Zika : le spectre des embryofoetopathies s’élargit. Un nouveau-né meurt aux Etats-Unis

 

Bonjour

Parle-t-on beaucoup de Zika aux J.O. de Rio ? Elle inquiète de plus en plus les responsables de la santé publique, au Brésil et plus généralement dans les Amériques. Au Texas un nouveau-né vient de mourir des suites d’une malformation congénitale due à ce virus. Sa mère avait été infectée lors d’un voyage en Amérique latine.

« Le bébé est mort peu après sa naissance, c’est le premier décès lié au Zika au Texas , indique un communiqué des autorités sanitaires de l’Etat.  De récents tests ont confirmé le lien avec le virus Zika. La mère et l’enfant sont classés comme des patients infectés durant un voyage et il n’y a pas de risque accru au Texas. »

Le Texas a enregistré 97 cas de Zika, dont deux d’enfants atteints de microcéphalie.Tous les cas sont « liés à des voyages à l’étranger dans des zones où la transmission du virus est active », notent encore les autorités sanitaires. En juin, un homme âgé était mort du Zika dans l’Utah – c’était alors le premier décès lié au virus aux Etats-Unis. « Un porte-parole des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a expliqué être au courant du décès du bébé au Texas, mais sans apporter de précision » précise l’AFP.

Le travail du Dr Vanessa van der Linden

Les CDC ont enregistré quinze naissances dans d’enfants atteints d’embryofoetopathies liées au Zika – et six avortements spontanés. Les États-Unis ont d’autre part enregistré 21 cas de transmission autochtone du virus, tous dans un même quartier de Miami, en Floride. Voir, sur ce sujet, dans The New York Times : “Patch of Miami Is Ground Zero for the Zika Virus”.

C’est dans ce contexte que des chercheurs et des médecins brésiliens travaillant à Recife, l’un des épicentres de l’épidémie publient une série d’informations potentiellement inquiétantes. Dirigée par le Dr Vanessa van der Linden ( Barão de Lucena Hospital, Recife, Brazil) cette équipe décrit de nouveaux types d’embryofoetopathies associées au Zika sur le site de BMJ Open : “Congenital Zika syndrome with arthrogryposis: retrospective case series study”. Les auteurs ont identifié sept cas d’ arthrogrypose  (raideurs articulaires présentes dès la naissance et touchant, de façon variable, les quatre membres ; peut exister un faciès particulier ainsi que des anomalies cutanées ; possibles signes squelettiques, viscéraux ou neurologiques). Voir ici le site français correspondant à cette entité.

Des dizaines de milliers de bébés

L’équipe du Dr Linden postule que c’est l’infection virale des zones cérébrales (également lésées) qui est à l’origine de cette symptomatologie. L’imagerie cérébrale plaide en faveur de cette hypothèse. Les étiologies virales différentielles ont été éliminées. Le Dr Vanessa van der Linden (une pionnière dans la lutte contre Zika – voir The Wall Street Journal) précise que depuis la rédaction de sa publication elle a vu quatorze autres bébés présentant des tableaux similaires.

Interrogé par la BBC (Zika linked to baby joint deformities”) le Pr Jimmy Whitworth (London School of Hygiene and Tropical Medicine) estime que le lien de causalité, sans être formellement établi, ne fait guère de doute.  « La microcéphalie est le signe le plus évident de l’infection congénitale avec Zika, mais il devient clair que ce n’est qu’une partie de l’ensemble du spectre des dommages qui peuvent être causés par le virus, explique-t-il. Des études suggèrent l’épidémie actuelle pourrait se poursuivre pendant trois ou quatre ans. Nous pensons qu’il y aura des dizaines de milliers de bébés qui pourraient être touchés par Zika. Répondre à leurs besoins physiques et psychosociaux sera le véritable défi. »

On parlera de Zika bien après la fin des J.O. de Rio.

