Cannabis et Ascension : Emmanuel Macron autorisera-t-il la culture du Pantagruélion ?

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Très bon sujet stupéfiant, lors de la fête de l’Ascension, sur les ondes laïques de France Culture :  « Cannabis, héroïne, opiacés : drogues, la révolution ?  I »; « Cannabis, héroïne, opiacés : drogues, la révolution ?  II »

Où l’on revenait sur l’éternel sujet de la légalisation du cannabis. Invités éclairés : Gaspard Koenig philosophe, enseignant à Science Po, directeur du think-tank Génération Libre et Bertrand Lebeau-Leibovici médecin addictologue.

Avec, en toile de fond problématique : une fois dépénalisé et légalisé comment faire pour prévenir sa cosnommation par des mineurs. L’exemple actuel du tabac, des buralistes et de l’incurie du pouvoir exécutif n’est pas, on en conviendra, de nature à rassurer. On aimerait, ici, entendre un peut plus les libéraux radicaux.

Le même jour, Le Parisien traite d’une autre facette, thérapeutique, du même sujet ; où l’on croit comprendre que la ruée vers l’or aurait commencé. Destination : la cité de Guéret. C’est que la Creuse, département plus excentré que jamais, réclame haut et fort le droit de produire « à titre expérimental » (sic) du cannabis pour usage médicinal. Où l’on apprend, aussi, que sans attendre le feu vert de Paris, un agriculteur « s’est déjà lancé en toute illégalité dans cette production ».

Herbe magique

« C’est une vraie révolution. Pas encore très visible. Mais déjà en marche, s’amuse Elsa Mari. Tout commence fin décembre lorsque Eric Correia, élu PS, demande une dérogation à l’Etat pour faire pousser du chanvre thérapeutique sur les terres de son département. Si Emmanuel Macron n’a pas encore répondu à sa demande d’expérimentation, les paysans du coin (sic) que nous avons rencontrés, excités par ce projet inédit, sont déjà prêts à en planter. L’un d’eux, comme il nous l’annonce, a déjà commencé. »

Une quarantaine de pays ont déjà autorisé le cannabis thérapeutique, délivré sur ordonnance : Espagne, Italie, Royaume-Uni, une partie des Etats-Unis… Même l’Allemagne l’a légalisé l’an dernier. Un dossier tabou et sans fin en France. « Il faut reprendre les études sur le cannabidiol (CBD) dans l’Hexagone, presse William Lowenstein, addictologue et président de SOS Addictions. Cela devrait être l’objectif de ce quinquennat. »

Où l’on retrouve ainsi, cinq siècles plus tard, Emmanuel Macron confronté à cette invention du Dr François Rabelais : le « Pantagruélion » (Tiers-Livre). C’est là une herbe magique. « Elle  possède plusieurs caractéristiques du chanvre, mais elle les dépasse. Ennemie des voleurs, elle s’utilise pour obstruer la bouche de certains d’entre eux. Elle sert aussi de corde pour pendre les hommes fautifs. Ne se consumant pas au contact du feu, elle permet aux flammes comme aux cendres de ne pas se propager. Cette herbe a une puissance immense qui effraie les Dieux, c’est pourquoi ils ont décidé de lui résister. »

Le texte du Dr Rabelais se clôt sur l’éloge du royaume de France, royaume duquel provient le Pantagruélion.

 

 

A demain

 

Faire appel à Freud pour expliquer l’engouement dont Brigitte Macron est l’objet ?

Bonjour

Que serait la démocratie française sans les ondes gratuites de France Culture ? Lundi 7 mai 2018. Journal de la mi-journée. Invitée : Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes. Outre la réponse embarrassée de Mme Schiappa quant à la polémique naissante sur « la quête française de l’absolu et les 50 euros d’APL », on entend notamment ceci :

« Les Français sont dans une forme de paradoxe. On est à la fois extrêmement attaché à notre histoire et notamment à la Révolution française qui est un événement fondateur du pays avec les valeur qui ont été portées par la Révolution. tel que nous le connaissons aujourd’hui. Et dans le même temps, c’est vrai, je crois que la France a un besoin d’incarnation, qui se retrouve dans ce que propose le chef de l’Etat. Et d’ailleurs la cinquième République elle est fondée sur cela. Elle est fondée sur un Président de la République qui incarne véritablement  l’Etat.

« Et je crois d’ailleurs que l’engouement des Française et des Français pour la personne de Brigitte Macron, elle se trouve aussi là-dedans, dans ce besoin d’incarnation de quelque chose qui nous dépasse. Je sais que c’est politiquement incorrect de dire cela, mais je crois que l’explication est quasiment freudienne, on est un peuple romanesque, romantique, et qui aime avoir un couple à sa tête. Et c’est la vérité que l’on observe. Il suffit de voir le nombre de courrier et la popularité de Brigitte Macron pour le comprendre. »

Invité suivant de France Culture : Régis Debray, philosophe et écrivain, figure de la vie intellectuelle française. Il revient sur les mutations de notre histoire politique qu’il a observées ces cinquantes dernières années – et ce à l’occasion de la sortie de son « Bilan de faillite » (Gallimard). Hauteur de vue avec quelques envolées lumineuses. Redoutable passage sur la « transcendance ». L’auditeur en vient à regretter que Marlène Schiappa ne soit plus là.

