Rougeole et Marine Le Pen, virus et politique, pourquoi cette nouvelle faribole ?

Bonjour

« L’Emission politique », France 2, jeudi 14 mars 2019. Une émission que la chaîne se plait à présenter comme un « duel ». Sur le pré : Marine Le Pen. Elle est d’emblée interrogée sur son opposition affichée au nouveau calendrier vaccinal pour les enfants – calendrier mis en place l’an dernier à la demande du gouvernement  : onze vaccins pédiatriques obligatoires, contre trois auparavant. On lui demande si elle maintient son opposition au vu, notamment, de la recrudescence de la rougeole sur le territoire national et à travers le monde. Réponse de l’intéressée :

« La rougeole était déjà un vaccin qui était obligatoire avant. […] La rougeole a toujours fait partie des vaccins obligatoires pour les enfants. » Et d’affirmer par ailleurs qu’il est, selon elle, « contestable » d’avoir mis en place « un pack de onze vaccins obligatoires ».

Dans l’ancien calendrier vaccinal seuls trois vaccins étaient obligatoires pour la petite enfance : contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP). Et huit autres étaient simplement « recommandés » : ceux contre la coqueluche, l’hépatite B, l’Haemophilus influenzae, le pneumocoque, le méningocoque C ainsi que contre les infections par les virus des oreillons, de la rubéole et de la rougeole.

Mensonges vs ambiguïté

Toute la difficulté tenait au fait qu’en pratique les trois « obligatoires » étaient associés de différentes manières aux « recommandés ». Et que jamais l’Etat ne s’était soucié de mettre un terme à cette ambiguïté. Une situation ubuesque à l’origine de bien des incompréhensions et autres procès d’intention.

« La justification de Marine Le Pen est donc mensongère, résume pour sa part Le Monde (Adrien Sénécat). Le vaccin contre la rougeole n’était pas un vaccin obligatoire par le passé et l’est devenu sur décision de la majorité actuelle. En s’opposant aux onze vaccins obligatoires, Marine Le Pen s’était donc explicitement opposée à ce que le vaccin contre la rougeole devienne obligatoire. Le fait qu’elle refuse de s’en expliquer aujourd’hui semble donc traduire un certain embarras quant à cette prise de position passée. »

On aurait pu, dans ce duel, demander à Marine Le Pen quel était son calendrier vaccinal idéal. Ou si elle s’engageait à mettre en place un calendrier pédiatrique unique à l’échelon européen. On ne l’a pas fait. Il faudra, à l’avenir, y songer.

A demain

@jynau

NB. Fariboles. « C’est pourquoi notre victoire est nécessaire, pourquoi nous devons empêcher, par tous les moyens, cet enthousiasme populaire qui est en train de devenir une force d’épopée de retomber en poussière au nom de la justice et d’autres fariboles ! » Malraux, Conquér.,1928, p. 82.

Agnès Buzyn, quitter le ministère de la Santé ? Une « mousse médiatique » confie l’Elysée

Bonjour

Que restera-t-il, demain, de cette agitation du microcosme autour d’Agnès Buzyn  « tête de liste macroniste aux élections européennes » ? Hier encore tous les médias l’évoquaient, la tenaient pour certaine. Aujourd’hui motus. On laisse entendre que c’est fini, qu’elle aurait « jeté l’éponge », que le président regarderait ailleurs. D’autres noms circulent à la cour et le maître des horloges est actuellement en Afrique. Versailles n’a jamais été si proche du Palais de l’Elysée.

« Pressentie pour prendre la tête de liste LREM aux européennes, la ministre de la Santé semble avoir tourné la page, résume Le Figaro (Marcelo Wesfreid). Il y a peu la ministre de la Santé parlait de l’Europe, cette «cathédrale» des temps modernes, avec lyrisme. Son envie de défendre le projet européen sautait aux yeux. Et puis, plus rien. Le scénario semble subitement caduc. »

Que s’est-il passé ? Le Figaro a enquêté. « La ministre n’avait pas envisagé cette possibilité au début. Elle s’est prise au jeu à force de caresser l’idée, croit savoir un conseiller gouvernemental. Mais elle s’est vite rendu compte qu’avoir des convictions profondes et une histoire familiale était une chose. Mener une campagne sans doute violente, une autre.»

