Le faux Dr Jean-Claude Romand : qu’est-il devenu après plus d’un quart de siècle de prison

Bonjour

Le temps se dilate-t-il durant une incarcération ? Prend-il d’autres formes dans les sphères de l’exécutif ? Nous sommes le jeudi 25 avril 2019. Les médias nous rappellent qu’il y a cinquante ans le général de Gaulle prononçait un discours qui, on le sait depuis, annonçait son départ du pouvoir. Et les mêmes médias nous apprennent la prochaine libération conditionnelle de Jean-Claude Romand.

On se souvient peut-être que cet homme, aujourd’hui âgé de 64 ans, avait menti pendant dix-huit ans à son entourage en affirmant qu’il était titulaire du titre de docteur en médecine et qu’il travaillait pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève. En réalité, il passait ses journées dans son véhicule automobile, dans une cafétéria ou une bibliothèque – et faisait vivre sa famille en escroquant parents et amis, prétendant placer leurs économies en Suisse.

Parcours d’exécution de peine

Sur le point d’être démasqué, il tue le 9 janvier 1993 son épouse, ses deux enfants de 7 et 5 ans, puis ses parents. Il tente, deux jours plus tard, de mettre fin à ses jours en ingérant des barbituriques et en incendiant sa maison, mais est retrouvé vivant. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1996 il était théoriquement libérable depuis 2015, après avoir purgé une période de sûreté de 22 ans.

En février dernier il avait fait appel de la décision du tribunal de Châteauroux de rejeter de sa demande de libération conditionnelle. Le tribunal d’application des peines avait alors considéré qu’« en dépit de son parcours d’exécution de peine satisfaisant, les éléments du projet présenté et de sa personnalité ne permettent pas, en l’état, d’assurer un juste équilibre entre le respect des intérêts de la société, des droits des victimes et de la réinsertion du condamné ».

La Cour d’appel de Bourges en a jugé différemment. Parcours d’exécution de peine satisfaisant. Qui est, aujourd’hui, Jean-Claude Romand ?

A demain

@jynau

EDF refuse de poser des filtres magnétiques chez ses clients médicalement «hypersensibles»

Bonjour

Qui comprendra quoi à cette décision de justice ? D’une part c’est une nouvelle défaite judiciaire pour les militants opposés à l’installation à leur domicile de compteurs électriques Linky.  Le juge des référés du tribunal de grande instance de Bordeaux a débouté, mardi 23 avril, 206 plaignants « anti-Linky ». Réunis pour certains en associations ils réclamaient l’arrêt du déploiement, ou le retrait, de ces « compteurs intelligents » – invoquant des raisons de santé, une atteinte au libre choix, à la vie privée, ou le manque de professionnalisme des poseurs. D’autre part la même justice entend les personnes « hypersensibles » dotées d’un certificat médical.

« De nombreux collectifs de citoyens ne veulent pas de ce nouvel appareil vert anis capable de fournir via Internet des données sur la consommation électrique des foyers qui en sont équipés, rappelle l’AFP. D’ici à 2021, 35 millions de compteurs communicants doivent obligatoirement être en service, selon un décret d’août 2010. »

« Treize certificats médicaux à l’appui »

Pour le juge bordelais il apparaît que les demandeurs « ne justifient pas de l’existence d’un trouble manifestement illicite, que ce soit par rapport au droit à la consommation ou au Règlement général sur la protection des données (RGPD) ». « Ils ne justifient pas davantage d’un dommage imminent, que ce soit par rapport à leur santé, à la sécurité des personnes et des biens ou à la qualité du travail demandé aux installateurs », ajoute-t-il, dans une décision à laquelle l’Agence France-Presse a eu accès.

