Vraie fausse nouvelle et maladie d’Alzheimer : mais pourquoi certains médias font-ils ça ?

Bonjour

Lire le journal ?. Il aura donc suffit, début août 2019, d’un article du Guardian (Kevin Rawlinson), pour relancer, en France, le moteur médiatique alternatif rêves/cauchemars. Un papier assurant que des chercheurs avaient mis au point un « test sanguin » permettant de détecter Alzheimer « 20 ans » avant les premiers symptômes, a été repris par plusieurs médias français.

« Avec toutes les confusions et imprécisions de l’original » accuse Arrêt sur Images (Juliette Gramaglia) . « Un pas de géant », « une avancée majeure », « une petite révolution »… Depuis quelques jours, plusieurs médias généralistes sont à la fête. La raison : on aurait trouvé « un test sanguin pour détecter la maladie [d’Alzheimer] 20 ans avant qu’elle ne se déclare » (20 Minutes) BFMTV, LCI, France Bleu, Franceinfo, Midi Libre, La Provence, La Nouvelle République plusieurs sites d’information ont ainsi relayé, avec des formulations semblables ».

Tout, ici, remonte ici à une publication dans Neurology, « High-precision plasma β-amyloid 42/40 predicts current and future brain amyloidosis ».Un travail américain ;158 personnes en bonne santé volontaires ; la recherche sanguine de deux types de protéines bêta amyloïdes ; un PET-Scan pour de visualiser les dépôts pathologiques cérébraux ; Un autre PET-Scan quelques mois plus tard ; des corrélations ultérieures entre les résultats sanguins et l’évolution des images.

Boules de cristaux

Le Figaro (Cécile Thibert) a voulu en savoir plus – et a interrogé le Pr Bruno Dubois directeur de l’Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP). «C’est un travail de qualité, ils montrent que la présence de protéines bêta amyloïdes dans le sang est corrélée à la présence de plaques amyloïdes, dit-il. Mais le fait d’avoir des plaques ne veut absolument pas dire que l’on va développer la maladie. Certaines personnes en ont et ne seront jamais malades. En revanche, tous les malades d’Alzheimer ont des plaques. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante».

Nous sommes en 2019 etil n’existe aucun moyen de prédire la maladie d’Alzheimer. « Et quand bien même cette boule de cristal existerait, elle ne serait pas d’une grande aide: il n’existe aucun traitement permettant de ralentir ou de guérir la maladie » assène Le Figaro. «En clinique, chez les personnes qui n’ont aucun symptôme, nous ne faisons pas de dépistage. Même si nous détections des lésions, que pourrait-on faire à part leur dire ’’je n’ai rien à vous proposer’’?», confirme le neurologue parisien.

Ce qui ne signifie pas qu’il faut baisser les bras : il est possible de limiter le risque de développer la maladie en agissant sur les principaux leviers: faire de l’exercice, éviter le tabac et l’alcool, surveiller l’état de ses artères (cholestérol, glycémie, tension artérielle, poids) et avoir une alimentation équilibrée

Sans oublier de stimuler sans cesse son cerveau. Notamment en lisant les journaux.

A demain @jynau

Flots d’alcool dans les stades : qui sont ces trois députés macroniens qui défient Agnès Buzyn ?

Bonjour

Comment le vit-elle ? Comment la ministre des Solidarités et de la Santé perçoit-elle la solitude qui est la sienne au sein de La République en Marche dès lors que se mobilisent les puissants lobbies des alcools industriels et publicitaires ? Quand Agnès Buzyn se confiera-t-elle ? Il y avait eu les différents épisodes témoignant de l’arbitrage personnel effectué, dans ce domaine, par Emmanuel Macron président de la République. On entendit ensuite les formidables déclarations de l’actuel ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, 60 ans, ancien agent du Trésor Public, longtemps élu socialiste, partant « en guerre contre l’alcoolisme et l’addictologie ».

Aujourd’hui l’affaire est d’un tout autre tonneau : soixante-douze  députés LREM ont déposé une proposition de loi dont l’article 18 : « vise à assouplir, de manière encadrée, l’application de la loi Evin dans les stades en étendant l’octroi d’autorisations temporaires de vente d’alcool aux sociétés sportives ». « Sous le prétexte du soutien au sport, ces députés se font le relais fidèle du lobby alcoolier qui, année après année, rogne progressivement la plus grande loi de santé publique dont la France se soit dotée, dénonce   l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA). Après avoir élargi les possibilités de communication publicitaire lors de la précédente mandature, le lobby parlementaire de l’alcool repart à l’assaut en faisant sauter un des derniers verrous de la loi Evin qui interdit le sponsoring du sport par les cigarettiers et les alcooliers. »

« Le retour de la bière pour les supporters » résume pour sa part  (sans commentaire) Le Figaro (Coline Vazquez). Faute de disposer du texte de cette proposition de loi sur le site dédié de l’Assemblée nationale (il est pour l’heure distillé par L’Equipe), on ne connaît pas le nom des soixante-douze. Pour l’heure, en première ligne, que les trois maîtres d’œuvre. A la manœuvre, donc :

François-Cormier-Bouligeon. Député (LREM, Cher), 46 ans. Ancien socialiste (1990-2014) Ancien chef de cabinet adjoint du ministre de l’Économie Emmanuel Macron puis conseiller du ministre socialiste des sports Patrick Kanner, Au sein du groupe LREM, il figure parmi les partisans d’une laïcité républicaine stricte. Il est le co-auteur d’un rapport original et intéressant remis il y a quelques mois au Premier ministre : « Faire de la France une vraie nation sportive ». 

