#Metoo au Mans : mise en examen pour viols et agressions sexuelles d’un psychiatre de 72 ans

 

Bonjour

La vie comme elle va, dans la Sarthe et les médias. Le 10 janvier un psychiatre installé au Mans a été mis en examen pour « viols et agressions sexuelles ». C’est ce que révèlent les médias locaux, dont France Bleu -ainsi que le site d’informations Mediapart.

Selon ces médias, l’information judiciaire a été ouverte après une garde à vue du médecin  pendant 48 heures, résume Le Quotidien du Médecin. Elle fait suite à la plainte d’une patiente déposée à la mi-décembre. C’était la première plainte déposée devant la justice à l’encontre de ce spécialiste. Ce dernier avait en revanche fait l’objet d’une série de plaintes devant l’Ordre des médecins – plaintes restées sans suite pour la plupart, comme l’explique Mediapart.

Accusé à trois reprises de viol, en 1995, en 2004 et en 2017, le médecin avait été condamné en octobre 2017 à trois mois de suspension pour « gestes déplacés sur ses patientes ». La qualification de viol n’a pas été retenue par la chambre disciplinaire de première instance « faute de preuves ». Le psychiatre avait décidé de faire appel.

Témoignages

Selon les témoignages des femmes qui ont porté plainte contre ce médecin (témoignages recueillis dans le détail par France Bleu), le psychiatre leur caressait les cheveux, les embrassait ou encore leur demandait d’enlever leurs vêtements lors des consultations, pour ensuite avoir des relations sexuelles avec elles. L’une d’elles, suivie depuis 2001 par le médecin après le décès de son mari, a toutefois finit par porter plainte au pénal – et ce  « à la suite de l’affaire Weinstein et après avoir arrêté un médicament »« Je me suis rendu compte qu’il m’avait manipulée physiquement et moralement », témoigne-t-elle, en précisant qu’elle n’a pas réagi car elle était très fragile au moment des faits.

Une autre femme affirme avoir été victime d’attouchements sexuels répétés et d’un viol à partir de ses 16 ans – le médecin est l’un des seuls à être aussi pédopsychiatre dans le département. Elle consultait « à la suite du suicide de son frère et de la séparation de ses parents », rapporte Médiapart. Seule la plainte déposée en 2016 aboutira à une sanction en 2017.

Âgé de 72 ans, installé depuis près de quarante ans, le médecin exerçait toujours. « Le procureur de la République a décidé de mettre en examen le psychiatre à l’issue de sa garde à vue. Une information judiciaire est ouverte pour viols, agressions sexuelles, écrit France Bleu.  Il est aussi placé sous le statut de témoin assisté pour abus de faiblesse. Selon le procureur, il pourrait y avoir d’autres victimes. Une perquisition a d’ailleurs été menée hier matin au cabinet du psychiatre. Le procureur de la République a requis son placement sous contrôle judiciaire avec une interdiction d’exercer son métier jusqu’à nouvel ordre. Le médecin manceau nie les accusations de viols et d’agressions sexuelles. D’après nos informations, il aurait reconnu avoir eu avec sa patiente des relations sexuelles consenties. Ce qui évidemment est contraire à code de déontologie de la médecine. »

La vie comme elle va, dans la Sarthe, l’Ordre et les médias.

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Le Conseil d’Etat a finalement tranché le cas d’Inès, 15 ans, en « état végétatif persistant »

Bonjour

Tragédie moderne. Soit le cas d’ Inès, âgée de 15 ans, en « état végétatif persistant » depuis juin 2017, conséquence d’un arrêt cardio-respiratoire  chez cette jeune fille atteinte d’une myasthénie auto-immune. Inès au cœur d’une bataille médicale et judiciaire opposant ses parents au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Nancy.