A demain

PS: les biographes à venir de Mme Schiappa retiendront que, selon Le Canard Enchaîné, cette dernière multiplie les compliments à l’égard de la Première dame. « Je suis très proche de Brigitte, on s’appelle souvent. Elle me soutient beaucoup. Elle me demande des conseils », raconterait ainsi la secrétaire d’Etat, ancienne mancelle.  Lors d’un récent déplacement au consulat de New York, elle aurait confié à quelques femmes autour d’elle : « Hier, Simone de Beauvoir, aujourd’hui Brigitte Macron ». Cette comparaison a été confirmée par l’entourage de la secrétaire d’État à Closer.

Alzheimer, médicaments et courage politique : Agnès Buzyn va-t-elle les dérembourser ?

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C’est une question essentielle et une polémique à venir : la maladie d’Alzheimer existe-t-elle ? Tous les éléments sont à retrouver dans un ouvrage dérangeant 1. L’un des auteurs vient d’en exposer l’essentiel sur les ondes matinales de France Culture. Il s’agit du Pr Olivier Saint-Jean, patron du service de gériatrie de l’hôpital européen Georges-Pompidou, membre de la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé et enseignant à l’université Paris-Descartes.

Selon lui bien plus qu’une réalité médicale (900 000 personnes en France), la maladie d’Alzheimer serait une « construction sociale pour décrire la vieillesse ». La découverte de la vieillesse et la vieillesse transformée en pathologie. On peut l’entendre ici, sept minutes éclairantes. Et ce spécialiste de poursuivre un combat qu’il mène depuis longtemps : dénoncer l’inefficacité (quand ce n’est pas la toxicité) des médicaments présentés comme « anti-Alzheimer ».  Il redit, sur France Culture, que ces médicaments sont inefficaces et fournit les derniers éléments, politiques, du dossier :

« Pr O.S.-J. : Ces médicaments sont totalement inefficaces. La démonstration scientifique en a été apportée [en octobre 2016] par la Haute Autorité de Santé. Et il y a quelques semaines cette même Haute Autorité de Santé a bouclé le dossier médico-administratif de la radiation, ce qui fait qu’aujourd’hui le dossier est prêt à la signature de la ministre.

France Culture (Florian Delorme) : Mais on se souvient qu’alors la ministre de la Santé Marisol Touraine ne s’était pas rangée à l’avis de la Haute Autorité de Santé. Pensez-vous que l’actuel gouvernement pourrait s’y risquer ? Et je parle bien de risque…

Pr O.S.-J. : Dès lors qu’Agnès Buzyn ne cesse de parler de la ‘’pertinence des actions de soins’’ comme axe de politique de santé, elle se doit de dérembourser. Car ce qui est démontré par la Haute Autorité de Santé, c’est la non pertinence de ces médicaments.

France Culture (Florian Delorme) : Mais cela fait longtemps que c’est le cas, cela fait au moins deux ans 2

Pr O.S.-J. : Oui mais il y a des courages politiques qui existent et d’autres qui n’existent pas. »

Le Pr Olivier Saint-Jean dira encore que c’est là un sujet « terriblement sensible ». Qu’il mesure bien le fait que son regard critique dérange, bouscule. Qu’il est beaucoup plus simple, pour tout le monde, familles et médecins, de dire que le déclin cognitif est une  « maladie ». Que réinsérer la personne dans le parcours du vivant normal c’est bousculer beaucoup de choses. Et que c’est soulever, en même temps, une équation compliquée à l’heure où émerge la question du financement de la dépendance.

Courage politique, donc. Que fera, dans un tel contexte Agnès Buzyn ? Ou que ne fera-t-elle pas ?

A demain

1 « Alzheimer, le grand leurre » Olivier Saint-Jean & Eric Favereau (Editions  Michalon). 

2 A dire vrai le début de l’affaire est bien plus ancien : « Alzheimer: l’astuce (française) du balayeur Bertrand » Slate.fr 2 mai 2012

Lire aussi : « Alzheimer: les malades doivent-ils encore prendre leurs médicaments ? » Slate.fr  20 novembre 2016

 

 

 

Agnès Buzyn tacle violemment Marisol Touraine avec le soutien d’Emmanuel Macron

 

Bonjour

26 avril 2018 : Agnès Buzyn invitée matinale de France Culture (Guillaume Erner). Eléments de langage et tacle politique appuyé. « Le médecin Agnès Buzyn a démontré qu’elle avait acquis les codes inhérents à sa nouvelle activité de ministre de la Santé » observe avec justesse Le Quotidien du Médecin (Elsa Bellanger). Interrogée sur son « sentiment » après une année passée avenue de Ségur – ainsi que sur la violence du monde politique, elle dit, simplement,  s’inscrire dans sa « réalité nouvelle ».

