Nouvelle affaire des Samu qui ne répondent plus : où sont les véritables coupables ?

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Rebondissement quatre mois après la tragique affaire Naomi Musenga du Samu de Strasbourg. Poursuivant leur entreprise annuelle de classements hospitaliers nos confrères François Malye et Jérôme Vincent révèlent aujoud’hui dans Le Point (sur abonnement) qu’en 2016 quelque 4,6 millions d’appels téléphoniques de patients n’ont pas obtenu de réponse des opérateurs du Samu.

« C’est l’inquiétante information livrée par l’exploitation de la base de données de la statistique annuelle des établissements de santé (SAE), bordereau de chiffres d’activité collecté chaque année par les services du ministère de la Santé auprès des hôpitaux, expliquent-ils. Sur 29,2 millions d’appels passés aux 101 centres de réception et de régulation des appels des Samu cette année-là, 24,6 millions seulement ont reçu une réponse d’une personne physique (sic). » Selon eux 81 centres d’appels ne respectent pas les recommandations officielles.

D’Orléans à Perpignan

En pratique il apparaît que la majorité des Samu ne parviennent pas à répondre aux objectifs de réactivité qui leur sont fixés. Seulement deux centres d’appels y parviennent : à Orléans et Verdun. En bas du tableau : Pointe-à-Pitre, Paris et Perpignan. le Dans la capitale par exemple, un appel sur deux abouti à un échange avec une « personne physique » alors que seulement 36,14% des appels sont pris en charge dans la minute. Soit 253.000 personnes restées sans réponse en 2016.

Réactions immédiates au sein de la profession. « On est en train de chercher les mauvais coupables et ça c’est insupportable », a ainsi déclaré mercredi 22 août sur franceinfo le Dr Patrick Goldstein, chef du pôle de l’urgence et du Samu du Nord au CHU de Lille, premier centre en France en nombre d’appels.

 « Ces gens qui sont permanenciers, auxiliaires de régulation ou médecins régulateurs, des gens qui sont là nuit et jour pour répondre à ces appels qui sont des situations d’urgence, là, on est en train de les ostraciser et de les culpabiliser. Quand, dans un service d’urgence, on a par moment – en hiver ou en été comme c’était le cas la semaine dernière – quatre heures d’attente pour avoir accès à un médecin dans un service d’urgence, par définition ça ne va pas aller mieux au niveau du Samu et au niveau des appels du 15.

« Dans mon service, c’est +110% d’activité en huit ans. On a doublé l’activité. Nous avons pu bénéficier d’un renfort humain mais qui n’est pas à la hauteur. Aujourd’hui, ce qu’il nous faut inventer c’est le parcours de soins de demain. La solution elle est aux ressources humaines et aussi aux nouvelles technologies. »

Mensonge honteux et discours lénifiant

Sur France Inter (journal de 7h) le Dr Christophe Prudhomme, porte parole de l’Association des médecins urgentistes de France, mitraille : « C’set 80% des centres d’appel qui ne respectent pas les normes…. C’est catastrophique… Tout appel doit bénéficier d’un décroché dans les 30 secondes…. Mme Buzyn avec son discours lénifiant, qui nous explique qu’il n’y avait pas de problèmes dans les services d’urgence cet été, ment honteusement. L’ensemble des services d’urgence sont sous pression aujourd’hui parce que Mme Buzyn a demandé aux hôpitaux de faire d’ici 2020 1,2 milliards d’économie sur la masse salariale (…) C’est catastrophique. »

Un médecin peut-il ainsi, publiquement, accuser la ministre des Solidarités et de la santé de mensonge ? Le 24 mai dernier, invitée de France Inter, Agnès Buzyn était revenue sur l’affaire du Samu de Strasbourg et la mort, en décembre 2017, de Naomi Musenga. La ministre avait alors annoncé avoir connaissance « d’une dizaine » d’affaires similaires, tout en précisant que ce chiffre était probablement « sous-estimé ».

Il y avait désormais, selon elle, une prise de conscience dans les Samu quant à la nécessité de « faire remonter les dysfonctionnements » (« ce qui n’était pas le cas auparavant ») – et ce de manière à mettre en place un « contrôle qualité ». Ces affaires, avait encore déclaré Agnès Buzyn, ne devront plus « rester dans un tiroir méconnu » ; il faut « que les hôpitaux prennent leurs responsabilités ». Seront-ils les seuls à devoir le faire ?

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Mort annoncée des hôpitaux dits de  proximité : quand Agnès Buzyn dit-elle la vérité ?

