Simone Veil contre le tabac : une vidéo politique semi-prophétique datant de 1975

Bonjour

C’est une vidéo de 98 secondes. Signée de l’INA, elle date de 1975. On y voit et entend Simone Veil, alors ministre de la Santé et de la Famille. Elle nous parle du tabac. Quarante-deux ans. Ce sont des images qui nous disent le temps qui passe moins vite qu’on pourrait le croire. Car tout est dit dans ce témoignage, tout est dit d’une volonté et d’une sagesse politique que l’on ne rencontrera plus guère, sur ce sujet et à ce poste.

Simone Veil n’a jamais caché qu’elle était une fumeuse. En 1975 elle explique être parvenue à « fumer beaucoup moins ». Sur la nocivité du tabac aucun doute : il faut en informer largement tous les citoyens. Campagnes d’information sanitaire à la télévision, à la radio, via des publicités, lors des consultations médicales. Revoir les études médicales dans cette perspective car, dit-elle, « certains médecins ne croit pas à cette nocivité ».

Ne pas aller jusqu’aux restaurants

Et puis envisager des mesures plus coercitives, comme l’interdiction de fumer dans certains lieux publics : «  les cinémas sûrement, certains transports également… Les restaurants ? Je ne crois pas que l’on n’ira jusque-là, je ne l’envisage pas ».  Et les contre-indications qui pourraient être portées sur les paquets de tabac ? « Nous étudions quel impact cette mesure a eu dans les pays où elle est actuellement en vigueur comme les Etats-Unis. Il ne semble pas que le fait qu’il y est un petit papier sur le paquet de cigarette disant ‘’les cigarettes sont mauvaises pour vous’’ aient un grand impact. Alors je ne crois pas qu’on l’imposera. Voilà. »

Le temps passe et l’on mesure le chemin parcouru sur certains points. On sait aussi que quarante-deux ans plus tard plus de 30 % des Français fument, paquet neutralisé ou pas. La volonté politique qui animait Simone Veil ne s’est jamais véritablement retrouvée chez ceux et celles qui ont pris sa suite. Elle-même n’a guère relancé le combat quand de 1993 à 1995 elle revint à ce ministère. Le temps fut bref et les priorités autres.

Schizophrénie étatique

Reste aujourd’hui que tout est connu de la nocivité du tabac et des moyens de lutte, de la schizophrénie étatique et du formidable levier que peut être la cigarette électronique.  Interrogée sur France Inter Agnès Buzyn, actuelle ministre de la Santé, a exprimé son admiration citoyenne mais aussi « une très grande émotion personnelle ». Celle qui fut, en premières noces, l’épouse de Pierre-François Veil, fils de Simone Veil, a confié que cette dernière lui avait « donné l’amour de la vie publique ». « Je suis dans ce ministère, a souligné Agnès Buzyn, grâce à ce qu’elle m’a légué. »

C’est aussi à cette aune que son travail de ministre sera jugé. A commencer par son action contre le tabagisme, première cause de mort prématurée évitable.

A demain

Mort de Lucien Neuwirth, le plus grand homme politique sociétal français du XXème siècle

Avec lui disparaît l’une des deux grandes figures marquantes, en France, d’une « dissociation légale »: la possibilité offerte de dissocier la sexualité de la reproduction.

Ne cherchant guère l’aura fugace des médias ce gaulliste de la première heure aura, via la loi qui porte son nom, profondément marqué l’évolution de la société française. 

Lucien Neuwirth est mort dans la nuit du 25 au 26 novembre 2013. Il a été victime des suites d’une infection pulmonaire  à l’hôpital Rossini-Sainte-Périne de Paris. Lucien Neuwirth avait 89 ans. L’annonce de sa mort a été faite sur le site du quotidien Le Figaro  où travaille son épouse Sophie Huet.