Mais dans le même temps le juge des référés a considéré que treize des requérants qui avaient, certificats médicaux à l’appui, invoqué des symptômes (maux de tête, insomnies, notamment) à l’audience de mars, « justifient d’un trouble manifestement illicite par manquement d’un principe de précaution ». Pourquoi ? Parce la pose d’un compteur Linky s’est faite chez eux « sans la pose d’un filtre les protégeant des champs électromagnétiques ». Dans leurs cas, il a donc condamné Enedis à poser sous deux mois un « dispositif de filtre les protégeant » de ces champs. Enedis, filiale d’EDF, a « prévu de faire appel de cette décision ». Elle assure que « toutes les mesures réalisées par les organismes indépendants mettent en évidence des niveaux de champs électriques et magnétiques très largement inférieurs aux limites réglementaires ».

 Plus qu’une question financière il semble bien qu’il s’agisse ici d’une question de principe. Pourquoi poser un filtre dès lors que l’on refuse la relation de causalité ? Il serait, de ce point de vue, intéressant de pouvoir consulter les certificats médicaux qui ont conduit le juge de Bordeaux à cette cote rationnellement bien mal taillée.

A demain

@jynau

 

Tweeter ou ne pas tweeter pour qualifier l’inqualifiable série d’attentats au Sri Lanka ?

Bonjour

Tweeter ? Dimanche de Pâques. Au moins 158 personnes ont été tuées et plus de 400 ont été blessées, aujourd’hui, au Sri Lanka, dans une série d’attentats. Visés : trois hôtels de luxe et trois églises où les fidèles assistaient à la messe pascale. Aucune revendication n’a encore été faite pour cette vague d’attaques d’une violence que l’île n’avait pas connue depuis la fin de la guerre civile, il y a une décennie. Le bilan, communiqué par différentes sources policières, est provisoire et devrait encore évoluer – on dénombre des dizaines de blessés dans un état critique dans tous les lieux touchés.

Comment, aujourd’hui, les grands de ce monde pourraient-ils en parler en urgence sans tweeter ? Au Vatican, après sa bénédiction urbi et orbi au Vatican, le pape François s’est exprimé à l’ancienne :

« J’ai appris avec tristesse la nouvelle des graves attentats, qui précisément aujourd’hui, jour de Pâques, ont porté deuil et douleur dans plusieurs églises et autres lieux de réunion au Sri Lanka. Je désire exprimer ma proximité affectueuse à la communauté chrétienne, touchée pendant qu’elle était recueillie et en prière, et à toutes les victimes d’une si cruelle violence. Je confie au Seigneur ceux qui ont tragiquement disparu et je prie pour les blessés et tous ceux qui souffrent à cause de cet événement dramatique. »

En France le président Emmanuel Macron, a quant à lui fait part de sa « profonde tristesse ». « Nous condamnons fermement ces actes odieux, a écrit le chef de l’Etat sur Twitter.Toute notre solidarité avec le peuple sri lankais et nos pensées pour tous les proches des victimes en ce jour de Pâques. »

« Odieux » : qui suscite la haine, l’indignation, le dégoût.

Tweeter et la haine. Vaste sujet.

En plus d’un couvre-feu illimité sur l’ensemble de l’île, le gouvernement du Sri Lanka a aussitôt décrété le blocage temporaire « les plateformes de réseaux sociaux ». Officiellement, il s’agit « d’empêcher la propagation d’informations incorrectes et fausses. Ceci est seulement une mesure temporaire »a dit la présidence dans un communiqué.

Quelques heures après les attentats, Facebook et Whatsapp, tout comme Twitter, étaient bloqués ou ralentis. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement sri-lankais décide de bloquer l’accès à Facebook.  En mars 2018 des militants de ce pays ravagé par près de trois décennies de guerre civile avaient, en vain, alerté Facebook au sujet de plusieurs messages haineux contre la minorité musulmane, en vain.

« En 2012, Facebook avait déjà servi de véhicule à la propagation de la haine sur l’île, contribuant à des émeutes entre bouddhistes et musulmans qui avaient causé la mort, officiellement, de plus de deux cents personnes, rappelle l’AFP. La page Facebook du moine bouddhiste islamophobe (sic) Ashin Wirathua a été supprimée en février 2018 mais un certain nombre d’associations pointaient encore récemment l’instrumentalisation répétée du réseau social. Tweeter ?