A demain

Paquet neutre : Libération remonte quelques bretelles australiennes pour Marisol Touraine

Bonjour

Le bon grain et l’ivraie. Séparer la communication de l’information. C’est presque un métier. Dans sa rubrique « Desintox » Libération revient (Juliette Deborde) sur les récentes déclarations approximatives de Marisol Touraine sur RTL (« Prélèvement automatique des organes : le rétropédalage éthique de Marisol Touraine (RTL) »). Vantant les mérites d’une loi qui ne porte pas encore son nom la ministre de la Santé y faisait, une nouvelle fois, l’éloge du « paquet neutre » de cigarettes – un éloge fondé sur le modèle australien.

Pour la ministre de la Santé les choses sont translucides : le paquet neutre a fait ses preuves en Australie. «En Australie, c’est la référence que nous avons, il y a eu la première année [qui a suivi l’introduction du paquet neutre] une baisse du nombre de fumeurs de 3% à 4% » a-t-elle affirmé sur RTL.

Désintoxication de Libération :

« Mise en place du paquet neutre = diminution de la consommation de tabac ? Le lien de cause à effet n’est pas aussi évident que Marisol Touraine le laisse entendre.  Son ministère renvoie à un document officiel australien, mais s’est visiblement emmêlé les pinceaux dans la traduction. Pour sa défense, le contresens apparaît noir sur blanc dans un document produit par les associations antitabac, qui affirme en page 2 que «la consommation de tabac a diminué de 3,4% entre 2012 et 2013». L’étude gouvernementale australienne parle pourtant de «tobacco clearances». Ce n’est donc pas la consommation de tabac qui a diminué de 3,4% entre 2012 et 2013, mais les recettes fiscales du Trésor australien : les taxes sur le tabac ont moins rapporté l’année qui a suivi l’introduction du paquet neutre, signe de la baisse de la consommation. »

De fait, toujours selon le bilan du ministère de la Santé australien, le nombre de fumeurs quotidiens a effectivement baissé, passant de 15,1% en 2010 à 12,8% en 2013 chez les plus de 14 ans, et de 15,9% à 13,3% chez les plus de 18 ans. Mais difficile de savoir si cette baisse sur trois ans est uniquement imputable aux paquets neutres, entrés en vigueur fin 2012. Il y a une autre explication possible : le prix des cigarettes, qui a explosé ces dernières années en Australie. La taxe sur le tabac a bondi de 25% en 2010. Depuis 2013 (et a priori jusqu’en 2016), le prix du paquet augmente chaque année de 12,5%. Aujourd’hui, acheter un paquet de cigarettes en Australie coûte 20 dollars, soit près de 15 euros. »

Bercy, coupable et muet

Or Marisol Touraine s’est bien gardée de parler ce cet aspect, essentiel, de la question. Seule une politique volontariste, constante et conséquente d’augmentation des prix permet de réduire effectivement et durablement la consommation de tabac. Augmentation des prix en France, où les députés ont récemment capitulé ? Sur RTL la ministre de la Santé, plus que gênée, s’est contentée de dire que ce n’était pas prévu. Quant à Bercy, comme toujours, il est coupable et muet.

Le « paquet neutre » a-t-il un impact sur le comportement des fumeurs ? Libération aurait presque tendance à le croire. Il cite deux études respectivement parues en 2013 dans le British Medical Journal et en 2014 dans la revue Tobacco Control. Conclusions : sans pour autant bouleverser les habitudes d’achat et de consommation, les fumeurs prendraient moins de plaisir à fumer une cigarette issue d’un paquet sans logo. Le paquet neutre, s’il laisse les gros fumeurs sceptiques, serait davantage plébiscité par les fumeurs occasionnels et par ceux qui envisageraient d’arrêter.

Sevrage complété

Libération aurait plus compléter son sevrage  avec  une publication  du BMJ Open – étude australienne est disponible en intégralité ici  et dont nous avions parlé le 1er septembre dernier (« Tabagisme : très gros flop du paquet neutre en Australie. Que va faire Paris ? »).

