Viol à l’hôpital américain de Neuilly : une malade accuse un infirmier de nuit déjà condamné

 

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« Ce fut longtemps l’hôpital des stars, raconte Europe 1 en cette fête de l’Ascension. Johnny Hallyday, Alain Delon, Serge Gainsbourg ou encore Jacques Chirac y ont été soignés. Aujourd’hui, l’hôpital américain de Neuilly se retrouve au cœur d’une affaire de viol sur une patiente par un employé de l’établissement. »

Les faits remontent au mois de février mais ils viennent seulement d’être révélés par Le Parisien. La victime, une femme de 32 ans, aurait été violée durant son séjour par un infirmier, 49 ans déjà condamné pour agression sexuelle. « La patiente, admise depuis trois jours à l’hôpital américain de Neuilly pour de lourds problèmes de santé, a vu dans la soirée du 4 février l’infirmier de garde lui apporter ses médicaments. Puis elle s’est endormie. Ensuite, les souvenirs sont confus, rapporte Le Parisien (Valérie Mahaut). Elle a l’impression de sentir les mains de l’homme sur elle mais, assommée par les médicaments, elle est incapable de réagir. Le lendemain, elle doute et ressent des douleurs mais son médecin lui garantit que le traitement ne provoque pas d’hallucination. C’est alors qu’elle découvre sur son portable ce mystérieux SMS : « désolé ma belle ». »

Direction ignorante 

Cette femme informera l’hôpital à sa sortie, le 8 février, avant de porter plainte, trois jours plus tard. Tout alors va très vite. La police identifie rapidement l’infirmier de garde, un homme de 49 ans – qui nie les faits. Ce dernier a été mis en examen, écroué et licencié par l’hôpital a déclaré la direction de l’établissement à Europe 1.

Affaire bien complexe : embauché en 2004 il avait été condamné en 2012 à « quelques mois de prison avec sursis » et une mise à l’épreuve pour agression sur une personne vulnérable. De ce fait il était, depuis, inscrit au Fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais). Interrogée, la direction du prestigieux hôpital assure qu’elle ignorait le passé judiciaire de son employé.

Arrêté chez lui à Rueil-Malmaison, le suspect nie le viol. Selon son récit, il faut comprendre de son message envoyé à la patiente – « désolé ma belle » – qu’il repousse justement les avances de celle-ci. « Mais il y a des traces de sperme et les échantillons sont en cours d’analyse », confie un proche du dossier.

Mais encore ? « Lorsque l’hôpital a eu connaissance des accusations extrêmement graves portées à l’encontre d’un de ses salariés et de l’enquête de police, il a immédiatement mis à pied à titre conservatoire le salarié mis en cause, puis a procédé à son licenciement », fait savoir, aujourd’hui, le porte-parole de l’hôpital des stars.

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Alcool, faits divers et journalisme : pourquoi parler des ivresses des responsables politiques ?

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« En parler ou pas ? » « Mais tout le monde en parle, comment faire l’impasse ? » Et c’est ainsi que tous, en cette matinée du 5 avril, diffusent amplifient et répercutent une information nocturne d’Europe 1 : un ancien sénateur écologiste a été placé en garde à vue, après avoir été interpellé dans la nuit suite à un « incident dans un bar », à Paris. Par ailleurs ancien membre d’un réent gouvernement, il est soupçonné d’avoir importuné des femmes dans cet établissement, puis d’avoir proféré des insultes racistes à l’encontre d’un videur venu intervenir.

«Lors de son arrestation, il aurait proféré des insultes à caractère raciste à l’encontre des policiers de la BAC», ajoute Europe 1, d’où les faits d’«outrage à agent» retenu contre l’homme politique, dont l’alcoolémie a été mesurée à 1,16 g par litre de sang. Libération note que sur Twitter sa dernière action a été de retweeter le message suivant : «Ça fait 10 jours que je n’ai pas bu d’alcool. Mon teint est plus clair, mes cernes s’estompent, je dors mieux, et je m’emmerde prodigieusement». Un message publié le 1er avril.