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@jynau

 

Gilets Jaunes et «ignominie»: les auteurs seront-ils poursuivis pour provocation au suicide ?

Bonjour

Pâques 2019. Comprendre comment et pourquoi ? En rester au constat ?   Ignoble, honteuxabject : Après l’ignominie de Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, les mots manquent aux représentants de la classe politique pour dire leur indignation après les « Suicidez-vous ! Suicidez-vous ! » lancés aux forces de l’ordre samedi 20 avril à Paris durant de l’acte XXIII des Gilets Jaunes.

Dans le désordre :

François-Xavier Bellamy, jeune tête de liste LR pour les élections européennes :  « Ils crient : “suicidez-vous”. Depuis janvier, 28 policiers se sont suicidés. Deux fois plus que l’an dernier. Autant de familles détruites, auxquelles ce cri inhumain doit retourner le cœur… Aucun de ceux qui ont crié cela ne doit rester impuni. Aucun ».

Christian Estrosi, maire LR de Nice : « Ignoble et abject ».

Eric Ciotti :  « Honteux et indigne ».

Nathalie Loiseau, tête de liste LRM et ancienne ministre des Affaires européennes : « Comment tenir de tels propos là où si souvent les Français se sont rassemblés dans la dignité et en hommage à la République ? Cette foule n’est pas le peuple. Condamnons ensemble ces paroles révoltantes ».

Marine Le Pen, dirigeante du Rassemblement national : « Comment peut-on scander suicidez-vous aux forces de l’ordre ? ! C’est honteux enfin ! Cette haine de la police est idéologique et hélas systématique dans les rangs des anarchistes ».

Emmanuel Grégoire, premier adjoint de la maire PS de Paris Anne Hidalgo : « Il n’est pas acceptable que des gens crient suicidez-vous à la police place de la République ».

Pâques 2019. L’incitation au suicide ?  Dans le code pénal français on peut lire ceci :

Section 6 : De la provocation au suicide.

Article 223-13 : Le fait de provoquer au suicide d’autrui est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende lorsque la provocation a été suivie du suicide ou d’une tentative de suicide. Les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et à 75000 euros d’amende lorsque la victime de l’infraction définie à l’alinéa précédent est un mineur de quinze ans.

Article 223-14 modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 – art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002 : La propagande ou la publicité, quel qu’en soit le mode, en faveur de produits, d’objets ou de méthodes préconisés comme moyens de se donner la mort est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Article 223-15 : Lorsque les délits prévus par les articles 223-13 et 223-14 sont commis par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables. »

Pâques 2019. Au moins 52 personnes ont été tuées dimanche 21 avril au Sri Lanka dans une série d’explosions dans des hôtels et des églises où était célébrée la messe de Pâques. 280 personnes ont été blessées dans ces explosions, a par ailleurs annoncé le directeur de l’hôpital national de Colombo. Deux déflagrations se sont notamment produites dans l’église Saint-Anthony de Colombo et l’église Saint-Sébastien de Negombo, une localité au nord de la capitale. Au moins 160 personnes blessées dans l’explosion de l’église Saint-Anthony ont été admises à l’hôpital national de Colombo, a déclaré à l’AFP un de ses responsables.

A demain

 

 

 

 

« Fête du cannabis thérapeutique » : y en aura-il une avant la fin du quinquennat Macron ?

Bonjour

Il est des dépêches qui nous aident à élargir notre horizon, sortir d’un espace médiatique circonscrit à Notre-Dame-de-Paris, aux Gilets Jaunes et aux atermoiements horlogers d’un président de la République. Ainsi ces quelques lignes glanées sur le fil de l’AFP et mandées depuis le royaume de Thaïlande.

