Révoltes citoyennes contre la disparition des généralistes : l’éclairant abcès de Fumel

 

Bonjour

A Fumel (Nouvelle-Aquitaine), on sait ce que violence veut dire. La guerre de Cent Ans, celles de Religion, la Libération de 1944 ont laissé des traces. Nous sommes ici à proximité de la Bouriane sur une colline surplombant les vallées du Lot, de la Thèze et de la Lémance. C’est le paradis sur Terre dans sa version Lot-et-Garonne. Compter environ 12 000 habitants. Et puis, soudain, une pétition angoissée. La population souffre par anticipation  du départ de plusieurs généralistes. Et si rien n’est fait, ils ne seront pas remplacés.

Voici l’appel :

« L’accès aux soins est un droit absolu ! Nous, habitants du Fumelois, des coteaux de la Lémance au bord du Lot, nous sommes menacés dans ce qui devrait pourtant être une priorité, l’accès à des soins efficaces dans un délai raisonnable.

« Nous sommes de plus en plus nombreux à rencontrer les pires difficultés pour nous soigner ! Le départ des médecins du territoire ou leur mise à la retraite ne permet plus à ceux qui restent de prendre de nouveaux patients. Face à cette situation, nous vous écrivons pour vous alerter sur la situation, et surtout pour que vous agissiez afin de : disposer d’un réseau de maisons de santé pour desservir tout le territoire ; renforcer la coopération médecine de ville/médecine hospitalière ; mettre en oeuvre un projet de santé innovant

« Comment, sans cela, attirer de nouveaux médecins, indispensables à l’attractivité du territoire? Merci de votre participation à cette pétition qui se veut citoyenne et sans parti pris ! »

Croiser les doigts

On pourrait imaginer ici une forme d’outrance. On aurait tort. « La situation est vraiment dramatique, confirme au Quotidien du Médecin le Dr Nathalie Pauliac, généraliste à Fumel. Nous étions quinze médecins il y a dix ans, nous ne sommes plus que six. En un an, nous avons perdu quatre généralistes : retraite, maladie, départs dans d’autres communes… Énormément de gens n’ont plus de médecins. Il faut quinze jours pour obtenir un rendez-vous, nous consultons jusqu’à 21h30, nos secrétaires sont épuisées. Nous ne pouvons prendre de nouveaux patients ; j’accepte les conjoints ou les enfants, mais pas au-delà. »

L’épouse du Dr Éric Guffond : « A 63 ans, mon mari s’épuise au travail, mais il n’a pas le cœur de refuser des patients sans médecin. On ne s’engage pas à les suivre d’une façon pérenne, mais on leur propose de venir à notre consultation libre ». Et puis ces doléances, en écho de la pétition :

  « Depuis le départ de notre médecin traitant, nous avons beaucoup de difficultés à faire soigner nos enfants en bas âge. » « Mon mari est diabétique insulino-dépendant et nous n’avons plus de médecin traitant. » « Notre médecin a pris sa retraite, nous sommes obligés d’aller à 20 km pour trouver un médecin de référence. Pour le moment, on peut encore conduire, mais après… » « Maman d’un petit garçon, sans permis de conduire, je n’ai plus de médecin à proximité. Reste à croiser les doigts pour qu’il n’arrive rien ! »

Chasseurs de tête

Le quotidien Sud-Ouest vient de donner de la voix . La « communauté de communes » recevra la pétition quand le quota sera atteint. Quant à La Dépêche, elle se souvient. C’était en septembre 2015, à Villeneuve, non loin de Fumel. A 66 ans le Dr Francis Cazeils partait à la retraite, sans successeur. Il tirait la sonnette d’alarme. La sonnette s’est tue.