Champ de compétences

Dans l’entourage du président de la République, on évoque «une mousse médiatique autour de cette possible candidature, qu’il fallait faire retomber». Et puis un signe qui ne trompe pas dans le monde du spectacle politique et carnassier :  l’ex-belle fille de Simone Veil a (pourquoi ?) refusé de croiser le fer contre Marine Le Pen, le 14 mars, dans «L’Émission politique» de France 2 –  et ce alors qu’elle avait été sollicitée pour l’exercice. A sa place, Nathalie Loiseau, pour l’heure donnée favorite comme « tête de liste ». «Cet épisode montre qu’Agnès Buzyn n’est peut-être pas assez solide pour mener ce combat», cingle un conseiller important. Tout, ou presque, est dit.

Que sait-on de plus ? Que la ministre des Solidarités et de la Santé a été reçue le 6 mars « dans l’après-midi », par Emmanuel Macron en personne. Et que le même jour, Nathalie Loiseau était elle aussi elle « conviée à un entretien au Château ». Dans la majorité, la piste Agnès Buzyn ne serait plus portée que par François Bayrou, patron du MoDem et maire de Pau. « Il a passé son temps à lui dire qu’elle était la meilleure, qu’elle était faite pour cette compétition », grince un partisan de Nathalie Loiseau. Mais qui écoute encore, aujourd’hui à Paris, François Bayrou ?

Qui, donc ? Le mystère demeure. « Ceux qui savent ne parlent pas et ceux qui ne savent pas parlent », déclare, pour sa part,  Agnès Buzyn qui disait il y a peu sa lassitude de devoir parler, chaque jour ou presque de la grippe et des urgences. Elle voulait « dépasser son champ de compétences ». La voilà aujourd’hui confrontée à la rougeaole, à l’endométriose, à la fin du numerus clausus et à la mort des petites maternités. Le quotidien banal et national, en somme, d’une ministre des Solidarités et de la Santé, numéro six du gouvernement.

Sans parler de l’invraisemblable menace « anti-IVG » du Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof).  Où l’ex-belle fille de Simone Veil découvre, près d’un demi siècle plus tard, que les mêmes combats restent parfois à mener.

A demain

@jynau

Vidéo : le superbe coup de poing des infirmières urgentistes de l’hôpital de Saint-Malo

Bonjour

C’est une urgence pour qui s’intéresse à la politique et à la santé publique: voir, entendre et diffuser : « Toute la santé du monde ! ».  Trois minutes qui disent tout des impasses hospitalières actuelles. Une séquence heureusement reprise le 5 mars au 20 heures de France 2. Une situation classique, une grève qui s’éterniste, des urgences sous-dimensionnées et débordées, le refus des soignants d’accepter l’inacceptable, la perte de sens combattue par la colère et une direction hospitalière qui, comme toujours, feint de ne pas comprendre l’ampleur des dégâts.

« Toute la santé du monde ! », donc. Par les « Tenues blanches des urgences » depuis les nouveaux remparts de Saint-Malo – joliment inspiré de « Tout le bonheur du monde ! » (clip officiel). Voici :

« On vous souhaite toute la santé du monde/Mais avec nous c’est plus certain/On manque de sous, on manque de tout/Mais surtout on manque de mains/On vous souhaite toute la santé du monde/Mais sans moyens on ne peut rien/Et qu’la direction nous répond/Qu’on n’a p’lus d’sous qu’on n’a plus rien

 « Puisqu’on travail avec l’humain/Qu’on a vos vies entre nos mains/Et qu’on a tous besoin de soins/Avec c’qu’on a à vous offrir/C’est juste attendre et vous sourire/Et de prier pour s’en sortir/Et puisqu’on sera toujours là/Pour vous sortir des mauvais pas….