Tout le monde en parle – y compris Le Monde à qui une « source policière » a « confirmé les informations d’Europe 1 et de RTL ».  Le Monde qui précise que, selon BFM,  l’homme a été « conduit au poste en raison d’injures raciales, outrage à agent et violences en état d’ivresse ». L’outrage à agent a justifié son placement en garde à vue au commissariat du 5e arrondissement où il a passé la nuit.

« Son alcoolémie a été mesurée à 1,16 g » assure Le Monde. France Inter et Le Point parlent du double – une question de  méthode.

 

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Cigarette électronique : l’Agence France Presse accusée de dissémination  de fausses nouvelles 

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C’est, dans ce domaine, sans précédent connu. Les associations Aiduce et Sovape  viennent de faire savoir qu’elles ont, le 9 février, adressé un courrier circonstancié au président directeur général et à la directrice de l’information de l’Agence France Presse (AFP). Objet : « dissémination d’informations anxiogènes et fausses sur les produits du vapotage et plus généralement sur la nicotine et ses effets sur l’homme ».

« Le 1° février dernier, plusieurs de vos clients ont repris une dépêche AFP faisant état de risques de cancer associés au vapotage et d’une étude de la Faculté de Médecine de l’Université de New York. Cette dépêche a été soit reprise en l’état (Ouest France, Europe 1, RTL, etc.), soit publiée en y apportant des commentaires additionnels (Science et Avenir, France Inter, France TV, etc.) (…) Les conséquences de telles “fake news” reprises en une par les médias sur la base de la confiance qu’ils ont dans l’Agence sont graves aussi bien d’un point de vue sanitaire, que pour la tranquillité d’esprit des vapoteurs, et la réputation de l’AFP » expliquent-elles. Ces deux associations rappellent que dès la veille « des réactions d’experts étaient déjà disponibles » : Réactions sur sciencemediacentre.org. Elles ajoutent :

« De plus une simple lecture du papier avec une compétence scientifique minimale permettait de réaliser plusieurs anomalies dans des affirmations très éloignées des expériences réalisées, la démarche peu documentée et peu représentative, et la généralisation que les auteurs faisaient entre des phénomènes mal définis et une réalité humaine. D’autant plus que les affirmations de l’études allaient explicitement à l’encontre d’un consensus scientifique large confirmé sur plusieurs décennies. 

Triste journée et déni du ministère de la Santé

« Plusieurs journalistes l’ont démontré dans la journée même en publiant des articles correctifs après les contacts usuels avec des spécialistes, dans le même temps des autorités sanitaires et des instituts de recherche, en plus de scientifiques et médecins, publiaient des alertes face à ces titres racoleurs dangereux. Ce fut une triste journée pour la science, pour la presse, et pour la santé publique 1. »

À la suite de cette dépêche, les responsables de ces associations ont été contactés par des vapoteurs leur demandant s’il n’était pas plus prudent, par exemple, de reporter leur tentative de sevrage du tabagisme. D’autres ont été assaillis de questions, d’avertissements, voire de reproches par leurs proches et leurs collègues. C’est dire si les conséquences de la répétition sans précautions d’une information très contestable pourraient vite s’avérer dommageables pour la santé.

Et maintenant ? Aiduce et Sovape attendent de l’AFP une « correction ». Elles se proposent d’informer « les intervenants de l’Agence sur tout ce qui touche au vapotage » pour prévenir autant que faire se peut les poussées récurrentes de « fake science ». Où l’on mesure, une nouvelle fois, les conséquences du déni du ministère de la Santé et des agences sanitaires quant à la e-cigarette. Où l’on voit aussi  que, dans le secteur qui est le leur, ces deux associations « maintiennent une veille sur l’information scientifique, en liaison avec plusieurs experts ». Qui s’en plaindrait ? Que fera l’AFP à la réception de ce courrier ?

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1 « Cigarette électronique et fake news : mieux vaut parfois lire Paris Match que les PNAS » Journalisme et santé publique, 31 janvier 2018

Marlboro® à 8 euros : les fumeurs français peuvent continuer à se préparer à arrêter

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C’est un document de 78 pages signé de Gérald Darmanin et Agnès Buzyn. Il vient d’être publié au Journal Officiel du 4 février. Les deux ministres nous disent tout (ou presque) sur ce que les fumeurs devront débourser à compter du 1er mars. Il faut voir là, nous dit l’Agence France Presse, une nouvelle illustration « de la volonté du gouvernement de faire chuter la consommation de tabac en France ».