Cédric Roussel Député (LREM, Alpes-Maritimes), 46 ans. Conseiller financier devenu gestionnaire de patrimoine et  enseignant à l’EDHEC Business School de Nice les modules « bourse et marchés financiers », « mathématiques financières » et « développement conseil ». En 2006, crée son cabinet de conseil en gestion de patrimoine. Elu député en 2017. Vice-président à l’Assemblée nationale du groupe « Assurances», secrétaire des groupes « Start-up & PME » et « Économie maritime ». e-président des groupes d’amitié France-Russie et France-Corée du Sud. Il est également secrétaire du groupe d’amitié France-Italie et  membre des groupes France-Monaco, France-Japon, France-Maroc.

Belkhir Belhadad Député (50 ans, Moselle). Ancien membre du Parti socialiste. A créé l’entreprise « Gem energy services » dont il est le gérant et  il fondé l’association « Cap avenir diversité » pour la promotion de la diversité dans les entreprises. Au premier tour des legislatives de juin 2017 il arrive en tête avec 28 % des suffrages exprimés devant la candidate du Front national et la députée socialiste sortante Aurélie Filippetti (11,80 %).

On se souvient peut-être que la loi Evin porte le nom d’un ancien ministre rocardien avant d’être socialiste. Promulguée en 1991, elle visait à encadrer la publicité et les ventes de boissons alcooliques de de tabac en France. Régulièrement attaquée et écornée depuis un quart de siècle. Elle comporte encore toutefois une disposition qui interdit la commercialisation d’alcool dans les enceintes sportives. Les responsables de ces dernières ne disposent en théorie que de dix dérogations par an, accordées par le maire ou le préfet. Mais cette interdiction ne s’applique qu’aux supporters dans les tribunes et pas à ceux qui bénéficient des fameuses, luxueuses (et parfois fantasmées) « loges VIP ». 

« Il faut  arrêter l’hypocrisie», a dénoncé le député Belhadad, sur France Bleu. Agnès Buzyn n’a pas commenté. L’exécutif pourrait aussi, pour en finir avec cette méchante hypocrisie, faire fermer les « loges VIP ». Mais c’est là, il est vrai, une autre vision de la société.

A demain @jynau

Dangers affichés sur les paquets de tabac : pourquoi l’Etat joue-t-il à ce point petit bras ?

Bonjour

« Fumer bouche vos artères » dit-on aux fumeurs – avec, en prime, un beau cliché de jambe amputée. Plus de place pour les cautères. Mais, en prime, un fait divers qui régale la presse régionale, française et européenne. Une histoire de notre époque : celle d’un sexagénaire albanais résidant à Metz (Moselle) et qui affirme s’être reconnu sur un message de prévention utilisé à grande échelle sur des paquets de cigarettes vendus dans l’Union européenne. C’est à lire, à voir et à entendre sur France Bleu (Magali FichterAntoine Barège) et dans Le Républicain Lorrain, (Kevin Grethen) :

« Sa photo s’affiche sur tous les paquets de cigarettes commercialisés en France et au Luxembourg. Peut-être dans l’ensemble des pays de l’Union européenne. Sa photo, disons plutôt celle du moignon de sa jambe gauche. Une image choc comme l’impose depuis 2016 la politique contre le tabac. Mais surtout choquante pour cet Albanais installé à Metz depuis quelques années. Il n’a signé aucune autorisation pour l’utilisation de ce cliché ». Plus curieux encore, il y a tromperie sur le message diffusé : ‘’Fumer bouche vos artères’’  dénonce la marchandise. Or, l’amputation de ce membre n’a aucun lien avec le tabagisme. 

« Le fils du sexagénaire est tombé le premier sur l’image. ‘’Il revenait du Luxembourg. Sans rien nous dire, il dépose une grosse boîte de tabac à rouler sur la table, raconte sa sœur qui joue la traductrice pour son père. On est restés interdits un moment… On n’y croyait pas. » La photo montre un tronc, une jambe coupée assez haut. Ils la connaissent assez pour n’avoir aucun doute. « C’est celle de notre père. Ses cicatrices sont caractéristiques.’’ L’avocat messin de la famille, Antoine Fittante, confirme : ‘’Chaque cicatrice est spécifique, unique. Cet homme a également des traces de brûlures sur l’autre jambe, c’est très net. Un expert n’aura aucune difficulté à identifier l’image.’’

