Cannabis : « Non l’Académie de Médecine ne remplit pas sa mission ! »

Bonjour

On ne rit plus. La violente sortie de l’Académie nationale de Médecine sur le thème du cannabis n’est pas restée lettre morte.  Nous en avons rapporté ici même le contenu (« Cannabis, alerte rouge à l’épidémie ») et les mesures drastiques signées J. Costentin, J.-P. Goullé et J.-P. Olié – au nom de la commission VI).  Nous ajoutâmes que l’institution rajeunie de la rue Bonaparte remplissait ainsi sa mission bicentenaire : conseiller ceux qui nous gouvernent.

Parenthèses heureuses

« Tous (ou presque) reconnaîtront que l’Académie nationale de Médecine ne fait, ici, que remplir sa mission » écrivions-nous. Bienheureuses parenthèses. Car cette opinion n’est pas pleinement partagée (euphémisme) par nombre de ceux qui, engagés volontaires, montent quotidiennement au front des assuétudes. Notamment au sein du solide bataillon « SOS Addictions ».

Nous publions ci-dessous (avec la bénédiction du Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions) le texte-boomerang  que nous a adressé le Dr Didier Jayle. Ancien président (2002-2007) de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), Didier Jayle est professeur d’addictologie au Conservatoire National des Arts et Métiers et médecin dans le service d’immunologie de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou. Il dirige par ailleurs le site vih.org ainsi que la revue Swaps.

Réplique à l’Académie

Voici son texte auquel nous n’avons ajouté que des intertitres. Il n’est pas interdit d’espérer que l’Académie nationale de médecine accepte de descendre, un matin prochain, sur le pré.

« Merci d’exciter notre sagacité!

Non, l’Académie nationale de Médecine ne remplit pas sa mission. Sous l’influence de quelques membres extrémistes, elle lance des oukases inutiles dans un domaine qu’elle connaît mal. Elle ne tient aucun compte de l’évolution de la société et propose des solutions qui ont fait la preuve de leur inefficacité.

Certes, le cannabis n’est pas un produit anodin, mais il fait partie intégrante de l’environnement des jeunes européens. La prohibition ne fonctionne pas dans les pays démocratiques, les académiciens devraient en prendre conscience. Ils s’affolent parce que l’expérimentation de cannabis a explosé entre 1993 et 2012, mais c’est une réalité dans tous les pays occidentaux et il est illusoire de penser qu’on peut réduire ce phénomène de société maintenant ancien.  « Le cannabis EST une réalité » *.  Et les méfaits de la consommation occasionnelle de cannabis ne sont pas avérés (en dehors de la conduite), même si l’Académie n’en fait pas mention.

Quatre vœux pieux

Leurs quatre propositions ne sont rien d’autres que des vœux pieux :

1 En psychiatrie, est-ce en prévenant le commerce DANS les établissements psychiatriques (sous peine de désaccréditation), qu’on va réduire la consommation des personnes atteintes de troubles psychotiques ? On croit rêver !

2 En prison, où les problèmes sont multiples, l’administration pénitentiaire a bien d’autres priorités que le cannabis sauf quand il entraîne des trafics organisés et violents. La consommation en elle-même n’est pas un facteur d’agressivité des détenus contrairement à ce que sous-entend la déclaration de l’Académie de Médecine.

3 En ville, interdire par la loi l’achat de matériel et de semences sur internet aurait surtout l’effet de priver les consommateurs d’un moyen d’approvisionnement qui les gardent loin du trafic. Ce serait donc une mesure qui ravirait les trafiquants en leur donnant le monopole de la distribution. En pratique, elle est de toute façon inapplicable. Pour ce qui concerne l’interdiction de vendre des vapoteurs aux mineurs, on ne voit pas très bien le lien avec le cannabis. Quant à l’interdiction de vendre du papier à cigarette « grand format», elle aboutirait à avoir des joints plus petits (ou plus grands avec deux feuilles collées)! Quel progrès !

4 Sur la route, les contrôles sont coûteux, (à la grande satisfaction de certains membres de l’Académie de Pharmacie), et en forte augmentation. L’Académie ne devrait pas ignorer que c’est l’alcool qui est responsable de la majorité des accidents mortels sur la route (environ 30%) et aussi la consommation associée d’alcool et de cannabis (risque multiplié par 15 alors que le cannabis seul augmente le risque, certes, mais d’un facteur 2, soit autant que l’alcool à un taux toléré (0,5 g/l). (étude SAM)

Prise en charge des fumeurs intensifs

Les problèmes sanitaires mis en avant par l’Académie de Médecine sont réels quoique qu’abordés sans nuance, en particulier la relation entre consommation de cannabis et cancers ORL ou broncho-pulmonaires qui reste très mal documentée, de même que les liens avec les accidents vasculaires qui, s’ils existent, sont loin d’avoir l’ampleur des risques liés au tabac qui sont absolument prouvés et considérables. Et pourtant ce n’est pas l’interdiction de la vente de tabac qu’elle réclame.

