Mort annoncée de Vincent Lambert : avant Emmanuel Macron la parole est à Jacques Toubon

Bonjour

J-7. Les avocats des parents de Vincent Lambert ont, lundi 13 mai, annoncé à l’AFP avoir saisi le Défenseur des droits. Cette décision survient après l’annonce à la famille, par courrier signé du Dr Vincent Sanchez (CHUde Reims),  de l’interruption définitives de l’alimentation/hydratation de ce malade à partir du 20 mai.

Les avocats Me Jean Paillot et Me Jérôme Triomphe attendent que ce Défenseur intervienne pour faire appliquer les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH) – mesures enjoignant la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins de Vincent Lambert avant une instruction sur le fond. Question, pour l’heure sans réponse : quel est le pouvoir du Défenseur des droits face aux pouvoirs judiciaire et exécutif français ?

On désigne par « Défenseur des droits » une autorité administrative indépendante, créée via une révision de la Constitution en 2008. Celui qui est à sa tête est nommé par le président de la République pour un mandat de six ans. Il est chargé de défendre les droits des citoyens face aux administrations mais dispose aussi de prérogatives particulières en matière de promotion des droits de l’enfant , de lutte contre les discriminations, du respect de la déontologie des activités de sécurité.

Le titulaire actuel se nomme Jacques Toubon, 77 ans. Haut fonctionnaire et homme politique il fut, dans une vie antérieure, député et ministre (de la Culture puis de la Justice) dans divers gouvernements, tous de droite. Avant d’être nommé à ce poste par un président socialiste (François Hollande). Il est notamment en charge de défendre les droits des citoyens français – mais aussi des personnes qui, malades en France, n’ont pas cette nationalité. Il l’a fait aujourd’hui même, de manière remarquable, dans un rapport  qu’il vient de publier : « Personnes malades étrangères : des droits fragilisés, des protections à renforcer ».  

On relit le titre. Hasard ou fatalité ?

A demain

@jynau

Agnès Buzyn serait bien inspirée d’abroger au plus vite son décret «psychiatrie et terrorisme»

Bonjour

La polémique enfle. Au départ ce fut, dans le silence, le feu vert officiel signé Agnès Buzyn pour le croisement d’un fichier policier national avec des données médicales et psychiatriques. Soit la ministre des Solidarités et de la Santé répondant aux souhaits du ministre de l’Intérieur. Puis le Conseil national de l’Ordre des médecins exprima ses vives inquiétudes et sa volonté de transmettre le dossier au Conseil d’Etat.

Ce décret (déjà entré en vigueur) fait que les préfets peuvent être prévenus lorsqu’une personne fichée pour « radicalisation terroriste » est hospitalisée sans consentement pour des raisons psychiatriques. « Dans un avis publié en même temps que le décret, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a estimé que la mise en relation des deux fichiers ne pouvait être ‘’envisagée qu’avec une vigilance particulière’’ » souligne l’AFP. Ce décret publié complète un premier texte du 23 mai 2018, qui autorisait le traitement et la consultation par les autorités des données de Hopsyweb – texte qui  avait déjà été vivement dénoncé. Il fait l’objet de plusieurs recours devant le Conseil d’Etat, déposés par le Conseil national de l’Ordre des médecins et des syndicats ou associations de psychiatres

Aujourd’hui ce sont vingt-trois associations de psychiatres, autres soignants et patients 1 qui, dans un communiqué commun, réclament « l’abrogation pure et simple » de ce décret établissant un lien entre psychiatrie et « radicalisation terroriste » :  Décret n° 2019-412 du 6 mai 2019 modifiant le décret n° 2018-383 du 23 mai 2018 autorisant les traitements de données à caractère personnel relatifs au suivi des personnes en soins psychiatriques sans consentement. 

Selon ces associations ce décret (signé, pour le Premier ministre de la seule ministre des Solidarités et de la Santé)  « constitue une étape supplémentaire inacceptable et scandaleuse au fichage des personnes les plus vulnérables touchées par la maladie mentale dans notre pays ». Elles dénoncent un « amalgame indigne entre le champ sanitaire et celui de prévention de la radicalisation ».