Des violences ? « Je viens d’un milieu, l’hôpital, qui est aussi assez violent (…). Le monde politique a ses codes et il faut les connaître. Un des codes, c’est de ne jamais montrer de faiblesses. C’est  la joute verbale. Il faut aimer l’art oratoire […]. Pour la ministre que je suis, je trouve que c’est très intéressant. C’est un challenge. » Contre qui ? On ne le saura pas.

« Au cours de ce long entretien, la ministre a surtout illustré sa bonne intégration du monde politique en chargeant le bilan de son prédécesseur, Marisol Touraine, ministre inoxydable de 2012 à 2017, peu appréciée de la profession, rappelle Le Quotidien. Agnès Buzyn a pris ses distances avec la politique menée par l’ex-députée socialiste. Elle a ainsi qualifié la réforme du tiers payant d’« assez brutale, assez idéologique et pour laquelle techniquement rien n’était prêt ».

« Nous avons été obligés de revenir sur ce tiers payant généralisé alors qu’il y a des personnes qui renoncent aux soins parce qu’ils ne peuvent pas faire l’avance de frais. Nous devons faire en sorte que certaines populations ou certaines activités bénéficient du tiers payant, mais ça ne peut pas être obligatoire pour tout le monde. »

Tacler : « Action de s’emparer du ballon des pieds de son adversaire en bloquant le ballon avec le pied ou en effectuant une glissade avec un ou deux pieds en avant ».

Ministre de l’humain

La locataire de Ségur a par ailleurs affirmé être « extrêmement écoutée aujourd’hui par le président de la République », pour lequel elle n’a cessé de tresser des couronnes de lauriers expliquant qu’il « marche sur deux pieds ».  N’assumant pas (sans toutefois le renier complètement) le terme de « caution de gauche » d’Emmanuel Macron elle a déclaré : « Mon ministère, par essence, c’est le ministère de la protection, c’est le ministère de l’humain. Je m’occupe des solidarités, de la santé. Ça ne peut pas être autrement. »

Aucune annonce sur France Culture ; mais que de cautions données : sur le cannabis (produit « extrêmement dangereux » mais dont la future « amende forfaitaire » permettra une « prise de conscience » ) ; sur l’alcool et le vin (aucun conflit, aucun, avec Emmanuel Macron… rires). Qu’on se le dise : la ministre n’est pas « une ayatollah » du vin.

Et, toujours, cette manière de botter en touche en faisant semblant de ne rien comprendre à ce qu’est l’addiction :    « J’ai une conception très claire de ce que doit être la santé publique : c’est donner à tout le monde des messages compréhensibles, une information transparente qui permettent à chacun de faire les choix qu’il souhaite pour sa santé. »

En somme : « je vous informe – vous choisissez ». C’est politiquement habile et, en même temps, éthiquement  et médicalement, un peu court.

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Homéopathie et «fake news» : réplique de l’Ordre des médecins. Silence d’Agnès Buzyn

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Charlatanisme, homéopathie et autres médecines « alternatives » après avoir été « parallèles ». Voilà les dossiers que France Info et France Culture attendaient. Ces deux médias, nous dit Le Monde (François Bougon) vont partir en guerre contre les « fake news », une croisade au nom de « la certification de l’information ». Les deux ont décidé de s’associer pour combattre méconnaissances et fausses informations dans le domaine scientifique. A partir du 30  avril, un podcast de dix minutes, en format vidéo, créé conjointement par les deux radios du service public sera lancé –  animé par Nicolas Martin, présentateur de l’émission « La Méthode scientifique » (France Culture) il se penchera chaque semaine sur un sujet d’actualité.

« On ne peut pas reprocher aux gens d’exercer leur esprit critique, mais il faut travailler pour que le doute ne débouche pas sur la méconnaissance ou le complotisme » explique Sandrine Treiner, directrice de notre radio culturelle. Ce podcast trouvera son prolongement sur les deux antennes : un programme court d’une minute et trente secondes sur France Info et un format long sur la grille d’été de France Culture.

« France Info va se doter d’un conseil scientifique, qui sera composé de sept à huit personnes. Il pourra être saisi non seulement par la rédaction en chef de la radio, mais aussi par les auditeurs et les internautes, explique-t-on, sans hésiter à parler de  » nouvelle alliance entre le journalisme et la connaissance « . L’objectif est de lutter contre  » le relativisme ambiant « , en mettant en place une  » certification de l’expertise « , et pouvoir nourrir un débat scientifique avec les experts les plus qualifiés. »

Dossiers rêvés

Dossiers à point nommé, donc, que celui d’aujourd’hui qui, dans Le Figaro,  voit l’Ordre des médecins et la puissance publique sanitaire accusés de collaboration avec des puissances ennemies. On attendait les premières répliques. Les voici.

