Cannabis : Marseille et ses quartiers gangrenés réclament à Paris une «légalisation contrôlée»

 

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Qu’en aurait dit Gaston Deferre ? On attend une réponse de MM. Mélenchon, Fillon et Macron. C’est une tribune originale publiée ce 8 janvier par le Journal du Dimanche : « Cannabis : 150 personnalités marseillaises demandent la « légalisation contrôlée » ». Première personnalité : Patrick Mennucci, député socialiste et membre du parti depuis 1969.

Que nous disent les signataires, parmi lesquels plusieurs médecins, soignants et le Dr Béatrice Stambul, présidente d’honneur de l’Association Française de Réduction des Risques? Que la prohibition du cannabis est directement responsable, à Marseille, de réseaux, de trafics très organisés, qui brassent des sommes considérables et gangrènent de nombreux quartiers. Les règlements de comptes (2014 : 15 faits, 10 décès, 2015 : 13 faits, 14 décès, 2016 : 34 décès) sont très majoritairement liés au trafic de cannabis. 20% de l’activité policière concerne le trafic de cannabis (9.095 procédures pour infraction à la législation sur les stupéfiants en 2015, à 90% pour le cannabis, contre 6.808 en 2012, soit une augmentation de 25%). Et encore :

Caisses de l’Etat

« Nous, Marseillais, conscients du désastre que cause le trafic dans notre ville, appelons aujourd’hui à une légalisation contrôlée de la production, de la vente et de la consommation, telle qu’elle existe déjà dans plusieurs pays, comme la solution raisonnée que nous devons choisir.

« La fin de la prohibition aurait de nombreux effets positifs : la fin des réseaux mafieux qui prospèrent sur l’interdit, et qui tuent ; les économies substantielles qui bénéficieront à notre économie ; une taxation légitime sur la vente qui ferait rentrer de l’argent dans les caisses de l’État ; la réorientation de l’activité de la police et de la justice vers d’autres actions de sécurité ; l’amélioration de la santé des jeunes consommateurs parfois piégés dans un usage nocif ou une dépendance, et une vraie politique de prévention qui serait connexe à la légalisation ; la sortie de l’exclusion et une amélioration de la citoyenneté des personnes qui consomment et que la criminalisation de leur comportement rejette dans l’illégalité ; une organisation nouvelle de la production qui créera des emplois dans l’agriculture. »

French Connection

La nouveauté est moins dans l’expression des arguments généraux en faveur de la légalisation que dans le fait que cette tribune soit marseillaise. Et ce près d’un demi-siècle après le démantèlement de la French Connection.

« Il est temps d’agir, concluent les auteurs de la tribune (qui ne disent rien sur les raisons qui font que l’on consomme tant dans leur ville).  Marseille souffre des dommages causés par la prohibition du cannabis. Nous voulons porter le changement et appeler à une politique plus efficace et plus humaine. C’est pourquoi nous lançons de Marseille cet appel à la France, pour que, dans la période électorale qui arrive, le débat sur la légalisation du cannabis soit ouvert. »

L’histoire montre qu’il faut toujours écouter Marseille quand Marseille en appelle à la France.

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Rhume, alcoolémies, embolies : où est le dossier médical complet de Michel Polnareff ?

 

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Une seule certitude : le pronostic vital est désengagé. Michel Polareff, annoncé dans un état gravissime a quitté sa chambre de l’American Hospital of Paris le 16 décembre. Il se cache depuis dans la suite d’un palace de la région parisienne où le JDD l’a retrouvé (Renaud Revel). Le journal dominical fait son miel de cette affaire médicale.  Il y  une semaine il révélait la complexité du dossier. Aujourd’hui il apporte de nouveaux éléments qui ne peuvent pas ne pas troubler. Résumé en trois points.

1 L’ordinateur du van Mercedes utilisé par Michel Polnareff confirme que le samedi 3 décembre le véhicule a quitté le très chic hôtel Peninsula (19 avenue Kléber) à 14h 52 pour atteindre l’Hôpital Américain (Neuilly) à 15h05. Or des sites d’information évoquaient la maladie de la star et le diagnostic de son médecin dès 14h55. Peut-on poser un diagnostic d’embolie pulmonaire bilatérale avant l’examen approfondi du malade ? Si oui, comment ? Et, peut-on en faire publiquement état ? Le corps d’une star est-il du domaine public ?