Voici, sans commentaire, leur communiqué :

« La parution du décret publié au Journal Officiel du mardi 7 mai autorisant l’échange d’informations entre le fichier Hopsyweb et le fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) constitue une étape supplémentaire inacceptable et scandaleuse au fichage des personnes les plus vulnérables touchées par la maladie mentale dans notre pays, dans un amalgame indigne entre le champ sanitaire et celui de prévention de la radicalisation.
Les fortes oppositions déjà formulées lors de la création d’Hopsyweb se voient largement confirmées par un décret dont on ne peut que craindre les très lourdes conséquences en termes d’atteintes aux libertés, foulant ainsi aux pieds des années de lutte contre la stigmatisation des patients présentant des troubles psychiques.

Les événements récents autour d’un fichage SI-VIC, dénoncé par des personnels hospitaliers de patients admis en urgence lors de récents mouvements sociaux, viennent ajouter aux graves inquiétudes d’une dérive sécuritaire annoncée et dont on ne peut que constater qu’elle est désormais en cours. La mise en concordance d’informations du ressort du domaine médical et de renseignements du domaine de la lutte contre le terrorisme, et ce à l’insu de la personne concernée, représente une atteinte grave du secret professionnel qui ne saurait être tolérée. Les précautions et inquiétudes soulignées par la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés ne sont pas de nature à rassurer sur l’application concrète d’un texte dont on peut déjà anticiper les effets délétères sur le territoire national. »

A demain

@jynau

1 Voici la liste des signataires appellent à l’abrogation pure et simple de ce décret :  Sadek BELOUCIF, Président du Syndicat National des Médecins, Chirurgiens Spécialistes et Biologistes des Hôpitaux Publics (SNAM-HP) ; Marc BETREMIEUX, Président du Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH) ; Rachel BOCHER, Présidente de l’Intersyndicale des Praticiens Hospitaliers de France (INPH) ;  Pascal BOISSEL, Président de l’Union Syndical de la Psychiatrie (USP) ; Jacques BORGY, Secrétaire Général du Syndicat National des Psychologues (SNP) ; Stéphane BOURCET, Président de l’Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP) ;  Michel DAVID
Président de l’Association des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire (ASPMP), Michel DAVID, Président de la Fédération Française de Psychiatrie (FFP) ;  Claude FINKELSTEIN, Présidente de la Fédération Nationale des Associations d’usagers en Psychiatrie (FNAPSY) ; Audrey FONTAINE, Présidente de l’Association Française Fédérative des Etudiants en Psychiatrie (AFFEP) ;  Thierry GODEAU, Président de la Conférence nationale des Présidents des Commissions Médicales d’Etablissement de Centres Hospitaliers ;  Jacques MARESCAUX, Président Santé Mentale France (SMF) ; Pascal MARIOTTI, Président de l’Association des Etablissements du service public de Santé Mentale (ADESM) ; Gladys MONDIERE et Benoit SCHNEIDER, Co-Présidents de la Fédération Française des Psychologues et de Psychologie (FFPP) ;  Marie-Rose MORO, Présidente du Collège National des Universitaires de Psychiatrie (CNUP) ; Christian MÜLLER, Président de la Conférence nationale des présidents de Commissions Médicales d’Etablissement de Centres Hospitaliers Spécialisés ;  Renaud PEQUIGNOT, Président d’Avenir Hospitalier ; Annick PERRIN-NIQUET, Présidente du Comité d’Etudes des Formations Infirmières et des Pratiques en Psychiatrie (CEFI-Psy) ; François-René PRUVOT, Président de la Conférence nationale des presidents de Commissions Médicales d’Etablissement des Centres Hospitaliers Universitaires ;  Marie-Jeanne RICHARD, Présidente de l’Union Nationale de Familles et Amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques (UNAFAM) ; Norbert SKURNIK, Président de la Coordination Médicale Hospitalière (CMH) ;  Jacques TREVIDIC, Président de la Confédération des Praticiens Hospitaliers (CPH) ;  Michel TRIANTAFYLLOU, Président du Syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP).

Extinction. Pourquoi tant de sang au Trocadéro ? Et ces pressions sur les journalistes ?

Bonjour

Connaissez-vous, né en Grande Bretagne, le mouvement Extinction Rebellion ? Il exige « la reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles » et « une communication honnête sur le sujet ». Mais aussi « la réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025 ». Et encore « l’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à l’origine d’une extinction massive du monde vivant ». Sans oublier « la création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable ».