 « On vous souhaite toute la santé du monde/Mais avec nous c’est plus certain/On manque de sous, on manque de tout/Mais surtout on manque de mains/On vous souhaite toute la santé du monde/Mais sans moyens on ne peut rien/Et qu’la direction nous répond/Qu’on n’a p’lus d’sous qu’on n’a plus rien

 « Notre système arrive à bout/On nous fait faire des journées d’fous/Faut du rendement et puis c’est tout/Et comme on n’a pas quatre bras/Et que (… inaudible….)  ne suffit pas/On se demande ce qu’on fout là /Espérons qu’avec le temps /Que le changement c’est maintenant

 « On vous souhaite toute la santé du monde/Mais avec nous c’est plus certain/On manque de sous, on manque de tout/Mais surtout on manque de mains/On vous souhaite toute la santé du monde/Mais sans moyens on ne peut rien/Et qu’la direction nous répond/Qu’on n’a p’lus d’sous qu’on n’a plus rien (…) »

 A demain

@jynau

 

 

«Le profil psychiatrique de la femme incendiaire et alcoolisée commence à se dessiner»

Bonjour

L’essentiel du cadre de la tragédie de l’incendie de Paris (10 morts, 33 blessés) est connu. Reste à compléter les cases, à remonter les fils, à tenter de comprendre les failles, les fautes, tout ce qui aurait permis de réduire les risques. Les médias généralistes s’y emploient. Et, chose remarquable, avec une pédagogie qui souvent fait défaut dans le traitement des affaires où la psychiatrie est sur le devant de la scène.

Loin de stigmatiser la femme à l’origine de l’incendie de la rue Erlanger, s’attache-t-on à décrypter les rouages de la machinerie médico-légale, à contextualiser, à rappeler que rien n’est simple dans la prise en charge de la « maladie mentale » et de celles et ceux qui en souffrent 1.

C’est ainsi que France Info aide, sinon à comprendre, du moins à cerner « le profil de la suspecte », une femme de 40 ans interpellée non loin des lieux, qui habitait l’immeuble incendié et qui a été admise à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (IPPP), quelques heures après avoir été placée en garde à vue.

D’emblée Rémy Heitz, procureur de la République de Paris, avait évoqué ses « antécédents psychiatriques ». Selon France Info cette femme a déjà effectué « quatorze séjours en hôpital psychiatrique, pour une durée totale de près de cinq ans ». « Elle est également connue de la justice, pour des affaires récentes, toutes classées sans suite. » Et selon une  source judiciaire à France 2 et France 3, elle avait été mise en cause dans trois procédures distinctes :

• Une procédure en 2016 pour vol précédé de dégradation (classée sans suite pour état mental déficient).

• Une procédure en 2016 pour une contravention de violences (classée sans suite pour état mental déficient).

• Une procédure en 2017 pour violences conjugales classée sans suite (infraction insuffisamment caractérisée).

Plusieurs de ses voisins ont fait, à différents médias, des descriptions convergentes : « J’ai vu que c’était quelqu’un qui avait des perturbations psychiques, c’était quelqu’un qui voulait tout de suite être ami-ami, qui voulait vous donner son numéro de téléphone… comme si on se connaissait. Puis quelques jours plus tard c’était fini. Etait-ce l’alcool ? »

La dimension politique du psychiatrique

Combien sont-elles, les personnes croisées au fil des jours dont le comportement nous interroge ? Et que faisons-nous ? Il y a quelques jours on apprenait qu’une centaine de psychiatres venaient d’adresser un courrier à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Parmi eux le Pr Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne). Il s’en expliquait dans Le Parisien, précisant que chacun peut désormais voir de plus en plus de personnes atteintes de troubles psychiques « dans les rues » :

