Nice : la médiatisation hypertrophiée des tueries ; le risque de l’épuisement de la symbolique

 

Bonjour

Après-midi du 15 juillet. Nice, 84 morts dont dix enfants et adolescents. Et ce communiqué de la Direction Générale de la Santé :

« Attentat de Nice : point de situation sur les blessés. Suite à l’attentat survenu à Nice dans la soirée du 14 juillet, 188 patients ont été pris en charge dans les établissements de santé des Alpes-Maritimes. 48 d’entre eux sont en urgence absolue, dont 25 en réanimation. Un dispositif de prise en charge médico-psychologique a été mis en place à Nice sur plusieurs sites afin d’accompagner les familles et les patients impliqués. Une ligne téléphonique interministérielle d’aide aux victimes et leurs proches a été ouverte par le Ministère des Affaires étrangères et du Développement international : 01 43 17 56 46. »

Les faits et les chiffres. Point. Pour le reste c’est, médiatiquement et depuis vingt-quatre heures, un déferlement d’émotions, de larmes, de jugulaires et de commentaires. Comment pourrait-il en être autrement ? Charlie Hebdo le 7 janvier, l’Hyper Cacher le 9 janvier, Paris le 13 novembre. Puis les attentats de Bruxelles le 22 mars dernier Sans même parler de ceux de Lahore au Bangladesh le 27 mars, en Turquie à l’aéroport d’Istanbul le 28 juin et dans le reste du pays cette annéeen Irak le 3 juillet

Mais au-delà des innombrables témoignages et images, au-delà des sidérations scénarisées il y a, paradoxalement, un épuisement de l’imaginaire. Non pas une banalisation de l’horreur, plutôt un apprentissage collectif, national, de la résistance. Ce qui, hier, était de l’ordre de l’insupportable entre progressivement dans la catégorie de l’inacceptable. Neurologiquement ceci a une traduction : la migration électrique depuis les territoires de la stupeur au court-circuit médullaire du réflexe.

Attention aux intox !

Eponges des sensibilités collectives, certains journalistes le perçoivent. Ainsi Titiou Lecoq qui, depuis la nuit télévisée de Nice écrit dans sa newsletter pour Slate.fr :

«Je ne sais qu’une chose: ce vendredi matin en se levant on entendra avec horreur le bilan, encore provisoire. Je sais que ce soir, j’ai eu la très désagréable impression d’avoir des réflexes. Réflexes des amis à contacter, des sources à consulter, etc. On a redit les mêmes choses: attention aux intox, ne diffusez pas les photos du massacre, les hashtags pour les portes ouvertes etc. Les photos de gens souriants que leurs proches recherchent. Etc.» 

Se flageller ? Et pourquoi donc ? On peut voir là, simplement, une manière de résister aux effets délétères des nouveaux réseaux – ce 2.0 qui fait de chacun d’entre-nous un hyper-connecté parmi des millions qui nous ressemblent. Ces réflexes sont les premiers  effets d’une entité collective prodigieuse, encore sans nom ; une Toile-iceberg ni tout à fait normale ni pleinement pathologique. On pressent sa considérable puissance – on ne sait pas encore la maîtriser. Et les ennemis de notre démocratie en usent aussi – un peu à la façon dont jadis on usa, en Grèce, d’un gros cheval en bois.

Deuil national et drapeaux en berne

Aujourd’hui, donc, Nice. Que peut le politique exécutif ? Il a, dit-on, failli avec son appli Alerte-Attentat. Pour le reste il fait comme il peut avec ses outils et les communicants payés pour faire office d’interface avec le peuple-citoyen. Il agit en répondant aux demandes que ces communicants imaginent dans l’ivoire des palais de la République.

Et ce même politique pianote sur une symbolique laïque ; une symbolique tenue pour éloigner le bouc émissaire; une symbolique tricolore qui ne s’est guère renouvelée depuis qu’elle existe. Une symbolique qui aujourd’hui se répète, s’accélère, s’épuise d’elle-même.

