Soixante gendarmes et policiers se sont suicidés depuis le début de cette année. Et demain ?

Bonjour

13 novembre, deux ans plus tard. Commémorations et hommages rendus aux victimes des « attentats de Paris ». Et l’émergence de l’étrange. Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, estimait hier, dans un entretien au Journal du Dimanche que, face au terrorisme, la France est « mieux armée qu’il y a deux ans ».

Rappelant qu’après les attaques de Toulouse, de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, celles du 13-Novembre à « premier flic de France » affirme que les « services » sont désormais plus aptes à détecter les menaces. « Ils le font chaque semaine à bas bruit » dit-il haut et fort – ajoutant que la menace contre la France « reste très élevée ».  Selon le ministre, une trentaine d’attaques ont été déjouées depuis la mise en place de l’état d’urgence instauré dans la foulée des attentats djihadistes, les plus meurtriers jamais commis en France.

Et c’est le même ministre qui, le même jour, publie un communiqué de presse particulièrement inquiétant.

« Au cours de la semaine qui s’achève, cinq fonctionnaires de police et un militaire de la gendarmerie nationale ont volontairement mis fin à leurs jours. Ces suicides portent à 44 le nombre de policiers et à 16 le nombre de gendarmes qui se sont donné la mort depuis le début de l’année 2017. »

Remercié sans promotion

Ce communiqué a été diffusé quelques minutes après l’annonce du suicide du commissaire Antoine Boutonnet, figure de la lutte contre le hooliganisme. Son corps venait d’être retrouvé dans les locaux de la Direction générale de la gendarmerie nationale. Il était affecté depuis mars dernier à la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO). Depuis 2009 le commissaire Boutonnet avait dirigé avec succès la division chargée de lutter contre les violences dans les stades. Huit ans plus tard il avait été remercié sans promotion particulière. Selon des proches, il supportait mal sa mutation.

Ces chiffres de suicides sont d’autant plus marquants que le même ministre souligne que « depuis plusieurs années, la prévention des risques psycho-sociaux est une priorité du ministère de l’intérieur » ; et que ce ministère « a récemment renforcé ses dispositifs de détection et de prise en charge (recrutement de psychologues, redynamisation des cellules de veille, déploiement de réseaux de référents, formation des cadres, etc.). »

Que faire ? Gérard Collomb, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur a exprimé sa « vive émotion » et demandé aux directeurs généraux de la police nationale, de la gendarmerie nationale et de la sécurité intérieure de lui présenter une évaluation des mesures mises en œuvre pour prévenir les suicides parmi les forces de l’ordre. « Il réunira rapidement les représentants des policiers et gendarmes pour évoquer les dispositifs de prévention existants et les moyens d’en renforcer encore l’efficacité ».

Taux anormalement élevés

L’actuel ministre de l’Intérieur se souvient peut-être que l’un de ses prédécesseurs (Bernard Cazeneuve) avait récemment été confronté au même phénomène. Il y a précisément trois ans, fin octobre 2014, on comptait quarante-trois cas de suicides dans la police depuis le début de l’année.

« A ce rythme, le  »record » de 1996 – soixante-dix suicides de policiers contre cinquante par an en moyenne – pourrait être égalé. Un chiffre noir » soulignait alors une dépêche de l’Agence France Presse. Fin septembre, le ministre de l’Intérieur avait aussi recensé, dans un discours aux forces de l’ordre, dix-sept suicides parmi les militaires de la gendarmerie qui n’est pas épargnée par le phénomène. » Le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI) – majoritaire chez les officiers de police, estimait que le taux de suicide constaté dans la police restait « anormalement élevé »: 36 pour 100.000 contre 20-22 pour 100.000 pour le reste de la population.

Début 2015 Bernard Cazeneuve avait lancé un plan ministériel comportant vingt-trois mesures pour prévenir au mieux ce phénomène. Au vu des derniers chiffres force est de constater que l’entreprise a échoué. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle observée dans le monde hospitalier.

A demain

 

Harcèlement sexuel hospitalier : Martin Hirsch et les « conseils de discipline » de l’AP-HP

 

Bonjour

L’actualité prime tout. A commencer par celle sur le harcèlement sexuel. Invité de France Inter  pour la promotion de son dernier livre le directeur général de l’AP-HP n’y a pas échappé. Et la fatalité fait bien les choses : Martin Hirsch venait de « suspendre un professionnel » qui devra passer devant un « conseil de discipline » après avoir été accusé de « harcèlements sur une jeune étudiante en médecine ». « L’hôpital est un milieu où on a du mal à distinguer la plaisanterie lourdingue et harcèlement » dit-il.