Les chercheurs australiens avaient beau chercher, ils ne trouvaient aucune véritable preuve laissant penser que l’introduction de paquets « neutres » modifiait le comportement des fumeurs quant à leurs habitudes d’achat et de consommation. C’est là une information qui ne surprendra guère les fumeurs, ils savent ce qu’il en est de la puissance de leur addiction. Les auteurs de la publication avaient  interrogé 2.000 fumeurs avant et après les lois sont entrées en vigueur en décembre 2012. Depuis cette date, en Australie, tous les produits du tabac doivent être vendus dans un emballage brun foncé uniforme associé à de grandes mises en garde sanitaires graphiques. Disparitions des logos de l’industrie du tabac, des images de marque, des couleurs accrocheuses ou des textes promotionnel sur l’emballage. Les noms de marques ne sont plus imprimés qu’en petits caractères.

Effacement des images

Or l’exemple des emballages australiens neutralisés n’apparaissait nullement probant, les ventes étant restées quasi stables en 2013. Un constat qui réduisait alors à néant les arguments des géants du tabac qui agitent quant à eux la « menace » du report des achats vers les cigarettes moins chères et une explosion des ventes de cigarettes de contrebande. La dernière publication australienne confortait un constat précédent – un travail  mené par quatre chercheurs du « Centre for Behavioural Research in Cancer » de Melbourne. Ces derniers avaient travaillé par sondages répétés (2011, 2012, 2013) auprès d’une population de plusieurs centaines de fumeurs majeurs de l’Etat de Victoria.

Il apparaissait que le recours à des marques asiatiques à bas prix n’avait pas augmenté entre 2011 et 2013 (demeurant en dessous des 2%) et que les achats de tabac de contrebande restaient dans la fourchette de 4 à 5%. En 2013 moins de 3% des fumeurs australiens déclaraient avoir acheté au moins un paquet de cigarettes dont l’emballage n’était pas « neutre ». L’industrie du tabac a aussitôt contesté la méthodologie et les limites de cette étude.  Un rapport commandité par British American Tobacco, Imperial Tobacco et Philip Morris mettait ainsi en lumière les risques d’une augmentation des consommations de cigarettes de contrebande – et ses conséquences pour le fisc australien.

Enracinements

Autant d’éléments qui témoignent de la complexité des dynamiques commerciales et addictives du tabac. Autant d’éléments qui témoignent, aussi, des risques que prennent Marisol Touraine et ses proches quand ils veulent publiquement se persuader (et nous faire croire) à l’efficacité de l’effacement des images dans la lutte contre des addictions salement enracinées.

A demain

Tabagisme : très gros flop du « paquet neutre » en Australie. Que va faire Paris ?

Bonjour

Il faut ne rien connaître aux addictions pour imaginer que le flacon importe à ceux qui cherchent l’ivresse. Cela vaut pour le tabac. Une nouvelle information, en provenance d’Australie, vient conforter ce constat. Elle ne devrait pas échapper à celles et ceux qui, chez Marisol Touraine et Emmanuel Macron,  mettent la dernière main au « Plan national de réduction du tabagisme ». Un « Plan » maintes fois retardé et qui (dit-on) devrait finalement être dévoilé entre le 15 et le 19 septembre

 La nouvelle information nous vient d’Australie, le pays le plus farouchement déterminé à éradiquer « la première cause de décès évitable » (expression de Marisol Touraine). Cette information a été immédiatement retenue par la BBC (le Royaume-Uni  est sur le chemin de l’Australie). Il s’agit d’une publication du BMJ Open. L’étude australienne est disponible en intégralité ici.

Aucune preuve

Résumons : les chercheurs australiens ont beau chercher, ils ne trouvent aucune véritable preuve laissant penser que l’introduction de paquets « neutres » (ou génériques) modifie le comportement des fumeurs quant à leurs habitudes d’achat et de consommation. C’est là une information qui ne surprendra guère les fumeurs, ils savent ce qu’il en est de la puissance de leur addiction. Elle  viendra en revanche perturber celles et ceux qui parie sur l’effacement des marques et logos pour réduire la consommation de tabac chez nos concitoyens.

 L’Australie est un formidable terrain d’expérience puisque la loi imposant la neutralité du paquet y est en vigueur depuis 2012. Ils ont interrogé 2.000 fumeurs avant et après les lois sont entrées en vigueur en décembre 2012. Depuis cette date tous les produits du tabac doivent être vendus dans un emballage brun foncé uniforme associé à de grandes mises en garde sanitaires graphiques. Disparitions des logos de l’industrie du tabac, des images de marque, des couleurs accrocheuses ou des textes promotionnel sur l’emballage. Les noms de marques ne sont plus imprimés qu’en petits caractères.