« Tout le monde peut le remarquer. Ce n’est un mystère pour personne. Il y a des lieux plus propices, comme le métro, où l’on croise beaucoup de gens qui semblent perdus sans savoir exactement si c’est la conséquence de troubles psychiques, de l’alcool ou de drogues. Certes, il n’existe pas de statistiques pour dire s’il y en a plus qu’avant, mais ce n’est pas normal d’en voir autant. (…) Parler seul dans la rue est le reflet d’une souffrance psychique réelle. Ce n’est pas bon signe. Cela signifie que cette personne n’est pas soignée correctement ou qu’elle ne l’est pas du tout. Avec des traitements, on n’est pas censé avoir ce genre d’hallucinations. »

 « Il y a une réalité, aujourd’hui en France, les malades psychiatriques ne sont pas suffisamment pris en charge. A l’hôpital ou en ville, la demande de consultations augmente car on identifie mieux certains troubles et des pathologies comme les dépressions et l’autisme sont aussi en hausse. Or, ces patients ne sont pas assez vite examinés à cause des délais d’attente. En trente ans, le nombre de lits dans les hôpitaux a aussi été divisé par deux alors que la population augmente. »

 Où l’on saisit, une nouvelle fois, que le politique est presque toujours consubstantiel au psychiatrique – et très souvent au tragique.

A demain

On estime entre 4,7 et 6,7 millions le nombre de personnes souffrant de dépression en France (7 à 10 % de la population) ; entre 800 000 et 3,7 millions celui des personnes atteintes de troubles bipolaires (1,2 à 5,5 %) et à 670 000 celui des personnes schizophrènes (1 %). On recense d’autre part chaque année plus de 10 000 suicides et 220 000 tentatives. Données tirées du remarquable « Psychiatrie : l’état d’urgence » de Marion Leboyer et Pierre-Michel Llorca, éditions Fayard.

 

Les amphétamines de Bernard-Henri Lévy et les injections sanguines de la star Neymar

Bonjour

Du pain et des bleus. « 19-24 Désespérant » titre justement L’Equipe au lendemain d’un match catastrophe du XV de France cintre le XV de Galles. Où l’on pressent que le jeu de rugby, à l’échelon français, est une éponge du moral national. Et sans jamais pouvoir le démontrer on pourrait soutenir l’hypothèse que les violences inhérentes aux Gilets Jaunes ne sont pas étrangères aux malheurs des Bleus. Un vrai chef vous manque, et c’est le désespoir.

Nous avions laissé  Neymar da Silva Santos Júnior, 26 ans, souffrant d’une « élongation des adducteurs droits ». C’était en novembre. Nous voici en février, le gracile génie est à nouveau blessé. L’Equipe nous apprend que l’homme vient de faire un aller-retour en urgence à Barcelone. Là il a « reçu une injection de plasma riche en plaquettes (PRP) par leDr Ramón Cugat Bertomeu, chirurgien orthopédiste et spécialiste international de cette pratique régénératrice».

Traitement des tendinopathies chroniques

Chacun sait que Neymar s’est blessé contre Strasbourg (2-0) en Coupe de France, le 23 janvier. La star brésilienne salariée par le Qatar à Paris « souffre d’une pseudarthrose, c’est-à-dire un défaut de consolidation de la fracture du cinquième métatarsien du pied droit opéré en pars dernier par Rodrigo Lasmar, le médecin de la sélection brésilienne ». Pas d’intervention, cette fois, mais « un traitement conservateur à base de kiné, de magnétothérapie et d’injection de PRP ».

User ou pas du PRP ? On lit ceci dans la précieuse Revue Médicale Suisse, sous la signature de Jean-Luc Ziltener, Maxime Grosclaude et Lara Allet (Service d’orthopédie et traumatologie de l’appareil moteur, Hôpitaux Universitaires de Genève).

« Les tendinopathies chroniques chez le sportif sont fréquentes et pour certaines difficiles à traiter. La guérison et la régénération tendineuse sont sous le contrôle, entre autres, de nombreux facteurs de croissance. Il est actuellement possible de concentrer quelques facteurs de croissance autologues dans une fraction plasmatique du sang prélevé chez un sujet (plasma riche en plaquettes – PRP), et de la réinjecter au site lésionnel. La recherche de base et animale paraît plutôt prometteuse. Néanmoins, en clinique, le nombre d’études scientifiquement acceptables dans cette indication est faible. Actuellement, il n’est ainsi pas possible de recommander formellement ce type d’injections sanguines pour le traitement des tendinopathies chroniques chez l’homme. »

Passer chez Ruquier ou descendre une piste noire ?