Où l’on peut faire un parallèle entre les mondes hospitalier et cinématographique : « milieu vulnérable, avec stress, enjeux de pouvoir et tradition ». Il faudra bientôt relire « Les hommes en blanc » du Dr André Soubiran.

Le directeur général a, lui aussi, entendu les confidences au Journal du Dimanche, de la ministre des Solidarités et de la Santé sur ces chefs de service de l’AP-HP qui l’invitaient « à s’asseoir sur leurs genoux ». Un ministre qui, dira-t-il plus tard, « connaît l’hôpital comme sa poche ».

Insupportable tic de langage

 « On a régulièrement des passage en conseil de discipline. On ne laisse rien passé quand c’est signalé. Je vais recevoir les ‘’économes’’ des salles de garde… On a toléré pendant des années…. On en a fait des films… on en a fait toute une série de choses…  les grandes blagues par rapport aux étudiantes en médecine ou aux infirmières … [‘’être nue sous les blouses !’’ coupe le journaliste Marc Fauvelle] .. il y avait une époque où l’on disait que pour des raisons d’hygiène les infirmières étaient nues sous les blouses mais que cela ne s’appliquait pas aux médecins qui pouvaient être habillés. Ce qui montre le type de rapport de domination qui pouvaient exister. »

Le moment est peut-être venu de « remettre les pendules à l’heure. Et sur les ondes de France Inter le directeur général lance un message : « Si vous êtes victime de quelque chose, il y a des endroits où vous pouvez le signaler, où l’on peut vous écouter. Et il n’y a pas de faiblesses vis-à-vis de ceux qui harcèlent. » Un message qui concerne les médecins, les infirmières et les aides-soignantes de cette « grande maison » qu’est l’AP-HP. Où l’on voit que l’administration n’est pas concernée.

Pour le reste, et sans transition, Martin Hirsch estime que « ce pays n’a pas à rougir de ses hôpitaux ». Où l’on retrouve cet insupportable tic de langage qui voit utiliser un « ce » en lieu et place du « notre ». Et puis un autre message de ce volontariste : « les nouveaux hôpitaux auront moins de lits mais recevront plus de malades ». Son ouvrage ? « L’hôpital à cœur ouvert » (Editions Stock. Collection : Essais – Documents Parution : 02/11/2017. 288 pages. Format :135 x 215 mm. Prix: 19.00 €)

A demain

 

 

De nouvelles drogues sont entrées dans Paris : mourir pour quelques buvards de NBOMe

 

Bonjour

C’est une alerte à diffuser. L’affaire est rapportée par Le Journal du Dimanche (Stéphane Joahny) : une jeune femme anglaise vient de mourir à Paris après avoir pris ce qu’elle pensait être de la cocaïne ; une nouvelle molécule, encore méconnue, qui pourrait faire des ravages. Une illustration des récentes mises en garde de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanie.

C’était dans la nuit du 29 au 30 avril, Julia, vingtième arrondissement de Paris, soirée privée dans un appartement, une amie fournit un peu de poudre. Ce n’était pas de la cocaïne. « Après onze jours de coma la jeune femme est décédée à l’hôpital Lariboisière, précise le JDD. L’amie a été placée sous contrôle judiciaire après une mise en examen pour infraction à la législation sur les stupéfiants et homicide involontaire.

Les analyses toxicologiques ont établi qu’il s’agissait de l’un des représentants de la jeune famille des NBOMe ; une famille qui commence à faire des ravages. Il s’agit ici de nouveaux produits de synthèse souvent vendu sous la (fausse) appellation « mescaline synthétique » lors de rave party ou dans les milieux d’usagers de drogues. Les NBOMe sont aussi présentés étant du LSD. Quels effets ? Un consommateur le dit au JDD. Après deux buvards de 400 microgrammes de 25C-NBOMe :

« La musique devient sublime. Elle pénètre en moi et c’est comme si elle massait mon âme. Je peux la voir quand je ferme les yeux. »

Coagulation intravasculaire disséminée

Quels effets ? Le Dr Yves Edel : coordinateur de l’équipe de liaison et de soins en addictologie (Elsa) de la Pitié-Salpêtrière :

« Défaillance multiviscérale par syndrome sérotoninergique, insuffisance rénale aiguë, CIVD, bruxisme, œdème cérébral, complications neurologique, arrêt cardiovasculaire… »

Ces produits seraient actifs dès le microgramme et donc pratiquement impossible à doser soi-même. Disponibles sur internet et partout ailleurs. Moins de 7 euros les dix buvards. La victime parisienne avait, la veille du drame, posté une photo d’elle sur son compte Instagram depuis le Wanderhust, un « club branché » amarré au 32 quai d’Austerlitz. Elle n’avait pas 30 ans. Depuis l’Angleterre, son père parle d’un « tragique accident ».

