Epidémies et confinement : voici le temps des retraités placés d’autorité en quarantaine

 

Bonjour

Confinement ou quarantaine ? On apprenait hier qu’une soixantaine de résidents de l’Ehpad de Vic-sur-Seille (Lorraine) sont confinés depuis le 18 décembre. Il s’agit de tenter de contenir au maximum l’épidémie de grippe qui a déjà touché quarante-deux des pensionnaires. La direction précise que le confinement a été décidé « en lien avec les services de l’Agence Régionale de Santé ». Il durera  jusqu’au 1er janvier. Une quarantaine, en somme. Parmi les résidents touchés dans cet établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), certains ont été diagnostiqués comme porteurs du « virus A ». Quelques membres du personnel ont également été contaminés.

Une épidémie peut en cacher une autre. Des mesures de confinement sont ainsi progressivement prises dans ces des maisons de retraites qui sont devenues des Ehpad. C’est le cas en Auvergne-Rhône-Alpes pour cause de grippe et de gastro-entérite. Des douze régions de France continentale progressivement touchées par la grippe, Auvergne-Rhône-Alpes est celle la plus affectée (545 cas pour 100 000 habitants) devant la Bourgogne-Franche-Comté (498). Mais il n’y a pas que la grippe.

Visites interdite

Aujourd’hui les visites et les sorties de résidents sont interdites à l’Ehpad de Saint-Ours-les-Roches (Puy-de-Dôme). La préfecture du département vient de confirmer  une information du quotidien régional La Montagne : « Une maison de retraite du Puy-de-Dôme confinée pour enrayer une épidémie de gastro » :

« Les Roches » (établissement privé à but lucratif) accueille, au total, 53 personnes. On dénombrait mercredi « une quinzaine » de résidents souffrant de gastro-entérite. La situation doit être réévaluée vendredi soir afin de déterminer si ces mesures seront ou non reconduites, a précisé la préfecture.

Dans la Loire, c’est l’Ehpad de La Pacaudière (85 résidents) qui est confronté à l’épidémie de grippe. C’est la directrice, Erell Munch, qui a ici confirmé une information du quotidien Le Progrès. « 25 résidents ont été touchés ; nous avons une obligation de protection », a dit Mme Munch. Les animations avaient été annulées et les visites, limitées. Les repas sont portés en chambre et le port du masque est obligatoire lors des visites. ces mesures semblent « efficaces », dit la directrice de l’établissement.

Qu’en avait-il été, dans ces Ehpad en quarantaine, de la vaccination tant recommandée ? La France se grippe, la France grippée va réveillonner. Comment la vie collective va-t-elle reprendre à la rentrée ?

A demain

20 novembre 2016 : c’est ce jour-là qu’arriva le paquet neutre de tabac. François Fillon aussi

 

Bonjour

Ce devait être le sujet médiatique sociétal des jours à venir : l’arrivée de la neutralité chez buralistes de France. Puis, soudain, coup de tonnerre dans un ciel politique de moins en moins serein. François Fillon, donc,  né il y a soixante-deux ans au Mans. (Wikipédia demande de prendre garde à ne pas confondre avec François Villon, poète né on ne sait où à l’aube de la Renaissance).

 François Fillon, nouveau président putatif de la Vème République. Il grandit dans la petite ville de Cérans-Foulletourte (Sarthe) où il fréquente l’école communale laïque et prolonge une passion génétique pour les Austin-Healey ; étudie ensuite au collège privé de Saint-Michel-des-Perrais, à Parigné-le-Pôlin (d’où il est exclu provisoirement pour avoir jeté une ampoule lacrymogène en plein cours) ; inscrit ensuite au lycée Notre-Dame de Sainte-Croix, au Mans (d’où il est exclu pendant quelques jours pour indiscipline – a mené un rassemblement d’élèves demandant la démission d’une professeure d’anglais qu’il jugeait incompétente).

Le temps passe lentement, au Mans, dans les années qui suivent 1968. Admire le Général. S’engage chez les scouts avant de réussir (1972) un baccalauréat de philosophie et de rêver d’embrasser la profession bénie de journaliste international.  Devient, faute de mieux,  assistant parlementaire de Joël Le Theule, célèbre député de la Sarthe qui sera ministre de la Défense – peu avant de mourir devant ses yeux l’année précédent l’arrivée de la gauche au pouvoir.

Remous sociétaux

On connaît la suite et les failles béantes du sérail des journalistes politiques incapables de prévoir qu’il supplanterait Alain Juppé et Nicolas Sarkozy au premier tour de la « Primaire de la Droite et du Centre ». Aujourd’hui on s’interroge sur son programme que chacun peut trouver ici. Remous à prévoir si ce programme devait être appliqué stricto sensu. Sans parler des remous syndicaux on peut imaginer des remous sociétaux :

« S’il est bien entendu indispensable de défendre les valeurs familiales qui fondent notre société il est aussi nécessaire de prendre en comptes ses évolutions. Nous ne reviendrons pas sur le cadre juridique défini par les lois Bioéthique de 1994 : l’AMP restera interdite aux couples de femmes et aux femmes seules ; la GPA restera interdite à tous et les sanctions pénales sur le recours ou la promotion de la GPA seront renforcées. J’entends, en outre, conduire une action au niveau international en faveur de l’abolition de la GPA .