Bonjour

Quelques lignes et le ballon se dégonfle.  La réforme du système de santé ? Le prochain des « grands chantiers » d’un exécutif qui se prépare à la rentrée ? Le gouvernement, ne prévoit « aucune fermeture d’un hôpital de proximité »a assuré, souriante, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn – mardi 21 août sur Franceinfo.

« Les hôpitaux de proximité vont rester, les Français en ont besoin, ils ont besoin d’une offre de services au plus près de chez eux, il n’y aura pas de fermeture d’hôpital ». Et Agnès Buzyn d’aller loin, bien plus loin.  Jusque dans la Grèce antique. Il a selon elle  « un mythe autour des fermetures des services d’urgences » : « Il y a parfois des services d’urgences qui ferment, mais il faut savoir que globalement nous avons 78 services d’urgences qui ont ouvert en plus ces dernières années. »

« Il peut y avoir des zones rurales où effectivement il n’y a plus d’activité, et très peu de services, pas besoin d’un service d’urgences [sic] , mais il y a plein de services d’urgences qui ouvrent dans des zones qui sont mieux peuplées [re-sic]», a-t-elle poursuivi.

Tout cela est bel et beau. On rappellera toutefois, avec la mémoire du Monde,  qu’en mars dernier Agnès Buzyn avait déclaré qu’il était « possible qu’un certain nombre de services de proximité ne soient pas maintenus ».

Interrogée sur RTL à propos du « mythe » évoqué par la ministre de la santé, la présidente de la Coordination nationale infirmière, Nathalie Depoire, a réagi : elle déplore  le « décalage » avec « ce qu’il se passe réellement dans certains établissements aujourd’hui », et alerte sur le besoin rapide de « moyens humains et matériels ». Mme Depoire mesure-t-elle bien ce qu’est le concept de mythe quand il est manié par une ministre de la République ?

Myhe ou pas l’échéance est là : sans cesse retardée la réforme salvatrice du système de santé français sera annoncée par le chef des Armées le 15 septembre 2018. Nous en étions là en achevent ce texte. Et puis non : précision de dernière minute : le cabinet de la ministre Agnès Buzyn vient de faire savoir à l’AFP que « la date de mi-septembre n’est pas certaine ». Aucune importance, les ides de Mars et les mythes sont là, qui colmatent les failles du politique. Jusqu’au dégonflement du ballon.

A demain

 

Corbeaux, tabac et politique : l’humour de Christophe Castaner, ministre de la République 

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Tout commence sur franceinfo. On y apprend, le 10 août, que six corbeaux, spécialement dressés pour le ramassage des mégots de cigarettes et des déchets, participeront bientôt au nettoyage du parc de loisirs du Puy du Fou. Information donnée par son président, Nicolas de Villiers, fils de Philippe de Villiers. Explications données à l’AFP :

« L’objectif n’est pas simplement de nettoyer, car les visiteurs sont globalement respectueux de la propreté, mais aussi de mener une action pédagogique montrant que la nature elle-même peut nous apprendre à faire attention à l’environnement. L’idée a germéil y a plusieurs années, dans l’esprit de l’un des fauconniers du parc, à partir de l’observation des oiseaux. Le Corbeau freux, est un oiseau particulièrement intelligent, qui lorsqu’il est dans une atmosphère affective porteuse, aime communiquer avec l’homme et établir une relation avec lui par le jeu. »

C’est ainsi que Christophe Gaborit, spécialiste de l’« affaitage » des rapaces, a inventé un récipient contenant d’un côté des croquettes, « dont raffolent les corbeaux » et, de l’autre, un espace vide, destiné à « accueillir des mégots, ou autres petits déchets ». Et lorsque le corbeau dépose un mégot dans la boîte, un mécanisme se déclenche, et une croquette lui est délivrée. « Motivés par la récompense », les corbeaux ont « vite compris comment fonctionnait le jeu » se réjouit M. de Villiers.

 Et c’est ainsi qu’au célèbre Puy du Fou on a installé une seule boîte, « de la taille d’une brouette », permettant à tous les oiseaux de déposer le fruit de leur récolte – et à Christophe Gaborit de jouer les « chefs d’orchestre »En  moins de trois quarts d’heure, un corbeau est capable « de remplir un seau ».

