Humanitaire et prostitution : les accusations de la BBC réfutées par « Médecins sans Frontières »

 

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Médecins sans Frontières (MSF), prix Nobel de la Paix 1999,  a déclaré, vendredi 22 juin, qu’« aucun élément » ne lui permettait de confirmer que certains de ses travailleurs humanitaires auraient eu recours à des prostituées lors de missions officielles. Cette réaction fait suite à une enquête de la BBC sur des travailleurs humanitaires qui auraient eu recours à des prostituées lors de missions. Dans un communiqué, l’organisation rappelle toutefois que « MSF n’est pas immunisée face à ces dérives, et nous nous efforçons de prendre chaque cas au sérieux ».

« Notre organisation dispose de mécanismes de signalement pour recueillir les plaintes sur ce type d’abus », a précisé l’ONG à l’AFP et au Monde.fr. Elle n’envisage pas l’ouverture d’une enquête sur la base des témoignages recueillis par la BBC, et ce faute d’« éléments concluants » :

« Nous avons investigué, dans la mesure du possible, chaque affirmation de la BBC, mais le manque de précisions a rendu la tâche extrêmement difficile. Nous n’avons pas été en mesure de trouver des preuves à l’appui des allégations présentes dans le rapport de la BBC. »

Médicaments versus faveurs sexuelles

MSF précise encore  avoir tenté, sans succès, de vérifier l’allégation selon laquelle un employé de MSF aurait dit qu’il était possible d’échanger des « médicaments » contre des « faveurs sexuelles » – mais sans y parvenir. « S’il s’avérait qu’un employé MSF avait tenté d’obtenir des services sexuels en échanges de médicaments, il s’agirait d’un abus de pouvoir inacceptable », assure l’ONG.

Selon la BBC, trois anciennes employées de MSF accuseraient des travailleurs humanitaires, en poste au Kenya, au Liberia et en Afrique centrale, d’avoir eu « recours à des prostituées ». Ces accusations interviennent après le scandale provoqué par les révélations d’abus sexuels commis, en 2011 en Haïti, par certains employés de la non moins célèbre ONG britannique Oxfam

Immunisation ? Dans les suites de ce scandale, MSF qui emploie plus de 40 000 personnes dans le monde, avait dit avoir reçu, en 2017, 146 plaintes ou signalements pour des « discriminations », « abus de pouvoir » ou « comportements inappropriés ». Parmi ces derniers :  24 cas de harcèlement ou d’abus sexuels avaient été identifiés, donnant lieu à 19 licenciements. Et au final, quel impact sur l’image de cette remarquable association âgée de 40 ans et sur le volume des dons qui la font vivre ?

A demain

 

Comment autoriser les médecins à se faire de la publicité avec loyauté et confraternité ?

 

Bonjour

L’une des clef de voûte de la déontologie médicale française a vécu. C’est à découvrir sur le site du Conseil d’Etat : « Règles applicables aux professionnels de santé en matière d’information et de communication ». Où l’on apprend qu’Edouard Philippe, Premier ministre avait, en décembre dernier confié au Conseil d’État la réalisation d’une étude sur ce thème. Adoptée le 3 mai dernier par l’assemblée générale du Conseil d’État cette étude est aujourd’hui rendue publique.

Après avoir longuement consulté (auditions des ordres professionnels et des syndicats professionnels des professions de santé, de représentants des établissements de santé publics et privés, d’associations de patients, de l’Autorité de la concurrence et de la Caisse nationale d’assurance maladie etc.) le Conseil d’État relève que la réglementation française interdisant la publicité directe ou indirecte aux professions de santé a vécu.

« Cette réglementation est susceptible d’être affectée par l’évolution de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, conclut le rapport. De plus, l’encadrement strict des informations que les praticiens peuvent aujourd’hui rendre publiques ne paraît plus répondre totalement aux attentes d’un public demandeur de transparence sur l’offre de soins. Enfin, l’essor rapide de l’économie numérique a rendu obsolètes certaines des restrictions actuelles en matière d’information dans le domaine de la santé. »

Le cadre actuel des informations pouvant être communiquées par les médecins au public (sur leur plaque et leur ordonnancier – noms, prénoms, numéro de téléphone, jours et heures de consultations, secteur d’exercice, diplômes, titres et qualifications reconnus) devrait donc prochainement s’élargir. Jusqu’où ? Comment ne pas, ici, ouvrir les vannes à la jungle de la dérégulation marchande et à ses innombrables outrances ?