Concernant la loi Taubira, j’ai toujours dit qu’une simple abrogation n’était pas possible. Mais, sans remettre en cause le principe du mariage des couples de même sexe, les règles concernant la filiation doivent être réexaminées, car il y va de l’intérêt de l’enfant et cela prévaut pour moi sur toute autre considération. Je sais que le monde d’aujourd’hui amène à une grande diversité de situations. Je sais aussi que des couples homosexuels accueillent des enfants avec amour. Mais il ne me paraît pas légitime que la loi permette de considérer qu’un enfant est fils ou fille, de manière exclusive, de deux parents du même sexe. Sa filiation au sens biologique du terme, à l’égard d’un père et d’une mère, ne doit donc plus pouvoir être effacée par une adoption plénière. »

Cannabis, tabagisme et charcuterie

 Quid des addictions, du cannabis, de l’alcoolisme, du tabagisme ? « François Fillon s’est toujours contraint à une certaine réserve par rapport aux problèmes d’addictions en général et du tabac en particulier, note le site des buralistes. On retiendra, cependant, une récente montée en charge contre une éventuelle légalisation du cannabis.

Concernant les buralistes, l’ancien Premier ministre était monté vigoureusement au créneau contre le rapport Queyranne qui, juillet 2013, remettait en cause leur statut. Il s’était même fendu, à l’époque, d’une lettre au Premier ministre. »

20 novembre 2016. Pour l’heure les buralistes se plaignent. Leur site ne désemplit pas : témoignages de la désorganisation engendrée par l’arrivée progressive du paquet neutre. A partir d’aujourd’hui  toutes les livraisons Logista® aux buralistes sont neutralisées.  Avec La Montagne, allons dans la Creuse – et plus encore allons à Guéret. Rendez-vous au « tabac-presse-PMU Le Balto ». Ecoutons le patron :

« C’est une vaste plaisanterie. Les gens achèteront de la même façon et les plus pénalisés, ce sera d’abord nous, les buralistes. Quand on va recevoir les livraisons, il faudra bien vérifier, déjà. Pour les mettre en rayons, il faut qu’on trouve un système, peut-être par ordre alphabétique, pour les retrouver plus facilement. Et après, il faudra aussi qu’on explique aux clients. On voit bien déjà, avec les premiers paquets neutres, les gens nous disent : ce n’est pas ce que je prends d’habitude. Regardez les images qu’il y a dessus : on n’est plus dans un bureau de tabac, on est dans une charcuterie ! ».

A demain

 

Oui au CHU de Clermont ! Et non au Puy-en-Velay ! La Carte et le Territoire hospitalier

Bonjour

Michel Houellebecq connaît-il Brioude ? Avec 6 616 habitants c’est la quatrième ville la plus peuplée du département de la Haute-Loire, derrière Le Puy-en-VelayMonistrol-sur-Loire et Yssingeaux. Depuis toujours sur un terroir difficile, le Brivadois ne plaisante pas. Et depuis Vercingétorix la Limagne, elle, ne ment pas.

Pour l’heure c’est la guerre, une guerre hospitalière, une allergie profonde au GHT (groupement hospitalier de territoire) tel qu’on voudrait lui imposer. Non au GHT de Haute-Loire, au diktat de l’ARS, à la tyrannie de Paris.

Les dernières informations viennent d’être publiées par La Montagne (Magali Roche) : l’hôpital de Brioude va bel et bien devoir intégrer le GHT de Haute-Loire. A-t-on lu le cahier de doléances, la demande en mariage  à Clermont ? Il semble que non. Les gens de l’ARS on rejeté la demande de dérogation pour un rattachement au GHT de Clermont-Ferrand (distant de 70 km). Troisième gifle et prière de ne pas sortir du GHT de  Haute-Loire. Pour autant les Brivadois de désarment pas.

Le ton se durcit

Une décision sans surprise, certes, mais contre laquelle les opposants ne désarment pas. « On reste mobilisés pour intégrer le GHT de Clermont, assure Jean-Jacques Faucher, maire de Brioude (divers droite) et président du conseil de surveillance de l’hôpital. Il nous faut des garanties sur les activités du centre hospitalier de Brioude à long terme. Avec une dérogation, on restait autonome… La finalité pour nous reste de développer les activités de l’hôpital et de consolider sa situation financière. Et de ne pas intégrer le GHT départemental. » Même motivation pour François Boudet, président du comité de vigilance de l’hôpital public de Brioude – avec un ton qui se durcit.

