Gilets Jaunes ou pas, au 1er janvier 2019, le prix du tabac n’augmentera pratiquement pas

Bonjour

Le 20 décembre dernier le Journal Officiel publiait un arrêté ayant beaucoup à voir avec la santé publique car co-signé par la ministre des Solidarités et de la Santé (par délégation, par le directeur général de la santé, J. Salomon) : « Arrêté du 14 décembre 2018 portant homologation des prix de vente au détail des tabacs manufacturés en France, à l’exclusion des départements d’outre-mer ».

Parmi les mouvements significatifs sur le segment des cigarettes le site des buraliste retient :

Chez Philip Morris France :  + 20 centimes sur les Marlboro ; + 10 centimes pour les Philip Morris, Chesterfield et L&M

Chez Seita : + 10 centimes sur les Gauloises brunes ; + 20 centimes sur Gitanes

Chez Japan Tobacco France: pas de changements

Chez BAT : + 10 centimes sur certaines références Winfield.

L’oubli tragique de la cigarette électronique

Et ce site, avec l’AFP, de résumer que l’heure est à la stabilité pour la plupart des références, à quelques légères hausses marginales près.

« Parmi ces rares relèvements de prix, le paquet de 20 Marlboro Red (groupe Philip Morris), qui coûte 8 euros depuis le 1er mars contre 7,30 euros auparavantpasse à 8,20 euros. En revanche le prix du paquet de Gauloises blondes reste à 8 euros, tout comme celui des Lucky Strike Bleu Classic, inchangé à 7,70 euros, ou encore celui des Camel (sans filtre) stable à 7,90 euros. Enfin, les Winfield rouge de 20 unités se maintiennent également à 7,90 euros, tout comme les Winfield bleu. »

 Il s’agit ici de la septième révision des prix du tabac depuis l’arrivée du gouvernement Macron en mai 2017, après quatre années de stabilité. Lutter contre le tabagisme, première cause évitable de morts prématurées (80 000 chaque année) ?  Faute d’avoir le courage de s’appuyer sur le puissant phénomène de la cigarette électronique (et sur une véritable politique de réduction des risques) le gouvernement réduit son action à un train de hausses successives pour tenter d’ atteindre, d’ici novembre 2020, un prix de 10 euros le paquet de vingt cigarettes.

Mais faudrait-il rappeler qu’en France (pourquoi ?) ce sont les industriels du tabac qui fixent les prix de vente, l’État ne pouvant « qu’inciter » à des augmentations en faisant varier les taxes – qui représentent déjà plus de 80 % du prix ? Où l’on voit qu’en matière de dépendance et de rapport à l’Etat, le tabac n’est guère loin de l’essence.

A demain

@jynau

 

 

Noël : 2,4 millions d’euros sont annoncés sous les huit sapins des Samu d’Ile-de-France

Bonjour

Veille de Noël 2018. Et résurgence du « rapport de force ». D’un côté un pouvoir exécutif à la peine pour concrétiser les promesses présidentielles faites aux Gilets Jaunes. De l’autre l’émergence de nouvelles demandes – avec risque massif de diffusion épidémique. Après les policiers, les urgentistes. Avec grève illimitée annoncée.

C’est à lire dans Le Parisien (Gwenael Bourdon) :  « Seine-Saint-Denis : grève annoncée au Samu, une réunion est prévue ce lundi ».  Et, une nouvelle fois, une grève « médicale » où il ne s’agit pas de réclamer une « augmentation du pouvoir d’achat » : les assistants de régulation médicale réclament des moyens pour répondre correctement aux patients. De l’argent pour remplir sa mission.

