Actualités du 1er mai: le sang contaminé, le prix du muguet, le moustique-tigre en liberté

Bonjour

1er mai. La France, fragrances lilas et glycines. Sur leurs moquettes, climatisées, les hauts fonctionnaires sanitaires français. Trop en faire, au nom de la « santé publique » ? Ne pas en faire assez, au risque d’être bientôt accusé, voire condamné ? Vieille histoire qui en France, débuta avec la relecture des trois affaires du sang contaminé 1.

Résurgence d’actualité : nos autorités nous appellent à la vigilance vis-à-vis de cet étranger radicalisé qu’est le « moustique-tigre ». Un méchant insecte, vecteur (notamment) du chikungunya, de la dengue et du zika. Un apatride désormais présent dans 42 départements de métropole.

Ce chiffre « a doublé ces deux dernières années », vient d’alerter le gouvernement. La capacité de ce « moustique-tigre » à transmettre des pathologies infectieuses « en fait une cible de surveillance prioritaire durant sa période d’activité en métropole du 1er mai au 30 novembre, précise, en première ligne, la Direction Générale de la Santé (DGS). Cette surveillance vise à la fois à ralentir la progression de l’implantation de l’insecte et à limiter le risque d’importation et de circulation des virus pathogène dont il peut être le vecteur. »

Eaux stagnantes de France

Ralentir l’activité moustiquale ? Possible ? Aura-ce un effet ? On peut l’espérer. Depuis ses bureaux parisiens climatisés la DGS rappelle l’importance de faire une croix sur les eaux stagnantes de France : enlever les soucoupes des pots de fleurs (ou les remplir de sable), changer l’eau de ses vases plusieurs fois par semaine, mettre à l’abri de la pluie tout objet pouvant se remplir d’eau. Le citoyen français entendra. Et ce d’autant que lui tendent les bras un portail en ligne (www.signalement-moustique.fr) et une application mobile, IMoustique (disponible sur l’AppStore sans oublier Google Play).

Trop en faire ? Ne pas en faire assez ? La DGS rappelle que onze cas autochtones de dengue ont été signalés dans le département de l’Hérault en 2014, sept cas autochtones de dengue dans le Gard en 2015 et dix-sept cas autochtones de chikungunya dans le Var en 2017. Combien à venir durant l’été qui vient ?

A demain

1 Sujet qui, étrangement, retrouve aujourd’hui une nouvelle actualité en Grande Bretagne comme nous l’apprend la BBC 

 

 

Première mondiale : une greffe de pénis et de scrotum a été pratiquée aux Etats-Unis

Bonjour

C’est une première chirurgicale mondiale dont parlent, sans trop de précisions, quelques radios françaises matinales. On est plus clair dans les médias anglo-saxons. « US soldier gets world’s first penis and scrotum transplant » titre la BBC. Et, pour The New York Times : « ‘Whole Again’: A Vet Maimed by an I.E.D. Receives a Transplanted Penis » – un papier illustré qui fournit toutes les informations disponibles sur le sujet.

Cette greffe, associant pénis et scrotum a été pratiquée le 26 mars chez un militaire américain blessé lors d’une explosion en Afghanistan. Réunissant une équipe de neuf chirurgiens esthétiques et deux chirurgiens urologues elle aura duré quatorze heures.  « Nous avons bon espoir que cette greffe aide à rétablir des fonctions sexuelles et urinaires presque normales chez ce jeune homme », a déclaré le Pr W. P. Andrew Lee, directeur du département de chirurgie plastique et reconstructrice à la Johns Hopkins University de Baltimore (voir ici).

Le patient souhaite conserver l’anonymat. Quatre semaine après l’intervention il a eu ce mot, rapporté par lés médias américains : « I feel whole again ». Le pénis, le scrotum (sans les testicules) et une partie de la paroi abdominale avaient été prélevé sur un même donneur décédé.