Après Nice ce sera, pour la deuxième fois en quelques mois, les trois jours de deuil national. Ce sont, déjà, les drapeaux en berne. Ce fut la cérémonie en l’Hôtel des Invalides lors de laquelle le Président parla de réparer les vivants. Et après puisque ce même politique dit ou laisse entendre qu’il y aura d’autres attentats ? Le tocsin républicain ?

A demain

Attentat de Nice : félicitations de Touraine aux professionnels; «excuses» de France Télévisions

 

Bonjour

Comment ne pas (trop) se précipiter ?  Il était 4h 28 ce matin quand, via un tweet, Marisol Touraine, ministre de la Santé a salué « l’extraordinaire réactivité » des professionnels de santé mobilisés depuis l’attaque survenue à Nice peu après le feu d’artifice sur la Promenade des Anglais (84 morts, 18 blessés en « urgence absolue », une cinquantaine de blessés légers).

#Immense merci aux professionnels des hôpitaux pour leur engagement exceptionnel dans cette nouvelle épreuve #Nice06

 « Comme nous l’avions déjà constaté le 13 novembre (lors des attentats de Paris et Saint-Denis), les professionnels de santé sont revenus spontanément à l’hôpital, a ensuite déclaré la ministre à BFM TV depuis Nice. C’est tout à l’honneur du service public français », a-t-elle poursuivi. Mon message, c’est de saluer l’extraordinaire réactivité de l’hôpital et des personnels de santé. » La ministre a encore salué le  travail réalisé « pour sauver et tenter de sauver des vies ».

Les excuses de France Télévisions

 Comment ne pas tarder pour présenter ses excuses ? A 10h37 ce vendredi 15 juillet France Télévisions présente ses excuses. Après l’attentat survenu à Nice vers 23h, France 2 a notamment diffusé des images d’une victime recouverte par des couvertures sur la Promenade des Anglais où un camion est venu foncer sur des dizaines de personnes. Des excuses ? Cela donne ceci :

« Au cours de la nuit du 14 au 15 juillet, l’édition spéciale de France 2 consacrée aux événements dramatiques de Nice a diffusé un sujet montrant des témoignages et des images choquantes. Ces images brutales, qui n’ont pas été vérifiées selon les usages, ont suscité de vives réactions. Une erreur de jugement a été commise en raison de ces circonstances particulières.

La diffusion de ce type d’images ne correspond pas à la conception de l’information des journalistes des équipes et de l’entreprise. France Télévisions tient à présenter ses excuses. »

Emotions-télévision

 On entend déjà le bruit des sanctions. Sur Slate.fr  la journaliste Titiou Lecoq écrit que la télévision française «a sombré» hier soir:

«Sur France 2, la journaliste qui précise qu’ils rediffusent cette vidéo “au ralenti”. Histoire qu’on profite bien de tous les détails. La même journaliste qui nous dit qu’elle a “sans doute été filmée par un touriste”. Ce qui signifie que madame diffuse une vidéo dont elle ignore totalement la provenance. (…) Et ensuite, c’est l’incompréhensible. L’insoutenable. L’accélération du naufrage: France 2 interviewe un homme à côté du cadavre de sa femme.»

L’insoutenable mis en abyme. La tyrannie de l’émotion-télévision. Qui tirera les leçons ?

A demain

 

La bien étrange affaire du vaccin Méningitec®, ses «métaux lourds» et ses «nanoparticules»

Bonjour

Mardi 22 septembre : la justice civile examinera, à Clermont-Ferrand,  les plaintes de deux-cent quarante  familles qui ont assigné le distributeur français du vaccin Meningitec® . L’Agence France Presse précise que ces familles reprochent au laboratoire CSP (Centre Spécialités Pharmaceutiques), situé à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), d’avoir distribué des seringues contenant du vaccin Méningitec®, défectueuses car contenant des résidus de métaux lourds. Quels sont les éléments factuels de ce dossier que certains présentent déjà comme un nouveau « scandale sanitaire » ?

