Les médecins traitants vont-ils devoir demander «l’orientation sexuelle» de leurs patients ?

Bonjour

Qui trop embrasse mal étreint ? C’est une information en provenance d’outre-Manche, diffusée par la BBC (« NHS patients to be asked about sexuality »)  et les Echos (Alexandre Counis): « Les médecins anglais invités à demander l’orientation sexuelle des patients ». Le célèbre National Health Service (NHS) recommande désormais aux membres du corps médical anglais de poser la question à tous les patients âgés de plus de 16 ans, à chaque entretien en face-à-face. La mesure, bientôt obligatoire, fait partie des nouvelles lignes directrices qui viennent d’être publiées (« Implementation Guidance Fundamental Standard for Sexual Orientation Monitoring).

« Parmi ces différentes propositions, quelle est celle qui correspond le mieux à la manière dont vous vous définiriez ? », devront demander les médecins. Leurs patients devront ainsi choisir entre « hétérosexuel, homosexuel, bisexuel, autre orientation sexuelle, incertain, non établi ou inconnu ». Même Knock n’aurait pas osé.

Soins adaptés

L’objectif de cette étonnante collecte de données ? Eviter les inégalités de traitement dont sont victimes les patients homosexuels. Le NHS veut s’assurer qu’il respecte l’« Equality Act » de 2010 en adaptant ses soins aux spécificités de chaque patient, en particulier lorsqu’ils sont homosexuels.

Selon le NHS, les patients homosexuels ou bisexuels seraient davantage sujets aux risques d’automutilation ou de suicide que le reste de la population. « Collecter et analyser des données sur l’orientation sexuelle permet de mieux comprendre ces patients, de mieux leur répondre et d’améliorer leur accès aux services de santé », précisent les lignes directrices.

« La Fondation LGBT, qui a été associée au projet, ajoute que les patients homosexuels ou bisexuels seraient sept fois plus souvent exposés à la drogue que la moyenne, et deux fois plus exposés au risque de ‘’binge drinking’’, précise Les Echos. Dans un pays où l’on collecte les données raciales des gens lorsqu’ils prennent une carte de bibliothèque municipale, tout le monde semble s’accorder sur le fait que la mesure part d’un bon sentiment. »

Chambres à coucher

Pour autant «  ce qui semble bon sur le papier… devient très intrusif quand on l’applique dans la vraie vie », observe la conservatrice Nicky Morgan, ancienne secrétaire d’Etat à l’éducation. De même l’Association des médecins de famille estime « potentiellement intrusif et offensant » pour les médecins de surveiller la sexualité des gens, estimant, sur la BBC que « l’Etat n’a rien à faire dans nos chambres à coucher ».

Les patients pourront certes refuser de répondre à la question de leur médecin ou de leur infirmière. Mais le NHS recommande que leur réponse soit dans ce cas consignée sous l’intitulé « non établi » dans le nouveau système de surveillance qui devrait être mis en place, avant avril 2019, dans l’ensemble de l’Angleterre.

On attend, en France, le point de vue du Conseil national de l’Ordre des médecins et celui de Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes.

A demain

Cigarette électronique : le dramatique déni français face au génie pragmatique britannique

 

Bonjour

Dans quelques jours débutera la célèbre campagne automnale britannique « Stopober » d’incitation à l’arrêt du tabac. Et pour la première fois la cigarette électronique sera présente, comme nous l’explique la BBC : « Quit smoking campaign Stoptober backs e-cigs for first time ». Et que l’on parle ou non l’anglais tout nous est dit dans cette vidéo : https://www.nhs.uk/oneyou/stoptober/home#SjYDLZWcyYTwUlVj.97. Où l’on apprend, encore, que l’Ecosse elle aussi se range à l’avis de Londres : la cigarette électronique est définitivement moins nocive que la consommation de tabac.

