau. Pour l’heure il est trop tôt, le CHU ne répond pas. Sur les rives de la Loire, chacun le sait, le temps coule différemment.

A demain

(1) Dans la matinée du 5 septembre le titre de la société Carmat bondissait  à la Bourse de Paris de plus de 10 %, après la parution des informations de Libération. À 10 h 45, l’action gagnait 10,78 % à 89,79 euros, dans un marché en léger repli (- 0,02 %). « C’est une bonne nouvelle qui signale la reprise de l’étude clinique, notait Arnaud Guérin, analyste financier au sein de la société de Bourse Portzamparc. La société développe ce produit dans un domaine très risqué. La moindre information entraîne une forte variation des cours, cela traduit la variation de la prime de risque. »

Rectificatif-Ebola : à Air France on commence bel et bien à avoir peur

 

Bonjour

Toujours croiser ses sources. Sur la foi d’un sujet radiophonique de France Inter  (ainsi que d’échanges antérieurs avec des responsables de la compagnie) nous avons écrit qu’Air France traversait sereinement la crise Ebola. (« Ebola : toujours plus de morts, Air France n’a toujours pas peur »). Extrait :

 « Comment les choses se passent-elles en interne ? Plutôt bien si l’on écoute France Inter. Le comité Hygiène et Sécurité a étiqueté  ces vols sur la liste des « destinations à risque ». Cela donne, en pratique, toute liberté au personnel pour refuser d’embarquer.  Mais les refus se comptent sur les doigts de la main et aucun vol n’a été annulé.

 S’il est inquiet le personnel navigant commercial peut faire appel aux syndicats. Comme le Syndicat national du personnel navigant commercial (l’un des trois représentatifs)  – un syndicat qui « reçoit pas mal d’appels » et dit « recouper les informations » entre celles  données par les médias, par l’employeur et par d’autres sources.

Pas de baisse d’affluence dans les carlingues. Au contraire. Les peureux sont remplacés par de nouveaux clients : les membres du personnel médical et soignant qui montent en première ligne. »

Doigts des mains

Des refus d’embarquer sur le doigt de la main ? Des deux mains plus exactement. Voire de plusieurs mains… Combien ? On ne le saura pas. L’Agence France Presse a enquêté après les informations du  Parisien- Aujourd’hui en France (« L’inquiétude des hôtesses d’Air France » payant).

Et ce soir, 19 août  l’AFP  est reprise par différents médias. Que nous dit-elle ?  Que la peur du virus Ebola contamine le personnel des compagnies aériennes. Que certains personnels navigants d’Air France « n’ont pas souhaité effectuer leur mission » pour se rendre en Guinée, en Sierra Leone ou au Nigeria, pays touchés par l’épidémie d’Ebola. Information soudain officielle, données par « un porte-parole de la compagnie ».

Electricité négative

« Dans tous les cas, tous les vols sont partis avec des équipages composés en totale conformité, en nombre comme en qualification, avec la réglementation », affirme néanmoins Air France pour qui ces refus n’ont eu « aucun impact ».  Il y a pourtant de l’électricité négative dans l’air.  Le syndicat national du groupe Air France/KLM CFTC,  minoritaire, a lancé une pétition (voir ici) , demandant « l’arrêt immédiat de la desserte des pays touchés par le virus Ebola ».  Déjà plus de 700 signatures dit-on.

« En signant la présente pétition, je soutiens la demande du SNGAF visant à obtenir d’Air France l’arrêt immédiat de la desserte des pays touchés par le virus Ebola en  Afrique de l’Ouest. La poursuite des vols sur ces destinations est une mise en danger GRAVE  des PN de la compagnie,  et au-delà du risque sanitaire, cette situation présente un facteur de stress important pouvant nuire à la qualité de la tâche sécurité des PNC, ainsi qu’un risque psycho-social avéré pour notre population »

Cordon sanitaire

« Nous savons que nous avons un métier à risques, mais avec des risques mesurés. Là, c’est totalement hors de contrôle, les informations ne sont pas les mêmes d’un jour à l’autre, déplore Sophie Gorins, secrétaire générale du SNPNC. Si nous ne sommes pas capables d’assurer davantage d’hygiène ou un cordon sanitaire, il faudrait annuler les vols, sauf à dire que nous sommes réquisitionnés pour porter secours. (…) Les mesures qui consistent à distribuer des gants sont un pis-aller, nous n’avons aucune certitude que nous ne transportons pas une victime ou que nous ne sommes pas nous-mêmes porteurs de la maladie. »

L’information circule depuis peu en boucle : France TV Info ; Le Figaro ; BFM-TV ;Le Point etc.

« Clause de fatigue »

On rappelle qu’un commandant de bord peut invoquer son droit de retrait s’il estime courir un « danger grave et imminent » pour sa vie ou sa santé. Ce droit est alors appliqué à l’ensemble de l’équipage, qui est remplacé par un équipage de réserve. Confrontés à la même situation, les hôtesses et stewards peuvent invoquer une « clause de fatigue ».

Cinq compagnies – Arik, ASKY, British Airways, Gambia Bird et Kenya Airways – ont déjà interrompu leurs liaisons avec Freetown.  Aujourd’hui seules trois compagnies internationales continuent de desservir la Sierra Leone : Royal Air Maroc, Brussels Airlines et Air France. Les personnels navigants opèrent « sous une intense pression de passagers qui veulent partir »  explique le directeur général de l’Aviation civile, Abubakarr Kamara. Que veut dire précisément le directeur général ?

Symbolique tricolore

Plusieurs organisations internationales, dont l’OMS, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et l’Association internationale du transport aérien (IATA) se réunissent à nouveau sur le sujet. Et l’OACI a fait une nouvelle mise au point le lundi 18 août. 

Il est clair que l’arrêt des vols d’Air France desservant les quatre pays africains touchés par l’épidémie aurait, du fait du prestige de cette compagnie et de la symbolique nationale qu’elle continue de nourrir, une dimension bien supérieure à son seul impact économique.

A demain

Ebola : Le Kenya place l’Afrique de l’Ouest en quarantaine

Qui commande dans le ciel africain ? Samedi 16 août le Kenya a officiellement annoncé interdire l’entrée sur son territoire  à compter de mercredi 20 août) à tous les voyageurs venant des pays les plus touchés par l’épidémie d’Ebola (Guinée, Libéria et Sierra Leone). La compagnie nationale Kenya Airways – qui n’effectue pas de liaison avec Conakry – a aussitôt annoncé la suspension de ses vols à destination de Freetown et de Monrovia, à compter du 20 août.