2 L’exemplaire du dossier médical du chanteur transmis au producteur Gilbert Coullier, à sa demande, est (selon le JDD) « incomplet » : aucune IRM ni angiographie, aucun scanner thoracique ni radio pulmonaire (seuls examens susceptibles d’attester l’existence d’une embolie) n’ont été versés à ce dossier. Dans quelles conditions peut-on transmettre un dossier médical au producteur d’une star âgée de 72 ans ? Qui, dans le cas d’une hospitalisation à l’Américain, est habilité à effectuer une telle transmission ? Que pourra, confronté à ces interrogations, nous enseigner le Conseil de l’Ordre des Médecins ?

3 Le JDD évoque, une nouvelle fois et sans fards, l’appétence qu’aurait la star pour les boissons alcooliques, cocktails de palaces ou, dernièrement, vins de Champagne – et ce « dans une attitude peu conforme à la description inquiétante livrée par son entourage ».

Et maintenant ? « On peut considérer qu’il est guéri, mais il reste en mauvais état » a déclaré sur BFMTV le désormais célèbre Dr Philippe Siou, l’un de ses médecins personnels. Il n’est pas totalement remis. Il est parti en convalescence pour plusieurs semaines. » « Guéri » de quoi ? Quel est ce « mauvais état » ? Où est le dossier médical complet ? Quand la star sera-t-elle vraiment hors de tous les dangers ?

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«Mal des cockpits» chez Easyjet : de quoi le «syndrome aérotoxique » est-il le diagnostic ?

 

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Voici le temps venu des pathologies étranges, des jeunes entités mal démembrées, des tâtonnements sémiologiques. Est-ce un beau lièvre ou un méchant lapin que lève le « Journal du Dimanche » : « Le mystérieux mal des cockpits devant la justice » (sur abonnement) ? Marie-Christine Tabet nous y apprend qu’un pilote d’avion a, pour la première fois en France, déposé plainte contre sa compagnie. Il estime que l’air circulant dans les avions provoquerait un « syndrome aérotoxique« .

L’affaire est parfaitement orchestrée. Lundi 17 octobre Eric B., commandant de bord chez EasyJet, va déposer une plainte contre X « pour atteintes involontaires à l’intégrité physique, mise en danger de la vie d’autrui et… tromperie sur la qualité de l’air ». Il est, nous dit le JDD convaincu d’avoir été « empoisonné à petit feu » dans son cockpit. A 53 ans, il est l’un des plus anciens pilotes de la compagnie low cost : il y est entré en février 2002. Depuis la fin de l’année 2009, il souffre d’une symptomatologie incertaine : nausées, migraines, gastro-­entérites, fatigue, hyperventilation, tremblements… Corollaire : arrêts-maladies en série

Airbus et Air France rassurent

Eric B., assure le JDD, n’est pas le seul pilote dans cet état : d’autres ont des symptômes qui ressemblent étrangement à ceux d’Eric B. Et depuis une dizaine d’années, des collectifs de navigants et de passagers, (appuyés par un réseau de médecins et chercheurs) se sont organisés au Royaume-Uni, en Allemagne ou encore en Australie. Ils ont donné un nom à leur combat : le « syndrome aérotoxique » (également nommé « scandale de l’amiante de l’aviation »)

« Tout ce qui concerne la gestion de l’air dans les cabines d’avion relève de normes qui sont fixées par l’EASA et la FAA, les agences européenne et américaine de l’aviation. L’air de la cabine est renouvelé toutes les deux à trois minutes. Nous savons que certains équipages ou passagers doutent de la qualité de l’air mais aucune analyse en notre possession ne permet de mettre en évidence de tels problèmes » a expliqué  au JDD un porte-parole d’Airbus.