Plus d’un millier de candidats

La première greffe de pénis au monde avait été pratiquée en Chine en 2006, mais le greffé avait dû être de nouveau opéré pour pratiquer une ablation en raison de « graves problèmes psychologiques ». C’est en 2015 et en Afrique du Sud que la première greffe réussie de pénis au monde a été annoncée. Les Etats-Unis ont commencé à pratiquer de telles interventions en 2016. On estime à près de 1400 le nombre des militaires américains qui, entre  2001 et 2013, ont été victimes (bombes artisanales) de blessures génito-urinaires en Irak.

Le ministère américain de la Défense a financé une partie des recherche dans ce domaine mais  c’est la Johns Hopkins qui a financé l’intervention -estimée entre 300 000 et 400 000 $. Les chirurgiens ont, quant à eux, œuvré gratuitement.

A demain

 

 

 

Alcool, gastronomie et espérance de vie : nouvelle dimension de l’équation d’Emmanuel Macron

Bonjour

Palais de Chaillot. Un mot sur le tabagisme (silence sur la cigarette électronique) et rien sur la lutte contre l’alcoolisme. Pour le reste, plus qu’évasif sur la crise majeure de l’hôpital public et la désespérance des EHPAD. Sur le front de la « santé » Emmanuel Macron n’a guère été bousculé, hier, par les deux journalistes-hommes-blancs-de-plus-de-60 ans qu’il avait choisis pour l’interroger face à la Tour Eiffel illuminée. Une étrange rencontre qualifiée de « physique » et de « virile » (de « combat de coqs, d’ego et d’ergots »). Une rencontre faire-valoir qui, déjà, semble destinée à se renouveler chaque année.

Rien, donc sur le conflit ouvert qui, sur le vin français, oppose depuis deux mois le président de la République et sa ministre de la Santé – et, par voie de conséquence, cette dernière au ministre de l’Agriculture. Une opposition politique et sanitaire qui fait malheureusement l’économie du rôle et de la responsabilité des grands alcooliers industriels. Et, à ce titre, une équation mal posée à laquelle il faut ajouter de nouvelles données publiées dans The Lancet :  « Risk thresholds for alcohol consumption: combined analysis of individual-participant data for 599 912 current drinkers in 83 prospective studies ». Une étude reprise par la BBC (Alex Therrien) et repérée par Slate.fr. (Léa Polverini).  Sans oublier Le Quotidien du Médecin.

Laxisme

Il s’agit, pour résumer, d’une vaste méta-analyse dirigée par le Dr Angela Wood (service de santé publique et soins primaires à l’Université de Cambridge, Royaume-Uni) et qui porte sur près de 600 000 consommateurs réguliers de boissons alcooliques (quatre-vingt trois études prospectives menées dix-neuf pays à haut revenu). On sait que que le niveau maximal de consommation « sans danger exagéré » est officiellement de 100 grammes d’alcool pur par semaine – soit 10 verres « standard » (25 cl de bière, 10 cl de vin, ou 3 cl d’alcool fort). Et ce alors que plusieurs pays européens ou américains fixent des seuils bien plus laxistes.

Dans ce travail ( 5,4 millions de « personnes-années ») la moitié des participants fait état d’une consommation d’alcool supérieure à 100 g par semaine – et, pour 8,4 %, de plus de 350 g. Les auteurs établissent une association claire entre la consommation d’alcool et la mortalité prématurée. À partir de 100 g d’alcool par semaine, le risque de mourir d’AVC, de maladie coronaire (à l’exception de l’infarctus du myocarde), d’arrêt cardiaque, de cardiopathie hypertensive, et d’anévrisme aortique augmente avec la consommation. Ce qui peut s’expliquer par les effets de l’alcool sur l’élévation de la pression sanguine et sur des facteurs liés aux taux élevés de lipoprotéines de haute densité cholestérol (HDL-C).