La seule politique qui semble donner des résultats est une politique de prévention et de prise en charge des fumeurs intensifs. La loi n’est pas capable d’empêcher la disponibilité de cannabis, c’est vrai en France et ailleurs. La consommation de cannabis a flambé après la loi de 1970 (!) comme celle de la cocaïne, qui a flambé après la loi de 1916, entre 1918 et 1925. L’interdiction et la répression n’ont aucun impact sur les niveaux de consommation. Il y a moins de jeunes fumeurs de joints en Hollande où la consommation personnelle est tolérée, qu’en France où elle est sanctionnée.

Non à la prohibition

La politique publique que j’ai eu l’honneur d’influencer entre 2003 et 2007 notamment sur le cannabis en organisant des campagnes d’information sur le cannabis, en créant les consultations « Jeunes consommateurs » anonymes et gratuites dans tous les départements, semble avoir eu un certain impact sur les consommations des jeunes si on en juge par les enquêtes publiées par l’OFDT, ESPAD et ESCAPAD ; le nombre de consommateurs réguliers de cannabis a baissé sensiblement entre 2002 et 2007 dans les deux enquêtes.  Dans ESPAD : de 6,1% à 3,7% entre 2003 et 2007. En 2011, après quatre ans d’absence de campagne publique ciblée et du tout répressif, le taux est remonté à 8,1%. (lettre « Tendances » n°89 de novembre 2013, site www.ofdt.fr).

Ces constats renforcent ma conviction que ce n’est pas l’interdiction et la prohibition qui peuvent faire baisser l’usage, mais bien plutôt une meilleure prise en compte des modes de ces consommations, un dispositif sanitaire plus qu’un dispositif répressif inefficace. Les mesures préconisées par l’Académie de Médecine ne sont pas pertinentes, elles sont idéologiques et non pragmatiques. »

Didier Jayle

 * Slogan de la campagne cannabis de la MILDT/INPES en 2004

 

 

Journée des Femmes : fumer est-il un droit ? ( à propos d’un bilan dressé par Marisol Touraine)

Bonjour

8 mars 2014. Ciel bleu sur la Loire et sur la France. Journée internationale des Droits des Femmes. Communiqué de presse de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé. Mme Touraine tient à « rappeler son plein engagement pour la défense des droits des femmes et l’égalité entre les sexes ». Elle nous dit aussi qu’elle « veut peser concrètement sur l’amélioration des droits des Françaises : pour leur protection sociale, pour leur santé et pour une plus grande égalité d’accès aux soins ».

L’exercice frôle l’auto-satisfecit :

« Depuis 2012, des avancées majeures ont été réalisées dans cette voie : l’accès à la contraception  pour les mineures est facilité ; gratuité des moyens de contraception pour les mineures de plus de 15 ans. Mise se en place du tiers payant intégral pour les consultations et les examens de biologie nécessaires à la contraception des mineures.

Avortement

L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est entièrement prise en charge. Gratuité de l’IVG pour toutes les femmes concernées depuis mars 2013. Les retraites des femmes sont revalorisées et adaptées. Augmentation de 10% de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé pour les assurés de plus de 60 ans sous le seuil de pauvreté – soit près de 300 000 retraités modestes, en grande majorité des femmes. Amélioration des droits à la retraite liés à la maternité.

Col et sein

La lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus est renforcée. Campagnes annuelles de sensibilisation et de mobilisation contre le cancer du sein “Octobre Rose“. Lancement du 3e Plan Cancer (2014-2019) par le Président de la République et développement de la prévention des cancers du sein et du col utérin via un programme de dépistage organisé pour les femmes de 25 à 65 ans. »

Le communiqué de presse ajoute que la ministre des Affaires sociales et de la Santé, détaille ces mesures dans plusieurs entretiens mis en ligne sur le site www.aufeminin.com (1).

Tabac

Le tabac est une question de santé publique qui n’est pas abordée dans ce bilan. Sans doute ne concerne-t-il pas spécifiquement les femmes. Mais tous les indicateurs épidémiologiques disponibles disent que ce sont les femmes qui sont de plus en plus consommatrices. Le mouvement a commencé avec celui dit de libération des femmes.

Les années 60

Voici des données officielles (ministère de la Santé- Inpes) :

« Le tabagisme régulier féminin a véritablement démarré dans les années 60 et 70 (11 % en 1960, 20 % en 1980) pour longtemps se maintenir à ce niveau. Sur 100 fumeurs, la proportion de femmes n’a cessé d’augmenter entre 1974 et 1998 : 33 femmes pour 67 hommes en 1974, 44 femmes pour 56 hommes en 1998.