Serait-ce si simple ? Comme toujours avec Big Tobacco le pouvoir exécutif ne maîtrise pas totalement la situation. Ainsi les paquets de vingt Marlboro « rouges » et « gold », qui étaient à 7,30 euros seront vendues 8 euros et non 8,30 euros, le géant fabricant « ayant apparemment décidé d’absorber lui-même une partie de la hausse des taxes ». Dans le bas de gamme, en revanche,  les Lucky Strike Red, qui étaient à 6,80 euros, passent à 7,80 euros, de même que les Winfield et Winston rouges. 1

Quel sera l’impact de cette hausse sur la consommation de tabac qui, en France, demeure l’une des plus fortes de toutes celles recensées en Europe ? Le gouvernement ne le dit pas ; pas plus qu’il n’a encore dévoilé les détails du nouveau « Programme national de réduction du tabagisme »2 . Big Tobacco, en revanche, a fait ses comptes.

 Sous le manteau

« Nous estimons que cette hausse de 1 euro en moyenne par paquet contribuera à faire baisser les ventes légales de tabac de 10 à 15 % en 2018 par rapport à 2017 », a ainsi indiqué à l’AFP Eric Sensi-Minautier, directeur des affaires publiques de British American Tobacco (BAT), quatrième sur le marché français des cigarettiers. On observera que cet ancien diplômé de la faculté de droit et de Sciences-Po Aix-en-Provence (et de l’University College de Londres) ne parle que des « ventes légales » de tabac. Et l’on sait par ailleurs que les buralistes français ne cessent de dénoncer la part, croissante selon eux, d’un marché parallèle.

Les volumes de cigarettes vendues sous le manteau (ou achetées à l’étranger) progressent-ils proportionnellement à l’augmentation des prix des cigarettes officielles ? Une forme de mafia a-t-elle pris le relais des buralistes ? Personne ne semble en mesure de répondre à cette question majeure de santé publique. Si tel devait être le cas  la politique actuelle d’augmentation des prix aurait, d’emblée, fait la preuve de ses limites.

E-cigarette et substituts

Pour l’heure, et dans l’attente d’en savoir plus sur le sujet, l’objectif du paquet de vingt à 10 euros en novembre 2020 reste d’actualité. Un objectif à atteindre «  par bonds progressifs et étalés dans le temps ». Il s’agit, selon Agnès Buzyn,  de permettre aux fumeurs « de se préparer » :

« C’est une hausse en trois ans, ce qui était mon souhait. Ça permet aux gens de se préparer et de trouver les moyens d’arrêter de fumer. C’est un calendrier qui permet à chacun de se mettre dans la perspective de l’arrêt. »

On peut désormais espérer que d’ici novembre 2020 la ministre des Solidarités et de la Santé trouvera d’autres leviers pour «  aider les gens à trouver les moyens d’arrêter ». Comme la prise en charge intégrale des substituts nicotiniques et la promotion de la cigarette électronique ; e-cigarette sur laquelle lorgnent désormais ouvertement les buralistes.

A demain
1 Cigarettes : Marlboro Rouge et Gold : 8 euros, Philip Morris Marron : 8 euros, Lucky Strike Red : 7,80 euros, News Rouge : 8 euros, Camel : 8 euros, Gauloises Blondes Rouge et Bleu : 8 euros, Winfield Rouge : 7,80 euros, JPS Black : 7,90 euros, Winston Rouge : 7,80 euros, Chesterfield Rouge : 7,80 euros, L&M Rouge : 7,80 euros.

Tabac à rouler : Fleur du Pays blond en 40 grammes : 14,50 euros, Interval blond en 40 grammes : 14,50 euros, Camel en 30 grammes : 10,40 euros, News tubes en 30 grammes : 10,40 euros, 1637 blond en 30 grammes : 10,50 euros

Cigarillos : Café Crème : 8,60 euros, Néos Classic : 8,20 euros, Méhari’s : 8,80 euros, Clubmaster : 8,20 euros, La Paz : 10,60 euros, Fleur de Savane : 7,90 euros, Panter : 8,40 euros.