« A partir de 40 ans, on diminue son espérance de vie de six mois en consommant de 100 à 200 g d’alcool par semaine, d’un à deux ans avec 200 à 350 g, et de quatre à cinq ans avec plus de 350 g. À l’échelle de la population, il faudrait descendre sous le seuil de 100 g d’alcool par semaine pour voir l’espérance de vie augmenter jusqu’à 2 ans » résume Le Quotidien.

Efforts

Les auteurs estiment que l’Italie, le Portugal et l’Espagne devraient réduire de moitié les seuils fixés dans leurs recommandations et appellent les États-Unis (où la limite pour les hommes est fixée à … 196 g/semaine ), le Canada ou la Suède à faire des efforts. On peut aussi citer la Belgique (21 verres par semaine pour les hommes, 14 pour les femmes) ou la Suisse (10 à 15 verres par semaine pour les hommes).

Et la France ?  Actuellement, les repères définis par la Haute Autorité de Santé, reprise par la Société française d’alcoologie, suite à une préconisation du Programme national nutrition santé (PNNS) sont : jamais plus de 4 verres par occasion pour l’usage ponctuel, pas plus de 21 verres/semaine pour l’usage régulier chez l’homme et pas plus de 14 verres/semaine chez la femme. Mais Santé Publique France a, depuis, diffusé en mai 2017 une nouvelle recommandation préconisant 10 verres par semaine maximum.

Les experts à l’origine de cette recommandation soulignent que ces nouveaux repères de consommation « ne sont pour eux qu’un élément d’un discours public unifié qui se veut prévenir les risques liés à la consommation d’alcool tout en ne niant pas les intérêts économiques associés ». « Pour être cohérent, écrivaient-ils, ce discours doit également être lié à des actions sur la fiscalité, sur la disponibilité des produits et leur promotion, ainsi que des actions d’éducation, de communication et de marketing social. »

C’était il y a un an. On sait, depuis, que le président de la République a décidé que la loi Evin, détricotée par son prédécesseur, ne serait pas retricotée. Et l’on attend du gouvernement la solution qui ne niera pas les intérêts de la viticulture française tout en prévenant, en même temps et autant que faire se peut, les risques de dépendance à l’alcool.

A demain

 

 

Traumatismes crâniens : quand les sports violents augmentent le risque de démence

Bonjour

Il y a quelques années déjà un lien entre traumatismes crâniens (TC) répétés et augmentation du risque de maladie neurodégénérative avait été suspecté. On s’intéressait alors aux pratiquants professionnels de certains sports « de contact » (boxe, football américain et hockey sur glace notammen) ou à certains vétérans rentrés de théâtres de violents conflits armés. Quelques polémiques surgirent avant que le sujet ne soit abandonné. Pas assez d’effectifs, expliquaient les statisticiens, pour établir une relation de causalité.

Le sujet réapparaît aujourd’hui et de nouveaux argument devront être trouvés pour réfuter un tel lien : une vaste étude publiée dans The  Lancet Psychiatry établit que le risque de démence augmente avec le nombre et la sévérité des traumatismes crânien : « Long-term risk of dementia among people with traumatic brain injury in Denmark: a population-based observational cohort study ».

Ditigée par le Pr Jesse R Fann (Department of Psychiatry and Behavioral Sciences, University of Washington, Seattle) et financée par la Fondation Lundbeck cette étude a  été menée sur une cohorte danoise (près de 2,8 millions de personnes, pour un total de 27 632 020 personnes-années). Elle établit que les personnes ayant subi un TC ont un risque de démence augmenté de 24 %, et un risque spécifique de maladie d’Alzheimer augmenté de 16 %. Le risque est aussi augmenté (17%) même quand il s’agit d’un TC de sévérité moyenne (commotion cérébrale), avec une augmentation de 17 %.

