Alerte : l’étrange affaire du compte Facebook bloqué après partage d’un article de ce blog

Bonjour

Ne pas céder aux sirènes du complotisme, certes. Pour autant ne pas passer sous silence au risque de passer pour une oie blanche. L’affaire est rapportée par Philippe Poirson  sur son précieux blog https://vapolitique.blogspot.com Voici de quoi il retourne : :

« « A peine j’avais j’avais partagé l’article que mon compte a été bloqué ». Pedro [identité connue de la rédaction] n’en revient toujours pas. Cela se passe sur le réseau social Facebook et l’article en question provient du blog  ‘Journalisme et santé publique’ du Dr Jean-Yves Nau. « Contenu inapproprié et signalement », justifie sans plus la multinationale pour le blocage du compte de Pedro. Il a pu le récupérer après un long interrogatoire en ligne et avoir expurgé la publication. Le papier déclencheur de la censure parle de vapotage et de réduction des risques. 

« L’article en question « Cigarette électronique? N’ayez pas peur c’est le préservatif du fumeur! (publicité) » revient sur la polémique OMS-AFP à travers une lecture commentée d’un article d’Anaïs Moine sur le site aufeminin.com donnant la parole à Jacques Le Houezec. « Concilier plaisir et réduction des risques, là est sans doute le hic – du moins dans une société pour une large part fondée sur le concept de péché et de rédemption. Où l’on en vient, esprit d’escalier, à cette proposition de slogan pour l’exécutif: «Cigarette-électronique? Ne pas en avoir peur, c’est le préservatif du fumeur!» », conclut le Dr Jean-Yves Nau.

Sorcières (chasse aux)

« Vapotage et plaisir contre le tabagisme donc. Des thèmes aussi peu appréciés que l’Origine du monde par la plateforme. Comme dans le cas du tableau de Courbet, il est à noter que d’autres personnes ou pages ayant partagé cet article du Dr J.-Y. Nau n’ont pas eu à subir les foudres de l’inquisition de Facebook. L’hypothèse que Pedro a été victime d’un excès de zèle arbitraire d’un commissaire au contrôle de Facebook semble probable. Mais le contexte actuel sur Facebook parait plus que favorable à ce type d’abus. 

« Ces derniers jours, le réseau social se livre à une véritable chasse aux sorcières en clôturant d’innombrables groupes traitant du vapotage. La purge dépasse largement le prétexte annoncé de l’accès aux mineurs, bien qu’elle semble jusque-là ne viser que les groupes tolérant des ventes, des dons et du troc entre usagers. 

« Cependant, la modification des règles du réseau socialdonne beaucoup de latitude à Facebook pour censurer les publications au sujet du vapotage. Facebook ne le distinguant pas des produits du tabac, le vapotage se trouve désormais simplement assimilé aux drogues.

« Or, les associations sur les questions de réduction des risques pour les drogues sont déjà sujettes à des accès de censure arbitraire de la multinationale de Mark Zuckerberg. L’Initiative Sociale sur la Narcopolitique (Społeczna Inicjatywa Narkopolityki – SIN) a d’ailleurs déposé plainte en mai contre Facebook pour violation de la liberté d’expression suite à la suppression de contenus de l’association de réduction des risques polonaise par le réseau social. Le site The fix nous informe que SIN a remporté une première manche dans sa bataille juridique face à la multinationale en juin. 

Milliardaire et puritain

« Facebook a montré moins de scrupule pour collaborer à de vastes manipulations de masse lors de différentes élections, comme l’explique clairement le nouveau documentaire The Great Hack, sur Netflix. Étroitement associé par ailleurs au milliardaire puritain Michael Bloomberg, dans son projet très avancé de mettre la main sur l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’orientation idéologique de Mark Zuckerberg parait de moins en moins mystérieuse. 

« Contrôle des contenus, incitation à la délation, censure arbitraire sans recours ni explication, déni des droits humains, le monde angoissant de Facebook tend à déborder dans le réel. Pour éviter les limitations des algorithmes ou les possibles coupes de Facebook, nous vous rappelons que vous pouvez vous abonner pour recevoir sans pub directement en mail les articles de Vapolitique (n’oubliez pas de vérifier que le mail de confirmation n’a pas atterri dans les spams de votre mail 😉 ). »

Ne pas céder aux sirènes du complotisme, certes. Pour autant ne pas passer sous silence au risque de passer pour un troupeau d’oies blanches. Merci à Philippe Poirson.

A demain  @jynau

Ebola : donnez à Google, Google doublera

Bonjour

La charité bien ordonnée passe par Google. Vous donnez un dollar à Google, Google en donnera deux. Faites confiance à Google. Larry Page, fondateur et directeur de Google pense et parle pour vous : « Nos pensées vont à tous ceux qui sont touchés par cette tragédie ».

Pragmatisme g-mail

Larry Page, 41 ans, patrimoine estimé à près de 27 milliards de dollars vous explique tout ici. Vous y apprendrez que Google donnera tout l’argent destiné à la lutte à Médecins Sans Frontières, International Rescue Committee, Partners in Health et Save The Children.

Que du pragmatique, du solide : la collecte vise à réunir 7,5 milliards de dollars (2,5 venant de nous et 5 de l’entreprise qui collecte). Chacun d’entre nous peut donner autant de fois qu’il le veut, Goggle abondera. Voir ici. Point important : vous pouvez flécher votre don (ce que l’AFM s’est toujours refusé à faire avec les dons pour l’opération Téléthon).

Transparence de la Toile

Vous pouvez donner même si vous n’êtes pas membre de la grande tribu Google. Vous pourrez déduire votre don de vos revenus soumis à impôts (uniquement si vous êtes citoyen américain – que fait Emmanuel Macron ?).

Transparence absolue, la transparence de la Toile. 100% des dons iront effectivement à ces organisations. Aucune possibilité d’entourloupe de joueur de bonneteau du type de ceux observés avec la triste et scandaleuse affaire française de l’ARC – époque Jacques Crozemarie.

Charités modernes

La Toile étant ce qu’elle est, M. Page n’est pas le seul milliardaire à pleurer pour les victimes d’Ebola. Mark Zuckerberg et sa femme Priscilla Chan (Facebook) ont annoncé le 14 octobre qu’ils donnaient 25 millions de dollars aux Centers for Disease Control and Prevention américains (CDC). Bill et Melinda Gates ont donné 50 millions de dollars aux agences des Nations Unies.

Facebook et les Gates nous semblent déjà un peu datés. Ils ont les réflexes antiques des dames patronnesses. Google est plus fort, plus moderne, plus participatif, plus égalitaire : le serf donne et le seigneur abonde. D’autres métaphores sont possibles. Précision : le don va plus vite avec une adresse gmail.

A demain