Big Tobacco à la manoeuvre

 Jusqu’à présent l’exemple des emballages australiens n’était guère probant, les ventes étant restées quasi stables en 2013. Un constat qui réduit à néant les arguments des géants du tabac qui agitent la « menace » du report des achats vers les cigarettes moins chères et une explosion des ventes de cigarettes de contrebande. La dernière publication australienne conforte le constat précédent. Ce travail a été mené par quatre chercheurs du « Centre for Behavioural Research in Cancer » de Melbourne. Ils ont travaillé par sondages répétés (2011, 2012, 2013) auprès d’une population de plusieurs centaines de fumeurs majeurs de l’Etat de Victoria.

 Il apparaît que le recours à des marques asiatiques à bas prix n’a pas augmenté entre 2011 et 2013 (demeurant en dessous des 2%) et que les achats de tabac de contrebande restent dans la fourchette de 4 à 5%. En 2013 moins de 3% des fumeurs australiens déclarent avoir acheté au moins un paquet de cigarettes dont l’emballage n’était pas « neutre ». L’industrie du tabac a aussitôt contesté la méthodologie et les limites de cette étude.  Un rapport commandité par British American Tobacco, Imperial Tobacco et Philip Morris met ainsi en lumière les risques d’une augmentation des consommations de cigarettes de contrebande – et ses conséquences pour le fisc australien.

« Mesure phare »

La plus grande incertitude demeure en France quant à savoir si le gouvernement imposera ou pas le passage à la neutralité des paquets. A la fin du mois de mai, à la veille de la Journée mondiale sans tabac, Le Figaro croyait savoir que Marisol Touraine, ministre de la Santé souhaitait « passer un nouveau cap » dans la lutte contre le tabagisme avac le « paquet sans logo ». Cette mesure qui prive Big Tobacco  de l’arme du marketing est réclamée depuis des années aux ministres de la santé successifs par les associations de lutte contre le tabac.

Face à l’opposition des buralistes et des industriels du tabac aucun gouvernement n’avait choisi de passer ce cap. Dans un tel contexte on imaginait que le paquet générique pourrait être la « mesure phare » du « Plan national de réduction du tabagisme » annoncé par François Hollande le 4 février dernier.

Contrecarrer l’e-cig

L’exemple australien montre que cette mesure ne permet en rien d’obtenir les effets escomptés. Son efficacité semble du même ordre que celle des images et des avertissements sanitaires (« Fumer tue » etc.) tenus pour faire peur aux fumeurs. Il semble aussi que les résistances et les menaces proférées par Big Tobacco ne doivent pas faire illusion : les craintes des industriels résident moins dans une baisse des ventes que dans la réduction de leurs marges de manœuvre pour, par voie publicitaire, modifier la répartition de leurs parts de marché.

Plus que le paquet neutre c’est bien la cigarette électronique qui est aujourd’hui le principal levier sur lequel peuvent jouer les pouvoirs publics pour réduire la consommation de tabac. Or le gouvernement français développe plus d’énergie pour en contrecarrer l’usage que pour le faciliter. La consommation de tabac est responsable de 73 000 morts prématurées chaque année en France. La proportion des fumeurs y dépasse les 30%. Elle est de moins de 20% en Grande Bretagne et de 15% en Australie. L’Australie qui vise les 10% pour 2018.

A demain

Les blocs (anglais) devraient rester fermés le week-end

Une vaste étude anglaise le démontre: il est plus dangereux de se faire opérer le samedi et le dimanche. Elle établit aussi que le risque de décès trente jours après les interventions chirurgicales augmente progressivement du premier au septième jour de la semaine.

Faudra-t-il attendre que des journalistes spécialisés dans les classements hospitaliers s’emparent du sujet pour savoir de quoi il retourne en France ?