L’Equipe et Midi Olympique

Cette étude est la première du genre à étudier ce phénomène sur un temps aussi long et sur un effectif de cette taille.  à suivre pendant un temps long un échantillon de taille suffisante. Entre 1977 et 2013, 4,7 % des 2,8 millions de personnes de la cohorte ont subi au moins un TC. Et entre 1999 et 2013, chez environ 4,5 % des personnes de plus de 50 ans on a vu apparaître une démence. Eélément plus que troublant : le risque augmente avec le nombre de TC, de 22 % avec un seul TC, jusqu’à 183 % (près de trois fois plus) avec cinq TC ou davantage.

D’autre part, plus la personne subit un TC tôt dans sa vie, plus le risque de démence s’élève. Et les auteurs montrent que les personnes qui ont été victimes des fractures traumatiques en dehors de la tête et du cou ne présentent pas de sur-risque de démence.

 « Il est important de signaler que même si le risque relatif de démence augmente après un TC, le risque absolu reste faible, souligne le Pr Fann. Nos résultats ne signifient pas du tout que toutes les personnes qui ont subi un TC vont développer une démence plus tard. Il suggère toutefois que des programmes de prévention des TC pourraient permettre de réduire le poids de la démence dans le monde.»

Pour l’heure le sujet a intéressé la BBC et Le Quotidien du Médecin. Il ne serait pas inutile de le voir traité, largement, dans L’Equipe et Midi Olympique.

A demain

Un gonocoque totalement résistant aux antibiotiques identifié en Grande Bretagne

Bonjour

C’est un symptôme. C’est aussi une nouvelle et inquiétante étape dans la montée des résistances bactériennes aux antibiotiques : « First case of super-resistant gonorrhea reported » (CNN) ; « Man has ‘world’s worst’ super-gonorrhoea » (BBC). Tout est résumé à la perfection sur le site de Public Health England qui analyse le premier cas connu au monde d’infection par une  souche multirésistante de gonocoque (Neisseria gonorrhoeae) bactérie responsable de la blennoragie (ou « chaude pisse »).

Cette première concerne un homme hétérosexuel ayant une partenaire régulière en Grande Bretagne. Il  a contracté cette infection lors d’une relation sexuelle en Asie du Sud-Est, un mois avant l’apparition des premiers (et douloureux) symptômes. Il est alors rapidement apparu que la souche avait développé de fortes résistances contre les deux puissants antibiotiques habituellement utilisés avec succès contre elle (azithromycine et ceftriaxone),

« C’est la première fois qu’un cas présente une résistance aussi élevée à ces deux médicaments et à la plupart des autres antibiotiques couramment utilisés » a déclaré le Dr Gwenda Hughes, chef de la section des infections sexuellement transmissibles à Public Health England. Faute de solution disponible le malade est actuellement traité par voie intraveineuse avec l’antibiotique Ertapénem. Un premier bilan sera fait en avril.

Notre plus grande peur

« Nous suivons ce cas pour s’assurer que l’infection a été traitée efficacement avec d’autres options et le risque de transmission ultérieure est minimisé, souligne la Dr Hughes qui rappelle l’importance d’avoir recours à des préservatifs « régulièrement et correctement avec tous les nouveaux partenaires occasionnels ».

La siffusion de souches résistantes de Neisseria gonorrhoeae est une préoccupation de plus en plus vive chez les bactériologistes comme chez les spécialistes de la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST).

L’OMS estime que 78 millions de personnes dans le monde sont chaque année infectées par la gonorrhée.  Aux États-Unis, les Centers for Disease Control et Prevention estiment qu’il y a 820 000 nouvelles infections à la gonorrhée chaque année. Le Royaume Uni semble tout particulièrement concerné par le phénomène de résistance, notamment chez des homosexuels masculins.

« Ce cas est une confirmation de plus de notre plus grande peur: la gonorrhée pharmacorésistante qui se propage dans le monde entier, a déclaré David C. Harvey, directeur exécutif de la Coalition nationale américaine des directeurs de STD. Ici aux États-Unis et ailleurs dans le monde, nous devons prendre au sérieux la gonorrhée pharmacorésistante et investir dans la recherche de nouveaux remèdes et la prévention des IST.»