Des militants se réclamant de la branche française de cette mouvance ont déversé, dimanche 12 mai, du faux sang sur les marches du Trocadéro, à Paris. Vêtus de noir, jeunes gens pour la plupart, ils s’étaient munis de trois cents litres de « sang » – mélange de colorant alimentaire et de maïzena®. Puis ils ont déversé le rouge contenu de leurs bidons sous les yeux de nombreux touristes et des policiers présents dans le secteur.

Porteurs de grandes banderoles vertes « Extinction Rebellion » et d’un calicot noir « Stop à la 6e extinction de masse », ils se sont ensuite recueillis plusieurs minutes en silence – avant de commencer à éponger les marches innombrables.

A Bordeaux, six personnes se revendiquant du même mouvement ont été placées en garde en vue dimanche pour avoir participé à l’accrochage dans la nuit d’une grande banderole « Chirac reviens ! » sur des échafaudages de la Chambre de commerce et d’industrie, place de la Bourse, haut lieu touristique. Selon un organisateur, ce message visait d’abord à « interloquer les gens ».

Les six personnes ont été interpellées sur place pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui » (celle des passants sous l’échafaudage et des policiers et pompiers intervenus sur les lieux). La banderole a, le lendemain, été retirée par les pompiers.

Fin (humoristique) du journalisme

Extinction Rebellion France s’est structuré ces derniers mois, sur le modèle de celui né à l’automne 2018 en Grande-Bretagne où il prône la « désobéissance civile non violente » pour contraindre gouvernants et responsables à répondre à la crise climatique et écologique. Le trois mai dernier, à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, ce mouvement organisait « les funérailles du journalisme » ; « action satirique et non violente » qui s’inscrivait  dans le cadre de : « La reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet ». Humour :

« Nous avons la douleur de vous faire part de la disparition du devoir d’information des journalistes. Nous vous présentons nos sincères condoléances et vous convions aux obsèques du journalisme. Force est de constater que face à l’Urgence des défis environnementaux & sociaux, du dérèglement climatique, de l’extinction massive d’espèces, des risques d’effondrement de nos sociétés, … vous ne remplissez pas votre devoir d’information et ne respectez pas la charte de déontologie journalistique et la déclaration des devoirs des journalistes (Charte de Munich 1971). »

Et de réclamer aux médias quatre preuves d’engagement : une rubrique quotidienne quelques soient leurs supports (presse / radio / TV) ; un bandeau en couverture : « Urgence climatique, regardons la vérité en face » ; dossier spécial : état du monde & perspectives ; la signature d’une charte d’engagement de ‘’Journalistes Authentiques, Réalistes & Honnêtes’’. Est-ce là, toujours, de l’humour ? Ou les premiers symptômes d’un mouvement qui au nom des meilleurs raisons écologiques du monde, ne pourra qu’évoluer vers les menaces, la contrainte et les actions violentes médiatisées. Sur le modèle des vegans anti-bouchers.

A demain

@jynau

Vincent Lambert : son médecin vient de programmer sa mort à compter du 20 mai

Bonjour

Osera-t-il passer à « l’action » ? Le Dr Vincent Sanchez (CHU de Reims) a annoncé aus parents de Vincent Lambert qu’il allait interrompre les « traitements » de ce dernier durant la semaine du 20 mai. Rappelons que par « traitements » on désigne ici l’alimentation et l’hydratation d’un homme qui n’est par alimenté artificiellement ni placé sous ventilation assistée.

« Je vous informe que l’arrêt des traitements et la sédation profonde et continue évoquée lors de la procédure collégiale seront initiés au cours de la semaine du 20 mai », écrit le Dr Sanchez dans un courrier daté du 10 mai et dont l’AFP a obtenu copie.

Ce courrier est d’autant plus étonnant que le Comité international de protection des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH) vient de demander à la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins de Vincent Lambert, dans l’attente d’une instruction sur le fond. Suite à cette demande Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé avait déclaré, sur BFM-TV :

 « Aujourd’hui, juridiquement parlant, tous les recours dans cette affaire sont arrivés au bout, et toutes les instances juridictionnelles, qu’elles soient nationales ou européennes, confirment le fait que l’équipe médicale en charge de ce dossier est en droit d’arrêter les soins.

« Les parents de Vincent Lambert se sont retournés vers ce comité qui s’occupe des personnes handicapées, et non des personnes en état végétatif comme Vincent Lambert parce qu’ils n’ont que la version des parents. Nous ne sommes pas tenus par ce comité légalement, mais bien entendu nous prenons en compte ce que dit l’ONU et nous allons leur répondre ».