Le 7 décembre, la justice avait donné raison au CHRU qui souhaitait « laisser mourir la jeune fille ». Les parents d’Inès refusent l’arrêt des soins. « Notre fille nous appartient, pas aux médecins, affirme sa mère. Tant qu’il n’y a pas de certitude, c’est comme si j’autorisais son crime.  Je trouve qu’elle est consciente par moments. » « Ils veulent qu’on maintienne leur fille en vie, car ils veulent croire en une guérison » explique Me Frédéric Berna, leur avocat. Des parents persuadés que leur fille est encore capable de certains mouvements – volontaires selon eux. Des « mouvements réflexes » affirment les médecins. Nous avions, il y a peu, évoqué cette tragédie moderne.

 Que peut la justice éclairée par la médecine ? Trois experts, mandatés par le tribunal administratif, ont estimé qu’Inès était plongée « dans un état végétatif persistant » et qu’elle « n’a pas et n’aura plus jamais la capacité d’établir le moindre contact » avec ses proches. Que peut la médecine ? Le CHRU de Nancy a lancé une « procédure collégiale » visant à arrêter les soins. Les parents avaient saisi la justice administrative pour s’y opposer. Ils avaient quinze jours pour contester la décision du tribunal administratif de Nancy devant le conseil d’Etat, ce qu’ils ont fait.

Et le Conseil d’Etat a validé, vendredi 5 janvier, la possibilité que les médecins de l’hôpital de Nancy puissent procéder à l’arrêt des soins d’une adolescente de 14 ans, dans un état végétatif depuis juin, mais que les parents refusent de laisser mourir : « Traitements administrés à une enfant. Le Conseil d’État se prononce sur une décision médicale d’arrêter les traitements administrés à une enfant se trouvant dans un état végétatif persistant ». Ecoutons les magistrats du Palais Royal :

« (…) selon le rapport des trois médecins experts rendu à la demande du tribunal administratif de Nancy, le pronostic neurologique de l’enfant est « catastrophique » et qu’elle se trouve dans un état végétatif persistant, incapable de communiquer avec son entourage, le caractère irréversible des lésions neurologiques étant certain dans l’état actuel de la science.

Nouvelle lecture diagnostique des comas profonds

« Il indique également qu’il est impossible de déterminer quelle aurait été la volonté de l’enfant et relève que les parents de l’enfant s’opposent à l’arrêt des soins. Toutefois, malgré cette opposition, au vu de l’état irréversible de perte d’autonomie de l’enfant qui la rend tributaire de moyens de suppléance de ses fonctions vitales et en l’absence de contestation sérieuse tant de l’analyse médicale des services du CHRU de Nancy que des conclusions du rapport du collège d’experts mandaté par le tribunal administratif, il juge qu’en l’état de la science médicale, la poursuite des traitements est susceptible de caractériser une obstination déraisonnable, au sens des dispositions de l’article L. 1110-5-1 du CSP.

Par conséquent, la décision du 21 juillet 2017 d’interrompre la ventilation mécanique et de procéder à l’extubation de l’enfant répond aux exigences fixées par la loi et ne porte donc pas une atteinte grave et manifestement illégale au respect d’une liberté fondamentale. Le juge des référés du Conseil d’État rejette donc l’appel des parents contre l’ordonnance du juge des référés du tribunal de Nancy.

Il précise toutefois qu’il appartient au médecin compétent d’apprécier si et dans quel délai la décision d’arrêt de traitement doit être exécutée compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’espèce. En outre, la mise en œuvre de cette décision imposera en tout état de cause à l’hôpital de prendre les mesures nécessaires pour sauvegarder la dignité de la patiente et de lui dispenser les soins palliatifs nécessaires. »

En écho, donc, les mots d’une mère : « Notre fille nous appartient, pas aux médecins. Tant qu’il n’y a pas de certitude, c’est comme si j’autorisais son crime.  Je trouve qu’elle est consciente par moments. » Des mots qui entrent soudain en résonance avec la nouvelle lecture diagnostique des comas profonds que vient de proposer le PLionel Naccache (Institut du cerveau et de la moelle épinière, Pitié-Salpêtrière) dans la revue spécialisée Brain: « Minimally conscious state or cortically mediated state? »1.

