Tabagisme : va-t-on inscrire dans la Constitution le droit de pouvoir fumer à l’air libre ?

Bonjour

Régal des informations matinales. Aujourd’hui, 25 juin 2018 le conseil municipal de Strasbourg votera la généralisation de l’interdiction de fumer du tabac dans l’ensemble des parcs de la ville. Rien n’est dit quant à la cigarette électronique. L’interdiction pourrait ensuite être étendue aux « autres espaces verts puis aux forêts ».  D’abord limitée aux aires de jeux – puis testée depuis février 2014 dans trois parcs cette mesure fera de Strasbourg la première ville de France  à généraliser les « parcs sans tabac ». À la suite des premières expérimentations, une enquête avait établi que 71 % des non-fumeurs (mais aussi ….  57 % des fumeurs) étaient favorables à l’interdiction de fumer dans l’ensemble des parcs de de la ville.

Dans un premier temps la ville privilégiera « l’accompagnement » des contrevenants. Puis, à partir de janvier 2019,  l’amende prévue (68 euros) pourra commencer à être appliquée. Des cendriers seront installés aux entrées et les cigarettes ne pourront être consommées qu’à ces endroits. « Il n’est pas question d’empêcher ceux qui n’ont pas encore voulu ou réussi à être sevrés de ne plus pouvoir fumer sur l’espace public » a expliqué à 20 Minutes le Dr Alexandre Felz,  adjoint au maire en charge de la santé.

La municipalité strasbourgeoise prévoit aussi d’engager des « médiateurs santé » qui partiront à la rencontre des fumeurs dans les parcs et espaces concernés, et aborderont avec eux la question du tabac sur le modèle des « interventions brèves » effectués par les médecins. Ces « médiateurs santé » pourraient, dit-on, être recrutés parmi les étudiants en médecine effectuant leur « service national universel ».

L’objectif affiché est triple : aider les fumeurs à ne plus fumer, protéger les enfants et leurs parents fréquentant les parcs mais aussi améliorer la qualité de l’environnement. « Les filtres de cigarettes jetés dans la nature mettent 12 ans à se décomposer et un seul mégot avec ses composants chimiques peut polluer jusqu’ à 500 litres d’eau potable » a précisé à 20 Minutes Christel Kohler, adjointe au maire « en charge de ville en nature et ville nourricière ».

Révision de la Constitution

Tout cela ne va pas sans susciter quelques réactions à l’échelon national. Le site des buralistes rappelle ainsi que « les espaces verts sont, par définition, des lieux largement ouverts au public et à l’air libre » (sic). Et de poursuivre :

 « Que l’on prenne des dispositions pour assurer leur propreté est une chose. Et en l’espèce, il est normal que toutes les mesures soient prises pour y opérer correctement la collecte de mégots, au même titre que celle des emballages et déchets alimentaires par exemple. Tout comme il est souhaitable de sanctionner de façon significative les contrevenants. Mais interdire de fumer à l’air libre dans tous les parcs, sans laisser la moindre autorisation de le faire dans certains parcs – ou, à tout le moins, dans des zones délimitées à l’intérieur des parcs – en est une autre. Fumer de façon responsable, sans importuner, dans un parc, ce n’est pas « agresser les enfants et leurs parents. » C’est le droit légal de fumer qui est remis en cause. Le droit de fumer d’une façon responsable en prend un coup. »

 Et le site de se demander qui pourrait empêcher une municipalité de prendre un arrêté d’interdiction de fumer, en plein air, sur tout un quartier ou dans certaines rues ? Sans parler des terrasses … « On regrettera qu’à Strasbourg, ou ailleurs, il n’existe pas association de défense des droits des fumeurs, conclut lemondedutabac.com. Non pour assurer la moindre promotion du tabac, première cause évitable et identifiée de mortalité prématurée. Mais pour faire respecter les droits du fumeur adulte, responsable, le faisant – à l’air libre – en connaissance de cause et après s’être procuré légalement des produits autorisés par la loi. »

Où l’on pressent l’émergence de la question de fond : faut-il inscrire les droits du fumeur adulte et responsable dans la prochaine et imminente révision de la Constitution ?