 

Duplicité sucrée : le géant Coca-Cola met pour la première fois de l’alcool dans ses sodas

Bonjour

C’était en juin 2012. On apprenait que plusieurs colas présents sur le marché français – dont ceux de Coca-Cola – contenaient de faibles traces d’alcool. Cette réalité jusqu’alors ignorée avait été établie par l’Institut national de la consommation (INC) après des tests menés pour la revue 60 millions de consommateurs.

« Pour clore une rumeur persistante sur la présence d’alcool dans les colas, les ingénieurs de 60 Millions ont réalisé leurs propres dosages. Résultat ? Près de la moitié des colas testés contiennent de l’alcool – à des doses cependant très faibles (moins de 10 mg d’éthanol par litre, soit près de 0,001 %). »

 La présence de traces d’alcool dans les colas, et en particulier dans le Coca-Cola, faisait alors l’objet de discussions sur Internet, notamment sur des forums consacrés à la religion musulmane où l’on se demandait si cette boisson était conforme aux règles de l’alimentation hallal. « Il est possible qu’il y ait des traces d’alcool qui viennent du process » de fabrication du Coca-Cola (dont la recette est tenue secrète) concèdait alors Michel Pépin, directeur des affaires scientifiques et réglementaires de Coca-Cola France. « Certains fruits par exemple contiennent des traces d’alcool » ajoutait-il.

En France, le Code de la santé publique prévoit que les boissons dites sans alcool puissent en contenir des traces, à un dosage inférieur à 1,2%. Coca-Cola certifiait quant à lui que ses boissons sont « non alcoolisées » et reconnues comme telles « par les autorités gouvernementales de chaque pays ». « Par ailleurs la Mosquée de Paris nous a fourni un certificat attestant que nos produits étaient tout à fait consommables par la communauté musulmane suivant l’avis de la commission religieuse de la Mosquée de Paris », ajoutait-il.

Prémix

Six ans plus tard on apprend que  Coca-Cola s’apprête à lancer, officiellement, une boisson alcoolisée – une première dans les 125 ans d’histoire du géant américain des sodas. Ce sera au Japon. Dans un « questions/réponses » mis en ligne sur le site du groupe, Jorge Garduno, président des activités nipponnes, annonce que le géant va expérimenter une boisson en canette comprenant de l’alcool. Une information donnée par la BBC et l’AFP ou The Guardian.

Cette boisson sera produite sous le modèle des boissons japonaises Chu-Hi, un cocktail, vendu en canette, fait à partir d’un spiritueux local (« shochu » 45°) et d’eau gazeuse aromatisée au citron. Il y a différentes saveurs (prune, fraise, lychee, kiwi…) et le shochu peut être remplacé par la vodka. La plupart des brasseurs locaux – Asahi, Kirin, Takara, Suntory – vendent ces boissons, avec une teneur d’alcool comprise entre 3 et 9°, particulièrement prisées par les jeunes et la clientèle féminine.

« Nous n’avons jamais fait d’expérience dans des boissons à faible teneur en alcool avant mais ceci est un exemple de comment nous explorons des opportunités en dehors de nos secteurs clés, a expliqué Jorge Garduno à la presse. Ceci est unique dans notre histoire. Coca-Cola s’est toujours concentré entièrement sur des boissons non alcoolisées. »

Fin des révélations : le géant sucré ne dit ni quand cette boisson alcoolisée sera commercialisée ni quel sera son prix. Il explique que l’expérience devrait être limitée au Japon. Ce qui reste à démontrer : les journalistes spécialisée en économie observent que l’arrivée de Coca-Cola dans le champ des boissons alcoolisées s’inscrit dans la stratégie de diversification du géant d’Atlanta face à la désaffection des consommateurs américains pour les sodas et la baisse de ses ventes. L’histoire montre à quel point l’alcool peut doper les ventes. Et à quel point le sucre associé à l’alcool (« prémix ») peut faciliter l’entrée des plus jeunes dans l’univers alcoolique.