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Hôpital américain de Neuilly : le médecin des stars qui a (aussi) soigné le colonel Kadhafi

Bonjour

Il est des médecins qui, plus que d’autres, ont aisément accès aux médias généralistes. Ainsi le Dr Philippe Siou. Il avait fait récemment parler de lui dans une affaire emberlificotée concernant Michel Polnareff. On le retrouve aujourd’hui dans le Journal du Dimanche, rayon « Plaisirs People ». Promotion de son dernier opus : « Nouvelles Frontières de la longévité » (Editions Léo Scheer, 18 euros). A retrouver bientôt sur les étals entre les Dr Cymes Michel et Saldmann Frédéric.

Dr Siou ? « Après avoir passé l’internat en médecine, il s’est consacré à la psychiatrie, nous raconte son éditeur.  Puis, après onze ans d’études supérieures, il est retourné à la médecine au sein de l’Hôpital américain de Paris où il a effectué toute sa carrière.  Il est également Représentant permanent auprès de l’Office des Nations unies, à Genève, et de l’Organisation mondiale de la santé, où il défend la cause d’un pays émergent du Pacifique Sud, le Vanuatu. »

Ornières 

« Inconnu ou presque du grand public, 65 ans, il reçoit les personnalités du monde entier -artistes, politiques mais aussi tyrans (sic) – dans le très chic hôpital américain de Neuilly-sur-Seine » précise le JDD. Trois lignes sur la longévité et on revient aux étoiles soignées. Du moins celles du passé, comme Rock Hudson et Michael Jackson. Et Mouamar Khadafi (1942-2011). Cela donne ceci :

« Il arrive qu’un médecin se retrouve en toute connaissance de cause face à un assassin. Je ne m’interdirai pas de soigner un tyran s’il est malade. C’est peut-être ce qui fait ma différence avec lui… Je ne sais pas si j’ai raison ou si j’ai tort, ni si mes pairs me soutiendront, mais je considère qu’un médecin doit soigner tout le monde (…) C’est ainsi que je vois mon métier : tendre la main à celui qui est dans l’ornière. »

Question: peut-on, depuis le très chic Hôpital américain, aisément tendre la main ?

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Mystique et politique: Emmanuel Macron, le candidat d’«En marche!» assume sa verticalité

 

Bonjour

On lit des choses étranges, parfois, dans Le Journal du Dimanche. Ainsi, aujourd’hui les « confidences sacrées » d’Emmanuel Macron. Des confidences ferroviaires faites, qui plus est, peu après le départ en TGV du vieux bastion communiste de Saint-Pierre-des-Corps. La France est un pays riche qui sait dépasser ses apparentes contradictions. Un séjour un petit nuage en Touraine et le candidat d’ « En Marche! » s’est confié au JDD sur son charisme, sur la nature du lien qu’il veut établir avec les électeurs et sur sa propre mystique… Extraits :

« La politique, c’est mystique. » […] « C’est tout mon combat. C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. Les médias passent du commentaire d’un point de détail mineur du programme aux pires polémiques, et ainsi de suite. »

« Comment se construit le pouvoir charismatique? C’est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité. Je ne crois pas à la transcendance éthérée. Il faut tresser les deux, l’intelligence et la spiritualité. Sinon l’intelligence est toujours malheureuse. Sinon les gens n’éprouvent de sensations que vers les passions tristes, le ressentiment, la jalousie, etc. Il faut donner une intensité aux passions heureuses. »

« La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. Je ne cherche pas à être un prédicateur christique. »

Transcendance-immanence

Où l’on comprend que ne pas chercher à être un prédicateur christique ne signifie pas que l’on ne sait pas que l’on en est un. Où l’on comprend, aussi, que (même « sans programme ») l’homme sait comment on échafaude un pouvoir charismatique -et comment on peut avoir conscience d’assumer la « dimension de verticalité » (entendre de transcendance). Où l’on s’interroge, enfin, sur la nature de l’ancrage transcendance-immanence, sur le malheur de l’intelligence, sur cette marche entreprise entre les éthers infinis et la lourdeur de la matérialité. C’est là, tout simplement, pour le commun des mortels, une marche ascensionnelle.