Oublier la fusillade en Albanie

« Depuis son arrivée en France, et son installation auprès de ses enfants parfaitement intégrés, cet homme rêvait d’un appareillage pouvant l’aider à marcher sans béquilles. Et à oublier cette fusillade en Albanie qui l’a estropié à vie en 1997. Il y a cru lorsqu’un orthopédiste l’a envoyé en 2018 vers un spécialiste de l’hôpital militaire Legouest à Metz. Des photos – dont celle diffusée – ont été envoyées pour évaluer les possibilités. Le patient a passé une IRM. ‘’On avait espoir. Vraiment. Mon père vit avec des béquilles depuis plus de vingt ans. Il ne s’était jamais résigné. Il a toujours espéré retrouver de l’autonomie. Pour lui, c’était synonyme d’une nouvelle vie’’, sourit sa fille.

« La petite flamme s’est éteinte en même temps que la découverte de l’image sur les paquets. ‘’On n’a plus jamais eu de retour du médecin de Legouest.’’ Le patricien n’y travaille plus aujourd’hui.

« Les explications de la Commission européenne n’ont pas permis de retracer le parcours de la photo. Parce que ‘’ la personne dont vous nous avez communiqué le nom ne figure pas dans la bibliothèque de ces images destinées aux avertissements de santé’’, a-t-elle répondu. Cela soulève une autre question : quelqu’un a-t-il signé le document de consentement sous un autre nom ? ‘’La commission va devoir me produire ces éléments’’, prévient Me Fittante.

Le Monde et ses « Décodeurs » ont travaillé le sujet et concluent que ce témoignage « souffre de sérieuses incohérences » « La chronologie invalide la version des faits avancée par ce monsieur, sa famille et son avocat, estiment-ils. La présence de ces photographies sur les paquets de cigarettes est obligatoire depuis 2016. Selon la Commission européenne, le choix des quarante-deux images – qui ont été successivement utilisées à partir de 2016 – a été arrêté dès 2014. La directive, diffusée le 10 octobre 2014, inclut la ‘’ bibliothèque de mises en garde assorties d’images à appliquer sur les produits du tabac’’. La photographie de la personne unijambiste fait bien partie de la série, ce qui rend impossible la version du sexagénaire albanais qui affirme que le cliché date de 2018 ».

Interrogée par Le Parisien, la Commission a assuré que la photographie a été acquise et utilisée dans le respect des droits de la personne à l’image, qui ne serait pas le sexagénaire qui s’est exprimé dans la presse : « Nous disposons de l’identité, de l’accord et des droits pour toutes les personnes photographiées pour cette campagne. Au vu des informations dont nous disposons, nous pouvons affirmer sans aucun doute que cet individu n’en fait pas partie. »

Pourquoi en rester là ?

De nombreuses preuves confirment que l’image date d’avant « mai ou juin 2018 » et n’a donc pas pu être prise lors du séjour du sexagénaire à l’hôpital. Des documents officiels émanant de la Commission européenne, ou encore de l’agence suédoise de santé publique et hébergé sur de nombreux sites, par exemple le site spécialisé Tobaccolabels.ca  et datés de 2014, 2015 ou 2016 comportent ainsi la photo en question.

Qui dit la vérité vraie ? Et comment conclure ? Par exemple en observant les limites de ces affichages « sanitaires », l’inefficacité de ces clichés tenus pour effrayer celles et ceux qui sont devenus esclaves de l’addiction au tabac. Des esclaves rapidement devenus insensibles à des images de corps souffrants, horreurs qu’ils ne voient plus, slogans-choc qu’ils ne lisent plus.

Pourquoi en rester là ? Pourquoi jouer à ce point petit bras ? Pourquoi, par exemple, ne pas indiquer sur toute la surface du paquet, le montant exact des taxes prélevées par l’Etat sur ce toxique addictif en vente libre ?

A demain @jynau

Empoisonnements: spectaculaires prolongements de l’affaire de l’anesthésiste de Besançon

Bonjour

On le pressentait : le parquet de Besançon a annoncé jeudi 16 mai avoir engagé des poursuites contre le Dr Frédéric Péchier, anesthésiste-réanimateur, pour « empoisonnement sur personne vulnérable » visant dix-sept nouveaux cas d’empoisonnements présumés, dix-sept qui s’ajoutent aux sept pour lesquels il avait déjà été mis en examen en 2017. Soit, d’ores et déjà une affaire sans précédent connu en France – affaire qu’il convient de totalement dissocier de celles recensées sur font de pratiques euthanasiques et de décès « dans la dignité.

« Ce sont 17 dossiers qui ont été retenus » portant sur des arrêts cardiaques survenus lors d’interventions chiururgicales sur des patients âgés de 4 à 80 ans dont « sept n’ont pas survécu », a détaillé le procureur de la République Etienne Manteaux, précisant qu’il avait requis le placement en détention du médecin. Le médecin a été présenté dans la soirée à un juge des libertés et de la détention en vue d’une éventuelle incarcération, requise par le parquet, mais a finalement été laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Ce qui ne manque pas d’interroger.

Après la première mise en examen de 2017 la justice avait  activement poursuivi son travail d’enquête – le parquet ayant ouvert « discrètement » une enquête préliminaire  qui durait depuis deux ans ; enquête concernant une cinquantaine d’autres accidents médicaux suspects qui pourraient dissimuler des « faits d’empoisonnement potentiels » dans des établissements où a exercé le médecin.

