Prostitution: la France taxe (1500 euros) le client. L’Allemagne va lui imposer le port du latex

 

Bonjour

Comment parler simplement de la prostitution, de celles et ceux qui s’y livrent ? Libre jouissance monnayée de son corps ou victime d’un sordide esclavagisme sexuel ? On peut, ici, dévorer avec profit le dernier ouvrage du toujours provoquant Pierre-André Taguieff 1 On peut aussi redécouvrir, non sans délices, Francis Blanche, industriel du bonbon, un habitué de chez Madame Anaïs au service de Luis Buñuel.

Demain, mercredi 6  avril, l’Assemblée nationale devrait adopter définitivement la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel . « Dès la promulgation du texte, les clients de prostituées risqueront une amende de 1  500  euros, portée à 3  750  euros avec inscription au casier judiciaire en cas de récidive » nous rappelle Le Monde, qui n’a jamais eu de ligne éditoriale bien claire sur un tel sujet. La loi fera mal aux clients étourdis ; elle prendra soin en revanche des prostituées qui « pourront bénéficier d’un accompagnement financier et social, ainsi que d’un titre de séjour temporaire pour les étrangères ».

Maisons closes

Le vent vient du grand Nord.  Soixante-dix ans après l’œuvre inachevée de Marthe Richard la France va ainsi devenir, après la Suède, la Norvège et l’Islande, le quatrième pays européen à pénaliser les clients de prostituées. L’objectif est plus idéologique (et mythique) que sanitaire : c’est bien, à terme, l’éradication de la prostitution qui est visée. C’est aussi l’aboutissement d’un long combat pour la députée (PS, Essonne) Maud Olivier qui, avec Bruno Le Roux, porte ce texte dans un climat conflictuel : trois lectures dans chaque assemblée, le Sénat supprimant la pénalisation des clients et rétablissant le délit de racolage. Finalement, comme souvent, c’est l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot. Maud Olivier :

« C’est un grand moment pour les victimes de la prostitution, qui sont obligées d’en passer par là pour vivre. La décision d’inscrire dans la loi l’interdiction d’achat d’un acte sexuel était indispensable.   L’objectif est de la faire diminuer, de protéger les prostituées qui veulent en sortir, et de changer les mentalités. »

Verbaliser en flagrant délit

Saisi le juge pourra ordonner un « stage de sensibilisation à la lutte contre l’achat d’actes sexuels », aux frais du contrevenant. Mais encore ? Pour prouver qu’un homme est client, la police devra verbaliser en flagrant délit. Y aura-t-il une volonté hiérarchique (politique) de faire du chiffre ? Comment, aujourd’hui, concilier état d’urgence et prise sur le fait des clients ? Et que faire des clients sans papiers d’identité ? Et comment imaginer que clients et prostituées ne trouveront pas de nouveaux moyens, numériques, d’éviter la prise sur le fait ? Sans parler des frontaliers attirés par l’Allemagne, l’Espagne, la Belgique ou Genève.

Une autre lecture, dérangeante pour les socialistes et le gouvernement, est proposée par l’ONG Médecins du Monde . Sous l’intitulé « Volet social ou effet d’annonce ? ». Extraits :

 « Prétendant soutenir les personnes souhaitant arrêter la prostitution, cette PPL prévoit notamment la création d’un « parcours de sortie de la prostitution », qui serait mis en œuvre par des associations agréées. Nous n’avons eu de cesse d’interpeller les parlementaires sur la conditionnalité de l’accès à ce volet social et sur son applicabilité sur l’ensemble du territoire pour les personnes proposant des services sexuels tarifés.