L’Angleterre demeure une île. Et elle aile le faire savoir. Un groupe de chercheurs de l’Imperial College de Londres vient, sous les smogs opératoires, de mettre en lumière un phénomène peu banal: il existerait un lien statistique clair entre les risques des suites chirurgicales et le jour de la semaine. Ce risque augmenterait dès le mardi et culminerait le week-end.  On trouvera ici (en anglais et en intégralité) cette étude publiée dans le BMJ Open. Elle a été dirigée par le Dr Paul Aylin, épidémiologiste  et A. Bottle spécialiste de statistiques médicales

Une étude sur plus de quatre millions d’interventions

De précédentes études avaient certes déjà suggéré l’existence d’un «effet week-end»: une augmentation significative des risques postopératoires en cas d’urgence et le week-end. Différentes pistes avaient alors été avancées pour tenter d’expliquer ce phénomène (diminution du niveau de la qualité des soins en fin de semaine, réduction du personnel, moindre expérience du personnel présent, etc.).

Les auteurs ont ici analysé les données nationales hospitalières anglaises contenues dans les dossiers de 4133346 interventions chirurgicales et 27582 décès intervenus dans les trente jours suivant l’intervention. L’étude a porté sur une période allant de 2008/09 à 2010/11. Sur cette masse de données il est apparu que 4,5% des interventions avaient été effectuées durant le week-end. Tous les biais statistiques (âge des patients, sexe, cause de l’hospitalisation, diagnostic) ont été pris en compte. Les chercheurs britanniques ont plus particulièrement centré leurs travaux sur cinq types d’interventions lourdes concernant l’œsophage et/ou l’estomac, l’ablation de lésions cancéreuses colorectales, le pontage coronarien, l’anévrisme de l’aorte abdominale et le poumon.

De 44% le vendredi à 82% les deux jours suivants

Il apparaît au final que le risque global de décès à trente jours augmente de manière statistique avec les jours de la semaine. Le risque de décès est plus élevé le vendredi que le lundi, et passe de 44% le vendredi à 82% le week-end. Pour toutes ces interventions (à l’exception de celles sut l’anévrisme) l’«effet week-end» existe: la mortalité à un mois (mais aussi dans les premières quarante-huit heures) est plus élevée pour les interventions pratiquées en fin de semaine et le week-end par rapport au lundi. Et cet effet semble plus élevé encore pour les patients atteints de plusieurs pathologies ou ceux ayant déjà été hospitalisés à plus de trois reprises dans le passé.

Dieu merci, nous ne sommes pas vendredi!

Dans un résumé vidéo (incluse dans le lien en note 1), le Dr Paul Aylin résume les conclusions du papier. Selon lui, les résultats suggèrent à l’évidence une moindre qualité des soins en fin de semaine. Il ajoute toutefois qu’il s’agit là d’une étude observationnelle et qu’il «est difficile de tirer de manière absolue ce genre de conclusions à partir de données recueillies comme il a été fait, en routine.» D’autres études vont dans le même sens. Ainsi les données sont là mais le mystère demeure et il faudrait continuer à travailler pour le percer.

Dans un éditorial accompagnant cette publication, des médecins de l’Hôpital Mount Sinai de Toronto s’interrogent (on peut lire leur texte en anglais ici). Ils se demandent notamment si les caractéristiques des patients sont différentes ou si les différences portent sur les chirurgiens et les équipes chirurgicales. Est-ce parce que le week-end les efforts sont concentrés sur les interventions d’extrême-urgence? Or il n’y a pas de réponses claires. En toute hypothèse, tous ceux qui prennent connaissance de cette étude (chirurgiens, médecins, soignants et peut-être plus encore patients) aimeraient en savoir plus.

Magazines de fin de semaine

Et on en vient à se demander pourquoi des études approfondies ne sont pas menées sur l’«effet week-end» dans des pays moins pragmatiques que l’Angleterre. En France tout particulièrement. On tremble à l’idée que les spécialistes des classements hospitaliers des magazines de fin de semaine s’emparent d’un tel sujet.

Les auteurs de l’éditorial estiment qu’il faudra sérieusement s’interroger, en milieu hospitalier, sur la portée de l’adage qui fait dire aux travailleurs poussant la porte de leur pub  «Dieu merci, c’est vendredi!».

Ce billet a initialement été publié sur le site suisse http://www.planetesante.ch