« On a tout essayé, disait-il. Des petites annonces dans les revues spécialisées, prendre des stagiaires au cabinet. J’ai eu des contacts, notamment de confrères qui veulent changer de région mais ça n’a jamais abouti. Peut-être que mon chiffre d’affaires n’est pas assez attractif. Moi, il me suffit. Mais celui qui veut le développer, il lui suffit de laisser la porte ouverte, les patients vont s’y engouffrer. »

Pour l’heure, faute de s’engouffrer, les patients s’énervent. Sur place les élus estiment que c’est désormais à l’État de favoriser l’installation de médecins dans les zones rurales. Or l’Etat n’est, précisément, plus là. Dans l’ombre les agences de placement de généralistes étrangers affûtent leurs contrats plus ou moins léonins. Voici le temps venu des chasseurs de tête.

A demain

 

Insémination post-mortem : autorisée à Rennes, mais interdite à Toulouse. Où est la justice ?

 

Bonjour

Le tribunal administratif de Toulouse a, le 13 octobre, rejeté la demande d’une veuve habitant cette ville et qui souhaite que le CHU lui restitue les paillettes de sperme congelé de son mari. Ce dernier est mort il y a plus de deux ans. L’affaire est rapportée dans La Dépêche :

« Me Amaury Pigot le pressentait. La demande de sa cliente n’a pas abouti hier, au tribunal administratif de Toulouse. La Toulousaine, qui multiplie les procédures à l’encontre du CHU de Toulouse, souhaite en effet récupérer les gamètes de son mari décédé d’un cancer en 2014, à des fins de conservation. En effet, cette jeune femme ne pouvait en aucun cas bénéficier d’une insémination post-mortem : même en Espagne, celle-ci est autorisée au maximum un an après le décès du donneur.

Rester fidèle au défunt

Le tribunal a donc suivi l’avis du rapporteur public qui avait validé le refus de l’hôpital toulousain de rendre les paillettes spermatiques. Les attendus de la décision du juge n’ont pas été communiqués.

 «Nous en sommes à quatre décisions» dans ce dossier, toutes négatives analysait Me Pigot, la veille de la décision. Hier, l’avocat n’a pas souhaité commenter la décision des juges. Il a par contre indiqué que sa cliente ne devrait pas faire appel. ‘’Ma cliente avait tout à fait conscience du peu de chance d’aboutir. Mais pour elle, ce qui était important au cours de ces presque deux années de procédure, c’est d’avoir tout fait pour rester fidèle à son mari défunt et de protéger les échantillons conservés au CHU de Toulouse au cas où la législation française vienne à évoluer’’. Actuellement, la réglementation française prévoit en effet de détruire les gamètes lorsqu’un des membres du couple disparaît. »

Hasard ou fatalité  le tribunal administratif de Rennes avait, la veille, autorisé une Française veuve à récupérer le sperme congelé de son époux – les juges décidant de bafouer la loi française. Voici leur explication :

« Des circonstances exceptionnelles justifient qu’il soit enjoint au centre hospitalier régional universitaire de Rennes de prendre toutes les mesures utiles afin de permettre l’exportation, dans un établissement européen acceptant de procéder à une insémination post-mortem, des gamètes d’un époux décédé (…) le décès de son époux puis celui de leur enfant au terme de sa grossesse constituent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa décision et de celle de son défunt époux de devenir parents ».

Justice et thérapeutique

Or  la loi française de bioéthique prévoit que l’assistance médicale à la procréation n’est légale que pour remédier à l’infertilité d’un couple ou éviter la transmission d’une maladie particulièrement grave. Il en résulte que pour en bénéficier, les deux membres du couple doivent être vivants et en âge de procréer. La séparation des membres du couple ou la mort de l’un d’eux empêche l’autre membre de poursuivre seul le projet de conception.

Les  « circonstances exceptionnelles » de Rennes : la femme, âgée de moins de 30 ans, a perdu en janvier 2016 son mari, puis un enfant in utero à quelques jours du terme. Ces « circonstances » ne sont pas présentes à Toulouse.  Faut-il penser que c’est parce que la femme de Rennes souffre plus que celle de Toulouse qu’elle a droit à ce que la loi interdit ? Les juges disent-ils le droit en prenant en compte ce qu’ils estiment être le degré de souffrance des plaignantes ? La justice se mêlant de compassion et de thérapeutique ? Voilà qui augure assez mal de la suite.

