Surprise : après la crise du Levothyrox, un début de transparence sur le prix des médicaments ?

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Bien joué : l’Agence France Presse est parvenue à se procurer le rapport de la « mission information et médicament » mise en place en décembre dernier – un document formulant une série de recommandations pour « améliorer les informations liées à l’utilisation des médicaments ». Un document que la Ministre Agnès Buzyn ne devait, officiellement, recevoir et commenter que dans l’après-midi. Et l’AFP d’annoncer, dans la foulée, les annonces à venir de la ministre des Solidarités et de la Santé.

Cett initiative avait été prise en septembre dernier, au plus fort de la crise du Levothyrox. Une crise qui avait, une nouvelle fois, mis sur le grill l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).  C’était lors d’un   long entretien accordé par Agnès Buzyn à Jean-Jacques Bourdin, journaliste-vedette de RMC-BFMTV. La ministre refusait toute accusation de volte-face dans la gestion de cette crise.  Au nom de la transparence elle se disait alors pleinement favorable à la constitution d’une commission d’enquête parlementaire. Et pour améliorer la situation, elle annonçait la constitution une mission sur l’information des malades autour du médicament confiée non au Dr Michel Cymes mais au Dr Gérald Kerziek « urgentiste et journaliste qui fait beaucoup d’information médicale » 1.

Où en sommes-nous un an plus tard ou presque ? Mme Buzyn va sans surprise  « s’engager pour une information plus accessible, plus claire et plus réactive sur le médicament ». Et le ministère de confier que la ministre entend « encourager les remontées d’information de patients et de professionnels de santé ». Et ce avec la mise en place dès cette année d’une « stratégie de promotion de la déclaration des événements indésirables et le développement des technologies permettant de repérer des signaux faibles d’alerte en dehors du système de pharmacovigilance ».

Source unique pour « rétablir la confiance »

La communication d’urgence en cas d’alerte sur un médicament est quant à elle « confiée » à l’ANSM. Comment aurait-il pu raisonnablement en être autrement ? Mais, pour le reste, cette Agence est comme mise sur la touche payant au prix fort l’affaire du Levothyrox.

L’Agence France-Presse précise que la mission d’information juge « nécessaire » d’adopter une communication « plus cohérente, plus rapide et plus transparente » dans les contextes de crise. De façon plus générale, elle préconise dans ses conclusions une « source unique » d’information sur les médicaments, ainsi qu’un « effort accru de transparence » afin de rétablir ou de renforcer la confiance dans les autorités sanitaires.

Et pour répondre à ces recommandations, Agnès Buzyn a décidé de mettre en place « une source unique d’information publique sur le médicament en s’appuyant sur Sante.fr », le service public d’information en santé, en y intégrant le contenu du site officiel sur les médicaments.

Puis, et c’est essentiel, le ministère indique que, pour la première fois, les « patients » vont être représentés au Comité économique des produits de santé – structure qui négocie depuis toujours avec les firmes (et dans l’opacité) les prix ( les rabais et les possibles accords secrets) des médicaments ensuite remboursés par la Sécurité sociale. L’amorce, enfin, des prémices d’un début de transparence ?

A demain

1 Plus précisément la co-présidence de la mission était assurée par Magali Leo, représentante des patients, responsable du plaidoyer de l’Association Renaloo et anciennement chargée de mission du Collectif Interassociatif sur la Santé (aujourd’hui France Asso Santé)  et le  Dr Gérald Kierzek représentant des professionnels de santé, praticien hospitalier et chroniqueur santé pour Europe 1, France Télévisions et Télé 7 jours.

Deux membres de la mission étaient issus de la société civile : Corinne Devos : Administratrice de l’Association François Aupetit (AFA) Crohn RCH France, référente « écoute soutien et éducation thérapeutique du patient » ; Henri Bergeron, sociologue au CNRS-Sciences Po, coordinateur scientifique de la chaire santé de Sciences Po et co-directeur de l’axe santé du laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques de Sciences Po

Deux membres de la mission étaient également professionnels de santé : Dr Lucas Beurton-Couraud, médecin généraliste dans le Finistère, élu URPS Bretagne et membre du groupe expert « médicament » du Collège de Médecine Générale ; Dr Béatrice Clairaz-Mahiou, pharmacienne d’officine en région parisienne, élue URPS Ile de France, coprésidente de l’Européenne de pharmacie clinique officinale (EPCO) et spécialisée dans les soins de support et l’accompagnement des patients atteints de cancer.