Nous étions alors le 5 mai. L’Etat français disposait désormais de six mois pour fournir ses observations à l’ONU. En attendant la France devait veiller à ce que l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert ne soient pas suspendues – et ce en vertu de la convention relative aux droits des personnes handicapées.

Une semaine plus tard voici le Dr Vincent Sanchez, chef de l’unité de patients cérébrolésés du centre hospitalier universitaire de Reims, qui programme la mort de son patient à compter de la semaine du 20 mai. Décision ferme où coup de sonde pour juger de la réaction et de la mobilisation, médiatique et physique, de la partie adverse ?

« Il n’y a aucune urgence médicale à arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert et rien ne justifie une violation aussi éhontée du droit international et des mesures provisoires réclamées par l’ONU », préviennent d’ores et déjà les avocats des parents de Vincent Lambert. Le Dr Vincent Sanchez osera-t-il passer à l’acte ? Dispose-t-il de l’autonomie pour le faire ? Sa hiérarchie hospitalière et ministérielle interviendra-t-elle ?

A demain

@jynau

Démocratie psychogène : le Colorado s’autorise la consommation des champignons hallucinogènes

Bonjour

Un papier de Slate.fr et  dépêche de l’Agence France Presse nous éclairent sur l’évolution des mœurs au-delà de l’Atlantique. Le gouverneur de l’État américain de Géorgie vient de signer un projet de loi interdisant l’avortement à partir du moment (environ six semaines) où les battements de cœur d’un fœtus pouvaient être détectés. Dans le même temps Denver, capitale du Colorado, est devenue, mercredi 9 mai, la première ville des Etats-Unis à dépénaliser l’usage des champignons hallucinogènes.

Appelés à se prononcer par référendum, les électeurs ont dit oui à 50,56 %. « Les partisans de cette mesure avaient d’autant plus de mal à en croire leurs yeux que les chiffres provisoires publiés dans la nuit laissaient penser qu’elle serait rejetée par une courte majorité, résume l’AFP. Au total, plus de 176 000 électeurs se sont exprimés sur cette « initiative 301 » qui vise à ce que l’arrestation pour possession et consommation de champignons à psilocybine – pour les personnes de plus de 21 ans et à titre personnel – devienne ‘’la moindre des priorités des forces de l’ordre dans la ville et le comté de Denver’’. »

Elévations spirituelles

Les « champignons » resteront toutefois techniquement « illégaux » et leur vente constituera toujours un délit. Une initiative similaire avait échoué l’an dernier en Californie et n’avait pu être soumise au vote populaire. Denver était devenue en 2005 la première grande ville américaine à légaliser (déjà par référendum)  la possession de petites quantités de cannabis. L’usage récréatif de cannabis est légal depuis 2014 dans l’ensemble de l’Etat du Colorado. Puis une traînée de poudre : le cannabis est aujourd’hui légal à titre récréatif dans dix Etats américains, dont la Californie, et dans plus de 30 Etats (sur 50) à titre médical.

Selon diverses études, la psilocybine, principe actif des « champignons », ne serait pas source d’addiction voire permettrait « de lutter contre la dépression et la dépendance aux opiacés ». « Les êtres humains utilisent ces champignons depuis des milliers d’années comme traitement, rite de passage, vecteur d’élévation spirituelle (…) », affirme sur son site le groupe Decriminalize Denver, qui avait annoncé en janvier avoir recueilli suffisamment de signatures pour que son initiative fasse l’objet d’un référendum.

« Denver est en train de devenir la capitale mondiale de la drogue, avait alors regretté auprès de CNN Jeff Hunt, un responsable de l’université catholique du Colorado. Nous n’avons à vrai dire aucune idée de l’effet à long terme de ces drogues sur les habitants du Colorado ». Où l’on voit que, parfois, les religions ne sont d’aucun secours pour prédire notre avenir.

A demain

@jynau

 

Nos amies les bêtes disparaissent ; un boucher bio parisien, proie des anti-spécistes

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6 mai 2019. A Coteaux-sur-Loire, depuis le « Maroc », on a entendu le premier coucou. Argent dans la poche. Et puis la vie comme elle va, en France, via les médias. A Paris Le Monde a explosé sa manchette pour, une nouvelle fois, hurler dans le désert – tenter de dire  l’enfer qui nous attend.