C’est une nouvelle fois la démonstration éclatante du pragmatisme britannique : même si la cigarette électronique n’est pas officiellement recommandée par le National Health Service elle figurera dans la campagne gouvernementale parmi les possibilités permettant d’arrêter de fumer ; une décision prise à la lumière des résultats de « Stopober » de l’an dernier où elle est devenue l’outil le plus populaire spontanément choisi par le volontaires souhaitant en finir avec le tabac.

Autre preuve de pragmatisme : la BBC précise que la nouvelle campagne Stoptober résulte du fait que les experts du gouvernement ont été encouragés par de nouveaux résultats plaidant en faveur de l’efficacité du recours à la cigarette électronique lors des tentatives d’abandon du tabac. « Les chercheurs de University College London ont constaté que 20% des tentatives ont réussi au premier semestre de 2017, contre 16% au cours des dix dernières années, précise la BBC. Le médecin-chef adjoint du gouvernement, la Pr Gina Radford, a déclaré que les cigarettes électroniques jouaient un rôle important et que, comme elles contiennent ‘’95% de moins de produits nocifs’’, il était juste d’en faire la promotion pendant ‘’Stoptober’’. »

L’invraisemblable déni du gouvernement français

Concernant les professionnels de la santé, le Pr Radford a déclaré à la radio de la BBC reconnaître que les autorités sanitaires reconnaissent désormais que les cigarettes électroniques sont utilisées par les fumeurs et peut les aider à abandonner le tabac. « Par conséquent, engagez les gens à discuter de la façon dont ils les utilisent, encouragez-les à les utiliser uniquement dans le cadre d’une tentative d’arrêt … dites-le clairement que bien qu’elles sont beaucoup moins nocives que les cigarettes de tabac, elles ne sont pas totalement sans risque. »

Selon les dernières données officielles on recensait, en Grande Bretagne, un peu plus de 15% de fumeurs en 2016, contre 21% en 2007 et plus de 26% en 2000. Et parallèlement à cette évolution le vapotage ne cessait d’augmenter : aujourd’hui une personne sur 20 de plus de 16 ans utilise régulièrement des cigarettes électroniques.

En France, tout aussi officiellement, près d’une personne sur deux âgée de 18 à 34 ans fume (et une sur trois entre 15 à 19 ans alors que la vente est interdite aux mineurs…). Toujours en France la prévalence du tabagisme atteint  46% chez les femmes de 20-25 ans, et  55 % chez les hommes de 26-34 ans : des taux parmi les plus élevés recensés dans les pays occidentaux et dans le monde. Et comme chacun sait le gouvernement français actuel, comme ceux du précédent quinquennat, reste enfermé dans un invraisemblable déni quant à l’intérêt de la cigarette électronique au service d’une politique de réduction des risques.

A demain

 

 

Le malodorant écart de langage de M. Benjamin-Blaise Griveaux, membre du gouvernement

Bonjour

A moins de 40 ans, Benjamin-Blaise Griveaux est un petit condensé balzacien de notre époque. Il se murmurerait déjà que l’homme pourrait être le prochain maire de la capitale lorsque cette dernière accueillera les Jeux Olympiques. Fils d’un notaire et d’une avocatediplômé de Sciences Po Paris et de HEC,  le jeune homme plonge précocement en politique : dans les courants rocardiens puis strauss-kahniens. Trouve,  en 2012, un tremplin au sein du cabinet de Marisol Touraine, ministre de la Santé. De 2014 à 2016, l’indispensable passage dans le privé : l’immobilier commercial.

Elu conseiller municipal de Châlons-sur-Saône, puis vice-président du conseil général de Saône-et-Loire sous la présidence d’Arnaud Montebourg il entrera, en 2012, au bureau national du Parti socialiste ; conseiller de la fondation Jean-Jaurès sur les questions sociales, la légende le retrouve, dès la fin 2015, proche d’Emmanuel Macron. Certains journalistes voient alors en lui le « chef de file naturel » d’« apparatchiks » issus du Parti socialiste.

Opération de charme

Puis le temps passe, très vite. Elu député macroniste dans la cinquième circonscription de Paris il est, dans la foulée, nommé secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances : Bruno Le Maire. Officiellement M. Griveaux  travaille sur quelques entreprises industrielles en difficulté, sur la préparation du projet de loi « entreprises » et sur l’attractivité financière de la place de Paris.