Faute d’une réponse, au nom des « pouvoirs publics », d’Agnès Buzyn, nous avons celle de l’institution ordinale. Joint par Le Quotidien du Médecin l’Ordre rappelle qu’il reconnaît officiellement quatre médecines alternatives et complémentaires : l’homéopathie, l’acupuncture, la mésothérapie et la médecine manuelle ostéopathie. « Si, pour exercer les trois dernières, un médecin doit suivre un DIU qui peut donner droit au titre (et donc à l’apposition de la spécialité sur la plaque du médecin), l’homéopathie est considérée comme une simple orientation d’activité – tout médecin peut donc l’exercer », explique-t-on National.

Mais cet exercice doit se « faire avec discernement, et l’homéopathie ne saurait en aucun cas remplacer la médecine », insiste l’institution ordinale. Selon elle plusieurs médecins ayant fait usage de l’homéopathie en lieu et place de traitements conventionnels ont été « sévèrement sanctionnés » par les chambres disciplinaires, au titre de l’obligation pour un médecin d’assurer « au patient des soins consciencieux, dévoués et fondés sur les données acquises de la science » (article 32 du code de déontologie) et de celle d’apporter « une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu’il lui propose » (article 35).

Victimisation homéopathique

 Autre voix au chapitre : le Syndicat national des médecins homéopathes de France assure dans un communiqué intitulé « La médecine a besoin de tous les médecins », que les homéopathes sont « tout aussi compétents en matière de diagnostic et de prescription médicale, aussi bienveillants envers leurs patients et aussi conscients des limites de leur exercice » que leurs confrères signataires.Sa question :  « Pourquoi notre pratique dérange-t-elle aussi fortement ceux qui veulent lui dénier toute valeur, voire dénoncer sa « dangerosité », jusqu’à exiger que les médecins et professionnels de santé qui l’utilisent ne puissent plus faire état de leur titre professionnel ? ».

Soutien des homéopathes : le syndicat des médecins libéraux dont Le Quotidien nous dit qu’il est bien implantée chez les médecins à expertise particulière (MEP).  « L’homéopathie est faite par des médecins, capables de poser des diagnostics, au même titre que les confrères signataires. Ils n’embarquent par leurs patients sur des pistes de traitement qui ne sont pas pertinentes, fait valoir le Dr Philippe Vermesch, stomatologue et président.  L’homéopathie rend service, beaucoup de patients se sentent soulagés. La question est celle du bien-être. Le but de la médecine est-il de prescrire des traitements prouvés scientifiquement ou de soulager les patients ? »

C’est une très bonne question.

A demain

 

 

Bioéthique : allons-nous parvenir à dépasser nos vieilles polémiques sexuelles et politiques ?

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Bioéthique à tous les étages médiatiques : ouverture en fanfare des « Etats Généraux ». « Du 18 janvier au 7 juillet, médecins, experts, associations et citoyens sont notamment appelés à débattre au sujet de la PMA et de la GPA en vue d’une révision des lois à l’automne prochain » résume France Culture. C’est vrai et, en même temps, un peu court comme l’explique  le dossier adressé par Marie-Christine Simon, directrice de l’information et de la communication au Comité consultatif national d’éthique (CCNE) – grand ordonnateur de ces « Etats Généraux ».

Car à côté des sujets « sociétaux » (PMA, GPA et – à la demande du gouvernement – la « fin de vie ») figureront des thèmes non moins essentiels. Des sujets  issus des progrès scientifiques et technologiques récents. « Depuis la dernière loi relative à la bioéthique, les avancées technologiques et les progrès de la connaissance ont été constants dans le domaine de la santé, avec un certain nombre d’évolutions majeures liées notamment au développement des systèmes numériques et de ce qu’on appelle aujourd’hui le ‘’Big Data’’, résume le CCNE. La recherche génomique, le don d’organes ou encore l’intelligence artificielle sont ainsi quelques-uns de ces domaines. »

Etat des lieux, selon le CCNE, et des prochains débats généraux :

1. Reproduction, développement embryonnaire, cellules souches.  « Une tension éthique incontestable apparaît entre le respect dû à l’embryon comme personne potentielle et l’importance de poursuivre des recherches dont les résultats pourraient être traduits au bénéfice des patients (thérapies cellulaires, compréhension de certaines maladies néonatales, nouvelles sources de greffons…) ».

Thèmes à venir : maintien ou non en culture in vitro d’un embryon préimplantatoire humain ; possibilité, à partir de cellules souches pluripotentes embryonnaires ou non embryonnaires, de reproduire in vitro certains aspects du développement du vivant [création de mini-organes fonctionnels, reconstitution de l’organisation 3D des premières étapes d’un embryon à partir de cellules souches…].