« J’ai appris ce matin que notre demande était rejetée, vient-il de déclarer à La Montagne. L’arrêté pris par l’ARS indique qu’il n’y aura pas de dérogation mais sans motif précis (…) Il reste notre demande de recours gracieux du 20 août. On l’a émise pour erreur manifeste d’appréciation et illégalité de la mesure. On a des arguments très forts et même s’ils ne sont pas encore entendus, on reste déterminés. Si le recours gracieux est négatif, on fera une requête au tribunal administratif. »

AVC au Puy-en-Velay

Il faut ici entendre François Boudet, le président du Comité de vigilance sur le site Egora.fr :

« Avec la nouvelle organisation voulue par l’ARS, le parcours de soins hospitalier des habitants de Brioude comportera trois étapes : le centre hospitalier de Brioude, le centre hospitalier Emile Roux (CHER) au Puy-en-Velay et si c’est plus grave, éventuellement, le CHU de Saint Etienne puisque le CHER ne peut accueillir tous les malades, notamment en cas d’AVC. Nous n’avons aucune habitude avec l’hôpital du Puy. Pour y aller, il faut emprunter une route à deux voies enneigée l’hiver. Il faut une heure un quart, alors qu’on rejoint Clermont-Ferrand en 45 minutes par l’autoroute. »

La résistance s’organise mais le temps presse.  « Je n’ai pas encore signé la convention mais je vais le faire d’ici la fin de semaine, précise Claire Maynadier, directrice du centre hospitalier de Brioude. J’ai obligation de le faire. Cela fait trois fois que l’Agence régionale de la Santé se positionne sur le GHT, je dois appliquer sa décision et la loi. On ne peut pas continuellement se poser hors du système, les autres groupements sont en train de se construire… ».

Pressions politiques

 Hors du système ? « Depuis 2013, de nombreux protocoles ont été conclus entre les établissements de Brioude et de Clermont, rappelle le Comité de vigilance. Nous sommes très inquiets, la Haute-Loire sera coupée en deux…Il y a eu beaucoup de pressions politiques, alors que l’hôpital de Clermont était d’accord pour nous intégrer dans son GHT. Une pétition avait recueilli plus de 4 000 signatures et cinquante conseils municipaux ont appuyé cette demande. En outre, quarante médecins hospitaliers et libéraux ont paraphé un texte court, spécifiant que « pour l’intérêt des patients, le CH de Brioude devait être rattaché à un GHT avec le CHU de Clermont Ferrand comme établissement support », et non au CH du Puy-en-Velay, « du fait d’un accès aux soins et d’une gradation des soins organisés selon des filières majoritairement en direction du pôle clermontois, depuis de nombreuses années, et tant dans le secteur public que privé ou participant au service public hospitalier ». »

Ce texte avait été apporté en juillet 2015 à Paris, au ministère de la Santé. La délégation a été reçue par un conseiller de Marisol Touraine (on ne connaît pas son nom). Ce conseiller avait assuré que les craintes des Brivadois étaient infondées, que la liberté de choix du patient serait garantie, comme par le passé. La rencontre s’est conclue par la promesse d’une nouvelle entrevue…. qui n’a jamais eu lieu. Le 4 juillet dernier, dressant un constat de carence de propositions émanant de l’hôpital de Brioude, l’arrêté de la direction régionale de l’ARS, actait le rattachement de Brioude au GHT du Puy-en-Velay.

Aphorisme cadastral

« La Carte et le Territoire », Prix Goncourt 2010… On a parfois accusé Michel Houellebecq d’avoir  plagié un livre de Michel Levy, un livre de nouvelles dont la première, qui porte ce titre, évoque le mystérieux domaine du Grand Meaulnes et sa topologie perdue entre le réel et l’imaginaire. A dire vrai les deux auteurs se sont inspirés de l’aphorisme signé de l’intellectuel polonais Alfred Korzybski (1879-1950) : « Une carte n’est pas le territoire » ( « A map is not the territory. »). C’est là un aphorisme cadastral et politique que la ministre de la Santé se devrait de méditer.

A demain

La syphilis est de retour à Brive-la-Gaillarde. Faut-il revenir à sa déclaration obligatoire ?

Bonjour

Choc des mots. C’est une information du Figaro qui reprend BFMTV qui reprend La Montagne . Au final cela donne « La progression de la syphilis se poursuit en France ». Au départ La Montagne ne parlait que d’un « bref et rapide retour de la syphilis » dans le département cher à François Hollande et à Jacques Chirac. Un département dans la préfecture duquel  Le Figaro et BFMTV ont localisé un « CHU » quand La Montagne, plus proche du terrain, parle  d’un centre hospitalier – et du service de médecine interne, maladies infectieuses et tropicales ; un service dirigé par le Dr Bruno Abraham.

La Montagne, extraits :

« Médecin spécialiste des maladies infectieuses au centre hospitalier de Brive, le Dr Bruno Abraham n’hésite pas à employer le mot « d’explosion » face à la soudaine et rapide résurgence de cas de syphilis. « Pour le grand public, c’est une maladie du passé, souvent associée aux maisons closes. Nous assistons pourtant à son retour. En 2015, une quarantaine de personnes ont été soignées à Brive alors qu’il y a un ou deux ans, nous n’avions que un ou deux cas par an.

« Le phénomène n’est pas spécifique au bassin de Brive. La syphilis regagne du terrain depuis les années 2000, d’abord dans les grandes métropoles. L’infection touche désormais des villes moyennes, au point que le docteur Abraham lance un appel à la vigilance : « Il ne faut pas hésiter à se faire dépister. Le traitement est simple quand la maladie est au stade primaire. En général, une piqûre de pénicilline suffit ».