L’Equipe, toujours (supplément papier glacé) et un « auto-portrait » glaçant (propos recueills par Estelle Lenartowicz – photo Roberto Frankenberg) de « Bernard-Henri Lévy, 70 ans, écrivain ». Où l’on en apprend un peu plus encore sur ses centaines de chemises toujours portées sans cravate (peur d’étouffer, « vieux truc d’enfant asthmatique ») ; sur ses modalités d’écriture dans une piscine (magnétophone, brasse papillon, un peu de dos crawlé) ; sur sa pratique, jeune, des sports de combat (judo, ju-jitsu, bâton japonais) ; sur le ski (« Passer chez Ruquier, c’est comme descendre une piste noire à ski » – sic).

Sans oublier le dopage aux amphétamines 2 :

« Jusqu’à il y a quinze ans, il m’est arrivé de me doper. Pour rendre plus pertinente cette partie du corps qu’est mon cerveau. Sous amphétamines, on se sent invincible, extralucide, invulnérable. Je ne regrette pas cette époque mais elle est derrière mois. Aujourd’hui j’ai besoin de bouger, de brûler mon énergie, de respirer. Je nage ».

Et L’Equipe de compléter : « 0 cigarette depuis trente ans après avoir fumé 5 paquets par jour. Au théâtre Antoine à Paris, le 20 mai, dans sa pièce ‘’Looking for Europe’’ ».

A demain

@jynau

1 Traitement des tendinopathies chroniques : intérêt des injections de plasma riche en plaquettes (PRP) Rev Med Suisse 2011; volume 7. 1533-1537

2 Dans Le Figaro daté du 3 juillet 2014 (Emilie Geffray), en réponse à la question de savoir s’il avait été gêné des  révélations sur France 2  (par sa femme Arielle Dombasle) de ses prise de « psychotropes » Bernard-Henri Lévy répondait : « Il y a une vraie tradition, vous savez, des écrivains consommateurs de substances. Artaud et le peyotl, Henri Michaux, Baudelaire et Théophile Gautier. À quoi sert un corps, pour un écrivain, sinon à produire le maximum de texte possible? Et de la meilleure qualité? Les amphétamines, parfois, m’y ont aidé. »

 

Avez-vous une idée de l’audience télévisée du match « Macron contre Gilets Jaunes » ?  

Bonjour

Marqueront-elles une histoire politique sans cesse moins préhensible ? Douze minutes de face-à-face avec les Français. 10 décembre 2018, de 20h à 20h12, pour la deuxième fois de son quinquennat (hors vœux du 31 décembre) Emmanuel Macron, président de la République française  « s’est adressé directement à ses citoyens via une allocution télévisée ». Une allocution solennelle « face à la Nation ».

Une allocution quelque peu figée avec « télésouffleur ». Un spectacle qui, selon les médias spécialisés, a « drainé »  un flux inhabituel de téléspectateurs. L’intervention du chef de l’État a été suivie par 21,11 millions de Français. Dans le détail, 9,73 millions de personnes (34,3% de part d’audience) étaient « branchées » devant TF1. Elles étaient 8,27 millions (29,2% du public) à suivre l’allocution sur France 2. Enfin, 3,11 millions de téléspectateurs (11,0% de part d’audience) ont suivi l’intervention d’Emmanuel Macron sur M6.

France-Croatie

En volume, le cumul enregistré par l’allocution présidentielle est supérieur à l’audience de France-Croatie, la finale de la Coupe du monde de football, diffusée en juillet dernier sur TF1 et beIN Sports. Le match avait été suivi en linéaire et sur tous les écrans par 20,9 millions de personnes sur les deux chaînes. À titre de comparaison, le 16 octobre dernier, la précédente allocution d’Emmanuel Macron avait été suivie par 13,5 millions de Français sur TF1, France 2, M6 et les quatre « chaînes info ». Le précédent record datait du 11 mars 2007, date à laquelle Jacques Chirac a fait « son dernier discours aux Français ». Diffusé sur TF1, France 2, France 3 et M6, celui-ci avait été suivi par 22,43 millions de personnes.