« La politique, c’est mystique » confie-t-il à Anna Cabana qui n’attendait sans doute pas cette manne tombée à Saint-Pierre-des-Corps. Plus tard, vers Vendôme, Orléans, Beaugency, Notre-Dame-de-Cléry (et le Dauphin si gentil…),  Emmanuel ajoutera : « La politique, c’est comme la littérature, c’est un style. » Est-ce dire que le mystique l’est aussi ? Puis le TGV arriva à Montparanasse. Dans le lointain, des cloches….

Un style ? « Quand il les eut mises en branle ; quand il sentit cette grappe de cloches remuer sous sa main ; quand il vit – car il ne l’entendait pas – l’octave palpitante monter et descendre sur cette échelle sonore comme un oiseau qui saute de branche en branche ; quand le diable musique, ce démon, se fut emparé du pauvre sourd, alors il redevint heureux, il oublia tout, et son cœur qui se dilatait fit épanouir son visage. »

C’était Quasimodo qui sonnait les cloches de Notre-Dame. Et c’était Victor Hugo.

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Hommes politiques et douleurs lombalgiques : voici le temps des nouveaux arracheurs de maux

 

Bonjour

Pays plus que jacobin la France a mal à ses colonnes vertébrales. Eponge médiatique , Le Parisien le sent qui fait sa Une dur les nouvelles thérapeutiques lombalgiques : « Mal de dos : les solutions qui marchent » (sic). Ce fléau coûte un milliard d’euros par an à la Sécurité sociale. Raison de plus pour ne pas ajouter au fardeau.

« L’injection de gel alcoolique » : clinique Paris V – Générale de santé (ou à l’hôpital Lariboisière) de 700 euros à 2 600 euros qu’il faudra sortir de son portefeuille. Cette méthode est « la dernière alternative à l’opération ». Elle est présentée par Jacques Théron, neuroradiologue interventionnel. Pour le Pr Pierre Guigui, chirurgien orthopédique (HEGP) « le niveau de preuve n’est pas suffisant ».Point/barre.

Emmanuel M.

Dans le champ politique c’est la voix montante d’Emmanuel Macron qui, pour l’heure, fait des merveilles. Un phrasé original, une posture de jeune premier, des accents de sirènes. Hier il saluait Jeanne d’Arc, lévitait au Puy du Fou. Aujourd’hui il fait planer enter Rhône et Saône, au Café des Fédérations, dans la Capitale des Gaules. On pardonne des frais de bouche. On se presse à ses meetings ; on s’enchante de l’absence de tout programme. Avec lui l’étrange coule de source, on voit disparaître peu à peu les écrouelles du royaume. Pour un peu ce serait, à l’échelon national, le mystère renouvelé d’Urbain Grandier. On ne veut surtout pas connaître la fin.

ReActiv8® contre la lombalgie chronique invalidante. C’est une information mandée de Dublin (Irlande).  Mainstay Medical International (société de dispositifs médicaux) y bat le tambour pour son « dispositif de neurostimulation implantable destiné à traiter la lombalgie chronique invalidante ». Elle vient de réussir la première vente et la première pose de son implant en Allemagne : « Une des causes reconnues de la lombalgie chronique est un affaiblissement du contrôle par le système nerveux central des muscles qui stabilisent en permanence la colonne vertébrale dans le bas du dos, puisqu’une colonne vertébrale instable peut provoquer des maux de dos. ReActiv8® (vidéo) est conçu pour stimuler électriquement les nerfs responsables de la contraction de ces muscles et ainsi de contribuer à restaurer le contrôle musculaire et d’améliorer la stabilité de la colonne vertébrale, ce qui permet au corps de récupérer de la lombalgie chronique ». Le Parisien conseille à ses lecteurs lombalgiques de se renseigner auprès de leur médecin traitant ; nous conseillons à ces derniers cette adresse : http://www.mainstay-medical.com/fr/ (aucun lien ni conflit d’intérêts).

François F.

Il est des silences qui équivalent à des pesants d’or. A la Une du Journal du Dimanche : le « mystère François Fillon », qui fut élu de la Sarthe et qui, lui aussi, souffrit de calculs rénaux et de lombalgies-sciatiques. Rien n’a encore vraiment été dit sur celui dont, hier, certains pensaient pouvoir se gausser (« Mister Nobody »). François Fillon Hier au zénith de la droite, aujourd’hui en marche vers l’hypogée républicaine. C’est sans doute un peu plus compliqué – du moins si l’on tient à réduire tout ceci à une série télévisée démocratisée. Et le JDD d’entretenir le mystère, qui fait le portrait d’un homme que personne n’a jamais pu déchiffrer (sic). « François est un sanglier solitaire, confie un filloniste à la journaliste à l’ombre de l’abbaye de Solesmes. Il peut tout lâcher pour aller ruminer au fond de la forêt. »

Où l’on voit, une nouvelle fois, après Urbain Grandier, l’émergence de l’étrange : il existe en France des sangliers qui, le soir venu et loin de tout, deviennent des ruminants. Les cerfs apprécieront.

