Rougeole : le cas mortel aurait été contracté au sein même du CHU de Poitiers. Et après ?

Bonjour

Nous sommes, dans ce dossier, au stade de la structuration en feuilleton. Après les premiers appels loco-régionaux, après le défilé médiatique mécanique des chiffres,  le premier mort. Non pas à Bordeaux mais à Poitiers. Dans un CHU, qui plus est. La mort d’une femme âgée de 32 ans et qui n’était pas vaccinée. Une mort dans un contexte épidémique bien connu depuis plusieurs mois par les autorités sanitaires.

14 février. Invitée matinale de France Inter : Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Interrogée sur le sujet la ministre remplit son rôle : vacciner les plus petits, se faire vacciner si on ne l’a pas été, retrouver son carnet de santé. Et, le cas échéant, prendre rendez-vous avec son généraliste pour se protéger et protéger son entourage. Le bon sens en action.

Une question toutefois : la victime décédée à Poitiers n’aurait-elle pas contracté l’infection rougeoleuse dans le CHU poitevin où elle avait été hospitalisée ?  La ministre dit ne pas savoir .  Elle fera « remonter » . Mais la ministre sait-elle que, désormais, tout va plus vite qu’hier ? Dans un entretien accordé à Centre Presse (Emmanuel Coupaye)  Yolande Riquelmé, la mère de la victime, affirme que sa fille Jessica, jeune mère de famille, a contracté la maladie aux services des urgences, où elle faisait hospitaliser son père à la fin de janvier :

« Une personne est morte de la rougeole à Poitiers, a annoncé ce mardi 13 février à Bordeaux l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine. La victime est une jeune mère de famille de 31 ans, Jessica Riquelmé, demeurant à Poitiers, hospitalisée au CHU le 1er février et plongée dans un coma artificiel le lendemain pour soulager ses douleurs. Ses obsèques sont prévues ce jeudi. Le CHU a présenté ses condoléances à la famille en indiquant que son décès survenait dans un « contexte de comorbidités sévères complexes ». Elle n’était pas vaccinée (…)

 « ‘’C’était fin janvier, Jessica était  allée aux urgences du CHU de Poitiers pour faire hospitaliser son père’’, raconte Yolande Riquelmé, mère de Jessica. « C’était au moment de l’épidémie de rougeole, il y a avait des gens partout qui attendaient pour ça. Ils n’avaient pas encore mis les masques de protection, il n’y avait pas  les messages de prévention, ils l’ont fait après. On l’a vu quand on est revenus avec Jessica. Elle ne se sentait pas bien depuis quelques jours. J‘avais appelé le  médecin, il ne pouvait pas nous prendre tout de suite, on devait y aller le lendemain.

«  Je l’ai emmenée aux urgences le 1er février, elle était bleue, elle avait 41°C de fièvre ! Ma fille faisait partie de ces enfants qui étaient passés à côté de la vaccination, à cette époque-là on nous disait que ça n’était pas nécessaire. Quand ils l’ont vue, ma fille était très mal. Elle souffrait énormément. Ils l’ont placée en coma artificiel. Ils m’ont dit que son pronostic vital était engagé. Ils l’ont intubée, ils l’ont placée sous respiration artificielle. Elle n’avait pas de problèmes de santé particuliers. Elle souffrait d’obésité, elle avait la bronchite chronique des fumeurs. Elle a déclaré une pneumonie, son état s’est fortement dégradé. Les  médecins m’ont appelée samedi 10 février car elle faisait une embolie. Elle n’y a pas survécu.

 « Je trouve désolant d’aller aux urgences pour quelqu’un et d’en ressortir malade. Le jour où elle est venue aux urgences, il n’y avait pas que la rougeole, il y avait aussi la grippe B. Je ne sais pas s’il y a eu une faute, de toute façon, on ne saura jamais. J’ai demandé la transmission de son dossier médical. Depuis, je contacte tout le monde, tous ceux qui l’ont cotôyée pour qu’ils se vaccinent, c’est capital. J’ai même prévenu les écoles. Une personne qui est venue désinfecter l’appartement m’a dit qu’elle n’était pas vaccinée, elle va le faire. Il faut que les gens se fassent vacciner. Pour Jessica, on m’avait dit que les gens jeunes résistent mieux… »

