Bioéthique : GPA belges, gestantes professionnelles néo-zélandaises, gamètes artificielles

Bonjour

L’avenir se dessine sous nos yeux. Dans Le Figaro (accès payant) Stéphane Kovacs nous apprend que la Belgique pourrait  bientôt ouvrir des «centres de maternité de substitution». À Bruxelles, le Sénat vient d’entamer une réflexion sur l’encadrement de la grossesse pour autrui (GPA). Trois propositions de loi ont été déposées ces derniers mois sur le sujet. «Nous venons de commencer les auditions d’experts, précise Christine Defreigne, présidente du Sénat belge. On abordera les aspects philosophiques, médicaux, juridiques. Quant au problème éthique, il est très sensible.

En Belgique, aucune législation n’encadre la GPA : si la loi belge ne l’autorise pas, elle ne l’interdit pas non plus.  Seul quatre hôpitaux pratiquent la GPA en Belgique. Christine Defreigne, présidente du Sénat belge et membre du Mouvement réformateur (centre droit), explique : « Cela ne représente qu’une vingtaine de naissances par an, mais il y a aussi des couples qui vont aux États-Unis ou en Ukraine… Et beaucoup de vides juridiques. Que faire, par exemple, si quelqu’un change d’avis au cours de la grossesse ? Ce serait utile de donner un cadre légal à tout cela ».

Substitution

L’une des  propositions de loi a été déposée par deux députés socialistes, Karin Jiroflée et Maya Detiège. Le texte s’intéresse à l’organisation des « centres de maternité de substitution ». Il permettrait l’accès à la GPA à tous les couples. Il distingue « la maternité de substitution de haute technologie », qui consiste en l’implantation chez la mère porteuse d’un embryon dont les gamètes proviennent des parents demandeurs, et « la maternité de basse technologie », où la mère porteuse est inséminée artificiellement avec le sperme du père demandeur. Les deux autres propositions visent à pénaliser la maternité de substitution à finalité commerciale.

Le complément belge est néaozélandais. On le trouve publié dans la revue Bioethics, Surrogate Motherhood and Abortion for Fetal Abnormality. Il est repris par le site genethique.org (BioEdge, Michael Cook). Deux professeurs de philosophie à l’Université de Waikato (Nouvelle Zélande) suggèrent de professionnaliser le « métier » de mère porteuse.Les nombreuses et potentielles complications d’ordre moral, légal et émotionnel, liées à une gestation pour autrui requièrent un changement dans le dispositif actuel. Ruth Walker et Liezl van Zyl proposent ainsi que les mères porteuses soient reconnues comme des professionnelles, au même titre que les infirmières. Elles seraient intégrées dans le système de santé et travailleraient en collaboration avec les services de l’Etat.

Sexe

Pour couronner le tout on se précipitera sur Slate.fr (Jean-Laurent Cassely) : « Des chercheurs de l’université de Cambridge ont montré pour la première fois qu’il était possible d’obtenir des cellules d’ovocytes et de sperme en utilisant des cellules de peau de deux adultes de même sexe, affirme le site de l’institution. Une telle découverte pourrait permettre de faire un bébé à partir d’un échantillon de cellules de peau pour des couples infertiles en raison d’une maladie, mais également d’ouvrir la possibilité de la procréation pour les couples homosexuels sans recours à un don de sperme ou d’ovocyte, précise la chaîne israélienne i24 News. » Il faut lire la suite…

Dessin

Jean-Laurent Cassely nous dit notamment que selon le responsable de l’équipe israélienne, Jacob Hanna, la technique qui consiste à pallier l’infertilité des couples en utilisant cette culture cellulaire pourrait être appliquée d’ici seulement deux ans. Cette découverte pose d’évidentes questions éthiques, remarque par ailleurs le chercheur, tout en espérant qu’elle permettra à ceux qui sont devenus infertiles d’avoir des enfants.

Des cellules sexuelles à volonté. La stérilité vaincue. Contrôle absolu des naissances et de leur qualité via la génétique. Des porteuses professionnelles. L’avenir se dessine sous nos yeux. La seule question est de connaître, sinon le dessein, du moins la vitesse du dessin.

A demain