Si, entre 2000 et 2005, la prévalence féminine a connu une forte inflexion (les femmes fumeuses de 12 à 75 ans étant passées de 30,1 % à 27,6 %), les nouvelles données démontrent une reprise de la hausse de la prévalence sur cette population.

Fumer à 15 ans

Les femmes nées entre 1930 et 1940 fumaient leur première cigarette à 22 ans, celles nées entre 1941 et 1950 à 20 ans, celles nées entre 1961 et 1970 à 17 ans, celles nées entre 1971 et 1980 à 16 ans, et celles nées entre 1981 et 1990 à 15 ans. De plus, alors que six années séparaient l’âge de la première cigarette et le passage au tabagisme régulier chez les femmes nées entre 1930 et 1940, l’écart s’est progressivement réduit, et le tabagisme régulier suit maintenant de moins de deux ans ».

Pilules

C’est là un phénomène massif, durable dont les conséquences pathologiques ne cesseront de grossir. Quarante ans plus tard les premières pathologies sont bien là. Une récente étude vient de démontrer que c’est également désormais vrai pour l’infarctus du myocarde (voir « Françaises jeunes – fumeuses actives –devant vivre avec un cœur infarci »).

On ajoutera que cette consommation de tabac est la principale contre-indication à la prise des contraceptifs oraux (conséquences cardiovasculaires). Cette donnée amplement établie n’a jamais été rappelée par les pouvoirs publics lors de l’affaire dite des pilules de « troisième et quatrième génération ».

C’était il y a un peu plus d’un an. C’est fort regrettable.

A demain

(1) Comme on peut le voir ici le groupe aufeminin.com a été fondé en 1999 par Anne-Sophie Pastel, son mari Marc-Antoine Dubanton et Cyril Vermeulen. Il « s’est construit autour des réponses qu’apporte Internet aux besoins des femmes d’aujourd’hui ». Depuis le 26 juin 2007, le groupe Axel Springer est devenu le principal actionnaire avec aujourd’hui 82,25% des actions de la société.

On observera, égalité ou pas, que aufeminin.com  comprend également le célèbre site Marmiton  (61 677 recettes). Ce groupe dit être « leader féminin en termes d’audience ». En France : 14 millions de visiteurs uniques et 204 millions de pages vues  (source : Médiamétrie Nétratings, octobre 2013). En Europe : 34 millions de visiteurs uniques et 376 millions de pages vues (source : comScore, octobre 2013).

Cigarette électronique en France : les autorités seraient sur le point de se réveiller

Incroyable mais vrai : l’INPES va lancer la « première étude d’envergure en France » sur la e-cigarette. (On peut enlever « d’envergure »). Incroyable mais vrai : jusqu’ici ce sujet majeur de santé publique n’intéressait personne ou presque en haut lieu (1). Incroyable mais vrai les vents pourraient commencer à tourner.      

Vrai ou faux : un indiscret publié l’an dernier dans un magazine d’information générale laissait entendre que Marisol Touraine « n’avait pas vu le coup venir ». On y parlait de ce formidable phénomène que constitue en France (comme en Europe) l’appétit grandissant des fumeurs de tabac pour la e-cigarette. Phénomène médical et sociétal. Phénomène majeur de santé publique et, tabac et fiscalité oblige, phénomène éminemment politique. Phénomène, demain, judiciaire (encore et toujours 200 morts prématurées par jour).

De la fumée

Vrai : lors sa la conférence de presse qu’elle avait organisée en son ministère à l’occasion de la publication du rapport demandé au Pr Bertrand Dautzenberg (ce rapport fort documenté est disponible ici) Mme Touraine avait raconté comment elle avait découvert l’existence de la cigarette électronique. Comment ses collaborateurs en avaient usé devant elle. Comment de la fumée en était sortie. Et comment elle avait noté les étroites ressemblances avec la cigarette de tabac.

Cherchez l’erreur

La ministre de la Santé avait aussi dit et redit que le tabac était la première cause de mort évitable. Qu’elle entendait tout faire pour réduire le poids de l’hécatombe programmée. Mais qu’elle entendait bien tout faire aussi pour que la cigarette électronique soit, aux yeux de la loi, considérée comme un produit du tabac. Il restait à chercher l’erreur.

On en était resté là. Puis, six mois plus tard, un communiqué de presse de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la Santé (Inpes). Ce même HyHènePéEuHaisse dont nous nous moquions gentiment il y a quelques jours (mémoire-blog). C’est le printemps avant l’heure, la démonstration qu’il ne faut pas toujours désespérer. On y apprend que l’usage de la cigarette électronique est un « véritable phénomène de société ». Et que ce phénomène « reste encore peu documenté en France ». On ne nous dit certes pas pourquoi les différentes agences (autorités, institutions, structures, etc.) en charge de la santé publique n’avaient pas encore jugé utiles de mettre ce sujet  à leur agenda.