« Deux réunions de négociations et les coups de fil un brin pressants de responsables de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) aux responsables syndicaux n’y ont rien fait. Les agents de régulation médicale (ARM) du Samu de Seine-Saint-Denis devraient se mettre en grève illimitée à partir de ce lundi, exigeant des créations de postes. Cette mobilisation est la première depuis la fin des années 1990. Les ‘’standardistes’’ du numéro d’urgence médicale estiment ne plus pouvoir travailler correctement. »

Rapport de force. Bien évidemment la « grève » sera symbolique : assignation du personnel par le directeur de l’hôpital Avicenne; les ARM continueront à décrocher le téléphone. Soutenus par les médecins urgentistes il réclament toujours 10 postes supplémentaires – pour répondre comme il convient aux appels des patients (plus de 600 000 par an, soit 230 000 dossiers médicaux). « On travaille quasiment tout le temps en service minimum. Les gens doivent attendre quatre à cinq minutes parfois avant qu’on prenne leur appel… alors qu’il y a des cas graves », expliquait la semaine dernière Raphaël Thimon, ARM depuis dix-huit ans à Bobigny et délégué syndical CGT. Le 21 décembre, seuls 27 % des appels étaient décrochés dans la minute, comme l’exigent les critères qualité du Samu.

Bras de fer et extension du mouvement

Et Le Parisien de préciser que tout ceci s’inscrit dans le bras de fer engagé avec la direction de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Agence régionale de santé (ARS). Pour Christophe Prudhomme, délégué CGT, « il n’est pas exclu que le mouvement s’étende à d’autres Samu en Ile-de-France, qui sont confrontés aux mêmes difficultés ». Celui du Val-de-Marne vient de déposer un préavis de grève pour le 26 décembre.

Rapport de force. Après quels maigres réponses de l’AP-HP ( « un renfort de l’effectif pour la période hivernale » de trois postes, et la création d’une « équipe additionnelle de remplacement », en faisant appel à des étudiants en médecine) l’ARS vient d’annoncer un « soutien financier exceptionnel (2,4 millions d’euros) aux huit Samu d’Ile-de-France pour desserrer la contrainte sur les effectifs et faire face à l’activité soutenue de cette période de fin d’année ».

Aurélien Rousseau, directeur général de l’ARS d’Ile-de-France a déclaré à l’AFP qu’il allait « débloquer une enveloppe exceptionnelle de soutien à chacun des Samu d’IDF de 300 000 euros, ce qui fait 2,4 millions à l’échelle régionale. » Cette somme, « débloquée sur des crédits propres à l’agence », sera versée « la première semaine de janvier ».

Et M. Rousseau de s’engager sur la voie escarpée du mea culpa : il reconnaît des difficultés de recrutement, un turnover très élevé dans certains Samu, « comme à Paris et en Seine-Saint-Denis », ainsi qu’un « nombre d’appels qui augmentent, par exemple à Paris avec les Gilets Jaunes ». Il constate également de « vraies disparités d’activité et d’indicateurs de résultats entre les différents Samu », estimant qu’il y a un « travail de fond à faire sur l’organisation ».

Et au gouvernement ? Dans Le Journal du Dimanche, Edouard Philippe, Premier ministre se confie et menace : « Je prends des coups, je peux en donner. Agnès Buzyn s’exprime sur une pleine page. Elle boxe avec l’insoumis et de plus en plus dérangeant François Ruffin « M. Ruffin fait son show, depuis le début. Il utilise la politique comme une scène de spectacle. Et rien ne l’arrête pour exister ». La ministre des Solidarités et de la Santé ne perçoit « aucun problème » entre le chef de l’Etat et son Premier ministre. Et elle a ce mot, étrange : « Nous devons faire un effort supplémentaire pour écouter ».

Rapport de force.

A demain

@jynau

 

 

Détergent : quand « J’aime le lait d’ici », économique, écologique et citoyen, est contaminé

Bonjour

Il est des alertes sanitaires qui lèvent des voiles sur les coulisses de l’agroalimentaire et de la grande distribution. Des alertes sanitaires aux accents surréalistes. Ainsi, en cette veille de Noël 2018, ces quelques lignes de l’Agence France Presse : un lot de briques de lait de la marque « J’aime le lait d’ici » a fait l’objet d’une mesure de rappel et de retrait des rayons.