À demain

Infirmière poignardée avant de prodiguer des soins, soutien de la ministre de la Santé

 

Bonjour

S’habituer ? Le 4 avril une infirmière libérale a été poignardée, à trois reprises, par un homme à qui elle allait prodiguer des soins. C’était en Alsace, à Buhl, non loin de Wissembourg. La femme est grièvement blessée. Des précisions sont apportées par les Dernières Nouvelles d’Alsace :

« Les faits se sont déroulés au rez-de-chaussée de ce bâtiment situé entre les églises protestante et catholique de Buhl. L’infirmière s’est présentée un peu avant 8h au domicile de son patient, au 68 B rue des Seigneurs à Buhl, un petit village du canton de Wissembourg, pour lui donner son traitement médicamenteux. L’homme attendait derrière la porte un couteau à la main. Dès qu’il a ouvert, il s’est jeté sur l’infirmière et l’a poignardée à trois reprises à la poitrine et à l’épaule. L’agresseur présumé s’est ensuite retranché dans son logement. »

La victime, âgée d’une cinquantaine d’années, a été prise en charge par les sapeurs-pompiers. Elle a été évacuée dans un état grave par l’hélicoptère de la sécurité civile du Bas-Rhin Dragon 67 vers le CHU de Strasbourg-Hautepierre. Les DNA ajoutent que l’auteur présumé des faits a été interpellé peu après par les gendarmes de la compagnie de Wissembourg.

Tentative de meurtre

« Les militaires du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie ont dû faire usage de leur pistolet à impulsion électrique pour maîtriser l’individu. L’un des gendarmes a été blessé à la main par un éclat de verre au cours de l’intervention. Le suspect de 57 ans, qui souffrirait de schizophrénie, a été placé en garde à vue pour tentative de meurtre aggravé. Le parquet de Strasbourg a ordonné qu’il soit examiné par un psychiatre, lequel a considéré que son état était incompatible avec la garde à vue. Le quinquagénaire a été hospitalisé en psychiatrie. »

Dans la soirée du 5 avril Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a fait publier un communiqué. Elle dit « tenir à lui témoigner tout son soutien » et « lui souhaiter un rétablissement rapide ».

La ministre dit aussi « condamner ces faits d’une rare violence » et « tenir à saluer le travail exemplaire accompli chaque jour par les infirmiers au service de leurs patients, dans des conditions parfois difficiles ».

S’habituer ?

A demain

«Toucher vaginal» ou «recherche de plaisir» ? A Strasbourg et Arras deux gynécologues sont mis en examen pour viol

Bonjour

Un gynécologue strasbourgeois vient d’être mis en examen pour le viol d’une de ses patientes. Cette dernière l’accuse d’avoir effectué un toucher vaginal qu’elle qualifie d’ « inapproprié ». Révélées par les Dernières nouvelles d’Alsace (sur abonnement) les informations ont été confirmées à l’AFP par l’avocat  du médecin, Me Yannick Pheulpin

Le gynécologue exerce sa spécialité depuis une trentaine d’années. Il conteste « farouchement » tout geste déplacé. Pour lui, « il ne s’est agi que de gestes médicaux, qui n’avaient aucune connotation sexuelle au sens où la loi pénale l’entend. Ce qui s’est passé était totalement étranger à toute notion de recherche de plaisir », prend soin de préciser Me  Pheulpin. A l’issue de sa garde-à-vue, l’homme a été placé mercredi 4 novembre sous contrôle judiciaire avec interdiction de poursuivre ses consultations à son cabinet. Il peut en revanche continuer à pratiquer des interventions chirurgicales à l’hôpital, a ajouté l’avocat.