Fumeurs, parias et croquettes  

L’affaire a beaucoup plu à Christophe Castaner, 52 ans, ancien responsable socialiste devenu un fidèle d’Emmanuel Macron.  Un homme de poids : délégué général de de La République en marche il est aussi, en même temps, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement. Et M. Castaner de se gausser sur Twitter :

« Christophe Castaner‏Compte certifié @CCastaner Suivre @CCastaner

Et si on essayait avec les fumeurs: un mégot pas jeté par terre, une croquette! #Education Un mégot recyclé, deux croquettes? »

Le corbeau, freux ou pas n’est jamais très loin de l’augure.  « Depuis longtemps je m’indigne de cette opprobre constante sur les fumeurs, et de l’adoption de mesures stigmatisantes, plutôt que de chercher à les aider » nous fait observer Yvon Rolland :

« Je râle aussi de plus en plus sur cette étiquette que l’on colle aux fumeurs de ‘’nouveaux parias’’, sur lesquels on peut tout se permettre… Et l’actualité nous en propose une nouvelle démonstration. Comme par prémonition, j’avais senti le coup venir, avec cette histoire de corbeaux ramasseurs de mégots. Rabaisser les fumeurs, plutôt que de les aider et à leur permettre de relever la tête, est-ce donc la politique du gouvernement en matière de lutte contre le tabagisme qu’exprime là M. Castaner ? »

Ancien responsable socialiste le ministre Castaner goûte l’humour froid. Prochain sujet, sur Twitter:  comparer les hommes politiques à des corbeaux « friands de croquettes », des oiseaux motivés par la « récompense », et comprenant somme toute assez vite comment « fonctionne le jeu ». Succès assuré.

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Comment rendre « hideuse » et « stupide » une campagne de promotion du préservatif

Bonjour

C’est une affaire édifiante. Elle est détaillée sur franceinfo et reprise par Le Point. Où l’on découvre une campagne publicitaire du ministère de la Santé accusée de culpabiliser les jeunes au lieu de les sensibiliser à l’usage du préservatif masculin. Une campagne lancée sous l’égide de Santé Publique France après la publication des derniers chiffres montrant une augmentation de la prévalence des infections sexuellement transmissibles.

« Santé publique France lance,  jusqu’au 18 août, une ‘’campagne digitale’’ campagne est diffusée depuis trois semaines sur Instagram et Snapchat pour ‘’promouvoir l’utilisation du préservatif auprès des jeunes’’ » écrivions-nous en juillet tout en ne cachant pas un certain étonnement devant la forme de l’exposé des motifs :

« En phase avec leurs codes, cette campagne repose sur le concept du « life hacking », des astuces et des techniques que l’on partage pour faciliter le quotidien, qui sont très répandues sur Internet et très prisées des jeunes. La campagne met en scène de manière ludique le préservatif en démontrant ses qualités intrinsèques (résistance, imperméabilité…). Le but est de faire de lui l’accessoire indispensable du quotidien.

« La campagne se décline sous forme de vidéos dans lesquelles les jeunes pourront découvrir en quelles circonstances, autre que l’acte sexuel, le préservatif peut s’avérer utile comme par exemple : allumer un feu, maintenir ses objets aqua phobiques au sec, faire bouillir de l’eau… Et sous forme de posts créatifs relayant en mode ‘’survie’’ des messages informatifs sur le préservatif et les infections sexuellement transmissibles. Ces « Life cards » seront postées sur Instagram et Facebook pendant l’été dans l’objectif de faire réagir les jeunes. »

« Dépanner un pote »

Sans oublier l’intitulé du site conçu sous l’égide de l’agence ministérielle Santé publique France : On SexPrime (sic). Un visuel « hideux » et « stupide » accusentses détracteurs. Ce site expose sept bonnes raisons de « garder un préservatif sur soi ». Comme « éviter de faire la queue à la pharmacie pour acheter un test de grossesse ». Ou « dépanner un pote qui va conclure ». Et parmi ces raisons déclinées sur le mode « humoristique » (sic), l’une d’entre elles, relayée mardi 7 août par le compte officiel du ministère de la Santé, suscite indignation et colère chez plusieurs internautes.
▶️ Découvres ses autres usages avec @OnSexprime : https://t.co/Ojc4gkpriP pic.twitter.com/ZuF8Ipkyna

— Ministère des Solidarités et de la Santé (@MinSoliSante) 7 août 2018

Le visuel explique notamment qu’avoir un préservatif sur soi « évitera d’annoncer à l’infirmière/le médecin que tu as eu un rapport non protégé ». Sous le tweet du ministère de la Santé, de nombreux internautes accusent cette campagne de culpabiliser les personnes qui auraient eu un rapport sexuel non protégé. « Si on vous suit, il est honteux pour une personne de se rendre aux urgences afin de demander un TPE (Prophylaxie d’urgence), ou un simple dépistage », critique un internaute.

