Premier ministre, Edouard Philippe a tranché : on sauvera  entre 300 et 400 vies chaque année

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Le pouvoir exécutif exécute : après, hier, le « service sanitaire », le décret d’application abaissant de 90 km/h à 80 km/h la vitesse maximale autorisée sur 400 000 kilomètres de routes secondaires à partir du 1er juillet a été publié dans la nuit du 16 au 17 juin au Journal officiel – et ce après des mois de controverse et de tempêtes au sein même du gouvernement.

En pratique cette limitation de vitesse s’appliquera sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central (muret, glissière) – soit 40 % du réseau routier français. Cette mesure vise à réduire la mortalité routière qui, après le plus-bas historique de 2013 (3 427 morts, métropole et Outre-mer), est repartie à la hausse entre 2014 et 2016. En 2017 : 3 684 morts. Et pourtant, paraxoxe caractéristique de l’automobile, un sondage publié en avril dernier concluait que 76 % des Français se déclaraient opposés à cette mesure.

Conscient du tollé qu’il allait susciter, le Premier ministre Edouard Philippe s’est toujours dit « prêt à assumer l’impopularité » de cette disposition qui permettra, selon les meilleurs spécialistes, de sauver 300 à 400 vies par an. Réticent (pour des raisons politiciennes) le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, avait préféré brandir un « joker » quand un élu l’avait interrogé sur le sujet. Triste réflexe et carte mortelle. Et silence assourdissant d’Emmannuel Macron, pourtant champion de la prévention.

Le Premier ministre avait été soutenu dans son action avec la publication, dans Le Monde d’une tribune percutante  ignée par un collectif rassemblant les anciens délégués interministériels à la sécurité routière 1 ayant exercé entre 1972 et 2015. Un texte visant à peser sur le président de la République et qui n’était pas sans faire songer à tous ceux que le quotidien vespéral a publié, dans les années 1980 et 1990, signés alors par un groupe des « cinq sages » emmenés par le redoutable Pr Claude Got. 2

Selon les signataires la décision de baisser la vitesse maximale à 80 kilomètres/heure sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central permettrait d’épargner tous les ans entre 300 et 400 vies et de réduire notablement le nombre des blessés graves.

« Réduire le nombre de morts et de blessés sur les routes françaises est un véritable enjeu de politique publique » a fait valoir le Premier ministre. Non sans courage. On aimerait qu’Edouard Philippe élargisse désormais son propos à l’ensemble des pathologies addictives – et développe, enfin, une véritable politique globale de « réduction des risques ». N’en déplaise aux jokers du ministre de l’Intérieur.

A demain

1 Christian Gerondeau, Pierre Mayet, Pierre Denizet, Jean-Michel Bérard, Isabelle Massin, Rémy Heitz, Cécile Petit, Michèle Merli, Jean-Luc Nevache, Jean-Robert Lopez, anciens délégués interministériels à la sécurité routière entre 1972 (année de création de la fonction) et 2015.

2 Ce dernier récidive aujourd’hui dans Le Journal du Dimanche via un longue étude originale réalisée pour la Ligue contre la violence routière. « A chaque fois, c’est la même chose : les routes qui concentrent le plus d’accidents mortels sont peu nombreuses, et sont très souvent sans séparateurs entre les deux voies ».

 

 

Quand Emmanuel Macron annoncera-t-il la création de la « Française du Cannabis » ?

Bonjour

Voilà une question à laquelle Emmanuel Macron, président libéral, n’échappera pas avant la fin de son mandat. Formé aux meilleures écoles de la République, enseignant la philosophie « libérale », auteur prolixe Gaspard Koenig a été croqué comme un jeune homme pressé. Il est aussi président du think-tank GenerationLibre, qu’il a lancé en 2013 et où il défend cette substance à très haut risque qu’est le libéralisme.

« Gaspard Koenig a difficilement arrêté le café mais assume une consommation, épisodique, de cannabis, révélait, hier, Le Journal du Dimanche.  Au nom de « la liberté individuelle » et « à condition d’être majeur et informé » ». Un grand classique. Et en exclusivité l’annonce que GénérationLibre, publiait un rapport de deux experts – rapport prônant une légalisation du cannabis en France : production, régulation, distribution. Ces deux experts sont Francis Caballero, avocat et militant anti-tabac et le Pr. Amine Benyamina, psychiatre, spécialiste des addictions (hôpital Paul-Brousse, Villejuif). Leur argumentaire est connu :

« Troisième substance psychoactive la plus consommée au niveau mondial, juste après le tabac et l’alcool, le cannabis constitue aujourd’hui un véritable phénomène de société. Coûteuse et inefficaces, notamment en matière de santé publique, les politiques de prohibition sont de plus en plus critiquées et contestées. Face à ce constat, de plus en plus d’Etats choisissent alors le chemin de la légalisation du cannabis.