2.Génétique et génomique. « Les techniques de séquençage et d’ingénierie génomique cherchent, entre autres, à révéler le lien entre le génome constitutionnel d’un individu et les prédispositions de ce même individu à développer certaines maladies. Ces techniques sont aujourd’hui de plus en plus accessibles financièrement et faciles d’utilisation, de sorte que commencent à se faire jour les prémisses d’une médecine prédictive. »

Question : est-il « éthique » de mettre à disposition des individus de tels outils prédictifs qui pourraient concourir notamment à une généralisation des dépistages néonataux ou prénataux, dont les bénéfices mais aussi les dérives potentielles sont indéniables ? Que faire vis-à-vis des nouvelles techniques de « ciseaux génétiques » qui permettent de modifier à volonté les génomes des êtres vivants mais aussi de leurs cellules reproductrices ?

3.Dons et transplantations d’organes. « La transplantation d’organes chez l’Homme a considérablement augmenté l’espérance et la qualité de vie des personnes impliquées et les techniques de greffe sont désormais en constante amélioration. »

Au vu de la demande (et de la pénurie) croissante de greffons, faut-il maintenir les principes d’anonymat, de gratuité, de consentement au don ? Et pourquoi continuer à interdire, en France, l’auto-conservation par congélation des cellules souches du sang de cordon ?

4.Données de santé. « En France, les données de santé collectées dans le cadre du soin bénéficient d’une protection spécifique qui vise à distinguer le médical du non médical. Toutefois, les données de santé peuvent poser des questions éthiques importantes, dans leur utilisation ou leur croisement avec d’autres informations médicales, notamment dans le cadre d’une médecine prédictive. »

Que (ne pas) faire face au développement du recours à des objets connectés, à a transmission de ces données et de leur collecte et utilisation par des tiers ? Comment (ne pas) faire pour que ces masses croissantes de données ainsi constituées (Big Data) ne soient pas la source incontrôlable d’atteinte à la vie privée ? Comment, dans ce cadre nouveau, dans ce nouveau monde, redonner à l’individu, à la société, une (certaine) maîtrise sur les données qui le.la concernent, ainsi que la compréhension de ce qui en est fait ? Comment imaginer des aménagements d’un consentement libre et éclairé, « consentement » risquant, dans ce contexte, d’être aussitôt inopérant ?

5. Intelligence artificielle et robotisation. « L’intelligence artificielle et la robotisation constituent des thématiques en plein essor, permettant le développement de capacités chez la machine – d’analyse et de diagnostic notamment – semblables à celles d’un être humain. La présence de robots cognitifs au sein de la société, qui s’accroît rapidement, suscite à cet égard de nouveaux défis éthiques, notamment sur des questions en matière de sécurité, de respect de la vie privée et de protection de la dignité humaine. »

Le lecteur imaginera seul, sans robot, les questions éthiques ici soulevées.

6. Neurosciences. « Les progrès effectués dans ce domaine soulèvent un certain nombre de questions éthiques, vis-à-vis des applications cliniques mais aussi dans le champ de la recherche, notamment du fait du développement des techniques d’imagerie et de l’interprétation de ces données. »

C’est peu dire que la question des usages (juridiques, comportementaux…) de telles données doit être soulevée. Se pose également celle de l’utilisation élargie (à visée « non thérapeutique ») de l’hyperstimulation cérébrale. Nous y reviendrons.

7. Santé et environnement. « Il est aujourd’hui indéniable que la qualité de la biodiversité influence la santé humaine : la préservation de l’une et de l’autre vont de pair. La prise de conscience de la position de l’humanité au sein du vivant non-humain et ses capacités à l’altérer rendent ainsi nécessaire un changement des relations qu’elle tisse avec l’ensemble du vivant. »

Intégrer dans la réflexion sur la santé humaine la prise en compte des facteurs environnementaux et du droit des générations présentes et futures à vivre dans un environnement sain ?

A demain

 

 

 

 

Urgences : la relecture, par Martin Hirsch, de l’affaire de la femme morte de Cochin

 

Bonjour

C’était le 15 février 2014. Une femme de 61 ans avait été transférée à 16h 48 par les sapeurs-pompiers aux urgences de l’hôpital Cochin « pour une plaie au pied » à la suite d’une « chute sans signe de gravité ». Elle était retrouvée morte six heures plus tard – morte dans un fauteuil d’une salle des urgences de ce célèbre hôpital. Une enquête interne  avait  été ouverte par l’AP-HP. La règle de l’entre-soi.

« A ma connaissance (…), il n’y a pas de faute individuelle qui justifierait des sanctions individuelles, il y a des erreurs d’organisation suffisamment graves pour qu’on prenne des corrections, pour qu’on les prenne au sérieux et qu’on rende des comptes », déclarait le 25 février 2014, sur France Inter, Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP

 Il dira encore : « Dans l’état actuel de l’enquête, même si [la patiente] avait été tout de suite prise en charge correctement, ça n’aurait pas eu d’influence, ça ne l’aurait pas sauvée ». Sans jamais apporter la preuve de cette affirmation.