Féminisme et parité

Il  était le pendant politique masculin de Simone Veil. Comme elle  il avait laissé son nom à une loi dissociant la sexualité de la reproduction (précision: une loi facilitant la dissociation de la sexualité de la reproduction). Comme Simone Veil  il avait dû affronter son camp politique (la droite) pour convaincre que cette dissociation, loin de provoquer une « débauche sexuelle », constituait alors une mesure essentielle de santé publique. Ce fut aussi une étape majeure dans l’évolution de la société française et l’un des évènements fondateurs du développement des courants féministes et de la quête de la parité.

Un an avant 1968

Simone Veil était parvenue au terme d’un combat homérique en 1975, un combat dont on a gardé la mémoire. Sa loi dépénalisait en France la pratique de l’interruption volontaire de grossesse. Lucien Neuwirth était quant à lui parvenu huit  ans plus tôt (un an avant les « évènements de 1968 ») à faire voter une loi autorisant la commercialisation des pilules permettant aux femmes de disposer d’une contraception orale. Commercialisation mais non remboursement. Bien que donnant son nom à cette loi Lucien Neuwirth demeura largement méconnu de l’opinion. Et il ne chercha pas à tirer une gloire personnelle, politique ou médiatique, de son action en faveur de la contraception.

L’appel d’Yssingeaux

Rien ne prédestinait ce gaulliste résistant et miraculé à déposer sa proposition de loi le 18 mai 1966, jour de son quarante-deuxième anniversaire, « pour marquer son respect de la naissance ». Enfant de Saint-Etienne (Loire) il est  à Yssingeaux le 18 juin 1940 quand il entend, par le plus grand des hasards l’appel radiophonique du général de Gaulle. Il dira plus tard que de Gaulle « disait ce qu’il pensait ». Il entre aussitôt en résistance, s’engage en 1942  dans les Forces françaises libres, rejoint les parachutistes SAS français, participe à la Libération, poursuit le combat en Belgique, aux Pays-Bas. Fait prisonnier il survit au peloton d’exécution. Sa biographie retient que blessé et recouvert par le corps d’un de ses camarades, il survit miraculeusement, « grâce à de la petite monnaie qui bloque la balle du coup de grâce ».

Triomphe politique

C’est ensuite l’adhésion au RPF, l’élection comme conseiller municipal  à Saint-Etienne la découverte des premières militantes d’une action féministe qui deviendra le Mouvement français pour le planning familial. C’est alors qu’il repart en croisade pour abroger la loi de 1920 qui criminalisait la propagande anticonceptionnelle. Une croisade victorieuse grâce à l’action de Gregory Pincus qui mit au point les premières pilules assurant une contraception orale. Réélu député de la Loire de 1958 à 1981. Vaincu par la « vague rose » il sera sénateur de 1983 à 2001. Celui qui échoua régulièrement à devenir maire de Saint-Etienne gardait modestement en mémoire la date de son triomphe politique : le 29 décembre 1967.

Ce billet a été initialement publié sur le site Slate.fr

 ce que fut  son discours du 1er juillet 1967  – une  date dans l’évolution des droits des femmes en France. Une époque où les hommes politiques savaient écrire. Et parler

Morceaux choisis d’un discours historique.

«Pour nous, il ne s’agit point de permettre aux Français de ne pas mettre au monde des enfants qu’ils ne désirent pas mais au contraire de les aider à créer une famille dont il leur appartiendra en propre de fixer l’importance et le rythme d’accroissement en fonction de leurs possibilités.

[…]

Nous estimons que l’heure est désormais venue de passer de la maternité accidentelle et due souvent au seul hasard, à une maternité consciente et pleinement responsable.

Ce n’est pas par le seul moyen d’une législation répressive –la preuve en est faite– que nous augmenterons le rythme des naissances.

C’est, au contraire, en offrant à chacun la possibilité d’avoir des enfants quand il le désire, mais aussi la certitude de pouvoir les élever dignement

[…]

Il ne faut pas confondre ni même juxtaposer contraception et avortement. Je me permettrai une image peut-être un peu osée: l’une empêche le train de partir, je dirai même interdit au convoi de se constituer; l’autre le fait dérailler.

[…]

Donner la liberté paraît simple. Or celle-ci n’est qu’une illusion si l’on n’assure pas en même temps les conditions de son exercice pour tous, à commencer par les plus humbles, sans pour autant risquer d’apporter des troubles tant pour la société dans laquelle nous vivons que pour ceux qui la composent.