 Santé publique

« Dans un souci de santé publique, le gouvernement du Kenya a (…) décidé de suspendre temporairement l’entrée au Kenya de passagers venant de, ou étant passés par les trois pays africains touchés par Ebola, à savoir la Sierra Leone, la Guinée et le Liberia », a déclaré le ministre kényan de la Santé, James Macharia. Une déclaration d’importance, aussitôt reprise par de nombreux médias internationaux dont l’Agence France Presse. Voir ici la BBC  et Reuters. La mesure entrera en vigueur mercredi à 00H00 (mardi 21H00 GMT) et concernera tous les points d’entrée du pays.

Seules exceptions : les professionnels de santé impliqués dans la lutte contre l’épidémie et les Kényans revenant dans leur pays depuis ces trois pays. Ces derniers feront l’objet « d’un contrôle approfondi (…) et seront si nécessaire placés en quarantaine ».

Kenya Airways « va se soumettre aux conseils de suspension de nos vols commerciaux vers le Liberia et la Sierra Leone. La décision, effective mardi 19 août à minuit ». Les vols à destination du Nigeria et du Ghana continuent d’être assurés, poursuit Kenya Airways qui précise néanmoins se réserver le droit d’annuler ses vols vers une quelconque autre destination, « si la situation l’exigeait ».

Que va faire Air-France ?

Le directeur des services médicaux du ministère de la Santé, Nicholas Muraguri, a pour sa part souligné qu’aucun cas d’Ebola n’avait pour l’heure été recensé au Kenya. Quatre cas suspects se sont tous avérés négatifs, a-t-il expliqué.

Cette forme de mise en quarantaine kenyane des pays touchés va soulever un certain nombre de questions dans le monde des compagnies aériennes. Kenya Airways est pour partie la propriété d’Air-France KLM qui maintient encore une politique contraire. Pour combien de temps ? La décision unilatérale de Nairobi met en lumière l’incohérence de la gestion de l’OMS. Cette dernière vient en effet de classer le Kenya comme un pays «à haut risque» de transmission. Et ce au motif qu’il est un nœud majeur du trafic aérien, et une plaque tournante quotidiennement connectée avec l’Afrique de l’Ouest (80 vols par semaine).

Pas d’interdiction

Mais dans le même temps l’OMS vient de rappeler  sa position concernant le risque de transmission de la maladie à virus Ebola au cours des voyages aériens, qui reste faible. « Le virus ne se transmet que par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne malade, souligne l’OMS sur son site à la date du 14 août. Généralement, l’état d’un malade d’Ebola est tel qu’il ne peut pas voyager. L’OMS ne recommande donc pas d’interdire les voyages à destination et en provenance des pays touchés. »

Qui commande à qui dans le ciel africain ?

A demain

Urgences: Zacharie (10 ans) est mort au centre hospitalier de Saint-Denis. Pourquoi ?

Bonjour

Nouvelle et lourde affaire hospitalière. Le Parisien et RTL viennent de révéler qu’une information judiciaire a été ouverte, ce jeudi 7 août, après la mort d’un enfant âgé de 10 ans. Prénommé Zacharie cet enfant est mort au matin du dimanche 3 août aux urgences de l’hôpital Delafontaine situé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Le Samu, les pompiers et différents chauffeurs de taxi auraient refusé de le prendre en charge pour l’emmener aux urgences.

L’information judiciaire a été ouverte pour « homicide involontaire» a précisé à l’Agence France Presse le parquet, qui a requis du juge d’instruction « la pratique d’une autopsie judiciaire », pour déterminer les causes exactes de la mort de l’enfant. La polémique commence, la polémique est là.

Abandonné de tous

 L’enfant aurait finalement été conduit aux urgences par un automobiliste interpellé dans la rue par les parents de la victime, vers 3 h du matin. Il vomissait et convulsait.  Il a été finalement pris en charge après qu’un diagnostic d’appendicite a été porté. Mais son état s’est rapidement dégradé et l’enfant, en arrêt cardio-respiratoire, est mort peu avant 9 h. Une source proche de l’enquête fait savoir qu’une malformation cardiaque (jamais détectée) pourrait avoir participé à ce décès.

« Il a été abandonné de tous,  accuse la mère de l’enfant, interrogée par Le Parisien. Personne ne peut nous secourir parce que nous habitons un quartier difficile. Ce n’est pourtant pas la brousse ici. » Les parents de Zacharie  habitent une cité d’Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis).  Ils ont décidé de porter plainte pour homicide involontaire.

La brousse de Paris

Ce n’est pas la brousse, non plus, à Paris. Notamment aux urgences de l’hôpital Cochin où une femme a été retrouvée morte le 15 février dernier. Plus de six heures après avoir été admise pour un motif a priori plus que bénin. Suffisamment bénin pour que personne ne porte de diagnostic et que personne ne s’occupe d’elle. Jusqu’à la retrouver morte sur un fauteuil. Suffisamment bénin pour que personne ne s’émeuve et que la justice ne soit pas saisie/ne se saisisse pas de l’affaire.

Nous avons longuement, sur ce blog, de même que sur Slate.fr, rapporté ce qu’il en était de ce fait-divers hors du commun. A la différence de l’affaire Zacharie les sapeurs-pompiers s’étaient bien déplacés pour transporter  aux urgences de Cochin la femme de 61 ans, une femme en bonne santé apparente, légèrement blessée au pied. Autres différences : aucune enquête préliminaire ne fut demandée par le procureur de la République de Paris. A fortiori aucune autopsie pour recherche des causes de la mort ne fut pratiquée.

Closerie des Lilas

Devant l’émotion médiatique Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, s’exprima de manière contradictoire. Avant de se taire. Le procureur de la République de Paris refusa quant à lui, avec une certaine obstination, de répondre à nos questions. (1)

Une stratégie payante au final : personne ne parle plus, aujourd’hui, de la femme retrouvée morte  peu avant minuit, le 15 février 2014, sur un fauteuil de la salle d’attente des urgences de Cochin. Morte à deux pas de l’Observatoire et de la Closerie des Lilas. Dans un Paris hospitalier qui, comme chacun sait, n’a rien à voir avec la brousse.

A demain

(1) On observera que Marisol Touraine, ministre de la Santé « a appris avec une très vive émotion le décès de Zacharie, 10 ans, survenu dimanche 3 août au Centre Hospitalier de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ».Elle vient en urgence de demander une enquête sur les circonstances de la mort.

Enquête qui n’avait pas été demandée après la mort de Cochin, la ministre laissant alors la direction générale de l’AP-HP gérer le dossier.