Les rapporteures de la mission étaient issues du Conseil d’Etat : Dorothée Pradines, auditrice au Conseil d’Etat- Sara-Lou Gerber, auditrice au Conseil d’Etat

 

Anti-Alzheimer : leur déremboursement (1er août) précède-t-il celui de l’homéopathie ?

Bonjour

C’est enfin officiel : Agnès Buzyn a politiquement tranché. « A compter du 1er août l’achat des médicaments de la maladie d’Alzheimer ne fera plus l’objet d’un remboursement par l’assurance maladie ». L’épilogue d’une histoire de plus de vingt ans. Fin de la prise en charge, par la collectivité, de l’Aricept (donépézil) de la firme Eisai (commercialisé depuis septembre 1997), l’Exelon (rivastigmine) de Novartis (mai 1998), le Reminyl (galantamine) de Jansen-Cilag (octobre 2000) et l’Exiba (mémantine) de Lundbek (mai 2002). Et fin d’une polémique de plus de dix ans marquée par les hésitations récurrentes des ministres Xavier Bertrand et Marisol Touraine.

« La commission de la transparence, composée d’experts indépendants de la Haute Autorité de Santé, a ainsi récemment réévalué le service médical rendu par les médicaments de la maladie d’Alzheimer. À partir de l’ensemble des données médicales et scientifiques disponibles, elle a mis en évidence que ces médicaments présentaient une efficacité faible, ainsi que des effets indésirables digestifs, cardiovasculaires et neuropsychiatriques pouvant être graves et nécessiter l’arrêt définitif du traitement (jusqu’à 30% d’arrêt dans les études cliniques). »

« Il s’agit d’une mesure prise dans l’intérêt de la santé des citoyens et qui permettra de renforcer la prise en charge coordonnée des patients concernés » expliquent encore les services d’Agnès Buzyn contre l’avis de cinq sociétés savantes 1 ainsi que l’association  France Alzheimer et maladies apparentées.

Interrogée le 1er juin sur Europe 1 Agnès Buzyn a expliqué que cette mesure, « purement médicale » n’était  absolument pas « un sujet financier ». « Tout l’argent qui va être économisé sera intégralement réorienté vers l’accompagnement des personnes atteintes de maladie d’Alzheimer, soit pour les centres mémoire soit pour le secteur médico-social qui les prend en charge », a-t-elle assuré.

La Direction Générale de la Santé ajoute que, bien loin des médicaments, les soins dans le cadre de la maladie d’Alzheimer « reposent avant tout sur une prise en charge pluridisciplinaire adaptée ». Grâce à l’action coordonnée des professionnels de santé, l’objectif est de maintenir la plus grande autonomie possible des patients. Et pour améliorer la prise en charge des malades « le rôle des médecins généralistes dans le dépistage et l’accompagnement des personnes malades a été récemment renforcé ». « Ils disposent de plus nombreuses possibilités d’effectuer des consultations longues au domicile des patients, pour faire le point sur la maladie et s’assurer d’une prise en charge de qualité » assure les services de la ministre des Solidarités et de la Santé.

Il faut aussi compter avec les Équipes Spécialisées Alzheimer (ESA), qui permettent « une prise en charge des patients à des moments clés de leur maladie » et qui « se développent par ailleurs sur l’ensemble du territoire ». Reste une question : pourquoi laisser sur le marché (et à charge pour les malades en cas de poursuite des prescriptions) des médicaments inefficaces aux effets indésirables potentiellement graves ? Et surgit, aussi, une autre question.

« En France, le bien fondé du remboursement des médicaments par l’assurance maladie est régulièrement réévalué par la Haute Autorité de santé afin de s’assurer qu’ils présentent un intérêt thérapeutique suffisamment important » rappelle Agnès Buzyn. A quand, dès lors, le plan de déremboursement des médicaments homéopathiques ?