A demain

Cigarette électronique : ses bénéfices majeurs sont confirmés. Agnès Buzyn devra s’expliquer

Bonjour

La situation confine à l’absurde et au tragique. Et bientôt on envisagera des poursuites judiciaires contres celles et ceux qui auront gardé les yeux fermés. A Londres un nouveau rapport officiel vient de confirmer les bénéfices sanitaires majeurs de la cigarette électronique en terme de réduction des risques. Un travail scientifique exemplaire jamais conduit en France où le gouvernement, les services et les agences concernés s’enferrent dans le déni.

Résumons le sujet anglais. Le rapport officiel émane de Public Health England (PHE) 1 et il est diffusé à l’attention des médias par le gouvernement britannique :  « PHE publishes independent expert e-cigarettes evidence review ». Ce document porte sur  l’utilisation de la cigarette électronique chez les jeunes et les adultes, sur les attitudes du public, sur son impact quant à l’abandon du tabac, et actualise les risques pour la santé et le rôle de la nicotine. Il passe également en revue les produits du « tabac chauffé ».

Au final il conduit, pragmatique, à préconiser la prescription de la cigarette électronique en tant que méthode de sevrage du tabac, comme vient de le publier la BBC : « E-cigarettes ‘should be on prescription ». Observant que le e-cigarette permet, d’ores et déjà à 20 000 personnes d’abandonner le tabac Public Health England préconise une série de mesures pour la normaliser et en faire un outil thérapeutique pris en charge notamment par le NHS, vendu au sein des hôpitaux où les patients devraient pouvoir disposer de zones (ou de chambres dédiées) pour vapoter. Les mêmes dispositions devraient être adoptées au sein des entreprises. Des actions devraient en outre être menées pour faciliter l’obtention du statut de médicament.

Tragique

Toujours selon PHE rien ne permet d’affirmer, contrairement à des rumeurs récurrentes, que la cigarette électronique est une porte d’entrée vers le tabagisme. On estime à un peu moins de trois millions le nombre de vapoteurs au Royaume Uni ou le tabac est responsable d’environ 79 000 morts prématurées chaque année. Pour le PHE il y aurait quelque chose de tragique à imaginer que des milliers de fumeurs qui pourraient ne plus l’être ne disposent pas des véritables informations quant aux bénéfices que pourrait leur apporter la cigarette électronique.

Il y aurait quelque chose de plus tragique encore à voir perdurer le silence médiatique et l’atonie politique des responsables sanitaires français sur un tel sujet. Et ce d’autant que la prévalence des fumeurs de tabac est, en France, de tès loin supérieure à celle du Royaume-Uni. C’est dire si l’on attend avec intérêt le contenu du nouveau Programme national de réduction du tabagisme que la ministre des Solidarités et de la Santé doit présenter fin mars. Agnès Buzyn doit, ici, s’expliquer. Et réussir là où Marisol Touraine a, dans son déni, tragiquement échoué.

A demain

1 Public Health England a pour fonction de  protéger et d’améliorer la santé et le bien-être de la nation et de réduire les inégalités de santé. « Nous faisons cela à travers la science, le savoir et l’intelligence, le plaidoyer, les partenariats et la fourniture de services de santé publique spécialisés. Nous sommes une agence exécutive du ministère de la Santé et des Services sociaux, et une organisation distincte avec une autonomie opérationnelle. Nous fournissons au gouvernement, au gouvernement local, au NHS, au Parlement, à l’industrie et au public une expertise professionnelle et scientifique fondée sur des données probantes.Twitter: @PHE_uk et Facebook: www.facebook.com/PublicHealthEngland. »