C’est ainsi, parfois, que s’écrivent les tragédies modernes.

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1 « Le coma ne sera plus jamais ce qu’il a trop longtemps été » Slate.fr, 5 janvier 2018

Prévenir la mort subite du nourrisson augmente-il le nombre des «bébés à tête plate» ?

Bonjour

Qui trop prévient mal étreint ? C’est une polémique peu banale et un vrai dilemme de santé publique posé à la Haute Autorité de Santé (HAS). L’affaire est parfaitement résumée sur le site Medscape France (Dr Isabelle Catala).  Une association de patients – le Lien – a saisi la HAS quant au risque de plagiocéphalie (ou « bébés à tête plate ») en rapport  avec la couchage des enfants sur le dos tandis que des pédiatres des centre de référence de la mort inattendue du nourrisson (Ancrenim) redoutent que l’abandon du couchage sur le dos augmente le risque de survenue de mort inattendue.

Pour Le Lien trois mille enfants de plus de deux ans et demi sont atteints de cranioplagie en France, avec des conséquences parfois graves. Pour cette association la plagiocéphalie est liée à la diffusion de masse des recommandations de couchage sur le dos des enfants depuis les années 1990 précise Medscape. Elle parle de « troubles de diverses gravités, avec parfois des dégâts importants du développement psychique, cérébral ou physique du nourrisson. Ces troubles peu récupérables passé l’âge de deux ans et demi, entraînent chez certains enfants, un coefficient de développement abaissé associé à des problèmes biomécaniques, physiologiques, esthétiques et psychologiques.

Experts auto-proclamés

Pour leur part les pédiatres de l’association Ancrecim (Association des centres référents sur la mort inattendue du nourrisson) craignent que l’agitation autour des « bébés à tête plate » incite les parents à ne plus respecter la règle du couchage sur le dos qui évite chaque année des morts subites. Une crainte relayée par l’association « Naître et vivre » qui parle de« grave désinformation médiatique »:

« Parler de la plagiocéphalie n’autorise pas à anéantir 25 ans de prévention de la mort inattendue du nourrisson ! il faut continuer de coucher les bébés sur le dos, c’est vital… ! La préoccupation  de parents et de médecins concernant l’aplatissement du crâne de certains bébés, est bien sûr légitime. Cet inconvénient survient lorsque les bébés sont en permanence positionnés sur le dos, sans pouvoir bouger, et peut provoquer une déformation inesthétique. Cela n’est en rien incompatible avec les précautions de couchage diffusées depuis 25 ans et qui ont permis, en France comme partout dans le monde de réduire de 75% le nombre de morts inattendues du nourrisson. Elles ont été établies à partir de multiples études scientifiques, épidémiologiques et physiopathologiques publiées depuis 30 ans.

Rappelons l’efficacité de cette prévention à tous ceux qui n’en mesureraient pas immédiatement l’enjeu : on déplore encore en France chaque année 100 à 150 morts d’enfants qui auraient été évitables si les conseils de base avaient été respectés. Ainsi que les professionnels cités (« experts » auto-proclamés du sujet) qui semblent surtout avides d’assurer la   notoriété de leurs activités et de promouvoir leurs liens commerciaux, internet ou publicitaires, avec tout le mépris qu’ils expriment pour leurs « scarabées » de clients…. mais néanmoins pourvus de parents suffisamment aisés…  En fait, dans l’immense majorité des cas, le crâne des bébés concernés se remodèle spontanément avec la croissance et le développement de l’enfant. »

Couchage dorsal strict

Pour les pédiatres de l’Ancremin les recommandations internationales de couchage dorsal strict dans un environnement sécurisé de literie sont de mise « tant que le nourrisson d’arrive pas à se retourner sans aide ». « Le couchage sur le côté augmente singulièrement le risque de mort inattendue par basculement puis étouffement, tout comme les coussins ou cales-bébés, ajoutent-ils. Les plagiocéphalies sont avant tout dues au fait que le bébé soit empêché de varier ses postures et ne soit pas libre de sa motricité. »