 Depuis Paris

Depuis Paris, la Direction Générale de la santé appelle désormais tous les professionnels médicaux aux antécédents incertains « à mettre à jour leur vaccination pour éviter la propagation de cette maladie ». « Grâce à la vaccination, le virus de la rougeole a circulé à très bas bruit pendant des années. Aujourd’hui, à l’heure de cette recrudescence, on se retrouve avec des jeunes adultes dont le système immunitaire n’a jamais été confronté au virus » , explique à l’AFP Daniel Lévy-Brühl, responsable de l’unité chargée des infections respiratoires et de la vaccination au sein de l’agence sanitaire Santé Publique France. Il ajoute :

« C’est le reflet de l’histoire de la vaccination en France : il y a des gens de 20 à 40 ans qui ont grandi sans être vaccinés et se retrouvent aujourd’hui non immunisés. Il reste un énorme réservoir de sujets non immunisés, qui peuvent être demain les prochains cas de rougeole, voire de décès. »

Selon Daniel Lévy-Brühl, vingt-et-une personnes sont mortes de la rougeole depuis 2008, pour l’essentiel de jeunes adultes non (ou mal) vaccinées. « Ma fille faisait partie de ces enfants qui étaient passés à côté de la vaccination, à cette époque-là on nous disait que ça n’était pas nécessaire » dit la mère de Jessica. Qui ?

A demain

 

Rougeole : femme, 32 ans, non vaccinée, vient de mourir au CHU de Poitiers. Et après ?

 

Bonjour

Aucune fatalité et silence total des militants anti-vaccins. L’ARS de Nouvelle Aquitaine vient d’annoncer le décès d’une femme de 32 ans, au CHU de Poitiers, le 10 février. « La rougeole a entraîné des complications graves chez cette patiente. Elle a été accueillie au CHU le 1er février, puis a été orientée compte tenu de son état de santé en service de réanimation le 2 février. Elle n’était pas vaccinée contre cette maladie », indique l’ARS. Et le CHU de Poitiers ajoute que le décès est survenu « suite à des complications de la rougeole dans un contexte de comorbidités sévères et complexes ».

Depuis trois mois une épidémie de rougeole sévit en Nouvelle-Aquitaine et connaît actuellement une notable progression. On recense aujourd’hui officiellement 269 cas confirmés, dont 66 ont nécessités une hospitalisation, et 4  une admission en réanimation. Près de 90 % des cas n’étaient pas (ou mal) vaccinés. Ces chiffres ont plus que doublé depuis le 24 janvier, et l’épidémie touche essentiellement la Gironde et la Vienne et notamment Bordeaux et Poitiers. Depuis le 19 janvier le CHU de Poitiers a accueilli 22 personnes infectées par le virus rougeoleux dont 10 enfants et 4 membres du personnel.

Contaminations et vaccinations

« Cette annonce renforce la nécessité, pour l’ensemble de la population, de vérifier rapidement sa vaccination, seul moyen de stopper l’épidémie, souligne l’ARS. La rougeole n’est pas une maladie bénigne, notamment pour les nourrissons et les adultes et peut entraîner des complications respiratoires (pneumopathies) et neurologiques (méningo-encéphalite) pouvant avoir des conséquences très graves. »

Et le CHU de Poitiers de préciser que cinq des personnes hospitalisées « ont pu contracter la maladie au contact d’un autre patient au CHU lors de l’apparition des premiers cas ». C’est pourquoi l’établissement a « « décidé d’imposer le port d’un masque pour toute personne se présentant aux services d’urgences adultes et pédiatriques » – mesure étendue aux services « dont les patients présentent une fragilité particulière ». Le statut vaccinal du personnel a aussi été vérifié et à ce jour « 54 agents ont dû être vaccinés ».

A quand des mesures de plus grande ampleur ? Pour l’heure personne n’évoque de vaccinations sous la contrainte. Selon l’ARS la couverture vaccinale en Nouvelle-Aquitaine est actuellement insuffisante pour faire face à cette épidémie : selon les données de Santé publique France, elle varie de 70,8 % à 81 % selon les départements. On sait, de plus, qu’en Nouvelle Aquitaine, la couverture vaccinale ROR deux doses chez les enfants de 2 ans en était, en 2015, inférieure à 80 % dans la majorité des départements.

Et maintenant ? Imaginons que l’épidémie « monte » vers Tours, puis vers Paris… Qui est à jour, à Paris et à Tours, de son carnet de vaccination ?