Sept ans après les faits

Le dossier semble a priori assez compliqué. Les faits dénoncés datent du mois d’octobre 2013. La jeune patiente, alors étudiante, n’a porté plainte qu’en juillet 2014. « Dans sa plainte initiale, elle évoquait un toucher rectal, mais devant la police en novembre 2014 elle parlait d’un toucher vaginal », prend soin de souligner  Me  Pheulpin.

Les enquêteurs ont  aussi trouvé trace d’une autre patiente qui avait dénoncé en 2008 le comportement du même gynécologue auprès du conseil de l’Ordre. Il s’agissait là aussi d’un toucher vaginal « inapproprié ». La femme n’avait pas déposé plainte à l’époque des faits. Entendue récemment comme témoin elle a indiqué aux enquêteurs qu’elle ne souhaitait pas plus le faire aujourd’hui, sept ans après les faits.

«Violence inouïe » 

« Le mettre en examen et lui interdire d’exercer, je trouve ça d’une violence inouïe au regard du contenu de ce dossier, commente l’avocat du médecin. Il n’y avait pas d’indices graves ou concordants justifiant  de telles mesures. »

Coïncidence, ce dossier présente quelques  similitudes avec celui d’un gynécologue d’Arras qui vient lui aussi d’être mis en examen pour viol, et qui lui aussi nie radicalement les accusations dont il fait l’objet comme le raconte La Voix du Nord :

« Ce médecin avait déjà fait l’objet d’une enquête en 2009, mais l’affaire avait été classée à l’époque. Une seule plainte avait en effet été déposée. C’était la parole d’une patiente contre la sienne, celle d’un professionnel très respecté dans le milieu de la gynécologie. Mais cette fois, c’est une trentaine de patientes, dont vingt ont déjà déposé plainte, qui se disent victimes de viols ou d’agressions sexuelles.

Actes anormalement long

«  L’affaire a débuté en juillet 2014 quand une patiente a porté plainte contre le gynécologue à la brigade de gendarmerie de Vitry-en-Artois. Selon elle, le gynécologue arrageois aurait eu des gestes très éloignés d’actes médicaux. Une enquête est ouverte et la brigade des recherches d’Arras est saisie du dossier. Les gendarmes explorent alors la liste des patientes à qui ils envoient un questionnaire par mail. Les retours sont nombreux. « Pour certaines c’était des premiers examens, elles ne savaient pas trop comment ça fonctionnait, c’est en discutant ensuite avec des amies qu’elles ont cogité sur la manière de faire, indique une source proche du dossier. Mais d’autres patientes disaient beaucoup de bien de lui, ne faisaient que des éloges, voire admettaient avoir pris du plaisir involontaire ».

« Au parquet d’Arras, on évoque « des actes anormalement longs sur des zones érogènes, parfois pendant quarante-cinq minutes » et une « accumulation de propos identiques tenus par les patientes qui décrivent des pratiques identiques ».  À l’issue de plusieurs mois d’enquête, le gynécologue, qui exerce square Saint-Jean, a été convoqué à la brigade des recherches mardi, puis placé en garde à vue. Il a finalement été déféré au parquet mercredi matin puis mis en examen par un juge d’instruction béthunois pour « viols par personne abusant de l’autorité conférée par ses fonctions » et « agressions sexuelles aggravées ».

Examens sans gants

« Des accusations que l’intéressé, défendu par Me Franck Berton, ténor du barreau de Lille, rejette en bloc, affirmant que les plaignantes ont mal interprété les actes médicaux. « Il trouve des explications cohérentes liées à sa profession, mais il y a des choses qu’il a du mal à justifier comme des examens sans gants », poursuit cette source. Il a finalement été laissé libre, mais placé sous contrôle judiciaire. Il a notamment interdiction d’exercer la gynécologie, mais pourra poursuivre ses activités liées à la procréation médicalement assistée et à l’endocrinologie. »

A demain