Fiabilité et qualité

L’Inpes ne manque pas de candeur. « Est-elle seulement utilisée par les fumeurs ? » se demande-t-il. « Quels sont les principaux utilisateurs ? » se demande-t-il encore. Nous le saurons bientôt. Extraits du communiqué (il n’est pas encore sur le site de cet Institut) :

« Pour répondre au mieux à ces questions et mieux cerner l’impact de ce phénomène en France, l’Inpes vient de lancer la première étude nationale d’envergure sur ce sujet. Interrogeant 15 000 personnes âgées de 15 à 75 ans, cette étude permettra d’obtenir des informations fiables sur les comportements des Français vis-à-vis de la cigarette électronique (…) elle permettra d’obtenir pour la première fois des informations basées sur un échantillon important et de qualité. »

Candeur à tous les étages 

« Actuellement, les seules données disponibles sur l’usage de la cigarette électronique en France proviennent de l’Eurobaromètre, qui présente l’avantage de fournir des données relativement comparables entre les pays européens mais sans avoir la taille d’échantillon suffisante pour donner une image détaillée des utilisateurs. Ainsi, cette étude offrira tout d’abord la possibilité d’estimer de manière plus précise le nombre d’utilisateurs de cigarettes électroniques (les « vapoteurs ») en France métropolitaine. Les caractéristiques de cet usage seront également interrogées (fréquence de consommation, durée de l’utilisation, teneur en nicotine, lieux d’utilisation, lieux d’achat…). Les raisons d’utilisation, et notamment le lien avec l’arrêt ou la diminution du tabac, seront également analysées. »

Mais où est l’InVS ?

Les résultats de cette enquête qui s’étalera jusqu’au second trimestre 2014 seront rendus publics au troisième trimestre 2014.  On pourrait aisément se moquer. On pourrait aussi se demander pourquoi, sur un sujet d’une telle importance, les compétences de l’Institut de veille sanitaire (InVS) ne sont pas sollicitées.

On peut dire aussi que tard vaut mieux que jamais.

1 Sur ce sujet (disclaimer ou pas) on écoutera avec le plus grand intérêt l’émission Science Publique de France Culture (producteur Michel Alberganti) consacrée il y a quelques jours à la cigarette électronique. On pourra également prendre utilement connaissance des commentaires. Cette émission est accessible ici  

 

Boire – fumer – grossir : combien de fois va-t-il falloir vous le dire ?

Rien de plus désespérant que les bonnes résolutions. Elles partent d’un bon sentiment. Et puis elles partent. Résolution ?  Tout est vicié dans cette entreprise, à commencer par ce nom, Mille ans qu’il descend en ligne directe de dissolution, de désagrégation.

Souvenons-nous des amphithéâtres :la résolution c’est la disparition progressive et sans suppuration d’un engorgement, d’une tumeur, d’une inflammation.

Résolution musculaire

Vous souvenez-vous encore de la résolution musculaire ? Georges Duhamel (1884-1966) médecin un temps employé de l’industrie pharmaceutique avant l’arrivée des décontracturants : « Il respira lentement, à sa manière, pour se reposer, pour obtenir la résolution de ses muscles ». Où l’on voit que cette résolution-ci est assez loin de l’acception contemporaine de celle des lendemains de Saint-Sylvestre.

Frangipane ?

C’est que, bien sûr, il existe une autre résolution : celle qui nous rapproche du verbe résoudre. C’est la détermination, la fermeté, l’opiniâtreté. C’est une décision volontaire arrêtée après délibération. C’est celle de nos Saint-Sylvestre. J’arrête de fumer. Point/barre. A partir de demain matin je ne bois plus (ou moins). Et demain, plus de pain (de féculents, de gras, de sucres …). On tient. Puis c’est déjà l’heure de la galette. Avec frangipane monsieur ?

L’Yainepéheuaisse  

« Les bonnes résolutions ne gagnent pas à être différées » écrit Jules Romains (1885-1972). Romains l’éternel puisqu’il nous écrivit Knock. Knock ou le Triomphe de la médecine – 91 ans cette année.  On connaît Romains. On connaît Duhamel. On connaît moins l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé). Il se présente ici. On le présente là. C’est, depuis 2002, la version moderne de l’ancien Comité français d’éducation pour la santé – lui avait vu le jour en 1972.