Parmi ces « événements indésirables graves », il y aurait quinze décès, avait révélé mercredi 15 mai le quotidien Le Parisien-Aujourd’hui en France. Et plusieurs corps avaient été exhumés en 2018 dans le cadre de cette enquête à bien des égards exceptionnelle.

La famille d’un petit garçon de 4 ans, opéré des amygdales en février 2016, a également fait savoir aux médias qu’elle avait porté plainte contre le médecin. Teddy souffre aujourd’hui de séquelles psychologiques que sa famille attribue à un arrêt cardiaque inexpliqué au cours de cette opération. Ses parents avaient déjà déposé plainte contre X au début de 2017. L’expertise médicale ordonnée avait « conclu à un accident inexpliqué avec une suspicion de choc anaphylactique, un choc allergique qui peut être mortel », selon France Bleu.

Frissons et présuppositions

Où l’on en revient à l’image du « pompier pyromane » ou, plus précisément, à la notion de « frisson de la réanimation ». Depuis le début de ses ennuis le Dr Péchier nie catégoriquement les faits. « Mon client dit passer sa vie à réanimer les gens, pas à les tuer », avait déclaré au début de l’affaire son avocat, Me Randall Schwerdorffer, précisant que « l’accident ou la négligence restent des hypothèses tangibles ». Ce dernier dénonçait aussi une « accusation ahurissante et fragile » et mettait en cause un autre médecin. « Il y a bien un empoisonneur, mais ce n’est pas lui », affirmait-il. Dans un contexte de rivalité entre médecins, il mettait notamment en cause un autre anesthésiste qui« a reconnu avoir posé deux des diagnostics » permettant de réanimer les patients empoisonnés.

Mais pour le parquet, les « indices graves et concordants » permettent de « présupposer l’administration volontaire de substances mortelle» de la part du Dr Frédéric Péchier. Après les premières révélations, le médecin avait été laissé libre sous contrôle judiciaire, avec l’interdiction d’exercer sa profession. Toutefois il y a un an la cour d’appel de Besançon lui avait permis de pratiquer des consultations d’anesthésie dans des établissements situés hors du département du Doubs – sans accès aux blocs opératoires et aux produits présentant un danger pour les patients.

Reste, au-delà du frisson, la troublante question des mobiles. « Le procureur Manteaux a, rapporte Le Parisien (Louise Colcombet, souligné que les incidents  »survenaient toujours lors de conflits intenses » dans la clinique. Admiré par les uns, détesté par les autres, Frédéric Péchier aurait pu agir pour briller face à ses confrères et construire sa légende personnelle. »

A demain

@jynau

Tabagisme : combien de temps encore le buraliste sera-t-il «fier de sa carotte rouge» ?

Bonjour

Dernières nouvelles du front tabagique : les prix montent, les ventes officielles diminuent légèrement tandis que la contrebande augmente. Un grand classique du commerce des produits addictifs qui ne sont pas illicites. Dans ce contexte les chiffres du « nombre de fumeurs » avancés par les autorités sanitaires n’ont guère de signification – sinon celle d’afficher l’efficacité de la politique mise en œuvre visant à « un paquet à 10 euros en 2020 ».

 Reste une certitude : les conséquences de la baisse des ventes officielles sur les 24 500 débits de tabac de l’Hexagone.   Peut-on d’ores et déjà comparer l’avenir des buralistes à celui des sidérurgistes ? Les prix augmentent et les médias interrogent Philippe Coy, dynamique président de la Confédération des buralistes. Lemondedu tabac.com a repris ses dernières déclarations sur France Info. Propos édifiants quant à l’écartèlement de ces débitants :

France Info  : L’objectif annoncé est le paquet de cigarettes à 10 euros en 2020. Cela vous inquiète ?

Philippe Coy : Cela fait du tort au réseau (des buralistes) : les volumes (des ventes de paquets de cigarettes( se retrouvent impactés, la fréquentation de nos magasins aussi. On peut être totalement favorable au plan de santé mis en place par le gouvernement, mais aujourd’hui, un paquet à un prix aussi élevé reste pour nous un souci puisque nous avons le prix le plus élevé de l’Europe occidentale. L’année dernière, le volume a été impacté de 9,3 % : c’est toujours des fréquentations de clients en moins et si on peut comprendre cette politique, il est important pour nous que le dispositif européen soit plus performant, puisque la santé de tous les Européens doit compter et l’Europe n’est pas protectionniste dans ce domaine-là.

Accompagner la santé publique grâce à la cigarette électronique

F. I. : Vous comprenez cet objectif de santé publique ?

P.C.: Personne n’est contre la santé publique. La hausse de la fiscalité ne doit pas être le seul outil pour lutter contre le tabagisme: il devrait y avoir plus d’éducation, plus de prévention. Aujourd’hui, il y a 24 500 entrepreneurs qui peuvent être inquiets. Nous avons lancé un grand plan de transformation, nous accompagnons la santé publique à travers le dispositif de vapotage, mais le prix ne doit pas être le seul argument.