Suivit une invraisemblable affaire de cache-cache marquée par l’incompréhensible absence d’une autopsie médicolégale, l’inaction, le silence et l’embarras du procureur de la République de Paris, la fuite et l’effacement des responsabilités, l’écriture d’une impossible vérité 1.

Quatre ans plus tard

Nous sommes le 21 novembre 2017. Le directeur général de l’AP-HP est l’invité des « Matins » de France Culture. Il y parle de l’hôpital et de son nouvel ouvrage « à cœur ouvert ». Guillaume Erner l’interroge sur les urgences et leurs abcès. Martin Hirsch :

« Je raconte dans ce livre que quand je suis arrivé [à la tête de l’AP-HP] il n’était pas possible qu’on laisse des temps d’attente qui soit en moyenne de quatre heures. J’ai entendu le discours habituel – pas de tous mais de certains – me disant et bien finalement c’est pas si mal d’attendre, c’est ce qui permet d’identifier ceux qui en ont vraiment besoin, de les discriminer par rapport aux autres. Un discours aussi absurde que le discours d’il y a vingt ans quand on disait que la douleur c’était bien, qu’il ne fallait pas la calmer, parce qu’elle était l’auxiliaire de la médecine ; parce qu’elle apportait des informations tout à fait utiles (…)

 « Malheureusement les faits m’ont donné raison puisque … une patiente est morte, en attendant, au milieu d’une salle d’attente … Vous vous rappelez peut-être, c’était il y a trois ans et demi, et on a mis trois heures pour s’apercevoir  qu’elle était morte au milieu des autres patients dans une salle d’attente. Donc attendre n’est pas bon. »

 Près de quatre ans plus tard, à quelques éléments près, la démonstration est parfaite. Où il est démontré que les faits, ainsi racontés, donnent raison au directeur général de l’AP-HP. Où il est aussi confirmé qu’en matière d’urgences trop attendre n’est jamais très bon.

A demain

1 Tous les articles de ce blog consacrés à cette affaire sont disponibles ici : https://jeanyvesnau.com/?s=cochin+femme+morte. Et sur Slate.fr : « Urgences de Cochin: faute d’autopsie, on ne saura jamais la vérité » (1er mars 2014) ; « Décès de Cochin: le Parquet ouvre une enquête. Enfin » (10 mars 2014).

Michel Jouvet est mort. Ce géant avait découvert l’existence de notre sommeil paradoxal

Bonjour

Là encore, hasard pur ou fatalité déguisée ? On peut l’entendre ici « Comment Michel Jouvet a-t-il découvert le sommeil paradoxal ? » (France Culture, 12 avril 2013 ; Science Publique, Michel Alberganti). C’était à l’occasion de la publication de ses précieuses mémoires chez Odile Jacob 1. Moins d’une journée après l’attribution du prix Nobel de médecine 2017 à trois pionniers des mécanismes du rythme circadien, le neurobiologiste Michel Jouvet, « père de la médecine du sommeil et découvreur du sommeil paradoxal » vient de mourir à l’âge de 91 ans, à Villeurbanne (Rhône).

On lui doit (pour résumer à l’extrême) la découverte en 1959 du « sommeil paradoxal ». Cet état, différent du sommeil profond et de l’éveil malgré la présence de mouvements oculaires, correspond aux moments où l’on rêve. Sa carrière, en trois lignes. Interne en neurologie à Lyon dans les années 1950, il séjourne aux États-Unis pour se former et débute ses recherches sur le sommeil. Il étudie l’activité cérébrale d’animaux durant l’éveil et le sommeil.

Géant d’un autre temps

En 1961, il établit la classification du sommeil en différents stades : sommeil télencéphalique, caractérisé par des ondes lentes sur les tracés d’électroencéphalographie et sommeil rhombencéphalique ou paradoxal. Il est également l’un des scientifiques à l’origine du concept de « mort cérébrale », dont il avait décrit les signes électroencéphalographiques en 1959.

Michel Jouvet « a mis en évidence le fait que le sommeil paradoxal était associé à une atonie musculaire et l’a différencié du sommeil lent en montrant que c’était un état en soi. Et c’est lui qui a nommé le sommeil paradoxal, a indiqué à l’Agence France Presse Pierre-Hervé Luppi, l’un de ses successeurs au sein du Centre de recherche en neurosciences de Lyon. Au niveau mondial, il fait partie des très grands, des monuments [de la recherche sur le sommeil], avec Kleitman et Aserinsky et un autre Américain, William C. Dement. »

Michel Jouvet, monument, géant d’un autre temps. Il avait par ailleurs découvert (et expérimenté) les propriétés « anti-sommeil » d’une molécule sur laquelle tout ou presque reste à écrire : le modafinil. Pur hasard ou fatalité déguisée ?