A demain

1 Dans un communiqué commun, cinq sociétés savantes (la Fédération des centres mémoire, la Fédération française de neurologie, la Société française de neurologie, la Société française de gériatrie et de gérontologie, et la Société francophone de psycho-gériatrie et de psychiatrie de la personne âgée) ont, le 30 mai, protesté contre le déremboursement – une mesure qualifiée de « délétère pour les patients français et leur entourage ».

Homéopathique :  mais pourquoi diable Mme Buzyn alimente-t-elle ainsi la polémique ?

Bonjour

Personnalités étranges les politiques peuvent, parfois, souhaiter ne jamais en finir avec une polémique à forte valence médiatique. Agnès Buzyn s’y emploie aujourd’hui à merveille avec l’homéopathie. Un sujet vieux de deux siècles qui, grâce à elle, ne quitte plus le devant de la scène des ondes – l’un des symptômes de la société politique du spectacle.

Retour sur les derniers épisodes.

 Acte I (12 avril) :  « Homéopathie : un banal « placebo » qui restera remboursé par la collectivité (Agnès Buzyn) ». Invitée le jeudi 12 avril 2018 de la matinale RMC/BFM TV, Agnès Buzyn fait le point sur plusieurs chantiers sensibles – dont l’homéopathie. Jean-Jacques Bourdin interroge la ministre des Solidarités et de la Santé sur la question de sa prise en charge par la collectivité. Une affaire financière autant que symbolique quant à la place du rationnel thérapeutique dans notre communauté.

Toile de fond : une tribune publiée par Le Figaro le 19 mars dans laquelle des médecins s’en étaient pris avec virulence à l’homéopathie. D’autres praticiens, plus que favorables à cette pratique, ont répliqué en portant plainte devant l’Ordre des médecins contre leurs confrères signataires.

Continuer à rembourser ou pas ? L’homéopathie continuera à être remboursée a, en souriant, assuré Agnès Buzyn. Et ce même si c’est « probablement un effet placebo » (sic).  « Les Français y sont attachés, si cela peut éviter le recours à des médicaments toxiques (re-sic), je pense nous y gagnons collectivement …. ça ne fait pas de mal ! ».

Acte II (13 avril). « Homéopathie : Agnès Buzyn a créé l’événement avec #demandetonremboursement »

L’information de poids distillée en quelques secondes la veille ruisselle en cascade, grossit les rivières, suscite au choix l’ire ou l’hilarité. Avec cette question : une bourde à coup sûr, mais une bourde volontaire ou pas ? Embrasement sur les réseaux sociaux. Moins sur la question des spécialités homéopathiques (« cette eau diluée dans le l’eau » disent les rationalistes) que sur les prolongements que l’on peut faire à partir de ce raisonnement.

Dans la foulée le hashtag, #demandetonremboursement a été créé dans la foulée par @JeSuisBigPharma, un compte satirique  sur Twitter :

« J’adore ce nouveau jeu. Voici les règles: – Trouve une activité ou un produit qui te fait du bien et qui n’est pas dangereuse. – Explique le à @agnesbuzyn. – Demande comment on procède pour obtenir le remboursement – Ajoute le hashtag #DemandeTonRemboursement »

La lecture en était réjouissante, parfois acidulée, parfois acerbe :

#DemandeTonRemboursement @agnesbuzyn je fais des Pilates chaque semaine afin de rester zen face à mes patients et leur prodiguer la même qualité de soins tt au lg de l’année. ça m’évite aussi d’être violente à votre égard, étant donné le mépris que vs m’opposez. Vous remboursez ? »

parfois florale et politique :

« Chère @agnesbuzyn, j’ai semé des cosmos et des tournesols. Ce n’est pas nocif, ça me fait beaucoup de bien et ce n’est même pas cher. J’en ai eu pour 3€75. J’accepte le remboursement à 35% même si je déplore qu’en Alsace il puisse atteindre 90%. #DemandeTonRemboursement »

Acte III (13 avril). Poursuite de la cascade : « L’homéopathie selon Agnès Buzyn : rires et satires sur #DemandeTonRemboursement »

Acte IV (20 avril) « Agnès Buzyn la scientifique relance la polémique sur les remboursements homéopathiques »

Interrogée le 19 avril Agnès Buzyn, a affirmé sur Europe 1que les médications homéopathiques sont remboursées « comme tous les médicaments qui ont un service médical rendu faible à 15 % ».