« En complément de l’enquête judiciaire en cours, la ministre a demandé à l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France de réaliser dans les plus brefs délais une enquête pour établir les circonstances exactes du décès de ce jeune patient, mais aussi les conditions de sa prise en charge depuis son domicile, fait savoir le cabinet de Mme Touraine. Marisol Touraine suivra avec la plus grande attention l’évolution de cette enquête. Elle informera personnellement la famille de ses conclusions et des suites qui lui seront données. »

Ebola : en France, veillée d’arme virologique à l’attention du grand public

Bonjour

Nul ne pourra, sur le territoire national, dire qu’il n’était pas prévenu. Ni que les pouvoirs publics n’avaient pas fait leur travail. Il suffit, pour s’en convaincre, de cliquer sur le site du ministère français de la Santé. Tout y est. Ou presque. Avec, en toile de fond, une forme spécifiquement française d’auto-justification de la politique suivie et des actions entreprises.  Tout se passe ici comme s’il fallait expliquer que les rouages de l’administration sanitaires avaient été huilés comme ils doivent l’être, période de gros temps ou pas. Et, peut-être,  rassurer les civils et les troupes : non, il ne manque pas un bouton de guêtre.

 Ainsi :

« Dès l’identification d’un premier cas d’Ebola en Guinée le 23 mars 2014 par un laboratoire français, un message d’alerte a été adressé par les autorités sanitaires françaises au Comité de sécurité sanitaire (HCS) et à la Commission européenne.

Depuis cette date, le ministère des Affaires sociales et de la Santé surveille la situation épidémiologique des pays d’Afrique où sévit la maladie à virus Ebola, en lien avec les acteurs sanitaires nationaux (Haut Conseil de la santé publique, Institut de veille sanitaire (InVS) notamment.), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’European Centre for Disease Control (ECDC). »

Ou  encore :

« La France se prépare depuis plusieurs années à la gestion de ce type d’événements émergents et dispose d’établissements de santé de référence et de laboratoires de très haute sécurité permettant de faire face, si nécessaire, à ce type de virus. Une coordination gouvernementale est en outre assurée en permanence sur ce sujet, ainsi qu’entre États membres de l’Union européenne, en lien avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le ministère des Affaires sociales et de la Santé organise très régulièrement des réunions de coordination interministérielle pour assurer la bonne information des autres ministères sur les connaissances de l’épidémie et les caractéristiques du virus Ebola, ainsi que sur les différentes mesures mises en œuvre et sur les recommandations à destination des professionnels de santé, des agences régionales de santé (ARS), des compagnies aériennes et maritimes et des voyageurs. »

Et enfin :

« La situation épidémiologique – nationale et internationale – est suivie avec attention par l’Institut de veille sanitaire (InVS), en charge d’assurer les actions de surveillance, de vigilance et d’alerte sur le virus EbolaUn dispositif de veille sanitaire spécifique à Ebola a été mis en place, dès mars 2014, pour être en mesure d’identifier, de prendre en charge et d’isoler très précocement toute personne susceptible d’être contagieuse sur le territoire. »

Dépistage des voyageurs

On apprend ainsi, incidemment que « dans les pays touchés par le virus, un dépistage des voyageurs est réalisé par des soignants, avant l’embarquement, dans les aéroports des pays à risque ». Et que « si un cas possible ou avéré survenait, une procédure de prise en charge établie par le ministère prévoit les conditions de transport, d’isolement dans une structure hospitalière adaptée, de réalisation des examens sans risque d’exposition des professionnels et de prise en charge thérapeutique du patient » (1)

Examen des troupes

Poursuite de l’examen des troupes. Dès l’avis du Haut conseil de santé publique (HCSP) du 10/04/2014, le ministère des Affaires sociales et de la Santé a défini un dispositif de prise en charge dans l’hypothèse où un cas serait détecté en France (signalements de cas, protocoles de prise en charge, dispositifs de renfort éventuels, etc.).

Les professionnels de santé ont été informés de ce dispositif via des messages d’alerte (DGS-Urgent pour les médecins libéraux et messages d’information spécifiques pour les établissements hospitaliers). Des consignes leur ont été adressées sur la conduite à tenir devant un cas susceptible d’être atteint par la maladie, aussi bien sur les modalités de diagnostic biologique, que d’alerte des autorités sanitaires et de prise en charge médicale. Les procédures à respecter pour assurer leur propre protection leur ont également été rappelées. Des mises à jour leur sont adressées en fonction de l’évolution de la situation.

Rapatriements sanitaires

Mieux encore : pour prévenir toute importation du virus en France, le ministère des Affaires sociales et de la Santé met en œuvre des actions d’information et de sensibilisation régulières à l’attention des divers publics concernés : établissements de santé et centres 15 : informations sur le dispositif de prise en charge des cas confirmés d’Ebola et mise en ligne, sur le site du ministère, d’un dossier Internet Ebola à destination des professionnels de santé ; sensibilisation des personnels des compagnies aériennes et personnels portuaires sur les risques encourus ; sociétés d’assistance en charge des rapatriements : rappel de la nécessité d’informer systématiquement la Direction générale de la santé de toute suspicion de cas d’Ebola.

Question : des sociétés privées peuvent-elles assurer le rapatriement de personnes pouvant constituer un risque pour la santé publique ?

A demain

(1) Sur ce sujet –et concernant le cas spécifique de Roissy-Charles-de-Gaulle – on peut se rapporter à l’article bien documenté de Slate.fr (Andréa Fradin). Les principales mesures pratiques viennent d’autre part d’être décrites par l’AFP.

Alerte rouge : le virus Ebola est entré au Nigéria

Bonjour

Ce n’est pas une bonne nouvelle. Elle nous est donnée par BBC News (voir ici). Après avoir « échappé » à ses médecins un homme est mort d’une infection par le virus Ebola à Lagos, capitale économique du Nigéria (plus de vingt millions d’habitants). Le Nigéria n’était jusqu’à présent pas touché par l’épidémie qui sévit depuis plusieurs mois dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

Monrovia-Lomé-Lagos

La victime est un Libérien, employé du gouvernement se son pays âgé de 40 ans. Il avait été pris en charge le 22 juillet dès son arrivée à Lagos. Il arrivait de Monrovia, via Lomé, la capitale du Togo – parce qu’il souffrait de fièvre, de diarrhées et de vomissements. Ebola a officiellement déjà fait 127 morts au Liberia.

L’OMS a, le 26 juillet fait savoir via  Twitter qu’elle procédait aux recherches de  toutes les personnes avec lesquelles la victime avait pu entrer en contact lors de son voyage depuis Monrovia. Ces personnes devront ensuite être surveillées pendant 21 jours (la durée maximum de la période d’incubation). L’OMS estime que la surveillance risque d’être  plus difficile dans une mégapole comme Lagos qu’en milieu rural (où elle n’est déjà pas simple).