Le vaccin incriminé

Explications figurant sur le site officiel gouvernemental des médicaments: Méningitec® est  un vaccin utilisé chez les nourrissons à partir de 2 mois, les adolescents et les adultes pour prévenir les maladies dues à Neisseria meningitidis du sérogroupe C. Il ne protège pas contre les autres sérogroupes de Neisseria meningitidis ou toute autre bactérie ou virus parfois responsables de méningite et septicémie (infection généralisée).  La bactérie Neisseria meningitidis du sérogroupe C peut provoquer des infections graves et parfois mortelles telles qu’une méningite et une septicémie. Ce vaccin ne contient pas d’organisme vivant et ne peut pas provoquer de méningite C (maladie due au méningocoque C).

La décision des autorités sanitaires

Elle est résumée dans un communiqué de presse daté du 26 septembre 2014.

« Le laboratoire CSP, à titre de précaution et en accord avec l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), vient de retirer du marché tous les lots du vaccin Meningitec®, en raison d’un problème de qualité rencontré lors de la fabrication de ce médicament (…) .Le vaccin Meningitec® des laboratoires Nuron est exploité en France par le laboratoire CSP.Le laboratoire Nuron vient d’informer les autorités européennes de la présence de particules dans un nombre limité de seringues de certains lots de Meningitec®. En l’état actuel des investigations, la présence de ces particules n’affecte pas la stérilité de ces produits et ne compromet pas l’efficacité du vaccin. Il n’est donc pas nécessaire d’effectuer une revaccination. 

En raison de ce défaut de qualité, le laboratoire CSP, exploitant de cette spécialité en France, a entrepris, en lien avec le laboratoire Nuron, le rappel de tous les lots actuellement commercialisés en France. Un rappel similaire est organisé à l’échelle européenne.

Ce rappel est effectué à titre de précaution.  La présence de ces particules pourrait en effet induire des réactions locales (rougeurs ou gonflement au site d’injection) voire des effets généraux (fièvre). L’apparition de ces effets indésirables surviendrait dans les premières heures ou jours après la vaccination. Il est à noter que ces effets sont semblables à ceux que pourraient produire le vaccin. A ce jour, aucune déclaration d’effet indésirable liée à ce défaut de qualité n’a été signalée au laboratoire ou à l’ANSM (…)  Des alternatives existent. Il s’agit des vaccins Neisvac® (laboratoire Baxter) et Menjugatekit® (laboratoire Novartis). »

La troublante alerte de l’Ordre des pharmaciens

Elle date du début du 30 juillet et a été relayée par Le Moniteur des Pharmacies le 3 août :

«  Le Conseil de l’Ordre des Pharmaciens (CNOP) a émis une alerte le 30 juillet à propos d’une information relayée par BFM TV et d’autres médias sur l’action en justice intentée par quarante familles contre le laboratoire CSP qui exploite le vaccin Meningitec®. Suite à l’injection de ce vaccin, les enfants auraient présenté divers symptômes allant de la poussée de fièvre inexpliquée à la sclérose en plaques. Tous les lots commercialisés de ce vaccin ont fait l’objet d’un rappel le 24 septembre 2014. Or, selon l’avocat des familles, il aurait continué à être dispensé en pharmacie plusieurs mois après ce retrait.

 En conséquence, Isabelle Adenot, présidente du CNOP, demande aux pharmaciens de vérifier qu’aucun de ces vaccins ne restent en stock et précise que « s’il était avéré que des ventes aient eu lieu après cette date et que le patient porte plainte, la chambre de discipline de le l’ordre sera logiquement sévère».