F.I.  : Vous faites une croix sur le tabac ?

P.C. : Non, je suis très fier de ma carotte rouge 1 devant mon établissement. Je m’adapte aussi aux usages des consommateurs parce que quand on fait du commerce, c’est bien pour répondre aux besoins des consommateurs.

Il est évident que notre métier principal, notre ADN, est autour de la vente du tabac, des produits de vapotage, des produits de services. Je suis commerçant et quand un réseau accueille chaque jour 10 millions de Français, il est nécessaire de s’adapter aux comportements de nos clients. Pour demain, il faut que nous proposions plus de services, plus de proximité, plus d’offres pour que le Français puisse nous fréquenter toujours aussi régulièrement.

 A demain

@jynau

1 La « carotte », c’est d’abord le nom donné à cette enseigne rouge que l’on trouve à l’entrée de tous les bureaux de tabac. C’est une obligation légale : tous les buralistes sont obligés d’arborer cette signalétique depuis 1906 , pour indiquer qu’ils vendent du tabac. Elle a d’ailleurs beaucoup évolué : elle n’était pas nécessairement rouge à l’origine, parfois marron. « Aujourd’hui, elle doit être obligatoirement lumineuse » affirme France Bleu. Pourquoi ?

L’une des explications souvent entendues au sujet de l’origine de ce symbole est que la carotte permet une meilleure conservation du tabac. Mettre un morceau de carotte dans un pot à tabac permet de le maintenir frais, c’est vrai… Mais ce n’est pas la véritable explication. Mais alors, d’où vient la forme et le nom de cette enseigne ? C’est une évocation de la vente du tabac telle qu’elle se faisait au XVIe siècle : à l’époque, le tabac était vendu en feuilles, que l’on mâchait ou que l’on fumait .

Or ces feuilles n’étaient pas rassemblées en paquets, mais en petits rouleaux ficelés… ressemblant à des carottes ! De plus, pour consommer ces rouleaux de tabac, le fumeur (ou le mâcheur) devait le râper, comme une carotte ! Depuis, l’usage du tabac, désormais tassé dans des cigares ou des cigarettes, a changé, mais le symbole de la carotte est resté.  Pour France Bleu, cette carotte « enseigne culte » fait partie du patrimoine français.

Vos urgences sont saturées ? Une idée : dénoncez la situation à votre Agence Régionale de Santé !

Bonjour

Faudrait-il en venir là ? C’est l’une de ces riches informations locales évoquée de temps à autre par Le Quotidien du Médecin (ici Anne Bayle-Iniguez). Une information en provenance de nos territoires impactés. Et, en l’espèce, dans le département trop méconnu de la Mayenne.

« C’est une affiche de format A4, presque un bout de papier, qui fait parler de lui depuis plusieurs jours à Laval, explique Le Quotidien. Retirée depuis du service des urgences de l’hôpital de la ville, où elle avait été apposée en fin de semaine dernière de façon anonyme, l’affichette s’adressait ‘’aux usagers du service des urgences du CH Laval’’, en leur suggérant d’aller ‘’manifester[leur] colère » contre les délais d’attente ‘’interminables’’ ‘’en écrivant directement à l’ARS, 17, boulevard Doumergue, 44 262 Nantes cedex 2’’ »

Une bouteille dans la Mayenne, en somme ; la conséquence de la saturation du service – 94 passages par jour en moyenne pour des locaux et des effectifs prévus pour 75 – et les fermetures de lits – dont plusieurs dizaines « dans les mois à venir ». « Nous ne demandons pas d’argent mais juste les moyens de faire correctement notre travail pour vous offrir une qualité de soins que vous êtes en droit d’exiger ».

Magnanime direction

Originale, l’initiative a été évoquée par les « médias locaux ». Ce qui n’a pas été du goût d’André-Gwenaël Pors, directeur de l’hôpital de Laval depuis la fin 2013. Selon lui cette affichette n’est qu’un un « tract ». Et qui plus est un tract utilisé début 2018 au moment où le service des urgences connaissait une « grève larvée de deux-trois mois, dans un contexte de préparations des élections professionnelles », explique-t-il au Quotidien. « C’est une initiative individuelle et spontanée (…). C’est peut-être le fait d’un médecin, mais je ne vais pas sanctionner, même si ni la méthode ni le message ne sont très propres », précise-t-il. Où l’on voit qu’une direction hospitalière peut, vis-à-vis de ses employés, fussent-ils médecins, être magnanime.

Reste, au delà du méprisable papier, le fond du problème : la saturation chronique du service, que le directeur prend soin de tempérer sans pour autant la nier.  Les urgences du centre hospitalier de Laval ont reçu en moyenne 96 patients par jour en 2018 (+ 2,7 % par rapport à 2017, avec des pics à 135 passages par jour) – et ce alors que « l’organisation interne, de 20 ans d’âge, est prévue pour 60 patients adultes par jour ». « Ce n’est pas normal », concède le directeur  qui néanmoins conteste le discours syndical relayé par France Bleu : « ‘’On court ver une catastrophe sanitaire ! » la CGT du CH Laval alerte sur la situation des urgences ».