Dans tous les (aéro)ports

Les autorités nigérianes ont aussitôt placé tous les ports et les aéroports du pays. Onyebuchi Chukwu, ministre nigérian de la Santé, Onyebuchi Chukwu a toutefois assuré qu’aucune frontière du pays ne sera fermée. Le Nigeria n’a pas de frontière commune avec le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée, les trois pays d’Afrique de l’Ouest aujourd’hui touchés. Les spécialistes du ministère de la Santé sont déployés dans tous les ports et aéroports dans le seul but d’identifier tout visiteur présentant des symptômes suspects.

« Une grève nationale des médecins, depuis vient  compliquer la situation, souligne l’Agence France Presse. Les responsables de l’Association médicale nigériane, à l’initiative du mouvement, ont été convoqués samedi 26 juillet en urgence à Abuja pour « mettre fin à la grève », selon un ancien président de l’association, Temiye Edamisan. Le ministre de la Santé s’est voulu rassurant vendredi 25 juillet, affirmant à la presse que « toutes les institutions médicales publiques du Nigeria ont été équipées pour parer à toute urgence » concernant le virus.»

Silence radio à Paris

Les autorités sanitaires nigérianes diffusaient déjà des spots à la radio et la télévision de sensibilisation à l’Ebola depuis plusieurs semaines. Leur priorité est clairement d’éviter la panique dans ce pays de 170 millions d’habitants.

On recense aujourd’hui 1 100 cas et 660 morts (dont 28 entre les 18 et 20 juillet) en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Le gouvernement américain a déclaré samedi suivre avec attention l’évolution de l’épidémie. Après s’être émue publiquement  il y a quelques semaines le gouvernement français a choisi de se taire.

A demain

Ukraine: 298 cadavres humains au coeur d’ une affaire médico-légale sans précédent

Bonjour

Combien de corps seront identifiés ? Combien seront reconstitués ? Par qui ? Et quand ? Les 298 cadavres du crash MH-17 font aujour’hui l’objet de multiples interrogations. Ils sont d’ores et déjà au centre d’une affaire médico-légale et diplomatique sans précédent. Avec, en toile de fond les catastrophes aériennes de Lockerbie (1988) en Ecosse et du Mont Saint-Odile (1992) en Alsace.

Lundi 21 juillet. A l’heure où nous écrivons ces lignes le train dans lequel se trouvent les corps (vus par des experts néerlandais) des victimes de la destruction en vol (le 17 juillet) de l’avion malaisien est bloqué par les rebelles en dépit de pressions internationales croissantes sur leur « protecteur russe ». Kiev a annoncé la suspension de ses opérations militaires autour du site du crash pour faciliter la récupération des cadavres, tandis que ses forces ont déclenché deux opérations parallèles, dans la zone de l’aéroport de Donetsk, et dans la région de Lougansk.

Pro-russes vs loyalistes

On sait que cette partie orientale de l’Ukraine est déchirée depuis plus de trois mois par un conflit armé entre les séparatistes prorusses et les loyalistes (qui accusent Moscou de soutenir les rebelles). Ce sont ces rebelles qui (sans preuve déterminante) sont soupçonnés d’avoir abattu l’avion de ligne malaisien avec 298 personnes à son bord. Ils l’auraient confondu avec un appareil militaire ukrainien. (Voir le dossier de Slate.fr)

Aujourd’hui, à cette heure, les yeux de la communauté internationale sont tournés vers la gare de Torez, en zone rebelle. C’est là qu’est immobilisé le train de cinq wagons réfrigérés contenant les restes des victimes. Une équipe d’enquêteurs néerlandais a examiné les corps, avant de partir pour la zone du crash, a constaté une journaliste de l’AFP.

Extraits variés :

« Un masque sur le visage, les enquêteurs ont ouvert les cinq wagons qui étaient censés être réfrigérés, la température extérieure oscillant autour de 30 °C. Apparemment, ils ne l’étaient pas, une forte odeur de corps en décomposition s’en dégageant….

« Les corps sont entreposés dans de bonnes conditions », a déclaré Peter Van Vliet, expert médico-légal néerlandais, reconnaissant qu’il n’avait pas pu compter les dépouilles…. »Le train doit bouger aujourd’hui, a-t-il ajouté, mais nous ne savons pas vers quelle destination ni à quelle heure »….. « Vous entendez les moteurs du système de refroidissement : ils sont à la peine.

La température augmente, ce qui favorise le processus de décomposition et donc joue en défaveur du processus d’identification »…  l’Ukraine s’est déclarée prête à confier la coordination de l’enquête internationale à ce « pays, qui a le plus souffert » – sur les 298 personnes tuées, 193 étaient des Néerlandais -, et à envoyer tous les corps à Amsterdam pour autopsie, a annoncé le Premier ministre Arseni Iatseniouk….

« Mais ces maudits gorilles ne permettent pas au train de quitter la zone », a-t-il ajouté, parlant des rebelles…. La question des corps a aussi été évoquée par un des principaux chefs rebelles, Alexandre Borodaï, au cours d’une conférence de presse à Donetsk….

« Il y a 282 corps dans les wagons. Malheureusement 16 victimes n’ont pas encore été retrouvées », a déclaré le « Premier ministre » de la « République populaire de Donetsk » (DNR), autoproclamée….. « Si ce train doit quitter notre territoire, ce sera seulement après que nous l’aurons transféré sous la responsabilité d’experts internationaux », a-t-il affirmé, disant « ne pas avoir confiance en la partie adverse »…. »

Grande ampleur

Ces informations fragmentaires soulèvent la question de savoir si la totalité des corps des victimes pourront ou non être retrouvés : 283 passagers et 15 membres de la compagnie Malaysia Airlines. « Il s’agira d’un travail de grande ampleur qui nécessitera plusieurs milliers de prélèvements sanguins pratiqués sur des proches de chacune des 298 victimes » nous a expliqué, pour Slate.fr le Pr Patrice Mangin, directeur du Centre universitaire romand de médecine légale (Lausanne). Ces prélèvements permettront une identification par comparaison des profils des empreintes génétiques. »

Première mondiale

Alors directeur de l’Institut de médecine légale de l’Université Louis-Pasteur de Strasbourg le Pr Mangin avait, en 1992, été le premier légiste au monde à avoir recours à cette technique génétique dans le cadre d’une catastrophe aérienne. Il s’agissait de celle dite du mont Saint-Odile : un Airbus A-320 de la compagnie Air Inter qui s’était alors écrasé le 20 janvier sur le mont Saint-Odile, près de la commune de Barr en Alsace. Au total 87 morts, passagers et membres d’équipage. Neuf occupants de l’avion avaient survécu. Nous avions alors couvert la dimension médicale de cette catastrophe pour Le Monde. Cette première n’avait pu déboucher sur des résultats concrets que grâce à la participation de nombreux membres des familles des victimes qui avaient accepté de subir un prélèvement sanguin. L’équipe de médecins et de biologistes dirigée par le Pr  Mangin avait ainsi pu remettre à chaque famille les restes de ses proches.