« Tout ne doit pas être possible. Il ne faudrait pas, sous prétexte de suppression de l’interdiction de la publicité pour ces professions, que l’on puisse faire n’importe quoi, a précisé à l’AFP Yves Doutriaux, président du groupe de travail. Cette liberté de communiquer, si elle est adoptée, s’accompagnera de l’interdiction d’exercer la profession comme un commerce, conformément à la déontologie médicale consacrée par le droit français et européen. La communication du professionnel de santé devra, entre autres, être loyale, honnête, ne faire état que de données confirmées et s’abstenir de citer des témoignages de tiers, comme des anciens patients.»

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Sur ce point, précisément, voici ce que l’on peut lire dans le rapport, pour justifier l’évolution d’ores et déjà souhaitée par le gouvernement comme par l’Ordre des médecins 1 :

« Une telle réflexion apparaît d’autant plus nécessaire qu’une « rupture de fait » affecte déjà les relations traditionnelles entre le public et les professionnels de santé. Ainsi, il n’est plus rare de voir certains patients consulter, sur Internet, les avis émis par d’autres internautes avant de choisir leur praticien, un peu à la manière de touristes choisissant leurs hôtels au vu des notations en ligne. De même, certains professionnels de santé se plaignent, désormais, de ne pas pouvoir préserver leur e-réputation. Face aux informations, parfois teintées de charlatanisme, qui circulent sur les réseaux sociaux, les conseils donnés par les pouvoirs publics et les professionnels de santé semblent quelquefois peu audibles dans un contexte de méfiance alimenté par les crises sanitaires, passées et actuelles. »

 Voilà pourquoi le moment est aujourd’hui venu de « changer de braquet ». Sans pour autant accorder une autorisation pure et simple de publicité  : payer pour se faire référencer dans des moteurs de recherche … passer des annonces payantes … etc. Un laxisme qui ouvrirait car la voie à des pratiques commerciales contraires à la déontologie, à la confraternité, à la loyauté et potentiellement néfastes pour la santé publique.

Etre de son temps, en somme, sans oublier totalement les vertus du passé.

A demain

1 Rapport du docteur Jacques Lucas, vice-président du Conseil national de l’ordre des médecins, « Le médecin dans la société de l’information et de la communication, » septembre 2016.

 

 

 

Deux médecins cloués par deux cents confrères dans l’affaire des médicaments Alzheimer

 

Bonjour

Neurologues, gériatres, psychiatres : près de deux cents médecins clament, dans une lettre ouverte à Agnès Buzyn publiée lundi 18 juin dans Le Figaro, leur « désarroi » devant une récente décision de la ministre des Solidarités et de la Santé la santé : le déremboursement de quatre « médicaments anti-Alzheimer » présents sur le marché depuis plus de vingt ans. C’est une fronde sans précédent contre la Haute Autorité de santé qui (après des années d’atermoiements) avait (notamment)jugé le rapport bénéfices/risques de ces médicaments insuffisants : Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl ainsi que leurs génériques (remboursés à hauteur de 15 % par l’Assurance-maladie, pour un coût annuel d’environ 90 millions d’euros).

Ces médecins des vingt-huit centres mémoire de ressources et de recherche sur la maladie d’Alzheimer et maladies apparentées (CMRR) de France et neuf sociétés savantes demandent « solennellement et publiquement » (sic) à Agnès Buzyn de « revenir sur cette décision qui dessert la prise en soins actuelle et future des malades en étant susceptible d’altérer la confiance que portent les patients, leurs familles et les professionnels dans les processus de décision en matière de santé ». Leur lettre a, sans surprise, reçu le soutien des principales associations de patients (France Alzheimer et France Parkinson).