Les experts de la HAS prendront sans doute connaissance du livre « Mon bébé n’aura pas la tête plate » des Drs Bernadette de Gasquet et Thierry Marck, ouvrage recommandé par Le Lien. Ainsi que des travaux du Pr Guillaume Captier, chef du service de chirurgie orthopédique et plastique pédiatrique du CHU de Montpellier. Ce dernier estime notamment qu’« en cas de déformation du crâne, ce n’est donc surtout pas le couchage sur le dos qui doit être remis en question, mais bien la mobilité cervicale de l’enfant ». On attend la synthèse et les conclusions de ces experts. Mettront-elles un terme à la polémique ?

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Qui vissera sa plaque dans les dunes dorées de Saint-Lunaire, petit bijou balnéaire breton ?

 

Bonjour

Au départ il y a Saint Lunaire (vers 509 – vers 560-580). Un saint catholique par ailleurs armoricain. Parfois appelé Lenor, Launeuc ou Lormel (voire Léonard). Son culte s’étend de la pointe occidentale de l’Armorique jusqu’aux marches de Bretagne – voire à l’Avranchin.

Puis vint Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine). Station balnéaire située à l’ombre de Dinard. « Son bourg s’étend sur les dunes sablonneuses (mielles) accumulées entre deux massifs de granite (bien lire granite) et grès se jetant de manière subméridienne vers la mer de la Manche, les pointes du Nick, du Décollé et de la Garde Guérin, nous dit la Toile. Avec l’urbanisation, seules subsistent les plages de sable fin (découvertes de quelque 300 mètres à grande marée) dites Grand’Plage et plage de Longchamp, toutes deux barrées de digues construites pour la promotion immobilière à la fin du XIXe siècle et dans les années 1930. »

Aujourd’hui rien ne va plus à Saint-Lunaire. « La prochaine saison touristique donne des sueurs froides à la mairie, rapporte Le Quotidien du Médecin.  Le Dr Françoise Robert, généraliste libérale [conventionné secteur 1. Carte Vitale acceptée], est en effet sur le point de prendre sa retraite. Problème, elle est le seul omnipraticien de cette petite commune de 2 300 habitants. »

Plaquette de bienvenue

La municipalité, dirigée par Michel Penhouët, n’est pas inactive. « Une communication tous azimuts se met en place, via des annonces diverses et notre site Internet », indique-t-il à Ouest-France : « Saint-Lunaire en quête de médecin(s) généraliste(s) ». Une « plaquette de bienvenue aux médecins généralistes » a été confectionnée. Elle sera bientôt sur internet.

« Elle vante les qualités du site lunairien : l’accueil et l’attractivité de la commune (300 logements construits en dix ans), des commerces de proximité, un marché hebdomadaire, des associations nombreuses, des animations… Gage pour les candidats médecins d’une patientèle assurée. Pour les loisirs, la plaquette mentionne aussi le yacht-club flambant neuf, des courts de tennis, deux centres équestres, le centre culturel et le cinéma, un golf à proximité… »

Mieux encore, le médecin ne sera pas isolé, dans son cabinet mis à sa disposition gratuitement pendant deux ans. Ici sont déjà installés un dentiste, quatre kinés, un podologue, quatre infirmières, un psychologue, un psychothérapeute, un ostéopathe…. Que dire de plus ? La commune a aussi sa pharmacie et SOS médecins est présent pour les gardes. Les médecins, parents d’enfants, ont également deux écoles à leur disposition, publique et privée et un restaurant scolaire bio.

Homards bleus

Vous hésitez ? Dinard est à 3 km, Saint-Malo à 15 km, Rennes à 45 minutes, Paris à 2 h 30 en TGV, et Londres à 1 h 15 au départ de l’aéroport de Pleurtuit. Ici le « bassin de vie de Dinard » abrite trente-deux généralistes. Saint-Lunaire n’est donc pas un désert médical. Et en saison la population du bijou balnéaire breton est multipliée par dix. Hier encore on serait venu ici à bride abattue.