Agenda de presque ministre. M. Griveaux était en déplacement officiel à Londres les 12 et 13 septembre. Une opération qualifiée « de charme », une offensive médiatique incluant plusieurs interviews dans les médias britanniques, notamment sur la principale matinale de radio de la BBC. Objectif : convaincre banquiers et investisseurs de la City de venir s’installer en France après le Brexit. On imagine les tapis, les thés, le cosy feutré : entrepreneurs français, investisseurs institutionnels, dirigeants de grandes banques… Un seul hic : aucune rencontre avec les autorités britanniques.

Et puis, cette révélation faite par Le Monde (Eric Albert ) : « Je suis comme Saint Thomas, je ne crois qu’à ce que je vois » dira M. GriveauxSaint Thomas l’incrédule ? Poussé à s’expliquer sur cette référence bien peu laïque le secrétaire d’Etat républicain dira, in fine : « C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses ».

A n’utiliser qu’entre amis

Où l’on voit l’éventail de la richesse des images métaphoriques de la langue française. Précisons ici que cette dernière expression (à l’évidence d’origine paysanne) fait référence aux antiques foires agricoles où étaient rassemblés de nombreux animaux ruminants. Avec les suites pratiques que l’on imagine. En clair : attendre coûte que coûte la fin d’un événement pour en faire le bilan. Et précisons encore aux plus jeunes de nos lecteurs que c’est là  une expression très familière (à n’utiliser qu’entre amis). A Londres le représentant du gouvernement français eût peut-être été mieux inspiré de glisser que ce n’est qu’à la fin du bal que les musiciens sont payés.

A demain

 

Voici les nouveaux salariés : avec une puce RFID sous-cutanée, greffée entre pouce et index

Bonjour

C’est une information à faire froid dans le dos. Après la BBC  ou Le Figaro on la retrouve  développée, dans Le Monde, par Corinne Lesnes.  A partir de demain, 1er août 2017, les employés salariés de la compagnie Three Square Market de River Falls (Wisconsin) évolueront plus librement dans leur espace de travail ; du moins celles et ceux qui auront accepté l’offre (gratuite) de leur employeur : se faire implanter une puce électronique sous la peau, entre le pouce et l’index. Cinquante employés sur quatre-vingt ont ainsi signé pour être greffés.

« La puce, de la taille d’un grain de riz, leur sera gratuitement introduite entre le pouce et l’index, par un personnel médical « qualifié », lors d’une « chip party » au siège de la compagnie, précise Le Monde. Après quoi, un simple mouvement suffira au porteur pour ouvrir les portes, payer la cantine, débloquer son ordinateur et utiliser les photocopieuses. ’L’implantation élimine le besoin de transporter des données’’, résume la bienveillante direction. » La légèreté, nouvelle définition de la liberté : légèreté des données ingérées.

Prolétaires-cobayes

La puce-cyborg coûte, à l’unité, 300 dollars (255 euros). Elle est développée par le fabricant suédois Biohax qui est déjà passé à l’acte en Suède. Sa puce a été approuvée par la Food and Drug Administration américaine. C’est une identification par radiofréquence (RFID, Radio Frequency Identification), une technologie courante pour suivre les livraisons en transit, et qui repose sur l’utilisation de champs électromagnétiques de capturant automatique les données 1.

C’est la première fois, souligne Le Monde, qu’aux Etats-Unis une entreprise propose à ses employés de servir de cobayes aux puces RFID. Donald Trump ou pas, nous sommes toujours en démocratie : les salariés hésitants pourront bénéficier d’une « bague » ou d’un « bracelet » en lieu et place de l’implant. On ajoutera, cela ne s’invente pas, que Three Square Market est une entreprise qui commercialise un logiciel pour les distributeurs de snacks dans les entreprises.