Le directeur réfute l’argumentaire liant saturation du service à fermeture des lits. Pour lui le mal est en ville :  la démographie médicale libérale déclinante en ville et les non-remplacements des départs en retraite qui se succèdent depuis quatre à cinq ans à Laval. Et le « tract » ? Contactés par Le Quotidien les personnels des urgences de Laval ont confirmé le retrait de l’affichette mais n’ont pas souhaité répondre à plus de questions.

A demain

@jynau

 

Agnès Buzyn laissera-t-elle longtemps gonfler l’abcès psychiatrique de Saint-Etienne ?

Bonjour

Un esprit dérangé rirait de la coïncidence.

C’est un communiqué de presse de la Haute Autorité de Santé : « Améliorer la coordination des soins dans le domaine de la santé mentale ».

C’est une enquête de France Bleu : « La folle mise au ban de la psychiatrie à Saint-Étienne » (David Valverde). Où l’on  retrouve l’invraisemblable abcès psychiatrique stéphanois.   Le service hospitalier de psychiatrie est maintenant en grève depuis le 13 septembre. Une révolte pour dénoncer le manque criant de moyens dont les malades mentaux sont les premières victimes.

« Malgré les propos rassurants de la direction de l’hôpital sur l’antenne de France Bleu Saint-Étienne Loire ces dernières semaines, il semble que les choses ne s’améliorent pas, bien au contraire. La situation ne cesse de se détériorer selon les professionnels de santé et les familles de malades que France Bleu a pu rencontrer. Ce mardi matin, les psychiatres sont « convoqués par le directeur de l’hôpital. Depuis dix-huit mois, ce sont dix-huit médecins qui ont quitté leur poste.  

« En novembre et décembre prochains, trois d’entre eux vont quitter la Charité et laisseront 315 patients sans suivi. Aujourd’hui, faute de médecins, 140 patients sont sur liste d’attente pour être soignés, liste qui grandit chaque jour, car depuis début juillet, aucun nouveau malade n’est accepté, sauf ceux qui passent par les urgences.  Les personnes condamnées par la justice à des obligations de soins ne peuvent plus être suivies. Il n’y a pas la place.  Aujourd’hui, les courriers envoyés par les professionnels de santé, par les associations de familles de malades à l’Agence Régionale de Santé et au ministère de la santé sont restés lettres mortes. » 

Aujourd’hui, poursuit France Bleu,  il n’y a plus assez de médecins expérimentés pour accompagner des étudiants internes, parfois parachutés, par défaut à des postes à responsabilité, à des salaires d’assistants. Les familles de malades et les personnels soignants redoutent qu’il faille un jour un drame impliquant un malade mal ou non suivi pour que des mesures nettes soient prises pour redonner des moyens à la psychiatrie hospitalière stéphanoise.

A Paris la Haute Autorité de Santé estime que dans la prise en charge des patients souffrant de troubles mentaux, la coordination entre les médecins généralistes et les autres acteurs de soins (psychiatres, psychologues, infirmiers, etc.) est « insuffisamment développée ».

Pour un peu on en rirait.

A demain

Emmanuel Macron autorisera-t-il la culture du cannabis récréatif au profit des EHPAD ?

Bonjour

 Jacques Pédehontaà est un homme responsable : maire de la commune de Laàs (Béarn des Gaves), conseiller départemental, et président de l’Agence de développement touristique du Béarn et du pays basque. En mars 2016, dans les allées du salon international de l’agriculture, M. Pédehontaà invitait le ministre de l’Economie à venir dans les Pyrénées-Atlantiques. Croisant Emmanuel Macron il l’a salué « comme s’il s’agissait d’un vieil ami ». Puis, l’étreignant, il lui a murmuré quelques mots à l’oreille – l’invitant notamment à venir dans les Pyrénées-Atlantiques. Une scène immortalisée par Francine Trouilh, membre de la confrérie de la Blonde d’Aquitaine de Sauveterre-de-Béarn.

 Aujourd’hui Jacques Pédehontaà « que l’on dit proche de Francois Bayrou » – vient d’écrire à Emmanuel Macron pour lui exposer un projet original : lancer, à titre expérimental et pendant trois ans, la culture du cannabis (à usage thérapeutique et récréatif) sur 10 à 20 hectares dans le Territoire du Béarn des Gaves (cinquante-trois communes des Pyrénées-Atlantiques). Le 26 juin il a détaillé sa proposition, reprise par  France Bleu). Objectif : « préserver les services de proximité et améliorer le revenu des exploitations agricoles » ;  permettre aux paysans locaux la culture et la transformation ; aux pharmaciens, la vente du cannabis thérapeutique ; aux buralistes, la vente du cannabis récréatif. Le tout sous le contrôle des autorités républicaines. Jacques Pédehontaà :

« Nous, ce qu’on propose au président de la République, c’est de lui dire qu’on est prêt à maîtriser toute la filière et faire une expérimentation dans l’attente de la légalisation. Vous pourrez contrôler, mesurer l’efficience du dispositif et de l’expérimentation. Il y a un enjeu majeur en termes de fiscalité pour l’État à s’emparer de ce débat et à l’encadrer. Parce que ce sont des milliards … d’une économie qui est aujourd’hui souterraine en France.