Précisons que nous sommes aujourd’hui le 20 avril – soit le 420, 4:20 ou 4/20 (four-twenty), expression référence de la consommation de cannabis et, par extension, une manière de s’identifier à la contre-culture entourant le cannabis. Le 4/20 désigne aussi le moment de la journée où il est 16:20 (4:20 pm), moment propice, dit-on, pour fumer un joint.

Par extension le 4/20 est aussi l’appellation des divers rassemblements spontanés qui ont lieu en plusieurs endroits dans le monde, à 16:20 le 20 avril (à 4 h 20 le 20 du 4e mois) – regroupements où les participants militent pour la remise en cause de la législation sur le cannabis, et pour promouvoir la recherche et le développement le concernant. Et aujourd’hui, nous dit l’AFP, le 20 avril a une saveur spéciale en Thaïlande.

« Certaines scènes ont lieu alors qu’elles étaient inimaginables il y a encore quelques mois dans ce royaume très conservateur. Un festival dévolu à la marijuana se tient par exemple jusqu’à dimanche dans la province rurale du Buriram, à quelques centaines de kilomètres au nord-est de Bangkok. Plusieurs milliers de Thaïlandais assistent à cette première Fête du cannabis organisée dans le royaume après la légalisation de la marijuana à usage médical. Parmi eux, des jeunes, des malades, des scientifiques, mais aussi des moines et des hommes politiques.

« De nombreux drapeaux multicolores, tipis blancs et chapiteaux ont été dressés pour l’occasion. Des stands proposent des feuilles à rouler ou des pipes alors que résonnent des chansons du pape du reggae, Bob Marley. D’autres exposent du matériel de serre et des éclairages nécessaires à la culture, tandis que plusieurs conférenciers devisent sur les différentes variétés de cannabis ou le contrôle de sa qualité. »

En France, des responsables politiques tétanisés

Précisons encore qu’en décembre dernier la Thaïlande est devenue le premier pays d’Asie du Sud-Est à légaliser la culture du cannabis à usage médical –  marché dominé jusqu’ici par le Canada, l’Australie, Israël et plusieurs Etats des Etats-Unis. « La vente de la marijuana sous forme d’herbe ou d’huile pourrait engendrer des bénéfices de quelque 2,7 milliards d’euros par an, selon des estimations fournies en décembre à l’AFP par Prapat Panyachartrak, président du Conseil national des fermiers. La légalisation à usage médical devrait aussi permettre aux paysans de se diversifier dans un pays où l’agriculture est focalisée sur le riz et les hévéas pour produire du caoutchouc. »

« Cette potentielle manne financière a permis à un petit parti politique de prendre son envol lors des élections législatives de mars, les premières depuis le coup d’Etat de 2014 qui a porté au pouvoir une junte militaire. Le Bhumjaithai (« fierté thaïe ») a fait campagne pour la légalisation du cannabis mais aussi pour permettre à chaque ménage de cultiver quelques plants chez eux.

« Un pari gagnant puisqu’il est devenu à l’issue du scrutin une force politique non négligeable. Il se retrouve en position d’arbitre, courtisé par les deux principales factions (pro-junte et pro-démocratie) pour espérer remporter une majorité à la Chambre des représentants. Les résultats officiels seront connus d’ici le 9 mai.

En France rien de nouveau sous le soleil thérapeutique si l’on excepte la volonté de la pauvre Creuse de développer cette activité – et les propos d’Edouard Philippe sur le sujet. Les experts ont amplement travaillé le sujet mais le pouvoir politique exécutif est encore et toujours tétanisé – insensible aux demandes des prescripteurs et des malades concernés.

Pour sa part  Thaïlande reste stricte vis-à-vis les personnes arrêtées en possession de marijuana « sans y être autorisées » : cinq ans de prison pour toute personne interpellée avec moins de 10 kg, et jusqu’à quinze ans de prison au-delà de 10 kg. En France ce sera une « amende forfaitaire délictuelle » de 200 euros. Et toujours aucune perspective pour un usage à des fins thérapeutiques. Jusqu’à quand ?