Les membres de cette équipe avaient alors dû innover. Rien dans le droit français n’impose a priori, après une catastrophe, l’identification des victimes. Le code civil prévoit dans de telles circonstances que le tribunal le plus proche prononce un jugement de décès collectif. Pour autant il existe bien des raisons pouvant justifier que l’on cherche à identifier chaque cadavre. Dans le cas d’une catastrophe aérienne ou ferroviaire il s’agit de l’investigation sur les causes du drame avec, le cas échéant, la nécessité de réaliser des examens toxicologiques sur les pilotes ou les conducteurs. Il faut aussi compter avec la confirmation du décès pour des personnes ayant souscrit des assurances. Il s’agit aussi, évidemment, de raisons humanitaires.

Pr Etienne-Charles Frogé

« Pouvoir disposer de la dépouille mortelle de son parent permet à la famille d’accomplir plus sereinement sa conduite de deuil devant un corps identifié, ce qui, après une catastrophe collective et compte tenu de l’agressivité qu’elle provoque, joue un rôle social d’apaisement » expliquait en 1992 au Monde le Pr Etienne-Charles Frogé, alors vice-président de la Société française de médecine légale et de toxicologie.

« Les légistes travaillant sur le crash de la Malaysia Airlines pourront disposer d’une liste a priori fiable des passagers observe le Pr Mangin. Dans le cas de la catastrophe du mont Saint-Odile il aurait été a priori hasardeux de se baser sur la liste des passagers établie par Air Inter, aucun contrôle d’identité n’étant alors réalisé pour les vols intérieurs. » Les enquêteurs devaient ainsi découvrir que l’un des passagers du vol Lyon-Strasbourg voyageait sous une fausse identité pour bénéficier d’une carte de réduction de la compagnie.

Difficultés politiques

Les premières difficultés rencontrées par les médecins légistes français ne furent pas d’ordre technique mais administratif et politique. Le souci des pouvoirs publics et de l’autorité judiciaire fut en effet alors de faire enlever au plus vite les cadavres des victimes du site de la catastrophe, et de les rendre rapidement à leurs familles présentes sur les lieux. «  En réalité, les autorités avaient complètement évacué le problème médico-légal, confie le professeur Mangin. Or l’expérience acquise par nos confrères étrangers était sur ce point sans équivoque. Il faut impérativement que le ramassage des corps soit fait de la manière la plus méthodique, même si les autorités veulent, en urgence, faire place nette. »

Après balisage et partage du site en cinq zones par la gendarmerie français, les corps (souvent morcelés, décapités ou carbonisés) furent situés par rapport à l’avion, puis transférés sous des tentes dans la cour fermée de la mairie de Barr. Un questionnaire rédigé par les légistes fut distribué aux familles au terme d’une cérémonie religieuse organisée sur place, en présence d’un prêtre, d’un pasteur et d’un rabbin.

Tatouages et grains de beauté

« Il s’agissait pour nous, avant de débuter le travail d’identification, d’avoir le maximum de renseignements, expliquent le Pr Mangin. Nous demandions ainsi une série de précisions concernant l’habillement des victimes, leurs bijoux, les interventions chirurgicales qu’elles avaient subies ainsi que la présence de prothèses dentaires, oculaires ou auditives, la taille, le poids, la couleur des cheveux et des yeux, l’existence de signes distinctifs comme des tatouages, des grains de beauté, etc. En moins de quarante-huit heures, nous disposions de 75 % des réponses, puis de la totalité dans la semaine. » C’est ainsi que les premières identifications médico-légales ne purent-elles commencer que plus de quarante-huit heures après la catastrophe.

Le Pr Mangin et son équipe d’une dizaine de spécialistes  travailla pendant plus d’une semaine. Il s’agit alors de mettre en œuvre les investigations traditionnelles sur les fragments organiques : autopsies, radiographies et, le cas échéant, relevés dentaires. Les chirurgiens dentistes prirent contact avec chacun de leurs confrères français ou étrangers qui avaient été amenés à prodiguer des soins aux victimes de l’Airbus. Les légistes bénéficiaient parallèlement du soutien logistique de l’Institut d’investigations criminelles de la gendarmerie française. Les spécialistes de cet institut confirmèrent dans plusieurs cas les empreintes digitales à partir d’objets utilisés quotidiennement (verres à dents) par certaines des victimes à leur domicile. Des investigations génétiques (par amplification de l’ADN) étaient également réalisées sur l’ensemble des pièces anatomiques. Il s’agissait alors plus de reconstituer  les cadavres que de les identifier.

Prélèvements de sang et de muscles

Au total, en dix jours, soixante-huit des quatre-vingt-sept victimes avaient pu être identifiées. Le Pr Mangin proposa alors au juge d’instruction, d’avoir recours, de manière systématique, à la technique des empreintes génétiques. Le magistrat de Colmar ayant accepté, les médecins strasbourgeois demandèrent à plusieurs des proches des victimes (parents, enfants, ou frères et sœurs) un prélèvement de sang. Il s’agissait alors de réaliser une identification à partir de la comparaison des empreintes génétiques (pour partie, transmises sur un mode héréditaire) obtenues sur les victimes (par prélèvement de muscles) et celles de leurs ascendants, descendants ou membres de la fratrie (méthode de la filiation inversée).

Grâce à ce procédé, seize cadavres purent être formellement identifiés et rendus à leurs familles, un doute subsistant encore pour les corps très carbonisés de trois personnes. Ces investigations ont notamment permis de réaliser les examens toxicologiques (alcoolémie, traces de médicaments pouvant altérer la vigilance) sur le corps des deux pilotes, examens qui ont donné des résultats négatifs. « Ce fut la première catastrophe collective pour laquelle on aura procédé à l’identification des victimes par la méthode des empreintes génétiques, se souvient le Pr Mangin. Le taux de succès est sans comparaison avec celui obtenu lors de catastrophes similaires. A partir d’un tel travail, on put commencer à envisager le stockage d’un échantillon d’ADN pour toutes les personnes exposées, comme le personnel des compagnies aériennes ou les militaires. » (1)

Carbonisation et identification

Qu’en sera-t-il pour les 298 victimes du crash MH-17 et pour leurs proches ? « Depuis une vingtaine d’années les techniques d’identification par empreintes génétiques ont considérablement progressé, les méthodes se sont simplifiées. Les protocoles se sont standardisés comme ceux mis au point par Interpol et il existe même désormais en France comme en Suisse des exercices de simulation pour ce type d’enquête,  explique le Pr Mangin. La carbonisation de certains cadavres ne devrait guère soulever de difficultés techniques. Les difficultés tiendront en revanche au nombre des victimes et de leurs nationalités ainsi qu’aux circonstances de la catastrophe » explique le P Mangin.