C’est un pas considérable vers une nécessaire amélioration des conditions d’existence de la femme, laquelle a supporté seule, jusqu’à présent, tout le poids de la fécondité.

[…]

Chez nous, il est impossible de continuer à contraindre des malheureuses à l’avortement, à la mutilation, au désespoir et à la névrose. Il apparaît aberrant de laisser des couples se désagréger, se déchirer, alors que la science, sous le contrôle des médecins, met à notre portée les possibilités, non seulement d’éviter des drames, mais aussi d’assurer l’équilibre et le bonheur de millions de couples.

Cette situation ne peut se prolonger dans notre France de 1967, dans cette nation qui a donné la liberté au monde et dont la tolérance est la règle d’or. Se pourrait-il que les tenants de l’état de choses actuel interdisent au peuple réputé intelligent de ce pays de devenir responsable de sa destinée et de celle qui dépendent de la sienne? Nous ne le croyons pas. Désormais, il existe une prise de conscience indéniable et collective de l’absurdité d’une telle situation.

Le respect de la liberté des consciences est profondément incrusté en nous. C’est pourquoi il est parfaitement admissible que, par conviction morale ou religieuse, on se refuse à utiliser la liberté individuelle. Mais, en vertu même de ce principe, cette possibilité d’utilisation ne doit pas être interdite par la loi comme c’est le cas actuellement, pour tous ceux qui la souhaitent.

En vertu de quel critère démocratique pourrait-on imposer à tous, dans un domaine aussi intime, la volonté de quelques-uns?

[…]

Je veux aborder maintenant une disposition particulièrement contestée, celle qui fait obligation d’avoir recours à une ordonnance médicale. Il ne s’agit pas là, comme certains l’ont dit, d’un transfert de responsabilité du législateur vers le médecin. Au contraire, nous estimons que chaque femme présente un cas physiologique particulier et qu’on ne peut appliquer aux unes et aux autres, indifféremment, les mêmes méthodes ou prescrire les mêmes produits.

S’il est vrai que la décision de recourir aux moyens contraceptifs appartient exclusivement au couple, il est non moins vrai que personne d’autre, en dehors du médecin, n’est qualifié pour apprécier, après une visite méticuleuse, quelles peuvent être les contre-indications éventuelles à l’emploi de tel ou tel contraceptif, voire de telle ou telle méthode. En effet, seul le médecin possède en ce domaine, et exclusivement, la compétence.

[…]

En effet, il faut bien dire que ce qui caractérise la France en matière de régulation des naissances, c’est le retard de la pensée sur l’action, le hiatus entre les principes dont se réclament les tenants de l’état actuel et la pratique perçue par l’homme de la rue.

[…]

Un changement libéral de notre législation aura pour effet probable de faire rentrer dans la vie morale une question qui, insensiblement, en était sortie en raison de la contradiction permanente entre les attitudes implicites, dictant finalement le comportement réel, et les convergences des attitudes explicites, formant un bloc apparemment intégré, mais en réalité fortement fissuré.

Pour l’élévation du débat dans lequel nous sommes appelés à nous engager, il n’aura peut-être pas été inutile, au moment où la science, par ses gigantesques progrès, impose une éthique nouvelle, de rappeler que l’obscurantisme ne favorise ni l’équilibre moral de l’individu ni celui d’une nation.

C’est dans cette optique évolutive qu’il faut placer d’emblée le problème de la contraception en France si l’on veut, alors que la question est maintenant posée, lui donner la solution digne d’un grand pays.»

 

Tour de France 2013 : le Diable est vivant, il va bien et ricane entre les lignes

On ne peut plus lire L’Equipe sans aussitôt  penser à mal. Exemple ce week-end où Chris(topher) Froome, 28 ans,  a « plané sur le Pyrénées ». On se souvient bien  de l’Aigle de Tolède. Mais que veut dire exactement  « planer » sur le Tour en 2013 ?   