A demain

@jynau

 

Suicides : le courage atypique du directeur général de la police nationale ; silence à l’hôpital

Bonjour

Il se nomme Eric Morvan, 62 ans. Né à Nevers, haut fonctionnaire, carrière ascendante exemplaire, occupe depuis près de deux ans le poste à haut risque de directeur général de la police nationale (DGPN) Fait sans précédent, il invite dans une lettre envoyée à tous les policiers, vendredi 19 avril, la profession au dialogue et à la libération de la parole face à la vague de suicides dans l’institution, un sujet tabou chez les forces de l’ordre.

Dans sa lettre aux 150 000 fonctionnaires de police français (et dont l’Agence France-Presse a eu copie) Eric Morvan enjoint à parler du suicide – une démarche atypique qui ne va pas nécessairement de soi dans l’institution.

« Plusieurs de nos collègues ont mis fin à leurs jours. Certains penseront peut-être que ce dramatique enchaînement relève d’un facteur mimétique 1  et que, plus on parle du suicide, plus on prend le risque d’en susciter, dans un contexte rendu encore plus difficile par la charge opérationnelle ».

« Il faut en parler. Sans crainte d’être jugé. Il faut se confier, se persuader qu’avouer un mal-être n’est jamais une faiblesse (…)  La responsabilité humaine que l’on doit reconnaître à celui ou celle qui prend cette terrible décision ne nous exonère pas de la nôtre »

Le DGPN, qui évoque « un devoir collectif », y compris et surtout des chefs, dont le management est, nous dit l’AFP, « souvent pointé du doigt par les organisations syndicales de gardiens de la paix ».

Intérieur, Solidarités et Santé

Le Monde pascal, qui consacre sa manchette au phénomène : « Suicides dans la police : l’état d’urgence », donne la parole (Louise Couvelaire) à Sebastian Roché, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique et « spécialiste de la police ». Il a notamment publié De la police en démocratie (Grasset, 2016). Pour ce chercheur, le nombre important de suicides de policiers enregistrés depuis le début de l’année est un phénomène alarmant, mais difficile à analyser, faute d’études sur le sujet. Extraits :

«  Le taux de sur-suicides des policiers se maintient à un niveau élevé depuis longtemps. Cela fait quarante ans que l’on sait qu’il y a davantage de suicides chez les policiers que dans le reste de la population à structure égale, c’est-à-dire entre 35 ans et 45 ans et majoritairement masculine. En juin 2018, un rapport du Sénat pointait un taux de suicides dans la police supérieur de 36 % à celui de la population générale. Mais ce qui est certain, c’est que l’année 2019 est très mal partie, et c’est alarmant. Si le rythme se maintient, on pourrait atteindre le record de l’année 1996, ‘’ année noire ‘’ qui avait enregistré soixante-dix suicides.

Les causes de ce taux de « sur-suicides » ?

« On ne le sait pas justement. Et c’est bien le problème. Il n’existe aucune étude de fond du ministère de l’intérieur permettant d’analyser le phénomène. Il y a un défaut de volonté de comprendre. C’est une lacune historique et structurelle de Beauvau. Résultat, nous n’avons toujours pas réussi à identifier le problème ni été capables de mesurer l’efficacité des mesures mises en place jusqu’à présent. (…)

« La qualité de la relation avec la population joue probablement un rôle important. En 2016, elle était meilleure que les années précédentes, ce qui peut aider les policiers à donner un sens à leur engagement.