De ce point de vue les premières informations en provenance de l’Est de l’Ukraine ne laissent pas espérer que les médecins légistes et les généticiens pourront mener leur tâche dans les meilleures conditions. Combien, au final, parviendront-ils à reconstituer et à identifier de cadavres ?

A demain

(1)     Ce travail a notamment fait l’objet d’une communication scientifique dans ‘’Journal of Forensic Science’’

Une partie de ce texte a été initialement publiée sur Slate.fr

Un mort en colonie de vacances : la dictature montante de la transparence

Bonjour

Le vendredi 11 juillet ce père a fait l’ouverture de tous les journaux radiophoniques. De lui on ne retient que l’eau minérale. Comment une colonie de vacances peut-elle prendre le risque d’accueillir les enfants sans eau potable ? On leur distribue de l’eau minérale… La belle affaire… Et la vaisselle…  et la douche… et le brossage des dents… s’il avait su… Une France une nouvelle fois abreuvée par les médias en boucle sur eux-mêmes.

Il ne suffit pas que tout soit mis en œuvre face à une énigme. Il faut que cela soit dit. Et redit à l’infini. Pendant quelques heures… Généralement cela suffit. Ainsi donc :

Soupçons

Toutes les analyses sont en cours pour déterminer les causes de la mort d’un enfant de 8 ans dans une colonie de vacances de l’Ariège…. « les soupçons se portent sur de l’eau non potable qu’il aurait pu boire….. Le petit garçon a succombé mercredi en début d’après-midi d’une  » infection digestive aiguë «  à l’hôpital de Foix….

Dans la nuit de mardi à mercredi, l’enfant avait été pris de vomissements et de diarrhées sévères avant que les pompiers, appelés par les encadrants de la colonie, ne l’évacuent depuis son centre de vacances à 1 500 mètres d’altitude. Trois autres enfants de la colonie ont été hospitalisés pour des symptômes similaires, mais ont quitté l’hôpital jeudi….

Robinet

Les autorités s’accordent pour s’orienter vers un décès dû à une intoxication alimentaire. L’Agence régionale de santé avait constaté début juillet que l’eau du centre de vacances était contaminée par des bactéries coliformes, a indiqué Nathalie Martien, préfète de l’Ariège….  » Mais toute la colonie buvait de l’eau en bouteille « , a-t-elle ensuite précisé….  refusant de confirmer l’hypothèse d’un lien entre le décès et l’eau non potable.

L’enfant a-t-il malgré tout bu de l’eau du robinet ? …. Aurait-il fallu empêcher toute forme d’accès à cette eau non potable ….   » Une enquête a été ouverte justement parce qu’on ne sait rien de précis sur les causes de ce décès « , a insisté Olivier Caracotch, procureur de la République de Foix….. Une autopsie réalisée jeudi à l’Institut médico-légal de Toulouse et a confirmé que le petit garçon était mort  » d’une infection digestive aiguë  » … elle n’a pas révélé  » de vulnérabilité digestive particulière préexistante chez cet enfant « , a indiqué le procureur. Des résultats complets sont attendus mardi 15 juillet. Le centre est désormais fermé jusqu’à nouvel ordre en attendant le résultat des analyses des aliments servis aux enfants.

Chalet

Colonie de 152 enfants âgés entre 6 et 13 ans …. était arrivée lundi 6 juillet au chalet Saint-Bernard, le lieu de vacances situé à Ascou…. encadrée par une vingtaine de moniteurs … devait y rester jusqu’au 19 juillet. La victime faisait partie d’un groupe d’une quarantaine d’enfants de Villeneuve-le Roi (Val-de-Marne) … commune qui finançait une partie des frais de vacances en colonie. … Le maire de la ville, Didier Gonzales, s’est rendu sur place pour organiser l’évacuation des enfants, jeudi après-midi…..  » Par mesure de précaution et pour prendre en compte les répercussions psychologiques de cet événement sur le personnel encadrant de la colonie et les enfants, il a été décidé d’organiser le retour des enfants présents dans la colonie dans leur famille « , a confirmé la préfecture.

C’était  la première fois que la municipalité de Villeneuve-le-Roi travaillait avec l’association Marc et Montmija, qui gère ce chalet des Pyrénées …  avait remporté ce marché par le biais d’un appel d’offres.  » Elle a de très bonnes références, elle existe depuis 1958, organise 1 800 nuits par an et travaille avec des sociétés comme Airbus « , assure-t-on du côté de la mairie de la commune… .Des groupes d’enfants originaires de Paris, La Ciotat (Bouches-du-Rhône), Aubergenville (Yvelines) …. et du comité d’entreprise d’Airbus complétaient la colonie…..cellule d’urgence composée de six médecins et psychologues a été mise en place pour les enfants et pour le personnel encadrant de la colonie.

RTL

unTGV où se trouvaient 19 enfants qui rentraient de la colonie de vacances en Ariège où un garçon est mort d’une infection digestive a dû être stoppé deux heures jeudi en raison des vomissements d’un enfant, a-t-on appris vendredi de sources concordantes ….  enfants voyageaient à bord d’un TGV  Toulouse-Paris pour rentrer chez eux à Aubergenville, dans les Yvelines, lorsqu' »un petit garçon a présenté des symptômes de vomissements », puis « quelques autres ont dit qu’ils avaient mal au ventre », a expliqué à l’AFP la sénatrice-maire UMP d’Aubergenville, Sophie Primas, confirmant partiellement une information de RTL.

 » Par mesure de précaution, les encadrants ont fait arrêter le train TGV à Tours », où les pompiers et le Samu ont examiné les enfants dans la gare et les ont placés sous observation pendant environ deux heures, a poursuivi l’édile…..  « Il n’y avait aucun danger. Les enfants allaient bien, ils étaient juste très fatigués. Ils sont remontés dans le train et ont été acheminés vers Paris », a relaté Mme Primas…. Selon la SNCF, le train, immobilisé en gare de Tours à 22H45 jeudi soir, a pu repartir vers 01H10 vendredi pour arriver à Paris vers 02H15. … ;Les enfants ont fini par rejoindre Aubergenville vers 03H30, en bus, sous escorte policière. Une cellule médico-psychologique avait été mise en place pendant l’attente des parents.