A demain

 

 

Fait divers : un infirmier s’est suicidé sur son lieu de travail au CHU de Rangueil, à Toulouse

 

Bonjour

Où classer les suicides ? Celui-ci est à la rubrique « Faits divers » de La Dépêche : « Suicide d’un infirmier au CHU de Rangueil : plusieurs enquêtes en cours » (Lionel Larapade). L’information été donnée à la presse par le syndicat CGT Rangueil/Larrey. Ce syndicat a révélé qu’un infirmier de 55 ans s’était suicidé dans son bureau de Rangueil lundi 13 juin. « Il est arrivé lundi matin et s’est enfermé dans son bureau où il s’est donné la mort. Il a été découvert par sa voisine de bureau. Le médecin qui a établi le constat de décès a déclaré mardi que le suicide ne faisait aucun doute », explique Patricia Calmettes, représentante syndicale, à La Dépêche du Midi. Sur les raisons qui ont conduit à ce geste désespéré, la représentante de la CGT évoque « des causes multifactorielles ». « Celles qui nous préoccupent sont les causalités professionnelles », indique Patricia Calmettes.

Jouer son rôle

Pour la responsable syndicale, « cet infirmier ne supportait plus les conditions dans lesquelles il travaillait, conditions qui s’étaient dégradées à la suite d’une restructuration professionnelle. Le vendredi qui a précédé sa mort, il avait été reçu par sa cadre pour exprimer ses difficultés. Cette dernière n’est pas à mettre en cause: elle a joué son rôle, s’est tenue à l’écoute et fait ce qu’elle a pu », précise la représentante de la CGT.

Selon la CGT l’infirmier « était positionné sur un poste aménagé ».. La restructuration professionnelle qui pourrait constituer l’une des causes du suicide de la victime avait eu notamment pour conséquence la modification de son environnement de travail. « Il partageait avec une collègue un bureau exigu conçu pour une seule personne », indique Patricia Calmettes.

Communiquer

Pour sa part la direction des hôpitaux de Toulouse a diffusé un communiqué :

« La communauté hospitalière a la douleur d’annoncer le décès par suicide d’un infirmier du CHU de Toulouse sur son lieu de travail à l’hôpital Rangueil le lundi 13 juin. La direction générale du CHU et les professionnels de l’institution partagent l’immense tristesse de la famille et lui présentent leurs condoléances. La famille a été reçue dès lundi après-midi par des responsables de l’institution.

« La communauté hospitalière et particulièrement les personnels du service d’hypertension artérielle thérapeutique, de la fédération de Cardiologie et du pôle Cardiovasculaire et métabolique sont profondément affectés par ce décès et un soutien psychologique a été immédiatement mis en place. Des temps d’échange et des entretiens individuels sont organisés, en lien avec l’équipe de la médecine du travail et la psychologue du personnel. Des enquêtes médico-judicaire, administrative et interne dans le cadre du Comité d’Hygiène Sécurité et Conditions de Travail, sont en cours pour déterminer les circonstances de ce décès et les raisons de cet acte.

Agé de 55 ans, cet infirmier a été recruté au CHU de Toulouse en novembre 1985. Il a travaillé pendant 26 ans en chirurgie cardiovasculaire avant de rejoindre les secteurs d’HTA en 2011. Excellent professionnel, il a toujours exercé sa mission au CHU avec beaucoup de disponibilité et sens du devoir envers les personnes malades. Par respect pour la mémoire de la personne décédée, pour sa famille et pour notre communauté hospitalière, le CHU de Toulouse ne souhaite pas à ce stade commenter davantage les circonstances de ce décès. »

A demain

Prothèse mammaire : à quand des mémoires signées Mas ?

 

Un mois plus tard le bouc émissaire est médiatiquement cerné.  Il tient parfaitement son rôle. Ira-t-il jusqu’à nous en dire plus  ?       