En France, où 17 millions de personnes déclarent avoir consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie, cette alternative reste encore inenvisagée et très peu discutée. En témoigne le rapport d’information parlementaire le plus récent dont les conclusions écartent toute perspective de légalisation et concluent à un renforcement de la répression déjà à l’oeuvre en la matière.

La légalisation se justifie du simple point de vue utilitariste de la santé publique. Elle permet d’éradiquer les trafics, de contrôler la qualité des produits, et d’améliorer les programmes de prévention, notamment en direction des mineurs – sans même mentionner les bénéfices économiques. »

Plus original, les deux options de légalisation étudiées : celle d’une légalisation contrôlée par un « monopole d’Etat de production et de distribution du cannabis » ; et celle d’une légalisation par le marché. Et, surprise, le philosophe libéral dit « reconnaître que le choix de cette légalisation par monopole est probablement plus facile à appliquer et à se faire accepter en France que la légalisation par le marché. Elle est conforme à la tradition colbertiste de notre pays ».

« Cannaboutiques » et « cannabistrots »

Comment s’organiserait la distribution de ce nouveau produit légalisé ? Francis Caballero nous explique tout dans le détail – soit un modèle calqué sur les PMU, débits de boissons et de tabac.

« Comme pour la production, la Française du cannabis ne distribuera pas ellemême le cannabis légal. Elle fera appel à des distributeurs agréés auxquels elle délivrera des licences comme l’administration le fait déjà pour les débits de boissons ou les bureaux de tabac. Ceux-ci devront se soumettre à des règles de fonctionnement définies dans leur contrat tant ce qui concerne les produits vendus que les taxes perçues à cette occasion. Ils se procureront leur marchandise auprès de la Française du cannabis qui jouera le rôle de transformateur des produits de l’agriculture et de répartiteur des commandes des distributeurs. »

Dans le système qu’il défend, la distribution se fera dans un circuit séparé des circuits existants de l’alcool, du tabac ou des produits pharmaceutiques. Il y aura deux catégories de débits, selon qu’il s’agit de débits à emporter ou à consommer sur place. On propose d’appeler « cannaboutiques » ceux qui donnent seulement la possibilité d’acheter le produit et « cannabistrots » ceux qui permettent aux fumeurs de consommer ensemble pour se retrouver.

« Le nombre et la répartition des débits restent à préciser, mais du fait de l’existence du monopole de distribution, la concurrence entre débits sera limitée. Une fois agréé par la Française du cannabis, le débitant aura un territoire protégé, un peu comme les pharmacies. Cela relève du bon sens dans la mesure où le nombre de points de vente dépend de l’ampleur du marché.

« Le débitant restera toutefois sous le contrôle du monopole qui pourra lui retirer son agrément s’il ne respecte pas les règles fondamentales de ce commerce, comme par exemple une interdiction de toute publicité commerciale sur les lieux de vente.  La Française du cannabis fixera des prix minimums par variété, étant précisé que les prix peuvent varier en fonction de la qualité des produits et de leur circuit de distribution, selon qu’il est court ou long. »

Au total l’expert estime qu’entre 33 000 et 79 000 emplois seraient ainsi créés dans l’économie française. « Il est tout de même stupéfiant de voir que les politiciens français qui parlent sans arrêt de l’emploi des jeunes ne s’intéressent pas à cette nouvelle source d’emplois marchands au profit de la jeunesse ! ». Sans oublier que la légalisation contrôlée fournirait des ressources fiscales et sociales à l’État. Si l’on fixe le prix moyen de production et de distribution à deux euros « avec taxe au col d’un euro le gramme (25% du prix de vente) et une TVA de 25% » cela rapporterait à la collectivité environ deux milliards d’euros. Un milliard pour l’État et un milliard pour la Sécurité sociale.