2 Interrogé, le cabinet d’Agnès Buzyn nous a indiqué que ce Plan serait détaillé « fin mars ».

 

Cannabis. Le gouvernement a tranché : ce sera un « forfait-amende », pour que rien ne change

 

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Gérard Collomb a parlé et l’affaire cannabis est close. Jeudi 25 janvier le ministre de l’Intérieur a révélé le choix gouvernemental. C’était sur Europe 1. Où l’on apprend que « forfaitisation » ne dit pas « dépénalisation ». Il suffit, pour cela, d’un peu d’imagination. « Nous allons forfaitiser ce délit. Mais ensuite, il peut y avoir des poursuites. Il n’y a donc pas de dépénalisation du cannabis », a ainsi expliqué le ministre de l’Intérieur.

Pour Gérard Collomb, cette nouvelle procédure passe par une « modernisation » des forces de l’ordre. « On veut tout de suite, avec les tablettes modernes qu’on va avoir, demander une somme. C’est surtout quelque chose qui doit se faire avec les nouvelles technologies à la fois avec la police et avec la gendarmerie », a expliqué le ministre. La mise en place concrète ? Elle dépendra de son inscription dans la loi. « Ça prendra place dans un certain nombre de lois que nous allons présenter, et en particulier sur la réforme de la procédure pénale », a précisé M. Collomb.

Pour résumer, une somme forfaitaire récoltée sur les lieux du délit suivie, éventuellement, de « poursuites judiciaires ». Ce qui permettra au gouvernement et au président de la République de prévenir les critiques de laxisme. Quels seront les critères qui conduiront aux poursuites ? Le gouvernement ne dit pas et, contrairement aux nombreuses attentes, ne fera rien pour modifier la loi du 31 décembre 1970 qui punit d’un an de prison et de 3.750 euros d’amende la consommation de drogues illicites.

#BalanceTonHosto

Aujourd’hui, en France, l’immense majorité des personnes interpellées chaque année pour avoir fumé un joint ne font l’objet que d’un « rappel à la loi ». Les peines de prison restent rares (3.098 peines pour 140.000 interpellations). « Par conséquent, la consommation se porte bien avec 17 millions de Français qui disent avoir déjà expérimenté cette drogue » résume Europe 1.

Où l’on comprend que les questions relatives aux addictions sont, comme dans l’ancien monde, gérées par le ministre de l’Intérieur. Invitée de RTL à la même heure Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé n’a pas abordé ce sujet, se concentrant sur les mouvements hospitaliers. « Tout le monde sait que l’hôpital est en difficulté » a-t-elle déclaré. Le hashtag #BalanceTonHosto, qui permet depuis quelques jours à des centaines de soignants de dénoncer certaines situations absurdes  rencontrées dans les hôpitaux français ?  « On m’a rapporté des images, j’ai regardé a répondu la ministre. C’est un éclairage sur les dysfonctionnements ».

Elle a par ailleurs assuré que des annonces seront faites « en février » pour réformer l’hôpital. Visé : « le mode de tarification qui aujourd’hui pousse à une activité sans qualité ». Et d’ajouter que c’est un « problème compliqué à régler ».

A demain

 

 

Gestation pour autrui,  autorisée ou condamnée : Emmanuel Macron changera-t-il d’opinion ?

Bonjour

A chaque jour son sujet bioéthique médiatique. Hier relance de la polémique sur le secret des origines paternelles après insémination artificielle. Aujourd’hui nouvelle tribune, dans Le Monde, visant à entrouvrir la porte légale à la pratique de la gestation pour autrui (GPA) : « On ne peut plus ignorer les enfants nés par GPA ». Les cent-dix signataires 1 demandent que le débat qui va s’ouvrir à l’occasion de la révision des lois de bioéthique soit … « un véritable débat ». Entendre : que l’on y aborde la question de la GPA définie comme « une des techniques d’assistance médicale à la procréation ».