 « Les personnes atteintes ont en moyenne la quarantaine, sont majoritairement des hommes, aussi bien des homosexuels que des hétérosexuels. L’infection est due à une bactérie. Le temps d’incubation est variable, en moyenne trois semaines. Le symptôme le plus courant, c’est l’apparition d’une lésion cutanée au niveau de la zone de contact, l’appareil génital, la bouche. »

Et le quotidien régional de présenter le  nouveau dispositif  départemental de lutte contre la syphilis, le virus du sida ou d’autres infections sexuellement transmissibles (hépatites B ou C) se met en place. Les centres hospitaliers de Brive, Tulle et Ussel, en association avec les associations AIDES Limousin et Entr’AIDSida, ont créé un centre d’information et de dépistage baptisé Cegidd. Des consultations anonymes (ou pas) sont organisées dans les établissements des trois principales villes du département. »

BFMTV après La Montagne :

« Interrogé par BFMTV.com, le Dr Abraham, infectiologue au CHU de Brive, décrypte ce phénomène. C’est une maladie que l’on associe au Paris du siècle dernier, lorsque les maisons closes avaient encore pignon sur rue dans la capitale. La syphilis est pourtant une maladie sexuellement transmissible qui existe toujours, et qui est en recrudescence au niveau national. Toutefois, la Corrèze semble être un foyer épidémique notable, avec une incidence supérieure à la moyenne.

« Contacté par BFMTV.com, le professeur confirme son inquiétude. « La syphilis avait quasiment disparu jusqu’à il y a une dizaine d’années, puis a connu une résurgence dans les grandes métropoles, en hausse modérée chaque année. Cependant, en 2015, nous avons constaté un niveau préoccupant de nouveaux cas dans notre centre de dépistage. Il ne faudrait pas que ce foyer épidémique se propage et continue de se développer cette année. »

Où l’on en vient au Figaro :

« Si le Dr Abraham parle ‘’d’explosion’’, la responsable de l’unité VIH, Hépatite B et C à l’Institut de veille sanitaire, le Dr Florence Lot, estime que cela est à prendre avec précaution. ‘’La détection de la syphilis se fait via des sites participatifs, tous les établissements hospitaliers de France n’y participent pas, explique-t-elle. Il est donc impossible de savoir si ces cas sont récents et si l’augmentation est réelle.’’ »

La syphilis a été retirée, en 2000, de la liste des maladies à déclaration obligatoire en raison du faible nombre de nouveaux cas en France. «On enregistre une augmentation globale des personnes touchées, dont une hausse de 50% des hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes en 2014, explique Florence Lot. Ils représentaient cette année-là 84% des cas répertoriés. Et parmi eux, 40% sont diagnostiqués comme étant aussi porteurs du VIH.»  Un vrai sujet de société.

Préservatif au long cours

«Le préservatif est le seul moyen de protection contre la syphilis et cela démontre que son utilisation sur le long terme se complique » poursuit Florence Lot. Et si le traitement antibiotique est efficace à 100% lorsqu’il est pris rapidement après l’apparition des premiers symptômes mais il semble que la population ne soit pas assez sensibilisée.  L’Assurance maladie tente par ailleurs de mettre en place un système de données pour pouvoir chiffrer précisément le nombre de cas dans l’Hexagone.

On lit La Montagne, on regarde BFMTV, on achète Le Figaro. Et l’on en vient à se demander pourquoi la syphilis n’est plus à déclaration obligatoire  – elle l’était, en France, depuis 1942. 1 Et pourquoi l’Assurance maladie en est toujours à tenter de mettre sur pied un système qui devrait être en place depuis qu’elle existe, ou presque.

A demain

1 En France, la déclaration obligatoire de la syphilis, mise en place en 1942, a été abandonnée en 2000 (ordonnance 2000-548 du 15 juin 2000), car les cas de syphilis étaient rares et exceptionnellement rapportés par les médecins, en particulier libéraux.

Cependant, en novembre 2000, un nombre inhabituel de cas a été diagnostiqué dans un dispensaire anti-vénérien parisien. Cette augmentation, sur l’ensemble de la capitale et en province, a conduit à partir de l’année 2001, à la mise en place d’un système de surveillance basé sur le volontariat.  Cette action a permis d’objectiver l’épidémie et de mieux la caractériser.

Devant les résultats préliminaires de cette enquête qui confirmait la résurgence de la syphilis, une campagne d’incitation au dépistage sur les populations cibles a été mise en place en Mai 2002 (« Alerte syphilis ») grâce aux efforts conjoints de la Direction Générale de la Santé, de la DDASS, de la Mairie de Paris (DASES) et de l’InVS.