Rappelons que ce retrait a été effectué selon les termes de l’ANSM « à titre de précaution suite à de la présence de particules dans certains lots. La présence de ces particules n’affecte pas la stérilité et ne compromet pas l’efficacité du vaccin, mais pourrait induire des réactions locales (rougeurs ou gonflement au site d’injection) voire des effets généraux (fièvre) dans les premières heures ou jours après la vaccination » (…) Cette affaire risque d’amplifier la défiance qui entoure déjà certaines vaccinations. Une première audience devrait avoir lieu au TGI de Clermont-Ferrand en septembre 2015. »

 Les graves accusations de l’avocat

 La situation des plaignants est résumée par l’AFP depuis Clermont-Ferrand (Karine Albertazzi). Extraits :

« On va demander au cours de cette audience des expertises pour chaque enfant, a expliqué Me Emmanuel Ludot, qui défend quatre-vingts  familles, avant une deuxième audience, prévue le 20 octobre. Ces familles venues de toute la France reprochent au laboratoire CSP, d’avoir acheminé des seringues contenant du vaccin Méningitec®, défectueuses car contenant des résidus de métaux lourds.

« Des analyses capillaires ont permis de détecter des concentrations de plomb, étain, silicium et aluminium dans les cheveux des personnes vaccinées. Ces dernières, dont de très nombreux enfants, souffriraient depuis de symptômes persistants (diarrhées aiguës, nausées, irritabilité, fortes poussées de fièvre, troubles du sommeil, éruptions cutanées…). « Quand mon médecin me l’a prescrit pour ma fille, alors âgée d’un an, je lui ai fait confiance », a raconté Coralie, une mère de famille habitant la région rennaise, qui viendra mardi à l’audience avec d’autres parents.

« Le vaccin a provoqué chez la fillette des réactions en chaîne: « Je me suis retrouvée toute seule avec mes inquiétudes. J’ai appelé mon médecin, mon pharmacien, ils n’étaient pas au courant. Le laboratoire ne m’a pas non plus donné plus de réponse », a-t-elle dit.

« En furetant sur internet, elle découvre que vingt-et-un lots de ce vaccin, produit par le laboratoire américain Nuron Biotech, ont été retirés du marché à titre de précaution le 24 septembre 2014, par l’intermédiaire de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

« « Encore hier, ma fille (aujourd’hui âgé de 2 ans et demi), pleurait à chaudes larmes, pliée en deux, à cause de migraines abdominales, dont on ne connaît pas l’origine », a déclaré Coralie, qui a retrouvé sur la toile d’autres parents de victimes. « On est très inquiets. Les métaux lourds, on s’en débarrasse pas comme ça. Quand on démarre sa vie à 2 ans avec des métaux lourds dans le corps, je me demande quelles seront les conséquences pour ma fille dans 10 ans », s’est-elle alarmé.

« Pour Me Ludot, le dossier du Meningitec® est un « scandale sanitaire ». « Il y a eu dans ce dossier des failles à tous les niveaux, des pharmaciens en passant par les laboratoires, les autorités sanitaires. Tout le monde a été curieusement négligent « , affirme cet avocat du barreau de Reims et spécialisé dans les affaires vaccinales. « Comment expliquer que ce vaccin ait été encore prescrit trois mois après le retrait théorique des lots défectueux? », s’est-il interrogé. Selon lui, le distributeur auvergnat est « le premier maillon d’une longue chaîne ».

« « Dans ce dossier, il y a d’abord le problème de la vente de ce vaccin: des pharmaciens ont continué à le vendre alors qu’ils étaient informés de son retrait. Il y a eu aussi des retards dans l’alerte pour des raisons économiques évidentes. Les vaccins frelatés étaient connus depuis au moins un an, a-t-il ajouté. Ce n’est pas une erreur de manipulation qui est en cause mais le vaccin lui-même. Il semble bien que ce dernier, qui est d’ailleurs depuis retiré du marché, comportait des nanoparticules ».