A demain

C’est promis – c’est juré: l’hôpital ne sera pas rafistolé (Edouard Philippe, Premier ministre)

 

Bonjour,

Comment tout refaire, de la cave au grenier avec rien sinon un peu d’ingéniosité ? 13 février 2018 Edouard Philippe a annoncé que le gouvernement se donnait « trois mois » pour réfléchir « intensément » au nouveau visage d’un hôpital public exsangue et à bout de souffle. En d’autre termes le Premier ministre annonce le prochain lancement d’une « réforme globale, cohérente et méthodique » non seulement del’hôpital mais bien de l’ensemble du système de santé. « Le temps des rafistolages est révolu » claironne l’ancien maire du Havre. Et pour cela prévoit une enveloppe budgétaire de … 100 millions d’euros par an – sur les  200 milliards d’euros que la Nation consacre dans le même temps à la santé. S’attendre à quelques mouvements dans les rangs blancs.

Tout est expliqué dans un dossier de presse ministériel : « Stratégie de transformation du système de santé ». En pratique une concertation « à plusieurs niveaux » se tiendra de mars à mai, à la fois « au niveau local » pour « recueillir l’avis des acteurs du terrain » et au niveau national, « notamment par une consultation en ligne ». Le gouvernement a d’ores et déjà identifié « cinq grands chantiers » pour sortir d’un système de santé « cloisonné » et fondé sur une tarification à l’acte qui pousse à la « course aux volumes ». a indiqué Édouard Philippe.

Sans barguigner

Les mots de l’exécutif sont choisis :  numérique, formation et ressources humaines, organisation territoriale. Ce sont ceux que le Premier ministre a fixé à l’agenda d’Agnès Buzyn, sa ministre des Solidarités et de la Santé. Les 100 millions d’euros « en plus  du budget de l’Assurance maladie lui donneront « un peu de marge pour accompagner les initiatives » ajoute Édouard Philippe. Sans rire. Pour sa part Mme Buzyn explique à qui veut l’entendre que « sur l’hôpital » nous sommes aujourd’hui « arrivés au bout du système ».  Et d’ajouter, sans barguigner, que 30 % des dépenses « ne sont pas pertinentes ».

« En dehors de ce budget dédié, Edouard Philippe et Agnès Buzyn ne desserrent néanmoins pas la contrainte budgétaire imposée depuis plusieurs années à un monde hospitalier à bout de souffle, traversé par de fortes tensions, observe Le Monde (François Béguin). Conformément à la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, ils proposent en revanche de ’corriger’’ et de ‘’rééquilibrer’’ la tarification à l’activité, qui pousse les hôpitaux à réaliser toujours davantage d’actes pour obtenir des financements. Une réforme que n’avait pas menée Marisol Touraine lors de ses cinq années au ministère de la santé, malgré la promesse faite en 2012 par François Hollande d’en finir avec ’l’hôpital entreprise’’ ».

Les nouveaux modèles à imaginer ne verront pas le jour avant « la fin de l’année 2019 ». Et d’ici là, on ne rafistolera pas un grand corps hospitalier malade  – une entreprise exsangue et à bout de souffle, qui ne sait plus trop vers où elle doit aller.

A demain

 

 

 

 

Cigarette électronique : l’Agence France Presse accusée de dissémination  de fausses nouvelles 

Bonjour

C’est, dans ce domaine, sans précédent connu. Les associations Aiduce et Sovape  viennent de faire savoir qu’elles ont, le 9 février, adressé un courrier circonstancié au président directeur général et à la directrice de l’information de l’Agence France Presse (AFP). Objet : « dissémination d’informations anxiogènes et fausses sur les produits du vapotage et plus généralement sur la nicotine et ses effets sur l’homme ».

« Le 1° février dernier, plusieurs de vos clients ont repris une dépêche AFP faisant état de risques de cancer associés au vapotage et d’une étude de la Faculté de Médecine de l’Université de New York. Cette dépêche a été soit reprise en l’état (Ouest France, Europe 1, RTL, etc.), soit publiée en y apportant des commentaires additionnels (Science et Avenir, France Inter, France TV, etc.) (…) Les conséquences de telles “fake news” reprises en une par les médias sur la base de la confiance qu’ils ont dans l’Agence sont graves aussi bien d’un point de vue sanitaire, que pour la tranquillité d’esprit des vapoteurs, et la réputation de l’AFP » expliquent-elles. Ces deux associations rappellent que dès la veille « des réactions d’experts étaient déjà disponibles » : Réactions sur sciencemediacentre.org. Elles ajoutent :

« De plus une simple lecture du papier avec une compétence scientifique minimale permettait de réaliser plusieurs anomalies dans des affirmations très éloignées des expériences réalisées, la démarche peu documentée et peu représentative, et la généralisation que les auteurs faisaient entre des phénomènes mal définis et une réalité humaine. D’autant plus que les affirmations de l’études allaient explicitement à l’encontre d’un consensus scientifique large confirmé sur plusieurs décennies. 