Cette demande part d’un constat : « les enfants nés par le recours à la GPA sont là » :

« Ils ont des parents, hétérosexuels ou homosexuels. Ils sont des milliers, de plus en plus visibles, on ne peut plus les ignorer comme des fantômes et faire comme s’ils n’existaient pas. On ne peut pas continuer à bafouer leurs droits en ignorant les jugements de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui ne cesse de condamner la France. »

Mais dans le même temps les signataires estiment qu’il faut « lutter efficacement et avec détermination contre les dérives de la GPA et les mafias qui en profitent » :

« Nombreux sont ceux, en France, qui s’alarment à juste titre de la marchandisation et de la réification dont peuvent être victimes des femmes pauvres dans certains pays, mais aussi des parents d’intention qui se font maltraiter et les enfants qui peuvent se retrouver dans des tourments dramatiques. Eh bien, combattons ces situations odieuses !

 « A l’image de la convention de La Haye encadrant l’adoption internationale et luttant contre les trafics d’enfants, nous prônons une convention internationale sur la GPA, condamnant de façon efficace toutes les atteintes aux droits fondamentaux des personnes, seul moyen de lutter contre les situations où la dignité des femmes et la sécurité des enfants ne sont pas respectées. »

 Ne pas en rester là

Les signataires estiment encore que le moment est venu, en France, « d’ouvrir sur la GPA en général un débat serein, argumenté et informé » :

 « Un tel débat existe dans de grandes démocraties des protocoles de GPA pensés et aménagés de façon parfaitement éthique, et dont les pratiques sont étayées par des études validées. Plusieurs pays voisins, comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Portugal, la Grèce, ont déjà débattu et même légalisé la GPA sur leur sol. Aujourd’hui, la réalité des nombreux témoignages vient contredire les fantasmes brandis par certains. »

Premier objectif : « obtenir la transcription intégrale à l’état civil français de la filiation de l’enfant né par GPA lorsqu’elle a été établie légalement à l’étranger à l’égard de ses parents ».

On aurait pu en rester là. Mais les signataires vont plus loin dans leur propos et, du même coup, fragilisent leur démarche. C’est ainsi qu’ils écrivent que les adversaires les plus acharnés à la GPA « sont souvent ceux qui se sont opposés naguère à la contraception, à l’interruption volontaire de grossesse, à la procréation médicalement assistée (PMA) ». « Nombre d’entre eux n’acceptent toujours pas l’homoparentalité, alors que la loi de 2013 a tranché » croient-ils nécessaire d’ajouter tout en demandant que l’on débatte « de manière apaisée ».

Femmes exploitées

Ils oublient de rappeler l’opposition exprimée par Emmanuel Macron ainsi que les arguments développés par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) qui, dans son dernier avis, s’est une nouvelle fois opposé à cette pratique :

« En conclusion, le CCNE reste attaché aux principes qui justifient la prohibition de la GPA, principes invoqués par le législateur : respect de la personne humaine, refus de l’exploitation de la femme, refus de la réification de l’enfant, indisponibilité du corps humain et de la personne humaine. Estimant qu’il ne peut donc y avoir de GPA éthique, le CCNE souhaite le maintien et le renforcement de sa prohibition, quelles que soient les motivations, médicales ou sociétales, des demandeurs. »

 «Je suis pour reconnaître des droits égaux à nos concitoyens, je suis très sensible au respect de la filiation, à la vraie conception de la famille, c’est aussi pour cela que je suis contre la gestation pour autrui » avait pour sa part déclaré le président de la République en octobre dernier, motivant son propos par le respect de «la dignité du corps de la femme». Il avait ajouté : « et je souhaite qu’on ne puisse pas passer de la PMA à la GPA subrepticement ».

 A demain

 1 Les premiers signataires de ce texte sont : Michèle André (sénatrice honoraire, ancienne secrétaire d’Etat), Elisabeth Badinter (philosophe), Laurence Brunet (juriste), Geneviève Delaisi de Parseval (psychanalyste), Annie Ernaux (écrivaine), Anne Fagot-Largeault (professeure émerite au Collège de France), Maurice Godelier (anthropologue), Martine Gross (sociologue), Michael Grynberg (gynécologue obstétricien), Christophe Honoré (cinéaste), Dominique et Sylvie Mennesson (coprésidents de l’association Clara), Jacques Milliez (membre de l’Académie nationale de médecine), Alain Milon (sénateur LR du Vaucluse), Israël Nisand (gynécologue obstétricien), François Olivennes (gynécologue obstétricien), Michelle Perrot (historienne), Laëtitia Poisson-Deleglise (présidente de l’association MAIA), Muriel Robin (humoriste et comédienne), Pierre Rosanvallon (professeur au Collège de France), Elisabeth Roudinesco (historienne de la psychanalyse), Alfred Spira (membre de l’Académie nationale de médecine), Irène Théry (sociologue) et Alexandre Urwicz (président de l’Association des familles homoparentales).