Un lot de briques de lait, de la marque « J’aime le lait d’ici », contenant des résidus de produits de nettoyage a fait l’objet d’une mesure de rappel et de retrait, a annoncé dimanche 23 décembre la coopérative de lait française Sodiaal . Sodiaal est la 16e plus grande entreprise de ce secteur au niveau mondial  et la 3e française, derrière Danone et Lactalis. Ses principales marques sont : Yoplait (à 49 %), Candia et Entremont. La société a réalisé 5,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014.

« Le lot contaminé porte le numéro 18312, une date de péremption du 8 mars 2019, un horaire de production entre 8 h 40 et 11 h 54, ainsi que l’agrément sanitaire FR 44-025-001. Ni la zone géographique, ni la composition des détergents responsables de la contamination, ne sont précisées dans la fiche d’information que s’est procurée l’AFP. »

Lait de couleur brune

C’est la société CSA, qui commercialise « J’aime le lait d’ici » pour Orlait qui  a procédé à ce « retrait/rappel » après avoir reçu « une réclamation pour du lait de couleur brune » a précisé Sodiaal qui détient encore les marques Entremont, Le Rustique, Cœur de Lion, RichesMonts ou Régilait.

« Cet incident est lié à une erreur humaine » et « s’est produit sur une très courte durée, environ deux minutes dans la ligne de production », a expliqué la première coopérative de lait française qui dit n’avoir reçu « aucun signalement de consommateurs malades », contrairement à des allégations en ce sens qui circulent sur Facebook. « Une analyse » a toutefois été lancée à la suite de ce problème qui concerne des « réseaux de distributeurs spécialisés dans la restauration et quelques magasins Systèmes U ».

Sodiaal, chiffre d’affaires de 5,1 milliards d’euros, a collecté 4,7 milliards de litres de lait auprès de 20 000 producteurs l’an dernier. Le groupe emploie plus de 9 000 salariés. Il est présent dans les produits laitiers frais mais aussi les laits en poudre dont les laits infantiles. Et déjà l’ombre (pour ne pas parler de scandale) des laits infantiles contaminés du fragile géant Lactalis.

A demain

@jynau

 

Curare : l’anesthésiste de l’hôpital de Lavaur a été mise en examen pour homicide volontaire 

Bonjour

Pour l’heure son nom n’est pas connu. Une médecin anesthésiste, soupçonnée d’avoir euthanasié une patiente octogénaire à l’hôpital de Lavaur (Tarn), a été mise en examen vendredi 21 décembre pour « homicide volontaire ». le Le parquet de Toulouse a précisé à l’AFP qu’elle avait placée sous contrôle judiciaire. L’infirmière qui a injecté la dose mortelle, sous l’autorité de cette anesthésiste, a quant à elle été « placée sous le statut de témoin assisté » – et n’a donc pas été mise en examen, a précisé le parquet.

L’affaire avait été révélée par La Dépêche (Richard Bornia). On apprenait alors que ce médecin, soupçonné d’avoir injecté une dose létale à une patiente de 84 ans avait été placée en garde à vue à la gendarmerie de Gaillac dans la soirée du 19 décembre.  Motif : le décès suspect d’une octogénaire survenu en fin de semaine dernière. Elle avait été admise la veille de sa mort au centre hospitalier de Lavaur (605 lits). « Entre la pression et le désarroi d’une famille confrontée à une situation dramatique » cette praticienne expérimentée aurait administré (ou fait administrer) à la patiente un « produit sédatif » ajoutait La Dépêche.

La garde à vue de cette anesthésiste avait alors été confirmée par le parquet de Castres qui qualifiait cette affaire de «complexe», se refusant à tout autre commentaire. Bernard Carayon, maire de Lavaur et président du conseil de surveillance de l’hôpital, avait d’emblée réagi . «Je suis bouleversé, dit-il. Je ne me prononcerai pas avant la fin de l’enquête. Notre ville, notre hôpital a toujours été à la pointe en matière de soins palliatifs. Nous avons toujours soutenu JALMALV (Jusqu’à la mort accompagner la vie) l’association locale pour le développement des soins palliatifs qui a été pionnière, dès la fin des années 90, dans l’accompagnement des personnes en fin de vie.»