Manquement à la confraternité

On ajoutera que les signataires ciblent méchamment (et publiquement) deux de leurs confrères :

« Nous sommes aussi extrêmement surpris des propos tenus (ou rapportés dans les médias), par des collègues qui ont eu à juger de ce dossier au sein de la Commission de Transparence, propos qui ne peuvent que susciter beaucoup d’interrogations sur leur impartialité. Ainsi, l’un d’entre eux 1 dont les positions «anti-médicament» étaient de notoriété publique, bien avant sa nomination à la Commission de Transparence, vient de publier un ouvrage suggérant que la maladie d’Alzheimer ne serait en fait pas une maladie, mais seulement une «construction sociale».

 « Les propos d’un autre 2 rapportés dans la presse, étaient que ‘’Ces médicaments sont bien sûr inefficaces. Ils ont sûrement tué plus de patients qu’ils n’ont jamais aidé la mémoire d’autres’’. De telles postures génèrent légitimement de très importantes réserves concernant l’indépendance de ces experts et les conditions dans lesquelles ce dossier a été instruit par la HAS en 2016. Ils contribuent aussi à jeter l’opprobre sur l’ensemble des spécialistes du domaine, dont la majorité tente d’apporter, par un travail honnête et sincère, un peu de soulagement et d’aide, si modeste soit-elle, aux patients et aux familles. »

Où l’on voit que la modestie n’est pas incompatible avec une certaine débauche d’énergie. Question : les deux spécialistes ainsi cloués (sans pour autant être nommés … ) répondront-ils à cette forme de manquement manifeste à la confraternité ?

A demain

1 Il s’agit, comme nous le rapportons sur Slate.fr, du Pr Olivier Saint-Jean, patron du service de gériatrie de l’hôpital européen Georges-Pompidou (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et de l’ouvrage original qu’il cosigne, aux éditions Michalon, avec Éric Favereau, journaliste à Libération.

2 Propos cités dans Libération (25 mai 2018) par « l’ancien président de la Commission de transparence »

 

 

«Pognon de dingue» : quand Emmanuel Macron parle cash des pauvres et de la prévention

 

Bonjour

A chaque jour ses tweets doublés de vidéos. Cette fois on innove avec les images d’un président de la République peaufinant un futur discours en usant d’un langage que l’on aurait, jadis, qualifié de charretier. Quand il s’agissait de motiver chevaux, ânes et mulets.

« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas »,  s’est ainsi enflammé, dans la nuit du 12 juin au 13 juin 2018, Emmanuel Macron quelques heures avant le discours qu’il doit tenir devant le congrès de la Mutualité française, à Montpellier – une prise de parole « stratégique ».

Aucune fake news, ici : les images ont été tweetées par sa directrice de la communication, Sibeth Ndiaye. « Le président ? Toujours exigeant. Pas encore satisfait du discours qu’il prononcera demain au congrès de la Mutualité, il nous précise donc le brief ! Au boulot ! », commente sa conseillère en postant la vidéo sur Twitter.

Le président de la République :

 « Je vais faire un constat qui est de dire : on met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif. Toute notre politique sociale, c’est qu’on doit mieux prévenir – ça nous coûtera moins, ensemble – et mieux responsabiliser tous les acteurs (…)  Les gens pauvres restent pauvres, ceux qui tombent pauvres restent pauvres. On doit avoir un truc qui permet aux gens de s’en sortir. Par l’éducation… 

« Il faut prévenir la pauvreté et responsabiliser les gens pour qu’ils sortent de la pauvreté. Et sur la santé, c’est pareil. Tout le système de soins que je veux repenser, c’est aller vers plus de prévention pour responsabiliser, y compris les acteurs de soins (…) C’est dans ce contexte-là qu’on fait le reste à charge zéro. (…) C’est une politique de responsabilité car tout le monde va au pot, (…) je demanderai des efforts aux mecs qui font des lunettes, aux types qui font des verres… »

« Là, c’est cohérent. Sinon vous n’aviez pas de fil directeur…, lance-t-il à ses collaborateurs à propos du discours qu’ils lui proposent. C’était de la lasagne à la feta avec de la paella ! »

Bonne conscience

Cette sortie présidentielle mûrement calculée survient une semaine après les informations  du Canard Enchaîné quant aux 7 milliards d’économies envisagées par Bercy sur les aides sociales. Informations démenties par Agnès Buzyn, une ministre des Solidarités et de la Santé apparaissant gênée par le sujet autant que soudain isolée au sein du gouvernement.