« Sur ce terrain, 2019 est une année conflictuelle et donc difficile. Les policiers sont mis en cause par une partie de la population qui jusque-là les soutenait. Pour répondre à leur détresse, il ne suffit pas d’ouvrir une ligne téléphonique, comme le prévoit le plan antisuicides, il faut multiplier les portes d’entrée pour appeler à l’aide, comme l’a fait la police de Montréal, au Canada, en formant la hiérarchie, les syndicats et des pairs référents. »

« Aucune étude de fond du ministère permettant d’analyser le phénomène … un défaut de volonté de comprendre ». Ce sont là des propos que l’on peut appliquer au ministère des Solidarités et de la Santé confronté aux suicides des soignants hospitaliers. Qui dira pourquoi le pouvoir exécutif se refuse à multiplier les portes d’entrée pour que l’on entende mieux ces agents salariés qui nous appellent à l’aide ?

A demain

@jynau

1 Le DGPN fait ici notamment référence à « l’effet Werther » ,phénomène qui tire son nom d’une spectaculaire vague de suicides s’étant produite en Europe après la parution (1774) du célèbre roman de GoetheLes Souffrances du jeune Werther, roman centré sur le suicide d’un jeune homme à la suite d’amours déçues

Les  Gilets Jaunes hospitalisés vont-ils porter plainte pour violation du secret professionnel ?

Bonjour

C’est une affaire sans précédent qui, via Libération, Mediapart et Le Canard enchaîné ne cesse de prospérer. Avec, aujourd’hui deux prolongements importants.

Tout d’abord l’entrée en scène du Conseil national de l’Ordre des médecins . Il dit avoir été alerté par des Conseils départementaux de l’Ordre et par des médecins – notamment des responsables de départements d’information médicale ou de services d’urgence. Tous inquiets de l’utilisation faite du système d’identification unique des victimes SI-VIC dans le cadre du mouvement social des Gilets Jaunes.

« Partageant les interrogations de ces médecins au regard du secret médical, le CNOM a saisi dès le 15 avril la Direction générale de la santé (DGS). Rappelant que la finalité de SI-VIC est le dénombrement, l’aide à l’identification et le suivi des victimes dans une situation sanitaire exceptionnelle, l’Ordre a demandé à la DGS de lui apporter toutes précisions utiles au sujet de son déploiement dans le contexte du mouvement social dit des gilets jaunes.  Dans le même temps, l’Ordre a saisi la CNIL, afin de recueillir son avis sur l’extension du système SI-VIC, qu’elle avait autorisé pour faire face à des situations sanitaires exceptionnelles, dans un contexte qui paraît être bien différent. »

Hauts fonctionnaires hospitaliers visés

Ensuite la première action en justice dans ce cadre : un Gilet Jaune  blessé le 9 février devait, ce vendredi 19 avril, porter une plainte contre X, soupçonnant un possible fichage «illicite» par l’hôpital parisien l’ayant opéré, a annoncé son avocat à l’AFP. Ce jour-là, à proximité de l’Assemblée nationale, ce manifestant âgé de 30 ans, Sébastien Maillet, avait eu la main arrachée par une grenade GLI-F4 qui avait explosé. Il avait ensuite été opéré à l’hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP).

Cette plainte contre X dont l’AFP a eu connaissance, vise les infractions de «collecte illicite de données à caractère personnel» et de «violation du secret professionnel». Le jeune homme estime que le fichier Si-VICa été détourné de sa finalité, avec «pour objectif de créer une liste de personnes militantes». Il fait valoir que son nom a «très certainement» été enregistré dans ce fichier sans son accord et que les médecins ont donc potentiellement violé «le secret professionnel» en dévoilant le nom d’un de leurs patients, militant de la cause des «gilets jaunes».

«Certains événements politiques comme le mouvement des Gilets Jaunes révèlent que des administrateurs, des hauts fonctionnaires, peuvent se comporter comme des voyous en violant la loi et en faisant du fichage discriminatoire à raison de l’appartenance politique, et plus odieux encore, au sein même des hôpitaux publics sur des blessés dont certains gravement mutilés», a commenté auprès de l’AFP Me Arié Alimi, son avocat.

Ces administrateurs, ces hauts fonctionnaires œuvrant au sein des hôpitaux publics se reconnaîtront-ils ? Engageront-ils une action pour diffamation ?

A demain

@jynau