Ce sont là des accusations d’une particulière gravité. Me Ludot pourra-t-il les étayer ? Et quid du lien de causalité entre ce vaccin et les symptomatologies alléguées ? L’affaire Meningitec® ne fait que commencer.

A demain

Vincent Lambert : il serait «à nouveau nourri par la bouche». Une nouvelle vidéo est annoncée

Bonjour

Les règles de la tragédie sont respectées. La dernière scène en date est à lire dans L’Union, le quotidien régional de Reims (Grégoire Amir-Tahmasseb). Les parents de Vincent Lambert, opposés à l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de leur fils, ont fait une annonce le vendredi 26 juin : ils ont déposé un recours en révision devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Ils affirment que leur fils a « recommencé ces derniers jours à manger et boire par la bouche », ce qui constitue, toujours selon eux, un « élément nouveau et décisif » qui « commande la révision des décisions qui ont été rendues »

Nous avions évoqué pour notre part évoqué cette situation le 18 juin dernier : « Vincent Lambert : que diraient ses juges si ce malade pouvait être ‘’nourri à la cuillère’’ » ?

Compote et crèmes dessert

Ce n’est pas tout : les parents devraient également déposer, dans les prochains jours, un recours devant le Conseil d’Etat. L’annonce en a été faite sur iTélé par Me Jérôme Triomphe, l’un de leurs avocats. Un autre élément est annoncé : une nouvelle vidéo a été tournée. Selon Me Triomphe elle « démontre que Vincent Lambert peut manger par la bouche … il déglutit la compote ou les crèmes dessert ainsi que l’eau … ce qui n’avait jamais été tenté par le CHU depuis sept ans ».

Le réflexe de déglutition serait donc bien là, et la sonde gastrique superflue. Me Triomphe met aussi en cause les contradictions existant dans les déclaration officielles de Marisol Touraine, ministre de tutelle du CHU (1) ainsi que le Dr Bernard Devalois, pour ses dernières prestations  dans les médias.

Le 10 juin, après la diffusion de la première vidéo, interrogé par BFM-TV, le Dr Bernard Devalois, chef de l’unité de soins palliatifs de Pontoise, s’était dit « absolument scandalisé » par la diffusion de cette vidéo, dénonçant une « manipulation politico-religieuse ». Selon lui, les images « ne montrent rien d’autre que le même patient sur lequel on s’était penché il y a plusieurs mois ». Or, selon Me Triomphe le Dr Devalois « a refusé d’aller voir Vincent ».

 « Lambert contre France »

 Selon le règlement de la CEDH, une personne peut saisir la Cour et lui communiquer une demande en révision d’un arrêt dans le cas où « un fait qui, par sa nature, aurait pu exercer une influence décisive sur l’issue d’une affaire déjà tranchée et qui, à l’époque de l’arrêt, était inconnu de la Cour et ne pouvait raisonnablement être connu d’une partie ». La CEDH va examiner, dans les prochains jours, cette demande en révision et dire si elle l’écarte ou si elle y fait droit.

Dans leur communiqué, les avocats des parents font par ailleurs état d’une « incroyable erreur de droit » commise par la CEDH dans l’arrêt « Lambert contre France » conduisant à « une erreur de raisonnement juridique ». A Strasbourg, on admet une « erreur purement matérielle d’écriture ». On assure que celle-ci a déjà été « rectifiée » et que cela n’a « aucun impact sur le fond de l’affaire ».

Les règles de la tragédie sont respectées.

A demain

(1) L’un des avocats des parents de Vincent Lambert (Me Jean Paillot) assurait le 18 juin que Marisol Touraine, ministre de la Santé avait déclaré (le mardi 16 juin au Sénat -lors de l’examen de la proposition de loi sur la fin de vie) que Vincent Lambert « n’était pas en fin de vie » et que « l’expression de (sa) volonté (à refuser l’acharnement thérapeutique) fait l’objet d’interrogations et de débats ». Mme Touraine ne s’est pas, depuis, exprimée sur le sujet.