Au des dégâts du tabac et de l’impunité dont jouissent les buralistes français quelques questions pratiques restent encore à régler. Comme celle de la mise en œuvre de l’interdiction de la vente aux mineurs. Car Gaspard Koenig estime que le cannabis doit être réservé aux majeurs informés. Sans oublier le problème  « du développement du cerveau chez les jeunes » puisque certains médecins soutiennent que le cerveau mûrit jusqu’à 21 ans… ». Il ajoute : « Voilà le genre de discussions apaisées qu’il faut avoir plutôt que de se faire peur avec le mot ‘’droque’’ : le cannabis est moins addictif que le café et n’entrâine pas d’overdose ; tans que la consommation reste raisonnable et hors cas d’épilepsie, il ne provoque pas d’effets de long terme sur l’organisme. En tout cas pas plus que le sucre ou l’alcool… »

Où l’on voit que pour ce philosophe libéral l’important, en matière de consommation, est de conserver la raison. Ce qui est, très précisément, la pierre philosophale de la lutte contre les addictions.

A demain

 

 

Aluminium et journalisme : mieux saisir l’irrationnel des oppositions anti-vaccinales

 

Bonjour

Si possible, lire « Le gourou des antivaccins ». Deux pages assez remarquables, médicaels et politiques, consacrées au plus que controversé Pr Romain Gherardi, sa vie son œuvre, ses infinies ambiguïtés. Deux pages traitant, clairement, de la myofasciite à macrophages. Deux pleines pages du Journal du Dimanche signées Anne-Laure Barret.

A demain

Glyphosate : Macron «engueule» un paysan ; Nicolas Hulot avale un peu plus de son chapeau

 

Bonjour

En France la très vieille et très célèbre affaire de l’amiante hante toujours les politiques. Elle hante ceux qui furent au pouvoir, ceux qui y sont et ceux qui y seront. Dernier et éclairant symptôme en date : Emmanuel Macron, président de la République lors de sa « visite marathon » au Salon de l’Agriculture. L’affaire, signifiante et exemplaire, nous est rapportée par mille et un réseaux.

Après un explication avec des agriculteurs déguisés en peluche, après bien des sifflets nourris et musclés, Emmanuel Macron a été interpellé par un agriculteur à propos du glyphosate – ce pesticide-feuilleton que la France souhaite interdire « d’ici trois ans au plus tard ». Ce fut un « échange tendu ».

Le paysan-céréalier protestait haut et fort contre cette interdiction, le président de la République s’est lancé dans un échange d’une particulière vivacité. « Je vous engueule parce que j’aime pas qu’on me siffle derrière; mais après je viens vous voir et on s’explique », est allé jusqu’à dire le chef de l’Etat, selon une retranscription faite par l’AFP. Et dans une vidéo publiée par Franceinfo, on peut voir Emmanuel Macron répondre sèchement à son vis-à-vis :

« Le glyphosate, il n’y a aucun rapport qui dit que c’est innocent (…). Dans le passé, on a dit que l’amiante ce n’était pas dangereux, et après les dirigeants qui ont laissé passer ils ont eu à répondre (…) Les ouvriers agricoles, les consommateurs, qui demain diront ‘vous aviez le glyphosate, vous le saviez et vous n’avez rien fait’, ils me regarderont les yeux dans les yeux, ils n’iront pas vous chercher, vous. »

Et quand le placide paysan fit observer au président qu’il avait perdu son sang froid, Emmanuel Macron répondit : « Vous m’avez sifflé dans le dos depuis tout à l’heure! »

Sang-froid

Le lendemain, nouvelles informations, politiques et surprenantes : le Journal du Dimanche affirme que Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire ne se rendra pas au Salon de l’agriculture. Et le ministère du même nom de confirmer cette information à l’AFP. Explication plus que boisée : le ministre « privilégie le dialogue direct avec les parties prenantes dans de bonnes conditions d’échange ». « Je préfère dialoguer loin des regards et des caméras, c’est ma méthode », a expliqué le ministre au JDD. Et des sifflets aurait-il pu ajouter.

Nicolas Hulot (qui s’était battu en 2017 pour une sortie du glyphosate en trois ans) se dit prêt aujourd’hui à envisager des « exceptions » :

« On est en train de recenser les alternatives qui existent et de leur donner les moyens de faire leurs preuves. Mais je ne suis pas buté et personne ne doit être enfermé dans une impasse : si dans un secteur particulier ou une zone géographique, certains agriculteurs ne sont pas prêts en trois ans, on envisagera des exceptions (…) Mais si on arrive à se passer du glyphosate à 95 %, on aura réussi ».

Combien de temps le glyphosate -Roundup hantera-t-il les nuits de l’exécutif ?

A demain

Soixante gendarmes et policiers se sont suicidés depuis le début de cette année. Et demain ?

Bonjour

13 novembre, deux ans plus tard. Commémorations et hommages rendus aux victimes des « attentats de Paris ». Et l’émergence de l’étrange. Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, estimait hier, dans un entretien au Journal du Dimanche que, face au terrorisme, la France est « mieux armée qu’il y a deux ans ».