Saint-Pierre-des-Corps

La Nouvelle République du Centre-Ouest : « Le TGV qui ramenait la vingtaine d’enfants partis en colonie dans l’Ariège avec le garçon de 8 ans décédé jeudi d’une infection digestive s’est arrêté le soir même en gare de Saint-Pierre-des-Corps. Dans le train parti de Toulouse, un enfant a été pris de nausée. Compte tenu du contexte particulier, la SNCF a pris la décision d’arrêter le train en gare de Saint-Pierre-des-Corps, d’aviser des services sanitaires, les pompiers, pour s’assurer de l’état de santé des enfants. D’autant plus qu’ensuite, 4 ou 5 enfants se sont plaints. Une salle a donc été ouverte à Saint-Pierre-des-Corps. Une fois les vérifications faites, le train est reparti à Paris mais avec deux heures de retard. »

Le même jour « Neuf enfants d’une colonie de vacances, séjournant dans un camping en Bretagne, ont été hospitalisés à Lorient (Morbihan) pour des troubles gastriques vraisemblablement d’origine virale et sans gravité, qui ont aussi entraîné l’hospitalisation de cinq jeunes hébergés dans le même camping …. l’annonce vendredi de ces hospitalisations survient deux jours après la mort d’un garçon de huit ans dans une colonie de vacances dans les Pyrénées des suites d’une infection digestive qui pourrait être liée à « l’ingestion d’une eau non potable »…..compte tenu de ce précédent, des représentants de la gendarmerie, de la préfecture du Finistère et des services sanitaires se sont rapidement rendus sur place et en fin de matinée les autorités se voulaient rassurantes…..

Finistère

« Il s’agit d’un syndrome aigu de gastro-entérite », a indiqué à l’AFP sur place le directeur de cabinet de la préfecture du Finistère, Jean-Daniel Montet-Jourdran….. « Selon les conclusions concordantes de la direction départementale de la protection des population (DDPP) et de la direction de la cohésion sociale, ni la gestion de la colonie, ni le camping ne sont en cause »…  Selon les chiffres qu’il a communiqués, neuf enfants de la colonie de vacances, originaires de Clamecy (Nièvre), ont été hospitalisés. …Quatre devaient sortir en début d’après-midi tandis que cinq restent en observation mais sans que leur état de santé soit inquiétant…. En outre, cinq autres jeunes séjournant au camping mais n’appartenant pas à la colonie ont eux aussi été hospitalisés mais sont déjà ressortis…. Enfin « sept autres mineurs » ont été examinés dans le camping par un médecin mais n’ont pas été hospitalisés…. « Il s’agit probablement d’un virus qui se propage par simple contact, notamment dans les sanitaires.

Ce virus ne présente aucun danger pour des personnes en bonne santé », a souligné M. Montet-Jourdran….. En Bretagne, les enfants hospitalisés étaient en vacances depuis le début de la semaine dans le camping du Kérou au Pouldu (commune de Clohars-Carnoët, Finistère), près de Lorient….. « Il est recommandé de se laver les mains et d’éviter tout contact », a de son côté souligné le capitaine Thierry Brison, commandant en second de la gendarmerie de Quimperlé (Finistère). …. « La promiscuité au sein du camping a pu favoriser la propagation du virus, par ailleurs présent dans tout le secteur », a-t-il assuré….. Le camping du Kérou compte 200 places pour des tentes ou des caravanes mais aussi des bungalows. Au total il peut accueillir quelque 400 personnes. Il comprend une piscine, des aires de jeux pour enfants, un snack-bar et une épicerie. Les jeunes de la colonie, au nombre de 21, arrivés le 8 juillet, doivent repartir le 19 juillet.

Ministère

Et puis ce communique de la Direction générale de la Santé :

Un enfant de 8 ans, séjournant en colonie de vacances au Chalet Saint Bernard d’Ascou  (Ariège), est décédé d’une infection digestive aiguë mercredi 9 juillet en début d’après-midi, à  l’hôpital du Val d’Ariège (Foix), où il avait été transporté peu avant. Les premières analyses  anatomo-pathologiques confirment ce diagnostic.

Des investigations épidémiologiques et environnementales sont en cours pour déterminer  l’origine de la contamination et préciser les causes du décès. A ce stade, aucune hypothèse  n’est privilégiée. Les investigations portent sur l’eau et les aliments consommés.

Concernant l’eau : l’eau de distribution faisait l’objet d’une restriction de consommation pour les  personnes fragiles, décidée le 3 juillet 2014. Des recommandations avaient été faites aux enfants de  ne pas boire de l’eau du robinet et de l’eau en bouteille leur était fournie. Des prélèvements d’eau ont  été envoyés au laboratoire national de référence de Nancy. Les analyses micro-biologiques, qui  peuvent prendre plusieurs jours, sont en cours.

Concernant les aliments : une enquête de la direction départementale de la protection des  populations est également en cours ; elle porte sur l’ensemble des repas servis lors du séjour.

La préfecture de l’Ariège ayant décidé la fermeture de la colonie par mesure de précaution, le retour  de l’ensemble des enfants vers leur domicile est en cours.

Emotion partagée

« Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, partage l’émotion de la famille du jeune enfant et de ses proches. Dès hier, elle a pleinement mobilisé toutes les autorités sanitaires concernées afin que la lumière soit faite le plus rapidement possible sur les causes de ce drame. Le ministère communiquera les résultats des enquêtes en cours dès que ces derniers seront connus. »

Quand ?

A demain

Morale de l’affaire Cahuzac : un médecin qui ment à la France est privé de clients pendant trois mois

Bonjour

Le Dr Jérôme Cahuzac (ancien ministre démissionnaire du Budget) peut partir en vacances : il  ne peut plus exercer la médecine jusqu’en septembre. Une sanction de l’Ordre des médecins révélée il y a quelques heures par BFM-TV et aussitôt  confirmée auprès du conseil national ordinal. Le cabinet et le bloc de chirurgie esthétique du Dr Cahuzac pourront rouvrir dès le 1er octobre : la sanction court jusqu’au 30 septembre minuit.

Amoralité et confraternité

Le Dr Cahuzac avait été sanctionné en janvier d’une interdiction d’exercer la médecine pendant six mois, dont trois avec sursis. L’Ordre départemental de la ville de Paris avait étrangement justifié cette sanction par le fait que  ce médecin-ministre avait menti devant la représentation nationale. « Nous estimons que c’est amoral et qu’il a déconsidéré la profession de chirurgien », avait alors indiqué à l’AFP la présidente de l’instance ordinale, Irène Kahn-Bensaude. L’amoralité est en quelque sorte incompatible avec la confraternité.

Amoral ou pas le Dr  Cahuzac avait fait appel de cette décision de la chambre disciplinaire, repoussant du même coup son application. Puis, pour des raisons inexpliquées il s’était finalement désisté. La sanction va donc commencer à s’appliquer

Le diagnostic de Plenel

Une bien étrange histoire décidemment, que celle du Dr Jérôme Cahuzac chez qui le journaliste d’investigation Edwy Plenel, président-fondateur de Mediapart a cru pouvoir diagnostiquer chez lui comme un grain de folie. (« Jérôme Cahuzac continue à cacher la vérité vraie. Edwy Plenel parle de folie ») C’est notamment Mediapart qui avait été à l’origine du départ du Dr Cahuzac du gouvernement le 19 mars 2013. Le médecin ancien ministre est aujourd’hui mis en examen, notamment pour « fraude fiscale » et « blanchiment de fraude fiscale ».