On rassure également tous azimuts chez Air France : « Il n’y a aucun argument pour dire qu’il existe un risque d’intoxication chronique. Les mesures réalisées par l’Ineris, organisme indépendant, en décembre 2015, ont montré que les niveaux de concentration mesurés, lors du fonctionnement nominal d’un avion, sont nuls ou proches de zéro pour les composants organiques volatils. »

Marie-Odile Bertella-Geffroy

Ainsi en serait-il pour le normal. Mais, précisément qu’en est-il pour l’anormal ?  Mais ce sont justement les situations « anormales » qui inquiètent les navigants. Il faut ici lire le JDD pour prendre la mesure de la construction collective d’un mal sans entité diagnostique. Eric B. « commandant de bord chez Easyjet » nous explique que « c’est une affaire de santé publique ». Où l’on retrouve, aussi, l’avocate de Eric B. : c’est Marie Odile Bertella-Geffroy qui, l’âge venant, a dû quitter le « pôle de santé publique » du tribunal de Paris.

« Retraitée de la magistrature, elle a ouvert son cabinet et siège depuis 2015 au conseil régional d’Ile-de-France » nous dit le JDD. Cabinet rue Salvator Allende (Nanterre) cette élue verte ne semble guère avoir changé. « Le lien de causalité est toujours très difficile à prouver » dit-elle – avant de faire, ici, le parallèle avec l’amiante.

Eric B., depuis son cockpit, est-il un nouveau lanceur d’alerte ? Sommes-nous ici à la lisère de la thèse complotiste, du délire de persécution ? De quoi le « syndrome aérotoxique » est-il le nom ?

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Tragique: «L’Obs» devient «L’Obsolète». La dynamique du «Monde Diplomatique »

 

Bonjour

Il ne faudrait jamais licencier certains journalistes. C’est le cas d’Aude Lancelin, « talentueuse directrice adjointe de L’Obs ». On peut la présenter ainsi :

« Aude Lancelin  née en 1973 à Tours, compagne de Frédéric Lordon. Ancienne élève du lycée Henri IV, en hypokhâgne et khâgne, puis étudiante à la Sorbonne-Paris IV, agrégée de philosophie, enseigne dans un établissement classé ZEP de l’Essonne.

 « Engagée en 2000 par le Nouvel Observateur, où elle couvre les domaines de la culture et des idées. Réalise de nombreux entretiens avec les philosophes contemporains. Parallèlement, collabore aux émissions télévisées Culture et dépendances (France 3) et Postface (i-télé, Canal+).

« Relève en 2010 que Bernard-Henri Lévy a cité naïvement (elle parle d’« autorité du cuistre ») un auteur imaginaire, Jean-Baptiste Botul, dans un ouvrage alors à paraître – ce qui provoque une vague de réactions amusées ou consternées. En août 2011, elle rejoint Marianne, en tant que directrice adjointe de la rédaction, responsable des pages « Culture » et « Idées » de l’hebdomadaire.

« En 2014, à la suite de la nomination de Matthieu Croissandeau à la direction de la rédaction, elle revient à L’Obs. Est licenciée par M. Croissandeau en mai 2016. Cette décision est, selon Mediapart imposée par les actionnaires, en l’occurrence Claude Perdriel et Xavier Niel. Elle est présentée comme un ‘’choix managérial’’, mais une grande partie de la presse y voit des motivations politiques : Claude Perdriel a en effet ouvertement reproché à Aude Lancelin d’avoir publié des textes « anti-démocratiques », c’est-à-dire trop à gauche, dans les pages « Débats » de L’Obs et d’avoir soutenu le mouvement Nuit Debout.

« Le fait que le compagnon d’Aude Lancelin soit Frédéric Lordon, figure de la gauche de la gauche, pourrait aussi avoir motivé l’éviction. Le 25 mai 2016, une quarantaine d’intellectuels publient dans Libération une lettre de protestation contre le licenciement d’Aude Lancelin . »

Plan média

Le plus généralement les journalistes licenciés (ou « invités à partir ») gardent le silence. Tel n’est pas le cas d’Aude Lancelin. Elle va publier « Le monde libre » (19 euros). Elle y narre, vu  de l’intérieur « la dérive du système médiatique français ». Voici ce qu’en dit (extraits) Livres Hebdo :  

« On se demandait qui allait éditer le livre d’Aude Lancelin, ancienne directrice adjointe de L’Obsdont le licenciement avait fait grand bruit fin mai. Ce sont Les liens qui libèrent qui, après avoir réussi à garder le secret jusqu’à cette fin de semaine, publieront le 12 octobre Le monde libre avec un tirage de 14000 exemplaires dont 10000 seront mis en place. Dès ce dimanche 9 octobre, le plan média démarre avec une interview dans le JDD.