Cette firme pionnière espère bénéficier de la publicité gratuite que lui vaut son initiative. Conscient des risques, son directeur tente toutefois de dissiper les inquiétudes relatives aux atteintes à la vie privée. La puce ne sera dotée d’aucun « dispositif de traçage de type GPS ». On se demande pourquoi. Quant aux données, elles sont cryptées comme pour les cartes de crédit. Un souci ? Un regret ? Le « microchip » pourra être retiré à tout moment « en deux secondes, comme une écharde ».

 Sisyphe et son mythe

Echarde est le mot : petit corps effilé et pointu, de bois ou de métal, qui se fiche accidentellement dans la peau ou dans la chair. Car que faire d’une écharde à moins qu’on ne cherche à l’extraire ? Une vieille affaire littéraire :

« Il n’est pas un de ses personnages [de Dostoïevski] qui ne porte cette écharde dans la chair, qui ne l’irrite ou qui n’y cherche un remède dans la sensation ou l’immoralité ». Camus, Le Mythe de Sisyphe,1942, p. 151.

Sisyphe avec RFID entre pouce et index ? Certains ne veulent voir là que la déclinaison de la technique de la carte de « paiement-contact ». Interrogé par KSTP-TV, Todd Westby, le directeur de Three Square Market, affirme que l’implantation de puces électroniques sous la peau humaine est «la prochaine grande avancée inévitable » et entend bien que lui et son entreprise ne soient pas les derniers. Cette dystopie à portée de main sera-t-elle intégrée dans la refonte du Code du Travail français ?

Comment ne pas voir que nous sommes là aux premières frontières du transhumanisme, aux marches du Temple des « hommes augmentés » ? Comment ne pas entendre Philip K. Dick et ressentir comme une sorte de froid dans le dos ?  Pour le Washington Times il faut voir là une nouvelle étape dans l’accès des êtres humains à une nouvelle liberté : celle de payer. C’est assez bien résumé.

A demain

1 Sur ce thème on peut se reporter avec grand intérêt à l’ouvrage de notre confrère Michel Alberganti : « Sous l’œil des puces : la RFID et la démocratie » Éditions Actes Sud.

Et si aller « au bout du traitement antibiotique » ne devait plus être un geste automatique ?

 

Bonjour

Provocation ou pragmatisme ?  Dans une longue tribune documentée publiée par le British Medical Journal un groupe de spécialistes britanniques 1 remet en cause la règle (officielle et internationale)  jusqu’ici jamais contestée qui veut que l’on termine un traitement antibiotique une fois que ce dernier a été prescrit et commencé. Selon les auteurs, cela favoriserait l’antibiorésistance au lieu de la limiter. Une publication et des interrogations qui sont reprises par la BBC : « Should you finish a course of antibiotics ? » et, en France, par le Quotidien du Médecin.

Pour les auteurs cette règle aurait fait son temps. « L’idée que cesser le traitement plus tôt encourage l’antibiorésistance n’est pas prouvée, alors que prendre des antibiotiques plus longtemps que nécessaire augmente à coup sûr le risque de résistance, affirment-ils. Un traitement plus court est clairement plus bénéfique, au niveau individuel, pour un patient. Son risque de résistance dépend de son exposition passée aux antibiotiques et en plus, réduire l’exposition en réduisant la durée du traitement est associé à un risque réduit d’infection résistante. »

 « La situation change actuellement à l’hôpital, où des marqueurs de la réponse au traitement peuvent guider les médecins pour savoir quand cesser celui-ci. Mais, hors de l’hôpital, on peut simplement conseiller au patient d’arrêter le traitement quand il se sent mieux. » 

Pour les auteurs britanniques, aller au bout du traitement est « une croyance fallacieuse, profondément ancrée chez les patients et les médecins », sans doute parce qu’elle est « simple et claire », et que ne pas la suivre « est considéré comme un comportement irresponsable ». Dans le même temps ils estiment que des essais cliniques devraient être menés pour préciser quelles devraient être les meilleures durées de traitement afin d’optimiser l’efficacité de ces précieux outils thérapeutiques.