Triste journée et déni du ministère de la Santé

« Plusieurs journalistes l’ont démontré dans la journée même en publiant des articles correctifs après les contacts usuels avec des spécialistes, dans le même temps des autorités sanitaires et des instituts de recherche, en plus de scientifiques et médecins, publiaient des alertes face à ces titres racoleurs dangereux. Ce fut une triste journée pour la science, pour la presse, et pour la santé publique 1. »

À la suite de cette dépêche, les responsables de ces associations ont été contactés par des vapoteurs leur demandant s’il n’était pas plus prudent, par exemple, de reporter leur tentative de sevrage du tabagisme. D’autres ont été assaillis de questions, d’avertissements, voire de reproches par leurs proches et leurs collègues. C’est dire si les conséquences de la répétition sans précautions d’une information très contestable pourraient vite s’avérer dommageables pour la santé.

Et maintenant ? Aiduce et Sovape attendent de l’AFP une « correction ». Elles se proposent d’informer « les intervenants de l’Agence sur tout ce qui touche au vapotage » pour prévenir autant que faire se peut les poussées récurrentes de « fake science ». Où l’on mesure, une nouvelle fois, les conséquences du déni du ministère de la Santé et des agences sanitaires quant à la e-cigarette. Où l’on voit aussi  que, dans le secteur qui est le leur, ces deux associations « maintiennent une veille sur l’information scientifique, en liaison avec plusieurs experts ». Qui s’en plaindrait ? Que fera l’AFP à la réception de ce courrier ?

A demain

1 « Cigarette électronique et fake news : mieux vaut parfois lire Paris Match que les PNAS » Journalisme et santé publique, 31 janvier 2018

La célèbre clinique du Château condamnée après un suicide dans une cage d’escalier

 

Bonjour

Quatorze ans après. Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné la Clinique du Château  (Garches, Hauts-de-Seine) à 200 000 euros d’amende pour homicide involontaire, après le suicide d’une de ses patientes en 2004.  La clinique a été condamnée en raison de l’existence, dans l’un de ses bâtiments, d’une cage d’escalier « béante », datant de 1930, c’est-à-dire non protégée, du haut de laquelle la victime s’est jetée le 22 juin 2004. Âgée de 75 ans, cette patiente souffrait « d’un syndrome dépressif et de crises d’angoisses » et avait été admise à la clinique du Château deux semaines auparavant, quelques jours après une tentative de suicide.

« L’organisation des services de psychiatrie est orientée vers la prévention des gestes suicidaires à travers la surveillance, mais aussi l’architecture des locaux. L’existence d’une cage d’escalier béante est en principe écartée dans ce type de service » avait souligné un expert lors de l’enquête. Cette cage d’escalier était à l’époque protégée d’un garde-corps, haut de 95 cm seulement. Depuis les faits, une vitre de protection a été installée.

« Depuis plusieurs années, Nightingale Hospitals Paris – Clinique du Château s’est affirmée comme un établissement de référence en psychiatrie, en Île-de-France, peut-on lire sur le site de cette clinique sous le logos de la HAS.  Nous sommes spécialisés dans le traitement les troubles psychiatriques tels que les troubles bipolaires, la dépression, le burn out, le TCA, les troubles du sommeil, les addictions et les troubles neuro-cognitifs.»

Renommée et clientèle internationales

Le site précise que cet établissement occupe, à la limite de Saint-Cloud, « un parc de cinq hectares, magnifiquement arboré, qui participe à faire de la Clinique un lieu de soins unique propice au ressourcement ». « La Clinique du Château de Garches, ancienne demeure de la famille d’Antoine de Saint-Exupéry, a été fondée en 1930 par Son Altesse la Princesse de Grèce, Marie Bonaparte, élève de Freud, et quelques médecins renommés parmi lesquels le Dr Rondepierre et le Dr Olivier Garand, explique-t-on encore. Ce dernier a dirigé l’établissement pendant plus de quarante ans, portant sa renommée au-delà des frontières. Soucieuse de poursuivre cette tradition et d’offrir à ses patients la meilleure qualité des soins dans un cadre d’exception, la nouvelle Direction, animée par une équipe dynamique, a engagé depuis 1998 des actions visant à améliorer en permanence la qualité des services, pour répondre au mieux aux attentes de ses patients. »