« Elle raconte de l’intérieur la dérive du système médiatique français avec l’histoire de la numéro deux d’un hebdomadaire de gauche qui s’appelle L’Obsolète, dirigé par un certain Jean Joël. Elle fustige « la décadence d’un métier,  les opérations de police intellectuelle et le socialisme d’appareil à l’agonie » et trace de durs portraits de Manuel Valls « petit homme colérique aux idées simples devenu l’enfant chéri de l’Obsolète » ou Bernard-Henri Levy, « le sentencieux maître à penser de l’Obsolète ».

« La force de ce texte est qu’il est l’expression d’une époque, explique Henri Trubert, son éditeur. On voit comme les théories de management ont envahi les rédactions, le glissement des médias mais aussi de la gauche qui emprunte ses valeurs et concepts à la droite. » »

« Les Valls et les Macron »

Dans Le Journal du Dimanche (groupe Lagardère) l’ancienne de L’Obsolète cogne dur. L’hebdomadaire dominical du groupe Lagardère « a décidé de donner la parole à Aude Lancelin car son ouvrage «  bien au-delà des portraits cruels de journalistes et intellectuels parisiens, pose à sa manière le problème de la liberté d’expression ». « Aude Lancelin : « Il y a un trou d’air dans la vie intellectuelle française  » » (propos recueillis par Marie-Laure Delorme) – sur abonnement. On y lit des choses désespérantes, que L’Obs est devenu le nom de la gauche officielle, prétendument « sociale-démocrate », en réalité néolibérale et autoritaire, « une gauche obligée de mentir en permanence sur elle-même », mais dont « plus grand monde n’est tout à fait dupe désormais ».

Aude Lancelin a écrit un pamphlet, œuvre contestataire 1 et non « entreprise de dénigrement systématique ». Elle dénonce le « monde Uber » et le « monde El Khomri » prônés « par les Valls et les Macron ». Et elle n’a pas « assuré ses arrières », pas assuré son « avenir professionnel ». Ce serait, en somme, une fin.

« Ce livre est évidemment une lettre d’adieu à ces lieux que l’on appelle encore journaux par habitude, mais où l’esprit a été vaincu, où les combats de sont plus que d’apparence. Pour autant ce n’est nullement un adieu à ce métier. Les journalistes étouffent, nous sommes nombreux à ne plus supporter d’être les hochets de géants des télécoms intrumentalisant la presse à leurs propres fins. Avec l’aide des lecteurs, eux aussi spoliés, une autre histoire reste à écrire ».

« Notre vigueur découle de votre appui »

Hasard ou fatalité, on lit ceci dans le dernier numéro du Monde Diplomatique :

« Depuis deux ans, la diffusion du Monde diplomatique s’est nettement redressée  ; le nombre de ses abonnés atteint un record historique ; la situation de ses finances n’inspire plus d’inquiétude. Un tel rétablissement détonne dans le paysage de la presse et dans le climat idéologique actuel. Il tranche en particulier avec le délabrement éditorial et économique de la plupart des périodiques, dont certains ne diffèrent leur trépas qu’en se transformant en prime numérique du géant des télécoms qui les possède. Notre santé contraste également avec la situation politique et idéologique générale. (…)

«  Depuis 2009, nous avons fait appel à vous pour mener ce combat éditorial et politique. Le résultat est là, puisque notre vigueur découle de votre appui. La période qui s’annonce réclamera plus que jamais que notre voix porte. Votre contribution aura donc également pour avantage de prévenir tous les dynamiteurs du bien commun que leur offensive nous trouvera sur leur chemin.,Soutenez-nous ! Le Monde diplomatique  ambitionne de faire vivre un journalisme affranchi des pouvoirs et des pressions. Une liberté qu’il doit essentiellement à ses acheteurs et abonnés. »

Peut-être faudrait-il, parfois, licencier certains journalistes. Ou les inviter à quitter ces lieux que l’on appelle encore journaux. Par habitude.

A demain

1 Sur ce thème, le remarquable : « L’âge d’or du pamphlet », de Cédric Passard. CNRS éditions. 25 euros.

 

François Hollande n’est pas venu, hier, au bar-tabac-loto-PMU. Marisol Touraine non plus.