Depuis, la résurgence de la syphilis a été clairement démontrée et intéresse principalement les homosexuels de sexe masculin dont plus de la moitié sont infectés par le VIH.  Cette résurgence des cas de syphilis est un problème de santé publique non négligeable et a conduit les différents acteurs de santé publique à mettre en place des campagnes d’information. (source CNR Syphilis)

 

 

«Personne à moins de 30 minutes des urgences» François Hollande l’avait déjà promis en 2012

Bonjour

Il est des promesses politiques qui sonnent mieux que d’autres. Ainsi celle de faire qu’aucun Français ne soit jamais « à plus de trente minutes d’un service d’urgence ». C’est une promesse qui sonne à merveille dans les campagnes de France, ces  territoires devenus des déserts médicaux. Une promesse impossible à tenir, bien sûr, tant sont aléatoires les circonstances qui vous conduisent (ou pas) dans un service hospitalier doté d’un service d’urgence.

Populations des déserts

Mieux vaudrait ici évoquer clairement le fait ne n’être jamais potentiellement à plus trente minutes d’une prise en charge par des urgentistes (en cas d’urgence vitale). Le 15, les Samu, les pompiers, les hélicoptères et les innombrables défibrillateurs automatiques (des mairies, piscines et de la Sncf)  le laissent espérer – et ce en France mieux que dans bien des pays comparables. Les populations vieillissantes des campagnes désertées comprendraient les politiques qui leur rappelleraient cette vérité.

Hier 14 septembre François Hollande était loin de Paris, à Vesoul (1) :

« D’ici 2017, personne ne sera à plus de trente minutes d’un service d’urgence (…) Nous allons former 700 personnels d’urgence et installer des médecins en milieu rural. »

Il y a trois ans, sur Slate.fr

Ceci impose de rappeler les promesses faites par le président de la République il y a trois ans – trois ans déjà ; une chronique publiée le 20 octobre 2012 sur Slate.fr : « La mort d’un nouveau-né et la question sensible des déserts médicaux ».

« C’est  un symptôme éclairant de l’état d’extrême tension qui prévaut aujourd’hui autour du système français de distribution des soins. En quelques heures, un drame privé (un accouchement prématuré suivi de la mort du nouveau-né) s’est transformé en une affaire d’Etat, la lutte contre les «déserts médicaux» devenant une grande cause nationale.

Quels sont les faits, du moins tels qu’ils peuvent être connus en l’absence de toute investigation officielle? Une femme âgée d’environ trente-cinq ans a, vendredi 19 octobre, perdu son nouveau-né en le mettant au monde dans son véhicule automobile conduit par son compagnon. Le couple circulait sur l’autoroute A20 vers une maternité de Brive (Corrèze). La femme venait de consulter, à Figeac (Lot), son gynécologue-obstétricien qui lui avait conseillé une admission dans une maternité pouvant prendre en charge une grossesse délicate et un accouchement potentiellement à risque. Enceinte de sept moins, elle résidait non loin de Figeac où la maternité a été fermée en 2009.

Constat de mort

Appelés et arrivés en urgence les pompiers n’ont pu que constater la mort du nouveau né. 
Ces faits ont vite trouvé un large écho et pris une dimension nationale. Les réactions politiques et professionnelles se multiplient de même que les accusations visant les responsables d’une politique sanitaire qui a conduit – paradoxalement pour des raisons sanitaires— à fermer de nombreuses petites maternités.

Clôturant le 20 octobre à Nice le congrès de la Mutualité française, François Hollande s’est emparé de ce fait divers, demandant à Marisol Touraine, ministre de la Santé, de diligenter une enquête. Il aussi rappelé l’un de ses engagements de campagne: «aucun Français ne doit se trouver à plus de 30 minutes de soins d’urgence».

Dans le même temps, la coordination nationale pour la défense des hôpitaux et maternités de proximité a demandé un moratoire sur la fermeture des maternités. Même tonalité chez le syndicat national des gynécologues obstétriciens (Syngof). Son président, le Dr Jean Marty, a aussitôt déploré «la dégradation globale de la périnatalité», secteur selon lui «très mal géré». Il a estimé que l’accouchement de la veille et la mort du nouveau-né était «une conséquence de la politique de démobilisation et de concentration des moyens de services de santé autour des capitales régionales». «On a fermé beaucoup de maternités privées et publiques, et le bilan a déjà été tiré par la Cour des comptes: le résultat est mauvais, sur le plan économique, car on a déplacé les accouchements vers des lieux où c’est plus cher.» Concernant les déclarations de François Hollande, il a eu ce commentaire: «On n’a pas quitté la maladie des effets d’annonce».

Patrick Pelloux, déjà

Interrogé sur Europe1, Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France a saisi l’opportunité de ce«nouveau drame» pour fustiger violemment la politique sanitaire française. «C’est un drame comme il arrive très souvent depuis des années, a-t-il accusé, sans citer de chiffres sur le nombre de ces drames. Au début des années 200, il y avait 700 maternités en France, et il n’en reste que 535. 535 pour 65 millions d’habitants et pour un pays qui a la plus forte fécondité en Europe.»

Le Dr Pelloux a par ailleurs tenu à soutenir son confrère gynécologue qui avait encouragé la femme à se rendre à l’hôpital de Brive. «On travaille avec les moyens qu’on a. Il ne pouvait pas faire autrement, il n’y a plus rien», a-t-il commenté tout en justifiant pourquoi une assistance du Samu n’était pas évidente. «Quels étaient les critères de gravité? Une menace d’accouchement. Ce n’est pas un signe de gravité, donc on n’envoie pas forcément une unité mobile hospitalière», a-t-il jugé. L’enquête administrative devra dire ce qu’il en est précisément.