On ne connaît pas l’Inpes mais on le voit, on l’entend : il est omniprésent, derrière tous les messages sanitaires diffusés sur les ondes et sur papier. La prochaine fois vous percuterez : « Ceci est un message du ministère de la Santé et de l’Yainepéheuaisse »

Cent millions d’euros

Directrice générale : Thanh Le Luong. Environ 100 millions d’euros de budget annuel. Environ 150 salariés. Début 2014. L’heure est à la bonne résolution. Mieux : à l’agrégation des bonnes résolutions : Extraits :

« Arrêter de fumer, moins boire, manger mieux, bouger plus… Comment tenir vos bonnes résolutions en 2014 avec l’Inpes ? Du traditionnel « J’arrête de fumer » au fréquent « Je bois moins », en passant par le simple « Je mange mieux et je bouge plus », la nouvelle année est souvent synonyme de bonnes résolutions. Si le 1er janvier, la motivation est à son maximum, celle-ci s’estompe souvent au fil des mois et les objectifs que l’on s’est fixés ne sont pas toujours tenus. Comment changer la donne en 2014 ? Pour vous aider à tenir vos bonnes résolutions, l’Inpes met à votre disposition des services d’aide à distance qui vous apporteront conseils et astuces afin d’augmenter vos chances de réussite. »

« J’arrête de fumer » avec Tabac Info Service (…) Sur le site internet Tabac-info-service.fr, vous trouverez tous les conseils pour vous aider à réussir votre arrêt.

« Je diminue ma consommation d’alcool » avec Alcool Info Service (…)

 « Je mange mieux » grâce à Mangerbouger.fr

(…)  Pour vous aider à avoir une alimentation favorable pour la santé, tout en se faisant plaisir, l’Inpes a lancé en 2013 la Fabrique à menus. Véritable innovation technologique, ce générateur de menus sur Internet permet de composer gratuitement en quelques clics des menus variés sur plusieurs repas. La Fabrique à menus est intégrée au site mangerbouger.fr de l’Inpes, qui met à la disposition de tous des informations sur la nutrition, des recettes et des outils pour manger mieux. Le site mangerbouger.fr propose également de bonnes idées pour bouger plus au quotidien : trente minutes d’activité physique par jour permettent d’allier bien-être et santé en cette nouvelle année.

Ecole primaire

Tout ceci est-il bien raisonnable ? Est-ce bien utile ? On ne le saura pas faute de savoir si l’argent dépensé par l’Inpes est évalué. Et comment pourrait-il l’être ? Devons-nous nous réjouir de ces initiatives tendant à la modification de nos comportements ? La résolution de l’addiction au tabac est-elle une affaire de réclame ? Les tympans alcooliques sont-ils sensibles à l’exhortation au bien boire ?  Et l’obèse, quand vient le craving sucré, il se met à danser devant le buffet ?

Pourquoi ne pas traiter de ces pièges de la vie avant d’y être tombé ? A l’école primaire, par exemple, où tout peut encore se faire.

« Leur tort, c’est de dormir »

On se moque, bien sûr. Méchamment ? Nullement. On craint en revanche connaître la suite de l’histoire. Elle s’écrira quand les caisses seront bien vides. Pas celles de l’Etat mais celle de la Sécu. Quand le malade se serrera la ceinture. Pas tous les malades bien sûr. Mais ceux et celles qui auront oublié l’adresse de  Tabac-info-service.fr. Celles et ceux qui n’avaient plus la force de contacter Alcool Info Service. Ceux et celles qui ne bougeaientmangeaient  pas mieux après  Mangerbouger.fr

Coup de foudre de la maladie

Ceux-là, celles-là, entendront qu’ils avaient été avertis. On leur dira que c’en est fini des avantages indus de la longue maladie. Qu’à partir de dorénavant chacun est responsable de son corps. Ce sera plus tôt qu’on ne le croit. Relire Romains. Knock : « Car leur tort, c’est de dormir, dans une sécurité trompeuse dont les réveille trop tard le coup de foudre de la maladie ». C’était en 1923. Leur tort ce sera le nôtre. Avant ou après 2023 ?

 

 

 

Boire moins, s’enivrer plus : c’est le nouveau paradoxe français

L’Inpes vient de rendre public sa première cartographie des addictions par régions ; addiction licites ou non. On y verra un tableau désespérant (verre à moitié vide) ou un nouveau levier d’action (verre à moitié plein).

Dans tous les cas l’expression d’un symptôme national du mal de vivre des plus jeunes. Et la démonstration chiffrée des failles (ou des limites) de l’action collective dans ce champ essentiel de la santé publique.     

La Bretagne est aujourd’hui sur toutes les Une. Cette terre celte est-elle une grande région d’addictions ? Contrairement à bien des lieux communs on n’y compte pas plus de buveurs ni de fumeurs réguliers qu’ailleurs en France. En revanche les Breton(e)s se distinguent bien du reste de la France par des niveaux élevés d’ivresse élevés ainsi que par « une forte expérimentation des autres drogues ».

