Cannabis tricolore ? Au pied du Tourmalet, Emmanuel Macron n’ose ni le oui ni le non

Bonjour

Gouverner c’est, parfois, ne pas mentir. C’est aussi se faire filmer et ne pas répondre aux questions que l’on ne devrait pas vous poser. La France entière le sait : Emmanuel Macron jouait au pseudo-régional de l’étape du Tour, samedi 20 juillet, à Bagnères-de-Bigorre. Sourire éclatant et bain de foule virevoltant, spontané, improvisé. Le président de la République française, confiant, avait « demandé à son équipe de sécurité d' »ouvrir les barrières » afin de laisser les Français s’approcher de lui » (sic). 

Les citoyens français, rapportent les envoyés spéciaux des gazettes sportives et politiques ont « sauté sur l’occasion pour interroger Emmanuel Macron sur différents sujets ». « De l’affaire François Goullet de Rugy à celle de la disparition de Steve Maia Caniço à Nantes, les Français n’ont pas laissé de répit au Président, rapportent les journalistes (dont celui de La Libre Belgique). Mais une question n’est pas passée inaperçue. Un passant a ainsi questionné le chef d’Etat français sur… la légalisation du cannabis. » Une aubaine pour buzz. Echange  

« – Emmanuel Macron (jouant l’interloqué) : Vous seriez pour, vous ?

Le jeune français (nullement démonté) : – Je serais pour, parce que ça ferait plus de boulots pour les gens … Le  pays est en crise.

Emmanuel Macron : C’est vrai. Mais je ne vais pas vous mentir, même si on légalisait le cannabis, cela ne créerait pas des dizaines ou des centaines de milliers d’emplois ». 

Puis le Président a ainsi présenté « plusieurs alternatives » au jeune français, désireux de travailler – comme les secteurs de la restauration et du bâtiment. Mauvaise pioche : « Je ne trouve justement pas d’emploi dans le bâtiment » a conclu l’interlocuteur du chef de l’Etat.

Pour le reste ce fut une bien belle étape que la 14ème. Elle conduisit le Président, le Maillot Jaune, les coureurs et la caravane réduction des risques depuis Tarbes jusqu’au col du Tourmalet (117,5 km) : 1. Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) en 3h10’20 » 2. Julian Alaphilippe (Deceunick-Quick Step) + 6 » (…). Classement général : 1. Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) en 56h11’29 » (…).

Le Tour quittera bientôt les Pyrénées. Rendez-vous sur les Champs-Elysées, à l’ombre du Palais de l’Elysée.

A demain @jynau

Belgique: euthanasie accordée à un meurtrier. Peine de mort démocratique?

Bonjour

Seuls les beaux cas concrets pimentent la réflexion éthique. Franck Van Den Bleeken est détenu depuis près de 30 ans dans l’enceinte psychiatrique fermée d’un établissement pénitentiaire près d’Anvers. Il a été reconnu coupable d’avoir violé et tué une étudiante alors âgée de 19 ans. Il y a trois ans Franck Van Den Bleeken demandait à pouvoir bénéficier des dispositions législatives de son pays concernant l’euthanasie.

Epuisement

Le motif invoqué par le détenu est « une souffrance psychique insupportable ». La Commission fédérale belge relative à l’euthanasie lui a dans un premier temps répondu qu’elle n’examinerait cette demande « que lorsque toutes les possibilités thérapeutiques seraient épuisées ».

La cour d’appel de Bruxelles a ensuite jugé que la ministre la Justice  n’était pas compétente pour décider d’un éventuel transfert aux Pays-Bas dans un établissement thérapeutique  spécialisé  et a refusé cette option. Le détenu a alors attaqué en justice la ministre pour obtenir son transfert vers une institution afin d’être non pas soigné mais bien euthanasié. Sa demande devait être examinée lundi 15 septembre mais La Libre Belgique et Le Figaro viennent d’indiquer qu’un accord final était intervenu entre-temps entre le service fédéral de la Justice et l’avocat de l’intéressé.

Adieux familiaux

«Mon client peut être transféré dans un hôpital pendant 48 heures pour faire ses adieux à sa famille puis mourir de manière digne. Je ne peux dire ni quand ni où cela se produira», a indiqué Me Jos Vander Velpen.  C’est ainsi: la dignité réclame de ne pas faire plus de publicité.

Ce n’est pas la première fois qu’un prisonnier belge préfère la mort à la prison: une dizaine de détenus en auraient fait la demande. En septembre 2012, un prisonnier gravement malade et condamné à une lourde de peine l’avait obtenu. « Certains y voient un retour de la peine de mort déguisée sous des motifs humanitaires.

Contacté par Le Figaro, Jacqueline Herremans, présidente belge de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), affirme que l’interné lui-même « se rendait compte qu’il était un danger pour la société». Ce serait pour cette raison qu’il aurait demandé l’euthanasie. Ce qui peut faire froid dans le dos. Les proches de la victime de 19 ans réclament « qu’on le laisse pourrir dans sa cellule ».

Moindre mal

La responsable belge de l’ADMD évoque aussi la situation catastrophique des « internés » en Belgique, des personnes jugées trop dangereuses pour être relâchées mais placées dans des lieux inadaptés, sans traitement ni environnement médical. « L’euthanasie était la solution de moindre mal», affirme-t-elle. Moindre mal ?

Pour Mme Herremans, ne voir là aucun risque de dérives : il s’agit « d’un cas exceptionnel». «On ne pouvait pas attendre qu’il se suicide en prison», ajoute-elle. C’est une opinion. Une autre est de voir dans ce processus  un retour de la peine de mort déguisée sous des motifs humanitaires. Une mise à mort démocratique en somme. La réflexion éthique est pimentée de ce type de beaux cas concrets.

A demain