« J’étais persuadé qu’à Saint-Lunaire, comme le cadre est extraordinaire, que l’on aurait aucun mal à recruter un médecin. Je me trompais ! », a confié le maire à France Bleu . La France change, la Bretagne aussiBien au-delà des déserts, un cadre extraordinaire, du sable fin, des homards bleus et un restaurant bio ne suffissent plus à attirer les médecins généralistes. Pourquoi ?

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Climat délétère. De quoi la « crise explosive » du CHRU de Besançon peut-elle bien être le nom ?

Bonjour

Le mal hospitalier commence désormais à s’exprimer dans les médias au-delà de la forteresse de l’AP-HP. On quitte le suicide du Pr Jean-Louis Mégnien et le « cabinet noir » de l’Hôpital Européen Georges Pompidou pour le CHRU de Besançon et sa « crise explosive ». L’affaire vient d’être longuement et remarquablement exposée dans L’Est Républicain (Yves Andrikian). Le Pr Sydney Chocron a décidé de « porter sa parole dans l’espace public ».  Chef du service de chirurgie thoracique et cardiovasculaire depuis neuf ans au CHRU de Besançon, il pèse gravement ses mots :

« Le bien-être des malades est ma priorité absolue mais, vu l’état actuel des tensions au niveau du bloc opératoire, je ne peux plus garantir la qualité des soins des patients opérés du cœur au CHRU. C’est très grave, ces tensions sont le terreau d’une hausse de la mortalité.

Exacerbation des tensions

« Je suis dans ce service depuis vingt-six ans, je suis là pour que ce service tourne bien, que la prise en charge soit bonne. Quand j’en ai pris la direction voilà neuf ans, on faisait 550 interventions à cœur ouvert par an, on en fait désormais 750 et à effectif quasi constant. Le travail est lourd au niveau du bloc opératoire, des tensions se font jour et s’exacerbent entre membres du personnel. Quand le personnel soignant dépasse l’horaire de minuit, il ne revient pas le lendemain, ce qui est normal. Souvent, par manque de personnel, on annule une ou deux interventions. Il faut imaginer l’anxiété d’un malade devant être opéré du cœur. Il y a un déficit chronique de personnel soignant, infirmières, aides-soignants.

 « Je fais quatre à six programmes opératoires par semaine car il peut y avoir six ou sept urgences. Je déprogramme des patients pour des urgences liées à des infarctus ou des patients en phase pré-infarctus ou en arrêt cardiaque respiratoire. »

Monter les gens les uns contre les autres

A ce stade de l’abcès il faut agir. Un syndicat de l’établissement a ainsi alerté Chantal Carroger, la directrice générale [voir ici ses éléments de carrière]. Le Pr Sydney Chocron précise :

« Elle a réuni le personnel soignant du service sans les médecins, il y avait une trentaine de personnes, le service en compte 90. La réunion n’était pas contradictoire, elle a pris des mesures contre les médecins, qui sont meurtris. Elle est parvenue à monter des gens les uns contre les autres, d’où la situation explosive au bloc qui me fait peur. Ce qui se passe n’est la faute ni des médecins ni des infirmières mais est dû à de mauvaises conditions de travail structurelles. Le service compte des infirmières, des aides-soignantes et ASH extraordinaires (…)  « Je sais que je suis exigeant, je le suis de la même manière que je le suis envers moi-même. »

Après L’Est Républicain, c’st France Bleu (Clément Lacaton) qui a pris le relais. Sous un autre angle : « CHU de Besançon : « un risque de hausse de mortalité » à cause de tensions au bloc opératoire ».Puis France Info : « CHU de Besançon : un médecin dénonce la dangerosité d’un climat délétère ».