Macron dépassera-t-il un jour l’audience de Chirac ? Si oui, contre quel adversaire ?

A demain

@jynau

 

Gilets Jaunes et Emmanuel Macron : combien devront-ils, demain, donner au Téléthon ?

Bonjour

La manne se tarit et la courbe chute : 80,3 millions en 2016-Garou, 75,6 millions en 2017-Zazie, 69,3 millions d’euros de promesses de dons pour l’édition 2018-Pascal Obispo qui vient de s’achever.  Une édition placée sous le thème de la « guérison »  mais organisée dans un « contexte perturbé » notamment par les Gilets Jaunes. Laurence Tiennot-Herment, présidente de l’AFM-Téléthon  parle aussi politique « d’un climat et d’un contexte social que l’on connaît, qui englobe une pression fiscale sur certains de nos donateurs, notamment des retraités impactés par la hausse de la CSG ».

 « Le paradoxe, c’est qu’en cette année 2018, on a pu vraiment montrer des avancées exceptionnelles obtenues grâce à la générosité publique », a-t-elle ajouté – rappelant que l’on pouvait continuer pendant une semaine à faire des dons par téléphone (3637) et sur telethon.fr« On aurait aimé battre des records », mais « il y a des années plus difficiles que d’autres », a résumé à la fin de l’émission Sophie Davant, coprésentatrice historique du Téléthon (depuis 1997).

Baptisée « Vaincre la maladie », l’édition 2018 a témoigné des premiers succès de la thérapie génique pour guérir certaines maladies génétiques rares « du sang, du foie et du système immunitaire » – avec, comme toujours,  des témoignages de familles et de chercheurs.

Le mur de l’impossible

« France 2 a notamment diffusé des images émouvantes de l’évolution après traitement d’un bébé atteint d’une maladie rare des muscles, la myopathie myotubulaire  rapporte l’AFP. Cette anomalie génétique entraîne une faiblesse musculaire extrême et une insuffisance respiratoire sévère. Mais douze semaines après avoir reçu une injection lui apportant un gène sain, dans le cadre d’un essai clinique de la société Audentes Therapeutics, le bébé tient assis seul et attrape des objets. »

Parmi les « défis » proposés, l’AFM-Téléthon avait invité les Français à organiser une « soirée crêpes » avec amis, voisins ou collègues, puis à indiquer sur un site dédié le nombre de galettes consommées et à verser un euro pour chacune d’entre elles …  Une cinquantaine de « YouTubeurs » et de joueurs célèbres de jeux vidéo se sont aussi lancés pour la deuxième année dans un « Téléthon gaming » diffusé sur la plateforme Twitch.

Mais des animations et autres « défis » (prévus à Paris, Bordeaux ou Rouen) ont été annulés en prévision des violences tenues pour inhérentes l’acte IV des Gilets Jaunes. Par précaution, le plateau de France Télévisions, prévu à l’origine sous deux grandes bulles transparentes place de la Concorde avait été rapatrié en studio.

Pour autant la très grande majorité des 20 000 points d’animation prévus pour récolter des dons a cependant été maintenue, avec 250 000 bénévoles mobilisés dans tout le pays selon l’AFM-Téléthon. Le temps n’est plus où, de 2003 à 2008, on dépassait systématiquement les 95 millions d’euros de promesses de dons.  Le modèle de la fête-quête s’use-t-il ? La générosité s’épuise-t-elle ? La parole devient-elle inaudible ? Le transhumanisme prend-il la place de la correction de la pathologie génétique ?

Laurence Tiennot-Herment l’affirme :  « On est à un tournant historique du Téléthon, on a fait tomber un mur de l’impossible ». Que découvrira-t-on derrière ?

A demain