« Il y a toute une catégorie de médicaments dont on sait que l’efficacité n’est pas… très…  prouvée. C’est ce qu’on appelle l’effet placebo (rires) En tant que scientifique, je considère que l’homéopathie ne peut pas fonctionner autrement (rires) que par l’effet placebo ! Dans tous les cas, rien n’a été prouvé autrement. Si on doit se poser la question du remboursement, on doit plus généralement se poser la question du remboursement de médicaments très peu efficaces. »

« C’est bien la question que l’on aimerait, en période de maigres vaches, que se pose la ministre des Solidarités et de la Santé. Et c’est précisément la question qu’Agnès Buzyn ne se pose pas, écrivions-nous alors. Pour elle, pour le gouvernement, pour le Premier ministre et le président de la République, ce n’est pas « une priorité ».  

« Ce qu’il faut savoir c’est que ça représente une somme assez réduite pour la Sécurité sociale. C’est quelques dizaines de millions d’euros (sic). Ce n’est pas ça qui va permette de faire des économies importantes par rapport aux enjeux financiers de remboursement des soins. Ce n’est pas une priorité.»

Acte V (28 mai). Tout, brutalement, a changé. « Le statut dérogatoire de l’homéopathie va-t-il disparaître ? s’interroge Le Monde (Pascale Santi)L’homéopathie pourrait rentrer dans le droit commun et être évaluée scientifiquement. Si elle est utile, elle restera remboursée. Si elle est inutile, elle arrêtera de l’être, a indiqué la ministre de la santé, Agnès Buzyn, sur les ondes de France Inter, jeudi 24 mai. Le problème de l’homéopathie est qu’elle n’a jamais été évaluée comme les médicaments. »

Où l’on redécouvre la recette de l’eau chaude, diluée ou pas. Et les incohérences qui lui sont inhérentes, depuis longtemps collectivement assumées. L’homéopathie dispose ainsi d’un statut dérogatoire. L’autorisation sur le marché de ses spécialités ne répond pas au mêmes contraintes  que les médicaments allopathiques. Idem pour leur évaluation par la Haute autorité de santé, qui ne peut se prononcer sur le service médical rendu (SMR) de ces spécialités. « Au ministère de la santé, on indique ne pas avoir de position doctrinaire» assure Le Monde.  Mais de quelle doctrine parle-t-on ?

« Nous remboursons à des taux très faibles des médicaments peu efficaces voire extrêmement peu efficaces. Le débat est ouvert sur l’utilité des médicaments: où met-on l’argent public ? » (Agnès Buzyn, le 24 mai). La question est donc relancée – sans précision sur les échéances et la nature de l’évaluation. Le marché total de l’homéopathie représente environ 620 millions d’euros en 2017, selon les chiffres du Hub d’OpenHealth, qui s’appuie sur les ventes de plus de 10 700 pharmacies en France. De son côté, l’Assurance-maladie dit avoir remboursé 128,5 millions d’euros de médicaments homéopathiques en 2016, soit moins de 1 % du budget médicaments. »  On attend, patiemment, l’acte VI.