« Cette économie permettrait aux agriculteurs de mieux vivre, aux buralistes de mieux vivre, aux pharmaciens de mieux vivre, et surtout, l’argent perçu par l’État pourrait être réorienté vers l’école et la prévention, l’agriculture ou encore les EHPAD, le monde médical et la ‘’silver économie’’. Il y a là une possibilité importante de réorienter et de redresser les choses ».

Piment d’Espelette

A  la différence des responsables de la communauté d’agglomération du « Grand Guéret « (Creuse) qui réclame le droit de cultiver du cannabis à usage thérapeutique, l’édile béarnais mise aussi sur l’usage du cannabis récréatif  – qui ne serait vendu que chez les buralistes. Jérôme Récapet, président de la chambre syndicale des buralistes de Béarn et Soule,  est prêt « à jouer le jeu » :

« Aujourd’hui, il y a de moins en moins de fumeurs. On sait très bien qu’il va falloir faire d’autres choses, être dynamiques, être de vrais commerçants et non plus seulement des débitants de tabac. Alors pourquoi pas le cannabis ? C’est très avancé de vous dire ça, mais participer au projet, se poser les bonnes questions …oui. Après on verra ce qui peut être fait ».

Le maire de Laàs assure aussi avoir obtenu l’accord d’une vingtaine d’agriculteurs, prêts à cultiver le cannabis et à en assurer la transformation. Jean-Marc Maisonnave, producteur de kiwis et responsable de la FDSEA dans le canton de Sauveterre-de-Béarn :

« On veut essayer de développer notre agriculture, mais franchement j’aurais préféré que ça reste thérapeutique parce que fumer du cannabis, ce n’est pas bon pour la santé, ce n’est pas bon pour nos jeunes. Mais ça se développe dans tous les pays – et nous avons déjà fait de la culture de chanvre, qui était très encadrée ».

Opium, cocaïne et Hospices de Beaune

Au moment où le Palais de l’Elysée recevait la lettre postée à Laàs, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime annonçait que la production mondiale de cocaïne (essentiellement en provenance de Colombie) et celle d’opium (principalement d’Afghanistan) venait d’atteindre son plus haut niveau historique. La production mondiale d’opium a bondi de 65 % de 2016 à 2017 pour atteindre 10 500 tonnes. Et la fabrication mondiale de cocaïne s’approche des 1500 tonnes.

Corollaire : les surfaces de culture de pavot à opium ont progressé de 37 % au niveau mondial entre 2016 et 2017, atteignant aujourd’hui 420 000 hectares.  Quant à la la culture de feuille de coca elle se fait aujourd’hui sur 213 000 hectares au niveau mondial, dont 69 % se trouvent en Colombie.

Vérité au-delà des Pyrénées, erreur en deçà ? Autoriser la culture du cannabis au profit des EHPAD ? On espère que le maire de Laàs aura expliqué au président de la République que cette entreprise ne serait pas très éloignée du maillage solidaire qui, jadis, voyait la culture de la vigne soutenir le budget des hospices. Une solidarité dont on retrouve encore la trace, aujourd’hui, ici ou là. Comme lors de la vente annuelle de quelques grands crus bourguignons au profit des malades des Hospices de Beaune.

A demain

 

 

 

Deux morts dans l’attente des urgences : l’onde de choc, la réaction politique d’Agnès Buzyn

Bonjour

Accepter ou s’indigner ? Ce sont bien évidemment les réactions d’indignation qui affluent. L’annonce de la mort, de deux personnes de 90 ans, mi-avril et début mai, dans la salle d’attente des urgences du CHU de Tours a rapidement pris une ampleur nationale. On sait aujourd’hui que l’une des deux personnes est restée plus de six heures sur un brancard et la seconde plus de quatre heures.

Un infirmier aux urgences de nuit a déclaré à l’AFP : «Ces personnes ont été vues par les infirmiers d’accueil. Elles n’ont pas pu être placées en box pour être examinées médicalement et se voir prodiguer les soins nécessaires suffisamment tôt. Elles sont décédées dans une salle d’attente, post-triage, sur des brancards au milieu d’autres personnes qui attendaient d’être prises en charge». Cet infirmier dénonce «un goulot d’étranglement à l’entrée des urgences qui crée un temps d’attente inacceptable».