A l’aube du 13 juillet, et avant même le discours officiel présidentiel de Montpellier, RTL a interrogé Thierry Beaudet, président de la Mutualité française.

« Dans une vidéo publiée mardi 12 juin, Emmanuel Macron annonce: « On met un pognon de dingue dans les minimas sociaux et les gens ne s’en sortent pas ». Partagez-vous l’analyse présidentielle ? » demande RTL. Réponse :

 « J’ai entendu ses propos, nous considérons qu’on ne met pas trop d’argent dans le système de protection sociale et de santé, mais ce qui est sûr c’est que chaque euro dépensé doit être un euro utilement dépensé … Il faut être efficace et mettre l’accent sur la prévention. Pour maitriser les dépenses de santé, il faut développer la prévention, faire une vraie révolution : passer de l’assurance maladie à l’assurance santé. »

 -Vous êtes d’accord avec Emmanuel Macron ?

 -Avec des nuances, parce que moi je considère qu’il n’y a pas toujours de responsabilité à mal se comporter en matière de santé. La prévention doit d’abord s’adresser aux populations qui sont éloignés d’une démarche de soin … Il faut vraiment mettre l’accent sur ceux qui pour des raisons sociales, économiques ou culturelles sont éloignés du système de santé. »

S’intéresser de très près au plus pauvres, en somme. Des pauvres qui ne diraient pas non à des lasagnes à la feta avec de la paella. S’intéresser à eux et ne pas les condamner parce qu’ils « se comportent mal » quant à leur santé. Précisément parce qu’ils vivent sous le seuil de l’acceptable, sans connaître le prix de la bonne conscience.

A demain

Addiction aux jeux d’argent : pourquoi la France ne suit-elle pas la leçon offerte par la Suisse ?

Bonjour

A l’heure de l’écriture de ces lignes, les citoyens de la Confédération helvétique semblaient avoir largement approuvé, dimanche 10 juin, le projet de loi sur les « jeux d’argent » – un texte qui prévoit d’interdire l’accès aux sites internet de jeux d’argent basés à l’étranger et d’autoriser uniquement ceux enregistrés légalement en Suisse. Ce texte va favoriser les casinos et loteries suisses.

La « loi fédérale sur les jeux d’argent » avait déjà été approuvée par le Parlement, mais les électeurs suisses étaient invités à donner leur avis par référendum à la suite du dépôt de 50 000 signatures récoltées par les opposants à la loi, essentiellement les jeunes des Verts et du PLR (droite). Où l’on voit, d’ici, les vertus d’une autre conception de la démocratie.

Ne pas se tromper de camp pour autant : les opposants dénonçaient des « méthodes dignes d’un Etat autoritaire » et accusaient le gouvernement de vouloir instaurer une « censure d’internet ». La loi est censée lutter contre les addictions au jeu, mais il s’agit surtout pour le gouvernement de ramener dans les caisses de l’Etat une partie des quelque 250 millions de francs suisses (215 millions d’euros) dépensés par les joueurs suisses sur les jeux en ligne proposés par des sites étrangers.

Bénédiction républicaine française

Cette loi entrera en vigueur en 2019 et taxera désormais tous les jeux autorisés en Suisse (y compris en ligne), pour pouvoir continuer à alimenter un « fonds anti-addiction » ainsi que les systèmes d’assurance sociale ou des programmes culturels et sportifs. En pratique les exploitants de jeux en ligne basés à l’étranger devront fermer les accès à leur site aux internautes suisses. S’ils n’obtempèrent pas, ils seront inscrits sur une liste noire et les fournisseurs d’accès renverront les utilisateurs sur une autre page.

« Pour ses détracteurs, la nouvelle loi est surtout une aubaine pour les vingt-et-un casinos enregistrés en Suisse qui vont pouvoir proposer des jeux de poker, black jack et roulette en ligne et les loteries helvétiques qui offriront des paris sportifs » précise l’AFP.