C’est dit:  aujourd’hui l’étrange émerge de partout. Le Dr Jean-Yves Maigne, responsable du service de médecine physique à l’Hôtel-Dieu de Paris explique que « le mal de dos a changé de nature avec l’ère moderne ». Trop de pression trop de stress, des colonnes burnoutées. Distingons quand même les lésions véritables, objectivables, de la colonne vertébrale et les douleurs « inexpliquées », souvent constantes et diffuses, le fruit d’un dysfonctionnement des muscles, des articulations et des mille et un entrelacs où se niche et d’où parle la douleur. « Attention, il ne s’agit pas d’une maladie psychosomatique, précise au Parisien le Pr Bruno Jean Fautrel, chef du service de rhumatologie dans le temple de la Pitié-Salpêtrière. C’est comme si on faisait une radio de quelqu’un qui a des courbatures après le sport. On ne verrait rien et pourtant, il a mal. »

C’est, très précisément, la situation de la France, ce vieux pays plus que jacobin qui souffre de ses colonnes vertébrales.

A demain

 

 

 

Cannabis : Marseille et ses quartiers gangrenés réclament à Paris une «légalisation contrôlée»

 

Bonjour

Qu’en aurait dit Gaston Deferre ? On attend une réponse de MM. Mélenchon, Fillon et Macron. C’est une tribune originale publiée ce 8 janvier par le Journal du Dimanche : « Cannabis : 150 personnalités marseillaises demandent la « légalisation contrôlée » ». Première personnalité : Patrick Mennucci, député socialiste et membre du parti depuis 1969.

Que nous disent les signataires, parmi lesquels plusieurs médecins, soignants et le Dr Béatrice Stambul, présidente d’honneur de l’Association Française de Réduction des Risques? Que la prohibition du cannabis est directement responsable, à Marseille, de réseaux, de trafics très organisés, qui brassent des sommes considérables et gangrènent de nombreux quartiers. Les règlements de comptes (2014 : 15 faits, 10 décès, 2015 : 13 faits, 14 décès, 2016 : 34 décès) sont très majoritairement liés au trafic de cannabis. 20% de l’activité policière concerne le trafic de cannabis (9.095 procédures pour infraction à la législation sur les stupéfiants en 2015, à 90% pour le cannabis, contre 6.808 en 2012, soit une augmentation de 25%). Et encore :

Caisses de l’Etat

« Nous, Marseillais, conscients du désastre que cause le trafic dans notre ville, appelons aujourd’hui à une légalisation contrôlée de la production, de la vente et de la consommation, telle qu’elle existe déjà dans plusieurs pays, comme la solution raisonnée que nous devons choisir.

« La fin de la prohibition aurait de nombreux effets positifs : la fin des réseaux mafieux qui prospèrent sur l’interdit, et qui tuent ; les économies substantielles qui bénéficieront à notre économie ; une taxation légitime sur la vente qui ferait rentrer de l’argent dans les caisses de l’État ; la réorientation de l’activité de la police et de la justice vers d’autres actions de sécurité ; l’amélioration de la santé des jeunes consommateurs parfois piégés dans un usage nocif ou une dépendance, et une vraie politique de prévention qui serait connexe à la légalisation ; la sortie de l’exclusion et une amélioration de la citoyenneté des personnes qui consomment et que la criminalisation de leur comportement rejette dans l’illégalité ; une organisation nouvelle de la production qui créera des emplois dans l’agriculture. »

French Connection

La nouveauté est moins dans l’expression des arguments généraux en faveur de la légalisation que dans le fait que cette tribune soit marseillaise. Et ce près d’un demi-siècle après le démantèlement de la French Connection.

« Il est temps d’agir, concluent les auteurs de la tribune (qui ne disent rien sur les raisons qui font que l’on consomme tant dans leur ville).  Marseille souffre des dommages causés par la prohibition du cannabis. Nous voulons porter le changement et appeler à une politique plus efficace et plus humaine. C’est pourquoi nous lançons de Marseille cet appel à la France, pour que, dans la période électorale qui arrive, le débat sur la légalisation du cannabis soit ouvert. »

L’histoire montre qu’il faut toujours écouter Marseille quand Marseille en appelle à la France.

A demain