Rassurer sur la qualité de la prise en charge

Vendredi 21 décembre cette anesthésiste a été mise en examen pour homicide volontaire après sa présentation devant le juge d’instruction du parquet de Toulouse. Lors de la réunion du conseil de surveillance de l’hôpital de Lavaur, réuni le même jour il a été précisé que la morts avait été obtenue par injection de curare 1.

« Cette femme de 81 ans avait été admise aux urgences du centre hospitalier de Lavaur le mercredi 12 décembre au soir. Après une nuit cauchemardesque pour ses proches qui étaient restés à son chevet, le lendemain matin, jeudi 13 décembre, l’anesthésiste a pris la décision de mettre un terme à l’agonie de la patiente avec une injection létale, précise La Dépêche (Richard Bornia).  Selon plusieurs témoignages, elle aurait dit qu’elle avait par le passé connu une situation identique lors de la fin de vie d’un de ses parents. Un douloureux souvenir qui pourrait expliquer peut-être son geste. »

Le quotidien régional ajoute que cette anesthésiste est « reconnue pour sa compétence et estimée par le personnel hospitalier ». Dans le box des urgences, elle était assistée d’une infirmière « dont le professionnalisme a été mis en avant lors du conseil de surveillance ». C’est cette infirmière (âgée d’une quarantaine d’années et qui exerce dans ce centre hospitalier depuis de nombreuses années) qui a signalé à un supérieur les conditions du décès de l’octogénaire.

« Le mardi 18 décembre, dans l’après-midi, très certainement informée que son geste était connu, l’anesthésiste a téléphoné au directeur de l’hôpital. Au téléphone c’est une femme effondrée, qui reconnaît sa faute et en assume l’entière responsabilité. Devant la gravité des faits exposés, la direction de l’hôpital informe dans la foulée le parquet de Castres et l’Agence Régionale de Santé (ARS) du Tarn. »

Deux décisions ont été prises par le conseil de surveillance de l’établissement hospitalier : un courrier sera adressé très rapidement aux familles des personnes actuellement hospitalisées pour les rassurer sur la qualité de la prise en charge des patients à l’hôpital de Lavaur ;  l’ensemble du personnel hospitalier sera également destinataire d’une note informative de la direction. Un personnel, dont un soignant a confié à La Dépêche qu’il est « abasourdi et triste » par l’ampleur de cette crise qui secoue leur hôpital.

A demain

@jynau

1 Très fréquemment utilisées en anesthésie les spécialités pharmaceutiques à base de curare ne peuvent en aucune façon utilisées dans les sédations mises en œuvre lors des soins palliatifs. Ce sujet avait été au cœur de l’affaire du Dr Nicolas Bonnemaison, ancien médecin urgentiste à l’hôpital de Bayonne qui avait été poursuivi pour sept « empoisonnements » de patients.

La femme morte aux urgences de Lariboisière : premières explications de Martin Hirsch

Bonjour

Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP s’est pour la première fois publiquement expliqué quant à l’affaire de la femme retrouvée morte aux urgences de l’hôpital de Lariboisière. Il est désormais acquis que cette femme était considérée comme « sortie » (qu’elle « avait fugué ») avant d’être retrouvée décédée, sur un brancard, douze heures après avoir été admise dans le service et sans avoir été examinée. Pour l’heure l’AP-HP parle d’un décès « inexpliqué » :

« Suite au décès inexpliqué d’une patiente de 55 ans constaté mardi 18 décembre 2018 à 6h20 au sein du service d’accueil des urgences de l’hôpital Lariboisière, dans le 10ème arrondissement de Paris, l’AP-HP et l’Agence Régionale de Santé Ile de France ont diligenté une enquête. Celle-ci sera co-dirigée par le Pr Dominique Pateron, président de la collégiale des urgences de l’AP-HP et chef de service des urgences de l’hôpital Saint-Antoine et le Dr Pierre Charestan, chef de service des urgences de l’hôpital d’Aulnay-Sous-Bois. »

Episode d’alcool ou de toxicomanie

Cette enquête a pour objectif premier de reconstituer la chronologie précise des faits, de connaître les circonstances et les causes de ce décès. Plus précisément, elle devra analyser le processus de prise en charge de cette patiente, sa conformité aux bonnes pratiques et aux recommandations et notamment celles diffusées à l’issue du décès survenu dans des circonstances proches au sein du service des urgences de l’hôpital Cochin en 2014, ainsi que les mesures correctrices pouvant être mises en place.