Pour maigrir, réclamez à votre médecin de vous prescrire des «consultations diététiques» (remboursées par votre mutuelle)

Bonjour

Cette fois c’est bien l’été. L’heure va sonner du dénudé,  de l’ouverture des corsets, de la dictature du profil. Corollaire : les publicités pour maigrir. Elles prennent de nouvelles formes, vampirisent l’existant, font feu de tout bois. Ce sont de vrais flèches.

Parmi elles on reçoit, ce matin, la brochure de celle qui vante la « Méthode Minceur 100% remboursée par les Mutuelles ». Avec des témoignages vantant les vertus d’AXA®, de la GMF® ou de la Maaf®. Du donnant – donnant. Renvoi d’ascenseur, également avec sur les dépliants imprimés sur écran la vieille recette du « Vu à la télé ! ». Aujourd’hui : TF1, France 2, BFM-TV … sans oublier Au féminin.com et Doctissimo.

On ne s’embarrasse pas de style :

« Vous en avez marre de dépenser des centaines d’euros dans des méthodes minceur qui se disent miraculeuses mais qui ne vous font pas perdre un seul gramme ? 
Vous voulez vous débarrasser définitivement de ces kilos superflus sans jamais les voir revenir ! La « Méthode Minceur » de …….®est faite pour vous!

1 Un Coach Diététicien diplômé d’Etat vous suit tout au long de votre programme pour vous mener à la réussite en toute sécurité !  

2 Notre professionnalisme vous permet d’être remboursée en partie ou en totalité par votre Mutuelle de Santé ! Et oui ! Les Mutuelles remboursent en moyenne 100€ par an, ce qui vous donne l’Offre EXPRESS -3 kg, un mois de Coaching Minceur, 100% remboursée ! De quoi mincir avec le sourire, tout en faisant des économies !

Consultations diététiques

Pour savoir si votre mutuelle rembourse ? Rien de plus simple. Par téléphone appelez directement votre conseiller mutuelle et demandez lui simplement le montant du forfait de remboursement des consultations diététiques. Par mail ou par courrier : téléchargez votre devis gratuit et sans engagement et envoyez le à votre mutuelle pour vous faire rembourser

Au cours de votre coaching vous pourrez télécharger votre facture, il vous suffira de la transmettre à votre mutuelle pour vous faire rembourser.»

Et puis, il y a celles qui n’ont pas de mutuelle « prenant en charge les consultations diététiques ». Voire pas de mutuelle du tout. Pas de panique ! « Vous pouvez également demander à votre médecin traitant de vous prescrire sur ordonnance, des consultations diététiques ».

Demain on pourra vous donnera (gratuitement) la liste des médecins qui (à proximité de votre domicile) répondent favorablement à de telles demandes. Il vous suffira de nous la demander. Vous êtes géolocalisées.

A demain

GPA : «Qui est donc le papa ? Nous attendons le verdict de la génétique, monsieur le juge»

Bonjour

Les hauts magistrats ne voient la vie que via la loi. Et quand elle n’existe pas ils l’inventent. Cela s’appelle la jurisprudence.

Quand on ne sait plus comment régler les litiges on s’aventure vers les plus hautes des juridictions. Entendre le Conseil d’Etat et la Cour de Cassation. On a récemment vu le premier trancher entre la vie et la mort (affaire Vincent Lambert). On va voir la seconde dire ce qu’il en est des conséquences, en France, des maternités étrangères qui n’en sont pas véritablement (des gestations pour autrui). Le rendez-vous vient d’être pris : la Cour de cassation a mis sa décision en délibéré au 3  juillet.