 « Nous déplorons les conditions imposées aux personnes pour bénéficier des mesures sociales, notamment l’obligation de cesser la prostitution : cette conditionnalité pose un vrai problème au regard de l’égal accès aux droits pour tous. De plus, les aides proposées sont confuses, insuffisantes et précaires : comment cesser l’activité prostitutionnelle sans titre de séjour ni hébergement pérenne, ni allocation suffisante ? (…)

« Les parlementaires ne pouvant pas grever les finances publiques et le gouvernement n’ayant prévu qu’à peine plus d’un centième de la somme nécessaire, il est évident que le volet social n’est rien de plus qu’un effet d’annonce ayant pour but de masquer la dimension essentiellement répressive de ce texte.  Enfin, nous alertons sur le fait que le contexte politique national, la crise migratoire et les politiques iniques qui l’encadrent, le basculement sécuritaire et les mesures législatives actuelles qui favorisent la précarité sont autant de leviers pour mettre en place un véritable parcours non pas de sortie mais bien d’entrée dans la prostitution. »

Latex germanique

 Vérité au-delà du Rhin erreur en deçà. Slate.fr nous apprend qu’au terme d’années de débats houleux le conseil des ministres allemand a validé, jeudi 24 mars, un projet de réforme visant à renforcer la protection des travailleuses du sexe face à l’exploitation par des tiers et face aux maladies sexuellement transmissibles.

En Allemagne la prostitution est légale et encadrée par la loi.  Le texte, qui devrait être examiné dans quelques mois par le Bundestag et le Bundesrat (pour entrer en vigueur à partir de 2017) a notamment pour but « d’assainir »  le milieu de la prostitution des réseaux de proxénétisme en rendant plus difficile l’ouverture d’une maison close. Celle-ci sera soumise à l’autorisation des autorités allemandes, après examen du casier judiciaire des futurs exploitants, afin d’écarter systématiquement les proxénètes. Slate.fr :

« Les prostituées seront, elles, tenues de déclarer leur activité, chaque année pour les personnes âgées de 18 à 21 ans, tous les trois ans à partir de 21 ans. Cette déclaration sera assortie d’une visite médicale obligatoire qui aura lieu, selon l’âge de la personne, dans les six mois ou les deux ans suivant l’inscription. Les travailleuses du sexe encourront alors une amende pouvant aller jusqu’à 1.000 euros si elles ne déclarent pas leur activité. 

Jusqu’à 50.000 euros

 « Autre changement notable: l’usage obligatoire du préservatif pour les clients, afin de protéger les prostituées face aux MST. Ceux qui auront des rapports sexuels non protégés seront punis par une amende pouvant aller jusqu’à 50.000 euros. Ce dernier point est déjà en vigueur en Bavière et dans la Sarre. (…)

« Le quotidien Badische Zeitung estime, de son côté, qu’à l’instar des autres domaines d’activité, la prostitution se doit d’être plus encadrée par la loi (…) Le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung se demande si cette loi, en limitant les conditions d’exercice de la prostitution, n’annonce pas tout bonnement la fin de la prostitution légale en Allemagne, tandis que la chaîne de télévision WDR l’estime contre-productive vis-à-vis de celles qu’elle est censée protéger ».

Obtient-on la confiance par la contrainte ? Jusqu’où l’Etat doit-il s’immiscer ?

A demain

 1 Taguieff P.-A. « Des putes & des hommes ; tous coupables, toutes victimes » Editions Ring. 18 euros

 

Intestins humains, passion allemande

Bonjour

C’est un livre inattendu, déroutant, qui nous vient d’Allemagne. Son éditeur français, Actes Sud, nous trompette qu’il se serait déjà vendu, outre-Rhin, «à plus d’un million d’exemplaires»; qu’il sera bientôt traduit dans toutes les langues; que son auteure est le charme même, vive, jeune, blonde, enjouée, bientôt docteure en médecine. Elle est «la nouvelle star de la médecine et des médias allemands». Son secret? Giulia Enders, 24 ans, nourrit une solide appétit pour les profondeurs intestinales humaines. Les siennes comme celles de ses prochains.

L’Allemagne se passionne aujourd’hui pour Darm mit Charm. Dans l’espace francophone, cela donne Le charme discret de l’intestin– clin d’œil au troublant chef-d’œuvre de Luis Buñuel millésimé 1972, Stéphane Audran et un repas sans cesse différé.