Rappelant qu’après les attaques de Toulouse, de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, celles du 13-Novembre à « premier flic de France » affirme que les « services » sont désormais plus aptes à détecter les menaces. « Ils le font chaque semaine à bas bruit » dit-il haut et fort – ajoutant que la menace contre la France « reste très élevée ».  Selon le ministre, une trentaine d’attaques ont été déjouées depuis la mise en place de l’état d’urgence instauré dans la foulée des attentats djihadistes, les plus meurtriers jamais commis en France.

Et c’est le même ministre qui, le même jour, publie un communiqué de presse particulièrement inquiétant.

« Au cours de la semaine qui s’achève, cinq fonctionnaires de police et un militaire de la gendarmerie nationale ont volontairement mis fin à leurs jours. Ces suicides portent à 44 le nombre de policiers et à 16 le nombre de gendarmes qui se sont donné la mort depuis le début de l’année 2017. »

Remercié sans promotion

Ce communiqué a été diffusé quelques minutes après l’annonce du suicide du commissaire Antoine Boutonnet, figure de la lutte contre le hooliganisme. Son corps venait d’être retrouvé dans les locaux de la Direction générale de la gendarmerie nationale. Il était affecté depuis mars dernier à la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO). Depuis 2009 le commissaire Boutonnet avait dirigé avec succès la division chargée de lutter contre les violences dans les stades. Huit ans plus tard il avait été remercié sans promotion particulière. Selon des proches, il supportait mal sa mutation.

Ces chiffres de suicides sont d’autant plus marquants que le même ministre souligne que « depuis plusieurs années, la prévention des risques psycho-sociaux est une priorité du ministère de l’intérieur » ; et que ce ministère « a récemment renforcé ses dispositifs de détection et de prise en charge (recrutement de psychologues, redynamisation des cellules de veille, déploiement de réseaux de référents, formation des cadres, etc.). »

Que faire ? Gérard Collomb, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur a exprimé sa « vive émotion » et demandé aux directeurs généraux de la police nationale, de la gendarmerie nationale et de la sécurité intérieure de lui présenter une évaluation des mesures mises en œuvre pour prévenir les suicides parmi les forces de l’ordre. « Il réunira rapidement les représentants des policiers et gendarmes pour évoquer les dispositifs de prévention existants et les moyens d’en renforcer encore l’efficacité ».

Taux anormalement élevés

L’actuel ministre de l’Intérieur se souvient peut-être que l’un de ses prédécesseurs (Bernard Cazeneuve) avait récemment été confronté au même phénomène. Il y a précisément trois ans, fin octobre 2014, on comptait quarante-trois cas de suicides dans la police depuis le début de l’année.

« A ce rythme, le  »record » de 1996 – soixante-dix suicides de policiers contre cinquante par an en moyenne – pourrait être égalé. Un chiffre noir » soulignait alors une dépêche de l’Agence France Presse. Fin septembre, le ministre de l’Intérieur avait aussi recensé, dans un discours aux forces de l’ordre, dix-sept suicides parmi les militaires de la gendarmerie qui n’est pas épargnée par le phénomène. » Le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI) – majoritaire chez les officiers de police, estimait que le taux de suicide constaté dans la police restait « anormalement élevé »: 36 pour 100.000 contre 20-22 pour 100.000 pour le reste de la population.

Début 2015 Bernard Cazeneuve avait lancé un plan ministériel comportant vingt-trois mesures pour prévenir au mieux ce phénomène. Au vu des derniers chiffres force est de constater que l’entreprise a échoué. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle observée dans le monde hospitalier.

A demain

 

Harcèlement sexuel hospitalier : Martin Hirsch et les « conseils de discipline » de l’AP-HP

 

Bonjour

L’actualité prime tout. A commencer par celle sur le harcèlement sexuel. Invité de France Inter  pour la promotion de son dernier livre le directeur général de l’AP-HP n’y a pas échappé. Et la fatalité fait bien les choses : Martin Hirsch venait de « suspendre un professionnel » qui devra passer devant un « conseil de discipline » après avoir été accusé de « harcèlements sur une jeune étudiante en médecine ». « L’hôpital est un milieu où on a du mal à distinguer la plaisanterie lourdingue et harcèlement » dit-il.

Où l’on peut faire un parallèle entre les mondes hospitalier et cinématographique : « milieu vulnérable, avec stress, enjeux de pouvoir et tradition ». Il faudra bientôt relire « Les hommes en blanc » du Dr André Soubiran.