BFM-TV

L’affaire Vincent Lambert est une tragédie véritable et les hauts magistrats du Conseil d’Etat l’avaient bien mesuré qui avaient su mettre en scène leur sujet devant BFM-TV. La Cour de Cassation voisine saura-t-elle faire de même ? Nous sommes là dans des premières inversées. Le jugement du Conseil d’Etat (l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation de Vincent Lambert) avait été validé par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Ici la Cour de cassation est amenée après la condamnation de la France par la CEDH. C’était il y a un an : le 26  juin  2014. Ce n’est pas, cette fois une question de vie ou de mort. C’est une question des suites administratives à donner après des naissances résultant de pratiques et de contrats solennellement interdits en France – au nom des droits de l’homme.

Jusqu’à présent, donc, les personnes ayant eu recours à une GPA à l’étranger n’obtenaient pas devant la Cour la de cassation transcription à l’état civil français de l’acte de naissance de l’enfant né de la mère porteuse. La Cour jugeait en logique : la GPA étant interdite en France (interdiction explicitement confirmée par la loi bioéthique de 1994) la transcription d’un tel acte, pourtant prévue par le code civil, était « l’aboutissement d’un processus frauduleux qui ne pouvait produire aucun effet ». L’enfant, pour autant, n’est pas apatride : sont état civil est établi à l’étranger, dans le pays où il est né. Et il pourra, s’il le souhaite, obtenir la nationalité française à sa majorité.

La Croix

Le paysage était clair jusqu’à une circulaire devenue célèbre : celle datée du 25  janvier  2013 dite « circulaire Taubira » dans laquelle le ministère de la justice invite les procureurs à délivrer un certificat de nationalité française à des enfants nés de GPA. Du moins « dès lors que le lien de filiation avec un Français résultait d’un acte d’état civil étranger probant ». Première entaille. Puis la seconde, venue de la CEDH. Dans  deux arrêts du 26  juin  2014, elle a estimé que l’absence d’inscription à l’état civil français d’enfants nés de GPA à l’étranger  « portait une atteinte excessive à l’intérêt supérieur de l’enfant et à son droit à la protection de sa vie privée dont l’identité est l’un des éléments ». Condamnation de la France. Et déclarations au canon du Premier ministre qui assure, dans La Croix, que la GPA demeurera à jamais dans l’Hexagone. Manuel Valls :

«  Il faut rappeler la responsabilité de tous les États dans la lutte contre la commercialisation des êtres humains. La France entend promouvoir une initiative internationale qui pourrait aboutir, par exemple, à ce que les pays qui autorisent la GPA n’accordent pas le bénéfice de ce mode de procréation aux ressortissants des pays qui l’interdisent. À la demande du président de la République, Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères, prendra dans les semaines qui viennent des initiatives pour trouver le cadre approprié. C’est une action de long terme. »

Hier 19 juin 2015 c’était au tour de la Cour de cassation d’entrer en scène… On oublie les engagements du Premier ministre français… On réduit la focale…. On explique que la France « va devoir dessiner une nouvelle jurisprudence…. valable pour l’ensemble du territoire… en cohérence avec les arrêts européens. » Pour simplifier les militants font observer  que le tribunal de grande instance de Nantes a déjà pris le pli. Le 13  mai cette juridiction compétente ordonnait d’inscrire à l’état civil français les actes de naissance de trois enfants nés par GPA à l’étranger en Ukraine, en Inde et aux Etats-Unis… Mais le parquet a fait appel…

Le Monde

Au-delà de tout cela l’affaire est d’importance : le droit français est-il ou pas le cheval de Troie qui permettra la reconnaissance de facto des aux mères porteuses, interdites en France ? « En réalité, le débat est plus complexe et, vendredi, il a opposé le procureur général de la Cour de cassation, Jean-Claude Marin, aux avocats des parents et à celui du défenseur des droits. Leur interprétation des arrêts de la CEDH diverge considérablement, résume Le Monde (Julia Pascual). Dans une position qu’il avait déjà fait connaître, le procureur général a préconisé vendredi une « reconnaissance partielle de filiation« . Il envisage ainsi que seul le père biologique, à condition de procéder à un test ADN, figure à l’acte de naissance français. Mais alors quid de l’autre parent reconnu et inscrit au registre civil étranger ?