Et l’AP-HP de rappeler que le service d’accueil des urgences de l’hôpital Lariboisière est celui où le nombre de passages est le plus important de l’AP-HP avec près de 85 000 passages annuels et une progression de plus 5% depuis 2017. Et d’ajouter : « les équipes y sont régulièrement confrontées à la grande précarité et aux incivilités ».

 

Martin Hirsch, sur France Inter : « C’est un service qui a l’habitude d’héberger des personnes la nuit, soit après un épisode d’alcool ou de toxicomanie ou juste sans abri (…) Quelque chose qui est à la frontière du soin et du social, qui est très compliqué à gérer dans le service et d’ailleurs c’est peut-être un des éléments de confusion qui a pu avoir lieu cette nuit là mais moi je n’en connais pas beaucoup plus sans avoir vu l’enquête et je m’exprime avec prudence… »

Il y aura bientôt cinq ans, dans « l’affaire de la femme morte aux urgences de Cochin » 1 – (une femme âgée de 61 ans retrouvée morte le 15 février 2014 dans des circonstances similaires) – avant même les conclusions de l’enquête interne Martin Hirsch, déjà directeur général de l’AP-HP  avait déclaré, sur France Inter, qu’en toute hypothèse cette femme « ne pouvait pas être sauvée ».

Au lendemain de la mort de Lariboisière et « compte tenu du contexte particulier du service qui accueille toutes les nuits de nombreuses personnes dans une situation sociale complexe et qui ne relève pas uniquement du soin » il a été décidé de mettre en place une « mission de médiation sociale ».

A demain

1 Tous les articles de ce blog sur cette affaire sont disponible à cette adresse : « L’affaire de la femme morte aux urgences de Cochin ». Egalement : « Urgences de Cochin: faute d’autopsie, on ne saura jamais la vérité » (Slate.fr, 1er mars 2014)

 

 

Ethique politique : la France peut-elle sonder les os pour  déterminer l’âge des jeunes étrangers ?

Bonjour

Une minute de lecture d’une dépêche de l’AFP pour des abîmes de réflexion éthique et politique. Nous sommes en France.  Le Conseil constitutionnel statuera prochainement « sur les examens osseux effectués pour déterminer l’âge des mineurs étrangers isolés ». Les « sages » se prononceront avant le printemps 2019 : il nous diront si, à leurs yeux, la Constitution française autorise la pratique de tels tests. Un jeu de patate chaude : cette question prioritaire de constitutionnalité (QPC) leur a été transmise par la Cour de cassation aujourd’hui 21 décembre.

Le dossier : cette QPC a été soulevée par la défense d’un « jeune » Guinéen qui avait assuré être âgé de 15 ans à son arrivée en France. C’était en 2016. Renvoyé vers le conseil départemental de l’Ain, il avait refusé de se soumettre à ces examens radiologiques censés permettre de déterminer son âge, mais (nous rappelle fort utilement Le Monde) dont la fiabilité est vivement critiquée médicalement et judiciairement.

Dans le cas de ce « jeune » Guinéen un juge des enfants avait cru pouvoir déduire qu’il n’était pas mineur et avait levé son placement auprès de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Nous étions alors, déjà, en 2017.