« Paire de claques ». C’est la métaphore du jour filée par L’Equipe ; à qui elle s’adresse-t-elle ? Au premier degré cette violence renvoie au comportement du nouveau maillot jaune attribué dans l’étape du 6 juillet  à Chris Froome, nouveau monstre surgi du Kenya et des Sky. Le Monde parle de « fusée » quand le candide  Gérard Holtz (France Télévisions), 66 ans, s’extasie de pouvoir interroger sur la ligne d’arrivée des héros qui ne sont  « même pas essoufflés ».

La voix du Tour

Le site officiel du Tour (dont L’Equipe est voisine) préfère  « Démonstration » à « Paire de claques ».  Reste à savoir ce qui vient d’être démontré. Extraits  du bulletin de victoire du jour :

« La première étape de montagne est souvent riche en enseignements. Celle qui s’est disputée entre Castres et Ax-3-Domaines apporte surtout des confirmations sur la légitimité du statut de favori de Chris Froome. La démonstration du Britannique a été limpide sur les pentes menant à la station de ski ariégeoise. Aidé par ses équipiers, qui se sont chargés d’assurer le rythme nécessaire pour revenir sur le dernier échappé, Christophe Riblon, puis sur le valeureux attaquant Nairo Quintana, avant de mener une dure sélection dans les rangs des leaders, Chris Froome a placé une accélération fatale à ses rivaux à 5 km de l’arrivée. Sur cette distance, il a éloigné tous ses rivaux à plus d’une minute, tandis que son complice Richie Porte a réussi à terminer en 2ème position. Froome remporte sa deuxième étape sur le Tour de France, après la Planche des Belles Filles en 2012, et endosse le Maillot Jaune.

(…) L’accélération décisive est portée par Chris Froome, immédiatement après la banderole des cinq derniers kilomètres, où Quintana a été repris. Personne ne parvient à suivre la roue du Britannique, qui s’éloigne avec la volonté manifeste de creuser des écarts conséquents. Contador, dans l’incapacité de répliquer, peine même à limiter les dégâts. En revanche Richie Porte, après avoir constaté l’état de Quintana et Valverde, ses rivaux immédiats, fait lui aussi la différence en partant à la poursuite de son leader, en passe de remporter l’étape en solo. Effectivement, l’Australien termine 2ème de l’étape. Il est le seul à atteindre Ax-3-Domaines avec moins d’une minute de retard. »

 Tout est écrit. Reste à savoir lire.

La voix du Parisien

Le Parisien/Aujourd’hui en France (voisin de L’Equipe et de l’organisateur du Tour) s’y emploie. La métaphore y est un peu plus intellectuelle (« Froome tutoie l’exceptionnel ») mais un encadré initialé D.0. (David Opoczynski) accroche l’œil : « Et déjà des questions » « On vient d’atteindre sur cette montée les limites physiologiques » y déclare Frédéric Grappe, entraîneur à la FDJ.fr par ailleurs « chercheur en performance ». Il a « glissé une analyse » sur Twitter dans laquelle il laisse entendre ce que tout le monde sait. Le quotidien (où officia longtemps avec le talent que l’on sait notre ami Jean Cormier – élève de Blondin et de Bastide) cite encore Paul Kimmage. Il s’agit d’un « ancien coureur et journaliste irlandais célèbre pour s’être énergiquement opposé à Lance Armstrong sur le sujet du dopage ». Kimmage regarde en grimaçant Christopher Froome entrer dans le local des contrôles. « Tout le monde y a pensé bien sûr assure-t-il. On attend tous quelqu’un en qui croire. Mais là sincèrement les écarts ont trop grands. Pour moi c’est trop…. »

La voix de Slate.fr

« Quelqu’un en qui croire »? On peut aussi croire au Diable. Sur Slate.fr le jeune Grégoire Fleurot ne craint pas d’aller à sa rencontre :

« A l’arrivée, les commentateurs donnent encore la comparaison avec les records historiques de l’ascension d’Ax 3 Domaines. Cette fois, Christopher Froome a signé le troisième meilleur temps de l’histoire en 23’14’’, derrière Roberto Laiseka (22’57’’) et à seulement 15 secondes de Lance Armstrong (22’59’’). Les deux hommes avaient établi les deux meilleurs temps en 2001, en plein âge d’or du dopage. Depuis ses aveux publics, on sait que Lance Armstrong a pris des produits dopants comme l’EPO et a effectué des transfusions sanguines lors de toutes ses victoires sur le Tour entre 1999 et 2005.