Selon « Addiction Suisse », fondation spécialisée dans l’étude des dépendances, environ 75 000 personnes (8,3 millions d’habitants) souffrent d’une addiction au jeu – une dépendance qui coûte environ 500 millions de francs suisses (430 millions d’euros) à cette collectivité. En France aucun débat de ce type – ou presque. Grattage-tirage. Aucune réflexion politique ni démocratique. Avec la bénédiction républicaine la Française des Jeux est reine.

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Hôpital du Rouvray : combien faut-il de kilos en moins pour trente postes en plus ?

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Applaudissements radiophoniques : fin du conflit.  L’intersyndicale de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, près de Rouen, a annoncé vendredi 8 juin qu’un compromis venait, in fine, d’être trouvé. Des salariés y étaient en grève de la faim depuis plus de deux semaines pour demander la création de cinquante-deux postes. La direction était muette et l’Agence régionale de santé (ARS) avait rompu les ponts. Visite de Benoît Hamon. Importante couverture médiatique nationale. Agnès Buzyn comme totalement étrangère au sujet.

Puis ccupation des bureaux de la direction. Hospitalisation en urgence des premiers grévistes. Annonce de l’envoi d’émissaires depuis Paris. Puis annulation de l’annonce. Puis, vendredi 8 juin, abcès crevé. A quel prix ?

Interrogé par un correspondant de l’Agence France-Presse, Sébastien Ascoet, délégué syndical CGT, qui participait aux négociations, a précisé que l’accord portait notamment sur la création de trente postes et d’une unité pour adolescents. Aux dernières nouvelles la direction proposait, royalement, cinq postes.

Et, une nouvelle fois, un pouvoir qui fuit la prise de parole pédagogique : « l’ARS n’a pas confirmé dans l’immédiat le contenu de l’accord, mais elle a promis de le révéler par un communiqué » précise l’AFP. Aussi se retourne-t-on vers la CGT qui annonce la création d’une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) – unité qui prend en charge des personnes incarcérées nécessitant des soins psychiatriques en hospitalisation complète.

L’hôpital du Rouvray est le troisième hôpital psychiatrique de France en nombre de patients. La forme prise par ce conflit témoigne des violences qui traversent et déchirent, aujourd’hui, le tissu hospitalier français. Un tissu que le président de la République a promis de commencer à ravauder avant l’été.

A demain

Crise aiguë à l’hôpital psychiatrique du Rouvray : voici enfin venu le temps des émissaires

Bonjour

Agnès Buzyn aura donc, enfin, pris la parole : trois émissaires ont été dépêchés à l’hôpital psychiatrique du Rouvray, près de Rouen pour résoudre un conflit édifiant – un conflit qui a conduit des membres du personnel à faire une grève de la famin, puis à être hospitalisé en urgence pour raison de santé. Le 5 juin, devant l’Assemblée nationale, la ministre des Solidarités et de la Santé :

« Nous avons missionné aujourd’hui trois personnes, un directeur des soins, un directeur d’établissement psychiatrique et un président de CME [commission médicale d’établissement] de psychiatrie, qui sont aujourd’hui au sein du Rouvray pour mener une enquête-flash, un audit, et voir quels moyens sont nécessaires pour accompagner cet établissement. Ils devraient nous rendre leurs réflexions dans les prochains jours. Donc nous sommes au plus près de cet établissement pour l’accompagner »,

La ministre a d’autre part déclaré être « extrêmement attentive à la situation des professionnels qui aujourd’hui ont entamé une grève de la faim ». Quatre des sept grévistes de la faim de cet hôpital du Rouvray, à Sotteville-lès-Rouen, ont été hospitalisés depuis lundi « avec un caractère d’urgence ». Après ces hospitalisations, il reste quatre grévistes de faim, selon le syndicat. Ils en étaient mardi au quinzième jour de leur grève de la faim pour obtenir la création de cinquante-deux postes d’aides-soignants.

Pourquoi aura-t-il fallu attendre si longtemps pour que Paris se manifeste ?

A demain