Ainsi donc on peut, docteur en médecine, être sanctionné par l’Ordre sans avoir commis de faute dans le strict exercice de sa profession.  Ici c’est le mensonge qui fait foi : devant l’Assemblée nationale le 5 décembre 2012, le Dr Cahuzac affirmait qu’il ne détenait pas de compte en Suisse. La France entière sait désormais ce qu’il en était.

Pas de vie privée

« Jérôme Cahuzac n’a pas menti dans le cadre de sa profession mais en tant que médecin devant l’Assemblée nationale, explique le Dr Irène Kahn-Bensaude citée sur le site egora.fr. Il existe un code de déontologie auquel tout médecin doit se soumettre, y compris dans sa vie privée. » Ce code dispose que « le médecin doit, en toutes circonstances, respecter les principes de moralité, de probité et de dévouement indispensables à l’exercice de la médecine » [article 3], et qu’il « doit s’abstenir, même en dehors de l’exercice de sa profession, de tout acte de nature à déconsidérer celle-ci » [article 31].

Le Dr Irène Kahn-Bensaude estime précisément que l’ancien ministre a « déconsidéré sa profession » en mentant « devant la France ». Est-ce dire que si son mensonge n’avait pas été télévisé il n’aurait pas été sanctionné ? L’Ordre, dans sa sagesse, ne nous le dit pas.

Tourner en rond

Et maintenant ? La rumeur veut que le Dr Cahuzac semble rencontrer quelques difficultés pour exercer la médecine. Difficultés aussi pour reprendre une autre activité professionnelle. En mai, il démentait avoir accepté un emploi dans « l’immobilier de luxe ». Une autre rumeur laissait entendre que le député (et ancien ministre socialiste de l’Agriculture) Jean Glavany aurait dit que Jérôme Cahuzac « tournait en rond ». Comme dans une cellule ?Rumeur non confirmée. Et aucune information concernant les décisions ordinales à venir visant le Dr Aquilino Morelle.

A demain

Sida : la « petite fille guérie » ne l’était pas. L’espoir n’est plus là.

Bonjour

La formule fut vite consacrée : c’était « un immense espoir ». Aujourd’hui cet espoir n’est plus.

C’était le 3 mars 2013 : une équipe de chercheurs américains avaient annoncé la première guérison « fonctionnelle » d’un bébé né porteur d’une infection par le VIH transmis par sa mère (voir Slate.fr). 10 juillet 2014 ces mêmes chercheurs annoncent que le même virus est réapparu chez la fillette, aujourd’hui âgée de 4 ans.

« Guérison fonctionnelle »

En mars 2013 le cas avait été publié dans The New England Journal of Medicine (lire ici). Premier auteur : le Dr Deborah Persaud, virologue au centre pédiatrique de l’Université Johns Hopkins (Maryland).  Premier cas de guérison fonctionnelle. L’annonce en avait été lors de l’ouverture  de la 20e Conférence internationale sur les rétrovirus et les maladies opportunistes organisée à Atlanta.

«Les médecins ont perdu la trace de la fillette pendant de longs mois et l’ont revue seulement à l’âge de vingt-trois mois. Ils ont appris à cette occasion qu’elle ne prenait plus de traitement depuis l’âge de dix-huit mois, précisait sur son blog Jean-Daniel Flaysakier, journaliste médical de France 2 présent à la conférence d’Atlanta. Malgré cet arrêt, les examens restaient négatifs, toujours pas de charge virale détectable dans le sang.»

On ne dit pas désespoir

En France le Pr Françoise Barré-Sinoussi, co-lauréate du prix Nobel de médecine 2008 pour la découverte et l’identification du VIH s’était réjouie : « Nous avons à présent des preuves suggérant que traiter l’infection par le VIH serait possible. Nous devons stimuler le financement de recherches pour les traitements. » Certains extrapolèrent à tout va. On revoyait déjà l’horizon de l’éradication. L’espérance aide à vivre et l’espoir fait vendre.

Aujourd’hui c’est, au minimum, la déception. On ne dit pas le désespoir. Les suites de l’affaire viennent d’être rapportée par The New York Times (lire ici). Avec un titre que seule la langue anglaise permet de forger : « Evidence of H.I.V. Found in a Child Said to Be Cured »

Rebondissement décevant

 « Généralement, lorsque le traitement est arrêté, les niveaux de VIH remontent en quelques semaines et non en quelques années », explique le Dr Persaud. Un test de routine, au début du mois de juillet, a révélé que la fillette avait à nouveau des niveaux détectables de VIH dans le sang – virémie associée à une baisse des lymphocytes et à la présence d’anticorps anti-VIH.

« C’est bien évidemment un rebondissement très décevant pour l’enfant, les médecins impliqués dans son traitement et les chercheurs spécialisés dans le VIH/sida », a déclaré Anthony Fauci, directeur de l’Institut national américain de l’allergie et des maladies infectieuses (NIAID). Selon lui, la petite fille, dont l’identité n’a pas été révélée, est de nouveau soumise à des antirétroviraux et se porte bien. Le cas de cet enfant du Mississippi montre que le traitement précoce aux antirétroviraux n’a pas complètement éradiqué le réservoir de cellules touchées par le VIH. Mais il pourrait avoir considérablement limité son développement et permis d’éviter qu’elle prenne des antirétroviraux pendant une longue période. »

Essai international avorté

Le Pr Fauci dit aussi aujourd’hui qu’il n’est « pas surpris ». Le Pr Fauci aime parler aux médias.

Dans la foulée de ce premier cas un vaste essai clinique international avait été mis sur pied, incluant 450 nouveau-nés découverts séropositifs à la naissance qui seraient traités à haute dose par trithérapie comme l’avait été le nouveau-né du Mississipi – traitement arrêté au bout de 48 heures en cas de disparition virale. Mais cet essai n’avait pas débuté et tout laisse penser qu’il ne verra pas le jour.

L’Agence France Presse rapporte qu’en début d’année, un cas similaire a été signalé en Californie (voir ici The New York Times). Une petite fille née, elle aussi, avec le virus du sida avait été traitée immédiatement aux antirétroviraux. Onze mois après sa naissance, aucune trace d’infection n’était détectée. Ici les médecins continuent de la soumettre aux traitements médicamenteux et n’envisagent pas d’arrêter avant son deuxième anniversaire. Un nouvel espoir ?

A demain