Sans oublier la somme des ouvrages de Michel Jouvet édités chez Odile Jacob . Et notamment « Le Château des songes », « Le Sommeil, la Conscience et l’Eveil », « Le Sommeil et le rêve » , « Le Voleur de songes ».

A demain

1 « De la science aux rêves – Mémoires d’un onirologue » . « Connaître les mécanismes et les fonctions du rêve : tel fut le but d’une longue recherche. C’est l’histoire que je raconte dans ces Mémoires. Comment le hasard, ou ce qu’on appelle maintenant la “sérendipité”, m’a permis quelques découvertes fécondes. Mais aussi comment je me suis égaré ou trompé plusieurs fois.  J’ai essayé de raconter les aventures d’une vie de chercheur, parfois assombrie par des impasses ou des échecs, mais plus souvent encore riche de découvertes imprévues, de rencontres d’individus extraordinaires et parsemée de voyages, de péripéties – sans oublier la souterraine présence de ce qu’on appelle l’inconscient, qui parfois veut bien surnager sur l’océan. »  

Sans oublier la somme des ouvrages de Michel Jouvet édités chez Odile Jacob . Et notamment « Le Château des songes », « Le Sommeil, la Conscience et l’Eveil », « Le Sommeil et le rêve » , « Le Voleur de songes ».

 

 

Affaire des vaccins : la ministre Agnès Buzyn et le mépris ressenti par les parents-citoyens 

 

Bonjour

Ce sera la polémique de l’été. Puis celle de l’automne – sans parler des saisons qui suivront. Comment l’exécutif parviendra-t-il (sans mal) à mettre en musique sa décision concernant les nouvelles onze obligations vaccinales ? Le Premier ministre Edouard Philippe II s’expliquera-t-il sur le sujet ? Pour l’heure l’homme est étrangement en tournée de promotion pour vendre un nouveau livre 1 – damant ainsi le pion médiatique à Emmanuel Macron. Et puis soudain, dans le vieux Libé, en ce lundi de tempête et sur le front vaccinal, une peu banale tribune parentale 2 : « Vaccins obligatoires, un geste politique autoritariste au profit des laboratoires ».

Une tribune en forme de lettre ouverte adressée à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Où l’on retrouve toutes les trois principales têtes de chapitre d’une affaire multiforme et grossissante. Et des signataires qui qualifient de « scandale » les prochaines onze obligations vaccinales.

1 L’accusation réfutée d’être « sous-informés »

« Non, nous ne sommes ni inconscients ni mal informés. Non, il ne suffira pas de faire auprès de nous de la «pédagogie». Car nous savons que les vaccins ont permis de faire disparaître des épidémies invalidantes, voire mortelles. Nous sommes convaincus de l’importance de faire vacciner massivement les populations. Nous savons aussi que si une part significative de la population cesse de se faire vacciner, des épidémies, jusqu’ici disparues, referont surface. 

« Ce n’est donc pas par ignorance que nous sommes en France des millions de parents, de médecins et de professionnels à nous opposer à votre projet d’élargir l’obligation vaccinale chez les nourrissons et les jeunes enfants de trois à onze – c’est-à-dire à l’ensemble des vaccins recommandés en 2017. »

2 La contestation du discours mandarinal.

 « Non, la ‘’méfiance’’ des Français (médecins généralistes compris) n’est pas le fruit de la ‘’désinformation’’ comme l’explique, avec condescendance, le Pr Alain Fischer, président de la Concertation citoyenne sur la vaccination mise en place en 2016 par l’ex-ministre de la Santé. Elle est liée à un soupçon grandissant – et loin d’être seulement français – quant à l’ampleur des effets indésirables liés aux nouveaux vaccins plurivalents, du fait des adjuvants entrant dans leur composition.

 « Et ce soupçon est nourri par l’inertie des pouvoirs publics, qui se refusent de façon incompréhensible à y répondre par une pharmacovigilance accrue, relayée par des recherches indépendantes de tout intérêt industriel, ainsi que par l’application d’un principe de précaution pour le moins justifié par le climat de méfiance généralisée. »

 « Le 29 juin, dans les colonnes du Parisien, 200 grands médecins prenaient collectivement la parole pour soutenir la ministre de la Santé dans son projet. Ils parlaient à son propos de ‘’courage politique’’ ! Mais quel courage y a-t-il à user de la force pour contraindre le peuple sans lui accorder les lumières ? Le vrai courage ne consisterait-il pas plutôt à poser des limites à un pouvoir industriel et financier, qui agit et s’exprime en toute impunité ? »

 3 Le cadeau fait à quelques multinationales pharmaceutiques

« Mettre des limites aux grandes firmes pharmaceutiques serait-il devenu impossible ? Sinon, comment expliquer qu’une ministre de la Santé préfère rendre obligatoires les vaccins commercialisés par lesdites firmes plutôt que de leur imposer de commercialiser ceux qui sont obligatoires (le vaccin DTPolio, indisponible depuis 2008) ? Comment expliquer qu’elle se refuse à leur demander de réétudier la composition de ceux soupçonnés de présenter des risques pour la santé humaine ?