Un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction dans le monde : c’est l’alerte lancée par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. Fruit de trois ans de travail, son rapport constitue la première évaluation mondiale de l’état de la biodiversité depuis 2005, et la plus complète.

« Le rythme actuel de disparition des espèces sauvages est sans précédent dans l’histoire de l’humanité et il s’accélère, avertissent les experts. Les causes, toutes d’origine humaine, en sont la destruction des habitats naturels, la surexploitation des ressources, le changement climatique, les pollutions multiples et les espèces invasives.

« Selon les chercheurs, il est encore possible d’enrayer la perte de la biodiversité, à condition de changements rapides et profonds dans notre consommation de ressources tirées de la nature. Il en va, soulignent-ils, de l’avenir de l’humanité. »

Maculer et à frapper des hommes

Le même jour l’AFP nous apprenait que deux personnes étaient en garde à vue après l’agression d’un boucher par des militants anti-spécistes à Paris. Ce boucher a été attaqué sur son stand du marché couvert Saint-Quentin, près de la gare de l’Est dans le 10e arrondissement de la capitale.

« Je préparais une commande pour un client. J’ai senti un liquide me toucher, j’ai mis la main à la tête, le liquide était très rouge. J’ai levé la tête, il y avait entre quinze et vingt individus devant l’étalage avec des slogans : “liberté et défense des animaux” », a témoigné le boucher sur BFM-TV.

Paradoxe ou pas cet homme vend de la « viande bio ». Il assure avoir « été frappé » et affirme que sa marchandise a été « détruite ».  « C’est un boucher qui est dans la filière bio. Ce monsieur est dans une démarche de proximité, de suivi du bien-être animal », a confirmé à l’AFP  Jean-François Guihard, président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs.

Depuis plusieurs mois, les actes de vandalisme se multiplient sur des boucheries et commerces de bouche tagués de revendications anti-spécistes par des activistes opposés à toute hiérarchie entre les espèces et qui prônent une alimentation végétalienne. Des activistes passionnés qui font assez peu de cas du végétal et qui, au nom des bêtes, en viennent à maculer et à frapper des hommes.

A demain

@jynau

PS : « Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, se rendra au marché couvert Saint-Quentin dans le 10ème arrondissement de Paris, mardi 7 mai à 9h, auprès de Steevens Kissouna, boucher qui a subi samedi dernier une agression de militants antispécistes. Le Ministre souhaite apporter tout son soutien au commerçant et à travers ce soutien, condamner toutes les actions violentes contre les professionnels de la filière viande. »

 

 

 

La nouvelle affaire Vincent Lambert : Agnès Buzyn exprime l’embarras français à livre ouvert

Bonjour

Que faire se demande-t-on dans les hautes sphères juridiques et politiques ? Le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH) vient de demander à la France de suspendre toute décision d’arrêt de l’alimentation/hydratation de Vincent Lambert – et ce dans l’attente d’une instruction sur le fond, a-t-on appris samedi 4 mai auprès des avocats des parents. Quelques heures plus tard Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé faisait savoir que le gouvernement français répondrait à la demande du comité de l’ONU – et ce alors même que la France n’était pas tenue légalement de la respecter. Agnès Buzyn, sur BFM-TV :

 « Aujourd’hui, juridiquement parlant, tous les recours » dans cette affaire « sont arrivés au bout, et toutes les instances juridictionnelles, qu’elles soient nationales ou européennes, confirment le fait que l’équipe médicale en charge de ce dossier est en droit d’arrêter les soins.

« Les parents de Vincent Lambert se sont retournés vers ce comité qui s’occupe des personnes handicapées, et non des personnes en état végétatif comme Vincent Lambert [et cet organisme a demandé de surseoir à un arrêt des soins] parce qu’ils n’ont que la version des parents. Nous ne sommes pas tenus par ce comité légalement, mais bien entendu nous prenons en compte ce que dit l’ONU et nous allons leur répondre ».

Où l’on aimerait comprendre pourquoi, alors que le France n’est pas tenue de répondre à la demande de l’ONU, elle décide « bien entendu » de faire comme si tel était le cas. Que nous vaut ce bien entendu que l’on entend si mal ?

L’Etat français dispose désormais de six mois pour fournir ses observations à l’ONU. En attendant la France doit veiller à ce que l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert ne soient pas suspendues – et ce en vertu de la convention relative aux droits des personnes handicapées. Etat végétatif ou pas.

A demain

@jynau