 Souvenons-nous. A échéance assez rapprochée la question du bouc émissaire se pose dans le champ du sanitaire. Sa définition antique renvoie ici très précisément à sa fonction moderne. Les oiseaux migrateurs ont fait l’affaire dans la crise de la grippe aviaire. On les accusait d’être les vecteurs du H5N1, virus incestueux né pour parie du porc. Contagion (le film) évoquait pour sa part un virus issu du porc et de la chauve-souris passé dans l’espèce humaine à cause de d’une femme volage par ailleurs voyageuse aérienne. Quant à la dernière grippe pandémique (H1N1) en date, on accusa tour à tour les porcs et le Mexique avant (en France tout particulièrement) de dénoncer les excès préventifs des pouvoirs publics qui crurent bien faire en déployant ici la panoplie élaborée un peu plus tôt contre le H5N1. La peur ? Un parfait aiguillon comme une mauvaise conseillère.

 Dans la crise de la vache folle on a pu, le moment venu,  accuser les farines anglaises de viandes et d’os contaminées par un prion pathologique. Mais derrière ces produits industriels de recyclage le réquisitoire principal visait les monstres humains (non identifiés) qui avaient transformé nos doux herbivores d’élevage en carnassiers bientôt fous et contagieux par voie alimentaire. Ce fut là, à un siècle de distance la béatification de Rudolf Steiner (1865-1921) l’anthroposophe biodynamique et prophétique. Il n’est jamais trop tard pour trouver sa vraie voie.

L’affaire du Médiator vit, sous d’autres formes, les mêmes processus à l’œuvre. Et il en va de même avec ces crises sanitaires en gestation durable qui trouvent leur origine dans de très faibles doses associées à de longues durées d’exposition. Lignes à tension très haute ; usage compulsif des téléphones mobiles et antennes assurant les indispensables relais.

Il faut ici compter avec un credo moderne, rarement formulé, largement véhiculé et intériorisé : le fait que la démarche scientifique ne permette pas de mettre le risque en évidence ne signifie en aucun cas que le risque n’existe pas. Dans ce monde on peut (on doit) lancer les alertes bien avant que 1 + 1 fassent 2. Et les alertes lancées imposent à des échéances variables l’application coûte que coûte du principe de la précaution sacralisée inscrit dans le marbre de notre Constitution républicaine. C’est l’un des stigmates de notre époque.

 A sa manière l’affaire/scandale des prothèses mammaires vient pianoter sur cette large gamme. Un effroi contagieux sans raison cancéreuses démontrée. Et pas de lanceur d’alerte clairement identifiés comme dans l’affaire du Médiator. Ou du moins quelques co-auteurs qui viennent affirmer avoir œuvré dans l’ombre. Mais personne en haut lieu ne se souvient d’eux. Et eux-mêmes hésitent à se hausser du col, redoutant qu’on les accuse bientôt de ne pas avoir à temps crié plus fort.

 Pas de lanceur d’alerte mais un responsable-coupable clairement désigné et qui accepte le rôle qui est d’ores et déjà le sien. Mieux il se défend et attaque. Dans un échange téléphonique diffusé le 17 janvier par la chaîne M6 Jean-Claude Mas, fondateur de la société PIP avait dit sa vérité sur l’affaire. Admettant volontiers avoir fraudé il nie la toxicité des produits qu’il commercialisait. Il a aussi et surtout dénoncé la recommandation gouvernementale d’explantation et mis en cause Xavier Bertrand, ministre de la Santé. « (…) M. Bertrand n’est pas, que je sache, un scientifique (…) » a-t-il déclaré. Il a ensuite récidivé sur RTL : « Ce monsieur a décidé de rembourser les patientes alors qu’il n’y avait aucune raison médicale de le faire. Pourquoi aller payer à des patientes des explantations alors qu’il y a un risque chirurgical qui est réel ? Cette décision, c’est criminel. »
 

C’est  Nora Berra, secrétaire d’Etat chargée de la Santé qui s’est portée volontaire pour relever le gant devant la presse. Elle y a qualifié de « scandaleux » et ignobles » les propos de M. Mas « C’est l’expression assumée d’un mépris inouï des femmes, a-t-elle déclaré à l’AFP. Il assume avec arrogance le fait qu’il utilisait du gel industriel non-homologué dans un objectif assumé de chiffre d’affaires, de rentabilité, en niant qu’il a fait courir des risques à ces femmes. Aujourd’hui il s’invente expert. Donc il sait mieux que les experts de l’Institut national du cancer les conséquences de ses gels frelatés. Soyons sérieux, là il y a un amalgame complet de sa part. »