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Viol à l’hôpital américain de Neuilly : une malade accuse un infirmier de nuit déjà condamné

 

Bonjour

« Ce fut longtemps l’hôpital des stars, raconte Europe 1 en cette fête de l’Ascension. Johnny Hallyday, Alain Delon, Serge Gainsbourg ou encore Jacques Chirac y ont été soignés. Aujourd’hui, l’hôpital américain de Neuilly se retrouve au cœur d’une affaire de viol sur une patiente par un employé de l’établissement. »

Les faits remontent au mois de février mais ils viennent seulement d’être révélés par Le Parisien. La victime, une femme de 32 ans, aurait été violée durant son séjour par un infirmier, 49 ans déjà condamné pour agression sexuelle. « La patiente, admise depuis trois jours à l’hôpital américain de Neuilly pour de lourds problèmes de santé, a vu dans la soirée du 4 février l’infirmier de garde lui apporter ses médicaments. Puis elle s’est endormie. Ensuite, les souvenirs sont confus, rapporte Le Parisien (Valérie Mahaut). Elle a l’impression de sentir les mains de l’homme sur elle mais, assommée par les médicaments, elle est incapable de réagir. Le lendemain, elle doute et ressent des douleurs mais son médecin lui garantit que le traitement ne provoque pas d’hallucination. C’est alors qu’elle découvre sur son portable ce mystérieux SMS : « désolé ma belle ». »

Direction ignorante 

Cette femme informera l’hôpital à sa sortie, le 8 février, avant de porter plainte, trois jours plus tard. Tout alors va très vite. La police identifie rapidement l’infirmier de garde, un homme de 49 ans – qui nie les faits. Ce dernier a été mis en examen, écroué et licencié par l’hôpital a déclaré la direction de l’établissement à Europe 1.

Affaire bien complexe : embauché en 2004 il avait été condamné en 2012 à « quelques mois de prison avec sursis » et une mise à l’épreuve pour agression sur une personne vulnérable. De ce fait il était, depuis, inscrit au Fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais). Interrogée, la direction du prestigieux hôpital assure qu’elle ignorait le passé judiciaire de son employé.

Arrêté chez lui à Rueil-Malmaison, le suspect nie le viol. Selon son récit, il faut comprendre de son message envoyé à la patiente – « désolé ma belle » – qu’il repousse justement les avances de celle-ci. « Mais il y a des traces de sperme et les échantillons sont en cours d’analyse », confie un proche du dossier.

Mais encore ? « Lorsque l’hôpital a eu connaissance des accusations extrêmement graves portées à l’encontre d’un de ses salariés et de l’enquête de police, il a immédiatement mis à pied à titre conservatoire le salarié mis en cause, puis a procédé à son licenciement », fait savoir, aujourd’hui, le porte-parole de l’hôpital des stars.

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Alcool, faits divers et journalisme : pourquoi parler des ivresses des responsables politiques ?

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« En parler ou pas ? » « Mais tout le monde en parle, comment faire l’impasse ? » Et c’est ainsi que tous, en cette matinée du 5 avril, diffusent amplifient et répercutent une information nocturne d’Europe 1 : un ancien sénateur écologiste a été placé en garde à vue, après avoir été interpellé dans la nuit suite à un « incident dans un bar », à Paris. Par ailleurs ancien membre d’un réent gouvernement, il est soupçonné d’avoir importuné des femmes dans cet établissement, puis d’avoir proféré des insultes racistes à l’encontre d’un videur venu intervenir.

«Lors de son arrestation, il aurait proféré des insultes à caractère raciste à l’encontre des policiers de la BAC», ajoute Europe 1, d’où les faits d’«outrage à agent» retenu contre l’homme politique, dont l’alcoolémie a été mesurée à 1,16 g par litre de sang. Libération note que sur Twitter sa dernière action a été de retweeter le message suivant : «Ça fait 10 jours que je n’ai pas bu d’alcool. Mon teint est plus clair, mes cernes s’estompent, je dors mieux, et je m’emmerde prodigieusement». Un message publié le 1er avril.

Tout le monde en parle – y compris Le Monde à qui une « source policière » a « confirmé les informations d’Europe 1 et de RTL ».  Le Monde qui précise que, selon BFM,  l’homme a été « conduit au poste en raison d’injures raciales, outrage à agent et violences en état d’ivresse ». L’outrage à agent a justifié son placement en garde à vue au commissariat du 5e arrondissement où il a passé la nuit.

« Son alcoolémie a été mesurée à 1,16 g » assure Le Monde. France Inter et Le Point parlent du double – une question de  méthode.