Fermetures

Cette affaire et l’engagement réitéré du président de la République surviennent alors que plusieurs services hospitaliers de maternité et de périnatalité sont confrontés à des difficultés de fonctionnement. Une cartographie actualisée est fournie par La Montagne.

Dans le Lot (170.000 habitants), on ne compte qu’une maternité à Cahors, depuis la fermeture en 2009 de celle de Figeac et de celle de Gourdon quelques années plus tôt.

Comme c’est presque toujours le cas dans ce type de situation, de nombreux médecins et agents hospitaliers avaient manifesté contre la fermeture de la maternité de Figeac, attirant l’attention des pouvoirs publics contre les risques de désertification médicale. Les professionnels de la grossesse et de l’accouchement dénoncent généralement ici l’insuffisance de formation de gynécologues-obstétriciens, de sages-femmes et d’infirmières ainsi que la constitution de grosses maternités anonymes, véritables «usines à bébés».

Avantage des concentrations

A l’inverse les autorités sanitaires font prévaloir les avantages de cette politique qui permet d’améliorer la sécurité des parturientes et des nouveau-nés, notamment en cas de prématurité et d’accouchements à risque. La même logique prévaut pour les services d’urgence et de chirurgie. Les avantages de cette concentration sont incontestables. Ils permettent de réunir les moyens matériels et les compétences et, surtout, d’entretenir ces dernières grâce à un flux suffisant de patients.

Pour autant, pour des raisons politiques (les maires sont les présidents des conseils d’administration des hôpitaux) et économiques (maintien de l’emploi) chaque projet de fermeture se heurte à de fortes oppositions locales. Dans le cas de petites maternités, on fait valoir les vertus de l’accouchement à proximité immédiate du domicile familial.

Des solutions sont possibles qui permettraient de dépasser les difficultés actuelles. On pourrait notamment, comme dans certains pays d’Europe du Nord, encourager les accouchements aidés à domicile pour les grossesses sans complications. Ce qui suppose une surveillance systématique de qualité de l’ensemble des grossesses (elle existe déjà pour une large part) ainsi que la prise en charge spécialisée des grossesses et des accouchements à risque dans des maternités spécialisées.

Inopportun 

Ceci est d’autant plus réalisable que la France est dotée d’un système d’aide et de transports médicaux d’urgence (Samu, pompiers, centres 15) parmi les plus denses et les plus performants au monde. Dans ce contexte il n’est pas certain que l’engagement du président de la République (tel qu’il est formulé, en termes de demi-heure) soit le plus opportun pour lutter contre l’extension des «déserts médicaux». Où, en l’espèce, le plus à même de prévenir un drame comme celui survenu le 19 octobre sur l’autoroute A-20 entre Figeac et Brive. »

C’était il y a trois ans. Trois ans déjà.

A demain

(1) A l’issue d’un comité interministériel « délocalisé à Vesoul » François Hollande a, le 14 septembre, décliné  vingt-et-une mesures en faveur des zones rurales. Dans le domaine sanitaire le président de la République a repris les annonces des réformes annoncées de longue date dans le cadre d’un « pacte territoire-santé » de Marisol Touraine (décembre 2012) pour lutter contre les « déserts médicaux » : 1 700 contrats de service public doivent favoriser d’ici à 2017 l’installation des jeunes médecins dans des territoires démédicalisés. « Il y a trois ans, le gouvernement visait déjà 1 500 bourses d’engagement de service public d’ici à 2017, il y en aura donc 200 supplémentaires… » observe Le Quotidien du Médecin (Cyrille Dupuis)

François Hollande a promis  explicitement « 1 000 maisons de santé [ou pôles] en exercice » d’ici à 2017. En mars dernier, Manuel Valls avait fixé le cap de 800 maisons et pôles de santé d’ici à 2017. Enfin  700 médecins généralistes « correspondants du SAMU » seront formés à l’aide médicale d’urgence pour permettre qu’aucun habitant ne soit à plus de trente minutes d’un service d’urgence d’ici à 2017. Jusqu’à présent, le gouvernement avait évoqué 500 médecins correspondants du SAMU. « Le ministère promet par ailleurs un plan d’optimisation et de mutualisation des moyens héliportés de secours d’urgence, sans précision » précise Le Quotidien.

« Harcèlement moral et sexuel »: un quotidien régional condamné, triste première nationale.

Bonjour

Salles de rédaction et salles d’internat ? A Tours (Indre et Loire) c’est la Nounou – entendre La Nouvelle République du Centre-Ouest. Un quotidien fort honorable; né de la Résistance, couvrant une petite  dizaine de départements dans le bassin de la Loire, du Cher de l’Indre et de la Vienne, longtemps royal avec ses salariés-ouvriers, souvent moqué par ADG. Un journal comme l’époque savait en faire. Puis, depuis quelques années déjà, maladie de l’époque, une Nounou comme fatiguée  par les contraintes modernes,bientôt condamnée à cohabiter avec le groupe La Montagne.