A demain

1 Martin J Llewelyn, professor of infectious diseases2 ; Jennifer M Fitzpatrick, specialist registrar in infection2 ; Elizabeth Darwin, project manager3 ; SarahTonkin-Crine, health psychologist4 ; Cliff Gorton, retired building surveyor5 ; John Paul, consultant in microbiology6 ; Tim E A Peto, professor of infectious diseases7 ; Lucy Yardley, professor of health psychology8 ; Susan Hopkins, consultant in infectious diseases and microbiology9 ; Ann Sarah Walker, professor of medical statistics and epidemiology3. Author affiliations

 

Insolite : un vaccin contre la méningite peut aussi protéger contre la gonorrhée («chaude pisse»)

 

Bonjour

L’information, spectaculaire, est publiée dans The Lancet de ce jour – et aussitôt reprise par la BBC : « First vaccine shows gonorrhoea protection » (James Gallagher). Dirigés par le Dr Helen Petousis-Harris (University of Auckland) des chercheurs néo-zélandais annoncent avoir identifié un vaccin qui pourrait réduire le risque de contracter une gonorrhée, maladie sexuellement transmissible généralement mieux connue des victimes sous l’appellation « chaude-pisse ». C’est la première fois, après un siècle de recherche, qu’une immunisation de ce type est obtenue.

Cette infection, qui touche principalement les organes génito-urinaires, est due au gonocoque (Neisseria gonorrhoeae, découvert par Albert Neisser en 1879. En l’absence de traitement par antibiotique adapté diverses complications peuvent apparaître, qui affectent principalement les femmes (inflammations pelviennes, grossesse extra-utérine et stérilité). L’incubation est habituellement de 2 à 7 jours et, jusqu’ici le seul traitement préventif était le préservatif.

L’inquiétude des autorités sanitaires internationales tient à l’émergence croissante de souches de gonocoque antibiorésistantes – y compris vis-à-vis des céphalosporines jusqu’alors utilisées en « dernier recoures ». L’OMS a, ces trois dernières années, confirmé cet inquiétant phénomène en Afrique du Sud, en Australie, en Autriche, au Canada, en France, au Japon, en Norvège, en Suède, en Slovénie et au Royaume-Uni (pays particulièrement touché).

Financée en partie par Novartis Vaccines & Diagnostics, l’étude néozélandaise ne manquera pas d’intéresser les passionnés de sérendipité. Le vaccin utilisé (« MeNZB ») avait, initialement, été développé pour lutter contre une épidémie de méningite de type B. Ce vaccin avait alors été administré dans le pays à environ un million de personnes (dont 81% de moins de 20 ans) entre 2004 et 2006.

Ce n’est que par la suite que les chercheurs de l’Université d’Auckland ont analysé les données de onze cliniques de « santé sexuelle » et découvert que les cas de gonorrhée avaient, ultérieurement, diminué de 31% chez les vaccinés. Il faut ici préciser que la bactérie Neisseria meningitidis ou ménigocoque, est structurellement assez proche de Neisseria gonorrhoeae. Aussi peut-on raisonnablement penser être en face d’un phénomène de « protection croisée ». La réduction de l’incidence dans le groupe des vaccinés (la protection ainsi conférée) est de 31% dans un groupe total de 14 730 personnes (1241 cas de gonorrhée; 12487 cas d’infection à chlamydia; 1002 cas de co-infection)..

« À l’heure actuelle, le mécanisme de cette réponse immunitaire est inconnu, mais nos résultats pourraient contribuer au futur développement de vaccins protecteurs à la fois contre le méningocoque et le gonocoque » explique le Dr Helen Petousis-Harris. Ce travail éclairera-t-il d’un jour nouveau les possibles bénéfices complémentaires de  l’actuel vaccin contre le méningocoque de type C – un vaccin aujourd’hui recommandé mais que le gouvernement entend rendre obligatoire avant l’âge de deux ans.