Ivresses bretonnes

Plus d’un Breton sur quatre s’enivrent au moins une fois dans l’année. Et 15% s’enivrent  au trois fois – soit près du double de la moyenne nationale (8%). En moyenne hebdomadaire ils ne consomment pas plus de bière, « d’alcools forts » ni de vin que le reste des Français.  La proportion des fumeurs  de tabac (28%) y est équivalente à celle du reste de l’Hexagone. Les Breton(ne)s se distinguent aussi par leur appétence plus ou moins expérimentale pour le cannabis (36%) ainsi que pour  les poppers (7%), les champignons hallucinogène (5%), la cocaïne (5%) et l’ecstasy (5%).

Cartographie régionale

C’est l’un des nombreux et riches enseignements fournis par l’étude originale que vient de rendre publique l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), informations disponibles sur le site de cet institut. Elle fournit ainsi une cartographie régionale des consommations de produits psychotropes addictifs,  que ces derniers soient licites ou illicites. Cette cartographie correspond –pour des raisons de collecte des données statistiques- aux consommations de l’année 2010.

Cette première épidémiologique met clairement en lumière un nouveau paradoxe français : alors que la  consommation régulière globale continue à diminuer en France la fréquence des ivresses alcooliques (déclarées) progresse dans la plupart des régions. On boit moins mais on s’enivre plus. Et les jeunes sont de loin les plus concernés.

Boire chaque jour

La consommation quotidienne d’alcool diminue chez les 15-75 ans dans la majorité des régions françaises : en 2010, 11% des Français boivent de l’alcool chaque jour – ils étaient 15 % en 2005.  Les régions où l’on s’alcoolise globalement le plus sont le Midi-Pyrénées, les Pays-de-la-Loire et le Nord-Pas-de-Calais.  Les consommations les plus dangereuses (plus de 21 « verres » par semaine chez les hommes, 14 verres par semaine chez les femmes – ou encore 6 verres en une seule occasion au moins une fois par semaine) demeurent stables depuis cinq ans : elles concernent près d’un Français sur dix. Région à plus haut risque le Languedoc-Roussillon (12%) loin devant la Haute-Normandie (un peu moins de 6%). Dans le  Midi-Pyrénées on est passé de 9% en 2005 à 11,5% en 2010. L’Inpes ne dit pas pourquoi.

Binge drinking

Le phénomène le plus frappant est l’augmentation spectaculaire, toutes régions confondues  de la fréquence des ivresses fréquentes et répétées (le binge drinking ou « alcoolisations  ponctuelles importante » dans le jargon officiel).  Définies comme  « la consommation d’au moins six verres en une occasion au moins une fois par mois » elles ont  augmenté de 3% en cinq ans pour atteindre 18% sur l’ensemble du territoire. C’est tout particulièrement frappant  dans les Pays-de-la-Loire et en Champagne-Ardenne (6 %) dans le Nord-Pas-de-Calais (4%), en Provence-Alpes-Côte d’Azur (3%), l’Île-de-France (3%) et en Rhône-Alpes (2 %).  Le phénomène est retrouvé en Guyane, Guadeloupe, Martinique et Réunion. A La Réunion  près d’un jeune sur trois de moins de 13 ans déclare avoir déjà connu l’ivresse alcoolique.

Plus généralement sur l’ensemble du territoire la fréquence des ivresses alcooliques (survenant au moins une fois au cours de l’année) est en  hausse de 4 points : de 15% en 2005 à 19% en 2010.  Les ivresses répétées (au moins trois fois dans l’année) augmentent  de 2,5 points pour atteindre 8% en 2010.

Tabagisme

La consommation de tabac (73 000 morts prématurées chaque année, un consommateur sur deux le plus souvent avant 69 ans) est en hausse tout particulièrement chez les jeunes, la consommation commençant avant l’âge de  quinze ans. En 2010, environ 65 000 tonnes de tabac ont été vendues au sein du réseau des buralistes en France métropolitaine. Les buralistes font quant à eux régulièrement état d’une augmentation des ventes en dehors de leur réseau. L’augmentation du nombre des fumeurs est observée  en Basse-Normandie (9 %), en Franche-Comté (6%) et dans le Languedoc-Roussillon (4 %).

Chicha et cananbis

On ne compte en France que 3% de fumeurs « au moins occasionnels » de chicha. La consommation se concentre pour l’essentiel chez les  jeunes d’’Ile-de-France  et de Provence-Alpes-Côte d’Azur sont les

La consommation globale de cannabis est stable « mais peut varier du simple au double d’une région à l’autre ».  Aujourd’hui un Français sur trois âgé de 15 à 64 ans a expérimenté le cannabis (une augmentation de 3,4 % par rapport à 2005.  La moitié des régions affichent une hausse significative : 6 points en Lorraine (30%) et dans le Nord-Pas-de-Calais (24%), 7 points en Poitou-Charentes (31%) et 10 points en Champagne-Ardenne (27%).