Certainement pas une exception

La direction du CHU de Besançon, sollicitée à plusieurs reprises par France Bleu Besançon, n’a pas souhaité répondre au micro, mais fait simplement le constat, dans un communiqué, de « comportements individuels inappropriés » et promet l’organisation de groupes de travail. Selon un responsable syndical, le manque de moyens et les économies génèrent des problèmes similaires dans d’autres services : dermatologie, radiologie… et pèsent aussi sur les rapports humains.

A entendre, ici, où là en France, les doléances (jusqu’ici privées) de médecins hospitaliers on peut redouter que le cas du CHRU de Besançon ne soit pas une exception.

A demain

 

Un prématuré est-il objet d’« acharnement thérapeutique » au CHU de Poitiers ?

Bonjour

Pour l’heure c’est une affaire sans nom propre. Elle émerge sur la toile via l’Agence France Presse. Résumons-là, autant que faire se peut. Cela se passe au CHU de Poitiers. Les parents d’un bébé grand prématuré, aujourd’hui pris en charge au sein de l’établissement, réclament de mettre fin aux soins prodigués à leur enfant. Les principaux éléments du dossier ont été révélés ce matin du 16 septembre par La Nouvelle République. (Sylvaine Hausseguy)

« Alerter l’opinion » ?

« Depuis plus d’une semaine, on a pris cette décision. Qui veut une vie de handicap pour son fils ? S’il y a des familles qui le souhaitent, nous, nous ne le souhaitons pas », a témoigné auprès d’un correspondant de l’AFP le couple de trentenaires originaire de Charente-Maritime, près de Saintes. Un couple « qui souhaite alerter l’opinion sur cette question ». Mais pourquoi « alerter » , Et quelle « opinion » ?

« On ne nous assurera jamais qu’il pourra vivre par la suite. Nous savons qu’il a de graves séquelles, mais ils veulent le maintenir en vie. On l’a vu pleurer, il s’agite et on nous dit ‘’Ne vous inquiétez pas, il ne souffre pas’’. C’est très difficile » ajoutent les parents.

« Evaluation » versus « acharnement »

Que sait-on d’autre ? Que le « petit garçon » a été prénommé Titouan. Qu’il est né le 31 août, près de quatre mois avant terme. Qu’à sa naissance, il ne pesait que 900 grammes. On sait aussi ce que disent les parents : que Titouan « a fait une hémorragie interne cérébrale ». Et –toujours selon eux – qu’il  est impossible pour les médecins de prédire aujourd’hui le degré de son handicap à venir.

Les parents parlent à La Nouvelle République ? Les médecins répondent sur les ondes : « Il faut toujours prendre du recul pour savoir quelle est la situation de l’enfant. Nous ne sommes pas dans un acharnement, mais dans un accompagnement le temps de l’évaluation, pour être certains d’apporter les meilleures informations possibles, a déclaré, sur France Bleu, le Pr Fabrice Pierre, chef du service gynécologie-obstétrique du CHU de Poitiers.  Pour être sûr de pouvoir appréhender le type de séquelles, on ne peut pas le faire de façon précipitée. Il faut quelques semaines pour l’évaluer. »

Le verdict attendu de Paris

Comment sortir de l’impasse désormais médiatisée ? Face à la demande répétée des parents, l’équipe de néonatalogie du CHU de Poitiers a sollicité l’avis d’un groupe d’éthique de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). On attend son verdict. S’il devait conclure dans les termes du Pr Pierre les parents changeront-ils d’avis ? Faut-il entendre ici une lointaine résonance de l’affaire Vincent Lambert ?

Qui tranchera en cas de désaccord persistant entre les parents de Titouan et les médecins de Titouan ? Sera-ce, une fois encore et en référé la justice administrative ?  Jadis ces affaires n’étaient pas médiatisées et des solutions étaient trouvées dans le secret des consciences. On voit que ce n’est plus, ici, le cas. On peut s’en émouvoir. Ou pas.

A demain