L’urgentiste du CHU est aussi président de l’association « Notre-Dame Mère de la Lumière »

Bonjour

Nous sommes entre Caen, Lisieux et Bayeux. L’information a été révélée par France Bleu Normandie. Et le procès est programmé pour le 2 octobre 2018. Où l’on apprend qu’un médecin urgentiste au CHU de Caen âgé de 30 ans est convoqué devant la justice. Ce médecin est également président de l’association Notre-Dame Mère de la Lumière.

« Ce n’était au début qu’un groupe informel d’étudiants, chrétiens et catholiques, qui animait des messes, organisait des veillées de louanges et des maraudes auprès des SDF, raconte France Bleu (Nolwenn Le Jeune).  Mais l’association, créée en 2008, est exclue de l’université par l’aumônerie. Elle se réunit alors à l’Eglise Saint Jean à Caen et devient Notre-Dame Mère de la Lumière en 2011. Cinq ans plus tard la police reçoit un signalement de l’UNADFI, association pour la défense des familles et de l’individu, qui lutte contre les dérives sectaires et les manipulations mentales. Elle dispose d’informations préoccupantes : d’anciens membres dénoncent des faits de sujétion psychologique et d’emprise mentale. »

« Prières de guérisons »

Parallèlement, Mgr Jean-Claude Boulanger, évêque de Bayeux-Lisieux-Caen, retirera à l’association sa lettre de mission en février 2017. Avec cette dérangeante précision:

« (…) la commission d’enquête canonique, qui a entendu et lu de nombreux témoignages sérieux, a également mis au jour un certain nombre de difficultés structurelles dans le fonctionnement du groupe et son développement, notamment ce qui concerne les prières de guérisons qui ont posé question. »

Le jeune président a été placé en garde à vue fin juin 2018 avant de ressortir libre, placé sous contrôle judiciaire mais avec convocation devant le tribunal correctionnel de Caen le 2 octobre 2018. Faits reprochés : abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’une personne.

« C’est pour en demander la main-levée que son avocat a saisi le tribunal correctionnel qui a examiné le dossier ce lundi 23 juillet, précise France Bleu. « Il n’y a pas l’ombre d’un élément constitutif sur les plans factuel et mental de l’infraction reprochée à mon client’’ estime Me Jean de Mézerac.  Il est toujours interdit à son client de fréquenter une quinzaine de membres de l’association et le domicile, qu’il partage avec deux autres membres de l’association à Verson, reste placé sous scellés. Mais son interdiction de quitter la région a été levée. Il pourra donc se rendre en août prochain au pèlerinage de Medjugorje en Bosnie où il doit animer une intervention. Il est aussi dispensé d’une obligation de soins avant son procès. »

Aucune précision sur cette dispensation. Ni sur les « prières de guérison ».

A demain

Hôpital psychiatrique du Rouvray : grève de la faim pour mieux travailler, dans la dignité

 

Bonjour

Nouvel abcès hospitalier, nouveau symptôme du déchirement d’un tissu que le politique exécutif ne parvient plus à ravauder. France Bleu Normandie : « Ils ont installé des tentes rouges devant le bâtiment de la direction et depuis mardi, ne se nourrissent plus que d’eau et de café. Cinq salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime), ont entamé une grève de la faim en désespoir de cause ».

Normandie. On songe à Flaubert et aux Bovary : « Tandis qu’il trottine à ses malades, elle reste à ravauder des chaussettes. »

Désespoir de cause : tout est dit. Infirmiers, aides-soignants, brancardiers, cela fait des mois qu’ils alertent sur le manque de personnel, la sur-occupation de leur établissement, et les conditions de prise en charge des patients. Ils sont souvent trois pour 23 ou 28 malades quand ils devraient être quatre par unité. L’intersyndicale réclame donc des embauches pour assurer correctement les soins. Paroles de soignants :

« Mon boulot n’a plus vraiment de sens, c’est pas pour ça que je l’ai fait. Je me sens inefficace et inutile et c’est le sentiment d’une très grand partie des soignants de l’hôpital. Les patients viennent pour aller mieux, pas pour voir un robot mais le métier de robot, c’est le seul que j’ai le temps de faire encore. »

« Nous tout ce qu’on voit, c’est qu’on n’est pas assez. Les patients, on les enferme parce qu’on ne peut pas les sortir. Ca redevient un système asilaire. Alors on est peut-être mieux doté que les autres, mais moi je m’en fiche, je ne fais pas du chiffre, moi je suis un soignant, je soigne des gens. »

La direction ? Elle accorde, comme le réclament les grévistes, la création de deux unités spécifiques, l’une pour les adolescents hospitalisés aujourd’hui avec les adultes, l’autre pour les détenus. Mais seulement cinq embauches, quand l’intersyndicale en réclame cinquante-deux. Cette direction, précise France Bleu, estime que l’établissement n’apparaît pas en difficulté. Il serait même sur-doté par rapport à la moyenne nationale et la moyenne régionale, indique le communiqué.

Le SAMU passe chaque jour pour vérifier l’état de santé des grévistes de la faim. Ces derniers reçoivent aussi de nombreux soutiens (collègues, politiques, patients et leurs familles).  Demain, 29 mai, l’ex-candidat à la présidentielle Benoît Hamon (désormais le mouvement Générations) rendra visite aux grévistes. Aurait-il, à la tête de l’Etat, su ravauder un tissu hospitalier devant lequel l’actuel gouvernement semble chaque jour plus désarmé ?

A demain