À l’audience, Philippe Cléry-Melin, président de l’entreprise et directeur du  groupe Sinoué (spécialisé dans le domaine de la santé mentale et la gérontopsychiatrie) a défendu son établissement, une clinique « de grande renommée et à la clientèle internationale ». « Il n’y avait jamais eu jusque-là de précipitation dans cet escalier, a-t-il rappelé, alors que la clinique a été fondée en 1930. » « On peut mettre toutes les vitres qu’on veut, il y a des gens qui, quand la volonté suicidaire est là, sont capables de trouver une énergie insoupçonnée », avait de son côté affirmé l’avocat des prévenus, Me Emmanuel Marsigny, pour qui il est très difficile de prévenir le risque de suicide 1.

Retentissement médiatique

Cet établissement avait déjà connu un suicide, « au fort retentissement médiatique », lorsque l’actrice et réalisatrice Christine Pascal s’était défenestrée en 1996 à l’âge de 42 ans. Elle avait alors été condamnée à verser des dommages et intérêts s’élevant de 5 000 à 30 000 euros pour chacune des parties civiles, pour un montant total de 65 000 euros. Toujours adns cette affaire le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) avait condamné un psychiatre de la clinique. Christine Pascal était soignée à Garches pour des troubles psychiatriques, s’était défenestrée.

« Un suicide que l’actrice, minée par la dépression, avait à maintes reprises évoqué auprès de différentes personnes, et notamment des infirmiers de la clinique, rapportait alors Le Parisien.  Pourtant, l’époux de Christine Pascal, persuadé que la sécurité de l’actrice n’avait pas été suffisamment préservée durant son séjour à la clinique, avait immédiatement déposé une plainte, déclenchant une enquête de gendarmerie. Puis l’ouverture d’une instruction qui a finalement mené le psychiatre et le directeur de l’établissement devant la justice. »

Au final relaxe pour l’établissement mais condamnation du psychiatre à un an de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende. Me Olivier Metzner, son avocat, avait alors qualifié cette condamnation de  « particulièrement choquante ». Il avait plaidé que son client « pensait pouvoir soigner Christine Pascal dans la confiance » et qu’il n’avait jamais failli à sa mission.

A demain

1 En matière d’ « homicide involontaire », les personnes physiques, qui n’ont pas causé directement le dommage mais qui ont créé ou contribué à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n’ont pas pris les mesures permettant de l’éviter, sont responsables pénalement – dès lors qu’il est établi qu’elles ont, soit violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d’une particulière gravité qu’elles ne pouvaient ignorer. Cour de cassation, chambre criminelle. Audience publique du mardi 12 juillet 2016. N° de pourvoi: 16-80337.  

 

« Filtergate », suite  : Big tobacco ne pipe mot tandis que les buralistes se gaussent

 

Bonjour

Que restera-t-il demain du « filtergate » et de sa mise en musique médiatique ? Que retenir des accusations du Comité national contre le tabagisme (CNCT) qui vient de déposer plainte en France contre les quatre « majors » fabricants de tabac ?  Que penser ces découvertes bien trop tardives de « manipulations de leurs produits en vue de falsifier les tests requis par les autorités sanitaires relatifs aux goudrons, monoxyde de carbone et nicotine » ?

 « On a beau scruter la ronde folle des commentaires sur les réseaux sociaux et analyser le brouhaha des commentaires, mais la publication des motifs de la plainte du CNCT dans une ambiance à haute teneur de scandale médiatique ne semble pas susciter, dans l’opinion publique, l’émoi attendu, commentent les buralistes français. À force de ‘’diaboliser à mort’’ pendant des années une industrie, de l’accuser de tous les maléfices et de lui dénier la moindre légitimité dans ses démarches … ‘’révéler’’ qu’elle tricherait pour fausser les données sur les taux de nicotine et de goudron, cela n’a pas de quoi émouvoir fondamentalement les foules. Les scandales sanitaires, alimentaires, environnementaux, industriels, c’est tous les jours. Et dans ce cas, les pièces à convictions remontent aux années 80. »

 Après les addictologues qui connaît mieux les fumeurs que les buralistes ? « Le fumeur adulte comprend bien, dans cette polémique, que ce n’est pas son droit à l’information sur les taux que le CNCT cherche à défendre, croient-ils savoir. Ces précieuses informations ont disparu des paquets avec la réglementation du paquet neutre. Même les non-fumeurs sourient de cette situation. »

« Rendre les gens accro à la nicotine »

Et les buralistes de postuler que « l’observateur » pourrait se dire que le vrai scandale reposerait plutôt sur l’incompréhensible faiblesse des autorités publiques en charge des contrôles sanitaires. Un sujet rarement évoqué jusqu’ici par les médias généralistes et ignoré au ministère de la Santé.