« La dépendance des pouvoirs publics envers les intérêts macroéconomiques est-elle si forte qu’au projet politique légitime d’une pharmacovigilance accrue et rigoureuse ainsi que d’une recherche de pointe sur les effets des nouveaux vaccins, il faille préférer le mépris et l’abandon des victimes de maladies d’origine vaccinale, et la mise à l’écart des quelques chercheurs courageux qui osent poursuivre la voie que leur indique la science ? »

Seconde citoyenne

Au final, comment conclure cette supplique sur papier et sur site ? En exhortant la ministre à faire preuve du « véritable courage politique » ; un courage qui ne consiste pas à « mépriser les voix citoyennes exprimant leur méfiance envers certaines formes de ces produits évidemment essentiels que sont les vaccins ». Où l’on perçoit l’hétérogénéité de la supplique. Où l’on perçoit, aussi, ce que peut être le profond embarras du politique. Et où l’on revient à la clef de voûte du dispositif désormais affiché par Edouard Philippe II : les modalités de la clause d’exemption : que réserve l’exécutif aux parents rétifs aux immunisations systématiques ?

Quand elle en aura fini avec son « Des hommes qui lisent » dédicacé par le Premier ministre, la ministre des Solidarités et de la Santé aura-t-elle une petite seconde citoyenne pour jeter un œil sur Libé ?

A demain

1 Message de France Culture : « Le Premier ministre Edouard Philippe sera en exclusivité dans les Matins d’été produits par Lucas Menget mardi 11 juillet de 8h20 à 8h40 pour la sortie de son livre Des hommes qui lisent (éditions JC Lattès) » (…) Edouard Philippe est Premier ministre. Il a été député et maire du Havre. Il est l’auteur de deux romans écrits avec Gilles Boyer : L’heure de vérité et Dans l’ombre. Interview à suivre en facebook live www.facebook.com/franceculture. Entretien à réécouter et podcaster sur franceculture.fr »

2 Cette tribune est signée de Mmes et Mrs Séverine et Christophe Angebault-Rousset, Miguel Benasayag, François Cam, Bastien Cany, Angélique Del Rey, Géraldine Gaudefroy-Demomby.

 

Arrêt-maladie : le gouvernement va éradiquer le micro-absentéisme de la fonction publique

 

Bonjour

Il faut imaginer Gérald Darmanin heureux. Ministre de l’Action et des Comptes publics à 34 ans l’homme est tout sauf un idéologue. Jadis à droite il est aujourd’hui macronien. Son parcours dit son pragmatisme. Peut-être pas prêt à tout, mais prêt à beaucoup.

Gérald Darmanin, d’origine modeste, aura usé à merveille de ce qui restait de l’ascenseur républicain. Diplômé de Sciences Po (Lille) – après le lycée privé catholique des Francs-Bourgeois (Paris, 4ème arrondissement). Commence à militer à 16 ans aux côtés de Jacques Toubon. Intègre la direction des « Jeunes du RPR ». Rejoint Christian Vanneste à qui il succède comme délégué de l’UMP dans le Nord. Ne redoute pas, sur sa droite, quelques extrêmes.

Souffrances

Proche collaborateur (puis chef de cabinet) de David Douillet (au secrétariat d’État chargé des Français de l’étranger, puis au ministère des Sports). Elu député de la dixième circonscription du Nord en juin 2012.

Cinq ans plus tard, ministre, il annonce que le « jour de carence pour les arrêts maladie dans la fonction publique » – annonce faite le  jeudi 6 juillet lors des Etats généraux des comptes de la nation réunis à Bercy. Gérald Darmanin :

« Même si le jour de carence ne doit pas être le seul instrument pour lutter contre l’absentéisme des agents, qui est aussi la conséquence de souffrances d’une partie d’entre eux (…), il permet de lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d’euros par an. »

Retour du jour de carence

On se souvient peut-être que la suppression du jour de carence pour les fonctionnaires en arrêt maladie avait été adoptée par l’Assemblée en novembre 2013 (François Hollande était alors président de la République et Emmanuel Macron se rapprochait du Palais de l’Elysée).

Depuis cette date les agents des services publics étaient « indemnisés » dès le premier jour d’absence. C’est fini, retour de la carence. Sa restauration était une promesse du candidat Macron. A ce propos, une question: pourquoi un seul jour ? Quant aux agents de la fonction publique, comme les prescripteurs des arrêts-maladie, ils apprécieront sans aucun doute la formulation orwellienne 1 :  « micro-absentéisme ».

A demain

1 Remarquable : « Avoir raison avec Orwell », par Brice Couturier, sur France Culture