Le directeur général a, lui aussi, entendu les confidences au Journal du Dimanche, de la ministre des Solidarités et de la Santé sur ces chefs de service de l’AP-HP qui l’invitaient « à s’asseoir sur leurs genoux ». Un ministre qui, dira-t-il plus tard, « connaît l’hôpital comme sa poche ».

Insupportable tic de langage

 « On a régulièrement des passage en conseil de discipline. On ne laisse rien passé quand c’est signalé. Je vais recevoir les ‘’économes’’ des salles de garde… On a toléré pendant des années…. On en a fait des films… on en a fait toute une série de choses…  les grandes blagues par rapport aux étudiantes en médecine ou aux infirmières … [‘’être nue sous les blouses !’’ coupe le journaliste Marc Fauvelle] .. il y avait une époque où l’on disait que pour des raisons d’hygiène les infirmières étaient nues sous les blouses mais que cela ne s’appliquait pas aux médecins qui pouvaient être habillés. Ce qui montre le type de rapport de domination qui pouvaient exister. »

Le moment est peut-être venu de « remettre les pendules à l’heure. Et sur les ondes de France Inter le directeur général lance un message : « Si vous êtes victime de quelque chose, il y a des endroits où vous pouvez le signaler, où l’on peut vous écouter. Et il n’y a pas de faiblesses vis-à-vis de ceux qui harcèlent. » Un message qui concerne les médecins, les infirmières et les aides-soignantes de cette « grande maison » qu’est l’AP-HP. Où l’on voit que l’administration n’est pas concernée.

Pour le reste, et sans transition, Martin Hirsch estime que « ce pays n’a pas à rougir de ses hôpitaux ». Où l’on retrouve cet insupportable tic de langage qui voit utiliser un « ce » en lieu et place du « notre ». Et puis un autre message de ce volontariste : « les nouveaux hôpitaux auront moins de lits mais recevront plus de malades ». Son ouvrage ? « L’hôpital à cœur ouvert » (Editions Stock. Collection : Essais – Documents Parution : 02/11/2017. 288 pages. Format :135 x 215 mm. Prix: 19.00 €)

A demain

 

 

De nouvelles drogues sont entrées dans Paris : mourir pour quelques buvards de NBOMe

 

Bonjour

C’est une alerte à diffuser. L’affaire est rapportée par Le Journal du Dimanche (Stéphane Joahny) : une jeune femme anglaise vient de mourir à Paris après avoir pris ce qu’elle pensait être de la cocaïne ; une nouvelle molécule, encore méconnue, qui pourrait faire des ravages. Une illustration des récentes mises en garde de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanie.

C’était dans la nuit du 29 au 30 avril, Julia, vingtième arrondissement de Paris, soirée privée dans un appartement, une amie fournit un peu de poudre. Ce n’était pas de la cocaïne. « Après onze jours de coma la jeune femme est décédée à l’hôpital Lariboisière, précise le JDD. L’amie a été placée sous contrôle judiciaire après une mise en examen pour infraction à la législation sur les stupéfiants et homicide involontaire.

Les analyses toxicologiques ont établi qu’il s’agissait de l’un des représentants de la jeune famille des NBOMe ; une famille qui commence à faire des ravages. Il s’agit ici de nouveaux produits de synthèse souvent vendu sous la (fausse) appellation « mescaline synthétique » lors de rave party ou dans les milieux d’usagers de drogues. Les NBOMe sont aussi présentés étant du LSD. Quels effets ? Un consommateur le dit au JDD. Après deux buvards de 400 microgrammes de 25C-NBOMe :

« La musique devient sublime. Elle pénètre en moi et c’est comme si elle massait mon âme. Je peux la voir quand je ferme les yeux. »

Coagulation intravasculaire disséminée

Quels effets ? Le Dr Yves Edel : coordinateur de l’équipe de liaison et de soins en addictologie (Elsa) de la Pitié-Salpêtrière :

« Défaillance multiviscérale par syndrome sérotoninergique, insuffisance rénale aiguë, CIVD, bruxisme, œdème cérébral, complications neurologique, arrêt cardiovasculaire… »

Ces produits seraient actifs dès le microgramme et donc pratiquement impossible à doser soi-même. Disponibles sur internet et partout ailleurs. Moins de 7 euros les dix buvards. La victime parisienne avait, la veille du drame, posté une photo d’elle sur son compte Instagram depuis le Wanderhust, un « club branché » amarré au 32 quai d’Austerlitz. Elle n’avait pas 30 ans. Depuis l’Angleterre, son père parle d’un « tragique accident ».

A demain