Sexisme et misogynie

Qu’a donc fait la Nounou pour que les médias nationaux en viennent, depuis quelques heures, à parler d’elle ? Et elle, que va-t-elle faire, demain ? En parler ou pas ? Mais venons-en aux faits, puisque ces faits sont publics.

Le quotidien régional La Nouvelle République du Centre-Ouest a été condamné, mercredi 1er juillet (et en première instance) pour des faits de harcèlement sexuel. Non pas pour des agissements à caractère sexuel visant personnellement une journaliste, mais pour l’ambiance sexiste et misogyne régnant dans la rédaction. « C’est la première fois qu’un conseil des prud’hommes ne déboute pas une salariée qui fait valoir que le harcèlement sexuel peut être constitué par des agissements qui ne lui sont pas directement destinés », souligne Marylin Baldeck, présidente de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT).

Forte poitrine

Les faits ? Madame G., journaliste, avait « vingt-cinq ans de maison ». Puis, soudain, en 2012,  elle dit que son environnement de travail devient invivable. C’était dans le département de l’Indre, au bureau de Châteauroux. Le jugement des prud’hommes décrit « des propos à connotation sexuelle et sexiste [qui] sont proférés dans le cadre de l’agence »« des photos de femmes à forte poitrine [qui] sont installées en fond d’écran d’ordinateurs et des vidéos [qui] circulent par courriels » ou encore « des propos vulgaires et insultants à l’encontre d’une de ses collègues ».

L’AVFT défend  la journaliste outragée. Elle précise ces choses dans un communiqué( repéré par le site collaboratif local la Rotative) où les termes retenus, particulièrement crus donne un aperçu de l’ambiance des bureaux de la locale de Châteauroux.

Extraits :

« En 2012, elle est directement témoin de propos connotés sexuellement tenus par des collègues masculins : « Petite bite, enculé de mes deux, grosse burne ». Entre eux ils s’interpellent : « Ma chatounette, mes couilles » et plusieurs fois par jour s’insultent et ou miment bruyamment des rapports sexuels.

Tandis qu’elle, elle travaille, elle est dérangée par les conversations de ses voisins de bureau : « Non, je ne vais pas pouvoir venir ; ce week-end, mon ex est là », « Ben alors tu vas niquer ». « Ouais, mais ce n’est pas sûr » : « T’auras qu’à faire des photos », « Je vous ferai une photo bien dégueulasse de chatte en gros plan ».

Ou alors, lorsque ses collègues déchargent des photos : « Ah ouais, t’aimes ça, toi, décharger… euh, des photos », ou mettent un document ou une photo sur le bureau : « Moi, ce n’est pas une photo que je vais mettre sur le bureau » ; « Ah bon, ben alors c’est quoi ? ».Elle doit supporter des images de femmes nues dans des postures dégradantes qui font office d’économiseurs d’écran, quand ses collègues sont en reportage. (on peut lire la suite ici)

Manque d’humour

Elle est stigmatisée par des collègues qui lui reprochent : « de manquer d’humour, et de ne pas comprendre que les gens ont besoin de se lâcher ». En raison des conséquences du harcèlement sexuel et de l’absence de soutien de son employeur sur sa santé, son médecin traitant lui prescrit un arrêt de travail à partir de janvier 2013.

Mme G. craint de se rendre sur son lieu de travail où il lui est impossible de remplir ses fonctions dans un climat serein ; elle décide alors en août 2013 de demander la résiliation judiciaire de son contrat de travail. »

 Seize mois de salaire

Elle sera licenciée, pour inaptitude, un an et demi plus tard. Dans sa décision, le conseil des prud’hommes condamne La Nouvelle République du Centre-Ouest pour licenciement sans cause réelle et sérieuse et harcèlement moral et sexuel. Le tribunal reproche en outre au journal de ne pas avoir mené d’enquête sur les agissements dénoncés par son employée. Une expertise commandée par le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), postérieure au départ de Mme G., a conclu notamment à l’absence d’une « politique clairement définie » en matière de prévention des risques psycho-sociaux.

Libération (Juliette Deborde) rapporte  que La Nouvelle République a finalement été condamnée à verser à la plaignante seize mois de salaire (alors qu’elle était en poste depuis 1989) et 10 000 euros de dommages et intérêts pour harcèlement moral et sexuel. Une première. «On n’a jamais vu de jugement de conseil de prud’hommes ou de Cour d’appel s’autorisant à définir le harcèlement sexuel de cette manière-là»sans que la salariée ne soit directement la cible des agissements, analyse l’AVFT. Elle ajoute que « les femmes journalistes sont elles aussi exposées au harcèlement sexuel au sein de leurs rédactions et paient un lourd tribut quand elles le dénoncent ».

Mme G. est aujourd’hui âgée de 47 ans. Elle est au chômage et doit  envisager une reconversion professionnelle. Le quotidien peut  faire appel.