Bonjour

« Alors, Hollande n’est pas venu payer son coup ? ». Rigolades tristes, ce matin au zinc-vin blanc. Le président de la République est venu à Tours, hier 24 septembre. Il a visité les migrants. Il a salué les pompiers en congrès, sapeurs plus que mécontents. La Nouvelle République du Centre Ouest le montre. Sur chaque photo, à ses côté, Marisol Touraine. La ministre de la Santé est ici dans son « fief électoral ».

Puis le président a remonté le fleuve, comme Jeanne d’Arc mais pas jusqu’à Orléans. S’est arrêté à Blois. Halte : « rencontrer des frondeurs à huis clos ». Mi-président, mi-candidat. Une schizophrénie au plus haut sommet de l’Etat.

François Hollande n’est pas venu payer sa tournée au bar-tabac-loto-PMU. Chirac, lui, l’aurait payée…. Et puis on aurait remis ça… rhabillé la gamine/le gamin… plaisanté à haute voix… Jaques Chirac est hospitalisé à la Pitié… Le JDD en fait sa Une. Nostalgie… Et schizophrénie est derrière le comptoir.  Le patron ne comprend plus. Depuis longtemps déjà. Les paquets neutres arrivent mais Lucky Strike lance des menthes-citronnées… « Fumer tue » est imprimé sur les blagues… Schizophrénie au carré.

Centre de désaddiction

François Hollande n’a pas vu la dernière nouveauté : à côté du sauvignon-muscadet, coincé contre l’outil informatisé (qui vous dit si c’est gagné). Collé contre les jeux  gratter: un nouveau présentoir :

« Joueur ? Vous avez des questions, le sentiment de ne pas avoir le contrôle, que l’un de vos proches joue trop… ? Vous pouvez venir vous informer, en discuter, évaluer votre pratique ou celle d’un de vos proches… CSAPA 37 Nous vous accueillons. Consultations individuelles et groupes de parole. Ecoute, informations, conseils. Gratuit et anonyme. A destination des joueurs ou de leur famille. »

Le CSAPA 37 dépend du CHU. Il est plus connu des toxicomanes sous le nom de « Centre Port-Bretagne ». Rendez-vous au 26 rue de Richelieu, à deux pas du café-tabac-loto-PMU. Tout est pris en charge par la collectivité. Schizophrénie généralisée.

Marisol Touraine n’est pas, non plus, venue. C’est grand dommage. Elle n’aurait certes pas payé sa tournée mais elle aurait pu expliquer ce qu’elle fait, depuis bientôt cinq ans, pour aider les fumeurs, les vapoteurs, les buveurs, les joueurs et toutes celles et tous ceux qui n’en peuvent plus.

A demain

Adriana Karembeu, influences et au « Top 50 » : il faut imaginer le Dr Michel Cymes heureux

Bonjour

Le docteur-animateur ne se renouvelle guère et il ne sait toujours pas pourquoi il est là. C’est une forme d’existence planante, apolitique en diable, la face inversée de Patrick Pelloux. A rendre ses confrères jaloux. Le voici à nouveau dans le JDD ; au pied du podium du « Top 50 des personnalités préférées des Français ». Il y était entré à la 9ème place l’an dernier. Le voici 4ème cette année. Que lui trouve-t-on ? Nul ne le sait. A commencer par son père. Quant à lui, il est, dit-il, comme dépassé par les événements. Vraiment ?

Il ne se renouvelle guère, redit tout ce que ses fans et ses ennemis savent par cœur : médecin et animateur de la quotidienne du Magazine de la santé sur France 5 ainsi que des Pouvoirs extraordinaires du corps humain sur France 2. Spécialisé en ORL, assure les consultations deux matinées par semaine dans un hôpital parisien. A dû arrêter la chirurgie, qui lui prenait trop de temps. Mille et une autres activités, à mi chemin entre la santé publique et les lourdes blagues radiophoniques