Le Pr Gilles Calais, président de la Commission médicale d’établissement et membre de la direction du CHU de Tours, a déploré également auprès de l’AFP que «ces patientes en détresse médicale importante, grave, soient décédées dans des délais entre 4 et 8 heures après leur admission». « Des patients en fin de vie doivent-ils mourir aux urgences? Non. Il faut réguler les flux en amont, explique-t-il. Nous avons deux cents décès aux urgences chaque année. La majorité surviennent dans ces conditions-là. Ce n’est pas une problématique spécifique au CHU de Tours. »

Droit d’alerte

Localement les soignants hospitaliers dénoncent un manque d’effectif, de moyens et de temps pour s’occuper des patients admis aux urgences.  Anita Garnier, infirmière de nuit à Trousseau, (syndiquée Sud) a résumé à La Nouvelle République sa vision de la situation :

« On dénonce l’impossibilité de prendre en charge correctement les patients dans ce service, qui enregistre en moyenne plus de 150 passages par jour. Des décès aux urgences, il y en a souvent, tous les jours malheureusement, mais ce sont les conditions de la mort de ces deux patients qui ne nous conviennent pas, dans la salle d’attente précisément. « Ces deux défunts n’ont pas eu le droit de mourir dans la dignité, avec un proche à leur côté, dans un box individuel, et n’ont pas pu avoir les soins d’hygiène nécessaires. Nos personnels n’ont pas eu la possibilité de leur offrir cela, à cause du flux et du manque de lits dans une salle bondée. » 

Sud Santé avait déjà, précisément, prévenu des risques aux urgences en déposant le 3 février dernier, un droit d’alerte portant sur les conditions de travail et d’accueil au sein des urgences. Ils dénonçaient alors des salles d’attente bondées, et les possibles conséquences dans la qualité de la prise en charge.

Insupportable

Accepter ou s’indigner ? Le fonctionnement du CHU de Tours est affecté depuis plusieurs mois par une série de mouvement de grève touchant différents services – sur fond de suppression de lits, de restructuration et de tension croissante entre la direction et les syndicats hospitaliers. François Braun, président de Samu-Urgences de France, dénonce une situation inacceptable et appelle justement à une réorganisation du dispositif. « Tout cela montre l’urgence de repenser tout le système, mais pas un petit bout du système., dit-il. Quand vous travaillez aux urgences, c’est pour sauver des gens. Quand il arrive un drame comme celui là, ils sont directement touchés dans leur chair. »

Accepter ou s’indigner ? Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé a jugé nécessaire, au vu de l’émotion suscitée par la découverte de ces deux décès, de prendre la parole, parole terrible reprise par France-Bleu  :

« Franchement, évidemment c’est insupportable. Moi même, je me rappelle quand j’étais médecin d’avoir vu des personnes âgées sur les brancards dont personne ne s’occupait. Je sais à quel point les conditions se sont dégradées depuis 10 ou 15 ans.  Ce n’est pas l’arrivée au pouvoir de ce gouvernement, qui fait que tout d’un coup, cela explose. On rabote les moyens de l’hôpital. Il faut revoir qui fait quoi entre la médecine de ville et la médecine hospitalière. Je m’engage à une transformation systémique de notre système de santé. »

La ministre pressent-elle qu’il faudra transformer plus, beaucoup plus, que « notre système de santé » ? Le Comité national nationale d’éthique vient de dénoncer la concentration, la «ghettoïsation» et l’abandon de nombreuses personnes très âgées au sein de notre société. Que pourra, ici, Agnès Buzyn ?

A demain

Autisme et politique : Emmanuel Macron annonce un prochain remboursement du dépistage

 

Bonjour

Tout aurait dû n’être connu que demain. Mais Emmanuel Macron n’a pas résisté à brûler quelques politesses : il a ainsi, dès ce 4 avril, annoncé « au moins 340 millions d’euros prévus sur cinq ans ». Une somme destinée à « un renforcement des investissements dans la recherche sur l’autisme ». Et une annonce faite à l’occasion d’un déplacement présidentiel (perturbé) au CHU de Rouen – avec visite du président dans une unité de détection précoce.

« On va investir dans la santé, c’est essentiel. Il y a des réorganisations à faire, a expliqué le président Emmanuel Macron aux personnels de santé du CHU de Rouen. Pour moi, l’autisme, c’est une cause essentielle. Pour beaucoup de familles, ce sont des vies qui sont bouleversées. Le cœur de ce que nous voulons faire, c’est de renforcer nos investissements en matière de recherche ». a insisté le président de la République. Il était accompagné d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé et de Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées – ainsi que de son épouse Brigitte Macron.

L’unité du CHU de Rouen visitée est spécialisée dans le diagnostic précoce des troubles du spectre autistique – il faut en moyenne un an et demi pour obtenir un diagnostic en France. « Il faut avoir un diagnostic le plus tôt possible. Nous allons généraliser la formation de tous les professionnels, pédiatres, médecins, pour avoir, au 9e mois ou au 24e mois, aux consultations prévues, le réflexe de vérifier le minimum et alerter sur un trouble psycho-autistique » a déclaré Emmanuel Macron.

« En matière de politique de l’autisme, la France n’est pas au niveau , avait récemment reconnu Mme Cluzel. Les familles concernées sont trop souvent exposées à un parcours du combattant indigne de notre République et la France se trouve loin derrière de nombreux pays de l’OCDE en matière de recherche. »

Selon l’AFP, le président de la République a évoqué la mise en place d’un « forfait de remboursement pour les parents à partir du 1er janvier 2019 » pour les dépistages  ainsi que « le développement d’une école inclusive». Mais encore ? Il ne reste plus demain, au Premier ministre Edouard Philippe, que de détailler la mise en place concrète des mesures.

A demain