A demain

Mort après un «record»: 56 verres d’alcool fort. Un «drame de la vie» dit l’avocat du bar, «Le Starter»

Bonjour

Renaud Prudhomme, 56 ans. Il avait avalé successivement 56 (petits) verres d’alcool dit « fort ». Cela s’appelle  des «shooters». Un «shooter» par année de présence sur Terre, en somme. Et en un temps éclair. C’est bien simple, Renaud avait battu le record du bar. Un bar bien connu dans le centre de Clermont-Ferrand : Le Starter, rue Sainte-Claire. Le record était battu : à inscrire sur le planchot de l’établissement. Dans certains bars c’est l’ardoise qui fait la loi. Surtout chez les Auvergnats.

Quoi qu’il en coûte

Les 56 shooters ont-ils été officialisés ? Le match a tourné vinaigre. Renaud Prudhomme est mort. C’était le 25 octobre dernier. Aujourd’hui 27 mai le patron du Starter, Gilles Crépin, était jugé par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand. Poursuivi pour «homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité et de prudence». Un tenancier ne sert pas, quoi qu’il lui en coûte, les personnes explicitement ivres dans son débit de boisson.

Les faits avaient été rappelés lors de l’audience du 4 mai dernier. A commencer par l’ivresse plus que manifeste du client. Il passait la soirée avec sa fille et des amis. Devant les dégâts il avait été raccompagné à son domicile – avant d’être pris en charge par les pompiers et le SAMU. Renaud Prudhomme, 56 ans, entre 110 et 120 kilos, mourra le lendemain au CHU de Clermont-Ferrand. On ne sait pas si une autopsie scientifique a été pratiquée, pas plus que l’on connaît les antécédents de ce patient de bar.

Clémence préfectorale

Fin octobre La Montagne revenait sur le sujet :

« Contrairement à ce que préconisait un rapport de police remis au préfet du Puy-de-Dôme jeudi matin, le bar « Le Starter », situé rue Sainte-Claire à Clermont-Ferrand, ne fera pas l’objet d’une fermeture administrative immédiate. Les services de l’Etat ont opté pour la prudence.

« Nous avons analysé la situation et estimé que nous ne pouvions plus agir sous le régime de l’urgence, justifie Thierry Suquet, le secrétaire général de la préfecture. Cette procédure doit répondre à des conditions bien précises. Elle est justifiée et inattaquable si elle permet de faire cesser un trouble existant à l’ordre public. Dans l’hypothèse où d’autres incidents graves auraient été recensés cette semaine dans le même bar, nous aurions pu agir tout de suite. Or, a priori, il n’y a pas eu de faits nouveaux. Nous allons donc opter pour une procédure classique ».

Concours alcoolisés

En clair : le bar reste sous la menace d’une fermeture dans les jours ou les semaines à venir. Dès lundi, le gérant se verra notifier les conclusions du rapport des services de police. Il aura alors la possibilité de se défendre et de faire valoir ses arguments. C’est à l’issue de ce débat contradictoire que le préfet tranchera.

« Nous sommes bien conscients que des concours alcoolisés comme ceux-là constituent une menace directe pour la santé, précise Thierry Suquet. Notre volonté est désormais de “bétonner” la procédure, mais aussi d’agir le plus vite possible ». »

Exemple inconscient

Il y a sept mois Gilles Crépin  avait servi 56 «shooters» d’alcool. Coma éthylique mortel. Aujourd’hui Gilles Crépin  a été condamné à quatre mois de prison (avec sursis) et à un an d’interdiction de servir au Starter. Gilles Crépin est défendu par Me Renaud Portejoie. Et Me Portejoie a  aussitôt annoncé son intention de faire appel de ce jugement. Il faut entendre les arguments de cet avocat. «C’est une décision guidée par l’émotion et par la volonté inconsciente de faire un exemple», a –t-il déclaré à l’AFP Me Renaud Portejoie, qui avait plaidé la relaxe.

A la barre du tribunal, le gérant du Starter avait admis avoir commis avoir commis une erreur  à propos de l’ardoise. Une erreur avec mort d’homme ? On peut émettre l’hypothèse que le concept ici revisité du record a galvanisé la future victime bien décidée, dans son ivresse, à aller tours plus loin. Une erreur, peut-être, une responsabilité certainement pas. « Il nie toute responsabilité dans ce drame», a publiquement déclaré  Me Portejoie. Selon lui Renaud Prudhomme est mort parce qu’il avait certes trop bu d’alcool («à la demande expresse de sa fille») mais aussi parce qu’il avait des «problèmes respiratoires» et qu’il a fait une «fausse route».

Certificat médical

«On ne peut pas demander à chaque client à qui l’on sert de l’alcool son certificat médical. C’est impossible», a ajouté l’avocat qui voit dans cette décision «une dérive de l’État-pénitence, qui recherche des responsabilités pour tous les drames de la vie».

Un mort qui a fait « fausse route », un Etat devenu pénitence, 56 « shooters » transmutés en « drame de la vie ». Il n’y a que les avocats pour oser cela. Les juges d’appel diront ce qu’ils retiennent de la plaidoirie de Me Portejoie. Pour l’heure, sur FaceBook, certains réclament la fermeture définitive du Starter.

A demain