Coup de poing

Il n’en revient toujours pas  et le redit une nouvelle fois. « Je n’aurais jamais pensé faire partie un jour des cinquante personnalités préférées des Français, déclare-t-il au JDD. J’ai pris un coup de poing dans la figure, ça m’a déstabilisé. Je suis parti avec le JDD au gymnase Japy, dans le 11e arrondissement de Paris, là où mon grand-père polonais a été arrêté par la police française avant d’être déporté à Auschwitz. Je voulais partager avec lui ce message que le pays adressait à notre famille soixante-quinze ans après sa mort et je me suis mis à pleurer. »

Il ne veut surtout pas fâcher, réunissant les votes des hommes et des femmes, de la gauche et de la droite. Peut-être même du centre et des extrêmes. Avec lui la médecine a ceci de merveilleux qu’elle lévite bien au dessus de la politique. « La santé est universelle. Le sexe ou l’opinion politique n’entrent pas en jeu quand il s’agit de calmer les angoisses liées au corps humain » dit-il. Il est surtout chéri des vieux. « Ils sont davantage concernés » croit savoir celui qui, avec Adriana Karembeu, passe actuellement son brevet de plongée.

Zéro politique

A la différence de ses glorieux anciens, sans frontières dans leur carrière, il ne fait pas de politique. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne connaît pas son poids dans le paysage médiatique. « J’utilise mon influence pour faire passer des messages dans mon cabinet ou à la télévision : prendre soin de soi, pratiquer des activités physiques. Je vulgarise avec humour. Cela ne suffit pas de posséder une expertise, il faut savoir donner les outils de compréhension pour rassurer, conseiller et soigner. » Par ailleurs mutique sur les grandes polémiques et les questions éthiques.

Son cabinet sera fermé à compter du 9 septembre. Il sera alors (top secret) en Australie- avec Adriana Karembeu. Pas de politique, aucun Sisyphe. Il faut imaginer le Dr Michel Cymes heureux.

A demain

 

Tuerie de Nice : diagnostiqué psychotique, Lahouaiej-Bouhlel avait été traité par Haldol®

 

Bonjour

Ainsi donc, nous dit-on en haut lieu, ce fut « un « basculement récent vers l’islam radical ». Une sorte de radicalisation express que rien ne vient éclairer. A l’inverse les éléments convergent qui commencent à donner une idée assez précise du parcours de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel mort un 14 juillet et qui restera, dans l’histoire, comme l’auteur d’une tuerie sans précédent ? Une tuerie dans cet écrin symbolique qu’est la Promenade des Anglais de Nice, fraction ensanglantée de la Baie des Anges.

Radicalisation récente et accélérée ? Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur le dit avec des précautions : le meurtrier chauffeur-livreur « semble s’être radicalisé très rapidement ». Il s’agirait là d’ « un attentat d’un type nouveau » commis par « des individus sensibles au message de Daech qui s’engagent dans des actions extrêmement violentes sans nécessairement avoir participé aux combats, sans nécessairement avoir été entraînés ».

Troisième degré

Inconnu des services de renseignement, jamais signalé pour radicalisation, Lahouaiej-Bouhlel était « en relation avec des personnes elles-mêmes en contact avec des islamistes radicaux » a affirmé à l’AFP une source proche du dossier. « Mais à ce stade des investigations, cela ne prouve rien » quant à d’éventuelles complicités, a aussitôt ajouté cette même source. Une radicalisation par contamination virale au troisième degré … ? Aucun document de propagande jihadiste n’a été retrouvé à l’intérieur du camion. L’exploitation du matériel informatique saisi aux deux adresses du chauffeur, et du téléphone retrouvé dans le véhicule, est en cours. Attendons.

Pour l’heure, c’est « l’intrigante personnalité » du meurtrier qui est au cœur du sujet. « Fou de Dieu ou fou tout court ? » osent certaines gazettes. Mohamed Lahouaiej Bouhlel a-t-il agi sur ordre ? « Il a pu décider de passer à l’acte tout seul, de se suicider en faisant le plus de mal possible. Un coup de folie inspiré par la propagande de l’EI, qui a appelé à plusieurs reprises les soldats du califat à commettre des attaques, notamment en France avec tous les moyens disponibles, par exemple des voitures », relève une source proche de l’enquête interrogée, là encore, par l’AFP. Résumons.