Mme Berra reconnaît que les experts qui ont été réunis par l’INCa  ont conclu qu’il n’ya avait pas là un risque accru de cancer mais qu’il y avait bien un risque établi s’agissant des ruptures et s’agissant du pouvoir irritant du gel sur les tissus mammaires. « Les conséquences ne sont pas anodines et c’est bien les experts qui nous ont interpellés sur ces risques » a-t-elle souligné. Elle n’a pas rappelé qu’un dispositif de surveillance des femmes concernées avaient été mis en place depuis avril 2010 ; ni que les mêmes experts avaient, il y un mois, conclu : «Devant l’absence d’éléments nouveaux concernant le gel non conforme ou de données cliniques nouvelles sur des complications spécifiques [nous considérons] ne pas disposer de preuves suffisantes pour proposer le retrait systématique de ces implants à titre préventif ». L’OMS, on le sait depuis peu, est sur cette ligne. Mais le gouvernement français en a décidé autrement, déclenchant une émotion considérable bien au-delà des frontières.

Comment tout ceci va-t-il évoluer ? Un mois après le début de l’affaire on dispose d’assez d’éléments pour bosser  un portrait-robot psychologique de M. Mas. Et le profil largement atypique laisse déjà espérer que l’homme livrera bientôt ses mémoires ; à moins qu’un journaliste plus rapide signe l’une ces biographies non autorisées qui font généralement le bonheur des éditeurs ; petite musique ou pas.

Ces quinze derniers jours quelques limiers non dénués de finesse nous beaucoup appris sur M. Mas, 72 ans. Initialement présenté comme un ancien boucher il fut, tour à tour, entrepreneur cynique, professeur Nimbus, opportuniste, mégalomane, très bon vivant et pris en flagrant délit d’alcoolémie routière sous d’autres cieux. Tout ça pour finir prince déchu de la prothèse. Quelque chose comme un cocktail grivoiserie-grivèlerie. Lors de sa garde à vue il aurait déclaré être « connu et reconnu par les chirurgiens les plus prestigieux du monde » avant de se murer dans un silence qui ne peut être qu’ombrageux.  

Que nous cache-t-il donc cet homme né le 24 mai 1939 à Tarbes où il eut le malheur de ne pas goûter le jeu de rugby, ce qui peut vous mener loin. La Dépêche du Midi, régionale de l’étape et l’Express, ont, avec d’autres, retrouvé sa trace. Des parents ayant acquis une petite affaire d’épicerie en gros, institution locale. Une Renault 4 CV et un fils unique à taches de rousseur « souvent rudoyé par les bandes de petits durs ». Poil de Carotte et la guerre des boutons en pays tarbais. Pension en altitude (Bagnères-de-Bigorre). Lever avant l’aube et toilette à l’eau froide. Cela vous forme un homme avec bac scientifique pour seul diplôme.

Ne pas être rugbyman vous fait vite passer pour un efféminé, ce qui peut ne pas déplaire aux filles. Certains se souviennent encore que quand le casino de Bagnères organisait des concours de danse Jean-Claude était sollicité. Séducteur et beau parleur il avait trouvé sa voie, loin du pré. Deux années de service militaire en Algérie, retour à l’épicerie puis montée à Paris. Un peu d’assurance précède la visite médicale pour  le géant Bristol-Myers qui lui confie le département du Var. Dix ans.  C’est aussi le temps du courtage en vins et cognacs, spiritueux et appareils de  stérilisation des instruments de dentisterie. Jusqu’à la rencontre avec la MAP, une société créée par le Dr Henri Arion, pionnier des faux seins.

Puis un beau jour  la MAP devint PIP. Le reste de l’histoire est connue. A l’exception de quelques détails, comme les éléments financiers et les rapports entretenus avec les clients chirurgiens esthétiques et les organismes de contrôle. La suite est en marche et ne saurait raisonnablement tarder.