Plaisanterie économique

Vend-on encore des livres sans l’histoire qui va avec? En 2012, Giulia Enders gagne le premier prix du «Science-Slam», un concours d’éloquence scientifique, et la vidéo de sa présentation fait la une des médias allemands. Voilà pour les coulisses. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung n’a pas fait l’économie d’une plaisanterie: «Que doit-on comprendre lorsqu’une aussi jolie fille que Giulia Enders se prend de passion pour l’intestin?» «Quand on s’intéresse à l’intestin, on fait le grand saut – on passe de “beurk” à “waouh”», a confié la jeune femme.

L’obésité menace le globe, et avec elle une épidémie d’anorexie-boulimie. S’il fallait une raison pour justifier la passion contemporaine pour tout ce qui touche à la digestion et, au-delà, à l’ensemble des tissus et organes qui assurent cette fonction. Darm mit Charm s’emploie à nourrir cette passion. Il le fait en dépassant de beaucoup le seul organe qui en fait à la fois le titre et son charme. Que seraient les intestins sans ce qui les précède et les prolongent? Au-delà du titre, c’est du tout-digestif qu’il s’agit. Et, dans une démarche holistique, du contenant comme du contenu.

Visite guidée

La future docteure Enders propose ainsi sa visite guidée privée du tube digestif: œsophage «pro du remue-ménage», estomac «petite poche de guingois», intestin grêle «grand zigzagueur devant l’Eternel», appendice «superflu» et gros intestin «dodu». Elle embrasse encore plus large et englobe le tube et sa fonction dans un «grand voyage de la nourriture» qui englobe les yeux, le nez, la bouche et le pharynx. Elle n’évite pas les sous-chapitres des vomissements (rendre tripes et boyaux) et des laxatifs.

Et encore ne s’agit-il là que de la forme. Le cœur de ce propos digestif porte sur la «planète microbienne», la flore intestinale, les gènes de nos bactéries, les antibiotiques, les probiotiques et les prébiotiques.

Nous sommes sans doute encore bien loin d’avoir pris la mesure de ce qui se joue actuellement dans la découverte moléculaire de ces continents intestinaux, ce microbioteen cours de déchiffrement avec lequel nous vivons, le plus souvent, en symbiose. C’est là une forme de révolution copernicienne corporelle, le passage d’un univers clos (le cérébral) à une infinité de mondes possibles. La découverte, aussi, de nouveaux chemins qui conduisent de la tête au ventre et réciproquement.

Risque de vertige

Le risque inhérent à l’angle choisi par Giulia Enders réside dans le vertige de la mise en abyme. Pour mieux traiter son sujet de long en large, pour le montrer sous ses mille et une facettes, l’auteure en vient à anthropomorphiser ce sous-continent interne. Elle nous parle du sien et nous nous surprenons à penser au nôtre, à la troisième personne; et on le fait d’autant plus volontiers que le pli est vite pris de le considérer comme un second cerveau, en prise directe avec le cortex central, l’ordinateur neuronal intracrânien.

On en viendrait presque, au fil des pages, à redistribuer les places attribuées, depuis Vienne, au ça et au surmoi. Une longue analyse cérébro-digestive en somme, que rebattraient les cartes et les stades de l’oralité. La suite des mouvements tectoniques qui déplacèrent les centres de gravité depuis les humeurs jusqu’au au foie, puis du foie au cœur, et du cœur au cerveau.

Faire son miel

En faisant son miel d’une large bibliographie médicale et scientifique, Giulia Enders témoigne de la puissance des apports de la génétique et de la microbiologie revisitée: nous ne vivons qu’en symbiose avec une gigantesque flore bactérienne qui se repaît de nous et que nous domestiquons tout au long de notre vie. Une flore interne qui dit tout de nos embarras gastriques et de nos mille et un troubles du transit. Le parti pris de l’auteure est qu’il vaut mieux le savoir que faire semblant de l’ignorer.

«Les humeurs moroses, la joie, le doute, le bien-être ou l’inquiétude ne sont pas le produit de notre seul crâne, écrit-elle. Nous sommes des êtres de chair, avec des bras, des jambes, des organes sexuels, un cœur, des poumons et un intestin. L’intellectualisation de la science nous a longtemps empêchés de voir que notre « moi » était plus que notre seul cerveau.» Giulia Enders en vient ainsi à ferrailler avec René Descartes: pour elle, «le cerveau ne fait pas tout.» «Pourquoi ne pas ajouter notre grain de sel aux paroles de Descartes et déclarer: « Je ressens, de sorte que je pense, donc je suis ».»