 

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Cigarette électronique : l’Agence France Presse accusée de dissémination  de fausses nouvelles 

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C’est, dans ce domaine, sans précédent connu. Les associations Aiduce et Sovape  viennent de faire savoir qu’elles ont, le 9 février, adressé un courrier circonstancié au président directeur général et à la directrice de l’information de l’Agence France Presse (AFP). Objet : « dissémination d’informations anxiogènes et fausses sur les produits du vapotage et plus généralement sur la nicotine et ses effets sur l’homme ».

« Le 1° février dernier, plusieurs de vos clients ont repris une dépêche AFP faisant état de risques de cancer associés au vapotage et d’une étude de la Faculté de Médecine de l’Université de New York. Cette dépêche a été soit reprise en l’état (Ouest France, Europe 1, RTL, etc.), soit publiée en y apportant des commentaires additionnels (Science et Avenir, France Inter, France TV, etc.) (…) Les conséquences de telles “fake news” reprises en une par les médias sur la base de la confiance qu’ils ont dans l’Agence sont graves aussi bien d’un point de vue sanitaire, que pour la tranquillité d’esprit des vapoteurs, et la réputation de l’AFP » expliquent-elles. Ces deux associations rappellent que dès la veille « des réactions d’experts étaient déjà disponibles » : Réactions sur sciencemediacentre.org. Elles ajoutent :

« De plus une simple lecture du papier avec une compétence scientifique minimale permettait de réaliser plusieurs anomalies dans des affirmations très éloignées des expériences réalisées, la démarche peu documentée et peu représentative, et la généralisation que les auteurs faisaient entre des phénomènes mal définis et une réalité humaine. D’autant plus que les affirmations de l’études allaient explicitement à l’encontre d’un consensus scientifique large confirmé sur plusieurs décennies. 

Triste journée et déni du ministère de la Santé

« Plusieurs journalistes l’ont démontré dans la journée même en publiant des articles correctifs après les contacts usuels avec des spécialistes, dans le même temps des autorités sanitaires et des instituts de recherche, en plus de scientifiques et médecins, publiaient des alertes face à ces titres racoleurs dangereux. Ce fut une triste journée pour la science, pour la presse, et pour la santé publique 1. »

À la suite de cette dépêche, les responsables de ces associations ont été contactés par des vapoteurs leur demandant s’il n’était pas plus prudent, par exemple, de reporter leur tentative de sevrage du tabagisme. D’autres ont été assaillis de questions, d’avertissements, voire de reproches par leurs proches et leurs collègues. C’est dire si les conséquences de la répétition sans précautions d’une information très contestable pourraient vite s’avérer dommageables pour la santé.

Et maintenant ? Aiduce et Sovape attendent de l’AFP une « correction ». Elles se proposent d’informer « les intervenants de l’Agence sur tout ce qui touche au vapotage » pour prévenir autant que faire se peut les poussées récurrentes de « fake science ». Où l’on mesure, une nouvelle fois, les conséquences du déni du ministère de la Santé et des agences sanitaires quant à la e-cigarette. Où l’on voit aussi  que, dans le secteur qui est le leur, ces deux associations « maintiennent une veille sur l’information scientifique, en liaison avec plusieurs experts ». Qui s’en plaindrait ? Que fera l’AFP à la réception de ce courrier ?

A demain

1 « Cigarette électronique et fake news : mieux vaut parfois lire Paris Match que les PNAS » Journalisme et santé publique, 31 janvier 2018

Marlboro® à 8 euros : les fumeurs français peuvent continuer à se préparer à arrêter

Bonjour

C’est un document de 78 pages signé de Gérald Darmanin et Agnès Buzyn. Il vient d’être publié au Journal Officiel du 4 février. Les deux ministres nous disent tout (ou presque) sur ce que les fumeurs devront débourser à compter du 1er mars. Il faut voir là, nous dit l’Agence France Presse, une nouvelle illustration « de la volonté du gouvernement de faire chuter la consommation de tabac en France ».