Dès lors, dans le cas d’un couple hétérosexuel, la mère d’intention ou commanditaire ne figurerait pas sur le livret de famille. M.  Marin reconnaît une  » situation boiteuse, potentiellement préjudiciable à l’enfant « , mais évacue au motif que la reconnaissance d’une filiation à l’égard d’un parent d’intention – qu’il soit homme ou femme – serait une entorse  » au principe de l’indisponibilité du corps humain « . Et pour M. Marin,  » la retranscription automatique de l’acte de naissance étranger sur l’acte civil français reviendrait à une reconnaissance automatique de la gestation pour autrui « . »

Test de Paternité

Et c’est ainsi que l’on retrouve cette opposition cocasse : le principe quasi-sacré de « l’indisponibilité du corps humain » face à « l’intérêt de l’enfant ». Cela donne matière à toutes les métaphores. Me Caroline Mécary, (militante et conseil de nombreux parents ayant eu recours à une GPA à l’étranger) a usé de celle, assez désuète, de « l’usine à gaz ». La soumission à un test génétique du père (supposé) ? « Cela obligerait les gens à apporter une preuve alors que c’est à rebours de notre droit de la filiation qui n’a rien à voir avec la biologie » plaide Me Mécary.

On entend la plaidoirie. Mais que reste-t-il aux juges si on les prive de cette certitude absolue, de cette garantie moderne, de cette transparence filiale enfin affichée : le « test de paternité » ?

A demain

Ebola ou pas : il ne faut pas désespérer à Boulogne-Billancourt

Bonjour

Cela s’est produit et cela se reproduira. A cause des médias. Lundi 6 octobre des parents ont refusé de déposer leurs enfants dans une école de Boulogne-Billancourt (ex-Renault). A cause des frayeurs générées par Ebola. Ces parents redoutaient la présence, dans l’école,  d’un élève récemment rentré de Guinée.  Il s’agit de l’école publique (286 élèves) « Ancienne Mairie ». La mairie nouvelle a confirmé l’information qu’avait donnée Le Parisien. Les parents accusent notamment l’Éducation nationale de ne pas avoir attendu « la fin de la période d’incubation du virus, de 2 à 21 jours, avant d’autoriser la scolarisation de l’enfant ».

Prises de température

La mairie de Boulogne-Billancourt rappelle que « toutes les mesures préconisées par les autorités sanitaires ont été mises en œuvre ». Entendre : la température de l’enfant (ainsi que celle du reste de la fratrie) est prise tous les jours par une infirmière municipale. Résultat : aucun des enfants concernés n’a de fièvre à ce jour.

Comme à l’accoutumée Marisol Touraine, ministre de la Santé s’est exprimée sur BFM TV : « Ebola est un virus dangereux, mais qui ne se transmet pas dans n’importe quelles conditions ». Elle a redit que tout était en place en France pour identifier, diagnostiquer, prendre en charge et soigner les cas d’Ebola. Et même « avec des traitements expérimentaux ».

Investigations familiales

Quant aux inquiétudes de Boulogne-Billancourt, la ministre  a souligné que « des investigations » pouvaient être entreprises par le corps médical auprès de la famille concernée. Des investigations ? Quelles investigations ?  Une inspectrice de l’Éducation nationale devait recevoir dans la soirée du 6 ocobre des représentants des parents d’élèves de l’école « Ancienne Mairie » – en présence de deux médecins.

Le même jour François Hollande, président de la République, déclarait depuis le Palais de l’Elysée : « Nous sommes en situation de pouvoir soigner si des cas se produisaient en France ». François Hollande était alors aux côtés de Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine. Ne pas désespérer.

A demain