 Pasteur et Koch

La promotion de la sensibilité, de la sensation, de l’émotion… Voilà qui sent l’époque. C’est aussi, venu du pays de Koch, un hommage à Louis Pasteur:

«Vues au microscope, les bactéries sont de petits points lumineux sur fonds de ténèbres. Mais ensembles, elles sont plus que cela: c’est une véritable communauté que chacun d’entre nous héberge. La plupart de ses membres sont tranquillement installés dans les muqueuses et donnent des cours au système immunitaire, prennent soin de nos villosités intestinales, mangent ce dont nous n’avons pas besoin et fabriquent des vitamines. D’autres sont logés à proximité des cellules intestinales, les piquent de temps en temps ou fabriquent des toxines. Quand le bon et le mauvais vivent en bonne intelligence, le mauvais peut nous rendre plus forts et le bon prendre soin de nous et de notre santé».

Au-delà du digestif, un véritable message géopolitique.

A demain

Ce texte a initialement été publié sur Slate.fr. Où l’on peut aussi découvrir une rencontre vidéo avec Giulia Enders réalisée par Michel Alberganti et Rachel Huet.

Alcool, crash et dépression : bientôt des «dosages surprise» chez les pilotes d’avion ?

Bonjour

150 morts. L’histoire médicale et professionnelle d’Andreas Lubitz a montré de considérables failles. L’heure est au  resserrement des mailles du filet. Avec toutes les précautions que l’on peut imaginer pour ne pas cabrer les ombrageux pilotes de ligne. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung rapporte  ainsi, sur la foi d’une interview avec Carsten Spohr, le patron de Lufthansa.

Sportifs de haut niveau

Des «examens de contrôle inopinés pour les pilotes» pourraient être «une possibilité» d’identifier certaines prises de médicaments psychotropes – et ainsi d’être alertés sur d’éventuelles fragilités psychologiques de ces mêmes pilotes. Le modèle de ce dispositif préventif pourrait être calqué sur celui des tests de dopage effectués sur les sportifs de haut niveau. Le patron de la compagnie allemande a également appelé à «examiner attentivement» sous quelles conditions «exceptionnelles» le secret médical pourrait être « assoupli ».

On sent bien que l’on s’aventure ici sur des terrains soupçonneux et instables. Interrogé par l’AFP, un porte-parole de Lufthansa, a précisé que la compagnie allemande n’envisageait pas de mettre seule en place de tels contrôles inopinés. Elle souhaite bien, en revanche,  «faire une proposition à la ‘’task-force’’ », un groupe d’experts constitué par le gouvernement allemand et le secteur aérien après le crash de l’avion de Germanwings pour réfléchir aux moyens d’améliorer la sécurité des transports aériens.

Blocs et cockpits

Que tester de manière inopinée ? Toutes les substances susceptibles d’entraver les capacités de pilotage ;  que «les médicaments, la drogue et l’alcool» a précisé le porte-parole. Nous avons vu, en France, ce qu’il pouvait en être des réactions d’opposition-réflexe quand on évoqua (affaire d’Orthez) l’application d’une mesure équivalente chez les chirurgiens et les anesthésistes. Rien ne dit toutefois qu’avec le temps que les esprits n’évolueront pas, dans les blocs comme dans les cockpits.

A demain

Crash: Andreas Lubitz avait bien informé Lufthansa de son « épisode dépressif sévère ». Lufthansa n’en a rien fait

Bonjour

Les vents tournent. Lufthansa a révélé, mardi  31 mars, qu’elle avait été informée par Andreas Lubitz (copilote de l’A320 de Germanwings) que ce dernier avait connu un « épisode dépressif sévère ». C’était en 2009. Elle dit avoir transmis au parquet de Düsseldorf (en charge de l’enquête allemande sur les causes du crash du 24 mars), des « documents supplémentaire » confirmant qu’Andreas Lubitz, le copilote de l’avion, avait informé en 2009 l’école de pilotage de l’entreprise, qu’il avait connu un « épisode dépressif sévère ».