Peut-on désormais porter plainte contre Lactalis contaminé par Salmonella agona ?

Bonjour

C’est là une bien étrange affaire lactée. Un ovni dans le ciel chargé des scandales sanitaires plus ou moins auto-proclamés. Un chapitre atypique doté d’une déroutante dynamique.

On vient d’apprendre que l’association de défense des consommateurs UFC-Que choisir va déposer une plainte contre le géant Lactalis « premier groupe laitier au monde) – plainte après la découverte de la vente de laits infantiles contaminés par des salmonelle (Salmonella sérotype agona). Selon le responsable juridique de l’association, cité par l’Agence France Presse, la plainte pour « tromperie » sera déposée dans les prochains jours « afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances entourant la contamination de laits infantiles à la salmonelle et l’absence de détection de cette contamination ».

Taper du poing sur la table

Cette plainte s’ajoutera à celle que devait déposer, lundi 18 décembre, Quentin Guillemain, père d’une petite fille de 3 mois qui a consommé un des laits concernés par le rappel – sans pour autant tomber malade. Toujours selon l’AFP il s’agirait, selon l’avocat, d’une plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « non-assistance à personne en danger » contre Lactalis et la pharmacie d’officine où il a acheté le lait. Il s’en explique sur Europe 1 :

« Il faudrait que Lactalis et le gouvernement prennent leur responsabilité. On n’a entendu absolument aucune parole de l’État, aucune parole de Lactalis, personne ne daigne informer les parents, répondre à leur question sur la santé de leur enfant. Il serait temps que le ministre de l’Economie, le ministre de tutelle de la répression des fraudes et que la ministre de la Santé tapent du poing sur la table. On ne les entend pas du tout alors que l’on est dans un scandale sanitaire d’ampleur. On parle de millions de boîtes, de millions de familles potentielles. C’est un scandale sanitaire car on empoisonne nos enfants. »

 Pour sa part Lactalis consent à donner quelques « informations-consommateurs » dans laquelle il se garde bien d’expliquer tout ce qu’il doit savoir sur les mécaniques de contamination de ses produits.

Une lutte de tous les instants ?

On se souvient que la première alerte avait été donnée le 2 décembre par le ministère de l’Economie. Après avoir constaté la survenue de vingt cas de salmonellose chez des bébés de moins de 6 mois ayant consommé des produits Lactalis, un premier retrait avait été ordonné : douze lots potentiellement contaminés fabriqués entre la mi-juillet et la fin novembre – soit près de 200 000 boîtes, dont 40 000 étaient encore en stock dans l’entreprise.

Après l’alerte, des investigations avaient été menées au sein du site de production du groupe LNS (« Lactalis nutrition santé ») de Craon par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Or à la suite de ces inspections, le gouvernement avait considéré « que les mesures prises par l’entreprise n’étaient pas de nature à maîtriser le risque de contamination de produits destinés à l’alimentation d’enfants en bas âge ». Sans appel.

D’où la décision gouvernementale, alors, d’étendre massivement le rappel assumée notamment par la Direction Générale de la Santé : 7.000 tonnes de produits fabriqués et blocage des exportations (Algérie, Maroc, Grande-Bretagne, Taïwan, Roumanie, Grèce, Bangladesh, Chine, Pérou, Géorgie Pakistan). Des quantités  «énormes», avait alors reconnu un porte-parole du leader mondial des produits laitiers.

« La lutte contre la contamination alimentaire est une lutte de tous les instants, continue, souligne Lactalis. Malgré toutes les mesures mises en place de mesures dans l’environnement, une source de contamination a pu se développer à un moment au sein de l’usine. »  C’est hautement vraisemblable mais c’est un peu court pour un géant du lait. Quand, où et pourquoi ?

A demain