Serait-ce si simple ? Comme toujours avec Big Tobacco le pouvoir exécutif ne maîtrise pas totalement la situation. Ainsi les paquets de vingt Marlboro « rouges » et « gold », qui étaient à 7,30 euros seront vendues 8 euros et non 8,30 euros, le géant fabricant « ayant apparemment décidé d’absorber lui-même une partie de la hausse des taxes ». Dans le bas de gamme, en revanche,  les Lucky Strike Red, qui étaient à 6,80 euros, passent à 7,80 euros, de même que les Winfield et Winston rouges. 1

Quel sera l’impact de cette hausse sur la consommation de tabac qui, en France, demeure l’une des plus fortes de toutes celles recensées en Europe ? Le gouvernement ne le dit pas ; pas plus qu’il n’a encore dévoilé les détails du nouveau « Programme national de réduction du tabagisme »2 . Big Tobacco, en revanche, a fait ses comptes.

 Sous le manteau

« Nous estimons que cette hausse de 1 euro en moyenne par paquet contribuera à faire baisser les ventes légales de tabac de 10 à 15 % en 2018 par rapport à 2017 », a ainsi indiqué à l’AFP Eric Sensi-Minautier, directeur des affaires publiques de British American Tobacco (BAT), quatrième sur le marché français des cigarettiers. On observera que cet ancien diplômé de la faculté de droit et de Sciences-Po Aix-en-Provence (et de l’University College de Londres) ne parle que des « ventes légales » de tabac. Et l’on sait par ailleurs que les buralistes français ne cessent de dénoncer la part, croissante selon eux, d’un marché parallèle.

Les volumes de cigarettes vendues sous le manteau (ou achetées à l’étranger) progressent-ils proportionnellement à l’augmentation des prix des cigarettes officielles ? Une forme de mafia a-t-elle pris le relais des buralistes ? Personne ne semble en mesure de répondre à cette question majeure de santé publique. Si tel devait être le cas  la politique actuelle d’augmentation des prix aurait, d’emblée, fait la preuve de ses limites.

E-cigarette et substituts

Pour l’heure, et dans l’attente d’en savoir plus sur le sujet, l’objectif du paquet de vingt à 10 euros en novembre 2020 reste d’actualité. Un objectif à atteindre «  par bonds progressifs et étalés dans le temps ». Il s’agit, selon Agnès Buzyn,  de permettre aux fumeurs « de se préparer » :

« C’est une hausse en trois ans, ce qui était mon souhait. Ça permet aux gens de se préparer et de trouver les moyens d’arrêter de fumer. C’est un calendrier qui permet à chacun de se mettre dans la perspective de l’arrêt. »

On peut désormais espérer que d’ici novembre 2020 la ministre des Solidarités et de la Santé trouvera d’autres leviers pour «  aider les gens à trouver les moyens d’arrêter ». Comme la prise en charge intégrale des substituts nicotiniques et la promotion de la cigarette électronique ; e-cigarette sur laquelle lorgnent désormais ouvertement les buralistes.

A demain
1 Cigarettes : Marlboro Rouge et Gold : 8 euros, Philip Morris Marron : 8 euros, Lucky Strike Red : 7,80 euros, News Rouge : 8 euros, Camel : 8 euros, Gauloises Blondes Rouge et Bleu : 8 euros, Winfield Rouge : 7,80 euros, JPS Black : 7,90 euros, Winston Rouge : 7,80 euros, Chesterfield Rouge : 7,80 euros, L&M Rouge : 7,80 euros.

Tabac à rouler : Fleur du Pays blond en 40 grammes : 14,50 euros, Interval blond en 40 grammes : 14,50 euros, Camel en 30 grammes : 10,40 euros, News tubes en 30 grammes : 10,40 euros, 1637 blond en 30 grammes : 10,50 euros

Cigarillos : Café Crème : 8,60 euros, Néos Classic : 8,20 euros, Méhari’s : 8,80 euros, Clubmaster : 8,20 euros, La Paz : 10,60 euros, Fleur de Savane : 7,90 euros, Panter : 8,40 euros.

2 Interrogé, le cabinet d’Agnès Buzyn nous a indiqué que ce Plan serait détaillé « fin mars ».