Régions « où l’expérimentation du cannabis est la plus prégnante » : Languedoc-Roussillon (41%), Provence-Alpes-Côte-d’Azur (39%), Bretagne (36%), Aquitaine (35%) et Ile-de-France (35%). Tendances à la baisse : en Limousin  en Alsace et dans les Pays-de-la-Loire.  (6%).

Poppers

Les poppers sont légèrement en hausse avec de fortes disparités. En 2010, 5,2% des 15-64 ans les ont testé contre 3,8% en 2005. Le quart Nord-Est du pays apparaît particulièrement sous-consommateur à la différence du Sud de la France de la Bretagne et de l’Ile-de-France qui ont enregistré des augmentations significatives (entre 2 et 4 points) concernant l’expérimentation. Le phénomène est similaire avec la cocaïne qui avait été expérimentée par 3,6% en 2010 contre 2,4% en 2005. Il en va de même avec les champignons hallucinogènes plus particulièrement expérimentés dans les régions  Poitou-Charentes,  Provence-Alpes-Côte d’Azur et Bretagne

Descriptif  le travail de l’Inpes ne fournit aucune explication aux différences régionales qu’il met en lumière. De même il n’éclaire pas sur les raisons profondes de ce paradoxe alcoolique pas plus qu’il ne décrit les boissons les plus utilisées pour l’obtention des ivresses rapides et répétées chez les adolescents.

Désarroi collectif

L’Inpes espère que ces chiffres  pourront susciter une émulation préventive entre les régions – via le truchement des Agences régionales de santé. Rien n’interdit de l’imaginer. La lecture de son travail pourra aussi être perçue comme une parfaite illustration des failles majeures de l’action collective dans la lutte contre des addictions, notamment chez les plus jeunes. Elle pourra encore être interprétée de manière plus directement politique : le symptôme d’un désarroi collectif  plus profond, l’une des conséquences, sanitaire, des évolutions socio-économiques de la France des années 2010.

PS. On pourra, sur le même thème lire notre chronique illustrée sur le site Slate.fr

 

 

 

 

Cigarette électronique, scandale de santé publique ? On s’en rapproche

Les données s’accumulent : la e-cigarette peut aider à faire passer le goût du tabac. Pourtant rien ne bouge. Ou rien ne semble bouger. L’OMS a pris position il y a cinq ans et, depuis, attend. En France on « déconseille » tout en attendant la revue bibliographique  demandée par Marisol Touraine au Pr Bertrand Dautzenberg. Une passivité  étonnante quant on connaît l’inquiétude des responsables politiques et des institutions sanitaires face à tout ce qui  peut/pourra être présenté comme un scandale de santé publique. Qui trace  les frontières de l’assuétude volontaire ? 

 

Rappelons le cadre général. Les autorités sanitaires françaises « déconseillent » la cigarette électronique. D’autres pays l’interdisent (le Canada et l’Australie notamment). En France environ un demi-million de personnes ont recours à ce dispositif et le marché se développe. Rien ne permet de dire que ce procédé de substitution au tabac est dangereux pour la santé.  Rien ne permet d’affirmer le contraire. On ne dispose d’aucune donnée épidémiologique  de pharmaco-surveillance et de risques/bénéfices

 Comment des autorités sanitaires peuvent-elles se borner à déconseiller ce procédé ? Soit il est nocif soit il ne l’est pas. Dans le premier cas il doit être interdit. Dans le second, au vu des dégâts considérables dus au tabagisme il doit être évalué et le cas échéant recommandé voire remboursé. Combien de temps avant de trancher ?  Et que se passerait-il dès lors qu’une action en justice serait engagée par des victimes contre l’Etat ? Soit pour avoir laissé en vente un produit dont il est amplement  établi qu’il est nocif. Soit pour ne pas avoir tout mis en œuvre pour briser le cercle d’une dépendance vis-à-vis d’une substance  hautement toxique dont il a le monopole de la distribution et qui est massivement taxé. L’assuétude est-elle ici véritablement volontaire ?

Un phénomène paradoxal

Nous vivons (peut-être) un tournant dans la –déjà- longue histoire de la lutte contre le tabagisme. Un tournant surprenant et paradoxal puisqu’il il ne trouve pas son origine dans une initiative scientifique ou  dans une volonté médicale. Car l’invention de la  cigarette électronique (il y a dix ans, en Chine)  ne s’inscrivait pas, au départ, dans une démarche thérapeutique.

Aujourd’hui une enquête conclut que la cigarette électronique aiderait près de neuf fumeurs sur dix à réduire leurs envies irrépressibles  de fumer. Elle indique aussi  qu’elle aiderait trois fumeurs sur quatre à cesser de consommer du tabac sur des périodes plus ou moins longues.