Froome est aussi monté plus vite sur Ax-3 Domaines qu’Armstrong et Ullrich en 2003, quand les deux hommes s’étaient livré un duel acharné. Nos commentateurs se sont gardés de donner leur avis sur la comparaison historique de la performance de Froome. A l’issue de l’étape, à un journaliste qui lui demandait s’il était propre, le coureur britannique a répondu: «A 100 %. C’est normal que les gens posent les questions en raison de l’histoire du sport mais le sport a changé et je n’aurais pas ces résultats si le sport n’avait pas changé. (…) Pour moi, c’est une mission personnelle de le prouver.» »

La voix de The Telegraph

Comment dit-on alambiqué en anglais ? Pour dopage, on sait. A tout hasard  The Telegraph nous le rappelle qui cite David Millar.  Aujourd’hui âgé de 36 ans David Millar est un ancien coureur cycliste d’origine écossaise que l’on dit repenti.  The Telegraph dit que Millar dit que les Sky ont fait une « course parfaite », qu’ils sont « propres » et qu’ils méritent « le respect et l’admiration ». Prière de ne pas jeter de boue sur eux dit ce cycliste qui a roulé dans le caniveau. Et Millar de défendre le secret que Sky impose quant aux données de puissance (riders’ power data) de ses employés. Pas de boue et pas de transparence. Avec cette phrase délicieuse : « Nous sommes un sport professionnel compétitif. C’est une chose satisfaire les sceptiques mais en même temps il faut être professionnel, désireux de gagner des courses. » A ce titre il faut,  dit-il, garder ses « secrets de formation ». Quant à Froome il est propre, Millar en mettrait sa main à couper. Il est propre et c’est un phénomène.

La voix dEurosport

L’humour britannique a quelque chose de proprement inimitable. Metro.co.uk cite ce matin Eurosport. La chaîne spécialisée rapportait la rencontre protocolaire de la veille où le président de la République avait souhaité aller saluer le vainqueur de la neuvième étape Saint-Girons/Bagnères-de-Bigorre ainsi que le Maillot Jaune.  Froome – puisque c’était toujours de Froome qu’il s’agissait (1) – aurait alors commis alors ce qui, outre Manche, aurait de loin dépassé le crime de lèse Majesté : il aurait préféré « répondre à la demande des autorités anti-dopage » avant d’aller serrer la main du Président français (que  certains médias Britanniques continuent par ailleurs à prénommer Françoise).

Metro : “(…) Froome decided to answer the anti-doping officials’ request for a call of nature rather than meet the most powerful man in France. »

La voix de la France

Le 20 heures dominical de France 2 n’a pas, hier, rapporté cette offense faite à la France. La chaîne publique a préféré nous montré les rencontres précédentes entre les présidents de la République et le peloton du Tour de France. La plus belle, la plus noble, la plus parlante fut la première. C’était en 1960 à Colombey-les-deux Eglises.  La mémoire en a été précieusement gardée par l’INA. 5’58’’. Un chef d’œuvre de télévision, de langue française et de respect daté de l’autorité. La France, alors, ne s’ennuyait pas encore. Notre héros, André Darrigade était là, au premier rang. Combien, alors, étaient dopés parmi ceux qui ôtèrent leur casquette devant le Général   ?

Le commentateur : « Au risque de faire sourire les intellectuels délicats pour qui le cyclisme est un sport vulgaire nous dirons simplement : merci Mr le Président ». Regarde-t-on parfois l’INA, à France Télévisions ?

 (1) « Le Tour est déjà plié » regrette Marc Madiot, manageur de la FDJ.fr qui à le goût du raccourci et qui ne porte pas les Sky dans son cœur