« Qu’importe, le CNCT a déposé son pétard. Il vient de faire bruyamment savoir qu’il a porté plainte. On risque d’attendre longtemps l’effet de choc » ajoutent les buralistes. Et de citer les déclarations du Pr Yves Martinet, président du CNCT, à l’AFP :

« Notre objectif, c’est qu’on en parle et que les Français comprennent quel est le comportement de cette industrie.  Le but de cette industrie, c’est de rendre les gens accros à la nicotine pour qu’ils reviennent acheter leur drogue. »

 « Filtergate » ou pas, le Pr Martinet parle d’or. Quant à Philip Morris, British American Tobacco, Japan Tobacco International et Imperial Brands, ils ne souhaitent pas faire de commentaires. Et leurs concurrents de rappeler que tous  « commercialisent des produits en conformité avec la loi » ; des produits qui « font l’objet de contrôles réguliers par les autorités sanitaires ». On ajoutera que la mention des taux de goudron et de nicotine ne figure plus sur les paquets vendus en France depuis l’apparition du paquet neutre, il y a un an déjà.

La Direction Générale de la Santé (DGS) vient de réagir à l’absence de mentions informatives concernant les taux sur les paquets neutres : « L’objectif est de ne plus induire en erreur les consommateurs en leur faisant croire que certains produits affichant des taux moins élevés pourraient être moins nocifs » (sic).

Par ailleurs, selon Le Parisien – la DGS assure que « l’État soutient la démarche du CNCT » et qu’elle « sera très attentive aux conclusions du juge ». « S’il y a un réel problème, que n’a-t-il agi avant ? » demandent les buralistes. Et que ne s’est-il associé à cette démarche?

A demain

Nouvelle affaire Michel Onfray : les AVC des philosophes plus difficiles à diagnostiquer ?

Bonjour

Bientôt la Terre entière le saura : Michel Onfray, 59 ans, philosophe que l’on ne présente pas, a été victime d’un AVC. Que l’Ordre se rassure : le secret médical n’a pas, ici, été violé.  C’est le malade lui-même qui raconte tout, dans le détail, depuis son lit d’hôpital parisien . Et ce dans une vidéo disponible sur sa web TV , vidéo intitulée « Je reviens ». Cinq minutes enregistrées le 4 février ; où l’on retrouve cette étonnante personnalité, ce cocktail de désinhibitions, de certitudes affichées, de colères plus ou moins rentrées, de renvois d’ascenseurs, de grenades lancées, d’ego disproportionné.

Cinq minutes dérangeantes durant lesquels le malade accuse, sans les nommer, les « quatre médecins »  qui n’ont pas su porter le bon diagnostic le concernant – alors même qu’il décrivait à la perfection ses symptômes, qu’il avait « déjà fait un AVC » et qu’il avait semble-t-il, omis de prendre ses médicaments. Au total une errance diagnostique d’une semaine avant que l’IRM n’établisse, enfin, la vérité. Une vérité à laquelle il n’avait pas songé.

Bonnes mains

Aujourd’hui ? Il assure que ses facultés d’élocution et de pensée ne sont pas atteintes, mais confie que sa fonction visuelle est partiellement amoindrie sur « le bord supérieur gauche ». Des données destinées à toutes celles et ceux qui, selon lui, auraient prié pour que cela se soit mal passé. « Je suis dans de bonnes mains, les analyses sont faites pour poser un bon diagnostic, puis un bon traitement, affirme-t-il, face à sa caméra. Je reviens très vite et ça repart comme en [19]40. »

Pourquoi une telle sortie ? Pour s’excuser de ne pas avoir pu assurer la première des quatorze conférence de deux heures qu’il devait donner au Centre international de Deauville, une salle de 1.500 places. Pourquoi Deauville ? Parce c’est là qu’il a pu trouver refuge après avoir été « éjecté » de Caen où, depuis des années, il officiait superbement.

A demain