Cette première enquête a été menée par des chercheurs de l’University of East London. Ses résultats sont publiés dans la revue scientifique Addiction. Question : la e-cigarette (vaping  pour les anglophones) constitue-t-elle un réelle et crédible solution de substitution ?  On trouvera ici un résumé (en anglais) de ce travail. Cette étude a été faite entre septembre 2011 et mai 2012. En pratique elle a concerné 1.347 personnes vivant dans trente-trois pays européens et âgées en moyenne de 43 ans. Parmi elles  70% d’hommes.

E-cigarette : une alternative à la « cigarette non électronique »

 Toutes ont répondu à un questionnaire mis en ligne. Il portait sur leur âge, leur sexe, leur origine ethnique, leur niveau d’éducation ainsi que sur leur pratique tabagique actuelle ou passée. Et encore sur les motifs les incitant à consommer des produits du tabac.  Pour ce qui est de l’e-cigarette, le questionnaire portait sur sa durée d’utilisation, le produit et le type de cartouche, les saveurs préférées, l’importance de l’utilisation (en ml, bouffées et fréquence), les motivations, la dépendance à l’égard de la e-cigarette ainsi que sur les tentatives pour en réduire l’utilisation. Sans oublier  la satisfaction liée à son utilisation.

Il ressort de ce travail que les cigarettes électroniques sont utilisées principalement comme une forme de remplacement de la cigarette. Dans la plupart des cas, leur utilisation permet de réduire et l’envie de fumer et la consommation de tabac. Les auteurs relèvent aussi, point important, l’expression d’un sentiment général : ceux qui y ont recours estiment tous être en meilleure santé. Ce qui constitue, on le sait, la meilleure des publicités.

L’Organisation mondiale de la Santé  (OMS) se refuse quant à elle à considérer les cigarettes électroniques comme des dispositifs inoffensifs permettant d’avancer vers un sevrage tabagique. Elle explique  ne pas disposer de « preuve scientifique » de leur efficacité et de leur innocuité.

« Aucune étude rigoureuse avalisée par de spécialistes »

 « L’OMS n’a connaissance d’aucune preuve scientifique étayant l’affirmation des entreprises qui commercialisent la cigarette électronique, selon laquelle celle-ci pourrait aider les gens à cesser de fumer. En réalité, à notre connaissance, aucune étude rigoureuse avalisée par des spécialistes, n’a été effectuée démontrant que la cigarette électronique est une thérapie sûre et efficace de remplacement de la nicotine, faisait-on savoir au siège genevois de l’Organisation en septembre 2008. L’OMS n’écarte pas la possibilité que la cigarette électronique puisse être utile comme moyen de sevrage. La seule façon de le savoir est de réaliser des tests. »

Et l’OMS de préconiser que ces tests soient effectués et financés par les fabricants. Or ces derniers s’y refusent: pour des raisons financières (coût des essais cliniques) ils  se contentent  du statu quo actuel. Ceci n’est pas une fatalité. Pourquoi la puissance publique ne met-elle pas en place, de sa propre autorité, les essais cliniques qui s’imposent ? Pourquoi l’initiative n’est-elle pas prise – par exemple- à l’échelon d’une Union européenne officiellement en guère contre le tabac et le cancer ?

Rester dans la situation actuelle n’est ni compréhensible, ni acceptable. Cet immobilisme pousse à poser la question des raisons qui pourraient le justifier. Et l’on en vient immanquablement à cette autre question: pourquoi  la même puissance publique  ne se mobilise-t-elle pas pour prendre en charge l’incitation  des fumeurs à en finir avec leur mortifère assuétude. Et pour les soutenir dans une telle démarche.

On n’ose bien sûr imaginer que la fiscalisation massive des produits du tabac puisse être un argument pouvant jouer dans les arbitrages réalisés en haut lieu.

Un milliard de morts prématurées à redouter selon l’OMS

« Première cause de mortalité évitable en France, le tabagisme actif est considéré comme responsable de 90 % des cancers du poumon et de 73 000 décès prématurés chaque année dans notre pays (Catherine Hill. Épidémiologie du tabagisme In La Revue du Praticien, 20 mars 2012). Il tue un adulte sur dix sur la planète où il constitue la deuxième cause de mortalité, explique-t-on de source officielle (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé –Inpes).  En 2011, plus de cinq millions de personnes mourront dans le monde des suites d’un infarctus, d’un accident vasculaire cérébral, d’un cancer, d’une pneumopathie ou d’une autre maladie liée au tabac. Il faut y ajouter les 600 000 personnes qui décéderont – dont plus d’un quart d’enfants – à cause du tabagisme passif. Selon l’OMS, le tabac, qui a fait 100 millions de morts au XXe siècle, pourrait en faire un milliard au XXIe siècle. Le tabagisme est ainsi l’épidémie évitable la plus importante que doit affronter la communauté sanitaire mondiale. »

L’Inpes table sur 73 000 mors prématurées par an en France et l’OMS sur un milliard pour le siècle en cours. Et personne ne s’intéresse à la e-cigarette.

(A suivre, donc).