Inconnu des services de renseignements, jamais été signalé pour radicalisation Mohamed Lahouaiej Bouhlel est né le 31 janvier 1985 à M’saken, dans la banlieue de Sousse, en Tunisie. Il avait épousé une Niçoise franco-tunisienne, dont il était séparé, et était père de trois enfants, dont un bébé. Le couple affichait des tenues vestimentaires occidentales, selon tous les témoignages recueillis par l’AFP. L’homme était connu de la justice pour des faits de violence. Il est décrit par ses anciens voisins comme taciturne et violent envers son ex-femme. Il ne fréquentait jamais la petite mosquée en contrebas de la cité où il vivait avec son épouse avant leur séparation et il « buvait des bières », selon les dires de plusieurs membres de l’Association cultuelle de Nice Nord. D’autres témoignages font état d’imprégnations alcooliques récurrentes. Que dira, sur ce point, la biologie ?

Nounours trucidé

L’homme souffrait à l’évidence de « problèmes psychologiques ». L’AFP et la BBC ont recueilli le témoignage de son père. « De 2002 à 2004, il a eu des problèmes qui ont provoqué une dépression nerveuse. Il devenait colérique, il criait, il cassait tout ce qu’il trouvait devant lui », raconte  Mohamed Mondher Lahouaiej Bouhlel devant son domicile en Tunisie. Il raconte aussi que la famille avait alors emmené Mohamed Lahouaiej Bouhlel chez un médecin, qui lui avait prescrit des médicaments pour lutter contre ces crises nerveuses. Le père décrit son fils comme un homme « toujours seul, toujours déprimé », et qui ne voulait pas parler. « Il faisait des crises. Quand il s’est séparé de sa femme, il a déféqué partout, trucidé le nounours de sa fille à coups de poignard et lacéré les matelas », a témoigné un habitant de son ancienne barre d’immeuble Le Bretagne, où le tueur vivait au 12e étage.

Quel « médecin » ? Il s’agit du Dr. Chemceddine Hamouda qui exerce à Sousse et que l’on peut voir sur You Tube traiter de l’autisme.  Dans un entretien accordé à L’Express il donne de précieux éléments : Les voici :

« Je ne l’ai vu qu’une seule fois, en août 2004 [Il avait alors 19 ans]. Il était venu avec son papa parce qu’il avait des problèmes scolaires et d’adaptation familiale. C’est son père qui l’a forcé à venir me voir. Il ne comprenait pas pourquoi son fils, qui était jusqu’ici brillant, était devenu violent avec lui et n’arrivait plus à travailler à l’école. Il était en première classe préparatoire pour des études d’ingénieur. Mes souvenirs sont flous après 12 ans, mais je me rappelle qu’il était plutôt calme lors de la consultation (…) Il souffrait d’une altération de la réalité, du discernement et de troubles du comportement. Un début de psychose donc. J’avais remarqué qu’il était dur avec son père, il devenait parfois violent avec lui. En plus d’avoir décroché scolairement, il avait des problèmes avec son corps, il ne se sentait pas très beau et ressentait le besoin de faire de la musculation.

« Il n’est pas courant de poser un diagnostic de troubles psychotiques dès la première consultation. En général, il faut plutôt attendre deux ou trois entretiens. Je lui ai prescrit un traitement, un petit tranquillisant et un anti psychotique. Comme je ne l’ai plus jamais revu après, je me suis dit que j’étais peut-être à côté de la plaque: les signes étaient insidieux (…)  Il n’y avait rien dans son comportement qui laissait présager un tel massacre. De tels troubles non soignés pendant des années peuvent conduire à une schizophrénie. Mais je refuse catégoriquement l’idée qu’il puisse être irresponsable de son acte. Une telle violence nécessite forcément un endoctrinement, un délire de radicalisation  en parallèle de ses problèmes psychologiques. Ce n’est pas l’acte d’un fou, c’est un acte prémédité et exécuté. Il y a forcément eu une préparation mentale. »

Dans le Journal du Dimanche de ce 17 juillet on apprend que la nature de la première prescription, datée du 20 août 2004: Haldol®. L’ordonnance est établie au nom de Salmane Boublel, « un second prénom qu’il utilisait souvent ». Mohamed Lahouaiej Bouhlel a-t-il agi sur ordre ? Si oui d’où venaient-ils, ces ordres ?

A demain