Taubira, Touraine et Valls

« Le jeune homme avait fait appel en acceptant cette fois les tests osseux, explique l’AFP. En juillet, la cour d’appel de Lyon avait estimé son âge entre 20 et 30 ans, confirmant qu’il ne bénéficierait pas de l’ASE. Il avait formé un pourvoi en cassation. A l’appui de ce pourvoi, qui a été examiné mardi par la Cour de cassation, sa défense a déposé une QPC visant l’article 388 du code civil, qui encadre depuis 2016 le recours à ces examens radiologiques – souvent de la main ou du poignet – pour déterminer l’âge d’un jeune. »

Utilisés dans de nombreux pays européens pour déterminer l’âge des jeunes migrants lorsqu’un doute subsiste, ces examens de maturité osseuse sont très critiqués, notamment par les associations d’aide aux migrants et certains médecins et professionnels de la justice. Une circulaire de 2013 de la garde des Sceaux Christiane Taubira Marisol Touraine (Santé) et Manuel Valls (Intérieur) préconisait que ces examens ne devaient intervenir qu’en dernier recours ; pourtant l’examen médical reste souvent pratiqué aujourd’hui. En décembre 2017, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, affirmait encore y être « fermement opposé », et demandait à ce qu’il soit proscrit.

Questions politiques et éthiques. Qui, en France, lit les circulaires signées  de la garde des Sceaux et des ministres de la Santé et de l’Intérieur ? Qui, en France, écoute le Défenseurs des droits ? Qui s’intéressera aux délibérations radiographiques des « sages » du Conseil constitutionnels ?

A demain

@jynau

 

 

La France peut-elle sonder les os des jeunes étrangers isolés pour déterminer leur âge ?

Bonjour

Une minute de lecture d’une dépêche de l’AFP pour des abîmes de réflexion éthique et politique. Nous sommes en France.  Le Conseil constitutionnel statuera prochainement « sur les examens osseux effectués pour déterminer l’âge des mineurs étrangers isolés ». Les « sages » se prononceront avant le printemps 2019 : il nous diront si, à leurs yeux, la Constitution française autorise la pratique de tels tests. Un jeu de patate chaude : cette question prioritaire de constitutionnalité (QPC) leur a été transmise par la Cour de cassation aujourd’hui 21 décembre.

Le dossier : cette QPC a été soulevée par la défense d’un « jeune » Guinéen qui avait assuré être âgé de 15 ans à son arrivée en France. C’était en 2016. Renvoyé vers le conseil départemental de l’Ain, il avait refusé de se soumettre à ces examens radiologiques censés permettre de déterminer son âge, mais (nous rappelle fort utilement Le Monde) dont la fiabilité est vivement critiquée médicalement et judiciairement.

Dans le cas de ce « jeune » Guinéen un juge des enfants avait cru pouvoir déduire qu’il n’était pas mineur et avait levé son placement auprès de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Nous étions alors, déjà, en 2017.

Taubira, Touraine et Valls

« Le jeune homme avait fait appel en acceptant cette fois les tests osseux, explique l’AFP. En juillet, la cour d’appel de Lyon avait estimé son âge entre 20 et 30 ans, confirmant qu’il ne bénéficierait pas de l’ASE. Il avait formé un pourvoi en cassation. A l’appui de ce pourvoi, qui a été examiné mardi par la Cour de cassation, sa défense a déposé une QPC visant l’article 388 du code civil, qui encadre depuis 2016 le recours à ces examens radiologiques – souvent de la main ou du poignet – pour déterminer l’âge d’un jeune. »

Utilisés dans de nombreux pays européens pour déterminer l’âge des jeunes migrants lorsqu’un doute subsiste, ces examens de maturité osseuse sont très critiqués, notamment par les associations d’aide aux migrants et certains médecins et professionnels de la justice. Une circulaire de 2013 de la garde des Sceaux Christiane Taubira Marisol Touraine (Santé) et Manuel Valls (Intérieur) préconisait que ces examens ne devaient intervenir qu’en dernier recours ; pourtant l’examen médical reste souvent pratiqué aujourd’hui. En décembre 2017, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, affirmait encore y être « fermement opposé », et demandait à ce qu’il soit proscrit.

Questions politiques et éthiques. Qui, en France, lit les circulaires signées  de la garde des Sceaux et des ministres de la Santé et de l’Intérieur ? Qui, en France, écoute le Défenseurs des droits ? Qui s’intéressera aux délibérations radiographiques des « sages » du Conseil constitutionnels ?

A demain

@jynau