C’est un évènement : jusqu’à présent, Lufthansa (par la voix de son PDG, Carsten Spohr) avait affirmé que cet homme de 27 ans avait interrompu sa formation pendant « plusieurs mois » il y a six ans. Mais Carsten Spohr avait déclaré ne pas avoir le droit de révéler les raisons de cette interruption. Qui est responsable ? Qui sera déclaré coupable ?

Géométries variables

Les vents tournent et le secret médical est à géométrie variable : désormais Lufthansa affirme donc avoir procédé à « de nouvelles recherches internes » pour fournir ces documents – des pièces qui concernent sa formation au pilotage, des « documents médicaux » et la « correspondance par courriels entre le copilote et l’école de pilotage » – et ce, « dans l’intérêt d’une élucidation rapide et sans faille »  des circonstances du drame.

Carsten Spohr, ainsi que le PDG de Germanwings, Thomas Winkelmann, se rendront mercredi  1er avril à proximité du lieu du drame pour se recueillir et rendre hommage aux équipes sur place.

Le temps des légistes

Pour sa part le président de la République française fait pression sur les spécialistes de médecine légale : en visite à Berlin François Hollande vient de promettre une identification rapide des restes des 150 victimes du crash. Les recherches pour la seconde boîte noire se poursuivent. « Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a confirmé que d’ici la fin de la semaine, il serait possible d’identifier toutes les victimes grâce aux prélèvements ADN faits et à ce travail scientifique exceptionnel », a déclaré François Hollande lors d’une conférence de presse commune avec Angela Merkel (au terme du 17e Conseil des ministres franco-allemand).

Déclaration aussitôt modulée : le ministère de l’Intérieur a  précisé qu’on pouvait « espérer que d’ici la fin de la semaine on aura récupéré les ADN de toutes les victimes », mais sans en avoir la certitude. Tout indique que cela sera nettement plus compliqué et plus lent que ne l’aimerait l’exécutif. Le temps des médecins légistes est rarement celui des gouvernants.

279 millions d’euros

Les vents tournent et les calculs progressent. Pour faire face aux probables demandes de dommages et intérêts de la part des familles, le consortium d’assureurs conduit par le géant allemand Allianz a mis de côté 300 millions de dollars (279 millions d’euros), a indiqué une porte-parole de Lufthansa. Elle confirme ainsi des informations du journal Handelsblatt. « L’avion était assuré à hauteur de 6,5 millions de dollars, d’après le quotidien économique allemand, qui cite des sources proches du dossier, précise l’Agence France Presse.  Même s’il était prouvé qu’Andreas Lubitz avait volontairement provoqué le drame, cela ne changerait rien aux indemnisations auxquelles les proches des victimes ont droit. »

Lufthansa, « par respect pour les victimes », a annulé les célébrations prévues le 15 avril pour le 60eanniversaire de la compagnie. L’AFP ajoute que selon le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, huit spécialistes israéliens ont été dépêchés sur place afin d’aider notamment à retrouver les morceaux du corps d’une victime juive.

Recherche criminelle

« Ces spécialistes sont rodés à cet exercice du fait des attentats en Israël, le judaïsme imposant l’intégrité du corps des victimes lors de l’inhumation, précise encore l’AFP. Environ quatre cents  échantillons prélevés sur les morceaux de corps ont pour le moment été envoyés à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), près de Paris. Soixante dix-huit profils ADN de passagers ou membres d’équipage avaient été isolés dimanche 29 mars, toutefois aucune victime n’a été formellement identifiée. Les résultats définitifs ne seront connus qu' »entre deux et quatre mois » et seront d’abord communiqués aux familles, indique la gendarmerie française. »

Effets personnels

Près du lieu du crash, à Seyne-les-Alpes, le lieutenant-colonel Jean-Marc Ménichini de la gendarmerie française a déclaré qu’il n’y avait « plus de corps sur la zone du crash » et que l’évacuation de ces derniers était donc terminée. Demain 1er avril « vingt militaires chasseurs alpins vont monter avec les équipes pour récupérer les effets personnels des passagers ».

A demain