« Les professionnels de santé ne sont pas là pour juger les gens qui prennent un Traitement Post-Exposition et/ou la pilule du lendemain. Et si certains le font, c’est anormal », tweete une autre. — Negative Aggie (@Myo_Globine) 7 août 2018

Question de genre

Qui, précisément, est à l’origine de cette campagne ? Combien a-t-elle coûté et la ministre des Solidarités et de la Santé a-t-elle donné son aval ? Joint par franceinfo, Nathalie Lydié, responsable de l’unité Santé sexuelle à Santé publique France s’explique :

« Il s’agit d’une campagne de promotion du préservatif qui utilise l’humour et les codes des réseaux sociaux des adolescents. Il est difficile pour les adolescents de parler de sexualité avec des adultes en général, y compris les professionnels de santé aussi bienveillants et accueillants soient-ils. C’est ce point de vue des adolescents que la campagne adopte à travers sept messages différents.»

Pour autant se disant «sensible à la question de la représentation des rôles de genre» Santé Publique France annonce néanmoins qu’elle va « revoir la formulation de la carte n°3 ». Ce visuel a en effet également été critiqué pour avoir mentionné « l’infirmière » au féminin et « le médecin » au masculin. Ce qu’elles.ils ne sont pas toujours.

Où l’on observe, une nouvelle fois, à quel point l’humour est, concernant la santé et la sexualité, un concept qui ne se manie pas sans danger.

A demain

Glyphosate : Macron «engueule» un paysan ; Nicolas Hulot avale un peu plus de son chapeau

 

Bonjour

En France la très vieille et très célèbre affaire de l’amiante hante toujours les politiques. Elle hante ceux qui furent au pouvoir, ceux qui y sont et ceux qui y seront. Dernier et éclairant symptôme en date : Emmanuel Macron, président de la République lors de sa « visite marathon » au Salon de l’Agriculture. L’affaire, signifiante et exemplaire, nous est rapportée par mille et un réseaux.

Après un explication avec des agriculteurs déguisés en peluche, après bien des sifflets nourris et musclés, Emmanuel Macron a été interpellé par un agriculteur à propos du glyphosate – ce pesticide-feuilleton que la France souhaite interdire « d’ici trois ans au plus tard ». Ce fut un « échange tendu ».

Le paysan-céréalier protestait haut et fort contre cette interdiction, le président de la République s’est lancé dans un échange d’une particulière vivacité. « Je vous engueule parce que j’aime pas qu’on me siffle derrière; mais après je viens vous voir et on s’explique », est allé jusqu’à dire le chef de l’Etat, selon une retranscription faite par l’AFP. Et dans une vidéo publiée par Franceinfo, on peut voir Emmanuel Macron répondre sèchement à son vis-à-vis :

« Le glyphosate, il n’y a aucun rapport qui dit que c’est innocent (…). Dans le passé, on a dit que l’amiante ce n’était pas dangereux, et après les dirigeants qui ont laissé passer ils ont eu à répondre (…) Les ouvriers agricoles, les consommateurs, qui demain diront ‘vous aviez le glyphosate, vous le saviez et vous n’avez rien fait’, ils me regarderont les yeux dans les yeux, ils n’iront pas vous chercher, vous. »

Et quand le placide paysan fit observer au président qu’il avait perdu son sang froid, Emmanuel Macron répondit : « Vous m’avez sifflé dans le dos depuis tout à l’heure! »

Sang-froid

Le lendemain, nouvelles informations, politiques et surprenantes : le Journal du Dimanche affirme que Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire ne se rendra pas au Salon de l’agriculture. Et le ministère du même nom de confirmer cette information à l’AFP. Explication plus que boisée : le ministre « privilégie le dialogue direct avec les parties prenantes dans de bonnes conditions d’échange ». « Je préfère dialoguer loin des regards et des caméras, c’est ma méthode », a expliqué le ministre au JDD. Et des sifflets aurait-il pu ajouter.

Nicolas Hulot (qui s’était battu en 2017 pour une sortie du glyphosate en trois ans) se dit prêt aujourd’hui à envisager des « exceptions » :

« On est en train de recenser les alternatives qui existent et de leur donner les moyens de faire leurs preuves. Mais je ne suis pas buté et personne ne doit être enfermé dans une impasse : si dans un secteur particulier ou une zone géographique, certains agriculteurs ne sont pas prêts en trois ans, on envisagera des exceptions (…) Mais si on arrive à se passer du glyphosate à 95 %, on aura réussi ».

Combien de temps le glyphosate -Roundup hantera-t-il les nuits de l’exécutif ?

A demain