A demain

L’affaire Charlie Gard : maladie génétique, fin de vie, tweets et mises en scène diplomatiques 

 

Bonjour

C’est une affaire qui tient en haleine tous les médias britanniques. C’est aussi une histoire sans précédent où la médecine croise le droit, la religion et la diplomatie – une mise en scène où l’on voit une pathologie génétique nourrir un affrontement de deux idéologies sinon de deux logiques.

Soit Charlie Gard, un bébé aujourd’hui âgé de onze mois souffrant d’une forme rare et grave du syndrome de déplétion de l’ADN mitochondrial ; forme neurodégénérative avec myopathies ; absence de réactions au stimulations ; surdité congénitale ; épilepsie sévère ; atteintes cardiaques, hépatiques et rénales.

Arrêt des soins

Depuis plusieurs mois un litige oppose les parents de l’enfant au Great Ormond Street Hospital for Children où il est hospitalisé depuis octobre 2016. C’est un litige largement médiatisé ses parents ayant lancé un appel GoFundMe en ligne (réunissant 1,4 million d’euros) et faisant campagne pour que leur enfant bénéficie d’un traitement expérimental (aux Etats-Unis) et ce, in fine, contre l’avis de l’équipe médicale.

Une première décision de justice a donné tort aux parents, la Family Division de la High Court of England and Wales statuant que l’enfant devait être autorisé à mourir. Une décision confirmée en appel et soutenant, sur la base d’avis d’experts, que le traitement expérimental n’était pas adapté à la forme de pathologie dont souffrait cet enfant (mutation du gène RRM2B). Puis en juin la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) approuvait à son tour la décision d’arrêt de soins.

Plus de temps

La décision de la CEDH, définitive et prise à la majorité, confirme les décisions antérieures qui « étaient méticuleuses, complètes, et ont fait l’objet d’un examen à trois degrés de juridiction, avec une motivation claire et détaillée permettant d’étayer de manière pertinente et suffisante leurs conclusions » en ayant notamment entendu « tous les experts médicaux intervenus dans le traitement ainsi que les experts convoqués par les requérants ».

Le 30 juin l’équipe médical du Great Ormond Hospital acceptait de donner un plus de temps aux parents et de retarder la procédure des soins palliatifs. Puis le 3 juillet e président américain Donald Trump tweetait « If we can help little #CharlieGard, as per our friends in the U.K. and the Pope, we would be delighted to do so. » Et la Maison Blanche de préciser qu’après avoir appris la situation du bébé Charlie le président Trump essayait, autant que faire se peut, d’aider cette famille. Puis le Vatican se manifesta à son tour via, notamment, le célèbre cardinal Elio Sgreccia, ancien président de l’Académie pontificale pour la vie. Et le pape François de faire également part de son émotion.

Vie sacrée

« Pour sauver la vie de Charlie Gard, le Vatican se dit prêt à tout. Même à lui accorder au pied levé la nationalité vaticane et faciliter son transfert dans les services de l’établissement pédiatrique du Saint siège,  l’hôpital de l’Enfant-Jésus, précise le correspondant en Italie du Quotidien du Médecin. ’Le Saint-Père suit avec affection et émotion l’affaire du petit Charlie Gard et exprime sa proximité à ses parents’’, a indiqué le Vatican dans un communiqué. Depuis, les sherpas du plus petit État du monde sont en contact avec le gouvernement britannique. Le ministre des Affaires étrangères, Angelino Alfano, a également contacté son homologue britannique, Boris Johnson. Pour l’heure, le héros du Brexit, refuse les propositions italiennes au motif que le verdict de la Cour Suprême londonienne doit être respecté et les soins de l’enfant stoppés. »

Pour Londres, le transfert de Charlie au Vatican est possible – à condition que l’hôpital de l’Enfant-Jésus s’engage à respecter le verdict prononcé par la Cour suprême britannique. « Il est évident que l’hôpital du pape ne peut pas prendre une telle condition en considération car la vie est sacrée », estime la direction de l’hôpital pontifical. Un affrontement médiatisé de deux conceptions de la médecine et de la vie. Demain, une série télévisée.

A demain